Dans un futur proche, les flics se font tuer comme des lapins dans la ville de Detroit. Murphy en fait partie et des scientifiques vont lui donner une seconde chance. Il va devenir Robocop, mi homme, mi robot et flic indestructible. Mais il lui manque sa mémoire qu'il va vite retrouvé...

Collection Christophe L.

En 1987, Orion, major ayant distribué le Terminator de James Cameron notamment, produit Robocop de Paul Verhoeven, dont ce sera le premier film américain (La chair et le sang n'en est pas vraiment un, malgré le casting et la langue anglophone). Pour rester dans la lignée du film de Cameron, le film a pour personnage principal un robot. D'ailleurs, dans la bande annonce que je vous ajoute, la musique est celle de Terminator. Un certain profit de la part du studio, mais qui permettra à Robocop de cartonner et d'installer Verhoeven sur le territoire hollywoodien. Le film a beau être fauché et avoir été censuré aux Etats Unis (une séquence où Robocop va voir sa tombe n'apparaîtra jamais ni dans le premier, ni dans le second bien qu'elle fut tournée entre autre), le Hollandais violent ne fait pas avoir et impose sa vision.

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Contrairement à Arnold Schwarzenegger, Peter Weller (dont ce sera le seul grand rôle) incarne un flic tué devenant un robot policier. Faisant son devoir, Murphy meurt des mains d'un gang. Avec les restes, des scientifiques réussissent à le ressuciter et le mettent dans un corps robotique. Le seul bémol étant qu'ils lui ont enlevé la mémoire, histoire qu'il ne puisse pas se rebeller. Mais pas pour longtemps évidement. Murphy apprend alors que sa femme et son enfant sont partit. Ses seuls devoirs étant maintenant de servir la justice et protéger les citoyens de Detroit. Verhoeven montre le plus possible d'humanité en cet être qui a tout perdu et se voyant donner une improbable fonction. Le seul réel but de Murphy est de retrouver ses assassins.

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 Il découvre alors que tout mène à ses constructeurs et particulièrement le personnage de Ronny Cox, avide de pouvoirs. Sauf que Robocop ne peut s'occuper de ces gens là. Heureusement il peut compter sur sa collègue incarnée par Nancy Allen. Arrive alors une bonne paire de scènes de vendetta des plus explosives. Je penses notamment au passage dans la station essence. Le film est très violent, ce qui contraste avec celle de Detroit, encore aujourd'hui l'une des villes ayant le plus fort taux de criminalité aux Etats Unis. Le choix n'y est donc pas pour rien. Parmi les scènes d'anthologie, on retiendra le début, où Jerry Seinfeld se fait massacré par un prototype notamment. Le design du robot est beau. Weller incarne à la perfection ce robot terriblement humain. Verhoeven dénonce aussi certaines expériences scientifiques plus que douteuse.

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Un bon film d'action bourrin, avec un robot plus humain que jamais.

La critique d'Alice In Oliver:

Attention film culte ! J'ai nommé Rocobop, réalisé par Paul Verhoeven en 1987. Je dois également l'avouer: Robocop fait partie de mes films préférés. C'est aussi le premier long-métrage américain de Paul Verhoeven, un cinéaste hollandais (très connu dans son pays), peu convaincu par le script au départ.
En même temps, comment ne pas sourire devant un tel titre et l'histoire d'un homme qui devient une machine ?

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Pourtant, malgré les apparences, Robocop est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, les thématiques étant riches et variées.
Le thème central du film repose avant tout sur la quête de l'âme humaine. Robocop est un personnage en perpétuel conflit identitaire.
Toutefois, le cyborg ne cessera d'évoluer tout au long du film.

D'une certaine façon, Robocop ressemble beaucoup à la créature de Frankenstein, elle aussi en quête d'identité. Robocop est à la fois une machine, un être humain, un produit de l'OCP et un programme, obéissant à des directives précises. Attention, SPOILERS ! Alex J. Murphy est abattu sauvagement par une bande de voyous sous les yeux de sa collègue, Lewis (Nancy Allen).
Pour le cartel OCP, la mort de ce policier est une véritable aubaine.

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En effet, la criminalité règne dans la ville de Detroit. Il est temps désormais d'éradiquer la violence par une nouvelle arme: Robocop, un cyborg très puissant et quasiment invincible. Le corps de Murphy est donc utilisé pour servir de plus grandes ambitions. L'ancien flic devient donc Robocop.
Mais il n'y a pas de résurrection sans crucifixion. La mort de Murphy est insoutenable et rendue ultra violente par la caméra de Verheoven.
Cette séquence est destinée à poursuivre le spectateur tout au long du film.

De ce fait, Robocop a une vraie dimension christique, le supplice de Murphy n'étant pas sans rappeler le martyr de Jésus-Christ sur la croix.
Lui aussi est de retour à la vie et apparaît alors comme un Jesus américain des temps modernes. Pour s'en convaincre, il suffit de voir comment Paul Verhoeven filme son androïde de service, ce dernier marchant quasiment sur l'eau lorsqu'il affronte quelques voyous dans une ancienne raffinerie.

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Le plus intéressant reste l'évolution psychologique du cyborg, ce dernier affirmant clairement son identité dans la dernière réplique du film:
- Vous êtes un excellent tireur jeune homme. Vous vous appelez ?
- Murphy !
Pourtant, le robot n'est pas au bout de ses peines. Dans un premier temps, des souvenirs de son passé humain reviennent à la surface via plusieurs cauchemars de son exécution sadique.

Par la suite, c'est son ancienne collègue (donc, Lewis) qui se rappelle à lui ("Murphy, c'est vous !"). Le cyborg finit par vérifier les archives de la police et tombe sur le casier judiciaire de ses anciens tortionnaires.
Pire encore, il découvre que ses truands sont soutenus par le numéro 2 de l'OCP. Robocop décide d'arrêter l'intéressé.
Encore une fois, Robocop est atteint du syndrome Frankenstein. Lui aussi se retourne contre son créateur mais se retrouve désactivé par une directive prioritaire. En résumé, la machine ne peut se rebeller contre ses maîtres.

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Ensuite, le cyborg découvre aussi son passé humain, via une séquence tragique se déroulant dans l'ancienne demeure de Murphy.
Au-delà de ce personnage complexe et passionnant, Paul Verhoeven en profite pour égratigner l'Amérique des années Reagan, dénonçant un pouvoir corrompu et une société à la dérive. Ce dernier point est d'autant plus renforcé par un humour noir des plus jouissifs. Pour Verhoeven, c'est un moyen comme un autre de mettre en avant un capitalisme aveugle, à l'image de ED 209, une machine de guerre froide et impitoyable. Bref, Paul Verhoeven signe un film de science fiction nihiliste, qui n'est pas si éloigné de notre réalité.