Libérez le kraken!
La version de 1981
Pour avoir donner un enfant à Zeus, le roi d'Argos bannit sa femme et le bébé. Furieux, Zeus fait détruire, par les eaux. Des années plus tard, Persée est devenu un homme et compte protégé Andromède, son amour, de la déesse Thétis, prête à tout pour que son fils, Acrisios, finisse avec la jeune femme...

En 1981, la MGM produisait le petit péplum, Le choc des titans de Desmond Davis. Le film aura un joli succès, malgré la concurrence (Les aventuriers de l'arche perdu quand même) et aura un certain culte, au fil des années. On y retrouve Harry Hamlin, Judi Bowker, Maggie Smith, Burgess Meredith, Laurence Olivier, Jack Gwilim, Donald Houston et Ursula Andress. Ce péplum aurait pu passer clairement inaperçu. Mais il a un certain charme.

Avec cette trame classique, Persée va affronter tout un tas de créatures, pour sauver son Andromède. Pour cela, Davis a eu la bonne idée d'engager Ray Harryhausen (aussi producteur), responsable des effets spéciaux des Soucoupes volantes attaquent ou de Jason et les Argonautes. Ses créatures sont toutes faites artisanalement et leurs mouvements utilisés en stop motion. Ce qui procure un certain charme. Ainsi les scorpions, le corps de Acrisios (quand il n'a pas le visage de Houston), Meduse, Pégase ou le Kraken prennent vie avec ce fantastique procédé.

En plus de cela, le film ne se prend pas au sérieux. Il n'y a qu'à voir les Dieux, tous en toges et dont le jeu est très académique. Le film se laisse voir, sans déplaisir et les épreuves sont passionantes. La meilleure reste celle de Méduse. Malgré cela, le film a, quand même, prit un petit coup de vieux. Dû aux SFX, en partie. Car Le choc des titans reste un bon péplum. Ce n'est pas non plus, grâce au Blu Ray de la Warner, qu'il va rajeunir. Le résultat étant quasi calamiteux, avec des images vraiment trop sombres.

Un bon péplum, avec des SFX charmants, mais subit le poids des années.
La critique d'Alice In Oliver:
Attention, film culte ! J'ai nommé le Choc des Titans, réalisé par Desmond Davis en 1981. Suite au succès de certaines péloches fantastiques comme le 7ème Voyage de Sinbad et Jason et les Argonautes, Hollywood veut réaliser une grosse production digne de nom, et fait à nouveau appel à Ray Harryhauser pour signer les effets spéciaux.
Toutefois, le Choc des Titans version 1981 ne se résume pas qu'à une galerie d'effets spéciaux et de monstres impressionnants.
Le scénario a le mérite de reprendre la mythologie et l'histoire de Persée dans ses grandes lignes: de son enfance à son long apprentissage de guerrier, jusqu'à son destin, façonné par une terrible malédiction.
Attention, SPOILERS !
Persée, fils de Zeus et de Danaé, s'éprend de la princesse Andromède. Mais leur amour est contrarié par une malédiction que fait peser sur elle son ancien prétendant, Calibos, rendu laid et difforme par Zeus.
Tous ceux qui voudront épouser Andromède devront d'abord, sous peine de mort, être capables de répondre à une énigme élaborée par Calibos : jusqu'ici, personne n'a su relever ce défi morbide...
Qu'à cela ne tienne, Persée a bien l'intention de défier la puissance des dieux et de braver mille dangers pour réaliser l'impossible.
Pour cela, il devra faire preuve de malice, affronter des sorcières démoniaques et cannibales, combattre le cerbère, et surtout, trancher la tête de Méduse, une créature capable de changer ses victimes en statues de pierres.
Pour franchir toutes ces épreuves, Persée devra faire appel à son courage mais aussi faire appel aux Dieux.
Ainsi, Persée se verra doter d'une épée, d'un casque lui permettant de se rendre invisible et d'un bouclier aux pouvoirs magiques.
Ensuite, Pégase, le cheval ailé, sera lui aussi un allié précieux.
Au niveau du casting, le film bénéficie d'acteurs de qualité: Harry Hamlin, Ursula Andress, Laurence Olivier, Claire Bloom et Burgess Meredith.
Quant au scénario, il est respectueux de la mythollogie de Persée, le film insistant largement sur certains personnages hauts en couleurs.
Ensuite, la personnalité des dieux en présence reste intéressante, ces personnages divins pouvant se montrer à la fois cruels et généreux.
Tout dépend des circonstances, mais le film les rend définitivement humains.
La réalisation de Desmond Davis permet également à Ray Harryhausen d'exprimer tout son talent, et de mettre en valeur les créatures de service.
La séquence se déroulant dans la tannière de la Méduse, est un modèle du genre. Un grand soin a été apporté aux effets spéciaux, ainsi qu'aux scènes de bataille contre certains monstres antiques.
Par exemple, comment ne pas évoquer le combat contre des scorpions géants ? On sent immédiatement le génie de Ray Harryhausen, ce dernier apportant une véritable présence et/ou personnalité aux créatures de service.
En résulte un classique du genre fantastique et une référence incontournable, qui connaîtra malheureusement un remake tristounet, standardisé et blockbusterisé en 2010.
La version de 2010
Acrisios, furax envers Zeus pour avoir donné un enfant à sa femme, tue cette dernière et laisse son bébé. Retrouvé par un pêcheur, il sera baptisé Persée. Plus âgé, Persée est le dernier survivant d'un assault d'Hadès. Plus tard, ce dernier ordonnera qu'Andromède soit sacrifié, 10 jours plus tard, à cause des propos de cette dernière. Persée, accompagné de soldat, va devoir empêché cela, tout en voulant se venger du Dieu des enfers...

La nouvelle version du Choc des titans, par Louis Letterier, était plus ou moins attendu. Les bandes annonces annonçant un bon divertissement. On y retrouve Sam Worthington (premier grand rôle après Avatar), Gemma Arterton (que l'on reverra en mai, dans Prince of Persia), Liam Neeson, Ralph Fiennes, Jason Flemyng, Mads Mikkelsen, Alexa Davalos, Pete Postlethwaite, Ashraf Barhom et même Mouloud Ashour! Oui, bel et bien, l'un des chroniqueurs du Grand Journal et ami du réalisateur.

On est face à du pur spectacle. Ainsi, vous aurez droit à de beaux combats (ceux avec les scorpions ou Méduse au hasard), des effets spéciaux impressionants, soit un bon petit film épique. De plus, on remarque une certaine évolution, dans la réalisation de Letterier, et Le choc des titans se révèle être son meilleur film. Worthington, Arterton, Mikkelsen et Flemyng s'en sortent plutôt bien, mais les Dieux patissent de leurs versions originales, déjà très académique. Ajouté à cela des combinaisons dignes des Chevaliers du Zodiaque, ça annonce la couleur.

De plus, Leterrier modifie des éléments de l'original. Ainsi, Acrisios n'est plus le fils de Thétis, mais le roi d'Argos. Les Scorpions sont plus gros et des Djinns ou autres combattants sont ajoutés. Io remplace Andromède, dans le coeur de Persée. Hadès est l'ennemi de Persée et non Thétis. Mais il s'agit toujours de dieux. Mais dans l'ensemble, ce remake est assez fidèle à l'original.

Maintenant, c'est l'heure du coup de gueule. Comme vous le savez, il y a quelques mois, la Warner a annonçait, qu'ils voulaient convertir ce film en 3D. Bah oui, ils sont comme tout le monde: depuis Avatar, la 3D rapporte beaucoup de pognon. On a pu le voir, recemment, avec Alice au pays des merveilles. Sauf que là, ce n'est ni une 3D immersive ou à la limite gadget. Ce n'est rien du tout! On ne voit rien, il n'y a aucun effet. Même pas un objet, qui arrive dans votre gueule. Un désastre complet, qui confirme les dires de James Cameron: on ne peut convertir un film en 3D, en 4 mois. Donc évitez de payer 3 euros de plus, pour le voir en 3D.

Un bon divertissement avec des combats bien faits, mais à ne surtout pas voir en 3D (je sais, j'insiste, mais faut pas déconner).
La critique d'Alice In Oliver:
Le choc des effets spéciaux, voilà un titre qui aurait bien mieux convenu à ce remake sans âme du célèbre film de Desmond Davis, réalisé en 1981. D'ailleurs, il sera beaucoup question d'effets spéciaux dans cette chronique. Pourquoi ?
Parce que c'est bien la seule chose à retenir de cette nouvelle version, servie par un Louis Leterrier, certes très compétent pour délivrer la marchandise, mais beaucoup moins convaincant lorsqu'il s'agit de personnifier un film et de lui donner une âme.
Oui, il faut être honnête. Niveau action, séquences de bastons et effets spéciaux époustouflants, ce remake se révèle impressionnant.
En revanche, il contient de nombreux défauts. En résumé, vous pouvez oublier la version de 1981 et son charme, dû en partie à la fameuse touche de Ray Harryhausen.
Peu soucieux de proposer une vision personnelle, Louis Letterrier mise donc sur les effets visuels.
Aussi, a-t-on le droit à un film heroïc fantasy bourrin, enlevé et véritable caricature du gros blockbuster actuel.
Des effets spéciaux, encore des effets spéciaux et toujours des effets spéciaux ! Pour le reste, nada ! Rien, que dalle !
Le choc des Titans version 2010 semble également avoir oublié le côté mythologique et délaisse totalement ses personnages.
Par exemple, Persée n'est vu que comme un simple guerrier, une sorte de fils bâtard et de demi-dieu.
Tous ces éléments sont évoqués à travers une simple phrase.
Ici, on se contrefout royalement de l'histoire du héros, encore plus de son enfance, de son passé et de son initiation.
L'histoire de Persée étant évoquée ici à travers une séquence de deux petites minutes. Ne parlons même pas des personnages secondaires, qui ne sont là que pour se faire buter ou aider un Persée totalement détaché et finalement peu attachant.
Après, encore une fois, les fans de blockbusters écervelés apprécieront probablement ce divertissement gadget et 3D.
Les fans de mythologie ou encore ceux qui attendent un scénario (soit le minimum syndical pour un genre tout de même assez riche) pourront passer leur chemin.
On quitte alors la salle de cinéma avec ce sentiment de déception, ce remake ne possédant jamais la saveur, la générosité et la force de la version de 1981.
Ray Harryhausen peut se retourner dans sa tombe...