Daft Funk
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Voilà l'été! Voilà l'été! Voilà l'étééééééééééééé! Après avoir rendu hommage aux Négresses vertes (le groupe, ne voyez rien de raciste dans ce que je viens de dire -NDB) via leur plus grand succès (on me dit le seul, bon, bon), il fallait bien un article spécial pour la fête de la musique. Car la musique c'est ce qui rythme notre vie entre deux solos de guitares, entre deux violons, entre deux sons de synthétiseurs. Et comme l'a fait Jack Lang (pour toi lecteur, un peu de culture ne te fait pas de mal!) sous le régime de feu François Mittérand, il était temps que la musique se fête et comme chaque année, votre bon Borat fait son article spécial. Cette année, pas de Cave de Borat (l'an dernier c'était une spéciale Michael Jackson), mais la chronique d'un album (ce qui n'est pas arrivé depuis très longtemps sur ces terres). Votre cher Borat n'a pas attendu Random access memories pour connaître Daft Punk. Jeune il se berçait sur One More Time qu'il avait sur un des CD des Music Awards d'NRJ (et oui on a tous nos casseroles, le problème c'est que la Cave en est bourré); avant de découvrir l'album Discovery par le biais du film Interstellar 5555. En sachant que votre interlocuteur connaissait aussi Thomas Bangalter par le hit Music Sounds better with you dont le clip passait très régulièrement sur M6 le matin.

Puis il y a eu les découvertes de Da Funk (et son génial clip de Spike Jonze), Around the world, Robotrock (si vous ne vous en souvenez plus, sachez qu'il était utilisé quand Iron Man pissait dans son armure) et l'expérience Tron Legacy. Autant dire que comparé à beaucoup qui semblaient découvrir les Daft Punk en 2013, votre cher Borat savait très bien à quoi il s'attaquait quand il a acheté l'album Random access memories. Si au départ, l'album ne m'avait pas époustouflé il est rapidement devenu de plus en plus intéressant au fur et à mesure des écoutes. Non, Random access memories ne se résume pas à Get lucky (et encore heureux) et réserve un voyage sonore pour le moins fascinant. Même si l'on peut prendre un titre ou deux séparés, il n'en reste pas moins que le dernier album des Daft Punk semble davantage tenir d'un tout. On a donc une entrée pétaradante (Give life back to music) qui est l'occasion pour le duo phare de la French Touch de donner un peu de leur voix robotique, tout en faisant entrer l'auditeur dans une ambiance funk auquel l'influence de Nile Rodgers n'est pas pour rien, pour le plus grand plaisir de nos oreilles; et une conclusion (Contact) où les sons sont de plus en plus assourdissants comme pour nous enfoncer dans un voyage en vitesse lumière (le duo n'a jamais caché sa cinéphilie comme le confirme leurs clips et leurs films et surtout pas nier l'apport de la science-fiction).
Deux parfaits opposés aussi bien sur le plan rythmique (la funk contre l'électro pure) ou dans la tonalité (fun contre apothéose).
D'ailleurs pour Contact, les deux musiciens en sont venus à reprendre des conversations de la mission Apollo 17, renvoyant à cet aspect spatial si particulier au titre. The Game of Love est déjà plus lancinant, sorte de balade à la limite du slow. Il y a une ambiance particulière, le rythme est terriblement lent contrastant avec le premier titre, à la limite de la berceuse. Le troisième morceau est un hommage plus que directe puisque Giorgio Moroder, compositeur des mythiques bandes-originales de Scarface et Flashdance, a été interviewé par les robots. La musique se trouve en trois actes bien distincts rappelant les années 80 par l'utilisation typique du synthé ou la ritournelle qui revient sans cesse. Un hommage frappant envers une icône des années 80 et une volonté de montrer Moroder sous un signe plus intime, le valoriser tel une rockstar que l'on écoute. Le compositeur évoque son passé, l'origine de sa musique avant que la musique funky arrive quand Moroder évoque la discothèque. Quand Moroder parle de clic, un même son revient car si quelqu'un appuyait sur un bouton. Puis le synthé débarque comme un son redondant, typique de ce que l'on pouvait retrouver à l'époque où excellait Moroder et notamment par les Goblin chers à Dario Argento.
Le duo revient à un air plus funky tout en gardant le même rythme que tout à l'heure et Moroder de revenir sur sa musique. Puis paf les violons comme pour opérer une pause radicale et grave avant un nouveau déchaînement faisant la part belle à la batterie. Après ce déchaînement à nouveau une petite pause. Plus encore que The game of love, Within est un véritable slow commençant seulement avec les notes de Chilly Gonzales. Un très beau morceau, terriblement mélancolique et un des titres les plus agréables de l'album. Comme quoi, Daft Punk ce n'est pas forcément que de l'électronique. Chanson parmi les plus connus de l'album, Instant crush permet un beau boulevard à Julian Casablancas. Encore un titre assez mélancolique faisant cette fois-ci part à la guitare (Casablancas oblige, donc pas de disco, plus dans une ambiance rock). Le clip est d'ailleurs le seul que l'on pourrait véritablement qualifié d'artistique. Réalisé par l'excellent Warren Fu, il dévoile deux statues de cire tombant amoureux et se retrouvant subitement dans un incident. Lumières violettes bien apparentes, qualité artistique indéniable, ce clip revient à l'originalité des Daft Punk en général, les deux français ayant souvent su s'entourer des meilleurs pour promouvoir leurs chansons (Michel Gondry, Spike Jonze ou Leiji Matsumoto en sont trois belles preuves).
Retour au son de la funk avec Nile Rodgers et Pharrell Williams (qui n'a pas attendu Daft Punk pour être connu, n'en déplaise à certains médias, ceux qui connaissent NERD le savent) sur Lose yourself to dance. Le titre est très répétitif (même mélodie sur tout le titre qui revient sans cesse, sans réel changement, y compris dans les paroles qui sont systématiquement les mêmes qui tournent en boucle), mais il y a une terrible énergie qui se transmet et on est vraiment pris par le rythme du morceau. Puis vient Paul Williams avec Touch. Mythique compositeur et méchant de Phantom of the paradise (une des meilleures comédies-musicales ni plus, ni moins; une des plus violentes aussi), Williams laisse durablement son emprunte dans son chant, les Daft Punk faisant le reste au niveau de la rythmique passant de la funk au synthé en passant par les trompettes et le piano. Un maelstrom qui réussi parfaitement à être symbiose et vraiment beau. Clairement inspiré par le style de Williams, les Daft Punk font des merveilles et signe un titre absolument magnifique dont l'avant-dernière partie devrait valoir son lot de slow avant le sursaut des violons et les dernières paroles de Williams.
Véritable tube en puissance (ce n'est pas étonnant que la promo de l'album s'est lancé avec un teaser de ce titre), Get Lucky est un retour fracassant de la funk qui fait clairement du bien et permettant de prendre de très bonnes nouvelles de Nile Rodgers. On sent la patte du guitariste et compositeur de Chic notamment dans la rythmique endiablée qui donne des envies de danser. La réputation du titre n'est clairement pas usurpé même si son importance a quelques peu du mal à l'album, beaucoup l'ayant acheté (moi le premier) en priorité pour le réécouter en boucle avant de pleinement apprécier le voyage musical qu'est Random access memories. Ambiance plus disco sur Beyond avant le complètement anecdotique Motherboard (on dirait une mauvaise démo) et le sympathique Fragments of time (bien aidé par Todd Edwards au chant). Enfin avant le grand final, Doin' it right est un beau morceau type hip hop et notamment dans son son. On peut aussi y voir une sorte de battle entre Panda Bear et Daft Punk. Avec Random access memories, les Daft Punk nous ont envoyé dans un voyage mélancolique et en soi nostalgique entre les années 70 et 80, souvent des inspirations nécessaires et des hommages de premier ordre en prenant des artistes phares. L'importance de Nile Rodgers en est bien la preuve. Un album agréable à écouter et qui se bonnifie à chaque écoute.