Cine Borat

02 septembre 2014

Le Game of thrones de la politique

Frank Underwood est un homme politique ambitieux et pour obtenir ce qu'il veut, il n'hésitera pas à taper au bon endroit au bon moment...

House of Cards (US) : Affiche Affiche

Fin des années 90, dire qu'un réalisateur renommé serait attiré par le modèle sérielle aurait fait rire. En général, on y débute mais on ne s'y installe pas. Pourtant avec Histoires fantastiques (série anthologique créée par Steven Spielberg auquel de grands noms ont réalisé des épisodes allant de Clint Eastwood à Robert Zemeckis en passant par Joe Dante) comme Alfred Hitchcock présente (où le réalisateur a réalisé plusieurs crus). C'est surtout Twin Peaks le show culte de Mark Frost et David Lynch qui a remis les pendules à l'heure et a donné envie à des réalisateurs de cinéma de se lancer dans le format sérielle. Depuis, d'autres ont tenté l'expérience que ce soit sur des anthologies (Masters of horror, Les contes de la crypte) ou des séries prestigieuses (où HBO n'est jamais bien loin) comme Boardwalk Empire (pilote réalisé et série produite par Martin Scorsese), Rome (créée par John Millius et réalisée en grande partie par Michael Apted), les récents Believe (Alfonso Cuaron a produit et réalisé le pilote) et The strain (idem pour Guillermo del Toro d'après son roman) ou encore House of cards. Cette dernière est l'adaptation d'une série anglaise produite par David Fincher, qui a également réalisé les deux premiers épisodes de la saison 1, tout comme Joel Schumacher (un peu mal en point suite au ratage Effraction) ou Jodie Foster. 

Photo Kate Mara

Dix-huit ans après Seven, Fincher retrouve Kevin Spacey. A ses côtés, Robin Wright (déjà de The girl with the dragon tattoo), Kate Mara (soeur de Rooney, la Lisbeth de Fincher), Corey Stoll, Michael Kelly, Kristen Connolly, Sebastian Arcelus, Constance Zimmer, Sakina Jaffrey, Michel Gill, Mahershala Ali (le père adoptif de Benjamin Button), Sandrine Holt, Joanna Going, Molly Parker, Gerald McRaney, Reg E Cathey et Jimmi Simpson (une des victimes de Zodiac). Inédit, le procédé de Netflix, plateforme de VOD, a permis aux abonnés de voir l'intégralité de la saison en un seul coup, sans pub et quand ils le veulent. Une tactique payante puisque Amazon (avec The after, la nouvelle série de Chris Carter créateur d'X Files et Millennium ou Mozart in the jungle avec Gael Garcia Bernal) et bientôt Microsoft (notamment avec la série Halo produite par Ridley Scott) ont tout de suite répliqué sur le même principe. C'est surtout les chaînes de télévision qui y perdent. Malgré le prestige certain de la série (pas trop de nudité, pas de violence ou très peu, sujet ancré dans le quotidien), House of Cards n'est diffusé que sur Canal + en France et sinon uniquement en DVD (heureusement pour ma pomme) et mériterait certainement une audience sur une grosse chaîne. En tous cas plus que la millième déclinaison des Experts ou Grey's anatomy (toute allusion à la "première chaîne de France" est volontaire). 

Photo Corey Stoll

La première saison démarre sous les chapeaux de roue: un chien écrasé par une voiture en fuite, Spacey sort, lui brise le cou et repart avec son garde du corps sans que personne n'ait vu quoi que ce soit. Un homme qui fait assez froid dans le dos et qui ne cessera de se révéler par la suite comme un dangereux requin de la politique. L'introduction sert à nous montrer son imprévisibilité et sa brutalité au moment voulu, chose qu'il réitèrera durant les deux saisons du show (la troisième est déjà commandée pour début 2015). Dès cette séquence, on sait qu'il n'aura aucune pitié pour ses adversaires et compte bien les dézinguer un par un pour obtenir le trône, à savoir la présidence des USA. Fincher instaure également dès le pilote les apartés face caméra de Frank Underwood, vous dévoilant ses pensées à voix haute, parfois en pleine discussion comme pour prendre à parti le spectateur dans ses noirs desseins. Frank est un sénateur carnassier, rageux de n'avoir eu aucun poste dans le gouvernement du président Walker, et voulant gravir les échelons le plus vite possible. Il connaît le moindre détail sur les politiques l'entourant, a des relations proches avec le président et sait comment communiquer notamment via une jeune journaliste cherchant à sortir de la paperasse (ce qui lui attirera bien des ennuis).

Photo Kevin Spacey, Michel Gill

Il a également un atout de poids: sa femme, principal conseiller et égal parfait de son mari. Si l'un flanche l'autre a toujours la solution et vice versa. Madame Underwood se montre quelque peu discrète dans la première saison, son adultère étant peu intéressant. En revanche, dès la seconde saison, elle montre tout l'étendue de sa bestialité, devenant une sorte de Lady MacBeth en beauté en ayant un bureau à côté de celui de son mari de vice-président et s'attaque au féminisme. Mais attention pas n'importe lequel, celui des violences faites sur des militaires. Une bonne poire (une victime maniaco-dépressive se bourrant de cachets), une loi improbable que soutient à moitié la femme du président et un buzz monumental qui alimente les jalousies. Alors que son mari est en difficulté (commissions suite à des magouilles en tous genres), madame Underwood sort les armes afin que le couple puisse avoir un projecteur sur eux. Kevin Spacey et Robin Wright sont absolument fabuleux et s'il n'y avait qu'un argument pour regarder House of cards ce serait bien eux. Spacey est parfait en politique carnassier, un méchant en puissance comme il adore les incarner. Il n'est d'ailleurs pas étonnant qu'il a joué Richard III avant de tourner la première saison car les deux personnages parlent tout deux au public et ont un certain orgueil.

Photo Kevin Spacey

Quant à Robin Wright, elle qui a souvent incarné des personnages sensibles, se retrouve ici avec un rôle dur et passionnant, manipulatrice parfaite en son genre et savant jouer sur une image lisse. Un beau portrait de la politique: beaucoup d'apparences et de coups bas et autant dire que pour faire tomber un politique tous les coups sont permis. On sera néanmoins un peu moins gentil au sujet du couple présidentiel, au centre de grands nombres d'actions au cours de la saison 2. A vouloir trop le mettre en avant, les intrigues se perdent un peu surtout que le président n'est pas aussi imposants que Frank et ses adversaires, et la première dame est au mieux insignifiante. En soi la saison 2 est une évolution comme un peu décevante. On a les sous-intrigues présidentielles peu intéressantes (le président qui va voir un pasteur pour ses problèmes de couple mouaif), mais de l'autre côté un vice-président au bord du gouffre face à des dispositions qui ne lui conviennent pas. En soi, il y a des hauts et des bas, mais House of cards reste toujours un grand rendez-vous annuelle et la saison 3 est d'autant plus attendue après un final aussi riche. La série réussi aussi à dévoiler un certain visage des médias, certains journalistes étant prêts à tout pour toucher la vérité y compris à y perdre la chemise. Beaucoup ne passeront pas l'hiver. Malgré un sujet quelque peu bourré de dialogues, la réalisation est d'une classe folle. On voit que Netflix y a mis les moyens.

Deux premières saisons classieuses avec un duo aussi machiavélique que fascinant, même si la saison 2 a quelques défauts.


31 août 2014

Cuvée loin dans le ciel

Nous revoilà reparti pour une nouvelle cuvée sobrement baptisée "retour vers l'été passé". Aujourd'hui nous allons revenir sur les été de l'année 2008 et 2009 au cinéma. Autant dire qu'il y aura encore beaucoup de matière et quelques ratés même si ce sera moins spectaculaire que sur certaines années, dont je me suis étendu lors de précédentes cuvées. C'est parti Doc fais monter la sauce!

Retour vers l'été passé (photo 1)

"Borat je crois qu'on est dans la merde avec ces indiens qui nous attaquent! Démarre vite pour la destination du 29/06/2008!"

2008 fut une année particulière puisque c'est l'année où j'ai commencé à écrire. J'avais lancé sur un coup de tête en juin un blog sur Allociné que j'avais nommé banalement Ciné Nico (devinez qui c'est). Pas besoin de faire compliqué quand on peut faire simple! Ainsi beaucoup de films qui vont venir dans cette cuvée avaient fait les beaux jours de Ciné Nico dont les restes (souvent affreux sans fausse modestie) sur Overblog. D'ailleurs dans mon souvenir mon tout premier article était sur Phénomènes. J'ai commencé l'été 2008 avec la Fête du cinéma. Comme d'habitude on sortait nos foutus passeport à deux balles que l'on jetterait moins d'une semaine après. L'habitude et la première fois que je le faisais depuis plusieurs années. Je n'ai pas le souvenir du pourquoi du comment mais ce fut comme ça et malheureusement ce fut un très mauvais cru. Tout d'abord le dimanche avec Le Prince Caspian deuxième volet du Monde de Narnia. J'avais bien aimé le premier (plus du tout maintenant) et je ne m'attendais certainement pas à une telle débandade. Personnages encore plus agaçants, survendu à longueur de bandes-annonces Aslan n'apparaît que dans le dernier quart d'heure (!), action inexistante, heroic fantasy à la ramasse, méchant de pacotille...

Narnia 2 (photo)

"Merde Borat, tu ne trouve pas que le film est déjà suffisamment mauvais pour arrêter de taper dessus. -Non!"

Franchement je me dis qu'heureusement que Disney est parti, le troisième sans eux est certainement le plus potable de tous. Encore du sous Seigneur des anneaux (ce qui en soi était déjà le cas des romans mais laissons les vieux potes CS Lewis et JRR Tolkien prendre le thé au paradis). Puis a suivi Au bout de la nuit le lundi. Déjà que je ne suis pas fan de Keanu Reeves, je dois avouer qu'il jouait encore plus comme un poivrot. Encore un film qui capitalise sur un nom (celui de James Ellroy vraisemblablement vaguement scénariste sur la chose) pour finalement pas en faire grand chose. Avant Sabotage, David Ayer montrait déjà qu'il n'était pas très brillant derrière la caméra qu'au scénario (ce qui était déjà le cas avant). En revient un polar au combien bancal qui touche le navet à plus d'un titre. Mais le clou du spectacle viendra avec le mardi où j'ai été jusqu'à ramener mon père (j'ai fait pareil pour Narnia). Entre lui qui a dormi et moi qui aurait bien voulu le rejoindre, on ne peut pas dire qu'Un jour peut être n'a pas laissé un très bon souvenir. Toujours la publicité mensongère "par les créateurs de Notting Hill et Bridget Jones" (non pas de Richard Curtis aux crédits juste que c'est toujours Working Tittle derrière!), toujours une romcom où ça n'avance pas et pire encore essayant de se crire meilleure que les autres.

Un jour, peut-être : Photo Adam Brooks, Isla Fisher, Ryan Reynolds

"Tu sais Ryan, Borat il m'aime beaucoup, ça fait deux fois en un mois qu'il met une photo de moi dans la Cave de Borat. Je ne crois pas que tu sois si populaire dans ces colonnes non? -Je crois qu'il déteste mes rôles dans Green Lantern, Wolverine, Blade Trinity... -Arrête la liste!"

Tout ce que je déteste le plus dans ce type de films se retrouvait là-dedans: l'intrigue culcul, le queutard, un trio de femmes amoureuses, le père qui raconte à sa gamine comme il les a toute tringlé pour finalement la convaincre que sa mère est une emmerdeuse et qu'il préférais l'iconoclaste qui sera probablement sa future femme avec probablement un petit frère pour sa fille (foi de Borat!). Puis vint Hancock de Peter Berg à une époque où je commençais à me poser des questions sur Will Smith. Est-il vraiment sympathique ou un vrai narcissique? En revoyant Je suis une légende en DVD j'avais déjà remarqué qu'il était moins bien qu'à sa sortie. Sur Hancock ce fut dans le même genre de situation. Si le début est bon, zigzaguant entre Incassable et Les Indestructibles (confirmant que Berg n'invente rien, comme d'habitude), la suite qui se veut dramatique tombe souvent à plat pour un banal blockbuster. J'avais tout de même été suffisamment con pour faire une mini-bande-dessinée où j'accumulais bêtement les péripéties avec que des super-héros Marvel je crois et où je faisais décapité Hulk par Captain America! Complètement débile pour l'avoir relu en fouillant un peu dans mes premiers blocs-notes. Heureusement mes carnets sont beaucoup mieux depuis!

Hancock : Photo Peter Berg, Will Smith

"Salut c'est Willy, t'aime pas mes films Borat? -Pas tous Willy. -Pour toi ce sera juste Will. -Bon Will... -Plutôt Mr Smith."

Puis vient vraiment l'hécatombe avec Wanted dont j'étais déjà peiné que le film soit moins bien que le comic-book et dont j'ai eu une nouvelle fois la bêtise de l'acheter (pour l'anecdote rigolote, Ciné Live, en passe de tirer ses dernières cartouche avant son rassemblement désastreux avec Studio, lui avait mis trois étoiles, en disant qu'il était le successeur de Matrix!); le vraiment très moyen Kung Fu Panda (dans le genre déjà vu ça se pose là et la suite est encore pire); et L'incroyable Hulk (grosse bourrinade mais scénario où es-tu?) pour le seul mois de juillet. En sachant que pour ce dernier et les autres qui suivent, je les ai rattrapé en plein mois d'août après mes premières vacances à Capbreton et Hossegor (je dis toujours la deuxième ville car elle parle plus aux gens!). Les seules lueurs d'espoir furent Le premier jour du reste de ta vie et Wall-e. Le premier m'avait étonné à l'époque car je n'en attendais franchement rien et j'avais vu une belle chronique de vie. Je serais moins élogieux aujourd'hui même si je l'apprécie en raison notamment des acteurs, Jacques Gamblin en tête. Et puis il y a Perfect day de Lou Reed à la fin, ça se respecte. 

Le premier jour du reste de ta vie : Photo Jacques Gamblin, Rémi Bezançon

"Hé merde, je suis dans la Cave de Borat! C'était bien le bon jour pour arrêter de fumer!"

Mais bien évidemment la bombe du mois de juillet était le dernier cru de Pixar. Après le savoureux Ratatouille, voici venir l'uppercut Wall-e. Il est rare dans un cinéma d'animation aussi grand public de voir un film aussi engagé et même violent à travers ses images. Rien que l'ouverture est d'une rare puissance: plan aérien sur l'Espace avant de passer à travers différents éléments avant de voir des tonnes de détritus formant des buildings et ce petit robot continuant sans cesse d'empiler des détritus. C'est fou à quel point un film d'animation peut taper fort en une ouverture et tacler n'importe quel film de science-fiction récent de par son message écologique impressionnant. Sans compter le portrait pitoyable des hommes, complètement bouffis à force de rester dans leur fauteuil et leur vaisseau spatial si confortable. Un reflet désastreux de l'Humanité auquel le seul espoir vient l'amour improbable entre un robot rouillé mais tout mignon adorant les comédies-musicales et les petits objets et un robot type féminin amatrice du flingue et ressemblant à un ipod! Le mois d'août fut fructuant en tout et n'importe quoi à commencer par La Momie 3. Plus de Stephen Sommers aux commandes (un mal comme un bien), mais Rob Cohen (un mal dans tous les cas) aux commandes et une Rachel Weisz qui a cru bon de ne pas revenir. On ne lui aurait pas mieux conseiller de ne pas participer à cette suite très tardive auxquelle Universal tente dorénavant de faire un nouveau reboot, dont la plupart des réalisateurs préssentis se sont barrés en courant.

Wall-E : Photo Andrew Stanton

"Love is in the air, every sight and every sound..."

La Momie 3 n'a donc pas grand chose à offrir sinon un spectacle qui se regarde avec un ennui poli avec des yétis numériques, une Michelle Yeoh immortelle, un Jet Li quasiment muet ce qui n'est pas toujours bon signe et Brendan Fraser qui cabotinne. Elles sont loin les années où Rick O'Connell faisait le con entre deux momies, encore plus celui où brillait Boris Karloff dans l'original. Mais ma grosse attente à l'époque était The Dark Knight. A une époque où je découvrais véritablement l'ordinateur (mon vieux PC ramait autrefois pour avoir une connexion, une fois avec un ordinateur portable il a déconné dès son premier été!), j'avais seulement la presse pour seule actualité du cinéma et à cette époque je ne lisais que Ciné Live et depuis peu Climax. C'est justement dans le second numéro de ce magazine aujourd'hui défunt (je vous renvoie à Cuvée mensuelle) que j'avais entendu parler pour la première fois du nouveau Christopher Nolan avec photos et inspirations. Je n'avais pas été un grand fan de Batman Begins à sa sortie et je ne l'avais pas revu depuis en conséquence. J'étais même assez étonné d'une suite qui plus est trois ans après, mais comme je le disais, je n'étais pas informé par internet et était donc plus impatient quand je n'avais que voie de presse. J'ai revu le film deux mois avant la sortie de sa suite et j'en suis devenu fan. 

 

"Dis moi garçon tu joue mon fils? -Oui. -Putain je suis vraiment trop vieux pour ces conneries!"

C'est rare les films qui vous plaisent après la première vision en l'occurrence ce fut le cas sur la revisite de Batman par Nolan. Le choc fut encore plus rude sur TDK. Preuve qu'un film de super-héros peut aussi avoir une sensibilité et un fond de qualité (n'en déplaise à la Marvel qui se défend de faire du film popcorn de leur propre aveu tout en dénigrant le sérieux des productions DC Comics). TDK apparaît comme une grandiose transposition de The long halloween avec l'agonie d'Harvey Dent dans un système qui le broie jusqu'à atteindre le point de non-retour, quand Batman perd peu à peu l'aura qu'on lui donnait en fin de Batman Begins pour devenir un vulgaire vigilante doublé d'un anarchiste. Pendant ce temps, Heath Ledger confirme qu'il était bel et bien un très bon comédien et dont la performance en tant que Joker est une pure merveille, à la fois imprévisible et terriblement fascinant. Certaines scènes restent encore parmi des sommets récents comme l'ouverture minutieuse et empruntant à Heat. Probablement un de mes grands films cultes. The Bank Job fut quant à lui une belle surprise surtout que bien malheureusement les scripts des films de Jason Statham sont rarement aussi sympathiques que le coco.

Un héros parmi les flammes.

Véritable film de braquage doublé d'espionnage à l'anglaise, The Bank Job permet à Statham d'avoir un rôle sur mesure où il n'a pour une fois pas à tabasser de gens, juste à causer. Vaut mieux ça que tous les Transporteurs du monde! En revanche, Babylon AD fut une déception, même si cela se voyait déjà un peu dans la bande-annonce. J'avais eu vent de quelques problèmes de production dans Climax (décidemment ce magazine me hantera encore longtemps), mais jamais je n'aurais pensé que Matthieu Kassovitz aurait eu autant d'emmerdes sur son premier vrai blockbuster (Gothika ne peut pas se permettre ce qualificatif). Et autant dire que cela se voit à l'écran: entre un Vin Diesel monolithique et franchement à la ramasse, la molesse des scènes d'action (dont le final quasiment pas tourné par Kasso, ce dernier ayant été viré du plateau avant d'être ramené!), le peu de cohérence du script et surtout le film n'a rien du grand film annoncé. Quant à Star Wars The Clone Wars et Mirrors ils forment deux beaux ratés, le premier étant le pilote d'une série qui a accumulé connerie sur connerie (comme le retour de Dark Maul! Cherchez pas la cohérence!) et qui ne sert à rien dans la chronologie; l'autre le retour raté d'Alexandre Aja avec un Kiefer Sutherland semblant toujours en mode 24.

Retour vers l'été passé (photo 2)

"Mon cher Borat, on va devoir se grouiller on a une locomotive aux fesses! C'est parti pour le 24/06/2009!"

L'été 2009 fut assez rapide et direct. On commence avec Very Bad Trip ou comment une gueule de bois devient phénoménale et s'étale sur trois épisodes. Aucun grand intérêt d'autant que le premier opus est sympathique et sans plus, clairement surestimé par rapport à son aura. Puis ce fut la Fête du cinéma rallongé jusqu'au vendredi. Le samedi a commencé de manière ultra-violente avec Transformers 2. J'ai vu beaucoup de daubes depuis quatorze ans mais c'est probablement l'une des premières fois où je me suis posé la question "mais qu'est-ce que je fous là?". Je regarde avec une gueule de déterré la salle, me disant plus d'une fois que je ne vais pas resté là. Mais voilà je pars du principe que j'ai payé ma place et donc que je n'ai pas payé pour rien. Ce n'est pas comme à la télé où tu zappe dès que cela vous exaspère. Entre l'épileptisme de Michael Bay qui bouge sa caméra dans tous les sens, le cul de Megan Fox filmé dans le bon angle, Isabel Lucas en transmorpheuse (je crois que c'est le seul moment où j'ai ri, car franchement fallait oser faire un truc pareil), des actions illisibles... Michael pourra toujours beugler que la grêve des scénaristes ne lui a pas permis d'avoir un scénario notable. On lui dirait bien d'arrêter de prendre les gens pour des cons.

Transformers 2: la Revanche : Photo Michael Bay

Et bim! Et boom! Et bam! Vive les onomatopées avec Michael Bay! 

J'avais anticipé en allant voir Tellement proches qui s'avèrait bien plus sympathique que le film précité en seconde séance. Heureusement car franchement il y avait de quoi avoir la gueule de bois pardon la migraine (ce qui est arrivé). Une bonne petite récréation où les futurs réalisateurs d'Intouchables faisaient de Vincent Elbaz un acteur comique raté peinant à passer à l'âge adulte. Belle métaphore pour un acteur coincé dans l'adulescence. J'avais continuer l'opération avec Jeux de pouvoirs, adaptation de la série tv britannique avec Russell Crowe à la place de David Morissey et avec Ben Affleck en politique douteux. Un bon petit polar bien senti, le genre que l'on regarde agréablement le samedi ou le dimanche soir. Quant au final, j'avais été voir L'âge de glace 3 qui s'avère certes beau mais confirme aussi l'essouflement de la saga. Malheureusement, un cinquième opus est d'ores et déjà prévu pour les années à venir. Reste toujours l'ami Scrat trouvant cette fois une adversaire redoutable avec une semblable voulant à tout prix son fameux gland (pas de sous-entendu messieurs-dames on parle du fruit!). Cela ne s'est pas amélioré la semaine suivante avec Public Enemies. Vanté partout comme un chef d'oeuvre, j'y vois surtout le plus mauvais film de Michael Mann.

L'Âge de glace 3 - Le Temps des dinosaures : photo Carlos Saldanha

Scrat un écureuil qui veut vous faire rire.

Filmer un film d'époque en DV n'apporte pas de réalisme, mais plutôt un hors-sujet évident. On ne peut pas tout filmer en DV et Public Enemies en est la preuve. La DV sert davantage pour un film dans une période récente, car confère un certain réalisme à l'image. Or, on n'aurait pas idée de rendre un film d'époque réaliste à la manière d'aujourd'hui. Aussi le film ne convainc pas dans la description de l'affaire Dillinger et ne parlons pas de la romance à deux francs avec Marion Cotillard quelque peu surjoué. Dommage car pour une fois depuis From Hell, Johnny Depp sortait du rôle fantasque et excentrique habituel et s'en sortait plutôt bien. En revanche que dire de Christian Bale si ce n'est qu'il est complètement à la ramasse. Il est toujours dommage de voir un acteur aussi talentueux se viandait en beauté sur un projet ambitieux. Ce fut le cas pour Bale sur le film de Mann, ce fut aussi le cas sur le dernier film d'O'Russell cet hiver. The reader ne m'a pas plu des masses non plus, prenant souvent trop de gants sur une affaire sensible. Reste que la performance de Kate Winslet est bel et bien là. En revanche, j'ai un très mauvais souvenir de la projection. En effet, lors de la projection le projectioniste a mis le bas de l'image en haut et le haut de l'image en bas.

Public Enemies : photo Marion Cotillard, Michael Mann

"Et la gagnante est... Marion Cotillard! -What? Me? Oh thank you so much! I very happy! Thank you Johnny for your love! You are a good people Johnny.

Pour vous faire un dessin, Ralph Fiennes avait les jambes au dessus de sa tête. Un incident qui a duré entre la moitié du film et sa toute fin. La classe by Kinépolis. Harry Potter et le prince de sang mélé s'avère être aussi un très mauvais cru de la saga, incapable de dévoiler les origines du mal et surtout s'enterre dans des relations amoureuses qui feraient passer Harry Potter pour un mauvais teen-movie. Bien sinistre d'en arriver à un tel point de nullité. Brüno m'a déçu en bon fan de Borat (le film, pas moi), car trop vulgaire et partant dans tous les sens. Là où Borat réussissait son coup dans un documenteur merveilleux, dézinguant l'Amérique au point que certains intervenants ont songé à porter plainte. Là on nage trop souvent dans le vulgaire avec des parties de jambe en l'air trash mais peu jouissives, en dehors du grand final dans le match de catch, le film n'a pas grand intérêt. Là haut en revanche bien plus. Il est fou de voir à quel point Pixar a réussi depuis plusieurs années à s'imposer dès l'ouverture. Toy Story 2 pétaradait avec une séquence du jeu Buzz l'éclair; Le monde de Némo s'ouvrait sur une séquence tragique où le héros perdait sa femme et la plupart de ses oeufs; Les Indestructibles s'ouvrait sur une longue introduction montrant une journée de Mr Indestructible qui le mènera à sa chute; et je renvoie à ce que je disais sur Wall-e plus tôt. 

Là-haut : Photo Bob Peterson, Pete Docter

"L'aventuuuuuuuuuuuure c'est l'aventuuuuuuuuuuuuuure!" hein Johnny?!

Il est fou de voir autant d'émotions et de vie durant l'ouverture de Là haut. En peu de temps, on voit le traumatisme d'un homme vieillissant qui vient de perdre sa femme. La vie dans son plus simple appareil et sa tragédie malheureuse. A peine commencé et Pete Docter parvient à faire pleurer l'auditoire et a suscité l'empathie. Le reste montre un vrai film d'aventure où Pixar assume complètement son concept. L'aventure dans toute sa splendeur merveilleuse. Puis vint le mois d'août avec son lot de coups de pieds au cul. Le plus fabuleux restant bien évidemment GI Joe. Je me demande encore aujourd'hui pourquoi j'ai fait la connerie de le voir au cinéma. Peut être que je m'attendais à un pur nanar, mais le rire n'est jamais venu plus la consternation. L'impression d'avoir eu un immense coup de massue sur la tête bien malheureusement. Il y a des jours comme ça. Inglourious Basterds m'avait réjouit à sa sortie, moins par la suite. La principale raison étant que le film met en scène les héros éponymes mais ne les montre que dans moins de quarante minutes de film. Finalement le vrai héros en devient Hans Landa un chasseur de juif de la pire espèce auquel Christoph Waltz y dévoile toute sa saveur. Sans compter que le film met parfois trois plombes au point que j'en suis venu à le regarder à ma manière: en passant un grand nombre de passages inutiles soit la quasi-totalité des séquences de Mélanie Laurent.

Inglourious Basterds : Photo

"Je t'aurais bien invité à mon mariage Eli, mais il aurait fallu que j'invite Borat et tu sais comment il est en soirée. -Pénible! -Non, il danse trop il serait capable de me chipper Angelina!"

On peut voir en soi l'avant-dernier cru de Tarantino comme une petite arnaque. Même si ce sont les meilleurs moments du film, les apparitions des Basterds sont beaucoup trop invisibles pour susciter une réelle adhésion. Sans compter cette manie d'utiliser Ennio Murricone à tord et à travers. On ne met pas une musique de western dans un film de guerre! 9 est une jolie proposition d'animation mais est bloqué par le fait de ne pas réussir à être clair sur plusieurs points. On ressent également trop l'influence de Terminator.  dans sa description cauchemardesque d'un monde post-apocalyptique. Destination finale 4 est à l'image de ce qu'est devenu la saga depuis le troisième volet: au début sympathique, cette saga est devenue lassante et répétitive. Preuve en est avec ce volet qui ne cesse de faire des retours-en-arrière complètement débiles pour combler son manque d'ingéniosité. Preuve en est ce merveilleux moment où un blondinet lubrique et adultère se fait aspirer le cul on ne sait trop comment! En revanche Un prophète s'avère la grande surprise française de l'été 2009. Aidé par son aura cannoise, le film de Jacques Audiard s'impose comme un polar brillant, véritable incursion dans une prison avec ses magouilles et l'ascension fulgurante d'une petite frappe en véritable caïd.

Un prophète : Photo Jacques Audiard, Tahar Rahim

"Les portes du pénitentier bientôt vont se refermer...": deux chansons de Johnny chez Borat ça ne va plus!

Sans compter qu'il permet à Tahar Rahim de s'imposer dès son premier grand rôle et Niels Arestrup est gigantesque en parfait parrain du crime.  Mais le mois de septembre fut plus calme. On revient à l'épileptisme merveilleux avec Gamer, tentative ambitieuse mais bien vaine, tombant vite dans la caricature bourrine et dégueulasse où des gros porcs touchent des jeunettes bien réelles et où Gerard Butler est contrôlé par un jeune gosse. Sans compter L'armée du crime que j'ai dû me fader avec l'école et que l'on a cité en exemple durant toute l'année scolaire pour faire plaisir à ma prof d'histoire. Le genre que je ne supporte pas et qu'on impose sans vergogne aux élèves. Vous citez un film en exemple, vous n'en faites pas un sujet d'étude. Mon établissement avait d'ailleurs fait la même connerie en diffusant Entre les murs sous prétexte de pédagogie. Cela a surtout permis à mes camarades et moi de bien nous fendre la poire. Enfin je terminerais cette cuvée avec encore un très bon cru que District 9. Du pur cinéma de SF à la fois gore et à message et n'ayant pas peur de son message. Un film fait en toute indépendance et qui mérite largement les louanges qu'on lui a donné au fil des années. Allez à la semaine prochaine!

"Venez passer de sympathiques vacances dans le vaisseau spatial Air Martian Africa!"

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30 août 2014

Les dinosaures remercient John Hammond

Richard Attenborough nous a quitté dimanche à l'âge de 90 ans. Un âge noble pour ce réalisateur et acteur notable dans le paysage cinématographique et ayant touché différentes générations, notamment celle des plus de vingt ans comme moi. Formé à la Royal Academic of Dramatic Art de Londres, il fait ses classes durant la Seconde Guerre Mondiale en tant que cameraman. Tournant dans un cinquantaine de films, il effectue des participations remarquées aux côtés de Steve McQueen dans La canonnière du Yang Tse (qui lui vaut un premier Golden Globe du meilleur second-rôle) et La grande évasion où il incarne un des prisonniers; dans L'extravagant Docteur Doolitle qui lui vaut un second Golden Globe; dans Le rideau de brume où il doit faire face à sa femme l'ayant obligé à kidnapper une enfant pour atteindre la célibrité et lui valant un Bafta; face à John Wayne dans Brannigan et en père noël dans le remake de Miracle sur la 34ème rue, lui valant un statut culte imparable lors des fêtes de noël. Egalement réalisateur depuis 1969 avec Ah Dieu! que la guerre est jolie, il réalise treize films (dont Magic où Anthony Hopkins jouait de la marionnette maléfique et Un pont trop loin et son casting quatre étoiles  certains de ses plus récents étant passé par la case DTV par chez nous et son dernier film majeur étant Chaplin, biopic plutôt bien considéré et ayant permis à Robert Downey Jr de faire un des plus gros coups de sa carrière en incarnant le plus grand des Charlot. Maintenant attardons-nous à quatre films qui ont marqué sa carrière:

  • L'étrangleur de la place Rillington de Richard Fleischer (1971)

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Peu évoqué lors de sa mort, ce film reste pourtant l'un des plus grands faits d'armes de Richard Attenborough acteur. Un projet lointain inspiré de faits malheureusement bien réels pour Richard Fleischer qui avait signé L'étrangleur de Boston des années plus tôt. Mais Fleischer, pas le premier tâcheron venu (et pourtant beaucoup l'ont considéré ainsi, notamment à la fin de sa carrière), change de style en voulant se trouver "aussi proche de la réalité que possible. Nous avons pratiquement tourné sur les lieux mêmes de l'action, dans un appartement vacant du 7 Rillington Place, les résidents du 10 n'ayant pas voulu nous louer le leur (adresse initiale du tueur)"*. Mais surtout l'acteur s'investie largement alors en totale répulsion pour les actes du criminel. Il joue un tueur en apparence lisse, respectable, impossible à démasquer. Le personnage lambda que l'on reconnaîtrait jamais en société. C'est en cela que la prestation d'Attenborough (qui plus est filmé en gros plan lors de ses exactions) atteint des sommets de par sa froideur et la peur ambiante que peut procurer le personnage. D'autant que le bonhomme a fait accusé le mari de la morte au centre du film (bien qu'on voit d'autres victimes et ce dès l'ouverture) incarné par John Hurt. A ce que je sache il n'est pas sorti en DVD mais vu le regain d'intérêt pour Fleischer ces dernières années, pourquoi pas une sortie chez Carlotta? 

  • Gandhi de Richard Attenborough (1982)

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On a souvent caricaturé Attenborough comme un faiseur de biopics par le succès fulgurant de Gandhi. Pourtant ce serait faire main basse sur le fait que ce film est probablement l'un des plus importants des années 80. On peut même dire qu'il fait partie des incontournables de la catégorie biopic au même titre que Lawrence d'Arabie ou La liste de Schindler pour prendre un cas plus récent. Dustin Hoffman (s'est désisté pour tourner Tootsie), John Hurt, Alec Guiness et Anthony Hopkins étaient présentis, mais c'est finalement Ben Kingsley qui obtient le saint graal. Muni d'une carrière prestigieuse encore aujourd'hui, Gandhi restera encore longtemps le plus grand rôle de la carrière de Kingsley , l'acteur s'étant investi grandement jusqu'à ressembler réellement au libérateur de l'Inde colonisée par les Britanniques en suivant un régime drastique. Un biopic exemplaire fruit de vingt années de travail pour Attenborough. En effet en 1962, le réalisateur entre en contact avec Motilal Kothari, membre de la Haute Commission Indienne à Londres qui voulait un grand film sur le grand leader indhou. Dix-huit ans de négociations plus tard, cette commande prend enfin forme: 87 décors, dernière scène filmée à même le lieu des funérailles de Gandhi et 9 Oscars à l'arrivée dont meilleurs réalisateur et acteur. Deux récompenses plus que légitimes au regard de l'investissment de chacun. 

  • Cry Freedom de Richard Attenborough (1987)

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Réalisé en plein Apartheid en Afrique du Sud alors que Nelson Mandela était encore loin de sortir de prison, Cry Freedom reste indéniablement un grand film militant de son époque et une pièce méconnue de son réalisateur. Une pierre angulaire apparaissant à la bonne époque pour être entendu comme un "film coup de poing". Pointant du doigt le combat d'un journaliste afrikaner pour le leader noir Steve Bikho, retrouvé mort dans sa cellule de manière plus que louche; ce film est véritablement poignant et montre très bien les remous d'une époque aujourd'hui heureusement révolue faites de corruption et d'intimidations. Il permet à la fois à Kevin Kline de prendre ses marques mais aussi de révéler un certain Denzel Washington alors au balbutiemment d'une grande carrière. Un film que j'avais eu l'occasion de voir en cours d'anglais (on avait pour sujet l'Afrique du Sud quoi de plus logique!) et je m'en souviendrais encore longtemps. 

  • Jurassic Park de Steven Spielberg (1993)

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S'il y a bien un rôle de Richard Attenborough que le jeune public (et particulièrement ma génération), outre son interprétation du père noël, c'est bien celui de John Hammond. Le type de personnage incontournable comme Steven Spielberg sait les magnifier. Un apprenti-sorcier vantant sans cesse qu'il a "dépensé sans compter" et seul responsable d'un fiasco qui dure désormais depuis quatre épisodes! Un pur cadeau en pleine fin de carrière qui permit à Attenborough d'atteindre un nouveau public, le même qu'il cherchait pour Chaplin sans succès. Pas de doute que l'ombre de John Hammond planera sur Jurassic World en juin prochain, celle de son interprète plus particulièrement.


* Propos issus de Mad Movies numéro 263 (mai 2013). 

28 août 2014

"Top model, top classe, top beau... Pas top intelligent"

zoolander

 

genre: comédie
Durée: 1h30
Année: 2002

Synopsis: Derek Zoolander, un célèbre mannequin, est à l'apogée de sa carrière. Couronné trois fois de suite Top model de l'année, il est sur le point de recevoir son quatrième trophée lorsque ce titre lui est ravi par un jeune et ambitieuxchallenger : Hansel. Effondrée, l'idole des podiums décide d'abandonner l'univers futile de la mode pour se ressourcer au sein de sa famille en Pennsylvanie. C'est alors que Maury Ballstein, son agent, et Jacobim Mugatu, un styliste déjanté, proposent à Zoolander de devenir la star de la nouvelle ligne de vêtements Derelicte. Zoolander accepte, mais il est loin de s'imaginer que le diabolique Mugatu, secondé de la troublante Katinka, s'apprête à lui effectuer un lavage de cerveau. Ainsi lobotomisé, Derek pourrait exécuter plus facilement ses ordres, à savoir assassiner le président de la Malaisie.  

La critique d'Alice In Oliver:

On connaît bien sûr Ben Stiller l'acteur, mais moins le réalisateur... On comprend mieux pourquoi au regard de Zoolander, sorti en 2002. En l'occurrence, Ben Stiller est à la fois devant et derrière la caméra. En l'occurrence, pour ce nanar "comique" (c'est vraiment un terme à mettre entre guillemets...), Ben Stiller réunit une belle brochette d'acteurs: Owen Wilson, Christine Taylor, Will Ferrell, Milla Jovovich, Jerry Stiller, David Duchovny, Jon Voight et Vince Vaughn.
Viennent également s'ajouter de nombreuses personnalités "surprises" dans de courtes apparitions: David Bowie, Christian Slater, Winona Ryder, Cuba Gooding Jr, Lukas Haas, Billy Zane, Paris Hilton, Lenny Kravitz, Victoria Beckham, Gwen Stefani, Natalie Portman et Claudia Schiffer.

Pour l'anecdote, Zoolander sera interdit en Malaisie en raison de l'intrigue du film. Attention, SPOILERS ! Derek Zoolander, un célèbre mannequin, est à l'apogée de sa carrière. Couronné trois fois de suite Top model de l'année, il est sur le point de recevoir son quatrième trophée lorsque ce titre lui est ravi par un jeune et ambitieuxchallenger : Hansel. 
Effondrée, l'idole des podiums décide d'abandonner l'univers futile de la mode pour se ressourcer au sein de sa famille en Pennsylvanie. C'est alors que Maury Ballstein, son agent, et Jacobim Mugatu, un styliste déjanté, proposent à Zoolander de devenir la star de la nouvelle ligne de vêtements Derelicte.

 

zoolander (1)

 

 

Zoolander accepte, mais il est loin de s'imaginer que le diabolique Mugatu, secondé de la troublante Katinka, s'apprête à lui effectuer un lavage de cerveau. Ainsi lobotomisé, Derek pourrait exécuter plus facilement ses ordres, à savoir assassiner le président de la Malaisie.  
Zoolander est aussi le troisième long-métrage de Ben Stiller après Génération 90 et Disjoncté. Avec ce film, Ben Stiller confirme son intérêt pour la comédie totalement déjantée, un peu trop peut-être. Pourtant, certaines grandes personnalités du cinéma défendent le film. C'est par exemple le cas de Terrence Malick, qui considère Zoolander comme le ou l'un de ses films préférés. Oups...

Ceci dit, cette comédie semble posséder ses fans. Personnellement, j'ai déjà vu des forums consacrés au film et qui le considèrent comme une comédie incomprise. Autant le dire tout de suite, et vous l'aurez compris, je ne fais pas partie des ardents défenseurs de Zoolander
Lors de sa sortie au cinéma, Zoolander connaîtra un succès assez mitigé, mais le film se rattrapera lors de sa sortie en dvd. A priori, une suite devrait être réalisée en 2015 par les soins de Justin Theroux. Conçue pour devenir une comédie culte, Zoolander mérite plutôt l'indifférence que le mépris. En l'occurrence, Ben Stiller s'attaque à l'univers "fashion", celui de la mode et des top-models imbéciles, sponsorisés par les dentifrices "Email Diamant".

 

zoolander1

 

Ben Stiller joue à fond la carte de la caricature et semble réellement s'amuser. L'acteur-réalisateur a le mérite de faire appel à des valeurs sûres, notamment Owen Wilson et Will Ferrell, qui viennent apporter leur petit grain de folie. Parallèlement, Ben Stiller joue parfois la carte de l'espionnage. Sur ce dernier point, Zoolander n'est pas sans rappeler (parfois) les aventures de l'excentrique Austin Powers. Hélas, la comparaison s'arrête bien là.
Le côté espionnage n'est pas forcément l'aspect le plus réussi du film. Néanmoins, contre toute attente, à force de verser dans l'excès et la caricature à outrance, Zoolander finit par provoquer quelques rictus imbéciles. Toutefois, cela reste trop lourdingue pour placer cette comédie dans le rang de certains grands délires qui ont marqué le noble Septième Art.
Bref, Zoolander n'est rien d'autre qu'un gros nanar volontaire. Que dire de plus ???

 


Zoolander - Walk Off Scene par Flixgr

L'épatante Amy a disparu

Nick Dumne voit sa femme le matin de leur cinquième anniversaire de mariage. Ce sera la dernière fois...

Il est rare que je lise des oeuvres préexistantes avant de voir leurs adaptations. En général je le fais plutôt pour des bandes-dessinées à l'image de Watchmen que j'avais lu au moins deux fois avant d'aller voir son adaptation en salles. Mais pour le coup, j'ai eu une folle envie de lire Les apparences de Gillian Flynn dit Gone Girl (titre original même si le titre français est plutôt bien trouvé) qui sert de base au nouveau David Fincher qui sortira le 8 octobre prochain. Une fois lu toutes mes revues je me suis lancé. Au fil de la lecture, j'ai tout de suite compris pourquoi le réalisateur de Seven s'est investi dans l'adaptation de ce roman, car il renvoie à son univers et sa manière de faire. Fincher a souvent adapté des romans, preuve en est avec son dernier film à ce jour qui est une adaptation de Millenium. Mais pour le coup, on revient au thriller vicieux à la Seven. Flynn décortique ses personnages de manière simple, montrant leur visage petit à petit et selon différents points de vue. En effet, elle prend deux points de vue: celui du mari et de la femme. Chacun à sa place, les avis s'entrechoquant au cours des trois parties du roman. Concernant la femme, ses chapitres correspondent à des extraits de son journal intime remontant à 2005 quand les chapitres de Nick se situe au présent même s'il évoque le passé.

En apparence (humour), la trame de Gone Girl peut s'avérer classique. Nick part au boulot, un voisin l'appelle lui disant que la porte est ouverte, il entre dans la maison sa femme a disparu, la statue ottomane a été déplacé, la table brisée. Une scène de crime totale, un coupable parfait... La première partie organise tout, implique le lecteur tellement bien que l'on se met à douter. Ainsi, le personnage de Nick apparaît comme trouble. Ainsi il évoque à plusieurs reprises qu'il ment mais jamais il ne dira sur quoi ou tout du moins rarement. C'est ainsi que le lecteur se retrouve dans la situation du juré, devant déterminer s'il est coupable ou non aussi sympathique soit-il. C'est toute la complexité de la première partie qui est également la plus longue du livre. Mais surtout le point de vue de Flynn est la critique des médias dans ce genre d'affaires. En effet, dès que la nouvelle sera répandue que l'épatante Amy, l'instigatrice d'une saga littéraire type Martine, a disparu, les médias s'emparent de l'affaire et autant dire que c'est toujours le mari de la disparue qui passe pour le tueur probable. 

Le mari passe toujours pour le principal suspect et il suffit de peu pour que tout explose. Une présentatrice d'un show revenchard beuglant à qui veut l'entendre avec le premier couillon connaissant un minimum le couple et s'exprimant à tord et à travers. Que ce soit l'ancien pote de Nick qui en fait des caisses à une pouf prenant une photo avec lui et le traitant de séducteur alors qu'il n'a rien demandé, il y a vraiment de quoi faire son beurre. Et quand une voisine aparemment trop proche de la disparue sort une bourde énorme en pleine conférence de presse, cela fait l'effet d'une bombe atomique. Il suffit d'un geste mal calibré et filmé ou pris en photo par le premier venu (comme le ridicule sourire de Nick durant la conférence de presse) pour que l'opinion soit contre vous. Flynn cherche à nous montrer que ce genre d'affaires n'arrive plus à être confidentielles , à cause de Youtube ou les réseaux sociaux où tout se répend à vitesse grand V. On ne peut plus rien cacher sans que cela ne se sache. Les descriptions du couple sont donc importantes car définissent (en apparence) la personnalité, leurs faux semblants... Nick est montré comme un homme simple voire passif, ancien journaliste en cinéma (son magazine a fait faillite et il s'est fait viré) ayant quitté New York avec Amy pour le Missouri natal afin de subvenir aux besoins de ses parents; et tenancier d'un bar.

Amy faisait des quizz de personnalité pour les magazines tout en ayant un homologue littéraire crée par ses parents, et restant au foyer familial depuis que le couple est dans le Missouri. Son journal se veut problématique puisqu'il incrimine directement Nick. Que ce soit par le possible achat d'un flingue, l'égarement alcoolique de Nick ou le fait qu'il l'a bousculé une fois. Ainsi la première partie laisse sans cesse planer le doute sur la personnalité de Nick et ce malgré la sympathie que l'on peut avoir pour lui en lisant ses commentaires. La seconde partie opte une rupture radicale où le lecteur avancera lentement dans le glauque et l'horreur jusqu'à la fin. (attention spoilers importants pour ceux qui ne l'ont pas lu ou attendent le film) Machinations, pièges, meurtre sont au rendez-vous et il n'y a plus aucun doute vis à vis d'Amy. C'est même en cela qu'il y a de quoi avoir peur. Ses réactions à chaud font froid dans le dos, ne cessant de décontenancer le lecteur face à un piège vicieux. On découvre également la personnalité frustrée d'Amy. Oubliez l'épatante et innocente Amy pour faire entrer "la garce cinglée" dixit son mari. 

Le personnage devient le genre que l'on ne veut plus croiser ou alors pour la stopper définitivement. Un beau retournement de situation et pour le moins inattendu. Le type de machination typique de la femme fatale et particulièrement blonde. La seconde partie permet aussi de découvrir Tanner Bolt, avocat préféré des repris de justice et notamment dans les affaires de couple. L'avocat du diable comme on dit. Un personnage merveilleux ressemblant plus à un agent de communication qu'à un samaritain. Plus amusant encore, sa femme et lui forment un couple idylique, totalement en désaccord avec le mariage de Nick et Amy et ce malgré qu'ils soient inséparables malgré eux. C'est toute la morale dramatique et vicelarde du roman: malgré leurs désaccords complets et la terreur que peut provoquer Amy, Nick ne pourra jamais s'en séparer et ce malgré son désamour pour Amy. Leur dialogue finale est d'ailleurs d'une froideur à toute épreuve: "Mon Dieu, Nick, pourquoi est-ce que tu es tellement merveilleux avec moi?' (...) 'Parce que tu me fais de la peine. -Pourquoi? -Parce que tous les matins, tu es obligé de te réveiller dans ta peau." Il résume à lui seul tout le reniement de Nick envers sa diabolique femme. On ne lui donnera pas tord. (fin des spoilers)

Un thriller psychologique savoureux où les médias s'en prennent plein la tronche et où les apparences sont toujours trompeuses.

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27 août 2014

Quelle est l'équation qui pourrait résumer l'univers ?

univers de stephen hawking

 

genre: documentaire
Durée: 50 minutes
Année: 2011

Synopsis: « Il y a 20 ans, j'affirmais qu'il y avait 50% de chance que nous ayons une image complète de l'univers dans les 20 prochaines années. C'est toujours mon estimation aujourd'hui, mais les 20 années commencent maintenant » Stephen Hawking. La théorie d'Einstein sur la relativité décrit l'univers à grande échelle. La mécanique quantique décrit le comportement d'éléments plus petits qu'un atome. Pour trouver une description complète les deux théories doivent se réconcilier. Partout les théoriciens recherchent une seule et unique équation pour décrire les fonctionnements de l'univers en un tout. Le programme retrace le travail actuel des scientifiques qui se battent avec les nouvelles théories dont celles de la théorie des cordes .  

La critique d'Alice In Oliver:

L'univers et le temps lui-même sont nés il y a 13.7 milliards d'années. Ce commencement se nomme le Big Bang. Mais une question reste sans réponse: comment est né le Big Bang ? Ce qui pose une seconde question: y a-t-il eu quelque chose avant le Big Bang ?
Aujourd'hui, les scientifiques savent que l'univers est en expansion. Cela signifie aussi, qu'au départ, l'univers était infiniment petit. Ce monde de l'infiniment petit (l'univers subatomique) possède ses propres lois. On parle aussi de la mécanique quantique. Désormais, le concept que nous avons de l'univers repose sur deux grandes théories.

La première est celle de la relativité générale d'Albert Einstein qui décrit l'univers à grande échelle et de façon générale. La seconde, celle de la mécanique quantique, décrit le comportement de l'univers atomique. Einstein voulait faire coincider ces deux théories. 
Mais à sa mort, en 1955, il ne parvient pas à réaliser son rêve. Quarante ans plus tard, sa théorie de la relativité générale, bien qu'elle soit contestée par un grand nombre d'astronomes, est tout de même reconnue par la communauté scientifique. Le but des chercheurs est de trouver une équation qui pourrait expliquer l'univers dans sa globalité. C'est lé théorie du tout.

A ce sujet, il existe déjà plusieurs équations mathématiques sur le commencement de l'univers. Désormais, les chercheurs disposent d'accélérateurs de particules géants pour améliorer leurs équations et leur compréhension de l'univers. Les scientifiques savent aujourd'hui que le taux d'expansion primitif de l'univers est parfaitement réglé, ce qui explique la présence de galaxies, d'étoiles, de planètes et de la vie telle que nous la connaissons sur Terre.
Notre univers est le fruit d'une expansion lente et proportionnée qui existe depuis presque 14 milliards d'années. En 1979, le scientifique Alan Guth publie sa théorie de l'inflation qui rencontre un certain succès.

Toutefois, un autre chercheur pense que l'univers aurait pu émerger d'une énorme bulle d'énergie. Cette théorie n'est pas validée par la communauté scientifique. Pourtant, les astronomes pensent que l'inflation a probablement joué un rôle important dans l'expansion de l'univers.
La mécanique quantique est régie par la notion de hasard et le principe d'incertitude. En résumé, il est difficile de déterminer le déplacement des particules subatomiques, mais on peut tout de même faire des probabilités de l'endroit où elles se trouvent. C'est le principe d'incertitude qui semble régir aussi l'univers à son commencement. Néanmoins, ce principe d'incertitude n'explique pas ce qu'il est aujourd'hui.

Ensuite, le principe d'incertitude ne coincide pas avec la théorie de la relativité générale. Autrement dit, les deux théories s'opposent. Selon Stephen Hawking: « Il y a 20 ans, j'affirmais qu'il y avait 50% de chance que nous ayons une image complète de l'univers dans les 20 prochaines années. C'est toujours mon estimation aujourd'hui, mais les 20 années commencent maintenant ».
Hawking émet l'hypothèse que l'univers ne pourrait avoir ni début, ni fin, ni limite, ni frontière. Il pourrait finalement s'enrouler sur lui-même. Hawking parle aussi de temps imaginaire. Parallèlement, une autre théorie émerge: la théorie des supers cordes.

Les cordes seraient des millions de fois plus petites que les atomes. Quand elles sont en mouvement, les cordes vibrent et mettent l'univers en mouvement. Ensuite, la théorie des cordes s'accordent plutôt bien avec celle de la relativité générale. Selon la théorie des cordes, il n'y a pas de différences entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Ce modèle soulève de nombreuses questions mais aussi de nouvelles questions que les scientifiques n'arrivent pas encore à résoudre.
Pourtant, d'autres chercheurs pensent que l'univers ne peut pas se résumer à une seule équation mathématique. Certains se demandent si le processus de la sélection naturelle de Charles Darwin, qui s'applique à la nature sur Terre, ne pourrait pas éventuellement s'appliquer à l'échelle de l'univers.

L'univers pourrait être aussi une entité en évolution, en développement et donc capable de s'organiser. Certains astronomes pensent que notre univers ne serait pas le seul à être en expansion. En résumé, il pourrait exister d'autres univers en expansion eux aussi et avec leur propre Big Bang. Toutefois, ce modèle reste purement théorique, mais il est pris très au sérieux par la communauté scientifique. En gros, on nage en pleine science-fiction ! Afin de valider ou non tous ces modèles, le chercheur Edward Witten essaie de créer une carte de l'univers grâce au satellite Plank-Explorer.
Le but est de comprendre comment tout a commencé et comment l'univers a pu se former. Edward Witten a enregistré de subtiles variations de températures lors des premières lumières du Big Bang afin de vérifier et d'explorer toutes les hypothèses possibles sur la formation primitive de l'univers. En comprenant ses premières minutes et même ses premières secondes, les scientifiques espèrent résoudre la plus grande question qui taraude l'homme depuis la nuit des temps: "Qui je suis ?".

26 août 2014

Un nouveau biopic sur le Petit Dragon

mémoire du dragon

genre: biopic, arts martiaux
Durée: 3h55
Année: 2011

l'histoire: Le parcours exceptionnel de Bruce Lee, de ses années d’apprentissage à son triomphe planétaire, de ses débuts à Honk Kong à son arrivée aux Etats-Unis, de sa jeunesse à sa mort tragique, illustrant la légende de combats plus vraies que nature. 

La critique d'Alice In Oliver:

Ce n'est pas la première fois que le cinéma nous propose un biopic sur Bruce Lee. Souvenons-nous de Dragon, l'histoire de Bruce Lee de Rob Cohen, une première tentative pour le moins peu convaincante et trop hollywoodienne pour s'imposer comme une référence.
En tout cas, ce premier biopic a permis de comprendre que s'attaquer à la légende des arts martiaux n'était pas chose aisée. Et ce qu'a parfaitement compris Li Wen Qi, le réalisateur de La Mémoire du Dragon, sorti en 2011. A la base, ce téléfilm de plus de trois heures et en deux parties devait faire l'objet d'une série télévisée de 50 épisodes. Pour l'anecdote, La Mémoire du Dragon est produit par Shannon Lee, soit la fille de Bruce Lee elle-même.

Déjà, la première difficulté est de trouver un acteur qui ressemble à la fois au Petit Dragon et qui est capable d'effectuer les prouesses les plus insensées. En l'occurrence, Li Wen Qi choisit de faire appel à Danny Chan Kwok Kwan. Premier constat: la ressemblance avec le modèle original est frappante et même bluffante. Ensuite, Danny Chan Kwok Kwan en se contente pas de copier poliment son modèle. Visiblement, l'acteur s'est totalement approprié les mimiques, les gestes et les rictus de Bruce Lee sans pour autant verser dans la caricature.
Sur ce dernier point, La Mémoire du Dragon est nettement plus convaincant que le biopic de Rob Cohen. Pas trop difficile en même temps...

 

brucelee04

 

Au niveau de la distribution, Li Wen Qi a le mérite de choisir quelques visages connus du cinéma d'arts martiaux: Ray Park, Mark Dacascos, Gary Daniels et Michael Jai White ont fait leurs preuves par le passé. Ils viennent apporter un petit plus à ce biopic particulièrement ambitieux.
Cette fois-ci, pas question de brosser un portrait édulcoloré de la star du cinéma d'arts martiaux. Au contraire, dans La mémoire du dragon, Bruce Lee est montré sous un jour arrogant et impatient. Son but ? Devenir le meilleur, écraser les plus grands maîtres des arts martiaux pour imposer sa propre discipline, donc le Jeet June Do.

A d'autres moments, le portrait est un peu plus élogieux et nous présente un homme déterminé, hostile au racisme et prêt à tout pour ressouder les peuples à travers les arts martiaux (ce qui sera très mal perçu par certains contestataires). A partir de là, le scénario du film se concentre sur les principaux événements de la (courte) vie du Petit Dragon, de son adolescence jusqu'à sa mort, à l'âge de 33 ans. Attention SPOILERS ! Le parcours exceptionnel de Bruce Lee, de ses années d’apprentissage à son triomphe planétaire, de ses débuts à Honk Kong à son arrivée aux Etats-Unis, de sa jeunesse à sa mort tragique, illustrant la légende de combats plus vraies que nature.

 

fight

 

 

Seul petit regret: la qualité de la réalisation. Visiblement, Li Wen Qi a revu ses ambitions à la baisse. Conçu finalement comme un téléfilm, La Mémoire du Dragon n'offre pas une mise en scène exceptionnelle et inoubliable. Toutefois, dans l'ensemble, les séquences de combat sont suffisamment nombreuses pour susciter l'intérêt. Sur ce dernier point, la qualité des combats est parfois inégale. Néanmoins, Danny Chan Kwok Kwan fait le job, mais ses qualités athlétiques et martiales auraient mérité d'être mises davantage en valeur par la caméra de Li Wen Qi, pas toujours à la hauteur du rendez-vous. Mais ne soyons pas trop sévère, La Mémoire du Dragon se révèle largement supérieur à la bouserie tournée par Rob Cohen presque 20 ans auparavant.
Les fans du Petit Dragon, qui attendent depuis longtemps une adaptation digne de nom, devraient trouver leur compte.

25 août 2014

Sommaire des séries, livres et jeux

Série TV

La quatrième dimension saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

American Horror Story saison 1

AngelAngel saison 1 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Batman:  Batman Naissance D'Une Légende (la cave de Borat),  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Boardwalk Empire:  Boardwalk empire saison 1Boardwalk empire saison 2 Boardwalk empire saison 3

 (intégrale)

Buffy contre les vampires: Buffy contre les vampires saison 1Buffy contre les vampires saison 2, Buffy contre les vampires saison 3,  Buffy contre les vampires saison 4, Buffy contre les vampires saison 5Buffy contre les vampires saison 6Buffy contre les vampires saison 7

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Code Quantum

 (la cave de Borat) 

 (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Cowboy Bebop

 (la cave de Borat) 

Dead Set

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les Envahisseurs

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Fringe: Fringe saison 1, Fringe saison 2, Fringe saison 3, Fringe saison 4 Fringe saison 5

 (la cave de Borat)

Game of thrones saison 1

La gifle

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Hannibal (série)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

,  (la cave de Borat)

Heroes saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Métal Hurlant Chronicles

Mildred Pierce

 (la cave de Borat) 

Le Muppet Show

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

The Pacific

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Parade's end

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les piliers de la terre

Pokemon

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

Rambo Le Dessin Animé (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Robocop la série (pilote)

Rome (l'intégrale)

Sarah Connor's Chronicles (saison 1)

 (la cave de Borat)

Les Simpson: Les Simpson saison 1, Les Simpson saison 2, Les Simpson saison 3, Les Simpson saison 4,  Homer Like A Rolling Stone

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

Sons of anarchy:  Sons of anarchy saison 1Sons of anarchy saison 2 Sons of anarchy saison 3

 (la cave de Borat)

South Park:  Cartman a une sonde anale, Volcano (South Park), South Park Is Gay

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Star Wars Clone Wars

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Top of the lake

 (la cave de Borat)

Twin Peaks (série)

 (la cave de Borat)

Under the dome

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

The Walking Dead: The Walking Dead pilote, The Walking Dead saison 1

 (la cave de Borat)

Livres 

Batman Year one

Le bleu est une couleur chaude

The Crow (livre)

The Dark Knight Returns

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Dragon Ball (manga)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

GTO

Happy Rock

L'homme sans peur

Je suis une légende (roman)

The Killing Joke

 (la cave de Borat)

Moins que zéro

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Tintin: Tintin au pays des sovietsTintin au CongoTintin en Amerique, Les cigares du PharaonLe lotus bleu

 (la cave de Borat)

Le transperceneige (BD)

Ultimates: Ultimatum

Un long halloween

Wanted

Wolverine Origins

 (la cave de Borat)

20th Century Boys

Jeux-vidéo

007: Quitte ou double, Blood Stone 

Call of Duty: Call of Duty Modern Warfare 2 Call of Duty Black OpsCall of Duty Black Ops 2 

Dead Island

Dead Space

Donald Qui est PK

Duke Nukem Forever

Gears of war, Gears of war 2, Gears of war 3

GTA: GTA San AndreasGTA IVGTA Episodes from Liberty City, GTA V

Halo 4

Hitman Blood Money,  Hitman Absolution

Luigi's mansion 2

Magical Mirror starring Mickey Mouse

Mario Kart: Mario Kart Double Dash,

Max Payne 3

New Super Mario Bros

Rayman Origins

Red Dead Redemption

SOS Fantomes le jeu

Taxi 3 le jeu

Titeuf le jeu Titeuf Mega Compet

Tomb Raider (2013)

Uncharted 2

Yoshi's island

Dossiers cinéma et hommages

Marvel Cinematic Universe:

Hayao Miyazaki:

Dune: L'épice au commencement

La terreur surgit du désert (bonus du film Tarantula !)

La volupté du Shaw Bis (bonus du film Super Inframan)

Walt Disney: 

Robocop: la quête identitaire

Steven Spielberg:

L'Enfer: L'enfer et rien d'autre

Coup de gueule sur le cinéma américain et français:

Hommage à Jean Giraud: Blueberry est orphelin

Hommage à Marc Alfos: Russell Crowe laissé sans voix

Hommage à Tony Scott: The man on fire was died

Hommage à Michael Clarke Duncan: Vous ne le confondrez plus avec le café

Hommage à Francis Lax: Han Solo reste sans voix

Hommage à Ray Harryhausen, le génie des effets spéciaux

Hommage à James Gandolfini: Un Soprano a perdu sa voix

Hommage à Richard Matheson: La légende de Richard Matheson

Hommage à Georges Lautner: Un tonton s'est fait flinguer...

Hommage à Paul Walker: Parti trop vite...

Hommage à Edouard Molinaro: Une folle s'en est allée

Hommage à Peter O'Toole: Lawrence part vers des contrées lointaines dépassant les mille et une nuits...

Hommage à Phillip Seymour Hoffman: Le Comte a atteint son compte à rebours

Hommage à Harold Ramis: Les SOS Fantômes perd un de ses membres phares

Hommage à Alain Resnais: Le plus BDphile des cinéastes s'en est allé

Hommage à Micheline Dax: Kermit a perdu sa Miss Peggy

Hommage à Bob Hoskins: Eddie Valiant s'en est allé voir les toons

Hommage à HR Giger: Un xénomorphe en moins

Hommage à Anthony Goldschmidt:  Afficheur pour toujours

Hommage à Eli Wallach: Le plus grand des truands

Cannon (hommage à Menahem Golan): Le bis en manque de Cannon

Hommage à Robin Williams: O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

F comme Femme

Portraits de différentes femmes en plein Paris allant de la couturière à l'amante, en passant par la femme mariée bafouée à la chef d'entreprise le jour du printemps...

Sous les jupes des filles : Affiche

Il y a des films que l'on prévoit de voir et d'autres plus imprévus. Lorsque j'ai été voir Sous les jupes des filles, j'avais initialement prévu de voir A million ways to die in the west mais comme un ami l'avait vu sur le net (vraisemblablement il a bien fait), on a finalement opté pour cette comédie française. Soit l'un des derniers succès du cinéma français récemment (Lucy passe largement devant) quand d'autres films se sont viandés en beauté, pensant vainement que le spectateur n'a jamais vu certains films afin de reprendre la même formule éculée (qui a vu A toute épreuve? Non? Personne?). Sous les jupes des filles est réalisé et interprété majoritairement par des femmes, ce qui s'avère assez excluant pour les 3/4 du temps pour les hommes, puisqu'ils ne sont apparemment pas la cible. Tout comme les femmes n'iront pas forcément voir le premier film d'action venu. Le problème est qu'il est rare que le public mâle soit attiré par ce genre de film en apparence très féminin. C'est tout le défi du premier film de l'actrice Audrey Dana que de concilier les deux durant 1h56. Et pourtant ce n'était pas gagné comme le confère l'ouverture.

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Audrey Dana dans sa chambre, la morve au nez, les mouchoirs sur le lit, la clope dans la main, sous une musique sirupeuse que certains spectateurs qualifieraient de branchouille et des paillettes rouges servant de crédits. Autant dire que cela fait très peur, au point de se demander ce que vous foutez là et surtout que cela ressemble bien trop à une romcom qui veut faire "américain à la française". Puis tout s'emboîte dans un film choral où les personnages finissent par se rejoindre avant un final évident (certains diront pompeux). Ce qui est d'autant plus cohérent que n'importe quel film de Danielle Thompson où la morale est systématiquement "la vie c'est des gens qui se croisent, se découvrent, se rejoignent, s'aiment, se quittent et se retrouvent finalement". Certaines actrices jouent même mieux que d'habitude. Par exemple Géraldine Nakache, très souvent agaçante et brailleuse, se révèle dans un rôle assez inhabituel (une mère au foyer se découvre une passion pour les dames) même s'il est un peu similaire à celui qu'elle tenait dans Les infidèles. Elle n'a jamais été aussi juste.

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Pareil pour Alice Taglioni en lesbienne baby-sitter (son passage dans les toilettes est assez détonnant), Isabelle Adjani (désolé pour les fans) en créatrice de lingerie se découvrant une rivalité avec sa fille de seize ans (pour faire une comparaison c'est comme si la prof de La journée de la jupe rencontrait la Adjani de L'été meurtrier) ou même Audrey Dana que je ne connais pas trop (elle est pour le moins explosive, surtout sur les canapés, ce qui vaudra un merveilleux moment de solitude et donc drôle qui sent un peu le vécu). On s'étonne également des contre-emploi parfaits de Marina Hands (femme trompée mais carrément castratrice), Laeticia Casta (en femme ne se trouvant pas séduisant et qui a surtout de désopilants problèmes de stress) ou Audrey Fleurot (en BCBG se faisant critiquer de partout alors qu'elle fait pareil). Julie Ferrier est souvent proche du lourdingue mais comme souvent, elle exceelle dans le personnage excessif voire foutraque. Elle incarne une femme se découvrant une sexualité débridée suite à un coup de poteau. Son passage mémorable est indéniablement celui des buissons avec les deux vieilles sosies parfaits des vieux du Muppet Show!

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Si ces rôles s'avèrent convaincants, certains laissent clairement à désirer. On pense à tous les passages avec Vanessa Paradis et Alice Belaïdi. Pas qu'elles jouent mal mais leurs scènes ne servent clairement à rien dans le film et paraissent de trop. La première joue une patronne constatant qu'elle n'a aucun amis, l'autre son assistante subissant un drame familial. Si l'on retient la scène du gars de l'assurance et l'alchimie entre les deux actrices, force est de constater que ce sont des scènes de trop. Pire, la scène du tribunal plombe complètement le film et on ne sait vraiment pas ce que ça vient faire là. Montrer que les femmes peuvent aussi s'imposer face à des hommes violents? Pourquoi pas mais pas de cette manière. Néanmoins le meilleur rôle est ironiquement joué par un homme. En effet, Alex Lutz pulvérise tout sur son passage en mari volage et qui ne peut en placer une devant sa femme et s'imposant comme un Casanova chez sa maîtresse. Chacune de ses séquences marque le coup comme un bon coup de fouet et clairement on en redemande. Finalement Sous les jupes des filles réussi son pari de faire rire les hommes autant que les femmes, ce qui en fait un film pour tous. 

Une comédie choral réjouissante et au casting bien senti.

24 août 2014

Vous êtes des refrés ?

Bernard, Pascal et Didier se retrouvent à nouveau pour payer les dettes de leur mère, revenue en cendre d'Amérique...

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Le retour des Inconnus était à la fois craint et attendu, notamment en raison que le temps a passé, que les cocos ont pris sévèrement de la bouteille (surtout Didier Bourdon) et surtout que leur dernière réunion fut une catastrophe monumentale (en l'occurence Les rois mages, trip parisianiste des amis du Christ où l'on retrouvait même Emmanuel "je suis uniquement caractérisé par mes sourcils" Chain). Les rares bandes-annonces dévoilées depuis décembre dernier étaient franchement lamentables et faisaient clairement craindre le pire. Les critiques assassines aussi. Mais curieusement, Les trois frères le retour (punaise quelle imagination au niveau du titre! On regretterez presque Les trois frères 2, Les trois frères la suite ou Les trois frères 19 ans après) n'est pas aussi nul que la presse disait, on en arrive même à être étonné de regarder le film sans déplaisir, sans avoir à vouloir regarder sa montre même si sur la fin on en est capable. Surtout vis à vis d'autres comédies événementielles et notamment les suites attendues (on pense aussi bien aux Bronzès 3 qu'à La vérité si je mens 3), Les trois frères le retour paraît plutôt sympathique.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus

Est-ce le facteur Inconnus qui change la donne? Probablement, on en vient même à sourire ou à pouffer de rire de temps à autres. Pas des éclats, mais au moins de quoi rester sur son fauteuil jusqu'au bout. En cause, quelques gimmicks comiques comme les humiliations de Bernard Campan (que ce soit en chien, en femme ou en passeur de plat durant un spectacle minable), la radinerie de Didier Bourdon (ah ce passage de l'incendie, on le voit venir mais c'est irrésistible l'air de rien) ou Pascal Légitimus en toyboy pour vieille bourgeoise très portée sur la chose. Le problème des Trois frères le retour vient tout simplement dans son scénario. Les Inconnus reprennent, sans le road-movie, le schéma du premier film au point que l'on n'est ni dépaysé, ni surpris. C'est assez banal et au final n'a rien de génial, le problème c'est que l'on s'y attendait. Histoire d'avoir une filiation avec le précédent film, les Inconnus ont été recherché Antoine du Merle, le gamin du film originel aujourd'hui devenu bien grand (et accessoirement disparu des écrans). Sauf que l'acteur joue toujours aussi mal et que son implication n'intervient que dans le dernier tiers du film, qui accessoirement ne sert à rien si ce n'est à rajouter des minutes supplémentaires.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan

En effet, dans ce passage, Didier et Bernard se font passer pour des québécois friqués lui servant de papa et maman et Pascal fait le groom du couple face à un Daniel Russo particulièrement raciste. Mais encore une fois la scène fait totalement accessoire et qui plus est ne sert pas le film. Cela semble être rajouté à la dernière minute. Pour ce qui est du schéma narratif, il reprend les grandes lignes avec Didier qui s'est mis en couple avec un bon parti (comme dans le premier où il habitait chez son employeur directeur dans le magasin qui l'employait), Bernard en acteur pitoyable (autrefois brimé pour son rôle de Casanova dans une production érotique, aujourd'hui en toutou dans une publicité pour croquettes), Pascal fait le richard en apparence (dans le premier, il louait son appartement alors qu'il était employé dans une multinationale, ici il est au crocher d'une femme riche), le gosse qui revient, l'héritage foireux (les cendres de la mère sont ramenées en France avec de jolies dettes), le dîner avec les "gens biens", la bêtise des notaires(Christian Hecq beaucoup trop dans la caricature) et évidemment le gosse qui sert de sidekick potentiellement comique mais vite casse-couille.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus, Sofia Lesaffre

En l'occurence, la jeune Sofia Lesaffre jouant (soi-disant) la fille de Bernard. Si Du Merle n'arrêtait pas de brailler, elle c'est le langage reubeu qui gêne. Incroyable d'entendre autant de conneries déblatérées dans une aussi jolie bouche. D'autant que le personnage ne sert finalement pas à grand chose, si ce n'est rajouter une ancienne relation du trio qui a donné naissance à cette petite. Voilà donc venir nos trois frères avec des problèmes de méthamphétamine, se prenant pour des Walter White humoristiques (mais sans la fabriquer) face à des petits malfrats qui se la racontent à donf. Un peu dramatique d'en venir là niveau scénario, preuve dans un certain sens que les principaux intéressés avaient plus envie de se retrouver ensemble que de faire un réel film. Preuve en est avec cette fin totalement absurde et tirée par les cheveux (je ne vais pas la révéler mais franchement). Sans compter ce show musical qui n'est pas sans rappeler leur parodie du Top 50 avec les Bidons d'huile. Le ridicule ne tue pas mais bon... Mais reste que le déroulement du film va souvent à l'essentiel et c'est surtout vers la fin que l'on sent que cela s'essoufle. Ne vous attendez néanmoins pas à ce que je le revois, une seule vision étant amplement suffisante (certains me diront aucune).

Une suite assez balisée, mais pas non plus si déplaisante. Reste quelques défauts et un air de déjà vu.

 

La critique d'Alice In Oliver:

Bien des années se sont écoulées depuis l'immense succès des Trois Frères, 18 années pour être exact. On ne présente plus Les Inconnus, un trio qui cartonnera à la télévision entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. Par la suite, Pascal Légitimus, Didier Bourdon et Bernard Campan tenteront chacun de leur côté de percer au cinéma et/ou à la télévision.
Résultat: aujourd'hui, nos trois lascars sont plus ou moins devenus des has-been et en ont bien conscience. A la rigueur, c'est peut-être Didier Bourdon qui s'en sort le mieux. En effet, depuis l'arrêt de leurs sketches pour le spectacle et la télévision, c'est le seul que l'on a vu régulièrement au cinéma. Nos trois compères le savent très bien: ils doivent uniquement ce retour grâce à la nostalgie des spectateurs.

Indéniablement, ce trio a marqué son époque. Oui, mais ça, c'était avant. Qu'en est-il aujourd'hui des Inconnus et de cette nouvelle livraison, justement intitulée Les Trois Frères: le retour, et qui est évidemment la suite du premier film ? Contre toute attente, ce second chapitre n'a pas remporté le succès escompté. En effet, pour une telle comédie, les producteurs attendaient au minimum quatre millions et demi d'entrées. En l'occurrence, Les Trois Frères: le retour ne totalisera même pas les trois millions de spectateurs dans les salles. C'est évidemment une grosse déception.
En plus, les critiques se déchaînent contre le film. Pire encore, sur les réseaux sociaux, certains fans s'en prennent eux aussi violemment à cette suite.

Reste à savoir si Les Trois Frères: le retour est bel et bien le fiasco annoncé. Autant être clair: à la base, je n'ai jamais été un grand fan du premier film. Personnellement, j'ai toujours trouvé Les Trois Frères assez surestimé. C'est une comédie sympathique qui fonctionne plutôt bien sur la durée, mais qui n'a rien d'exceptionnelle non plus, tout du moins, à mes yeux.
Ce n'est pas la première fois qu'une troupe comique se reforme pour effectuer son retour au cinéma. Souvenons-nous de la troupe du Splendid avec Les Bronzés 3. On se souvient aussi de la catastrophe. En gros, Michel Blanc et consorts auraient mieux fait de s'abstenir. Les Inconnus aussi.

Pourtant, Les Trois Frères: le retour n'est pas aussi lamentable que Les Bronzés 3. Certes, Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan semblent dotés des meilleures intentions. Hélas, la formule ne fonctionne plus ou presque... Par moments, on retrouve le début de cette étincelle qui a si bien fonctionné par le passé. Malheureusement, Les Trois Frères: le retour brille surtout par son absence réelle d'idées et surtout par une absence totale de scénario.
Attention, SPOILERS ! Des années après le décès de leur mère, les frères Latour sont à nouveau réunis par la défunte. Chacun est à une étape difficile de sa vie : Bernard est un comédien raté, Didier se fait passer pour un prof de philo alors qu'il vend des sextoys par correspondance et Pascal vit aux crochets d'une riche cougar.

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Accompagnés de Sarah, la fille de Bernard, ils vont vivre des rencontres surprenantes tandis que de nouveaux problèmes vont les affecter. En résumé, on prend les mêmes et on recommence. Visiblement, les Inconnus ne se sont pas foulés le poignet pour écrire le scénario.
Cette absence d'écriture se ressent tout au long du film. Sur la forme, Les Trois Frères: le retour ressemble davantage à un remake de son modèle. La seule différence, c'est que les acteurs ont vieilli et ça se voit. En gros, remplacez le fiston insupportable du premier par une fille (tout aussi insupportable par ailleurs) débarquée de nulle part, et vous obtenez peu ou prou le même film.

Bien sûr, on relève ici et là encore quelques gags et moments assez hilarants, à condition d'être bon public et de prendre cette mauvaise farce pour ce qu'elle est: un nanar ! A contratio, on relève également d'autres séquences lourdingues et souvent répétitives.
Tout comme son prédécesseur, Les Trois Frères: le retour fonctionne comme un road-movie en roue libre et en mode cabotinage qui multiplie les rebondissements, mais sans jamais nous surprendre. Bien sûr, on a vu pire en matière de comédie française (prenez n'importe quel film ou presque de Franck Dubosc), mais on était tout de même en droit d'attendre un peu mieux de la part des Inconnus, surtout après une si longue absence.

 


Les Trois Frères, le retour : Teaser 1 par LesInconnusMYSKREEN

Cuvée on the road again, again, again

Bienvenue à tous chers lecteurs! Au cas où vous ne le sauriez pas, la Cave de Borat est en plein travaux et pour cela en ce moment elle sert de machine à voyager dans le temps. Une fonction fort utile que je qualifierais de "Retour vers l'été passé" et que vous explorez depuis plusieurs semaines. Après avoir voyagé entre 2001 et 2005, voyons ce que nous réserve les été 2006 et 2007 où l'ami Borat a écumé son fameux Kinépolis et sachez-le: vous allez encore voir du navet mais aussi parfois de bons films. Heureusement sinon quel ennui! Allez Doc on part pour un double voyage!

Retour vers l'été passé (photo 2)

"Allez Borat, grouille-toi on doit partir pour le 21/06/2006! Et là où on va il n'y a pas besoin de route!"

Je dois avouer qu'avant de faire cette cuvée, j'avais bien du mal à me rappeler de l'été 2006. J'ai même été étonné plus d'une fois en relisant l'agenda d'Allociné. Autant 2007 ça allait mais 2006 c'était limite le black-out. Commençons d'emblée avec La rupture de Peyton Reed. Certains le savent je suis plutôt bon client de Vince Vaughn et Jennifer Aniston n'était pas l'actrice la plus moche de l'époque. Sauf que le film en lui-même ne m'a pas convaincu. A l'époque, je crois lui avoir mis deux étoiles sur un carnet quelconque, aujourd'hui j'en enleverais probablement une de plus. Pas que ce soit nul mais c'est complètement anecdotique. La romcom de base mais dans l'autre sens: au lieu d'avoir les emmerdes petit à petit dans le couple, c'est plutôt le début. Pour les amateurs, Aniston parade nue à un moment. Suivra le lamentable Nos voisins les hommes probablement un des pires films Dreamworks qui m'ait été donné de voir. Graphique indigne du studio (autant je n'apprécie pas certains crus autant il faut bien avouer que la technique est là), histoire (enfin si on peut parler d'histoire) d'un rare nombrilisme (ils ne se sont vraiment pas foulé du tout, c'est le moins que l'on puisse dire) et d'ailleurs je pense que tout le monde a oublié ce film.

La rupture (photo)

"Tu me passe la télécommande Jen? -Hé ta soeur il y a Les reines du shopping maintenant! -Oh! Ma chérie! Tu me diras c'est pas pire que Bienvenue au camping. -T'as tout compris."

Passons dorénavant à du bon portnawak avec le remake de Terreur sur la ligne de Simon West. Hé oui j'ai été voir ce gros navet où il ne se passait rien, muni de rebondissements à deux balles et pas sauvé par son actrice principale qui écumera rarement les plateaux par la suite (sauf pour une daube comme 10000). S'en suit Vol 93 que j'avais été voir exprès au Gaumont d'Amnéville où je vais probablement une fois tous les trois ans voire plus! J'ai dû voir quatre là bas: Les Choristes, Les beaux gosses, Skyfall et bien sûr le film de Paul Greengrass. Je tenais à voir ce film au vue des excellentes critiques dessus et le fait qu'il était différent du projet d'Oliver Stone, World Trade Center, qui terminera l'été. Finalement c'est le petit qui a gagné sur le gros, le premier étant un film digne de ce nom sur une histoire au combien dramatique, le second une énorme baudruche à la hollywoodienne où on vous donne le paquet de kleenex avant la séance. Je caricature à peine. A une époque où je regardais beaucoup les Fast and Furious (plus maintenant en dehors des deux derniers), j'avais donc été voir le troisième opus Tokyo Drift qui en fait n'avait aucun rapport avec ses prédecesseurs. Complètement con et d'ailleurs Justin Lin a tout fait ensuite pour colmater cet épisode aux suivants en réutilisant le personnage de Han.

Tokyo drift (photo) 

"J'vais le crever le Borat tu vas voir! -Non non ne me fait rien! Mais c'est vrai qu'il est mignon! -Raaaaah!"

Donc Tokyo Drift se passe entre le sixième et le septième volet qui sortira en avril prochain! Cherchez pas à comprendre! Pour le reste, le deuxième opus montrait déjà de gros signes d'essouflements avec beaucoup d'effets-spéciaux, celui-ci en rajoute encore plus y compris dans les fameux drifts qui sont des dérapages contrôlés. Sans compter le charisme de poulpe des différents acteurs. Je passe sur Camping-car m'étant épanché sur son cas hier pour m'assurer les louanges du chat orange. Deux ans après ses aventures urbaines à chier des bulles, voici venir Garfield à Londres. Alors son maître essaye tant bien que mal de faire sa demande à Jennifer Love Hewitt, Garfield se trouve un sosie dans une sorte de Buckingham Palace et comme on pouvait s'y attendre les deux changent de place. Autant dire qu'il y a toujours autant de scénario, que Garfield n'a d'autres intérêts que de confectionner des lasagnes dans une cuisine royale et comme dans Les aristochats, le majordome cherche à tuer le chat royal. Les gags sur les pets sont également de mise bien évidemment.

Garfield 2 (photo)

"Vacances tout frais payés grâce à Borat! -Clair!"

Mais le gros film que j'attendais à l'époque était Pirates des Caraïbes: Le secret du coffre maudit. J'avais même pris le DVD du premier durant mes vacances pour me le revoir avant, comme je le faisais si souvent à l'époque (je le fais encore depuis mais pas toujours). Longtemps il fut mon préféré de la trilogie à cause de son humour lourdingue. Mais au fil des années, Jack Sparrow a commencé à m'agacer au fil des années et j'ai bien vu que les deux amigos à côté ne suivaient pas, tout du moins Keira Knightley s'en sortait mieux qu'Orlando Bloom qui était totalement éteint. Reste que j'aime encore le regarder à cause de ses morceaux de bravoure déjà bien plus présents que dans le troisième volet qui lui sert de suite directe. Le problème évident est que les deux films forment un dyptique et ont été tourné en même temps. Sauf que quand on regarde le troisième opus en comparaison du deuxième, on voit bien que le second est plus conséquent en éléments et paraît finalement comme un épisode de transition alors qu'il est . Dommage car l'une des meilleures scènes est dans ce film, soit le combat de la roue et la poursuite pour le coffre qui s'en suit. Il y a a eu aussi le problèmatique Miami Vice de Michael Mann.

Pirates des Caraïbes (photo)

Comme on dit la roue tourne! Ok je sors...

Longtemps, j'ai détesté ce film le considérant comme le plus mauvais film de Michael Mann. Depuis c'est devenu Public Enemies (en espérant que ce ne soit pas le cas de Cyber qui signera son grand retour en janvier prochain) et j'ai réussi à me faire à ce film. Le principal problème est que Mann a tellement dénaturé la série que l'on se demande encore pourquoi le film s'appelle Miami Vice. Quant au personnage de Ricardo Tubbs, il est beaucoup trop sous-employé pour privilégier les amourettes de Sonny Crocket. Mais pris seul le film s'impose comme un bon polar, ne sortant pas les grands sabots à la Bad Boys à base de blagues grasses et s'imposant comme un bon film ce que je ne voyais il y a plusieurs années. D'autant que l'histoire d'amour entre Colin Farrell et Gong Li est forte en émotion et que la caméra DV convient bien davantage à un film aussi urbain qu'à un film d'époque comme Public Enemies. Terminons l'été 2006 avec deux films. Le premier est Monster House, un vibrant hommage à la Amblin tout en étant produit par elle, et probablement plus sincère que Super 8

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Sonny Crocket un homme qui tire beaucoup... Bon je pense que je connais le chemin... 

D'autant que parfois on remarque le cynisme horrifique d'un Gremlins notamment quand plusieurs personnages (dont des policiers) se font bouffer par la maison! Sans compter que la forme initiale de la maison renvoie aux freaks en général. On est bien loin du conte de fée et l'on se rapproche davantage d'un Coraline. Et enfin pour finir, il y a eu Des serpents dans l'avion nanar autoproclamé par ses producteurs et qui ont joué de ça durant toute la promotion. Après tout pourquoi pas d'assumer complètement un concept à la con. Sauf que le film lui-même laisse quand même à désirer. Entre un mec n'ayant jamais toucher des commandes d'avion qui réussi à piloter un boeing grâce à sa PSP, un couple qui baise tout en fumant de la marijuana avant de se faire attaquer par des serpents, la raison même des serpents dans l'avion, Samuel L Jackson qui cabotinne en bon déconneur ou alors l'inévitable serpent qui sort de la cuvette des chiottes pour taper dans le premier pénis venu; on a vraiment de quoi faire dans la connerie pure et dure. Mais bon il en faut bien plus pour faire rigoler des défauts volontaires d'un film.

Retour vers l'été passé (photo 1)

"Dépêche-toi Borat avec tes "Retour vers l'été passé", la Dolorean commence à flancher! -Oui, oui Doc d'ici quelques semaines. Bon allez je passe au 20/06/2007!"

L'année 2007 fut le premier où j'ai commencé à aller au cinéma tout seul, vu qu'avant j'allais soit avec mon paternel, soit avec ma mère (ce qui est toujours d'une rareté, le dernier film qu'elle a vu au cinéma fut Shutter Island!), soit tous les trois. Ainsi avec Spider-man 3 je découvrais le cinéma seul et curieusement cela m'a permis de voir beaucoup plus de films (encore maintenant j'essaye d'aller une fois par semaine, en tous cas pas un mois sans et ce malgré les vaches maigres). Ainsi l'été 2007 fut beaucoup plus garni que d'habitude et cela continuera jusqu'à aujourd'hui (même si je vois bien moins de conneries qu'avant!). Commençons avec Ocean's 13, troisième volet des aventures de George et autant dire que c'est l'épisode de trop. Un pur navet où rien ne marche à commencer par son méchant et où le principe du film ressemble beaucoup au premier film. Puis il y a eu la grande déception avec Die Hard 4, preuve malheureuse que la saga est morte avec l'absence de John McTiernan. John McClane face à la technologie pourquoi pas? Mais encore ne faut-il pas prendre le spectateur pour plus bête qu'il ne l'est avec un hacker à deux balles et un méchant de pacotille. 

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Brucie faut arrêter de se croire le centre du monde!

Néanmoins à la différence du film suivant, Live free or Die Hard a le mérite d'enchaîner les scènes d'action les plus débiles au moins pour rigoler, comme ce merveilleux passage où McClane et son camion passent tous les obstacles avant de dézinguer un jet et d'y sauter! Dans A good day to Die Hard on touche en revanche à la bêtise pure et dure. Harry Potter et l'ordre du phénix fut un très mauvais moment à passer, probablement l'épisode le plus inutile de la saga ou comment on aurait pu faire un seul film des cinquième et sixième volets. D'autant plus dommageable que si La coupe de feu avait quelques trous, là on tombe vraiment dans la nullité. Dead or alive n'était pas mieux avec ses bimbos de partout et ces effets-spéciaux de pacotille alors qu'on vient voir un film de baston. Puis vient le fameux jour du 25 juillet avec deux gros films. A ma gauche, Les Simpson le film film ultra attendu pour tous les fans de la série, surtout que depuis quelques saisons elle commençait à s'essouflait. A ma droite, Transformers la dernière bourrinerie de ce bon vieux Michael. Ni une ni deux, j'ai été les voir avant mes vacances les mercredi et vendredi de la même semaine. Autant que le premier gagne. David Silverman a réussi à signer le meilleur épisode depuis un bon moment, même s'il souffre de certaines carrences notamment d'ellipses temporelles improbables dues probablement à trop de gags évidents.

Les Simpson (photo) 

Homer a le feu au cul...

Il faut dire que le film se concentre énormément sur les conneries d'Homer enchaînant les plus belles conneries. Que ce soit la pollution du lac, Spider Cochon, la bombe qu'il insère à l'intérieur du dôme, la moto, l'Alaska comme fief, la boule qui lui revient à la gueule... Tout déconne grâce à lui. Pour le second, c'est peut être le plus sincère des quatre opus (vous m'excuserez d'englober le dernier même sans l'avoir vu) puisque c'est le premier, il apparaît déjà moins foutage de gueule. Mais il n'en reste pas moins que le premier Transformers est un très mauvais film. Le genre typique de l'ami Michael, homme au combien bourrin et ne changeant pas avec les années, filmant le décolleté et le cul de Megan Fox comme jamais (il fera bien pire dès le suivant), montrant les aventures d'un queutard en rut aux prises avec des jouets géants que l'on ne reconnaît même pas et on est souvent agacé par la bêtise des personnages. Dix ans que ça dure quand même ces conneries. Les vacances passées j'ai direct été voir le dernier Pixar Ratatouille. A l'image des Aristochats, Brad Bird joue sur la carte-postale de Paris mais sans en faire forcément des caisses comme beaucoup le font hors de l'animation.

Transformers (photo) 

"Qu'est-ce que tu fais ce soir Megan? -Laisse tomber Shia t'es complètement has been, moi Les tortues ninja cartonne au moins. Je suis complètement hype."

L'occasion aussi pour Pixar de revenir en force avec un projet qui a traîné durant de nombreuses années et changé de réalisateur (Brad Bird à la place de Jan Pikawa) et qui arrive après le semi-échec commercial de Cars. De plus c'est véritablement avec ce film que Pixar impose définitivement sa réussite visuelle, déjà florissante autrefois mais jamais parfaite. A partir de Ratatouille, le studio assume totalement et atteint des sommets visuels que Dreamworks aura bien du mal à concrétiser, surtout au vue de l'art de l'histoire qu'opère Pixar. Il n'était pourtant pas facile de miser sur un petit rat faisant de la cuisine. Dans la foulée j'avais été voir Mise à prix de Joe Carnahan. Du film d'action bourrin où tout le monde s'entretue pour un oui ou pour un nom. Hic: On se fout royalement des personnages et le problème c'est qu'il y en a tellement! On a trois bandits (dont Ben "I AM BATMAN!" Affleck) qui se font dézingués par des néo-nazis menés par Chris "I AM KIRK!" Pine, qui cherche un magicien dans un hôtel surveillé par des agents du FBI (dont Ray "je suis un affranchis!" Liotta et Ryan "je suis Green Lantern... Enfin non" Reynolds) et convoité par deux tueuses légèrement lesbiennes sur les bords (dont Alicia "j'aurais mieux fait de rester dans la chanson!" Keys), un tueur amateur de chirurgie esthétique et un chauve! Allez me chercher de l'aspirine!

Ratatouille (photo) 

"Etre dans les colonnes de Borat, quel honneur! -De rien mon petit rat!"

De plus, à force de multiplier les personnages, on a évidemment quinze tonnes de sous-intrigues et on s'y perd. Sans compter le final soi-disant dramatique. Passons maintenant à une belle merde que voilà avec Fantastic Four: Rise of Silver Surfer. Vous avez un méchant en or, des héros déjà rassemblés qu'est-ce que vous êtes censés faire? Tim Story a compris une comédie avec quelques élans dramatiques comme le premier. Ainsi la Chose devient tout feu tout flamme, la Torche un colosse dur, la femme invisible s'envole, le Surfer est survolé au possible malgré qu'il a les meilleurs moments du film, le retour de Fatalis ne sert à rien, les effets-spéciaux sont laids sauf le Surfer, Mr Fantastic drague des nénettes en boîte de nuit (on a vu des moments ridicules dans les films de super-héros mais celui-là est mythique) et où l'on se demande si on ne se foutrait pas de notre gueule. Pas sûr que le reboot vraisemblablement en found footage va sauver les meubles. Heureusement pour contrebalancer j'avais été voir Planète terreur. Sauvant les meubles du projet Grindhouse, Robert Rodriguez retrouve des lettres de noblesse bis qu'il n'avait pas retrouvé depuis The faculty.

Silver surfer (photo) 

"Bon sang, mais qu'est-ce que je fous dans cette galère!"

Car depuis, il a enchaîné les bouses et autant dire que c'est toujours le cas actuellement. Là il assume complètement son cou, assumant pleinement le concept débile de son film ou du projet et Rose McGowan est aux sommets de son sex-appeal. D'ailleurs la scène de nu est juste unique en son genre, à la fois cochonne et amusante (la musique merde!). Par la suite; Robert a bien essayé de retrouver une aura de ce type avec les Machete mais en dehors de la fausse bande-annonce de Machete kills again in space, pas de quoi retrouver le plaisir de ce Planète terreur. Et après j'ai enchaîne le grandiose. Si Hairspray s'en sort encore plutôt bien dans le lot (confirmant que John Travolta se débrouille très bien dans un rôle efféminé), le reste ouch! Commençons avec Evan tout-puissant séquelle nazebroque de Bruce avec l'ancien présentateur devenu un père de famille émérite et construisant une arche, tout en se frottant à John Goodman. Pauvre de moi d'avoir subi ce très mauvais moment au cinéma. S'en suit le tout aussi nazebroque Paranoiak remake non-officiel de Fenêtre sur cour à la sauce djeuns avec un Shia LaBeouf imberbe qui essaye de tringler sa voisine (une habitude chez Shia, attitude refoulée jusqu'à ses élans fougueux dans Nymphomaniac!) alors qu'il a un bracelet au pied et un voisin tueur en face de chez lui.

Planète terreur (photo) 

Quel canon cette Rose.

Puis arrive ce bon vieux Kevin Costner en tueur, seul intérêt de Mr Brooks où Demi Moore essaye de payer ses impôts et Quand Chuck rencontre Larry, grossière comédie avec Adam Sandler et Kevin James où le premier aura la chance de tater les seins de Jessica Biel. Heureusement qu'il y a La vengeance dans la peau pour sauver les meubles. Dernier épisode événement de la trilogie Bourne, il a le mérite de conclure en apothéose une trilogie passionnante et qui a fait terriblement peur à l'ami Bond avant un reboot merveilleux entamé depuis 2006. Il s'en est fallu de peu. Bien rythmé, parfaitement intégré dans la trilogie et bourré d'excellentes scènes d'action (notamment les scènes au Maghreb), The Bourne Ultimatum s'impose comme un excellent divertissement et une apothéose magistrale. Toute la différence de son spin-off qui ne sert absolument à rien. Les zombies de 28 semaines plus tard m'ont largement plus convaincu que ceux des 28 jours, s'imposant bien plus politisé et violent. Le -12 face au -16 du film de Danny Boyle paraît même assez douteux, le film de Juan Carlos Fresnadillo ne laissant pas beaucoup d'échappatoire à ses personnages et a même une fin particulièrement pessimiste. A l'image du film l'Angleterre est définitivement en territoire mort-vivant.

bourneultimatumcap3 

"Tombé du ciel, à travers les âges..." (air connu)

Terminons cette cuvée avec Shoot'em up, lui aussi plus ou moins nanar dans son concept. Scène de cul en pleine fusillade, Clive Owen mâchoire fermée et amateur de carotte face à un Paul Giamatti cabottin, Monica Bellucci en prostituée amatrice SM, un bébé... Voilà de quoi se marrer un peu. Allez à la semaine prochaine!

Shoot'em up (photo)

Ne me remerciez pas pour cette charmante image de conclusion...

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23 août 2014

Nouveau classique pour Howard Hawks

hatari

 

genre: aventure
Durée: 2h35
Année: 1962

l'histoire: En Tanzanie, la vie d'un groupe hétéroclite mais soudé de chasseurs d'animaux pour les zoos. A leur tête, Sean Mercer, un personnage bourru dont va bientôt s'éprendre Dallas. Cette raivssante photographe vient d'arriver dans la réserve. Peu habituée à la vie sauvage, elle va vivre une succession de situations inédites. 

La critique d'Alice In Oliver:

Indéniablement, Howard Hawks fait partie des grands réalisateurs hollywoodiens. En effet, on lui doit plusieurs classiques du cinéma, notamment Scarface (la version de1932), Le Grand Sommeil, L'impossible Monsieur Bébé, Les hommes préfèrent les blondes ou encore Rio Bravo.
Vient également s'ajouter Hatari !, sorti en 1962. Pour l'anecdote, le terme "Hatari" signifie "Attention, danger !" en swahili. Le film remportera un immense succès à sa sortie, à tel point qu'il inspirera deux séries télévisées américaines par la suite: Daktari en 1966 et Woobinda en 1969. Au niveau de la distribution, ce film d'aventure réunit John Wayne, Elsa Martinelli, Hardy Krüger, Gérard Blain, Michèle Girardon et Red Buttons.

Durant le tournage, John Wayne dut abattre un éléphant qui les chargeait. Bien que filmée, cette scène ne fut pas retenue au montage final afin de ne pas choquer les amis des bêtes qui sont nombreux chez les fans de l'acteur. D'ailleurs, les scènes de chasses ont été vécues par les acteurs eux mêmes et jamais l'un d'entre eux ne fut doublé quel que soit le danger.
Au fur et à mesure du tournage les animaux devenaient des acteurs à part entière, le guépard apprivoisé Sonia circulait librement au milieu des acteurs ainsi que les autruches, les singes ou encore la hyène et les éléphanteaux.

 

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Howard Hawks rêvait depuis longtemps de réaliser un film se déroulant dans un espace sauvage et plus particulièrement au coeur de l'Afrique. La grande force d'Hatari ! est de mélanger habilement plusieurs genres: l'aventure, la comédie et même une voire plusieurs histoires d'amour.
Attention, SPOILERS ! Sean Mercer (John Wayne) dirige un groupe de chasseurs au Tanganyika. Lors d’une poursuite l’un d’entre eux, surnommé Indian (Bruce cabot), est blessé par un rhinocéros. L’équipe doit alors surmonter cet incident et intégrer de nouveaux membres. Parmi ces derniers, un français effronté (Gérard Blain), une jeune photographe pleine de charme (Elsa Martinelli) et un trio d’éléphanteaux viennent perturber la vie tranquille du camp.

Pour tenir le rôle principal, donc celui de Sean Mercer, Howard Hawks voulait engager Gary Cooper. Hélas, l'acteur n'est pas séduit par le scénario et le concept du film. Howard Hawks fait donc appel à un acteur qu'il connaît bien, donc John Wayne. Le réalisateur rêvait de faire tourner Clark Gable dans Hatari !, mais celui-ci demande un cachet trop élevé et Howard Hawks décide alors d'engager le français Gérard Blain. C'est la touche "frenchy" du film ! 
Hatari ! est tourné dans ds décors naturels et plus précisément dans un camp situé en Tanzanie et tout près du Kilimanjaro.

 

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Dans ses précédents films, Howards Hawks a toujour opposé ses principaux personnages à des ennemis eux aussi humains et prêts à en découdre avec les armes. Cette fois-ci, le danger ne vient pas d'un autre groupe de chasseurs, mais de la chasse elle-même, donc de Dame nature.
A partir de là, Howard Hawks nous raconte l'histoire d'un petit groupe d'hommes et même de femmes toujours unis et soudés dans la difficulté. Mieux encore, Howard Hawks accorde une place particulière à chacun de ses personnages. Tous ont une personnalité forte et un caractère bien trempé. Néanmoins, ce sont les femmes qui viennent troubler l'ambiance un peu trop masculine de notre petit groupe.

C'est par exemple le cas du personnage joué par Elsa Martinelli, qui est à la fois sportive, intelligente, indépendante et cultivée. Bref, on est bien loin de la vision de la femme du début des années 1960. Certes, le film propose plusieurs séquences d'action et d'aventure à couper le souffle. Pourtant, Hatari ! n'est pas vraiment un film d'aventure dans le sens classique du terme.
Finalement, tous ces décors naturels et tous ces animaux sauvages visent à camoufler les relations qui vont peu à peu s'instaurer entre les différents protagonistes. Hatari ! est donc un vrai film moderne, tant sur le fond que sur la forme. Enfin, contrairement à la plupart des films de la même époque, Hatari ! n'a pas trop souffert du poids des années. 
Le long-métrage conserve toujours autant de charme et d'audace, notamment dans la qualité de sa réalisation. Bref, Hatari ! n'a pas volé son statut de classique du cinéma.

Un camping car sentant mauvais

Un père de famille se paye un camping-car en espérant pouvoir aller à un rendez-vous important, tout en permettant à sa famille de passer des vacances...

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Désolé pour terminer cet hommage avec pareil film mais il fallait bien évoquer les années difficiles de Robin Williams. Au cours des années 2000, il n'est plus la star de Madame Doubtfire. Il accumule les mauvais films et quand ce n'est pas ça il n'est pas la vedette. Ou alors ce sont des productions indépendantes comme Photo Obsession. Malheureusement c'est plutôt dans des navets qu'on a pu le voir au cours des années et Camping Car ou RV en est la preuve. Aux commandes: Barry Sonnenfeld autrefois maestro de La famille Addams et Men In Black et accumulant les ratés depuis, comme ce film. Pas d'autres vedettes à l'horizon en dehors du tout jeunot Josh Hutcherson et Jeff Daniels. Le film ne marche pas si bien qu'il arrive en catimini en France au cours de l'été 2006 quelques semaines avant le raz de marée Pirates des Caraïbes 2. Au vue des résultats, on ne s'en étonne pas trop et l'on se demande ce qu'est allé faire Williams dans une pareille galère. Il incarne un père de famille voulant à tout prix garder son boulot. Il lui faut alors finir un dossier et l'envoyer au patron à un certain endroit durant son congès. Il n'a d'autre choix que de se payer un camping-car et d'envoyer sa famille sur les routes au lieu des plages d'Hawaï tant convoitées.

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Dit comme cela, cette comédie peut paraître banale mais souvent certaines comédies commencent ainsi avant de finir en apothéose. Preuve en est avec Little Miss Sunshine qui sortira quelques mois plus tard et qui a à peu près le même postulat: un objectif, une virée en voiture, des intérêts pour le père. Sauf qu'au contraire du film précité, Camping Car a bien du mal à tenir la distance et montre très rapidement ses limites. Le film commence par Williams parlant à sa fille. Il l'adore, elle aussi. Puis on passe à des années après où la jeune fille ne l'approuve plus. Idem pour son fils. Le voyage à Hawaï aurait dû rallumé la flamme, il n'en sera rien. Dès lors, on sait que Williams va tout faire pour reconquérir le coeur de sa famille. Autant dire rien de nouveau sous le soleil. Le film tombe alors dans la routine du road trip où le spectateur essaie tant bien que mal de retrouver son enthousiasme. Ainsi on commence par notre belle famille s'enfonçant dans le désert et tombe sur un problème de waters. Evidemment on sent venir le coup à plein nez: waters qui fuit dit merde qui saute à la gueule.

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Pour les amateurs de scatologie, sachez que le pauvre Robin Williams aura une canalisation tellement bouchée qu'au lieu de nettoyer à l'eau, il fera tout péter à la merde. Vous voyez les puits de pétrôle? Changez pétrôle par merde et rigolez un peu, enfin si vous avez la force. Puis ils rencontrent des cul-téreux type texans fort sympathiques mais n'étant semble-t-il pas du même bord social qu'eux. Williams ne se considère pas comme un beauf, sa famille non plus et pourtant ils ressemblent plus à ces gens qu'aux costards-cravates que cotoient le père durant tout le film. Finalement heureusement qu'ils sont là sinon notre famille serait plus d'une fois dans la merde. Pour le reste, l'aventure continue dans la forêt avec père qui joue au baseball avec fils tout en finissant son fichu dossier. Et tout ça pour quoi? Pour se faire remballer par des costards-cravattes et comprendre que la famille c'est sacré. Voilà le genre de films que vous trouverez très facilement sur les chaînes les jours fériés surtout s'ils n'ont plus rien en stock d'intéressant. Pour ce qui est des acteurs, on préféra ne rien dire y compris sur Robin Williams qui se demande plus d'une fois ce qu'il fout là. Bien sinistre.

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Une comédie déjà vu et putassière pas aidé par ses acteurs.

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22 août 2014

La légende d'Ip Man

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genre: arts martiaux, biopic
Durée: 1h45
Année: 2010

l'histoire: Après le décès de son maître, le jeune Ip Man continue à apprendre les arts martiaux sous les ordres d'un disciple et part à Hong-Kong. Il revient dans sa ville de Foshan où il tombe amoureux de Wing Shing, malheureusement de rang différent de lui. Entre amour interdit, apprentissage de son art et révélation sur son passé, Ip Man entame la plus ardue de ses aventures.      

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Ip Man 3: la légende est née, réalisé par Herman Yau en 2010, s'inspire de la biographie de Yip Man, qui est connu pour avoir été l'un des maîtres de Bruce Lee. Il était donc logique que le cinéma s'intéresse un jour ou l'autre à ce personnage. 
Comme l'indique le titre, donc Ip Man 3 (au cas où vous n'auriez pas suivi), Ip Man 3 reste à ce jour le dernier chapitre d'une trilogie. Le premier épisode a remporté un énorme succès en Asie et parviendra à s'imposer en dehors de ses frontières (notamment en vidéo). Par conséquent, plusieurs suites sont réalisées, Ip Man 2 en 2010 (toujours réalisé par Wilson Yip), et même un Ip Man 3 d'Herman Yau dans la foulée (c'est aussi le film qui nous intéresse aujourd'hui).

En 2013, le personnage de Yip Man inspire un autre film: The Grandmaster de Wong Kar-Wai. Au niveau de la distribution, Ip Man 3: la légende est née réunit Yu-Hang To, Siu Wong-Fan, Sammo Hung, Yi Huang et Rose Chan. Sur certaines affiches du film (ça vaut non seulement pour Ip Man 3 mais aussi pour les deux précédents épisodes), on peut lire l'accroche suivante: "La vie du maître de Bruce Lee". C'est un argument de vente comme un autre.
Toujours est-il que le nom de Bruce Lee ou tout ce qui s'y rattache continue de passionner le grand public. Avec un tel slogan, on s'attend à découvrir un nouveau surdoué des arts martiaux.

 

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Sur ce dernier point, Ip Man 3 ne déçoit jamais. En revanche, le film souffre souffre tout de même d'un certain nombre de défauts, mais j'y reviendrai. Quant à Herman Yau, donc le réalisateur du film, on le connaît surtout en Europe pour deux productions majeures de la catégorie III, The Untold Story et Ebola Syndrome. Il est donc surprenant de le retrouver derrière un film d'arts martiaux qui hésite souvent entre le drame et le biopic. Visiblement, les producteurs ont conscience de tenir un personnage historique en "or" (façon de parler) et comptent bien à l'exploiter à outrance.
C'est hélas le sentiment mitigé que laisse Ip Man 3 malgré d'indéniables qualités.

Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Après le décès de son maître, le jeune Ip Man continue à apprendre les arts martiaux sous les ordres d'un disciple et part à Hong-Kong. Il revient dans sa ville de Foshan où il tombe amoureux de Wing Shing, malheureusement de rang différent de lui. Entre amour interdit, apprentissage de son art et révélation sur son passé, Ip Man entame la plus ardue de ses aventures. 
En l'état, difficile de comparer Ip Man 3 avec ses prédécesseurs puisque je ne les ais pas vus. Toujours est-il que les deux premiers films jouissent d'une solide réputation.

 

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Ip Man 3 n'est pas un mauvais film, loin de là. C'est même une production tout à fait recommandable, tout du moins, quand elle se concentre sur ses bastons, certes impressionnantes. En revanche, pour ce qui est de l'idéologie, elle est souvent douteuse, presque raciste... parfois... euh... pardon... souvent ! A priori, le cinéma de Hong Kong a toujours des comptes à régler avec les Japonais.
C'était déjà visible dans les films de Bruce Lee. Là encore, les Japonais passent pour des voleurs, des lâches, des mythomanes et des traîtes ! Bien sûr, le personnage central de l'histoire reste Ip Man lui-même, de son enfance à son statut de maître des arts martiaux.

Entre plusieurs bastons, le film tente bien de nous raconter les amourettes d'Ip Man avec une jolie demoiselle ou encore de se concentrer sur d'autres enjeux dont on se fout royalement. Au niveau du scénario, Ip Man 3 est assez décousu. Ensuite, le long-métrage ne parvient jamais à nous passionner pour son personnage principal, certes très doué, mais finalement peu attachant.
Voilà pour les défauts du film ! Heureusement, Ip Man 3 possède aussi des atouts solides. Les combats et les chorégraphies sont à couper le souffle ! Sur ce dernier point, la réalisation d'Herman Yau tient toutes ses promesses. Clairement, le cinéaste n'est pas un manchot derrière la caméra et multiplie les gros plans sans jamais céder à la tentation des ralentis à l'excès. En gros, Ip Man 3 n'a pas grand-chose à voir avec Ong-Bak, mais a le mérite de s'adresser à un large public.
En résumé, les amoureux du genre seront en terrain connu et quasiment conquis. Quand au grand public, il devrait logiquement apprécier ce troisième chapitre, à condition évidemment d'apprécier les films d'arts martiaux.

Insomnie en Alaska

Un inspecteur mouillé dans une affaire de corruption avec un collègue se retrouve embarqué sur une affaire de meurtre en Alaska. Par inadvertance, il tue son collègue devant le tueur qui ne tardera pas à le faire chanter...

Insomnia (affiche)

Suite au succès improbable de Memento, Christopher Nolan se retrouve mis sur les rènes du remake d'Insomnia, un film norvégien avec Stellan Skarsgaard, pour la Warner. Un pari risqué puisque Nolan n'a réalisé que deux films qui plus est à bas coût. On peut presque parler de yes man pour le coup puisqu'il s'agit de réaliser un remake qui plus est un premier film hollywoodien pour le réalisateur. Un premier contrat suffisament réussi pour que le studio lui refile les rênes de la saga Batman. Le casting est au rendez-vous: Al Pacino (qui trouve ici son dernier grand rôle, compte tenu de sa récente filmographie dont on préférera ne pas faire attention), Robin Williams, Hilary Swank, Maura Thierney et Martin Donovan. Le film s'ouvre sur un générique sublime et habile: un pur ensemble d'images subliminales dont certaines s'avèrent prémonitoires. On peut même dire que ce générique apparaît comme un rêve d'Al Pacino puisque c'est par lui que commence le film après le générique. De la glace maculée de sang en dessous, la vision de l'Alaska, le soleil éblouissant... Tant de choses qui réapparaîtront au cours du film.

Insomnia (photo 1)

L'Alaska? Lieu où il va et au vue de ce que l'on peut voir, cela semble brûmeux. Indice de mauvais augure s'il en est. Sang sur la glace? Celui de son collègue qu'il tue sans le vouloir en plein brouillard alors qu'il poursuit le tueur d'une jeune fille. Ce plan reviendra d'ailleurs au cours d'un autre rêve de Pacino l'empêchant par ailleurs de dormir. Le soleil? Le principal ennemi du héros. Car contrairement à ce que pourrait présager le synopsis, le grand ennemi de Pacino n'est pas réellement Williams. Il s'agit de ce soleil de l'Alaska ne se couchant jamais avant le noir intégral de l'hiver. Pacino ne parvient pas à dormir et cela malgré de multiples tentatives de cacher la fenêtre. Une insomnie qui a forcément joué dans son tir, mais aussi ses actions suivantes. Si Memento montrait un homme essayant éperdumment de retrouver sa mémoire sans y arriver; Insomnia montre un homme dont les souvenirs de ses actes le hante et cette insomnie provoque en lui un épuisement le mettant sur les nerfs. D'où une réactivité à toute épreuve et le fameux coup de feu. Contrairement à ce que son collègue lui dit en train de mourir, il ne l'a pas tué volontairement. Il n'en reste pas moins qu'il maquille le meurtre et ça le tueur s'en servira ardemment.

Insomnia (photo 2)

L'enquête est finalement peu intéressante et se focalise surtout sur le comportement de son personnage principal face à un tueur bien plus malin que lui tout en restant compulsif. Lui aussi subi ses pulsions, celle de la jalousie l'ayant entraîné à tuer la jeune groupie qu'il aimait mais sans retour. Nolan est suffisamment malin pour montrer le tueur le plus tard possible, que ce soit son visage ou autre. Pourtant on le voit partir au loin et sa photo est sur un de ses bouquins appartenant à la groupie. De plus la piste du petit copain est évidente au premier abord puisqu'il était violent avec sa copine. Le duel n'en devient que plus vicieux chacun essayant de pièger l'autre avec à chaque fois un retournement. Pacino croit coincer Williams sur un lieu public comme le ferry mais Williams l'enregistre, le prenant à son jeu. Williams croit manipuler les inspecteurs lors d'un interrogatoire mais Pacino le prend de court. Pacino est parfait en flic insomniaque et dont la fatigue se remarque à chaque instant dans sa nervosité. Quant à Williams, il est parfait en tueur manipulateur et particulièrement calme. Un duel excellent et parfait.

Christopher Nolan signe un polar halletant où l'intérêt tient moins dans l'enquête que dans son duel d'acteurs fascinant.

21 août 2014

Entre Matrix et Tomb Raider

aeon flux

 

genre: science-fiction
Durée: 1h35
Année: 2005

l'histoire: Dans un XXVème siècle apocalyptique, une maladie a rayé la quasi-totalité de la population mondiale, à l'exception d'une ville fortifiée, Bregna, dirigée par une assemblée de scientifiques. Un groupe de rebelle vivant sous terre, les Monican, emmené par The Handler envoie leur meilleur élément, Aeon Flux pour assassiner l'un des plus hauts dirigeants du pouvoir en place.     

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Aeon Flux, réalisé par Karyn Kusama en 2005, est l'adaptation d'une série télévisée d'animation du même nom de Peter Chung. Le film se situe plus ou moins dans la même lignée qu'Ultraviolet avec Milla Jovovich, qui sortira néanmoins quelques mois plus tard. En résumé, vous aimez les films clippesques et sponsorisés par MTV ?
Alors, vous devriez adorer Aeon Flux ! Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas un blague: le film a bien été financé par MTV Films Production. Autant le dire tout de suite: Aeon Flux a tout du film "tête à claques", mais j'y reviendrai.

Au niveau de la distribution, le long-métrage réunit Charlize Theron, Marton Csokas, Johnny Lee Miller, Sophie Okonedo, Frances McDormand et Pete Postlethwaite. Pour l'anecdote, c'est Michelle Rodriguez qui devait interpréter le personnage d'Aeon Flux, mais pour des raisons peu passionnantes, c'est finalement Charliez Theron qui sera retenue. 
Autre anecdote: au moment de sa sortie, le film ne sera pas présenté à la presse. Autant dire que ce choix ne plaira pas vraiment aux critiques de cinéma qui se chargeront largement de démonter le film par la suite.

 

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En l'occurrence, c'est totalement mérité. Personnellement, j'hésite à qualifier cet étron flotteur de gros navet ou de nanar involontaire. Quant au scénario, il n'est qu'un prétexte à une série de séquences d'action sans queue ni tête. Attention, SPOILERS !
En 2011, un virus mortel a éliminé 99 % de la population de la Terre et, depuis, les survivants de l’espèce humaine habitent à Bregna, une cité-Etat murée et dirigée par un congrès de scientifiques. Æon Flux est un assassin, membre d'une organisation rebelle clandestine menée par The Handler : les 'Monicans'. Ceux-ci communiquent par télépathie en utilisant des pilules.

Après une mission pour détruire une station de surveillance, Æon revient chez elle et y retrouve le corps sans vie de sa sœur Una, tuée pour avoir été suspectée d'être une rebelle Monican. Quand Æon est envoyée pour tuer le chef du gouvernement, Trevor Goodchild, elle découvre qu'elle joue inconsciemment un rôle dans un coup d'Etat secret. 
Cette découverte l'amène à s'interroger sur l'origine et le destin de chacun dans Bregna, en particulier sur sa relation personnelle avec l'homme qu’elle est chargée d'assassiner. C'est alors qu'elle apprend qu'elle est un clone de Cathryn, la défunte épouse de Goodchild, mais aussi que celui-ci mène des expériences en secret afin de trouver un remède à la stérilité qui affecte la population depuis l'éradication du virus.

 

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Pour le reste, Aeon Flux est un pur produit de consommation comme Hollywood sait en produire à la pelle. Par là, comprenez que le film brille surtout par sa stupidité, des décors ringards, des tenues futuristes qui le sont encore plus et des effets spéciaux complètement "nazebroques".
Certes, au niveau du scénario, il est bien question de clonage, d'un complot mené par le gouvernement ou encore de la perte d'humanité. Hélas, toutes ces thématiques sont perdues dans une succession de séquences d'action au mieux insignifiantes. Aeon Flux tente de jouer sur les plates-bandes de Matrix. Hélas, la comparaison s'arrête bien là.

En l'occurrence, Aeon Flux s'apparente davantage à un jeu vidéo. Là aussi, le personnage principal évolue dans un monde souvent virtuel et doit affronter plusieurs épreuves et ennemis tous plus débiles les uns que les autres. En résumé, Aeon Flux ressemble surtout à une version futuriste de Tomb Raider. Difficile d'éprouver la moindre sympathie pour ce film d'une rare laideur.
Dans ce désastre cinématographique, même Charlize Theron ne parvient jamais à briller, sauf dans des galipettes impossibles et au mieux ridicules. On se demande comment des acteurs tels que Frances McDormand et Pete Postlethwaite (certes dans des rôles secondaires) ont pu se fourrer dans une telle galère. Allez hop, poubelle !

 


Aeon Flux Hero par YEHUDIS

Un jeu particulièrement dangereux

Enfermé durant des années dans un jeu de plateau dangereux, Alan Parrish revient dans le monde réel grâce à deux enfants ayant réactivé le jeu. Mais la partie n'est pas terminée...

Jumanji (affiche)

Au cours de la moitié des années 90, Robin Williams a accumulé les rôles, pas forcément les bons, ni les premiers rôles. C'est même assez sinistre qu'un acteur de sa trampe soit tombé assez rapidement dans l'oubli auprès des studios hollywoodiens, tout du moins que ces derniers lui ont fait cachetonné dans un grand nombre de films, histoire d'avoir une bonne ressource. On peut prendre le même exemple avec des acteurs comme Robert De Niro et Al Pacino qu'il a cotoyé (respectivement dans L'éveil et Insomnia), aujourd'hui réduit à des productions bas de gamme. Jumanji apparaît donc comme une des rares exceptions dans laquelle Williams est au centre d'une grosse production. Produit par la Columbia, le film est réalisé par Joe Johnston souvent considéré comme simple faiseur mais savant manier les effets-spéciaux comme le prouve ses premiers pas aux côtés de Steven Spielberg et George Lucas ou Chéri j'ai rétréci les gosses. L'air de rien, Jumanji est un gros défi pour ILM puisqu'un grand nombre d'animaux ont été réalisé en images de synthèse.

Jumanji (photo 1)

Néanmoins, il faut bien avouer que le film a pris un petit coup de vieux, la principale raison étant que la plupart des animaux en mode foule sonnent complètement faux. Certainement les années même si certaines séquences sont impressionnantes comme celle où ils sortent du jeu pour défoncer la baraque! Il y a aussi ce passage savoureux avec la plante carnivore ou celui où Williams se retrouve entre les deux planchés. Mais pour les rhinocéros et autres crocodiles on aura un peu de mal à ne pas fermer les yeux sur l'âge, même si on a vu bien pire. Par exemple, ces animaux font un peu tâche face aux dinosaures de Jurassic Park réalisés par les mêmes bonhommes deux ans plus tôt. Mais bon cela n'empêche pas Jumanji d'être un divertissement tout à fait convenable au regard de certaines grosses productions actuelles. Le concept du film est d'ailleurs assez attrayant. En 1969, les jeunes Alan et Sarah jouent au Jumanji, jeu de plateau découvert par le premier. Suite à un mauvais lancer, Alan est littéralement aspiré par le jeu et n'en ressort qu'en 1995 lorsque les jeunes Judy et Peter jouent au jeu eux-aussi. Mais pour que tout soit bon il faut retrouver Sarah. Commence alors une aventure riche en rebondissements.

Jumanji (photo 2)

Le Jumanji en lui-même est un jeu dangereux puisque fait déchaîner les animaux dangereux, vous chasse avec le colonial Pelt et peut vous punir si vous ne jouez pas le jeu (le pauvre Peter l'apprendra à ses dépends en devenant un petit singe). Williams est comme souvent parfait dans son rôle, enfant qui a dû devenir un homme seul loin de sa famille. Il est aussi responsable du désert ambulant qu'est devenu la ville, puisqu'elle était entièrement régie par l'usine familiale. Son père, avec lequel il s'était engueulé avant de partir, n'a pu se faire au deuil de son fils. Le personnage a en sorte un beau point de vue émotionnel. Le reste de la distribution s'en sort également bien que ce soit les adultes ou les enfants (Kirsten Dunst pas encore scream queen) Pour le reste, le film est évidemment un bon divertissement familial qui a le mérite de délivrer la marchandise. Johnston s'en sort suffisament bien pour faire vivre le jeu comme un jeu de piste sur toute la ville et non seulement dans la maison, rendant le tout encore plus attractif. Il faut voir la tête de l'agent de patrouille ancien ami de Williams quand il voit le lot d'animaux défiler ou se retrouver avec une bonne paire de singes sur la voiture! 

Un bon divertissement jouant à fond la carte de l'aventure.

20 août 2014

L'histoire d'un éternel insatisfait

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genre: comédie dramatique
Durée: 1h35
Année: 1979

l'histoire: Scénariste de télévision, Isaac Davis est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. Sa deuxième épouse, qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale, son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary, dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.   

La critique d'Alice In Oliver:

Autant le dire tout de suite: je ne suis pas un grand fan du cinéma de Woody Allen. Pourtant, je lui reconnais tout de même quelques grands films, notamment Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, Annie Hall, Stardusts Memories, Zelig, Hannah et ses soeurs ou encore September. Vient également s'ajouter Manhattan, sorti en 1979.
Au niveau de la distribution, cette comédie dramatique réunit Woody Allen lui-même (donc à la fois devant et derrière la caméra), Diane Keaton, Michael Murphy, Mariel Hemingway, Meryl Streep et Raymond Serra. Manhattan signe également la cinquième collaboration entre Woody Allen et Diane Keaton.

Indéniablement, Manhattan s'inspire des films de la Nouvelle Vague puisque le long-métrage a été tourné dans des décors naturels, que ce soit dans les scènes d'extérieur ou d'intérieur. Ensuite, Manhattan reste le seul film de Woody Allen à avoir été filmé en cinémascope.
La mise en scène est donc rapide et enchaîne les dialogues à une vitesse parfois fulgurante. Sur ce dernier point, Manhattan n'est pas sans rappeler (parfois) La Dame du Vendredi d'Howard Hawks. Le film de Woody Allen rencontrera un certain succès au moment de sa sortie. Il obtient notamment le César du cinéma (meilleur film étranger) en 1980.

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Par la suite, Manhattan inspirera de nombreux films du même genre, entre autres, Quand Harry rencontre Sally, de Rob Reiner, qui suit la même structure narrative. Pour le reste, pas vrament de surprise au niveau du scénario. On retrouve les thèmes de prédilection de Woody Allen: l'amitié, le jazz, les femmes, un côté dépressif et solitaire, la passion pour l'art et enfin cet amour inconditionnel pour la ville de New York. Toutefois, attention à ne pas réduire Manhattan à un film "intello".
Indéniablement, le film a pour but de cibler un grand public. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes de l'histoire.

Attention, SPOILERS ! Scénariste de télévision, Isaac Davis (Woody Allen) est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. 
Sa deuxième épouse (Meryl Streep), qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans (Mariel Hemingway) avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale (Michael Murphy), son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary (Diane Keaton), dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.

 

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En vérité, Manhattan est un long-métrage qui reflète parfaitement l'univers de Woody Allen. Le film nous présente un personnage masculin, donc Isaac Davis, qui est le parfait anti-héros. Ce n'est pas spécialement un homme trè courageux. Il est même plutôt lâche et préfère philosopher sur les difficultés de la vie plutôt que de les affronter. Pourtant, malgré tous ses défauts, Isaac Davis est un personnage particulièrement attachant. Il fait partie de ces nombreux individus anonymes isolés et esseulés quelque part dans Manhattan. En résumé, derrière cette histoire d'amour, Woody Allen nous brosse un portrait d'une société individualiste et repliée sur elle-même.

Pourtant, selon le réalisateur, Manhattan n'est pas non plus une cité sombre et sans aucun espoir. Pour le personnage qu'il incarne, c'est aussi un lieu de réflexion et d'introspection. Il suffit de regarder la mise en scène et les mouvements de caméra pour s'en rendre compte.
Woody Allen opacifie son propos en donnant un côté poétique et désenchanté à cette immense ville. Au niveau de la réalisation, Manhattan reste probablement le film le plus beau de son cinéaste. On en revient encore et toujours au personnage d'Isaac Davis. Derrière ses petites lunettes et sa vie de "Monsieur tout le monde", Isaac reste un personnage romantique, à la fois sincère, maladroit et cultivé. Bref, du très bon cinéma.

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Une nounou d'enfer

Un père venant divorcer trouve le moyen de voir plus ses enfants en prenant les traits d'une dame servant de nounou...

Madame Doubtfire (affiche

En 1993, Robin Williams est déjà plus ou moins au sommet, suite à un grand nombre de succès critique et public à l'image du Cercle des poètes disparus ou Good Morning Vietnam. Mais si Hook a très bien marché, il a été accueilli fraîchement par la critique. Il fallait donc un gros succès populaire pour le remettre d'applomb. Si Aladdin lui a permis cela sur ses seules qualités de doublage (rappelons qu'il était la voix du Génie en VO), ce sera Madame Doubtfire qui renfloura les caisses. Le film devient le deuxième plus gros succès de 1993 derrière Jurassic Park et en France il accumule un peu plus de 5 millions d'entrées. A la barre, Chris Colombus scénariste de Gremlins et Les Goonies et réalisateur de Maman j'ai raté l'avion et sa suite. Un pro de la comédie grand public voire familiale. Si Madame Doubtfire n'est pas le meilleur film de l'acteur, il se révèle néanmoins une bonne comédie et c'est toute sa réussite. Au vue du sujet, on pouvait tout de même prendre peur avec ce mélange de Tootsie et Kramer contre Kramer. D'un côté l'acteur au chômage trouvant un rôle en or en incarnant une femme, de l'autre deux parents faisant tout pour garder leur (s) enfant (s) dans le désastreux divorce. Ceci est assez évité par le fait que la comédie est bien plus présente que le drame, même si certains moments de tendresse arriveront.

Madame Doubtfire (photo 1

Dès les premières minutes, Williams renvoie une pique à sa propre expérience sur Aladdin, où Disney n'avait pas respecté son contrat sur la promotion du film. En effet, l'acteur se voit ici lui-même prendre la porte suite aux mauvaises ententes avec ses employeurs. Une séquence d'ailleurs assez amusante où l'acteur improvise comme souvent avec un ton savoureux. On voit ensuite un père de famille dévoué pour ses enfants mais dont le mariage semble tellement battre de l'aile que sa femme demande le divorce. Voilà pour les présentations! Un père trop bordélique, une mère dépassée par les excès de son mari et les trois enfants de voir leur père partir du domicile familiale. L'élément déclencheur arrive donc assez rapidement. Voulant faire une farce à son ex-femme, il enchaîne les appels téléphoniques avec de fausses nounous avant d'en trouver une bonne. Pris au piège de son propre cannular, le père devient alors Madame Doubtfire, nounou venant d'Angleterre et dont son cher Winston est mort depuis quelques mois ou années! Une transformation plutôt délirante où Barbra Streisand s'en prend plein la tronche si je puis dire. 

Madame Doubtfire (photo 2

C'est là que commence la partie la plus intéressante. Jouant un pur rôle, le père redevient l'acteur et retrouve un rôle phare: celui qu'il joue devant ses enfants. Il leur fait un tel show que seul la plus petite de ses enfants ne remarque pas qu'il s'agit de son père, pas même sa femme qui aurait pu le repérer suite à certaines allusions de Madame Doubtfire (par exemples sur la tenue vestimentaire ou sur le possible rencard avec monsieur 007). Pendant ce temps il essaye de trouver un nouvel emploi avec un patron de chaîne de télé pour enfants. Et si la roue tournait enfin pour cet acteur dit comme raté? Williams tient à bout de bras le film, le faisant monter à un haut niveau. Si Madame Doubtfire n'avait pas eu un acteur fort, il serait probablement tombé à plat. Mais grâce à Williams, cela devient un divertissement que l'on regardera encore longtemps durant les fêtes où il est (à juste titre) programmé en général. Sally Field s'en sort également plutôt bien en mère détestée mais qui avait aussi ses raisons. Son choix de divorcer n'est pas vain malgré qu'elle apparaît comme la méchante. Finalement les deux apprennent de leurs échecs. Le film a droit aussi à ses moments de bravoure à l'image de Williams se déhanchant sur Dude looks like a lady ou ce dîner tournant sans cesse au vinaigre.

Une comédie enjouée devant énormément à son acteur principal, transformisme émérite.

19 août 2014

Mariano Laurenti, le "Max Pécas" italien

lycéenne fait de l'oeil au proviseur

 

genre: comédie
Durée: 1h35
Année: 1980

l'histoire: Angela retourne au lycée et tombe sous le charme du beau mec du coin. Mais quand il refuse ses avances, elle prétend être amoureuse du principal.  

La critique d'Alice In Oliver:

Le nom de Mariano Laurenti ne doit pas vous évoquer grand-chose. Pourtant, le cinéaste italien est très connu dans son pays et s'est surtout spécialisé dans la comédie potache. On pourrait presque parler du "Max Pécas "italien". On lui doit de nombreuses comédies "nanardes" aux titres souvent évocateurs: La prof d'éducation sexuelle, L'infirmière de nuit ou encore L'infirmière du régiment.
Vient également s'ajouter La Lycéenne fait de l'oeil au proviseur, sorti en 1980. Pour l'anecdote totalement inutile, le long-métrage est aussi connu sous le nom de La Lycéenne fait de l'oeil à ses professeurs.

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, la comédie érotique est assez populaire en Italie. Contre toute attente, des films tels que La prof et les cancres ou encore La toubib aux grandes manoeuvres rencontrent un certain succès dans les salles obscures.
Les producteurs semblent avoir enfin trouvé la poule aux yeux d'or. Tous ces longs-métrages fonctionnent sur une formule très simple: une comédie légère (pour être gentil), une demoiselle peu farouche qui attire tous les regards du sexe masculin, des acteurs totalement inconnus au bataillon et surtout un film qui ne coûte pas très cher à réaliser.

 

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Bien sûr, puisqu'il faut contenter le public, on montre parfois un bon de téton par ci et un morceau de nichon par là. Evidemment, La lycéenne fait de l'oeil au proviseur n'échappe pas à la règle. Les amoureux de ce genre de crétinerie (mais est-ce qu'ils existent encore aujourd'hui ???) seront en terrain connu et quasiment conquis. Sur le fond, tous ces films jouent sur nos fantasmes érotiques. Les scénarios restent peu ou prou les mêmes. La seule différence réside tout simplement dans le costume : soit une infirmière, soit une professeur ou soit une lycéenne.
Vous ferez donc votre choix.

En l'occurrence, le scénario de La Lycéenne fait de l'oeil au proviseur tient sur deux petites lignes, en écrivant au marqueur sur un timbre-poste. Attention, SPOILERS ! Angela retourne au lycée et tombe sous le charme du beau mec du coin. Mais quand il refuse ses avances, elle prétend être amoureuse du principal. Sinon, c'est tout pour le scénario ?
Oui, c'est tout. En gros, comprenez que j'aimerais vous en dire davantage sur ce film, mais encore une fois, tout est dit ou presque. Premier constat: le doublage en français est souvent inaudible et les voix françaises sont à se pisser dessus !

 

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Par exemple, la voix française du proviseur de service fait penser à celle d'un adolescent de 13 ans. Bien sûr, dans ce désastre filmique, le réalisateur, Mariano Laurenti, tente d'accumuler les gags les plus insensés. Pourtant, rien n'y fait. Les effets comiques pourraient éventuellement nous faire sourire (je dis bien "sourire"... Faut pas exagérer non plus...) si la mise en scène était un tant soit peu correcte. En l'occurrence, cette comédie souffre de gros problèmes de montage.
C'est clairement mal réalisé. Inutile de le préciser mais les acteurs sont unanimement mauvais. Même au niveau érotique, le film a du mal à respecter son quota de nibards. On en verra bien un ou deux, mais pas plus. Bref, une comédie tellement nulle que j'hésite encore à la ranger parmi les nanars ou les gros navets.



Fin »