Cine Borat

25 décembre 2014

Cuvée Christmas

Joyeux noël mes lecteurs chéris, que dis-je d'amour! A l'heure qu'il est (normalement 10h comme tous mes articles habituels, ce qui vous permez de vous préparer à cette cuvée fatidique), vous serez encore sous le choc de la dinde aux marrons de maman (ou tata Suzanne pour les plus gourmands et croquants) ou en train de contempler vos cadeaux si précieux dorénavant ou en train de ronfler dans votre lit (comme votre cher Borat, et oui vous ne croyez quand même que j'écris en direct live bande de grands fous...). Et puis quand vous vous léverez, le tic nerveux de la télécommande (certains diront la manette de la première console venue mais là n'est pas la foutue question!) reviendra comme toujours et vous tomberez sur un film, un téléfilm ou un bêtisier de noël comme nos chaînes savent si bien en trouver. Votre cher Borat, en plus de délivrer sa dernière cuvée made in 2014 (je vous annonce d'ores et déjà que la prochaine cuvée sera normalement publiée le 1er janvier 2015), s'est alors énuméré le nombre de films (voire épisodes de séries) se déroulant durant, en prévision ou ayant pour thème noël qu'il a vu. Autant dire que vous en aurez pour votre argent entre bons films et chefs d'oeuvres, entre bouseries et navets. Voici donc une sélection gourmande et croquante pour bien fêter noël (ou pas) devant sa télé!

  • Le noël de Mickey (1983) /Noël chez les Muppets (1992) / Le drôle de noël de Scrooge (2009)

Commençons directement par une oeuvre majeure de noël, j'ai bien noé A Christmas Carol de Charles Dickens. Un standard de la littérature devenu rapidement un standard du cinéma allant jusqu'à plus de vingt-cinq adaptations toutes plus fidèles ou inspirés les unes que les autres, suivant les différentes technologies. Richard Donner avait été jusqu'à prendre Bill Murray pour le rôle de Scrooge dans une version comico-moderne de Scrooge. Votre cher Borat s'est penché sur trois cas bien symptomatiques et ironiquement tous avec la patte Disney. Le premier est certainement la meilleure version que j'ai vu. Le noël de Mickey a été réalisé en 1983 et met en scène tous les personnages phares des cartoons Disney dans une adaptation de Dickens et autant dire que malgré que ce soit un court-métrage, c'est probablement un des meilleurs crus des 80's venant des studios Disney, alors mal en point question finance (on ne va pas ressortir les casseroles commerciales chaque année hein?). Imaginez un peu ce radin de Picsou à la place de Scrooge avec Mickey comme assistant et évidemment son neveu Donald dans le rôle évident du... neveu, Daisy en premier amour de Scrooge et Dingo, le géant de Coquin de printemps et Jiminy Cricket en fantômes des noël passés. On n'aurait pas pu faire plus logique et on s'étonne même que les scénaristes n'y aient pas pensé plus tôt. Mais surtout et c'est là que le court gagne des points, c'est qu'il est parfaitement adapté de l'histoire.

Noël chez les Muppets : Photo

Même dans ses moments tragiques, le film atteint des sommets et tire les larmes du spectateur petit comme grand. Il n'y a qu'à voir la dernière partie avec le fantôme des noëls futurs, d'un dramatique incroyable à en faire pleurer Mickey. Un crêve coeur total qui se joue devant nos yeux, comme rarement Disney réussira à en retrouver par la suite (peut être Le roi lion ou Le Bossu de Notre Dame). D'autant que le film peut compter sur une animation impeccable et digne de ce nom. Une beauté incroyable. Noël chez les Muppets est le premier film réalisé après la mort de leur créateur Jim Henson. C'est donc son fils Brian qui prend la relève sous l'égide de Disney qui a racheté les droits des Muppets (et ne s'en sert pas très bien, mais passons...). Le film se suit plutôt bien, même si l'histoire est évidemment rabattu une fois que vous avez vu une des différentes versions (plus de 25 ne l'oublions pas!) et que certaines chansons s'avèrent assez ridicules par moments (et pourtant certaines sont cultes dans l'univers Muppets). Il n'en reste que Michael Caine semble s'amuser et évidemment on prend plaisir voir toutes les marionnettes Muppets (et notamment Kermit et Peggy faisant un vrai couple) dans cette aventure enneigée. Enfin, voici la dernière version à ce jour (enfin je crois) réalisée par Robert Zemeckis en performance capture. Le procédé marche mieux que pour certains de ses films dans ce procédé, mais le film manque cruellement de folie.

Le Drôle de Noël de Scrooge : Photo Robert Zemeckis

Quand on vient voir un film avec Jim Carrey on s'attend à le voir faire le con ou à enchaîner les mimiques les plus folles. Et pourtant rien n'y fait. S'il s'en sort plutôt bien en Scrooge, il n'explose pas non plus. Pour le reste, c'est aussi une des dernières apparitions de Bob Hoskins au cinéma même pour un petit rôle.

  • Mickey il était une fois noël (1999)

Encore un film Disney mais en l'occurrence on ne sait pas trop comment le considérer. Un DTV? Un téléfilm? Un film d'animation? Un classique non-officielle? Un peu de tout certainement. Le film est réalisé en trois sketchs. Dans le premier et selon moi peut être le meilleur nos chers Riri, Fifi et Loulou, un peu plus âgés que d'habitude (mais pas autant que dans la série Couac en vrac), revivent sans cesse la même journée de noël et souvent en la foirant. Une partie où les jeunes comprennent vite que noël ne se fête qu'une fois dans l'année et surtout de la meilleure version possible, même si cela nous soule. Comme dans Un jour sans fin, les petits canards étant à la place de Bill Murray. La suivante tout aussi savoureuse montre Max (encore plus jeune que dans La bande à Dingo) ne croyant plus en noël. Son père Dingo fera donc tout pour l'en disuader jusqu'à l'heure fatidique. Le moins bon passage reste tout de même celui où Mickey doit chercher un cadeau à Minnie. Un peu guimauve sur les bords surtout que Mickey n'en est pas à une romance prêt avec la miss. Le film est de facture classique et divertie amplement. On n'en demande pas plus et le film se savoure comme un film réalisé pour attendre noël au chaud avec sa famille. Ce que j'avais fait une fois avant le coup d'envoi.

  • Le grinch (2000)

Le Grinch : Photo

"Bordel Jim, qu'est-ce que tu es allé foutre dans cette galère? -J'en sais rien, j'ai jamais regardé..."

J'aurais bien aimé vous parler de la version cultissime de Chuck Jones (dont on peut voir un extrait dans Home alone), mais je n'ai pas réussi à la trouver à temps ou correctement. Il faudra donc en rester à la croûte de Ron Howard (encore désolé). Le Grinch ou How the Grinch stole christmas est l'oeuvre du Dr Seuss, auteur pour enfants ultra connu aux USA mais peinant sérieusement à s'imposer dans nos contrées. Pourtant ce ne sont pas les adaptations qui manquent que ce soit Le chat chapeauté, Horton ou le dernier en date Lorax. Pourtant aucun réalisateur (à part peut être Chuck Jones, le mec étant quand même le créateur d'une flopée de Looney Tunes) n'a su retranscrire son univers et ce n'est pas Ron Howard qui dira le contraire. Film foutraque jamais drôle; maquillages bien faits certes mais terriblement à côté de la plaque (si le Grinch n'est déjà pas une paire de manche, la gueule des Choux est un bonheur nanardeux); Jim Carrey qui en fait des tonnes mais s'avèrant rapidement d'un agacement total (et vous savez que j'adore l'ami Jim, vous voyez quand même à quel niveau on est) et surtout une ambiance guimauve à vomir... Le Grinch s'impose comme une sorte de ratage que l'on préfère oublier et notamment de sa vidéothèque (je confirme).

  • La trilogie hivernale de Tim Burton: Edward aux mains d'argent (1990)/ Batman returns (1992)/ L'étrange noël de Mr Jack (1993)

L'air de rien l'ami Burton a largement creusé son sillon dans celui de Noël. Trois des films qu'il a réalisé ou était impliqué ont ce thème en commun et le plus drôle c'est qu'ils se chevauchent: 90, 92, 93 et en sachant que Mr Jack s'est fait quasiment en même temps que Batman Returns (ah la stop-motion et son temps de réalisation long, très long, très très long...). La thématique de noël est un cas à part dans Edward aux mains d'argent. Le film est en soi un conte et le final prend place peu de temps avant la fête de noël. C'est aussi à ce moment que le film atteint le point de non-retour, là où tout s'enchaîne, là où le drame arrive. Noël apparaît ici sous un jour horrible (Edward est plus ou moins chassé ou laissé de côté par les habitants qui se voulaient si gentils au début) et pourtant il y a une grâce qui opère dans ces passages et particulièrement dans deux scènes et elles mettent toutes les deux en scène la sublime Winona Ryder (elle n'a jamais été aussi belle qu'ici). La première semble sorti d'un conte de fée, ce qui s'avèrait normal pour un conte si ce n'était pas celui de Tim Burton. Un réalisateur alors considéré comme farfelu voire complètement étrange. Il est alors connu pour ses croquis rejetés à Disney, ses courts rejetés par Disney car pas raccord avec leur image, Pee Wee a beau être un succès il n'en reste pas moins un ofni tout ce qu'il y a de plus pénible, Beetlejuice asseoit la notion d'auteur chez lui et son Batman a divisé notamment dans sa vision freak de l'Homme Chauve-souris.

Batman, le défi : Photo Michelle Pfeiffer, Tim Burton

On aurait bien envie de se mettre sous les draps avec Michelle pour noël!

Avec Edward, il va mettre tout le monde d'accord avec un conte terriblement sombre et mélancolique où il revient sur son propre parcours (un réalisateur rejeté par les Grands, lui le fan de Vincent Price qui lui donne son dernier rôle marquant, lui dont la coiffure ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de son personnage, lui qui fut aussi un enfant de Burbank la ville avec son lot de pavillons tousplus proprets les uns que les autres et ville des studios... Disney). On pourrait alors croire que son film serait totalement sombre et pourtant ce n'est pas le cas le temps d'au moins deux séquences. Winona Ryder voit Edward en train de faire une statue de glace et elle danse sur les flocons qui lui tombent dessus. Un moment d'autant plus sublime qu'elle est habillée en blanc, blonde et que la neige lui tombe dessus. Dans la nuit noire, elle est un ange qui passe. Burton touche au sublime et Danny Elfman de ramener sa fraise avec une composition magnifique. Les deux remettent le coup pour le final (attention spoilers). Winona Ryder revient à la réalité: elle est enlaidie par le poids des années et évoque alors à ce qui semble sa petite-fille que l'homme qu'elle a aimé autrefois est non seulement toujours vivant, mais surtout c'est grâce à lui que la neige tombe toujours. Le film renvoie alors une nouvelle fois au merveilleux et se finit sur une note magnifique mais malgré tout triste. Deux êtres seuls se contemplant depuis deux endroits. Terrible mais magnifique et en plein noël. (fin des spoilers)

L'Etrange Noël de M. Jack : Photo Henry Selick, Tim Burton

Burton enchaîne ensuite avec l'une des meilleures sequelles de l'histoire. Cette fois-ci, l'intrigue se déroule sur toute la préparation de la fête de noël et se termine sur le jour j (je ne vous spoile pas, on s'en fout un peu de l'unité de temps). Des fêtes en apparence merveilleuses mais tombant dès les premières minutes dans le cauchemar: Pingouin envoyé dans les égoûts avant une vengeance explosive, pin up exécutée, une employée balancée par la fenêtre avant de renaître dans du cuir, un super-héros affrontant différentes menaces dans la neige et la fournaise (les fans comprendront)... Clairement, Batman Returns ne fait pas dans la dentelle et donne lieu à des fêtes aucombien cauchemardesques à la limite de la folie furieuse. Un autre visage de noël indéniablement! Burton a conclue de plus belle avec un de ses scénarios qu'il a refilé à son pote Henry Sellick. Ou quand Halloween rencontre Noël avec pertes et fracas et une imagerie absolument redoutable. Jack Skelleton qui rencontre le Père Noël et décide de le devenir à sa manière, voilà un sujet complètement frappadingue et amenant à la tolérance. C'est certainement un de mes crus sur noël préférés, à la fois fin et terriblement intéressant dans ses thématiques, ne prenant pas son spectateur (et notamment jeune même si il conviendra de leur montrer le film un peu plus vieux pour que cela passe mieux) pour un imbécile.

En prenant deux fêtes ultra-populaires aux USA notamment, Burton et Sellick ont réussi à faire un mix gargantuesque où les monstres ne sont pas forcément cruels et où ils cherchent parfois un autre moyen de s'exprimer. En mal parfois mais jamais en voulant le mal. C'est juste que les deux cultures sont différentes, la mentalité aussi. Sans compter que le père noël en prend aussi pour son grade en passant limite pour un personnage arrogant (il n'y a qu'à voir sa dernière réplique, certes sous le choc, mais au combien méprisante) et l'imagerie d'Epinal et proprette de Christmastown. On préférait presque foncer dans le monde d'Halloween avec son épouvantail mal en point et sa copine rafistolée.

  • Piège de cristal (1988) / 58 minutes pour vivre (1990)

Evidemment comment parler d'un film de noël sans évoquer le mythique Die Hard de McT? Film de noël improbable mais indéniablement l'un des meilleurs. "On passera noël en famille, on fera la fête" dit John McClane dans une bouche d'aération alors qu'il essaye tant bien que mal de se sauver de terroristes, qui par un retournement de situation improbable mais voulue (selon McT cela rendait les méchants plus nobles et ainsi plus acceptables) s'avèrent moins importants que prévu. Un film de noël involontaire, comme la soirée de ce bon vieux John qui voulait juste retrouver sa femme, qui a le chic de se faire appeler par son nom de naissance (ça passe mieux paraît-il) et de l'inviter dans la tour où elle bosse pour réveillonner; alors qu'il voulait juste se retrouver avec ses gosses chez lui. Mais évidemment rien ne va se passer comme prévu avec ces mecs débarquant armes au poing. Bah merde alors! On ne peut même plus fêter tranquille, il faut que des cons viennent vous faire chier. Sauf que John est plus qu'un élément extérieur: il est flic et armé de son beretta. Piège de cristal est un pur moment de cinéma avouons-le, sortant complètement des standards d'action de l'époque. McClane est un gars banal comme on en voit plein, loin des gros bourrins de Predator, le précédent film de McT; et il souffre durant tout le film (ses pieds en saignent encore).

58 minutes pour vivre : Photo Bruce Willis, Renny Harlin

Et le film accumule les moments d'anthologie que ce soit l'explosion du toit (que j'avais reproduit avec un gi joe pour un projet d'arts-plastique!), l'explosion de l'ordinateur balancé d'un étage à l'autre ou le premier dézingage de John McClane. Tout s'enchaîne dans une course contre la montre pour sauver noël des salopards de manière jouissive et fun, tout en gardant un minimum de sérieux requis. Au final, Die Hard reste un sommet du film d'action, à la fois bourrin mais en ne prenant pas son spectateur pour un con. McT sait comment divertir, un des rares encore vivants dans le milieu. Sa sequelle reprend le même principe: noël, John emmerdé, Holly dans la merde. Et pourtant là le pauvre John va se cailler les miches, car au contraire de Piège de cristal, ça neige sec dehors et il va devoir faire plus d'un aller-retour pour sauver sa femme d'un aéroport piraté par des anciens militaires. Noël neigeux, noël glacé. Le pauvre John va donc se faufiler durant tout le film dans la neige avec une banale doudoune. Ce cru est assez similaire du premier avouons-le, mais reste tout de même un plus que sympathique divertissement, continuant de forger un personnage aussi jubilatoire que John McClane. Toujours au mauvais endroit au mauvais moment celui-là!

  • Les Simpson Noël d'enfer (saison 1, épisode 1)

Au fil des saisons, la série de Matt Groening a très souvent évoqué les fêtes de noël. Certains sont même des épisodes incontournables à l'image de celui où Bart fait griller le sapin (et les cadeaux par la même occasion) ou celui où il vole un jeu-vidéo à l'approche de noël au point de décevoir totalement sa mère. Mais indéniablement, celui que l'on retient et que l'on retiendra encore très longtemps c'est le tout premier épisode officiel (des petites scénettes avaient été diffusé dans une émission avant son passage définitif au format de vingt et une minutes sur la Fox) nommé Noël d'enfer. Le grand public découvre la famille Simpson avec fracas lors des fêtes de noël. On rencontre donc Homer Simpson alcoolique notoire amateur de donuts et en manque de fric (tout du moins dans cet épisode), marié à Marge une femme avec une coiffure ahurissante et ayant pour enfants le turbulent Bart, l'intelligente Lisa et la mutique Maggie. A cela rajoutez des personnages qui deviendront emblématiques à l'image du principal Skinner (souffre-douleur de Bart et qui lui rend bien) ou les soeurs de Marge, Patty et Selma fumeuses de première amatrices de MacGyver! Ce pilote apparaît comme un pur bonheur, introduisant certains des personnages animés les plus mémorables du paf ricain.

D'ailleurs c'est dès le premier épisode que Flocon de neige, lévrier acheté sur un champ de course (!), fait son apparition et tout est bien qui finit bien! Soulignons aussi l'introduction que l'on croirait sorti de La vie est un long fleuve tranquille avec les parents voyant leurs enfants chantaient. Mais évidemment Bart ne fera rien comme tout le monde. "J'en ai ras le bol de faire l'andouille devant cette bande de nouilles! Ouille!" On ne s'en lasse pas.

  • Gremlins (1984)

Gremlins : Photo Joe Dante

Ah le voilà! Le film de noël par excellence! Et pourtant le film a bien failli s'appeler People tellement les gens de la Warner étaient stupide (vanne de Steven Spielberg en référence au fait qu'ils ne voulaient pas trop montrer les gremlins). Joe Dante y va franco pour sa première production hollywoodienne en solo (il avait déjà collaboré avec Spielby sur La quatrième dimension le film) et signe un film à la fois terriblement jouissif et horrifique. L'air de rien, Gremlins montre des petites créatures dézinguant tout sur leur passage. Pourquoi? Parce que ce cher Billy, adolescent, comme tant d'autres, a jeté de l'eau sur le petit Gizmo véritable peluche que l'on aimerait avoir dans ses bras. Il donne naissance à quatre saloperies qui vont le maltraiter. Mais Dante fait encore mieux puisqu'il fait carrément un film d'horreur pour enfants où la vieille rombière vole par la fenêtre (on ne peut faire plus littéral), où les flics se retrouvent sans frein et où la jeune tenancière dont est amoureux le héros se retrouve à servir quinze tonnes de créatures verdâtres qui feraient bien des choses avec (dans des positions inconfortables for example).

Même la mère de Billy manque de se faire buter dans un moment ultra-angoissant où après en avoir dézingué dans la cuisine, se fait agressée par un gremlins présent dans le sapin de noël! Sinon tout va bien hein? A cela rajoutez une anecdote sur le père de la tenancière que kiffe le héros pour le moins glauque, et vous obtiendrez un film de noël à la Joe Dante. On te remercie pour encore longtemps Joe!

  • Le père noël est une ordure (1982)

On se demande qui fait le cochon...

J'aurais pu vous évoquer Joyeux noël (film de guerre pénible et larmoyant, typique d'un certain cinéma français à grand spectacle), La bûche (encore un film bien chiant où ça papotte sans réel intérêt) ou Un conte de noël (là ce n'est pas chiant et puis Matthieu Amalric est comme toujours parfait, ici en emmerdeur total au sein d'une famille qui n'a rien demandé), mais évidemment aucun n'a l'aura ni l'importance du Père Noël est une ordure. La pièce initiale est déjà un bonheur de première avec un beau suicide que l'on essaye de maquiller et autres conneries faisant le bonheur d'SOS Amitié. Son adaptation par Jean-Marie Poiré se révèle être un aussi grand bonheur, réunissant la plupart du Splendid (bon Michel Blanc ne fait que du doublage au téléphone, mais quelle apparition!). La fin est différente, peut être moins trash que ne peut l'être la pièce mais sévèrement jouissive. D'autant que le réalisateur multiplie les effets dérangeants à l'image de Félix découpant le voisin avec seulement la porte entrouverte et avec un travelling avant.

Un bel effet angoissant par excellence. A cela rajoutez le slow sur Destiné (déjà pas la chanson la plus ringarde du moment!) sans comptez la scène de baise sous la douche (qui change totalement de la pièce) et vous aurez un film de noël délirant mais génial. Le genre white trash savoureux. Et puis il n'y a qu'à voir la gueule de con que se paye Thierry Lhermitte en voyant sa serpillè... pardon son gilet, c'est juste indémodable. Comme la gueule de Christian Clavier en travesti à la fois touchant et terriblement génial. Une époque où il était drôle.

  • Maman j'ai raté l'avion (1990) / Maman j'ai encore raté l'avion (1992)

On en a encore parlé la semaine dernière donc je vais être assez bref. La saga Home alone ne vaut que pour son tout premier film, sa sequelle étant un total copier-coller que ce soit le début (Kevin s'engueule avec ses parents), l'avion (bon cette fois il ne le rate pas mais se trompe d'avion), le milieu (il doit se débrouiller seul et ce malgré des adultes casse-couille), les méchants (les casseurs-flotteurs deux branquignols essayant de voler les maisons du voisinage ou un magasin de jouets que Kevin dézingue via des pièges) et le final (happy-end avec toute la famille qui se réconcilie avec le gosse). A force d'être vu, le premier film perd un peu de sa force et même les plus nostalgiques reconnaîtront que le film n'est plus aussi bon que dans leurs souvenirs. Il n'en reste pas moins que Chris Colombus et John Hughes réussisse à divertir à plus d'un moment. Que ce soit avec les pièges sur les pauvres Joe Pesci et Daniel Stern ou ce merveilleux faux-film qui sert de running-gag merveilleux. A ne pas revoir tout le temps.

  • La course au jouet (1996)

"Bon je crois que c'est l'heure de vous faire défoncer la gueule les Papas Noël. Vous pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu."

Autre temps, autres moeurs. A cette époque, Schwarzy essaye d'arrondir les fins de mois, ses derniers n'ayant pas été de francs succès et ce n'est pas Batman et Robin qui va changer grand chose. Il n'en reste pas moins que l'acteur part dans une optique commerciale peu ragoutante avec des productions familiales. Preuve en est avec La course aux jouets. Pourtant il en avait fait des chiures pour gosses avant comme Un flic à la maternelle et Junior. Avec La course au jouet il continue le massacre. Production familiale ne veut pas dire production débile et nous l'avons vu au fil de cette cuvée au combien longue (mais nécessaire en ce jour fatidique, et puis il fallait bien faire quelque chose hein pour cette semaine, hein?!). Pourtant avec ce film, on sent que plus on s'enfonce, plus on se mord la queue. Dire que ce film est une horreur est un euphémisme. Certains y trouveront un plaisir-coupable (j'ai un ami qui le considère comme tel tout comme ce bon vieux 2flics, oui oui, celui qui est habillé en gucci!), pas moi. Le pitch est con (Schwarzy se réveille à la dernière minute pour acheter le cadeau de son fils évidemment en rupture de stock et se foutant sur la gueule avec Sinbad!), les péripéties sont débiles (Schwarzy se retrouve dans une fabrique de jouets avec John Belushi et des nains en pères noël; Schwarzy qui défonce la gueule de ménagère; le voisin qui cherche à tringler sa femme) et même les SFX sont hideux (punaise le final avec Schwarzy dans son costume de super-héros quelle horreur!).

"J'ai été Terminator, Jack Slater, John Matrix, Conan le barbare et maintenant je suis Turboman. Fuck!"

Il y a même un foutu élan en CGI qui essaye de lui foutre sur la gueule! Un élan! En CGI! Qui veut casser la gueule à Schwarzy! La course au jouet c'est un traumatisme du genre dont on s'en remet difficilement.

  • Frère noël (2007)

Frère Noël : photo David Dobkin, Paul Giamatti, Vince Vaughn

"Vince tu peux m'expliquer qu'est-ce qu'on fout dans cette galère? -En trois mots Paulo: noël, famille, film."

L'an dernier votre cher Borat se retrouve à zapper sur les chaînes en pleine période de noël et paf, il tombe sur un film avec Vince Vaughn. Adorant ce comique si sous-estimé du cinéma américain (en dehors de quelques uns, on ne peut pas dire que sa filmographie soit de grande qualité et c'est bien dommage car il a un potentiel énorme), je me suis donc mis Frère noël. Oui ce cher Borat est capable de tout. Même de voir ce genre de films insignifiants qui ne racontent rien ou plutôt n'ont rien à raconter. C'est juste un film qui sert à des chaînes comme TF1 comme bouche-trou entre le journal de 13h et le dernier blockbuster qui s'est crashé au box-office (je caricature mais on en est pas loin) et qui ne passera au grand jamais en prime-time, sous peine de grosse taule d'audience. Mais le pire dans cette production où Vince Vaughn incarne le frère grincheux du Père Noël est de voir un nombre ahurissant de têtes connues: Paul Giamatti, Rachel Weisz, Kevin Spacey (oui, oui, il n'a pas accepté que Call of Duty comme cachet alimentaire ces dernières années), Elizabeth Banks, John Michael Higgins, Kathy Bates, Ludacris ou Miranda Richardson. Bah merde alors! Inutile de vous dire que le film est pétri de bons sentiments que tout ira bien à la fin et que Fred Noël va arrêter d'être un gros con profiteur! Voilà! Retournez donc à vos occupations!

  • Super noël (1994)/ Hyper noël (2002)

Hyper Noël : photo

"Hmm je sens que tu vas goûter mes boules de noël... -J'espère que ça ne sentira pas trop le sapin." Borat graveleux le jour de noël on ne le refera pas...

Pour être honnête, je dois avouer que je ne me souviens pas trop du premier. Je me souviens l'avoir vu, de quelques moments (comme Tim Allen essayant par tous les moyens de se couper la barbe mais n'y arrivant pas) mais je ne m'en souviens pas autant de sa séquelle. Cette dernière, que j'ai eu la connerie de voir au cinéma, fut assez tardive et évidemment a fait son petit flop au point que la dernière est sorti en DTV il me semble. Dans le premier, Tim Allen incarnait un homme prenant le costume du Père Noël assomé malencontreusement et devenait le successeur légitime. Dans le second, il est donc le Père Noël, pas grand chose donc à faire. Hé bien non! Tim Allen doit raisonner son fils qui ne croit plus en noël en l'absence de son paternel (qui évidemment est coincé depuis tout ce temps au Pôle Nord ou en Laponie, enfin vous prenez l'option qui vous plaît) et se prend pour une vraie racaille. Alors Papa Tim doit revenir à la vie normale, tout en se tapant la directrice du collège, car il doit aussi se trouver une Mère Noël (cliché!). Ah ben il est beau le Père Noël. Evidemment tout sera résolu et tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. A cela rajoutez des cgi pas très beaux et vous aurez une production Disney bien foireuse et foirée. Et en plus les reines sont en CGI et causent!

  • Jack Frost (1998)

"Allez fiston viens faire une papouille à Papa! -Haaaaaaaaaaaaaa! -Mais non pas Haaaaa! Papa!"

Alors attention il existe trois films Jack Frost. Il y a le film d'horreur et sa suite qui sont de purs séries z voire de gros navets
(imaginez un bonhomme de neige sur une île tropicale... ne riez pas c'est le pitch du second film) et la production Warner. Evidemment c'est du troisième film dont nous allons parler. Je me souviens qu'à l'époque j'avais vu la bande-annonce sur une VHS des Pierrafeu puis sur d'autres VHS Warner et j'avais eu une de ces frousses (aujourd'hui cela me paraîtrait délirant mais bon, j'étais jeune). Pourquoi donc? Parce qu'un plan circulaire montrait un bonhomme de neige pris dans une tempête avant que la caméra ne soit complètement face à lui en train de bouger au niveau du visage. Sans compter que le bonhomme de neige est fait en cgi et pas de la manière la plus jolie. C'est même assez désastreux quand on y repense. Alors le film accumule les poncifs: le bonhomme de neige n'est autre que la réincarnation du père décédé du gamin qui l'a fait. Le bonhomme est donc incarné puis doublé par Michael Keaton. Michael Keaton. Le Batman. Le Beetlejuice. Celui que les médias se rappelent à cause de Julien Lepers (qui lui ressemblerait comme deux gouttes d'eau selon certains). Bah merde alors. Punaise Michael, je veux bien que les fins de mois sont difficiles, mais au point d'accepter une production familiale au ras de la guimauve, berk quoi. J'aurais presque envie de voir sa version nanarde!

  • Tokyo godfathers (2003)

Tokyo Godfathers : Photo

Ah un peu d'animation ça ne fait pas de mal surtout avec un chef d'oeuvre. Pour les fans d'animation japonaise voire animation tout court, Satoshi Kon reste un réalisateur terriblement sous-estimé et qui n'aura pas eu la reconnaissance réelle qu'il méritait tant de son vivant. Sa mort d'un cancer aussi violente soit-elle a ranimé l'engouement autour de lui, tout du moins un peu plus qu'avant. Pourtant votre cher Borat le connaissait bien avant avec Tokyo Godfathers. Encore un beau film se situant à noël et aussi le plus accessible de son réalisateur. Toujours la thématique du rêve, mais ici il devient réalité. Comprenez qu'il n'y a rien de surnaturel, tout est linéaire mais ses personnages ont tous un rêve: sortir de leur misérabilité. En effet, nos héros sont trois SDF et chacun est particulier: le premier s'est ruiné dans les paris foireux au point de quitter sa famille; le second est un travesti ancien chanteur de music-hall; la dernière est une adolescente qui a poignardé son père et pris la fuite suite à une engueulade de trop. Trois personnages immédiatement attachants et essayant de survivre lors de fête où ils sont ignorés, voire insultés (ah ce passage du train où ils se font traîtés de tous les noms parce qu'ils ne sont pas propres) voire pires (le savatage d'un SDF jusqu'à la mort par des gosses bon sang!).

Le film oscille donc entre moments d'humour (il faut voir ce moment où notre travesti se fait insulter par un ivrogne alors qu'elle chantait dans un music-hall, engendrant un grand moment de rigolade total) et moments de tristesse (ce dont je parlais plus haut), mais Kon décide de donner à son final ce que ses personnages redoutaient au début du film: devenir des héros de film d'action. Le final s'apparente à une course-poursuite totalement dantesque et farfelue où nos héros essayent de sauver le bébé qu'ils ont sous le coude depuis le début avec une ferveur rare. Un automobiliste connu? Allez hop en voiture! Et quand on rate le coche? On enfourche le premier vélo venu! Et quand il n'y en a plus ,il y en a encore! Kon signe ici et de loin son film le plus lumineux, celui qui servira probablement pour découvrir son talent. Et si vous ne l'avez toujours pas fait alors que je vous en cause depuis des années, bougez-vous l'arrière-train!

  • Love actually (2004)

Love Actually : Photo Bill Nighy

Ah tiens une petite romcom de noël pour ce bon vieux Borat! C'est vrai, ce n'est pas comme si il avait fait un sketch totalement improvisé devant ses camarades étudiants parlant des codes à la limite du périmé de la romcom! Non! Voici donc Love actually, film que j'aimais énormément pendant de longues années et puis ça s'est un peu évanoui, mes goûts ayant quelque peu changés (je préfère Quatre mariages et un enterrement ou même Notting Hill que j'essaye de ne pas trop voir chaque année, cela m'évite de me tuer le plaisir). Love actually est un film choral où justement il y a trop de choral, donc le film accumule toutes les intrigues en pagaille au point de devenir fourre-tout et surtout très long! Au moins deux bonnes heures l'air de rien! Et le film n'y va pas de mains mortes:
-le premier ministre britannique sorte de Bill Clinton à l'anglaise incarné par Hugh Grant qui voudrait bien se taper sa secrétaire, et elle aussi
-Liam Neeson qui vient de perdre sa femme (malheureuse coïncidence car c'est ce qui lui arrivera des années plus tard...) et essaye de
redonner de l'espoir à son fils (Thomas Sangster) qui est tombé amoureux d'une de ses camarades de classe (c'est beau!)
-Colin Firth qui tombe amoureux de sa femme de ménage portugaise (ou je ne sais plus trop quoi, on va dire type Amérique du sud!)
-le jeune british qui veut conclure et se tape trois meufs à la fois sous du mauvais Santana (oui ça existe!)
-Andrew Lincoln qui veut se taper Keira Knightley mais le mec préfère son pote Chiwetel Ejiofor se marrier avec (et en plus il la trompe! Connard va!)
-Martin Freeman (et oui le Hobbit!) qui rencontre sa copine sur le tournage d'un film porno (les anglais n'ont peur de rien quand même)
-Alan Rickman essayant de tromper sa Emma Thompson de femme (passage franchement pas terrible il est vrai)
-Laura Linney bloquée par son père en plein acte (partie totalement anecdotique)


Christmas.Is.All.Around par Anthony-54

Mais bon dans ce microcosme anglais, on s'y perd clairement et évidemment comme on accumule les points de vue, le film devient chiant surtout que tout n'est pas bien. En gros, les trois quarts du temps il s'agit de gens cotoyant l'amour avec difficulté parfois avec truculence (le cas de l'english exilé est un pur bonheur de rigolade, surtout que le mec se tape quand même Elisha Cuthbert, January Jones et Ivana Milicevic!), parfois dans le désespoir le plus chiant. En gros, rien ne vaut un bon Bill Nighy qui sauve la mise à lui tout seul. L'amigo incarne une rock-star sur le retour, véritable hymne provoc à la Mick Jagger qui reprend la chanson de Wet Wet Wet Love is all around en changeant par Christmas qui était sur la bande-originale de... Quatre mariages et un enterrement! Richard Curtis est revenu aux fondamentaux. Sans compter ce clip montré par bribes dans le film mais dispo sur le net (voir ci-dessus) et le DVD où il s'amuse avec des instruments entouré de pin-up en très petite tenue. En tous cas, Bill Nighy sauve plus d'une fois de l'ennui pour une bonne rigolade de comptoir.

  • Le pole express (2004)

Le Pôle Express : Photo Robert Zemeckis

Encore du Zemeckis et pas très frais pour tout dire. Premier film du réalisateur à exploiter la Performance capture, il adapte un conte pour enfants assez connu mettant en scène des gosses prenant un train pour aller voir le Père Noël. La fable est sympathique certes, mais un peu trop pétri de bons sentiments. Evidemment le héros ne croît plus au Père Noël et ce voyage va lui permettre de voir le contraire. Evidemment il est accompagné de deux autres dont une fille afro-américaine (on reste dans le social) et un petit gros. Evidemment le chemin est semé d'embuches toutes plus improbables allant du lac verglacé au vieux pecno sur le train (oui vous avez bien lu). Le tout permet à Tom Hanks de s'éclater comme un petit fou, même pour simplement annoncer un chocolat chaud (What?!)! Pourtant et c'est un petit peu normal, le film a quelques ratés techniques au niveau des expressions de ses personnages. Si ceux d'Hanks restent encore très expressifs, cela n'est pas le cas des mômes. Au final, Le pole express est surtout un film joli à regarder mais quelque peu fade.

  • Rise of the guardians (2012)

Les Cinq légendes : Photo

Il est rare que j'aime des films venant de l'usine Dreamworks. Ils doivent se compter sur une main et demie. Pourtant je n'étais pas très chaud à l'idée de voir Rise of the guardians aka Les cinq légendes par chez nous; j'étais même très mal parti. Pourtant il y a quelques mois, je me suis décidé à le voir en BR et j'y ai pris plaisir. Oui je sais c'est d'une rareté encore une fois vis à vis de Dreamworks. Ce film prend place en hiver ou tout du moins le laisse penser et fait de différentes légendes du folklore (le lapin de Pâques, le Père Noël, Jack Frost, la Fée des dent, le Marchand de sable) les gardiens des enfants face au croque-mitaine. Un truc en apparence très gamin, mais curieusement ce n'est pas le cas. Aidé d'une animation un peu moins cartoonesque que d'habitude, le film met en scène avec une certaine noirceur le personnage de Jack Frost face à ses démons et notamment le fait d'être ignorer des enfants comme d'avoir acquis son don à cause d'un drame familial. Une dramaturgie plutôt intéressante et curieusement mature, renvoyant à la maturité d'un Dragon. Mais Dreamworks a beau avoir de bonnes critiques, pour le coup le public ne suit pas. Bien étrange et pas assez pour faire de Rise of the guardians un film culte. Pour une fois, on dirait bien dommage.

  • Star Wars Holiday Special (1978)

"Viens boire un tout petit coup à la maison!"

Et évidemment comme on dit le meilleur pour la fin! Je suppose que vous en avez rêvé chers lecteurs: Borat (qui s'est forcé pour le voir) qui vous parle de Star Wars Holiday Special, le téléfilm tellement lamentable que même George cherche à le cacher aux yeux du monde entier. Pas de bol pour lui, c'est l'un des films les plus connus du web et quasiment tout le film (il faut chercher les parties en revanche) est sur Youtube. SWHS c'est le téléfilm qui tourne mal. George a laissé ses potes le faire à sa place, les acteurs de la trilogie (enfin à l'époque uniquement de La guerre des étoiles) sont allés par bonne sympathie, le tout va être diffusé sur CBS en novembre, gros carton d'audience potentiel. Si le téléfilm a encore bien marché, il fait partie de ces films indéfendables devant l'éternel, véritable bouserie en puissance qui vous fait saigner des yeux et des oreilles. Imaginez un peu rencontrer la famille de Chewbacca et se les taper durant 1h30! 1h30 de Wookie, de "hhhuuuuuuuul", de boules de poil, enfin tout ce que vous voulez! Une torture où les scénaristes se sont donnés le mot hein? Genre le fils aîné qui joue avec une machine à rêve où une chanteuse lui fait des réflexions qui feraient la joie des films érotiques d'M6 du début des 2000's avec des répliques aussi fumeuses que "Je vois des secrets" ou "I am your fantasy, i am your experience, i am your pleasure".

Même une animation décente ils n'ont pas trouvé! Vraiment des branleurs à Lucasfilms!

Genre Madame Chewbacca qui fait la cuisine en regardant une émission avec une créature à quatre bras qui lui balancent des "Remuez" toutes les deux secondes, au point de vouloir balancer votre ordinateur ou votre télévision! Puis comme Chewie et Han Solo font des conneries par ci, par là, la famille se fait emmerder par des stormtroopers et des gars de l'Empire qui, parmi les distractions, regardent... des hologrammes faisant du rock'n roll! Pendant au moins six minutes, le spectateur se retrouve à regarder un concert à la con des Jefferson Starship! Mais bordel, vous avez fumé quoi les gars durant la production de ce machin? Parce que ça sent bon la marijuana tout cela. Et quand il y en a plus, il y en a encore. Ainsi Boba Fett fait sa première apparition... dans une partie animée dégueulasse au possible où il trompe Luke et bute un dinosaure gélatineux! Vous en voulez encore? Hé bien Leia (Carrie Fisher) chante à la fin comme pour un dernier chant du cygne, pendant que la tenancière de la Cantina chante pour ses ivrognes préférés.

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Une horreur de ce type ça mériterait les purges staliniennes (c'est une vanne hein? Quoique...)! Dans un épisode de South Park, Matt Stone et Trey Parker disait que Lucas avait violé Indiana Jones avec le quatrième volet. On aurait bien envie de dire qu'avec ce téléfilm, il a violé Chewbacca!

  • Bonus: Le trésor de la lampe perdue (1990)

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Bonus car ce film culte des fêtes n'est pas un film de noël. Néanmoins au fil des années, le final de La Bande à Picsou est devenu un film récurrent de nos chères chaînes de télé. Bon vraisemblablement pas trop cette année, mais en général c'est bel et bien le cas. Ce film a d'ailleurs un sens aigue de la curiosité: une fois devant, le spectateur ne décroche pas et curieusement parle à tout le monde. Plus qu'un Mickey, Picsou est l'un des héros les plus aîmés des plus de trente ans, tout du moins les gens ayant connu la série dans les 80's et 90's (ce qui fut mon cas), une des plus populaires encore aujourd'hui venant du studio aux grandes oreilles. Comme dit plus haut, ce film est une conclusion à la série donc on retrouve tous les personnages phares de la série allant des trois neveux à Mamie Baba en passant par Zaza et Flagada Jones. Le méchant s'avère suffisament charismatique pour qu'on s'en souvienne et l'aventure est de mise du début à la fin. Pourtant considéré comme un cru mineur en raison de son statut (c'est l'adaptation d'une série), c'est pourtant un des derniers grands crus du studio. Tant mieux!


Evidemment pour finir cette cuvée, il fallait bien le coup de grâce et en chanson s'il vous plaît! Alors quoi de mieux que la chanson phare de Wham! trustant parmi les chansons de noël les plus rabachées de l'histoire. Qui plus est avec son clip sentant bon l'image d'Epinal à 20km avec George au coin du feu. Manque plus que Richard Clederman et on y serait presque! Et vous aurez même droit au petit dessin de noël! A la semaine prochaine!

Tex Avery


19 décembre 2014

Cuvée Hughes together, Hughes forever

La semaine dernière, la Cave de Borat revenait sur Mike Nichols, réalisateur récemment décédé et lauréat (bruit de casseroles). Cette semaine, votre cher Borat va s'attaquer à un réalisateur qui n'est plus depuis plusieurs années et dont il a largement compté les louanges depuis quelques mois voire années si on reprend les débuts de ce blog (hé oui...). Le 6 août 2009, le couperet tombe, les enfants des années 80 pleurent quelqu'un qu'il pouvait considérer comme "l'adulte qui les avait compris": John Hughes vient de succomber à une crise cardiaque tout comme son ami John Candy bien des années plus tôt. John qui? En effet, les spectateurs d'aujourd'hui ont oublié John Hughes ou tout du moins ne savaient plus qui il était. Ce nom ne me disait rien non plus et il avait fallu que je lis un article commémoratif dans Studio Ciné Live (à une époque où je le lisais encore, avec même pour tout vous dire Madame Pitt en couverture, ce qui devrait vous donner un repère) le mois suivant sa mort. C'est là que je suis revenu de loin car je connaissais beaucoup de films qu'il avait scénarisé, certains même que je connaissais depuis tout petit. Alors comment le public a fait pour l'oublier véritablement, ce réalisateur-scénariste qui a aussi bien marquer les 80's que les 90's et ce malgré plusieurs ratés? Tout simplement parce qu'Hollywood lui a tourné le dos. Plus de contrats, plus de projets à lui donner, le prenant probablement pour un has-been.

On ne sait d'ailleurs pas s'il a eu des projets entre 2002 et 2008, dates auxquelles il signe les scénarios de Coup de foudre à Manhattan (on voit quand même le niveau de la proposition: un film où J-Lo est une femme de ménage... pardon une technicienne de surface tombant amoureuse du richard Ralph Fiennes) et Drillbit Taylor, sa dernière création sorti un an avant sa fin. Il n'en reste pas moins que son parcours n'est pas sans rappeler un certain Shane Black, lui aussi scénariste majeur des 80's-90's. Là où le créateur de L'arme fatale s'est enrichi considérablement sur des projets qui finalement se sont viander copieusement (Au revoir, à jamais signera son arrêt de mort jusqu'à Kiss kiss bang bang); Hughes, lui, s'est retrouvé sur des productions qui ont marché mais qui l'ont ruiné artistiquement. Deux scénaristes, deux contraires dans des genres radicalement différents au parcours finalement similaire: gloire et chute. Mes premières rencontres avec le monde de Hughes se sont donc faites totalement inconsciemment. La première fois fut certainement Les 101 dalmatiens qu'il scénarise et produit pour Disney. Un remake du film d'animation culte qui fait la part belle à Glenn Close qui cabotinne clairement avec efficacité ou non (c'est selon les moments). On sent déjà que la sauce Hughes commence à sentir le périmé. Il est clairement devenu ce que beaucoup d'autres réalisateurs sont devenus aussi: une mode.

La mode Hughes marche alors on va l'utiliser jusqu'à plus soif et surtout jusqu'à la panne totale d'imagination. Si Les 101 dalmatiens a encore des choses à montrer niveau malice (même si les chiens sont rapidement délaissés pour laisser place à des acteurs se demandant parfois où ils sont allés) , on sent déjà qu'il n'y a plus rien à dire ou tout du moins quand on lui fait enfoncer des portes ouvertes. Et autant dire que cela va continuer encore longtemps. La seconde fois fut la VHS de Flubber. Robin Williams. John Hughes. Merde quoi. Avec deux cocos pareils, il y avait de quoi faire quelque chose d'intéressant. En gros l'histoire d'un scientifique n'arrivant pas à s'engager avec la femme qu'il aime et faisant passer la science avant tout. On pourrait voir une métaphore de Hughes: celui qui a fait passer le commercial sur la créativité et qui en est devenu pauvre. Malgré que le film marche, il s'agit de la dernière grosse-production à proprement parler auquel il touche. Après il me semble que c'est plus flou. Il y a eu en tous cas les VHS enregistrées des Beethoven, deux productions cannines pour Universal qu'il scénarise et produit. Si la première a très vite rendu l'âme (ah les VHS quand même, certaines tenaient très peu le choc l'air de rien), l'autre a longtemps fait le bonheur de mes pré-soirées en mode plateau-repas.

Le genre où l'on met soit un Disney, soit un Pixar, soit un Taxi, soit autre chose mais souvent du très familial. Désormais, il me serait tout simplement impossible de voir aucun des deux. Hughes touche au succès mais y perd en crédibilité de scénariste. Il devient purement et simplement familial, lui qui a autant montrer un caractère plus transgressif voire très éloigné du contexte grand public. Le premier reste un divertissement canin tout ce qu'il y a de plus banal et pas forcément savoureux, accumulant le mauvais goût et les gags répétitifs. Quant au deuxième, il réussi à être encore plus moralisateur dans son genre et putassier. Ah ce moment merveilleux où Charles Robin se retrouve à faire un concours de bouffeurs d'hamburgers entre l'écoeurant et le foireux. Un moment naveteux par excellence qui ne peut se savourer que sur une bonne vieille VHS (aucun intérêt sur un DVD ou un BR) et encore mieux enregistrée! Puis votre cher Borat s'est mis au DVD et est tombé enfin sur les Home Alone aux alentours de 2003-2004. Encore des films qui revenaient souvent lors de mes pré-soirées devant la télé pour manger. Autre temps, autres moeurs, désormais je le fais à table devant le journal (classe un meurtre quand tu es en train de bouffer!). Longtemps, j'ai aimé la trilogie mais alors plus trop maintenant.

Au fil des visions, cela a commencé à se dégrader et notamment sur les deux derniers. Si le premier réussi encore à faire rire (notamment le faux-film avec Snake qui a droit à son compte-à-rebours foireux), il symbolise à lui seul ce que va devenir la carrière de Hughes: familiale et effet de mode. Ainsi, le deuxième reprend totalement la formule du premier et le troisième n'a même plus rien à voir avec ses aînés, à part au jeu du gosse qui fout sur la gueule d'une bande de cons. Puis il y a eu la télévision qui diffuse ne l'oublions pas souvent la même chose. Ainsi un jour tu tombe sur Denis la malice et à vrai dire tu ne t'en souviens absolument pas. Puis Miracle sur la 34ème rue où tu te souviens surtout que cela sentait la grosse guimauve bien chiante, à peine sauvée par Richard Attenborough. Il y a eu aussi Bébé part en vadrouille qui reprend le même principe qu'Home alone avec un bébé. Lui en revanche je m'en souviens très bien: vu une fois en VHS à Longwy (oui je m'en souviens parce qu'on avait été invité chez un copain de mon paternel, qui plus est vers 2002 vu que Signes était présent dans la deventure transparente du cinéma présent là-bas, cherchez pas, le Borat a une mémoire pour le moins aussi ahurissante que ridicule!), une autre chez ma nourrice, la dernière à la télé. Plus jamais ça. Le genre de gags où le méchant principal (ce bon vieux Joe Mantegna) se fait brûler les couilles avec son briquet avant de se faire littéralement latter les roubignoles! Ne cherchez pas, n'en donnez rien!

Et puis il y a eu Les Visiteurs en Amérique. Je ne crois pas que j'avais vu les deux premiers à la télé, les ayant raté plusieurs fois, mais celui-là je m'en souviens totalement. J'étais chez la grand-mère de ma cousine (comprenez du côté de mon oncle!) avec ma cousine donc et on avait décidé le soir de regarder cela. On avait bien rigoler. J'ai vu peu de films avec ma cousine (prenez mon fief de Lorraine et dirigez vous jusqu'à Aix en Provence, vous comprendrez que la distance nous sépare quelque peu!), donc en soi cela reste un bon souvenir. Puis après avec Canal + gratuit, on était tombé plus d'une fois avec mon père dessus. On avait bien rigoler. Sauf qu'au fil des années, votre cher Borat a quelque peu changé d'avis. Le pauvre John Hughes se retrouve à faire le script-doctor (alors qu'il est crédité comme scénariste) pour un vulgaire et peu ragoutant remake américain sans queue ni tête. Hughes ne s'en relèvera pas, nous non plus. Il est malheureux de dire cela mais mon intérêt pour ce nom se fera avec sa mort. Il faut parfois une mort pour vous donner envie de découvrir un artiste. C'est clairement ce qui m'est arrivé avec Hughes. Alors que mon adolescence commençait à atteindre des sommets (le jeune Bobo qui se met à faire un blog depuis un an et demi! Le jeune Bobo qui redouble sa troisième mais a son brevet, cherchez l'ironie! Le jeune Bobo devenant petit à petit la grande gueule qu'il est depuis!), Hughes m'apparaissait comme légitime.

Deux mois après sa mort, je tombe sur Breakfast club pour pas trop cher (sept euros dans mon souvenir, pas de bonus à l'horizon). Et là paf! La claque. Oubliez ces passages affreux durant l'enfance à base de saint-bernard dégoulinant de bave ou de gosses infernaux faisant des pièges aux adultes. Vous êtes dans les années 80; John Hughes est au sommet de sa gloire et compte bien le montrer à Hollywood. Et pourtant les films de Hughes ont toujours été produit par des majors alors que ses réalisations sentent l'indépendance à plein nez. Certes certains dialogues sont un peu crus et certaines scènes sont un peu coquines (comme le passage où Judd Nelson se retrouve sous la jupe de Molly Ringwald!), mais Hughes a un profond respect pour ses acteurs et ses personnages. Preuve en est certains seront repris plus d'une fois à l'image de Ringwald ou Anthony Michael Hall. Il analyse les tourmants de ses adolescents, qui plus est dans une période évidente de frustration: les heures de colle. Aucune activité réelle à faire (en général, une rédaction à la con voire des exercices à se bidonner, ça sent le vécu tout ça), l'ennui total à l'horizon et surtout l'idée d'avoir fauter à un moment pour un oui ou pour un non (une mauvaise note, un comportement intolérable). Et pourtant il va s'en passer pour signer une sorte de drame qui oscille vers la comédie où l'adolescent évoque ses maux alors que personne ne veut l'écouter. Pas même un principal (le merveilleux Paul Gleason) qui s'ennuie bien plus que ses élèves dans la salle d'à côté.

Finalement nos héros auront plus d'avenir à la fin du film qu'au tout début. Le footballeur américain rencontrera l'amour avec la paumé à moitié gothique, la fille en vue avec le gros rebelle et le nerd aura trouvé des amis. Le Breakfast Club est formé, il le restera à jamais sous la musique de Simple minds. Puis après plus rien. Pas que j'ai perdu en intérêt pour le réalisateur mais tout simplement je ne trouvais pas ses films. Il y eu finalement le streaming qui m'a fait découvrir La folle journée de Ferris Bueller, que ma meilleure amie a fini par me télécharger tout récemment. Imaginez un peu et les "vieux des 80's" ou les amoureux comme moi de cette décennie particulièrement: Matthew Broderick, jeune acteur qui vient de casser la baraque avec le film qui a fait peur à Ronald Reagan Wargames (lisez le dernier Rockyrama pour vous en rendre compte); Mia Sara, beauté 80's qui excitait aussi bien le diabolique Darkness que (l'alors niais) Tom Cruise dans Legend, ainsi que le JCVD de Timecop; John Hughes le pape des ados; le deuxième rôle phare de Jennifer Grey (elle n'en aura plus) après Dirty Dancing; et même Charlie Sheen en caméo badass. La messe est dites n'en jetez plus! Ferris Bueller est le contrepied parfait du Breakfast club: c'est le mec qui a tout du futur collé mais qui réussi toujours à s'en sortir. Hughes reprend d'ailleurs le gimmick du principal prêt à tout pour coller ses élèves, mais qui n'y arrive pas, mais en rajoutant une note comique supplémentaire.

On se lève tous pour Mia!

Indéniablement, Hughes venge tous les élèves qui allaient chez le dirlo en le faisant rencontrer un rotweiller qui ne demande que son cul à bouffer ou en se faisant agresser par une jeune adolescente en détresse. Et si en plus il a la tête de Jeffrey Jones, tronche burtonnienne et méchant phare d'Howard the duck (je sais, je suis un parfait enfoiré pour citer ce film dans la filmographie de cet acteur attachant), quel bonheur! Le film accumule les moments de folies furieuses (la reprise de Twist and shout en plein Chicago est un festival de rires, tout comme les passages où Bueller s'adresse directement au spectateur en regardant la caméra, comme pour lui donner des conseils sur la vie!) mais aussi d'émotions. C'est là aussi où l'on reconnaît la patte Hughes: là où on ne l'attend pas du tout. Preuve en est avec le passage où Alan Ruck raconte ses déboires avec son paternel tout en pétant un cable. En quelques minutes, on est totalement loin de l'ambiance du film et c'est justement en cela que cette séquence fonctionne: Hughes interroge sur les troubles de l'adolescence, le moment où le personnage le moins fou finit par craquer à cause de la pression paternelle. Autre temps, autres moeurs diront certains? Pas aussi sûr.

Mon périple avec John Hughes s'est finalement arrêté ces derniers mois. Dans un premier temps, ma meilleure amie m'a prêté Seize bougies pour Sam, son tout premier film. On pourrait croire dans un premier temps à une bluette avec une jeune adolescente en fleur. Mais désolé pour vous, nous ne sommes pas dans les 2000's avec ses pauvres cancereux en phase terminale, ses adolescentes enceintes et ne voulant pas avorter ou encore les concours risibles de pompom girl. Autre époque... bon je crois que vous avez compris. Sixteen Candles met en fait en scène trois jeunes: la Sam en titre jeune fille fêtant ses seize ans alors que sa famille s'en tamponne le coquillard pour cause de mariage de sa soeur; le jeune playboy qu'elle aime et qui se fout complètement du pognon qu'il a sous le coude; et le geek emmerdeur notoire qui va devenir le roi du monde en une soirée en: 1) Ramenant la culotte d'une fille que potentiellement il n'aurait jamais mis dans son lit. 2) En se tapant la reine du lycée qui, dans d'autres conditions, l'aurait envoyer chier. On ne s'étonnerait même pas que Seth Rogen et Evan Goldberg s'en soient inspirés pour le personnage de McLovin dans Superbad. C'est typiquement le personnage en apparence secondaire qui casse la baraque et devient finalement le héros du film malencontreusement. A cela rajoutez un personnage d'asiatique à la ramasse et un mariage complètement foutraque qui font du premier film de John Hughes un véritable bonheur de teen-movie.

 

The Geek l'ancêtre de McLovin.

Et enfin je terminerais sur Weird science, vu en streaming, qui donnera par la suite une série que j'ai longtemps regardé sur la 2 (et notamment lorsque je travaillais le samedi, mais est-ce que les parents venaient chialer comme des cons avant? NON!), à savoir Code Lisa  (avec la toute belle Vanessa Angel). Comme quoi, on revient à chaque fois aux origines du Borat. Une variation jubilatoire de La fiancée de Frankenstein où deux geeks créent une créature de rêve (le titre français du film) et deviennent de suite hype. Et évidemment, rien ne serait moins bien sans des guests de choix. Robert Downey Jr apparaît bien jeunôt en jeune obsédé sexuel qui ferait passer son interprétation de Tony Stark pour une jeune pucelle. Bill Paxton est le frère aîné, cliché monumental du militaire en kaki que tu ferais tout pour lui casser la gueule. Michael Berryman reprend son rôle de Pluto dans La colline a des yeux et se retrouve accompagné de Vernon Wells. Hé oui! Le salopard qui veut jamais crêver de Mad Max 2! Le terminator toyboy de L'aventure intérieure! La terreur de Fortress! Et évidemment le méchant en côte de maille de Commando! Rien que pour cela, merci John! Evidemment, il me reste encore des crus à voir de l'ami John. Je pense à National Lampoon's vacation l'un des premiers films d'Harold Ramis, à Pretty in pink où il retrouvait Molly Ringwald, Un ticket pour deux où Steve Martin se retrouvait affublé de John Candy, She's having a baby où Kevin Bacon découvrait les affres du mariage ou
Oncle Buck avec son pote Candy en rôle principal. 

Il n'en reste pas moins que John Hughes m'a marqué en mal comme en bien, surtout en bien. Un scénariste qui avait un goût inné pour croquer les rôles d'adolescents sans jamais les prendre pour des imbéciles et encore moins pour des jeunes qui ne pensent qu'à baiser dès qu'ils atteignent la terminale et cherchent à passer à l'acte avant l'université. Le teen-movie s'est transformé grâce à Hughes, mais peu ont retenu la leçon. En tous cas pas American Pie. John voici le témoignage d'un jeune universitaire de ton talent, rest in peace de là haut. Allez à la semaine prochaine!

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16 décembre 2014

Une suite... comment dirais-je ??? Mauvaise !

speed_2

genre: action
année: 1997
durée: 2h05

l'histoire: Alex et Annie partent en croisière dans les Caraïbes sur un paquebot luxueux. A bord, Alex est intrigué par le comportement nerveux de Geiger, qui transporte avec lui tout un arsenal d'explosifs.

la critique d'Alice In Oliver:

Hummm... Miam, Miam ! La belle bouserie que voilà ! J'ai nommé Speed 2, Cap sur le danger, réalisé par Jan De Bont en 1997.
Evidemment, cette suite du premier volet était attendue au tournant, d'autant plus que le précédent épisode avait cartonné au cinéma.
Speed constitue le plus gros succès (à la fois critique et public) de sa filmographie, plutôt minable, il faut bien le reconnaître.
En effet, il ne faudrait pas oublier que ce tâcheron est tout de même responsable de certaines ignominies. Au hasard, on citera Twister, Hantise ou encore Tomb Raider.

Le premier Speed reste donc le meilleur film d'un réalisateur plutôt inégal (pour être gentil...). Pour cette suite, petit changement de programme.
Cette fois-ci, Keanu Reeves n'est plus de la partie. Pas de problème, on le remplace par Jason Patrick, au moins aussi transparent que son prédécesseur.
Une vraie performance en fin de compte... Quant à Sandra Bullock, dans la série "je ne sers à rien", l'actrice délivre elle aussi une grande prestation.

Et puis, il y a évidemment le grand méchant de service, interprété par Willem Defoe, qui cabotine dans ce film d'action honteux et laborieux.
Certes, Willem Defoe est un très bon acteur, mais Defoe est comme tout le monde: il faut bien penser à remplir son frigo et payer ses factures à la fin du mois. C'est probablement la raison pour laquelle on le retrouve dans Speed 2.

Au niveau du scénario, on prend les mêmes et on recommence ! Enfin presque... Dans le premier Speed, un psychopathe s'en prenait à un bus.
Cette fois, c'est un paquebot de luxe qui va être utilisé par Geiger (Willem Defoe), un maniaque expert en explosifs.
Speed 2, c'est aussi le film de tous les records: pire suite des années 90, pire couple à l'écran de cette même période et pire film d'action également.

speed 2

Sincèrement, toutes ces mauvaises récompenses sont méritées. En vérité, Speed 2 manque totalement de rythme.
Ce qui est plutôt contradictoire pour un tel titre. Ensuite, Jan De Bont se montre totalement incapable de créer le moindre suspense et la moindre tension. Ce qui fonctionnait si bien dans le premier, ne prend plus ici.

La faute revient à des héros sans saveur. Ne revenons pas sur le cas de Jason Patrick. En vérité, je n'ai pas grand chose à dire sur lui.
La raison ? L'acteur se révèle tellement transparent qu'on finit presque par regretter Keanu Reeves ! C'est dire à quel point Jason Patrick est transparent !
Mais la palme de la médiocrité revient indéniablement à Sandra Bullock, condamnée à faire le clown en bikini. La jeune femme ne sert à rien, court dans le vide, saque des répliques idiotes et se demande où elle a fourré sa trousse de maquillage.
Du grand Sandra Bullock quoi... Comprenez par là que l'actrice est égale à elle-même. En gros, elle brille surtout par sa nullité.
A se demander ce que les producteurs peuvent lui trouver à celle-là !

Ne parlons même pas des nombreuses incohérences ou encore des séquences d'action, souvent grotesques.
Par exemple, comment ne pas évoquer la fin en fanfare où le paquebot effectue plusieurs centaines de mètres sur le béton ?
Bref, Speed 2 Cap sur le Danger place la barre très haut en matière de nanardise. Pour les amateurs, attention ! On ne s'en remet pas facilement...

La critique de Borat

Dans la série "suite à la con", Speed 2 s'impose comme un cas merveilleux. Le principe du premier film était simple mais efficace: un bus, une bombe en dessous, ne pas ralentir. Trois ans après, Jan De Bont, qui a signé le sympatoche mais terriblement stupide Twister depuis, donne une suite à son premier film mais doit faire face à un imprévu: Keanu Reeves ne veut pas être de l'aventure. Pas besoin de lire de script, l'idée d'une suite à ce film ne l'intéresse pas. A cela on peut aussi rajouter que dès 1997, il est associé à Matrix (dont il sera des suites, comme quoi) qui lui prend beaucoup de temps et n'accepte que des petits films (comme Intuitions de Sam Raimi) dans cette optique là. Sandra Bullock répond en revanche présente elle qui est devenue une star depuis Speed. Pour compenser l'absence de figure masculine (Bullock n'étant qu'un sidekick ne l'oublions pas), Jason Patric acteur vu dans Génération perdue puis revenu sur le devant de la scène avec Sleepers est choisi pour succèder à l'interprète de Johnny Utah. Willem Dafoe succède à Dennis Hopper dans le rôle du grand méchant. Mais le film a un problème notable en rapport au titre: il met en scène une croisière, soit clairement pas ce que l'on peut appeler de plus rapide! Alors il y aura bien les jet-ski pour compenser vers la fin, mais il y a comme un problème quand le film s'appelle Speed 2 et qu'il ne délivre aucune sensation de vitesse.

Dès lors, le film est mal barré et le public le comprendra ne se ruant pas lors de sa sortie, même si le film fut un succès plus que correct. En revanche, les Razzies Awards ne lui feront aucun cadeau et ce malgré qu'il ne récoltera que le titre de pire sequelle, il aura quand même été nommé par cinq fois. Au fil des années, Speed 2 s'est taillé une telle réputation de mauvais film qu'il en devient fascinant. En fait, on peut voir là toutes les futures dérives des blockbusters qui suivront au fil des années 2000: un succès, on fait une suite, quitte à ce qu'elle soit sans intérêt réel et sans forcément reprendre son casting initial, quitte à perdre son spectateur dans un déluge de pyrotechnie débile. Speed 2, ne pouvant jouer sur la vitesse et donc en soi l'aspect efficace du film d'action dont il est la sequelle, se la joue film catastrophe. Pourquoi pas, mais où est le contexte initial qui était "grande vitesse et action"? Nulle part et même en mode catastrophe, Speed 2 a bien du mal à avancer (paradoxe du titre). Mais c'est sans compter que De Bont en fait des tonnes avec la romance de ses héros, histoire de compenser un scénario sans queue ni tête. Ainsi, au revoir l'ami Keanu (comme ça on est tranquille), Bullock s'est trouvé un nouveau mec: il est aussi chez les flics mais elle l'apprend quand... elle passe pour la énième fois son permis!

Cherchez pas à comprendre, car le film va ensuite embrayer avec notre coco lui sortant des bonheurs de romantisme pour compenser ce vilain mensonge et lui sort la bonne vieille croisière! Ce qui nous donnera lieu à un merveilleux dialogue entre nos deux tourteraux en pleine danse "Si je t'ai abandonné ce matin c'est parce que j'avais besoin d'être seul, de réfléchir. Chaque fois que j'ai eu à traverser un moment difficile, j'ai pu compter sur une seule chose: mon instinct. Et mon instinct n'a jamais été aussi sûr qu'aujourd'hui. -Ah oui? -Oui. -Qu'est-ce que tu veux dire? -Ce que je veux te dire c'est... je crois que toi et moi ..." avant une petite explosion. Il faut voir la séquence pour le croire, mais rien que de voir le pauvre Jason Patric en train de débiter tant de répliques aussi romantiques qu'une production AB, il y a de quoi se bidonner pour encore longtemps. Et le film accumule ce genre de répliques merveilleuses tout du long et dans n'importe quelle situation. Sandra Bullock est derrière une porte où des gens sont en difficultés, elle demande banalement si la jeune fille sourde qui fait du gringue à son chéri (elle a quinze ans... et encore une fois le spectateur se bidonne bien involontairement) est là. Un mec à moustache lui balance: "Non il n'y a que des grosses ici!"


 

Blague misogyne de l'année 1997! *

 

n 256 (2)


Après ce petit apparté, revenons donc à Sandra Bullock qui accumule quand même un nombre de répliques foireuses. Déjà qu'elle braille toutes les cinq secondes le nom de son mec (vous saurez rapidement qu'il s'appelle Axel), si en plus on doit avoir droit à des "Sabord? ça sert à saborder?" pour compenser son manque total d'intérêt en tant que sidekick comique... A cela rajoutez le savoureux "C'est un tremblement de terre! -C'est impossible on est en mer!" et vous aurez un exemple du naufrage des dialogues de ce film. Alors que dire du méchant? Hé bien, on ne comprend pas trop son délire. Il dit qu'il veut se venger de ses patrons lui ayant donné comme mission de coordonner des croisières (!). Mais il a attrapé une sorte de cancer à cause des ordinateurs (!!) et décide de compenser ça en dégommant le système informatique de la croisière (!!!). Nous revenons à donc à ce qui a été dit plus haut: le film n'a aucun scénario à proprement parler et accumule les poncifs voire les caricatures histoire de compenser cela. Sauf que De Bont a oublié une chose: Speed était simple mais pas simpliste. Or, Speed 2 est tout ce qu'il y a de plus simpliste et dans un contexte vraiment foireux. A cela rajoutez la fameuse séquence où le bateau défonce un port, séquence ultra chère et qui ne sert absolument à rien à part en tant que premier climax. Parce que le second climax, lui, est beaucoup plus nanardesque et donnera lieu à une explosion aussi invraisemblable qu'elle ne prend des proportions délirantes (un hydravion riquiqui qui fait péter tout un bateau tout en permettant à son équipage de se barrer à temps!). Au final, on rigole énormément des défauts de Speed 2 et on s'amuse de voir le pauvre Jason Patric de sauver le monde contre les méchants terroristes! On aurait presque plus besoin de Jack Bauer, Patric apparaissant sans cesse comme une sorte d'Action Jones jubilatoire. Et n'oublions pas la partition de Mark Mancina, la plus "hawaiennement kitsch" (copyright Borat) depuis Commando!

Une séquelle invraisemblable et complètement débile, mais très drôle à regarder tant elle accumule les fautes de goût merveilleuses. 

* Pour ceux qui ne le croiraient pas c'est bien votre cher Borat sur la photo!

 

15 décembre 2014

Un film d'action explosif

speed

genre: action
année: 1994
durée: 1h55

l'histoire: Un policier est au prise avec un maître chanteur, qui menace de faire sauter un autobus dans lequel il a placé une bombe qu'il peut faire exploser à distance.

La critique d'Alice In Oliver:

Et oui, même encore aujourd'hui, Speed, réalisé par Jan de Bont en 1994, est considéré comme un film culte.
Après Une Journée En Enfer, troisième épisode de la saga Die Hard, Speed peut se targuer d'appartenir aux meilleurs films d'action des années 90.
Toutefois, Speed traîne aussi son lot de casseroles. Par exemple, c'est aussi ce film qui propulsera la carrière de la tièdasse Sandra Bullock, dont c'est (et de loin) le meilleur film.

Pour l'anecdote, c'est pendant le tournage de Speed que Keanu Reeves apprendra le décès de son ami River Phoenix.
Le film connaîtra un immense succès dans les salles. Pourtant, à la base, le script n'a rien d'original puisque Speed est le remake d'un film asiatique, Sugar Express 109. Le rôle de l'officier Jack Traven (Keanu Reeves) sera également proposé à Johnny Depp, Bruce Willis et Tom Cruise. Mais les acteurs déclineront l'invitation.

speed

Même chose pour le rôle d'Annie (Sandra Bullock) initialement écrit pour Halle Berry. En dehors de Keanu Reeves et Sandra Bullock, Speed réunit également Dennis Hopper, Jeff Daniels et Joe Morton.
Pourtant, à la base, Speed n'avait pas grand chose pour séduire le public et la presse: un réalisateur tâcheron et deux acteurs inexpressifs et monolithiques ont de quoi susciter quelques craintes.

Mais encore une fois, c'est le concept du film et son rythme démesuré (pour ne pa dire infernal) qui emportent tout sur leur passage.
Au niveau de la mise en scène, Speed est un film rythmé qui n'a pas peur de jouer la carte des invraisemblances.
Pourtant, force est de constater que la formule fonctionne à merveille. Jan De Bont, réalisateur de quelques navets impardonnables (au hasard, nous citerons Hantise) signe donc son meilleur film.

Speed-1994

Ensuite, contre toute attente, Keanu Reeves et Sandra Bullock se révèlent moins agaçants qu'à l'accoutumée mais ne délivrent pas non plus une grande prestation.
En vérité, Speed doit beaucoup à son bad guy de service, un certain Howard Payne, un psychopathe et maître-chanteur, interprété par un Dennis Hopper qui semble beaucoup s'amuser. Pour le reste, le film multiplie les cascades et les courses poursuites à un rythme démesuré.

Il faut bien le reconnaître: Speed reste un film d'action ultra efficace, sans toutefois posséder l'âme et le souffle d'un bon Die Hard.
Enfin, même si encore une fois, la formule fonctionne sur la durée, le concept a aussi ses limites. Preuve en est avec la suite, donc, Speed 2: Cap sur le Danger, réalisée quelques années plus tard, et dans laquelle on retrouve cette cruchasse de Sandra Bullock.

La critique de Borat

1994, année de naissance de votre ami Borat. Jan De Bont est un chef opérateur renommé (McT en fait les louanges dans tout le commentaire audio de Piège de cristal pour tout vous dire) qui s'apprête à tourner son premier film en tant que réalisateur (même s'il a un passif dans le documentaire). La star de son film sera Keanu Reeves jeune acteur commençant sérieusement à émerger avec des collaborations avec Gus Van Sant (My own private Idaho), Coppola (Dracula) ou Kathryn Bigelow (Point Break). Pour l'accompagner, une actrice plus ou moins inconnu revenant du fameux Demolition Man (Sandra Bullock), un vieux briscard du Nouvel Hollywood qui cachetonne un peu partout (feu Dennis Hopper) et ce bon vieux Jeff Daniels. Au scénario, un jeune scénariste non-crédité (et pourtant signataire de la plupart des dialogues) en passe de devenir un vrai roi du petit écran avec une chasseuse de vampire, un certain Joss Whedon, pour le remake du film Super express 109. Tous sont réunis pour Speed petite production de la Fox (à peine 30 millions de $, ridicules en comparaison des 100 millions de Terminator 2 sorti trois ans plus tôt!) dans la veine de Die Hard qui deviendra l'un des plus gros hits au box-office de l'année. Tellement que la Fox commandera une séquelle... enfin on en reparlera!

Le principe de Speed est tout ce qu'il y a de plus banal et simple: un flic de la cellule anti-terroriste (Jack Bauer? Non!) est pris en chasse par un terroriste et ce dernier a posé une bombe sous un bus. S'il ralenti: boom! Clairement on ne peut pas faire plus simple, mais la bonne nouvelle dans l'histoire c'est que le concept et le scénar ne sont pas simplistes. Petites définitions: ce qui est simple signifie qu'il est facile à suivre et va à l'essentiel; et simpliste une représentation éronnée de la réalité. On est parfaitement dans la première option. Jan De Bont signe un film simple mais en aucun cas simpliste et que l'on peut qualifier comme un mélange de thriller et film d'action bourrin. Le film commence par une attaque terroriste dans un ascensseur. De Bont pose les bases: les flics anti-terroristes débarquent, opération musclée, méchant cabottin que l'on croit coffrer mais s'évadant au bon moment. On se dit alors: le film va être une immense course-poursuite évidente où le héros essaye de pourchasser le méchant durant 1h55. Que nenni! Le scénario laisse en suspens le tout, laissant le pauvre Jeff Daniels avec une balle dans la gibole et le jeune Keanu en pleine rue quand boom, une explosion! Evidemment le terroriste est de retour et le contacte: il a mis une bombe sous un bus et si le bus ralenti, boom!

C'est seulement au bout de ces vingt-trente minutes de film que la course-poursuite commence. De Bont se fait désirer mais réussi son coup parfaitement, réussissant à donner une tension palpable au sein même du bus. Un toxico qui perd les pédales et tirant dans le chauffeur, on le sent venir à 20 km mais cela fonctionne et le spectateur se retrouve lui aussi pris en otage: une fois qu'il suit les aventures de notre jeune policier pris dans une affaire instoppable (oh!), il doit tout regarder. Un aspect malin d'autant plus que De Bont aligne les moments de bravoure comme Reeves allant en dessous du bus ou le passage du pont. Mais c'est comme dirait ce bon vieux Stromae: quand il y en a plus, il y en a encore! A l'instar de plusieurs films de Big Jim, De Bont aligne au moins deux climax savoureux, l'un débouchant sur une fin de film aussi explosive que jouissive. Dans ce maestrom bourrin, Reeves s'en sort plutôt bien, Bullock aussi dans un sens et Hopper est en plein cabotinnage jubilatoire. En tous cas, plus amusant que dans Waterworld. Du pur divertissement efficace et ne prenant pas son spectateur pour un imbécile. Au final, on passe un très bon moment mais de là à demander une suite...

Un film d'action efficace et malin prenant le spectateur à bras le corps.

 
Speed (1994) Theatrical Trailer

14 décembre 2014

La Terre du milieu ferme ses portes

The Hobbit s'achève enfin et dans un sens laisse un goût d'inachevé. Un voyage inattendu était finalement trop long pour ce qu'il dévoilait, Peter Jackson ayant voulu reprendre le même principe que pour La communauté de l'anneau. Mais les enjeux furent bien moindres, la féérie décuplée jusqu'à outrance pour certains. Il n'en restait pas moins un beau spectacle où l'on partait pour une nouvelle aventure en devenir. La version longue n'apportera rien à l'ensemble si ce n'est treize minutes supplémentaires dont on ne se souviendra pas. Mais il en restait une découverte indéniable: le HFR 3D, procédé de 48 images par seconde revenant en soi à voir un film quasiment en direct live. Par là, le spectateur a l'impression d'être encore plus immergé dans l'action et d'avoir l'impression de voir un spectacle devant ses yeux plus que sur un écran. Une trouvaille formidable qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais qui a convaincu l'auteur de ces lignes. Plus que le précédent film, La désolation de Smaug se terminait sur une fin ouverte. Pas forcément la pire des choses étant donné que la saga est sûre de sortir, au vue du succès du premier volet (près d'1 milliard de $ de recettes, de quoi rembourser tout le projet). Mais quand on voit La bataille des cinq armées, il y a de quoi se dire que Peter Jackson a mal géré son coup.

The Hobbit (affiche)

Et pour cause, (attention spoilers) la partie Smaug n'est que l'ouverture du film! En gros, cela engendre une énorme rupture de ton et de rythme avec le reste du film, comme une sorte d'anachronisme. Il était à mon humble avis plus logique de terminer La désolation de Smaug sur cette ouverture, quitte à ouvrir La bataille des cinq armées sur la ville se relevant des flammes du dragon avec Barde (Luke Evans toujours classieux dans le rôle). Finalement les critiques de certains vis à vis du final du deuxième volet n'étaient pas tellement vaines. La version longue de La désolation de Smaug s'avère en revanche assez primordiale, annonçant le chantier et des sous-intrigues oubliées du montage cinéma (syndrome Seigneur des anneauxLes deux tours et Le retour du roi avaient été très coupés pour au final des versions longues gargantuesques mais grandioses?), comme le père de Thorin (Richard Armitage), Thrain, revenant considèrablement dans l'intrigue alors qu'il n'était même pas évoqué une seule fois. Il revient dans la discussion de début, mais aussi en personne lors de la scène où Gandalf est face au Nécromancien (qui n'est autre que l'ennemi phare de la Terre du milieu) et les orques. Un élément considérable et qui annonce l'avarice à venir de Thorin bien présente et abordée dans La bataille des cinq armées. Sans compter la modification complète quant à la rencontre de la confrérie avec Beorn. En gros, la version longue de La désolation de Smaug est bien plus riche en éléments que la version cinéma. 

Le problème de ce troisième volet c'est que l'on sent qu'il manque quelque chose et ce n'est pas Jackson parlant de trente minutes de version longue qui arrange les choses. Sauf que le précédent film faisait environ 2h45, celui-ci hors générique fait 2h20! Il y a une limite au foutage de gueule. Surtout que la 3D comme le HFR 3D tiennent au moins sur 3h grand maximum. S'il n'y a pas de 3D pour les génériques de début et de fin, ce n'est pas bien grave. Donc même si on réfléchit ainsi, il y a comme un hic. Peter si tu voulais vraiment les mettre tes trente minutes de plus, pourquoi attendre un an? Le merchandising? Bah merci mais non merci. Au moins, malgré ses rajouts, La désolation de Smaug paraissait tout de même linéaire. Un grand nombre de coupes se dévoilent assez rapidement. Que ce soit Elrond (Hugo Weaving), Galadrielle (Cate Blanchett) et Saroumane (Christopher Lee qui fout une branlée aux nasgulls avec un art aussi improbable qu'un cascadeur! Mais bon on pardonne tout à Fu Manchu!) qui viennent sauver Gandalf, puis plus rien! Saroumane parle qu'il va aller arrêter Sauron (ce qu'on devine évidemment qu'il ne fera pas) mais c'est bien tout. Quant à Gandalf il revient vite sur pied, arrivant chez son ami magicien, avant d'apparaître peu après dans un plan seul sur un cheval. On se dit curieusement qu'il y a un élément en moins et Jackson laisse en plan des personnages sans réelle transition.

Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées : Photo Luke Evans

Idem pour Barde qui quitte la scène après avoir sauver ses gosses puis plus rien. Il est dommage de laisser ce personnage héroïque au possible dans une position aussi incertaine, sans même un éventuel "au revoir". Idem pour Legolas (Orlando Bloom) et Tauriel (Evangeline Lilly) qui disparaissent complètement à un moment donné avant de revenir totalement subitement dans la dernière demi-heure. Pareil pour ces plans que l'on voyait dans le teaser avec un chariot traqué par des loups totalement absents du film. Contraintes du montage certes, mais quand on veut faire certaines choses, il vaut mieux y aller franco. C'est quelque peu dommage qu'avec ces trente minutes supplémentaires (en précisant que je ne sais absolument pas en quoi elles retournent), le film aurait peut être gagné en crédibilité. A cela rajoutez ce passage ridicule où Legolas saute sur des plate-formes du pont semblant sortir d'un mauvais jeu Mario. Un passage qui ferait passer celui où il fait du surf dans Les deux tours pour du bon goût! (fin des spoilers) Néanmoins, il serait dommage de cacher son plaisir, malgré ces réserves bien présentes. Si on enlève l'ouverture à la limite du hors-sujet (ou tout du moins du hors-jeu), le film se veut comme une bataille de paroles et de combats. 

Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées : Photo Richard Armitage

Dans un premier temps, par les batailles d'opinions. L'or des nains attirent les pires desseins jusqu'à obtenir des guerres inévitables. Les Nains veulent conserver leur or pendant que leur chef légitime fantasme et croit au complot quant au vol de son Arkenstone. Les Elfes veulent les pierres blanches qui sont aussi dans le bâtiment et les Hommes veulent des réparations afin de reconstruire leur domaine détruit par Smaug. Chacun y va de son bon sentiment, les plus légitimes étant les Hommes, victimes collaterales et involontaires de la folie des Nains. Pourtant aucun clan ne s'entend, la guerre entre peuples, aussi futile soit-elle, semble inévitable face à des esprits à la fois faibles (ils cherchent tous l'or, motivations nobles ou non) et puissants. Sauf que chacun ne s'attend pas à ce qui va suivre, véritable massacre à l'arrivée de chacun des camps. Peter Jackson montre finalement trois civilisations incapables de s'entendre et ne voyant pas le danger à venir leur annonçant une possible catastrophe. Finalement les rares personnes censées sont un hobbit loyal et craignant pour l'intégrité de "son capitaine" et un homme cherchant à sauver son peuple et sa famille. 

Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées : Photo

Les autres, même si parfois lucides (à l'image de certains nains), sont tous avides de pouvoir. Pour ce qui est de filmer, le réalisateur s'en donne à coeur joie revenant aux grandes envolées des deux derniers épisodes de sa trilogie initiale pour formenter une bataille très longue et stressante. Confirmant ainsi que malgré des notes d'humour souvent bienvenues, Jackson est davantage revenu au sérieux et à la dramaturgie du Seigneur des anneaux que ne pouvait l'avancer Un voyage inattendu. Pas un mal au vue de certains enjeux développés. Le personnage de Tauriel, inventé il est vrai, prend une ampleur démesurée fascinante et sinistre devenant l'enjeu à la fois d'un nain et d'un elfe (pour ceux qui ont vu le précédent film ils comprendront assez facilement) de manière tragique et émouvante. Quand à Thaurin, son cheminement deviendra de plus en plus fascinant jusqu'au point de non-retour. Bilbon, que l'on pourrait penser très sous-exploité, ne l'est pourtant pas. Il est là au bon moment et au centre de tout. Même s'il n'est pas personnage d'action et encore moins au centre de tout, il n'en reste pas moins que son utilité est plus qu'évidente. Quant à l'HFR 3D, malgré le passage avec le Necromancien avec image zoomée dézoomée, reste de grande qualité et la profondeur de champ est décuplée à un niveau incroyable. Sans compter la musique d'Howard Shore toujours aussi grandiose.


 

Ce que l'on retiendra de l'aventure The Hobbit, c'est en soi qu'il ne faut surtout pas la comparer au Seigneur des anneaux même si c'est inévitable. Le premier était trop long, le second y a gagné en densité dans sa version longue et le troisième aurait mérité un peu plus de considération. Certains y verront un récit qui a été trop rallongé, d'autres un spectacle un peu trop long, mais il en reste une proposition intéressante qui a longtemps germé dans l'imaginaire de son réalisateur (rappelons qu'initialement Jackson ne devait que produire). Il n'en reste pas moins qu'il fut bien agréable de replonger dans l'univers de JRR Tolkien, surtout pour un spectateur ayant loupé l'expérience 2001-2003 au cinéma. Mais aussi de voir à quel point Jackson pouvait innover dans sa mise en scène grâce à la 3D, probablement une des meilleures du marché et des plus innovantes par la même occasion. 

Le Hobbit : un voyage inattendu : Affiche Le Hobbit : la Désolation de Smaug : Affiche Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées : Affiche



13 décembre 2014

Cuvée lauréate

La Cave de Borat a rendu des hommages à des acteurs, mais jusqu'à maintenant les hommages aux morts se faisaient dans les messages du blog. N'ayant pas eu trop le temps, votre cher Borat n'a pu rendre un vibrant hommage à Mike Nichols décédé le mois dernier (le 20 novembre pour être précis), faute de temps, d'inspiration ou d'envie. Un réalisateur souvent cantonné à un seul film en l'occurrence Le lauréat (on y reviendra). Cette cuvée lui sera donc consacrée en séance de rattrapage, en séance de sauvetage, en séance d'honneur. Cette cuvée s'intéressera donc aux trois films que j'ai vu de Mike Nichols. Alors certes, c'est mince sur toute une filmographie mais au moins ces trois films m'ont marqué. Alors Mike voici l'hommage du Borat qui plus est dans sa cave. On ne pouvait pas trouver mieux comme hall of fame!


 Le lauréat: Couvrez ce bas que je ne saurais voir...

Le Lauréat : Photo Dustin Hoffman, Mike Nichols

Réalisé en 1967, Le lauréat est alors son second film après le succès de Qui a peur de Virginia Woolf? qui a valu l'Oscar à Elizabeth Taylor (1966). Le film est d'ores et déjà considéré comme polémique comme le Lolita de Stanley Kubrick mais en prenant le chemin inverse. Le personnage de Dustin Hoffman n'est plus un enfant, mais il reste un jeune homme venant d'être diplômé quand Mrs Robinson en bonne adulte consentante et épouse de l'ami de la famille lui fait des avances. On a beau être dans des années libérées, il n'en reste pas moins que cela passe très mal à l'époque. Il est d'autant plus cocasse qu'Hoffman était de six ans le cadet d'Anne Bancroft jouant Mrs Robinson et la fille de Robinson incarnée par Katharine Ross avait 27 ans à l'époque. Hoffman ayant un physique de jeune premier, la transition passe pourtant bien. Nichols montre le malaise d'un jeune homme devant faire face à un destin qui n'est pas le sien (la scène du scaphandre en est la preuve, son père l'y oblige histoire de se faire bien apprécier des gens biens) et se retrouvant dans une situation le dépassant.

Le Lauréat : Photo Anne Bancroft, Dustin Hoffman, Mike Nichols

Bancroft incarne en ce sens l'élément déclencheur amenant à un dévergondage du personnage. Non seulement par le sexe, mais aussi en terme de maturité. Il sait désormais où il veut aller. Il n'empêche que la fin ouverte laisse un sentiment de suspense, comme si l'acte avait été manqué. Outre le scénario, Nichols peut s'appuyer sur une bande-originale composée de chansons du duo Simon and Garfunkel mais totalement raccord (le morceau Mrs Robinson parle de lui-même) et ouvrant à merveille le film avec Sound of silence. La musique du film sera d'ailleurs un immense succès de ventes et permettra au duo de continuer son ascenssion dans les charts. Le lauréat reste un film marquant alors que le Nouvel Hollywood commence petit à petit à s'instaurer. Preuve en est le nombre d'hommages dans plusieurs films à différentes thématiques ou scènes du film. La rumeur court (bon qui se souvient du film? Personne? Bon, bon...) reprendra l'affiche montrant Hoffman regardant Mrs Robinson enlevant son bas (en fait ce n'était pas Anne Bancroft mais bon...). Jackie Brown reprendra la séquence du génial générique (comment évoquer un personnage en montrant des éléments furtifs?) confirmant défintiviement que l'ami QT n'a pas inventé l'eau chaude (encore moins la tiède). Wayne's world 2 reprend quant à lui le final phare quasiment plan par plan de manière délirante.

Quand Dustin Hoffman influence Mike Myers!

Quant à American Pie, il va jusqu'à reprendre la relation tumultueuse entre Robinson et Benjamin avec Finch et la mère de Stiffler (dont on ne retiendra à vrai dire que ce status!) et dans le second, la chanson mémorable de Simon and Garfunkel Mrs Robinson sera remixé façon rock dégueulasse! On pourrait continuer encore longtemps mais voilà des exemples marquants confirmant Le lauréat au statut de classique des 60's.


 Wolf: Jack fait un cri dans la nuit

Wolf : Photo Jack Nicholson, Mike Nichols

Au début des années 90, Nichols est moins prisé. Les 70's n'ont pas été très tendre notamment avec Catch 22 (1970) film critiquant ardemment l'armée et ne lui ayant pas attiré que des louanges dans son pays, en plus de sa comparaison inévitable avec MASH. Il revient huit ans après La bonne fortune pour Le mystère Silkwood (1983), film engagé sur une femme dont le combat pour dénoncer les conditions des mines de plutonium a conduit à une mort mystérieuse. Nichols retrouve les louanges et se voit même nommé aux Oscars en plus de donner à Meryl Streep sa cinquième nomination de manière quasi-consécutive. Par la suite, il enchaînera deux films avec Harrison Ford Working Girl (1988) et A propos d'Henry (1991), tout en adoptant l'autobiographie de Carrie Fisher (!) avec Bons baisers d'Hollywood (1990). Le réalisateur se lance ensuite dans le fantastique avec une variation du loup-garou. A cette époque, Columbia et Tristar se lancent dans des adaptations multiples de romans ou thèmes récurrents de la littérature gothique du XIXème siècle. C'est ainsi que naissent Dracula de Francis Ford Coppola (1992), Wolf de Nichols donc (1994), Frankenstein de Kenneth Branagh (1994) et Mary Reilly de Stephen Frears (1996). Si les trois premiers seront de beaux succès, le dernier sera un bel échec commercial pas aidé par des conditions de tournage catastrophiques (et ne nuisant pas au film heureusement).

Wolf : Photo Jack Nicholson, Michelle Pfeiffer, Mike Nichols

Hé bien Jacko faut se faire plaisir!

Ironiquement, Wolf n'a pas eu des conditions très profitables non plus. Le dernier acte a dû être retourné car peu concluant, Jack Nicholson a mis au moins douze ans pour monter le projet avec son ami Jim Harrison; Mia Farrow a dû se désister suite à ses aléas judiciaires avec Woody Allen quand Sharon Stone n'en voulu pas, laissant la part belle à une Michelle Pfeiffer ne demandant que ça après les éloges autour de son interprétation de Catwoman. Wolf est un film qui fait bien son âge (à l'image de votre cher rédacteur préféré) à l'image de certains effets-spéciaux qui aujourd'hui paraissent quelque peu ridicule. Le final le confirme plus ou moins avec un combat où l'on est parfois entre le froncement de sourcils et la rigolade. Bon il faut dire que voir l'ami Jacko se déplacer comme un jeune à 57 ans relève d'un plaisir jubilatoire merveilleux. Néanmoins, si le dernier acte (malgré ses reshoots) est un petit peu foiré (mais bon le final est superbe de sous-entendus), le reste est plutôt intéressant. Déjà, le fait de ne pas faire un remake directe du Wolfman de la Universal ou de reprendre le folklore gothique. En s'éloignant le plus possible de cela, Nichols gagne des points et grâce à Nicholson réussi à garder le spectateur au frais.

Comparé à beaucoup de ses rôles, le personnage de Nicholson n'a rien d'un fou furieux ou d'une grande gueule même s'il garde son franc-parler. C'est avant tout un outsider dans l'édition du livre en passe de perdre son emploi et se retrouvant mordu par un loup lors d'un cruel hasard. Finalement, sa métamorphose se montre par des animaux bouffés et un appétit sexuel indéniable (Michelle Pfeiffer y goûtera avec plaisir!), à cela rajoutez également un art de la compétitivité décuplé subitement par un rival qui se tape sa femme. Bon là, la sous-intrigue apparaît grosse comme un paté de maison et la chute sera rude. Le portrait du personnage est de bonne facture et en plus Nicholson est parfait. Sa folie furieuse revient avec ses passages en garou garou mais jamais réellement quand il est a priori normal. C'est même ce qu'il y a de plus intéressant: alors que l'on pouvait croire à un revival de Shining version loup, Nichols a préféré faire de Nicholson un type banal poursuivi par ses démons. Une très bonne chose au final qui permet à Wolf d'être une bonne surprise.


 

Closer: Natalie les beaux yeux et la perruque rose

Closer, entre adultes consentants : Photo Mike Nichols, Natalie Portman

Mike Nichols se refait une santé avec Primary colors, faisant plus ou moins écho à l'actualité (en gros les années Bill Clinton), après un remake de La cage aux folles dont on préfèra ne pas parler. Après un De quelle planète viens-tu? pour le moins peu connu voire pas du tout, Nichols casse littéralement la baraque avec la mini-série Angels in America pour HBO, adaptation du show de Broadway mettant en scène le début des années SIDA et où il aligne un casting de folie: Al Pacino, Meryl Streep, Emma Thompson, Patrick Wilson, Jeffrey Wright et Mary Louise Parker. Un énorme succès d'audience pour la chaîne (qui pourtant brillait en audience grâce aux Soprano) et une flot de récompenses à la clé (Golden Globes et Emmy Awards à l'appui). Le réalisateur revient ensuite avec Closer. Un récit plus simple, moins fantasque (la mini-série jouait sur des anges etc), plus terre à terre. L'histoire d'un homme qui a tout (Jude Law au top dans un rôle parfaitement narcissique) et se retrouve au même point de départ qu'au début: une rue, lui regardant au loin. Entretemps il rencontre une fille qui deviendra stripteaseuse et qui sera sa petite-amie, avant de faire rencontrer deux personnes totalement inconnues avant de se faire la fille.

Closer, entre adultes consentants : Photo Clive Owen, Mike Nichols

 

On pourrait croire à un vaudeville, une histoire où l'amant se retrouve dans le placard de chacun. Pourtant, Nichols reste dans le drame pur et dur, avec des sentiments certes mais toujours dans une optique dramatique. Si l'on se fiait au nombre de dialogues, on pourrait croire à un film terriblement théâtral. Il n'en est finalement rien puisque le film, par ses dialogues, analyse vraiment bien ses personnages et situations. Law aime Portman comme il aime Roberts mais il ne quittera aucune des deux pour autant. C'est ce qui l'amènera à une chute absolument prévisible. Une personnalité narcissique et lisse, pensant à une vanne mais voyant qu'elle part en cacahuète. Les autres personnages sont tout aussi cryptiques. Portman incarne une personne sensible, dont le dernier recours sera le striptease. Ce qui permettra à votre cher Borat de voir une des plus belles actrices de sa jeunesse dans des tenues pour le moins caliente. Dans le genre plus sexy que dans Black Swan (qui était plus dans le sensuel). Votre cher Borat ne s'en est toujours pas remis. Julia Roberts apparaît comme un bon choix également en femme sévère mais classe. Elle qui a souvent été tapée dessus pour son côté lisse apparaît plus que légitime. Finalement, ce ne fut pas plus mal que Cate Blanchett fut enceinte!

Closer, entre adultes consentants : Photo Jude Law, Julia Roberts, Mike Nichols

Mais indéniablement s'il y a un personnage fascinant dans ce film, c'est bien celui de Clive Owen. On le remarque dans un premier temps dans un tchat coquin où il se fait avoir, puis petit à petit le personnage se dévoile. Il s'agit ni plus, ni moins d'un homme sensible mais terriblement bourrin. C'est même en cela qu'il peut apparaître comme sympathique. Il dit systématiquement ce qu'il pense au risque de blesser, mais au moins il l'aura dit. De plus, il aurait très bien pu se venger de Law dans la séquence du striptease. Il ne couchera finalement pas avec Portman. Au final, c'est lui qui gagne tout. Jude le perdant, Clive le gagnant. A travers ses personnages, Nichols quitte la théâtralité pour une étude de moeurs fascinante. Par la suite, Nichols réalisera le bien accueilli La guerre selon Charlie Wilson. Son dernier film, son testament en soi. RIP Man et à la semaine prochaine.

08 décembre 2014

Renaissance du Terminator

Terminator reste une des sagas les plus appréciées de la science-fiction, mais aussi une des plus mutilées. Il n'y a qu'à voir les batailles de studios pour avoir la franchise dans sa timeline suite au désistement d'Orion après le film de James Cameron (plus de sous et le studio a préféré son "successeur" RoboCop au grand plaisir de Big Jim). Le réalisateur d'Aliens avait alors trouvé preneur chez Carolco et le producteur Mario Kassar sur Terminator 2: Le Jugement dernier. Enorme budget (102 millions de $ dont 12 à 15 dans les poches d'Arnold Schwarzenegger!), énorme succès mais Carolco rend l'âme suite au flop malheureux de L'île aux pirates de Renny Harlin. Néanmoins, Kassar garde les droits et doit s'allier à Columbia et tout deux doivent faire face à un dilemme violent: non seulement passer après deux films cultes et ovationné à la fois par les gosses des 80's que des 90's et surtout se passer de Big Jim (et ce malgré qu'il soit impliqué dans un Terminator 3 tout au long des 90's et ce malgré son implication dans des films comme True Lies, Titanic ou son Spider-man avorté). Schwarzy fait la fine bouche dans un premier temps avant de se rétracter face à un beau chèque. Le film marche mais se fait descendre.

Terminator Genisys (affiche)

A tord selon le maître de ses colonnes tant malgré son trop grand nombre d'allusions aux précédents volets (John Connor face au jugement dernier une nouvelle fois, le T-800 pour l'épauler, le TX mélange entre le T-800 pour le côté organique et du T-1000 pour les métamorphoses) et quelques scènes nanardes (Schwarzy en mode cabotinnage et si possible à poil dans une boîte de striptease en plein ladie's night), il nage dans un pessimisme profond plongeant la saga dans des contrées apocalyptiques. Si T2 se terminait sur une note d'espoir, T3 n'en fait pas autant et annonce clairement la guerre tant évoquée depuis le début de la saga. Et puis le film délivrait largement la marchandise pour passer un bon moment. Terminator revient finalement à la télévision avec Sarah Connor Chronicles que l'on peut déjà prendre comme un reboot. La série sympathique mais pas transcendante se passe à la fois après Le Jugement dernier tout en zappant Le soulèvement des machines par un petit voyage dans le temps. Le garde du corps de John n'est plus un molosse mais une femme, sorte d'excuse pour les hormones adolescentes du futur chef de la résistance et on apprend que Kyle Reese a un frère (incarné par Brian Austin Green, ancien habitant de Beverly Hills!). Mais la Fox diffuse la série très mal et même si elle la renouvelle pour une seconde saison, elle la diffuse dans la case noire du vendredi 22h. 

Terminator Genisys (storyboard) (2)

Deux saisons et puis s'en va. Warner reprend les rènes avec Terminator Renaissance partant d'un postulat salvateur, puisque passe enfin à l'ère apocalyptique. Mais rien ne se passe comme prévu: Christian Bale ne marche pas dans la même direction que le réalisateur McG (confirmé encore par des propos récents); il s'engueule avec le directeur de la photographie dans une séquence délirante qui ne sera jamais évoqué dans un bonus (mais fit la joie des youtubeurs) et surtout le film n'est pas bon. Fan service en pagaille (il n'y a qu'à voir l'utilisation affreuse du T-800 pour s'en rendre compte), sous-intrigue dézinguée dès l'ouverture (ou comment vous évoquez la quête identitaire à venir en dévoilant tout ce qui va en découler), Bale mauvais comme cochon et qui aurait mieux fait de mieux jouer que de gueuler comme un imbécile, belle photo, quasiment pas de terminators, pas si apocalyptique que ça... Le film rate le coche complètement et le public ne suit pas du tout. La franchise est une nouvelle fois rachetée, cette fois par les Ellison. D'un côté, Megan dirigeant Annapurna responsable des derniers films de David O'Russell (ce dont on se serait bien passer), de The Master ou Zero Dark Thirty. De l'autre, son frère David dirigeant Skydance et responsable des derniers Star Trek, des derniers Mission Impossible ou GI Joe 2 (on ne se réussit pas à chaque fois). 

Terminator Genisys (storyboard) (1)

Un duo néanmoins gagnant entre l'auteurisant et le blockbusterisé. Justin Lin, réalisateur des Fast and furious de 3 à 6, était dans un premier temps pressenti avant de se désister. C'est finalement Alan Taylor, réalisateur sur la série Game of thrones et le misérable Thor The Dark World, qui se révèle aux commandes de ce cinquième volet que l'on annonce d'ores et déjà comme un reboot. Et pour cause, la timeline chère à la saga "84 il débarque, Kyle Reese donne un enfant à Sarah Connor; 95 il revient positivement et annule le jugement dernier; 2003 Skynet prend le contrôle du monde et John Connor appelle à la résistance; après le jugement dernier, John Connor chef suprême de la resistance envoyant son père dans le passé pour sauver le futur" risque fortement d'en prendre un coup avec Terminator Genisys. On apprend ainsi que ce soit dans le synopsis ou cette première bande-annonce (vous m'excuserez d'avoir pris l'originale et non les versions recoupées) que Sarah Connor (Emilia Clarke dont ce sera le premier grand rôle au cinéma, elle qui est une des stars de la série Game of thrones) a vu ses parents mourir par un terminator durant son enfance et est recueillie par un T-800. Elle est en soi déjà une guerrière lorsque le T-800 incarné par Schwarzy dans le film de James Cameron arrive (d'ailleurs, encore une fois après Renaissance, ils l'ont encore foiré...) et Kyle Reese (Jay Courtney certainement un des acteurs les moins charismatiques du moment déjà présent en bad guy dans Jack Reacher et en fils indigne dans Die Hard 5) par la même occasion.

Terminator Genisys (photo entertainment weekly) (1)

Ce que l'on ne comprend pas en revanche est qu'il est totalement improbable que John Connor envoie son soldat, sans même lui dire qu'un T-800 probablement envoyé par lui (par qui d'autre alors? Skynet?) a sauvé sa mère. Idem pour ce T-100 incarné par Lee Byung Hun qui apparaîtrait non plus en 1995 mais en 1984, donc non plus pour tuer John Connor mais sa mère. Alors je veux bien qu'il faut faire un reboot, mais par ces deux éléments, on voit qu'il y a un petit truc qui cloche. Y compris l'excuse de faire vieillir les tissus des Terminator (pourtant approuvé par Big Jim) pour reprendre Schwarzy qui a passé largement la soixantaine. Néanmoins, le côté reboot permet d'accélérer l'ensemble du processus et peut être de montrer la guerre entre la resistance et Skynet dans une longue introduction comme le suggère le début de la bande-annonce. On voit donc une opération pour le moins explosive avant que John Connor (incarné par Jason Clarke) fasse un discours afin d'introduire Kyle Reese dans la machine à remonter le temps (que l'on voit enfin pour le coup). La partie 84 apparaît donc plus guerrière que dans le film de Cameron où l'on naviguait dans un pur survival avec un mal increvable qui vous traque à tout instant. Ici ce n'est plus vraiment le cas et on serait davantage dans un film de science-fiction à tendance actionners. 

Terminator Genisys (photo)

Un peu dommage mais attendons néanmoins de voir ce reboot plus ou moins assumé de la saga Terminator, en espérant qu'il aura tout d'autres idées et ce sera au minimum divertissant (ce que n'était pas Renaissance). Terminator Genisys sortira le 1er juillet.

05 décembre 2014

Cuvée lecture de station (désolé...)

Dans la Cave de Borat, je crois que nous n'avons jamais parlé de jeux-vidéos, ou alors en filigramme comme avec les pubs Tomb Raider pour Seat. Comme vous l'avez remarqué plus d'une fois, je suis un amateur de jeux-vidéos, tout du moins suffisamment pour me casser la tête sur plusieurs jeux depuis de nombreuses années sans jamais parfois aller au bout. Ce qui en soi n'empêche pas d'apprécier un jeu pour autant. Cette semaine, nous avons fêté les vingt ans de la PlayStation ou PS One pour d'autres. Plus exactement sa sortie au Japon, la console de Sony n'étant sorti en Europe qu'en septembre 1995. Ce qui ne rajeunira pas plus d'un joueur au monde. La PlayStation fut marquante de par plusieurs atouts. Le premier étant une majorité de jeux réalisés en images de synthèse et ce même si Super Mario Bros 64 et Ocarina of time feront des ravages fracassants sur le marché du jeu mais sur la console concurrente (besoin de la citer?). Un événement en soi qui fera basculer le jeu-vidéo à jamais. Le second fut que ce ne soit plus des cartouches mais des CD. Ce qui permettait bien moins de difficulté de rangements mais aussi de le transporter partout. Il faut aussi avouer qu'elle était plus légère que la N64. Troisièmement, sa manette était bien plus pratique que celle de la N64 et tenait bien dans la main. Le joueur avait clairement la manette dans les mains avec tous les boutons à disposition.

Et surtout elle a fait naître des licences qui aujourd'hui sont encore là. Par exemple, GTA qui n'était alors qu'un jeu vu de haut au départ a eu ses premiers jeux sur la PS One avant de débarquer sur PS2 avec GTA III. Ce n'est qu'un exemple puisque l'on a pu voir les franchises Resident Evil, Silent Hill, Tekken, Metal Gear Solid, Tomb Raider, Gran Turismo ou Driver se créaient au fil des années. La PlayStation, en plus d'avoir mon âge, ce qui ne me rajeuni pas du tout (ou comment vous prendre un énorme coup de vieux!), fut surtout mon incontournable première console de jeu. Et comme on le dit souvent, la première est symbolique. On n'a pas forcément jouer comme des malades dessus (comme je le disais je n'ai pas fini beaucoup de jeux sur cette console et puis j'étais trop jeune) mais c'est la première, celle dont on se souvient primordialement. Puis il y a eu la Gameboy et les autres, mais la PS-One c'était encore une fois la tout première. Des jeux sur la PS One j'en ai joué à beaucoup, j'ai même joué à certains lors de rééditions sur d'autres consoles. En soi, ils restent associés à l'aura de la PS One, des incontournables indémodables. Je dois avouer même regretter de ne pas avoir toucher Medievil où mon père s'est cassé les dents (que ce soit sur la démo dispo sur Spyro the dragon ou le jeu tout court), Silent Hill ou Heart of darkness dont je connais la couverture depuis des années. Quant à Resident evil je l'ai à peine touché sur sa version Game Cube (à revoir).

   

Mes grandes frustrations de joueurs de PS One: ne jamais y avoir toucher! 

Un outil indéniable était aussi la fameuse carte-mémoire qui vous permettait enfin d'arrêter avec ces foutus codes pour pouvoir revenir au même niveau où vous aviez sauvegardé! Il était temps en quinze ans de jeu-vidéo d'avoir un outil tel. Aujourd'hui, les cartes mémoires sont installées carrément dans les machines et à vrai dire tant mieux. Je ne sais d'ailleurs plus si je l'ai eu à noël 97 ou 98 mais je sais que c'est un des deux. Revenons donc sur plusieurs jeux ayant fait leurs lettres de noblesse en mes mains de jeunes gamers, certains m'ayant fait m'énerver par moments (je vous rassure je suis bien moins con maintenant quand je joue à un jeu et je sais en soi m'arrêter au bout d'un moment).  

  • Crash Team Racing de Naughty Dogs (1999)

Je n'ai longtemps connu Crash Bandicoot que par ce jeu phare de Ps-One, même si je connaissais pertinemment les pochettes des jeux (et notamment celle du troisième avec Crash à moto avec sa soeur, n'étant pas sans rappeler l'affiche phare de Terminator 2). Soit l'indispensable première franchise des créateurs d'Uncharted, Jak and Daxter et The last of us. J'avais aussi joué à Crash Bash qui bien que pas terrible assumait pleinement le fan-service de l'entreprise et annonçait déjà que la saga allait pâtir de l'absence de Naughty Dogs, plus ou moins balancé à Sony par les crapules de Vivendi (pour ceux qui ne sauraient pas qui ils sont, c'est eux qui ont balancé Pierre Lescure de la direction de Canal+, on voit ce qu'il en reste depuis) pour les cocos de Sierra qui ruineront la franchise jusqu'à la faire mourir dans une violence certaine (un camarade m'avait dit avoir jouer à un jeu de DS absolument affreux graphiquement). Désolé d'avoir été un peu long mais il fallait bien revenir sur la fin d'une franchise de plate-forme absolument géniale bouffée par des investisseurs aux dents longues. Sans compter l'efficace mais pompeux (en gros il revenait sur les trois premiers opus) La vengeance de Cortex auquel j'avais joué sur Gamecube.

Crash est un animal génétiquement modifié par le professeur Cortex et son complice Nitrus Brio. Il peut donc sauter de manière fulgurante tout en foutant le plus souvent sur la gueule de ses ennemis! Une concurrence déjantée pour l'ami Mario et jouant beaucoup la carte de l'humour. Puis vint le fameux Crash Team Racing. Evidemment, en pensant au titre, on pense automatiquement à Mario Kart et les gars de Naughty Dogs ne se s'en sont jamais cachés. Mais clairement s'il y a bien eu un ersatz incontournable du jeu de Nintendo, c'est bien CTR. Véritable bonheur jouissif aux gadgets tous plus cons les uns que les autres (entre les totems qui vous aident ou pas remplaçant l'étoile, les bombes de Wario devenant des TNT ou Nitro ou les fusées explosives, on peut dire qu'on est bien servi!), des circuits variés parodiant certains de Nintendo voire en inspirera (si, si), et surtout la possibilité de jouer plus d'un personnage de l'univers de Crash, CTR reste encore aujourd'hui un sommet du genre et les fans de PlayStation s'en souviendront encore très longtemps parmi leurs heures les plus fun passées sur la console. Vivendi essayera bien de le ressortir en version "soi-disant" améliorée sur les consoles de la génération suivante, cela ne marchera pas. Les fans ont préféré rebrancher leur PlayStation pour revivre l'éclate d'autrefois.

  • Donald Duck Couak Attack d'Ubisoft (2000) 

Il s'agit probablement d'un des derniers gros jeux de la console auquel j'ai joué. J'ai joué à énormément de jeux Disney, mon âge oblige et c'est l'un de ceux qui m'ont le plus marqué aussi bien positivement que négativement. Jeu original reposant seulement sur des personnages connus (en gros, Donald, Riri, Fifi, Loulou, Gontran et Géo Trouvetou), il met en scène l'ami Donald recherchant sa chère Daisy kidnappée par le magicien Merlock (le méchant phare du Trésor de la lampe perdue), en espérant le faire avant cet emmerdeur de Gontran! Objectivement le jeu n'innove pas vraiment, c'est même un simple jeu de plate-forme. Mais comme souvent avec Ubisoft, le jeu s'avère ludique et amusant, jouant à fond sur les colères de son personnage principal. Le seul réel bémol dont je me souviens, c'était l'indéniable foutu problème de la caméra. Quant vous étiez sur la rambarde d'un immeuble, vous voyez rarement le reste, avançant tel un beet'em all vers un inconnu certain... avant de vous fracasser par terre et de revenir à zéro! Mais bon, en tous cas un des derniers jeux originaux non-basés sur un film Disney qui s'avère de qualité. Meilleur que Qui est PK? également réalisé par Ubisoft.

  • F1 2000 d'Electronic Arts (2000)

J'ai joué à beaucoup de jeux de F1 que ce soit l'édition 95 (où je jouais avec Michael Schumacher sur Benneton), l'édition 97 (où je jouais avec Michael Schumacher sur Ferrari) et enfin la version 2000 désormais sous l'égide d'Electronic Arts (où je jouais avec... bon je crois que vous avez compris). C'est certainement l'édition où j'ai le plus joué gamin, j'y ai joué tout le temps, me faisant tous les circuits à chaque fois et cela pendant des années. Qui plus est avec Every you every me de Placebo tournant en boucle dans le menu du jeu! Au moins, on est musicalement correct même si cela devient terriblement répétitif. Les circuits étaient plutôt bien retranscrits dans l'ensemble et visuellement cela sonnait bien dans l'ensemble. C'est probablement un des jeux auxquels j'ai le plus jouer quand j'étais sur la Ps-One, une vraie éclate de tous les instants où je vivais pleinement ma passion pour la F1 (je l'ai beaucoup moins et ce bien avant le passage sur Canal, même si je m'intéresse encore aux podiums). D'ailleurs, il était aussi beaucoup plus facile, celui de 95 devenant peu à peu rigide et celui de 97 était une horreur pour le jeune gamer que j'étais, à la fois terriblement dur dans la maniabilité et horripilant au bout d'un moment.

Schumi! Schumi!

Et puis quand vous pilotez Schumi vous êtes sûrs de gagner le titre, même pour le plaisir. Ce qui était ironiquement prophétique: Schumi aura eu droit à son troisième sacre en cette année 2000, après plusieurs années sans titre. Comme quoi, le Borat avait du flair!

  • Gran Turismo 2 de Polyphony Digital (1999)

Alors sachez-le: je n'étais pas bon à Gran Turismo 2. Sachez également que dans le genre "il faut freiner dans les virages" le Borat avait du mal. Vous voyez le sketch des Guignols avec Jean Alési qui va à fond, à fond, à fond? Et bien c'était exactement ça. Clairement, c'est avec ce jeu que j'ai découvert que je n'étais pas forcément fait pour tous les jeux de courses et que j'étais plus dans une optique fun que professionnel. Ce qu'est en soi la franchise Gran Turismo. Néanmoins, le jeu avait de grandes qualités. Notamment de belles sensations de vitesse (ce n'est pas Mario Kart, on est plus dans le réel), de belles voitures, des circuits superbes... Clairement, c'est surtout mon inexpérience dans ce genre de jeu (je vous rassure, c'est pareil pour Forza Motorsport sur Xbox) qui a primé. Mais clairement je ne cracherais pas dessus, juste que je suis mauvais dedans. Je me souviens d'ailleurs que lors d'une soirée, mon cousin (plus âgé certes mais cela n'excuse rien, je le bats à Call of Duty!) m'avait foutu une raclée, branlée, tout ce que vous voulez à ce jeu. Décidément pas pour moi.

  • Hercule de Disney Interractive (1997)

Les adaptations de films Disney j'en ai bouffé durant mon début de carrière de gamer. Et même là je ne réussissais pas. Et Hercule, un de mes tout premiers jeux, en fait partie. Je n'ai jamais réussi à finir une seule fois le premier niveau. Certains disent qu'il était très bon, je n'ai pourtant jamais réussi à prendre du plaisir à y jouer. Et quand j'ai vu le film, cela ne m'a pas aidé à plus l'apprécier. Après, graphiquement ça se tenait mais j'en suis resté à la pochette encore pas mal pour le film concerné. Par la suite, j'ai continué dans les adaptations avec Lilo et Stitch (que j'ai vite arrêté) ou Atlantide (où j'avais encore bien avancé pour le coup) mais j'ai peu à peu délaissé cela pour de vrais jeux, ceux qui évitent d'attendre un film pour sortir un jeu si vous voyez ce que je veux dire. Pour vous donner un exemple, Batman Arkham Asylum et sa suite sont les premiers jeux de franchise que j'ai acheté depuis au moins X Men 3 le jeu (encore une belle connerie ça)!

  • Parappa the rapper de Nanaon Sha (1996)

 

Encore un jeu que je détestais. Je n'ai clairement jamais compris ce jeu. Alors vraisemblablement il fallait faire des combinaisons. Bon, alors oui, dit comme cela c'est facile, mais il faut le faire en rythme et comme vous le connaissez, ce cher Borat est du genre complètement bourrin et gamin, il pensait surtout à un jeu fun. Ce ne fut jamais le cas. D'autres personnes ont essayé d'y jouer sur ma console (dont mon cousin précité), ils n'ont jamais réussi à s'imposer aussi. Parappa the rapper un jeu maudit? Allez savoir c'est peut être le cas, mais en tous cas dans le même genre d'exemples, les passages du même type dans GTA San Andreas ou GTA IV paraissaient tellement moins emmerdants que dans ce jeu. En plus, je n'ai pas adhéré du tout au visuel du jeu, sorte de délire cartoon craddingue (il n'y a qu'à voir la sorte de senseï oignon pour s'en rendre compte).  

  • Rayman 2: The great escape d'Ubisoft (2000 pour PS One)

J'ai connu Rayman de la pire des manières: le merchandising. En effet, Ubisoft avait fait appel à McDo pour promouvoir le jeu avec des jouets pour les happy meal. Je crois que je n'en ai gardé aucun (certains ayant disparus d'autres étaient trop crades), mais je me souviens d'un pirate et de la fée Ly. J'avais ensuite acheté le jeu et je me suis bien éclaté dessus. Et pour ne plus reprendre les manettes, je l'ai repris sur DS (qui reprenait tout simplement le jeu initial en le baptisant... Rayman DS!) où j'ai été non seulement plus loin mais ne l'est pas non plus fini! Avouez que c'est cocasse. En fait, comme beaucoup de jeux PS-One, il y avait de gros problèmes de caméras, cassant les pieds notamment quand le personnage est prêt de mur. Néanmoins et comparé à son prédecesseur (auquel j'ai joué un peu), The great escape marque un tourmant: Rayman quitte le beat'em all allant de gauche à droite pour un monde ouvert en images de synthèse, où Rayman va de monde en monde afin de retrouver des lums pour contrer les pirates ayant kidnappé le mythique emmerdeur nommé Globox. Graphiquement, le jeu cassait la baraque et encore aujourd'hui est plutôt correct. 

Avec ce jeu commençait mon amour pour les jeux Rayman, la créature de Michel Ancel restant une des plus belles créations françaises dans le domaine du jeu-vidéo. Une référence pure et dure dont Rayman 2 fut la pière angulaire. Puis vint sa suite encore plus dingo avec les différentes combinaisons de Rayman. Puis vint les lapins crétins, bouffant copieusement le personnage (au point de n'être qu'un accessoire) avant la résurrection avec Rayman Legends et son relooking extrême à la fois magnifique et incontournable. J'adore Rayman et je ne me lasserais jamais de ses aventures. Rayman 2 a fait beaucoup dans cela. Avec mon père, on s'est cassé les dents dessus sur PlayStation, j'ai continué sur DS et autant dire que je réussirais un jour à le finir au moins sur DS. ça viendra!

  • La trilogie Spyro the dragon d'Insomnia Games (1998, 1999, 2000)

  

Voilà une franchise auxquelle j'ai adoré jouer. J'ai même persévéré avec Enter the dragon sur Game cube (mais clairement moins bon) et Season of ice sur Game Boy Advance (pas très bon non plus), qui furent aussi rachetés par Vivendi (vade retro conneritas!) au point que le pauvre Spyro n'est apparu récemment que dans... Skylander, le jeu à la con où vous devez acheté des tonnes de figurines pour pouvoir jouer, sorte de merchandising grossier qui horripile les parents avec raison (comme moi mais bon...). En revanche que dire des jeux sur PlayStation. Bon le deuxième volet était affreux, fait à la va-vite pour compenser le succès du premier. Mais le premier et le troisième étaient de purs modèles de jeux de plateforme. Un héros qui vole et crache du feu recherchant le plus possible de diamants de couleur pour sauver ses copains dragons. Un scénario tout simple mais qui fonctionne totalement. Alors oui les jeux ont terriblement vieilli dans le graphisme, il faut bien l'avouer, mais pour y avoir rejouer avec mon paternel il y a 1 ou 2 ans, cela marche encore de par le côté terriblement ludique des jeux.

Le troisième avait le mérite d'aller encore plus franco en introduisant plusieurs personnages à jouer en plus comme ce pingouin qui pouvait voler aussi, mais de manière différente. Il introduisait aussi de nouveaux circuits de vols et puis il y avait ces séquences de skate qui m'ont tant cassé les pieds pour le bon mouvement, le bon chrono... C'est vraiment sur celui-là que j'ai le plus joué, jouant autant pour moi qu'avec mon paternel et je me souviens comme nous nous sommes engueulés plus d'une fois quand nous n'avions rien à faire. C'est là où l'on se dit que le monde du jeu est une merveille de complexité: ou comment un jeu de plateforme en apparence tout simple peut devenir terriblement plus complexe et long à finir qu'un banal jeu actuel. Un plaisir quoi!

  • Toy Story 2: Buzz l'éclair à la rescousse de Traveller's tales (1999)

Encore une franchise, mais là, il faut bien avouer que ce jeu est resté. Comparé à d'autres adaptations de films Pixar, Buzz l'éclair à la rescousse reste à mon avis et selon beaucoup le meilleur jeu adapté d'un Disney ou un Pixar (c'est lié de toutes manières). D'autant que le jeu fonctionne parfaitement avec le film tout en donnant un ensemble inédit au film. En effet, on suit Buzz dans sa quête pour retrouver Woody en explorant le plus possible la maison et ses enjeux (les effets de taille étaient superbes) et je m'étais arrêté au garage ou à la pelouse dans mon souvenir. Un beau jeu où on explorait beaucoup et c'était certainement la meilleure façon d'adapter ce film. En tous cas, un jeu qui ne faisait pas vulgairement dans le fan-service et passait très très bien dans les mains des jeunes joueurs comme moi. Visuellement, cela allait aussi. Et ne vous faites pas avoir par la pochette arborant Activision, ils ne font qu'éditer. Au cas où vous pouviez penser que Buzz défonce Bayonne à coup d'AK-47.

Et pour finir, un de mes plus grands cauchemars. En 1999, il me semble, tout du moins à la fin des années 90, le petit Borat s'est endormi comme très souvent avec la télé allumé. TF1, Ligue des champions, tout du moins débat sur le football avec Roger Zabel (oui je sais ça ne me rajeuni vraiment pas!), coupure pub. Et là je découvre Chris Cunningham. Clippeur émérite dont je parlerais certainement un jour dans ce joyeux foutoir (!), Cunningham est réputé pour ses clips dérangeants et d'un glauque tonitruant où il lui arrive de modifier des visages. Il lui est par exemple arriver de mettre le visage totalement inexpressif de Richard D James sur des mannequins en bikini! Regardez sur le net, effet de frisson garanti! Enfin bref, je découvre alors ce que je ne savais pas encore comme une publicité pour la PlayStation, déjà bien installée dans les foyers et n'ayant clairement pas besoin de cela pour s'imposer. C'est là que vous découvrez une fille avec des nattes au visage complètement déformé (tapez sur google "chris cunningham playstation" vous verrez quelques photos en attestant). Le visage est complètement creux et allongé de manière à ce qu'elle puisse avoir le menton totalement modifié.

D'autant que pour provoquer le malaise, Cunningham fait plus d'une fois des gros plans sur le visage, rajoutant un sentiment diabolique de malaise. En voyant sa tête votre cher Borat s'est demandé plus d'une fois s'il était en plein cauchemar ou réveillé. Une pub qui m'avait foutu une de ses frousses et je dois avouer que je m'en suis pas encore remis. Encore aujourd'hui même si j'arrive à la regarder, il y a toujours ce sentiment d'effroi en voyant ce visage, alors que l'on ne fait que voir une fille parlant devant une caméra dans une salle blanche. Comme quoi, le pouvoir des images est souvent capital et pour faire entrer PlayStation dans le XXIème siècle, il fallait bien une pub aussi fracassante. Merci donc à la PlayStation de m'avoir fait jouer tant de fois et d'avoir été ma première et fidèle console de jeu. Oh attendez j'ai oublié quelque chose!

Allez à la semaine prochaine!

03 décembre 2014

Les vomisseurs en Amérique

Thibault de Malfete se voit accuser d'avoir empoisonner sa bien-aîmée. Un sorcier décide de l'envoyer dans le passé pour la sauver, sauf qu'il attérit avec son poursot André le Paté à Chicago en 2000...

Les Visiteurs en Amérique : affiche Christian Clavier, Jean Reno, Jean-Marie Poiré

Beaucoup devaient penser: "Borat nous avait promis une apothéose au cycle sur John Hughes et toujours rien". Ne vous inquiétez pas chers lecteurs, on y est enfin arrivé. Car pour évoquer cet affront envers le cinéma et la sinistre fin de carrière d'un scénariste de talent bouffé par Hollywood et ses productions trop familiales pour être honnête, il fallait bien s'occuper des deux premiers films Les Visiteurs. Oh dam, oh désespoir, nous allons parler des Visiteurs en Amérique. On ne sait pour quelque raison, Jean-Marie Poiré se met en tête de réaliser un remake de ses Visiteurs, tout en gardant le duo Jean Reno-Christian Clavier (qui co-scénarise également) sous le coude. Les couloirs du temps-Les Visiteurs 2 vient de faire 8 millions d'entrées, l'ambition d'un troisième volet paraissait logique d'un point de vue commercial. Sauf que le réalisateur opte donc pour le remake et le tourne en anglais à Chicago. Parmi les acteurs castés, on retrouve Malcolm McDowell en magicien (impôts?), Christina Applegate (qui rebondira heureusement avec ses apparitions dans Friends) à la place de Valérie Lemercier et Muriel Robin, Tara Reid (encore hype après le succès d'American Pie) à la place de Marie-Anne Chazel (!), Matt Ross (le Luis Carruthers d'American Psycho) en mari connard et queutard se tapant Bridgette Wilson (dont la carrière ne s'est jamais relevé de Mortal Kombat) dans des moments gourmands et croquants (copyright Cyril Lignac).

Les Visiteurs en Amérique : Photo Christian Clavier, Jean Reno

Mais qu'est donc bien venu faire John Hughes dans cette coproduction franco-américaine produite par Gaumont? Disney ne le rappelle pas après Flubber et n'a plus rien de prévu depuis 1997. Même la suite des 101 dalmatiens se fera sans lui. En gros, Les Visiteurs en Amérique lui apporte du travail et alors qu'il est crédité comme scénariste, il apparaît plus comme objet de réécritures à la limite du script-doctors. En gros, cela n'annonçait rien de bon si le scénario n'était déjà pas convaincant. Hughes a donc dû passer derrière une coquille déjà vide et a dû faire avec. Le scénariste ne retouchera plus un film avant Drillbit Taylor garde du corps (film de 2008 avec Owen Wilson dans le rôle titre) avant sa mort l'année suivante. Sorti en avril 2001 dans les salles françaises sans réelle concurence face à lui, le film se prend une taule magistrale proportionnelle à la qualité du film. 1 million d'entrées engendrés dans la douleur en neuf semaines quand les deux précédents font 20 millions à deux! Aux USA même rengaine où il ne rembourse même pas le budget de 35 millions de $ avec même pas la moitié des recettes. Pour un blockbuster à la française, on peut dire que la claque fut grande. Poiré se serait même fâché avec Clavier et n'a pas assuré la promotion, se cachant au générique sous le nom de Jean-Marie Gobert. 

Les Visiteurs en Amérique : Photo Christian Clavier

Bonjour l'ambiance, à l'image de cette séquence post-générique de fin où Ross se casse du tournage avec l'équipe essayant de le rattraper. Une mise en abîme pitoyable caractérisant parfaitement cet étron de la pire espère qui vous ruine une carrière à l'image de Hughes mais aussi Poiré (Ma femme s'appelle Maurice n'arrangera pas les choses non plus). Fut un temps j'ai énormément vu ce troisième film de la saga, beaucoup trop même pour être honnête (ah la jeunesse, qu'est-ce qu'on peut regarder comme conneries en disant que c'est bien), ce qui fait que quand je me suis rendu compte que c'était mauvais, je me souvenais des moindres détails. Alors oui il s'agit d'un remake donc évidemment on reprend la même recette, soit pour la troisième fois la même chose. On s'était déjà plaint que Les couloirs du temps ne renouvelait rien, mais Les Visiteurs en Amérique fait encore pire puisqu'il reprend toutes les étapes clés de l'original en encore pire. A un détail près: nous sommes à Chicago, ce qui s'avère totalement improbable au Moyen Age! Et encore plus en vue d'une téléportation dans le temps puisque l'on revient quasiment systèmatiquement au même endroit auquel on est parti! Donc en gros, nos héros sont au début en Amérique? Tout cela est tout bonnement impossible et le concept même du film n'est donc pas crédible une seconde!

Ensuite le film n'a clairement rien à dire, accumule les références (Reno qui veut trancher des mains, les deux cocos défonçant une télévision, les deux ne supportant pas la voiture...) et confirme que Poiré tourne en rond avec cet univers depuis le premier volume. Il y a quelques modifications comme le magicien venant en 2000 aussi, le mari ou fiancé volage de la parente du héros, le poursot découvrant la boîte de nuit avec sa copine sans le sou (néanmoins moins branleuse que Marie-Anne Chazel dans les originaux) ou encore le gag du water. Mais cela ne sert à rien et le film de s'enfoncer dans le grotesque et le vulgaire. Clavier qui bouffe l'alimentation pour chien en disant "c'est de la bonne pitence", on n'y croit pas du tout. Encore plus quand Matt Ross mange sans broncher des pastilles pour waters. Et puis il y a aussi ce changement de nom totalement affreux: oubliez Godefroy de Montmirail, vive Thibault de Malfete, oubliez Jacquouille la fripouille, vive André le paté. Pour la subtilité on repassera. Les acteurs cabotinnent à mort ou semblent se demander sans cesse où ils ont mis les pieds. A l'image de la pauvre Christina Applegate ne savant parfois pas où se mettre face aux cabottins à mort Clavier et Reno. L'annonce d'un nouvel opus avec la même équipe laisse d'autant plus présager quelque chose de mauvais, d'autant que les acteurs ont grandement vieilli depuis...

Un remake qui sert de bel étron flotteur dans une carrière, doublé d'un blockbuster français totalement raté.

02 décembre 2014

Perdus dans le temps et dans la nullité.

Godefroy de Montmirail a beau être revenu dans son temps, Jacquouille est resté dans le présent et a volé les joyaux de la courone. Pour sauver son beau-père, Godefroy repart avec Jacquart en 1993 pour retrouver les joyaux...

Les Visiteurs 2 : Les couloirs du temps : affiche Christian Clavier, Jean Reno, Jean-Marie Poiré

En 1993, Les Visiteurs cassait la baraque avec plus de 13 millions de spectateurs au compteur, signant le grand retour de Jean-Marie Poiré après quelques déconvenues. Un peu comme l'avait fait Retour vers le futur de Robert Zemeckis (qui ironiquement a le même thème du paradoxe temporel), Poiré et Clavier avaient signé une fin ouverte annonçant une possible suite. Pourtant, la suite mit quatre ans à sortir. Entretemps, le duo s'est planté artistiquement (mais pas commercialement) avec Les anges-gardiens, beauferie où notre Gégé national était en totale roue-libre (ce qui peut être un atout comme un inconvénient) et Clavier était surexcité au possible. Valérie Lemercier n'a pas voulu reprendre le rôle de la miss au "poncho" et ce avant même un premier jet. Poiré fera ce qu'il a à faire, mais Lemercier ne reviendra jamais. Elle sera finalement remplacée in extremis par Muriel Robin (aie!), faisant retourner plusieurs scènes pour la séquence post-générique de début faisant un résumé de l'intrigue du premier. Evidemment, la plupart du casting est de retour y compris certains second-rôles. En février 1998, Les couloirs du temps- Les Visiteurs apparaît plus encore que le premier film comme un véritable blockbuster à la française, le genre qui va tout casser au box-office.

Cela passe par une grosse campagne marketing avec même jouets à l'appui (je peux en témoigner). Pourtant, le film est bien moins accueilli que le premier et évidemment marche moins bien, effet de surprise en moins aidant (8 millions de spectateurs tout de même). Peut être que le film était moins attendu que ce que ses instigateurs le pensait. Il n'en reste pas moins que cette suite directe reste tout de même un mauvais film. On a souvent l'impression de revoir le même film et surtout que les situations au sein même du film sont répétitives. Pour preuve, à quoi sert le passage du mari dentiste de Béatrice au Moyen-Age, si ce n'est rééditer Jacquard dans le même genre de situation quelques minutes plus tôt? Un passage d'autant plus inutile que si le personnage est sympathique (le genre parfait beauf bourgeois qui s'ignore), il n'en reste pas moins un second-rôle mineur. De plus, il ne sert àç rien dans cette péripétie. Par la même occasion, une sous-intrigue s'installe avec le fameux cousin Hubert évoqué dans le premier et dont la famille fait son apparition. On aura donc droit à un mariage où Godefroy fera le père amenant la fille à l'autel. Une sous-intrigue juste là pour en rajouter une louche à un film au combien répétitif.

On retrouve peu ou prou les mêmes gags que dans le premier, à l'image du facteur se retrouvant encore face "aux malades" ou Jacquouille faisant le con avec le téléphone. Sans compter que les personnages ne sont pas mieux développés, au contraire d'un film comme Les bronzès font du ski (scénarisé par le même Clavier mais dix-huit ans plus tôt) qui enfonçait le clou avec ses personnages truculents. Une formule qui marche une fois oui, mais la deuxième fois il vaut mieux renouveller. Ce n'est jamais le cas ici, le film reprenant constamment ses racines aux mêmes endroits. Par ailleurs, la fin ouverte permet de sauver les meubles, rajoutant un ultime quiproquo qui attendra quand même dix-sept ans pour avoir une suite (ce qui n'a rien de rassurant). On peut également remarquer que le montage s'avère parfois étrange. On a parfois l'impression que le rythme s'accélère brutalement au cours d'une scène , les plans s'alignent à une vitesse folle d'autant plus sans réelle utilité. Sans compter que les effets-spéciaux et incrustations sont plus d'une fois dégueulasses. Cela se confirme avec cet arrosoir fou et terriblement artificiel qui gigote dans le vide devant un Clavier se demandant où il doit regarder. Un effet malheureux qui confirme en soi une production pleine de fric, mais n'ayant paradoxalement pas le matériel adéquate de ses ambitions. Quant aux acteurs, on tutoie le cabotinage de la pire espèce (Clavier first!) et la catastrophe totale (Muriel Robin est affreuse du début à la fin essayant de singer le jeu de Lemercier).

Une suite ratée qui répète les mêmes situations sans jamais atteindre son but.

29 novembre 2014

Le retour du jedi

En septembre 2000, votre cher Borat découvrait la fameuse saga Star Wars, saga adulée au possible, auxquelle on évite de toucher. Malheureusement, ce fut sur La menace fantôme, entrant progressivement dans l'ère d'une prélogie qui n'aura eu de cesse de faire pleurer les fans en raison de sa qualité parfois plus que douteuse (Jar Jar! Les romances! Le côté artificiel! Anakin!). Le 19 mai 2005, il regardait La revanche des sith avec une excitation rare: voir le dernier Star Wars de l'histoire du cinéma. Une occasion à ne pas rater, un événement en soi. Mais ça c'était avant. Avant le rachat de Lucasfilms par Disney pour des sommes dépassant l'entendement du raisonnable (mais l'investissement est plus que rentable au vue du merchandising à se faire et déjà présent à Disneyland). Avant l'annonce d'un septième volet pour décembre 2015. Avant l'annonce de JJ Abrams aux commandes. Avant l'annonce d'une probable nouvelle trilogie auquel Rian Johnson (Looper) succèdera au réalisateur des deux derniers Star Trek. Avant l'annonce d'un spin-off, puis d'un deuxième signés par Gareth Edwards, heureux réalisateur des sympathiques Monsters et Godzilla (prévu pour 2016); et Josh Trank le toquard derrière Chronicle et l'improbable reboot à venir des Fantastic Four. Avant que Lawrence Kasdan, scénariste historique des Aventuriers de l'arche perdue et L'empire contre-attaque, ne remplace Michael Arndt au scénario. Avant que les concept-arts (voir ci-dessous) n'enthousiasme sérieusement votre interlocuteur. 

Star Wars VII (photo) (3)

Avant un casting réunissant à la fois les vieux de la vieille (Mark 'Luke Skywalker' Hamill, Carrie 'Leia Organa' Fisher, Harrison 'Han Solo' Ford, Peter 'Chewbacca' Mayhew, Kenny 'R2D2' Baker, Anthony 'C3PO' Daniels et même Warwick Davis mais peut être pas en ewok!) et de nouveaux arrivants intéressants (John Boyega vu dans Attack the block; Daisy Ridley, Adam Driver de la série Girls; l'acteur qui monte Oscar Isaac; Andy Serkis; Domhnall Gleeson vu dans la série Black Mirror; la légende Max Von Sydow; Lupita N'yungo esclave dans Twelve years a slave; Gwendoline Christie la merveilleuse guerrière de Game of thrones; Pip Andersen, Crystal Clarke et Christina Chong). En sachant qu'une rumeur insistante évoque Simon Pegg (il aurait été plus d'une fois à des événements concernant le film, en plus d'être allé sur le tournage). En deux ans, Disney et Lucasfilm ont réussi à donner sérieusement envie de replonger dans la Guerre des étoiles, alors que franchement on aurait pu craindre le pire (sur une saga comme Indiana Jones notamment, elle-même en passe de revenir, ce qui va s'avérer très très compliqué). Star Wars The Force awakens ou Le réveil de la force apparaît comme un des événements majeurs de l'année prochaine, provoquant une peur certaine à ses concurrents (Warner a par exemple déplacé Warcraft de sa date pourtant fixée depuis longtemps à mars 2016).

Star Wars VII (photo) (4)

Car il faut bien avouer qu'un nouveau Star Wars, attendu ou non, reste un événement considérable avec retombées économiques énormes avec le merchandising colossal qui va avec et l'envie du spectateur de découvrir les nouvelles aventures d'une saga qui a touché au moins quatre générations. Celle des 2010's aura donc son Star Wars. Il n'y a qu'à voir le nombre de vues sur Youtube du premier teaser pour se rendre compte de l'excitation autour du projet. Souvenez-vous: en 1999, des spectateurs allaient jusqu'à camper devant des cinémas ou à payer leur place pour aller seulement voir la bande-annonce de La menace fantôme. En 2014, les règles ont bien changé. Depuis les réseaux sociaux font la loi, les sites et les blogs ont augmenté vitesse grand v, Youtube n'existait pas et la communication n'a jamais été aussi impressionnante. Disney l'a parfaitement compris et a évité en soi que la vidéo soit leaked (vous savez, ces gens qui vous rendent parfois un grand service en filmant depuis leur salle une bande-annonce engendrant un grand nombre de copies, avant que le studio ne lance enfin la vidéo sur le net), donc que le buzz se fasse malgré eux. Le coup marketing parfait pour un événement annoncé partout. 88 secondes ou plutôt 1 minute 12 (le logo Star Wars fait tout le reste) où le spectateur se demande à quoi il va être bouffer mais en même temps se réjouit. 

Star Wars VII (photo) (2)

Après tout, ce teaser montre les premières images officielles du septième volet (dont la mention "épisode 7" devrait être enlevé au moins aux USA) alors qu'il ne sortira que dans un an et plus. Une vraie amuse-bouche montrant au moins les trois nouveaux personnages au centre de l'intrigue et surtout avec un ton alerte correspondant parfaitement au buzz dessus. La musique de John Williams réorchestrée pour le coup insiste sur l'alerte avec un ton de plus en plus trépidant, s'alignant sur les images. Ainsi on distingue six séquences: John Boyega semblant perdu dans les dunes de Tatooine dans un costume de stormtrooper; un robot type R2D2 roulant à un rythme fou toujours sur la planète des Skywalker; un escadron de stormtroopers prêt à passer à l'attaque; Daisy Ridley partant sur une sorte de moto toujours sur la planète; Oscar Isaac commandant un escadron de x-wing; le probable méchant s'engoufrant dans une forêt enneigée avant de dégainer un sabre-laser rouge en trois parties (confirmant la photo vue sur le net il y a quelques temps); et enfin le Faucon Millenium toujours dans Tatooine faisant face à deux vaisseaux de l'armée de l'empire lui tirant dessus, qui plus est sur le thème phare de la saga. Le tout sur les paroles "Quelque chose s'est réveillé. Vous l'avez senti? Le côté obscur et la force." prononcée par Serkis.

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On ne peut pas faire plus évasif, d'autant qu'en dehors de spéculations par ci, par là (que je n'évoquerais pas malgré que certaines sont intéressantes, d'autres sites préfèront vous les évoquer à ma place), l'histoire n'a pas été dévoilé si ce n'est qu'elle se déroule trente ans après Le retour du jedi. On ne sait donc absolument rien, engendrant la surprise à la vue des concept-arts et de ce teaser. On ne sait donc pas qui sont les nouveaux personnages et encore moins la menace à venir. D'autant que le teaser a le mérite de ne pas dévoiler à quoi ressemble les héros de notre enfance désormais, n'apparaissant jamais à part en clin d'oeil comme les amigos Han et Chewie avec le Faucon Millenium. L'homme au sabre-laser étrange est filmé de dos permettant aussi de garder une vraie surprise quant à son identité. Le teaser interroge aussi à propos des stormtroopers. Il semblerait que désormais ce soit des soldats à l'intérieur et non plus les clones de Jango Fett initiés depuis la Guerre des clones. Une idée intéressante renforcée par le déguisement de Boyega. Ce que l'on peut remarquer également est la volonté de faire un film en dur et non plus devant des fonds verts rigides qui ont permis à la prélogie d'être aussi pauvre aujourd'hui (difficile de revoir la prélogie sans sembler voir une immense cinématique de jeux-vidéo).

Star Wars VII (photo) (5)

Les plans sont classieux, bien photographiés et surtout JJ Abrams arrête enfin ses lance-flares qui nous pourrissaient les yeux sur ses Star Trek. Clairement on croit à une mise en scène dynamique et efficace. Comme quoi, JJ Abrams était certainement le bon choix pour reprendre en mains une saga bouffée par son créateur (n'est-ce pas George?). A voir donc dans les mois à venir si ces premières images auront eu raison de mon enthousiasme croissant pour les nouvelles aventures du plus puissant des jedi, de la plus grande des princesses intergalactiques, du cowboy le plus jouissif de l'Espace, de son poilu de chico et des deux droïdes inséparables face au côté obscur de la force. Star Wars The Force Awakens sortira le 18 décembre en 3D.

PS: Voilà les fameux concept-arts dévoilés il y a quelques temps et d'une beauté certaine.

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27 novembre 2014

Cuvée Rocky class hero

Dans la Cave de Borat, on aime bien certains acteurs. Il y a quelques temps, je faisais honneur au plus grand des barbares, le plus criminel des cyborgs, le dernier action hero, le chasseur de Predator... ce bon vieux Arnold Schwarzenegger dit Schwarzy pour les intimes. A l'aube de la sortie d'Expendables 3, j'aurais très bien pu me fader d'un hommage virulant envers une bande qui sent un peu trop la naphtaline (désolé pour certains que j'aime bien comme les amis Dolphie, Harrison, Melou, Wesley et autres Transporteurs, mais le film là ce n'était pas possible). Et puis fut venu l'éclair de génie. Quoi de mieux pour évoquer ce bon vieux Sylvester Stallone qu'en en faisant un portrait en repensant à Rocky, ce personnage qu'il a crée? Ce héros parti de rien et devenant le héros de l'Amérique avant de redevenir le working class hero qu'il a toujours été. Cet acteur que tout le monde pensait mort à la fin des 90's et au début des 2000's et revenu d'entre les vieux débris pour redevenir un des vieux briscards les plus populaires chez les jeunes. Plus que Rambo, son autre personnage phare, Rocky reste son alter-ego pur et dur au point de parfois se confondre. Revenons donc sur le parcours simultané de deux héros du cinéma d'action qui sont à deux la même personne.


 

1976: Naissance de Rocky/Sylvester Stallone

Rocky : Photo John G. Avildsen, Sylvester Stallone

Sylvester Stallone n'est à cette époque qu'un petit figurant dans quelques films (on pense notamment à Bananas), y compris dans un film érotique dont son producteur se fera des couilles en or après la sortie du succès de 1976 et venait d'avoir un beau rôle dans la production Corman La course à la mort de l'an 2000. Il n'en reste pas moins que Stallone est tout petit et qu'il a du mal à s'imposer. Rocky sera sa voix de sortie. Pourtant, United Artists ne veut pas de lui comme acteur, se gardant de le garder scénaristique, la réalisation revenant à John G Avildsen. Au final, il n'en sera rien car une chose est claire: Rocky c'est Stallone tout craché. Jugez plutôt: un petit jeunôt italo-américain qui essaye de se faire un chemin dans le milieu qu'il convoite (Rocky la boxe, Stallone le cinéma) jusqu'à atteindre le sommet. Car si Rocky (désolé pour le spoil mais vous en aurez durant toute cette cuvée) ne gagne pas, Stallone lui oui. Il devient une étoile montante, rafle l'Oscar du meilleur scénario devant ceux qui n'ont pas voulu de lui et a trouvé un héros qui lui correspond. Une étoile est née comme disait le film.


 

1979: Retour sur le même ring

Rocky II : Photo Carl Weathers, Sylvester Stallone

Sylvester Stallone a beau avoir cassé la baraque, la suite est un peu rude. Il ne trouve qu'un seul rôle dans un film qu'il ne scénarise pas à savoir Fist (pour le syndicat, pas la pratique sexuelle bande de gredins) et La taverne de l'enfer lui permet surtout de se faire la main à la réalisation, étant très mal reçu à sa sortie. Il lui faut donc revenir et quoi de mieux qu'un nouveau Rocky, qui plus est avec lui à la réalisation? Après tout, ce héros lui ressemble tant et à vrai dire un peu trop. La première partie montrant un Rocky fortuné et connaissant désormais la gloire n'est pas sans évoquer son interprète lui-même ovationné mais sur un seul coup. Il doit encore faire ses preuves dans l'industrie. Les chiffres de Rocky II: La revanche confirmeront cela. Pour l'instant, Stallone n'est la star que d'un seul film et devra persévérer pour s'imposer. Surtout qu'un certain Arnold commence à tourner.


1982: L'oeil du box-office

Rocky III : Affiche

Plus que sur Rocky II: La revanche, les choses changent radicalement sur Rocky III: L'oeil du tigre. Stallone commence à s'imposer sur le marché enchaînant un duel avec Rutger Hauer (Les faucons de la nuit) et a fait le con en jouant au football dans A nous la victoire. Même si les films ne sont pas des cartons, Stallone continue à creuser son sillon et c'est tout naturellement qu'un troisième Rocky se dévoile. Avec Rocky III, Stallone s'embourgeoise, a plus de fric et veut le montrer. Son héros devient un golden-boy patraque faisant le con avec Hulk Hogan le temps d'une scène ridicule. L'heure n'est plus au petit working class hero, maintenant Rocky/Stallone veut en mettre plein la vue, y compris en faisant du marketing avec le tube Eye of the tiger) et quoi de mieux qu'un affrontement avec un méchant qui lui envoie autant de punchlines que de coups pour le réveiller? Il fallait bien un Mr T hargneux et d'une rare virulance orale pour réveiller l'oeil du tigre qui sommeillait sous le costard cravate trop propre de Rocky/ Stallone. Y compris en pactisant avec son ancien ennemi aka Apollo Creed (Hollywood qui ne voulait pas de lui, maintenant à ses pieds?), même lors d'une séquence plus que douteuse à la mer! Avec Rocky III, Stallone devient une star indéboulonable, un peu comme son héros. Un statut qui va souvent le mettre en facheuse posture par la suite.


 

1985: Stallone/Rocky patriote

Rocky IV : Photo Sylvester Stallone

Stallone n'est plus la star montante, désormais c'est la plus grosse star du marché du film d'action, emboîtant le pas avec son concurrent à deux francs (je dis cela car leur concurrence fut aussi crédible que celle entre Sharon Stone et Demi Moore durant les 90's pour être la plus vulgaire!) Arnold Schwarzenegger. Il crée un nouveau héros la même année que Rocky III avec Rambo, cet ancien combattant au Vietnam traîté comme un moins que rien. Désormais, Stallone devient le symbole du vétéran revenant au pays, toujours une sorte de working class hero, en peut être plus tragique. Avec Rambo, il revenait à une humanité digne de celle de Rocky. Pourtant dès le film suivant, retour au bourrinage pur et dur, plus de sentiments et nanar merveilleux à mettre dans son lecteur cassette alors balbutiant. A cela rajoutez son expérience dans la comédie-musicale avec Staying Alive, sequelle improbable de La fièvre du samedi soir qu'il réalise! Une bonne blague comme ce cher Rocky IV qu'il tourne la même année que First Blood 2. L'ironie veut que ses deux héros soient parasités dans des voies reganiennes à se bidonner tant elles naviguent le patriotisme pompeux et délirant.

Stallone tout comme Rocky (et en soi Rambo) deviennent des symboles de l'Amérique pure et dure, défonçant la gueule des vilains soviétiques qui se dopent et leur scandant des chansons à se rouler par terre telles le Living in America de James Brown aussi rythmiquement fun que diaboliquement écoeurant dans son texte. Stallone et Rocky en rajoutent une couche dans un discours final dont le public se serait bien passé et assurant l'hilarité la plus totale des spectateurs désormais plus dupes de la propagande qu'ils avalent.


 

1990: La chute d'une étoile

Après Rocky IV, Sylvester Stallone continue sur sa lancée, accumulant les projets. Il collabore avec la Cannon sur les très bourrins Over the top et Cobra; joue les prisonniers rageux dans le très nanar Haute sécurité; forme un duo assez pauvre avec Kurt Russell, autre grand homme d'action des 80's, au détour de Tango et Cash; et son colonel Trautman fait des vannes anales dans le bien lamentable Rambo III. La carrière de Stallone prend un virage bourrin qui lui fera terriblement défaut et Rocky V ne fera que confirmer cela. Son héros n'est plus qu'un banal entraîneur qui corrige son ancien apprenti le temps d'une risque de rue. Plus de noblesse, plus d'envie, plus d'intérêt. Son héros de toujours, son homologue est en soi mort dans l'oeuf. En voulant le remettre face à ses origines, Stallone s'est foutu une épine dans le pied, parvenant difficilement à se relever un probable échec. Et les échecs qui vont suivre feront aussi mal que ce Rocky V qui annoncera la déroute 90's avec une violence inouïe. Le public n'y croît plus et ne s'y prendra pas à deux fois pour bouder ce cinquième volet. Un signal que Stallone mettra seize ans à comprendre.


 

2006: Résurrection d'un champion

Rocky Balboa : Photo Antonio Tarver, Sylvester Stallone

Durant les 90's, Stallone se plonge la tête la première dans des productions pas possibles: un remake d'Oscar (!), un film où un tunnel s'effondre et où il débarque en sauveur de la dernière chance (Daylight), l'adaptation impayable de Judge Dredd, Arrête où ma mère va tirer (tout est dans le titre), un thriller avec Sharon Stone (L'expert) ou un réglement de compte foireux avec Antonio Banderas (Assassins). On ne retiendra réellement que Copland (où il s'est énormément investi) et Cliffhanger (son film d'action phare des 90's et un des meilleurs films de son réalisateur). Quant aux 2000's jusqu'en 2006, il n'a cessé d'accumuler les casseroles, ne réussissant jamais à revenir sur le devant de la selle. Son remake de La loi du milieu? On oublie. Son film ringard sur la F-3 qu'il a porté avec Renny Harlin? On oublie. Son auto-parodie digne des Guignols chez Robert Rodriguez? On oublie. Son apparition dans le troisième volet d'une franchise française bien connue? On oublie. Que des films qui se viandent ou alors ne le mettent jamais en valeur, fruit de choix désastreux. Alors que reste-t-il? Les anciens héros? Bien mais est-ce que les gens attendent un nouveau Rocky ou un nouveau Rambo

Déçu des derniers volets respectifs des deux sagas, le spectateur aura t-il envie de redonner du cachet à des héros qu'il a aimé dans les 80's, mais plus une fois adulte? Tel était le défi de Sylvester Stallone lorsqu'il réalise primordialement Rocky Balboa. Si ce film ne marche pas, il ne fera certainement pas de Rambo IV. Alors il mise tout en mission de la dernière chance. Montrer que comme Rocky, il en a revendre et qu'il a encore quelque chose à prouver. Montrer à Hollywood qu'il peut encore gagner et pas seulement dans des films à récompenses (on pense à Copland). Rocky redevient ce working class hero mais cette fois-ci vieillissant et terriblement seul. Plus d'Adrien pour le soutenir. Stallone comme Rocky est seul face à la pression d'un nouvel échec. Il n'en sera rien. Rocky Balboa symbolise à la fois le retour fracassant d'un héros de notre enfance ou adolescence et le come-back mérité et méritant d'une étoile qui s'était perdu. Même si tout n'est pas rose pour Sly, désormais l'affront sera moindre et il a imposé le respect au point que le come-back de son ancien rival Schwarzy s'est fait par quatre fois sous son égide (la trilogie Expendables et Evasion). 

Allez à la semaine prochaine!

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26 novembre 2014

Parc enfin ouvert, futures victimes à découvert...

En 2001 sortait Jurassic Park 3, premier film de la saga orchestrée par Steven Spielberg et Michael Crichton justement sans eux à la barre (le premier n'était qu'un vulgaire producteur exécutif, l'autre était juste cité pour le personnage d'Alan Grant, le film ne se basant pas sur un de ses romans). Un succès certes mais qui laissait de belles traces de pneus, dont on se serait allégrement bien passé. Que ce soit ce final grand-guignol (on laisserait presque une larmichette pour ces bons vieux raptors), le gosse qui survit durant plusieurs semaines tout seul mais ne fait que des conneries une fois accompagné ou encore ce scénario sans queue, ni tête. Une déception en fin de compte, voire honnêtement un petit navet digne de ce nom. Quatorze ans plus tard (si je compte 2015) nous voilà à Jurassic World, un film qui a mis bien des années à se réaliser. On a d'abord eu des rumeurs comme quoi la miss Keira Knightley était pressentie dans un nouveau survival (tout du moins c'est ce que j'avais lu dans les années 2000), puis vint les fameux concept-arts dont je vous évoquais l'existence dans le dossier Spielberg (je vous renvoie aux sommaires ou à la catégorie du réalisateur). Des dessins dévoilant des dinosaures mixés à des hommes et servant d'armes. Un projet totalement WTF à la limite du crash industriel en vue. Heureusement rien ne s'est fait.

Jurassic World (affiche)

Joe Johnston devait à un moment reprendre du service, mais il fut évincé au profit du jeune Colin Trevorrow, réalisateur de l'inédit Safety not guaranteed où il abordait le voyage dans le temps à travers une petite annonce (mon camarade Laurent en avait parlé ici: http://deuxiemeseance.blogspot.fr/2013/06/safety-not-guaranteed-2012.html). Ni une, ni deux le voilà à la tête d'un des plus gros blockbusters du prochain été. En sachant qu'initialement, le film devait sortir pour l'été dernier, mais vraisemblablement, Universal a vite compris que rien ne serait prêt à temps ou alors complètement bâclé (ce qui arrive souvent avec le studio depuis plusieurs années) et a donc laissé plus de temps au réalisateur pour fignoler son film, surtout que les CGI seront plus abondants encore que sur les premiers films. Au final, le projet est devenu rassurant même si au vue de son pitch il n'est ironiquement pas sans rappeler un certain... Jaws 3D. Pensez donc: parc d'attraction sur une île, animaux qui déconnent, Homme dépassé face à ses qualités d'apprenti-sorcier... Rien de rassurant en réalité. Mais néanmoins, le synopsis a des choses pour lui. Déjà, malgré qu'il soit un reboot plus ou moins visible (les acteurs clés des précédents films, que ce soit Sam Neill, Jeff Goldblum, Laura Dern ou même Julianne Moore dans une moindre mesure, ne sont pas présents, sauf BD Wong scientifique vu dans le premier et reprenant du service), Jurassic World reste dans la continuité des précédents.

Et pour cause: vingt ans se sont passés depuis le massacre de Isla Nublar et l'héritage de John Hammond (incarné autrefois par le regretté Richard Attenborough) s'est concrétisé. Jurassic Park est sorti des oubliettes pour devenir Jurassic World, un immense parc où les dinosaures sont devenues les attractions, suffisamment domestiqués pour faire le show devant des milliers de personnes. En soi, la réplique phare d'Hammond "J'ai dépensé sans compter" prend réellement tout son sens quand on regarde la première bande-annonce. Un énorme parc high-tech où l'argent se montre à chaque recoin et où les scientifiques apprenti-sorciers ont réussi leur coup. D'ailleurs, la bande-annonce joue énormément le temps de plusieurs plans sur l'aspect nostalgique. Outre le thème repris à coup de piano aussi évident qu'une vache aime l'herbe, la bande-annonce montre des images clées. Le requin (private joke pour Spielby?) se faisant bouffé par un dinosaure aquatique rappelle ce passage glaçant où une chèvre était sauvagement dézingué par un t-rex. On retrouve ce fameux plan du portail s'ouvrant aux visiteurs, idem pour les dinosaures type autruches circulant autour des visiteurs (même si cette fois, ils sont protégés), les diplodocus émerveilant les visiteurs... et évidemment le retournement de situation.

Comme d'habitude, les scientifiques sous la tutelle d'Hammond ont encore fait des siennes, créant un dinosaure hybride encore plus vicieux et tueur que le tyranosaure et évidemment le Spinosaure introduit très mollement dans le film de Joe Johnston. Dès lors, le personnage du braconnier incarné par Chris Pratt prend tout son sens: il apparaît comme une sorte de mélange entre l'aventurier fatigué Alan Grant et le pessimiste Malcolm, annonçant en soi le désastre à venir. Les dernières secondes jouent beaucoup sur cela et ce malgré le PG-13 (ce qui n'a jamais un mal pour Spielby, ayant cité plus d'une scène dégueulasse dans les deux premiers avec la même classification) avec une capsule dézingué, des enfants pourchassés, des visiteurs courant dans le vide face à une menace grondante et l'on peut voir le nouveau dinosaure uniquement des pattes, annonçant un prédateur vorace et rapide. Seul réelle ombre au tableau de ce trailer: le final avec des raptors tout gentils qui viennent aider Chris Pratt. Bah merde alors... Dans l'ensemble, la bande-annonce de Jurassic World s'avère assez positive, mais attention à ne pas refaire la même chose en plus friqué. Jurassic World sortira le 10 juin prochain.

25 novembre 2014

Jean Reno et Christian Clavier ne sont pas nés d'hier !

Visiteurs

genre: comédie
année: 1993
durée: 1h45

l'histoire: Comment en l'an de grace 1123, le comte de Montmirail et son écuyer, Jacquouille la Fripouille, vont se retrouver propulsés en l'an 1993 après avoir bu une potion magique.

la critique d'Alice In Oliver:

Film culte s'il en est, Les Visiteurs, réalisé par Jean-Marie Poiré en 1993, connaîtra un immense succès dans les salles françaises.
Le film réalisera presque 14 millions d'entrées ! Les Visiteurs marque également la seconde collaboration du quatuor Jean-Marie Poiré/Christian Clavier/Jean Reno et Valérie Lemercier après l'Opération Corned-Beef.

visiteur

Succès oblige, Les Visiteurs sera suivi de deux nouveaux épisodes, tous plus nuls les uns que les autres, Les Couloirs du Temps: Les Visiteurs 2 et Les Visiteurs en Amérique. En dehors de Jean Reno, Christian Clavier et de Valérie Lemercier, ce premier volet réunit également Didier Pain, Isabelle Nanty et Christian Bujeau.
Ensuite, cette comédie peut s'appuyer sur quelques répliques hilarantes, notamment la chanson "Et on lui pèlera le jonc comme au bailli du Limousin..."

Toujours est-il que le succès des Visiteurs tient surtout dans l'originalité de son script. Pour l'anecdote, Jean-Marie Poiré avait déjà écrit le brouillon de ce que sera le scénario à l'âge de 13 ans. C'est en fouillant dans ses souvenirs d'école que le cinéaste reprendra l'écriture du film, en compagnie de Christian Clavier.
Jean-Marie Poiré mélange habilement film épique se déroulant dans le passé, comédie et fantastique.

Visiteurs

A partir de là, le réalisateur insiste surtout sur les décalages temporels. Transportés de 1123 à 1993 après avoir bu une potion magique, le comte Montmirail (Jean Reno) et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille (Christian Clavier), se retrouvent dans le présent face à leurs lointains aïeuls.
Dans un premier temps, nos deux huluberlus attirent la suspicion des intéressés, qui les prennent pour des fous sortis tout droit du carnaval.

Toutefois, leur langage d'un autre temps et leurs mauvaises manières finissent par les convaincre. Désormais, pour le comte de Montmirail et Jacquouille, il leur faut trouver un moyen de retourner à leur époque.
Jean-Marie Poiré s'amuse de la situation et propose de nombreux gags qui font mouche. Impossible de ne pas sourire devant les facéties de Jacquouille la Fripouille.

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D'ailleurs, Christian Clavier est particulièrement en forme et interprète deux personnages dans le film: Jacquouille et son lointain aïeul, Jacques-Henri Jacquard, un snob insupportable avec ses tics langagiers ("Okayyyyyyyyy !", "Mais qu'est-ce que c'est que ce bins ?"). Certes, les gags proposés sont nombreux et souvent amusants.
Toutefois, rien de sensationnel non plus. Si la première partie est plutôt rythmée et riche en gags, la seconde est beaucoup moins drôle.
Ensuite, le jeu de Christian Clavier est parfois excessif. Son "okaaaaaaayyyy" est un peu répétitif et finit par lasser à la longue.
Mais ne boudons pas notre plaisir, Les Visiteurs reste une comédie sympathique et tout à fait recommandable. Pour une comédie française, c'est déjà pas mal.

La critique de Borat

Plus de 13 millions de spectateurs. Nous sommes en 1993 et le réalisateur Jean-Marie Poiré trouve son nouveau hit au box-office français, surtout après le succès en demi-teinte de L'opération corned beef et l'échec malheureux de Mes meilleurs copains. Son titre? Les Visiteurs. Ses vedettes? Jean Reno sortant des films de Luc Besson; Christian Clavier s'étant enfin dépatouiller de l'influence du Splendid; Valérie Lemercier connue pour la parodie des Nuls de L'école des fans et la série Palace; et Marie-Anne Chazel ancienne complice de Clavier. Même avec Poiré, pourtant pas le dernier des tocards pour faire des entrées, aux commandes; on ne s'attendait pas forcément à un tel raz-de-marée qui donnera lieu à une suite avec un beau résultat aussi, un remake et une nouvelle suite prévue pour l'an prochain. Les Visiteurs c'est surtout une petite comédie populaire comme les français savent se ruer massivement. Il suffit de voir les chiffres de certains films sortis depuis que ce soit Mission Cléopatre; Bienvenue chez les ch'tis, Intouchables ou Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu? Un pitch simple mais efficace et pouvant parler à tous. Les Visiteurs ne dérogent pas à la règle avec son Retour vers le futur à la française et en sens inverse.

Cette fois-ci c'est le passé qui vient vers le futur. En effet, Godefroy de Montmirail tue celle qu'il aime suite à un empoisonnement et se retrouve grâce à une potion dans les années 90, en compagnie de Jacquouille la fripouille son fidèle poursot. Un choc des cultures évident où l'on découvre l'automobile avec fracas (ah cette séquence où le facteur scande "ce sont des malades!" alors que les deux ahuris lui bousillent sa bagnole!) ou désagréable; se lave avec du parfum ou des bonbons; et où l'on découvre le téléphone. En soi, Les Visiteurs n'invente rien, mais il s'avère d'une efficacité certaine. Pour ainsi dire, le scénario est suffisamment malin pour faire du paradoxe temporel un gag ultime, jouant de situations déjantées afin de faire avancer le schmilblik. On sent bien le duo Poiré-Clavier inspiré par le sujet du paradoxe, alignant les gags aussi bien de situations que de dialogues. Il faut entendre le duo Reno-Clavier baragouinant un langage moyen-âgeux à coucher dehors, tout en essayant de se faire comprendre de la descendante des Montmirail.

Et puis il y a les actuels avec la descendante Montmirail se frottant à celui de Jacquouille, l'ironie voulant que le château appartient au petit fillot du poursot! L'occasion pour Clavier de jouer à fond la carte du bouffon et de l'excentrisme en jouant deux rôles diamétralement opposés. D'un côté, le puant qu'on est bien content de laisser sur la route; de l'autre le casse-pied arrogant au possible et dont on est bien content de toutes les merdes qui lui arrivent. Avec ce film, Clavier réussissait encore à faire rire avant d'enchaîner un surplus de rôles de ce type à savoir: casse-pied, cabottin et terriblement excité. D'ailleurs c'est à lui que l'on doit la meilleure réplique du film, lors d'un dialogue savoureux avec Chazel: "Tu es un laideron mais tu es bien bonne! -T'as pas vu ton pif!" Jean Reno s'en sort plutôt bien, jouant à la fois dans le dramatique (le film part de la mort de sa bien-aîmée ne l'oublions pas) et comique (il faut le voir sortir des conneries devant des médecins tous plus caricaturaux les uns que les autres le prenant pour un fou). En revanche, on sera un peu plus modéré pour Valérie Lemercier, parfois agaçante en bourgeoise mais néanmoins largement moins à côté de la plaque que Muriel Robin en 1998.

Une comédie plutôt amusante sur le paradoxe temporel, grandement aidé par les dialogues et son duo phare.


Les Visiteurs DOofystes

22 novembre 2014

Cuvée Impact à Amnéville

Toujours bien perché pour vous évoquer ses petites virées catastrophiques (je vous ai bien évoqué longuement la soirée du 31 octobre sans toutefois aller dans les zones les plus obscures), le Borat vous convie dans cette nouvelle cuvée à visiter une convention quelque peu amusante. Ce week-end se tenait l'Amnéville Impact, première édition d'une sorte de convention sympathique où se regroupait la pop culture à travers maquettes, figurines, livres, BD, jeux-vidéos vintage... De quoi faire le bonheur du geek en puissance qui sommeille en chacun de nous, d'évoquer des souvenirs de potes et passer un bon moment avec ses potes justement. C'est donc ainsi que mes camarades avons foulé les pieds dans l'Impact de la ville d'Amnéville, ville célèbre pour son zoo (un des plus grands d'Europe), le Gaumont, autrefois l'Imax (désormais fermé et en sachant qu'il ne diffusait jamais de films en dehors de documentaires ou petits films dans ce format type Nascars) et évidemment ses thermes et son casino. Une convention de ce type était donc une sorte d'événement. Au vue du contenu, il y avait de quoi faire rêver les gosses et les fans de la première heure. Devant l'entrée, nous étions accueillis par différentes voitures. La première évidemment la célèbre DeLorean ayant fait le bonheur du Doc et de Marty McFly, l'occasion pour mes camarades et moi de refaire l'affiche de Drew Struzan. Rappelons-le, l'affiche ressemblait à cela:

Retour vers le futur

Voici donc les présentations version 2014 (ma camarade Lou a déjà fait la vanne "Marty n'arrivera qu'en 2015, la DeLorean est en avance!"):

  • Le célèbre Borat en mode dur à cuir, toujours le chic de faire le con en public, ahlala celui-là...

IDA (6 

  • Aymeric pensif mais efficace.

IDA (6) Aymeric tu es dans le continuum espace-temps! 

  • Axel toujours en mode rodéo.

IDA (8) Axel tu es dans le continuum espace-temps! 

  • Marilou et Sohaib (excuse-moi si j'ai encore écorché ton prénom, cela viendra!) heureux et fiers d'être là visiblement!

IDA (10) Lou et Sohwaib sont dans le continuum espace-temps!

En sachant que Kitt de K2000 (petite pensée pour son créateur Glen A Larson qui malheureusement nous a quitté le lendemain) était aussi de la partie, mais aussi une belle Pontiac qui vraisemblablement viendrait d'un film avec Burt Reynolds.

IDA (3) Kitt est dans la place

IDA (4) Mais à qui appartient cette Pontiac!

Dès l'entrée, nous avons eu la visite de l'Inspecteur Gadget et d'une flopée de goodies. Poupée de l'inspecteur balourd, figurines de Fino et de sa nièce Sophie, un réveil, des verres, la voiture de fonction de notre bon inspecteur et surtout on a enfin mis un visage sur le fameux docteur Mad! Alors évidemment, vous devez trouver cela absurde et pourtant la figurine existe. Il se trouve que la figurine avait le visage caché par un papier dans l'emballage et ensuite on pouvait le voir une fois déballé. Du pur marketing qui a dû bien fonctionné à l'époque. Voici donc le docteur Mad!

IDA__12__Na_na_na_na_Inspecteur_Gadget_

Voyez le bonhomme au milieu de Fino et du mec avec un fusil, c'est Mad!

IDA (13) Na na na na Inspecteur Gadget!

Evidemment à chaque convention, on peut faire ce que l'on veut c'est ce qui revient en premier: la saga Star Wars a été fortement représenté dans de multiples stands. Et il y a eu de tout: Leia esclave, la créature du Retour du jedi, le yéti de L'empire contre-attaque, Han Solo, Boba Fett, un drôle de Chewbacca, un R2D2 grandeur nature, des escadrons et l'Etoile Noire en Lego, un Stormtrooper qui vous surveille (Marilou n'a pu s'en empêcher!), des droïdes en pagaille, des sabres laser... Il ne manquait plus que des cosplayeurs déambulant dans le salon en tenue de Chewbacca pour être encore plus dans le rythme.

IDA (17) Chewie tu as une drôle de tête aujourd'hui

Chewie t'as vraiment pas une gueule de porte-bonheur!

IDA (18) R2D2 est avec nous

R2D2 prêt à vous accueillir.

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Attention le stormtrooper surveille toute homme entrant en contact avec l'Etoile de la mort.

IDA__21__L_esquadron_de_la_mort_pr_t___partir

L'escadron de la mort est prêt à entrer en hyper-espace.

IDA__23__Le_monstre_du_Retour_du_jedi_est_sorti_de_sa_caverne

Il est enfin sorti de sa grotte!

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Star Wars version lego. 

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Rencontre entre Marilou et un stormtrooper. 

L'autre grosse partie de la convention tenait énormément sur les Tortues ninjas. Aussi surprenant que cela puisse paraître un grand nombre de figurines voire carrément un stand était consacré entièrement aux créatures crées par Kevin Eastman et Peter Laird, certaines reprenant même les visuels des premiers comics. Il y avait les différents modèles petits comme grands, avec maquettes ou véhicules assortis. Sans compter la vente de livres consacrés aux héros de notre enfance récemment pas très bien rebooté par Jonathan Liebesman.

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Une des nombreuses excentricités des collections de jouets. Voici donc la Fiancée de Frankenstein!

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Non je crois que c'est plutôt Raphael.

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Le paradis des tortues!

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Pour partir au combat, autant bien être équipé.

Voilà une belle rencontre que voilà. Votre bon Borat a rencontré Greg Lé, un artiste dessinateur, storyboarder et créateur d'affiches. Mes camarades et moi avons eu la chance de nous entretenir avec lui pendant plusieurs minutes. Je lui ai alors posé des questions à propos de son implication sur le film Aux yeux des vivants du duo Bustillo-Mauri, reconnaissant très rapidement l'affiche qui avait fait la part belle du magazine Metaluna (au fait quelqu'un sait si le mag est mort, car ça fait depuis août que rien n'a été publié?), dont la partie cinéma était productrice. Il nous a alors évoqué qu'en dehors de l'affiche (qui fut modifiée pour ne pas trop dévoiler le visuel du boogeyman et ce malgré l'affiche ci-dessous), il avait aussi travaillé sur des concept-arts de scènes particulières et s'est aussi occupé de la BD que lisent les jeunes personnages (et ce malgré le peu d'apparition du bouquin) s'inspirant comme je le pensais du Creepshow (en sachant que Stephen King est aussi cité avec Stand by me et ça) mais aussi des Contes de la crypte. Greg Lé nous a aussi dévoilé d'autres de ses visuels dont certains sont présents ci-dessous. J'ai aussi appris qu'il s'occupait des soirées bis du Scala, le cinéma d'art et d'essai de ma ville de Thionville. Ou quand Réanimator cotoie Le retour des morts-vivants et Leatherface un James Woods pris la main dans le ventre.

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L'auteur et son oeuvre.

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L'animation japonaise avait aussi une place de choix, voire même parfois supérieure aux autres. Il faut dire que s'il y a une fanbase en général, c'est toujours pour les séries de notre enfance. Et dans ce genre, les 80's et 90's ont été forte pour amener l'animation japonaise à l'omniprésence qu'elle a actuellement que ce soit à la télévision ou au cinéma. Ainsi, on a pu voir du Goldorak (à moto notamment s'il vous plaît! Dans l'excentrisme, on a rarement fait pire!), Ghost in the Shell Stand Alone Complex (avec ce bon vieux Tachikoma, ce robot tout mignon qui a une voix de gosse), Cowboy Bebop (avec le sublime vaisseau de chasse de Spike Spiegel), Evangelion (avec mecha et la jolie Azuka), les Gundam, les Chevaliers du Zodiaque et même Hayao Miyazaki était présent avec l'hydravion de Porco Rosso et le Château ambulant.

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Goldorak à moto, ils avaient de l'inspiration les fabriquants de jouets...

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Le vaisseau de Spike Spiegel, indétrônable.

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Ghost in the shell était aussi de la partie avec Tachikoma.

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Azuka d'Evangelion.

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Invasion Gundam!

IDA__64__Miyazaki_peut_encore_faire__r_ver

 

Même Miyazaki a droit à son hommage.

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Les Chevaliers du Zodiaque.

Avant d'enchaîner sur la rubrique "En vrac", parlons jeux-vidéos. A la fin de notre expédition, nous sommes tombés sur des jeux-vidéos d'arcade. Marilou, Sohayb et Aymeric se sont cassés les dents sur Street Fighter 2; Aymeric, Marilou et moi avons fait des excès de vitesse pour draguer des filles dans Out run (c'est d'ailleurs moi qui avait fait le meilleur score il me semble); et quand Lou défonçait tout à Sonic, votre cher Borat se prenait barillé sur barillé à Donkey Kong. On appelle ça se prendre une fessée déculottée.


En vrac!

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Et oui, même lors d'une convention, il faut que ces foutus clowns tueurs de l'Espace s'incrustent!

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Pas de Godzilla, mais indéniablement les jaegers et les kaïjus étaient aussi de la partie.

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Musclor n'a jamais été aussi classe.

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Skeletor sur la table d'opération.

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Le kiff de tous les fans de jeux et de Nintendo 64: Mario Kart 64 (que ma cousine m'avait montré avec bonheur), Donkey Kong 64, Perfect Dark, Super Mario Bros 64 (auquel j'ai joué sur DS, qu'est-ce que c'est bon mais dur!), GoldenEye (où je me suis fait démonter des tonnes de fois), Ocarina of time, Diddy Kong racing, V Rally, Banjo-Kazooie, Duke Nukem 3D... On peut pas test parfois...

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Pez forever!

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Tenacious D!

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Le Docteur Who de Matt Smith était là le temps d'un dessin.

 

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On a vu le nouvel Avengers, Age of Ultron!

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Link au centre d'Hyrule.

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Quand Spider-man rencontre Kiki...

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Dans le genre insolite, des poupées de Batman et Robin.

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Le film allemand Star Cruiser a eu droit à un beau panel aussi.

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Hill Valley comme si vous y étiez.

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Reconnaitrez-vous les personnages de Retour vers le futur

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"J'aime les chats!"

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Robocop tatada!

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Marilou et ce bon vieux Moundir (fort sympathique au demeurant) réunis le temps d'une photo. Manque plus que l'ami Denis et là c'est l'immunité pour mille ans!

Allez à la semaine prochaine!

18 novembre 2014

101 daubes II le retour

Cruella d'Enfer est guérie mais son avocate n'en est pas vraiment sûre. Malheureusement la rechute arrive et Cruella prend pour cible les chiens de son avocate...

102 dalmatiens : affiche

John Hughes n'est plus rien après 2000, la faute à un flop rententissant aussi bien artistique que commercial confirmant qu'il était vraiment dans le noir depuis un bon moment. Alors quand Disney annonce vouloir produire une sequelle au remake live des 101 dalmatiens, autant dire qu'il n'est pas convié aux affaires. 102 dalmatiens est désormais en route avec à la réalisation Kevin Lima qui s'était chargé du final de La bande à Dingo (le film Dingo et Max) ou de Tarzan. Quant au casting initial, il ne reste plus que Glenn Close et son majordome incarné par Tim McInnerny. Pour le reste, on retrouve Ioan Gruffudd, Alice Evans (toujours ensemble, comme quoi le piètre Mr Fantastic et l'amante de Chevalier dans Ma femme s'appelle Maurice se sont bien trouvés!) et notre Gégé national! Le film a plutôt bien marché mais pour ce qui est du reste, le film s'est fait totalement démonté. J'ai eu à la fois le chic de le voir le jour de sa sortie nationale mais aussi de l'acheter plusieurs années après en sachant pertinemment que ce n'était pas bon. C'est donc ainsi que je l'avais revu l'an dernier avec des potes, histoire d'assouvir nos rencontres nanardes-naveteuses. 102 dalmatiens fait définitivement partie de ces purges de chez Disney totalement impardonnables et insupportables.

 En un mot: IMMONDE!

On se demande même comment les exécutifs du studio ont pu laisser passer une horreur pareille. Voilà donc le spectateur embarquer dans un asile de fou à faire palir le Stanley Kubrick d'Orange mécanique, où les opposés s'aiment: le lapin et le chien de chasse, le renard et la poule et évidemment Cruella et les dalmatiens.  La voilà guérie de sa haîne envers les chiens. Evidemment son avocate a le chic d'avoir des dalmatiens. Evidemment il semble que ce soit des descendants de Perdita et Pongo (ce qui n'est jamais évoqué bien évidemment, mais leur haîne envers cette femme est palpable avant même qu'elle ne redevienne folle). On laisse alors pendant quelques temps Cruella en mode WTF faisant la foldingue dans des salons pour chiens et fait des oeuvres de charité; quand son avocate s'amourache d'un patron de chenil à la ramasse faisant des combats de cordes avec des chiens! Chers scénaristes, ça va? La moquette est bonne dans les quartiers de Burbank? Mais attendez le film va encore plus loin dans le ridicule avec le personnage de Depardieu nommé Jean Pierre Le Pelt. Ils auraient mis Jean-Marie à un an des présidentielles cela aurait été encore plus fin. Une sorte de clone foireux et barbu de Jean Paul Gaultier qui se balade dans un merveilleux caleçon léopard avec la queue derrière!

Dans le genre image qui marque au fer rouge, cela se pose là. En sachant que l'ami Gégé n'apparaît qu'après la rechute de Cruella, ce qui doit durer au moins plus de quarante minutes avant de le voir, alors qu'il est second crédité sur l'affiche! Tout dans le look de Gégé est immonde que ce soit ce caleçon que même Gaultier n'aurait pas osé faire. On dirait une sorte de rock star mélangée à du Gaultier et son personnage dans Tenue de soirée sans aucun style. Comme on dit il faut parfois payer ses impôts surtout Gégé! Le film reprend donc les grandes lignes de son prédecesseur sans rajouter un grand nombre de lourdeurs qui le rend encore plus agaçant. Il n'y a qu'à voir la récupération à peine voilée de La belle et le clochard pour un gag à peine pas prévisible. Si Glenn Close pouvait paraître encore correcte sur le précédent film, là c'est vraiment la catastrophe en puissance. Elle cabotinne, hurle et surtout use de mimiques absolument affreuses. Pareil pour le reste du casting qui est absolument lamentable. On doit même se taper un perroquet qui n'arrête pas de jacter. Si en VO on a Eric Idle, en VF on a Eric Métayer. Ben merde alors...

Une bouse infâme qui réussi à être encore pire que son aîné.

17 novembre 2014

101 daubes

Roger est un concepteur de jeu-vidéo rencontrant Anita. Le couple se marie et leurs chiens respectifs tombent amoureux. Mais la patronne de Cruella d'enfer cherche à tout prix à avoir un manteau avec les petits dalmatiens et les kidnappent...

 Pourquoi le fait que ce film soit sorti à Thangsgiving ne m'étonne pas?

John Hughes est définitivement fini en 1996. Il n'a plus réalisé depuis 1993 et ce fut un flop (La p'tite arnaqueuse), ses productions pour la Fox ou Universal (qui lui avait tant porté chance quand il était réalisateur) sont de pures bouses. Voici donc venir Disney dans l'échiquier qui lui fait produire et scénariser deux films à nouveau très grand public: Les 101 dalmatiens (1996) et Flubber (1997). Les 101 dalmatiens est bien évidemment un des premiers remakes lives d'un classique du patrimoine Disney et ce bien avant Alice au pays des merveilles, Maléfique ou les futurs Cendrillon, Le livre de la jungle, Peter et Elliot le dragon et Dumbo. Un beau casting par la même occasion avec Glenn Close, Jeff Daniels, Joely Richardson, Hugh Laurie et Mark Williams. Le film sera un gros succès il faut bien avouer, engendrant même une sequelle (sans John Hughes chanceux quand même, sinon cela aurait donné une purge de plus à son CV) dont je vous parlerais une prochaine fois. Il faut aussi dire que l'aura du classique des studios Disney a surement fait beaucoup dans le succès de ce remake avec de vrais acteurs et de vrais chiots.

Pas besoin de rappeler l'histoire connue de tous (ou au moins ceux qui ont grandi avec les films Disney), le film reprend les grandes lignes du film d'animation même s'il modifie légèrement sa fin (pas de crash de voitures pour ainsi dire, mais une situation tournant rapidement au portnawak comique à deux balles). Hughes a cependant changé des choses, 90's oblige. Ainsi, Roger n'est plus un saxophoniste qui casse les oreilles à ses voisins mais un concepteur de jeu-vidéo. L'ami John n'est pas allé très loin. Quant à Anita, elle est toujours dans la mode et a pour patronne cette bonne vieille Cruella d'Enfer qui cette fois-ci est flanquée en plus d'un majordome. Evidemment, les costumiers et autres maquilleurs ont bien arrangé Glenn Close pour qu'elle soit au combien immonde, que ce soit avec sa coiffure noire et blanche toujours aussi pétaradante ou une garde-robe qui l'est tout autant. Il n'est donc pas étonnant que l'actrice des Liaisons dangereuses (admirez le paradoxe dans une critique d'un film familial!) s'en sort encore bien de cette affaire (on peut même dire que cela a bien pimenter sa carrière à ce moment précis), malgré une certaine tendance au cabotinnage par moments.

Pour ce qui est du reste en revanche, cela a bien du mal à suivre. La faute à un script confondant aventure et comédie sans atteindre ni l'un, ni l'autre. Ce qui marchait notamment dans le film d'animation était que les chiens voire les animaux communiquaient ensemble par la parole, ce qui en soi en faisait un anthropomorphisme. Mais en live, ceci est bien plus difficile, surtout en matière de crédibilité. Surtout qu'au contraire du film ici présent, c'étaient les chiens qui étaient mis en avant, pas leurs maîtres et encore moins les Hommes (bon à part le trio diabolique qui restait en soi des seconds-rôles). Or, là on a souvent l'impression que c'est cela et les personnages sont peu intéressants. Horace et Jasper sont par exemple terriblement lourds. Là où dans le dessin-animé, la rigolade était assurée avec deux imbéciles pareils dont l'engagement par la diabolique Cruella restait un mystère pour tout un chacun; ici ce sont deux banales sidekicks de la diva que l'on réduit bêtement à s'électrocuter sur une ligne à haute tension. Et si possible en passant par les bijoux de famille (décidément John, on peut dire que tu aimais ça dans les 90's entre Bébé part en vadrouille et Home alone 3). Sinistre d'en arriver là...

Un sinistre remake devant énormément à Glenn Close, car sans elle, il n'y aurait clairement rien à sauver de cette comédie familiale balourde.


Les 101 Dalmatiens ( bande annonce VO ) par love_marie

14 novembre 2014

Cuvée première séance, première séquence

"La lumière s'éteint déjà, la salle est vide à pleurer. Mon voisin détend ses bras, il s'en va boire un café. Un vieux pleure dans un coin, son cinéma est fermé. C'était la dernière séquence, c'était la dernière séance et le rideau sur l'écran est tombé." C'est ainsi qu'Eddy Mitchell terminait sa chanson La dernière séance en 1977, devenue ensuite une émission phare de la troisième chaîne de votre télécommande (si tout va bien). Car si le Borat n'en est heureusement pas à sa dernière séance, ni à sa dernière séquence vue, il n'en reste pas moins qu'au cinéma il a bien failli commencer par quelque chose. Ainsi cette cuvée nostalgique, autobiographique, ringarde, vieillote, qui a pris du plomb dans l'aile sera consacrée à la première séance au cinéma de ce bon vieux Borat et il va essayer tant bien que mal de restituer ce qu'il s'était passé. C'était en janvier 2000, ne me demandez pas la date je ne m'en souviens plus mais sachez qu'une semaine ou deux j'allais voir Toy Story 2 avec le centre aéré à sa sortie nationale, donc oui cela devait se situer fin janvier. Le Kinépolis de Thionville (ou plutôt Veymerange, l'hypocrisie étant toujours de mise!) venait d'ouvrir depuis décembre 1999 et je n'y avais pas foutu les pieds une seule fois, ni dans un cinéma. Le Kinépolis a foutu en l'air le Paris, cinéma en plein centre-ville tandis que le Scala est devenu un cinéma d'arts et d'essai (ce qu'il est toujours tout en ayant pris la place du... Paris!).

Un énorme multiplexe comportant également deux restos et un bar. Je n'avais jamais vu cela, le cinéma se résumant alors du haut de mes cinq ans (bientôt six) à ces bonnes vieilles VHS (dont la plupart marche toujours). Je connaissais déjà le principe des bandes-annonces présentes sur les VHS, mais sur grand écran c'était bien plus fun. La séance commençait alors ainsi:


LES BANDES-ANNONCES


Commençons par Anna et le roi. Un film mettant en scène Jodie Foster face à Chow Yun Fat en Siam, aujourd'hui Thaïlande. Plus tard, j'apprendrais que ce fut le remake du film ayant donné l'Oscar à Yul Brynner, mais aussi en regardant les bandes-annonces sur les VHS Warner que le film avait un concurrent animé ni plus, ni moins. Décidément, le film concurrent ne date pas d'hier et aussi bien en live qu'en animation. Je n'ai ironiquement vu aucun des trois (et pourtant j'aime bien Yul Brynner et Jodie Foster). Une grosse production de la Fox, sentant bon l'académique grandiloquent.

Puis voici venir une autre production de la Fox, beaucoup plus attendu cette fois-ci. Imaginez le réalisateur anglais phare des 90's rencontrant la star du plus gros succès de tous les temps et deux jeunes espoirs du cinéma français. Il n'en fallu pas beaucoup pour échauffer les tabloïds d'autant que certains murmuraient que l'amerlocke allait avec la jolie française. Ce film est bien évidemment La plage de Danny Boyle véritable pétard mouillé du début 2000. Ce qui m'avait marqué principalement (ayant cinq belles petites années, le sex-apeal de miss Virginie Ledoyen ne me faisait aucun effet) c'était la chanson de Vast, Touched, qui se trouvait dedans (mais pas dans le film ce qui est fort dommage) et notamment à cause de ses choeurs très particuliers (d'autant que l'on n'entendait que ça). Au final, j'aurais vu le film bien des années plus tard sans en avoir jamais eu un souvenir aussi flatteur. Après le pitoyable Une vie moins ordinaire, Boyle finissait les 90's sur une note désastreuse. J'ai essayé de le voir une fois sur NRJ12 (prémonitoire?) mais j'avais été poussé dans le sommeil par une vicieuse fièvre. J'avais donc entrepris de le revoir en entier. Mal m'en a pris de le voir un soir en streaming (à l'époque où Megaupload était encore au top) et de passer 1h30 merdique après une demi-heure de film franchement sympathique. Le genre de film qui atteint son but en une demi-heure et ne sait plus quoi dire après.

La Plage : Affiche

Ah si se ridiculiser. A un moment, Leonardo Dicaprio regarde Apocalypse Now, alors à un moment il devient un peu comme Kurtz et encore mieux fait le chat! On retiendra également la merveilleuse scène jeu-vidéo même pas digne de la Playstation! Bon on gardera tout de même que la miss Virginie assure en bikini bleu!

Dernière bande-annonce du lot ou alors je l'ai vu très souvent durant cette période, c'était celle de Titan AE de Don Bluth et Gary Goldman. A cette époque, je connaissais déjà Don Bluth et son acolyte par Fievel et le nouveau monde, The land before time, Anastasia et son spin-off désastreux Bartok le magnifique, mais je n'aurais jamais pu lier ce nom à ses films. Tristesse car la plupart de ses films sont à figurer dans les top animation et Bluth est un des meilleurs réalisateurs dans le domaine de l'animation. Titan AE restera sans espoir son dernier film tant le flop fut grandiloquent. La bande-annonce ne dévoilait que des chansons sur une chanson typiquement pop rock comme la bande fm sait en créer (un peu trop même). Et les images pour l'époque était plutôt intéressante, d'autant qu'à cette époque, Star Wars m'était inconnu (je ne découvrirais l'existence de la saga que dans une pub allemande avant d'acheter La menace fantôme en septembre 2000). Au vue des rares propositions de SF et surtout space-opera au moment de sa sortie, Titan AE aurait pu marcher. Il ruinera Fox Animation et lui fera fermer ses portes. Au final, je le découvrirais en VHS l'année suivante (le film sortira en octobre chez nous), devenant même une de mes dernières VHS phares avant de le réévaluer ces dernières années.

Titan A.E. : photo

Une production qui a vieilli pas aidée par un mélange pas assez homogène entre animation traditionnelle classe (le trait de Bluth est comme toujours reconnaissable) et images de synthèse. Sans compter un récit pour le moins bâclé et un brin déjà vu. Il n'en reste pas moins que le film me paraît encore sympathique, peut être à cause de mon attachement pour Bluth et aussi parce que ce film ne fait pas de mal à une mouche et ne mérite certainement pas le fardeau qu'il s'est forgé. Et maintenant passons aux sacro-saintes...


LES PUBLICITéS


 

A cette époque, j'ai eu au combien de la chance, il n'y en avait pas plus que les bandes-annonces, tout du moins à mon sens. A l'heure où je vous parle, les bandes-annonces sont tellement diffusées sur la toile qu'au final les exploitants misent tout sur les sponsorts. C'est vrai que ce n'est pas comme si les multiplexes ne se faisaient pas assez de publicité à l'intérieur de leur complexe à coup de Coca Cola et autres Miko, quand ce ne sont dorénavant pas un stand pour goodies! Mais à l'époque, même les pubs avaient le mérite d'être sympa. C'est notamment le cas de cette pub Miko que j'avais il me semble vu à l'époque. Les anges qui se foutaient sur la tronche à coup de pistolets Cornetto c'était tout de même fun surtout sur Tom Jones. J'avais une autre pub en tête, celle de Miko avec la chanson True. Encore un truc de séduction où un couple se fait autour d'une glace. Malheureusement, je n'ai pas pu vous la trouver (déjà que j'ai galéré pour la première), alors pour compenser petit rappel musical pour que vous chers amoureux vous puisiez danser un slow, que les mecs tout seuls comme Borat puisse se permettre un moment séduction merveilleux et que les âmes amoureuses se rencontrent bien évidemment. Tout de suite, True de Spandau Ballet.

Et évidemment que serait une séance de cinéma sans ce bon vieux Jean Mineur, sa veste bleu, son chapeau et sa foutue pioche de Médiavision. Une agence pour que les publicitaires puissent s'exposer au cinéma, ce qui franchement relève de l'euphémisme le plus complet. Mais au moins le spot était cool avec son Jean Mineur partant de l'Espace et arrivant sur Terre en surfant sur une pellicule avant de rejoindre le premier cinéma et de défoncer l'écran avec sa foutue pioche pour que Richard Darbois (enfin il me semble dans cette version phare et restée très longtemps dans les cinémas) entonne le fameux numéro avec notamment son final "0001"! Il y a quelques modifications principalement pour la pub de marques (ironie!), mais la dernière version est selon moi franchement pas belle et très ridicule. 


 

LE SON


 

Avant chaque film vous aviez autrefois soit le spot pour THX, soit celui pour le Dolby Digital. Dorénavant c'est Dolby qui s'en occupe avec son fond type aquatique, mais autrefois c'est soit l'un soit l'autre, soit parfois les deux, ce qui s'avère au combien improbable. En 2000, il y avait ce spot là, mais il y en a eu d'autres comme ceux avec le petit ingénieur et sa boîte à meuh. J'y reviendrais probablement un jour dans ces colonnes, ayant toujours trouvé les pubs THX plutôt sympas quoique violentes pour les oreilles. Pareil pour Dolby dont celle-ci et son canyon me paraît la plus classe. Je me souviens que pour un gamin, ça vous explosait les oreilles au premier rabord. Comme une sorte de rituel.


 

LE FILM


 

Bien évidemment, vous le savez depuis longtemps mais il fallait bien le rappeler. Tarzan fut mon premier film vu au cinéma, un événement en soi, car la première fois que je voyais un film au cinéma dont les premières images m'ont été montré sur VHS. Je savais donc à quoi m'attendre. Une expérience qui m'a donné envie d'y retourner et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui même où ma dernière séance fut Interstellar et d'ici ce soir la restauration 4K de Ghostbusters (je sais, le Borat est un salaud qui vous fait systématiquement saliver!). Même s'il n'est pas parfait, on n'oublie jamais son premier film. Sur ce, je vous quitte sur les bonnes paroles de ce cher Eddy car il n'y a que ça de vrai! Allez à la semaine prochaine!

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11 novembre 2014

Hurler, hurler contre la mort de la lumière...

L'Humanité est en passe de nourir suite à des ressources naturelles épuisées ou en passe de l'être. Une mission de la dernière chance est envoyée dans l'Espace afin de trouver un territoire propice à la recolonisation. Parmi eux, Joseph Cooper un pilote ingénieur laissant sa famille derrière lui...

Interstellar (affiche Imax)

En 1997, la productrice Lynda Obst et l'astrophysicien Kip Thorne avaient collaboré sur Contact de Robert Zemeckis. Un film où Jodie Foster communiquait avec les extraterrestres par des signaux, tout en faisant voyager entre le temps et l'Espace via un circuit. En 2006, le duo se reforme pour monter le projet Interstellar partant des théories de Thorne sur les trous de verre, Jonathan Nolan s'occupera du premier jet pour 2008 et cela doit être le prochain film de Steven Spielberg après Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Spielby est enthousiaste au possible: "Le vortex est un concept qui m'a époustouflé et dont je n'avais pas connaissance. Mon père est un astrophysicien amateur alors je l'ai emmené avec moi à une table ronde avec certains des plus grands physiciens informatiques, astrophysiciens ou psychologues du comportement et le sujet m'a tout simplement emballé. Ce doit être l'influence de mon père et de tout ce que j'ai pu ire au fil des ans" *. Le scénario de 2008 qui a depuis fuité a finalement peu à voir avec le film à venir, évoquant robots malfaisants (et chinois par ailleurs), scène de sexe dans l'Espace (ou quand le voeu de Rob Lowe dans Thank you for smoking se concrétise!), extraterrestres, temps qui passe et pessimisme ambiant (**). A ceux croyant que Spielby aurait donner plus d'émotions peuvent aller se rhabiller: on est plus dans La guerre des mondes que dans ET

Interstellar : Photo Mackenzie Foy, Matthew McConaughey

Spielby lâche l'affaire en mars 2013 (tout du moins l'annonce tombe là mais on se doute que le réalisateur a lâché l'affaire bien avant) et laisse sa place à Christopher Nolan. Un grand réalisateur donne le flambeau à un réalisateur talentueux auquel Warner a donné sa totale confiance depuis Insomnia (tous ses films post-Insomnia sont sous l'égide de Warner, y compris ses productions). Jonathan reste au scénario mais l'histoire change radicalement dans le ton. Le pessimisme est toujours là mais les thèmes et les éléments sont différents (exemples: Murph devient une fille nommée Murphy, pas de robots chinois, pas d'extraterrestres). Le casting n'ayant pas été fait sous Spielby, Nolan a sorti aussi bien les petits nouveaux que les habitués: Matthew McConaughey (déjà de l'aventure Contact), Anne Hathaway (la merveilleuse Catwoman), Jessica Chastain, Casey Affleck, Mackenzie Foy (ou comment passer de Twilight à Nolan!), Michael Caine (toujours là au bout six films ensemble), Wes Bentley et John Lithgow. Tout cela pour un film tout de suite taxé de "2001 de Nolan", "son premier film émouvant", "chef d'oeuvre"... Il est temps de mettre les choses au clair. Interstellar se pose comme une brillante alternative à des films comme 2001, Contact et même en soi Sunshine (certains citeront Le trou noir et L'étoffe des héros mais je ne les ai pas vu). Moins froid que le film de Stanley Kubrick (ce qui n'est évidemment pas une critique), mais se rapprochant de lui tout comme il s'oriente vers la bienveillance d'un Robert Zemeckis made in 97.

Interstellar : Photo Anne Hathaway

Le film se déroule en trois parties bien distinctes: l'anticipation, l'exploration et la réflexion. Elles sont segmentées suffisamment bien pour que l'on fasse la différence entre chacune d'entre elles. Le premier plan parle pour lui: une navette, de la poussière sur une étagère, de la poussière qui tombe. Le problème est environnemental (la poussière dézingue les cultures au point que la Terre n'a plus de ressources valides en vue), la solution viendra du ciel (la navette). En un plan, Nolan présente par symboles ce qui va suivre. Le point de vue n'est pas celui d'un scientifique impliqué dès le début dans le projet, mais un ancien ingénieur et pilote  nommé Cooper (McConaughey) tombé par hasard dans un projet trop gros pour lui. C'est par sa famille et lui que le spectateur va découvrir ce qui est arrivé à notre chère planète Terre: le soleil est toujours là mais les cultures partent en fumée et la poussière asphixie petit à petit la population, au point d'entraîner des maladies mortelles (on pense notamment au fils de Cooper incarné adulte par Affleck). En peu d'éléments et exemples (une chasse au drone dans des cultures à la ramasse, une réunion évoquant aussi bien le passé du héros que l'impossibilité pour son fils de faire des études en passant par des remaniements douteux de manuels scolaires, un match de baseball interrompu par une tempête, de la poussière partout dans la maison), tout est balisé pour que le spectateur comprenne la situation et puisse voir que tout cela est fort probable. D'où le terme d'anticipation.

 Interstellar : Photo Casey Affleck, Jessica Chastain

Le film n'a rien de compliqué dans ses termes, le langage étant suffisamment compréhensible à chacun et les fans d'astrologie risquent d'y trouver leur compte. En tous cas, le film se révèle bien moins compliqué qu'Inception qui s'enfermait beaucoup trop dans des explications alambiquées et peu intéressantes. Interstellar est d'ailleurs bien plus terre à terre. La technologie n'est qu'un accessoire pour permettre un voyage terriblement humain où l'inconnu peut avoir des conséquences désastreuses et où un père doit quitter sa famille pour en sauver des millions d'autres. C'est aussi pour cela que beaucoup de spectateurs évoquent un "Nolan plus sentimental que d'habitude". En développant la relation père-fille, les Nolan (n'oublions pas son frère Jonathan au centre du projet depuis ses débuts) dévoile un véritable drame familial en pleine science-fiction. Le voyage de Cooper commence sur une dispute entre lui et ses obligations et sa fille et sa volonté qu'il reste. Une dispute fatale et d'une certaine tristesse (certains diront larmoyante) qui mettra en berne ce qui va suivre: un père et sa fille cherchant à tout prix à se revoir et cela malgré le temps. Une thématique qui tient sur tout le film car Cooper cherche à tout prix à retrouver sa fille. C'est si on peut dire le leitmotiv du film, car l'avenir de l'humanité tient dans cette génération, la suivante étant vouée à mourir jeune (le cas d'Affleck est une horreur à lui tout seul).

Interstellar : Photo

L'exploration s'avère sensorielle au possible, Nolan nous emmenant vers l'inconnu avec les bons outils. Il a la brillante idée d'insérer le spectateur dans l'action par des caméras embarquées sur le vaisseau. Une impression d'immersion totale d'autant que le visuel est irréprochable et souvent impressionnant. Le passage dans le trou de ver (passage spatio-temporel pouvant mener à différents mondes et à la création inconnue) est par exemple un véritable moment de sensations fortes, emmenant le spectateur dans une véritable euphorie visuelle où Nolan se fait plaisir. En soi, la qualité des séquences spatiales est indéniable. On peut aussi noter la géniale transition où la personne sur l'écran prend subitement forme de l'autre côté, faisant en soi rappeler la séquence miroir de Contact. A cela rajoutez quelques notes d'humour salvatrices entre Cooper et TARS entre plusieurs moments dramatiques. Mais le film prend des élans inattendus dans sa troisième heure. (attention spoilers) Tout d'abord en virant au huis clos de manière violente et percutante. Par huis-clos je parle aussi bien de l'Espace que de la planète. En soi, le film n'est pas sans évoquer Sunshine à ce moment-là (sans toutefois faire exactement la même chose). Mais c'est bien évidemment la partie réflexion qui prend une grande place. Alors qu'on le croit que le film va se finir là-dessus, Nolan part dans une direction très kubrikienne et pas loin de Zemeckis (dans le principe du circuit et de la relation père-fille notamment très importante afin d'emmettre un... contact).

Interstellar : Photo Anne Hathaway, David Gyasi, Matthew McConaughey

Certains éléments prennent un drôle de sens avec ces tunnels rappelant à la fois 2001 (et ses visions hypnotiques amenant à une renaissance impressionnante) et Inception (dans la configuration, cela fait penser aux scènes avec Joseph Gordon Levitt navigant dans un bâtiment sans gravité). Le principe du temps est symbolisé à la fois par les lignes et la fameuse montre qu'a donné Cooper à Murphy. Ce lien prend alors tout son sens jusqu'à un final émouvant, confirmant que les Nolan ont signé un film sur l'amour qu'il soit entre un père et sa fille et celui plus platonique prenant purement sens dans le final. En soi, c'est peut être la partie qui tient le plus d'influence avec le film de Kubrick, mais de là à les comparer il y a un pas que je ne franchirais pas. (fin des spoilers) Pour ce qui est des acteurs le casting est assez irréprochable à commencer par l'équipage et notamment le duo McConaughey-Hathaway (et oui, Nolan doit lui porter chance) en passant par Jessica Chastain. On regrettera néanmoins le rôle peu étoffé du fils, les Nolan privilégiant la relation père-fille. La musique de Hans Zimmer joue énormément sur les orgues et les "brooms" sont un peu plus calmes que d'habitude. Ce qui est en soi un bonheur musical. Rien de mieux quand Zimmer arrête avec ses bruits de taule qui lui sont tellement critiqués.

Interstellar : Photo Anne Hathaway, Matthew McConaughey

Un magnifique film d'anticipation avec un beau suspense et un drame familial d'une grande tristesse. L'Espace n'a pas fini de nous faire vibrer.

 


 

* Propos recueillis dans Cinemateaser numéro 38 (octobre 2014).

** Voir http://lestoilesheroiques.fr/2014/11/interstellar-resume-scenario-2008-script-differences-modifications.html où se trouve également un lien vers le scénario original.

 

10 novembre 2014

John Hughes en vadrouille

Un bébé est kidnappé par trois bonhommes mais réussi à s'échapper dans les rues de New York, n'hésitant pas à maltraiter ses agresseurs...

Avec le succès de Maman, j'ai raté l'avion et Beethoven, John Hughes devient un producteur prolifique et rentable mais n'attire pas la qualité. En 1993, il se lance dans une production familiale pas loin de Home alone dans son concept, Bébé part en vadrouille ou Baby's day out en VO. A la réalisation, un certain Patrick Read Johnson qui scénarisera par la suite Coeur de dragon (qui par ailleurs aura une nouvelle suite DTV l'an prochain, soupirs...) et en sachant que Chris Colombus est également producteur de la chose. Devant la caméra quelques têtes connues: Joe Mantegna mafioso buté au milieu du Parrain 3 avant de devenir le chef de la série Esprits criminels, l'éternel second-rôle Joe Pantoliano et Brian Haley fils ingrat de Clint Eastwood dans Gran Torino sont les kidnappeurs de pacotille; l'une des mégères de Sex and the city Cynthia Nixon; et Lara Flynn Boyle passe de lycéenne à croquer de Twin Peaks à mère de famille (!). Vous l'aurez donc compris assez facilement: kidnappeurs/voleurs, maman cherchant son gosse et le gosse en question qui fait la nique aux malfrats, soit les ingrédients de Home alone. On ne change pas une recette qui marche, mais en l'occurrence on s'en serait bien passé tant elle est répétitive au possible. 

Au bout d'un film, le concept était déjà éculé et manquait de nouveautés. Avec Bébé part en vadrouile c'est exactement le même syndrome. Le scénario de John Hughes consiste quand même à regarder bêtement un bambin mener à la baguette trois kidnappeurs à la manque durant 1h30. Surtout au vue de certains plans, on s'étonne de voir un bébé gambadant seul à quatre pattes dans les rues de New York sans que cela n'attire l'attention! C'est vrai que c'est terriblement normal de voir un gosse abandonné s'incrustant dans des taxis ou d'attérir sur un chantier! Je sais bien que nous sommes au cinéma, mais il est incroyable de voir un script aussi improbable qu'incohérent. Surtout que la mère prend en main les recherches avec la police, il serait en soi logique qu'une personne puisse le reconnaître activement. Mais non, rien à l'horizon et nos trois kidnappeurs peuvent courir après sans être une seule fois inquiétés alors qu'ils ont chacun un casier! Mais encore une fois ce n'est pas grave, ce n'est pas comme si les médias ne diffusaient pas la photo du gosse par la même occasion!

Il en reste que le film ne dure pas longtemps, mais le film est d'une nullité affligeante. Au niveau des péripéties, le film délivre l'équivalent de ce qui arrivait aux pauvres Joe Pesci et Daniel Stern dans les Home Alone: les pires coups sont les meilleurs, même commis par un bébé de neuf mois. Vous l'aurez donc compris: il n'a pas encore la parole mais vous avez terriblement envie de le baffer! Joe Mantegna en bon leader est bel et bien celui qui déguste le plus et par la même occasion cabotinne et grimace le plus. Il faut le voir au début en faux-photographe avec une perruque longue à bouclette et un bérêt. Ou alors dans la scène du banc où le bébé sur ses genoux et sous une veste lui brûle les roubignoles avec son briquet! Une scène qui ressemble à un vieux gag pas drôle qui sera en partie réinséré dans Maman, je m'occupe des méchants (on garde les bijoux de famille, on enlève le feu mais on rallume la flamme avec un coup dans les valseuses). Et ne parlons même pas de la séquence du chantier ou avec celle du gorille qui confirme un manque cruel d'inspiration d'un scénariste. Sans compter ce happy-end larmoyant à la limite du mauvais goût en terme de guimauve.

Une production lamentable, complètement improbable et montrant cruellement que la recette Home alone a atteint ses limites.



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