Le chef d'oeuvre de Dario Argento

enre: horreur (interdit aux - 16 ans)
année: 1977
durée: 1h30
l'histoire: Suzy, une jeune américaine, débarque à Fribourg pour suivre des cours dans une académie de danse prestigieuse. Dès son arrivée, une élève est assassinée. Sous le choc, Suzy est prise de malaises. Et le cauchemar ne fait que commencer.
la critique d'Alice In Oliver:
Pour réaliser Suspiria en 1977, Dario Argento vient puiser son inspiration à la fois dans le conte fantastique et horrifique et dans son histoire personnelle.
Par exemple, Dario Argento est un fan absolu des contes des Frères Grimm. Toutefois, le réalisateur s'est également inspiré d'une grande partie de son enfance passée dans des écoles particulièrement strictes et austères.

Dario Argento écrit le scénario du film avec Daria Nicolodi. Cette dernière s'est également inspirée des souvenirs de sa grand-mère qui lui a plusieurs fois raconté son arrivée dans une école de piano où les professeurs pratiquaient en réalité la sorcellerie et la magie noire. Au niveau du casting, Suspiria réunit Jessica Harper, Udo Kier, Joan Bennett, Miguel Bosé et Alida Valli.
Dès le début du film, Dario Argento a le mérite de présenter les hostilités en effectuant un parallèle entre l'arrivée de Suzy (Jessica Harper) dans une école de danse prestigieuse et l'assassinat pur et simple d'une jeune élève.
Cette séquence d'ouverture est un modèle du genre, la caméra de Dario Argento se focalisant sur le décor baroque de l'école et le climat extérieur se déroulant sous une pluie diluvienne.
Avec une telle séquence, Dario Argento met la barre très haut et s'mpose comme un maestro de la caméra. Clairement, Suspiria sera son chef d'oeuvre, tout du moins, l'une de ses pièces maîtresses, un film noir, gothique et délicieusement macabre.
Que ce soit les décors, les costumes ou encore l'apparition des personnages, tout a été magnifiquement orchestré et pensé.
Les choix des couleurs et des tonalités tiennent également une place prépondérante dans le film.
Via ce procédé, Dario Argento confère à Suspiria une atmosphère anxiogène et oppressante, venant renforcer cette impression de malaise.
C'est d'ailleurs la sensation éprouvée par Suzy. Pour la belle jeune femme, ses nerfs vont être mis à rude épreuve.
Plus que jamais, il régne dans cette école un climat de terreur. Chaque personnage vient apporter sa pierre à l'édifice, du professeur strict et zélé au domestique, dont l'allure et le physique ne sont pas sans rappeler la démarche de la créature de Frankenstein.
Enfin, n'oublions pas la superbe musique, absolument terrifiante et appropriée à l'ambiance générale. Avec Suspiria, Dario Argento varie les plaisirs et signe un film horrifique qui oscille entre épouvante, gore, cauchemars et crimes particulièrement sadiques. Oui, Suspiria est un film très violent et logiquement interdit aux moins de 16 ans. Cette même violence se traduit également dans un espace confiné et qui semble parfois irrationnel. En un sens, par son côté anxiogène et onirique, Suspiria n'est pas sans rappeler le superbe Shining de Stanley Kubrick.
Bref, pour moi, Suspiria reste le chef d'oeuvre absolu de Dario Argento.
La critique de Borat
Borat s'intéresse dorénavant au giallo et pas par la petite porte! Jusqu'à ces derniers mois, je ne connaissais Dario Argento que par sa fille Asia (ce qui n'est pas très dur à savoir), les titres des films et surtout de réputation. Si le coco a su glorifier le Cinéma italien d'horreur dans les années 70-80 bien après Mario Bava (encore un que je ne connais que de réputation, merci Mad Movies), dorénavant ce n'est plus ça. Certains citeront Mother of tears (sorti direct to DVD chez nous et censé finir sa trilogie des trois mères, autant dire que ça n'a pas intéressé grand monde), d'autres Giallo (lui aussi sorti en DTV mais avec une promotion beaucoup moins spectaculaire, sans compter le scandale au sujet du salaire d'Adrien Brody), moi je citerais bien Dracula 3D qui ne frolera jamais les salles tant il se fait dézingué dans les festivals (le pire était Cannes, le pire endroit pour avoir une promotion surtout quand votre film est très mauvais). Bon après on va dire que je critique sans avoir vu, mais la bande-annonce sorti d'un monde très éloigné est assez éloquente. Un objet nanar en devenir. Bref, tout cela pour évoquer mon entrée fracassante dans le monde d'Argento, certes pas dans le Giallo (pour cela, il vaudrait mieux voir non pas Giallo, mais Le chat a neuf queues ou Les frissons de l'angoisse), mais avec un titre marquant, Suspiria.
Il fait partie des films du cinéaste édités par Wild Side en BR. Malheureusement, c'est uniquement à la Fnac et quand vous habitez à environ 38 km, sans compter les bouchons et le bordel en ville pour circuler et trouver une place (et encore Metz n'est pas Paris alors imaginez!), on n'est pas prêt d'y aller toutes les cinq minutes. Ce que l'on peut constater dès les premières minutes, c'est que le BR claque au niveau visuel. Il n'y a pas photo que ce soit le pan multicolore ou le sang. Par contre, je ne vous conseillerais pas la VF. Si la musique des Goblins explose la sono (la musique psychédélico-electro ne plaira pas à tous, mais cela reste de qualité), le doublage est complètement à la ramasse! Autant dire que vous devrez systématiquement jonglé entre les boutons volume de votre télécommande, ce qui est relativement pénible. Bref, vaudrait mieux pour vous de le voir en italien ou en anglais (deux versions oblige). Pour le reste, on a au casting Jessica Harper, Stefania Casini, Flavio Bucci, Alida Valli, Joan Bennett et un certain Udo Kier. Dès les premières minutes, Argento impose son style mi contemplatif, mi graphique. Ainsi le début se déroule sous la pluie en Allemagne. L'héroïne débarque et petit à petit, va découvrir que son école de danse n'est pas claire. Une jeune femme part brusquement quand l'héroïne entre.
On suivra petit à petit ce qui guette cette jeune fille troublée dans une séquence pour le moins spectaculaire et terrifiante. Jamais une ombre n'aura autant fait plus destructrice. Il y a une tension palpable, une peur indéniable pour la jeune femme et le verdict, tel les flammes de l'Enfer, sera irrévocable. Par la suite, Argento dévoile le quotidien de son héroïne entre sadisme (la danse s'avère assez éprouvante et cela bien avant Black Swan) et vers au plafond (séquence où l'on se croirait en plein cauchemar alors qu'il s'agit de la réalité). Mais c'est surtout l'entourage qui dérange à l'image de la prof de danse digne d'un général sous Mussolini ou la directrice un peu trop gentille. Par la suite, ce ne sera plus une élève qui passera à la casserole, mais le pianiste aveugle qui ne cesse de s'engueuler avec la dirlo. Il sera tué (une nouvelle fois dans une séquence assez gore tout en restant magnifique d'un certain point de vue technique) par son propre chien ensorcelé vraissemblablement. Clairement, Argento ne fait pas de cadeau au niveau de la violence graphique et va jusqu'à sublimer l'acte même. La fin a moins d'impact bien que la résolution finale soit un délice supplémentaire. Face à ce cru, on ne peut rester insensible à la beauté visuelle ambiante.Sans compter cet atmosphère malsain avec ces couleurs criardes qui irradient l'écran. On comprend dorénavant mieux le culte que génère ce cinéaste. Quand on voit un tel bijou, on se demande bien comment ces branleurs d'américains vont faire pour le refaire, qui plus est avec un mec venant de la comédie (humour!).
Premier entrée chez Argento pour le moins singulière et visuellement incroyable.

