Peter Jackson présente ses aliens
genre: horreur (interdit aux - 12 ans)
année: 1987
durée: 1h30
l'histoire: Une petite ville côtière de Nouvelle Zélande est le théâtre d'une invasion extraterrestre. Les aliens ont décidé d'utiliser les habitants comme viande de premièer qualité pour leur fast-food spatial.
la critique d'Alice In Oliver:
Bad Taste, réalisé en 1987, est le tout premier film du néo-zéolandais Peter Jackson, bien avant que le cinéaste ne devienne le réalisateur que l'on connaît, responsable de grands projets, notamment la trilogie du Seigneur des Anneaux, sans compter le remake de King Kong en 2005.
Bad Taste est avant tout une série Z, réalisée avec les moyens du bord, soit trois francs six sous. Pourtant, ce film se révèle bien plus inventif que la plupart des blockbusters actuels.
En tout cas, pas question de ranger Bad Taste parmi les nanars, Peter Jackson démontrant une véritable inventivité.
D'ailleurs, Peter Jackson réitérera avec Meet The Feebles, puis, avec BrainDead, une autre péloche horrifique jouant largement la carte du gore et de l'humour noir. Même si Bad Taste reste une curiosité et une oeuvre méconnue, les fans du cinéaste le considérent aujourd'hui comme un film culte.

L'histoire est évidemment simpliste. Une petite ville de Nouvelle-Zélande doit faire face à une invasion extraterrestre.
Les aliens ont pris pour base une vieille demeure isolée et ont bien l'intention de kidnapper quelques êtres humains pour leur prochain repas, le but étant d'organiser un festin dans notre vaste cosmos.
b@d... par lovebrunny1971
Vous l'avez donc compris: le scénario n'est pas vraiment l'atout principal de Bad Taste, l'intérêt reposant avant tout sur les séquences gores.
Peter Jackson en profite également pour jouer la carte de l'humour, via quelques gags potaches et hilarants. Et la formule fonctionne à merveille !
Pour le reste, Peter Jackson apparaît dans le film et doit composer avec un budget dérisoire. Pourtant, encore une fois, le cinéaste signe une péloche gore et horrifique des plus sympathiques.
Certaines scènes sont appelées à devenir des références, notamment celle où Peter Jackson dévore un cerveau humain à la cuillère.
Dans Bad Taste, tous les protagonistes en place sont écervelés, ou au mieux, idiots. C'est aussi l'esprit déjanté de cette série Z qui remporte une totale adhésion. Avec ce premier film qui, à la base, devait être un court-métrage, Peter Jackson montre déjà un énorme potentiel.
Le réalisateur confirmera les espoirs placés en lui bien des années plus tard avec la trilogie du Seigneur des Anneaux.
La critique de Borat
Peter Jackson a acquis une aura pour le moins fulgurante grâce au Seigneur des anneaux, puis avec son remake de King Kong. Mais ce que beaucoup ne savent pas ou semblent oublier, c'est que le coco n'a pas toujours été un gentil garçon et qu'il n'a pas toujours été un petit génie hollywoodien. Pour cela, il faut revenir à la fin des années 80. Je vous avais déjà parlé des Feebles, sa parodie trash du Muppet Show (et probablement son meilleur film selon moi, d'autant plus affreux qu'il est introuvable en dehors du streaming et encore, rares sont les vidéos en français), il s'agit maintenant de revenir sur son premier film Bad Taste. Produit pour 11000 misérables dollars, tourné durant des week-end au point que le tournage s'est éternisé sur quatre ans, le film s'est vu distribué largement dans le monde grâce à une projection au Festival de Cannes de 1988 au grand étonnement de son auteur. Désormais, Bad Taste est devenu un objet culte, dont beaucoup bichonnent leur VHS (le DVD étant invisible en France et il faudra opter pour l'import dont les sous-titres seront surement invisibles également) ou gardent leur lien internet bien rangé dans les favoris de leur ordinateur! Rien qu'au vue de la réalisation, on voit clairement que c'est un premier essai avec peu d'argent. Mais cela ne veut pas dire grand chose, le charme de la chose étant justement dans son manque crucial de pognon.
Jackson opte pour des techniques pour le moins artisanal, au point qu'à un moment, par bidouillage de montage, il réussi à se faire tuer par un zombie qui n'est autre que lui-même! Oui vous avez bien lu. En sachant que les effets sont clairement jouissifs. Il n'y a qu'à voir l'alien en titre qui orne cette magnifique affiche nous auréolant d'un mémorable fuck! Ou encore la mort du binoclard entre le jouissif et la déconnade totale, avec tripes à l'air sur un pic! Clairement, l'interdiction aux moins de 12 ans est légitime, on ne va pas charier. Le film est inévitablement trash mais aussi inoffensif. Ce n'est pas Massacre à la tronçonneuse. L'histoire se veut très simple. Des aliens à forme humaine débarquent dans un village paumé de Nouvelle-Zélande et commence à transformer les humains en aliens. Une sorte d'Invasion des profanateurs de sépulture à la sauce comique et dégueulasse. La chasse à l'alien est donc en marche et ce ne sera pas du gâteau. Avec un scénar aussi fin (dans les deux sens du terme) et un budget riquiqui, Jackson s'en sort à merveille, faisant dans le gore artisanal pour notre plus grand plaisir. Bon, après, Bad Taste en est un peu victime et devient un peu long à la longue.
La séquence de la bouffée verdâtre notamment, tournant en longueur. Puis à un moment, le film est victime d'un petit moment creux où Jackson fait le con devant sa caméra comme en bouffant l'intérieur d'une tête! Mais tout reprend vers la fin avec un grand bordel où ça meurt à tout les recoins que ce soit alien ou humains. Un véritable festival avec des sortes de Rambo en puissance (clairement, aucun ne recharge leurs armes ou alors vraiment très peu souvent) d'un côté et des zombies assoifés de barbaques. Une éclate totale où le spectateur en a pour son argent niveau tripaille et le pire, c'est qu'on ne s'en lasse pas. Déjà parce que la réalisation de Jackson se veut volontairement bourrine et que le côté artisanal donne un relief supplémentaire à l'oeuvre, presque digne d'un documenteur. Après, le film se veut également graveleux jusque dans ses dialogues. Le chef des aliens en est un beau outre son fuck inaugural. On aura également droit à des répliques hilarantes totalement improbables comme "Moi les polychinels j'adore!" ou détonnantes comme "T'es gonflé de mettre un panneau "Route barrée radiation nucléaire". Le réacteur nucléaire le plus proche est en Amérique!" Les acteurs, évidemment des inconnus qui le resteront et potes de travail de l'ami Peter, joue dans le grandiloquant quasi-volontaire.
Un premier film artisanal au possible mais fendard au possible, peut être le moins bon de la trilogie trash de Peter Jackson.

