La course la plus violente de l'univers
JP est un pilote de course devant à chaque fois triché pour faire gagner des paris à ses employeurs. Il se voit néanmoins proposé de participer à la Redline, course aussi prestigieuse que violente...
Ceux qui ont vu les Animatrix connaissent Takeshi Koike. Il avait réalisé dans cette anthologie un court nommé Record du monde où un coureur en pleine compétition sortait involontairement de la matrice avant de se faire neutraliser. Un court qui parlait déjà de vitesse, également le sujet de son premier long-métrage Redline. Malheureusement et comme déjà dit, si vous ne vous nommez pas Hayao Miyazaki, les distributeurs ont peur de se casser les dents et diffusent très mal leurs produits achetés. Redline finira donc en DTV dans un anonymat fortement regrettable. Le réalisateur s'est une nouvelle fois épaulé du studio Madhouse, célèbre pour l'animation des films du regretté Satoshi Kon ou les adaptations de mangas Beck, Card Captor Sakura ou Olive et Tom. Prestigieux donc.
Ce qui frappe déjà durant les premières minutes c'est l'impression de voir une course bien réelle aussi frappadingue. Les engins motorisés sont assez divers passant du coupé du héros principal JP à de véritables vaisseaux. Le décalage entre les différents pilotes se fait donc ressentir. Mais évidemment ce n'est pas le plus gros qui gagne ou qui avance le plus vite. La notion de vitesse est clairement développée par Koike au point d'en faire une sorte de leitmotiv. Sans elle, pas de victoire. Les scènes de course sont (sans jeu de mots) le moteur du métrage et autant dire qu'elles sont largement à la hauteur des attentes. On a vraiment l'impression d'être dans le cockpit de la voiture de course. Sans compter les effets de la nitro donnant lieu à un effet frontal percutant au point de regretter qu'il ne soit pas sorti en salles.
Parce qu'il faut bien l'avouer, rien que pour les scènes de course, le film aurait dû être montré au cinéma tant l'expérience est réellement sensorielle et spectaculaire. Les passages de nitro sont par ailleurs époustouflantes, choquant par les effets au niveau du conducteur. Rien à voir avec celles des Fast and Furious mais alors pas du tout. A vrai dire, on peut même dire que Redline est ce qu'aurait dû être l'adaptation de Speed Racer par les Wachowki, tant on est en plein délire filmique. L'intrigue est simpliste se résumant à une course de voitures mais installe des mini-intrigues comme la romance entre JP et Sonoshee et les magouilles de certains hommes politiques. Le final est grandiloquent en puissance, confirmant la folie ambiante du projet. Koike prouve qu'il est une valeur à suivre.
Un film de course sensationnel et impressionnant.



