Les démons du Tisseur
Peter va devoir affronter son meilleur ami Harry, puis l'Homme Sable qui aurait tuer son oncle. Il va aussi devoir combattre ses propres démons dus à l'arrivée d'un symbiote extraterrestre...

Après deux très bons volets, Sam Raimi veut finir sa trilogie (ce qui était dit au départ). Pour cela, la Columbia lui file carrément le pactole (près de 300 millions de $ de budget), ce qui faisait de Spider man 3 le film le plus cher de tous les temps à l'époque devant le King Kong de Peter Jackson. Depuis, il fut dépassé par Avatar de James Cameron avec un budget largement supérieur. S'ajoute au casting d'origine (on ne présente plus Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, JK Simmons, Elizabeth Banks, Ted Raimi et Rosemary Harris) Thomas Haden Church (vous vous souvenez du méchant de George de la Jungle?! Non? Bon pas grave!), Topher Grace (héros de la série culte That 70's show), Bryce Dallas Howard (gaaaah!) et James Cromwell. Le film, évidemment, a fait un carton mondial, mettant la saga Spider Man au panthéon des sagas au milliard de $. Mais est-ce mérité? Cet épisode se révèle être finalement très décevant. Tout d'abord, on a l'impression de voir simplement une succession de scènes d'action sans véritable intérêt. L'âme n'y est pas et Raimi finira par l'avouer. Puis il y a les nouveaux méchants.

Si l'Homme-Sable est très bien fait (on ne critiquera pas sur le fait que les effets-spéciaux sont très bien faits), Raimi ne parvient jamais à lui rendre justice. Ainsi, le réalisateur en fait le tueur de l'Oncle Ben (événement absolument improbable juste fait pour rendre rageux Spidey) et malheureusement il le lâche un plein film et notamment dans son final bordélique. Mais comparé à l'autre adversaire majeur, cela reste du pain béni. Parce que Venom est vraiment mal développé. Tout d'abord, on nous dit à aucun moment d'où vient le symbiote. Certes, on le voit débarquer sur Terre mais il n'y a aucune justification. Les scénaristes des comics avaient d'ailleurs eu la bonne idée d'en faire une trouvaille spatiale lors d'un voyage où le fils Jameson était concerné. De plus, à aucun moment, on ne ressent de la peur en voyant Eddie Brock dans la peau de Venom. Il paraît non seulement ridicule mais en plus il n'a jamais l'aspect massif et menaçant de la bête des comics. Pire, le symbiote rend Peter complètement con! Il se pavane dans la rue (séquence à se pisser dessus tellement c'est ridicule où Peter roule des mécaniques, danse dans la rue et flashe sur les nanas), fait croire qu'il est avec Gwen Stacy (autre élément passant à la trappe et totalement inutile)...

Et le côté maléfique dans tous ça? Nulle part. James Franco, au contraire, est vraiment très bon. Son personnage devient alors un salopard véritable et ça c'est vraiment bon. Il confirme tout son talent, qui sera encore visible dans 127 heures. Dunst est très absente, tout comme Cromwell et Howard. Alors pourquoi mettre les Stacy dedans? Peut être pour la promotion en plus et que ça donne du cachet à une production véritablement absente d'ambition. N'oublions pas non plus ce plan immonde où Spidey débarque sous le drapeau américain. Manquerait plus que Living in America en fond sonore et c'est parti! Même Raimi a fini dans le patriotisme à un point de désolation tonitruant. Par contre, il n'y a pas à dire les effets spéciaux sont énormes, peut être au regard du film concerné. Mais s'il y a une scène à graver dans les mémoires, c'est celle où Bruce Campbell incarne le patron d'un restaurant italien (français en VO) très chic où Peter vient déclarer sa flemme à Mary Jane. D'autres à citer? Celles avec JK Simmons, tout simplement grandiose.

Très décevant de la part de Sam Raimi.
La critique d'Alice In Oliver:
Après un excellent second volet, on attendait avec impatience les suites des aventures de l'homme-araignée.
Avec Spiderman 2, Sam Raimi démontrait toutes ses qualités de réalisateur, le cinéaste cernant enfin toute la complexité et les contradictions de son personnage. En raison de ces différents éléments, tous les espoirs étaient donc permis avec Spiderman 3.
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Malheureusement, Spiderman 3 n'est qu'un pétard mouillé. Pire encore, on peut parler d'un véritable navet.
Certes, les amateurs de productions blockbusterisées, made in Michael Bay (même si ce dernier n'est pas derrière le film...) en auront pour leur argent.
Au niveau action et spectaculaire, Spiderman 3 délivre largement la marchandise.

En même temps, dans ce nouvel épisode, Peter Parker va avoir fort à faire puisqu'il est confronté ici à plusieurs super méchants: le retour du Bouffon Vert, que l'on croyait décédé depuis le premier volet, la naissance de l'homme sable, responsable de la mort de l'oncle de Peter Parker, et enfin, Venom.
Au final, voilà de nouveaux bad guys à gérer pour Sam Raimi, la trame de fond étant évidemment le côté sombre de son super héros principal, confronté ici à ses doutes et à ses démons.
C'est ce dernier point qui est probablement l'aspect le plus grotesque de cette troisième aventure. Sam Raimi passe totalement à côté de son sujet. Résumons un peu les choses. Pris en défaut par une entité extraterrestre, Spiderman se découvre de nouveaux pouvoirs. Il est plus fort qu'avant.
Dans un premier temps, le héros tisseur trouve de nombreux avantages et réduit ses ennemis en bouillie.
Paradoxalement, cette nouvelle force le rend plus mauvais, transformant peu à peu l'intéressé en petit voyou, redresseur de torts.
Peter Parker prend confiance en lui mais devient arrogant, traînant ses guêtres dans les bars, jouant les Brian Molko (le chanteur insupportable de Placebo) du dimanche, et donnant une leçon à quelques poivrots.
Tel est le résumé de la face sombre de Spiderman... Ridicule !
Enfin, Spiderman 3 pâtit d'un scénario faiblard, l'histoire se résumant ici à une succession de bastons dans la ville.
Ensuite, ce blockbuster sombre dans la production propagandiste, moraliste et manichéenne. Vive les Etats-Unis !
Telle est la moralité de Spiderman 3, l'homme-araignée débarquant carrément sur le drapeau étoilé de son pays.
Sans compter une morale assez douteuse, à coup de "tout le monde a la possibilité de tracer sa voie et de choisir celui qu'il a envie d'être" ou ce genre de moralité pompeuse. D'ailleurs, dans un numéro spécial de Mad Movies consacré à Sam Raimi, le cinéaste reconnaîtra le semi-échec artistique de ce troisième volet, aussi insipide que dispensable.