Mais pourquoi pourquoi bon sang de pourquoi pourquoi il y a des pourquoi dans ce pourquoi?
Un jeune garçon se retrouve dans un lieu clôt où il rencontre diverses personnes ayant formé un camp devant un labyrinthe. Le seul moyen de partir est de trouver la faille du labyrinthe, mais ce dernier se referme chaque jour et change de forme...
On a eu les super-héros, les films avec Action Jones, les thriller type Seven, les révisions de contes, l'explosion de la fantasy (alors que les 80's étaient plus inspirées, en dehors du Seigneur des anneaux), les teen movies... Maintenant on a droit aux young adult movies, soit des films qui s'adressent principalement aux adolescents, tout en brassant tout et n'importe quel genre que ce soit la science-fiction, la dystopie, le fantastique, voire même la comédie-romantique. Tout y passe du temps que le Jeune soit visé et se sent visé. Mais le mieux dans le young adult movie c'est bien évidemment la saga littéraire à rallonge, ce qui rapporte le plus de fric. Alors chaque studio cherche évidemment la perle rare et Lionsgate s'est fait un bel empire là-dedans, d'autant plus avec l'achat de Summit. Ainsi il y a eu Twilight (2008-2012), Hunger Games (2012-2015), La stratégie Ender (bon là, cela n'a pas marché) et maintenant Divergente (2014-2016). Les studios essayent de tenir la ligne à l'image de l'après Seigneur des anneaux (où on a eu droit aux Narnia de Disney ou Eragon de la Fox), et voici donc la production young adult sur la longueur de la Fox : The Maze Runner.

Pas aidé par une opinion en ayant déjà marre de cette mode de sagas sur le long (en gros : vous loupez un film et vous ne suivez plus rien), le film de Wes Ball agace rapidement. C'est un premier volet à la limite du teasing (pour ceux qui ne comprennent pas, un effet d'annonce). Tout semble téléphoné pour amener une histoire sur le long terme. La moitié des choses vont vous être dévoilé pour ensuite rajouter des trucs dans les volets suivants. En soi, heureusement que le film a marché sinon on aurait eu droit à une frustration mémorable. The Maze Runner n'est finalement pas si éloigné de la série Lost (2004-2010) qu'il cite le temps de quelques plans montrant des chiffres (probablement les mêmes que ceux d'Hurley dans la série, mais votre cher Borat n'a pas cherché à vérifier). Au fil du film et notamment dans son dernier quart d'heure, les scénaristes alignent les questions en pagaille au point d'atteindre le point de non-retour dans un final qui en donne encore plus, sans jamais répondre aux premières. Pour une réponse, vous aurez droit à une dizaine de questions à répondre.

Ce qui s'avère d'un agacement incroyable surtout quand les personnages n'ont rien de passionnant et se dévoilent rapidement comme des archétypes. Le héros qui évidemment est courageux (Dylan O'Brien), le bad boy à la limite du dictateur qui n'arrête pas de cligner des yeux à la seconde (Will Poulter dont les yeux finissent par devenir un gag), le jeune asiatique pour le quota (Ki Hong Lee), le jeune afro-américain voie de la sagesse, le petit gros mélange entre Porcinet de Sa majesté des mouches et de Choco des Goonies et la fille qui est la plus intelligente du film. Ainsi, scénaristiquement le film ne changera pas beaucoup d'un Hunger games puisqu'il s'agit à peu près du même modèle : jeunes face aux dangers imminents, morts, complots, fratries différentes, adolescents envoyés au casse-pipe. Pas grand chose ne change au final, comme souvent dans ce genre de films formatés pour le jeune public. Puis évidemment il faut toujours que le héros débarque pour que cela bouge. Pour vous dire, il a fallu trois ans pour que nos héros découvrent enfin un moyen de sortir ! Pendant ce temps ils ont construit un camp et de temps en temps, un d'entre eux meurt.

Côté réalisation, on a l'impression que le réalisateur n'a rien compris aux critiques faites au premier Hunger games (et que Francis Lawrence avait compris sur le second volet ): la shaky-cam c'est dégueulasse pour tourner des scènes d'action ou de meurtres. On ne comprend rien, on ne voit rien et finalement le spectateur est complètement floué par tant d'irrespect envers son visionnage. La volonté est évidemment de garder le sacro-saint PG-13 et de ne pas montrer des morts graphiques. Sauf que c'est absolument laid à regarder. Sans compter des plans parfois flous au niveau des visages (c'est le cas lors de l'effondrement du secteur 7) et certaines improbabilités (comment "clin d'oeil" peut-il s'en sortir alors qu'il était hors du labyrinthe ?!).
Un nouveau young adult movie qui ne raconte rien, mais veut le faire sur plusieurs films. Du néant qui plus est mal filmé.
