Dominic Toretto fait faux bon à ses amis pour s'associer à la criminelle Cipher. Ce qui ne plaît pas trop à la famille...

Fast & Furious 8 : Affiche

Il est toujours incroyable de voir une saga faire toujours autant de recettes au bout de seize années d'existence. Encore plus quand elle a su se renouveller avec le temps. Toutefois, la franchise Fast and Furious pourrait maintenant avoir plus de mal à fédérer maintenant qu'elle a perdu un de ses membres fondateurs. Les chiffres aux USA, même s'ils ne sont pas non plus mauvais, semblent le confirmer avec une baisse nette d'un peu plus de 100 millions de dollars, alors que la franchise ne cessait d'augmenter ses chiffres film après film depuis le quatrième film (Justin Lin, 2009). C'était d'ailleurs la principale crainte autour de The fate of the furious (F Gary Gray, 2017) : comment continuer sans Paul Walker? Furious 7 (James Wan, 2015) lui était quasiment dédié, jouant sans cesse d'une mise en danger du personnage au point le rendre le final un brin morbide. Ce que semble oublier Vin Diesel c'est aussi que son personnage n'était initialement pas le héros, au détriment de celui de Walker. La relation mentor-ami entre les deux personnages / acteurs rythmait la franchise sur au moins cinq opus et sans Walker, on sent déjà un manque. (attention spoilers) C'est aussi pour cela que Dominic (Diesel) redevient un antagoniste dans ce huitième film.

Fast & Furious 8 : Photo Dwayne Johnson, Vin Diesel

Enfin antagoniste c'est fort dit, le fameux twist menant à ce retournement de situation étant quand même bien tiré par les cheveux. Un manque de subtilité pas nouveau dans la franchise (Chris Morgan et Justin Lin avaient tué un personnage avant de le faire revenir), cherchant toujours à exploiter un fil conducteur raccord aux précédents opus. Jusqu'à un certain seuil de tolérance tout de même. Que certains personnages reviennent n'est pas un problème, que l'on passe par toutes les excuses possibles en est une autre. The fate of the furious est donc l'occasion de voir une (petite) fracture dans la famille, groupe qui s'apparente désormais à des super-héros avec de grosses voitures. Nos héros sont aujourd'hui une sorte d'escadron de la mort alimenté par le patron Snake Plissken (est-ce qu'il est bon de vous précisez de qui on parle?). Au point de se demander si ce sont encore les personnages lambdas de films d'action qu'ils étaient avant au moins le sixième opus (Lin, 2013). Si leurs aventures sont toujours amusantes à suivre (on s'ennuie rarement devant un Fast and Furious, il y a toujours à boire et à manger), on peut toutefois voir ce changement aussi logique (une forme d'évolution) qu'un brin dérangeant (ce sont de vrais action men alors qu'autrefois non). 

Fast & Furious 8 : Photo Charlize Theron, Vin Diesel

Par exemple, Letty (Michelle Rodriguez) tire au fusil d'assaut comme si elle l'avait fait toute sa vie. L'éducation Call of Duty a parfois ses limites tout de même. Par la même occasion, on peut repprocher à F Gary Gray de revenir aux travers de la franchise. Si le septième opus avait des scènes de cascades en CGI, elles n'étaient pas trop gênantes car bien faites. Ici on a l'impression de perdre l'authenticité retrouvé par Justin Lin sur les cinquième et sixième volets. Certes on s'amuse beaucoup avec la poursuite finale et son sous-marin, mais elle est bourrée d'images de synthèse et pas forcément pour l'engin. On peut même voir que le nombre de voitures est toujours plus ou moins identique, alors qu'une bonne partie se fait exploser! A cela on peut rajouter des flammes numériques d'un goût douteux, des véhicules réels semblant plus rares (le passage de la boule sent le faux à plein nez)... On peine parfois à croire que c'est le réalisateur de Braquage à l'italienne (qui bénéficiait de poursuites de qualité) aux commandes. Si le film reste efficace dans sa réalisation, ce surplus de CGI est assez désagréable et donne de mauvais souvenirs à votre interlocuteur qui avait délaissé un temps la franchise à cause de cela. 

Fast & Furious 8 : Photo

Malgré des défauts bel et bien présents, il est toujours agréable de voir cette bande au cinéma. Même la petite nouvelle (Nathalie Emmanuel) fait désormais partie du décor, preuve de l'osmose du groupe. Par la même occasion, le personnage d'Owen Shaw (Jason Statham) devient ainsi un "good guy", ce qui entraîne des conversations fortes en punchlines avec le "viagras à franchise" (The Rock). Les deux personnages / acteurs alimentent largement le film de leurs engueulades, passant ainsi dans l'actionner pur et dur où le bon phrasé fait mouche. Même si la scène avec les chipmunks est super, elle aurait été bien meilleure si Gary Gray avait assumé pleinement en ne gardant que la musique en fond sonore. Un parti-pris qui ne tient pas toutes ses promesses encore une fois. Dans ce petit groupe, on peut rajouter Kurt Russell toujours là au bon moment et avec un sidekick casse-pied (Scott Eastwood qui a bien du mal à assumer la relève du grand Clint) qu'il remet à sa place plus d'une fois avec dextérité. Quant à la méchante incarnée par Charlize Theron, elle est plutôt amusante et l'aspect high tech permet à la franchise de passer au cyber-terrorisme et à remettre les personnages un peu à leur place. Pas un mal pour un renouvellement de franchise qui a bien besoin de nouveaux chevaux sous le capot. (fin des spoilers)

FF

L'amusement est toujours là, mais les défauts prennent trop souvent le pas sur le reste.