Cine Borat

26 juillet 2017

Cuvée Galaxity

Ce mercredi sort la grosse production made in France de cet été. Celle que beaucoup attendent avec impatience, curiosité ou même crainte. Votre cher Borat se positionne plutôt dans la seconde optique, les bandes-annonces n'étant pas déplaisantes. En tous cas je sais une chose : Luc Besson m'a donné envie de lire les aventures de Valérian et Laureline, ces personnages créés par Pierre Christin (le scénariste) et Jean Claude Mézières (le dessinateur) dans les colonnes du magazine Pilote (1959-89). A ce duo, on peut rajouter la coloriste Evelyne Tranlé sans qui les pages de cette bande-dessinée ne seraient pas aussi belles. Que le film soit bon ou mauvais, il m'aura au moins permis de découvrir un pan de la bande-dessinée française que je n'avais jamais lu et je remercie celui que j'appelle souvent Tonton Besson pour ça. Cette cuvée de la Cave de Borat ne sera donc pas consacrée au film de Luc Besson (que je n'ai pas vu à l'heure actuelle), ni à la série animée diffusée entre 2007 et 2008 (que je n'ai pas vu non plus), mais bel et bien à la bande-dessinée contenant vingt-deux albums et quelques appendices (comme Souvenirs du futur et Par les chemins de l'espace). Tout d'abord faisons les présentations avec l'univers. Valérian est un agent spatio-temporel de Galaxity, la capitale de la Terre en 2720. Il voyage à travers le temps et les planètes afin de rectifier des anomalies temporelles et est parfois confronté aux dommages qui ont changé la Terre dans les années 1980.

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C'est lors d'un voyage au XIIème siècle que Valerian fait la connaissance de Laureline (Les mauvais rêves, tome 0, 1967). Il finit par la ramener dans son époque et Christin s'amusera à jouer à "je t'aime moi non plus" avec son duo, sans jamais parler d'un véritable couple amoureux. Ils forment un couple avec ses hauts et ses bas et ne s'entendent pas sur tous les sujets (Laureline a tendance à prendre le parti des opprimés, là où Valérian défend un peu trop sa hiérarchie). Valérian aura même quelques aventures avec d'autres femmes (dans Les Héros de l'équinoxe et dans les tomes 9 et 10), attisant la jalousie de Laureline. Si officiellement, les deux partenaires ne sont pas en couple, officieusement c'est nettement moins simple. D'autant plus que les deux personnages n'hésitent pas à se sauver mutuellement, notamment à distance comme c'est le cas dans L'ambassadeur des ombres (tome 6, 1975) ou le dyptique Métro Châtelet Direction CassiopéeBrooklyn station terminus cosmos (tomes 9 et 10, 1981). (attention spoilers) Dans le premier qu'adapte librement Tonton Besson, Laureline se retrouve quasiment seule durant tout l'album, cherchant Valérian parti à la recherche de l'ambassadeur terrien kidnappé par une espèce quasiment disparue. L'occasion de montrer encore un peu plus que Laureline est une héroïne qui peut se débrouiller toute seule, sans forcément avoir besoin du mâle qui lui sert de compagnon.

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Dans le dyptique suscité, Laureline s'occupe d'un côté des affaires spatiales quand Valérian se retrouve dans le Paris d'avant la catastrophe des 80's. L'héroïne devient de plus en plus sexy à partir du Pays sans étoile (tome 3, 1972), permettant aussi de montrer une héroïne libre et consciente de son corps (même si dans le tome 10, il y a un côté un peu mercenaire qui ne lui plaît pas). Cela passe par des tenues de cuir ou alors un bikini doré pas si différent de celui de Leia dans Le retour du jedi (Richard Marquand, 1983), clin d'oeil à la Princesse de Mars souvent représentée ainsi (notamment chez Frank Frazetta). Laureline est indépendante et n'a pas forcément besoin de Valérian pour s'en sortir, même si elle s'est retrouvée dans de beaux draps plusieurs fois (ce qui est le cas dans Bienvenue sur Alflolol). Même en étant une jouvencelle en détresse, Laureline essayera toujours de s'en sortir par ses propres moyens, comme on peut le voir aussi dans Otages de l'ultralum (tome 16, 1996). Valérian n'en reste pas moins un héros intéressant (un homme qui ne sait plus vraiment à quelle époque il se trouve au fil des tomes) et un homme d'action indéniable. C'est souvent lui qui s'occupe des gunfights, là où Laureline est plus la tête derrière ses actions. Il faut dire que Christin avait aussi signé avec Mézières diverses petites histoires pour Pilote rassemblées dans Par les chemins de l'espace (publiées entre 1969 et 1970). 

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John Carter 

Leia, Laureline et la Princesse de Mars : trois icônes de la science-fiction avec une même tenue.

Bien que ces histoires furent écrites après Les mauvais rêves, elles mettent en scène généralement Valérian sans Laureline, confirmant que ces histoires se passent avant leur rencontre. Des petites aventures pas forcément utiles mais qui permettent de voir Valérian dans des opérations solitaires, chose qui lui arrivera peu dans la série. Outre un duo complémentaire, la bande-dessinée peut s'aider des dessins monumentaux de Mézières et Tranlé. Si les personnages (notamment Valerian) ont encore un style un peu cartoonesque dans les premiers opus, cela change assez rapidement. Là où les deux artistes réussissent pleinement leur coup, c'est par un univers graphique revigorant, majestueux et des visions assez dingues, allant des fameuses terres truquées (voire ci-dessous) à des décors plus contemporains. On n'a pas l'impression d'avoir vu ça mille fois ailleurs et c'est aussi ce qui a fait la réputation de la bande-dessinée à travers le monde au fil des décennies. D'autant que la saga fut un précurseur dans la science-fiction des 60's, au même titre que la série Star Trek (1966-69) dont la BD emprunte la vitesse lumière pour le vaisseau de Valérian. Le bestiaire que l'on retrouve à Point Central n'a rien à envier à celui que l'on retrouve à la Kantina dans Star Wars (George Lucas, 1977).

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Dessin issu de Sur les terres truquées (tome 6, 1977).

Si Lucas n'a pas forcément pu reprendre L'ambassadeur des ombres, il se peut qu'il se soit inspiré des premiers opus comme le montre plusieurs études comparatives (le vaisseau des héros n'est pas très différent du Faucon Millenium par exemple). Mézières n'a jamais fait de scandale, évoquant notamment que la science-fiction est un genre où beaucoup de codes sont réutilisés au fil du temps et selon les inspirations. Autre film semblant s'être inspiré de la bande-dessinée : Avatar (James Cameron, 2009). En effet, Bienvenue sur Alflolol (tome 4, 1972) a une histoire assez similaire. Des créatures veulent récupérer les terres de leur planète envahies par les Terriens lors de leur voyage. S'en suit comme dans le film de Big Jim un conflit idéologique entre les Terriens qui veulent garder ce qu'ils ont récupéré et le peuple d'origine qui veut retrouver ses racines. Si l'affrontement n'a pas lieu, le problème est assez similaire d'autant que les Terriens se servent de la planète pour en exploiter les ressources. La vision de New York laissée à l'agonie à divers gangsters dans La cité des eaux mouvantes (tome 1, 1968) n'est pas sans rappeler New York 1997 (John Carpenter, 1981), à la différence qu'ici la Grosse Pomme est inondée. On pourrait citer également Le cinquième élément (Besson, 1997), mais l'histoire est un peu plus complexe.

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Alors que Mézières n'avait pas encore totalement travaillé sur le tome 15 des aventures du duo, Besson le contacte pour un projet de science-fiction encore nommé "Zaltman Bléros". Aux côtés de Moebius, Mézières réalise plusieurs designs ou concept-arts où il est notamment question de taxis volants. Pendant un temps, le projet est arrêté pour que Besson réalise Léon (1994) et trouve les financements nécessaires pour mener à bien un tel projet. Mézières réutilise ses concepts pour Les cercles du pouvoir (1994) et Besson garde l'idée en faisant de son héros désormais baptisé Korben Dallas un conducteur de taxi volant. Une collaboration fructueuse qui aura permis aux deux artistes d'entamer deux projets. Le monde de Valérian et Laureline est vaste, que ce soit dans le temps ou leurs rencontres sur diverses planètes de l'Espace. Christin a réussi à créer un univers cohérent naviguant entre la critique sociale (l'industriel n'est jamais vu d'un bon oeil, les dictatures, le terrorisme...), la science-fiction et sa cousine l'anticipation, le polar ou même la fantasy (Les Héros de l'équinoxe met en scène divers guerriers face à Valérian dans des cases dignes de ce que le cinéma a pu offrir dans le domaine). Mais au bout d'un moment, Christin et Mézières en viennent à donner une véritable mythologie à leur série. A partir du tome 9, les auteurs opte pour un changement radical à base de paradoxes temporels, entraînant la perte de Galaxity puisque le destin de la Terre a été modifié dans les 80's.

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Les héros sont bloqués dans le temps, existant dans un monde qui n'est plus le leur et où leur destiné est définitivement floue. Les auteurs multiplient des aventures qui vont dans ce sens, à l'image de Sur les frontières (tome 13, 1988) où un ancien agent essaye tant bien que mal de recréer un cataclysme nucléaire sur Terre pour que Galaxity existe à nouveau. Après moult histoires trépidantes, le trio se décide à mettre fin à la série dans les 2000's. Pour cela, ils réalisent pour une trilogie (tomes 19 à 21, 2004-2010) permettant de conclure la bande-dessinée, en laissant une porte ouverte plutôt bienvenue. Les auteurs vont vers une épopée assez impressionnante, multipliant les personnages déjà vus auparavant, tout en convoquant une jeune héroïne plutôt sympathique. L'affrontement entre la matière et la vie. Un final à l'image d'une saga éblouissante où tous les tomes ne sont pas au même niveau scénaristique, mais où la qualité graphique permet d'apprécier chacun des opus de la saga. (fin des spoilersValérian et Laureline est l'une des rares BD qui a commencé et fini avec ses auteurs aux commandes. On le voit par une complexité de plus en plus présente dans les récits, une tendance aussi à faire des histoires plus longues allant parfois jusqu'à deux dyptiques qui se chevauchent. Une réussite qui permit à la science-fiction d'émerger dans la bande-dessinée francophone (Metal Hurlant n'est pas né par hasard). Ce qui rend cette BD d'autant plus importante et incontournable. Allez à la prochaine!

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21 juillet 2017

La toile colle de moins en moins

Après les événements de Civil War, Peter Parker essaye de vivre sa vie d'adolescent comme de jeune super-héros. Il se trouve sur le chemin du Vautour et de ses sbires, ennemis exploitants des ressources extraterrestres...

SMH

On peut parfois se demander comment certains producteurs ou personnalités du cinéma peuvent rester aussi puissants avec autant de casseroles aux fesses. Le cas présent se nomme Amy Pascal. Présidente de Sony Pictures de 2006 à 2015, Pascal s'est fait notamment remarquer à cause du Sony Hack. Pour rappel, il s'agissait du piratage du studio visiblement par des nord-coréens, entraînant par dessus le marché une crise diplomatique incroyable au cours de l'hiver 2014-2015. Si la présidente n'en est pas responsable, en revanche ses mails furent assez compromettants, comme des discussions avec le producteur Scott Rudin particulièrement gratinées (visiblement cela partait dans des mails racistes ou le dénigrement comme ce sera le cas pour Angelina Jolie). On retrouvait aussi des projets obscurs comme un possible ralliement à Marvel (donc Disney) de Spider-man. Rappelons que The Amazing Spider-man 2 (Marc Webb, 2014) n'avait pas fait les chiffres attendus et avait eu des critiques cinglantes (de votre interlocuteur notamment). Pascal aurait pu être sur un siège éjectable, il n'en est pourtant rien. Certes, elle n'est plus présidente de Sony Pictures (remplacée par le très polémique Thomas Rothman), mais c'est elle qui a géré l'accord avec Kevin Feige (le producteur à la tête du Marvel Cinematic Universe) et par la même occasion est à la tête du micro-univers autour du nouveau Spider-man. Comme ce n'est qu'un accord contractuel, Pascal peut faire ce qu'elle veut comme relancer des projets longtemps en development hell

Spider-Man: Homecoming : Photo Tom Holland

A l'image de Venom qui sera mis en scène par Ruben Fleischer, avec Tom Hardy dans le rôle de la personne possédée par le symbiote extraterrestre. Un mélange de comédie horrifique à la Zombieland (cela tombe bien c'est le même réalisateur) et des films de David Cronenberg et John Carpenter. La dernière fois que Crocro fut une inspiration pour un film de super-héros, c'était pour Fantastic Four (Josh Trank, 2015), on a vu comment ça a fini... Sans compter un film d'animation autour de Miles Morales (le second Spider-man) réalisé par Peter Ramsay (Rise of the guardians) et Bob Persichetti; un film autour de Black Cat et Silver Sable; et le possible Sinister Six. Le plus amusant reste que Kevin Feige  semble de plus en plus se demander s'il n'a pas fait une connerie, au vue d'une récente interview où il demandait à Pascal si ces films feront parties du MCU. Ce à quoi elle a répondu que cet univers Spidey serait à part, même si le personnage interagit dans le MCU. Un schmilblick qui risque d'être fort compliqué à l'avenir, surtout avec des gens aussi incompétents et gênants que Pascal aux commandes. Ce qui nous amène à Spider man Homecoming (Jon Watts, 2017), seconde apparition du tisseur dans le MCU après un premier passage remarqué dans Captain America : Civil War (les frères Russo, 2016). Peter Parker est désormais incarné par Tom Holland et est une version adolescente du personnage, évitant tout retour aux sources (il a déjà ses pouvoirs, son oncle Ben est décédé) ce qui n'est pas pour déplaire (The Amazing Spider man se plantait notamment en faisant du copier-coller).

Spider-Man: Homecoming : Photo Jacob Batalon, Tom Holland

Le tisseur sera également des deux prochains Avengers réalisés par les frères Russo (Infinity War, l'autre n'a pas de titre pour l'instant afin de ne pas spoiler les spectateurs) et on annonce déjà un second Homecoming situé après ces films toujours mis en scène par Jon Watts. Après toutes ces informations (désolé si ce fut un peu long, mais parfois il faut contextualiser un peu), il est temps de passer au film lui-même. Spider man Homecoming n'est pas une révolution, ni une évolution du personnage au cinéma. Il est une variation sympathique d'un super-héros dans un univers où il peine à trouver sa place (c'est d'ailleurs tout une problématique du film); et où il cherche à s'imposer d'une manière ou d'une autre. Les exécutifs et le réalisateur ont décidé de miser sur un Peter adolescent, bien aidé par le choix d'un acteur jeune permettant une évolution au fil du temps. Tom Holland s'en sort d'ailleurs plutôt bien dans le rôle et semble particulièrement à l'aise avec le personnage. Idem pour ses petits partenaires, en particulier Jacob Batalon sidekick plutôt efficace. Les personnages féminins incarnés par Laura Harrier et Zendaya sont plutôt sympathiques, même si elles sont un peu coincées dans un type de rôles (le love interest et la copine un brin roublarde du groupe). Le réalisateur s'en sort plutôt bien pour ce qui est de réaliser un teen movie super-héroïque, soit une intention première à l'annonce du projet et ce, même si le film use d'archétypes déjà vus à droite et à gauche (rien de nouveau sous le soleil).

Spider-Man: Homecoming : Photo Laura Harrier, Tom Holland

 

Malheureusement, Spider man Homecoming montre rapidement ses limites. Pas qu'il ne soit pas un minimum agréable à regarder, mais il est terriblement anecdotique et n'apporte finalement pas grand chose de nouveau, si ce n'est une ambiance un peu divergente de la moyenne. Aussi sympathique puis-ce t-il être, Spider man Homecoming ne reste pas en mémoire et s'oublie même assez vite comme un énième épisode d'une série télévisée. Au point qu'il y a une obligation de montrer des personnages pré-existants du MCU pour que Homecoming puisse visiblement exister. Sauf que Tony Stark (Robert Downey Jr) et Happy (Jon Favreau) ne servent absolument à rien dans le film. Au pire, l'accident du ferry aurait donné lieu à une épreuve pour Peter et cela aurait peut être mieux servi le récit. Une aventure définitivement solo (et non accompagnée) aurait peut être aussi permis au super-héros de se construire tout seul. Le film s'appelle tout de même Spider man Homecoming, pas "Spider man et son ami super-héros Iron Man"... Que Sony et Marvel veulent rattacher le personnage au MCU, il n'y a aucun problème. Mais encore faut-il le faire sans utiliser de grands sabots et en pensant que cette façon de faire est indispensable au bon déroulement de la franchise. 

Spider-Man: Homecoming : Photo Tom Holland

C'est un reproche que l'on peut souvent faire à Marvel et qui revient assez régulièrement dans les aventures solo de ses héros (remember Ant Man et son passage douteux avec Falcon). (attention spoilers) D'autant qu'en plus, le film part d'un raccord à l'univers plutôt bien vu. Le Vautour (Michael Keaton) est présenté comme un entrepreneur s'occupant de remettre en état New York suite aux événements d'Avengers (Joss Whedon, 2012), avant que cela soit repris par les équipes de Stark. Ses collègues et lui s'emparent alors de diverses technologies aliens et créent des armes à partir de ça. Il n'y a pas besoin de plus pour raccorder Spider man Homecoming au MCU, puisque l'ennemi est en soi né de précédentes histoires de l'univers. De par son statut social, le Vautour s'impose comme un méchant de qualité, ni réellement bon, ni totalement mauvais. C'est juste un type qui essaye de sauver sa peau, y compris ses camarades. Cela n'en fait pas un méchant de l'envergure d'un Octopus dans Spider-man 2 (là aussi un personnage mi bon, mi méchant), mais au moins un qui sort du lot. Pas un mal dans un univers où on a bien du mal à en compter au moins trois de majeur (Mr Quill est le summum à l'heure actuelle). D'autant que Michael Keaton s'en sort vraiment bien. Le film a également tendance à recycler des choses issus de précédents films ou d'autres films.

Spider-Man: Homecoming : Photo Michael Keaton

Comme un héros incapable de pouvoir dire la vérité à ses amis (Peter se comporte avec Liz Allen comme il le faisait dans les deux premiers films de Sam Raimi avec Mary Jane) ou le méchant finalement plus proche du personnage principal que le spectateur et lui ne le pensent. La scène du ferry fait indéniablement pensé à celle du tramway dans Spider-man 2 (Raimi, 2004) dans ses conséquences. En terme d'écriture, on peut également trouver le chipotage sur la réelle identité du personnage de Zendaya pour le moins lourd. D'autant plus que cela n'a aucune incidence sur le récit et qu'honnêtement on s'en fout. (fin des spoilers) Si les scènes d'action sont globalement bien shootées, on peut regretter quelques plans illisibles ou tellement plein de cgi qu'il n'y a plus rien de naturel à l'horizon. Les traces d'humour ne sont pas toujours très agréables, tombant parfois dans une certaine lourdeur. Autre chose qui n'a pas d'incidence directe avec le film lui-même :  il est assez honteux de voir que des caméos (et là on ne parle même pas de Downey Jr) ou des troisièmes rôles sont crédités bien avant de vrais second-rôles. Pour cela, il n'y a qu'à voir la fiche IMDB du film, c'est la même chose qui est affiché dans le générique de fin. A ce niveau, on peut aussi saluer les affiches qui vont malheureusement dans ce sens. On voit que c'est Sony qui distribue...

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Si le film en lui-même n'a rien de honteux, la proposition qu'il offre s'oublie à la vitesse de l'éclair.

19 juillet 2017

Cuvée Baby Ed

Edgar Wright n'est peut être pas le meilleur réalisateur de son époque, bien qu'il soit un de ces rares réalisateurs émergents qui compte dans les 2000's. Il n'en reste pas moins que ses cinq films disponibles chez nous (son premier, A fistful of fingers, est inédit chez nous) ont du charme, certains plus que d'autres (le favori de votre interlocuteur est Scott Pilgrim vs the world). A l'occasion de la sortie de Baby Driver dans les salles françaises (voir Nowhere to run my Baby ), la Cave de Borat va revenir aux débuts du réalisateur. A une époque où le boom de l'internet commençait à se ressentir. Où il n'y avait que deux Playstation (et encore). Où ce que les pirates copiaient finissait sur des disquettes ou des CD vierges et non des clés USB. Où l'on parlait encore de rave party sur fond d'Oasis ou Take That. Où la VHS n'était pas encore bouffée par le DVD. Nous sommes en 1999. Edgar Wright n'est qu'un jeune pouce qui apprend et a déjà réalisé un film. Simon Pegg et Nick Frost ne sont pas encore ses Dupont et Dupond. La chaîne Channel 4 n'est pas encore le vivier de Black Mirror (2011-) ou de Skins (2007-2013). Quand Spaced naquit, ses instigateurs n'étaient pas connus. Ils le deviendront grâce à la série et reviendront dans la filmographie de Wright à l'image de la scénariste / actrice Jessica Hynes (Yvonne dans Shaun of the dead), Lucy Akhurst (une zombie dans Shaun...), Bill Bailey (le policier au guichet d'Hot Fuzz), Mark Heap (un des tenanciers de bar de The world's end), Peter Serafinowicz (le colocataire tatillon de Shaun) ou Michael Smiley (l'ancien dealer de The world's end). 

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De gauche à droite et de haut en bas: Katy Carmichael, Mark Heap, Nick Frost, Julia Deakins, Simon Pegg et Jessica Hynes.

Spaced a duré deux saisons (1999-2001) et quatorze épisodes et a failli terminer en remake us produit par McG. Cela n'a heureusement jamais été très loin. La série est en premier lieu le bébé de Jessica Hynes et de Simon Pegg et les deux sont crédités en tant que scénaristes de chaque épisode. Edgar Wright est quant à lui le réalisateur de tous les épisodes. Un fait suffisamment rare dans les séries pour être signaler (le seul exemple qui me vient en tête est Cary Fukunaga sur la première saison de True Detective). Un travail à trois qui se ressent particulièrement à travers les personnalités de chacun. Hynes est la part féminine inévitable mais elle aborde aussi des thématiques plus particulières (comme le complexe de la page blanche), là où Pegg et Wright vont davantage vers la pop culture et les références un brin méta. Les scénaristes se rejoignent en revanche sur l'épanouissement personnel. Les personnages de Spaced ont parfois du mal à trouver leurs voies, on peut même dire que c'est une forme de but définitif. La série commence sur deux ruptures : Daisy (Hynes) a quitté son compagnon et Tim (Pegg) s'est fait plaqué par sa compagne. Wright s'amuse de la chose en confrontant les deux personnages lui en bas, elle en haut comme s'il s'agissait d'un couple qui se quitte. Un aspect cocasse et burlesque qui montre déjà à quel point Wright s'amuse avec le montage.

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Le trio créatif de la série.

Les deux se rejoignent car ils sont seuls et qu'ils trouvent une annonce recherchant un couple pour un logement. La série trouve sa dynamique par un mensonge qui finira par devenir trop gros pour ses instigateurs. Tim et Daisy ne sont pas un couple et ne le seront jamais, ce qui change de beaucoup de récits où un couple atypique tombe en général amoureux au fil du temps (l'exemple typique est Ross et Rachel dans Friends). Ce sont des gens qui deviennent amis au fur et à mesure de la série. C'est de ce point de départ que la série devient une sitcom typique avec sa bande de personnages, tous recherchant à s'épanouir d'une certaine manière. (attention spoilers) Tim veut devenir dessinateur de bande-dessinées, mais en attendant il doit se contenter d'en vendre. Il finira par être engagé par le patron de maison d'édition qui ne voulait pas de lui autrefois (Clive Russell), mais aussi à tomber amoureux avec l'assistante de ce dernier (Akhurst). L'ironie veut que cette dernière se voit proposé un job chez Marvel. Quand on se souvient des déboires de Wright avec la major plusieurs années plus tard, l'allusion ne manque pas de piquant. Daisy veut écrire pour des magazines ou autres, mais se voit victime du syndrome de la page blanche. La scénariste insiste plus d'une fois sur les efforts de l'auteur, usant de différents stratagèmes pour retrouver l'inspiration.

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Mais parfois rien n'y fait. Ironiquement, l'épanouissement de Daisy se fera à travers un chien, mais aussi d'un voyage en Asie. Son voyage offre même l'opportunité à Wright de parodier les films de vacances, mais également le found footage en mode théorie du complot (son film est retrouvé par des services secrets façon X Files). En 2000, on arrivait déjà subtilement à se moquer du found footage alors que le phénomène était plus que léger (Le projet Blair Witch n'a pas amené de vague, au contraire de Rec). Ensuite nous avons Brian (Heap), peintre de la souffrance, de la colère, de l'agressivité et de la peur. Le duo s'amuse à en faire une sorte d'amant occasionnel de la logeuse Marsha (Julia Deakin), provoquant souvent des scènes hilarantes de malaise. Wright s'amuse aussi de ses saillies artistiques, allant des gestes du peintre à des performances improvisées tenant du génie (ou quand un accident devient une oeuvre d'art). Les auteurs en viennent même à effectuer un retournement de situation plutôt intéressant d'une saison à l'autre. Avec Marsha, l'inspiration de Brian se dévoilait car il était malheureux, voire déprimé. Avec Twist (Carmichael), il est heureux donc l'inspiration est plus difficile ! Là où chez Daisy, l'épanouissement n'est finalement pas passé par l'écriture mais dans le voyage, chez Brian il arrive par l'amour. 

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Twist est d'ailleurs l'archétype de la fan de mode, mais qui ne peut pas en vivre. Même si elle n'est pas présente dans tous les épisodes, ce n'est pas une guest non plus et fait partie intégrante du groupe dans ses galères. Il ne serait pas étonnant que les scénaristes ont voulu faire une allusion à la série Sex and the city (1998-2004), alors particulièrement populaire lors de la diffusion de Spaced. Avec Marsha, les scénaristes orchestrent un gag récurrent. On apprend qu'elle a une fille mais à chaque fois, Wright ne montre jamais son visage. Sa fille est un personnage fantôme, un courant d'air dans une maison qui fait énormément de bruit. Si Daisy a une meilleure amie, Tim aussi. Voici donc le camarade Nick Frost en sorte de Rambo d'Angleterre cherchant à tout prix à être repris dans l'armée après un coup de folie. Ses passages chez les scouts et au paint ball deviennent de vraies zones de guerre et Wright peut s'amuser à faire des scènes d'action bourrines particulièrement savoureuses. Un personnage un brin dans sa bulle, mais qui est épanouit dans ce qu'il fait. On peut également citer la présence de Tyres (Smiley), coursier ami de Tim que l'on retient principalement pour son amour de la dance.

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Ce qui veut dire aussi personnage qui danse et autant dire qu'avec Tyres, on en a pour son argent. Le trio en vient même à caractériser particulièrement le chien Colin, au point de lui donner une véritable personnalité dans les derniers épisodes ! Colin n'a pas besoin de parler, il a une véritable présence. Le trio réussit à rendre attachant cette bande d'amis en devenir et on a bien du mal à les quitter après quatorze épisodes. (fin des spoilers) Si Spaced est particulièrement connue de nos jours, c'est aussi à cause de son rapport à la pop culture. Spaced est l'anti Stranger things par excellence. Certes les deux séries ne sont pas du même genre et ne parle pas de la même chose, mais en terme de rapport à la pop culture Spaced en parle de manière bien plus logique et moins appuyé. Il y a un vrai discours sur plusieurs sujets culturels sans que cela soit de la vulgaire citation pour faire joli. Quand Simon Pegg s'éclate à dézinguer La menace fantôme (George Lucas, 1999), il le fait sur tout un épisode car le sujet est sa déception du film (on n'ose imaginer ce que pense Pegg d'un certain film sorti en mai 2008). De la même manière, la réflexion qu'a Tim des films Star Trek (1979-) est plutôt amusante puisque si on le suit, les films impairs de la franchise sont mauvais. Or, Pegg est devenu Scotty par la suite et deux des trois films qu'il a tourné sont impairs (Star Trek et Beyond). De quoi avoir envie de poser la question au camarade Simon ! 

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Même chose quand Wright cite des films en particulier. Souvent il s'agit de faire un délire imaginaire ou alors pour une scène spécifique, comme avec Matrix (une scène imaginaire où Tim débarque en mode Neo chez son éditeur), Carlito's way (la musique de Patrick Doyle donne un ton ironiquement tragique dans une scène d'action avec des mains pour mimer des flingues !) ou Un monde pour nous (vous ne verrez plus un char d'assaut de la même manière). Les jeux-vidéo ne sont pas représentés comme dans beaucoup de films ou séries, où cela consiste en général à montrer des geeks incollables. Tim et Mike (Frost) y jouent car ils aiment ça et ce n'est pas un cliché. Wright fait même une scène type jeu de combat avec des punchlines, sorte de prélude à certaines imageries de Scott Pilgrim. La référence n'est pas là pour s'en moquer ou la citer abusivement. On sent que c'est un choix de parler ou de faire de scènes à partir de films ou de séries et c'est ce qui fait la richesse de la série. La série n'a pas tant vieilli que ça car ce qu'elle montre n'a pas changé. Des gens qui galérent et essayent de trouver un emploi dans ce qu'ils veulent faire, cela existe toujours (d'ailleurs, la séquence au Pole Emploi UK est à mourir de rire tant elle est crédible). De même que la musique de l'époque et certains jeux utilisés (en l'occurrence Tomb Raider III ou Resident Evil) reviennent souvent à la mode de nos jours d'une manière ou d'une autre (les boys band, les reboots de franchises vidéoludiques et même en soi le retro-gaming). 

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Spaced ne dure peut être que quatorze épisodes, mais il ne lui suffit pas de beaucoup pour s'imposer comme une série terriblement attachante. Doublé d'une belle oeuvre de jeunesse pour ceux qui l'ont façonné. Je terminerais cette cuvée en faisant un gros bisous à Tinalakiller qui m'a donné envie de voir la série et je la remercie pour ça (elle en avait parlé ici:  https://tinalakiller.com/2015/04/12/spaced/. Allez à la prochaine!

15 juillet 2017

Nowhere to run my Baby

Baby a eu un accident lorsqu'il était jeune et a depuis des problèmes auditifs. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir le rythme dans la peau et de l'utiliser quand il conduit pour des braqueurs...

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Après sa douloureuse expérience avec Marvel (rappelons qu'il aurait dû réaliser Ant Man) et son clip pour Pharrell Williams (voir Cuvée clippesque), Edgar Wright ne revient pas chez Universal (bien qu'il a toujours l'appui de Working Title, derrière lui depuis Shaun of the dead), mais chez Sony. Prévu au départ pour mars, Baby Driver (2017) se retrouve finalement en plein été des blockbusters où les trois quarts risquent de se bouffer la gueule jusqu'à début août. Bien qu'il a un classement Restricted et une médiatisation moindre dans un champ de mine (il est sorti après Transformers The Last Knight et la même semaine que Moi, moche et méchant 3 aux USA), Baby Driver s'impose comme un beau succès d'estime aux USA (58 millions de dollars de recettes pour 34 dépensés). Reste à voir si le film intéressera autant à l'international, ce qui n'est pas forcément gagné (votre cher Borat a assisté à une avant-première avec une vingtaine de personnes à tout casser). Il n'en reste pas moins que le film est bien accueilli un peu partout et semble marquer les esprits assez facilement. Baby Driver est le billet de sortie pour Edgar Wright après avoir conclu sa "trilogie Cornetto" (2004-2013). Le moment de passer à autre chose, bien que Scott Pilgrim vs the world (2010) avait déjà été une pause entre deux opus de la trilogie. Toutefois, le réalisateur se révèle toujours un peu sous influence, ce qui se ressent énormément au niveau de l'écriture.

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Eiza Gonzalez, Jon Bernthal, Jon Hamm

(Attention spoilers) A chacun de ses films, Wright a pris des références en rapport aux genres qu'il souhaitait aborder. Scott Pilgrim est un peu à part, puisqu'il est adapté d'un comic-book lui-même fortement influencé par le jeu-vidéo et de la pop-culture en général. Sur Shaun of the dead (2004), il s'inspirait de divers films de zombies. Dans Hot Fuzz (2007), il faisait des clins d'oeil à divers films d'action et policiers, L'arme fatale (Richard Fleischer, 1987) en tête. Dans le mélancolique The world's end (2013), il citait ouvertement la série des Body Snatchers (1956-2007). Avec Baby Driver, Wright fait un pur film de braquage, ce qui nous amène à un film en particulier: The Driver (Walter Hill, 1978). Le même qui avait largement inspiré Nicolas Winding Refn pour Drive (2011). L'approche de Wright est néanmoins différente. Il ne fait pas de son personnage principal (Ansel Elgort) un héros mutique comme le furent Ryan O'Neal et Ryan Gosling dans les films concernés. De même, Elgort se révèle bien moins monolithique que les deux concernés et joue beaucoup du caractère innocent de son personnage au point de rendre ses explosions de violence assez impressionnantes. A l'équation se rajoute une fille (Lily James affolante de mignonitude) et le réglement de compte final se déroule tout comme le film de Hill dans un endroit isolé (autrefois une sorte d'usine désaffectée, aujourd'hui un parking)

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Lily James

Dans The Driver, la fille (en l'occurrence Isabelle Adjani) était avant tout une voleuse accompagnant le conducteur. Tout comme Refn, Wright fait plutôt de la fille l'amour du héros avec une issue toutefois différente. De même, le film ne sort pas trop de certains sentiers battus du genre, avec une équipe de braqueurs (Jamie Foxx parfait salaud, Jon Hamm animal, Eiza Gonzalez, Jon Bernthal, Fléa et Lanny Joon), un chef de la logistique (Kevin Spacey terriblement classe), un chauffeur, un plan qui foire et tout dérape. Soit plus ou moins ce que propose Heat (Michael Mann, 1995) par exemple. Si la base de Baby Driver est particulièrement classique, Wright réussit son coup par plusieurs moyens. Baby est terriblement attachant et Wright épouse pleinement son point de vue. Victime d'un acouphène, le personnage compense cela par des signes, la lecture des lèvres et la musique qu'il a dans les oreilles avec le titre qui va pour chacune des situations. Wright va alors s'amuser à prendre des chansons choisies à l'avance pour pouvoir rythmer ses scènes grâce à elles. Quitte parfois à parasiter le sens même de la chanson. C'est le cas de Never, Never Gonna Give Ya Up (Barry White, 1973). Chanson au combien gourmande et croquante, elle aurait très bien pu symboliser les étreintes entre Baby et la jolie Deborah qui ressemble à un zèbre (zebra in english), mais Wright a toujours été assez prude et ce depuis la série Spaced (1999-2001).

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Eiza Gonzalez, Jamie Foxx, Jon Hamm

Non, il le fait pour un moment inattendu où le rencard devient un merveilleux traquenard. Quand on repense aux paroles, on peut alors voir un double-sens avec la scène, présentant deux hommes amoureux de deux femmes différentes et qui les suivront jusqu'à la mort. Le choix de la chanson n'en devient que plus logique quant aux agissements de ces deux personnages par amour. Brighton Rock (Queen, 1974) symbolise une passion commune, transformée ironiquement en menace dans une situation différente. La rencontre entre Deborah et Baby donne lieu à un quiproquos musical intéressant partagé entre les chansons de T-rex (1968) et de Beck (1999). Pour le reste, Radar Love (Golden Earrings, 1973) est parfaite pour une poursuite, quand Easy (1977) sonne comme un moment romantique avec la voix de Lionel Ritchie et mélancolique et touchant avec celle de Sky Ferreira. Sans compter Bellbottoms (Jon Spencer Blues Explosion, 1994) qui ouvre les hostilités en confrontant le spectateur à ce qu'il s'apprête à vivre durant 1h53. Mais le rythme de ces chansons ne serait rien sans une réalisation optimale (largement alimentée par la photo de Bill Pope) et un sens du montage bien mieux géré que pour les scènes de Hot fuzz (qui alignait beaucoup trop de plans cut). Ici, le réalisateur maîtrise mieux sa réalisation, confirmant les efforts entrepris sur ses deux derniers films, ce qui peut être un signe de maturité. Les poursuites sont lisibles, entraînante à l'image des sons qu'il utilise et le spectateur ne lâchera jamais prise durant ses scènes spécifiques jusqu'à la fin. (fin des spoilers)

Baby Driver perd en écriture ce qu'il gagne en richesse rythmique et dans une réalisation de qualité. Un mal pour un bien qui en fait un film terriblement divertissant.

12 juillet 2017

Cuvée transformée

Cela faisait longtemps que la Cave de Borat n'avait pas parlé de Michael Bay. Bon en fait depuis la cuvée anniversaire en mai dernier. Mais c'est vrai que le roi du kaboom n'avait pas été très présent dans ces colonnes depuis au moins le reboot des Tortues Ninja qu'il a produit (Liebesman, Green, 2014-2016). Aujourd'hui nous allons parler de la saga dont il est jusqu'à présent le seul réalisateur et qui compte désormais cinq épisodes (plus d'autres à venir, mais on y reviendra), les Transformers (2007-). Alors pourquoi me relancer là-dedans? Tout simplement parce que le temps passe, que cela faisait longtemps que je n'en avais pas vu un seul, que parfois il faut une piqure de rappel et aussi par pur masochisme, ce qui n'étonne même plus les lecteurs fidèles (actuellement ils se demandent à quoi je tourne). Donc en plus de revoir les trois premiers films (2007-2011), j'ai aussi osé voir les deux suivants (2014-2017) pour des résultats disons le surprenants. Allez trêve de bavardages, allons au fond du sujet. (attention spoilers)

  • Transformers (2007) : L'ère du jouet sur grand écran

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Au cours des années 80, la société Hasbro rachète deux gammes de jouets japonais Microman et Diaclone, des robots pouvant se transformer en voitures ou en objets. Le succès de ce qui devient les Transformers est certain au point d'engendrer des comics, des séries animées entre 1984 et 2016 et même un film d'animation basé sur la première série (Shin Nelson, 1986). Au fil des années, Hasbro multiplie les jouets liés aux Transformers, mais aussi de grosses marques comme Mon petit poney et surtout les GI Joe. Au début des 2000's, le producteur Don Murphy se trouve être intéressé par ces derniers, mais le fabricant de jouets préfère qu'il s'attarde aux Transformers à cause du débarquement des troupes américaines en Irak. Steven Spielberg débarque assez rapidement en tant que producteur, au même titre que Lorenzo di Bonavantura et Ian Bryce. C'est même le premier qui suggère plusieurs pistes aux scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci, comme le fait de raconter l'histoire d'un garçon et de sa première voiture. Michael Bay arrive alors que le projet avance plutôt bien. Bay a déjà sa réputation de réalisateur difficile, râleur et bourrin et a déjà de gros succès et des films en demi-teintes à son actif. Il est en excellent terme avec Spielby puisqu'ils avaient fait The Island (2005) ensemble. 

Transformers : Photo Ian Bryce, Michael Bay, Steven Spielberg

Trois hommes derrière la franchise: les producteurs Steven Spielberg et Ian Bryce et le réalisateur Michael Bay.

Il fut au départ question que les robots extraterrestres ne parlent pas, avant que les scénaristes n'insistent en rapport à l'univers animé. Transformers fut un des plus gros succès de l'été 2007 aux côtés d'Harry Potter et l'ordre du phoenix (David Yates, 2007) avec près de 710 millions de dollars engendrés. N'ayons pas peur de le dire, Transformers a été fait pour qu'Hasbro relance un peu leurs jouets (il en sera de même avec les deux films GI Joe réalisés entre 2009 et 2013) et Bay ne s'est pas fait prié pour filmer des voitures (sponsors) comme s'il filmait des publicités. Un aspect récurrent chez le camarade Michael qui n'a pas changé avec les années et surtout pas dans une franchise où il peut justement filmer des robots se transformant en voitures ! Sur ce point, le réalisateur est difficilement attaquable (malgré sa façon de faire) puisque c'est le concept même des jouets. En revanche, le camarade se veut déjà un brin gourmand pour ce qui est des autres placements de produits avec des éléments devenant des Transformers dans le climax, comme un distributeur de Mountain dew ou une Xbox. Mais aussi une belle ouverture pour Burger King (voir ci-dessous). Un aspect qui deviendra récurrent au cours de la franchise pour un résultat pouvant autant agacer que faire rire. Ce premier opus est peut être celui qui a le plus de charme parce qu'il est le premier, qu'il essaye d'instaurer un nouvel univers et aussi parce que ce qu'il proposait en terme de grand spectacle à l'époque était un brin novateur.

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Pas exceptionnel, mais quelque chose qui sortait un peu de l'ordinaire. Sur cet opus, la mythologie est assez simple mais efficace: il y a deux camps de robots extraterrestres venus de la planète morte Cybertron et qui débarquent sur Terre, les Autobots et les Decepticons. Le problème du film (et c'est souvent le cas dans la franchise) est qu'il est le cul entre deux chaises. Le début nous présente les hostilités avec des militaires et Bay signe des parties très sérieuses lorsqu'il est avec eux ou avec des analystes et des politiques. Sauf qu'il contrebalance le tout avec des scènes plus lourdes où l'on suit le jeune Sam Witwicky (Shia LaBeouf juste sorti de La guerre des Stevens), amoureux de la jolie Mikaela (Megan Fox) et qui vient de s'offrir sa première voiture qui se trouve être l'Autobot Bumblebee. Le film ne devient totalement sérieux qu'avec le climax. Les militaires s'associent au couple et cela amène logiquement à un changement de ton plus radical, plus désespéré aussi. Pas plus mal car cela donne un peu plus de sens épique au film et permet d'oublier un nombre incroyable de lourdeurs qui parasite l'ensemble. A l'image de la radio de Bumblebee qui aligne Sexual Healing (Marvin Gaye, 1982), Drive (The cars, 1984), Baby come back (Player, 1977) et I feel good (James Brown, 1964) pour une première rencontre avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Transformers : Photo Megan Fox, Shia LaBeouf

Ou quand les parents de Sam (Kevin Dunn et Julie White insupportables) parlent littéralement de masturbation avec leur fils alors qu'il est accompagné. On peut également rajouter John Turturro particulièrement agaçant en agent du gouvernement. Si tout ce qui est bataille fonctionne visuellement (le film a dix ans désormais et a une bonne tenue), on peut toutefois avoir du mal avec les lens flares ou certaines actions du film qui peinent à convaincre. On a beaucoup repproché par exemple à Man of steel (Zack Snyder, 2013) d'avoir un final avec beaucoup de destructions au point que la ville en ressort dévastée. Pourtant, le film de Snyder (d'autant plus accentué par Batman V Superman) offre un constat différent du final de Transformers. Si celui de Man of steel est ainsi c'est aussi parce qu'il y a un effet de surprise et personne n'est au courant du drame potentiel engendré par la machine. De même, le héros n'est pas là pour sauver les gens, occupé à dégommé l'autre machine. Dans Transformers, le gouvernement sait à quoi s'attendre des Transformers et des destructions qu'ils peuvent provoquer. Les opus suivants nous prouveront même que ces derniers sont là depuis bien longtemps sur Terre. Alors pourquoi ne pas évacuer une ville pleine d'habitants alors même que l'armée est sur place pour contre-attaquer ? Votre interlocuteur a un peu de mal à avoir de la clémence dans le cas présent.

Transformers : Photo

Autre cas récurrent : les personnages robotiques ne marquent pas tous la rétine, voire se ressemblent beaucoup. Si bien que l'on reconnaît surtout Optimus Prime, Bumblebee et Megatron à l'écran. Une tare qui ne s'arrangera pas toujours à cause de la profusion de nouveaux robots au fil des épisodes. Quand on ne reconnaît pas un personnage ça va, c'est quand il y en a une dizaine que cela commence à devenir gênant. La musique de Steve Jablonsky aligne les thèmes redondants en mode Hans Zimmer, voire des allusions directes au score de Trevor Rabin sur Bad Boys 2 (2003), ce qui peut vite s'avérer plombant. Transformers n'est pas forcément un mauvais film, même s'il en a très souvent les atours. Au mieux, il s'agira d'un plaisir coupable même si l'on a déjà vu beaucoup mieux de son réalisateur. Au pire, il inspirera une certaine indifférence.

  • Revenge of the fallen (2009) : L'échec en pleine grève

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A peine le premier volet était un succès qu'un second opus était annoncé. Puis vint la grève des scénaristes fin 2007. Transformers 2 rapidement baptisé Revenge of the Fallen (ou La revanche en France) aurait pu être retardé, il n'en sera rien et le film est resté daté pour juin 2009. Visiblement le film aurait démarré sa production avec seulement quelques pages de traitement. Cela sera une bonne excuse pour parler du naufrage artistique d'un film qui engendra tout de même près de 837 millions de dollars. On peut meubler un temps sur un film avec quelques astuces ou scènes d'action, mais pas sur 2h31 de métrage. Le principal problème de Revenge of the Fallen se pose là : le film ne tient quasiment sur rien et se contente d'enchaîner divers scénettes en espérant que cela passe. La mythologie est un peu plus approfondie, montrant dès les premières minutes que The Fallen a atterri chez des indigènes des millénaires avant Jesus Christ. De même, le film met largement un point d'honneur à faire de l'Egypte un sanctuaire à Transformers, ceux qui se sont alliés contre The Fallen pour protéger un énième MacGuffin. C'est malheureusement tout ce qui ressort de positif du film et aussi une partie bien trop courte. Il n'y a qu'à voir la première heure pour se rendre compte à quel point Michael Bay essaye de meubler avec le peu d'éléments qu'il a, au point d'accumuler les séquences gênantes.

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Après l'ouverture flashback et le délire un brin GI Joe du début, on suit à nouveau Sam dans ses aventures. Shia LaBeouf cabotinne à tous les étages, allant de scènes d'hallucinations où il en fait des caisses à une scène de vomi gratuite. Mais mieux, le film accumule les détails douteux, voire malsains avec le jeune garçon. Comme ses parents lui suggérant de lâcher sa copine pour aller coucher avec la première fille venue à la fac, parce qu'il y a la distance entre eux qui paraît visiblement insurmontable pour les parents. Nous aurons droit également à la mère de Sam sous space-cake, autre beau moyen de meubler dans les premières minutes autour d'un personnage censé être drôle (ce qui n'est toujours pas le cas, en plus d'être inutile). Comme si cela ne suffisait pas, Sam se voit offrir un merveilleux sidekick (Ramon Rodriguez) qui réussit à être encore plus pénible que John Turturro également de la partie. Megan Fox est toujours aussi sexualisée, montrée en train de se déshabiller en pleine rue comme vautrée sur une moto qu'elle bichonne. Toutefois son personnage reste un minimum appréciable malgré toutes les ficelles utilisées (jusqu'au petit-ami suspecté de tromperie et pris sur le fait). Le personnage reste sympathique, là où celui de LaBeouf devient particulièrement agaçant (l'écriture y est pour beaucoup).

Transformers 2: la Revanche : Photo Megan Fox

Là où le film atteint des sommets c'est évidemment dans les scènes où Isabel Lucas incarne un Decepticon se métamorphosant en femme. Déjà on peut se demander pourquoi les Transformers ne se sont jamais métamorphosés en humain avant, ce qui paraît une évidence. Mais surtout les scènes sont grossières et involontairement drôles, Lucas surjouant la bombe sexuelle comme jamais au point d'être vulgaire. Parfois on se demande si on aurait pas préféré un délire à la GI Joe (le film de Stephen Sommers également produit par Paramount et Hasbro est sorti à la même saison) qu'un énième film à Macguffin qui accumule les poncifs de mauvais goût. Quitte à ce que ce soit ridicule (le film est souvent merveilleux dans sa gérance de l'interventionnisme américain), cela aurait été peut être plus fun. La première heure montre aussi les dérives de la musique en mode marketing avec les chansons 21 guns (Green Day, 2009) et New divide (Linkin Park, 2009) qui reviennent systématiquement au cours du film (la première en love theme, la seconde pour des transitions plus musclées), au point de devenir des gimmicks délirants. La musique de Jablonsky en rajoute une couche en reprenant encore Bad Boys 2, mais aussi le score d'Armageddon (Trevor Rabin toujours). Comme quoi le pilotage automatique n'était pas qu'au scénario... 

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Pour ce qui est de la réalisation, il y a des bonnes choses comme le combat dans la forêt ou certains passages du grand final, qui sont des scènes explosives et un minimum épiques. La bataille entre Optimus et les Decepticons est même le rare moment de bravoure du film à être lisible et agréable à regarder. Mais Bay accumule aussi les casseroles comme les dutch angles (ces fameux plans filmés de travers) ou de la shaky cam. Sans compter que le film accumule tellement de Transformers à l'écran que l'on peine sérieusement à les différencier. Que ce soit dans les Autobots ou les Decepticons. Surtout que certains sont particulièrement agaçants et ne sont là que pour alimenter les vannes foireuses du film, à l'image des jumeaux. Puis il y a aussi le premier retour de Megatron alimentant largement le manque d'idées à l'horizon. Outre le fait de meubler à droite et à gauche, Revenge of the Fallen accumule les longueurs au point d'être IN-TER-MI-NA-BLE. On voit que le film a accumulé tellement d'explosions en tous genres, de gags à la con, de sous-intrigues douteuses qu'au bout d'un moment il faut finir. Le climax est long, LONG et ne consiste qu'à faire une distance avec des Decepticons à la place des mines. On ressort du film avec un certain mal de crâne et l'impression d'avoir assister à un véritable calvaire.

  • Dark of the moon (2011) : Chicago en plein chaos

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Il est vite décidé que Dark of the moon (ou La face cachée de la lune) soit le dernier opus d'une trilogie. Dans un premier temps, Michael Bay songe à ne pas réaliser le film avant de se rétracter (ce ne sera pas la première fois venant du réalisateur au sujet de la franchise) et Shia LaBeouf fait lui aussi comprendre que ce sera son dernier Transformers. Suite à ses propos désignant Bay comme Hitler, Megan Fox est dégagée pour laisser la place de la petite-copine de Sam à la mannequin Rosie Huntington Whiteley. D'autres acteurs prestigieux font la queue pour jouer dans le film à l'image de John Malkovich et Frances McDormand. Le duo Kurtzman / Orci laisse sa place à Ehren Kruger déjà présent sur le second opus. Paramount suit la tendance de l'époque : en plus de l'IMAX, Dark of the moon sortira également en 3D, ce qui augmentera ses revenus considérablement (le film finira sa carrière au dessus du milliard de dollars de recettes). Même si ce troisième opus a toujours pas mal de défauts, il n'en reste pas moins un peu plus agréable à regarder que le précédent opus. Là encore il y a un gros problème de durée. La première heure est à nouveau infernale et accumule les fautes de goût passé l'introduction. Alors que Sam est désormais un adulte, Bay se sent obligé de refourguer à nouveau les parents Witwicky aux spectateurs.

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Shia LaBeouf

L'utilité de leurs séquences ? Honnêtement aucune. On peut en dire autant du personnage de Rosie Huntington Whiteley. Si dans Mad Max Fury Road (George Miller, 2015) elle s'en sort un peu mieux (car mieux dirigée), ici elle ne semble pas à l'aise et pire encore, son rôle est d'une inutilité assez incroyable. En fait, elle ne sert que de "copine de service", son rôle ne tenant malheureusement que sur ça (au contraire de celui de Megan Fox qui participait à l'action). Bay en vient même à reprendre le baiser avec coucher de soleil en arrière-plan déjà fait dans le précédent opus. Toujours plus loin, Bay la filme comme si elle était dans une publicité pour Victoria's secret (cela tombe bien l'ami Michael en a réalisé et elle fut mannequin pour la marque de lingerie) à l'image de sa première apparition: de dos elle monte les escaliers en chemise et culotte bien apparente. Il fera encore moins subtil en la filmant pendant que son employeur (Patrick Dempsey) parle d'une voiture comme s'il parlait d'une femme. Le personnage ne sert finalement qu'à amener Sam à l'antagoniste humain du film, ce qui relève du néant. On s'amusera également à compter le nombre de fois où elle passe de talons à chaussures plates. A ce jeu là, les aventures de Sam au chômage s'avèrent bien peu passionnantes jusqu'à l'apparition de Ken Jeong. L'acteur nous refait son numéro lamentable de The Hangover (Todd Phillips, 2007). 

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Rosie Huntington-Whiteley, Shia LaBeouf

Sauf que cela n'a strictement rien à voir avec l'ambiance globale du film et l'on tombe dans la lourdeur hors sujet. On cherche également la réelle utilité de John Malkovich dans le film. Mais une fois qu'il est prêt, Bay peut se faire plaisir et signe un film apocalyptique plutôt inattendu. Chicago devient un champ de bataille durant plus d'une heure et Bay alimente largement l'apocalypse Decepticon avec une ville en flamme, des morts à foison et même un Decepticon avec une sorte de serpent Transformers. Ce qui donne deux séquences assez exceptionnelles: la première à Tchernobyl suggérant plus ou moins que la catastrophe est due à des Transformers, la seconde avec un immeuble qui s'écroule avec nos héros dedans. Même si comme souvent on a un peu de mal à repérer certains Transformers, Bay signe un film globalement lisible et se permet une oeuvre post 11/09 au moins de qualité quand cela est le cas. Une sorte d'Avengers avant l'heure avec même un vaisseau assez similaire au film de Joss Whedon (2012). Quand Michael Bay inspire Marvel. Avec The Last Knight, Dark of the moon est également le seul à bien aborder la mythologie. Les deux films ont d'ailleurs le mérite de revenir dans l'Histoire, le troisième opus s'intéressant particulièrement à la conquête spatiale. 

 

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : photo

La lune est ainsi le territoire de plusieurs Transformers enfouis sous Terre, dont un vaisseau servant de dernière chance pour sauver Cybertron. Bay se sert ainsi du voyage d'Apollo 11 en 1969 pour une mission secrète en soi délirante, mais plutôt crédible dans le contexte "théorie du complot" abordé plus d'une fois depuis le début de la franchise. Manque de bol, celui qui était censé sauver les Autobots est finalement passé dans l'autre camp pour faire survivre son monde. Des flashbacks de qualité permettant de voir la chute de la planète, qui plus est par ceux qui étaient censés la sauver. Leonard Nimoy doublant le fameux Sentinel Prime, Bay fait quelques références à Star Trek là aussi avec une subtilité parfois douteuse. Certains effets-spéciaux laissent toutefois à désirer à l'image de ce faux JFK qui ferait pâlir des consoles de jeux du début 2000's. On peut aussi se demander comment des gens peuvent aller travailler alors que la ville est en pleine guerre civile. Se réfugier à la rigueur, mais pas faire comme si tout allait bien alors que ça ne va pas du tout. Certaines transitions sont particulièrement douteuses comme des fondus au noir pour une même scène. Puis il y a la fameuse poursuite sur l'autoroute où il reprend celle de The island avec juste quelques modifications. Vu que les droits appartiennent à Dreamworks, il n'y avait pas de problème ce qui rend la chose encore plus folle.

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Inutile de dire que Megatron passera pour la seconde fois à la casserole dans un dernier affrontement avec Optimus Prime plutôt pas mal. On sent que Steve Jablonsky est plus en forme et est un peu moins sous influence (même si un des thèmes ressemble beaucoup à celui de la franchise Terminator). Il était temps. Par contre North Star (U2, 2009) pour le love theme redondant (il remplace 21 guns en fin de compte) est particulièrement lourde. Le premier cycle se termine plutôt correctement et même si ce n'est pas génial, cela reste un minimum intéressant pour titiller l'intérêt. Même si cela s'oublie très rapidement...

  • L'âge de l'extinction (2014) : Le produit est roi dans l'ennui de la mécanique

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Transformers est la dernière franchise qu'il reste à Paramount avec Star Trek (1966-), il faut donc la préserver le plus possible. Quitte à passer par la case reboot pour perdurer ou à chercher le marché chinois particulièrement lucratif pour les studios hollywoodiens depuis quelques années. Il est bon de noter que ce nouvel opus se passe de Dreamworks à la production, même si Spielberg est toujours producteur sur la franchise. Si ce quatrième film (et plus tard le cinquième) suit Dark of the moon dans la chronologie (le film se situe cinq ans après les événements de Chicago), il remet en selle la franchise avec une histoire différente et de nouveaux personnages. Mark Wahlberg sera désormais le rôle principal et dans cet opus, on ne relève aucun personnage humains déjà vus dans la franchise. De même, Optimus Prime et Bumblebee sont les seuls Transformers de retour, en dehors de Galvatron robot dérivé de Megatron (hé oui encore...). Ce qui revient à se demander combien il reste d'Autobots sur Terre, puisque les derniers ne sont plus aux côtés des deux précités et qu'aucun n'est arrivé sur Terre depuis la chute de Chicago. La présence de Marky Mark n'a rien d'étonnante puisque l'acteur avait tourné dans le petit film de Michael Bay, l'excellent Pain and gain (2013). L'acteur a vu dans son arrivée dans la saga un moyen de s'offrir une franchise où il serait un rôle principal, chose qui lui manquait dans sa carrière selon lui.

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo

 

Après cette pause plus que nécessaire (il avait enchaîné les trois premiers Transformers quasiment sans pause), on aurait pu penser que Michael Bay serait revenu en forme, voire aurait titiller à nouveau l'intérêt comme sur le troisième film. Autant dire qu'on est loin d'être dans ce cas de figure. L'âge de l'extinction n'est pas un calvaire du niveau de Revenge of the Fallen, mais il est beaucoup trop long et pas assez intéressant pour durer 2h46. Passé une première heure plutôt correcte, le film devient terriblement mou, aligne les rebondissements qui peinent à convaincre et s'enfonce dans l'énième récit à Macguffin dans son dernier tiers. A chaque fois que l'on pense que le film va se terminer (le film multiplie tellement les climax que s'en est presque indécent), il y a toujours un truc en plus. Bay s'était révélé bien plus direct dans les premier et troisième films. Si durant les scènes d'action le spectateur en a pour son argent (notamment une poursuite plutôt bienvenue et efficace), les scènes d'explications durent souvent trois plombes pour des éléments qui n'en demandent pas tant. Le reboot est pourtant l'occasion pour Bay d'exploiter un bon filon, en compagnie de Kruger à nouveau. Les Transformers sont désormais hors la loi sur Terre, mais des membres du gouvernement en font ou s'allient avec un Transformers chasseur de prime nommé Lockdown.

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Dès lors, le film apparaît comme une chasse aux Transformers dans le monde entier, l'action se déroulant aussi bien aux USA qu'en Chine (pour des raisons plus qu'évidentes). Un point de vue intéressant permettant d'exploiter l'aspect post-Chicago avec intérêt avec le monde (pour ne pas dire les USA) courant à sa perte en pactisant avec l'ennemi. Le serpent qui se mord la queue. Par la même occasion, les Hommes peuvent désormais utiliser des armes des Transformers, rendant certains affrontements plus musclés. Comme souvent, ce qui se rapporte à la mythologie fonctionne à peu près, en dehors peut être du délire avec les dinosaures tenant plus du what the fuck. Le réalisateur sort même une réflexion pour le moins étonnante en début de film avec Marky Mark et TJ Miller se retrouvant dans un cinéma en ruine et un des anciens propriétaires a un discours sur ce qui se fait aujourd'hui au cinéma. L'ironie veut que ce discours anti-préquelle / séquelle/ truc en -elle sorte un peu de nulle part et en plus, dans un reboot qui est tout de même le quatrième opus d'une saga qui n'est pas prête de se terminer. Le film réussirait parfois à être vraiment pertinent s'il ne mettait pas en scène des personnages inintéressants. Bay en vient même à faire une sorte de remake improbable de son Armageddon (1998). Changez Bruce Willis par Marky Mark, Liv Tyler par Nicola Peltz (curieusement filmée de manière assez correcte) et Ben Affleck par Jack Reynor (particulièrement absent).

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Jack Reynor, Mark Wahlberg, Nicola Peltz

 

Armageddon 2 : le père, la fille et le gendre.

 

Ce qui amène aux mêmes thématiques autour de la famille (le père qui ne veut pas que sa fille traîne avec n'importe qui, cohabitation entre les deux mâles souvent difficiles, la fille en conflit avec son père). Les méchants humains deviennent relativement lourds au bout d'un moment, surtout que leurs revendications ne tiennent pas vraiment la route (l'un veut le pouvoir, l'autre venger sa soeur quitte à s'attaquer à des humains). D'autant plus que dans les deux camps, Bay aligne les ralentis inutiles allant d'un simple mouvement de lunettes de soleil à Marky Mark tapant du poing au sol. Si dans l'action Bay se révèle impeccable et aligne les morceaux de bravoure assez impressionnants (l'arrivée des Dinobots est un véritable plaisir et permet au climax d'avancer un peu), il montre plus d'une fois ses limites. Il aligne les placements de produits tellement grossiers que cela finit par en devenir indécent. Faites vous plaisir chers spectateurs avec Phillips, Samsung, Victoria's secret, Beats, Goodyear, Bud light... Sans compter le drapeau américain omniprésent jusque sur un foutu coussin! Cela ne s'arrête pas là puisque plusieurs erreurs techniques sont largement visibles à l'oeil nu. A l'image de ce mec présent dans un décor désert et se faisant exploser, alors que dans un plan large précédent de quelques secondes, il n'y avait personne à côté de Marky Mark. 

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Faites votre marché les amis, tout est à vendre !

Lors du passage sur les fils électriques, des créatures Transformers apparaîtront et disparaîtront plusieurs fois durant la scène, au point de se demander si un des monteurs a fait attention à la casserole à venir. Même si votre cher Borat n'en attendait absolument rien, il faut bien constater qu'après un troisième opus un peu meilleur, celui-ci s'enfonce dans la longueur au point d'en être profondément ennuyeux et interminable.

  • The Last Knight (2017) : La lumière au bout du tunnel ?

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La folie furieuse gagne parfois votre cher Borat, mais à ce niveau là cela tient presque du génie. Puisqu'il avait vu les quatre précédents, pourquoi ne pas utiliser les tickets prépayés pour aller se faire une idée sur le cinquième opus de la franchise ? Cette fois-ci, Michael Bay fait sans Kruger et la Paramount se met à rêver d'un multivers. Akiva Goldsman (qui, au vue de son passif, a vraiment le cul bordé de nouilles) et tout un groupe de scénaristes (dont Zak Penn) se retrouvent à la tête de cet univers, où devrait avoir lieu un spin-off 80's autour de Bumblebee (réalisé par Travis Knight, le patron de Laika et réalisateur de Kubo and the two strings) et un possible retour des GI Joe (visiblement encore sous forme de reboot). Bay n'est pour l'instant pas impliqué dans un possible sixième opus, mais vu son passif il est de bon ton de prendre des pincettes. En voyant The Last Knight, votre interlocuteur s'est posé une question saugrenue: et si la cinquième était la bonne ? Pas qu'il soit monumental, ni forcément génial, mais il y a un truc qui fait qu'on adhère un minimum au contenu, au point de le trouver pas mal. Comparé aux autres films, la quête est finalement plus compréhensible, il y a un côté aventure intéressant avant de faire dans le bourrin total dans le dernier acte avec une lisibilité certaine. Marky Mark se retrouve à chercher aux côtés de la dernière descendante des Witwiccans (on nous suggère plus ou moins que le héros de la première trilogie est mort) le bâton de Merlin (Stanley Tucci).

Transformers: The Last Knight : Photo Mark Wahlberg

Un élément Transformers transmis au sorcier et qui pourrait éviter la destruction de la Terre par les restes de Cybertron. La base du film n'est pas très nouvelle, puisque c'est plus ou moins le même principe que Dark of the moon mais en Europe (portails, Cybertron qui débarque sur Terre). Si L'Age de l'extinction (2014) reprenait l'aspect sentimental d'Armageddon, The Last Knight s'occupe de l'aspect catastrophe et curieusement là aussi cela fonctionne, idem pour l'aspect post apocalyptique bien plus crédible que dans le quatrième opus. Curieusement on s'ennuie peu alors que très souvent dans cette saga il y a au moins une heure en trop, un ventre mou ou un côté interminable. Ce qui n'était pas arrivé depuis le premier film. Malheureusement les efforts faits au cours du film peuvent engendrer de gros défauts. Le film alimente les vannes lourdes allant de Marky Mark en mode beauf (la remarque sur la robe est lamentable) à Anthony Hopkins qui cabotine à mort, en passant par ce majordome sanguin rapidement pénible. Sans compter les traits d'humour qui se cassent tous la figure, parce que le moment n'est pas à la rigolade ou que la beauferie est omniprésente. On ne sait pas par quel miracle Galvatron est redevenu Megatron. Il ne s'agit pas d'une erreur de traduction et le design n'est même pas celui de L'âge de l'extinction. L'énième retour du méchant suprême de la franchise tourne désormais à l'incohérence la plus totale. Curieusement, Bay a envie de raconter beaucoup de choses, au point qu'on a l'impression que certains détails sont vite dévoilés. 

Transformers: The Last Knight : Photo Josh Duhamel

 

Galvatron n'est (déjà) plus, vive Megatron !

Le passage avec les nazis est juste là pour faire joli et semble coupé beaucoup trop sèchement (une rumeur parle d'une version longue avec trente minutes en plus pour la vidéo). A part montrer Bumblebee chez les alliés, vous ne risquez pas de voir grand chose. La déesse est intéressante mais un peu vite expédiée pour un inévitable "Transformers 6", où elle devrait être à nouveau bien présente mais sous une forme humaine. En comparaison, d'autres passages prennent des proportions dingues, comme Marky Mark à la casse dans un lot de séquences bien trop longues et lourdingues. On sent une petite évolution du personnage de Marky Mark, passant d'un banal père de famille à un véritable héros. Ce qui n'est pas plus mal et lui donne plus d'ampleur. Mais quand Bay fait de Laura Haddock un love interest, cela ne fonctionne pas. Les ficelles sont trop grosses pour ne pas voir le truc arriver ("ma fille tu es toujours célibataire, il faudrait te trouver un homme", "papa il faudrait que tu passe après maman et que tu retrouve l'amour"). On se croirait dans le second opus (2009) avec les parents qui disaient à leur fils "prend une autre copine, l'autre est trop loin"... Le personnage de Laura Haddock est malheureusement traîté de manière gênante plus d'une fois alors que c'est le personnage féminin le plus important de la franchise (largement devant Mickaela). 

Transformers: The Last Knight : Photo Laura Haddock

Elle doit changer au moins six fois de tenues au cours du film (une pour chaque lieu visiblement), au point de donner lieu à un gimmick comique assez délirant. De même, le personnage est installé assez tardivement et pas forcément de manière subtile (encore une fois, le passage de la robe est d'une beauferie imbouffable). Heureusement l'actrice s'en sort bien mais quand même... L'adolescente (Isabela Moner) est omniprésente de la première partie, avant d'être balancée aux oubliettes. Dommage car son personnage est le premier de majeur que l'on voit dans le film et elle se révélait assez attachante, plus que la fille de Cade Yaeger. Michael Bay a pas mal expérimenté sur cet opus, au point de tourner dans plusieurs formats en grande partie pour exploiter l'IMAX 3D: 1.90, 2.00 et 2.35. Dans un grand nombre de cinémas, le film alterne ainsi les différents formats, ce qui peut décontenancer certains spectateurs peu habitués. Votre cher Borat n'a pas trouvé cela si dérangeant, surement car les BR des derniers films de Christopher Nolan (depuis The Dark Knight) alternent aussi les différents formats sans que cela ne le gène. On ne pourra pas repprocher au réalisateur d'avoir voulu jouer avec des caméras différentes, permettant à la franchise de sortir un peu du kaboom omniprésent. 

Transformers: The Last Knight : Photo

Plus généralement, Bay se révèle intéressant notamment dans une séquence: l'ouverture. Cette ouverture arthurienne est plaisante et donne l'ampleur épique au reste du film. Le tout alimenté par un Steve Jablonsky visiblement passionné par la quête arthurienne et signant de loin le meilleur score de la franchise. De quoi presque rêver d'un film chevaleresque réalisé par Michael Bay. L'embuscade dans la ville abandonnée est également un beau moment de bravoure et le climax est un véritable plaisir de divertissement. Même si le film a des longueurs (2h29 tout de même), il est bien moins interminable que le second et le quatrième opus, notamment parce que les péripéties amènent à quelque chose d'intéressant. On peut regretter la grande absence d'Optimus Prime durant les trois quarts du film, malgré un retour en fanfare un brin rapide donnant lieu à un affrontement dantesque avec Bumblebee. Si The Last Knight n'est pas non plus une énorme surprise, il a au moins le mérite d'aller dans une direction intéressante et ce n'était pas gagné. Allez à la prochaine!


07 juillet 2017

Cuvée Bong

Comme vous avez pu le voir ces derniers temps, votre cher Borat est revenu plus d'une fois sur le cinéma sud-coréen. D'abord par un article sur les dernières bombes de l'an dernier, puis dans la cuvée anniversaire où quelques films ont été cité. Aujourd'hui il s'agit de faire honneur à un réalisateur majeur à l'actualité forte. Bong Joon Ho est un auteur majeur de la Nouvelle Vague sud-coréenne au même titre que Kim Jee Woon ou Park Chan Wook. A l'occasion de la ressortie de Memories of murder (2003) et de la diffusion polémique d'Okja (2017) sur Netflix, il était temps de revenir sur sa carrière florissante dans la Cave de Borat. (attention spoilers) Le premier film de Bong Joon Ho n'avait pas été diffusé en France à sa sortie (2000) et visiblement a dû se contenter de quelques projections post-Memories of murder. Comme souvent, il faut attendre la sortie d'un film plus populaire pour que la salle de cinéma devienne une évidence pour nos distributeurs, notamment en ce qui concerne le cinéma asiatique (Na Hong Jin est presque une exception). A l'heure actuelle, Barking Dog n'a pas vraiment de réputation en France, faute d'un dvd trouvable facilement (au contraire de ses cadets) et il faudra bien le camarade web pour aider le cinéphile en quête de films difficiles à trouver.

Snowpiercer, Le Transperceneige : Photo Joon-Ho Bong

Bong Joon Ho sur le tournage de Snowpiercer.

Barking Dog se révèle être une plaisante chronique sociale prenant deux points de vue bien spécifiques. D'un côté, un professeur au chômage (Lee Sung Jae) qui visiblement déteste les chiens et vit avec une compagne enceinte particulièrement castratrice (Ho Jung Kim). De l'autre, une femme (Doona Bae alors au début de sa carrière) qui s'occupe de tamponner et de coller des affiches. Les deux sont liés puisqu'elle le verra balancer d'un immeuble le chihuahua d'une voisine et plus tard, ils chercheront ensemble le caniche adopté par sa femme! Tous les passages liés aux chiens sont entre l'absurde et le sordide le plus total, certains des animaux finissant mangés, chantés (le professeur chantera dans un karaoké une chanson sur un chien perdu) ou tués, quand d'autres manquent de subir le même sort. Le réalisateur a pris soin de poster en ouverture un écriteau évoquant qu'aucun chien n'a été blessé ou tué lors du tournage histoire d'éviter tout problème, le film étant assez explicite par moments (un chien manque d'être pendu le temps d'un plan). On peut déjà repérer le fond social qui reviendra tout au long de la filmographie du réalisateur. Le professeur se voit obligé de passer par des pots-de-vin afin d'avoir un poste dans une université, qui plus est en plein scandale. 

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De la même manière, sa femme est licenciée car elle est enceinte alors qu'elle s'est dévouée onze ans à son entreprise. Quand les patrons veulent garder l'image d'une entreprise jeune et prospère, l'optique d'une femme enceinte même là depuis longtemps n'est pas forcément ce qui est recherché. Un constat qui n'est évidemment pas spécifique à la Corée du sud, ce qui permet d'avoir un point de vue assez universel. Le caniche devient alors l'emblème d'un travail perdu mais aussi quelque chose de plus symbolique, puisqu'elle a acheté le chien avec l'argent de ses indemnités. Ce qui humanise un peu plus la femme montrée comme assez froide durant une bonne partie du film. On peut aussi citer l'exemple Joe (Roe Ha Kim), chauffagiste abandonné devenant une véritable légende urbaine. Il aurait pu être mort dans la cave, personne ne l'aurait vu. Le symbole même de la déshumanisation de la société. Bong Joon Ho se permet quelques fois des plans redondants afin de montrer la routine des héros comme les plans sur les affiches tamponnées. Le dernier plan des héros avant le générique de fin les montre de dos, comme pour faire écho aux premiers plans les caractérisant (filmé en travelling arrière pour lui, travelling avant pour elle). Plusieurs poursuites montrent les héros se déplacer en plans larges dans l'immeuble. 

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Si Barking Dog n'est peut être pas un chef d'oeuvre, c'est un film tout ce qu'il y a de plus intéressant et cultivant un humour noir de qualité sur fond de jazz (superbe musique de Sung Woo Jo). Bong Joon Ho se fait remarquer particulièrement en 2003. Memories of murder sera le premier film du réalisateur à sortir en France et se verra même décerner le Grand Prix au Festival du film policier de Cognac (avant Beaune pour les non-initiés). Le réalisateur se base sur une affaire survenue entre 1986 et 1991 où une dizaine de femmes (de 13 à 71 ans) ont été violé et tué en Corée du sud. Un drame qui n'est pas sans rappeler l'affaire du Zodiac, puisque le tueur n'a jamais été retrouvé dans les deux cas. Il n'est d'ailleurs pas anodin que les films de Bong Joon Ho et de David Fincher (Zodiac, 2007) se rejoignent sur plusieurs points. Le réalisateur a même failli se retrouver dans une position pas si éloignée de celle de Robert Graysmith, le dessinateur devenu expert sur le Zodiac et joué par Jake Gyllenhaal dans le film de Fincher. "J'ai failli me perdre dans ce film, je m'y suis plongé à corps perdu au point de me mettre en danger. (...) En écrivant le scénario, j'avais rencontré tellement de gens, fait tellement de recherches que j'ai fini par être sûr que j'allais finir l'enquête et capturer le vrai tueur, des années après les faits. (...) J'ai eu des appels anonymes à la maison, et dès qu'un inconnu pénétrait sur le plateau j'étais pétrifié." (*).

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Comme Fincher, Bong Joon Ho dévoile une enquête sans fond, où les pistes s'accumulent, où la principale piste n'est finalement pas la bonne et où les enquêteurs finissent par se perdre dans leurs obsessions. Pour cela, il a la bonne idée de confronter deux enquêteurs différents. D'un côté, l'enquêteur bourru de la campagne (Song Kang Ho) qui accumule les bourdes (dont une reconstitution ratée) et voit que ses méthodes ne servent à rien. La manière forte ne fonctionne pas et montre l'incapacité de la torture dans la recherche d'aveux, y compris dans la police (pour rappel, le pays était encore sous la dictature entraînant des atteintes aux droits de l'Homme fréquentes). Idem pour un de ses camarades (Roe Ha Kim) qui finira par s'attaquer à un des suspects avec une issue désastreuse. De l'autre, nous avons le policier des villes (Kim Sang Kyeong) qui se révèle plus pointilleux et précis. Mais là aussi face à une affaire sans fin, où l'on demande à tout prix des résultats et que rien n'arrive, la folie prend le large. Le film se termine plus ou moins sur le coup de folie de Seo Tae-yoon, comme pour confirmer que même le plus calme des
policiers peut commettre des erreurs. Bong Joo Ho termine son film sur une note d'amertume, tout comme le film de Fincher se terminait sur des écriteaux tuant dans l'oeuf les promesses de la dernière scène. 

Memories of Murder : Photo

Le policier Park Doo-man revient sur la première scène de crime des années après alors qu'il n'est plus dans la police. Lui comme le spectateur se retrouvent impuissants. Au lot, on peut également cité le réalisateur qui n'aura finalement pas trouvé le coupable à travers sa fiction. Reste des théories (est-ce qu'il y avait vraiment qu'un seul tueur ?) permettant peut être de venir à bout d'une affaire qui reste encore dans les mémoires. C'est dans un tout autre registre que Bong Joon Ho se lance avec The Host (2006). Ce film laisse même entrevoir ses futures réalisations internationales (Snowpiercer et Okja), puisque le film met notamment en scène des américains (principalement des scientifiques) ironiquement responsables du drame du film. Il sera un temps question d'une suite (sans le réalisateur), mais depuis 2014 il ne semble plus y avoir de nouvelles, comme pour confirmer que le projet est mort. Il y avait aussi la rumeur d'un remake US mais finalement cela n'a pas tenu très longtemps. The Host est un film qui joue sur le fantastique et rappelle que le genre s'est toujours basé sur le réel pour installer une intrigue surnaturelle. Ici, il s'agit d'une créature kidnappant et tuant ses proies dans Seoul. Comme évoqué en mai dernier, The Host a beaucoup de rapport avec Godzilla (Ishiro Honda, 1954) avec son monstre issu de la pollution d'un fleuve par des produits chimiques.

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Un monstre au look hideux dont le corps a été tellement modifié qu'il ne ressemble à rien de connu. Dans la scène où le monstre sort enfin de son trou, la violence est omniprésente et tétanisante. Le monstre mange tout sur son passage, y compris ceux qui l'attaquent au point que les rares survivants sont des miraculés. La scène est peut être plus impressionnante que l'arrivée du T-rex dans Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993), puisque Bong Joon Ho joue plus sur l'hémoglobine et signe des visions d'horreur fortes. A l'image de ces mains ensanglantées ressortant d'une porte cadenassée, alors que le monstre est en train de manger les personnes présentes à l'avant de la caravane. Bien que Bong Joon Ho en fait un monstre sanguinaire, il n'en reste pas moins la victime de l'Homme. Au départ, le monstre n'était probablement qu'un poisson, désormais il est une chose qui se nourrit de tout ce qui apparaît devant lui et ne fera aucun cadeau. La vengeance légitime d'une créature envers ses géniteurs ou plus métaphoriquement, la créature de Frankenstein face au savant fou (cela tombe bien, la pollution vient de scientifiques de l'armée américaine). De la même manière, Ishiro Honda montrait un lézard géant décimant l'Homme et ses ressources après avoir subi les radiations nucléaires.

The Host : Photo Bong Joon Ho

Au rayon des hommes face à la monstruosité qu'ils ont engendré, le réalisateur suit une famille qui va exploser suite à l'enlèvement de la plus petite (Ko Ah Seong) par le monstre. En cherchant à retrouver la petite, tous les membres de la famille vont s'effondrer tel un château de cartes, perdant la vie, l'espoir et s'enfonçant dans une quête qui finalement ne mène à quasiment rien de bon. Ce qui rejoint finalement Memories of murder. Le seul espoir apparaît en fin de film quand le père (Song Kang-Ho) recueille le garçon protégé par sa fille et un des rares à être sorti de la cachette du monstre (Dong-ho Lee). Même ceux qui étaient loin d'être des parias (Doona Bae incarne la tante championne de tir à l'arc et Park Hae Il un jeune diplômé comparé à son frère) finiront par tomber en disgrâce face à une réalité trop grosse et sinistre pour eux. The Host s'impose à la fois comme un kaiju eiga brutal et une terrible tragédie familiale. Avec Mother (2009), Bong Joon Ho revient à quelque chose de plus calme et sans avoir besoin d'effets-spéciaux. Il mise sur un premier rôle féminin, ce qui n'était pas arrivé depuis Barking Dog (même si Doona Bae partageait la vedette), qui plus est un personnage d'âge mûr. N'ayons pas peur de le dire, Mother repose en grande partie sur l'interprétation de Kim Hye Ja. 

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L'actrice se révèle remarquable dans ce rôle de femme forte se retrouvant dans une situation absolument intenable. Comme quoi le cinéma est encore capable de donner des rôles de femmes mûres particulièrement passionnants, alors que la tendance veut que les actrices soient les plus jeunes possibles pour rester en activité avant la traversée du désert. Le film se dévoile à travers son personnage et aucun autre; et débute et se termine sur sa danse, forme d'apaisement dans un quotidien morne qui va devenir un exutoire en fin de film. Comme le suggère le titre du film, Mother est le portrait d'une mère. Une mère qui essaye de se racheter une conduite après avoir essayé de tuer son fils handicapé lorsqu'il était plus jeune (Won Bin), au point que son état a empiré. Les années passent mais la blessure reste, que ce soit elle qui s'en veut et le surprotège en conséquence ou lui se souvenant progressivement du drame. Bong Joon Ho aurait pu se baser uniquement sur la drôle de relation qui unit cette mère à son fils, mais il préfère y intégrer une partie policière qui va considérablement changer la donne. Le fils se retrouve accusé du meurtre d'une jeune fille et la mère va à tout prix chercher ce qu'elle pense être le vrai coupable. A la différence de Memories of murder, Mother donne une conclusion à son enquête, mais la vérité n'est jamais agréable quand elle touche ceux qu'on aime. 

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Ce qui donne un sens plus glauque au film, alignant les rebondissements jusqu'à une vérité qui dérange particulièrement terrible. Le réalisateur ne fait pas de cadeau à ses personnages (y compris la victime qui est en soi "responsable" de sa propre mort) et c'est ce qui rend le film absolument marquant. Le combat de l'héroïne n'en devient que plus triste et violent au fur et à mesure que l'on avance dans le film, jusqu'à un final sentant le malaise à plein nez. La tristesse qui se dégage de Kim Hye Ja n'en devient que plus affolante jusqu'aux dernières minutes. Mother est un film poignant, au dénouement terrible et qui ne laisse aucun échappatoire au spectateur ou à ses personnages. Personne n'aurait pu penser qu'un film sur une mère provoquerait un tel choc. Bong Joon Ho l'a fait. Après Mother, Bong Joon Ho se lance dans un projet qu'il envisage depuis longtemps: une adaptation du Transperceneige, saga de bandes-dessinées signée par feu Jacques Lob, Benjamin Legrand et Jean Marc Rochette (1984-2015). Bong Joon Ho n'était pas le premier à s'intéresser à la bande-dessinée, puisque Robert Hossein et d'autres réalisateurs évoqués par les scénaristes avaient approché les ayant-droits depuis la sortie du premier tome (**). A l'époque il n'y avait que trois tomes publiés (Terminus est sorti deux ans après le film) et le réalisateur se base sur les deux histoires (le tome 1, puis le dyptique 2-3) afin de signer la sienne.

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La révolte du Petit allant jusqu'au Grand dans un train symbolisant le reste de l'Humanité vient directement du premier opus, quand ce qui tient de la politique ou du récit sans espoir tient davantage de la seconde histoire. En dehors peut être de la discussion entre Curtis (Chris Evans) et Wilford (Ed Harris), le film de Bong Joon Ho ne se base sur aucune scène et aucun personnage spécifique, permettant au film de ne pas avoir un air de déjà vu. Pour ce qui est de la concrétisation du projet, le réalisateur s'y intéresse au cours des 2000's après avoir lu la bande-dessinée et réussit à convaincre Park Chan Wook (qui aurait également participer aux réécritures en compagnie du scénariste Kelly Masterson) et Lee Tae de produire le film. Comme il l'avait fait avec The Host, Bong Joon Ho fait jouer des acteurs étrangers à la différence que cette fois-ci le tournage a eu lieu quasi-entièrement en anglais. Pour cela, le réalisateur s'est entouré d'acteurs de prestige comme Tilda Swinton, Jamie Bell, Octavia Spencer ou John Hurt et il ajoute le père et la fille de The Host, Song Kang Ho et Ko Ah Seong. Le film coûte 42 millions de dollars, ce qui en fait la plus grosse production de la Corée du sud et un de ses plus gros succès également. 

Snowpiercer, Le Transperceneige : Photo Chris Evans

Le Pacte ayant acheté les droits pour Wild Side, Snowpiercer (2013) n'a pas eu de problèmes de distribution en France malgré une certaine concurrence l'empêchant de faire de meilleurs chiffres (il est sorti pour Halloween face à Thor : The Dark World). Ce ne fut pas le cas aux USA, puisque comme très souvent Harvey Weinstein a voulu couper dans sa "propriété". Manque de bol pour lui, il semblerait qu'une clause du contrat de distribution stipulait que le réalisateur aurait le final cut dans tous les cas. Snowpiercer pourrit dans un carton aux USA, la polémique enfle (Weinstein voulait rajouter une voix-off et couper vingt minutes sur un film de 2h06) et le film sort de manière limitée en plein été 2014. On peut comprendre pourquoi Bong Joon Ho a préféré l'offre de Netflix à d'autres voulant le flouer dans sa créativité sur Okja... Revenons désormais à Snowpiercer. Avec ce film, Bong Joon Ho se permet plus de folies visuelles entre les décors naturels pour la plupart numériques ou certaines scènes spécifiques donnant lieu à un rendu spectaculaire. On pense à la bataille dans un wagon entre les opprimés et des gardes avec lunettes infra-rouges, entraînant une scène saignante alignant les plans subjectifs dans l'obscurité.

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Un vrai jeu de massacre entre ceux qui se battent avec le marteau et les autres avec des outils plus perfectionnés. De même pour cette séquence tout aussi saignante et terrible se déroulant dans un wagon école coloré et où l'institutrice (Alison Pill) se révèle bien moins sympathique qu'elle n'y paraît. Un festival de couleurs dans un lieu qui va vite être repeint au rouge sang. A cela, le réalisateur rajoute une sous-intrigue autour de la nourriture qui n'est pas sans rappeler le cas Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973). Le réalisateur fait comme les scénaristes de la bande-dessinée en jouant sur une constante ambiguïté autour des personnages. Au final, les soi-disants héros sont aussi destructeurs que les moralistes et le spectateur pourra voir la noirceur dans chaque camp. Il n'y a qu'à prendre le cas de Curtis, homme tombé dans le cannibalisme pour subvenir à ses besoins et qui a failli manger celui qui est devenu son protégé (Bell) lorsqu'il était bébé. Même son chef (Hurt) se révèle en fait être de mèche avec le grand manitou, c'est dire à quel point la plupart des personnages ne sont pas propre sur eux. Un élément que nous retrouvons également dans Okja. Comparé à ce que laisse supposer le synopsis, il n'y a finalement pas tant de manichéisme dans le film, y compris pour Mija (Ahn Seo Hyeon). En effet, la jeune fille n'est pas non plus épargnée en s'enfermant dans une quête personnelle un brin égoïste. 

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Malgré le sauvetage d'Okja et d'un petit super-cochon, Mija regardera tout de même les super-cochons aller à l'abattoir sans sourciller. La scène est assez forte, montrant Mija le dos tourné à l'horreur sous les hurlements des bêtes. Outre la petite fille, il y a aussi deux camps qui s'affrontent : les industriels et les protecteurs des animaux. Pour les fabricants des super-cochons (dont Tilda Swinton en double-patronne aussi froide qu'extravagante), il s'agit de trouver diverses excuses devant les médias et plus globalement le public. Dire que les animaux sont nés naturellement alors que l'on parlera davantage de clonage sous OGM. Amadouer le public avec un présentateur populaire (Jake Gyllenhaal au sommet du glauque) dans un show pétaradant. Faire de la petite une icône médiatique involontaire. Envoyer une force de sécurité spéciale pour neutraliser avec violence les détracteurs (le réalisateur se serait inspiré d'une firme en particulier sans la nommer directement au magazine Cinemateaser). C'est avec un certain cynisme que Bong Joon Ho s'attaque aux firmes agro-alimentaires, allant même jusqu'à reprendre avec humour la fameuse photo montrant Barack Obama et Hilary Clinton en train d'assister à la mort d'Ousamma Ben Laden. 

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Mais là où il atteint des sommets de glauque, c'est bien évidemment dans une scène d'accouplement entre Okja (qui est une femelle rappelons-le) et un autre super-cochon. On ne voit pas l'acte en lui-même (et heureusement), mais les hurlements sont bel et bien là alimentés par le baratin de Gyllenhaal en fond. La scène fait froid dans le dos et met horriblement mal à l'aise, au point que l'on ne peut avoir que de la compassion pour la pauvre Okja abandonnée à la fois par Mija, mais aussi par les protecteurs des animaux qui l'ont laissé tomber pour "faire de l'espionnage industriel". Aussi valeureux sont ces protecteurs, leurs méthodes ne sont parfois pas très catholiques, à l'image du traducteur (Steven Yeun) qui prend une décision de lui-même sur un accord qui n'existe pas. Ce qui entraîne un déferlement de violence chez le patron Jay (Paul Dano) pour le moins cocasse quand on voit le calme avec lequel il opère durant tout le film. Mais tout n'est pas que sonore et dégueulasse dans Okja, il y a aussi beaucoup d'émerveillement. Okja est magnifiquement animée par les studios Method studios (Doctor Strange) et 4th Creative Party (Stoker), donnant lieu à un photoréalisme bluffant. On croit aux interractions entre la super-cochonne et les humains pour un rendu au combien spectaculaire et poétique (le début fait clairement penser à Mon voisin Totoro).

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L'émerveillement se tient également dans la photo superbement colorée de Darius Khondji. Netflix n'avait donné qu'une directive au réalisateur et à son directeur de la photographie: tourner en 4K. Le résultat est époustouflant (la fin de la poursuite avec le ralenti sur les parapluies qui s'ouvrent est d'une beauté incroyable) et peut largement faire taire ceux qui parlent d'un banal "téléfilm" (indice: un d'entre eux est un exploitant parisien). Si Okja n'est pas le meilleur cru de son réalisateur, il n'en reste pas moins une critique acerbe et efficace de la société agroalimentaire et de ce qui l'entoure. A l'heure qu'il est, Bong Joon Ho s'est déjà lancé dans un nouveau projet nommé Parasite. Rien à voir avec le manga d'Hitoshi Hiwaaki (1988-94), puisque le film mettra en scène une famille face à une menace. Song Kang Ho sera de la partie et le film devrait sortir l'an prochain. A la prochaine!


 

* Propos issus de Sofilm numéro 51 (juin 2017).

** Anecdote du Mad Movies numéro 267 (novembre 2013).

04 juillet 2017

Sommaire de T à chiffres

T

Le tableau
Tais-Toi !
Taken,  Take Shelter
Tamara
Le Tambour

 (la Cave de Borat)
Tango et Cash
Taram et le chaudron magique
Tarantula !
Tarzan
Tarzan Korkusuz Adam
Tatie Danielle
Le Tatoué
Taxi, Taxi 2, Taxi 3, Taxi 4, New York Taxi

Taxidermie
Taxi Driver
TC 2000

Tchao Pantin
Team America
Ted
Tell Tale
Témoin Muet
T'Empêches Tout le Monde de Dormir !
Les temps modernes
Tendre Dracula

 (la cave de Borat)
Le Terminal
Terminator, Terminator 2:Le jugement dernier, , Terminator 3:Le soulèvement des machines, Terminator Renaissance 
Terminator 2 Spectres A Venise

 (la Cave de Borat)
Terror Trap

Le Testament d'Orphée
Tetsuo The Iron Man Tetsuo The Bullet Man
Thank you for smoking
The Thaw

There Will Be Blood
The ThingThe Thing (2011)
Thirteen
This is it


Thor, Thor The Dark World
Thriller-A Cruel Picture
 (director's cut, la Cave de Borat)
Tigerland
Le Tigre Sort Ses Griffes

Tin Toy
Titan AE
Titanic
Titanic 2
Titeuf le film
Toi et Moi... Et Duprée
Tokyo Godfathers
Tokyo Girl Cop
La Tombe
Le tombeau des lucioles
Le Tombeur de ces Demoiselles
Tombstone
Tom et Jerry Les Meilleures Courses Poursuites
 

Tonnerre de Feu
Tonnerre sous les tropiques
Les Tontons Flingueurs
Toolbox Murders
Tootsie
Top Gun
Les tortues ninjaLes tortues ninja 2Les tortues ninja 3TMNT,  , 
Torture
The Tortured
The Torturer
Total Recall,  Total Recall(2012)
Touchez pas au Grisbi
La tour infernale
Tout ce qui brille

Tout le monde il est beau Tout le monde est gentil
The town
The Toxic Avenger
Toy Story, Toy Story 2, Toy Story 3,  (la Cave de Borat),  (la Cave de Borat)
Traffic
Train


Training day
Trainspotting 
Traitement de Choc
Trance


Transformers, Transformers 2 la revanche, Transformers 3 la face cachée de la Lune,   
Le transperceneige (film)
Le transporteur, Le transporteur 2, Le transporteur 3
La Traque des Nazis
La Traversée de Paris

La traversée du temps
The Tree of Life
Tremors 2
Le trésor de la lampe perdue
Triangle
Le Triangle du Diable

Troie
Troll 2

The Troll Hunter
 , Tron Legacy

 (la Cave de Borat)
True Grit
True Lies
The Truman Show
Tucker
Les Tueurs de L'Espace
Tueurs nes
The Tunnel
Tu Peux Garder Un Secret

Turbo
Turistas
Turkish Bruce Lee
Turkish Jaws
Turkish Rambo
Turkish Rocky
Turkish Star Trek
Turkish Star Wars, Turkish Star Wars 2
Turkish Superman
Twilight chapitre 1 fascination
, Twilight chapitre 2 tentation, Twilight chapitre 3 Hésitation  (les deux parties)
Twin Peaks Fire walk with me

U

Ultra Vixens
Un Air de Famille
Un amour de coccinelleLe nouvel amour de coccinelle, La coccinelle à Monte Carlo, La Coccinelle Revient
Un Chien Andalou
 (la cave de Borat)
Undead Or Alive
Un Drôle de Paroissien
Un fauteuil pour deux
Un FlicUn Flic A La Maternelle
Un Homme et son ChienUn Indien Dans La Ville

Un jour sans fin
Un Justicier Dans La Ville 2Le Justicier de New York,  Le Justicier Braque les Dealers
Un long dimanche de fiançailles
Un monde parfait
Un monstre à Paris
Un Nommé Cable Hogue

Un Papillon Sur L'Epaule 
Un poisson nommé Wanda

Un Prince A New York
Un prophète
Un Seul Deviendra Invincible 2Un Seul Deviendra Invincible 3
Un Taxi Pour Tobrouk
Un Tramway Nommé Désir
The Underdog Knight
Une Balle dans la Tête
Une Epoque Formidable
Une Femme Disparaît
Une histoire vraie

 (l'Antichambre de Borat)
Une Vie Moins Ordinaire
Universal Soldier


L'Univers et ses MystèresA la recherche d'amas cosmiques, L'Etoile de la Mort, Guerres SpatialesPulsars et QuasarsDix moyens de détruire la Terre, Tombés de L'Espace, Une Autre Terre, Stopper L'Armageddon, Sexe Dans L'Espace, Au Bord de l'espace, Phénomènes Cosmiques, Visages Extraterrestres, La Vitesse de la Lumière, La Fin de la Terre, Saturne et ses Anneaux, A la recherche de la vie extra-terrestre, Le Soleil L'Etoile Mystérieuse, Eclipse Totale, Sept Merveilles du Système SolaireEnergie ExtrêmeTempête MagnétiqueUnivers LiquideVivre dans l'espaceLe Jour Où La Lune MourutMars Nouveaux Indices, Science Fiction Fait Scientifique, Matière Noire et Energie Sombre, Le secret des sondes spatiales, Voyage dans le Temps      

Unstoppable
Unthinkable
The Untold Story
Urban Legend
Urotsukidoji La Légende du Démon,  ,  

V

V pour vendetta
Vacances à Hawaï
La Vache et le Prisonnier
Vahsi Kan
Valentine's day
Valhalla Rising Le Guerrier Silencieux
La Vallée
La Vallée de Gwagi
Valse avec Bachir
La Valse des Pantins

Les valseuses
Vampires
Vampires (2010)
Vampire vous avez dit vampire?, Vampire vous avez dit vampire 2, Fright night
Van Helsing
Le Veilleur de Nuit
Vendredi 13, Vendredi 13 chapitre 8 L'Ultime Retour, Jason Va En Enfer,  Jason X
La Vengeance de l'Aigle


La verite si je mens, La verite si je mens 2, La vérité si je mens 3
Versus L'Ultime Guerrier
Very Bad TripVery Bad Trip 2
The Victim
Vidocq


La vie de Brian
La Vie des Autres
La Vie Est Belle (1948)La Vie Est Belle
La vie est un long fleuve tranquille
Vie et Légende d'Anne Frank
Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine
La Vierge de Nuremberg
La Vie Secrète de Jeffrey Dahmer
Le Vieux Fusil

Vijayendra Varma-Power of an Indian
Le Village des Ombres
Vincent
The Vindicator
Violette Nozière
Vipère Au PoingVipère Au Poing (2004)
Virgin Suicides
Les Virtuoses
Virus Cannibale
Les Visiteurs; Visitor Q


Vol 93
Vol au dessus d'un nid de coucou
Volcano
Le Voleur d'Arc En Ciel
Volt
Volteface
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine

 (l'Antichambre de Borat)
Voyage Au Bout de L'Enfer

Voyage au centre de la Terre
Le voyage de Chihiro
Le Voyage Fantastique


Les Voyages de Gulliver (1939)
Le Voyeur

W

Waking Sleeping Beauty

 (la Cave de Borat)
The Wall (album et film)
Wallace et Gromit Une grande excursion, Wallace et Gromit Un Mauvais Pantalon, Wallace et Gromit Rasé de près, Wallace et Gromit Le mystère du lapin-garou
Wall-e
Wall Street, Wall Street 2: L'argent ne dort jamais
Wanted choisis ton destin
The Ward

 
WarGames
Warrior
Wasabi
Watchmen
Waterworld
Wayne's World, Wayne's World 2

 (la Cave de Borat)
Welcome to the Jungle
Wendigo
When we were kings
Where The Dead Go To Die 
The White Zombie

 (la Cave de Borat)Wilderness
Wild Wild West
Willow
 
W. L'Improbable Président
Wolf Creek
Wolfman (2009)
World Trade Center
World War Z
The Wrestler
Wyvern

X

X Men, X Men 2, X Men 3 l'affrontement final, X Men Origins Wolverine, X Men First Class The Wolverine,  ,
XXXXXX 2 The Next Level

Y

Yamakasi
Y A-T-Il Un Exorciste Pour Sauver Le Monde 
Y a t-il un pilote dans l'avion
Les Yeux de Julia
Les Yeux du Désir
You're next

Z

Z
Zero Dark Thirty
Zidane Un Portrait Du XXIème Siècle
La Zizanie
Zodiac
Zombi 3
Zombie Diaries 2


Zombie Holocaust
Zombie Honeymoon
Zombie Lover
Zombies Anonymous
Zombies Of Mass Destruction
Zookeeper
Zontar La Chose de Vénus

Chiffres

Deux heures moins le quart avant JC
Les Deux Visages de Christie
Two Lovers
3 Enfants Dans Le Désordre
3H10 Pour Yuma
Trois Jours A Vivre 2
3 Mighty Men
3 Zéros

Quatre Garçons dans le Vent
Quatre mariages et un enterrement
La quatrième dimension le film
Five Across The Eyes
Le cinquième élément


La 7ème Cible
Les 7 Grands Maîtres de Shaolin
Les 7 Momies
Les sept samouraisLes sept mercenaires 
7venty 5ive
8 mm
Le Huitième Jour

Neuf mois ferme
Les 10 Commandements
Les 12 Salopards
Twelve years a slave
Le 13eme guerrier


21 Jump Street 
La 25ème heure
28 jours plus tard, 28 semaines plus tard
30 Jours de Nuit 2
La 36ème Chambre de Shaolin
36 Quai des Orfèvres
40 ans toujours puceau
99 F
100 Feet
100 Tears
Les 101 dalmatiens127 heures
187 Code Meurtre
300,  Les Quatre Cents Coups

1001 pattes
1941
1984 (Anderson), 1984 (Radford)
2001 L'Odyssée de L'Espace

2001 Maniacs 2001 Maniacs Field Of Screams
2012
2012 Supernova
2019 Après la Chute de New-York
10000

 (la Cave de Borat)

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Sommaire de P à S

P

Le Pacha
Pacific rim
Le pacte des loups
Le Pacte du Sang
Pain and gain
Pale Rider

Panic Room
Panic Sur Florida Beach
La Panthère Rose, Quand l'inspecteur s'emmêle, Le retour de la Panthère Rose, Quand la Panthère Rose s'emmêle, La malédiction de la Panthère Rose, A la recherche de la Panthère Rose
Paperman
Papillon
Paprika
Papy Fait de la Résistance
Paranoiak
Paranormal ActivityParanormal Activity 3

ParaNorman

 (la Cave de Borat)
Pardonnez-Moi
Le Parfum Histoire D'Un Meurtrier
Le Pari
Paris
Paris by Night of the Living Dead

Paris Je T'Aime
Le ParrainLe Parrain-2ème partie, Le Parrain 3
Partly Cloudy
The Party
Partysaurus Rex
Pas de printemps pour Marnie
La Passion de Jeanne d'Arc
La Passion du Christ

 (l'Antichambre de Borat)
Patrick


Paul
Payback
Paycheck
 (la Cave de Borat)
Pearl Harbor
Pearl Jam Twenty
Peggy Sue s'est mariée
Pendez-Les Haut Et Court
People
Les Pépées font la loi
Percy Jackson le voleur de foudre

Perdus dans l'Espace
Le Père Noël Contre Les Martiens
Perfect blue
Le Péril Jeune
Persepolis

Persona
Peter et Elliott le dragon (la Cave de Borat)
Peter Pan
La Petite Boutique des Horreurs
La petite sirene
Petit Massacre Entre Amis
Les petits mouchoirs
Le Petit Vampire
Le petit dinosaure et la vallée des merveilles
Le Peuple de l'Enfer
Peur Bleue

Peur sur la Ville

 (la Cave de Borat)
Phantom Of The Paradise
Phantoms
Le Phare du Bout du Monde
Phenomena
Philadelphia
Philosophy of a Knife
Phone game
Pi
Piège à Hong Kong
Piege de cristal, 58 minutes pour vivre, Une journee en enfer, Die Hard 4 retour en enferDie Hard 5 

Piège Mortel à Hawaï, Return to the Savage Beach
Pinocchio
Le Pion

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat), Piranha 2 Les Tueurs Volants, Piranha 3D
Les Pirates bons à rien mauvais en tout
Pirates des CaraÏbes: La malédiction du Black Pearl, Le secret du coffre maudit, Jusqu'au bout du monde, La fontaine de Jouvence
La Piscine
Pitch Black, Les chroniques de Riddick Riddick Dead Man Stalking
The Place beyond the pines
La plage

 (la Cave de Borat)
Plan 9 From Outer Space
La planete au tresor
La planète des singes (1968), Le secret de la Planète des singes, Les évadés de la Planète des singes, La Conquête de la Planète des Singes, La planète des singes(2001), La Planète des Singes Les Origines
La Planète Fantôme
Planète Interdite
Platoon

 (la Cave de Borat)


Le plus beau métier du monde
Pocahontas
Point Break
Pokémon le film
Le Pôle express
Police Academy

Police Fédérale Los Angeles
Polisse
Poltergeist
Pompoko
Le Pont (2008)
Le Pont de la Rivière Kwaï
Pontypool
Ponyo sur la falaise
Porcherie
Porco Rosso
Braddock Portés Disparus 3

Poséidon
Possession
Postal
Postman
The Poughkeepsie Tapes
Pouic-Pouic
Pour 100 Briques T'As Plus Rien !
Pour Qui Sonne Le Glas
Pour une poignee de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon la brute et le truand


Predator, Predator 2, Predators
Predictions
Prends Ta Rolls... Et Va Pointer !
Presque celebre
Le prestige

Presto
Présumé Coupable
Prête-Moi Ta Main
Pretty Woman
Primal
Primale
Le prince d'Egypte
Prince des Ténèbres

Prince of Persia les sables du temps
La princesse et la grenouille
Princesse Mononoké
Priscilla folle du désert
Prison (1988)
Prisoners
Prisonniers du temps

Le professeur FoldingueLa famille Foldingue
Le professionnel
P.R.O.F.S
Le Projet Blair Witch
Projet X
Les promesses de l'ombre

Promotion canapé
Le Proviseur
Psychose
Public Enemies
Le Pull-Over Rouge
Pulp Fiction

 (l'Antichambre de Borat)
The Punisher (1989), The PunisherPunisher War Zone
Purana Mandir
Purple Rain
Push
Pusher, Pusher 2Pusher 3
Python

Q

Le Quai des Brumes
Quand l'Embryon Part Braconner
Quand les aigles attaquent
Quand les Dinosaures Dominaient le Monde
Quand les nazis filmaient les ghettos
Queen Kong
Que la Bête Meure
 (la cave de Borat)
Qui veut la peau de Roger Rabbit?
Quizz Show

R

The Rage
 (la Cave de Borat)
La Rage du Tigre
Raging Bull
The Raid,  Rain Man
Les Raisins de la Colère

Les Râleurs Font Leur Beurre
Rambo, Rambo II La mission, Rambo III, John Rambo
Rampage
Rango
Rashomon
Raspoutine Le Moine Fou
Ratatouille
Ratman

 (la cave de Borat)
Razorback
Real Steel
Re-Animator
Rebecca
Rec, Rec 2
Red Red 2
Redline
Red's dream
 (la Cave de Borat)
Red Water
The Reef
Regain
La Règle du Jeu
La reine des neiges
La releve


Rencontres du Troisième Type
Renaissance
Le Repaire du Ver Blanc
Reportages de Guerre Diviser Pour Régner
Reptilicus
Les Reptiliens
Requiem for a dream
Requiem pour un massacre

Les Rescapés de Sobibor
Rescue Dawn
Resident Evil, Resident Evil Apocalypse, Resident Evil ExtinctionResident Evil Afterlife
Resurrection County
Retour à la fac
Le Retour des Morts-Vivants
Retour vers le futur, Retour vers le futur 2, Retour vers le futur 3
Retroactive

La Revanche de la Créature
La Revanche de Pinocchio
La Revanche des Mortes Vivantes
La Révolte des Triffides
Les Révoltés de l'An 2000

Ricky Bobby roi des circuits
Le rideau dechire

 (la Cave de Borat)
Les Ripoux
Risky Business
Le Rite
Les rivieres pourpres, Les rivières pourpres 2
road trip
Robin des Bois
Robin des Bois prince des voleurs
Robin Hood
Robocop, Robocop 2, Robocop 3


Le Robot des Glaces, L'histoire de Trunks
Robot Jox
Robot Monster
Robots 2000 Odyssée Sous-Marine
Robo Vampire
Robowar
Rock (1996)
Rock academy
Rock Aliens

 (la Cave de Borat)
Rock of ages
Rocky,  Rocky 2, Rocky 3 l'oeil du tigreRocky 4, Rocky 5Rocky BalboaLe Roi des Cons
Le Roi Lion
Les rois du désert

Les Rois Mages
Rollerball (1975), Rollerball(2002)
Roméo et Juliette
Les Rongeurs de l'Apocalypse
Rosemary's Baby
R.O.T.O.R.
La Route
La route d'Eldorado


Rox et Rouky
Le royaume de Ga'Hoole-la legende des gardiens
Rubber
Rue Barbare
La Ruée Vers L'Or

 (la Cave de Borat)Les Runaways
Running Man

 (la Cave de Borat)
Rush

S

Sacré Graal
Sacré Robin des Bois
Le Sadique à la Tronçonneuse
Sailor et Lula
Le Saint (1997)


Le Saint de Manhattan
Le salaire de la peur
Salo ou les 120 Journées de Sodome
Saludos Amigos, Les trois caballeros
Salvage
Samuraï Cop
Samourais

 (la Cave de Borat)
San Antonio
Sanctum

 (la Cave de Borat)


Santa Sangre
Sarkozy vampire des médias
Sars Wars Bangkok Zombie Crisis
Saute mouton
Sauvez Willy

Savages
Savulun Battal Gazi Geliyor
Saw
Saw 2Saw 3Saw 4Saw 5Saw 6 
Scanners, Scanners 2
Scarface
Scary Movie, Scary Movie 2, Scary Movie 3, Scary Movie 4 Scary Movie 5

Le Schpountz
Les Schtroumpfs
La Science des Rêves

Scooby doo, Scooby doo 2
Scott Pilgrim vs the world
Scourge
Scrapbook
Scream, Scream 2, Scream 3, Scream 4

 (la Cave de Borat)
The secret
Le Secret de Kelly-Anne

 (la Cave de Borat)
Le secret de la pyramide
Le Secret du Lac Salé
The Secret life of Walter Mitty

La Secte Sans Nom
Sectes Enfants Sous Emprise
Le Seigneur des anneaux, Le Seigneur des anneaux (1978), The Hobbit: Un voyage inattenduLa désolation de Smaug 
Le sens de la vie
Le Sens du Devoir
Les sentiers de la perdition


Le Septième Voyage de Sinbad

 (Cave de Borat)
Serial Noceurs
Série Noire 
Le Serpent
Serpico
Se Souvenir des Belles Choses
Seul au monde


Seven
Sexcrimes, Sexcrimes 2
Shadow
Shakma

 (l'Antichambre de Borat)
Shank
Shaolin Contre Mantis
Shark Attack-Alerte Aux Requins, Shark Attack 3
Shark In Venice
 (la Cave de Borat)
Sharktopus
Shark Zone
Shaun of the dead
She Creature
Sheitan

Shérif Fais-Moi Peur
Sherlock Holmes
Sherlock Holmes Attaque L'Orient-Express
Shine a light
Shining
Shoah
Shocking Asia
Shoot'Em Up
Showgirls
Shrek, Shrek 2, Shrek le troisième, Shrek 4 il était une fin 
Shutter Island


Sidekicks
Signes
Le Silence des Agneaux, Hannibal, Hannibal Lecter Les Origines du Mal
Le Silence Qui Tue
Silent Hill
Silent Running
Les Simpson Le Film
Sin City 


The Skeptic
Slaughtered Vomit Dolls
Sleepy Hollow
Slice
Slugs

Small Fry
Small Soldiers
Snake eyes
Snuff 102
The Social Network
La soif du mal

Soldier
Soleil Rouge
Soleil Vert
Solitaire

Someone's Knocking At The Door
Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama
SOS Fantomes, SOS Fantomes 2,  


La Soupe Aux Choux
Source Code
La souris
Les Sous-Doués passent le bac
Sous le Signe du Scorpion
Le sous sol de la peur
Southland Tales
South Park le film
Space Cowboys
Space Jam


Spanish Movie
Spartacus
Spartatouille
Spawn
Speed 2 Cap sur le Danger
Speed Racer
Spider Man, Spider Man 2, Spider Man 3, The Amazing Spider man 
Spiders
Spider Web
Spirit l'etalon des plaines
Spirit Trap
Splice

 (la Cave de Borat)
Spring Breakers


St Jacques La Mecques

Stag Night
Stake Land
Stalingrad
Stand By Me
Starcrash Le Choc des Etoiles

Stargate
Starko
Starman
Starship TroopersStarship Troopers 2
Starsky et Hutch
Star Runners Les Convoyeurs de L'Espace
Star Trek le filmStar Trek II La colère de Khan Star Trek III A la recherche de Spock, Star Trek IV Retour sur TerreStar Trek V L'ultime frontièreStar Trek VI Terre InconnueStar Trek Premier contactStar Trek Star Trek Into darkness 


Star Wars-episode I la menace fantôme, Star Wars-episode II l'attaque des clones, Star Wars The Clone Wars, Star Wars-episode III la revanche des sith, Star Wars-episode IV la guerre des étoiles, Star Wars-episode V l'empire contre attaque, Star Wars-episode VI le retour du jedi Star Wars Holiday Special  
Stauffenberg L'Attentat
Story of Ricky


 (la Cave de Borat)

La stratégie Ender

Street Dance 2
Street Fighter
Streetfighter La Rage de Vaincre
Strike Commando, Strike Commando 2
Striptease
Stuck Insitinct de Survie
Sucker Punch
Sueurs froides
Sugarland Express

 (Extended cut)
Sulfures
 (la Cave de Borat)

Summer Wars
Sunshine
Super (2011)
Super 8

Supercroc
Superflic Se Déchaîne
Supergrave
Super Heros Movie
Superman (1978)Superman 2Superman 3, Superman 4, Superman ReturnsMan of steel

,
Super Mario Bros

Super Noël, Hyper Noël
Super Shark
Supervixens
Sur la piste du Marsupilami
Sur la route de Madison
Sur mes levres
Le survivant
Survivant(s)
Les Survivants

Les Survivants de L'Infini
Surviving Evil
Suspiria
 (Cave de Borat)
Sweeney Todd le diabolique barbier de Fleet Street
Sweet Sixteen
Le Syndicat du Crime, Le Syndicat du Crime 2Le Syndicat du Crime 3

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Sommaire de K à O

K

Kaboom

 (la Cave de Borat)
Karate Kid (1984), The Karate Kid (2010)
Karate Tiger Le Tigre Rouge,  Karate Tiger 2
Ken Le Survivant (1986), Ken Le Survivant, Hokuto No Ken La Légende de Toki,  Hokuto No Ken L'Ere de RahoShin Hokuto No Ken
Ken Park 
Kick Ass,  Kick Ass 2 Balls to the wall
Kickboxer
Le Kid
Kiki la petite sorcière
Kill Bill
The Killer
Killer CrocodileKiller Crocodile 2
Killer Joe
Killer Shark
Kill For Love
The Killing Of Satan
The Killing Room

Killing Them Softly
Kinatay
King Cobra
Kingdom of heaven
King Kong(1933), King Kong (1976), King Kong 2, King Kong(2005), King Kong contre Godzilla King Kong Revient
The King Of New York


Kiss Kiss Bang Bang
Klaus Barbie Sur les Traces d'Un Criminel
Knick Knack
Komodo
Kramer contre Kramer
 (l'antichambre de Borat)
Kronos Le Conquérant de L'Univers


Kung-Fu Kid
Kung Fu Panda 2
Kung Pow Enter The Fist
Kuzco l'empereur megalo

L

 (la Cave de Borat)
Le Labyrinthe de Pan
Lacombe Lucien
LA Confidential
Le Lagon Bleu
La haut

Lake Placid Final Chapter


Landru
Les Langoliers
Lara Croft Tomb Raider, Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie
Les Larmes du Soleil
Last Action Hero

Lastikman
The Last man on Earth
The Last Stand
Le Lauréat
Laurel et Hardy en Croisière

 (la Cave de Borat)
Lawless
Lawrence d'Arabie


La leçon de piano
Lectures Diaboliques
Legend
La legende de Beowulf
 (l'Antichambre de Borat)


Léon
Le Libertin
Life of Pi
La ligne rouge
La ligne verte
Lilo et Stitch

 (la Cave de Borat)
Lincoln
La Liste de Schindler
Little Big Man
Little Miss Sunshine


Le livre de la jungle (1942)Le livre de la jungle (Disney),  (l'Antichambre de Borat)
Le livre d'Eli
Le Locataire

 (la Cave de Borat)La loi et l'ordre
Les lois de l'attraction
Lolita

The Lone Ranger
Long Time Dead
Long Weekend

 (la Cave de Borat)
Looper
Lord of war
Lost Highway
Louise Michel
Le loup de Wall Street
Le loup garou de LondresLe loup garou de Paris
Lovely Bones
 (la Cave de Borat)


Lucky Luke Daisy Town, Lucky Luke (1991), Lucky Luke
Les Lumières de la Ville
La Luna
Luxo Jr

M

Mac et Moi
La Machine A Explorer Le Temps

The Machine Girl
Maciste contre les Hommes de Pierre 
Madagascar, Madagascar 2
Madame Irma


Mad Max, Mad Max 2, Mad Max au dela du dome du tonnerreMad Monkey Kung-Fu
Mad Mutilator
The Magdalene Sisters
Le magicien d'Oz,  Magic Kid
Magic Mike

Le magnifique
Magnolia
La main au collet
La Main Rouge du Diable
La Maison de Cire

Mais Où Est Donc Passée La 7ème Compagnie, On A Retrouvé La 7ème Compagnie
Mais qui a tue Harry
Mais qui a tué Pamela Rose

La Maison du Docteur Edwardes
Le Maître d'Ecole
Le maitre de guerre
Les Maîtres de L'Univers
Les Maîtres du Temps

La MalédictionLa Malédiction Finale, 666 La Malédiction
La Malédiction des Hommes-Chats
La Malédiction des Whateley

 (la Cave de Borat)
Maléfiques
Malibu High
Mamà

La Maman et la Putain
Maman J'Ai Raté L'Avion, Maman J'Ai Encore Raté L'Avion 
Mamma Mia !
The Man From Earth
The man from nowhere

Maniac (2013)
Maniac Cop
Maniac Trasher
Man on fire
Man on the moon
Manos The Hands Of Fate
The Manson Family


Marathon Man

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)
La Mariée Etait En Noir
La Marque
Marquis de Sade-Justine
Mars Attacks

 (la Cave de Borat)
Mars Un Monde Aquatique


Martyrs

Mary et Max
Mary Poppins
The MaskMa sorcière bien aimée
Le masque de ZorroLa Légende de Zorro
Masques
Massacre A La Tronçonneuse (1974), Massacre A La Tronçonneuse 2, Massacre A La Tronçonneuse (2003), Massacre A La Tronçonneuse Le Commencement

The master
Ma Super Ex
Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions
La Mauvaise Education
Mauvaises Fréquentations

Ma Vache et Moi
Ma vie avec Liberace
Ma Vie Est Un Enfer
Max et les Maximonstres
Maximum overdrive
Max Payne


Megan Is Missing
Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Shark Vs Crocosaurus, Mega Python Vs Gatoroid
Megasnake
La Meilleure Façon de Marcher
Mein Kampf

Melancholie Der Engel
Mélodie Cocktail
Mélodie du sud
Memento
La memoire dans la peau, La mort dans la peau, La vengeance dans la peau (la Cave de Borat), 

 (la Cave de Borat)
Menace 2 Society

Men In Black, Men In Black II, Men In Black 3
Mensonges d'Etat
Menteur menteur
Le Mépris
Merlin l'enchanteur
Mes meilleures amies
Mes meilleurs copains

Le Messie du Mal
Le Météore de la Nuit
Metropolis
Meurtre à Hollywood
Meurtre au Soleil
La meute

 (la Cave de Borat)
Miami Vice
Michel Vaillant
Micmacs a tire larigot


Midnight Express
Midnight Meat Train
 (l'antichambre de Borat)
Millenium le film
Millennium actress
Miller's Crossing
Million Dollar Baby
 (la Cave de Borat), Mimic 2
Minority Report


Miracle sur la 8ème rue

Le Miroir A Deux Faces
Les Misérables (1958)
Misery
Miss Daisy et son Chauffeur
Mission Evasion
Mission Impossible, Mission Impossible 2, Mission Impossible 3MI Ghost Protocol

Mission to Mars
Mississippi Burning
The Mist

 (la Cave de Borat)
Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée
Moi moche et mechant
Moi Tintin
La momie, Le retour de la momie, La Momie la tombe de l'empereur dragon
La Momie Aztèque contre le Robot
Mon Beau-Père Et Moi
Le monde de Narnia-Chapitre I le lion la sorcière blanche et l'armoire magique, Le monde de Narnia-Chapitre II Le prince CaspianLe monde de Narnia L'odyssée du passeur d'aurore

Le monde de Nemo,  
Le Monde Perdu (1925)
Les mondes de Ralph
Les Mondes Futurs
Les mondes perdus au cinéma
Mondo CaneMondo Cane 2
Mondwest
 (l'antichambre de Borat)
Mon Nom Est Tsotsi
The Monolith Monsters
Mon oncle

Monsieur Verdoux
Monsters
Monsterwolf
Le Monstre Vient de la Mer
Les Monstres de L'Espace
Monstres et cieMonstres Academy
La Montagne Sacrée
Mon voisin Totoro
Moon
Moontrap
Moonwalker
 (l'antichambre de Borat)
Morse, Let me in


Mortal KombatMortal Kombat Destruction Finale
La Mort au Large
La mort aux trousses
La Mort Etait Au Rendez-Vous
La Morte Vivante
Mort Ou Vif
Mort subite

Les Morts-Vivants

 (la Cave de Borat)
Mosquito

 (la Cave de Borat)
The Mother
Mother's Day
La Mouche NoireLe Retour de la Mouche, La Malédiction de la Mouche, La moucheLa Mouche 2
Moulin Rouge
Mr Brooks
Mulan
Mulberry Street

Mulholland Drive
Multiple Maniacs
Munich
The Muppets
Le Mur de l'Atlantique
The Murderer
Murders In The Zoo

Murder Loves Killers Too
Music Box
My Soul To Take
Le Mystère Andromède
Le Mystère de Vénus
Mystic River

N

Naissance d'une nation
Nathalie Dans L'Enfer Nazi
The Necro Files
Ne le dis à personne

Né Un 4 Juillet
Never Foget
Neverland
Never Let Me go
Never Say Never
 (la cave de Borat)
New York 1997Los Angeles 2013
New York ne répond plus
Night and day


Night of the Demons
Niki Larson
Nikita
Nine
Nine Dead


Ninja Assassin
Le Ninja Blanc
No Country for old men
Les noces funebres
Les noces rebelles
Notorious Big

Notre ami le rat
N'Oublie Pas Ton Père Au Vestiaire
Nous Sommes La Nuit
Le Nouveau Jean-Claude
Le nouveau monde
Les Nouveaux Barbares
Nouvelle Cuisine


La nouvelle voiture de Bob
Nude Nuns With Big Guns
La Nuit de la Mort
La nuit des morts vivants, Zombie, Le jour des morts vivants, Land of the dead, Diary of the dead
La Nuit des Traquées

La Nuit des Vers Géants
La Nuit du Chasseur
Nuit et brouillard
La nuit nous appartient
Les Nuits Avec Mon Ennemi
Numero 9

O

Oblivion
Obsession
Ocean's eleven
Octaman
L'Oeil de Vichy
L'oeil du mal

 (la Cave de Borat)
Les oiseaux

 (la Cave de Borat)
Old boy
Oliver et compagnie
Omar M'A Tuer
On a volé la cuisse de Jupiter

Once Vatan
On L'Appelle Catastrophe
Only God Forgives
Open Range
Open Water En Eaux Profondes, Dérive Mortelle
Opération espadon
Orange mécanique
Orcs
L'ordre et la morale


L'Orphelinat
Oscar (film)
OSS 117 Le Caire nid d'espion, OSS 117 Rio ne répond plus
The Other Guys
 (la cave de Borat)
Outland Loin de la Terre
Out of Africa
Out of the furnace
Outrage (2010)
Outreau-L'Autre Vérité
Ouvert 247

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Sommaire de G à J

G

Gacy
Gainsbourg(vie heroique)

Galaxy Quest
The Game
Gandahar
Gandhi
Gangs of New York
Gangster Squad
Garou-Garou Le Passe Muraille
The Gate 2
Gatsby le magnifique (2013)
Gazon maudit
Le géant de fer
Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme Se Marie, Le Gendarme et les ExtraterrestresLe Gendarme A New YorkLe Gendarme En BaladeLe Gendarme et les Gendarmettes

Génération Perdue
George de la jungle

 (la Cave de Borat)
Get Carter


Ghost
Ghost Dog
Ghost in the shellInnocence
Ghost RiderGhost Rider 2
Ghosts of Mars
The Ghost Writer
Ghoulies 2, Ghoulies 3
The Giant Claw
GI Joe
The Gingerdead Man
The Girl Next Door (2007)

 (la Cave de Borat)
The Girl with the dragon tattoo
Gladiator
Glen or Glenda
Goal 2 la consécration


Godspeed
Godzilla (1954)Le Retour de Godzilla, Godzilla Vs Megalon,  Godzilla
Goemon The Freedom Fighter
Goldorak contre Great Mazinger
Gomorra
Good Morning England
Les Goonies
Gorgo

Goshu le Violoncelliste
Le Goût des Autres
Grace
Le Grand Bazar
Le Grand Blond Avec Une Chaussure Noire
Le Grand Chemin
La grande course autour du monde

Les Grandes Gueules
Les Grandes Vacances
La Grande Vadrouille
Le Grand Restaurant
Le Grand Sommeil
Le Grand Tournoi
Gran Torino

 (la Cave de Borat)

Gravity
The Green Elephant
Green Lantern
Green Zone
Gremlins, Gremlins 2 la nouvelle generation
The Grey
Greystoke La Légende de Tarzan

Les griffes de la nuit, La Revanche de Freddy, Les Griffes du Cauchemar, Freddy chapitre 5 L'Enfant du Cauchemar, Freddy 6 L'Ultime Cauchemar, Freddy 7 Freddy Sort de la Nuit
Le Grinch
Grindhouse

 (la Cave de Borat)
La Guerre des Boutons (1961), La Guerre des Boutons (2011)
La guerre des mondes(1954), La guerre des mondes(2005)
La guerre des Rose
Les Guerriers de la Nuit
Guinea Pig: Flowers of Flesh and Blood, Devil's Experiment


H

La Haine
Halloween, Halloween 2, Halloween 3, Halloween 4Halloween 5, Halloween 6Halloween 20 Ans Après, Halloween Resurrection, Halloween (2007), Halloween 2 (2008)
Hancock
Hanuman and the Five Kamen Riders
Happiness Therapy
Happy Feet
Hard Rock Zombies
Harpoon
Harry Potter A L'Ecole des Sorciers, Harry Potter et la Chambre des Secrets, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu; Harry Potter et l'ordre du phénixHarry Potter et le prince de sang mêlé, Harry Potter et les reliques de la mort

Hatchet 2


Haute Sécurité
Haute Tension
Heartless
Heartstopper
Heat
HellboyHellboy 2 les legions d'or maudites

Hell Comes To Frogtown
Hell Driver
Hellraiser 3
The Help
Hercule
Hercule A New York
Hercule et Sherlock
Hereafter
Les Héritiers du Docteur Mengele

Héroïnes
Héros
Hibernatus
Hidden, Hidden 2
Hierro

High Fidelity

Highlander, Highlander Le Retour, Highlander 3, Highlander EndgameHighlander The Source
High School Musical (saga)
Highwaymen La Poursuite Infernale
Histeria
Hitcher, Hitman

Hitman le Cobra
Hobo with a Shotgun
The Hole
Hollow man

 (la Cave de Borat)
L'Homme-Araignée, La Riposte de l'Homme-Araignée
L'Homme de l'Ouest

L'homme de Rio
L'homme des hautes plaines
L'Homme des Vallées Perdues
L'homme orchestre
L'Homme Puma
L'Homme Qui Murmurait A L'Oreille Des Chevaux
L'Homme Qui Rétrécit

La Honte de la Jungle
Hook
Hope and Glory
La horde
La Horde Sauvage
Horribilis
Horror Cannibal, Horror Cannibal 2
Hors de controle

 (la cave de Borat)
Hors la loi
Horton
The host
HostelHostel Chapitre 2 
Hôtel du plaisir pour SS
Hôtel Rwanda
Hot Fuzz
Hot Shots !,  


House of Bones
Howard the duck
Hugo Cabret
HulkL'incroyable Hulk
Humains
Hunger games,  Hunger games L'embrasementHurlements, Hurlements 2
Hush en route vers l'enfer
Hyper Tension 2
Hypnose
Hysterical

I

I comme Icare
Il Etait Une Fois Le Bronx
Il Etait Une Fois Dans L'OuestIl était une fois en Amérique
Il Etait Une Fois En Chine, Il Etait Une Fois En Chine 3
Il Etait Une Fois Le Cosmos
Il Était Une Fois... Louis de Funès
Il faut sauver le soldat Ryan


L'Île de la Terreur
L'Île des Morts-Vivants
L'Île Inconnue
L'Île Mystérieuse
L'Illusionniste
I love you Phillip Morris
Ils
Ilsa la Tigresse du Goulag
Ils sont fous ces sorciers
L'immortel
Les immortels
L'impasse
Impitoyable
The Impossible

L'Impossible Monsieur Pipelet
Incassable
Inception
L'inconnu du Nord Express
Les incorruptibles
L'incroyable voyage 2 à San Francisco
Incubus (1966)
Independence Day
L'Indestructible
Les Indestructibles
Indigenes

L'Inévitable Catastrophe
Infection
Les Infidèles
Les infiltres
The Informant
Inglourious Basterds

 (la Cave de Borat)
Innocent Blood
Insane
Insanitarium
Inseminoid
Inside Man
Insidious

 (La Cave de Borat)
L'Inspecteur Harry, Magnum Force, L'Inspecteur ne Renonce Jamais, Le Retour de l'Inspecteur Harry, L'Inspecteur Harry Est La Dernière Cible 
Inspecteur La Bavure
International Guerillas


Intolérance
Into The Wild

 (la Cave de Borat)
Intouchables

L'invasion des profanateurs de sépultures, L'Invasion des Profanateurs, Body Snatchers, Invasion (2007)
Invasion Los Angeles
L'Invasion vient de Mars
Invictus
The Invisible Man
I Robot
Iron Man, Iron Man 2, The Invincible Iron Man,  Iron Man 3
Irréversible
The Island
I Spit On Your Grave (1978)I Spit On Your Grave 2
It Came From Hollywood
IIt Waits

J

J'ai Rencontré Le Diable
Jackass 3D
Jack Brooks Tueur de Monstres
The Jacket
Jack FrostJack Frost (1996)
Jackie Brown
Jack le chasseur de géants
Jack L'Eventreur Partie 1, Jack L'Eventreur Partie 2
Jackpot

Jack Reacher (l'Antichambre de Borat)
James Bond:  James Bond contre Dr No, Bons baisers de RussieGoldfinger, Opération tonnerre, On ne vit que deux foisCasino Royale (1967), Au service secret de sa Majesté, Les diamants sont éternelsVivre et laisser mourirL'homme au pistolet d'orL'espion qui m'aimait, MoonrakerRien que pour vos yeux, OctopussyJamais plus jamais, Dangereusement Vôtre, Tuer n'est pas jouer, Permis de tuer, GoldenEyeDemain ne meurt jamaisLe monde ne suffit pas, Meurs un autre jour, Casino Royale, Quantum of Solace, Skyfall
James et la pêche géante
Le Jardin du Mal
Jarhead
Jason et les Argonautes
JCVD
Jean de Florette, Manon des Sources
Jean-Philippe
J Edgar
 (l'antichambre de Borat)
Jennifer's body
Jerry Maguire
Je Suis Moche et J'Emballe

Je suis timide mais je me soigne
Je suis une légende
La Jetée

Le Jeu de la Mort
Jeu D'Enfant
, Chucky 3 

Jeune et jolie
La Jeune Fille et la Mort
La Jeunesse Sous Hitler, La Jeunesse Sous Hitler Episode 3La Jeunesse Sous Hitler Episode 4, La Jeunesse Sous Hitler Episode 5
Jeux Interdits
je Vais Bien Ne T'En Fais Pas
J'irai Cracher Sur Vos Tombes
John Carter
Johnny S'En Va-T-En Guerre
John Wayne et les Cowboys


Le Joli Coeur
Josey Wales hors la loi
Josie et les pussycats
Le joueur d'échec
Le jour d'apres
Le Jour de la Bête

Jour et Nuit
Le Journal d'Anne Frank
Le Jour Où La Terre S'Arrêta
Le Jour Où La Terre S'Arrêta (2008)
Jours de tonnerre
Judge DreddDredd
Le Juge et l'Assassin
Jugement A Nuremberg
Jumeaux


Jurassic Park, Le monde perdu-Jurassic Park, Jurassic Park 3,  
Jurassic Shark
Jusqu'en enfer

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Sommaire de D à F

D

D4 Mortal Unit
La dame en noir
Damien La Malédiction 2
Danger Diabolik !
Danny the dog
Dans la brume electrique
Dans la ligne de mire
Dans La Peau De John Malkovich

Dans l'eau... Qui fait des bulles !
Dans les Griffes du Vampire
La Danza de la Realidad
Daredevil,  
Dark City
Dark Country

The darkest hour
DarkmanDarkman 2Darkman 3
Dark Shadows
Darling
D.A.R.Y.L.

 (la Cave de Borat)
Da Vinci Code
Daylight
Day Of The Animals
De battre mon coeur s'est arrêté
Dead Girl


The Deadly Spawn
Dead Man's Shoes
Dead Meat
Dead or Alive
The Dead Outside

Dead Silence
Dead Zone
Death Bell
Death Note
Death Sentence


Death Warrior
Décapité
La déchirure

Deep Evil Menace Extraterrestre
Deep Impact
Defendor
Déjà vu


De l'autre côté du périph
Délivrance
De L'Ombre A La Lumière
De Mein Kampf A L'Holocauste L'histoire du Nazisme
Dementia 13
Demineurs
Les Demoiselles de Rochefort
Demolition Man

Demons
Le Dentiste
Le Dentiste 2
Les dents de la mer, Les dents de la mer 3, Les dents de la mer 4 La Revanche,  Cruel Jaws (Les dents de la mer 5)
De Nuremberg à Nuremberg
Le dernier des mohicans
La Dernière Femme sur Terre
La Dernière Maison sur la Gauche (1972), La Dernière Maison sur la Gauche (2009)


Le dernier exorcisme
Le Dernier Pour La Route
Le Dernier Roi D'Ecosse
Le dernier samaritain
Le dernier tango de Paris


De rouille et d'os
The descendants
The Descent, The Descent Part 2

Desperate Living
Des Serpents Dans L'Avion
Destination Finale, Destination Finale 2, Destination Finale 5
Des Zombies dans l'avion

Détective Dee
Détour Mortel 3
Détour Mortel 4
Devil
The Devil Inside
Devil Seed
Le Diable S'Habille En Prada

La Dialectique Peut-Elle Casser Des Briques
Le Dictateur
The Dictator
Didier
Digby le plus grand chien du monde
Digimon le film
Digital Man
Le diner de cons

Dinocroc
Dinosaure
Dinosaur From The Deep
Dinoshark
Dirty Dancing
Disaster Movie

Disco
Le discours d'un roi
Disjoncte
District 9
Django Unchained
Djinns
Dobermann

Dr Jerry et Mister Love

 (l'Antichambre de Borat)

Doghouse
Dogma
Dog Pound
Domino
Don Camillo MonseigneurDon Camillo En Russie
Donkey Punch
Dolly Dearest


Donnant Donnant
Donnie Darko
Don't Be Afraid of the Dark
Don't Look Up
Doom

Dorothy
Double Détente
Double Team
Dracula (1992)


Dracula mort et heureux de l'être
Dragon Ball The Magic Begins, Dragonball Evolution
Dragon L'Histoire de Bruce Lee
Dragons
Dragons Forever
Dread

Dreamcatcher
Dream Home
Drive
Driven
Le drole de noel de Scrooge
Duel
Dumb et Dumber
Dumbo
Dune
Dupont Lajoie
Dying Breed

E

Eaux Sauvages
Easy rider
Ebola Syndrome
Echec et Mort
L'échelle de Jacob
L'échine du diable
Eden Lake


Edward aux mains d'argent
Ed Wood
Eegah
L'effaceur
L'Effet Papillon


Elephant Man
L'elite de Brooklyn
Elle Est Trop Bien
Elmer Le Remue Méninges

El Topo

Elysium
Emmanuelle, La Revanche d'Emmanuelle
L'Emmerdeur (2008)
L'Emmurée Vivante
Empire du soleil

 (la Cave de Borat)
En cloque mode d'emploiThis is 40
L'Enfant Sauvage

Les enfants loups Ame et Yuki
L'Enfer des Zombies
L'enfer du dimanche
Ennemi d'Etat 
Ennemis Rapprochés
En QuarantaineEn Quarantaine 2
Entre les murs
L'epreuve de force


Eragon
Eraserhead
Erin Brockovich seule contre tous
Espace Détente
Esprits Rebelles
L'esquive
Essential Killing
Esther
L'Etalon Italien


L'Eté Meurtrier
Eternal sunshine and the spotless mind
ET l'extraterrestre
L'Etrange Créature du Lac Noir
L'etrange histoire de Benjamin Button
L'étrange noel de monsieur Jack
L'Etrangleur de Boston
L'Eventreur de New York
L'Evadé d'Alcatraz
Les Evades


Evil Bong
Evil Dead, Evil Dead 2, Evil Dead 3-L'armee des tenebres The Evil Dead 
Exam
Excalibur
Excalibur l'épée magique


Exorcismus
L'exorciste, L'Exorciste 2 L'Hérétique, L'Exorciste 3L'Exorciste Au Commencement
L'expansion de l'univers est-elle infinie
Expendables, Expendables 2The Experiment

 (la Cave de Borat)
Exterminator
L'Extra Terrestre
Extra Terrien
Eyes Wide Shut

F

Le fabuleux destin d'Amelie Poulain
Face A La Mort, Face A La Mort 2, Face A La Mort 3
The Faculty
Fahrenheit 451
La Faille
Faites Sauter La Banque
La Famille AddamsLes Valeurs de la Famille Addams
Fanboys
Fanfan la tulipe (2003)
Fantasia, Fantasia 2000
Fantastic Mr Fox
The Fantastic Four , Les 4 FantastiquesLes 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent,  Le Fantastique Homme Colosse
Fantômas, Fantômas Se Déchaîne, Fantômas contre Scotland Yard

Le Fantôme de l'Opéra (1925)
Le Fantôme du Bengale
Fantomes contre fantomes
Fargo
Fast and Furious,  2 Fast 2 FuriousFast and Furious Tokyo DriftFast and Furious 4,  Fast and Furious 5Fast and Furious 6,  
Fatale
Faster Pussycat ! Kill ! Kill !
Les Faucheurs
Faust-Une Légende Allemande
FeastFeast 2

 (la cave de borat)
Les Feebles
Felon
la Femme Guêpe
La Femme du Boulanger
Les Femmes de ses Rêves
Fenetre sur cour

La Ferme de la Terreur
La ferme se rebelle
Festen

 (la Cave de Borat)
Fido
Fievel et le nouveau monde
Fight Club
Fighter
La Fille du Puisatier
Les fils de l'homme
Le Fils de Rambow
Final Fantasy Les créatures de l'esprit
La fin des temps
The First Men in the Moon
Fitzcarraldo
Flash Gordon

Le Fléau
Le flic de Beverly Hills, Le flic de Beverly Hills 2Le flic de Beverly Hills 3
Le flic de San Francisco

Flic Ou Zombie
Flight
Flight Plan
Flubber
The Flying Saucer

Fog
La Folie des Grandeurs
Folle d'Elle

 (l'Antichambre de Borat)
La folle journée de Ferris Bueller
Forever Young
Forrest Gump
For the birds

Fortunat
Le Fou de Guerre
The Fountain
Fous d'Irene
Les Fous du Stade
Les Français L'Amour et le Sexe Les Préliminaires et les Positio
Frankenhooker

Frankenstein (1931)Frankenstein s'est échappéL'Empreinte de Frankenstein
Frankenweenie, Frankenweenie (2012)
Frayeurs
Freaks La Monstrueuse Parade
 (la Cave de Borat)
Freddy Contre Jason
Le Frelon vert (2010)
French Connection
Frères de Sang
Frissons D'Outre Tombe
Fritz The Cat
From Hell

From Paris with love
Frontière(s)
Fucking Kassovitz

Le fugitif
Les Fugitifs
Full Contact
Full Metal Jacket
The Full Monty
Funérailles D'Enfer
Funny Games, Funny Games U.S.
Funny People
La Fureur de Vaincre, Fist of Legend La Nouvelle Fureur de Vaincre
La Fureur de Vivre
La Fureur du Dragon 
Furyo

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Sommaire de A à C

A

A Bout de Souffle
A bout portant

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat)
A la Recherche du Bonheur

 (la Cave de Borat)
A L'Est D'Eden
A L'Intérieur
A Louer
A Propos d'Henry
A Serbian Film


A toute epreuve
Abandonnée
L'Abime des Morts Vivants
Abominable
Abyss
Les Accusés
Ace Ventura detective chiens et chats, Ace Ventura en Afrique
Across the Universe
Adieu Poulet
L'Adversaire


L'Affaire Dominici
Affamés
Les affranchis
After.Life


L'agence tous risques
A.I.
Aigle de Fer
L'Aile Ou La Cuisse

Ainsi Va La Vie Hommage A Annie Girardot
Air Force One

Akira
Aladdin, Le retour de Jafar, Aladdin et le roi des voleurs
Alarme Fatale
Albator le film
Ali

Ali Baba et les 40 Voleurs
Alice au pays des merveilles(Disney), Alice au pays des merveilles(Burton)
Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrectionPrometheus
Alien 2 Le Monstre Attaque
Alien Abduction Night Skies
Alienator

Alien Cargo
Alien Invaders
Alien VS Alien
Alien Versus Ninja
Alien VS Predator, Alien VS Predator Requiem
All the boys love Mandy Lane
Allumeuses !

Always
Amadeus
L'amant
Amen
Amer
Amer Béton
L'américain
The American
American Beauty
American Gangster
 (la Cave de Borat)
American History X


American Ninja 
American PieAmerican Pie 2American Pie 3
American Psycho, American Psycho 2
American Trip

 
Amistad
Amityville La Maison du DiableAmityville 2 Le Possédé, Amityville (2005)
L'Amour Extra Large
L'Amour Violé
Anaconda Le Prédateur
Anastasia
Les Anges Gardiens
Animal kingdom
Anna M.
Anonymous


Antarctic Journal
Antichrist
Apocalypse 2024
Apocalypse now(redux)

Apocalypto
Apollo 13

 (la Cave de Borat)
Appelez-Moi Dave
Apportez-Moi La Tête D'Alfredo Garcia
L'apprentie sorciere
Arac Attack

 (la Cave de Borat)
Argo
Les aristochats
Armageddon


L'arme fatale, L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, L'arme fatale 4
L'armee des 12 singes
L'armee des morts
L'Armée des Ombres
L'arnacoeur
Arrete moi si tu peux
Arrête Ou Ma Mère Va Tirer !
The Arrival


Arthur et les minimoys
The Artist
L'As des As
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Les associés
Astérix Le GauloisAsterix et Cleopatre, Les 12 travaux d'Asterix,  Astérix et le Coup du Menhir, Astérix et les Vikings, Astérix et Obélix contre César, Astérix et Obélix: Mission Cléopatre, Asterix aux jeux olympiquesAstérix et Obélix: Au service de sa majesté
Atlantide l'empire perdu
Atome La Clé du Cosmos
Atome Le Clash des Titans
Atome L'Illusion de la Réalité
Atomic College
Attack From Space
Attack of the Puppet People


L'attaque de la Moussaka Géante
L'Attaque des Sangsues Géantes
Au-Delà du Réel
L'auberge espagnole, Les poupees russesCasse tête chinois
L'Auberge Rouge (2007)

L'aube rouge, L'aube rouge (2009)
Au Coeur de la Voie Lactée
August Underground, August Underground Mordum, August Underground Penance
Au Nom de Tous les Miens
Au nom du père
Au Revoir Les Enfants

Auschwitz Premiers Témoignages
Austin PowersL'espion qui m'a tirée, Goldmember
Autant en emporte le vent

 (la Cave de Borat)
Les Autres
Aux Portes de l'Enfer
Avalon

L'Avare
Avatar
Avengers
L'Aventure C'Est L'Aventure
L'aventure intérieure

Les aventures de Bernard et Bianca, Bernard et Bianca au pays des kangourous
Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin
Les Aventures de Pinocchio
Les Aventures de Rabbi Jacob
Les aventures de Tintin-Le secret de la Licorne, 
Les aventures du Baron de Munchausen
Les Aventures D'Un Homme Invisible

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec
Les aventuriers de l'arche perdue, Indiana Jones et le temple maudit, Indiana Jones et la derniere croisade, Indiana Jones et le royaume du crane de cristal
Les Aventuriers du Système Solaire
L'Aveu
L'Avion de L'Apocalypse
Azur et Asmar

B

Babel
Babe le cochon devenu berger, Babe un cochon dans la ville
Lady Blood


Babylon AD
Baby Sitting Jack Jack
Bad BoysBad Boys 2
Bad Guys
Badi
Bad Lieutenant, Bad Lieutenant Escale à la Nouvelle-Orléans
Bad Taste
Bad Teacher
Le baiser mortel du dragon

Bait
Balada Triste De Trompeta
Bambi
Bangkok Adrenaline

Bangkok Haunted
Banglar King Kong
Bang Rajan 2
Banlieue 13 Les banlieusards
Barbie La Magie de la Mode
Barb Wire

 (la Cave de Borat)


Barry Lyndon

Basic Instinct, Basic Instinct 2
Basil detective prive
Basket Case
La Bataille d'Angleterre

La Bataille de Stalingrad
Batman, Batman le defi, Batman Forever, Batman et Robin, Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises, Batman contre le fantôme masqué, Subzero, Superman Batman Apocalypse, Batman Under The Red Hood ,   (ultimate cut)
Bats 2 La Nuit des Chauves-Souris
Battle Los Angeles
Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem
Battleship


Le Bazaar de L'Epouvante
Bear
Le Beau-Père
Les beaux gosses
Bedevilled


Beetlejuice
Begotten
Beignets de Tomates Vertes
 
La Belle Américaine
La belle au bois dormant
La Belle et la Bête (1946)La belle et la bete (1991),  La belle et le clochard
Ben-Hur
Beowulf
Bernie (film)


La Bête de la Caverne Hantée
La Bête Humaine
Les Bidasses S'En Vont En Guerre, Le Retour des Bidasses en Folie
Bienvenue à Gattaca
Bienvenue à Zombieland
Bienvenue Chez Les Ch'tis

 (la Cave de Borat)
Big
Big Boss


Big FishBig Mamma 3
Birdy
Bitch Slap
Bitten

 (la Cave de Borat)
Black Book
Black Christmas (1974)
Black Death

Black Past
Black Rain
Black Swan
Black Water
Blade (1997)Blade 2Blade Trinity
Blade Runner
Blair Witch 2 Le Livre des Ombres
Blanche Neige et les 7 nains Blanche Neige le plus horrible des contesMirror mirror Blanche Neige et le chasseur
Blindness
Le Blob Danger Planétaire, Le Blob
Blood Creek


Blood Feast
Blood Freak
Bloodsport 2, Bloodsport 3 Bloodsport 4 The Dark Kumite
Blow out
Blue Holocaust
Blue Jasmine
Les Blues Brothers
Blue Valentine
Blue Velvet
Bodyguard
Boire et déboires

 (la Cave de Borat)


Le Bonheur Est Dans Le Pré
Le Bon La Brute et le Cinglé
Boogie Nights
Borat (le film, pas moi)
Borderland
Le Bossu de Notre Dame
Boudu
Bouge !


Le boulet
Bound
The Box
Braindead
The Brain Eaters
Le Bras de la Vengeance

Brave
Braveheart
Brazil
Brazilian Star Wars
Breakfast Club
 (l'Antichambre de Borat)

 (l'Antichambre de Borat)
Bronson
Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Les Bronzés 3
Brothers
Bruce Lee et ses Mains d'Acier


Bruce Lee L'Homme et sa Légende
Bruce Tout-puissant, Evan Tout-Puissant
Bruce Lee Vs Gay Power
Bruiser
BTK
Bubbles Galore
Le bûcher des vanités
Buried
Burn-e

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat)
The Butcher (2007)

C

C'est Arrivé Près de Chez Vous
La cabane dans les bois
Le Cabinet du Docteur Caligari
Ca-Il Est Revenu
Caligula
Calme Blanc
Camille redouble
The campaign
Camping


Le canardeur
Cannibal Ferox
Cannibal HolocaustCannibal Holocaust 2
Le Capitaine Cosmos
Capone
Captain America (1979), Captain America (1990), Captain America First Avenger  (la Cave de Borat)
Capitaine Fracasse


Captifs
Captivity
Cargo
Carnage
Carnage(2011)
Les Carnets Secrets de Nuremberg
Carnival of Souls

Carnosaur, Carnosaur 2, Carnosaur 3
Carrie au Bal du Diable
Cars, Cars 2
Casablanca
Casino
Casper

Catwoman
Le Caveau de la Terreur
Caved In
Le Cave Se Rebiffe
Cendrillon  (la Cave de Borat)
Le Cercle Des Poètes Disparus
Le cercle-The RingLe cercle-The Ring 2

Certains l'aiment chaud
Le Cerveau
Le Cerveau de la Planète Arous
Le Cerveau Qui Ne Voulait Pas Mourir
Ces Garçons Qui Venaient du Brésil
La chair et le sang
The Challenge
Chambre 1408
La Chambre des Morts
Chantons Sous La Pluie
 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat); Charlie et la chocolaterie
Charlie mon héros
Les Charlots contre Dracula
Les Charlots en Folie A Nous Quatre Cardinal !
Les Charlots Font L'Espagne
The Chaser
Le château ambulant
Le chateau dans le ciel
Le chateau de Cagliostro

Le Château de la Terreur
Chatroom

 (la Cave de Borat)
Chérie j'ai rétréci les gosses, Chérie J'Ai Agrandi Le BébéChérie nous avons été rétrécis
Cherry 2000
Cheval de guerre

 (Cave de Borat)
La Chèvre
Chicken Little
Chicken Run
Chien de flic
Le Chien des Baskerville
Les Chiens de Paille
Le Chinois, Le Chinois Se Déchaîne
 (la cave de Borat)
Chloé
Le choc des titans(1981), Le choc des titans(2010)La colère des titans
Chocolat
Chopper
Les Choristes

La Chose à Deux Têtes
La Chose D'Un Autre Monde
Christine
Christmas Evil
Chromosome 3
Chronicle
C.H.U.D.
La chute de Berlin
La chute du faucon noir

Le cirque
La cite de la peur
Citizen Kane
Le Clandestin
Class 1984
Les clefs de bagnole
Le Clitoris ce cher inconnu
Clones

Cloud Atlas
Cloverfield
Les Clowns Tueurs Venus D'Ailleurs

Le Cobaye, Le Cobaye 2
Cobra le film

Cocktail

Coco
Cold Prey 2
, Cold Prey 3
Collateral
The Collector, The Collection

La Colline A Des Yeux, La Colline A Des Yeux 2
Colombiana
Le Colosse de Rhodes
The Colossus of New York
Coluche L'histoire d'un mec
Combats de Maître
Commando

Comment se faire virer de l'hosto
Les Compères
La Comtesse
Conan le barbare, Conan Le Destructeur, Kalidor La Légende du Tasliman, Conan (2011)
Confession d'une accro du shopping
The conjuring,  
La Conquête

 (la Cave de Borat)
Contagion


Les Contes de Terremer
Les Contes de la Nuit
Le Continent des Hommes-Poissons

Le Continent Oublié
Control
Le convoyeur

 (la cave de Borat)
Copland

Coquin de printemps

Coraline

Le Corbeau
La corde

Le Corniaud

Cosmopolis
La couleur pourpre
The counselor
Coup de tete

Coup de Torchon
Coups Pour Coups

La Course A la Mort de l'An 2000
La course au jouet 
Cours Privé
Cowboys and Aliens
Cowboy Bebop le film
Le Crabe Tambour

Cradle Of Fear
Le crapaud et le maître d'école
Crash
The Crawling Eye

C.R.A.Z.Y
Crazy Heart
Crazy Kung-Fu
Crazy stupid love
Creance de sang
La Création
Créatures célestes
Creepozoids
Creepshow
Le Cri du Hibou
Le crime etait presque parfait


La Crise
Critters, Critters 2, Critters 3, Critters 4
Crocodile 2
Crocodile Dundee,  
 (la Cave de Borat)
The CrowThe Crow 3 Salvation
Cruising
Crying Freeman
Cube Zero
La Cuisine Au Beurre
Cujo


Cyborg
Cyborg Conquest
Cyclone (1978)
Cyrano de Bergerac

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Sommaire des séries, livres et jeux

Série TV

La quatrième dimension saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

American Horror Story saison 1

AngelAngel saison 1 

 (la cave de Borat)

 (saison 1)

  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat),  (la Cave de Borat)

Batman:  Batman Naissance D'Une Légende (la cave de Borat),  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Boardwalk Empire:  Boardwalk empire saison 1Boardwalk empire saison 2 Boardwalk empire saison 3

 (intégrale)

Buffy contre les vampires: Buffy contre les vampires saison 1Buffy contre les vampires saison 2, Buffy contre les vampires saison 3,  Buffy contre les vampires saison 4, Buffy contre les vampires saison 5Buffy contre les vampires saison 6Buffy contre les vampires saison 7

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Code Quantum

 (la cave de Borat) 

 (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Cowboy Bebop

 

 (la cave de Borat) 

Dead Set

 (la cave de Borat)

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 (la cave de Borat)

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 (la cave de Borat)

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 (la cave de Borat)

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Les Envahisseurs

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

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 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Fringe: Fringe saison 1, Fringe saison 2, Fringe saison 3, Fringe saison 4 Fringe saison 5

 (la cave de Borat)

Game of thrones saison 1

La gifle

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Hannibal (série)

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,  (la cave de Borat)

Heroes saison 1

 (la cave de Borat)

House of cards: 

 (la cave de Borat)

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 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

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Masters of horrors:  (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

Métal Hurlant Chronicles

Mildred Pierce

 (la Cave de Borat) 

Le Muppet Show

 (la Cave de Borat) 

 (la Cave de Borat)

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 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

The Pacific

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Parade's end

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les piliers de la terre

Pokemon

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

Rambo Le Dessin Animé (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Robocop la série (pilote)

Rome (l'intégrale)

 (Cave de Borat)

Sarah Connor's Chronicles (saison 1)

 (la cave de Borat)

Les Simpson: Les Simpson saison 1, Les Simpson saison 2, Les Simpson saison 3, Les Simpson saison 4,  Homer Like A Rolling Stone (la Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

Sons of anarchy:  Sons of anarchy saison 1Sons of anarchy saison 2 Sons of anarchy saison 3

 (la cave de Borat)

South Park:  Cartman a une sonde anale, Volcano (South Park), South Park Is Gay

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Star Wars Clone Wars

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Top of the lake

 (la cave de Borat)

Twin Peaks (série)

 (la cave de Borat)

Under the dome

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

The Walking Dead: The Walking Dead pilote, The Walking Dead saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Livres 

Batman Year one

Le bleu est une couleur chaude

The Crow (livre)

The Dark Knight Returns

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Dragon Ball (manga)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

GTO

Happy Rock

L'homme sans peur

Je suis une légende (roman)

The Killing Joke

 (la cave de Borat)

Moins que zéro

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Tintin: Tintin au pays des sovietsTintin au CongoTintin en Amerique, Les cigares du PharaonLe lotus bleu

 (la cave de Borat)

Le transperceneige (BD)

Ultimates: Ultimatum

Un long halloween

Wanted

Wolverine Origins

 (la cave de Borat)

20th Century Boys

Jeux-vidéo

007: Quitte ou double, Blood Stone 

Call of Duty: Call of Duty Modern Warfare 2 Call of Duty Black OpsCall of Duty Black Ops 2 

Dead Island

Dead Space

Donald Qui est PK

Duke Nukem Forever

Gears of war, Gears of war 2, Gears of war 3

GTA: GTA San AndreasGTA IVGTA Episodes from Liberty City, GTA V

Halo 4

Hitman Blood Money,  Hitman Absolution

Luigi's mansion 2

Magical Mirror starring Mickey Mouse

Mario Kart: Mario Kart Double Dash,

Max Payne 3

New Super Mario Bros

Rayman Origins

Red Dead Redemption

SOS Fantomes le jeu

Taxi 3 le jeu

Titeuf le jeu Titeuf Mega Compet

Tomb Raider (2013)

Uncharted 2

Yoshi's island

Dossiers cinéma et hommages

Marvel Cinematic Universe:

Hayao Miyazaki:

Dune: L'épice au commencement

La terreur surgit du désert (bonus du film Tarantula !)

La volupté du Shaw Bis (bonus du film Super Inframan)

Walt Disney: 

Robocop: la quête identitaire

Steven Spielberg:

L'Enfer: L'enfer et rien d'autre

Coup de gueule sur le cinéma américain et français:

Hommage à Jean Giraud: Blueberry est orphelin

Hommage à Marc Alfos: Russell Crowe laissé sans voix

Hommage à Tony Scott: The man on fire was died

Hommage à Michael Clarke Duncan: Vous ne le confondrez plus avec le café

Hommage à Francis Lax: Han Solo reste sans voix

Hommage à Ray Harryhausen, le génie des effets spéciaux

Hommage à James Gandolfini: Un Soprano a perdu sa voix

Hommage à Richard Matheson: La légende de Richard Matheson

Hommage à Georges Lautner: Un tonton s'est fait flinguer...

Hommage à Paul Walker: Parti trop vite...

Hommage à Edouard Molinaro: Une folle s'en est allée

Hommage à Peter O'Toole: Lawrence part vers des contrées lointaines dépassant les mille et une nuits...

Hommage à Phillip Seymour Hoffman: Le Comte a atteint son compte à rebours

Hommage à Harold Ramis: Les SOS Fantômes perd un de ses membres phares

Hommage à Alain Resnais: Le plus BDphile des cinéastes s'en est allé

Hommage à Micheline Dax: Kermit a perdu sa Miss Peggy

Hommage à Bob Hoskins: Eddie Valiant s'en est allé voir les toons

Hommage à HR Giger: Un xénomorphe en moins

Hommage à Anthony Goldschmidt:  Afficheur pour toujours

Hommage à Eli Wallach: Le plus grand des truands

Cannon (hommage à Menahem Golan): Le bis en manque de Cannon

Hommage à Robin Williams: O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

Hommage à Joe Cocker: Cuvée so beautiful to me

Hommage à John Hughes: Cuvée Hughes together, Hughes forever

Hommage à Mike Newell: Cuvée lauréate

Hommage à Christopher Lee: Cuvée Horror King

Hommage à Omar Sharif: Jivago s'en va vers le lointain trouver Lawrence d'Arabie

Hommage à James Horner: Cuvée deuil symphonique

Hommage à Michel Delpech: Cuvée tantôt chasseuse, tantôt chanteuse

Hommage à Michel Galabru: Cuvée râleuse mais amusante

Hommage à David Bowie: Cuvée Dieu Bowie

Hommage à Alan Rickman: Cuvée Clay, Bill Clay

Hommage à Robert Vaughn et Leonard Cohen : Leonard s'en est allé, sa musique reste

Hommage à Gotlib, George Michael, Claude Gensac et Carrie Fisher: Ils sont tous partis vers une galaxie lointaine, très lointaine

Hommage à John Hurt et Bill Paxton: John et Bill sont partis vers d'autres contrées

30 juin 2017

L'amour contre le reste du monde

Richard et Mildred s'aiment et finissent par se marier à Washington. Les seuls problèmes pour eux sont qu'ils vivent au Texas en 1958 et que Mildred est afro-américaine...

Loving

Plus les années passent et plus les biopics deviennent un brin uniformes. Il y en a beaucoup, sur à peu près tous les sujets, mais finalement pas mal ne s'écarte jamais du cahier des charges. Souvent il s'agit de montrer toute une vie (ce qui peut vite devenir redondant) ou alors une partie significative. Un angle d'attaque choisi par Michael Mann avec Ali (2001), revenant sur l'ascension, la chute puis le retour du boxeur, sans se focaliser sur son enfance. Quelque chose qu'avait fait Ray (Taylor Hackford, 2004) pour un résultat finalement plus classique. De la même manière, beaucoup de spectateurs peuvent être floués par le fameux écriteau "inspirés de faits réels", qui souvent n'a rien à voir avec le biopic et va plus vers la fiction en laissant parfois de côté l'Histoire même. Loving (Jeff Nichols, 2016) est en soi un biopic, car il se base sur une histoire bien précise qui a remué les moeurs du Texas. Mais Jeff Nichols se détache beaucoup de l'aspect biographique pur et ce dès l'ouverture. Plus prisé par les biopics, l'écriteau "d'après une histoire vraie" n'apparaît finalement pas dans Loving, comme une manière de montrer que Nichols n'en a pas besoin pour raconter son histoire. Cela n'empêchera pas le spectateur d'aller voir ensuite sur le camarade Wikipédia si ce qu'il a vu est vrai ou faux. 

Loving : Photo Joel Edgerton, Ruth Negga

Il y a à peine des écriteaux en fin de film pour évoquer ce qu'est devenu le couple au centre de l'attention. Mais là non plus, nous ne sommes pas dans l'informatif à outrance avec défilé d'informations à l'écran. Nichols garde l'essentiel, car ce n'est pas le sujet de son film. Ce qui l'intéresse c'est la lutte du couple Loving (incarné par Ruth Negga et Joel Edgerton) pour faire valoir ses droits durant une époque où tous les States des Etats-Unis n'acceptaient pas les mariages de couples mixtes. Nichols se focalise sur son couple phare comme s'il filmait une histoire d'amour, au point que progressivement le spectateur oublie que Loving est un biopic. Il est d'ailleurs rare que l'on se passionne pour un biopic au point de se détacher des faits et de ce qui s'est passé. Même un film aussi bon qu'Ed Wood (Tim Burton, 1994) était très segmenté et reposait sur une certaine chronologie. Nichols s'en fout. C'est à peine si l'on voit des informations sur les années qui passent. C'est ce qui fait toute la richesse de Loving. Le réalisateur préfère filmer les tracas de son couple, mais aussi ses bonheurs au fil du temps. La routine aussi avec Richard allant au travail, Mildred s'occupant de la maison et des enfants que ce soit lorsqu'ils habiteront en ville ou à la campagne. 

Loving : Photo Joel Edgerton, Ruth Negga

D'une autre façon, le rythme du film n'est pas non plus énergique, comme d'autres films auraient pu l'être avec un sujet similaire pour alimenter le suspense. On repense alors au côté naturaliste du réalisateur, symbolisé notamment par Mud (2012) et hérité de Terrence Malick. Nichols tout comme Malick vient du Texas et le filme à travers ses paysages et sa culture. La musique de David Wingo se révèle discrète, mais renvoie aussi un peu au Texas avec la chanson Loving (Ben Nichols) faisant directement référence à l'Americana. Même si certains morceaux jouent sur une certaine tension (c'est le cas de Hand off et Brick), Wingo joue sur une tonalité dramatique sans en faire des tonnes. Si plusieurs morceaux se répondent au cours de sa composition, il y a une forme de majesté qui s'en dégage, ce qui s'avère particulièrement beau et à chaque fois quand l'espoir renaît pour ses protagonistes. A l'image de la réalisation de Nichols ou ce qu'il amène par son récit, Wingo semble s'imprégner du quotidien des Loving et joue avec les émotions véhiculés à l'écran. Pour ce qui est de l'affaire même, Nichols arrive bien à évoquer un couple coupé de ses racines à cause de leur amour. Au final, le réalisateur ne parle que de ça: l'amour d'un homme pour une femme, qu'importe sa couleur de peau. Le film pose alors implicitement la question: en quoi un couple mixte est-il un problème pour la société et surtout quel mal y a t-il à ça? 

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Cette question en apparence simple devrait amener le spectateur à une réflexion évidente. Sauf qu'encore aujourd'hui tout le monde ne pense pas de la même façon, évoquant quelque chose de "contre-nature". Aux USA, les accords Loving (en rapport avec notre couple) ont été cité lors de la création des accords Obergefell amenant à la légalisation du mariage homosexuel, ce qui rend le combat des Loving toujours d'actualité. Faire un film sur ce sujet aujourd'hui n'en devient qu'ironiquement politique, même si Nichols ne le cherche pas directement. Certains trouveront un énième moyen de rattacher le film à la politique de Donald Trump, comme d'autres l'ont fait avec Get out (Jordan Peele, 2017). Si la sortie du film concordait avec son élection (il est sorti en novembre et chez nous peu de temps après son investiture), le film avait été diffusé à Cannes bien avant et sa production s'est enchaînée avec celle de Midnight special (2016). L'ironie est peut être plus forte que la réalité dans le cas présent. Le choix des acteurs était d'autant plus important puisqu'au centre du film. Sortant des rôles de grands gaillards bourrins (It comes at night l'a encore confirmé ce mois-ci), Joel Edgerton trouve un rôle plus minimaliste qui lui va bien. Mais la grosse performance vient de Ruth Negga. Longtemps cantonnée aux séries où elle s'en sortait bien (Agents of shield par exemple), elle illumine Loving et apporte une fraîcheur bienvenue.

Jeff Nichols signe un film magnifique sur l'amour et une affaire encore importante aujourd'hui.

28 juin 2017

La chauve-souris casse des briques

Batman a adopté un jeune garçon, ce qui ne lui convient pas trop. Le Joker faisant encore des siennes, il va être obligé de faire de Robin son acolyte...

Lego Batman

Depuis quelques années, Warner Bros revient à l'animation et on parle bien ici de films. Le studio s'était un peu reposé au fil des 2000's sur des séries animées diverses, souvent en rapport avec des super-héros. On pense à X Men Evolution (2000-2003), La ligue des justiciers (2001-2004), Teen Titans (2003-2006) ou Ben 10 (2005-2008). Quand on connaît bien le passé animé de Warner (les Looney Tunes tout simplement), il était triste de se dire que l'héritage cartoonesque du studio ne menait à plus grand chose. Le studio avait bien essayé de revenir à l'animation au cours des 90's, mais privilégiant les mauvais projets aux bons (Le géant de fer avait subi financièrement et créativement le naufrage d'Excalibur l'épée magique), Warner Bros Feature Animation avait fermé. Le flop commercial des Looney Tunes passent à l'action (Joe Dante, 2003) a finalement rajouté une couche à l'optique de Warner d'arrêter l'animation. Il y a bien eu des tentatives comme les Happy feet (George Miller, 2006-2011), mais cela n'a jamais été très loin. Warner finit en 2013 par revenir dans le milieu avec un studio baptisé Warner Animation Group. C'est dans cette structure que sont nés The Lego Movie (Lord, Miller, 2014), Cigognes et compagnie (Stoller, Sweetland, 2016) et The Lego Batman Movie (Chris McKay, 2017). Fort de ces succès (même si Cigognes... a fait beaucoup moins sur une saison différente), le studio est lancé et semble s'entourer d'auteurs intéressants. 

LBB

On a cité plus haut le duo Lord/Miller et Nicholas Stoller, mais on peut aussi rajouter le duo John Requa / Glenn Ficarra ou Jason Segel pour des projets futurs. Pour Warner, il s'agit de revenir au cartoon, élément peu prisé de la concurrence et lui permettant de sortir du lot. The Lego Batman Movie est un film qui prolonge le délire de The Lego Movie où le personnage apparaissait déjà. Will Arnett reprend logiquement son rôle et se voit épaulé d'un beau casting: Michael Cera (Robin), Rosario Dawson (Batgirl), Zack Galifianakis (Joker) ou Ralph Fiennes (Alfred). Certains sont même là pour la private joke, à l'image de Billy Dee Williams (il jouait Harvey Dent dans le Batman de Tim Burton, avant de résigner son contrat, perdant ainsi l'occasion de jouer le personnage en Double Face dans Batman Forever). Un casting de qualité et un peu comme The Lego Movie (Chris Pratt vs Arnaud Ducret, combat perdu d'avance pour le français) quasiment indispensable pour certaines vannes ou expressions, certaines traductions françaises (même en sous-titrage) laissant à désirer. Inutile d'Y aller par quatre chemins: The Lego Movie Batman est un film qui parlera aux fans de l'univers du super-héros, que ce soit des comics, des films ou des séries. Les private jokes sont légions au cours du film, ce qui titillera les irréductibles comme les néophytes, au risque de les perdre un peu ou de les intéresser d'autant plus. 

rlb

Ce qui est toujours le risque d'un film très référencé au niveau de la pop culture. (Attention spoilers) La première scène phare du film aligne les caméos de méchants (dont le chef des mutants de The Dark Knight Returns et même les pingouins de Batman Returns) et se paye même le générique de la série des 60's (en passant, RIP Adam West) le temps du refrain sur du bon metal (clin d'oeil à quelques vidéos virales fortement amusantes). En parlant de ça, Chris McKay s'amuse comme un petit fou avec la série, alignant les références notamment au film (comment ne pas évoquer le cas du jet anti-requin ?) sans jamais se moquer. On peut même voir The Lego Batman Movie comme une ôde mémorable à un personnage et à ce qu'il représente depuis 78 ans. Au pire Alfred parlera de quelque chose de "weird" (ce qui n'est pas faux si vous avez vu au moins le film). Le réalisateur joue sur l'aspect parodique sans ternir ce qu'est Batman. On peut même dire qu'il aborde certains thèmes amusants et plutôt bien vus. Batman est ainsi montré comme un personnage solitaire, ne s'attachant à quasiment rien (même pas à Alfred), voire pire il s'enfonce dans sa double-personnalité. Bruce Wayne apparaît peu, car Batman est tellement plus attirant qu'il finit par garder le masque même chez lui. Une névrose devenant de plus en plus forte et qui fait écho à certains passages de la trilogie de Christopher Nolan (2005-2012).

Lego Batman, Le Film : Photo

Le super-héros prenait parfois plus de place que le personnage réel, au risque de se croire trop fort et de sombrer (remember The Dark Knight rises). Cela atteint son paroxysme lorsqu'il se voit obligé de faire équipe avec l'enfant qu'il a adopté. Chris McKay s'amuse de la drôle de relation entre Batman et Robin, souvent considérée comme un duo à consonance gay. Le côté efféminé véhiculé par le doublage de Michael Cera (notamment lors de l'essayage de costumes) vaut à lui seul le visionnage en vo. Par ailleurs, le film s'amuse aussi du côté "à part" de Batman dans la Justice League, au point de n'être invité par personne pour diverses soirées. Plus amusant encore, McKay montre que le Joker cherche à tout prix l'affection de Batman et veut être considéré comme son meilleur ennemi. Ce qui rend sa filiation avec Batman d'autant plus amusante (deux êtres torturés ne pouvant s'empêcher de s'affronter) et raccord avec leurs relations en général. McKay perpétue l'aspect foutraque de The Lego Movie en permettant une réunion de méchants absolument délirante, donnant même lieu à un aspect cocasse (Ralph Fiennes face à Voldemort, il y a de quoi rire). Un délire pas si différent de celui de Benedict dans Last action hero (John McTiernan, 1993). (fin des spoilers) Quant à l'animation, elle se révèle aussi ambitieuse en terme d'idées visuelles et le premier affrontement est un parfait exemple de virtuosité. Il y a toujours ce style proche de la stop-motion et l'aspect lego est toujours ludique.

TLB

Moins inventif que The Lego Movie, The Lego Batman Movie s'impose par son humour parodique et son hommage pince sans rire à une icône du superhéroïsme et à son univers.

21 juin 2017

Cuvée clippesque

Chaque année, votre cher Borat revient sur des artistes, des albums et même des clips en ce 21 juin, fête de la musique et aussi début de l'été (laissons entrer le soleil, tout ça, tout ça). Cette année, la Cave de Borat a décidé de revenir sur un point fort du monde de la musique: le clip vidéo. Purement promotionnel, de la performance live au pire, le clip est également l'occasion pour certains réalisateurs et même des musiciens (Michael Jackson en est la preuve) de faire dans la fiction, souvent avec qualité. En général plus le clip est fort, plus la chanson restera dans les mémoires. Y compris la pire des daubes. Il s'agira donc pour moi de revenir sur des clips que j'aime, qui m'ont marqué et parfois venant de réalisateurs connus ou qui ont depuis une belle carrière. Il n'y aura pas de Michael Jackson, David Fincher ou Spike Jonze, puisqu'ils ont été largement abordé dans d'autres cuvées, ni même le groupe Gorillaz qui aura droit à une cuvée un de ces quatre. Alors êtes vous prêts pour un voyage dans le temps? Mettez vos écouteurs, faites chauffer le beat et appuyez sur lecture, ça va déménager.

  • Music sounds better with you / Stardust / Michel Gondry (1998)

Commençons par une valeur sûre. Alors que son cinéma navigue entre fictions et documentaires, on pouvait déjà déceler l'univers particulier de Michel Gondry à travers ses clips. On connaît son travail pour Daft Punk (Around the world, 1997), mais on oublie parfois l'aventure Stardust du camarade Thomas Bangalter. Un groupe éphémère composé de Bangalter, Alan Braxe et Benjamin Diamond sur l'année 1998 qui aura au moins déboucher sur ce titre mémorable. La première fois que j'ai vu ce clip, je devais avoir six ans. On venait d'avoir la parabole, permettant de capter enfin M6. A cette époque (fin 2000-début 2001), la chaîne est déjà réputée pour l'émission Hit Machine (1994-2009) et sa diffusion intensive de clips, au point que le groupe M6 a créé une
chaîne spécifique (M6 Music). Certes le clip de Music sounds better with you accusait déjà deux ans d'âge, mais il passait souvent le matin dans les sessions de clips. Ce fut l'un des premiers qui m'a marqué et encore aujourd'hui, il est toujours aussi frappant. On suit un jeune garçon qui fait une maquette d'avion. En parallèle, on peut voir à la télévision une sorte de hit parade où Bangalter et ses potes se retrouvent en costumes blancs et méconnaissables (Bangalter fidèle à lui-même) sur un nuage. L'un d'entre eux arbore même un synthé-guitare que n'aurait pas renié le merveilleux duo Modern Talking (ou Ryan Gosling).

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Pochette du single.

Tout comme Gondry s'amuse aussi à parodier ce qui marchait à l'époque ou dans les 80's (le clip a un côté un peu kitsch qui le rattache davantage à cette décennie). Une chanteuse nommée Samantha (Fox?) vulgairement pelotée par un mec dégueulasse un verre à la main. Dave Stavroz dans une énième parodie du clip d'Addicted to love (Robert Palmer, 1985). Un autre clip qui nous plonge dans la gorge d'un monsieur. Enfin ce qui semble être un boys band avec la danse qui va avec. Pendant que les parents s'engueulent quasiment tout le temps (le clip commence sur une engueulade sonore), le petit continue son avion et le groupe Stardust gravit un échelon à chaque émission. Gondry s'amuse avec le groupe qu'il montre avec un effet 3D, avant de les faire interragir avec le petit garçon en lui redonnant son avion à travers les nuages. La musique a un rythme particulièrement entraînant, donnant même un côté merveilleux aux aventures du garçon. Encore aujourd'hui, Music sounds better with you est un titre phare de la french touch et son clip reste encore bien en mémoire.

  • Ms. Jackson / Outkast / F Gary Gray (2000)

J'aurais très bien pu choisir Hey ya! (2003) qui fut un clip assez marquant durant mon enfance (notamment avec son lot d'apparitions folles d'André Benjamin), mais j'ai préféré prendre un des premiers clips dont je me souviens. Là encore à cause ou plutôt grâce à M6. Ms Jackson est typiquement le type de chansons où enfant on ne comprend strictement pas les paroles, mais on trouve le rythme et la musique plaisants. Puis quand vous grandissez, vous tapez les paroles sur le net et vous tombez des nues. Pour avoir fait récemment l'expérience avec What you waiting for? (Gwen Stefani, 2004), c'est assez amusant. Ms Jackson est une chanson où André Benjamin revient sur son ancienne belle-mère qui a parasité sa relation avec son ex, Erykah Badu. Autant dire que le message est passé avec subtilité. On aurait pu penser que le clip serait tout aussi explicite que l'est souvent la chanson, mais finalement pas tant que ça. On voit une dame passer en voiture et Benjamin et Antwan Patton la saluent méchamment ou de manière ironique. On comprend facilement que s'ils sont là dans une maison paumée et en réparation, c'est probablement à cause d'elle.

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Pochette de l'album Stankonia (2000) où figure Ms Jackson.

On voit alors les deux collègues essayer tant bien que mal de réparer la maison accompagnés d'animaux. Comme pour confirmer que Ms Jackson porte malheur, un orage arrive et dégomme la voiture, les trous sont légions dans la maison, les plombs sautent... Un merveilleux chat noir. En soi, le clip de F Gary Gray (qui avait déjà signé des clips pour le duo par le passé) n'est pas monumental, mais il a le mérite d'être prenant et amusant à voir. 

  • What you waiting for? / Gwen Stefani / Francis Lawrence (2004)

Vu qu'on vient d'en parler, autant crêver l'abcès. Le clip What you waiting for? m'a souvent été présenté sous sa version courte (donc largement coupé pour laisser place à la chanson en priorité), là où sa version longue de près de sept minutes prend un malin plaisir à jouer avec la chanson de Gwen Stefani. Comme évoqué plus haut, What you waiting for? a des paroles pour le moins explicites et qui ont le mérite de faire rire jaune. Les paroles font curieusement sens avec le clip vidéo de Francis Lawrence, notamment certaines vocalises (je vous laisse aller vérifier vous même les paroles, vous risquez de bien vous amuser). Le tic tac nous amène dans un univers inspiré d'Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll, 1865) et certaines paroles de la chanson y renvoyait déjà. Stefani se retrouve grande dans une maison après avoir dit qu'il se peut qu'elle grandisse par exemple. Le parc renvoie au labyrinthe de la Reine de coeur (également incarnée par Stefani), tout comme on peut voir la chanteuse dans la peau de jumelles. La chenille fumeuse d'opium est représentée par un asiatique. Tout comme le lapin symbolisé d'abord par un jouet, puis par une des Harajuku girls, des danseuses nippo-américaines qui avaient suivit Stefani. Sans compter le fameux passage du non-anniversaire.

GS

Pochette du single.

Le clip se veut d'ailleurs aussi explicite que la chanson quand ils abordent tout deux le manque d'inspiration et la pression des producteurs. Stefani se voit obligée de faire à tout prix un titre en rentrant à Los Angeles et se retrouve avec le syndrome de la page blanche. La chanson parle de ça et Lawrence parvient à retranscrire ça, notamment en faisant passer la chanteuse par une sorte de thérapie aux proportions délirantes. Au point de convoiter le public japonais dans des proportions délirantes! Au final, la fameuse "hot track" est arrivée, mais ce n'est pas forcément ce qui était attendu et la chanson de faire exploser la carrière solo de Gwen Stefani. Comme quoi, l'inspiration en perdition peut donner lieu à des travaux fascinants.

  • We are all made of stars / Moby / Joseph Kahn (2002)

Avant de réaliser Torque (2004) ou plus respectablement Detention (2012), Joseph Kahn a souvent iconisé les stars dont il confectionnait les clips. Avec We are all made of stars, les personnalités pullulent autour de Moby dans une panoplie de cosmonaute. Jugez plutôt: Sean Bean (qui ne meurt pas, précision notable), Verne 'Mini Me' Troyer, Corey Feldman, Arnold et Willy, Dominique Swain, Ron Jeremy, Thora Birch, Leelee Sobieski et même les icônes de la Trauma Toxic Avenger et le sergent Kabukiman! Tous ont pour la plupart la particularité d'avoir eu une célébrité aussi rapide qu'éphémère ou alors en devenir à l'époque. Feldman est l'exemple typique de la première catégorie, passant de l'enfant star ultra demandé à père de Katy Perry le temps d'un clip entre deux direct to dvd. Birch comme Sobieski et Swain correspondent davantage à la seconde. Tout le monde veut devenir une star en allant à Los Angeles, mais le résultat ne dure pas toujours très longtemps. Derrière son clip particulièrement lumineux, Kahn se paye le star system et particulièrement celui d'Hollywood qui broie aussi vite ses étoiles montantes pas longtemps après les avoir lancer. Le tout souvent dans une indifférence qui amène parfois au pire. Il n'y a qu'à voir le pauvre Toxic Avengers évincé par le sergent Kabukiman le temps d'une avant-première.

mob

Pochette du single.

De la même manière, Kahn s'amuse à faire divers zooms et travellings afin de recentrer l'attention sur les guests et le chanteur. Certains ne sont déjà plus des stars, finissant dans l'anonymat le plus total de l'hôtel miteux ou du fast food du coin. Quant aux plus jeunes, ils profitent de la hype avant l'anonymat (l'exemple de Sobieski dans le clip est assez évident). Sean Bean est peut être le cas le plus à part. L'acteur a toujours joué les second-rôles, ce qui lui a permis d'asseoir une certaine réputation. Pas étonnant qu'il soit montré dans une situation bien plus reluisante, même si on peut voir une forme d'ironie dans son costume qui peut faire penser à 007 (il était le méchant de GoldenEye, rappelons-le). En résulte, un clip assez fort et qui essaye d'exhumer certaines stars d'une époque aujourd'hui révolue.

  • Starlight / Supermen lovers / David et Laurent Nicolas (2001)

Restons encore un peu dans le star system avec un clip et une chanson qui devraient vous dire quelque chose. Il s'agit là aussi d'un des premiers clips qui m'a marqué, non seulement par la musique (qui fut un des gros tubes de 2001), mais aussi par son clip au look très singulier. Le design des personnages ne plaira pas forcément à tout le monde, voire paraîtra étrange. Ils sont assez laids dans l'ensemble, que ce soit le héros, ses parents ou même les producteurs qu'il appelle. Ces derniers ont d'ailleurs tous les défauts possibles entre les dents crades  (un d'entre eux a même des airs de vampire), le cigare en bouche et un corps reposant principalement sur une grosse tête et des petits bras. Sans compter que le clip joue beaucoup sur de possibles cordes de marionnettes, renforçant le look improbable du clip. Jusqu'aux aliens et au squelette servant de vedette. Mais Starlight est aussi une merveilleuse satire de l'industrie musicale, mais aussi des goûts des gens. On le voit, nos petits vieux aiment bien écouter sans cesse la même chose, au point que quand il y a du changement, ils le refusent. Le duo comme Guillaume Atlan, le fameux Supermen lovers, ne mettent pas d'extrait sonore du squelette, mais on se doute assez rapidement de ce qui peut plaire (de la soupe).

SL

Pochette du single.

Ce qui est différent ne marche pas et a tendance à faire peur aux producteurs. Le héros et son ami souris sont des incompris, des freaks (encore plus renforcés par le design) et comptent bien s'amuser avec les producteurs. Les héros ne cherchent qu'à être connus et avoir leur quart d'heure de gloire (ce qu'ils auront finalement) et le refrain de la chanson va clairement dans ce sens. La Terre n'est pas assez bonne pour eux, mais l'Espace le sera peut être. Sauf que même le final du clip est assez triste, puisqu'il n'y en a qu'un qui en profitera. L'autre pourra toujours croupir sur Terre pendant que l'autre savoura un bon jacuzzi! Le cynisme jusqu'au bout.

  • Stan / Eminem / Philip G Atwell (2000) 

Passons désormais à beaucoup plus glauque. Eminem est au top de sa forme, sa popularité a atteint des sommets dans un genre musical globalement noir. Connu pour son ton particulièrement radical (notamment pour ce qui est de taper sur sa mère), le rappeur avait signé cette complainte de fan sur l'album The Marshall Mathers LP (2000). Le clip reprend le même contexte que celui de la chanson et sa version non-censurée se révèle particulièrement violente. La chanson comme le clip mettent en scène un fan hard core d'Eminem (Devon Sawa), faisant une fixette absolue sur lui, au point de se teindre les cheveux en blond ou de remplacer la partie où figure sa petite-amie (la chanteuse Dido encore inconnue à l'époque) sur une photo par une autre d'Eminem. L'obsession le rend dépressif, paranoïaque et profondément malsain. La photo très sombre, renforcée par la pluie battante et la nuit, ne fait qu'accentuer l'aspect glauque de la chanson et du clip jusqu'à atteindre des sommets d'horreur dans ses dernières minutes. Comme Eminem, Philip G Atwell ne fait rien pour rendre Stan attachant et plus le clip avance, plus il accentue la psychose du personnage.

Em

Pochette de l'album The Marshall Mathers LP où figure Stan.

Il devient encore plus agressif qu'il ne l'était déjà. Sa copine a beau dire que ce n'est pas si grave, elle subira les foudres de son copain fou dans une issue ornée de hurlements terribles. Lorsqu'Eminem répond à Stan, il est déjà trop tard. Stan est mort, laissant derrière lui un fait divers digne d'un film d'horreur. La partie avec Eminem est ironiquement assez sobre, après le torrent de haine de Stan. Le clip doit également beaucoup à l'interprétation inspiré de Devon Sawa dans un sommet d'hystérie.

  • Come to daddy / Aphex Twin / Chris Cunningham (1997)

Restons dans une tendance un brin trash avec un artiste particulièrement marquant des 90's. N'ayant jamais lancé de cuvée sur son travail, cette tribune est une bonne occasion pour parler de Chris Cunningham. Il n'a jamais réaliser de long-métrages au contraire de Francis Lawrence ou Anton Corbijn. Pourtant le travail de Cunningham intéresse, fascine, dérange et ce depuis 1995. D'ailleurs je remercie le camarade Princecranoir pour m'avoir définitivement initié à ce vidéaste. Un réalisateur qui s'amuse avec les corps, les modifie au point parfois d'en venir à quelque chose de purement malsain. Il fera de la chanteuse Bjork un robot qui s'accouple avec un autre (All is full of love, 1999). Afrika shox (Leftfield, Afrika Bambaataa, 1999) montrait un sans-abri de type africain dont les membres éclataient progressivement comme un vase, dans un portrait de déshumanisation impressionnant. On peut également citer la publicité pour Playstation que j'ai déjà évoqué dans ces colonnes, où une jeune femme avait eu le visage modifié après captation de ses mouvements faciaux. Certainement mon premier "film d'horreur". Mais les clips que l'on retient de Cunningham sont en général ceux réalisés pour Aphex Twin. Pour Windowlicker (1999), Cunningham reprenait le principe de Come to daddy, à savoir placer la tête de l'artiste sur d'autres corps.

AT 

Pochette du single.

Ici il le met en scène à travers des enfants s'attaquant à une vieille dame et à un gars. Ce qui n'est pas sans rappeler un autre grand expérimentateur autour des corps, un certain David Cronenberg. En effet The brood (1979) mettait en scène des enfants difformes s'en prenant à ceux qui s'attaquent à leur mère. Ici il s'agit du père montré lui aussi de manière déformée à travers un poste de télévision. L'influence de Crocro continue à travers le fameux père sortant de la télévision, évoquant ainsi Videodrome (1983). Cunningham le fait ensuite apparaître sous la forme d'un bébé géant et brailleur, avant de le montrer à nouveau avec le visage d'Aphex Twin dans un corps affreusement maigre. Rien que de voir le visage inexpressif d'Aphex Twin, il se dégage de ce clip un sentiment de dégoût et une vision d'horreur qui ne cesse de continuer le long des presque six minutes de vidéo. Preuve aussi que Citadel (Ciaran Foy, 2012) n'a décidémment pas inventé l'eau chaude, on retrouve là aussi la banlieue londonnienne comme théâtre des exactions des enfants et de leur père. Come to daddy, une véritable plongée dans l'horreur de vos quartiers.

  • Hands clean / Alanis Morissette / Francis Lawrence (2002)

Retour vers la vidéographie de Francis Lawrence, qui avait décidément une belle carrière dans le clip avant de s'attaquer au cinéma. Alanis Morissette aka Dieu pour les intimes revenait en 2002 avec un nouvel album après quatre ans d'attente. Comme avec Gwen Stefani plus haut, le réalisateur est finalement assez fidèle aux paroles de Morissette sur Hands clean. La chanson se base sur la relation amoureuse entre la chanteuse et un homme plus âgé (visiblement dans le milieu de la musique) alors qu'elle était encore adolescente. Le réalisateur reprend le principe en confrontant plus ou moins Morisette à son ancien amant (ici incarné par Chris Sarandon) dans un lieu banal, puis dans des flashbacks, ce qui accouche d'une chanson. Le réalisateur montre alors progressivement et de manière assez originale la confection du single, puisqu'il prend le point de vue d'une télévision. La caméra s'avance dessus et de temps en temps, il lui arrivera de bouger un peu comme une personne qui tangue. L'intérêt du spectateur se trouve dans la petite lucarne. Pour les transitions (plans courts comme un peu plus longs), les plans défilent toujours de droite à gauche, permettant au spectateur de toujours regarder au centre sans être déconcentré.

AM

Pochette du single.

De la même manière, lorsqu'il en a besoin le réalisateur annonce les distances temporelles en bas de l'écran. On voit alors toutes les étapes: la composition, l'enregistrement, la confection des galettes, la promotion (photo, clip, radio), arrivée en rayon, concert et enfin postérité. Pour les dernières étapes, Lawrence mise alors sur la réaction enthousiaste de fans relativement jeunes, comme pour confirmer qu'une chanson peut rassembler le plus de monde et que la jeunesse est un vecteur essentiel. 

  • Gust of wind / Pharrell Williams feat Daft Punk / Edgar Wright (2014)

Ce sera probablement le clip le plus récent de cette cuvée. Edgar Wright avait déjà réalisé des clips dans les 2000's, mais il s'était vite arrêté pour se consacrer au cinéma (le succès de Shaun of the dead aidant). Quand le réalisateur de Scott Pilgrim vs the world se retrouve sur ce projet, il ressort de la production houleuse d'Ant Man qui se fera finalement sans lui et qui lui a fait perdre beaucoup d'années en raison de sa gestation chaotique. Sans véritable projet en marche, le réalisateur accepte la réalisation pour ce qui reste un des plus beaux clips récents. Pas de fiction véritable à mettre en scène, mais un aspect particulièrement poétique où Pharrell Williams fait ce qu'il fait d'habitude (il chante et danse avec un gros chapeau sur la tête). Si ce n'est pas une des meilleures compositions de Daft Punk, il se trouve que le titre est suffisamment entraînant pour amener à des chorégraphies. Wright filme alors de magnifiques danseuses dans des tenues rouges, blanches ou jaunes, parfois même dans les airs dans un décor automnal magnifique. Et nos chers robots français dans toute cette histoire? Hé bien ils sont là d'une manière bien spécifique. Après avoir été largement visible lors de la promotion de Random access memories (2013), le duo français est présent à travers deux têtes en pierre. 

PW

Ces dernières finissent alors par se réveiller progressivement et à se déplacer dans les airs avant d'atteindre le ciel. Le tout avant d'être représentés dans le ciel comme s'il s'agissait d'esprits. Il ne serait pas étonnant que Wright a pensé au Retour du jedi (Richard Marquand, 1983) et ce final où Luke voit différents esprits de jedis en pleine fête. Gust of wind n'est pas le meilleur travail d'Edgar Wright, mais il est une parfaite récréation entre The world's end (2013) et son petit dernier Baby driver (2017). Il montre aussi que son style s'est davantage apaisé depuis qu'il a touché à une production hollywoodienne. Pas plus mal.

  • Toxic / Britney Spears / Joseph Kahn (2004)

Retour chez le camarade Kahn. Alors que Britney Spears et son style commence à arriver à maturité (Pharrell Williams est passé par là), le réalisateur lui offre un merveilleux défouloir. Le réalisateur fera la même chose des années plus tard à Taylor Swift (Bad Blood, 2014), avec néanmoins bien moins de style et une avalanche de guests un brin poussive. Toxic est une chanson que l'on n'aime ou pas qui a le mérite d'être entraînante. C'est honnêtement une des chansons de Britney Spears qui me plaise plutôt bien et le clip envoyait du rêve à l'époque. Tout simplement parce que Toxic part dans toutes les directions possibles et envisageables avec un manque de cohérence tenant du délirant. Une sorte de blockbuster qui se fout de la logique et s'enfonce toujours un peu plus loin dans un délire visuel qui a un petit peu pris dans la tronche. A l'image de ces oiseaux dans le premier plan qui peinent à convaincre. Les effets-spéciaux et les fonds verts sont omniprésents, des sauts délirants... tout y passe, y compris les transitions capillaires et vestimentaires. Britney Spears passe d'une tenue d'hôtesse de l'air blonde à une tenue moulante de cambrioleuse aux cheveux rouges (visiblement un clin d'oeil à la série Alias). Enfin elle se retrouve avec une sorte de cape avec des cheveux noirs. 

BS 

Pochette du single.

Comme pour montrer qu'elle assume pleinement son aspect sexy et qu'elle n'est plus la petite fiancée de l'Amérique, la chanteuse se retrouve presque dans le plus simple appareil pour quelques plans un peu plus coquins. Le réalisateur fait même des clins d'oeil à Torque, le film qu'il a réalisé juste avant, connu encore aujourd'hui aussi bien pour son bide commerciale que pour sa qualité artistique souvent douteuse. Le passage motorisé de Toxic est honnêtement digne de ce que l'on peut voir dans le film (ce qui n'est pas forcément un compliment), y compris ce plan où la moto fait lever une robe! On peut également rajouter la présence dans le clip de Martin Henderson, rôle titre de Torque. L'excentricité n'a pas de prix quand il donne lieu à des essais aussi délirants. Toxic en est la preuve.

  • Sledgehammer / Peter Gabriel / Stephen R Johnson (1986)

Faisons maintenant dans le vintage. Encore aujourd'hui, Sledgehammer reste l'un des clips les plus inventifs de tous les temps de par l'étendu du travail accompli. Peter Gabriel voulait un clip totalement fou au point d'être difficilement copiable, il sera particulièrement servi. La présence de Peter Gabriel dans le clip est peut être trompeuse et pourrait faire croire que la production de ce clip a été plus facile qu'on ne le croit. Pourtant tous ses plans ont été travaillé image par image par les équipes d'Aardman. Oui les mêmes qui ont créé Wallace et Gromit. A l'époque le studio débutait et Sledgehammer fut l'un de leurs premiers travaux importants. Gabriel s'est ainsi retrouvé à être filmé durant seize heures de la même manière que pour un film en stop-motion, soit image par image. Une impression qui se remarque de par la multiplicité des expressions faciales de Peter Gabriel au cours du clip ou ses mouvements. Le clip n'a aucune narration et se veut être un véritable trip, passant d'une fécondation au visage de Peter Gabriel! Un train passe autour du visage de Gabriel, il devient bleu comme le ciel, se fait percuter par des auto-tamponneuses animées, se retrouve dans une montagne russe dessinée sur un tableau avant de finir en statue de glace.

PG

Pochette du single.

Le décor varie selon les moments, allant du fond noir à de la végétation. Le chanteur finit par se transformer en tête de légumes, renvoyant aux célèbres peintures de Giuseppe Arcimboldo. Gabriel devient ensuite un véritable personnage de pâte à modeler et là le clip entre une phase totalement expérimentale. Le fond change sans cesse, le yin et le yang deviennent des poissons, des bonhommes vont dans la tête de Gabriel et surtout de véritables poulets à cuire dansent! Cette partie en particulier aurait été réalisé par Nick Park, le réalisateur de Chicken run. Une scène dingue parmi tant d'autres d'un clip qui tient la barre haute dans son domaine. Même la danse finale se révèle merveilleusement désincarnée dans les mouvements de Gabriel et ses choristes. Peter Gabriel et Steven R Johnson retenteront l'expérience avec cette fois-ci de l'informatique pour un résultat bien moins réussi et qui a davantage vieilli. Steam (1993) reste toutefois une tentative sympathique.

  • La trilogie Silverstone / Aerosmith / Marty Callner (1994-95)

Pourquoi avoir mis "la trilogie Silverstone" pour parler de trois clips du groupe Aerosmith ? Tout simplement parce que l'actrice Alicia Silverstone est le rôle principal des clips Cryin (1993), Amazing (idem) et Crazy (1994) tous réalisés par Marty Callner. Trois tubes en puissance (Crazy est magnifique et les deux autres sont particulièrement entraînantes) pour des clips tout aussi cultes. A chaque fois, l'actrice joue un rôle différent mais souvent similaire, celui d'une adolescente amoureuse. A l'époque, Silverstone attend de connaître un gros succès (à savoir Clueless d'Amy Heckerling) et ses clips pour Aerosmith joueront beaucoup dans sa visibilité et sa popularité naissante (malheureusement pour elle un brin éphémère). Si l'on excepte les appartés live du groupe, on suit à chaque fois une fiction différente (même si la fin de Crazy fait référence à Amazing). Le début de Cryin fait un peu peur avec Silverstone sur un pont quasiment prête à sauter. Si la suite sauvera les peurs des spectateurs, le début a de quoi avancer un final tragique. Comme peut le suggérer le début de la chanson, Silverstone se fait briser le coeur par Stephen Dorff et finit par le lourder définitivement en lui volant sa voiture. Comme pour confirmer qu'elle n'a vraiment pas de chance avec les garçons, le jeune Josh Holloway (dix ans avant Lost) finit par lui voler son sac avant qu'elle ne lui mette une sérieuse raclée.

AS

Couverture du Rolling Stone US de septembre 1995.

Un coup de pied plus énergique qu'un seul de Batgirl dans Batman et Robin (Joel Schumacher, 1997) ! Après avoir été déçu, l'héroïne en vient à partir finalement à l'aventure sans avoir besoin d'un garçon. Les plaisirs simples en solo, il n'y a que ça de vrai. Le clip Amazing est plus ambitieux, puisqu'il parle de Réalité Virtuelle, procédé qui commence à revenir sur le devant de la scène ces derniers temps. Pour le personnage de Jason London, c'est l'occasion de changer son apparence et de vivre une aventure avec une jolie fille, qui finit par être Alicia Silverstone en se basant sur le clip Cryin ('La RV, une expérience sponsorisée par Aerosmith"). Une photo d'une moto amène à un véhicule et le reste est assez classique de ce qu'on a l'habitude de voir avec la RV: un casque énorme et des gants pour le toucher ou les mouvements. Globalement les scènes en RV se retrouvent recadrées afin de bien les différencier de la vie réelle. La musique se révèle globalement raccord à la poussée d'adrénaline du héros (y compris dans un sous-entendu amusant). Comme pour confirmer que nous sommes bien dans un jeu-vidéo ou une expérience du même type, un avion finit par débarquer par le plus grand des hasards et comme pour plus de sensations, les tourtereaux se retrouvent à sauter depuis l'avion. Le plus drôle est évidemment que le personnage de Silverstone n'en était finalement pas un, ce que London pensait en accrochant sa photo comme un énième trophée. Alicia Silverstone définitivement la meilleure.

CR

A

CZ

Pochettes des singles.

Par contre on passera sur plusieurs séquences à CGI ou devant un fond vert, comme le guitariste Joe Perry sur une route qui est en train de se fissurer. Des scènes qui ont globalement mal vieillies et qui n'ont honnêtement aucun sens avec le reste de l'histoire. Enfin Crazy est l'occasion de voir la jeune actrice aux côtés de Liv Tyler, la fille du chanteur du groupe. Crazy prend alors des atours de road movie au féminin, comme une version adolescente de Thelma et Louise (Ridley Scott, 1991) avec une issue heureusement différente. On peut penser dans un premier temps à une bromance entre filles et finalement il se peut que cela aille bien plus loin. Là aussi il y a le beau-gosse de service, mais il s'avère plus sympathique que le personnage de Brad Pitt. En résulte, trois clips qui ont le mérite d'être terriblement sympathiques, voire d'être iconiques. Incroyable.

  • Californication / Red Hot Chili Peppers / Jonathan Dayton et Valerie Faris (2000)

On tient ici le clip iconique par excellence, celui dont quasiment tout le monde se souvient ou a déjà vu au moins une fois. Les Red Hot Chili Peppers sont déjà bien installés dans l'inconscient des musicos et Californication sera l'occasion d'asseoir encore plus leur réputation aux yeux du grand public. Tube en puissance se payant les travers de l'Etat le plus connu de la côte Ouest (jusqu'à son titre), le clip est aussi certainement le plus connu du quatuor. Aux commandes, on retrouve le duo Jonathan Dayton / Valerie Faris, réalisateur de clips comme Sing (Travis, 2001) ou Tonight, Tonight (The Smashing Pumpkins, 1996), mais aussi du film Little miss sunshine (2006). Il s'agit du type de projet où le cinéma a essayé de se relier au jeu-vidéo, avant de se focaliser sur l'adaptation de jeux en particulier. Certes, le clip a vieilli mais il fonctionne dans ce qu'il veut montrer. Les membres du groupe sont des personnages que peut incarner le joueur, selon diverses compétences. Ils doivent collecter des items tout en évitant divers obstacles. La Californie semble isolée en tant qu'île et dans l'introduction du titre, le duo se paye notamment le logo du studio Tristar représentant un cheval ailé.

RH

 

Chad Murphy se retrouve avec des compétences en snowboard (notamment en faisant des figures sur le Golden Gate Bridge), Anthony Kiedis surfe sur un requin avant de devenir un fou du volant, Flea peut sauter très haut et John Frusciante contrôle une libellule géante! De même, lorsque Kiedis tombe de haut, sa barre de vie baisse automatiquement. Le contexte du jeu-vidéo est présent sans que cela soit caricatural ou ridicule. Le passage motorisé comme le monde ouverte n'est pas sans rappeler la franchise GTA (1997-), bien que les jeux étaient encore en vue du dessus. Plus on avance dans la vidéo, plus le jeu-vidéo devient foutraque avec des soucoupes volantes, des immeubles qui s'effondre, le tout dans un plan-séquence qui multiplie les points de vue. Pour ce qui est de l'aspect sarcastique, comment ne pas évoquer ce passage où Fruciante visite des studios, passant du plateau d'un film de science-fiction à celui d'un film pornographique? Californication c'est un peu tout ça et c'est beau.

  • Jenny from the block / Jennifer Lopez / Francis Lawrence (2002)

Enfin pour terminer cette cuvée, il fallait bien finir par un plaisir coupable. Ce clip qui a priori n'est pas exceptionnel, mais est un peu culte à sa manière. Je précise que j'aime beaucoup cette chanson, tout comme plusieurs autres de J Lo dans sa première période (celle avant les délires dance avec Iggy Azalea et Pitbull). Le clip de Francis Lawrence n'est pas foufou, pas de plans monumentaux à l'horizon ou de fiction forte. Mais il symbolise à lui seul une époque. Nous sommes en 2002, le monde n'est pas encore prêt pour Gigli (Martin Brest, 2003), mais il connaît déjà le couple J Lo-Ben Affleck. A l'époque où il était Daredevil (désolé de faire revenir de mauvais souvenirs chez certains lecteurs), Benny A n'était pas en couple avec Jennifer Garner mais avec la belle chanteuse-actrice. Le clip de Jenny from the block s'immisce volontairement dans le quotidien de J Lo et donc de Benny. C'est ainsi que Lawrence prend souvent le point de vue de paparazzis, permettant des moments intimes avec la sobriété de ces photographes bien particuliers. Ainsi, J Lo se retrouve souvent en petite tenue (dès l'introduction en caméra de surveillance) sous le regard à la fois du spectateur et du caméraman. 

JLO 

Pochette du single.

Mais évidemment, ce qui amuse le plus le spectateur c'est la présence de Benny dans un quotidien tenant du banal incroyable. Dans un contexte où il ne peut pas jouer, l'acteur se révèle particulièrement sérieux et se retrouve dans des situations involontairement drôles. Benny met de la crème dans le dos de Jennifer. Benny fait le plein. Excusez la tenue de Benny, il sort de la douche. Benny sort de la voiture. Benny réconforte Jenny. Benny se prend pour Patrick Swayze dans Dirty Dancing. Benny offre des boucles d'oreilles à Jenny. Comme quoi les gens changent, ne s'aiment plus, mais parfois il arrive que quelque chose reste et il vaut mieux que ce soit un clip qu'une sex tape

Allez à la prochaine!

14 juin 2017

Kong au centre d'une guerre personnelle

Dans les années 70, un groupe composé de militaires, scientifiques et photographe part sur une île mystérieuse. Une certaine Skull Island...

Skull Island

King Kong est un phénomène: il a beau avoir eu une fin funestre, il revient sans cesse depuis 1933 que ce soit par des copies ou des révisions de son mythe. Puisqu'Hollywood revient toujours à ce qu'il fait de mieux (King Kong était une production RKO, ses remakes des films de studios), il n'y a rien d'étonnant à revoir un film autour du gorille géant. Là il s'agit de créer une sorte de multivers où Godzilla et Kong puissent cohabiter ensemble sous l'égide de Warner et Legendary. Le tout jusqu'à un affrontement fratricide entre les deux kaïjus sous la direction d'Adam Wingard en 2020. Rappelons que le cinéma japonais n'a pas attendu les américains pour faire rencontrer les deux monstres, le tout sous la direction d'Ishiro Honda (1962). Une tendance au multivers qui commence à beaucoup lasser depuis que Marvel s'est lancé là-dedans en 2008. Les studios en veulent tous un, accumulent les projets très / trop vite et souvent les choses se gâtent quand le premier film ne marche pas. On pense au Dark Universe d'Universal qui a patiné une première fois (Dracula Untold, Gary Shore, 2014) et risque de le faire à nouveau (La Momie d'Alex Kurtzman a fait un très mauvais premier week-end). Par chance, Godzilla (Gareth Edwards, 2014) et Kong Skull Island (Jordan Vogt Roberts, 2017) ont bien fonctionné au box-office, pouvant lancer un multivers sans problème.

Kong: Skull Island : Photo

529 millions de dollars de recettes pour l'un; 565 millions pour l'autre. Pourtant les dits films n'ont pas toujours bonne réputation. Godzilla avait déçu pas mal de monde (dont votre interlocuteur) à force de reculer l'action sans cesse, au profit des tribulations de personnages fortement fades. Il restait un bel affrontement entre le gros lézard et un couple de créatures et un aspect film catastrophe plutôt bien amené. En soi, Kong Skull Island se retrouve avec un problème similaire: les personnages. Là encore, on retrouve des personnages avec un rôle spécifique dans la galère, mais leur caractérisation ne dépasse jamais ce statut. Brie Larson joue la photographe indépendante et donc qui remet en cause le pouvoir militaire qui l'entoure. Contrairement à ce qui a pu être dit à la sortie du film, le personnage ne se définit pas comme féministe et son traitement l'est encore moins pour le coup. Jordan Vogt Roberts n'en fait pas une héroïne, elle n'est qu'un pion dans un même échiquier. De la même manière, l'autre actrice du casting, Jing Tian, n'est là aussi que pour une caution féminine chez les scientifiques et rien de plus. On ne retiendra pas leurs rôles. Idem pour Tom Hiddleston, caution charme en aventurier et les bidasses tous particulièrement uniformes. La diversité est certes présente mais pour des rôles terriblement fonctionnels. 

Kong: Skull Island : Photo Brie Larson, Tom Hiddleston

Ils ne sont globalement là que pour être liquidés par les différentes créatures et même Kong. Là où par exemple dans le film de Peter Jackson (2005), l'humanité de chacun des personnages était là dès le départ. Il ne suffisait pas d'une caractérisation spectaculaire, mais chaque personnage avait une âme. Que ce soit le cuistot (Andy Serkis) ou le second (Evan Parke) et ne parlons même pas d'Ann Darrow (Naomi Watts). En revanche, on retiendra deux rôles bien spécifiques. D'un côté, John C Reilly dans un personnage très explicatif mais sympathique. C'est lui qui amène toute la mythologie de Skull Island et qui défend une certaine idée du pacifisme. Mais surtout, il y a Samuel Jackson qui hérite d'un rôle tellement over the top qu'il pourrait être le digne héritier du personnage de Carl Dunham (Robert Armstrong et Jack Black dans les films de 1933 et 2005) ou de Fred Wilson (Charles Grodin dans le film de 1976). Jusqu'à remettre à sa place la photographe par un savoureux "Bitch, please!", donnant en français le tout aussi mémorable "Mais ferme la toi!" en plein blanc. Le personnage obstiné par une cible (en l'occurrence Kong) et qui ne s'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas son dû. Mais mieux encore, Vogt Roberts s'amuse avec ce personnage en en faisant un archétype du soldat traumatisé par la défaite. Avec cette chasse aux monstres, le colonel incarné par Jackson voit l'occasion de se faire un nouveau Vietnam.

Kong: Skull Island : Photo

Mais cette fois-ci, comme John Rambo dans La mission (George Pan Cosmatos, 1985), il est là pour gagner la guerre, sa guerre. Autant dire qu'il s'en donnera les moyens dès les premières minutes, sortant le bon rock'n roll pour annoncer son arrivée jusqu'à faire exploser toute la jungle au napalm. On peut dire que Godzilla et Kong Skull Island partagent un autre point commun: l'incertitude au sujet de certaines scènes. Est-ce qu'en montrant les dégâts monstrueux causés par le colonel, le réalisateur parle t-il des dégâts exercés par l'Homme sur la Nature? Ou s'agissait-il seulement de tout faire péter? Dans tous les cas, les destructions sur la faune et la flore sont spectaculaires, à l'image d'un film qui navigue pleinement dans la série B à 185 millions de dollars! Les morts pleuvent, parfois de manière assez graphique (on peut même s'étonner du PG-13). Le tout dans une aventure jouissive et divertissante, ne laissant quasiment aucun temps mort au spectateur (ce qui est déjà mieux que Godzilla). On ne s'ennuie pas devant Kong et même si ce n'est pas très finaud, le film est assez généreux pour passer un bon moment. Cela ne sert à rien de comparer Kong à ses aînés, puisqu'il ne va absolument pas dans la même direction. Encore moins celle de Jackson qui revenait aux sources. Ici Kong est un dieu vivant, défenseur de son île et ne voulant absolument pas que quelqu'un s'amène. Encore moins des petites créatures armées qui viennent semer le chaos et la mort. Ce qui en fait un symbole écologique fort. De même pour le reste du bestiaire, le réalisateur dévoile largement la marchandise avec une araignée géante ou des lézards voraces.

Kong: Skull Island : Photo Brie Larson

Kong Skull Island est un pur plaisir de divertissement, n'ayant pas peur de faire parfois dans l'excès, quitte parfois à délaisser les trois quarts de ses personnages.

11 juin 2017

La crise des 17 ans

Nadine a dix-sept ans et a pour seule amie Krista. Le jour où cette dernière entame une relation amoureuse avec son frère, le monde de Nadine s'écroule...

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Qu'on se le dise la VOD est devenue un filon intéressant, notamment pour le public français qui n'a pas toujours accès à certains films facilement (en dehors d'une certaine illégalité). Pas autant un foutoir que le direct to video orchestré par les distributeurs et éditeurs depuis les 80's, mais souvent le coin des recalés. Ceux qui ne parviennent pas en salles pour diverses raisons. Flops commerciaux ailleurs, sorties limitées parfois, potentiel commercial moindre sur certains territoires... Il est d'autant plus cocasse quand le dit film est distribué chez nous par une major (dans ce cas précis, Universal). The edge of seventeen (Kelly Fremon Craig, 2016) n'a pas été un hit. C'est un petit film à 9 millions de dollars qui a récolté 18 millions au total. On peut donc comprendre qu'Universal n'a pas forcément désirer lui offrir une sortie technique dans une saison bourrée de blockbusters. Le film a toutefois eu assez de buzz pour qu'Hailee Steinfeld puisse avoir une nomination aux Golden Globes. A l'heure où Netflix se fait dézinguer par les distributeurs et exploitants français, il est de bon ton de leur rappeler que cela fait depuis plus de trente ans que des films sortent chaque année en vidéo (VOD comprise) sans jamais passer par la case cinéma. Mais aussi que cela n'empêche pas ces films d'être des films de cinéma et non des téléfilms (dire de Black Death qu'il en est un serait une monumentale erreur).

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The edge of seventeen en fait parti. Le teen-movie a beau avoir des heures de gloire diverses, il a tendance à reposer souvent sur la formule qui marche. Au point parfois d'être un peu trop caricaturé à un type de films (après American Pie, beaucoup ont pensé que teen movie rimait forcément avec sexe). The edge of seventeen se rapproche davantage du Monde de Charlie (Stephen Chbosky, 2012), qui lui-même allait chercher chez John Hughes, le maître étalon du genre. Un teen-movie où l'adolescent est en pleine crise existentielle. Sauf qu'ici le personnage principal est une fille et la réalisatrice a tendance à verser dans le cynisme plutôt que le drame (même s'il y en a un peu). On ne s'étonne pas de retrouver à la production James L Brooks, le producteur de la série Les Simpson (1989-) et réalisateur de Pour le pire et pour le meilleur (1997). Ce dernier amène d'ailleurs un de ses fidèles acolytes, puisque c'est David Silverman (réalisateur sur la série et du film de 2007) qui se charge du sympathique film étudiant d'Erwin (Hayden Szeto). La réalisatrice s'amuse au cours du film à jouer sur des transitions qui tranchent clairement. Ainsi, on peut très bien passer de l'héroïne (Steinfeld) qui divague dans un escalier à elle quelques minutes plus tard la tête dans la cuvette! Un exemple typique de situation comique surprise qui se retrouve souvent dans le film pour un résultat particulièrement efficace. 

The Edge of Seventeen : Photo 

De la même façon, le cynisme fint par contaminer l'héroïne. (attention spoilers) Très rapidement, la réalisatrice pose le véritable problème de son héroïne. Deux éléments formaient son univers, un moyen comme un autre de voir qu'elle n'était pas seule. Dès l'introduction où elle est montrée petite, Nadine n'entretient pas de dialogue avec son frère et a des complications avec sa mère qui n'arrive pas à être une figure d'autorité (Kyra Sedgwick). Le seul qui la comprenait c'était son père (Eric Keenleyside), puis vint sa seule amie Krista (Haley Lu Richardson). Avec eux, elle avait un univers. Mais quand l'un part vers des contrées funestes et que l'autre tombe dans les bras de son frère (Blake Jenner), l'univers s'effondre et Nadine de tomber dans une crise existentielle profonde. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que Nadine reconnaisse que deux couples sont désormais formés et Krista "doit" choisir entre l'amour et l'amitié selon Nadine. Le verdict n'en sera que plus fatal, à l'image d'une fête où Krista discute avec tout le monde et Nadine se retrouve seule au point de rentrer chez elle. Quelque chose s'est cassé et même si le dénouement reste positif, ce ne sera plus jamais comme avant. Il n'y a pas d'âge pour être triste, encore moins à l'adolescence. Ni pour se sentir déjà adulte alors qu'on n'est qu'aux balbutiements de sa vie. Alors la réalisatrice pose des alternatives pour son héroïne, pas forcément les bonnes, mais une manière pour elle d'avancer et de finir par se créer un nouvel univers, le sien. 

TEO17 2

 

On apprend toujours de nos erreurs pour remonter la pente. Ainsi, l'héroïne se retrouve avec deux garçons dans les pattes. Le gentil gars tout droit sorti de Risky Business (Paul Brickman, 1983) et se sentant un peu seul dans la grande maison qu'il occupe. Mais aussi le mauvais playboy qui ne verra en elle qu'une conquête de plus à mettre dans son carnet (Alexander Calvert). Nadine ne comprendra pas tout de suite qu'elle aussi peut attirer l'oeil des garçons, pas forcément pour la personne cynique qu'elle laisse transparaître, mais pour ce qu'elle est. Il n'y a pas que les autres qui ont droit au bonheur. De la même manière, son seul confident est aussi cynique qu'elle en apparence. Dès lors que Nadine entrera dans le cadre privé, elle verra un autre visage de son professeur (Woody Harrelson), peut être le père de substitution qu'elle attendait depuis ses treize ans. The edge of seventeen ne serait pas aussi fascinant si son casting ne l'était pas. Hailee Steinfeld confirme les espoirs entrevus autrefois dans True Grit (les frères Coen, 2010) et signe une prestation touchante de fille paumée. De même, Woody Harrelson confirme ce que l'on voit depuis plusieurs années: il est un excellent second-rôle et ici, il s'amuse à balancer la bonne punchline au bon moment  à Steinfeld. Leurs numéros succesifs sont au final un véritable régal. 

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A cela rajoutez Kyra Sedgwick en mère totalement dépassée jusqu'à un délirant vol de voitures. La réalisatrice s'adapte également aux émotions de son héroïne et rien de mieux qu'une chanson pour y remédier. Les chansons, au vue de leur sens, ne semble pas avoir été choisies au hasard. Kelly Fremon Craig aurait très bien pu faire dans la facilité et prendre la chanson éponyme de Stevie Nicks. Elle ne le fera jamais, pas même pour le générique. You may be right (Billy Joel, 1980) symbolise le trauma de Nadine. People help people (Birdy, 2011) arrive pile poil dans un moment de solitude, quand Save me (Aimee Mann, 1999) se retrouve au moment où Erwin sauve Nadine de l'ennui. Le célèbre slow True (Spandau Ballet, 1983) se chargera quand à lui d'un moment romantique. Le titre Big Jet Plane (Angus and Julia Stone, 2014) se révèle finalement plus explicite. Le gros avion se transforme en voiture comme le tour en voiture peut signifier une relation sexuelle. To build a home (The cinematic orchestra, 2007) évoquera directement le dilemme de Nadine avec un homme qui reconstruit sans cesse une maison en espérant qu'elle tienne à chaque fois. Quant à la dernière chanson, Sky on fire (Handsome Poets, 2012), elle parle d'un groupe dans le désert, peut être perdu mais ensemble. Nadine et Erwin sont désormais sur la même route et ne demandent qu'à vivre des aventures ensemble. (fin des spoilers)

Un teen-movie qui fonctionne de bout en bout, ciblant la solitude de son personnage principal avec pertinence et renforcé par un casting optimal.

09 juin 2017

Ça ronronne dans le moteur

Dominic Toretto fait faux bon à ses amis pour s'associer à la criminelle Cipher. Ce qui ne plaît pas trop à la famille...

Fast & Furious 8 : Affiche

Il est toujours incroyable de voir une saga faire toujours autant de recettes au bout de seize années d'existence. Encore plus quand elle a su se renouveller avec le temps. Toutefois, la franchise Fast and Furious pourrait maintenant avoir plus de mal à fédérer maintenant qu'elle a perdu un de ses membres fondateurs. Les chiffres aux USA, même s'ils ne sont pas non plus mauvais, semblent le confirmer avec une baisse nette d'un peu plus de 100 millions de dollars, alors que la franchise ne cessait d'augmenter ses chiffres film après film depuis le quatrième film (Justin Lin, 2009). C'était d'ailleurs la principale crainte autour de The fate of the furious (F Gary Gray, 2017) : comment continuer sans Paul Walker? Furious 7 (James Wan, 2015) lui était quasiment dédié, jouant sans cesse d'une mise en danger du personnage au point le rendre le final un brin morbide. Ce que semble oublier Vin Diesel c'est aussi que son personnage n'était initialement pas le héros, au détriment de celui de Walker. La relation mentor-ami entre les deux personnages / acteurs rythmait la franchise sur au moins cinq opus et sans Walker, on sent déjà un manque. (attention spoilers) C'est aussi pour cela que Dominic (Diesel) redevient un antagoniste dans ce huitième film.

Fast & Furious 8 : Photo Dwayne Johnson, Vin Diesel

Enfin antagoniste c'est fort dit, le fameux twist menant à ce retournement de situation étant quand même bien tiré par les cheveux. Un manque de subtilité pas nouveau dans la franchise (Chris Morgan et Justin Lin avaient tué un personnage avant de le faire revenir), cherchant toujours à exploiter un fil conducteur raccord aux précédents opus. Jusqu'à un certain seuil de tolérance tout de même. Que certains personnages reviennent n'est pas un problème, que l'on passe par toutes les excuses possibles en est une autre. The fate of the furious est donc l'occasion de voir une (petite) fracture dans la famille, groupe qui s'apparente désormais à des super-héros avec de grosses voitures. Nos héros sont aujourd'hui une sorte d'escadron de la mort alimenté par le patron Snake Plissken (est-ce qu'il est bon de vous précisez de qui on parle?). Au point de se demander si ce sont encore les personnages lambdas de films d'action qu'ils étaient avant au moins le sixième opus (Lin, 2013). Si leurs aventures sont toujours amusantes à suivre (on s'ennuie rarement devant un Fast and Furious, il y a toujours à boire et à manger), on peut toutefois voir ce changement aussi logique (une forme d'évolution) qu'un brin dérangeant (ce sont de vrais action men alors qu'autrefois non). 

Fast & Furious 8 : Photo Charlize Theron, Vin Diesel

Par exemple, Letty (Michelle Rodriguez) tire au fusil d'assaut comme si elle l'avait fait toute sa vie. L'éducation Call of Duty a parfois ses limites tout de même. Par la même occasion, on peut repprocher à F Gary Gray de revenir aux travers de la franchise. Si le septième opus avait des scènes de cascades en CGI, elles n'étaient pas trop gênantes car bien faites. Ici on a l'impression de perdre l'authenticité retrouvé par Justin Lin sur les cinquième et sixième volets. Certes on s'amuse beaucoup avec la poursuite finale et son sous-marin, mais elle est bourrée d'images de synthèse et pas forcément pour l'engin. On peut même voir que le nombre de voitures est toujours plus ou moins identique, alors qu'une bonne partie se fait exploser! A cela on peut rajouter des flammes numériques d'un goût douteux, des véhicules réels semblant plus rares (le passage de la boule sent le faux à plein nez)... On peine parfois à croire que c'est le réalisateur de Braquage à l'italienne (qui bénéficiait de poursuites de qualité) aux commandes. Si le film reste efficace dans sa réalisation, ce surplus de CGI est assez désagréable et donne de mauvais souvenirs à votre interlocuteur qui avait délaissé un temps la franchise à cause de cela. 

Fast & Furious 8 : Photo

Malgré des défauts bel et bien présents, il est toujours agréable de voir cette bande au cinéma. Même la petite nouvelle (Nathalie Emmanuel) fait désormais partie du décor, preuve de l'osmose du groupe. Par la même occasion, le personnage d'Owen Shaw (Jason Statham) devient ainsi un "good guy", ce qui entraîne des conversations fortes en punchlines avec le "viagras à franchise" (The Rock). Les deux personnages / acteurs alimentent largement le film de leurs engueulades, passant ainsi dans l'actionner pur et dur où le bon phrasé fait mouche. Même si la scène avec les chipmunks est super, elle aurait été bien meilleure si Gary Gray avait assumé pleinement en ne gardant que la musique en fond sonore. Un parti-pris qui ne tient pas toutes ses promesses encore une fois. Dans ce petit groupe, on peut rajouter Kurt Russell toujours là au bon moment et avec un sidekick casse-pied (Scott Eastwood qui a bien du mal à assumer la relève du grand Clint) qu'il remet à sa place plus d'une fois avec dextérité. Quant à la méchante incarnée par Charlize Theron, elle est plutôt amusante et l'aspect high tech permet à la franchise de passer au cyber-terrorisme et à remettre les personnages un peu à leur place. Pas un mal pour un renouvellement de franchise qui a bien besoin de nouveaux chevaux sous le capot. (fin des spoilers)

FF

L'amusement est toujours là, mais les défauts prennent trop souvent le pas sur le reste.

07 juin 2017

DC Comics sort de l'ombre

A l'image du dossier sur le Marvel Cinematic Universe, voici enfin son équivalent du point de vue de DC Comics. Il ne s'agira pas de revenir sur tous les films produits par Warner et DC Comics depuis 1978, mais d'évoquer les prémices de ce qui deviendra le DC Verse. Soit revenir au début des années 2000 avec son lot de projets avortés, de mauvaises passes et parfois des meilleures. Partons pour le DC Verse!

  • La genèse en dents de scie du DC Verse

Au début des années 2000, Warner Bros et DC Comics subissent de plein fouet l'échec que fut Batman et Robin (Joel Schumacher, 1997). Pas forcément le raté commercial que beaucoup évoquent (228 millions de dollars de recettes totales pour un budget de 125, ce n'est pas un bide), mais loin des attentes du studio et dézingué par la critique et le public. La suite envisagée par Schumacher, avec Nicolas Cage ou Coolio (il dit avoir été auditionné et que c'est pour cela qu'il est dans Batman et Robin) en Epouvantail et un possible retour du Joker, est évidemment annulée. La même année, le studio fait appel au producteur Jon Peters (Batman) pour relancer Superman avec Kevin Smith au scénario, Tim Burton à la réalisation et Nicolas Cage en homme d'acier. Le projet avortera pour diverses raisons, notamment le désamour du studio pour le projet (voir Cuvée jamais faites). Pendant ce temps, la Chauve-souris essaye de revenir par divers projets. On parle de Darren Aronofsky pour une adaptation bien violente de Batman Year One (Miller, Mazzucchelli, 1987), puis de Clint Eastwood pour une autre autour de The Dark Knight Returns (Frank Miller, 1986), puis de la série animée Batman Beyond (1999-2001). La Warner trouve une sorte de compromis: réunir ses deux héros à succès dans un même film.

Batman vs superman

Batman VS Superman immortalisé par son scénariste.

Wolfgang Petersen (L'histoire sans fin) a alors la lourde tâche de réunir ces personnages dans "Batman VS Superman" aux alentours de 2001-2002. Le script est signé par Andrew Kevin Walker (scénariste de Seven de David Fincher), avant d'être retouché par Akiva Goldsman auquel la Warner n'était visiblement pas très rancunière (il est le scénariste des Batman de Schumacher). Dans ce projet, Bruce Wayne voyait sa femme mourir d'empoisonnement à cause du Joker. Wayne et Clark Kent devaient s'affronter pour une question d'éthique du héros, de ce qu'il doit faire ou non avant de s'occuper du Joker et de Lex Luthor (*). Un point de vue pas si différent du film de Zack Snyder, puisque là aussi il y a la confrontation de deux moralités. La Warner décide finalement de faire des reboots individuels (Batman Begins de Christopher Nolan et Superman Returns de Bryan Singer, après des projets avortés signés JJ Abrams, Brett Ratner ou McG), confiant Troie à Wolfgang Petersen (2004). Le projet sera immortalisé par Akiva Goldsman dans Je suis une légende (Francis Lawrence, 2007) le temps d'une private joke visuelle. La Warner cherche également à féminiser un peu sa ligne super-héroïque. Projet datant déjà de l'ère Tim Burton et ayant changer régulièrement d'actrice-titre (Michelle Pfeiffer, Ashley Judd et enfin Halle Berry), Catwoman finit par voir le jour sous la direction de Pitof en 2004.

Superman Returns : Affiche

Superman returns, un retour en arrière un brin furtif.

Le français en parlait encore en 2015 à Vice (**): "Quand je suis arrivé sur le film, les mecs étaient complètement à la ramasse et le scénario était bancal. Il ne savait pas comment vendre le personnage. Catwoman, c'est simple: soit t'en fais une Fantômette pour les petites filles, soit une salope pour les plus grands. Il n'y a pas d'entre-deux. Durant le tournage je n'avais aucun pouvoir sur rien. (...) tu ne peux prendre aucune décision à cause des mecs au-dessus. (...) à la fin du montage, le film ne ressemblait à rien. On est donc repartis sur douze jours de retake à un mois et demi de la sortie du film." Catwoman est encore aujourd'hui un film qui fait horriblement mal au ventre. Particulièrement laid (même si Vidocq se révèle encore pire), souvent vulgaire dans sa manière de filmer son héroïne (voir citation), joué avec les pieds, bourré de CGI pour à peu près tout et n'importe quoi, aussi raccord aux comics que son scénario est vide... Le film ne réussit même pas à être rentable en accumulant péniblement 82 millions de dollars de recettes mondiales pour 100 millions de budget. En comparaison Elektra (Rob Bowman, 2005), sorti quelques mois après, a eu plus de rentabilité bien aidé par un budget beaucoup plus faible (56 millions de recettes pour 43 de budget).

Catwoman : Photo

Catwoman, un film qui reste encore en travers de la gorge.

Un coup dur empêchant DC Comics d'aller plus loin que Batman et Superman (ils avaient déjà essuyé un revers identique avec Supergirl de Jeannot Szwarc en 1984). Le projet "Wonder Woman" n'est pas mieux loti durant les années 2000. Produit par Joel Silver et devant initialement mettre en scène Sandra Bullock en Amazone (il était déjà question qu'elle soit Lois Lane dans "Superman Lives"), le film accumule les scénaristes (Joe Cohen, Todd Alcott et Philip Levens) jusqu'à l'arrivée de Joss Whedon en 2005. Le futur réalisateur d'Avengers tiendra jusqu'en 2007 au bout de sa seconde proposition de script, son approche ne plaisant à personne. Whedon en parlait ainsi en 2011 à Rookie Magazine: "[Wonder Woman] voyage dans le monde entier, elle est très forte et très naïve en ce qui concerne les gens et le fait qu’elle soit une déesse lui rendait très difficile la compréhension du monde extérieur, comme les guerres, la famine, les souffrances... Sa relation avec Steve [Trevor] lui permet de voir ce que ça fait d’agir en humaine, ce que ça fait d’être plus faible, quand vous avez toutes ces forces qui vous contrôlent et que vous ne pouvez rien y faire. C’était cette dualité qui était le concept central du film. Lui qui lui apprend à gérer son humanité et elle qui lui dit ’Ok, c’est bien mais on peut faire mieux encore" (3). Assez ironique quand on sait que le film Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017) jouera notamment sur la relation entre Diana (Gal Gadot) et Steve Trevor (Chris Pine) et sa découverte du monde.

Wonder Woman

Wonder Woman, une héroïne qui a attendu 75 ans avant d'atteindre le grand écran.

Pendant ce temps, Batman retrouve ses lettres de noblesse avec une approche plus réaliste. Batman Begins (2005) imprègne son héros dans une ambiance post-11/09 cauchemardesque, qui prendra d'autant plus de sens dans The Dark Knight (2008) et The Dark Knight Rises (2012). Dès lors, Batman ne sera plus un freak comme chez Tim Burton, mais un vigilante sauvant Gotham City de l'obscurité. Le tout dans un univers qui s'effondre grâce à des anarchistes et psychopathes. A contrario, Superman Returns (2006) se plante à force de trop jouer sur la nostalgie (il s'agit d'une séquelle de Superman 2 de Richard Donner et Richard Lester). Le film a beau être sincère dans sa démarche (jusqu'à reprendre le thème de John Williams et le générique du film de Donner), il n'en reste pas moins hors du temps. Superman passe difficilement le cap des 2000's, n'apparaissant pas comme moderne en comparaison de Batou chez Nolan. Même s'il rentre dans ses frais, le film n'enthousiasme pas grand monde y compris la Warner. Le studio finit par laisse tomber sa suite devant mettre en scène Doomsday, toujours sous la direction de Singer et ironiquement baptisée "The Man of steel". On notera également  Constantine (Lawrence, 2005), film pas forcément génial mais qui a le mérite de sortir du lot. 

The dark knight

Même si le ton crade du comic-book Hellblazer n'est pas forcément au rendez-vous, le film a le mérite de s'aventurer dans le pur fantastique et d'être un minimum divertissant. Un univers peu mis en valeur par DC Comics jusqu'à présent et dont le film permet d'exhumer avec sympathie. Le projet de réunir différents héros de DC Comics n'est pas abandonné et c'est ainsi qu'aux alentours de 2006 est annoncé le projet "Justice League Mortal". Christian 'Batman' Bale ne souhaite pas y être associé, tout comme Brandon Routh encore officiellement Superman à l'époque. DJ Cotrona (GI Joe 2) et Armie Hammer (The Lone Ranger) sont alors engagés pour incarné l'Homme d'acier et le Cape Crusader dans un univers parallèle. Il n'y avait donc pas de problèmes d'acteurs comme on pouvait le lire parfois à l'époque. Le reste du casting aurait dû être formé par Jay Baruchel (Maxwell Lord, businessman télépathe), Hugh Keays Byrne (le Martian Manhunter), Santiago Cabrera (Aquaman), Adam Brody (Flash), Common (Green Lantern), Megan Gale (Wonder Woman) et Teresa Palmer (Talia al Guhl). A la réalisation, on retrouvait George Miller, bien aidé par le succès d'Happy feet (2006). Un grand amateur des galères de tournage (Les sorcières d'Eastwick, les deux derniers Mad Max) comme des projets maudits (Contact finalement laissé à Robert Zemeckis) et surtout un des réalisateurs australiens les plus influents de notre époque.

Justice League Miller (concept-art Aquaman)

 Concept-art d'Aquaman pour Justice League Mortal.

Justice League Mortal (storyboard) (1) 

Storyboard de Justice League Mortal.

Le film devait se baser notamment sur La tour de Babel (Mark Waid, Howard Porter, 2000). Lord et Al Ghul piratent Brother Eye, le satellite de surveillance de Batman et si possible des éléments permettant à la chauve-souris de battre ses amis de la Justice League s'il y a problème. Comme le suggère le storyboard ci-dessus, Superman aurait dû affronter Wonder Woman dans un combat titanesque. Tout est finalement stoppé par la grève des scénaristes de 2007. La Warner patiente un peu, mais laisse vite tomber quand le crédit australien est annulé. Le projet est annulé définitivement au printemps 2008 et Miller reviendra aux aventures de Max Rockatansky avec le succès que nous connaissons. Alors que Warner et DC auraient dû être les premiers sur la réunion des super-héros d'une même écurie, ils annulent leur projet alors qu'Avengers (Whedon, 2012) vient juste d'être annoncé! On ne pouvait pas aussi bien rater le coche. Alors la Warner tatonne et se retrouve à lancer une adaptation de Green Lantern avec un tâcheron aux commandes. Martin Campbell a beau avoir relancer avec brio la franchise 007 par deux fois (GoldenEye en 1995 et Casino Royale en 2006), il n'est pas un grand réalisateur dès qu'il en sort. La preuve avec ce film (2011), où le pauvre Ryan Reynolds se demande ce qu'il fait là entre deux mauvais effets-spéciaux. 

Green Lantern : Photo Blake Lively, Ryan Reynolds

Pas étonnant qu'il s'en moquera le temps d'une réplique dans Deadpool (Tim Miller, 2016). Les moyens ont beau être là (200 millions de dollars tout de même), le film n'a pas les effets-spéciaux que nécessite un space-opera de cette envergure, à l'image du costume ridicule de Reynolds entièrement en cgi y compris son petit masque. Une origin story qui ne convainc jamais, avec des touches d'humour particulièrement gênantes, comme pour contredire les films de Nolan encore en production. Les scénaristes osent même la scène post-générique annonçant Sinestro comme possible méchant pour une suite. Manque de bol, non seulement le contexte est incompréhensible (il aurait peut être fallu montrer le côté obscur de Sinestro avant), mais la suite ne verra pas le jour suite à l'échec commercial du film. Warner et DC voulaient se lancer dans un multivers, ils n'auraient pas pu s'y prendre plus mal. Le DC Verse devra attendre et ce n'est pas le fiasco Jonah Hex (Jimmy Hayward, 2010) qui aidera. Pas que le pistolero à la balafre évidente soit connecté à l'univers, mais l'envie de DC d'aller voir ailleurs se plante une nouvelle fois. Script de Neveldine / Taylor (Hyper tension) remanié inlassablement, reshoots, acteurs dont le temps de présence diminue de plus en plus (Megan Fox doit avoir moins de vingt minutes de présence, montre en main), montage final durant moins d'1h20, effets-spéciaux improbables, histoire qui va trop vite quand elle ne s'attarde pas sur des banalités...

Jonah Hex : Affiche Jimmy Hayward

 

Seul Josh Brolin semble croire en ce four aussi bien artistique que commercial, les autres ayant déjà compris dans quelle galère ils étaient. Le film ne sortira même pas en salles en France et aura droit à une version québécoise sur les DVD et BR. Quand Christopher Nolan décide de sponsoriser Zack Snyder, autre réalisateur pour Vertigo / DC Comics (300 et Watchmen), la délivrance arrive enfin.

  • Man of steel: le héros qui sauva le DC Verse

Man of steel (bannière)

Suite au succès des Batman de Christopher Nolan, la Warner commence à croire en un retour de Superman sur grand écran avec un traitement plus sombre. Le studio convit Nolan à la réalisation, qu'il décline préférant rester à la production. Il installe néanmoins son frère Jonathan et David S Goyer (déjà à l'origine de sa trilogie) aux postes de scénaristes. Le choix du réalisateur 
ne plaît pas à tout le monde, Zack Snyder ayant le mérite d'attirer autant les louanges que les foudres. Cette fois-ci, l'adaptation sera plus libre que celle de Watchmen (2009), restant très proche du graphic-novel d'Alan Moore et Dave Gibbons (1986-87). Contre toute attente, Man of steel (2013) apparaît rapidement comme le premier film faisant partie de ce qui va devenir le DC Verse. Comme le Marvel Cinematic Universe, tous les films Warner / DC à venir évolueront dans un même univers. DC Comics se veut néanmoins catégorique sur un point: contrairement à Marvel, les séries qu'ils produisent ne font pas parties de ce même univers. Au diable, Arrow (2012-), Flash(2014-), Supergirl (2015-) et autres Legends of tomorrow (2016-). Une manière de rester cohérent et de voir où sont les priorités. (Attention spoilers) Comme le film de Richard Donner (1978), le film commence sur Krypton mais ici rien du blanc immaculé servant de décors, ni de Marlon Brando avec une perruque impayable. 

Man of steel

 Lara Lor-Van contemplant la destruction de son monde.

Nous sommes face à un univers proche de la fantasy, avec des créatures volantes et d'autres qui ruminent (des plans entièrement composés de CGI, mais bien faits). On peut aussi observer que les costumes comme certains décors ont un aspect rappelant le travail de feu HR Giger, notamment la reine arachnide de Captain EO (Francis Ford Coppola, 1986). Une représentation qui n'est pas sans rappeler aussi certains costumes conçus pour "Superman Lives". Snyder nous dévoile un monde qui court à sa propre perte, entre une planète en pleine autodestruction et des militaires essayant de prendre le pouvoir. Les premières minutes du film montrent principalement un père (Russell Crowe) essayant de sauver son fils d'un monde où il n'y a aucun avenir. La dernière image que Jor-El verra n'est pas son adversaire le tuant (Michael Shannon correct, mais moins convaincant que Terence Stamp), mais son fils partant pour la Terre. De même dans ce magnifique plan large montrant Lara Lor-Van (Ayelet Zurer) contemplant Krypton en pleine destruction. On dit souvent que Snyder n'est qu'un bourrin, filmant des héros baraqués au ralenti ou en léger accéléré. On oublie pourtant qu'il est parfois capable de susciter l'émotion. C'était le cas dans Sucker Punch (2011) avec ses jeunes filles abusées, c'est encore le cas ici. On regrettera peut être dans cette introduction (et durant tout le film) une tendance à l'arrêt sur image, avec des zooms successifs sur un point particulier.

Man of Steel : Photo Dylan Sprayberry, Kevin Costner

On préférait davantage un plan large que ce genre de zooms qui tiennent trop le spectateur par la main. L'introduction de Kal-El (Henry Cavill) peut paraître étonnante au premier abord, Snyder préférant le montrer comme un monsieur-tout-le-monde au lieu de montrer ses origines frontalement (elles apparaissent néanmoins en flashbacks). Néanmoins, le réalisateur s'amuse avec des raccords regards, un bus qui passe rappelant un accident, la tombe de Jonathan Kent (Kevin Costner que l'on n'avait pas vu aussi touchant depuis très longtemps) amenant à montrer sa mort tragique. Kal-El devient un personnage aux capacités folles, pouvant aussi bien sauver des gens que de les avoir contre lui (le passage du camionneur). Kal-El est avant tout un freak, terme qui apparaît pour la première fois pour qualifier Superman au cinéma. Le monde n'est pas prêt pour un héros avec de tels pouvoirs (thème encore présent dans Batman V Superman) comme le lui dit son père adoptif. Kal-El apparaît comme un personnage rejeté, qui fait peur (les militaires l'accueillent armes au poing) et devant contenir ses pouvoirs. La scène où son père lui suggère qu'il aurait mieux fait de ne pas sauver ses camarades lors du crash du bus en est la preuve. Cela permet aussi de donner plus de dramaturgie au personnage, cantonné autrefois au héros débarquant pile poil au bon moment avec un sourire colgate

Man of Steel : Photo Henry Cavill

Au contraire de Batman qui se cache derrière un masque de chauve-souris, Kal-El dévoile son seul et unique visage lorsqu'il est en costume. Il est Superman, pas Clark Kent. Sur ce point, Snyder arrête avec une hypocrisie qui dure depuis la création du personnage. Le journaliste Clark Kent apparaît enfin comme une couverture et Lois Lane (Amy Adams qui en impose en journaliste pugnace) sait qui il est dès le départ. Plus question d'une Lois aveugle et amoureuse de la face héroïque d'un même homme. Henry Cavill est certainement la meilleure incarnation du personnage, sortant enfin du personnage terriblement lisse et devenant homme d'action. La première partie est surement la meilleure, évoquant les ressentiments d'un héros qui s'ignore et découvrant qui il est. La seconde partie montre une autre facette que votre cher Borat cherchait à voir depuis très longtemps: Superman qui se bat et violemment si possible. Une chose qui pose un hic chez beaucoup de spectateurs, mais montrant enfin un Superman combatif, si possible avec d'autres kryptoniens. Un aspect invisible des précédents films, Sup se contentant avant tout de donner des coups dans le vide entre deux câbles. D'ailleurs pour ce qui est des dégâts, il s'agit du sujet même de Batman V Superman: doit-il payer pour avoir sauver les terriens d'une menace plus grande que lui, quitte à ce que cela amène à des dégâts colossaux?

MOS

Idem pour ce qui est du final menant à la mort de Zod. Beaucoup de spectateurs ont été choqué par le fait que Sup tue quelqu'un. On parle quand même d'un extraterrestre manquant de tuer toute une famille à coup de rayon laser. Sup le tue car il n'y a plus aucun moyen d'arrêter Zod, que ce dernier est prêt à tuer n'importe qui. De plus, on peut voir que Kal-El vit difficilement le fait de devoir tuer quelqu'un. Au final, en plus de redorer le blason de Superman, Man of steel montre le personnage tel qu'il aurait dû être représenter depuis bien longtemps: un freak prêt à se battre pour son prochain.

  • Le DC Verse se forme

Il s'est passé beaucoup de chose depuis la sortie de Batman V Superman (voir La Nuit et le Jour d'une même pièce s'affrontent enfin) et Suicide Squad (voir Un escadron suicide s'est perdu en chemin). Peut être trop. Il est désormais incertain de parler de dates ou de planning, tant le DC Verse est devenu un immense bordel en l'espace d'un an. Si l'on excepte Aquaman que James Wan est en train de tourner actuellement et maintenu à décembre 2018, c'est pas moins de quatorze projets qui ont été annoncé. Qu'ils soient dans la line-up de départ ou rajoutés depuis. On peut ainsi commencer à avoir quelques craintes. Pas que les projets ne sont pas alléchants, mais à force de les accumuler, il se peut que certains ne se fassent pas, voire pire ne soient pas à la hauteur en raison des directives du studio. Il y a déjà eu des problèmes sur les deux films précités, que ce soit à cause de scénario ou de divers montages. Vu leurs succès, on pouvait penser que Warner laisserait un peu tranquille tout ce petit monde. C'est sans compter sur des départs, des remises en question et des projets qui s'accumulent plus que ne deviennent réalité. A l'occasion de la sortie de Wonder Woman, recollons un petit peu les morceaux. 

JL

Justice League va bientôt entrer en phase de reshoots sous l'impulsion de Joss Whedon, Snyder étant dans l'incapacité de continuer la phase de post-production dans des conditions aussi tragiques (Google vous aidera à comprendre). Batman V Superman et Suicide Squad ont déjà fait une partie du travail en présentant divers personnages en devenir, que ce soit Wonder Woman, Batman et quelques caméos de Flash (Ezra Miller), Aquaman (Jason Momoa) et Cyborg (Ray Fisher). Ainsi que des allusions à Darkseid, son lieutenant Steppenwolf (Ciaran Hinds) et ses Parademons. Il n'en fallait pas plus pour en faire les ennemis de la Justice League en devenir. Mais mieux encore, la bande-annonce diffusée en mars dernier nous confirme que Justice League ne s'intéressera pas qu'aux Terriens. Les Amazones et les Atlantes seront également de la partie dans ce qui s'annonce être un affrontement colossal et ambitieux visuellement. Il ne sera pas question de s'en tenir qu'à une ville mise à sac par une armée, mais tout un champ de bataille sur plusieurs terrirtoires. Snyder semble avoir vu grand et ce n'est peut être pas plus mal. Quitte à rattraper le MCU, autant y aller avec un film gargantuesque, d'autant que le réalisateur semble déjà iconiser ses personnages avec saveur.

En sachant que certains personnages feront leur apparition, à l'image de Jim Gordon (JK Simmons), du père de Barry Allen (Billy Crudup), de Mera, la compagne d'Arthur Curry (Amber Heard) et Vulko, son mentor (Willem Dafoe). Réponse le 15 novembre, en sachant qu'un second Justice League est annoncé depuis le départ dans la line-up, logiquement toujours avec Snyder aux commandes. Comme évoqué plus haut, le suivant pour l'instant sera Aquaman par James Wan. Si Wan s'en sort aussi bien que les deux magnifiques plans sous l'eau de Snyder, il y a moyen d'avoir quelque chose de magnifique. D'autant que le réalisateur de Death Sentence aura logiquement beaucoup moins de problèmes à gérer que sur la dernière grosse production qu'il a signé (Furious 7, 2015). Nicole Kidman incarnera la reine Atlanna, la mère d'Arthur. Le demi-frère d'Arthur Black Manta servira d'ennemi sous les traits de Patrick Wilson (Wan reste avec ses copains). Dolph Lundgren hérite quant à lui du rôle de King Nereus. Puis après c'est le flou intersidéral, les projets sont multiples, certains plus avancés que d'autres. Aux dernières nouvelles, il semblerait que Shazam et Suicide Squad 2 soient confirmés comme films post-Aquaman. Depuis quelques mois, le projet Shazam a bien changé. 

Mena

Amber Heard sur le tournage d'Aquaman.

On sait depuis longtemps que The Rock a été engagé pour jouer Black Adam, némesis au héros qu'incarne un adolescent quand il crie "shazam". Warner et DC lui ont accordé un film, en plus de Shazam. A l'heure où la Comic Con de San Diego s'apprête à ouvrir ses portes, on a appris que l'acteur ne sera finalement pas de Shazam. Ce dernier se voit offrir un réalisateur en la personne de David F Sandberg. Soit le réalisateur de Lights out (2016) et d'Annabelle Creation (2017), des films d'horreur n'ayant pas vraiment à voir avec l'univers plus familial de Shazam... Au passage toujours pas d'acteur annoncé pour les rôles de l'adolescent et du super-héros et on se demande désormais qui sera le méchant du film, puisqu'il ne s'agira pas de Black Adam. Suicide Squad 2 avance doucement puisque ce sera Jaume Collet Serra aux commandes. Là aussi on a bien du mal à s'extasier, tant le cinéma de Collet Serra est bien peu ambitieux, se contentant souvent de n'être que de la série B sympathique mais rapidement oubliable. A titre d'exemples, on pourra citer Esther (2009), Run all night (2015) ou The shallows (2016). Mais bon, un réalisateur de série B pour s'occuper de la suite d'une mauvaise série B, au moins cela reste raccord... Cara Delevingue ne serait pas de l'aventure, ce qui est évidemment une bonne nouvelle pour tous ceux qui ont subi sa prestation dans le film de David Ayer. 

SHA

Dans les deux cas, les réalisateurs sont plus ou moins des yes men de la Warner. Le choix n'est pas vraiment étonnant, reste qu'on préférait des réalisateurs un peu plus ambitieux pour des films de ce type. The Flash fut lancé avec Seth Grahame-Smith (auteur d'Abraham Lincoln chasseur de vampires) à la réalisation, avant qu'il ne quitte son poste pour des divergences artistiques. Il a été vite suivi par Rick Famuyiwa (Dope). Bien que le duo Chris Miller / Phil Lord (21 Jump Street, The Lego Movie) soit encore crédité comme scénaristes du film (et peut être réalisateurs au vue de leurs déboires sur le spin-off sur Han Solo), le projet cherche un nouveau réalisateur. Certains bruits évoquent Robert Zemeckis ou Matthew Vaughn, mais à l'heure actuelle rien de confirmé. On vient d'apprendre que The Flash deviendrait Flashpoint, soit dans les comics un sacré bouleversement, provoquant plus ou moins une sorte de reboot général de l'univers DC. Un projet ambitieux compte tenu de la complexité de la chose. Toutefois, on peut penser que le projet initial n'était certainement pas Flashpoint et qu'il a évolué avec le temps. The Batman semble donné du fil à retordre à Ben Affleck. Alors qu'il était censé l'écrire et le réaliser, il a finalement jetté l'éponge pour le second cas. Après des chaises musicales confirmant les problèmes de communication flagrants de Warner, c'est bel et bien Matt Reeves (les deux suites du reboot de La Planète des singes) qui s'en chargera. Joe Manganiello a été confirmé pour le rôle de Deathstroke, reste à savoir s'il apparaîtra dans ce film ou dans les deux autres films liés à Batman (de même pour un certain Jared Leto, toujours le Joker de ce DC Verse).

N

Ba

Car oui, le DC Verse va aussi s'ouvrir à deux films individuels mettant en scène Nightwing (ou Dick Grayson pour les intimes) et Batgirl (Barbara Gordon si tout va bien). Le premier sera réalisé par Chris McKay qui connaît bien l'univers pour avoir signé en début d'année le très référencé The Lego Batman Movie. Le second par Joss Whedon qui, après s'être cassé les dents sur le projet "Wonder Woman", revient chez DC Comics / Warner. Puis par la même occasion se sortir du giron du MCU qui visiblement peinait à l'épanouir (on se souvient des problèmes rencontrés sur Age of Ultron). Dans tous les cas, ces deux projets permettront à DC de développer deux personnages qui n'avaient pas vraiment intéressé les réalisateurs, en dehors de Joel Schumacher (pour le résultat que l'on connaît). Au vue de ce qui a été dit à la Comic Con, Batgirl serait assez avancé pour être lancé en production l'an prochain. David Ayer compte bien rester présent dans le DC Verse avec Gotham City Sirens. Il s'agira de mettre en avant Harley Quinn (Margot Robbie), mais aussi plusieurs autres demoiselles de l'écurie DC. Certaines rumeurs évoquent Poison Ivy ou Catwoman. Avec un réalisateur aussi particulier, c'est peut être le projet le moins rassurant du lot. Pas trop de nouvelles deses films Cyborg et Green Lantern Corps, qui sont eux aussi sans réalisateur. A la différence que ce dernier a toujours été mis à part.

Suicide Squad

Il se peut d'ailleurs que des Green Lanterns apparaissent dans les deux volets de Justice League. Rien d'étonnant en soi puisque la plupart des Lanterns font partie de la Justice League dans les comics. Qui dit Corps, dit évidemment plus d'un Lantern. De quoi espérer de voir Jon Stewart et Guy Gardner, car il n'y a pas que Hal Jordan dans la vie. En espérant que ce film sera à la hauteur de l'univers impressionnant des Lanterns (le plus fou de DC Comics) et faire oublier la sinistre bouse de Martin Campbell. Justice League Dark ou Dark Universe (Warner risque de ne pas prendre ce titre, puisque Universal l'utilise pour son cycle dédié aux Universal Monsters) devait être réalisé initialement par Guillermo del Toro. Un film devant mettre en scène John Constantine, Xanadu, Swanp Thing ou encore Deadman. Del Toro est parti du projet en juin 2016, voyant que le projet n'avançait pas et il est logiquement toujours crédité comme scénariste. Doug Liman a ensuite été choisi pour le réaliser, mais comme souvent quand les projets s'éternisent, le réalisateur de La mémoire dans la peau a fini par jeter l'éponge. Visiblement, la Warner ferait les yeux doux à Andrés Muschietti qui a réalisé pour elle la réadaptation d'It. Enfin, il y a un hypothétique Man of steel 2 (Warner essaye de le refiler à George Miller, visiblement sans succès) et depuis la sortie du film, Patty Jenkins a été annoncé pour réaliser Wonder Woman 2

JLD

 

Etant donné que le projet initial était de faire une trilogie avec l'Amazone, il n'est pas très étonnant de voir une telle annonce. L'avenir nous dira jusqu'où le DC Verse ira, en espérant vers un bel horizon.


Article initialement publié le 18 avril 2015. 

Mis à jour le 20 juillet 2017.


* Pour plus d'informations, voir ici: http://www.dcplanet.fr/64363-script-du-film-batman-vs-superman-2002-devoile

** Propos issus de: http://www.vice.com/fr/read/jean-christophe-comar-vidocq-interview-912

3 Propos issus de: http://unificationfrance.com/article17265.html