Merci pour ce très mauvais moment
Agathe Cléry est raciste, elle va devenir noire...

Etienne Chatillez s'est fait une véritable réputation dans la comédie française depuis La vie est un long fleuve tranquille. Son fusil d'épaule: le dézingage d'une certaine classe bourgeoise. Dans La vie... il les confrontait à des beaufs dans un échange d'enfants malheureux. Dans Le bonheur est dans le pré, Michel Serault préférait la vie à la campagne plutôt que sa bourgeoise; et dans Tanguy, André Dussolier et Sabine Azéma étaient de beaux bourgeois voulant virer leur fils de presque trente ans. Mais voilà, sept ans après Tanguy, Chatillez ne crée plus l'événement. On dira bien que la comédie française a bien régressé depuis 2001 par la même occasion et Chatillez n'est plus réellement attendu. La confiance règne n'a attiré personne en salles et le film ne s'est pas fait une réputation depuis. Mais en 2008, Chatillez revient avec Agathe Cléry et rebelotte: personne ne suit mais le pire dans tout cela ne vient pas de là. Le marketing était d'un vide incroyable avec un banal teaser reprenant le synopsis ci-dessus (c'est pour cela aussi que j'ai été à l'essentiel) et l'affiche n'était pas mieux. Mais surtout il est l'un des premiers films, notamment avec TF1, Canal et Ciné + à la production, à n'avoir pas été volontairement proposé à la presse ou aux sites web avant sa sortie par le distributeur. Les raisons? Aucune n'est jamais évoquée, en revanche on peut très bien émettre des hypothèses:
- On ne prend pas le risque de mauvaises critiques, donc d'éviter que la presse vous dézingue avant la sortie (ce qui fut le cas des Trois frères le retour qui fut présenté à la presse en revanche).
- Le film est souvent très mauvais (ce fut le cas d'Astérix aux jeux olympiques ou Fiston) et on veut éviter la belle gamelle d'une grosse production pétaradante avec promo chez De Caunes et Arthur.
Ridicule?
Malheureusement la tactique ici présente est rarement payante et le bouche à oreille du spectateur, "celui qui a toujours raison", sera toujours pire qu'une mauvaise presse, car c'est lui qui fait des entrées pas un papier. C'est ce qui est arrivé à Agathe Cléry et c'est ce qui arrivera à d'autres productions de ce genre si elles continuent à opérer ce genre de tactique hypocrite. Car si un film est mauvais, cela finit toujours par se savoir. Et avec Agathe Cléry ça a cassé au possible. A vrai dire, quand on commence le film, on se dit "bon ça va être un film chiant", mais passez cela, vous aurez droit à un premier, puis un deuxième passage musical. Alors vous savez bien que je déteste Glee. Sachez que Agathe Cléry est encore pire. On est entre le show dansé à côté de la plaque (la photo ci-dessus le confirme avec des chorégraphies où les acteurs font ce qu'ils peuvent, mais n'ont pas de formation, donc ça donne un show synchro mais jamais enjoué) et les chansons nazebroques ressemblant à du mauvais Jacques Demy (comprenez de film aux dialogues chantés, à l'image des Parapluies de Cherbourg). Même le pauvre Jean Rochefort pousse la chansonnette dans un élan tellement improbable qu'on le croirait sous coke. Il vous parle de licenciement abusif, vous avez l'impression qu'il vous demande si vous voulez un café! Même dans les pubs Amaguiz il est plus naturel. Ainsi, le film est une sorte de comédie musicale où ça chante (énormément) au début et quasiment plus du tout à la fin.
Punaise Jean, pourquoi toi?
Quant au propos, il est tellement mal mis en avant que cela en devient d'un ridicule incroyable. Ainsi la pauvre Agathe raciste jusqu'au bout des cheveux devient noire par une maladie. On se dit alors que le propos paraît logique venant de Chatillez, aimant le quiproquos cocasse (après tout, le postulat de départ du Bonheur... tient dans Michel Serraut regardant la télé et voyant un sosie de lui dans une émission). Mais voilà un pitch c'est bien beau mais cela ne tient pas tout un film. Alors il part dans le délire de la comédie-musicale mais rien n'avance. On a l'impression d'avancer dans le film avec des couteaux dans le dos. On soupire, on s'ennuie et surtout c'est nul. Ce film est d'un ennui incroyable où rien ne fonctionne. Par exemple, le générique est superbe plastiquement (il faut bien le reconnaître c'est la grande réussite du film) mais on voit à peine pas la référence au Lac des cygnes, parasitant la richesse visuelle de ce générique. Les acteurs? Ils cachetonnent ou alors jouent terriblement mal. Preuve en est avec Valérie Lemercier. Elle est censée devenir sympathique au fil du film mais elle est agaçante du début à la fin. On n'arrive jamais à se faire à cette femme renvoyée à cause de sa couleur et atterissant dans une boîte avec... des gens typés qu'elle a ou aurait refusé dans son entreprise. Dit comme cela, c'est peut être intéressant mais le film amène cela de manière tellement mauvaise que cela devient sans cesse de la caricature. Agathe Cléry confirme que finalement le retour d'Etienne Chatillez était un non-événement dont on se serait franchement bien passer.

Une bouse impériale où absolument rien ne fonctionne mais tout est à jeter.