Une journée particulièrement sensationelle
Ferris Bueller est le cancre par excellence et totalise neuf absences dans l'année. Aujourd'hui, il a fait croire à ses parents qu'il était malade et avait les mains moites. Pendant toute la journée, lui, sa petite copine et son ami Cameron vont vivre une journée folle quand le principal du lycée et sa soeur vont essayer de le retrouver...
On ne le dira jamais assez mais le roi du teen movie, soit des films pour ados et avec des ados, était John Hughes. En France, on le connaît à peine pour avoir produit les Maman, j'ai raté l'avion (dont le lamentable Maman, je m'occupe des méchants de Raja Gosnell) et avoir collaboré à de véritables bouseries (Flubber, Les visiteurs en Amérique, Les 101 dalmatiens, Denis la malice, Beethoven). Pour connaître réellement sa filmographie, il faut revenir aux années 80. Je vous avais déjà parlé de Breakfast Club au début de ce blog (soit peu de temps après la mort du King of teens), il est temps de parler de La folle journée de Ferris Bueller. Un film de 1986 où on retrouve Matthew Broderick (connu à l'époque pour Wargames), Alan Ruck, Mia Sara (la princesse de Legend), Jeffrey Jones (qui arbore une moustache pas possible qu'il a gardé d'Howard the duck!), Jennifer Grey (et oui, elle n'a pas fait que L'aube rouge et Dirty Dancing) et Charlie Sheen le temps d'une apparition (amusant car Hughes avait dirigé son frère dans Breakfast Club).
Hughes marque le pas dès les premières minutes. Son héros éponyme est le lycéen branleur de première. Aujourd'hui il a l'idée de ne pas aller en cours et pour cela, il a la bonne méthode: frotter des tonnes de fois un trophée pour avoir les mains moites et le barratin du malade suit. Et le pire c'est que ça marche, au desespoir de sa soeur. Avant de partir en virée, Bueller a tout prévu également. Téléphoner à des potes pour intensifier la rumeur (certains croient même qu'il ne passera pas le week end!), pirater l'ordinateur du bahut pour enlever ses neuf précédantes absences, utiliser des enregistrements de ronflements, de pets et autres; Kennedy gonflable pour se faire passer pour lui... Le but étant de se faire une virée avec son ami Cameron et sa petite-amie Sloane. Le premier étant réellement malade, ce n'est pas trop grave (!); mais pour l'autre, Cameron devra incarner le père de la fille face à un principal devenant dingo à cause de Bueller (!!) pour l'excuser.
Une véritable poilade où Jones excelle en principal dépassé et n'hésitant pas à insulter Cameron avant de se faire clouer le bec devant sa collègue. Hugues livre ici une chronique adolescente clairement à se pisser dessus, ne lesinant jamais sur les gags cocaces. Autant dire que les scènes d'anthologie s'enchaînent à foison. Le principal essaye tant bien que mal de trouver Bueller, il ne va lui arriver que des bricoles. Que ce soit quand il s'enbourgue dans de la bout et surtout quand il se fait méchamment pourchasser par le chien de la famille jusqu'à un final hilarant. Sans oublier le générique où il se retrouve dans un car scolaire avec une hostilité débordante. Quant à la virée du jeune adolescent, elle relève du véritable délire. Bueller se déchaîne sur Twist and shout des Beatles en pleine parade alors que son père est dans un immeuble à côté; va au restaurant chic comme si de rien n'était; et se fait voler la Ferrari par des gars de parking sous la musique de Star Wars (!).
Et ce n'est pas fini vu que le réalisateur nous sortant le passage incroyable du garage. Cameron dévoile ses pensées et sa révolte face à un père qui préfère écouter le vrombissement de sa Ferrari que son propre fils. Un personnage plus intéressant que Bueller, savamment interprété par Alan Ruck et parfait reflet des tourments des jeunes selon John Hughes. Comme quoi, son statut de King of Teens n'est clairement pas usurpé. Quant à la Ferrari, la pauvre finira très mal au grand désopilement du spectateur. Broderick tient probablement son seul bon rôle, parfait en cancre de première et salopard en puissance. Par la suite, on ne le retrouvera que dans des films dispensables ou des navets de première (Godzilla franchement). Quant à Sara et Grey, elles s'en sortent pas mal, surtout la seconde bien moins cruche que dans la bouserie avec Patrick Swayze.
Une comédie mémorable et hilarante de John Hugues.




