Bienvenue dans ce nouveau numéro de Bis on Thionville, la rubrique qui revient sur les films qui passent durant les Nuits bis du cinéma La Scala. Aujourd'hui, nous allons nous intéresser aux USA et en particulier à ses coins campagnards où il fait bon vivre. Enfin pas trop dans le cas présent, puisque les films dont nous allons parler montrent des personnages confrontés à des bébêtes gourmandes. Commençons par le plus vieux, à savoir Squirm ou La nuit des vers géants (Jeff Lieberman, 1976), projeté avec Le chat à neuf queues (Dario Argento, 1971) en mars dernier. Comme ne l'indique pas du tout le titre français, il n'y a pas de vers géants dans le film, au contraire de vers voraces. Une idée qui serait venue au réalisateur lorsque son frère et lui avaient utilisé un transformateur de train électrique au sol et que des vers étaient apparus subitement. Par ailleurs, il semblerait que l'équipe du film a acheté tellement de vers qu'il n'y en avait plus pour les pêcheurs de la Nouvelle Angleterre.

03 2019

Affiche réalisée par Grégory Lê.

Sorti dans un premier temps en version Restricted (interdiction aux moins de 17 ans avec accompagnement), le studio American International Pictures l'a finalement coupé un petit peu pour obtenir une classification PG (accord parental souhaitable). Rappelons qu'en 1976, le PG-13 (soit l'interdiction aux moins de 13 ans avec accompagnement) n'était pas encore créé et qu'un film comme Jaws (Steven Spielberg, 1975) était PG en raison de son peu de plans graphiques. Ce qui se ressent également dans le film de Lieberman qui ne montre pas d'effets trop crades. Le réalisateur dévoile ainsi une ville rapidement pleine de vers carnivores, de la même manière que L'horrible invasion avec des araignées mortelles (Nuit des poupées araignées). Si ce dernier avait William Shatner dans un portrait de macho absolument mémorable, Squirm a RA Dow aka Roger.

La nuit des vers géants

Un personnage de campagnard un peu bête et beaucoup trop insistant avec la fille du patron (Patricia Pearcy), qui va devenir petit à petit un véritable antagoniste en puissance. Car évidemment, Lieberman rajoute une sous-intrigue amoureuse peu intéressante avec notre bon vieux Roger, la fille et son petit-ami venu d'ailleurs (et donc forcément mal vu par les gens du coin) incarné par un Don Scardino, bien moins baraqué que Daw. Au passage, on notera que le maquillage avec les vers qui sortent du visage de Roger est plutôt bien fait. Squirm n'est pas forcément très intéressant. C'est un petit film d'horreur animalier comme il y en avait plein durant les 70's et pas forcément du genre à sortir du lot. Toutefois, il nous offre un twist hilarant à ranger à côté du sort réservé à Mario Van Peebles dans Jaws 4 (Joseph Sargent, 1987).

Squirm

Passons maintenant au second film, The dead don't die (2019) diffusé en juin durant le Jour du bis. Film d'ouverture du dernier Festival de Cannes, le dernier film de Jim Jarmush peut se targuer d'avoir un beau casting : Bill Murray, Adam Driver, Chloé Sevigny, Steve Buscemi, Danny Glover, Caleb Landry Jones, Tilda Swinton, Iggy Pop, RZA, Selena Gomez, Tom Waits et Rosie Perez. Le casting est certainement le gros plus du film. Murray est parfait dans le rôle du Droopy dépassé par une situation trop grosse pour lui et pour d'autres choses. Swinton et Driver s'amusent comme des petits fous à dézinguer des zombies, tandis que Buscemi a certainement dû bien se marrer à jouer les pro-Trump (ce qui est presque une insulte, autant pour l'acteur que pour le président des USA). Pour le reste, on est là aussi face à un film qui n'apporte rien de plus au genre qu'il aborde et qui sera probablement oublié rapidement.

TDDD 2

On peut s'amuser de Murray en sorte d'incarnation de Jarmush, tant ce dernier semble blasé d'à peu près tout et n'importe quoi. Il étale son casting durant le générique au même titre que sur les affiches, montrant bien que l'intérêt primordial du film sera sur ses têtes d'affiche. Il joue la carte meta avec Driver qui connaît les règles du genre zombiesque (ce qui n'a rien de nouveau, Zombieland ou Shaun of the dead l'ont fait avant lui) ; ou en utilisant jusqu'à l'usure (volontaire) la chanson qui sert de titre au film. Sans compter les hipsters dézingués gratuitement aussi bien verbalement que physiquement. Jarmush en rajoute même avec un moment particulièrement cocasse vers la fin du film, où il confirme plus ou moins qu'il se fout un peu de son sujet. En résulte, une sympathique virée à la campagne avec quelques gags amusants, mais pas de quoi fouetter un chat. Allez à la prochaine !