Nous revoilà dans l'Antichambre de Borat en ce mois de décembre un peu plus neigeux que l'an dernier. Comme d'habitude, trois films chroniqués dans des critiques plus courtes, mais néanmoins pertinentes. Au programme : The Rock à la plage ; du film post-apocalypse très minimaliste ; et un film d'action très 80's. Ready ? Go ! (attention spoilers


 

Baywatch

Baywatch ou Alerte à Malibu est une série qui n'avait rien de bien consistante (1989-2001). Comme diraient Joey et Chandler dans Friends (1994-2004), c'est avant tout "des filles qui courent". Ils avaient même oser un spin-off avec Mitch Buchannon (David Hasselhoff) en détective privé (Un privé à Malibu, 1995-97).

L'adaptation de Seth Gordon (2017) s'amuse des deux séries constamment. Le personnage de Zac Efron fait même souvent la réflexion que nos maîtres-nageurs ne sont pas des policiers et qu'ils devraient laisser faire la police faire son travail (qu'elle ne fait pas, vous vous en doutez bien). 

La fusion n'a d'ailleurs rien d'étonnante, car montrer des maîtres-nageurs qui courent pour sauver des gens n'a rien de très fascinant. C'est d'ailleurs pour cela qu'Alerte à Malibu bifurquait souvent vers des affaires criminelles, histoire de réhausser l'intérêt des spectateurs.

Ici, Mitch Buchannon (The Rock) se retrouve à traquer une industrielle faisant dans le trafic de drogue (Priyanka Chopra). Rien de nouveau sous le soleil et le film part inévitablement dans la comédie. Sauf que contrairement aux 21 Jump Street (Lord, Miller, 2012-2014), Baywatch se veut beaucoup moins subtil et c'est là qu'il pèche un peu. 

Si certains gags fonctionnent, Baywatch a souvent tendance à accumuler les lourdeurs et les blagues en dessous de la ceinture pas souvent pertinentes. Sans compter qu'inévitablement, tous les personnages n'ont pas la même mise en lumière.

The Rock et Zac Efron sont omniprésents et bons dans leurs rôles, les autres sont avant tout des faire-valoirs. Le petit gros (Jon Bass), les jolies brunes (Alexandra Daddario et Ilfenesh Hadera) et blonde (Kelly Rohrbach).

On notera aussi des effets-spéciaux souvent dégueulasses et ce malgré un budget confortable (69 millions de dollars). On voit que certains cachets ont explosé. Le film se pose avant tout comme un film de l'été, le film rigolo à regarder une fois et oublié quand la saison se termine. La différence avec les 21 Jump Street


 

ICAN

La société A24 commence à se faire un nom, à force de projets ambitieux et sortant des sentiers battus dans le milieu indépendant US. Une de leurs dernières productions est le très particulier It comes at night (Trey Edward Shults, 2017).

Dans le genre horrifique, le second film du réalisateur de Krisha dénote avec les productions du moment. En effet, le film délaisse les jump-scares et les effets musicaux qui vont avec en se focalisant sur l'ambiance. Ce qui donne un film au rythme lent (ce qui peut déplaire à certains spectateurs), où la tension se fait progressivement jusqu'à atteindre son paroxysme dans ses dernières minutes.

En plus de jouer sur le survival, Shults l'insère dans un aspect post-apocalyptique intriguant puisque quasiment peu évoqué, se contentant de quelques francs-tireurs et d'un contexte. On sait qu'un virus circule et contamine les gens. La première scène nous montre le père d'un des parents mourant et tué en conséquence (David Pendleton).

L'arrivée de quelqu'un amène à de la méfiance et à la paranoïa. It comes at night devient progressivement un film où les héros ne le sont jamais vraiment entre non-dits et des mensonges aux conséquences folles. 

Le fait de mettre en scène l'histoire à travers la maison permet une certaine économie, mais aussi de se focaliser sur chaque personnage le plus possible. Deux couples qui finissent par s'affronter pour leur propre survie, chacun avec ses peurs et erreurs. 

Shults peut compter sur un excellent Joel Edgerton, parfait en patriarche prêt à tout pour sauver sa famille, quitte à la mener à sa perte. Le reste du casting est tout aussi impeccable.

On peut toutefois reprocher au réalisateur de ne pas être assez clair sur les rêves du fils (Kelvin Harrison Jr). On sent la volonté de jouer avec les ellipses pour décontenancer le spectateur, mais parfois on a un peu de mal à y croire. Reste un cru qui ne laisse pas indifférent.


 

091161

Comme votre interlocuteur l'évoquait il n'y a pas si longtemps, la tendance actuelle du cinéma d'action US est de jouer sur la stylisation. L'un des maîtres-étalons du genre n'est autre que John Wick (Stahelski, Leitch, 2014), sorte de Commando plus raffiné avec Keanu Reeves qui liquide ceux qui ont osé tuer sa raison de vivre.

Cela tombe bien, revoilà David Leitch avec un nouveau film d'action, Atomic Blonde (2017). Leitch tout comme son camarade Chad Stahelski est cascadeur et coordinateur de cascades depuis les 90's.

On ressent leur envie de vouloir miser sur des scènes d'action très chorégraphiées et ne voulant pas se concentrer sur du pur bourre-pif à punchlines. Pour cela, Leitch opte pour une stylisation plutôt branchée, jouant sur les néons violets, bleus ou rouges.

Le principal problème de John Wick comme d'Atomic Blonde est que le manque de fun se ressent plus d'une fois. Si le premier est encore amusant à cause de son contexte over the top, le second n'est rien d'autre qu'un film d'espionnage / action dans le paysage.

Le fait qu'il se situe dans les 80's ne change rien à l'affaire. Bien qu'agréable à l'écoute, la soundtrack compilant divers titres de l'époque amusera (il fallait oser mettre un titre aussi merveilleusement ringard que Der Kommissar), mais son utilité laisse aussi pantois.

Le film se veut intéressant pour montrer Charlize Theron en espionne ravageuse, dégommant du bonhomme en veux-tu en voilà. On voit que Fury Road (George Miller, 2015) a fait son effet sur quelques producteurs et la voir ici n'a rien d'étonnant. James McAvoy s'avère amusant lui aussi dans un rôle double à peine voilé.

Et pour cause, Atomic Blonde souffre aussi d'un scénario simple et faussement compliqué. A force de se vouloir plus malin que le spectateur, Leitch se rate un peu même si Atomic Blonde est un divertissement du dimanche soir tout ce qu'il y a de plus acceptable. On préférera davantage The Hitman's Bodyguard (Patrick Hughes, 2017) qui se prend beaucoup moins au sérieux.

A la prochaine !