Envahie de dragons, l'île de Beurk devient également la cible de chasseurs de dragons. Harold doit alors agir pour préserver sa communauté...

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Dreamworks Animation est un studio à part dans le cinéma américain. Né de l'association entre Steven Spielberg, Jeffrey Katzenberg (fraîchement parti de Disney) et David Geffen en 1994, Dreamworks SKG s'est vite partagé en plusieurs sections et la partie animation gérée par Katzenberg est devenue indépendante. Avant d'être reprise en main une fois, deux fois et maintenant trois fois par divers studios (dans l'ordre, Paramount, Fox et Universal). La trilogie Dragons (DeBlois, Sanders, 2010-2019) en est bien la preuve puisque chaque film est passé par un distributeur différent. Dreamworks Animation n'est pas un studio très apprécié dans ces colonnes, la faute à beaucoup de productions indigentes, allant de Gang de requins (2004) à Captain Superslip (David Soren, 2017). Mais quand des films sortent du lot, il est bon de le souligner également et c'est le cas de la trilogie précitée.

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Débutée avec Chris Sanders, elle a continué avec son second maître à bord Dean DeBlois. Deux anciens animateurs de Disney qui avaient réalisé Lilo et Stitch (2002), soit l'un des rares Disney notables des 2000's. Un film qui a inspiré Dragons en amont avec la rencontre sur une île (changez Hawaï par Beurk) d'une petite fille mal dans sa peau avec une créature extraterrestre traquée qu'elle est la seule à comprendre, soit des brouillons des futurs Harold et Krokmou. Quand Dragons est sorti en 2010, Dreamworks passait un sacré mauvais quart d'heure. Si on regarde leur filmographie, cela faisait depuis Shrek 2 (2004) que l'on n'avait pas vu un film potable du studio (si vous exceptez Le mystère du lapin-garou coproduit avec Aardman). Donc le film de Sanders et DeBlois apparaissait comme une bouffée d'air frais inattendu et salutaire.

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Cela s'est confirmé avec un second opus (2014) aussi réussi qui parvenait à faire évoluer ses personnages dans le temps. Le temps qui passe est au centre de la franchise, là où les précédentes du studio (soit Shrek, Madagascar et Kung fu panda) jouaient sur un rapprochement des intrigues, malgré la distance entre la production des films. C'est encore le cas dans ce troisième film puisqu'il se situe un peu plus d'un an après le second. (attention spoilers) Dans le premier film, le viking Harold et le dragon Krokmou devenaient amis dans un monde où Homme et Dragon sont ennemis. Leur amitié aidait les habitants de Beurk à changer leur mentalité, y compris le père d'Harold. Les deux personnages finissaient également par avoir un handicap chacun (Harold perd la moitié de sa jambe gauche et Krokmou une partie de sa queue), renforçant ainsi leur lien.

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Le second montrait un Harold plus âgé, déjà plus proche du monde adulte et devenant un chef malgré lui en prenant la succession malheureuse de son père. Dans Dragons 3, Harold est un chef qui va devoir prendre des décisions importantes pour lui, son peuple et les dragons. C'est là qu'il va devenir adulte. Par la même occasion, sa compagne Astrid évolue également. Les deux personnages s'aiment, mais jusqu'à présent elle suivait seulement Harold dans ses actions. Ici, elle apparaît comme une aide inestimable pour Harold dans la mesure où elle prend des initiatives et ils agissent ainsi ensemble, là où avant Harold avait tendance à être un peu plus solitaire. Ils forment désormais un vrai couple et chacun est complémentaire à l'autre. De la même manière, Krokmou évolue également.

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En fin de second opus, il devenait l'alpha des dragons et ici il apparaît lui aussi comme un véritable leader capable de mener son peuple. Harold, Astrid et Krokmou ont grandi ensemble et sont désormais des adultes capables de prendre des décisions drastiques pour préserver chacun des camps. Dragons 3 est un film touchant à l'image de ses aînés, grâce à l'attachement que le spectateur peut avoir envers les personnages. Plus que l'intrigue principale qui ressemble beaucoup trop à celle du second (un homme se sert de dragons pour chasser et tuer des autres), c'est cet attachement à des personnages que l'on a vu grandir au fil des films qui fait de Dragons 3 un excellent final à une trilogie de qualité.

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Car oui, il n'y aura probablement pas de suite de trop ou de plus à la franchise à l'heure où l'on parle d'un cinquième Shrek. Dragons 3 se termine sur une belle conclusion sous forme d'ellipse temporelle, permettant ainsi de terminer ce qui a commencé en 2010. (fin des spoilers) Ce troisième volet peut également compter sur une animation irréprochable. Malgré la qualité scénaristique globale de leurs films, Dreamworks a toujours travaillé ses films visuellement et les Dragons ne font pas exception. Les scènes dans le monde caché sont par exemple un éblouissement pour les yeux à travers ses jeux de lumières dignes d'Avatar (James Cameron, 2009). Puis comparé à certaines grosses productions US récentes (coucou Captain Marvel), au moins les scènes d'action sont lisibles et bien montées (donc pas une accumulation de plans courts pour en mettre le plus possible).

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Un troisième volet qui conclue habilement ce qui devrait rester une trilogie et ce malgré quelques redondances.