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11 juin 2021

Fly me to the Moon

Une jeune fille part pour la Lune en espérant retrouver une déesse...

Voyage

Glen Keane et John Kahrs ne sont peut-être pas connus du grand public, mais ils ont forgé à eux seuls l'imaginaire des enfants (et des plus grands) depuis la fin des 70's. Le premier n'est ni plus, ni moins que l'animateur de personnages phares des studios Disney comme Ariel, Aladdin, John Silver, Tarzan, la Bête ou Pocahontas. Le second a longtemps été animateur chez Pixar, avant de rejoindre Disney pour notamment réaliser le superbe Paperman (2012). Mais l'aventure Disney s'arrête au bout d'un moment. Keane n'a finalement pas réalisé Raiponce (2010) qu'il chapeautait depuis plusieurs années à cause de différends artistiques ; et part en 2012. Kahrs part un an plus tard pour faire ses propres projets. Les deux se retrouvent à l'occasion de ce film d'animation Netflix, sur un scénario de feu Audrey Wells (la scénariste de George de la jungle nous a quitté en pleine production). 

Animation

Au vue de la qualité de l'animation, mélange d'images de synthèse (pour la plupart du film) et animation traditionnelle (pour les passages de la légende), on peut déjà dire que Disney a eu tord de laisser partir deux de ses meilleurs artistes ou de ne pas les avoir plus soutenu. Pire, le film semble faire ce que le studio était capable de faire encore tout récemment, avant de repartir dans ses travers (coucou Frozen 2). Ce qui n'est pas sans rappeler une situation similaire sur divers décennies. Soit une époque où Disney se faisait talonner par un autre de ses anciens. Hé oui, on pense souvent à Don Bluth en regardant Voyage vers la Lune (2020). Pas forcément pour le trip spatial à la Titan AE (2000), mais plus pour la tendance à évoquer des thèmes sérieux de manière naturelle et en parlant à tous. Le début du film fait aussi bien penser à Up (Pete Docter, 2009) qu'à The Land before time (Bluth, 1988). 

Mort

L'ouverture dévoile une tranche de vie de plusieurs années, où une petite fille vit avec ses parents, des pâtissiers chinois. Mais du jour au lendemain, la mère tombe gravement malade et meurt. La mort n'est pas montrée ici au contraire du Bluth et le traitement de Keane et Kahrs ressemble davantage à celui de Docter en optant pour une transition directe, mais subtile (autrefois un baiser à l'hôpital, puis l'enterrement ; ici une dernière étreinte, puis la petite pleurant habillée de noir). C'est sur la suite que le duo se révèle plus proche de Bluth en dévoilant une jeune fille dans l'impossibilité de faire son deuil et dont le seul moyen d'en finir est de confirmer l'histoire racontée par sa mère autrefois. Soit aller sur la Lune et rencontrer la déesse Chang'e, immortelle séparée de son mari. Le lien entre les deux personnages féminins principaux n'en devient alors que plus évident.

Gungé

La première cherche une mère, là où la seconde veut retrouver son mari. Des personnages liés par le destin et qui ne pouvaient que se rencontrer, chacun vivant un deuil devenant une douleur béante. Mais chacun se recompose à sa manière à travers "sa" famille. La déesse a une flopée de compagnons autour d'elle, là où Fei Fei découvre les joies de la famille recomposée. Ainsi, le premier véritable contact de Fei Fei avec sa nouvelle famille se fait par le biais de son futur demi-frère Chin. Un personnage plus excessif, mais néanmoins sympathique et il en est de même des sidekicks animaliers Cabriole et Gobi. Ce qui là aussi rappelle une certaine époque où Disney savait en écrire (on pense à Aladdin ou à Le Roi Lion).

Navette

Le voyage dans l'Espace n'est pas non plus sans évoquer Explorers (1985), ce film de Joe Dante où des gamins vont dans l'Espace en construisant un vaisseau spatial, avant de rencontrer des extraterrestres. Heureusement pour eux, Keane et Kahrs ont pu faire le film qu'il voulait et dans les temps. De même, la culture chinoise ne semble pas traîtée par dessus la jambe et ne part pas dans les clichés à outrance. Il ne s'agit pas non plus de servir la soupe. Juste un bon entre-deux. En revanche, on peut reprocher au film de cumuler les chansons, soit une tare très disneyenne. L'arrivée de la déesse se révèle assez criarde et dans un délire pop un peu particulier. En revanche, si toutes les chansons ne sont pas mémorables, M'envoler reste de loin la plus belle du film. Elle symbolise à elle seule la volonté de l'héroïne de partir pour rendre hommage à sa mère, tout en évoquant les soucis liés à "sa nouvelle vie". 

Voyage vers la Lune confirme que Glen Keane et John Kahrs auraient dû réaliser un long-métrage depuis bien longtemps, accouchant d'un film aussi beau que touchant.

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Commentaires
P
Tu le vends bien ! Il faut que je vole un enfant pour m'accompagner sur ce voyage. ;-)
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T
Un très beau long métrage d'animation en effet. Je te rejoins également pour les chansons, il y en a un peu trop, et certaines, comme Ultra Luminescente et son ambiance dance des années 90 sont une catastrophe pour les oreilles.
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