Cine Borat

04 décembre 2016

Séance bourrine entre deux pulsions

Avouez chers lecteurs, l'Antichambre de Borat vous avait un peu manqué depuis quelques semaines. L'occasion pour elle de revenir revigorée et éclatante comme elle sait le faire si bien. Pour les deux du fond qui auraient déjà oublier son principe, il s'agit de trois critiques de films plus courtes que celles proposées dans des articles individuels, mais tout aussi constructives. Au programme: Tom Cruise s'égare; Nancy Allen doit faire face à des pulsions; et le couple Fassbender / Vikander se retrouve entre deux océans. Let's go! (attention spoilers)


 

jack reacher

Que l'on aime ou pas la personnalité (et elle a des sacrées failles) de Tom Cruise, l'acteur est souvent un argument de poids sur un film. Jack Reacher (Christopher McQuarrie, 2012) avait étonné par une structure classique compensée par un sens de la mise en scène subtil et énergique. Tom Cruise ne jouait pas Ethan Hunt comme beaucoup le disaient, mais Reacher cet ancien militaire over the top, ne faisant que passer dansun coin trop brûlant.

La suite de ses aventures était donc attendue, d'autant que la série de romans de Lee Child (1997-) ne comporte que des aventures individuelles (le premier film était adapté du neuvième tome, celui-ci du dix-huitième). McQuarrie délaisse le poste pour Edward Zwick et la différence se voit très rapidement.

En soi, l'histoire même peine à tenir la route, faute de rebondissements dignes de ce nom et avec un méchant sentiment de déjà vu. Le premier avait compensé ça par des scènes d'action nerveuses, celui-ci n'en a quasiment aucune qui ressort. On notera tout de même la traque en plein Mardi Gras et la baston qui s'en suit, mais au final c'est bien peu. Même la course-poursuite n'est finalement qu'utilitaire.

La réalisation quant à elle se révèle très quelconque, voire à la limite du tâcheron, le réalisateur de Blood Diamond ne faisant pas grand chose pour rendre le film plus énergique.

Si Tom Cruise fait le show que l'on attend de lui, il n'en reste pas moins qu'on l'a connu plus inspiré. A cela se rajoute un bon pot de colle qui ne servira pas à grand chose. Un sidekick dont on se serait bien passé. De même, le plan des ennemis est franchement inintéressant et mérite à peine qu'on s'y attarde.

Never go back s'impose davantage comme une série b de luxe que l'on aura vite oublier. Le genre à passer régulièrement sur la TNT en deuxième, voire troisième partie de soirée.


 

pULSIONS

Dans les 80's, Brian de Palma essaye de se défaire de l'influence d'Alfred Hitchcock. Non pas que le réalisateur n'y fera plus des clins d'oeil dans la suite de sa filmographie, mais avec Scarface (1983) il s'apprête à construire son style définitif notamment dans le polar.

N'ayons pas peur des mots, Pulsions (Dressed to kill en vo) se base sur Vertigo (1958) et Psycho (1960). Mais comme on avait pu le voir avec Obsession (1976), De Palma ne fait pas les choses à moitié en tournant une variation et non un remake.

Il réutilise des thématiques utilisées par le réalisateur britannique pour souvent les pervertir un peu plus. Dans Pulsions, le personnage de Michael Caine est ambigu et la réalité autour de ce personnage ne sera abordé frontalement que dans les dernières minutes, au même titre que pour Norman Bates dans Psycho. Sans compter le rêve dans la douche où De Palma peut jouer avec une censure plus souple qu'à l'époque
d'Hitch. De même, le réalisateur fait directement référence à Vertigo dès ses premières minutes, en mettant en scène Angie Dickinson dans un musée au même titre que Kim Novak dans Sueurs froides.

Comme évoqué, De Palma pervertit un peu plus les thématiques. Dickinson rêve d'un adultère (ce qu'elle fera); Nancy Allen (plus sexy que jamais) incarne une prostituée au grand coeur; Keith Gordon en est amoureux mais n'en dira mot; et Michael Caine a un double visage (sa seconde personnalité attaque quand il a des pulsions sexuelles). Comme il le fera sur Body Double avec plus de tact (1984), le réalisateur installe une tension torride autour de ses personnages et charge à base de scènes à suspense saisissantes (la poursuite dans le train anticipe celle de Carlito's way).

Pulsions est encore un film un peu méconnu et la récente sortie en BR devrait l'aider à trouver un nouveau public. D'autant qu'il est amusant que les films un peu désavoués du réalisateur à leurs sorties soient désormais considérés comme des classiques. 


Une vie

On avait laissé Derek Cianfrance sur une tragédie en trois temps (The place beyond the pines, 2012), il revient avec un pur mélodrame. Un pari casse-gueule à l'heure du blockbuster actif et de la science-fiction omniprésente, ce qui n'a pas manqué de se confirmer lors de sa réception en salles ou en festival pas loin du catastrophique.

Le réalisateur du tout aussi génialement tragique Blue Valentine (2010) se serait-il planté dans les bons sentiments? Ou le public ne recherche plus de films pouvant véhiculer énormément d'émotions? On ne serait pas loin de répondre oui à la seconde.

Comme Douglas Sirk à son époque, Cianfrance joue sur une émotion constante avec son couple survivant contre vents et marées, contre des tempêtes physiques et humaines, entre la moralité et la tristesse. Ce qui arrive aux personnages est d'une infinie tristesse et le mouchoir ne sera pas forcément de refus par moments.

Leur acte de garder l'enfant et d'en faire le leur est immoral, mais dans un autre sens ils s'en sont occupés comme de leur propre fille dans un contexte de douleur insoutenable. Leur acte est condamnable, mais leur histoire aide à comprendre pourquoi ils en sont arrivés à cette situation. 

Ainsi, Cianfrance met durablement à l'épreuve son couple, au point d'y aller parfois avec une brutalité foudroyante dans sa dernière partie. Il faudra bien un peu de lumière dans ses dernières minutes pour soutenir un spectateur tout aussi éprouvé depuis deux heures. De même, il ne fait pas de cadeau avec la mère (Rachel Weisz), subissant la douleur d'un mari lynché et celle de n'avoir pu éduquer son enfant.

Le spectre de la Ière Guerre Mondiale est présent chez les deux maris, chacun issu du camp opposé. Un lieu qui les a brisé et dont la rencontre de leur femme respective leur a permis de retrouver le bonheur.

Deux heures de douleurs et tristesse passeraient probablement plus difficilement sans acteurs à la hauteur. Le couple Fassbender / Vikander est d'autant plus fort qu'il l'est aussi dans la vraie vie. La complicité entre eux se ressent dans le film et aide grandement l'interprétation de leurs personnages. Quant à Rachel Weisz, cela faisait très longtemps qu'on ne l'avait pas vu autant en forme. En résultes, un film magnifique et pas larmoyant pour rien et une nouvelle réussite pour son réalisateur.

A la prochaine!


27 novembre 2016

Cuvée Imagemovers

La sortie d'Alliés concorde avec la décoration de son réalisateur en tant qu'officier des Arts et des lettres dans notre chère contrée. D'aucun diront que ce statut n'est pas mérité, mais on peut se demander si cela serait arrivé s'il n'avait pas fait tourner la star nationale Marion Cotillard. Robert Zemeckis est un réalisateur touche à tout, passant du conte de Noël au film d'aventure, du récit nostalgique à la fantasy... Mais aussi un expérimentateur acharné (l'évolution des cgi au fil du temps, la performance capture, le retour de la 3D dans les salles et l'expansion de l'IMAX), un réalisateur sortant encore du lot par des projets cocasses et avec un lot de films cultes restant bien en mémoire. Une bonne partie de ses films ont été abordé dans ses colonnes, parfois même dans la Cave de Borat. La trilogie Retour vers le futur (1985-90) longuement évoquée dans cette rubrique l'an dernier, sommet entre nostalgie, paradoxes temporels et romance à travers le temps. Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988), film d'enfance de votre cher Borat au point d'en avoir usé sa VHS enregistrée, encore aujourd'hui le seul film qui réussit à mixer aussi bien prises de vue réelle et animation. Forrest Gump (1994), portrait d'une partie des USA du XXème siècle à travers les yeux d'un simplet. Ou encore Flight (2012), son retour au cinéma live-action aussi frappant qu'une gueule de bois. Cette cuvée sera l'occasion d'aborder des films non-chroniqués, voire parfois peu mis en valeur et quoi de mieux que dans le plus beau bordel que la blogosphère n'a jamais connu ?

Robert Zemeckis

Pour cela, votre cher Borat va revenir sur ces films selon leur ordre de vision. (attention spoilers) Commençons avec Contact (1997), film que j'avais découvert et peu apprécié très jeune sur France 2, sans connaître son réalisateur de nom (j'étais déjà féru du lapin amoureux de la plus belle des pin-ups). Un film longtemps détesté mais que j'apprécie depuis quelques années (d'autant qu'il est régulièrement diffusé sur la TNT). Quand Robert Zemeckis se lance dans le projet, il est en route depuis 1979. Carl Sagan et Ann Druyan se sont lancés dans l'aventure, s'inspirant notamment des travaux de Kip Thorne sur les trous de verre (le même qui inspira plus tard Interstellar). Peter Guber devient producteur du projet et contacte la Warner en 1982. Voyant que le projet peine à s'imposer, Sagan finit par en faire un roman tout en continuant à développer le film. Quant à Guber, il quitte Warner et prenant la tête de Sony Pictures, espère reprendre ses parts et relancer le film chez Sony. Warner refusera net. Roland Joffé s'intéresse au projet fin des 80's mais le quitte en pleine pré-production en 1993. George Miller s'impose alors et y travaille durant plus d'un an. Un projet selon lui plus expérimental et visuel, moins dialogué que le scénario finalement retenu (il disait en mai 2015 n'avoir pas vu le film de Zemeckis *). Les trous de verre devaient faire voyager la Terre à travers la galaxie et on dit que le pape devait avoir un rôle clé (la croyance restera un sujet phare du projet). Avec le recul, le réalisateur de Mad Max dira que sa version ne serait pas très éloignée du traitement d'Interstellar (Christopher Nolan, 2014).

Contact poster

Preuve que les relations entre la Warner et Miller n'ont pas toujours été au beau fixe (il est loin le temps de Fury Road), le réalisateur est viré par le studio. Certains évoquent un film trop cher, Miller un projet pas assez sûr pour le studio. Miller essayera de faire valoir ses droits, il sera débouté. Idem pour Francis Ford Coppola qui avait travaillé sur un script potentiellement similaire avec Sagan dans les 70's, dont la procédure a été rejeté car trop tardive. Zemeckis, un des premiers choix du studio, entre alors en scène. Le réalisateur a beaucoup expérimenté sur ce film et notamment sur trois scènes clés. La première est l'ouverture se basant plus ou moins sur les travaux d'Alejandro Jodorowski et Moebius sur le projet "Dune". Il s'agit également d'un plan-séquence où la caméra se déplace à travers l'univers en partant de la Terre, les ondes terrestres finissant par disparaître petit à petit (l'occasion pour Zemeckis de placer Power of love de Huey Lewis and the news). Des chansons d'abord (on reconnaît les Spice girls ou Funkytown), mais aussi des extraits audio (on ne mettra pas longtemps à repérer Hitler). Le tout jusqu'à se refléter dans l'oeil de l'héroïne (alors incarnée par Jena Malone). On ne voit que des CGI à l'écran et pourtant le plan passe encore très bien. Ce qui n'est pas forcément le cas de la troisième séquence clé montrant Ellie Arroway (Jodie Foster) dans un monde virtuel constitué par les habitants du système Vega, eux-mêmes représentés à travers un avatar du père d'Ellie (David Morse).

Une manière pour l'extraterrestre de communiquer avec elle à travers un visage connu, qui plus est dans un décor d'île paradisiaque entièrement en CGI particulièrement datées, voire ridicules. Si à l'époque cela pouvait être cool, aujourd'hui ce serait davantage une faute de goût. La deuxième scène clé est probablement la plus connue, celle qui fait que le public se souvient de Contact encore aujourd'hui. Le père est en train de mourir et Ellie part chercher son médicament. L'héroïne part pourtant par l'escalier à gauche alors que dans le plan où elle voit le pop-corn par terre, il était à droite. Il s'agit pourtant du même escalier mais inversé comme dans un miroir. Zemeckis opte ensuite pour un ralenti, histoire d'avoir une plus grande facilité de manoeuvre pour anticiper la porte de la pharmacie avec le miroir qu'ouvrira l'héroïne dans un léger travelling arrière. Un autre plan-séquence plus réaliste cette fois, mais plus faussé encore, Zemeckis optant pour un raccord informatique. Une technique qui sera réutilisée pour la fameuse scène de visite de la maison dans Panic Room (David Fincher, 2002). Deux tours de force sur trois de prévus, c'est toujours cela de pris, auxquels on peut rajouter tout le passage dans la cellule où l'image se déforme, le temps ralentit, les trous de ver apparaissent. Comme pour confirmer les lois spatiales selon lesquelles le temps passe différemment d'un espace à l'autre, ce qui a duré plus dix-huit heures sur Vega a duré quelques secondes sur Terre.

Contact Foster

Contact est aussi l'occasion pour Zemeckis de confronter la religion et la science, sujet souvent peu évoqué dans la science-fiction et pourtant un problème central aux USA (certains américains croient encore que l'Homme a rencontré les dinosaures...). Le réalisateur les fait même cohabiter par une romance quelque peu artificielle entre la scientifique et le philosophe (Matthew McConaughey). Le final reviendra à cette confrontation après avoir insisté sur l'expérience. Ainsi pour certaines personnes (dont les politiques et les médias), les croyances paraissent plus importantes que la science. Il y aurait presque un pas pour dire que la Bible est une science exacte. Le passage au congrès le confirme, prenant des airs de tribunal de l'Enfer, où James Woods part dans un one man show pénible. Discret durant la plupart du film, il atteint vite l'overdose chez le spectateur. A cela se rajoute également la théorie du complot bien placée, consistant à médiatiser l'affaire comme une supercherie alors que la réalité est bien plus complexe. On en vient même à faire croire qu'un milliardaire mort serait toujours vivant (John Hurt). Une fois la séance du congrès terminée, le spectateur pourra savoir la véracité des choses. Un conflit entre l'imaginaire et la véracité des faits, probablement la partie la plus intéressante du film. On peut aussi noter les fanatiques religieux mênés par Jake Busey n'hésitant pas à passer au terrorisme pour imposer leurs idées.

Contact Mcco

Matthew McConaughey se préparant pour un voyage interstellaire.

Toutefois, la scientifique reste l'élément central du film, Zemeckis faisant passer son obstination comme un élément personnel, ce qui rythme sa vie depuis qu'elle est petite. Si elle s'est intéressée à l'Espace c'est à cause de son père et trouver le signal consiste à lui faire honneur. Une relation père-fille primordiale (quand bien même il est décédé) qui n'est pas sans rappeler Interstellar. Si Contact est souvent passionnant, il est en revanche un peu trop long en s'étalant sur 2h30. Zemeckis fait peut être un peu trop duré le plaisir, y compris dans un final trop long pour ce qu'il dévoile. Passons assez rapidement sur Apparences (2000). Vu à la télévision, il s'agit d'un film produit assez rapidement, tourné entre deux sessions de tournage de Seul au monde (Tom Hanks devait perdre du poids et obtenir une belle barbe pour la partie sur l'île). Un petit film d'horreur qui le restera tant son script apparaît déjà vu et sans grand intérêt. L'intrigue prend une direction (Michelle Pfeiffer soupçonne son voisin d'avoir tuer sa femme), puis une autre (son mari l'aurait trompé et l'amante serait devenue le fantôme qui rôde dans la maison). Le problème étant que l'aspect fantômatique ne tient qu'à des apparitions rares, le script se rattachant beaucoup trop longtemps sur le possible meurtre de la voisine (Miranda Otto). De plus, les coups de frissons sont filmés sans réel panache, Zemeckis ne semblant pas beaucoup se passionner pour le sujet, signant un film que n'importe quel tâcheron aurait pu faire à sa place.

Apparences : affiche

Harrison Ford et Michelle Pfeiffer ont beau faire ce qu'ils peuvent, ils n'arriveront jamais à sauver le film de la noyade. Souvent considéré comme le premier succès de Robert Zemeckis, A la recherche du diamant vert (1984) a eu une production particulièrement rude. Ecrit par une serveuse nommée Diane Thomas cinq ans plus tôt, le scénario finit entre les mains de Michael Douglas, de passage dans le restaurant où travaille la jeune femme. La scénariste en herbe n'aura pas le temps de savourer le succès provoqué par le film, prise dans un accident de voiture avec la porsche que lui avait offert Douglas. Zemeckis n'entre que plus tard dans l'échiquier, voyant l'occasion de pouvoir financer un projet qui lui tient à coeur, Retour vers le futur, dont les studios ne veulent pas. La Fox ne croit pas vraiment en Romancing the stone, au point de dégager Zemeckis de la production de Cocoon (il sera finalement réaliser par Ron Howard). Un succès surprise qui permettra au réalisateur de s'imposer à Hollywood après une expérience triste avec Steven Spielberg (1941, 1979) et deux réalisations passées inaperçues (I wanna hold your hand en 1978 et La grosse magouille en 1980). Contrairement aux Aventuriers de l'arche perdue (Spielberg, 1981), le film de Zemeckis est plus terre à terre, n'utilisant aucun élément fantastique. En dehors d'un crocodile mangeant le bras du Boucher (Manuel Ojeda), pas de maquillage spéciaux et il s'agit simplement de rechercher un diamant en pleine jungle colombienne.

Le diamant vert poster

En revanche, le film n'est pas loin du film policier puisque l'héroïne (Kathleen Turner) part avant tout sauver sa soeur (Holland Taylor), dont le mari a été tué par le fameux Boucher, général militaire colombien véreux. Les militaires colombiens remplacent les nazis, un diamant vert l'arche d'alliance. Zemeckis peut également s'aider d'un postulat amusant puisque l'héroïne ne rêve pas d'en être une mais l'écrit. Un peu comme si le Belmondo du Magnifique (Philippe de Broca, 1973) partait soudain à l'aventure comme son personnage. L'héroïne ne voit l'évasion qu'à travers les romans qu'elle écrit et l'enlèvement de sa soeur va lui permettre de sortir d'un quotidien morne. D'ailleurs, le réalisateur anticipe ses envies de western dans son ouverture, prémice du troisième opus de Retour vers le futur. A la recherche du diamant vert est avant tout un film d'aventure sympathique et s'il est devenu culte, c'est certainement dû aux spectateurs l'ayant vu à l'époque ou dans les 80's. Toutefois, le film de Zemeckis est quand même plus amusant à regarder que les Allan Quatermain produits par la Cannon (Lee Thompson, Nelson, 1985-87), notamment par sa simplicité et ses acteurs un peu plus talentueux (même si on a connu Michael Douglas plus inspiré qu'en baroudeur du dimanche). Une suite sera donnée (Le diamant du nil, 1985), sans l'implication de Zemeckis trop pris par le continuum espace-temps (Lewis Teague s'occupera de cette séquelle). 

diamant vert

Après son retour fracassant avec l'addictif Flight, Zemeckis revenait à la 3D avec The Walk. Flop cuisant (le film ne s'est pas remboursé aux USA et a dû passer par l'international pour le faire sans grande allure) pour un biopic casse-gueule, l'avant-
dernier film du réalisateur était à voir absolument sur un grand écran. Beowulf (2007) avait le tare de plus ressembler à du HFR 3D avant l'heure (le procédé de 48 images par secondes utilisé par Peter Jackson pour la trilogie The Hobbit), ce qui comme souvent avec Zemeckis dans les 2000's n'était pas concluant. Le dernier noël de Scrooge (2009) était plus maîtrisé, jouant beaucoup sur la profondeur de champ et quelques effets gadgets. Celle de The Walk est en revanche plus concluante et la meilleure utilisée par le réalisateur. Pendant un temps, elle sert avant tout pour la profondeur de champ, puis arrive le fameux tour de force de Philippe Petit (joué par Joseph Gordon Levitt). Pour rappel, l'équilibriste (qui a entraîné Levitt avant le tournage) déjà au centre du documentaire Le funambule (James Marsh, 2008) avait traversé les tours du World Trade Center clandestinement. Un exploit que Zemeckis retranscrit avec malice et amusement. Certes la scène a été tourné en studio, avec deux étages de chacune des tours servant comme principal décor, devant des fonds verts qui serviront à moult CGI (on ne ressuscite pas les deux tours), mais à l'écran cela marche.

The walk 

Auparavant, Zemeckis alignait les scènes où Petit trouvait ses acolytes parfois avec une rapidité certaine, mais là le temps semble
s'arrêter. Le spectateur assiste enfin à ce pourquoi il est venu au cinéma et a le souffle coupé, pris par le suspense de l'acte de Petit. La 3D permet une immersion telle que la profondeur de champ en devient gigantesque. Un sentiment de vide émerge pouvant donner le vertige même aux moins sensibles. Alors oui, sans le format on y perd un petit peu, mais l'effet reste et c'est toujours très intéressant à regarder. The Walk est une véritable expérience 3D, une des plus concluantes et brillantes. La preuve que les expérimentations de Zemeckis durant les 2000's en terme de relief (3D comme IMAX) ont enfin porté leurs fruits et sur le bon projet. Il est juste triste qu'à l'heure où le format est tant décrié (alors que l'IMAX intéresse de plus en plus), le public ne s'est pas déplacé sur le bon film. Pour ce qui est du récit, il bascule plutôt bien de la comédie à la limite du film de potes (Petit forme son équipe au fil du film) à un vrai film de casse. Rien à voler mais comme évoqué plus haut, l'acte même de Petit est illégal. Au delà d'un numéro spectaculaire d'équilibriste, c'est une vraie prise de risque où le moindre garde peut vous repérer, où vous campez la nuit sous une couverture pour être prêt à l'heure fatidique, où la moindre erreur peut être fatale (Petit n'avait aucune sécurité et s'il tombait, il s'écrasait comme une mouche). Là où Zemeckis se rate un peu c'est dans sa narration.

The Walk – Rêver Plus Haut : Photo César Domboy, Charlotte Le Bon, Clément Sibony, James Badge Dale, Joseph Gordon-Levitt

Faisant conter l'histoire par Petit depuis la Statue de la liberté, ces petits apartés gâchent souvent la narration du film, coupant parfois le rythme à l'image de la scène de voltige. Ainsi alors que Petit traverse, le personnage continue sa narration face caméra, perdant le spectateur alors en plein moment de suspense. Une impression parfois désagréable sortant du film. Zemeckis signe également un hommage fort aux twin towers. D'abord dans leur immortalisation cinématographique, mais surtout par un dernier plan terriblement mélancolique. Le récit de Zemeckis s'arrêtera sur l'acte et ses conséquences, n'évoquant pas d'autres exploits de l'artiste qui ont succédé. Petit évoque alors qu'il pouvait venir sur le toit des tours toute sa vie. Une vision qu'il ne peut plus contempler depuis le 11 septembre 2001. Pour passer à une ambiance plus positive, passons à La mort vous va si bien (1992). Un film qui permet à Robert Zemeckis de passer à autre chose après des années à enchaîner plusieurs gros films. Toutefois, ce cru ne déroge pas à la règle, prouvant que comme d'autres avec lui (Spielberg, James Cameron...) Zemeckis valorise la technologie, cherchant toujours à renouveller son cinéma en fonction des moyens techniques qu'il peut utiliser. Ainsi, même un film moins ambitieux comme La mort vous va si bien en terme d'enjeux contient un bon nombre de plans truqués. Un aspect qui n'a pas vraiment plu à Meryl Streep, se jurant de ne plus aller dans une production avec autant d'effets spéciaux. Ce qui s'est confirmé jusqu'à au moins Into the woods (Rob Marshall, 2014), où elle était grimée de partout devant des fonds verts.

La mort

Pour les plans truqués, on pense au cou tordu de Meryl Streep, au trou béant de Goldie Hawn ou au final où elles sont complètement démembrées mais toujours vivantes. Des effets-spéciaux pas si éloignés des cartoons issus de Roger Rabbit, à la différence qu'ici ces effets sont réalisés sur des acteurs. Soit Zemeckis joue sur la suggestion, soit il montre tout. Pour le passage du cou, il opte pour les deux. Dans un premier temps, il veut susciter la surprise voire l'épouvante, avec Streep bel et bien vivante après sa descente d'escaliers en arrière-plan. Progressivement, l'oeil du spectateur n'est plus focalisé sur le premier plan (Bruce Willis téléphone à Goldie Hawn), mais sur Streep presque floue se contractant. Sa gestuelle inquiétante n'est pas sans rappeler celle du Juge DeMort écrasé (Christopher Lloyd). Zemeckis montre plus tard le résultat final, mais l'effet est moins marquant et a quelque peu vieillit. L'effet n'est jamais meilleur que quand Zemeckis joue sur une ombre. Pour montrer le changement de Goldie Hawn, Zemeckis opte pour l'effet inverse avec le plus intéressant au premier plan (Goldie Hawn se réveille subitement) et Streep et Willis en arrière-plan préparant leur plan morbide. Par des effets de maquillage délirants, Goldie Hawn passe de la femme obèse à la bombe sexuelle, idem pour Meryl Streep dont le corps change à l'oeil nu via des effets d'optiques made in ILM. On peut évoquer aussi un petit clin d'oeil à Soupçons (Alfred Hitchcock, 1941), la scène de la boisson amenée dans les escaliers étant reprise quasiment tel quel et divers accidents se dérouleront dans ces mêmes escaliers, renvoyant à Psychose (Hitchcock, 1960). 

Comme évoqué plus haut, le film a moins d'enjeux que les quatre derniers films du réalisateurs et se révèle être une satire sur l'immortalité. Pour cela, le réalisateur ne prend pas Streep et Hawn pour rien: la première est l'une des rares actrices à avoir survécu à Hollywood après quarante ans, la seconde était déjà un peu has been au début des 90's. Il n'est pas étonnant que la première joue l'actrice qui ne veut pas vieillir (presque un rôle à contre-emploi puisque Streep est devenue plus connue en vieillissant !) et l'autre son ombre, subissant à chaque fois les assauts de Streep sur ses amants. Au milieu se trouve Bruce Willis, amant impuissant des deux femmes, constatant au fur et à mesure qu'il n'a plus rien à voir avec elle au point d'envisager d'en tuer une. Les deux héroïnes ont des différends l'une contre l'autre, la première dans sa jeunesse était moins bien vue au point de prendre son envol de manière fulgurante, la seconde a perdu ceux qu'elle aimait et a voulu prendre sa revanche. Au point qu'au fur et à mesure, les deux personnages vont se mettre à se haïr et à en venir à découvrir la potion de la visuellement jeune Isabella Rossellini (qui a soixante-dix dans le film). Des effets revigorants à condition de prendre soin de son corps. Or, la moindre bêtise peut enlever de la peau ou causer des dégâts sur l'anatomie (comme des craquements ou une peau plus élastique sur certaines parties). C'est ce que montre le final: si nos héroïnes sont toujours vivantes, leur existence même est devenue ridicule, leurs corps ne tenant plus. 

Isabella

Les brumisateurs et autres techniques marchent un temps, mais pas sur la longueur et le corps ne peut survivre au temps longtemps sans vieillir. Zemeckis s'amuse de la cupidité de ses héroïnes. Leur raison de vivre est seulement de faire tenir leurs corps et ce jusqu'au claquage ultime. De quoi avoir envie de fuir avec Bruce Willis (bon, on n'ira pas jusqu'à naviguer dans les méandres du dtv). Passons maintenant à une rareté, un film probablement introuvable en DVD (au mieux vous tomberez sur un import) et jamais diffusé à la télévision au même titre que le premier film du réalisateur (inédit en DVD en France). Heureusement que le net existe parfois pour exhumer certaines pépites inconnues du grand public. Pourtant à y regarder de plus près, La grande magouille rassemble du beau monde : Kurt Russell star Disney sur le retour en passe de devenir l'acteur phare de Big John; Gerrit Graham le chanteur douteux de Phantom of the Paradise (Brian de Palma, 1974) et figure récurrente de Parker Lewis ne perd jamais (1990-93); ou Frank McRae le supérieur de Jack Slater et le célèbre Sharky (moins d'une demi-heure de présence mais un nom pareil, ça ne s'oublie pas) de Permis de tuer (John Glen, 1989). L'idée du film est venue lorsque Zemeckis et Bob Gale travaillaient sur 1941. John Milius guide le duo sur le sujet des voitures d'occasion et Steven Spielberg se rajoute en producteur executif comme sur I wanna hold your hand. L'équipe essuie un refus d'Universal avant d'atterir chez Columbia.

Used cars

En raison de son caractère parfois coquin (une fille se fait déshabiller lors du tournage d'une publicité) et du côté morbide du film (les héros magouillent la mort accidentelle de leur patron pour survivre sur le marché), Used Cars (titre original renvoyant davantage au lieu de l'action) est le seul film de Zemeckis avec Flight (au sujet bien plus dur) à avoir été classé Restricted. Zemeckis et Gale s'avèrent particulièrement satiriques, dézinguant le marché des voitures d'occasion avec une certaine tendresse. Le réalisateur présente dès les premières secondes Kurt Russell en train de rabibocher toutes les voitures possibles pour les vendre à un certain prix. Un pare-choc remis avec du chewing-gum, une pancarte pour ne pas montrer un pare-prise dégommé sur le côté, des pneus regonflés de peu, des taxis repeints à la peinture à l'eau... Sans compter les techniques de vente consistant à apater le client du garagiste d'en face avec des filles en tenue légère ou un petit billet lancé par une canne à pêche! A cela se rajoute des spots de publicité diffusés en direct grâce un piratage, s'alignant même avec le discours de Jimmy Carter diffusé normalement au même moment! Puis le méchant est assez complexe puisqu'il s'agit du frère du patron (Jack Warden joue les deux), qu'il fait tuer (il était cardiaque) et cherche encore des noises à sa nièce (Deborah Harmon).

kurt

Ce qui amène à une course poursuite surréaliste avec un méchant pourchassant une centaine de voitures et un Kurt Russell naviguant de voiture en voiture pour atteindre la principale. A cela on peut rajouter des personnages de loosers malins terriblement attachants, allant de Russell en futur candidat (la magouille et la politique, un vaste sujet) à Graham suspicieux dès qu'il voit du rouge jusqu'à ce que cela devienne une hantise. Au final, un des films les plus jouissifs de Robert Zemeckis est un de ses moins connus. A réhabiliter d'urgence! Votre cher Borat tenait à terminer cette cuvée spéciale par un petit mea culpa. Toujours curieux de se faire un nouvel avis sur un film détesté, il a décidé de revoir Beowulf pour la première fois depuis sa calamiteuse séance en 3D en novembre 2007. Le film a toujours des couacs d'un point de vue visuel. Comme souvent, ce qui est novateur lors de la production d'un film l'est peut être moins avec le temps (même si on pouvait déjà faire ce constat à sa sortie). Ainsi comme Le Pôle Express (2004) et Scrooge, la capture des expressions du visage est souvent mauvaise, reposant sur une seule expression faciale. Si sur Beowulf (Ray Winstone) les expressions finissent par apparaître une fois vieillissant (d'autant que Zemeckis multiplie les gros plans), on peut en revanche trouvé que cela laisse à désirer sur un grand nombre de figurants ou John Malkovich.

La Légende de Beowulf : Affiche Ray Winstone

 

Même si l'on reconnaît les acteurs globalement (en dehors de Winstone aminci et musclé grâce aux ordinateurs), on peut repprocher que la technique ne soit pas encore suffisamment au point. Si Angelina Jolie est plutôt bien modelée lors de sa première grosse apparition, elle a un visage beaucoup trop lissé lors de la seconde. Scrooge aura ce même problème pour un rendu moins bon encore. On a aussi souvent l'impression d'être face à des cinématiques de jeux-vidéo, d'autant plus que la performance capture s'utilisait déjà dans ce média lorsque le film est sorti et s'est encore renforcé depuis. Toutefois, la réalisation de Zemeckis aide très souvent à faire passer la pilule, notamment lorsqu'il donne un vrai souffle épique à ses scènes. Votre cher Borat avoue d'ailleurs être assez confus, pensant que la fameuse "director's cut" tant vantée sur la jaquette du BR fut en fait bel et bien la version vue en salle. Vraisemblablement pas de grand changement, si ce n'est un peu plus de sexe et surtout de l'hémoglobine en pagaille. On parlerait donc davantage de version non-censurée. A moins que Warner a diffusé cette version en salle à l'international, celle sorti serait donc PG-13. Ce qui serait ironique pour un film ayant écopé d'un avertissement en France. Il n'en reste pas moins que cette version uncut est beaucoup plus bestiale, renvoyant à la sauvagerie du Moyen Age.

Il n'y a qu'à voir les deux apparitions de Grendel (Crispin Glover méconnaissable et merveilleusement dégueulasse), déluge de morts (dont un avec la tête dévorée) et de sang qui gicle. Le récit est quand à lui plutôt bien amené, évoquant aussi bien les légendes autour de Beowulf (il racontera une séquence maritime spectaculaire et probablement inventée de toutes pièces) que sa propre perte. Un héros conscient du mal qu'il a engendré et de sa propre bêtise durant toute la dernière partie, son destin se confondant avec le roi incarné par Anthony Hopkins. Les deux se tueront d'un pont, l'un par suicide, l'autre pour sauver celles qu'il aime. Beowulf mourra en sauvant son peuple de sa propre maladresse. Finalement, le personnage attendait la Mort depuis tout ce temps et il a fallu qu'elle vienne de son propre fils, d'autant plus que le dragon présent sur sa couronne est au combien prémonitoire. Si la fin est ouverte, Zemeckis ne laisse quasiment pas d'échappatoire à Brendan Gleeson, nouveau roi voyant au loin la jolie sorcière ne demandant qu'à pervertir un nouveau mâle. Si Beowulf n'est pas un grand film (le score de son acolyte de toujours Alan Silvestri est surement meilleur que le film lui-même), il n'en reste pas moins un film pas mal malgré ses défauts techniques. A la prochaine!


* Voir http://collider.com/contact-george-miller-reveals-his-version-of-movie-was-like-interstellar/

19 novembre 2016

Bloody Disney

(Attention cet article analyse des films en détails, possibles spoilers à la clé)

Parler des studios Disney est toujours particulier, que ce soit en évoquant son patriarche, son héritage, ses déboires, l'idéologie du chef...  Comme votre cher Borat le dit souvent, si vous dites que vous aimez les films des studios Disney ou plus généralement films d'animation, les moqueries fusent. Vous avez certainement déjà eu droit aux "tu es un peu trop vieux pour ces gamineries", "les dessin-animés c'est pour les enfants" ou encore ce regard douteux des parents débarquant avec leurs enfants dans la salle en vous voyant seul (Borat prédateur sexuel ? -NDB). Hé bien non, le film d'animation est suffisamment varié pour exister autrement que par la seule cible des enfants. Preuve en est chers parents, vous n'aurez certainement pas l'idée futile de montrer Akira (Katsuhiro Otomo, 1988) à votre enfant de cinq ans, sous prétexte que c'est un film d'animation. Si ? On ne peut donc plus rien pour vous. Mais revenons au sujet qui est le nôtre: Disney. Ce dossier va revenir sur la plupart des films d'animation du studio (on oublie donc des productions comme L'étrange noël de Mr Jack et James et la pêche géante d'Henry Selick) en se focalisant sur leurs côtés sombres, que ce soit dans la violence, l'épouvante ou des thématiques. Derrière l'aspect "film d'animation pour enfants", les studios Disney ont toujours montré la violence et ce dès leur premier long-métrage Blanche-Neige et les sept nains (David Hand, 1937).

Le sujet est assez éloquent: une femme décide de tuer sa belle-fille pour être la plus belle. Un meurtre avec préméditation donc. Dans quel but? Atteindre l'immortalité. Une certaine idée du sacrifice où une femme est prête à tuer une innocente pour être la plus représentée et trouver le Graal. La scène de la forêt est certainement l'une des scènes les plus marquantes du cinéma de Disney, alignant les ombres menaçantes, le tout sur la musique trépidante de Leigh Harline et Paul J Smith. La forêt est montrée comme un lieu sombre et inquiétant (arbres révèlant leur aspects perturbants, morceaux de bois se transformant en alligators, toiles d'araignées, chauve-souris...), là où la maison des nains est éclairée par le soleil, comme si Blanche Neige passait de l'Enfer au Paradis. Une scène qui avait particulièrement remué les bambins de l'époque. Effet garanti donc. Le final ne manque pas de mordant non plus, la musique s'entrechoque avec le tonnerre, les nains poursuivent la reine transformée en vieille femme. La reine court à sa propre perte en continuant à monter sur la falaise. C'est là où David Hand se révèle particulièrement vicieux: il montre la reine prise à son propre jeu, électrocutée en voulant tuer les nains par une grande pierre, cette dernière finissant par l'écraser hors champ. Les vautours attendront patiemment le moment du festin. La scène est brutale, violente et ne laisse aucune échappatoire à la reine hurlant à la mort. La laideur d'esprit et de beauté a perdu.

Pinocchio (Luske, Sharpsteen, 1940) ira encore plus loin en abordant des thèmes plus graves vus à travers les yeux d'un enfant sous forme de pantin. L'air de rien, le second long-métrage des studios parle d'aliénation, kidnapping, exploitation d'enfants et transformation physique. Ainsi, Stromboli exploite Pinocchio pour son show quand Grand Coquin le renard (soit la fourberie à l'état pur) l'incite à aller voir le fou-furieux cocher. Pour ce qui est de l'alienation, tout le passage dans le parc d'attraction montre des enfants jugés désobéissants devenir des ânes. Une uniformisation des ratés pourrait-on dire, le raté devenant signe de moquerie, mais aussi de bétail qu'on envoie au travail sans autre solution de survie. Avec le recul, on peut presque y voir un rapport avec les camps de concentration avec ces enfants envoyés par un bourreau à un avenir néfaste. Un des petits crie qu'il veut retrouver sa maman, il ne la reverra probablement jamais, si ce n'est avec la tête d'un bourico qui servira peut être pour les champs de sa mère. Les réalisateurs pourraient en rester là au niveau de la cruauté, pourtant ils enfoncent le clou avec une séquence de transformation absolument perturbante. Après avoir montrer Pinocchio et son ami Crapule fumer et boire de l'alcool, la métamorphose commence. Pinocchio est un pantin, sa transformation est plus lente, mais ce n'est pas le cas de Crapule. Pour cela, les réalisateurs jouent habillement sur la transformation latente en zommant sur des parties du corps. 

La musique est particulièrement renforcée pour provoquer l'effroi et à cela se rajoute la peur du personnage qui en vient à hurler. Le tout à un rythme survitaminé, le but étant de destabiliser le spectateur. C'est certainement la scène la plus horrible du cinéma de Disney, imposant Pinocchio comme l'un des crus les plus sombres du studio. Dans Fantasia (1940), on peut voir également quelques séquences violentes comme le segment des dinosaures où l'un d'entre eux se fait froidement tué par un t-rex, auquel se rajoute leur extinction brutale sous un soleil de plomb. On pense aussi au dernier segment qui sera probablement une inspiration pour Taram et le chaudron magique (Rich, Berman, 1985) avec son mythique seigneur des ténèbres Tchernobog. Dumbo (Ben Sharpsteen, 1941) aura droit également à une séquence digne de ce nom avec la mère du petit éléphanteau le défendant. Pour cela, elle n'hésite pas à agresser un marmot qui tripotait les oreilles de son fils. S'en suit une folie furieuse où les dresseurs en prennent pour leur grade, presque incapables face à une situation qui les dépasse avant de la maîtriser avec perte et fracas. Encore une séquence où la musique et les sons sont prédominants pour intensifier le tout (musique trépidante à renfort de cuivres et violence des coups de fouets). De même, le petit subira les humiliations de ses congénères (ce qui se retournera contre elles), quand ce n'est pas du monde du cirque.

Evidemment, dans un article sur la violence chez Disney, ne pas parler de Bambi (Hand, 1942) serait un blasphème. Comment ne pas parler de la mort de la mère du faon le plus célèbre du cinéma ? L'Homme n'est jamais représenté autrement que par le brouillard et le son de son fusil. Une technique qui sera également reprise pour l'ouverture de Rox et Rouky (Berman, Rich, Stevens, 1981) quasiment à l'identique. La mère de Rox met son petit à couvert et sa mort sera symbolisée par un coup de feu hors champ. On peut aussi y voir une allusion dans Le roi lion (Allers, Minkoff, 1994), puisque dans les deux films, la figure du parent part en fumée en plein milieu de film, provoquant un choc à la fois pour le personnage principal et le spectateur pas forcément habitué à ce type de situation. Idem pour ce qui est de montrer la mort à travers les yeux de l'enfant (même si cela est plus explicite dans le film de 1994). Ici, Bambi court jusqu'à-ce qu'il remarque la non-présence de sa mère et quand il voit pour la première fois son père, le prince de la forêt ne lui fait aucun cadeau. Sa mère est partie, c'est lui qui va l'éduquer dorénavant. Le cycle de la vie diront certains. La scène du duel est pas mal également. On y voit Bambi âgé et un autre cerf en train de se battre. Chaque coup de cornes est surdimensionné par un grand coup de musique. Une sorte de tempête ambulante. Il faudra attendre Mélodie Cocktail (1948) pour que la violence revienne chez Disney. 

Cette fois-ci, ce n'est que pour un sketch, Bumble Boogie. Une mouche vient sur une fleur, mais les pétales commencent à se transformer en notes de piano et s'en prennent à notre ami insecte. Les notes se veulent à chaque attaque toujours plus menaçantes et bruyantes et prennent formes au fur et à mesure que le court-métrage s'étend, notamment sous la forme d'un serpent. D'autant que la musique se veut rapide et stressante, intensifiant le sentiment d'oppression du personnage. On croit alors qu'il n'y aura pas d'échappatoire pour l'insecte mais heureusement pour lui et le spectateur mis sous tension, elles finiront par s'arrêter. Le film d'animation suivant Le crapaud et le maître d'école (1949) offre un affrontement pour le moins dantesque entre le pauvre Ichabod Crane et le Cavalier sans tête (voir https://www.youtube.com/watch?v=-SsCHYW_I3s). Ce second sketch reprend bien évidemment l'histoire qui inspira le majestueux Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999). Ichabod est un être qui a peur de tout et peu avant, on avait pu le voir pétrifier par les dires du gros dur du coin (séquence hilarante d'ailleurs où le personnage joue avec les peurs de ce héros distingué). En revenant à la maison, il tombe sur la forêt et le moindre bruit donne lieu à une peur immense au point qu'Ichabod atteint presque la folie. Arrive alors le Cavalier sans tête. Le rythme s'accélère amenant à une course-poursuite mouvementée où le Cavalier peut décapiter le héros à tout moment. 

Le Cavalier se révèle être un homme fou n'ayant pour seul but que de couper des têtes. Le final se révèle assez complexe, les réalisateurs laissant en suspens ce qu'il est advenu d'Ichabod. Est-il mort comme toutes les victimes du Cavalier? Dans ce cas, est-il la fameuse tête brandie par le Cavalier? Le passage où il est à table montre t-il qu'il a survécu? Le suspense reste intact, malgré le pessimisme ambiant. Un sketch qui mériterait d'être un peu plus mis en valeur par le studio, souvent peu convaincu au sujet des films à sketchs en dehors des FantasiaAlice au pays des merveilles (1951) remettra les pendules à l'heure et fut renié par Walt Disney, non seulement à cause de son échec commercial, mais aussi du résultat qu'il jugeait indigne des intentions initiales. Une époque où le grand manitou était aussi plus préoccupé par le crucial Disneyland. Alice apparaît encore aujourd'hui comme un cru assez adulte et à double sens, certains aspects ayant parfois une connotation bien moins enfantine. On pense à l'aspect hippie avant l'heure (la chenille fume la pipe à eau, Alice change de taille en buvant certaines substances) et à la bestialité de ce monde. Comme Pinocchio, Alice part dans des directions évoquant différentes étapes de l'Histoire. La Reine de Coeur est le symbole même de la dictature. Un mot de travers et votre tête sera tranchée. Même si les livres de Lewis Carroll ont été écrit au XIXème siècle, les événements relayés dans le film ne sont pas sans évoquer les procès de Moscou, solution de Joseph Staline pour exécuter un grand nombre de ses généraux et membres de l'armée. 

Que dire également de cette séance de gloutonnerie entre le morse et les huîtres, évoquant la sinistre âme bestiale qu'il y a en nous? Alice n'est pas en reste non plus, puisque les différentes substances qu'elle prend la font évoluer physiquement, synonyme de l'adolescence et des transformations qu'elle engendre. Au contraire, dans Peter Pan (1953), c'est plutôt le refoulement qui prédomine. On ne peut pas parler de violence dans le cas présent, plutôt de psychologie des personnages. Le refoulement est partout dans ce film. Pour Peter c'est la peur de perdre sa jeunesse; pour Wendy l'innocence de l'enfance. Crochet est présenté comme quelqu'un d'autoritaire alors qu'il est pétrifié à chaque apparition du crocodile. Clochette est extrêmement jalouse. Enfin, le père des enfants a peur de perdre son âme d'enfant et en revient à une sévérité qui ne lui correspond pas. Au final, certains ne changeront pas (Crochet cupide jusqu'au bout, Peter toujours un garçon perdu), d'autres si (Wendy prête à entrer à l'adolescence, le père prêt à être un peu moins laxiste et plus rêveur). La belle au bois dormant (Clyde Geronimi, 1959) se dévoile dans un univers plus fantasy, assez éloigné du conte classique comme l'était Blanche Neige. Dès les premiers instants, l'aspect fantasy prend tout son sens avec les fées et la sorcière Maléfique. Cela s'accentuera dans les dernières minutes, climax majestueux où le Prince Philippe devra affronter les foudres de la sorcière. 

D'abord par divers obstacles contrées par les fées, puis une nuée de ronces et enfin la sorcière se transformant en dragon. Ici les éclairs sont remplacés par les coups d'épée successifs de Philippe à la fois réguliers et rapides. A elle seule, Maléfique délivre une certaine vision du cauchemar, de la créature que l'on parvient à tuer que difficilement, qui plus est avec un talon d'achille merveilleux: le coeur. Une version totalement piratée par le récent Maléfique (Robert Stromberg, 2014), relecture partant dans tous les sens et nuançant beaucoup trop le personnage de méchante. La belle et le clochard (1955) a beau être un film typiquement romantique comme La petite sirène (Clements, Musker, 1989) ou La belle et la bête (Wise, Trousdale, 1991), il n'empêche qu'il propose une séquence de climax assez particulière. Le rat est montré ici comme un parasite sombre et vicieux, dont seul les yeux montrent de la lumière (rouge). Le but étant de contaminer le petit (c'est un animal connu pour avoir donné la peste durant le Moyen-Age). Son affrontement avec Clochard est montré par des ombres, la scène se déroulant en pleine nuit et sous une pluie battante. Pareil pour le sauvetage de Clochard qui manquera de tuer un des chiens. Pour La Belle et la Bête, la chose est différente. La Bête est une créature hideuse, victime de sa vanité, finissant par tomber amoureuse de Belle, une jolie jeune femme qu'il a emprisonné à la place de son père. 

Néanmoins, les réalisateurs iront peut être un peu vite dans le ravalement de façade de la Bête, la faisant rapidement passer d'arrogante et solitaire (aucune parole aimable, pas même à ses sujets réduits à l'état d'objets) à éprise de remords et amoureuse. La transition apparaît principalement quand la Bête sauve Belle d'une meute de loups. Le Bête n'est pas une mauvaise personne, juste un prince victime de ses erreurs et devenant méchant non pas à cause de son corps, mais par la haine que le personnage a envers lui-même. De l'autre côté, nous avons le bellâtre mais clairement abruti Gaston. Jaloux, il est convaincu que la Bête est un danger et ne tardera pas à l'affronter sur le toit du château dans un combat déloyal encore une fois orageux. La haine amène à la mort, symbolisée à nouveau par un orage comme dans Blanche Neige. La violence chez Disney se trouve également plusieurs fois dans la morale. Ainsi, pour Les 101 dalmatiens (1961), nous avons droit à une méchante prête à tout pour avoir son manteau. On parle bien sûr de Cruella d'Enfer voulant un manteau à partir de chiots. La poursuite finale est ainsi jusqu'au boutiste, Cruella montrant toute l'étendu de sa sauvagerie par un regard foudroyant. Idem pour les deux aventures de Bernard et Bianca (1977, 1990). Les studios Disney nous parlent d'enlèvements d'enfants, sujet qui peut toucher à peu près tout le monde et qui n'est pas du genre commercial. D'ailleurs, le second épisode sera un beau bide et peut être dû à son sujet.

Le premier film se veut un peu plus gentillet, surtout triste au vue du destin de l'enfant (elle veut des parents, on lui met dans les pattes des chercheurs de diamants l'exploitant). Le second se révèle plus brutal, de par la photo plus sombre, le sujet même (un braconnier enlève un enfant pour attraper un oiseau rare) et certaines scènes comme la mort du méchant, raccord à son sadisme. A l'aube des années 80 et suite à un grand arrivage de jeunes animateurs, les studios Disney changent de registre (beaucoup de films sortis dans les 60's-70's étaient plus tournés vers la comédie comme Robin des bois ou Les aristochats) et ciblent plus un public adolescent. Un registre qui n'a pas convaincu commercialement, avec des films souvent décriés et pourtant ces travaux sont audacieux et très ambitieux. Revenons donc à Rox et Rouky évoqué plus haut. Un film qui n'est pas irréprochable, jouant beaucoup sur un registre mignon et guimauve. Sauf à deux endroits: l'ouverture suscitée et ses dernières minutes. On peut repprocher beaucoup de choses à ce film mais pas à ces deux éléments précis, qui sont de vrais sommets disneyen par excellence. Auparavant, le chien le plus vieux du chasseur avait manqué de mourir suite à sa chute d'un pont. Les dernières minutes servant de climax en rajoute une couche dans un festival de sauvagerie, où les personnages principaux se réunissent face à un adversaire inattendu. Nous suivons la traque de Rox par Rouky et son maître depuis plusieurs minutes quand apparaît un grizzli. Le chien défend son maître, ce dernier se prend les pieds dans son propre piège et n'arrive pas à se défendre, le renard se rajoutera pour sauver son ancien ami.

La scène est violente, même saignante par moments, le grizzly ne faisant aucun cadeau face à ses adversaires impuissants. Une séquence pleine de suspense, où la musique est alerte entre les grognements des différents animaux et les hurlements du chasseur. A ce moment là, Rox et Rouky n'est plus un film pour enfants ou tout du moins une gentille histoire, c'est un véritable survival qui se joue devant les yeux du spectateur. Les personnages ne combattent pas un adversaire, ils essayent de survivre par tous les moyens possibles et imaginables. Les plans de la chute auraient dû être plus vertigineux, mais faute de moyens (le film coûtait déjà trop cher à cause de ses multiples reports) ils furent simplifiés. La scène pourrait s'arrêter là mais chasser le naturel, il revient au galop. A moitié mort, le renard se voit presque affublé une balle dans la tête par le chasseur rancunier, si son chien ne se mettait pas en travers. L'affaire en restera là mais l'intention y était, rendant la scène glauque et terrible. Taram et le chaudron magique va plus loin que La belle au bois dormant en adoptant pleinement les codes de la fantasy. Une tendance de l'époque engendrée par le succès de Conan le barbare et ses suites (Milius, Fleischer, 1981-1985), souvent synonyme d'échecs commerciaux. L'une des tentatives les plus audacieuses du studio, soldé par une bérézina commerciale qu'il ne vaut mieux pas évoquer à un cadre du studio encore aujourd'hui. N'en déplaise à certaines rédactions encore prêtes à le descendre (n'est-ce pas Studio Ciné Live ?), Taram est un bon film et ses sorties vhs et dvd lui ont permis de toucher un nouveau public, au même titre que d'autres flops de l'époque (Legend de Ridley Scott, Willow de Ron Howard). 

 

Le retour fulgurant de la fantasy grâce au Seigneur des anneaux (Peter Jackson, 2001-03) a aussi permis à ces oeuvres désaimés de trouver le public qu'elle recherchait à leur sortie. Si Taram n'a pas encore la réputation qu'il devrait avoir en comparaison d'autres disney plus connus, elle est toutefois bien meilleure qu'au début des 90's. Un film sombre de bout en bout, où des créatures sont envoyées pour chercher une truie pouvant retrouver un chaudron. Ce chaudron mènerait le seigneur des ténèbres à ramener à la vie des morts-vivants. Un méchant au look précédant celui de Skeletor en bien plus charismatique. De même, la quête de Taram ne se fait pas sans embuche, manquant de se faire tuer plusieurs fois avant d'arriver à ses fins. Même les fées sont montrées comme particulièrement coquines envers un des protagonistes ! Basil, détective privé (1986) continuera dans cette mouvance sombre (avec un peu plus d'humour quand même) en faisant une relecture parfaite des aventures de Sherlock Holmes et son ami Watson. Le méchant est tout trouvé, puisqu'il s'agit d'un rat n'hésitant pas à faire manger des souris blessantes à son égard à un chat. Certains détails s'avèrent amusants, voire particulièrement cocasses comme cette petite virée dans un bar pour trouver des informations. Ainsi, Dawson (équivalent de Watson) se met à boire comme un trou (comme bien d'autres), avant de danser avec une chanteuse de cabaret en petite tenue ! Même la chanson paraît délirante, jouant de sous-entendus coquins pour le moins atypiques ("pour sortir du brouillard, j'ai un truc, tu n'imagine pas, tu vas voir", "vous allez vous régaler, laissez moi vous gâter!").

Le final se révèle assez percutant, s'enfonçant dans les rouages de Big Ben en images de synthèse. Basil n'arrive pas vraiment à s'en sortir face à Ratigan plus imposant et de plus en plus enragé, sa montée dans la pendule est même d'une folie furieuse incroyable. Il faudra bien une pirouette pour que Basil s'en sorte, pas si éloigné d'un affrontement mythique entre Moriarty et Sherlock Holmes non loin d'une cascade. A ce lot se rajoute Oliver et compagnie (George Scribner, 1988), plutôt gentillet au détriment d'un contexte social intéressant. L'adaptation d'Oliver Twist (Charles Dickens, 1846) est particulièrement lissée, au point de faire de Fagin un gentil homme, pas loin du SDF et faisant tout pour sauver sa peau face à un mafieux prêt à kidnapper, voire tuer une gamine pour son profit. Du genre à prendre un train en fin de film avec ses dobermans. On peut également signaler la présence d'une autre adaptation basée sur Dickens, le court-métrage Le Noël de Mickey (Burny Mattinson, 1983). Les studios Disney marquent au fer rouge l'ami Mickey en le mettant dans le rôle de Bob Cratchit, le pauvre employé de l'Oncle Picsou / Scrooge. Soit le rôle le plus émouvant de l'histoire de Dickens, le père de famille ne pouvant subvenir au besoin de son fils handicapé et dont le souvenir du futur le montrera entre deux tombes. Un court-métrage dur et triste à l'image de cette scène particulière. Le début des 90's se veut plus discret (Ursula éventrée par un bateau dans La petite sirène, un malfrat avalé dès les premières minutes d'Aladdin) et il faudra attendre Le roi lion pour revoir un peu de violence graphique.

Outre la scène suscitée, Le Roi Lion est un film abordant la rédemption (Simba se sent coupable de la mort de son père et ne reviendra qu'une fois adulte), la trahison (Scar probablement un des meilleurs méchants du studio, à la fois sournois et menteur invétéré) ou la guerre (certains critiques ont mis en avant que le défilé de Soyez prêtes renvoie directement aux défilés fascistes, Scar devenant un leader politique auprès des hyènes). Le film est aussi une adaptation libre / plagiat du Roi Léo (Osamu Tezuka, 1950-54) dont il reprend les grandes lignes (le père assassiné, le fils prenant sa succession), mais aussi d'Hamlet (1603). Une oeuvre de William Shakespeare où le fils en vient à affronter celui qui a tué son père, son oncle. Le Roi Lion multiplie régulièrement les scènes marquantes: Timon et Pumba manquant de se faire manger par une Nala affamée, le passage chez les hyènes où Hans Zimmer crée un vrai sentiment de frisson, la vision du royaume sous Scar (un dépotoir où les lionnes sont affamées tant que le roi Scar n'a pas à manger) ou ce climax bestial ayant pour point d'orgue des hyènes gourmandes et croquantes se faisant un festin au coin du feu. Un an après, Mickey perdait la boule dans le court-métrage Runaway brain (Chris Bailey, 1995) en avant-programme de Dingo et Max (Kevin Lima, 1995) sur le marché international, film souvent sous-estimé et probablement un des teen-movies des 90's se rapprochant le plus du cinéma de John Hughes (notamment par une ouverture sous forme de cauchemar, où Max s'imagine devenir son père).

Pour revenir à Mickey perd la tête, ce court a le mérite de changer radicalement de ce que l'on voit du cartoon avec Mickey Mouse, puisqu'il s'agit d'une révision de Frankenstein (Mary Shelley, 1818) ! L'introduction prévient avec une main de Mickey diabolique arrachant le titre du film, avant de passer au personnage jouant à un jeu-vidéo de combat (Simplet affronte la reine de Blanche Neige !) un soir d'orage (décidément). Avant même de montrer le personnage en mode négatif, Mickey apparaît comme un véritable addict dans son regard. Le laboratoire du docteur Frankenollie n'est pas sans rappeler celui servant au final de Brazil (Terry Gilliam, 1985) et la créature servant de transfert au cerveau de Mickey n'est autre qu'une version Boris Karloff de Pat Hibulaire. Dès lors, Mickey devra essayer de retrouver son corps perverti par Pat et ce malgré la mort du professeur. Un court-métrage particulièrement délirant, n'étant pas sans rappeler l'aspect frappadingue des concurrents Looney Tunes et Tex Avery et une proposition fantastique marchant pleinement sur sept bonnes minutes. Là où Pocahontas (Gabriel, Goldberg, 1995) n'est pas forcément un cru graphique (on retiendra avant tout le tir effectué sur Kocoum, puis sur John Smith), la violence est là où on ne l'attend pas: les chansons et particulièrement Des sauvages. En plus d'être une histoire d'amour impossible et donc tragique, Pocahontas prend en grande partie le partie des Indiens et cette chanson de Stephen Schwartz et Alan Menken le confirme. Le Blanc européen est montré comme un véritable tueur, prêt à tout pour assouvir sa pulsion de meurtre engendrée par la folie de l'or.

Mickey Perd la Tête (1995) - Court metrage Disney par hitekfr

La chanson est principalement chantée par le personnage de Ratcliffe, conquistador sanguinaire et ses paroles sont d'une crudité incroyable même en français. "La vermine je l'extermine", "une race de vipères", "il faut tuer cette bête d'une balle dans la tête", "puisqu'ils ne sont pas blancs, ils sont forcéments méchants"... Même le discours des Indiens est moins radical, peuple envahi voyant que leur territoire est de plus en plus profané. Le tout devant un ciel rouge et enflammé. C'est peut être à ce moment que les studios Disney prennent le parti des Indiens, évoquant le racisme et plus généralement l'extermination d'un peuple. Pocahontas sera le dernier rempart pour éviter un carnage qui aura finalement lieu bien plus tard ("détruisons cette race, qu'il n'en reste aucune trace")... En tant qu'adaptation du roman emblématique de Victor Hugo, Le Bossu de Notre Dame (Wise, Trousdale, 1996) se devait de délivrer la marchandise, reflet d'une époque violente et déchirée. Si le film prend énormément de libertés notamment sur le devenir des personnages (Esmeralda ne meurt pas, Quasimodo non plus), les réalisateurs gardent l'esprit révolté du roman d'Hugo, évoquant le racisme (Frollo devient juge et cherche à exterminer les gitans) dans une ville de Paris qui ne demande qu'à exploser. Les réalisateurs s'attardent également beaucoup sur Quasimodo, être meurtri par sa difformité et la peur des autres, son passage à la fête des fous confirmant ses craintes. A cela se rajoute la mort de sa mère en ouverture, montrant Frollo comme un véritable meurtrier.

Si quelques épreuves d'Hercule le mette dans une position inconfortable (le travaux de l'Hydre ou l'affrontement avec les titans), Mulan (Bancroft, Cook, 1998) montre une héroïne prête à tout pour sauver son père et devenant par la même occasion le sauveur de l'Empire Chinois. Si la violence n'est pas forcément au rendez-vous, le passage du camp abandonné peut s'avérer brutal, d'autant plus après une chanson gentillette. Un camp en flamme, le ciel rouge, les morts brûlés où seuls restent les casques. Tarzan (Lima, Buck, 1999) montrera hors champ quelques morts dans son ouverture (celle du petit de Kala, puis celles des parents de Tarzan), avant de donner lieu à des affrontements musclés. Le premier avec le léopard Sabor responsable des morts précitées, puis avec Jack Clayton mourant par pendaison... sous un orage. Par un nouveau changement radical et ranimés par plusieurs gros succès, les studios Disney se plantent dans les 2000's, ne parvenant plus vraiment à retrouver la formule du succès ou expérimentent sans trouver le box-office. La violence est parfois au rendez-vous mais plutôt dans les thématiques et moins graphiquement. Initialement, Dinosaure (Zondag, Leighton, 2000) était un projet de Paul Verhoeven et le rendu final du studio sans lui est radicalement différent, voire très propre sur lui. On retiendra toutefois l'apparition du carnotaure dans l'ombre et dégoulinant de bave, son arrivée dans la caverne ou la destruction de l'île engendrant un carnage sur la faune et la flore présentes.  

Atlantide l'empire perdu (Trousdale, Wise, 2001) et La planète au trésor (Clements, Musker, 2002) ont essayé sans grand succès de viser un public plus adolescent. Si le second ne fonctionne pas (il manque une ton à trouver et des thématiques fortes), le premier réussit à être un véritable film d'aventure, n'hésitant pas à mettre en scène des personnages de marginaux et mercenaires. Une manière comme une autre de chercher un public plus adulte, celui qui aime autant Jules Verne qu'Indiana Jones. D'ailleurs, le final n'est pas sans évoquer Les aventuriers de l'arche perdue (Steven Spielberg, 1981), puisque Rourke se fait avoir par l'objet qu'il convoitait (le pouvoir atlante) et meurt d'une chute vertigineuse. Le pouvoir atlante justement se fait grâce à un sacrifice, de préférence celui d'une femme (c'est le cas de la mère de l'héroïne). Lilo et Stitch (Sanders, DeBlois, 2002) s'avère également assez subtil, évoquant la rencontre entre deux freaks. D'un côté Lilo, enfant essayant de se faire des amis malgré un tempérament volcanique. De l'autre Stitch, extraterrestre créé uniquement pour tuer et découvrant ce qu'est l'amour. L'eau et le feu en quelques sortes. La rédemption est au centre de tout le récit, allant de Jumba, le créateur voulant réparer ses erreurs et évidemment Stitch trouvant une fonction nouvelle en faisant partie d'une famille. Comme l'a suggérait le camarade blogueur Ecran Miroir à votre cher Borat, la plupart des personnages ont également une violence contenue en eux et ne demandant qu'à être expulser. 

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Atlantis et Lilo et Stitch, deux crus moins innocents qu'ils n'y paraissent.

La soeur de Lilo fait face à un quotidien difficile depuis la mort de leurs parents (événement évoqué, jamais montré et peut être pas plus mal); Cobra Bubbles se révélera être un ancien agent de la CIA et bénéficie d'un physique de bulldozer; Stitch est une machine de guerre; Lilo se bagarre sans cesse. Lilo et Stitch préfigure le futur film des réalisateurs Dragons (2010), autre grand récit sur des outsiders changeant le point de vue de leur entourage sur un sujet précis (Stitch autrefois, les dragons ici). Frères des ours (Walker, Blaise, 2003) contiendra son lot de séquences tragiques à l'image de deux morts, la dernière étant évoquée hors champ aussi bien par l'image que par les paroles. Un récit où la vengeance fait rage, d'abord sous le visage de Kenai, puis de son frère Denahi. Deux frères ravagés à l'idée de perdre leur aîné et se retrouvant finalement à se traquer au cours du récit. Par la suite, on aura bien du mal à s'y retrouver chez Disney et il faudra au moins attendre sur Les mondes de Ralph (Rich Moore, 2012) et Frozen (Lee, Buck, 2013) pour revenir à un ton plus adulte. Le premier avec son méchant n'acceptant pas qu'on ne veuille plus jouer avec lui, ses héros outsiders contraints à n'être que des faires-valoirs, et le jeu de guerre ressemblant à un mix de Call of duty, Halo et Metroid. Pas étonnant pour ce dernier, l'héroïne du jeu étant également une femme.

Les développeurs lui ont même rajouté un background sordide histoire de rendre le personnage plus dur (son mari a été mangé par des aliens le jour de leur mariage). A cela se rajoute Ralph, méchant dans un jeu type Super Mario Bros, découvrant les jeux plus récents et majoritairement plus violents. Frozen est avant tout un récit d'émancipation, où la fameuse reine des neiges se découvre enfin après avoir été régie par des règles toute sa vie. Certains évoquent même une possible homosexualité d'Elsa, élément jamais évoqué par Disney mais jamais démenti non plus. Une forme d'évolution des moeurs, preuve que Disney reste dans son temps. Sans compter qu'Elsa est une héroïne n'hésitant pas à se défendre face à ceux voulant la tuer. L'autre héroïne du film Anna en viendra à se sacrifier pour sauver sa soeur, alors à deux doigts de mourir sous les coups d'un salaud. Par ailleurs, la mort de leurs parents est traîtée de manière sobre, à travers un bateau disparaissant en pleine tempête. Pas besoin de long discours, le plan parle de lui-même. Big Hero 6 (Hall, Williams, 2014) reviendra à la question du deuil (le héros perd son frère dans le premier quart d'heure du film, idem pour le méchant du film) et de la vengeance (Hiro devient un héros pour venger son frère). Baymax devient à la fois un instrument de vengeance (Hiro essayera en vain de calmer sa peine en en faisant un robot tueur) et le symbole que le frère d'Hiro n'est pas mort en vain.

Enfin, Zootopie (Howard, 2016) abordera la question de la tolérance dans un univers un peu trop lisse, où la violence se base sur un retour à la prédation et où l'enfer de l'enfance est concentré en un flashback. Les films d'animation des studios Disney n'ont jamais eu à cacher leurs thèmes sombres et leurs images violentes, leurs auteurs ont toujours su les faire comprendre tôt ou tard au public. Pour paraphraser un célèbre singe d'Afrique, il faut parfois voir au delà de ce que nous voyons.


Article initialement publié le 26 mars 2012.

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16 novembre 2016

La passion de Melou

Hollywood aurait voulu tuer Mel Gibson qu'elle aurait presque réussi. Loin de justifier les frasques pour lesquelles on l'a accusé (alcoolisme amenant à des injures, injures envers sa future ex-femme, injures envers le scénariste Joe Eszterhas lors de la préparation du projet sur Judas Macchabée), la mise au repos de l'ami Mel fut pour le moins radicale, du genre dont Hollywood se réjouit. Encore plus quand on parle d'une star toujours en activité et valant son pesant d'or (le dernier succès de Gibson en tant qu'acteur était Signes de M Night Shyamalan, La passion du christ fut un énorme succès commercial). Même Johnny Depp ne semble pas avoir ce même type de problèmes dans une polémique similaire (on le promeut même dans une nouvelle franchise). Melou ne semble pas avoir eu la même chance et on a souvent pensé ces dix dernières années qu'il ne reviendrait plus, embourbé dans des projets qui ne trouvent pas ou perdent leurs financements, des films en rôle principal qui ne trouvent pas leur public (The beaver de Jodie Foster, Kill the gringo d'Adrian Grunberg) ou du cachetonnage chez les bourrins (Machete Kills de Robert Rodriguez, Expendables 3 de Patrick Hughes). Mais l'année 2016 semble être celle de la résurrection de Mel Gibson, acteur-réalisateur dont beaucoup semblaient avoir oublié son talent derrière le people. Commençons d'abord en tant qu'acteur avec Blood Father présenté à Cannes en mai dernier.

Blood Father : Affiche

Après avoir eu un moment d'égarement (bruit de batteries), Jean François Richet revient aux States avec des financements français. Blood Father n'a pas l'intention de révolutionner le cinéma d'action et sa facture technique se révèle assez classique. Richet a beau montrer l'Amérique désertique, il ne fait rien de plus avec. Cela pourrait être le coin le plus paumé des USA, ce serait exactement la même chose. Le récit n'a pas non plus de quoi impressionner: un père retrouve sa fille du jour au
lendemain (sa fugue dure depuis plusieurs années) et doit affronter des trafiquants de drogue à ses trousses. Une traque qui ne tiendra pas plus d'une heure trente et finalement ce n'est pas plus mal. Pas que Blood Father soit mauvais, mais c'est parfaitement le film du vendredi soir sympathique mais que l'on aura oublié assez rapidement. Ainsi, les péripéties s'alignent, mais ne transcendent pas et ce même si dans l'ensemble on passe un bon moment (on ne s'ennuie pas). Diego Luna ne semble pas bien crédible en trafiquant psychopathe, se contentant de jouer les bad boys de pacotille dès qu'il a un flingue à la main. Tout comme Erin Moriarty se révèle vite agaçante en fille de Melou, alignant les mauvaises actions prévisibles. En revanche, il y a une chose à sauver véritablement: Mel Gibson. Il n'est pas étonnant que le personnage soit un ancien alcoolique, ni qu'il a eu divers déboires avec la police et même si Richet évoque plus une coïncidence, il arbore un fusil à canon scié comme son personnage emblématique Max Rockatansky.

Blood Father : Photo Erin Moriarty, Mel Gibson

Rien que pour lui, Blood Father suscite la curiosité. Plus sobre, énervé au bon moment et même touchant, Mel Gibson confirme qu'il est toujours un grand acteur même dans le film le plus anecdotique (c'était déjà le cas dans le mollasson Edge of darkness de Martin Campbell), jouant de sa part ténébreuse pour en faire une sorte de thérapie. L'occasion pour Mel Gibson d'une bonne prestation, ne cabotinant pas et parfaitement crédible en ancien Hell's Angel. Mais évidemment, votre cher Borat va surtout évoquer Hacksaw Ridge aka Tu ne tueras point, titre français accentuant le côté religieux sans être représentatif du film lui-même. Si Mel Gibson avait continué à faire des films en tant qu'acteur entre quelques polémiques, c'est surtout le réalisateur qui nous manquait. Pendant très longtemps nous espérions voir son épopée viking avec William Monahan au scénario et Leonardo Dicaprio en rôle principal au doux nom de "Berseker". Si Melou n'a jamais caché l'idée d'y revenir (peut être que Hacksaw Ridge lui permettra cela), ses acolytes sont partis depuis bien longtemps. On a ensuite évoqué le projet sur Macchabé qui n'a pas tenu longtemps. Puis par le miracle du saint-esprit, Melou trouve le successeur d'Apocalypto (2006). Un projet qui s'est ironiquement vite mis en production, bien aidé par l'appui de l'acteur Andrew Garfield et du scénariste Randall Wallace (qui avait dirigé Gibson dans Nous étions soldats). 

hacksaw ridge

Inutile de dire qu'en dix ans, Melou n'a pas changé de fusil d'épaule, taillant à la fois dans la religion et la violence. La religion n'est pas aussi dominante que dans ses derniers films (La passion du Christ que l'on n'a plus besoin de présenter et Apocalypto, survival sur fond de fanatisme et sacrifice rituel), mais elle a quand même une certaine place dans le récit. (Attention spoilers) Si Desmond Doss, véritable héros de guerre, ne voulait pas utiliser ou porter une arme, c'est en raison du commandement "tu ne tueras point" et à sa croyance en l'Eglise adventiste du septième jour. Gibson a parfois trop tendance à mettre en avant l'aspect religieux, en multipliant d'abord les plans sur la Bible (un élément suffisamment important pour être récupéré sur le champ de bataille, car celle de sa femme) ou même un dernier plan digne d'une illumination divine, devenant progressivement un peu too much. Toutefois sur le précepte même du sixième commandement, Gibson s'en sort bien mieux car il en fait le coeur de son récit. Si Ross tient à ce point à ce précepte, c'est parce qu'il a failli tuer son frère (Nathaniel Buzolic), puis son père (Hugo Weaving), le premier à cause d'un jeu d'enfant ayant mal tourné, le second car son paternel avait encore trop bu et avait manquer de tuer sa mère (Rachel Griffiths). Des événements graves où l'arme a une place primordiale et malheureuse (une pierre, un pistolet) et ont conduit à ce que Doss devienne objecteur de conscience. Gibson montre alors un personnage aux convictions si fortes qu'il en vient à être contre sa hiérarchie, risquant même la radiation.

Tu ne tueras point : Photo Andrew Garfield, Vince Vaughn

Sa foi lui donnera raison, mais comme le Christ (dans des conditions très différentes et moins saignantes) il devra passer par des épreuves morales et physiques, où ses hauts gradés comme ses bidasses de camarades ne lui feront jamais de cadeau. De même, la conviction militaire de Doss est totalement justifiée. Gibson ne se lance pas dans une leçon de patriotisme made in USA comme on a régulièrement l'occasion de le voir dans le cinéma américain : Doss pouvait et se sentait capable d'aller à la guerre, il s'est donc engagé pour cela, quitte à n'être qu'un infirmier sur le champ de bataille. Nous ne sommes pas face à un Captain America se lançant dans la guerre car il a la fibre patriotique. Une fois au front, Gibson peut se permettre de signer une pure oeuvre sur l'héroïsme avec ou sans arme. Il ne glorifie pas la guerre et fait comme à son habitude depuis Braveheart (1995): la guerre n'est pas propre et se fait dans le feu et le sang. Beaucoup de critiques ont mis en avant le fait que Gibson joue sur le pacifisme de son héros, tout en faisant couler le sang. Mais Hacksaw Ridge n'est pas un film sur le pacifisme mais sur un personnage qui l'est et le restera, ainsi qu'un film sur l'héroïsme. Sur ce point, Gibson se veut même très clair. Il ne diabolise jamais le Japonais, il reprend même ses codes de l'honneur symboliques comme le hara-kiri. Le principe est pareil aux deux camps: tuer l'ennemi pour ne pas être tué, quitte à être le plus meurtrier possible (un kamikaze, prendre le cadavre de son camarade tombé comme bouclier...) ou survivre (Doss masque son camarade de terre pour que les japonais ne le voient pas, lui-même se camoufle sous un cadavre).

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Le message du film est aussi de montrer que l'héroïsme n'a pas besoin d'être armé pour exister. C'est ainsi que le réalisateur met en scène Doss dans son travail d'infirmier durant un très long moment, faisant de cela un pur instant de suspense. Alors que les soldats les plus actifs sont déjà redescendus, il cherche ses camarades, les sauvant même d'une mort certaine, entre les japonais taillant dans les corps et les rats qui pullulent sur le champ de bataille. Une sorte de super-héros naviguant entre les cratères et les cadavres, manquant de se faire tuer ou repérer plusieurs fois. Quand le réalisateur revient à la survie, il touche certainement le plus au but. Là où Gibson fait certainement très fort aussi, c'est en multipliant par dix l'impact de l'ouverture d'Il faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg, 1999). L'ouverture d'Hacksaw Ridge montre divers faits fracassants, envoyant dès les premières secondes le spectateur sur le front, faisant chauffer le napalm et les explosifs sans limite. Plus tard, lors de l'arrivée des soldats ricains au dessus de Hacksaw Ridge (lieu de l'action principale du film, d'où le titre original bien plus logique), le réalisateur offrira une sacrée vision de cauchemar avec la chair d'un visage au sol, des membres déchiquetés, des boyaux partout, les rats... Les soldats entreraient dans les Enfers que cela aurait le même effet. Si Mel Gibson ne va pas aussi loin que ses deux derniers efforts, il n'en reste pas moins d'une forte brutalité. 

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On regrettera toutefois un final sous forme d'archives en voulant faire trop cours d'histoire. Il aurait mieux valu en rester à des écritos. (fin des spoilers) Le casting est également pour beaucoup dans le charme du film, allant d'un Andrew Garfield terriblement sympathique à un Sam Worthington semblant sortir du navet hollywoodien pour la bonne cause. On notera également les prestations fortes de Vince Vaughn cabottin bien comme il faut (et si son avenir se tenait plus dans des drames de cette trempe que dans des comédies ?) et un Hugo Weaving particulièrement émouvant en ancien héros de guerre, lié à jamais au traumatisme d'être le seul de son groupe à avoir survécu. En résumé, si le retour de Melou en tant qu'acteur ne fut pas brillant, son retour en tant que réalisateur fracasse.

12 novembre 2016

Cuvée Simonetti's night

Cette semaine, la Cave de Borat va vous évoquer une expérience particulière, un truc qui change de ce que l'on a l'habitude d'évoquer dans cette rubrique. Il est difficile de parler d'un concert ou tout du moins d'en exprimer une critique ou un avis. Au pire on pourra dire que c'était affreux, que la technique était pourrie, qu'il y a eu des retards, que le chanteur était à chier (certains se souviennent des ratages de Guns n' roses dans les 2000's)... Au mieux, on parlera d'un moment inoubliable, du genre que l'on se souvient pour toujours. Cela tient de l'affect pur, là où un film ou une série pourront être analysé, décortiqué ou critiqué pour leur parti-pris. Certes, il y a aussi la notion de choix, choisir l'artiste ou le groupe que l'on veut voir comme on le fait pour un film; mais un film restera identique à la seconde vision, c'est notre perception qui pourra changer. Avec le spectacle vivant, même si la pièce est identique, même si les chansons sont les mêmes que celles jouées à Paris ou à Lyon, le spectacle sera différent car il dépend d'une performance unique. Parler d'un concert revient à évoquer son expérience, les émotions procurées. Votre cher Borat va donc vous évoquer ce qui lui est arrivé le 23 septembre dernier. Initialement, j'aurais dû aller à la Scala pour la Nuit du bis de rentrée, celle où était diffusé Predator (John McTiernan, 1987) et La planète des vampires (Mario Bava, 1965). Un programme qui me donnait furieusement envie, d'autant que l'on parle de copies restaurées.

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En début d'été, j'apprends que le festival Des notes et des toiles (qui avait accueilli l'an dernier Eric Serra notamment) a invité les Goblin ou tout du moins Claude Simonetti et son groupe reprenant les morceaux de Simonetti. Je me tâte, j'attends le début août et par un coup de tête, je prends une place à la Fnac (comme ça, on fait un peu de placement de produit). Je n'avais jamais vu de concert. Il y a bien eu des trucs gratos avec des groupes locaux, mais on ne parlera honnêtement pas de concerts. Des prestations où l'on passe entre deux endroits conviendrait mieux. Rien à priori qui tient de l'expérience de la scène, de l'envie d'y aller pour ça uniquement. Puis surtout rien qui tient de la vraie affiche. A force de voir des concerts à la télévision ou en DVD, on a envie de passer à quelque chose de concret. Je n'avais jamais sauté le pas, faute de renseignements, faute d'envie et surtout de moyens d'y aller. Plus de problèmes de voiture, concert à proximité même si une bonne heure de route (Pont à Mousson), concert qui donne envie... Allez hop! Je connais les Goblin depuis un moment désormais. J'ai vu la plupart des films de Dario Argento de la période 70's-80's et l'empreinte des Goblin est immédiate sur ces oeuvres. De même pour l'ost de Zombie (George Romero, 1978) que j'avais vu bien avant et dont la musique s'imprime directement dans nos oreilles. 

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Ce n'est donc pas un hasard si j'ai eu envie d'aller voir et entendre des titres reconnaissables d'artistes que j'aime. D'autant que j'ai eu la chance de voir Phenomena (1985) et Ténèbres (1982) au cinéma et donc d'écouter leurs ost dans un contexte quasi-similaire. Pour faire attendre l'heure fatidique, le festival a eu la bonne idée de sortir une soundtrack de qualité, avec du John Williams et du Basil Poledouris (entendre Starship troopers dans une salle de concert, le rêve) pour ne citer qu'eux en fond sonore. Il tenait également à rendre hommage au compositeur François Eudes Chanfrault, décédé début mars et à qui l'on devait les bandes-originales d'Haute tension (2003), La colline a des yeux (2006) et Vinyan (2008). Un hommage vidéo avant que le réalisateur Alexandre Bustillo, pour qui il avait composé A l'intérieur (2006), ne vienne en parler avec émotion. Après cela, place à l'ami Claudio et ses musiciens déchaînés, s'exprimant avec un anglais à l'accent forcément un peu italien. La soirée s'est très bien passée, Simonetti se révélant plutôt enjoué derrière son synthétiseur, se permettant même deux petites cartes blanches en faisant des reprises du thème d'Halloween (John Carpenter, 1978), puis de l'introduction de Tubular Bells (Mike Oldfield, 1973) connue pour son insertion dans L'exorciste (William Friedkin, 1973). Ne vous faites pas d'illusion, la plupart des films cités plus haut ont eu droit à leur passage obligé, que ce soit le Romero, Les frissons de l'angoisse (1975) ou Suspiria (1977).

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Alexandre Bustillo

L'occasion de grands moments de musique made in 70's-80's, avec images à l'appui, danseuse au costume fortement couleur chair et show endiablé où solos de guitare et de batterie (signés Bruno Previtali et Titta Tani) se chevauchent. Du rock progressiste diront certains, de l'electro diront les autres, il en reste un spectacle plaisant, déchaîné et où les différents intervenants cassaient littéralement la baraque. Un pur plaisir aussi d'entendre pareils titres dans des conditions live de qualité (pas de problèmes de son et autres problèmes techniques). Vous ne croyez quand même pas que je vais vous laisser en plan, en ne vous donnant pas un peu de bon son à écouter pour enjoliver votre journée? Voici donc une playlist de morceaux entendus durant ce concert, ainsi que quelques photos de l'événement faites par mes soins (ne m'en voulez pas, j'ai fait avec l'endroit où je pouvais me faufiler). A la prochaine!

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Claudio Simonetti, rockstar du soir.

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Simonetti et son guitariste Bruno Previtali.

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11 novembre 2016

Leonard s'en est allé, sa musique reste

A l'heure où votre cher Borat parle, le cinéma vient de perdre le célèbre Robert Vaughn. Les plus vieux lecteurs de ce blog (rien de méchant mes amis, restez avec nous) le connaissaient pour son rôle dans la série d'espionnage récemment adaptée par Guy Ritchie, The Man from UNCLE (1964-68). Les plus attachés au cinéma se rappelleront certainement mieux du mercenaire avant tout là pour l'argent dans le remake des Sept samouraïs signé John Sturges (1960). Pas son rôle le plus connu, mais indéniablement une gueule reconnaissable. Mais aussi le méchant de Superman 3 (Richard Lester, 1983), créateur d'un ordinateur délirant visant à dominer le monde et à garder le pétrole rien que pour lui. Mais cet article improvisé du vendredi soir tient à rendre hommage à un autre artiste décédé en ce jour. Votre cher Borat n'est pas un grand connaisseur de Leonard Cohen. Son camarade 2flics vous en parlerait certainement mieux que lui (voir https://lebazardelaculture.wordpress.com/2016/10/27/quand-la-musique-tourne-you-want-it-darker/). La première fois que votre interlocuteur l'a connu était certainement au cinéma en ce jour fatidique du 4 mars 2009. Durant une séance où bons nombres de spectateurs sont partis, nous arrivions au moment fatidique où Dan Dreiberg aka le Hibou deuxième du nom (Patrick Wilson) se libérait enfin de sa timidité (et d'une possible avec la belle Laurie Juspeczyk aka Silk Spectre II (Malin Akerman).

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Les costumes s'enlèvent, les amoureux s'embrassent et là les premières notes d'Hallelujah selon Leonard Cohen (1984) résonne. Ne connaissant que la version ultra médiatisée de Jeff Buckley, l'écoute de cette version fut pour le moins étonnante mais plaisante. Beaucoup ont jugé cette scène de Watchmen (Zack Snyder) ridicule, voire poussive. Pourtant l'Hallelujah signifiait deux choses montrées de manière assez subtile, au delà du fait que ce soit une scène d'amour. En premier lieu, l'orgasme de Laurie symbolisé par un coup de lance flamme, mais surtout la délivrance de Dreiberg, cet homme semblant impuissant dès qu'il n'a pas son costume de super-héros et potentiellement puceau. Comme quoi, dans un film, une chanson bien choisie pour la bonne scène signe souvent un grand moment de cinéma. Il y a eu ensuite Nevermind (2014), générique de la seconde saison de True Detective (2015). Un morceau électrique et plus particulier, au rythme envoûtant jouant pile poil avec l'univers nocturne développé par le générique (un peu moins le cas de la saison en général). Crépusculaire, montrant Los Angeles loin des conventions établies par Michael Mann depuis Heat (1995), le générique de cette seconde saison est peut être moins marquant mais il a de la classe. Puis en septembre dernier, Leonard Cohen m'était revenu aux oreilles le temps du générique de War Dogs (Todd Phillips, 2016). Déjà citée dans Pump up the volume (Allan Moyle, 1990), les paroles d'Everybody knows (1988) dans un tel film apparaissent comme une mise en abîme amusante.

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Ainsi certaines paroles renvoient directement aux deux héros du film incarnés par Jonah Hill et Miles Teller, deux menteurs se servant de la guerre pour s'enrichir et en jouant avec les lois de leur pays. Ainsi, tout le premier couplet pourrait leur être consacrer. La mort de Leonard Cohen m'a fait penser à ces trois chansons en particulier, toujours comme vous avez pu le lire en rapport avec le cinéma et la télévision. Tout en ne se rendant pas compte qu'il était également sur les ost de films que j'ai vu tels Tueurs nés (Oliver Stone, 1994), Good morning England (Richard Curtis, 2009) ou Breaking the waves (Lars von Trier, 1996). A la prochaine...

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07 novembre 2016

Sommaire de T à chiffres

T

Le tableau
Tais-Toi !
Taken,  Take Shelter
Tamara

Le Tambour
Tango et Cash
Taram et le chaudron magique
Tarantula !
Tarzan

Tarzan Korkusuz Adam
Tatie Danielle
Le Tatoué
Taxi, Taxi 2, Taxi 3, Taxi 4, New York Taxi

Taxidermie
Taxi Driver
TC 2000

Tchao Pantin
Team America

Ted
Tell Tale

Témoin Muet
T'Empêches Tout le Monde de Dormir !
Les temps modernes

Tendre Dracula

 (la cave de Borat)
Le Terminal
Terminator, Terminator 2:Le jugement dernier, , Terminator 3:Le soulèvement des machines, Terminator Renaissance 
Terminator 2 Spectres A Venise
Terror Trap

Le Testament d'Orphée
Tetsuo The Iron Man Tetsuo The Bullet Man
Thank you for smoking
The Thaw

There Will Be Blood
The ThingThe Thing (2011)
Thirteen
This is it


Thor, Thor The Dark World
Thriller-A Cruel Picture
 (director's cut, la Cave de Borat)
Tigerland
Le Tigre Sort Ses Griffes

Tin Toy
Titan AE
Titanic
Titanic 2
Titeuf le film
Toi et Moi... Et Duprée
Tokyo Godfathers
Tokyo Girl Cop
La Tombe
Le tombeau des lucioles
Le Tombeur de ces Demoiselles
Tombstone
Tom et Jerry Les Meilleures Courses Poursuites
 

Tonnerre de Feu
Tonnerre sous les tropiques
Les Tontons Flingueurs
Toolbox Murders
Tootsie
Top Gun
Les tortues ninjaLes tortues ninja 2Les tortues ninja 3TMNT,  , 
Torture
The Tortured
The Torturer
Total Recall,  Total Recall(2012)
Touchez pas au Grisbi
La tour infernale
Tout ce qui brille

Tout le monde il est beau Tout le monde est gentil
The town
The Toxic Avenger
Toy Story, Toy Story 2, Toy Story 3
Traffic
Train


Training day
Trainspotting
Traitement de Choc
Trance


Transformers, Transformers 2 la revanche, Transformers 3 la face cachée de la Lune
Le transperceneige (film)
Le transporteur, Le transporteur 2, Le transporteur 3
La Traque des Nazis
La Traversée de Paris

La traversée du temps
The Tree of Life
Tremors 2
Le trésor de la lampe perdue
Triangle
Le Triangle du Diable

Troie
Troll 2

The Troll Hunter
 , Tron Legacy
True Grit
True Lies
The Truman Show
Tucker


Les Tueurs de L'Espace
Tueurs nes
The Tunnel
Tu Peux Garder Un Secret

Turbo
Turistas
Turkish Bruce Lee
Turkish Jaws
Turkish Rambo
Turkish Rocky
Turkish Star Trek
Turkish Star Wars, Turkish Star Wars 2
Turkish Superman
Twilight chapitre 1 fascination
, Twilight chapitre 2 tentation, Twilight chapitre 3 Hésitation  (les deux parties)
Twin Peaks Fire walk with me

U

Ultra Vixens
Un Air de Famille
Un amour de coccinelleLe nouvel amour de coccinelle, La coccinelle à Monte Carlo, La Coccinelle Revient
Un Chien Andalou

 (la cave de Borat)
Undead Or Alive
Un Drôle de Paroissien
Une Balle dans la Tête
Une Epoque Formidable
Une Femme Disparaît


Une histoire vraie
Une Vie Moins Ordinaire
Un fauteuil pour deux

Un Flic
Un Flic A La Maternelle
Un Homme et son Chien
Un Indien Dans La Ville
Universal Soldier


Un jour sans fin
Un Justicier Dans La Ville 2Le Justicier de New York Le Justicier Braque les Dealers
Un long dimanche de fiançailles
Un monde parfait

Un monstre à Paris
Un Nommé Cable Hogue

Un Papillon Sur L'Epaule
Un poisson nommé Wanda

Un Prince A New York
Un prophète
Un Seul Deviendra Invincible 2, Un Seul Deviendra Invincible 3
Un Taxi Pour Tobrouk

The Untold Story
Un Tramway Nommé Désir
The Underdog Knight


L'Univers et ses MystèresA la recherche d'amas cosmiques, L'Etoile de la Mort, Guerres SpatialesPulsars et QuasarsDix moyens de détruire la Terre, Tombés de L'Espace, Une Autre Terre, Stopper L'Armageddon, Sexe Dans L'Espace, Au Bord de l'espace, Phénomènes Cosmiques, Visages Extraterrestres, La Vitesse de la Lumière, La Fin de la Terre, Saturne et ses Anneaux, A la recherche de la vie extra-terrestre, Le Soleil L'Etoile Mystérieuse, Eclipse Totale, Sept Merveilles du Système SolaireEnergie ExtrêmeTempête MagnétiqueUnivers LiquideVivre dans l'espaceLe Jour Où La Lune MourutMars Nouveaux Indices, Science Fiction Fait Scientifique, Matière Noire et Energie Sombre, Le secret des sondes spatiales, Voyage dans le Temps      

Unstoppable
Unthinkable
Urban Legend
Urotsukidoji La Légende du Démon,  ,  

V

V pour vendetta
Vacances à Hawaï
La Vache et le Prisonnier
Vahsi Kan
Valentine's day

Valhalla Rising Le Guerrier Silencieux
La Vallée
La Vallée de Gwagi
Valse avec Bachir
La Valse des Pantins

Les valseuses
Vampires
Vampires (2010)
Vampire vous avez dit vampire?, Vampire vous avez dit vampire 2, Fright night
Van Helsing
Le Veilleur de Nuit
Vendredi 13, Vendredi 13 chapitre 8 L'Ultime Retour, Jason Va En Enfer,  Jason X
La Vengeance de l'Aigle


La verite si je mens, La verite si je mens 2, La vérité si je mens 3
Versus L'Ultime Guerrier
Very Bad TripVery Bad Trip 2
The Victim
Vidocq


La vie de Brian
La Vie des Autres
La Vie Est Belle (1948)La Vie Est Belle
La vie est un long fleuve tranquille

Vie et Légende d'Anne Frank
Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine
La Vierge de Nuremberg
La Vie Secrète de Jeffrey Dahmer
Le Vieux Fusil

Vijayendra Varma-Power of an Indian
Le Village des Ombres
Vincent
The Vindicator

Violette Nozière
Vipère Au PoingVipère Au Poing (2004)
Virgin Suicides
Les Virtuoses
Virus Cannibale
Les Visiteurs; Visitor Q


Vol 93
Vol au dessus d'un nid de coucou
Volcano

Le Voleur d'Arc En Ciel
Volt
Volteface
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
Voyage Au Bout de L'Enfer

Voyage au centre de la Terre
Le voyage de Chihiro
Le Voyage Fantastique
Les Voyages de Gulliver (1939)
Le Voyeur

W

Waking Sleeping Beauty
The Wall (album et film)
Wallace et Gromit Une grande excursion, Wallace et Gromit Un Mauvais Pantalon, Wallace et Gromit Rasé de près, Wallace et Gromit Le mystère du lapin-garou
Wall-e
Wall Street, Wall Street 2: L'argent ne dort jamais

Wanted choisis ton destin
The Ward

 
WarGames
Warrior
Wasabi
Watchmen

Waterworld
Wayne's World, Wayne's World 2


Welcome to the Jungle
Wendigo
When we were kings
Where The Dead Go To Die 
The White Zombie


Wilderness
Wild Wild West
Willow

 
W. L'Improbable Président
Wolf Creek
Wolfman (2009)


World Trade Center
World War Z
The Wrestler
Wyvern

X

X Men, X Men 2, X Men 3 l'affrontement final, X Men Origins Wolverine, X Men First Class The Wolverine,   ,  
XXXXXX 2 The Next Level

Y

Yamakasi
Y A-T-Il Un Exorciste Pour Sauver Le Monde 
Y a t-il un pilote dans l'avion
Les Yeux de Julia
Les Yeux du Désir
You're next

Z

Z
Zero Dark Thirty
Zidane Un Portrait Du XXIème Siècle
La Zizanie
Zodiac
Zombi 3
Zombie Diaries 2


Zombie Holocaust
Zombie Honeymoon
Zombie Lover
Zombies Anonymous
Zombies Of Mass Destruction
Zookeeper

Zontar La Chose de Vénus

Chiffres

Deux heures moins le quart avant JC
Les Deux Visages de Christie
Two Lovers
3 Enfants Dans Le Désordre
3H10 Pour Yuma


Trois Jours A Vivre 2
3 Mighty Men
3 Zéros

Quatre Garçons dans le Vent
Quatre mariages et un enterrement
La quatrième dimension le film
Five Across The Eyes
Le cinquième élément


La 7ème Cible
Les 7 Grands Maîtres de Shaolin
Les 7 Momies
Les sept samouraisLes sept mercenaires 
7venty 5ive
8 mm
Le Huitième Jour

Neuf mois ferme
Les 10 Commandements
Les 12 Salopards
Twelve years a slave
Le 13eme guerrier


21 Jump Street 
La 25ème heure
28 jours plus tard, 28 semaines plus tard
30 Jours de Nuit 2
La 36ème Chambre de Shaolin
36 Quai des Orfèvres
40 ans toujours puceau
99 F
100 Feet

100 Tears
Les 101 dalmatiens
127 heures
187 Code Meurtre

300,  
Les Quatre Cents Coups

1001 pattes
1941
1984 (Anderson), 1984 (Radford)
2001 L'Odyssée de L'Espace

2001 Maniacs 2001 Maniacs Field Of Screams
2012
2012 Supernova
2019 Après la Chute de New-York
10000

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Sommaire de P à S

P

Le Pacha
Pacific rim
Le pacte des loups
Le Pacte du Sang
Pain and gain
Pale Rider

Panic Room
Panic Sur Florida Beach
La Panthère Rose, Quand l'inspecteur s'emmêle, Le retour de la Panthère Rose, Quand la Panthère Rose s'emmêle, La malédiction de la Panthère Rose, A la recherche de la Panthère Rose
Paperman
Papillon
Paprika
Papy Fait de la Résistance
Paranoiak
Paranormal ActivityParanormal Activity 3

ParaNorman
Pardonnez-Moi
Le Parfum Histoire D'Un Meurtrier
Le Pari
Paris
Paris by Night of the Living Dead

Paris Je T'Aime
Le ParrainLe Parrain-2ème partie, Le Parrain 3
Partly Cloudy
The Party
Partysaurus Rex
Pas de printemps pour Marnie
La Passion de Jeanne d'Arc
La Passion du Christ
Patrick


Paul
Payback
Paycheck

 (la Cave de Borat)
Pearl Harbor
Pearl Jam Twenty
Peggy Sue s'est mariée
Pendez-Les Haut Et Court


People
Les Pépées font la loi
Percy Jackson le voleur de foudre

Perdus dans l'Espace
Le Père Noël Contre Les Martiens
Perfect blue
Le Péril Jeune
Persepolis

Persona
Peter et Elliott le dragon
Peter Pan
La Petite Boutique des Horreurs
La petite sirene
Petit Massacre Entre Amis
Les petits mouchoirs
Le Petit Vampire
Le petit dinosaure et la vallée des merveilles
Le Peuple de l'Enfer
Peur Bleue

Peur sur la Ville
Phantom Of The Paradise
Phantoms
Le Phare du Bout du Monde
Phenomena
Philadelphia
Philosophy of a Knife
Phone game
Pi
Piège à Hong Kong
Piege de cristal, 58 minutes pour vivre, Une journee en enfer, Die Hard 4 retour en enferDie Hard 5 

Piège Mortel à Hawaï, Return to the Savage Beach
Pinocchio
Le Pion
Piranha 2 Les Tueurs Volants, Piranha 3D
Les Pirates bons à rien mauvais en tout
Pirates des CaraÏbes: La malédiction du Black Pearl, Le secret du coffre maudit, Jusqu'au bout du monde, La fontaine de Jouvence
La Piscine
Pitch Black, Les chroniques de Riddick Riddick Dead Man Stalking
The Place beyond the pines
La plage


Plan 9 From Outer Space
La planete au tresor
La planète des singes (1968), Le secret de la Planète des singes, Les évadés de la Planète des singes, La Conquête de la Planète des Singes, La planète des singes(2001), La Planète des Singes Les Origines
La Planète Fantôme
Planète Interdite
Platoon


Le plus beau métier du monde
Pocahontas
Point Break
Pokémon le film
Le Pôle express
Police Academy

Police Fédérale Los Angeles
Polisse
Poltergeist
Pompoko

Le Pont (2008)
Le Pont de la Rivière Kwaï
Pontypool
Ponyo sur la falaise


Porcherie
Porco Rosso
Braddock Portés Disparus 3

Poséidon
Possession
Postal
Postman
The Poughkeepsie Tapes
Pouic-Pouic
Pour 100 Briques T'As Plus Rien !
Pour Qui Sonne Le Glas
Pour une poignee de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon la brute et le truand


Predator, Predator 2, Predators
Predictions
Prends Ta Rolls... Et Va Pointer !
Presque celebre
Le prestige

Presto
Présumé Coupable
Prête-Moi Ta Main
Pretty Woman
Primal
Primale
Le prince d'Egypte
Prince des Ténèbres

Prince of Persia les sables du temps
La princesse et la grenouille
Princesse Mononoké
Priscilla folle du désert
Prison (1988)
Prisoners
Prisonniers du temps

Le professeur FoldingueLa famille Foldingue
Le professionnel
P.R.O.F.S
Le Projet Blair Witch
Projet X
Les promesses de l'ombre

Promotion canapé
Le Proviseur
Psychose
Public Enemies
Le Pull-Over Rouge
Pulp Fiction
The Punisher (1989), The PunisherPunisher War Zone

Purana Mandir
Purple Rain
Push
Pusher, Pusher 2Pusher 3
Python

Q

Le Quai des Brumes
Quand l'Embryon Part Braconner
Quand les aigles attaquent
Quand les Dinosaures Dominaient le Monde
Quand les nazis filmaient les ghettos
Queen Kong
Que la Bête Meure

 (la cave de Borat)
Qui veut la peau de Roger Rabbit?
Quizz Show

R

The Rage
 (la Cave de Borat)
La Rage du Tigre
Raging Bull
The Raid,  Rain Man
Les Raisins de la Colère

Les Râleurs Font Leur Beurre
Rambo, Rambo II La mission, Rambo III, John Rambo
Rampage
Rango
Rashomon
Raspoutine Le Moine Fou
Ratatouille

Ratman

 (la cave de Borat)
Razorback
Real Steel
Re-Animator
Rebecca
Rec, Rec 2
Red Red 2
Redline
Red's dream
 (la Cave de Borat)
Red Water

The Reef
Regain
La Règle du Jeu
La reine des neiges
La releve


Rencontres du Troisième Type
Renaissance
Le Repaire du Ver Blanc
Reportages de Guerre Diviser Pour Régner

Reptilicus
Les Reptiliens
Requiem for a dream
Requiem pour un massacre

Les Rescapés de Sobibor
Rescue Dawn
Resident Evil, Resident Evil Apocalypse, Resident Evil ExtinctionResident Evil Afterlife
Resurrection County

Retour à la fac
Le Retour des Morts-Vivants
Retour vers le futur, Retour vers le futur 2, Retour vers le futur 3
Retroactive

La Revanche de la Créature
La Revanche de Pinocchio
La Revanche des Mortes Vivantes

La Révolte des Triffides
Les Révoltés de l'An 2000

Ricky Bobby roi des circuits
Le rideau dechire
Les Ripoux
Risky Business
Le Rite
Les rivieres pourpres, Les rivières pourpres 2
road trip
Robin des Bois
Robin des Bois prince des voleurs
Robin Hood
Robocop, Robocop 2, Robocop 3


Le Robot des Glaces, L'histoire de Trunks
Robot Jox
Robot Monster
Robots 2000 Odyssée Sous-Marine
Robo Vampire
Robowar
Rock (1996)
Rock academy
Rock Aliens
Rock of ages
Rocky,  Rocky 2, Rocky 3 l'oeil du tigreRocky 4, Rocky 5Rocky Balboa


Le Roi des Cons

Le Roi Lion
Les rois du désert

Les Rois Mages
Rollerball (1975), Rollerball(2002)
Roméo et Juliette
Les Rongeurs de l'Apocalypse
Rosemary's Baby
R.O.T.O.R.
La Route
La route d'Eldorado


Rox et Rouky
Le royaume de Ga'Hoole-la legende des gardiens
Rubber
Rue Barbare
La Ruée Vers L'Or
Les Runaways
Running Man
Rush

S

Sacré Graal
Sacré Robin des Bois
Le Sadique à la Tronçonneuse
Sailor et Lula

Le Saint (1997)


Le Saint de Manhattan
Le salaire de la peur
Salo ou les 120 Journées de Sodome
Saludos Amigos, Les trois caballeros
Salvage
Samuraï Cop
Samourais


San Antonio
Sanctum


Santa Sangre
Sarkozy vampire des médias
Sars Wars Bangkok Zombie Crisis
Saute mouton
Sauvez Willy

Savages
Savulun Battal Gazi Geliyor
Saw
Saw 2Saw 3Saw 4Saw 5Saw 6 
Scanners, Scanners 2
Scarface
Scary Movie, Scary Movie 2, Scary Movie 3, Scary Movie 4 Scary Movie 5

 Le Schpountz
Les Schtroumpfs
La Science des Rêves

Scooby doo, Scooby doo 2
Scott Pilgrim vs the world
Scourge
Scrapbook
Scream, Scream 2, Scream 3, Scream 4
The secret

Le Secret de Kelly-Anne
Le secret de la pyramide
Le Secret du Lac Salé
The Secret life of Walter Mitty

La Secte Sans Nom
Sectes Enfants Sous Emprise
Le Seigneur des anneaux, Le Seigneur des anneaux (1978), The Hobbit: Un voyage inattenduLa désolation de Smaug 
Le sens de la vie
Le Sens du Devoir
Les sentiers de la perdition
Le Septième Voyage de Sinbad

 (Cave de Borat)
Serial Noceurs
Série Noire 
Le Serpent


Serpico
Se Souvenir des Belles Choses
Seul au monde


Seven
Sexcrimes, Sexcrimes 2
Shadow
Shakma
Shank
Shaolin Contre Mantis
Shark Attack-Alerte Aux Requins, Shark Attack 3
Shark In Venice

 (la Cave de Borat)
Sharktopus
Shark Zone
Shaun of the dead
She Creature
Sheitan

Shérif Fais-Moi Peur
Sherlock Holmes
Sherlock Holmes Attaque L'Orient-Express
Shine a light
Shining
Shoah

Shocking Asia
Shoot'Em Up
Showgirls
Shrek, Shrek 2, Shrek le troisième, Shrek 4 il était une fin 
Shutter Island


Sidekicks
Signes
Le Silence des Agneaux, Hannibal, Hannibal Lecter Les Origines du Mal
Le Silence Qui Tue
Silent Hill
Silent Running
Les Simpson Le Film
Sin City 


The Skeptic
Slaughtered Vomit Dolls
Sleepy Hollow
Slice
Slugs

Small Fry
Small Soldiers
Snake eyes
Snuff 102
The Social Network
La soif du mal

Soldier
Soleil Rouge
Soleil Vert
Solitaire

Someone's Knocking At The Door


Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama
SOS Fantomes, SOS Fantomes 2 


La Soupe Aux Choux
Source Code
La souris
Les Sous-Doués passent le bac
Sous le Signe du Scorpion


Le sous sol de la peur
Southland Tales
South Park le film


Space Cowboys
Space Jam


Spanish Movie
Spartacus
Spartatouille
Spawn
Speed 2 Cap sur le Danger
Speed Racer
Spider Man, Spider Man 2, Spider Man 3, The Amazing Spider man 
Spiders
Spider Web


Spirit l'etalon des plaines
Spirit Trap
Splice
Spring Breakers


St Jacques La Mecques

Stag Night
Stake Land
Stalingrad
Stand By Me
Starcrash Le Choc des Etoiles

Stargate
Starko
Starman
Starship TroopersStarship Troopers 2
Starsky et Hutch
Star Runners Les Convoyeurs de L'Espace
Star Trek le filmStar Trek II La colère de Khan Star Trek III A la recherche de Spock, Star Trek IV Retour sur TerreStar Trek V L'ultime frontièreStar Trek VI Terre InconnueStar Trek Premier contactStar Trek Star Trek Into darkness 


Star Wars-episode I la menace fantôme, Star Wars-episode II l'attaque des clones, Star Wars The Clone Wars, Star Wars-episode III la revanche des sith, Star Wars-episode IV la guerre des étoiles, Star Wars-episode V l'empire contre attaque, Star Wars-episode VI le retour du jedi Star Wars Holiday Special  


Stauffenberg L'Attentat


Story of Ricky


La stratégie Ender

Street Dance 2
Street Fighter
Streetfighter La Rage de Vaincre
Strike Commando, Strike Commando 2
Striptease
Stuck Insitinct de Survie
Sucker Punch
Sueurs froides
Sugarland Express
Sulfures
 (la Cave de Borat)

Summer Wars
Sunshine
Super (2011)
Super 8

Supercroc

Superflic Se Déchaîne
Supergrave
Super Heros Movie
Superman (1978)Superman 2Superman 3, Superman 4, Superman ReturnsMan of steel

,
Super Mario Bros

Super Noël, Hyper Noël
Super Shark
Supervixens
Sur la piste du Marsupilami
Sur la route de Madison
Sur mes levres


Le survivant
Survivant(s)
Les Survivants

Les Survivants de L'Infini
Surviving Evil
Suspiria

 (Cave de Borat)
Sweeney Todd le diabolique barbier de Fleet Street
Sweet Sixteen
Le Syndicat du Crime, Le Syndicat du Crime 2Le Syndicat du Crime 3

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Sommaire de K à O

K

Kaboom
Karate Kid (1984), The Karate Kid (2010)
Karate Tiger Le Tigre Rouge,  Karate Tiger 2
Ken Le Survivant (1986), Ken Le Survivant, Hokuto No Ken La Légende de Toki,  Hokuto No Ken L'Ere de RahoShin Hokuto No Ken

Ken Park 
Kick Ass Kick Ass 2 Balls to the wall
Kickboxer
Le Kid
Kiki la petite sorcière
Kill Bill
The Killer
Killer CrocodileKiller Crocodile 2
Killer Joe
Killer Shark
Kill For Love
The Killing Of Satan
The Killing Room

Killing Them Softly
Kinatay
King Cobra
Kingdom of heaven
King Kong(1933), King Kong (1976), King Kong 2, King Kong(2005), King Kong contre Godzilla King Kong Revient
The King Of New York


Kiss Kiss Bang Bang
Klaus Barbie Sur les Traces d'Un Criminel
Knick Knack
Komodo
Kramer contre Kramer

 (l'antichambre de Borat)
Kronos Le Conquérant de L'Univers


Kung-Fu Kid
Kung Fu Panda 2
Kung Pow Enter The Fist
Kuzco l'empereur megalo

L

 (la Cave de Borat)
Le Labyrinthe de Pan
Lacombe Lucien
LA Confidential
Le Lagon Bleu
La haut

Lake Placid Final Chapter
Landru
Les Langoliers
Lara Croft Tomb Raider, Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie
Les Larmes du Soleil
Last Action Hero

Lastikman
The Last man on Earth
The Last Stand
Le Lauréat
Laurel et Hardy en Croisière
Lawless
Lawrence d'Arabie


La leçon de piano
Lectures Diaboliques
Legend
La legende de Beowulf


Léon
Le Libertin
Life of Pi
La ligne rouge
La ligne verte
Lilo et Stitch

Lincoln
La Liste de Schindler
Little Big Man
Little Miss Sunshine


Le livre de la jungle (1942)Le livre de la jungle (Disney),  (l'antichambre de Borat)
Le livre d'Eli
Le Locataire


La loi et l'ordre
Les lois de l'attraction
Lolita

The Lone Ranger
Long Time Dead
Long Weekend
Looper
Lord of war
Lost Highway
Louise Michel
Le loup de Wall Street
Le loup garou de LondresLe loup garou de Paris
Lovely Bones
 (la Cave de Borat)
Lucky Luke Daisy Town, Lucky Luke (1991), Lucky Luke


Les Lumières de la Ville
La Luna
Luxo Jr

M

Mac et Moi
La Machine A Explorer Le Temps

The Machine Girl
Maciste contre les Hommes de Pierre 
Madagascar, Madagascar 2


Madame Irma
Mad Max, Mad Max 2, Mad Max au dela du dome du tonnerre
Mad Monkey Kung-Fu
Mad Mutilator
The Magdalene Sisters
Le magicien d'Oz,  
Magic Kid
Magic Mike

Le magnifique
Magnolia
La main au collet
La Main Rouge du Diable
La Maison de Cire

Mais Où Est Donc Passée La 7ème Compagnie, On A Retrouvé La 7ème Compagnie
Mais qui a tue Harry
Mais qui a tué Pamela Rose

La Maison du Docteur Edwardes
Le Maître d'Ecole
Le maitre de guerre
Les Maîtres de L'Univers
Les Maîtres du Temps

La MalédictionLa Malédiction Finale, 666 La Malédiction
La Malédiction des Hommes-Chats
La Malédiction des Whateley
Maléfiques
Malibu High
Mamà

La Maman et la Putain
Maman J'Ai Raté L'Avion, Maman J'Ai Encore Raté L'Avion 
Mamma Mia !
The Man From Earth
The man from nowhere

Maniac (2013)
Maniac Cop
Maniac Trasher
Man on fire
Man on the moon
Manos The Hands Of Fate
The Manson Family


Marathon Man
La Mariée Etait En Noir
La Marque

Marquis de Sade-Justine
Mars Attacks
Mars Un Monde Aquatique


Martyrs

Mary et Max
Mary Poppins
The Mask

Ma sorcière bien aimée
Le masque de Zorro
La Légende de Zorro
Masques

Massacre A La Tronçonneuse (1974), Massacre A La Tronçonneuse 2, Massacre A La Tronçonneuse (2003), Massacre A La Tronçonneuse Le Commencement

The master
Ma Super Ex
Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions
La Mauvaise Education
Mauvaises Fréquentations

Ma Vache et Moi
Ma vie avec Liberace
Ma Vie Est Un Enfer
Max et les Maximonstres
Maximum overdrive
Max Payne


Megan Is Missing
Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Shark Vs Crocosaurus, Mega Python Vs Gatoroid
Megasnake
La Meilleure Façon de Marcher
Mein Kampf

Melancholie Der Engel
Mélodie Cocktail
Mélodie du sud
Memento
La memoire dans la peau, La mort dans la peau, La vengeance dans la peau (la cave de Borat), 


Menace 2 Society

Men In Black, Men In Black II, Men In Black 3
Mensonges d'Etat
Menteur menteur
Le Mépris
Merlin l'enchanteur
Mes meilleures amies
Mes meilleurs copains

Le Messie du Mal
Le Météore de la Nuit
Metropolis
Meurtre à Hollywood

Meurtre au Soleil
La meute
Miami Vice
Michel Vaillant
Micmacs a tire larigot


Midnight Express
Midnight Meat Train

 (l'antichambre de Borat)
Millenium le film

Millennium actress
Miller's Crossing
Million Dollar Baby
 (la Cave de Borat), Mimic 2
Minority Report


Miracle sur la 8ème rue

Le Miroir A Deux Faces
Les Misérables (1958)
Misery
Miss Daisy et son Chauffeur
Mission Evasion
Mission Impossible, Mission Impossible 2, Mission Impossible 3MI Ghost Protocol

Mission to Mars
Mississippi Burning
The Mist
Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée
Moi moche et mechant

Moi Tintin
La momie, Le retour de la momie, La Momie la tombe de l'empereur dragon
La Momie Aztèque contre le Robot

Mon Beau-Père Et Moi


Le monde de Narnia-Chapitre I le lion la sorcière blanche et l'armoire magique, Le monde de Narnia-Chapitre II Le prince Caspian,
Le monde de Narnia L'odyssée du passeur d'aurore

Le monde de Nemo,  
Le Monde Perdu (1925)
Les mondes de Ralph
Les Mondes Futurs

Les mondes perdus au cinéma
Mondo CaneMondo Cane 2
Mondwest

 (l'antichambre de Borat)
Mon Nom Est Tsotsi
The Monolith Monsters
Mon oncle

Monsieur Verdoux
Monsters
Monsterwolf
Le Monstre Vient de la Mer
Les Monstres de L'Espace
Monstres et cieMonstres Academy
La Montagne Sacrée
Mon voisin Totoro
Moon
Moontrap
Moonwalker

 (l'antichambre de Borat)
Morse, Let me in


Mortal KombatMortal Kombat Destruction Finale
La Mort au Large
La mort aux trousses
La Mort Etait Au Rendez-Vous
La Morte Vivante
Mort Ou Vif
Mort subite

Les Morts-Vivants
Mosquito
The Mother
Mother's Day


La Mouche NoireLe Retour de la Mouche, La Malédiction de la Mouche, La moucheLa Mouche 2
Moulin Rouge
Mr Brooks
Mulan
Mulberry Street

Mulholland Drive
Multiple Maniacs
Munich
The Muppets
Le Mur de l'Atlantique
The Murderer
Murders In The Zoo

Murder Loves Killers Too
Music Box
My Soul To Take
Le Mystère Andromède
Le Mystère de Vénus
Mystic River

N

Naissance d'une nation
Nathalie Dans L'Enfer Nazi
The Necro Files
Ne le dis à personne


Né Un 4 Juillet
Never Foget
Neverland
Never Let Me go
Never Say Never

 (la cave de Borat)
New York 1997Los Angeles 2013
New York ne répond plus


Night and day


Night of the Demons
Niki Larson
Nikita
Nine
Nine Dead


Ninja Assassin
Le Ninja Blanc
No Country for old men
Les noces funebres
Les noces rebelles

Notorious Big

Notre ami le rat
N'Oublie Pas Ton Père Au Vestiaire
Nous Sommes La Nuit
Le Nouveau Jean-Claude
Le nouveau monde
Les Nouveaux Barbares
Nouvelle Cuisine


La nouvelle voiture de Bob
Nude Nuns With Big Guns
La Nuit de la Mort
La nuit des morts vivants, Zombie, Le jour des morts vivants, Land of the dead, Diary of the dead
La Nuit des Traquées

La Nuit des Vers Géants
La Nuit du Chasseur
Nuit et brouillard
La nuit nous appartient
Les Nuits Avec Mon Ennemi
Numero 9

O

Oblivion
Obsession
Ocean's eleven
Octaman
L'Oeil de Vichy

L'oeil du mal

 (la cave de Borat)
Les oiseaux
Old boy
Oliver et compagnie
Omar M'A Tuer
On a volé la cuisse de Jupiter

Once Vatan
On L'Appelle Catastrophe
Only God Forgives
Open Range
Open Water En Eaux Profondes, Dérive Mortelle
Opération espadon
Orange mécanique
Orcs
L'ordre et la morale


L'Orphelinat
Oscar (film)
OSS 117 Le Caire nid d'espion, OSS 117 Rio ne répond plus


The Other Guys

 (la cave de Borat)
Outland Loin de la Terre
Out of Africa

Out of the furnace
Outrage (2010)
Outreau-L'Autre Vérité
Ouvert 247

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Sommaire de G à J

G

Gacy
Gainsbourg(vie heroique)

Galaxy Quest
The Game

Gandahar
Gandhi
Gangs of New York
Gangster Squad
Garou-Garou Le Passe Muraille
The Gate 2

Gatsby le magnifique (2013)
Gazon maudit
Le géant de fer
Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme Se Marie, Le Gendarme et les ExtraterrestresLe Gendarme A New YorkLe Gendarme En BaladeLe Gendarme et les Gendarmettes

Génération Perdue
George de la jungle
Get Carter
Ghost
Ghost Dog
Ghost in the shellInnocence
Ghost RiderGhost Rider 2
Ghosts of Mars
The Ghost Writer
Ghoulies 2, Ghoulies 3
The Giant Claw
GI Joe
The Gingerdead Man

The Girl Next Door (2007)
The Girl with the dragon tattoo
Gladiator
Glen or Glenda

Goal 2 la consécration


Godspeed
Godzilla (1954)Le Retour de Godzilla, Godzilla Vs Megalon,  Godzilla
Goemon The Freedom Fighter
Goldorak contre Great Mazinger
Gomorra
Good Morning England


Les Goonies
Gorgo

Goshu le Violoncelliste
Le Goût des Autres
Grace
Le Grand Bazar
Le Grand Blond Avec Une Chaussure Noire
Le Grand Chemin
La grande course autour du monde

Les Grandes Gueules
Les Grandes Vacances
La Grande Vadrouille
Le Grand Restaurant
Le Grand Sommeil
Le Grand Tournoi
Gran Torino

Gravity
The Green Elephant
Green Lantern
Green Zone
Gremlins, Gremlins 2 la nouvelle generation
The Grey
Greystoke La Légende de Tarzan

Les griffes de la nuit, La Revanche de Freddy, Les Griffes du Cauchemar, Freddy chapitre 5 L'Enfant du Cauchemar, Freddy 6 L'Ultime Cauchemar, Freddy 7 Freddy Sort de la Nuit
Le Grinch
Grindhouse
La Guerre des Boutons (1961), La Guerre des Boutons (2011)
La guerre des mondes(1954), La guerre des mondes(2005)


La guerre des Rose
Les Guerriers de la Nuit
Guinea Pig: Flowers of Flesh and Blood, Devil's Experiment


H

La Haine
Halloween, Halloween 2, Halloween 3, Halloween 4Halloween 5, Halloween 6Halloween 20 Ans Après, Halloween Resurrection, Halloween (2007), Halloween 2 (2008)


Hancock

Hanuman and the Five Kamen Riders

Happiness Therapy
Happy Feet
Hard Rock Zombies
Harpoon

Harry Potter A L'Ecole des Sorciers, Harry Potter et la Chambre des Secrets, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu; Harry Potter et l'ordre du phénixHarry Potter et le prince de sang mêlé, Harry Potter et les reliques de la mort
Hatchet 2


Haute Sécurité
Haute Tension
Heartless
Heartstopper
Heat
HellboyHellboy 2 les legions d'or maudites

Hell Comes To Frogtown
Hell Driver
Hellraiser 3
The Help
Hercule


Hercule A New York
Hercule et Sherlock
Hereafter
Les Héritiers du Docteur Mengele

Héroïnes
Héros
Hibernatus
Hidden, Hidden 2
Hierro

High Fidelity

Highlander, Highlander Le Retour, Highlander 3, Highlander EndgameHighlander The Source

High School Musical (saga)
Highwaymen La Poursuite Infernale
Histeria

Hitcher, 

Hitman

Hitman le Cobra
Hobo with a Shotgun
The Hole
Hollow man
L'Homme-Araignée, La Riposte de l'Homme-Araignée
L'Homme de l'Ouest

L'homme de Rio
L'homme des hautes plaines
L'Homme des Vallées Perdues
L'homme orchestre
L'Homme Puma
L'Homme Qui Murmurait A L'Oreille Des Chevaux
L'Homme Qui Rétrécit

La Honte de la Jungle
Hook
Hope and Glory
La horde
La Horde Sauvage
Horribilis
Horror Cannibal, Horror Cannibal 2
Hors de controle

 (la cave de Borat)
Hors la loi
Horton
The host
HostelHostel Chapitre 2 
Hôtel du plaisir pour SS
Hôtel Rwanda
Hot Fuzz
Hot Shots !,  


House of Bones
Howard the duck
Hugo Cabret
HulkL'incroyable Hulk
Humains

Hunger games Hunger games L'embrasement
Hurlements, Hurlements 2
Hush en route vers l'enfer
Hyper Tension 2
Hypnose
Hysterical

I

I comme Icare
Il Etait Une Fois Le Bronx
Il Etait Une Fois Dans L'OuestIl était une fois en Amérique
Il Etait Une Fois En Chine, Il Etait Une Fois En Chine 3
Il Etait Une Fois Le Cosmos
Il Était Une Fois... Louis de Funès
Il faut sauver le soldat Ryan


L'Île de la Terreur
L'Île des Morts-Vivants
L'Île Inconnue
L'Île Mystérieuse

L'Illusionniste
I love you Phillip Morris
Ils
Ilsa la Tigresse du Goulag
Ils sont fous ces sorciers

L'immortel
Les immortels
L'impasse
Impitoyable
The Impossible

L'Impossible Monsieur Pipelet
Incassable
Inception
L'inconnu du Nord Express
Les incorruptibles
L'incroyable voyage 2 à San Francisco

Incubus (1966)
Independence Day
L'Indestructible

Les Indestructibles
Indigenes

L'Inévitable Catastrophe
Infection
Les Infidèles
Les infiltres
The Informant
Inglourious Basterds


Innocent Blood
Insane
Insanitarium
Inseminoid
Inside Man


Insidious

 (Cave de Borat)
L'Inspecteur Harry, Magnum Force, L'Inspecteur ne Renonce Jamais, Le Retour de l'Inspecteur Harry, L'Inspecteur Harry Est La Dernière Cible 
Inspecteur La Bavure
International Guerillas


Intolérance
Into The Wild
Intouchables

L'invasion des profanateurs de sépultures, L'Invasion des Profanateurs, Body Snatchers, Invasion (2007)
Invasion Los Angeles
L'Invasion vient de Mars
Invictus
The Invisible Man

I Robot
Iron Man, Iron Man 2, The Invincible Iron Man Iron Man 3
Irréversible

The Island
I Spit On Your Grave (1978)I Spit On Your Grave 2
It Came From Hollywood
It Waits

J

J'ai Rencontré Le Diable
Jackass 3D
Jack Brooks Tueur de Monstres
The Jacket
Jack FrostJack Frost (1996)
Jackie Brown
Jack le chasseur de géants
Jack L'Eventreur Partie 1, Jack L'Eventreur Partie 2
Jackpot

Jack Reacher
James Bond:  James Bond contre Dr No, Bons baisers de RussieGoldfinger, Opération tonnerre, On ne vit que deux foisCasino Royale (1967), Au service secret de sa Majesté, Les diamants sont éternelsVivre et laisser mourirL'homme au pistolet d'orL'espion qui m'aimait, MoonrakerRien que pour vos yeux, OctopussyJamais plus jamais, Dangereusement Vôtre, Tuer n'est pas jouer, Permis de tuer, GoldenEyeDemain ne meurt jamaisLe monde ne suffit pas, Meurs un autre jour, Casino Royale, Quantum of Solace, Skyfall
James et la pêche géante
Le Jardin du Mal
Jarhead
Jason et les Argonautes
JCVD
Jean de Florette, Manon des Sources
Jean-Philippe
J Edgar

 (l'antichambre de Borat)
Jennifer's body

Jerry Maguire
Je Suis Moche et J'Emballe

Je suis timide mais je me soigne
Je suis une légende
La Jetée

Le Jeu de la Mort
Jeu D'Enfant
, Chucky 3 

Jeune et jolie
La Jeune Fille et la Mort
La Jeunesse Sous Hitler, La Jeunesse Sous Hitler Episode 3La Jeunesse Sous Hitler Episode 4, La Jeunesse Sous Hitler Episode 5
Jeux Interdits
je Vais Bien Ne T'En Fais Pas

J'irai Cracher Sur Vos Tombes


John Carter
Johnny S'En Va-T-En Guerre
John Wayne et les Cowboys


Le Joli Coeur
Josey Wales hors la loi
Josie et les pussycats
Le joueur d'échec
Le jour d'apres
Le Jour de la Bête

Jour et Nuit
Le Journal d'Anne Frank
Le Jour Où La Terre S'Arrêta
Le Jour Où La Terre S'Arrêta (2008)
Jours de tonnerre
Judge DreddDredd
Le Juge et l'Assassin
Jugement A Nuremberg


Jumeaux


Jurassic Park, Le monde perdu-Jurassic Park, Jurassic Park 3,  
Jurassic Shark
Jusqu'en enfer

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Sommaire de D à F

D

D4 Mortal Unit
La dame en noir
Damien La Malédiction 2
Danger Diabolik !

Danny the dog
Dans la brume electrique
Dans la ligne de mire
Dans La Peau De John Malkovich

Dans l'eau... Qui fait des bulles !
Dans les Griffes du Vampire
La Danza de la Realidad
Daredevil,  
Dark City
Dark Country

The darkest hour
DarkmanDarkman 2Darkman 3
Dark Shadows
Darling
D.A.R.Y.L.

Da Vinci Code
Daylight
Day Of The Animals
De battre mon coeur s'est arrêté
Dead Girl


The Deadly Spawn
Dead Man's Shoes
Dead Meat

Dead or Alive

The Dead Outside


Dead Silence
Dead Zone
Death Bell
Death Note
Death Sentence


Death Warrior
Décapité
La déchirure

Deep Evil Menace Extraterrestre
Deep Impact
Defendor
Déjà vu


De l'autre côté du périph
Délivrance
De L'Ombre A La Lumière
De Mein Kampf A L'Holocauste L'histoire du Nazisme
Dementia 13
Demineurs
Les Demoiselles de Rochefort
Demolition Man

Demons
Le Dentiste
Le Dentiste 2
Les dents de la mer, Les dents de la mer 3, Les dents de la mer 4 La Revanche,  Cruel Jaws (Les dents de la mer 5)
De Nuremberg à Nuremberg
Le dernier des mohicans
La Dernière Femme sur Terre
La Dernière Maison sur la Gauche (1972), La Dernière Maison sur la Gauche (2009)


Le dernier exorcisme
Le Dernier Pour La Route
Le Dernier Roi D'Ecosse

Le dernier samaritain
Le dernier tango de Paris
De rouille et d'os
The descendants
The Descent, The Descent Part 2

Desperate Living
Des Serpents Dans L'Avion
Destination Finale, Destination Finale 2, Destination Finale 5
Des Zombies dans l'avion

Détective Dee
Détour Mortel 3
Détour Mortel 4
Devil
The Devil Inside
Devil Seed
Le Diable S'Habille En Prada

La Dialectique Peut-Elle Casser Des Briques
Le Dictateur
The Dictator
Didier
Digby le plus grand chien du monde

Digimon le film
Digital Man
Le diner de cons

Dinocroc
Dinosaure
Dinosaur From The Deep
Dinoshark
Dirty Dancing
Disaster Movie

Disco
Le discours d'un roi
Disjoncte
District 9
Django Unchained
Djinns
Dobermann
Dr Jerry et Mister Love

Doghouse
Dogma
Dog Pound
Domino
Don Camillo MonseigneurDon Camillo En Russie
Donkey Punch
Dolly Dearest


Donnant Donnant
Donnie Darko
Don't Be Afraid of the Dark

 
Don't Look Up
Doom

Dorothy
Double Détente
Double Team
Dracula (1992)
Dracula mort et heureux de l'être
Dragon Ball The Magic Begins, Dragonball Evolution


Dragon L'Histoire de Bruce Lee
Dragons
Dragons Forever
Dread

Dreamcatcher
Dream Home
Drive
Driven
Le drole de noel de Scrooge
Duel
Dumb et Dumber
Dumbo
Dune
Dupont Lajoie
Dying Breed

E

Eaux Sauvages
Easy rider
Ebola Syndrome
Echec et Mort
L'échelle de Jacob
L'échine du diable
Eden Lake
Edward aux mains d'argent
Ed Wood

Eegah
L'effaceur
L'Effet Papillon


Elephant Man
L'elite de Brooklyn
Elle Est Trop Bien
Elmer Le Remue Méninges

El Topo

Elysium
Emmanuelle, La Revanche d'Emmanuelle
L'Emmerdeur (2008)
L'Emmurée Vivante
Empire du soleil
En cloque mode d'emploiThis is 40
L'Enfant Sauvage

Les enfants loups Ame et Yuki
L'Enfer des Zombies
L'enfer du dimanche
Ennemi d'Etat 
Ennemis Rapprochés

En QuarantaineEn Quarantaine 2
Entre les murs
L'epreuve de force


Eragon
Eraserhead
Erin Brockovich seule contre tous
Espace Détente
Esprits Rebelles

L'esquive
Essential Killing
Esther
L'Etalon Italien


L'Eté Meurtrier
Eternal sunshine and the spotless mind
ET l'extraterrestre
L'Etrange Créature du Lac Noir
L'etrange histoire de Benjamin Button
L'étrange noel de monsieur Jack
L'Etrangleur de Boston
L'Eventreur de New York
L'Evadé d'Alcatraz
Les Evades


Evil Bong
Evil Dead, Evil Dead 2, Evil Dead 3-L'armee des tenebres The Evil Dead 


Exam
Excalibur
Excalibur l'épée magique


Exorcismus
L'exorciste, L'Exorciste 2 L'Hérétique, L'Exorciste 3L'Exorciste Au Commencement
L'expansion de l'univers est-elle infinie
Expendables, Expendables 2


The Experiment
Exterminator
L'Extra Terrestre
Extra Terrien
Eyes Wide Shut

F

Le fabuleux destin d'Amelie Poulain
Face A La Mort, Face A La Mort 2, Face A La Mort 3


The Faculty
Fahrenheit 451
La Faille
Faites Sauter La Banque
La Famille AddamsLes Valeurs de la Famille Addams
Fanboys

Fanfan la tulipe (2003)
Fantasia, Fantasia 2000
Fantastic Mr Fox

The Fantastic Four , Les 4 FantastiquesLes 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent,  
Le Fantastique Homme Colosse
Fantômas, Fantômas Se Déchaîne, Fantômas contre Scotland Yard

Le Fantôme de l'Opéra (1925)
Le Fantôme du Bengale
Fantomes contre fantomes
Fargo
Fast and Furious,  2 Fast 2 FuriousFast and Furious Tokyo DriftFast and Furious 4,  Fast and Furious 5Fast and Furious 6,  
Fatale
Faster Pussycat ! Kill ! Kill !
Les Faucheurs
Faust-Une Légende Allemande

FeastFeast 2

 (la cave de borat)
Les Feebles
Felon
la Femme Guêpe
La Femme du Boulanger
Les Femmes de ses Rêves
Fenetre sur cour

La Ferme de la Terreur
La ferme se rebelle
Festen
Fido
Fievel et le nouveau monde
Fight Club
Fighter
La Fille du Puisatier
Les fils de l'homme
Le Fils de Rambow
Final Fantasy Les créatures de l'esprit

La fin des temps
The First Men in the Moon
Fitzcarraldo
Flash Gordon

Le Fléau
Le flic de Beverly Hills, Le flic de Beverly Hills 2Le flic de Beverly Hills 3
Le flic de San Francisco

Flic Ou Zombie
Flight
Flight Plan
Flubber
The Flying Saucer

Fog
La Folie des Grandeurs
Folle d'Elle
La folle journée de Ferris Bueller
Forever Young
Forrest Gump
For the birds

Fortunat
Le Fou de Guerre
The Fountain
Fous d'Irene
Les Fous du Stade


Les Français L'Amour et le Sexe Les Préliminaires et les Positio

Frankenhooker

Frankenstein (1931)Frankenstein s'est échappéL'Empreinte de Frankenstein
Frankenweenie, Frankenweenie (2012)
Frayeurs
Freaks La Monstrueuse Parade

 (la Cave de Borat)
Freddy Contre Jason
Le Frelon vert (2010)
French Connection


Frères de Sang
Frissons D'Outre Tombe
Fritz The Cat
From Hell

From Paris with love
Frontière(s)
Fucking Kassovitz

Le fugitif
Les Fugitifs
Full Contact
Full Metal Jacket
The Full Monty
Funérailles D'Enfer
Funny Games, Funny Games U.S.
Funny People
La Fureur de Vaincre, Fist of Legend La Nouvelle Fureur de Vaincre
La Fureur de Vivre
La Fureur du Dragon 
Furyo

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Sommaire de A à C

A

A Bout de Souffle
A bout portant

 (la cave de Borat)
A la Recherche du Bonheur
A L'Est D'Eden
A L'Intérieur
A Louer


A Propos d'Henry
A Serbian Film


A toute epreuve
Abandonnée
L'Abime des Morts Vivants
Abominable
Abyss
Les Accusés
Ace Ventura detective chiens et chats, Ace Ventura en Afrique
Across the Universe
Adieu Poulet
L'Adversaire


L'Affaire Dominici
Affamés
Les affranchis
After.Life


L'agence tous risques
A.I.
Aigle de Fer
L'Aile Ou La Cuisse

Ainsi Va La Vie Hommage A Annie Girardot
Air Force One

Akira
Aladdin, Le retour de Jafar, Aladdin et le roi des voleurs
Alarme Fatale
Albator le film
Ali

Ali Baba et les 40 Voleurs
Alice au pays des merveilles(Disney), Alice au pays des merveilles(Burton)
Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrectionPrometheus
Alien 2 Le Monstre Attaque
Alien Abduction Night Skies
Alienator

Alien Cargo
Alien Invaders
Alien VS Alien
Alien Versus Ninja
Alien VS Predator, Alien VS Predator Requiem
All the boys love Mandy Lane
Allumeuses !

Always
Amadeus
L'amant
Amen
Amer
Amer Béton
L'américain
The American
American Beauty
American Gangster
 (la Cave de Borat)
American History X


American Ninja 
American PieAmerican Pie 2American Pie 3
American Psycho, American Psycho 2
American Trip

 
Amistad
Amityville La Maison du DiableAmityville 2 Le Possédé, Amityville (2005)
L'Amour Extra Large
L'Amour Violé
Anaconda Le Prédateur
Anastasia


Les Anges Gardiens
Animal kingdom
Anna M.


Anonymous


Antarctic Journal
Antichrist
Apocalypse 2024
Apocalypse now(redux)

Apocalypto
Apollo 13
Appelez-Moi Dave
Apportez-Moi La Tête D'Alfredo Garcia
L'apprentie sorciere
Arac Attack
Argo
Les aristochats
Armageddon


L'arme fatale, L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, L'arme fatale 4
L'armee des 12 singes
L'armee des morts
L'Armée des Ombres
L'arnacoeur
Arrete moi si tu peux
Arrête Ou Ma Mère Va Tirer !
The Arrival

Arthur et les minimoys
The Artist
L'As des As
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Les associés
Astérix Le GauloisAsterix et Cleopatre, Les 12 travaux d'Asterix,  Astérix et le Coup du Menhir, Astérix et les Vikings, Astérix et Obélix contre César, Astérix et Obélix: Mission Cléopatre, Asterix aux jeux olympiquesAstérix et Obélix: Au service de sa majesté
Atlantide l'empire perdu
Atome La Clé du Cosmos
Atome Le Clash des Titans
Atome L'Illusion de la Réalité
Atomic College
Attack From Space
Attack of the Puppet People


L'attaque de la Moussaka Géante
L'Attaque des Sangsues Géantes
Au-Delà du Réel
L'auberge espagnole, Les poupees russesCasse tête chinois
L'Auberge Rouge (2007)

L'aube rouge, L'aube rouge (2009)
Au Coeur de la Voie Lactée
August Underground, August Underground Mordum, August Underground Penance
Au Nom de Tous les Miens
Au nom du père
Au Revoir Les Enfants

Auschwitz Premiers Témoignages
Austin PowersL'espion qui m'a tirée, Goldmember
Autant en emporte le vent
Les Autres
Aux Portes de l'Enfer
Avalon

L'Avare
Avatar
Avengers
L'Aventure C'Est L'Aventure
L'aventure intérieure

Les aventures de Bernard et Bianca, Bernard et Bianca au pays des kangourous
Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin
Les Aventures de Pinocchio
Les Aventures de Rabbi Jacob
Les aventures de Tintin-Le secret de la Licorne, 
Les aventures du Baron de Munchausen
Les Aventures D'Un Homme Invisible

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec
Les aventuriers de l'arche perdue, Indiana Jones et le temple maudit, Indiana Jones et la derniere croisade, Indiana Jones et le royaume du crane de cristal
Les Aventuriers du Système Solaire
L'Aveu
L'Avion de L'Apocalypse
Azur et Asmar

B

Babel
Babe le cochon devenu berger, Babe un cochon dans la ville
Lady Blood
Babylon AD
Baby Sitting Jack Jack

Bad BoysBad Boys 2
Bad Guys
Badi
Bad Lieutenant, Bad Lieutenant Escale à la Nouvelle-Orléans


Bad Taste
Bad Teacher
Le baiser mortel du dragon

Bait
Balada Triste De Trompeta
Bambi
Bangkok Adrenaline

Bangkok Haunted
Banglar King Kong
Bang Rajan 2
Banlieue 13 Les banlieusards
Barbie La Magie de la Mode
Barb Wire


Barry Lyndon

Basic Instinct, Basic Instinct 2
Basil detective prive
Basket Case
La Bataille d'Angleterre

La Bataille de Stalingrad
Batman, Batman le defi, Batman Forever, Batman et Robin, Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises, Batman contre le fantôme masqué, Subzero, Superman Batman Apocalypse, Batman Under The Red Hood ,   (ultimate cut)
Bats 2 La Nuit des Chauves-Souris
Battle Los Angeles
Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem
Battleship


Le Bazaar de L'Epouvante
Bear
Le Beau-Père
Les beaux gosses
Bedevilled


Beetlejuice
Begotten
Beignets de Tomates Vertes

 

La Belle Américaine
La belle au bois dormant
La Belle et la Bête (1946)La belle et la bete (1991),  
La belle et le clochard


Ben-Hur
Beowulf
Bernie (film)


La Bête de la Caverne Hantée
La Bête Humaine
Les Bidasses S'En Vont En Guerre, Le Retour des Bidasses en Folie
Bienvenue à Gattaca
Bienvenue à Zombieland
Bienvenue Chez Les Ch'tis
Big
Big Boss


Big FishBig Mamma 3


Birdy
Bitch Slap
Bitten

 (la Cave de Borat)
Black Book
Black Christmas (1974)
Black Death

Black Past
Black Rain
Black Swan
Black Water
Blade (1997)Blade 2Blade Trinity
Blade Runner
Blair Witch 2 Le Livre des Ombres
Blanche Neige et les 7 nains Blanche Neige le plus horrible des contesMirror mirror Blanche Neige et le chasseur
Blindness
Le Blob Danger Planétaire, Le Blob
Blood Creek


Blood Feast
Blood Freak
Bloodsport 2, Bloodsport 3 Bloodsport 4 The Dark Kumite
Blow out
Blue Holocaust
Blue Jasmine
Les Blues Brothers
Blue Valentine
Blue Velvet

Bodyguard
Boire et déboires


Le Bonheur Est Dans Le Pré
Le Bon La Brute et le Cinglé
Boogie Nights
Borat (le film, pas moi)

Borderland
Le Bossu de Notre Dame
Boudu
Bouge !


Le boulet
Bound
The Box


Braindead
The Brain Eaters
Le Bras de la Vengeance

Brave
Braveheart
Brazil
Brazilian Star Wars
Breakfast Club

 (l'antichambre de Borat)
Bronson
Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Les Bronzés 3
Brothers
Bruce Lee et ses Mains d'Acier


Bruce Lee L'Homme et sa Légende
Bruce Tout-puissant, Evan Tout-Puissant
Bruce Lee Vs Gay Power
Bruiser
BTK
Bubbles Galore
Le bûcher des vanités
Buried
Burn-e

 (la cave de Borat)
The Butcher (2007)

C

C'est Arrivé Près de Chez Vous
La cabane dans les bois
Le Cabinet du Docteur Caligari


Ca-Il Est Revenu
Caligula
Calme Blanc

 
Camille redouble
The campaign
Camping


Le canardeur
Cannibal Ferox
Cannibal HolocaustCannibal Holocaust 2
Le Capitaine Cosmos
Capone
Captain America (1979), Captain America (1990), Captain America First Avenger  (la Cave de Borat)
Capitaine Fracasse


Captifs
Captivity
Cargo
Carnage
Carnage(2011)
Les Carnets Secrets de Nuremberg
Carnival of Souls

Carnosaur, Carnosaur 2, Carnosaur 3
Carrie au Bal du Diable
Cars, Cars 2
Casablanca
Casino
Casper

Catwoman
Le Caveau de la Terreur
Caved In
Le Cave Se Rebiffe
Cendrillon
Le Cercle Des Poètes Disparus
Le cercle-The RingLe cercle-The Ring 2

Certains l'aiment chaud
Le Cerveau
Le Cerveau de la Planète Arous
Le Cerveau Qui Ne Voulait Pas Mourir
Ces Garçons Qui Venaient du Brésil
La chair et le sang
The Challenge

Chambre 1408
La Chambre des Morts
Chantons Sous La Pluie
 (Cave de Borat)


 (la cave de Borat); Charlie et la chocolaterie
Charlie mon héros
Les Charlots contre Dracula
Les Charlots en Folie A Nous Quatre Cardinal !
Les Charlots Font L'Espagne
The Chaser
Le château ambulant
Le chateau dans le ciel
Le chateau de Cagliostro

Le Château de la Terreur
Chatroom
Chérie j'ai rétréci les gosses, Chérie J'Ai Agrandi Le BébéChérie nous avons été rétrécis
Cherry 2000
Cheval de guerre

 (Cave de Borat)
La Chèvre
Chicken Little
Chicken Run
Chien de flic
Le Chien des Baskerville
Les Chiens de Paille
Le Chinois, Le Chinois Se Déchaîne

 (la cave de Borat)
Chloé

Le choc des titans(1981), Le choc des titans(2010)La colère des titans

Chocolat
Chopper
Les Choristes

La Chose à Deux Têtes
La Chose D'Un Autre Monde
Christine
Christmas Evil
Chromosome 3
Chronicle
C.H.U.D.
La chute de Berlin
La chute du faucon noir

Le cirque
La cite de la peur
Citizen Kane
Le Clandestin
Class 1984


Les clefs de bagnole
Le Clitoris ce cher inconnu
Clones

Cloud Atlas
Cloverfield
Les Clowns Tueurs Venus D'Ailleurs

Le Cobaye, Le Cobaye 2
Cobra le film

Cocktail

Coco
Cold Prey 2
, Cold Prey 3
Collateral
The Collector, The Collection

La Colline A Des Yeux, La Colline A Des Yeux 2
Colombiana

Le Colosse de Rhodes
The Colossus of New York
Coluche L'histoire d'un mec

Combats de Maître
Commando

Comment se faire virer de l'hosto
Les Compères
La Comtesse
Conan le barbare, Conan Le Destructeur, Kalidor La Légende du Tasliman, Conan (2011)
Confession d'une accro du shopping
The conjuring,  
La Conquête
Contagion


Les Contes de Terremer
Les Contes de la Nuit
Le Continent des Hommes-Poissons

Le Continent Oublié
Control

Le convoyeur

 (la cave de Borat)
Copland

Coquin de printemps

Coraline

Le Corbeau
La corde

Le Corniaud

Cosmopolis
La couleur pourpre
The counselor
Coup de tete

Coup de Torchon
Coups Pour Coups

La Course A la Mort de l'An 2000
La course au jouet 
Cours Privé
Cowboys and Aliens
Cowboy Bebop le film
Le Crabe Tambour

Cradle Of Fear
Le crapaud et le maître d'école
Crash
The Crawling Eye

C.R.A.Z.Y
Crazy Heart
Crazy Kung-Fu
Crazy stupid love
Creance de sang
La Création
Créatures célestes
Creepozoids
Creepshow
Le Cri du Hibou
Le crime etait presque parfait


La Crise
Critters, Critters 2, Critters 3, Critters 4
Crocodile 2
Crocodile Dundee,  

 (la Cave de Borat)The CrowThe Crow 3 Salvation
Cruising

Crying Freeman
Cube Zero
La Cuisine Au Beurre
Cujo


Cyborg
Cyborg Conquest
Cyclone (1978)
Cyrano de Bergerac

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Sommaire des séries, livres et jeux

Série TV

La quatrième dimension saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

American Horror Story saison 1

AngelAngel saison 1 

 (la cave de Borat)

 (saison 1)

  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Batman:  Batman Naissance D'Une Légende (la cave de Borat),  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Boardwalk Empire:  Boardwalk empire saison 1Boardwalk empire saison 2 Boardwalk empire saison 3

 (intégrale)

Buffy contre les vampires: Buffy contre les vampires saison 1Buffy contre les vampires saison 2, Buffy contre les vampires saison 3,  Buffy contre les vampires saison 4, Buffy contre les vampires saison 5Buffy contre les vampires saison 6Buffy contre les vampires saison 7

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Code Quantum

 (la cave de Borat) 

 (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Cowboy Bebop

 

 (la cave de Borat) 

Dead Set

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les Envahisseurs

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Fringe: Fringe saison 1, Fringe saison 2, Fringe saison 3, Fringe saison 4 Fringe saison 5

 (la cave de Borat)

Game of thrones saison 1

La gifle

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Hannibal (série)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

,  (la cave de Borat)

Heroes saison 1

 (la cave de Borat)

House of cards: 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Métal Hurlant Chronicles

Mildred Pierce

 (la cave de Borat) 

Le Muppet Show

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The Pacific

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 (la cave de Borat)

Parade's end

 (la cave de Borat)

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Les piliers de la terre

Pokemon

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 (la cave de Borat)

Rambo Le Dessin Animé (pilote)

 (la cave de Borat)

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 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Robocop la série (pilote)

Rome (l'intégrale)

 (Cave de Borat)

Sarah Connor's Chronicles (saison 1)

 (la cave de Borat)

Les Simpson: Les Simpson saison 1, Les Simpson saison 2, Les Simpson saison 3, Les Simpson saison 4,  Homer Like A Rolling Stone (la Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

Sons of anarchy:  Sons of anarchy saison 1Sons of anarchy saison 2 Sons of anarchy saison 3

 (la cave de Borat)

South Park:  Cartman a une sonde anale, Volcano (South Park), South Park Is Gay

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Star Wars Clone Wars

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Top of the lake

 (la cave de Borat)

Twin Peaks (série)

 (la cave de Borat)

Under the dome

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

The Walking Dead: The Walking Dead pilote, The Walking Dead saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Livres 

Batman Year one

Le bleu est une couleur chaude

The Crow (livre)

The Dark Knight Returns

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Dragon Ball (manga)

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GTO

Happy Rock

L'homme sans peur

Je suis une légende (roman)

The Killing Joke

 (la cave de Borat)

Moins que zéro

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 (la cave de Borat)

Tintin: Tintin au pays des sovietsTintin au CongoTintin en Amerique, Les cigares du PharaonLe lotus bleu

 (la cave de Borat)

Le transperceneige (BD)

Ultimates: Ultimatum

Un long halloween

Wanted

Wolverine Origins

 (la cave de Borat)

20th Century Boys

Jeux-vidéo

007: Quitte ou double, Blood Stone 

Call of Duty: Call of Duty Modern Warfare 2 Call of Duty Black OpsCall of Duty Black Ops 2 

Dead Island

Dead Space

Donald Qui est PK

Duke Nukem Forever

Gears of war, Gears of war 2, Gears of war 3

GTA: GTA San AndreasGTA IVGTA Episodes from Liberty City, GTA V

Halo 4

Hitman Blood Money,  Hitman Absolution

Luigi's mansion 2

Magical Mirror starring Mickey Mouse

Mario Kart: Mario Kart Double Dash,

Max Payne 3

New Super Mario Bros

Rayman Origins

Red Dead Redemption

SOS Fantomes le jeu

Taxi 3 le jeu

Titeuf le jeu Titeuf Mega Compet

Tomb Raider (2013)

Uncharted 2

Yoshi's island

Dossiers cinéma et hommages

Marvel Cinematic Universe:

Hayao Miyazaki:

Dune: L'épice au commencement

La terreur surgit du désert (bonus du film Tarantula !)

La volupté du Shaw Bis (bonus du film Super Inframan)

Walt Disney: 

Robocop: la quête identitaire

Steven Spielberg:

L'Enfer: L'enfer et rien d'autre

Coup de gueule sur le cinéma américain et français:

Hommage à Jean Giraud: Blueberry est orphelin

Hommage à Marc Alfos: Russell Crowe laissé sans voix

Hommage à Tony Scott: The man on fire was died

Hommage à Michael Clarke Duncan: Vous ne le confondrez plus avec le café

Hommage à Francis Lax: Han Solo reste sans voix

Hommage à Ray Harryhausen, le génie des effets spéciaux

Hommage à James Gandolfini: Un Soprano a perdu sa voix

Hommage à Richard Matheson: La légende de Richard Matheson

Hommage à Georges Lautner: Un tonton s'est fait flinguer...

Hommage à Paul Walker: Parti trop vite...

Hommage à Edouard Molinaro: Une folle s'en est allée

Hommage à Peter O'Toole: Lawrence part vers des contrées lointaines dépassant les mille et une nuits...

Hommage à Phillip Seymour Hoffman: Le Comte a atteint son compte à rebours

Hommage à Harold Ramis: Les SOS Fantômes perd un de ses membres phares

Hommage à Alain Resnais: Le plus BDphile des cinéastes s'en est allé

Hommage à Micheline Dax: Kermit a perdu sa Miss Peggy

Hommage à Bob Hoskins: Eddie Valiant s'en est allé voir les toons

Hommage à HR Giger: Un xénomorphe en moins

Hommage à Anthony Goldschmidt:  Afficheur pour toujours

Hommage à Eli Wallach: Le plus grand des truands

Cannon (hommage à Menahem Golan): Le bis en manque de Cannon

Hommage à Robin Williams: O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

Hommage à Joe Cocker: Cuvée so beautiful to me

Hommage à John Hughes: Cuvée Hughes together, Hughes forever

Hommage à Mike Newell: Cuvée lauréate

Hommage à Christopher Lee: Cuvée Horror King

Hommage à Omar Sharif: Jivago s'en va vers le lointain trouver Lawrence d'Arabie

Hommage à James Horner: Cuvée deuil symphonique

Hommage à Michel Delpech: Cuvée tantôt chasseuse, tantôt chanteuse

Hommage à Michel Galabru: Cuvée râleuse mais amusante

Hommage à David Bowie: Cuvée Dieu Bowie

Hommage à Alan Rickman: Cuvée Clay, Bill Clay

Hommage à Robert Vaughn et Leonard Cohen : Leonard s'en est allé, sa musique reste

31 octobre 2016

Cuvée hachée menu

En ce jour fatidique où les masques tombent, la Cave de Borat se devait de faire une cuvée exceptionnelle pour être sur son 31. Après avoir évoqué ses expériences passées, sa vision du cinéma d'horreur ou encore être revenu sur l'institution Simpson Horror Show, votre cher Borat va s'attaquer à une saga particulière. Non seulement car on lui a permis de revoir les trois quarts au cinéma samedi soir (les joies des Nuits du bis), mais aussi car depuis l'an dernier, la franchise Evil Dead n'a jamais été aussi vivante. Vingt-deux ans après L'armée des ténèbres, Ash revenait pour de nouvelles aventures télévisuelles qui se poursuivent en ce moment pour une seconde saison que l'on dit déjà fantastique. Votre adorable Borat va donc revenir sans chichi sur la trilogie initiale, le remake et la première saison d'Ash vs Evil Dead. Etes-vous prêt pour le rollercoaster d'Halloween? Go! (Attention spoilers)

  • Evil Dead (1981): L'opéra de la terreur

Evil dead

Pour un premier film, rien de mieux que l'adoubement de Stephen King sur votre affiche.

On dit souvent que les films de potes sont des films choraux, avec un réalisateur qui réunit ses potes devant sa caméra. Donc des films type Mes meilleurs copains (Jean Marie Poiré, 1989) ou Les petits mouchoirs (Guillaume Canet, 2009). Evil Dead n'a rien à voir avec ces films et pourtant il s'agit également d'un film de potes. Les potes ce sont Sam et Ted Raimi, Bruce Campbell et Robert Tapert. Les Raimi et Campbell se connaissent depuis l'enfance, Tapert fut le collocataire de Sam à l'université. Raimi commence à faire quelques films en Super 8 lui permettant de se faire la main et Tapert fonde sa société de production Renaissance Picture. Alors pour le premier film de la société de production, Tapert propose à Raimi de réaliser son premier long-métrage. On l'oublie très souvent à cause aujourd'hui de son culte démesuré, mais Evil Dead est un film fauché, financé aux alentours de 375 000 dollars en démarchant divers personnes (familles, proches, mécènes) et tourné sur près de trois ans. La faute à un budget qui a gonflé au fur et à mesure (ils ont commencé à tourner avec 90 000 dollars), à la disponibilité des acteurs et des techniciens et évidemment à des manques d'argent entretemps. A cela se rajoute des conditions de tournage kamikazes avec une cabane où il ne fait pas forcément bon vivre, la vision du démon en plan subjectif réalisée à l'aide d'une moto (oui Sam Raimi a bien percuté Bruce Campbell comme le suggère le plan), d'autres plans où le réalisateur a dû se suspendre au plafond... 

Evil dead 

Affiche réalisée par Francesco Francavilla.

Le système D par excellence mais qui fut finalement payant. Le destin d'Evil Dead ne se trouve finalement pas aux USA, mais en France. Présenté au marché du film à Cannes en 1982, le film est vite acheté par Samuel Hadida et Bernard Dauman qui organisent quelques projections et manifestations (dont un carnaval à Nice en 1983 !) avant de le diffuser en France. A peu près 500 000 spectateurs verront Evil Dead dans notre pays. Sa ressortie en 2003 permettra un nouveau doublage, le premier étant victime d'approximations, mais curieusement elle ne fut pas un succès selon Dauman. Aux USA, c'est New Line Cinema qui héritera de la patate chaude, intensifiant le culte progressif de ce film sorti de nulle part (plus de 2 millions de dollars de recettes). La VHS fera le reste du travail. Evil Dead vieillit finalement plutôt bien, s'imposant toujours comme un beau tour de force. Le film est peut être un peu lent, prenant son temps pour montrer ses personnages et à faire venir le mal. Rappelons qu'il s'agit d'un premier film, il est de bon ton d'être un peu plus indulgent. Alors pour combler ce rythme, Sam Raimi frappe sur la corde sensible, utilisant peu de musique pour créer une tension qui s'installe progressivement. Cinq personnes dont deux couples vont dans un chalet qui n'a déjà pas grand chose de rassurant: isolé, seul un pont sépare la route de la ville, la cave n'a rien de rassurante (elle le sera de moins en moins) et une balançoire qui cogne contre le mur avant de s'arrêter nette.

démon evil dead

Le spectateur ne sera déjà pas rassuré à l'idée de voir le plan subjectif du démon jonglant entre les branches à travers la forêt. Dès lors, il sait que quelque chose se trame dans les bois et n'attend plus que ce moment où tout va dégénérer. Il suffira juste d'un enregistrement donnant des incantations issues du Livre des morts baptisé également Necronomicon (merci HP Lovecraft). L'orateur est mort, sa femme possédée aussi, il n'y a plus qu'à commencer les hostilités! Raimi dérange de par la violence qu'il montre envers ses personnages, leur faisant subir les pires coups et contorsions possibles. Le paroxysme est atteint dans un final fou furieux où Scott (Richard DeManincor) et Cheryl (Ellen Sandweiss) s'attaquent à Ash (Campbell), l'un au sol, l'autre en lui assénant des coups au pied de biche! Comme si cela ne suffisait pas, un lot de transformation en stop-motion toutes plus dégueulasses les unes que les autres. Seul survivant, Ash entre dans la légende des héros de films d'horreur qui en prennent le plus dans la tronche, une gageure qui ne fera que s'intensifier au fil de la saga. Subissant la perte de sa copine, puis de ses amis, prenant des coups de ses mêmes amis possédés, balancé à droite et à gauche, se prenant des litres de sang en pleine tronche, fatigué par une nuit de folie... Ash est un survivant de la pire espèce, de la race de ceux dont on se demande quelle merde va lui tomber sur la tête.

TheEvilDead-4

Parmi les grosses scènes du film, on peut également compter sur le viol subi par Cheryl et effectué par un arbre. Une séquence qui met mal à l'aise, même si le réalisateur joue peu de la nudité de son actrice (on verra un sein furtivement). Toutefois, on éprouve un plaisir jouissif derrière ce film d'horreur pur (contrairement à sa suite optant pour la comédie horrifique), une forme d'ironie qui fait plaisir jusqu'au choix de la chanson servant de générique. Raimi peut d'ailleurs compter sur ses acteurs, plutôt crédibles que ce soit maquillés ou non. Les maquillages paraissent un peu plus simplistes au regard de sa suite, mais cette dernière avait des moyens bien plus confortables et une équipe plus expérimentée. Le travail accompli est donc déjà assez impressionnant. La fin du film ne laissait pas forcément de destin à Ash, il en sera pourtant bien autrement.

  • Evil Dead 2 (1987): La main baladeuse

Evil dead 2

Qui se souvient de Mort sur le grill, le second film de Sam Raimi (1985) ? Pas grand monde, d'autant plus que le film est difficilement trouvable de nos jours. Après le hit surréaliste, Raimi découvre le flop redoutable. Une collaboration avec les nouveaux venus frères Coen (Joel était déjà au montage du premier film), faisant alors leurs débuts dans le cinéma. Plus tard, le réalisateur signera Le grand saut (1994) avec eux et les Coen participeront au développement de Darkman (1990), comme pour confirmer leur bonne entente. Le film subit divers revers que ce soit des changements de titres, le refus des producteurs de mettre Bruce Campbell en rôle principal et de prendre la monteuse Kaye Davis et le compositeur Joseph LoDuca, et à cela se rajoute un cuisant échec commercial. C'est donc un Sam Raimi revanchard qui se lance dans la séquelle d'Evil Dead. Le réalisateur a déjà l'idée de transporter Ash dans le Moyen Age, ce qu'il devra attendre de faire sur le troisième opus (et en soi le final de ce second film). Dino de Laurentiis arrive alors en jeu, proposant dans un premier temps au réalisateur d'adapter une nouvelle de Stephen King, Thinner (qui ne sera finalement réalisé qu'en 1996 sous la direction de Tom Holland). Si Raimi n'est pas intéressé, King entend des bruits de couloir disant que la suite du film qu'il avait parrainé en 1981 peinait à trouver des fonds. Il appelle alors le producteur italien pour financer son ami.

Evil dead 2

Si le réalisateur n'a pas la somme qu'il désire initialement, il s'en rapproche avec un budget de 3,5 millions de dollars. L'occasion pour lui d'opter pour plus d'excentricités en tous genres, mais aussi de faire d'Evil Dead 2 une sorte de mélange entre horreur
et comédie. Si le premier opus restait globalement sérieux, on pouvait toutefois y trouver une certaine forme d'ironie, voire une tendance à se moquer continuellement du personnage d'Ash Williams. Avec cette séquelle, Raimi assume pleinement cet aspect, faisant voir de toutes les couleurs à son personnage principal. Ash perdra à nouveau sa copine, deviendra un démon le temps de quelques instants (le concept du doppelgänger qui reviendra continuellement dans la saga), devra couper sa main droite devenue démoniaque, se fera tabasser par un bourrin le prenant pour un psychopathe, se prendra une giclée de sang redoutable avant de faire un trip hilarant (même le renne se marre), sera pourchassé par le démon à travers la maison (imaginez le dernier plan du premier film mais dans tout le chalet). En comptant son arrivée au Moyen Age, Ash subit pas mal de choses dans cet opus, peut être même plus que dans le premier et surtout dans des proportions défiant toutes concurrences. Mieux encore, c'est avec cet opus qu'Ash devient un véritable homme d'action, clipsant une tronçonneuse à son bras droit et arborant un fusil à canon scié dans la main gauche. Ash devient une icône pop, le héros d'un dyptique improbable, prenant les choses en main quand il n'y a définitivement plus d'espoir. 

ash démon

 

Plus cocasse encore, Raimi fait d'Evil Dead 2 une sorte de remake de l'original. La copine de Ash s'appelle Linda comme sa copine dans le premier film, même collier offert formant une tête de mort, même fin pour Linda (possédée, Ash lui tranche la tête à coup de pelle, puis l'enterre plusieurs fois), même chalet, même manière de faire revenir le démon (un enregistrement et le Necronomicon). Evil Dead 2 réinvente la mythologie instaurée dans le premier opus pour mieux s'en moquer. Ainsi, la romance tourne très court et la manière dont Ash "s'occupe" de Linda (Denise Bixler) est très rapide, comme si ce n'était pas la première fois que c'était arrivé. Un aspect qui trouble le spectateur, faisant presque passé Ash pour un tueur psychopathe. La série Ash vs Evil Dead rectifiera le tir (les problèmes de droits à l'origine de ce type de changements n'ont pas aidé ni pour ce film, ni pour le suivant), mais il y a de quoi être décontenancé en se basant sur la seule vision d'Evil Dead 2. La stop-motion est toujours au rendez-vous, ainsi que des créatures bien plus ambitieuses signées en grande partie par la naissante KNB , les moyens aidant. On se retrouve donc avec un Ash possédé, Linda découpée en deux (une tête qui cause, le reste du corps se découpant à la tronçonneuse) et effectuant une danse macabre parmi les plus délirantes du cinéma, des démons plus dégueulasses et effectuant des transformations pas loin de cotoyer la chose de Rob Bottin. A cela se rajoute des arbres déchaînés dégommant petit à petit le chalet.

démon evil dead 2

Sam Raimi continue à installer la mythologie de son récit. Ash se retrouve dans le Necronomicon à cause de son "futur" passage au Moyen Age et le château où il sera dans le volet suivant est le lieu où le professeur a découvert le livre. Cette fois-ci, le Necronomicon ne devra plus être brûlé pour que tout disparaisse. Il faut lire une incantation qui ouvre une porte vers une autre dimension. D'où le calvaire de l'ami Ash au Moyen Age. Evil Dead 2 est donc plutôt cohérent avec le volet suivant, en tous cas plus qu'avec le film dont il est la suite. La fin offre une ouverture vers un univers moins sombre, mais tout aussi pénible pour son héros.  

  • L'armée des ténèbres (1992): Ray Harryhausen approved

Army of darkness bannière 

Après Evil Dead 2, Sam Raimi attire davantage les studios et ce n'est donc pas étonnant qu'il se retrouve sur Darkman. Un film de
super-héros créé de toutes pièces et annonciateur de la trilogie Spider-man (2002-2007). Imaginez Liam Neeson quand il savait encore jouer les mecs pleins de hargne avec talent (donc pas comme dans Taken), capable de péter un câble dans une fête forraine et de jouer des masques pour ne pas montrer son visage défiguré. Un véritable tour de force qui encore aujourd'hui est un des films préférés des fans du réalisateur à juste raison. Vu qu'Evil Dead 2 a bien fonctionné, Dino de Laurentiis laisse carte blanche à son poulain, d'autant que le final du second opus aide grandement à justifier une suite. Scott Spiegel (déjà impliqué dans Evil Dead 2) était convié à écrire le scénario avec les Raimi, mais ce dernier devait s'occuper des réécritures de La relève (Clint Eastwood, 1990), laissant les Raimi seuls aux commandes. Initialement budgeté à 8 millions de dollars, Evil Dead 3 a encore besoin d'argent. Suite au succès de Darkman, Universal se rajoute à l'aventure. Un tournage particulièrement long de cent jours, où le réalisateur doit gérer une blessure au menton de Bruce Campbell (il serait allé à l'hôpital avec le costume d'Ash sur le dos) et plusieurs plans impliquant de la stop-motion et où Campbell doit taper dans le vide le mieux possible pour que l'interraction passe. La méthode Ray Harryhausen, pas de miracle.

Army of darkness affiche

C'est alors que Sam Raimi doit faire face aux scalpels du studio hollywoodien. Tout d'abord, le réalisateur doit changer sa fin jugée trop négative. Ainsi un mois après, une autre fin était tournée, celle que tout le monde connaît ("A Prix-Bas les prix sont bas" rappelons-le). Par la même occasion, les scènes de flashbacks au début du film, ainsi que quelques unes dans le moulin (on peut observer que la longueur de cheveux de Bruce Campbell dépend des plans) sont (re) tournées, l'occasion pour Bridget Fonda d'être la troisième incarnation de la copine d'Ash Williams! Des problèmes internes entre le producteur italien et Universal se jouent également autour du film, faisant repousser de plusieurs mois sa sortie américaine. La raison? La renégociation des droits des romans d'Hannibal Lecter, l'italien ayant laissé Le silence des agneaux (Jonathan Demme, 1991) se faire sans lui. Des problèmes de censure se sont également rajoutés puisqu'Universal voulait un film PG-13. En résultes donc trois versions (la director's cut, la version internationale et l'américaine) quasiment similaires à peu de choses prêts (leurs fins, quelques plans gores par ci, par là, la bataille rallongée de quelques minutes) toutes disponibles en BR chez Filmedia et en sachant que sur le DVD de Studio Canal, la première fin était déjà incluse dans les bonus (cela n'a donc jamais été un mystère). 

evil ash

Si L'armée des ténèbres n'a pas peut être pas beaucoup de scènes sanguinolentes (honnêtement deux à tout casser et uniquement au début), il n'en reste pas moins un défi technique particulier. Non seulement par les maquillages (Ash ayant un nouveau dopplegänger, ce dernier a droit à un maquillage n'étant pas sans rappeler celui de Darkman), des cgi (il faut bien animer les petits Ash présents dans la scène du moulin), mais également les squelettes. Un véritable hommage à Ray Harryhausen et à Jason et les argonautes (Don Chaffey, 1963) en particulier, à la différence que cette fois-ci, les squelettes ne font pas que combattre le héros à l'épée. Ce sont de vrais personnages qui causent (un d'entre eux veut même emmené une villageoise dans sa chambre!) et se battent. Ce sont des morts qui revivent sans la peau sur les os. L'occasion d'un final délirant où ces derniers chargent à cheval (on voit parfois que certains sont immobiles sur les chevaux, mais après tout, cela rajoute un ton bis bienvenu), se battent avec Ash ou avec les villageois ou encore explosent dans un délire pyrotechnique. Sam Raimi sort de l'horreur pure et craspec pour se lancer dans un pur récit de fantasy. Les démons sont rares (juste ceux de la cave), mais il y a bien évidemment le double d'Ash engendré par ses conneries, tout comme sa donzelle délaissée devenant diabolique (Embeth Davidtz) et les fameux morts qu'il réveille.

D'ailleurs, Ash apparaît comme son véritable ennemi, la plupart de ses mésaventures étant dues aux conneries qu'il engendre. Il devra donc corriger ses bêtises pour pouvoir redevenir un héros et trouver grâce auprès du clan Arthur l'épaulant dans sa tâche. Ce qui passe par liquider son double maléfique. Comme évoqué plus haut, les différents montages de L'armée des ténèbres ont peu de différence, en dehors de leur fin. Celle que nous connaissons est l'internationale / américaine où Ash dégomme un démon à Prix Bas au fusil à pompe, avant d'embrasser sa collègue. La première fin n'a strictement rien à voir avec elle (voir ci-dessus). Celle-ci reste un peu plus longtemps au Moyen Age, montrant davantage du voyage dans le temps avec Ash dans sa voiture attendant patiemment que le temps passe. Il se réveille alors en plein Londres post-apocalyptique, conscient qu'il est resté endormi trop longtemps pour revenir à son époque. Une fin qui aurait pu permettre à Sam Raimi d'aborder la science-fiction à travers son personnage fétiche (genre qu'il n'a jamais touché encore aujourd'hui), tout en restant cohérent avec les intentions de la saga d'évoluer. Le premier était un film d'horreur ironique, le second une comédie horrifique, le troisième un film de fantasy, le quatrième aurait pu être avec cette fin un virage parodique (ou pas) à la Mad Max 2 (voire peut être Idiocracy avant l'heure). Universal en a décidé autrement. 

  • The Evil Dead (2013): Ça va gicler chérie

Evil dead 2013

Depuis 1992, la saga Evil Dead essaye de revenir par tous les moyens possibles. Même si Evil Dead n'est pas directement concerné, Ash Williams fait un petit tour par la case bande-dessinée chez Dynamite Comics où il voyage à travers des dimensions. Il y rencontre différentes personnalités (Freddy Krueger, Jason Voorhees, Xena la guerrière ou encore Darkman), mais on retient surtout son passage dans Marvel Zombie. Une série de comics mettant en scène les rares survivants de l'univers Marvel à n'avoir pas été contaminé par un virus zombiesque installé par Sentry. Dans ce crossover nommé Marvel Zombies vs Army of darkness (Layman, Neves, 2007), Ash (dans un attirail proche du troisième film) se retrouvait au début des hostilités. L'occasion pour vous de voir l'ami Ash dégommer de l'Avengers avec la cervelle ouverte ou un bras en moins! Quant au cinéma, on avait entendu dès 2003 un possible crossover entre Ash, Freddy Krueger et Jason Voorhees après le succès de Freddy vs Jason (Ronny Yu, 2003). Un projet vite laissé en suspens, dû notamment à un profond désintérêt de Bruce Campbell. Sam Raimi a eu régulièrement droit à la question "A quand Evil Dead 4 ?" au fil des années, tout en restant le plus évasif. Interrogé lors de la sortie de Drag me to hell (2009), le réalisateur avait évoqué à Première (numéro 387, mai 2009) qu'il avait quelques idées et que de temps en temps, il notait quelques trucs dans un carnet avec son frère Ted.

Marvel zombies 

Couverture parodiant celle de Days of future past.

Puis plus rien avant 2011 où un remake / reboot est annoncé avec Fede Alvarez (réalisateur du court-métrage Ataque de Panico). Campbell, Raimi et Robert Tapert produisent, s'impliquant même plus que beaucoup de réalisateurs ou principaux concernés lorsqu'un remake de leur film est annoncé. On pense à John Carpenter, râlant récemment que Rob Zombie l'a snobé sur celui d'Halloween (2007), alors que lui-même laisse faire des remakes sans rechigner depuis celui d'Assaut (Jean François Richet, 2005) et s'apprête à jouer les producteurs exécutifs très impliqués (on y croit...) sur l'énième relance de la franchise Halloween. La bonne chose du remake / reboot est de n'avoir pas repris l'intrigue initiale, d'avoir créer de nouveaux personnages et de ne jamais faire allusion à des événements issus de la franchise. Bruce Campbell viendra bien dire "Groovy" en pleine obscurité en séquence post-générique de fin, ce sera bien tout. Toutefois un grand nombre de clins d'oeil sont visibles à l'écran. A commencer par le médaillon qu'offre David (Shiloh Fernandez) à sa soeur (Jane Levy) qui est exactement le même que celui qu'offre Ash à Linda, y compris dans sa disposition en tête de mort. A cela se rajoute le bras coupé de Mia et Natalie (Elizabeth Blackmore), cette dernière se coupant le bras gauche aussi sauvagement qu'Ash sa main droite (le couteau électrique remplaçant la tronçonneuse). 

Evil Dead : Photo Jane Levy

Le démon apparaît sous sa forme finale comme sur l'affiche d'Evil Dead, la manière de le réveiller est identique (l'incantation dite à voix haute en prenant en compte les instructions du Necronomicon) et la tronçonneuse sert à l'assaut final. Sans compter le viol de l'arbre qui paraît encore plus dégueulasse que dans l'original (ils n'auraient pas pu trouver tronc plus gros). The Evil Dead se démarque également par une ambiance très sombre, où l'humour et l'ironie n'ont pas lieu d'être, dévoilant un aspect craspec jusqu'au boutisme. Ce qui se révèle un mal comme un bien. D'un côté, Fede Alvarez se permet une prise de risque en ne faisant absolument pas comme Raimi, mais d'un autre côté son film paraît trop gore, trop sérieux et s'il n'est pas insupportable, n'en reste pas moins un sale moment à passer. Evil Dead n'était peut être pas un film d'horreur ironique et fun dans son intention initiale, mais dévoilait un grain de folie particulièrement jouissif qui faisait plaisir à voir. Ce n'est jamais le cas ici. La réalisation n'en reste pas moins maîtrisée, en tous cas bien plus que beaucoup de remakes. Don't breathe ne fera que confirmer les talents de réalisateur de Fede Alvarez. On peut également noter des effets-spéciaux excellents, globalement faits sur le plateau. Une chose de plus en plus rare dans l'horreur, gangrenée depuis plusieurs années par le cgi. L'autre gros problème du film et il n'est pas des moindres est que tous les personnages sont terriblement antipathiques.

sectionage

 

On n'arrive jamais à les trouver attachants et le pire étant que leurs agissements sont d'un illogisme total. Pas que cela soit une question de codes du genre, juste que tous font les actions à ne pas faire en semblant le faire exprès. Elizabeth sait que Mia est possédée, mais va quand même la voir à la cave. Sachant les conséquences de la mort sur ses camarades, David aurait pu découper et enterré Eric (Lou Taylor Pucci). Il ne le fera pas, sa mort paraît comme une évidence. Mia a la porte droit devant elle. Où va t-elle? Dans l'endroit derrière elle, particulièrement étroit où la créature peut la taillader tranquillement à la machette. Mais la palme revient à Eric, connard suprême par excellence qui donne des envies de meurtre aux spectateurs. Il envoie ni plus, ni moins à la mort sa compagne (Jessica Lucas) et ses amis en lisant à haute voix les paroles du Necronomicon (ce n'est pas comme si il n'y avait pas écrit en gros rouge qu'il ne fallait pas le faire). Mais mieux encore, le personnage attend quand même trois morts pour se manifester. Il se sera passé une bonne heure avant ses déclarations. Ce n'est pas comme si tout ce qu'il avait vu dans le livre (à savoir le viol d'une femme par un arbre, une femme tailladée au visage et une femme ébouillantée) ne s'était pas manifesté. Comment voulez vous qu'on s'attache à un imbécile pareil? 

Evil Dead : Photo

Puis évidemment les personnages sont tous des clichés ambulants: le trouillard (David), sa copine assez inutile (Elizabeth), le binoclard qui sait tout quand ça l'arrange (Eric), sa compagne qui a toujours son mot à dire (Olivia) et la soeur junkie (Mia). Même les personnages du premier Evil Dead n'étaient pas aussi stéréotypés. Dès lors, pour toutes ces raisons, The Evil Dead se révèle assez pénible à suivre et peu convaincant. Bien fait peut être mais vite lassant.

  • Ash vs Evil Dead (2014-): Le patron est de retour

Ash_vs_Evil_Dead

Si Ash n'était pas apparu sur les écrans depuis 1992, Sam Raimi et Bruce Campbell ne se sont jamais quitté. Supprimé
au montage du western Mort ou vif (1995), Bruce se voit invité régulièrement dans les séries Hercule (1995-99) et Xena la guerrière (1995-2001) produites par Sam où il jouait le voleur Autolycus. Au fil de la trilogie Spider-man, l'acteur se retrouve en présentateur de match de catch foireux (le créateur de "Spider-man" ni plus, ni moins), en agent de théâtre à cheval sur les principes et en restaurateur français / italien (ça dépend des versions). On notera également son passage en garde grimé dans Oz the great and powerful (2013). Bien avant, Bruce Campbell s'était amusé de l'icône qu'il est devenu grâce à Evil Dead dans sa réalisation My name is Bruce (2008). Au cours de la promotion du remake, Fede Alvarez évoquait que Sam Raimi préparait L'armée des ténèbres 2, tout en évoquant la possibilité de donner suite à son film. Si l'un a vu le jour, l'autre non. Fede Alvarez ne s'est pas révélé amer, puisque sa collaboration avec Sam Raimi continue encore aujourd'hui avec Don't Breathe (2016). Au point toutefois de se demander si le succès du remake n'a pas permis de faire une OPA médiatique et financière pour donner suite aux aventures d'Ash Williams. En tous cas, ce fut suffisant pour qu'Evil Dead revienne... à la télévision.

ash et pablo

A l'heure du revival cinématographique d'un grand nombre de saga, voir Sam Raimi faire revenir Ash sur le petit écran est pour le moins cocasse. Qui plus est pour des épisodes d'une durée d'environ trente minutes, soit entre le drama (45 minutes et plus) et la sitcom (20-25 minutes). Revenant à l'aspect comique développé depuis Evil Dead 2, Ash vs Evil Dead est l'occasion pour les Raimi et Bruce Campbell de se faire plaisir et retrouver Ash Williams de la manière la plus fumeuse possible. Et pour cause, Ash a de nouveau déclenché les foudres des démons en lisant des pages du Necronomicon, cette fois-ci en fumant un joint! On ne pouvait probablement pas trouvé une raison plus débile pour faire revenir Ash. Le côté dragueur d'Ash prend même des dimensions gourmandes et croquantes dès les premières minutes de la première saison, Ash étant devenu un beauf dragueur dans toute sa splendeur et décadence. On n'avait pas vu Ash depuis vingt-quatre ans et pourtant il apparaît le même, juste vieillit. Bruce Campbell s'éclate comme une bête avec son personnage fétiche dans un registre peut être plus comique. Toutefois, la série n'oublie pas de mettre à l'épreuve ses personnages. Ash perdra sa nouvelle copine (Jill Marie Jones) à cause d'un nouveau double (hérité grâce à sa main droite). 

Photo Bruce Campbell, Dana DeLorenzo, Ray Santiago

 

Cette fois-ci, les deux se ressemblent comme deux gouttes d'eau, la seule différence étant la main originel d'Ash qui apparaît chez l'un. Leurs derniers instants ensemble seront savourés avec ironie sur Just the two of us de Grover Washington Jr (1980). Comme quoi, Raimi n'a rien perdu en notion de romantisme. Les acolytes d'Ash Kelly (Dana DeLorenzo) et Pablo (Ray Santiago) perdront des êtres chers dans d'atroces souffrances. Elle ses deux parents durant un dîner de famille des plus sanguinolents, lui son oncle lors d'un rituel qui tourne mal. Sans compter une arrivée tardive (Samara Weaving) perdant ses amis de manière délirante (imaginez deux zigotos essayant de viser un démon et dégommant à la place deux cadavres), avant de subir les pires tortures. De quoi faire passer Ash pour un enfant de choeur de la souffrance. Les scénaristes remettent même un peu de netteté dans la mythologie de la saga. Ainsi comme évoqué plus haut, le passé d'Ash paraît un peu plus clair, Raimi et les autres finissant par mixer les événements du premier film avec le début du second, faisant que les amis et sa compagne sont morts au même moment, sa copine ayant continuer les hostilités par la suite. Les scénaristes introduisent également un personnage particulièrement intéressant nommé Ruby Knowles.

Photo Bruce Campbell, Lucy Lawless

Mystérieuse durant les trois quarts de la saison, Ruby dévoile sa réelle identité dans le dernier épisode, se révélant non seulement comme la seconde fille du professeur (enfin c'est ce qu'elle dit), mais également comme la rédactrice du Necronomicon détenu par Ash. Un personnage de guerrière machiavélique qui va à merveille à l'iconique Xena, Lucy Lawless, retrouvant ici un rôle de femme d'action. Un personnage trop peu présent au regard de son intérêt, mais qui devrait gagner ses galons de rôle principal dans la seconde saison. D'autant plus qu'elle arrive en voiture sur Dies IraeAsh vs Evil Dead est également l'occasion de voir tout un lot de belles bêtes, allant de la poupée mordante (tout droit sortie d'Oz the great and powerfull) au monstre cousin du Pale man du Labyrinthe de Pan (Guillermo del Toro, 2006), en passant par un squelette entièrement fait en cgi peu convaincant.  Malgré quelques cgi, la série a une direction artistique plutôt bonne, jouant le plus possible sur les maquillages spéciaux. Le quatrième épisode donne lieu à un trip parmi les plus jouissifs vus sur écran, alignant différentes phases. La plus glauque, le zapping (quand s'entrechoquent en quelques minutes Felix le chat, Charlie's angels, Playboy, Here i go again de Whitesnake, un cours d'aerobic, du catch, de la bière et de la beuh!), la phase cool (un lézard qui cause, le soleil et Jacksonville à vue d'oeil) et la phase sombre (le monstre qui arrive dans le trip).

Ash-vs-Evil-Dead-monster

 

La série peut également compter sur une bande-originale rock'n rollesque alignant Deep Purple, AC/DC, Alice Cooper, Ted Nugent ou Styx. On regrettera toutefois que les épisodes 6 et 7 fassent un peu trop "monstre de la semaine", semblant un peu détachés du reste du corpus. Le final de la première saison est peut être un peu brutal, mais il a le mérite de donner envie d'y retourner. Plus qu'à attendre quelques semaines pour voir la prochaine saison en entier (cinq épisodes ont été diffusé à l'heure actuelle). 

Allez à la prochaine!

29 octobre 2016

Le punch de Harlem

Après avoir façonné les trois quarts de ses héros durant les 60's sous la plume de Stan Lee, Marvel décide de jouer sur les tendances culturelles lors des 70's. Si on peut citer les cas de Frankenstein en plein déclin des films gothiques de la Hammer ou Godzilla, on pense inévitablement à Luke Cage et Iron Fist créés en réaction aux succès de la blaxploitation et des films de Bruce Lee. Après des 90's particulièrement violentes et agitées, John Shaft faisait son (piètre) retour sous les traits de Samuel L Jackson, comme pour montrer que le héros de la blaxploitation et le courant culturel lui-même n'étaient pas mort. Son réalisateur John Singleton porte alors son intérêt sur Luke Cage durant les 2000's. On parle même régulièrement de Tyresse Gibson (acteur fétiche du réalisateur) pour incarner ce héros indestructible règnant sur les nuits rouges de Harlem. Puis le projet s'enlise, disparaît sans jamais avoir réellement exister (probablement aucun traitement n'a été fait), Marvel crée son studio bientôt sous l'égide de Disney, puis vint Netflix. Luke Cage sera finalement adapté en série, au même titre que Daredevil, Jessica Jones, Iron Fist ou le Punisher, avant une série les réunissant tous (The Defenders). Après s'être intéressé aux vigilantes avec Daredevil (2015-) et au film noir sur Jessica Jones (2015-), Marvel / Netflix fonce directement dans la fameuse blaxploitation. La violence a beau être toujours là (Netflix peut se le permettre, pas ABC), la série est un peu plus légère, moins glauque (Jessica Jones atteignait souvent des sommets à ce niveau).

Luke Cage

Les téléspectateurs croyant avoir tout vu de Cage (Mike Colter toujours convaincant) dans la série Jessica Jones risquent fort d'avoir une surprise. Pas que le personnage change de personnalité, mais le contexte et le ton sont différents. D'ailleurs, il n'est plus rattaché à l'héroïne incarnée par Krysten Ritter qui n'apparaît pas ici. Comme suggéré en début de série, il s'est passé cinq mois depuis son départ du bar et il s'agit d'un retour aux sources. Qui dit Harlem, dit population noire et donc des acteurs de couleurs pour le moins nombreux. N'en déplaise à certains idiots ayant peur de ne pas voir suffisamment d'acteurs blancs... Un contexte raccord également au principe même de la blaxploitation: des histoires mettant en scène des acteurs noirs pour le public afro-américain. D'autant qu'à cela se rajoute la musique, point quasi primordial de ces films (on se souvient plus des Nuits rouges de Harlem pour la musique d'Isaac Hayes que pour le film lui-même). Le héros, ses amis et ennemis, son sex-appeal délirant et la musique (rap, hip hop, soul, jazz... un pur régal pour les oreilles) renvoient directement à ce mouvement 70's, faire de Harlem le terrain de jeu de ce petit monde offre quant à lui un regard intéressant. D'autant plus dans un pays où les afro-américains subissent actuellement des violences policières et juridiques aussi fortes que dans les 90's. Il est à la fois ironique et triste de voir un héros afro-américain indestructible dans le contexte présent. Marvel est finalement dans le vent en produisant une série basée sur Luke Cage à l'heure actuelle, au point que cela en devient presque nécessaire.

Photo Mahershala Ali

Si la série n'est pas vraiment politique, sa diffusion l'est beaucoup plus. Luke Cage apparaît comme un dur à cuir, mais ne cherche pas à devenir un héros. Là où Matt Murdock (Charlie Cox) et Frank Castle (Jon Bernthal) se sentent nécessaires dans leur combat, Cage non et devient un symbole en prenant la défense des habitants face aux raclures leur tournant autour. Luke Cage apparaît rapidement comme l'insoumis face à la corruption, lui-même étant le fruit de cette dernière. (attention spoilers) Ainsi le quatrième épisode est entièrement consacré au complexe de Luke. Un homme accusé à tord à cause de son demi-frère qui ne va pas tarder à montrer le bout de son nez (Erik LaRay Harvey). Donc passage en prison où les scénaristes se jouent des clichés des histoires carcérales avec violence, gardes crapuleux, prisonniers n'attendant qu'une bonne baston et projet expérimental qui tourne à la catastrophe. A moitié mort sur la table d'opération, il en ressortira blindé. Cage symbolise l'injustice et c'est aussi pour cela qu'il se bat aux côtés de ceux qui, comme lui, ont été ou sont exploités. Face à lui, des enfants teribles du crime de Harlem, régnant depuis deux générations. Les scénaristes nous présentent alors les cousins Cottonmouth (Mahershala Ali) et Mariah Dillard (Alfre Woodard), l'un implanté dans le crime organisé et la gérance d'une boîte de nuit, l'autre dans la politique tout en grapillant quelques billets chez son cousin.

Photo Mike Colter

Mais surtout au cours du sixième épisode où leur passé commun est révélé (un peu comme si Martin Scorsese s'attaquait à la pègre afro-américaine), les scénaristes optent pour un retournement de situation. On a vu Cottonmouth comme le méchant de l'histoire jusqu'à présent, mais ce sont finalement les hommes de l'ombre qui ressortent. Que ce soit Mariah, Shades le bon sous-fifre (Theo Rossi) et surtout le fameux frère de Luke, Willis Stryker. Celui que l'on pensait être le mal incarné n'est finalement que l'arbre qui cache la forêt, les vrais méchants finissant par sortir de l'obscurité une fois la tête du roi coupée. Si la série s'avère assez lente dans ses débuts, dès lors que le sixième épisode est arrivé, Luke Cage devient terriblement halletante et met sans cesse son héros en difficulté face à des êtres trouvant son point faible et ayant des ressources politiques pour le faire condamner. La série trouve véritablement son rythme à travers le quatrième épisode. Dès lors que les intentions de la série sont claires, la série peut davantage s'épanouir et passionner. Avec cela, les personnages gagnent en dynamisme. Shades est très discret jusqu'à qu'il voit en Mariah l'occasion qu'elle soit sa chose. Dès lors, il exercera une influence merveilleusement néfaste sur elle, sans toutefois être là pour qu'elle exploite toute sa fureur (le genre à faire des ravages avec un micro). Willis est celui qui a la main mise sur tout ce petit monde, avec la solution à tous les malheurs engendrés par son demi-frère. 

Photo

Ayant la rancune tenace, le personnage ne fera pas de cadeau, faisant une prise d'otage pour déloger son adversaire (bon huis clos au passage). Le dernier épisode s'ouvre donc sur un affrontement délirant en plein quartier, preuve que les rues de Harlem sont au centre de tout. Oubliez le combat raté de Rocky V (John Avildsen, 1990) qui tournait au combat de coq bête et con, on assiste ici à un combat de boxe entre deux surhommes (bon, un avec une combinaison spéciale). Les rancoeurs explosent sous les poings de la violence car il n'y a aucun autre moyen. La série introduit également le personnage de Misty Knight (Simone Missick), héroïne bien connue des fans de comics puisqu'elle est une des associés de Cage et Iron Fist dans l'entreprise "Héros à louer". Ici, elle est encore une policière voyant que la loi est sans contrecarré par la corruption et dans l'impossibilité de la faire appliquer (il y aura toujours une magouille pour que toute affaire s'arrête). Un personnage qui devrait gagner en importance dans The Defenders ou dans une autre saison de Luke Cage sans problème. Quant à Rosario Dawson, son personnage continue à s'étoffer, devenant le lien entre toutes les séries Marvel / Netflix. Claire retrouve toutefois l'importance qu'elle a dans Daredevil en devenant comme Cage une exilée cherchant à se faire petite. Sans compter une histoire d'amour finalement pas si mal, car raccord aux personnages concernés. Claire apparaît finalement comme une sorte de voix de la raison qu'on est bien content d'avoir avec soi. (fin des spoilers)

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Luke Cage met peut être un peu de temps à démarrer, mais une fois installée cette série s'avère pertinente et une célébration jouissive de la blaxploitation.

20 octobre 2016

Séance zen à sept

Revoilà l'Antichambre de Borat toujours prête à vous jeter un mauvais tour. Rappel pour les deux du fond: trois films seront chroniqués dans des critiques plus courtes mais tout à fait constructives. Au programme: une plongée dans le wu xia pian taïwanais; un remake à sept membres; et un huis clos aveugle. Ready? Go! (attention spoilers)


 

A touch of zen

Le wu xia pian (film de sabre en costume avec combats acrobatiques et romance pour vulgariser) est revenu à la mode au début des 2000's avec des oeuvres purement faites pour le marché occidental. On pense à Tigre et dragon (Ang Lee, 2000), mais aussi à Hero et au Secret des poignards volants (Zhang Yimou, 2002, 2004). Revenons donc à un temps où le wu xia pian avait du mal à passer les frontières et plus particulièrement celles de Taïwan.

Ressorti l'an dernier avec son aîné Dragon Inn (1967), A touch of zen (King Hu, 1970) est désormais dans les bacs grâce à Carlotta. Pour ce qui est de la ressortie, si la plupart des plans sont un ravissement de tous les instants, il est triste de constater que les scènes nocturnes soient aussi sombres. Un défaut hérité malheureusement de sa restauration, des photos d'éditions précédentes pouvant en attester. Tant pis.

A touch of zen est un film qui prend son temps, réparti sur trois parties bien distinctes, ce qui explique sa longueur (3h20 diffusées initialement en deux parties). La première partie est probablement la plus longue, mettant tous les éléments en place: un personnage masculin cherchant un sens à sa vie (Shih Chun), le trouve en tombant amoureux de sa voisine (Xu Feng), qui est une fugitive recherchée par l'Etat.

Dès lors, le film peut entrer dans la seconde partie, fuite des héros pour leur survie. Un jeu de chat et la souris trouvant son point d'orgue dans un retour au bercail sauvage et violent. Il n'y aura pas de prisonnier dans les deux clans. C'est là aussi où l'on voit l'alchimie qui commence à se former entre les deux jeunes gens. 

Notre héros n'est pas un combattant, elle si; en revanche il peut l'aider par la ruse et la stratégie, chose qui lui manque à elle. Ainsi si notre héroïne se révèle plus importante et active dans la seconde partie, c'est aussi grâce à son amant. Sans compter que King Hu s'amuse du folklore en misant sur la peur des fantômes pour contre-attaquer.

La troisième partie est surtout l'occasion d'un dernier affrontement dantesque avec un ennemi particulièrement vicieux (Han Ying Chieh). L'occasion également pour les fans d'Indiana Jones et le temple maudit (Steven Spielberg, 1984) de retrouver l'acteur Roy Chiao en bonze charismatique. Ce qui fait d'A touch of zen un superbe wu xia pian qui n'a pas pris une ride, la plupart des combats restant aujourd'hui des références de maîtrise et de beauté visuelle.


 

Les_7_mercenaires_US

On avait quitté Antoine Fuqua sur le mitigé Southpaw (2015), il revient avec le remake des Sept mercenaires (John Sturges, 1960). Lui-même étant une variation des Sept samouraïs (Akira Kurosawa, 1954), au même titre que 1001 pattes (John Lasseter, 1998). De là à y voir un énième manque d'inspiration d'Hollywood, il n'y a qu'un pas.

Pourtant Les sept mercenaires d'Antoine Fuqua s'en sort mieux que prévu. Le plot est le même, à savoir des gens engagés pour sauver un village d'un oppresseur et son armée. Fuqua réussit à s'en sortir en changeant complètement de contexte et de type de personnages.

Les personnages de John Sturges ne sont plus, d'autant plus que Fuqua mise sur la mixité de son casting. Nos mercenaires sont menés par un afro-américain (Denzel Washington) et on retrouve dans l'équipe un asiatique (Lee Byung Hun), un comanche (Martin Sensmeier) et un mexicain (Manuel Garcia Rulfo). A l'heure où l'on parle de white washing à tort et à travers, soulignons l'ingéniosité du casting. L'Ouest n'a pas été rempli que de gentils blancs et de méchants indiens.

De même, les personnages de Denzel Washington et Ethan Hawke ont une relation intéressante, puisque l'on est face à un nordiste et un sudiste. La réplique "La guerre est terminée" sera dites par l'un des deux, comme pour confirmer le renouveau des USA après Secession et qu'il était temps de passer à autre chose. D'ailleurs le casting fonctionne plutôt bien, même si certains sont plus mis en avant que d'autres (c'était déjà le cas chez Kurosawa et Sturges).

De même, ici il ne s'agit plus de brigands en plein Mexique, mais d'un industriel cherchant l'or sur le terrain des opprimés. Presque un sous-entendu sur notre ami comanche, dont le peuple a été petit à petit éradiqué et chassé de ses territoires par les visages pâles.

Ce remake se différencie également par une esthétique plus typé blockbuster avec beaucoup d'explosions et des gunfights filmés de manière spectaculaire. Une manière comme une autre de se différencier de son aîné plus sobre et raccord au premier film. Une pensée également pour James Horner, dont il s'agit de la dernière composition à titre post-thume. Une beauté ne rappelant jamais l'original et avec des petits airs d'Avatar (2009). Un autre récit d'êtres opprimés se défendant face à l'envahisseur. 


don't breathe

Le succès du remake d'Evil Dead (2013) ayant aidé, revoilà Fede Alvarez chez Sony et Ghost Pictures (la boîte de production de Sam Raimi). Avec Don't breathe, le réalisateur fait ce qu'il veut, avec moins de pressions que sur son premier film. Evil Dead était un film très gore et bien mis en scène, les problèmes venaient de l'écriture et de son manque total d'ironie. 

Don't breathe rectifie le tir de manière adéquate. Les personnages principaux sont globalement des clichés de première, mais ils sont mieux écrits et joués. Si celui de Daniel Zovatto est plus ou moins à la ramasse, les deux autres sont plus intéressants car plus présents. D'un côté l'amoureux transi (Dylan Minnette) et de l'autre la fille essayant de partir de Detroit par tous les moyens (Jane Levy).

En raison de sa banqueroute colossale, Detroit est souvent représentée par le cinéma américain récent. On l'avait vu dans It follows (David Robert Mitchell, 2014) ou Lost river (Ryan Gosling, 2014) avec ces maisons abandonnées quand ce ne sont pas des taudis. On n'en est pas loin ici, avec une population ne remarquant même pas un type traînant une jeune femme en pleine rue, à moins qu'il n'y en a plus...

Le contexte social n'est peut être pas aussi fort que dans Le sous sol de la peur (Wes Craven, 1991), mais ils ont plusieurs points communs. Des jeunes cherchant à s'en sortir dans un quotidien sans avenir, un volé loin d'être gentil (Stephen Lang), un rotweiller (clin d'oeil à Cujo de Stephen King au passage) et un sous-sol qui en dit long sur le propriétaire des lieux. 

Mais là où Alvarez se différencie de plusieurs huis clos c'est dans son utilisation pertinente du son. Le maître des lieux est aveugle, mais ses sens sont décuplés (on ne vous l'apprend pas, vous connaissez tous Daredevil). L'ambiance sonore laisse pleinement place aux bruitages et au son direct, la musique se veut la moins insistante. A l'heure où un grand nombre de productions horrifiques font un brouhara pas possible pour installer la terreur, ici le calme est de mise et la musique est juste là pour insister sur certains événements. De quoi renforcer le malaise.

Sans compter la photo de Pedro Luque, jouant pleinement de l'obscurité, tout en restant lisible à l'oeil du spectateur. On pense aussi à l'admirable scène en infra-rouge, moment où l'aveugle conscient de ses sens est roi. En résultes, un huis clos qui s'en sort plus que bien, bien mieux maîtrisé que le premier essai de son réalisateur. 

A la prochaine!

19 octobre 2016

Message à caractère informatif

Vous êtes plus d'1 million à avoir visiter Ciné Borat! Cela mérite bien une petite musique, en vous remerciant à nouveau de votre fidélité! 

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15 octobre 2016

Séance au delà des chiens de guerre

En cette semaine anniversaire, l'Antichambre de Borat pointe le bout de son nez. Comme d'habitude, trois films seront chroniqués de manière tout aussi équitables que les critiques seules. Au programme: un jeu-vidéo pour amateurs voyeuristes; du trafic d'armes; et l'équipage de l'USS Enterprise part vers l'infini et l'au delà. Ready? Go! (Attention spoilers)


 

Nerve

Pas besoin de donner dix exemples pour dire que le cinéma et le jeu-vidéo font 646, il suffit d'évoquer le sinistre Warcraft (Duncan Jones, 2016) pour s'en rendre compte. Il est donc plutôt amusant de voir que quand le cinéma n'adapte pas directement un jeu, il est parfois plus pertinent.

Si Nerve (Joost, Schulman, 2016) n'est pas une réussite du niveau d'un Tron (Steven Lisberger, 1982) ou d'un Scott Pilgrim (Edgar Wright, 2010), il en a tout de même assez sous le capot pour s'imposer comme une bonne surprise.

Nerve gagne des points dans sa description simple mais habile de son jeu, sorte d'Action sans vérité en ligne. Deux sortes de personnes peuvent y avoir accès: les Joueurs qui ont des défis instaurés par les Voyeurs. Plus ils relèvent de défis, plus ils gagnent d'argent jusqu'à atteindre le dernier niveau.

Le film reste toutefois très abstrait au sujet des magouilles du jeu et d'ailleurs, on n'aura jamais idée des intentions des créateurs, tout comme leurs visages nous sont inconnus. Les réalisateurs ont certainement voulu aller à l'essentiel, ce qui n'empêche pas quelques zones d'ombres comme ici. Idem pour un final quelque peu what the fuck, partant un peu dans toutes les directions. On s'amusera également à remarquer les différents placements de produire durant sa première demi-heure.

En revanche, Nerve peut compter sur un discours intéressant. Que les Joueurs fassent les défis est une chose, que des gens les regardent faire en est une autre. Le voyeurisme anonyme (la plupart sont des pseudos et se cachent même derrière des masques) est bien montré, y compris quand il prend le point de vue du meilleur ami de l'héroïne.

Ce dernier ne veut pas participer au jeu, mais se sent obligé de voir comme tant d'autres. Comme le spectateur, le film interroge jusqu'où le voyeur est prêt à regarder, y compris lorsqu'il s'agit d'une mort en direct ou d'un acte totalement dangereux.

Le film peut aussi s'aider d'acteurs de qualité, à commencer par Emma Roberts. L'héroïne de Nerve est terriblement attachante. Ce n'est ni la girl next door, ni la bombe sexuelle du lycée (réservé à sa meilleure amie incarnée par Emily Meade), c'est une fille banale qui se découvre lors d'une soirée exceptionnelle. Un type de rôle masculin les trois quarts du temps, ce qui n'est pas plus mal.


 

War dogs

Il était temps que Todd Phillips retrouve la flamme, après des années passées à Las Vegas ou sur les routes avec Zack Galifianakis. La flamme d'oeuvres pour le moins délirantes, voire franchement drôles comme Road Trip (2000) et Old School (2003). C'est finalement en partant sur la case biopic que le réalisateur retrouve son grain de folie avec War Dogs

Soit l'histoire vraie de deux trafiquants d'armes basés à Miami, ayant réussi à avoir une offre de l'administration Bush Jr à un prix quatre fois moins cher que leur principal concurrent. Avec un pitch pareil, Phillips fait une sorte de mélange improbable entre The social network (David Fincher, 2010) et les sagas mafieuses (ou pas) de Martin Scorsese. 

Pour le premier, Phillips développe une amitié pas si solide entre deux personnages pour le moins différents. L'un est un mec rangé essayant par tous les moyens de subvenir aux besoins de son couple (Miles Teller) et ce, même si ce qu'il fait n'est pas très catholique. L'autre est déjà un requin qui n'attend que le gros poisson pour partir en chasse (Jonah Hill). Pas étonnant que son modèle est Tony Montana. Plus grosse est l'ascension, plus douloureuse est la chute. 

De même, les deux ont des conflits internes et ne sont jamais avares de couteaux dans le dos. C'est d'ailleurs ce qui conclut à leur chute aussi vertigineuse qu'une descente d'ascenseur. Un constat un peu similaire pour Marty, où les magouilles finissent souvent par sauter à la figure de leurs instigateurs.

De plus, le tempérament mafieux de Jonah Hill (lui-même coutumier du style scorsesien) convient parfaitement à ce style. On retrouve également un jukebox plutôt qu'une réelle composition, naviguant entre Pink Floyd et Leonard Cohen, en passant par les Who.

Si Phillips ne fait pas forcément un film personnel avec ce cru, il s'avère néanmoins loin du ton parfois cru d'un Marty et s'amuse des aventures de nos deux pieds nickelés de l'armement. Puis il y a les prestations solides de Miles Teller et Jonah Hill (purée quel rire) pour faire passer un bon moment. Toutefois sur le même sujet, on préféra le bien plus violent Lord of War (Andrew Niccol, 2004). Une fiction certes, mais dont War Dogs doit beaucoup dans son traitement (voir l'ouverture).


 

star trek

JJ Abrams étant parti vers d'autres étoiles, il a bien fallu lui trouver un remplaçant. JJ encadre toujours, mais c'est bien Justin Lin aux commandes de ce Star Trek Beyond, revenant aux opus stand alone d'autrefois. La saga Star Trek au cinéma a essentiellement reposé sur des aventures sans suite, en dehors du cycle Spock (de La colère de Khan à Retour sur Terre) et des films d'Abrams. 

L'idée de revenir à une certaine routine fait du bien, car permet aux non-habitués de s'y intéresser doucement, sans avoir besoin d'avoir vu les autres films. Beyond reste dans une certaine continuité, mais nous sommes dans la mission des cinq ans. Il n'est plus question de genèse des personnages et de la fondation de leur groupe. Les personnages sont installés, ils n'ont plus qu'à voler de leurs propres ailes.

Les scénaristes Simon Pegg et Doug Jung jouent sans cesse sur les doutes des personnages afin de mieux les rassembler. Seul l'équipage de l'Enterprise ne mène à rien, soudé il ne devient que plus fort. Lin peut donc s'aider pleinement de l'alchimie déjà instaurée par Abrams afin de continuer dans son sillon. 

Si l'aventure de Beyond est moins ambitieuse que le reboot (une mission de routine qui tourne mal), il fait toutefois oublié à quel point Into darkness (2013) était un remake inversé de La colère de Khan (Nicholas Meyer, 1982). Le film proposé est peut être plus simple, mais pas moins génial, Lin se faisant un plaisir pour rendre son film spectaculaire et merveilleusement divertissant.

Justin Lin n'est pas un grand réalisateur, il n'en reste pas moins que sur les Fast and furious (de 2007 à 2013), il a pu expérimenter les scènes d'action. Un formaliste peut être, mais tout ce qu'il y a de plus correct et compétent. On le voit ici dans des scènes catastrophes qui fonctionnent et une poursuite ingénieuse dans un village commençant par un travelling délirant. Sans compter ce qui deviendra désormais la scène Sabotage, où le son des Beastie Boys casse littéralement la baraque dans un mélange parfait entre ce qui se passe à l'écran et ce qu'on entend. 

L'IMAX donne par ailleurs une impression encore plus immersive qu'une simple conversion 3D. Comme si le spectateur était embarqué dans un voyage spatial, au plus près de l'action. Sans compter l'impressionnante profondeur de champ dans des conditions exemplaires (votre cher Borat l'a vu à Marne la Valley). De quoi être un peu plus près des étoiles.

A la prochaine!

11 octobre 2016

Putain 7 ans!

Un jour, un jeune blogueur avec déjà un peu plus d'un an d'expérience essaye de publier un article, comme il le fait assez souvent. Puis il remarque un problème récurrent parmi tant d'autres (certains comprendront, d'autres n'en ont jamais fait les frais et tant mieux pour eux): 

  • le lecteur pour chercher les images de l'hébergeur ne marche pas ou ne montre pas toutes les images disponibles
  • les images ne chargent pas, alors que le lecteur fonctionne
  • la fiche du film que l'on veut critiquer ne s'affiche pas, alors que vous venez de bien taper le titre
  • la mise en place bugge, ce qui revient à copier tout et à réactualiser
  • la mise en édition bugge et si vous n'avez rien copier votre article est perdu, la plateforme n'ayant aucune sauvegarde de brouillon

Dans un élan évident de liberté et d'amour propre, le blogueur de quinze ans décide de quitter son royaume pour un autre. Ce blogueur c'était moi le 11 octobre 2009 à 17h42. Le royaume déchu était Allociné (à une époque où comparé à aujourd'hui, cela allait un peu mieux) et son nouveau Canalblog. Aujourd'hui cela fait donc sept ans que Ciné Borat existe dans la blogosphère. De quoi parfois avoir le vertige, se dire qu'on est plus vieux, parfois aigri, parfois confiant et certainement toujours là, toujours prêt à trouver le bon mot pour parler de films, séries, clips, livres ou musiques. Pour parler chiffres (inévitable puisqu'on fait le bilan ne l'oubliez pas chers lecteurs), Ciné Borat totalise à l'heure actuelle 3622 articles, 35 592 commentaires, mais surtout est en train de passer un nouveau cap. Le million de visiteurs va bientôt arriver, puisque aujourd'hui le blog à 994 449 visiteurs au compteur. Un stade que j'attendais depuis très longtemps et il a fallu environ sept ans pour l'atteindre. Bientôt le blog sera donc millionnaire au même titre qu'un célèbre jeu à gratter. C'est pour cela que je vais tout de suite passer aux remerciements, car sans vous chers lecteurs le blog ne serait rien. Je privilégie en partie les lecteurs historiques et commentateurs célèbres faisant la richesse de ce blog depuis bien longtemps. 

Donc merci à Olivier, Vince, Tina, Fred, Prince, Max, 2flics, Titi, Selenie, Yvonne, Laurent, Gerard, Benjamin, Suzy bishop, Kaal, Nicos, HDEF, Marion Rusty et tout ceux que j'ai oublié. Je n'oublie bien sûr pas certains followers qui se reconnaîtront (n'est ce pas Gael, Cédric, Nico, Laura et Romain?) et qui suivent le blog depuis la twittosphère. Outre la page twitter ( https://twitter.com/CineBorat ), Ciné Borat a également sa page facebook depuis août dernier ( https://www.facebook.com/Cine.Borat2/ ). L'occasion pour moi de trouver une autre audience, mais aussi de remettre certains articles à l'honneur lors d'occasions particulières, comme la diffusion d'un film à la télévision, un anniversaire... Certains sont d'ailleurs remaniés pour l'occasion (parfois bien nécessaire), donc si cela vous tente, c'est toujours l'occasion d'y jeter un nouvel oeil. La Cave de Borat n'est désormais plus une rubrique hebdomadaire mais récurrente. Comme j'avais pu le remarquer lors de sa seconde année, le travail fourni est parfois très gros et demande parfois plus de préparation pour être fini dans de bonnes conditions. Ce qui ne l'empêche pas d'être une rubrique toujours plaisante à faire, avec des sujets variés. Votre cher Borat a quelques projets en tête pour la rubrique, dont voici quelques exemples concrets:

  • une cuvée spéciale Evil Dead avec la trilogie, le remake de Fede Alvarez et la première saison d'Ash vs Evil Dead le 31 octobre
  • une cuvée spéciale courts-métrages Pixar à Noël (même si pour trouver les courts c'est coton, certains devront se contenter de photos)
  • la suite de la rétrospective sur Paul Verhoeven, avec donc ce qui reste à aborder, de Turkish Delices (1973) à Tricked (2012), en passant par Robocop (1987)
  • des cuvées sur les campus movies (la liste n'est pas encore exhaustive, mais on devrait au moins trouver Old School et Road Trip de Todd Phillips)
  • votre cher Borat les annonce toujours, mais il espère faire des rétrospectives sur Joe Dante et John Carpenter, voire peut être faire un petit passage chez Robert Zemeckis et Tsui Hark
  • une cuvée sur l'univers de Kevin Smith (de Clerks à Clerks 2)
  • une autre sur la saison 20 de South Park qui s'annonce pour le moins explosive au vue des trois premiers épisodes
  • une cuvée hommage à Michael Cimino qui nous a quitté en juin dernier

En sachant que j'ai bien failli vous proposer des cuvées sur la saga Harry Potter (2001-2011) à l'occasion de la sortie des Animaux fantastiques (David Yates), mais la passion me manque cruellement sur ce sujet, surtout si c'est pour faire du cas par cas (et surtout tous me le retaper!). La Cave de Borat restera dans l'actualité avec des cuvées réalisées en réaction aux sorties de la semaine. Votre cher Borat attend que Rings (F Javier Gutierrez) ne soit plus repoussé jusqu'aux calendes grecques pour peut être s'intéresser à la saga Ring. Et ce malgré que certains opus asiatiques ne pourront être vu, faute de visibilité (les japonais ont même osé un affrontement avec les fantômes de Ju-on!). Peut être aussi évoquer les adaptations de romans de Stephen King (merci La tour sombre !), en évoquant notamment des films non-chroniqués par mes soins ici même. Je pense à Misery (Rob Reiner, 1990), ça (Tommy Lee Wallace, 1990), Simetierre (Mary Lambert, 1989) ou les récents Cellphone (Tod Williams, 2016) et 11.22.63 (2016). Ce sont des éventualités, mais des cuvées qui pourraient vous intéresser. Par ailleurs, ma chère camarade Tinalakiller et moi préparons un article à quatre mains. Pour l'instant nous en sommes aux balbutiements, mais il sera publié bien assez tôt, n'ayez crainte. Le concept de l'Antichambre de Borat a l'air de vous avoir plu. Une nouvelle rubrique qui permet plus de critiques (même plus courtes) et aussi de ne pas forcément faire des pavés.

Un moyen de se renouveller et d'aller parfois à l'essentiel avec certains films plus difficiles à aborder ou avec moins de matière à évoquer. Rester dans l'actualité aussi. On arrive donc à la fin de cet article anniversaire et comme chaque année, voici une liste de films que je devrais faire cette année. Une liste qui sera évolutive, selon les visions de films récents qui apparaissent comme les priorités à aborder, en espérant vous revoir aussi nombreux cette année !

  • Pat Garrett et Billy the kid de Sam Peckinpah
  • Blade Runner de Ridley Scott
  • A touch of zen de King Hu
  • Room de Liam Abrahamson
  • Médée de Pier Paolo Pasolini
  • Pulsions de Brian De Palma
  • The strangers de Na Hong Jin
  • Suicide Squad de David Ayer
  • Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho
  • The shallows de Jaume Collet Serra
  • Peter et Elliott le dragon de David Lowery
  • Blood Father de Jean-François Richet
  • Les sept mercenaires d'Antoine Fuqua
  • Don't breathe de Fede Alvarez
  • Bridget Jones's Baby de Sharon Maguire
  • Jack Reacher Never go back d'Edward Zwick

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08 octobre 2016

Cuvée Knope 2016

Qui est Chris Pratt? Un des sept (nouveaux) mercenaires? Un gardien de la galaxie se prenant pour le seigneur de l'étoile? Un dresseur de raptors? Un des dézingueurs de Ben Laden? Le mauvais meilleur ami de James McAvoy? Le mari beauf d'Alison Brie? La France connaît en fait peu Chris Pratt ou tout du moins a mis longtemps avant de le découvrir. Avant de devenir le nouvel acteur qu'Hollywood s'arrache, il était Andy Dwyers durant sept ans. Andy qui? La Cave de Borat va vous faire revenir en 2009 où il était guest-star dans la série Parks and recreation. Une série que vous ne connaissez probablement pas chers lecteurs et pour cause, il a fallu la fin de sa diffusion (en 2015) pour qu'une chaîne française daigne la diffuser. Et ce fut Canal +. Autant dire vu uniquement par des abonnés. Sept ans où le téléchargement et le streaming ont (bien) fait le travail. On se plaint souvent du téléchargement illégal en France, en attendant il aide certaines séries à trouver leur public et à se faire une réputation quand aucune chaîne ne veut les diffuser. Ce qui est clairement le cas de Parks and recreation. On ne s'étonne même pas que l'achat de Canal a été régie par le succès des Gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014) et l'arrivée imminente de Jurassic World (Colin Trevorrow, 2015). Ce qui reviendrait à faire de Chris Pratt l'arbre cachant la forêt, car comme évoqué au départ il n'était qu'un guest. Au même titre que 30 Rock (2006-13) est le bébé de Tina Fey, Parks and recreation est celui de sa comparse du Saturday Night Live Amy Poehler.

Parks and recreation (photo promo) (1) 

L'équipe de choc instaurée depuis la troisième saison.

Initialement, cela devait être un spin-off à la série The office (2005-13). Même chaîne, même format (sitcom donc vingt minutes
environ), même principe (un mockumentaire sur les activités professionnelles d'un groupe de personnes), mais dans le département des parcs et loisirs d'une mairie. Amy Poehler était déjà connue par le SNL (on lui doit notamment des parodies mémorables d'Hilary Clinton), mais pas forcément ses comparses. On ne parlera pas forcément de succès d'audience (entre 3 et 5 millions de téléspectateurs), mais la série gagnant en réputation, ses acteurs aussi. Rashida Jones et Aziz Ansari ont leur
propre série désormais (Master of none et Angie Tribeca); Aubrey Plaza enchaîne les comédies avec Zac Efron; Nick Offerman a montré sa moustache du 21 Jump Street à Fargo; Adam Scott s'est retrouvé sur de bons coups cinématographique (Krampus par exemple); Rob Lowe s'est payé un énième come-back; et Chris Pratt est devenu une star. Par ailleurs, il est bon de souligner Plus que sur ces intrigues et comme toutes sitcoms qui se respectent, Parks and rec repose essentiellement sur ses personnages et leur évolution au fil de ses sept saisons. Avouons-le, le pitch est plus que simple puisque, comme évoqué plus haut, nous suivons des employés chargés des parcs de loisirs et autres événements à Pawnee. Rien de fun à l'horizon, ni de grandiose et pourtant de cette banalité, les scénaristes s'en amusent (comme surement Ricky Gervais en son temps).

Photo Amy Poehler, Chris Pratt

Chris Pratt et Amy Poelher à la recherche de leurs conjoints.

Que ce soit faire un parc, une fête du coin ou mieux entrer en campagne d'élection, l'équipe de choc essaye tant bien que mal de les réaliser et ce parfois sur plusieurs saisons. Pour cela, il est bon d'analyser plutôt les personnages. (attention spoilers) Leslie Knope (Poehler) est l'archétype parfait de la femme qui essaye de s'imposer en politique dans un milieu bourré d'hommes et surtout de machos, tout en essayant de rester la plus positive possible. Probablement trop et c'est aussi ce qui fait le charme du personnage. Elle croit en ses convictions et même dans la pire des merdes, elle essayera toujours de garder la tête haute. Durant sept saisons, elle devra imposer son opinion face à des conseillers misogynes ou dépassés (mais toujours en place) et même se battre parfois contre les voisins de Eagleton. En gros, les ploucs obèses face aux riches sveltes. Pas étonnant non plus qu'elle prend en exemple Hilary Clinton, non seulement à cause du fait que Poehler l'a imité en long, en large et en travers, mais aussi par son engagement politique. Avec un regard actuel, la quatrième saison où elle fait campagne pour le conseil de Pawnee anticipe le duel Clinton-Trump. Le personnage de Paul Rudd n'a aucun programme, mais il suscite l'intérêt de la population par sa puissance et opte avec sa conseillère (l'impayable Kathryn Hahn) pour une campagne de dénigration du candidat en face. On ne pouvait pas faire plus visionnaire.

Photo Adam Scott, Amy Poehler

Ben Wyatt le héros par excellence.

Puis Leslie Knope ne serait rien sans son Ben Wyatt (Scott), héros s'il en est de plus romantique. L'amant dévoué à la cause de sa compagne, revenant même d'un job à Washington pour être plus proche d'elle. Terriblement chevaleresque mais inévitablement tordant (y compris quand un bouchon de plusieurs heures avec utilisation de la radio engendre une panne d'essence). Si en plus, c'est un geek confirmé (Val Kilmer peut aller se rhabiller avec son costume de Batman) et un amateur de calzone, alors vous êtes sûrs que Ben Wyatt est un ange parmi les démons. Mais indéniablement le meilleur personnage de la série est Ron Swanson (Offerman). Patron de Leslie, il en est le parfait contraire. Libéral, cynique, contre la constitution, pour les libertés individuelles (il met son ordinateur à la poubelle après avoir découvert que ses coordonnées étaient sur Google !), un mangeur de viandes confronté à un végétarien (en l'occurrence Chris), menuisier et saxophoniste hors pair, Ron Swanson est le parfait second-rôle. Celui qui remet toujours en place ses collaborateurs avec une morale jubilatoire. Puis Ron Swanson est un personnage tout de suite identifiable: une moustache impayable, probablement la plus iconique du paf depuis celle de Magnum ! A cela se rajoute la violence cassante de sa première ex (Patricia Clarkson merveilleuse) et la sexualisation extrême de la seconde (Megan Mullally jubilatoirement vulgaire). 

Ron Swanson rit

Ces trois personnages sont en soi les piliers de la série et ce malgré que Ben n'apparaît qu'à la fin de la seconde saison. Ce qui n'empêche pas les seconds couteaux d'exploser. Chris Pratt vous paraît séduisant dans ses récents films? Attendez de faire la connaissance d'Andy Dwyers, ancien petit-ami d'Ann Perkins (Jones), beauf monumental mais attendrissant jusqu'à en prendre les mauvaises habitudes (un plâtre est toujours utile pour stocker de la nourriture). Le genre débarquant tout nu chez son ex pour la reconquérir! Une scène d'ailleurs imprévue, Pratt devant initialement mettre un caleçon couleur chair. Il se trouve que le caleçon était si pitoyable qu'il a tout enlevé, se dévoilant dans le plus simple appareil devant des Amy Poehler et Rashida Jones surprises! Un passage qui n'avait pas vraiment plu à NBC, mais tout rentrera dans l'ordre. Andy est également l'impitoyable Burt Macklin, l'occasion pour Chris Pratt de faire exploser son quota comique en faisant jouer son personnage à l'agent du FBI. Fort ridicule mais souvent hilarant. Avec April (Plaza) ils forment un couple cocasse, elle sortant de l'adolescence (April est mineure au début de la série), lui l'adulescent trouvant une parfaite partenaire de jeu. April se démarque également par une froideur certaine, contrastant parfaitement avec la gentillesse apparente d'Andy. 

April et Andy 

Que serait également Parks and rec sans l'indispensable Tom Haverford (Ansari), véritable dépensier dans tout et n'importe quoi, ne pouvant vivre sans écran (jusqu'à se faire suspendre son permis à cause de cela) ? A lui se rajoute l'impayable Jean Ralphio (Ben Schwartz), guest en or du même type et dans ce qu'il y a de plus excessif (en plus de faire des raps foireux). Puis Tom c'est les amours contrariés, allant de sa femme s'étant mariée avec lui uniquement pour avoir son visa, sa relation amour-haîne avec Ann Perkins ou d'autres relations sans lendemain (ou pas). Par ce personnage, les scénaristes s'interrogent aussi sur le racisme des américains et ce même à l'encontre de leurs concitoyens. Pour preuve, tous ces personnages (Leslie y compris) lui disant "c'est comme ça dans ton pays l'Inde?", alors qu'il est né sur le sol américain. On ne peut pas faire plus violent, d'autant que ces personnes ne le feraient peut être pas pour un personnage afro-américain. Ann Perkins est un personnage assez particulier, tantôt chiant, tantôt agassant. Pas forcément le personnage que l'on retiendra de la série et c'est peut être aussi pour cela qu'elle comme Chris partent au bon moment. On s'amusera davantage avec le pauvre Garry (Jim O'Heir) changeant continuellement de prénom au cours de la série; l'impitoyable Donna (Retta) mangeuse d'hommes par excellence; ou le déprimé Chris (Lowe) essayant de trouver une voie positive à sa vie. 

Tom Havenford 

Tom ou l'art de la tête de vainqueur.

Parks and rec s'est aussi payé de sacrés guests-stars: Lucy Lawless en troisième femme de Ron Swanson (qui malheureusement finit par ne plus apparaître au bout de quelques épisodes); Bill Murray en maire; Jonathan Banks en père de Ben Wyatt; Kristen Bell en conseillère d'Eagletown; Paul Rudd comme évoqué plus haut; Justin Theroux en amant de Leslie Knope; et même parfois des politiques comme Joe Biden ou Michelle Obama. Parks and rec est une série où l'on rigole avec ses personnages, ces derniers malgré des qualités et des défauts notables comme évoqués étant tous attachants. Les quitter est un peu comme le terrible final de Friends en 2004. Tout le monde ne sera pas d'accord sur ce point, mais durant sept saisons, on s'est amusé et attaché à eux et ils finissent par voler vers d'autres aventures où le téléspectateur n'est pas convié. Si la septième saison a un peu tourné au climat d'adieu (jusqu'à faire tout un épisode avec Johnny Karaté, le personnage créé par Andy pour la télévision), au point de laisser un peu tomber l'anticipation utilisée (la saison se situe en 2017), elle a permis un beau malaise dans l'amitié de Leslie et Ron. Au point de devoir passer par une chanson de Billy Joel pour casser le mur entre eux. Pour sûr, votre cher Borat se souviendra encore du fameux épisode 13 de la saison 3, où nos personnages font une soirée du tonnerre particulièrement alcoolisée.

Ron Swanson danse

Ron Swanson qui danse avec un chapeau sur la tête; Ben Wyatt et son mythique "Bababooey"; Ann et Leslie qui s'engueulent puis se rabibochent; Ann toujours qui massacre Danger zone de Kenny Loggins (1986); la première apparition de Burt Macklin; le même qui le lendemain fera échapper quelques vomissements en pleine marche... Un épisode de folie et à mourir de rire. On notera également l'hommage à Little Sebastian, grand demi-cheval de Pawnee auquel Andy dédiera le mythique 5000 candles in the wind. Car avouez-le qu'est-ce qu'il y a de 5000 fois plus beau que Candles in the wind? (fin des spoilers) Votre cher Borat a beau avoir terminé son visionnage en février dernier, Parks and recreation lui manque déjà. C'est aussi à cela que l'on reconnaît les grandes séries. A la prochaine!