Autre temps, autres moeurs...
Peter Bishop est entré dans un faille temporelle où il n'est connu de personne et où il serait tout simplement mort dans le lac. Il va essayer de retrouver son monde, mais devra aider la Section spéciale à affronter un nouvel ennemi...

Ce qui tue particulièrement quand on regarde la série Fringe c'est qu'elle a beau être la meilleure série actuelle du hertzien ricain (hors câble sinon ce serait moins facile avec les séries HBO notamment Boardwalk Empire), ses audiences sont catastrophiques. C'est franchement rare qu'elle dépasse les 3 millions de téléspectateurs. Je m'étonne même encore des trois renouvellements survenus jusqu'à maintenant, preuve que la Fox a quand même foi en cette série qui marche en replay et à l'international (sur TF1, elle fait au moins 1 million toutes les semaines et ce n'est pas la pénible horaire qui changera les choses) et qui plaît aux critiques. Au fil du temps, les avis se sont avérés de plus en plus positifs au point que l'aura pas toujours justifiée de l'autre grosse série fantastique de JJ Abrams, Lost, risque bien d'en prendre encore un coup. Alors que la saison 5 commence aux States (elle sera courte de treize épisodes), intéressons nous à la quatrième qui vient juste de se finir en France (et oui, après on s'étonne du téléchargement massif). Les acteurs principaux sont évidemment de retour à savoir Anna Torv, John Noble, Joshua Jackson, Jasika Nicole, Blair Brown, Lance Reddick, Seth Gabel et les retours récurrents de Michael Cerveris (l'observateur September), Jared Harris et Leonard Nimoy (sortant exceptionnellement de sa retraite).

Décidemment, les saisons se succèdent et le niveau ne cesse de monter. (attention spoilers) Nous avions quitter Peter Bishop en pleine confusion. On ne savait pas trop où voulait en venir le final, mais finalement tout s'avère clair. Si les premiers épisodes sont de petites séquences avant l'épisode 4, Sujet n°9. Pendant quatre épisodes, nous découvrons un monde où Bishop n'est plus depuis qu'il s'est noyé dans le lac. Walter ne l'a jamais vu adulte et Olivia jamais (souvenez vous, dans un épisode de la saison 3, on découvrait qu'elle s'était lié avec Peter peu après le passage de ce dernier dans notre monde), c'est donc avec étonnement qu'il refait son apparition dans cette faille temporelle. Pour souligner cela, un nouveau générique est fait sur un fond jaune. Une technique toujours aussi imparable pour mettre le téléspectateur dans la bonne tonalité. A partir de là, le rythme s'accentue pour donner lieu à une véritable recherche de Peter pour revenir dans sa temporalité. Voilà un des quelques fils conducteurs passionnants de cette saison 4. Outre cela, un ancien ennemi de Peter, David Robert Jones (incarné par Harris), refait son apparition. Le méchant de la saison 1 compte bien frapper dans cette réalité en créant divers portails et créatures (en rapport avec l'épisode pilote où un homme-hérisson faisait crasher un avion).

Sauf que cette fois-ci, il ne sera pas seul dans sa croisade et parfois vers des personnages dont on ne s'attend pas du tout. (fin des spoilers) On remarque également une grande évolution sur une des personnages jugés mineurs jusqu'à maintenant. C'est le cas d'Astrid notamment. Dorénavant, les scénaristes lui ont donné une réelle personnalité dans chacun des mondes. Dans le notre, elle se montre de plus en plus comme le binôme de Walter quitte à en subir les conséquences. Dans l'autre, elle se révèle comme un peu autiste (rien de péjoratif évidemment), ce qui entraîne une personnalité différente. L'agent Lee de notre monde dans cette temporalité se révèle bien plus intéressant dans les enjeux. Il est comme le téléspectateur, se demande dans quoi il marche. On peut dire qu'il est le confident du téléspectateur. L'inconnu qui découvre un monde qu'il ne connaît pas. Les personnages de l'Autre monde sont aussi mieux développés selon la temporalité. Ils sont donc pour la plupart différents de la première version d'eux même (je sais que c'est chiant à comprendre, mais visuellement c'est beaucoup moins compliqué). Walter Ego n'est plus le psychopathe en puissance (certains se souviennent encore du dernier épisode de la saison 3), mais un politicien conscient de ses erreurs et comptant bien trouver les responsables qui piratent son système et parfois de l'intérieur.

Olivia Ego également. Elle qui apparaissait comme froide et manipulatrice, se révèle chaleureuse et parfois plus pertinante que l'Olivia Dunham que l'on connaît. Quant à l'agent Browles, son rôle dans l'échiquier se trouve de plus en plus intéressant suivant les saisons. Il appartient désormais aux intrigues, ce qui n'était pas trop le cas avant la saison 3, où il apparaissait plutôt comme un intermédiaire. La série navigue toujours entre l'horreur, la SF et le fantastique sans jamais marcher les pieds dedans. Certains épisodes s'avèrent particulièrement mélancoliques comme Arrêts sur image et Philtre d'amour. Mais là où la saison fait fort c'est dans ses derniers épisodes riches en rebondissement en tous genres et surtout dans l'épisode Armée secrète. (attention spoilers) Dans ce flash forward, notre monde est gouverné par les Observateurs, ces chauves en costard, qui nous asservissent. Face à cela, une rebellion se forme et avec elle la fille de Peter et Olivia dont cette dernière sera une des dernières révélations de cette saison. Un épisode à l'image de ses contre-utopies mythiques que sont 1984 d'Orwell ou V pour Vendetta de Moore. Une nouvelle direction pour la série qui aura son apothéose dans une cinquième saison d'ores et déjà attendue.
Une saison 4 fascinante à base de paradoxe temporelle, auto-citations et anticipation.