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22 janvier 2016

Un nouveau Creed entre dans la légende

Adonis n'a jamais connu son père et décide d'embrasser le métier de son père: boxeur. Tout simplement parce que son père n'est autre qu'Apollo Creed...

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa : Affiche

Rocky Balboa est Sylvester Stallone. Si John Rambo reste son autre personnage indispensable, le personnage n'est pas autant ancré dans l'histoire de l'acteur que l'Etalon Italien. Rocky c'est Sly, le petit monté tout en haut dans son milieu (la boxe / le cinéma), traversant même des turbulences évitables (Rocky IV et ses élans reaganiens) et des chutes vertigineuses (Rocky V symbolise à lui seul la longue traversée du désert qui va suivre pour l'acteur), avant de revenir en champion alors qu'on ne l'attendait plus. Quand il a fallu faire revenir un personnage pour faire son come-back en 2006, ce n'était pas pour rien, tout simplement parce que ce héros lui ressemble. On avait quitté Rocky sur le ring, fatigué mais victorieux. Personne n'attendait un retour, surtout que Rocky Balboa apparaissait comme un chant du cygne. Mais voici Ryan Coogler, réalisateur du remarqué (mais pas forcément très intéressant) Fruitvale station (2013), avec un projet autour de Rocky. Aux premiers abords, le projet n'a rien d'attirant: un spin-off de plus, jouant la carte de la séquelle en faisant revenir Sly et se focalisant sur le fils d'Apollo Creed (Carl Weathers). Même la bande-annonce parvenait difficilement à convaincre, ne sachant pas forcément quoi vendre (un spin-off? Une séquelle? Un pseudo-remake du premier opus?). Creed est au final une excellente surprise, se dévoilant comme une sorte de septième volet officiel.

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa : Photo Michael B. Jordan, Tessa Thompson

(Attention spoilers) Le film de Coogler a des aspects renvoyant inévitablement à Rocky de John Avildsen (1976). La romance entre Adonis Creed (Michael B Jordan) et Bianca (Tessa Thompson) fait écho à celle entre Adrian (Talia Shire) et Rocky; le combat n'est pas remporté face à un champion mais Creed ressort grandi; et quelques passages musicaux renvoient à la musique rythmant la saga. La musique n'est toutefois pas reprise telle quelle, ne faisant donc pas dans le fan-service à coup de Gonna Fly Now pétaradant. Même le Duke (Tony Burton) réapparaît à travers son propre fils (Wood Harris), gardant Creed dans une certaine continuité. Le générique en banderole n'est pas repris non plus, permettant à Creed d'avoir une identité propre. De même, Rocky est un second-rôle, apparaissant en temps voulu et la scène d'entraînement est bien là, mais tournée de manière totalement différente. Les marches ne se dévoilent qu'à la fin de manière symbolique, permettant là aussi au film d'imposer une vision nouvelle à l'image du personnage principal. L'attention de Coogler est avant tout porté sur le jeune Creed et la relation qu'il entretient avec Rocky. Dans les deux cas, il s'agit d'hommes blessés par la vie. Adonis est un jeune homme ne savant pas où aller, entre un héritage lourd et une envie de s'en sortir. Il est un enfant illégitime élevé par une mère qui n'est pas la sienne, voulant devenir boxeur et trouvant un père de substitution avec l'ami de son père.

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa : Photo Michael B. Jordan, Sylvester Stallone

Son père est avant tout une inspiration, son modèle en tant que boxeur au point d'en devenir peut être une imitation (voir la scène du projecteur). Le personnage ne veut pas apparaître ainsi, se révèlant moins frimeur malgré une tendance à brailler bien fort. S'il veut être le digne fils de son père (ce qu'il recherche avant toute chose), il devra assumer ce lourd héritage et combattre en honneur à son nom. Michael B Jordan étonne d'autant plus que l'on ne l'attendait pas forcément dans ce film. Le spectateur regrette même assez vite d'avoir avant tout voulu revoir Rocky au cinéma. La surprise est d'autant plus grande que l'acteur s'en sort très bien, imposant une figure physique et charismatique. Si l'avenir le veut, le jeune Adonis Creed deviendra une légende aussi intéressante que son tonton. Quant à Rocky, il est toujours restaurateur mais tout le monde le connaît, un symbole que l'on photographie comme un point nécessaire au tourisme de Philadelphie. Il n'en reste pas moins seul et Coogler compte bien le rappeler par deux détails. Le premier est qu'il est toujours debout alors que Paulie n'est plus là (Burt Young). Le chien qu'il avait adopté dans Rocky Balboa non plus. Le second est l'évocation de son fils. Comme pour renvoyer toujours plus à ce qui a été dit plus haut, la photo que l'on nous montre n'a pas été choisi au hasard. Elle montre Sage Stallone, le fils disparu de Sly et non Milo Ventimiglia qui avait incarné Junior dans le dernier volet.

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa : Photo Michael B. Jordan

Quand Stallone parle du destin de son fils fictif, on ne peut s'empêcher d'y voir un parallèle évident avec son fils. Le regard triste de l'acteur sonne comme un crêve-coeur, prouvant aussi que Sly n'émeut jamais autant que quand il incarne le boxeur italo-américain. Après des films de piètre qualité (notamment le dernier Expendables), le voir revenir à Rocky est un véritable plaisir. La réalité se confond toujours dans la saga Rocky et en voici encore la preuve. Adonis devient le fils qu'il ne voit plus et Rocky le père qu'il n'a pas eu: les deux se complètent. Le personnage de Tessa Thompson permet aussi de rajouter un peu d'humanité au tout, jeune femme s'imposant seule dans un milieu hostile (la musique) et devant affronter un handicap lourd. Là aussi avec Adonis, ils se complètent mais cette fois-ci en tant que couple. (fin des spoilers) Pour ce qui est des scènes de boxe, Ryan Coogler s'en sort vraiment bien, montrant tous les combats aussi rapides soient-ils et nous plonge dans l'action. Le dernier combat, qui est toujours primordial dans la saga, est un vrai moment bourrin digne de ce nom, où les coups pleuvent, le sang gicle et les yeux enflent. Une intensité que l'on ne retrouvait pas forcément dans Southpaw d'Antoine Fuqua, sorti l'an dernier. On regrettera toutefois que l'adversaire soit comme souvent une grande-gueule avec un certain manque de charisme. C'est bien peu pour bouder son plaisir devant ce septième volet véritable d'une saga que l'on n'attendait plus.

Creed - L'Héritage de Rocky Balboa : Photo Michael B. Jordan

Rocky Balboa signait la renaissance d'un champion, Creed nous dévoile son magnifique successeur.

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Commentaires
S
Une bonne surprise, un passage de témoin réussi
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A
à vince : merci pour le lien que je vais aller visiter de ce pas !
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V
Visiblement oui c'est assez unanime: même l'ancien champion français Jean Marc Mormeck a apprécié, son interview est d'ailleurs intéressante:<br /> <br /> http://sport24.lefigaro.fr/boxe/actualites/mormeck-stallone-aurait-pu-faire-un-honnete-boxeur-786903
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I
Apparemment beaucoup de monde fait l'éloge du film et parle surtout des rapports humains. Pas vu mais du coup, je me suis replongée dans la saga sur mon blog :)<br /> <br /> Donc je note : un très bon retour (et c'est rare !)
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A
après le premier, on tient les deux meilleurs épisodes de la saga
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