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Genre : horreur épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2012
Durée : 1h20

Synopsis : C'est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient ! Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l'événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d'une étrange maladie. En quelques instants, une terrifiante vague de violence s'abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar... Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur vie, dans une quête désespérée pour se retrouver...   

La critique d'Alice In Oliver :

Paco Plaza et Jaume Balaguero, deux noms du cinéma espagnol qui riment inexorablement avec le cinéma horrifique, et en particulier avec Rec premier du nom. Le succès pharaonique de cette production d'épouvante va même dépasser ses frontières ibériques en s'appropriant et en réinventant un genre anomique : les zombies carnassiers et décrépits. La formule ânonnée par les deux cinéastes est pourtant laconique puisque les protagonistes du film sont tout simplement claquemurés dans un gigantesque immeuble infesté de zombies et encerclé par la police, le but étant d'empêcher l'infection de se propager. Evidemment, les thuriféraires du cinéma d'horreur citeront aisément Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999) comme référence principale, ne serait-ce que pour cette action filmée en filigrane par une caméra subjective.

Tel est par ailleurs l'apanage du found footage. A l'instar du film d'Eduardo Sanchez et de Daniel Myrick, Rec flatte et flagorne nos tendances scopophiles pour un résultat certes jubilatoire, mais rien de transcendant non plus au final. En vérité, Rec reste avant tout un hommage, à peine déguisé, au vieux cinéma d'horreur italien de naguère, en particulier Démons (Lamberto Bava, 1985), un long-métrage auquel Rec fait directement référence en psalmodiant la même formule éculée. 
Seule dissimilitude, les animosités ne se déroulent plus dans un cinéma, mais dans un immeuble assiégé par des morts-vivants anthropophages. Que soit. Corrélativement, Jaume Balaguero et Paco Plaza ont pour vocation de signer une franchise en quatre épisodes (une tétralogie) et corroborent cette fascination pour le cinéma d'épouvante de jadis avec Rec 2, sorti en 2008.

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Peu ou prou de surprises au programme. Ce second chapitre réitère les aspérités de son auguste homologue tout en renâclant du côté de L'Exorciste (William Friedkin, 1973), quitte parfois à verser dans le grand-guignolesque. Si Rec 2 se solde derechef par un succès commercial, il ne réédite pas les performances de son illustre devancier. Conjointement, Paco Plaza et Jaume Balaguero se séparent en tout amicalité. La saga Rec est destinée à se poursuivre, mais seulement sous l'égide d'un seul et unique metteur en scène. En l'occurrence, Rec 3 Génesis, sorti en 2012, est réalisé par les soins de Paco Plaza. Le nom de Jaume Balaguero apparaît seulement au générique en tant que producteur créatif. La franchise proverbiale n'a pas omis son démiurge originel...
Avant le succès de Rec premier du nom, Paco Plaza tournait déjà en solo.

Sa carrière cinématographique débute à l'orée des années 2000 avec Les Enfants d'Abraham (2002), L'enfer des loups (2004) et Scary Stories (2006). En vérité, les thuriféraires de la saga horrifique craignent que l'absence de Jaume Balaguero derrière la caméra ne soit préjudiciable à la qualité de Rec 3 Génesis. En outre, ce troisième volet se veut plus présomptueux qu'à l'accoutumée puisque le film a pour velléité de relancer une franchise déjà moribonde. 
Rec 3 Génesis saura-t-il apte à remplir son office et à surprendre un public en partie divisé ? Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Contrairement aux deux premiers chapitres, Rec 3 Génesis se soldera par un bide commercial, ne renouvelant aucunement les scores astronomiques de ses prédécesseurs. A fortiori, ce troisième opus est sujet à de nombreuses controverses.

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D'un côté, certains adulateurs de la saga vantent les prouesses et l'originalité de ce nouvel épisode. A contrario, les contempteurs tancent et vitupèrent une série horrifique en état de sévère décrépitude. La distribution du film se compose de Leticia Dolera, Diego Martin, Ismael Martinez, Claire Bashet, Alex Monner et Xavier Ruano. Attention, SPOILERS ! C'est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient ! Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l'événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d'une étrange maladie. 
En quelques instants, une terrifiante vague de violence s'abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar... Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur vie, dans une quête désespérée pour se retrouver...

Paco Plaza est un réalisateur du passé. Le cinéaste ibérique n'a jamais tari d'éloges ni caché son extatisme pour ces vieilles pellicules horrifiques de naguère. Après avoir largement cité et référencé Démons (précédemment mentionné) dans le premier volet, puis L'Exorciste (lui aussi précité) dans le second méfait ; cette fois-ci, c'est au tour de la saga Evil Dead d'être scandée dans Rec troisième du nom. Par certaines analogies, le métrage n'est pas non plus sans évoquer Zombie (George A. Romero, 1978) via la scansion suivante : "Les morts ont abandonné leur propre demeure" qui supplante ce célèbre aphorisme comminatoire : "Quand il n'y a plus de morts en enfer, les morts reviennent sur terre". Rec 3 Génesis surprend donc par cette volonté de fonctionner en trompe-l'oeil. 
Alors que le film démarre par ce bon vieux procédé de caméra subjective, Paco Plaza délaisse ce postulat de départ, qu'il considère visiblement obsolète, pour réaliser un long-métrage classique et de facture conventionnelle. 

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Finie la bonne vieille époque de la found footage, comme si ce principe avait déjà montré toutes ses limites, ses écueils et ses corolaires... L'objectif est, à priori, de briser cette didactique des deux premiers opus pour mieux se centrer sur les belligérances. Cette fois-ci, pas question de rechercher l'effroi ni à faire tressaillir les spectateurs de leur siège. Rec 3 Génesis s'acoquine et lutine davantage avec la comédie zombiesque tout en proposant une dilection amoureuse en filigrane. Après un préambule verbeux, Paco Plaza se décide enfin à lancer les animosités. 
Sur ce dernier point, le cinéaste espagnol se montre plutôt magnanime en exécutant à la chaîne ses divers protagonistes. Certes, les néophytes se laisseront sans doute dévoyer et emporter par cette frénésie de surenchère.

Toutefois, rien de neuf sous le soleil. A contrario, les amateurs de barbaque et de tripailles clabauderont et tonneront à raison contre une pellicule joliment désuète. Certains d'entre eux se hasarderont à clamer : "Tout ça... pour ça...". En voulant à tout prix apporter une once de fraîcheur et de truculence à une saga en déliquescence, Paco Plaza réussit surtout à meurtrir définitivement une franchise déjà moribonde. Non pas que Rec 3 Génesis soit foncièrement médiocre, loin de là. En vérité, c'est probablement l'épisode le plus novateur de la série. 
Au fil des minutes, le film finit par payer cher son concept débridé en restant cloîtré dans sa pléthore de références qu'il ne parvient jamais à dépasser. Mais que Paco Plaza se rassérène. Son acolyte, Jaume Balaguero, ne fera pas beaucoup mieux et inhumera encore davantage la saga vers des précipices de cancrerie et de médiocrité, avec Rec 4 : Apocalypse en 2014.