Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Cine Borat
Publicité
Archives
Cine Borat
  • Sur ce blog, je vous parlerais de cinéma (plus de 2500 films cultes comme navets abominables, ainsi que son actualité), de séries, de bandes dessinés (mangas, comics ou franco-belge), de jeux vidéo et de rock!
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
5 février 2016

Karaté Kid

Suite au décès de sa mère, le jeune Kyuta finit par suivre un ours guerrier dans un monde d'animaux anthropomorphes. Il va devenir l'apprenti de cet ours du nom de 

Le garçon et la bête : Affiche

Comme il est dit assez souvent, le cinéma d'animation japonais ne se résume pas à un seul homme et n'a pas commencé avec lui. Hayao Miyazaki n'est pas seul à régner dans le milieu, ce que ne semble pas comprendre nos chers cinémas et particulièrement les multiplexes. Pas parce qu'ils ne sont pas vendeurs, mais car ils sont plus singuliers, s'adressant à tous les publics. Mais dans ce cas, qu'en est-il des films Pixar, souvent évoqués comme des modèles pour ce qui est de toucher aussi bien des enfants que des adultes? C'est tout le paradoxe de la représentation de ce cinéma (et à la rigueur de tout le cinéma asiatique) dans nos contrées. Entre un manque de copies et une volonté de ne pas les dévoiler, il y a de quoi pleurer de rater certains chefs-d'oeuvre dans les salles françaises. Alors que Gaumont disait il y a quelques mois que Le garçon et la bête serait diffusé avec plus de copies que les précédents films de Mamoru Hosoda (distribués par Kaze), il y a des chances que cela ne soit pas vraiment le cas, faute aussi d'une publicité bien pauvre. L'exemple du Gaumont à Amnéville est assez triste, car même un film distribué par le studio à la tête du cinéma n'a pas le nombre de séances qu'il faut pour une sortie nationale (deux au lieu des quatre normales). Tout cela pour dire que ce n'est pas demain la veille qu'Hosoda san aura un succès populaire en France. Deuxième projet du Studio Chizu, Le garçon et la bête perpétue le style du réalisateur.

Le garçon et la bête : Photo

Il n'est donc pas étonnant de retrouver ses marques de fabrique. Quatre figures reviennent depuis La traversée du temps (2006) et toujours utilisées de manières différentes. Il y a tout d'abord le plan-subjectif. Dans Les enfants loups Ame et Yuki  (2012), ce plan montrait les enfants courant dans la neige, ce qui donnait un sentiment de montagnes-russes. Ici, il s'agit d'une fuite, celle du jeune Kyuta à travers un univers qu'il découvre. Plus encore, c'est le travelling latéral qui titille l'intérêt du spectateur à chacun de ses films. Dans La traversée du temps, le travelling montrait l'héroïne en train de courir, même hors-champ, histoire d'épouser le mouvement de sa course. Dans Summer wars (2009), il dévoilait toute la famille en moment de deuil avant de s'arrêter sur le couple de héros, l'élément qui a le plus d'importance. Dans Les enfants loups, il montrait le temps qui passe, tout en renouvellant la technique. Le réalisateur passait sans cesse de gauche à droite et vice versa pour dévoiler les enfants à l'école, passant de classe en classe. Dans cette même optique, il reprend ce principe d'aller-retour en utilisant une certaine ironie. On a déjà vu Kyuta au combat, on sait donc de quoi il est capable au contraire de ses adversaires. Il est plus amusant de passer de Kyuta prêt au combat à la fille qu'il vient de sauver, avant de revenir à Kyuta suite aux hurlements de ses adversaires.

Le garçon et la bête : Photo

Les bruits de coups finissent par donner un sentiment comique à la situation. Ce travelling confirme la richesse de ce procédé 
de mise en scène chez Hosoda, sachant le renouveler à chacun de ses films. Le film mettant en scène des guerriers, il est donc logique que le réalisateur revient à Summer Wars et ses combats dantesques. Ces derniers étaient déjà dantesques par leurs rapidité et fluidité, ils n'en sont que plus spectaculaires dans Le garçon et la bête et sont au centre même de l'intrigue. Ici nous ne sommes plus dans un jeu-vidéo (ou une plateforme de jeu), ils sont bien réels. Kyuta est l'apprenti, Kumatetsu le maître. Enfin c'est ce qu'on nous présente au départ, sauf qu'au contraire, c'est plus une relation père-fils que l'on découvre au fil de l'intrigue, une forme de respect mituel que porte l'apprenti finalement plus fort que son maître à un père d'adoption qui finit bien par voir qu'il n'est rien sans son protégé. Un récit d'apprentissage qui marche dans les deux sens. Le petit apprend à son père de substitution à mieux se maîtriser, quand le plus âgé lui apprend le combat. L'un n'est rien sans l'autre. Quand le petit deviendra un homme, il reviendra toujours voir son "père" même s'ils s'engueulent. Enfin, comme depuis au moins La traversée du temps (il faudrait faire plus attention aux films Digimon et au sixième opus cinématographique de One Piece), il y a cet inévitable nuage que tous les fans d'Hosoda san reconnaisse. Un vrai gimmick visuel!

Afficher l'image d'origine

Pour le reste, ce nouveau cru n'est pas forcément le meilleur film d'Hosoda (le niveau des deux précédents films du réalisateur était tellement fantastique), mais il n'en reste pas moins monumental. L'animation mélange superbement l'animation traditionelle et les images de synthèse, notamment pour un final absolument dantesque et riche en couleurs. (attention spoilers) Outre l'aspect père-fils développé, il y a aussi le rapport à l'héritage.  Kyuta a une nemesis Ichirôhiko, un autre humain s'étant retrouvé dans ce monde anthropomorphique (présenté dès l'introduction par des jeux de lumières rappelant les contes racontés au coin du feu) et élevé par l'adversaire de Kumatetsu. L'affrontement est inévitable et il est d'autant plus étonnant que c'est celui qui a été élevé dans de bonnes conditions qui finit par perdre pied. Le fait qu'il n'a jamais rien connu du monde extérieur, mais aussi que sa douleur est intérieure rend le jeune homme tourmenté et laisse place au côté obscur. On peut s'amuser du parallèle avec une saga galactique, d'autant qu'Hosoda dévoile que les humains peuvent se laisser envahir par un moi intérieur pouvant les consumer. Ce qui n'est pas le cas de Kyuta, dont les sentiments pour sa mère sont évacués par sa fuite. Un thème vite évacué, Hosoda voulant se focaliser sur la relation père-fils plutôt que sur le trauma de son personnage, tout comme interroger le personnage sur sa place dans deux mondes bien distincts. Hosoda n'évite pas la romance en revanche, même si elle n'est pas explicitée ici (pas de baiser ou autres comme dans ses trois précédents films). Cela n'en reste pas moins subtil. Reste le personnage mignon qui ne sert absolument à rien dans le film, juste une caution kawaï pour vendre des peluches. (fin des spoilers)

Mamoru Hosoda s'impose encore une fois avec un superbe récit d'initiation, rempli de beaux combats et à la réalisation riche. 

Publicité
Commentaires
B
Dans la critique de Mad Movies, Laurent Duroche évoque que ce petit compagnon serait une réincarnation de la mère. J'y crois moyennement mais pourquoi pas.
Répondre
2
Excellent film d'animation.<br /> <br /> En effet, le compagnon d'aventure ne sert à rien de plus que vendre des peluches.
Répondre
B
J'ai déjà utilisé cette expression pour moi Mamoru Hosoda est le successeur d'Hayao Miyazaki. Il y a une même sensibilité dans le travail des personnalités et un certain goût pour les traditions.
Répondre
A
à borat : d'ailleurs, 2flics m'avait suggéré le même conseil !
Répondre
B
Et en sachant que les autres films de Mamoru Hosoda sont également chroniqués dans ces colonnes. Je te conseille notamment ses quatre derniers.
Répondre
Publicité