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6 avril 2016

JCVD dans l'oeil du Bison

street_fighter,1

Genre: action, arts martiaux
Année: 1994
durée: 1h35

l'histoire: En Asie du Sud, le général Bison menace de faire éclater la guerre mondiale si on ne lui accorde pas 20 milliards de dollars, en échange de la vie de 63 membres des nations alliées qu'il a pris en otage.

la critique d'Alice In Oliver:

En vérité, Street Fighter, réalisé par Steven E. de Souza, est le film d'action qui lancera la mode des adaptations de jeu vidéo de baston au cinéma.
Quelques années plus tard, ce nanar de premier choix rencontrera d'autres concurrents dignes de nom, notamment Mortal Kombat, sans compter certaines inepties sorties récemment, au hasard, Tekken ou encore The King of Fighters.

Street Fighter est évidemment l'adaptation d'un jeu vidéo éponyme, créé par Capcom, et qui connaîtra un immense succès sur les consoles et les bornes d'arcade. D'ailleurs, à l'époque, ce jeu vidéo avait provoqué une véritable polémique dans les journeaux spécialisés, à savoir quel est était le personnage le plus fort dans Street Fighter. Pas de panique, le film de Steven E. de Souza ne délivre pas la réponse. Il essaie lamentablement de planter son décor et son scénario, par ailleurs inexistant. Attention, SPOILERS !

Street_fighter_1994_img_3

Le général Bison (Raul Julia) menace de faire éclater une Troisième Guerre Mondiale si on ne lui verse pas 20 milliards de dollars dans les plus brefs délais. Mais heureusement, le colonel Guile (Jean-Claude Van Damme) a bien l'intention de faire échouer les plans du militaire maudit.
A partir de ce scénario débile, Steven E. de Souza en profite pour faire l'éloge de l'armée américaine, toujours prête à donner une leçon aux terroristes en herbe.

A partir de ces différents éléments, Street Fighter tente de présenter ses différents personnages. Ils sont à peu près tous là: Blanka, Honda, Chun-Li, Sagat, Vega, Balrog, Ken, Ryu, Cammy...
Pourtant, le film est victime de la profusion des personnages, certains ne servant à rien. Pour d'autres, ils ne ressemblent pas du tout aux protagonistes en vue dans le jeu vidéo, notamment Dhalsim.

Street-Fighter-2

Et que dire du maquillage de Blanka ? On croirait assister au retour de Lou Ferrigno dans la série Hulk, mais non...
Bref, on a la sensation d'asssister à une série B fauchée, totalement nanardeuse. Preuve en est avec Jean-Claude Van Damme qui cabotine à mort dans cette arnaque cinématographique. D'ailleurs, Street Fighter ne propose aucun combat entre les personnages en présence.
Il faudra donc attendre la fin et l'affrontement final entre Bison et Guile pour en avoir pour son argent.

street_fighter_1994_reference

Ne vous attendez donc pas à voir des boules de feu et des combats homériques (oh non !). Reste la prestation du regretté Raul Julia, génial en général sadique, au rire sardonique. C'est le seul à surnager dans ce gros nanar d'action.
D'ailleurs, au moment du générique, le film est dédié à sa mémoire. Le seul bon moment de Street Fighter !
Continue ???

La critique de Borat

Super Mario Bros (Rocky Morton, Annabel Jankel, Roland Joffé, 1993) a beau avoir été un échec total, il a ouvert la voie à toutes les adaptations de jeux-vidéo qui ont suivi. Un an après, Sony et Universal se lancent dans l'adaptation de Street Fighter, le jeu de baston phare de Capcom (il n'y a pas que les zombies de Resident Evil dans la vie) et plus particulièrement de Street Fighter 2, opus le plus populaire sorti en 1991. A la réalisation on retrouve Steven E de Souza, scénariste des merveilleux Commando (Mark L Lester, 1985) et Die Hard (John McTiernan, 1988), soit un choix évident. Jugez plutôt: le scénariste de deux films d'action mémorables des 80's sur un projet avec des personnages n'ayant pour seul enjeu que de se battre. A cela rajoutez l'inimitable Jean Claude Van Damme au sommet de sa gloire et de sa forme. Si Street Fighter: L'ultime combat est un succès mondial, il a bien du mal à convaincre le public et comme souvent les joueurs. Le plus grand défaut du film est avant tout qu'il ne s'agit pas d'un film de baston. Le film est bourrin, joue sur les corps musclés des combattants, les scènes d'action, mais ressemble davantage à un film de guerre.

Afficher l'image d'origine

Or, ce n'est pas ce que le spectateur recherche d'un film adapté d'un des meilleurs jeux de combats. Encore moins dans un film mettant en scène JCVD. Pire encore, on se demande très souvent quand vont arriver les combats, car (heureusement) le film en a quand même quelques uns. Après une courte mise en bouche avec Vega (Jay Tavare) terminant son adversaire (même pas un combat en quelques sortes), on espère voir Ryu (Byron Mann) l'affronter. Que nenni! Le combat n'a même pas commencé que Jean Claude débarque avec un blindé pour dire qu'il embarque tout le monde! De même, le passage où Ryu et Ken (Damian Chapa) sont face à Sagat (Wes Studi) tourne court, se résumant à une blague de mauvais goût (ils essayent de vendre de fausses armes). Par ce détail, on touche à un autre problème: le fait de faire un blockbuster tout public jusque dans le ton général. Les morts ont beau être présents (évidemment ce sont rarement des gentils), pas de sang qui gicle, pas de baston saignante. D'où cette tendance à l'humour souvent lourdingue pour contrebalancer le fait que le film n'est pas violent. Preuve en est les personnages en général, de fervents militaires (America Fuck Yeah!), des imbéciles heureux (Zangief tient la palme du personnage le plus stupide du film) ou un beau sidekick évidemment afro-américain (Miguel A Nunez JR aka Dee Jay).

Mais revenons aux combats si rares qu'on peine à les trouver même dans cette critique. Ces derniers n'arrivent finalement que dans la dernière demi-heure et encore il faut prendre son mal en puissance. Les adversaires commandés par Bison (Raul Julia) n'ont aucune répartie, ce qui entraîne des bastons pauvres, ne parvenant jamais à convaincre celui qui se fait plaisir à titiller les touches de sa manette. On peut dire ce que l'on veut de Mortal Kombat (Paul WS Anderson, 1995), mais il a au moins le mérite de jouer sur le tournoi et de montrer des bastons qui ne tournent pas au débile. Ce n'est pas toujours très fin, pas toujours beau, mais les combattants se battent. Dans Street Fighter cela n'arrive jamais et quand bien même il y a un vrai combat, force est de constater un drame: Raul Julia fait terriblement peine à voir. Bouffé par un cancer de l'estomac, l'acteur est particulièrement amaigri et évidemment incapable de se battre convenablement, si ce n'est dans des plans rapprochés. Au mieux, il gagne en lévitant et en donnant des coups d'électricité à Jean Claude. C'est avant tout un méchant de présence, subissant les coups de JCVD comme de Chun Li (Ming Na bien avant d'être l'indispensable Cavalerie d'Agents of Shield) et cabotinant beaucoup. Il faut dire que sur ce point, Julia semble véritablement s'amuser à affronter Van Damme verbalement.

D'autant plus quand le doublage français se fait un plaisir de balancer des punchlines nanardesques. Un duel verbal qui vend plus de rêve que les combats: "Je sais que tu adore te faire mousser à la tv, sale pervers!"; "Tu ravalera tes paroles Guile. -Quand tu veux pauvre con!"; "tu vas me montrer ce que tu as dans ton calbut"; "c'est les huissiers salopard! Ton cul est en fin de crédit et je viens le prendre!"... Ce type de répliques permet heureusement de garder l'amateur de nanar éveillé, d'autant que le film est tout de même un minimum divertissant. Il dure 1h30 (sans le générique de fin), ce qui permet de ne pas subir le supplice trop longtemps. Pour ce qui est de la réalisation, outre des scènes d'action pauvres, on retient aussi une économie de moyens souvent délirante. Il n'y a qu'à voir ces décors en carton pâte avec ces fausses pierres évidentes. Quelle idée également de mettre des bruits de kaïjus durant l'affrontement entre Zangief (Andrew Bryniarski) et Honda (Peter Navy Tuiasosopo) pour un effet au combien ridicule. N'oublions pas le pauvre Blanka (Robert Mamonne) transformé en sorte de créature de Frankenstein dans un accoutrement délirant. Comment peut on croire qu'un petit gars musclé peut devenir un géant avec des cheveux longs rouges et un teint vert? L'effet sera aussi ridicule dans Batman et Robin (Joel Schumacher, 1997) avec le personnage de Bane.

Outre un scénario simpliste à faire pâlir celui de Commando (les méchants voulant dominer le monde contre les gentils, si possible de l'armée américaine), De Souza accumule les personnages dans une pure optique de fan service. Comme pour dire "au moins, on ne pourra pas dire que ce n'est pas fidèle". Sauf que ce n'est pas en mettant quinze tonnes de personnages des jeux à l'écran que le film gagne en fidélité. D'autant plus que le film prend des libertés avec certains et relègue des personnages phares en second plan. Par exemple, Ryu et Ken devraient être les rôles principaux au vue de leur popularité et pourtant c'est Guile qui en hérite. Au pire certains personnages sont purement fonctionnels, à l'image de Cammy White incarnée par Kylie Minogue. Il est bien sinistre de voir le pauvre Jean Claude se battre si peu. D'autant plus que quand il donne des coups, le pauvre Raul Julia peut difficilement les parer. Il n'y a pas de réel combat, c'est Van Damme qui se fait plaisir avec son punching ball, le tatouage du Stars and Stripes bien en vue. Il est d'autant plus triste de le voir dégommer ses adversaires avec des pistolets. On n'engage pas un artiste martial pour seulement le faire tirer au pistolet. Néanmoins, il semble se faire plaisir dans un de ses films les plus populaires (pas forcément pour de bonnes raisons). Quant au reste du casting, il repose essentiellement sur du cabotinage, quand ce n'est pas une transparence évidente.

Une adaptation qui se trompe complètement de genre, en plus de sombrer dans le nanar délirant avec un JCVD en forme.


Street Fighter - Bande annonce

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Commentaires
S
Ridicule à tous points de vue. Nanard.
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A
à borat : sincèrement, le film n'a même pas le charme d'un bon vieux nanar. C'est juste un très gros navet
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A
à borat : j'ai vu la seconde qui commet l'exploit de faire regretter la première
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T
C'est clairement un nanar sympathique pour moi aussi, et j'irais même le classer parmi les bons films si je le compare à la seconde tentative d'adaptation de Street Fighter avec Kristin Kreuk, un vrai navet, celui la. Et question adaptation de jeux vidéos, le film avec JCVD n'est pas le pire non plus (on parle des Tomb Raider avec Angelina Jolie ?).
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A
Vraiment débile et foireux, mais un vrai plaisir coupable en ce qui me concerne. Un nanar oui, mais un nanar sympathique !
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