Cine Borat

22 août 2014

Insomnie en Alaska

Un inspecteur mouillé dans une affaire de corruption avec un collègue se retrouve embarqué sur une affaire de meurtre en Alaska. Par inadvertance, il tue son collègue devant le tueur qui ne tardera pas à le faire chanter...

Insomnia (affiche)

Suite au succès improbable de Memento, Christopher Nolan se retrouve mis sur les rènes du remake d'Insomnia, un film norvégien avec Stellan Skarsgaard, pour la Warner. Un pari risqué puisque Nolan n'a réalisé que deux films qui plus est à bas coût. On peut presque parler de yes man pour le coup puisqu'il s'agit de réaliser un remake qui plus est un premier film hollywoodien pour le réalisateur. Un premier contrat suffisament réussi pour que le studio lui refile les rênes de la saga Batman. Le casting est au rendez-vous: Al Pacino (qui trouve ici son dernier grand rôle, compte tenu de sa récente filmographie dont on préférera ne pas faire attention), Robin Williams, Hilary Swank, Maura Thierney et Martin Donovan. Le film s'ouvre sur un générique sublime et habile: un pur ensemble d'images subliminales dont certaines s'avèrent prémonitoires. On peut même dire que ce générique apparaît comme un rêve d'Al Pacino puisque c'est par lui que commence le film après le générique. De la glace maculée de sang en dessous, la vision de l'Alaska, le soleil éblouissant... Tant de choses qui réapparaîtront au cours du film.

Insomnia (photo 1)

L'Alaska? Lieu où il va et au vue de ce que l'on peut voir, cela semble brûmeux. Indice de mauvais augure s'il en est. Sang sur la glace? Celui de son collègue qu'il tue sans le vouloir en plein brouillard alors qu'il poursuit le tueur d'une jeune fille. Ce plan reviendra d'ailleurs au cours d'un autre rêve de Pacino l'empêchant par ailleurs de dormir. Le soleil? Le principal ennemi du héros. Car contrairement à ce que pourrait présager le synopsis, le grand ennemi de Pacino n'est pas réellement Williams. Il s'agit de ce soleil de l'Alaska ne se couchant jamais avant le noir intégral de l'hiver. Pacino ne parvient pas à dormir et cela malgré de multiples tentatives de cacher la fenêtre. Une insomnie qui a forcément joué dans son tir, mais aussi ses actions suivantes. Si Memento montrait un homme essayant éperdumment de retrouver sa mémoire sans y arriver; Insomnia montre un homme dont les souvenirs de ses actes le hante et cette insomnie provoque en lui un épuisement le mettant sur les nerfs. D'où une réactivité à toute épreuve et le fameux coup de feu. Contrairement à ce que son collègue lui dit en train de mourir, il ne l'a pas tué volontairement. Il n'en reste pas moins qu'il maquille le meurtre et ça le tueur s'en servira ardemment.

Insomnia (photo 2)

L'enquête est finalement peu intéressante et se focalise surtout sur le comportement de son personnage principal face à un tueur bien plus malin que lui tout en restant compulsif. Lui aussi subi ses pulsions, celle de la jalousie l'ayant entraîné à tuer la jeune groupie qu'il aimait mais sans retour. Nolan est suffisamment malin pour montrer le tueur le plus tard possible, que ce soit son visage ou autre. Pourtant on le voit partir au loin et sa photo est sur un de ses bouquins appartenant à la groupie. De plus la piste du petit copain est évidente au premier abord puisqu'il était violent avec sa copine. Le duel n'en devient que plus vicieux chacun essayant de pièger l'autre avec à chaque fois un retournement. Pacino croit coincer Williams sur un lieu public comme le ferry mais Williams l'enregistre, le prenant à son jeu. Williams croit manipuler les inspecteurs lors d'un interrogatoire mais Pacino le prend de court. Pacino est parfait en flic insomniaque et dont la fatigue se remarque à chaque instant dans sa nervosité. Quant à Williams, il est parfait en tueur manipulateur et particulièrement calme. Un duel excellent et parfait.

Christopher Nolan signe un polar halletant où l'intérêt tient moins dans l'enquête que dans son duel d'acteurs fascinant.


21 août 2014

Entre Matrix et Tomb Raider

aeon flux

 

genre: science-fiction
Durée: 1h35
Année: 2005

l'histoire: Dans un XXVème siècle apocalyptique, une maladie a rayé la quasi-totalité de la population mondiale, à l'exception d'une ville fortifiée, Bregna, dirigée par une assemblée de scientifiques. Un groupe de rebelle vivant sous terre, les Monican, emmené par The Handler envoie leur meilleur élément, Aeon Flux pour assassiner l'un des plus hauts dirigeants du pouvoir en place.     

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Aeon Flux, réalisé par Karyn Kusama en 2005, est l'adaptation d'une série télévisée d'animation du même nom de Peter Chung. Le film se situe plus ou moins dans la même lignée qu'Ultraviolet avec Milla Jovovich, qui sortira néanmoins quelques mois plus tard. En résumé, vous aimez les films clippesques et sponsorisés par MTV ?
Alors, vous devriez adorer Aeon Flux ! Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas un blague: le film a bien été financé par MTV Films Production. Autant le dire tout de suite: Aeon Flux a tout du film "tête à claques", mais j'y reviendrai.

Au niveau de la distribution, le long-métrage réunit Charlize Theron, Marton Csokas, Johnny Lee Miller, Sophie Okonedo, Frances McDormand et Pete Postlethwaite. Pour l'anecdote, c'est Michelle Rodriguez qui devait interpréter le personnage d'Aeon Flux, mais pour des raisons peu passionnantes, c'est finalement Charliez Theron qui sera retenue. 
Autre anecdote: au moment de sa sortie, le film ne sera pas présenté à la presse. Autant dire que ce choix ne plaira pas vraiment aux critiques de cinéma qui se chargeront largement de démonter le film par la suite.

 

aeon-flux2

 

 

En l'occurrence, c'est totalement mérité. Personnellement, j'hésite à qualifier cet étron flotteur de gros navet ou de nanar involontaire. Quant au scénario, il n'est qu'un prétexte à une série de séquences d'action sans queue ni tête. Attention, SPOILERS !
En 2011, un virus mortel a éliminé 99 % de la population de la Terre et, depuis, les survivants de l’espèce humaine habitent à Bregna, une cité-Etat murée et dirigée par un congrès de scientifiques. Æon Flux est un assassin, membre d'une organisation rebelle clandestine menée par The Handler : les 'Monicans'. Ceux-ci communiquent par télépathie en utilisant des pilules.

Après une mission pour détruire une station de surveillance, Æon revient chez elle et y retrouve le corps sans vie de sa sœur Una, tuée pour avoir été suspectée d'être une rebelle Monican. Quand Æon est envoyée pour tuer le chef du gouvernement, Trevor Goodchild, elle découvre qu'elle joue inconsciemment un rôle dans un coup d'Etat secret. 
Cette découverte l'amène à s'interroger sur l'origine et le destin de chacun dans Bregna, en particulier sur sa relation personnelle avec l'homme qu’elle est chargée d'assassiner. C'est alors qu'elle apprend qu'elle est un clone de Cathryn, la défunte épouse de Goodchild, mais aussi que celui-ci mène des expériences en secret afin de trouver un remède à la stérilité qui affecte la population depuis l'éradication du virus.

 

Aeon_Flux_G_05

 

Pour le reste, Aeon Flux est un pur produit de consommation comme Hollywood sait en produire à la pelle. Par là, comprenez que le film brille surtout par sa stupidité, des décors ringards, des tenues futuristes qui le sont encore plus et des effets spéciaux complètement "nazebroques".
Certes, au niveau du scénario, il est bien question de clonage, d'un complot mené par le gouvernement ou encore de la perte d'humanité. Hélas, toutes ces thématiques sont perdues dans une succession de séquences d'action au mieux insignifiantes. Aeon Flux tente de jouer sur les plates-bandes de Matrix. Hélas, la comparaison s'arrête bien là.

En l'occurrence, Aeon Flux s'apparente davantage à un jeu vidéo. Là aussi, le personnage principal évolue dans un monde souvent virtuel et doit affronter plusieurs épreuves et ennemis tous plus débiles les uns que les autres. En résumé, Aeon Flux ressemble surtout à une version futuriste de Tomb Raider. Difficile d'éprouver la moindre sympathie pour ce film d'une rare laideur.
Dans ce désastre cinématographique, même Charlize Theron ne parvient jamais à briller, sauf dans des galipettes impossibles et au mieux ridicules. On se demande comment des acteurs tels que Frances McDormand et Pete Postlethwaite (certes dans des rôles secondaires) ont pu se fourrer dans une telle galère. Allez hop, poubelle !

 


Aeon Flux Hero par YEHUDIS

Un jeu particulièrement dangereux

Enfermé durant des années dans un jeu de plateau dangereux, Alan Parrish revient dans le monde réel grâce à deux enfants ayant réactivé le jeu. Mais la partie n'est pas terminée...

Jumanji (affiche)

Au cours de la moitié des années 90, Robin Williams a accumulé les rôles, pas forcément les bons, ni les premiers rôles. C'est même assez sinistre qu'un acteur de sa trampe soit tombé assez rapidement dans l'oubli auprès des studios hollywoodiens, tout du moins que ces derniers lui ont fait cachetonné dans un grand nombre de films, histoire d'avoir une bonne ressource. On peut prendre le même exemple avec des acteurs comme Robert De Niro et Al Pacino qu'il a cotoyé (respectivement dans L'éveil et Insomnia), aujourd'hui réduit à des productions bas de gamme. Jumanji apparaît donc comme une des rares exceptions dans laquelle Williams est au centre d'une grosse production. Produit par la Columbia, le film est réalisé par Joe Johnston souvent considéré comme simple faiseur mais savant manier les effets-spéciaux comme le prouve ses premiers pas aux côtés de Steven Spielberg et George Lucas ou Chéri j'ai rétréci les gosses. L'air de rien, Jumanji est un gros défi pour ILM puisqu'un grand nombre d'animaux ont été réalisé en images de synthèse.

Jumanji (photo 1)

Néanmoins, il faut bien avouer que le film a pris un petit coup de vieux, la principale raison étant que la plupart des animaux en mode foule sonnent complètement faux. Certainement les années même si certaines séquences sont impressionnantes comme celle où ils sortent du jeu pour défoncer la baraque! Il y a aussi ce passage savoureux avec la plante carnivore ou celui où Williams se retrouve entre les deux planchés. Mais pour les rhinocéros et autres crocodiles on aura un peu de mal à ne pas fermer les yeux sur l'âge, même si on a vu bien pire. Par exemple, ces animaux font un peu tâche face aux dinosaures de Jurassic Park réalisés par les mêmes bonhommes deux ans plus tôt. Mais bon cela n'empêche pas Jumanji d'être un divertissement tout à fait convenable au regard de certaines grosses productions actuelles. Le concept du film est d'ailleurs assez attrayant. En 1969, les jeunes Alan et Sarah jouent au Jumanji, jeu de plateau découvert par le premier. Suite à un mauvais lancer, Alan est littéralement aspiré par le jeu et n'en ressort qu'en 1995 lorsque les jeunes Judy et Peter jouent au jeu eux-aussi. Mais pour que tout soit bon il faut retrouver Sarah. Commence alors une aventure riche en rebondissements.

Jumanji (photo 2)

Le Jumanji en lui-même est un jeu dangereux puisque fait déchaîner les animaux dangereux, vous chasse avec le colonial Pelt et peut vous punir si vous ne jouez pas le jeu (le pauvre Peter l'apprendra à ses dépends en devenant un petit singe). Williams est comme souvent parfait dans son rôle, enfant qui a dû devenir un homme seul loin de sa famille. Il est aussi responsable du désert ambulant qu'est devenu la ville, puisqu'elle était entièrement régie par l'usine familiale. Son père, avec lequel il s'était engueulé avant de partir, n'a pu se faire au deuil de son fils. Le personnage a en sorte un beau point de vue émotionnel. Le reste de la distribution s'en sort également bien que ce soit les adultes ou les enfants (Kirsten Dunst pas encore scream queen) Pour le reste, le film est évidemment un bon divertissement familial qui a le mérite de délivrer la marchandise. Johnston s'en sort suffisament bien pour faire vivre le jeu comme un jeu de piste sur toute la ville et non seulement dans la maison, rendant le tout encore plus attractif. Il faut voir la tête de l'agent de patrouille ancien ami de Williams quand il voit le lot d'animaux défiler ou se retrouver avec une bonne paire de singes sur la voiture! 

Un bon divertissement jouant à fond la carte de l'aventure.

20 août 2014

L'histoire d'un éternel insatisfait

Manhattan-poster01

 

genre: comédie dramatique
Durée: 1h35
Année: 1979

l'histoire: Scénariste de télévision, Isaac Davis est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. Sa deuxième épouse, qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale, son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary, dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.   

La critique d'Alice In Oliver:

Autant le dire tout de suite: je ne suis pas un grand fan du cinéma de Woody Allen. Pourtant, je lui reconnais tout de même quelques grands films, notamment Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, Annie Hall, Stardusts Memories, Zelig, Hannah et ses soeurs ou encore September. Vient également s'ajouter Manhattan, sorti en 1979.
Au niveau de la distribution, cette comédie dramatique réunit Woody Allen lui-même (donc à la fois devant et derrière la caméra), Diane Keaton, Michael Murphy, Mariel Hemingway, Meryl Streep et Raymond Serra. Manhattan signe également la cinquième collaboration entre Woody Allen et Diane Keaton.

Indéniablement, Manhattan s'inspire des films de la Nouvelle Vague puisque le long-métrage a été tourné dans des décors naturels, que ce soit dans les scènes d'extérieur ou d'intérieur. Ensuite, Manhattan reste le seul film de Woody Allen à avoir été filmé en cinémascope.
La mise en scène est donc rapide et enchaîne les dialogues à une vitesse parfois fulgurante. Sur ce dernier point, Manhattan n'est pas sans rappeler (parfois) La Dame du Vendredi d'Howard Hawks. Le film de Woody Allen rencontrera un certain succès au moment de sa sortie. Il obtient notamment le César du cinéma (meilleur film étranger) en 1980.

manhattan

Par la suite, Manhattan inspirera de nombreux films du même genre, entre autres, Quand Harry rencontre Sally, de Rob Reiner, qui suit la même structure narrative. Pour le reste, pas vrament de surprise au niveau du scénario. On retrouve les thèmes de prédilection de Woody Allen: l'amitié, le jazz, les femmes, un côté dépressif et solitaire, la passion pour l'art et enfin cet amour inconditionnel pour la ville de New York. Toutefois, attention à ne pas réduire Manhattan à un film "intello".
Indéniablement, le film a pour but de cibler un grand public. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes de l'histoire.

Attention, SPOILERS ! Scénariste de télévision, Isaac Davis (Woody Allen) est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. 
Sa deuxième épouse (Meryl Streep), qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans (Mariel Hemingway) avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale (Michael Murphy), son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary (Diane Keaton), dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.

 

Manhattan14

 

En vérité, Manhattan est un long-métrage qui reflète parfaitement l'univers de Woody Allen. Le film nous présente un personnage masculin, donc Isaac Davis, qui est le parfait anti-héros. Ce n'est pas spécialement un homme trè courageux. Il est même plutôt lâche et préfère philosopher sur les difficultés de la vie plutôt que de les affronter. Pourtant, malgré tous ses défauts, Isaac Davis est un personnage particulièrement attachant. Il fait partie de ces nombreux individus anonymes isolés et esseulés quelque part dans Manhattan. En résumé, derrière cette histoire d'amour, Woody Allen nous brosse un portrait d'une société individualiste et repliée sur elle-même.

Pourtant, selon le réalisateur, Manhattan n'est pas non plus une cité sombre et sans aucun espoir. Pour le personnage qu'il incarne, c'est aussi un lieu de réflexion et d'introspection. Il suffit de regarder la mise en scène et les mouvements de caméra pour s'en rendre compte.
Woody Allen opacifie son propos en donnant un côté poétique et désenchanté à cette immense ville. Au niveau de la réalisation, Manhattan reste probablement le film le plus beau de son cinéaste. On en revient encore et toujours au personnage d'Isaac Davis. Derrière ses petites lunettes et sa vie de "Monsieur tout le monde", Isaac reste un personnage romantique, à la fois sincère, maladroit et cultivé. Bref, du très bon cinéma.

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Une nounou d'enfer

Un père venant divorcer trouve le moyen de voir plus ses enfants en prenant les traits d'une dame servant de nounou...

Madame Doubtfire (affiche

En 1993, Robin Williams est déjà plus ou moins au sommet, suite à un grand nombre de succès critique et public à l'image du Cercle des poètes disparus ou Good Morning Vietnam. Mais si Hook a très bien marché, il a été accueilli fraîchement par la critique. Il fallait donc un gros succès populaire pour le remettre d'applomb. Si Aladdin lui a permis cela sur ses seules qualités de doublage (rappelons qu'il était la voix du Génie en VO), ce sera Madame Doubtfire qui renfloura les caisses. Le film devient le deuxième plus gros succès de 1993 derrière Jurassic Park et en France il accumule un peu plus de 5 millions d'entrées. A la barre, Chris Colombus scénariste de Gremlins et Les Goonies et réalisateur de Maman j'ai raté l'avion et sa suite. Un pro de la comédie grand public voire familiale. Si Madame Doubtfire n'est pas le meilleur film de l'acteur, il se révèle néanmoins une bonne comédie et c'est toute sa réussite. Au vue du sujet, on pouvait tout de même prendre peur avec ce mélange de Tootsie et Kramer contre Kramer. D'un côté l'acteur au chômage trouvant un rôle en or en incarnant une femme, de l'autre deux parents faisant tout pour garder leur (s) enfant (s) dans le désastreux divorce. Ceci est assez évité par le fait que la comédie est bien plus présente que le drame, même si certains moments de tendresse arriveront.

Madame Doubtfire (photo 1

Dès les premières minutes, Williams renvoie une pique à sa propre expérience sur Aladdin, où Disney n'avait pas respecté son contrat sur la promotion du film. En effet, l'acteur se voit ici lui-même prendre la porte suite aux mauvaises ententes avec ses employeurs. Une séquence d'ailleurs assez amusante où l'acteur improvise comme souvent avec un ton savoureux. On voit ensuite un père de famille dévoué pour ses enfants mais dont le mariage semble tellement battre de l'aile que sa femme demande le divorce. Voilà pour les présentations! Un père trop bordélique, une mère dépassée par les excès de son mari et les trois enfants de voir leur père partir du domicile familiale. L'élément déclencheur arrive donc assez rapidement. Voulant faire une farce à son ex-femme, il enchaîne les appels téléphoniques avec de fausses nounous avant d'en trouver une bonne. Pris au piège de son propre cannular, le père devient alors Madame Doubtfire, nounou venant d'Angleterre et dont son cher Winston est mort depuis quelques mois ou années! Une transformation plutôt délirante où Barbra Streisand s'en prend plein la tronche si je puis dire. 

Madame Doubtfire (photo 2

C'est là que commence la partie la plus intéressante. Jouant un pur rôle, le père redevient l'acteur et retrouve un rôle phare: celui qu'il joue devant ses enfants. Il leur fait un tel show que seul la plus petite de ses enfants ne remarque pas qu'il s'agit de son père, pas même sa femme qui aurait pu le repérer suite à certaines allusions de Madame Doubtfire (par exemples sur la tenue vestimentaire ou sur le possible rencard avec monsieur 007). Pendant ce temps il essaye de trouver un nouvel emploi avec un patron de chaîne de télé pour enfants. Et si la roue tournait enfin pour cet acteur dit comme raté? Williams tient à bout de bras le film, le faisant monter à un haut niveau. Si Madame Doubtfire n'avait pas eu un acteur fort, il serait probablement tombé à plat. Mais grâce à Williams, cela devient un divertissement que l'on regardera encore longtemps durant les fêtes où il est (à juste titre) programmé en général. Sally Field s'en sort également plutôt bien en mère détestée mais qui avait aussi ses raisons. Son choix de divorcer n'est pas vain malgré qu'elle apparaît comme la méchante. Finalement les deux apprennent de leurs échecs. Le film a droit aussi à ses moments de bravoure à l'image de Williams se déhanchant sur Dude looks like a lady ou ce dîner tournant sans cesse au vinaigre.

Une comédie enjouée devant énormément à son acteur principal, transformisme émérite.



19 août 2014

Mariano Laurenti, le "Max Pécas" italien

lycéenne fait de l'oeil au proviseur

 

genre: comédie
Durée: 1h35
Année: 1980

l'histoire: Angela retourne au lycée et tombe sous le charme du beau mec du coin. Mais quand il refuse ses avances, elle prétend être amoureuse du principal.  

La critique d'Alice In Oliver:

Le nom de Mariano Laurenti ne doit pas vous évoquer grand-chose. Pourtant, le cinéaste italien est très connu dans son pays et s'est surtout spécialisé dans la comédie potache. On pourrait presque parler du "Max Pécas "italien". On lui doit de nombreuses comédies "nanardes" aux titres souvent évocateurs: La prof d'éducation sexuelle, L'infirmière de nuit ou encore L'infirmière du régiment.
Vient également s'ajouter La Lycéenne fait de l'oeil au proviseur, sorti en 1980. Pour l'anecdote totalement inutile, le long-métrage est aussi connu sous le nom de La Lycéenne fait de l'oeil à ses professeurs.

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, la comédie érotique est assez populaire en Italie. Contre toute attente, des films tels que La prof et les cancres ou encore La toubib aux grandes manoeuvres rencontrent un certain succès dans les salles obscures.
Les producteurs semblent avoir enfin trouvé la poule aux yeux d'or. Tous ces longs-métrages fonctionnent sur une formule très simple: une comédie légère (pour être gentil), une demoiselle peu farouche qui attire tous les regards du sexe masculin, des acteurs totalement inconnus au bataillon et surtout un film qui ne coûte pas très cher à réaliser.

 

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Bien sûr, puisqu'il faut contenter le public, on montre parfois un bon de téton par ci et un morceau de nichon par là. Evidemment, La lycéenne fait de l'oeil au proviseur n'échappe pas à la règle. Les amoureux de ce genre de crétinerie (mais est-ce qu'ils existent encore aujourd'hui ???) seront en terrain connu et quasiment conquis. Sur le fond, tous ces films jouent sur nos fantasmes érotiques. Les scénarios restent peu ou prou les mêmes. La seule différence réside tout simplement dans le costume : soit une infirmière, soit une professeur ou soit une lycéenne.
Vous ferez donc votre choix.

En l'occurrence, le scénario de La Lycéenne fait de l'oeil au proviseur tient sur deux petites lignes, en écrivant au marqueur sur un timbre-poste. Attention, SPOILERS ! Angela retourne au lycée et tombe sous le charme du beau mec du coin. Mais quand il refuse ses avances, elle prétend être amoureuse du principal. Sinon, c'est tout pour le scénario ?
Oui, c'est tout. En gros, comprenez que j'aimerais vous en dire davantage sur ce film, mais encore une fois, tout est dit ou presque. Premier constat: le doublage en français est souvent inaudible et les voix françaises sont à se pisser dessus !

 

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Par exemple, la voix française du proviseur de service fait penser à celle d'un adolescent de 13 ans. Bien sûr, dans ce désastre filmique, le réalisateur, Mariano Laurenti, tente d'accumuler les gags les plus insensés. Pourtant, rien n'y fait. Les effets comiques pourraient éventuellement nous faire sourire (je dis bien "sourire"... Faut pas exagérer non plus...) si la mise en scène était un tant soit peu correcte. En l'occurrence, cette comédie souffre de gros problèmes de montage.
C'est clairement mal réalisé. Inutile de le préciser mais les acteurs sont unanimement mauvais. Même au niveau érotique, le film a du mal à respecter son quota de nibards. On en verra bien un ou deux, mais pas plus. Bref, une comédie tellement nulle que j'hésite encore à la ranger parmi les nanars ou les gros navets.

18 août 2014

"Un enfant, c'est le début du bonheur. Un prénom, c'est le début des emmerdes"

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genre: comédie
Durée: 1h50
Année: 2011

l'histoire: Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.    

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Le Prénom, réalisé par Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte en 2011, est l'adaptation d'une pièce de théâtre éponyme des mêmes auteurs. Contre toute attente, le film remportera un certain succès au moment de sa sortie, totalisant presque 3.5 millions d'entrées.
Mieux encore, Le Prénom rencontrera également un succès critique en remportant deux Césars: le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Guillaume de Tonquédec et le César de la meilleure actrice pour Valérie Benguigui. En dehors de ces deux acteurs, cette comédie réunit aussi Patrick Bruel, Charles Berling, Judith El Zein et Françoise Fabian.

Il faut bien le reconnaître: cela fait un petit moment que le cinéma français ne nous a pas livré une grande comédie. Certes, le triomphe de Bienvenue chez les Ch'tis et d'Intouchables a permis de faire revenir le public dans les salles. Hélas, le succès public ne rime pas forcément avec la qualité.
Bien sûr, Bienvenue chez les Ch'tis et Intouchables restent des comédies tout à fait recommandables, mais sans être exceptionnelles pour autant. Alors comment expliquer leur immense succès (en France) ? Tout simplement parce qu'elles reposent sur un concept qui fonctionne assez bien sur la durée. Tout comme Intouchables et Bienvenue Chez les Ch'tis, Le Prénom fonctionne lui aussi sur un concept.

 

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Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. 
En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos. Autant le dire tout de suite: Le Prénom propose un concept qui fonctionne plutôt bien sur la durée.

Sans être pour autant une grande comédie, Le Prénom reste un film français tout à fait recommandable qui repose avant tout sur ses dialogues (parfaitement écrits), ses réparties et ses acteurs (tous irréprochables). Les deux réalisateurs, Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, choisissent de raconter l'histoire par une voix-off, à savoir celle de Vincent (Patrick Bruel).
A partir de là, le film fonctionne presque comme un huis clos et se déroule exclusivement dans une cuisine ou plutôt un appartement. Le long-métrage choisit d'adoper le point de vue de Vincent sur un dîner qui va prendre une tournure inattendue.

 

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Comme l'indique le synopsis, le concept du film repose sur le choix d'un prénom, qui n'est autre que celui du Führer (donc Adolf, au cas où vous n'auriez pas compris). Evidemment, ce choix déclenche les foudres de l'auditoire. A partir de là, chaque protagoniste est amené à révéler ses petits secrets et surtout ses failles personnelles. Dans ce genre de comédie, le risque, c'est que le film perde son rythme de croisière. En l'occurrence, Le Prénom enchaîne les révélations et les rebondissements, le tout sur des conversations musclées et parfois des fous rires incontrôlés.
Bien que poussive (en tout cas parfois), cette comédie fonctionne (encore une fois) plutôt bien sur la durée et repose sur des personages attachants. Hélas, il faut bien l'admettre: on a bien du mal à croire à la supercherie de Vincent. Enfin, la conclusion finale est un tantinet décevante. Après des réglements de compte pourtant foudroyants, le film nous propose une fin rose-bonbon. En gros, tout est bien qui finit bien... Mouaif, pas de doute, nous sommes bien devant une comédie française des années 2010.
Pourtant, malgré ses petits défauts, Le Prénom reste une comédie sympathique qui touche parfois sa cible.

 


Le Prénom film complet vf par streamingenfolie

Goooooooooooooooooood Morning Vieeeeeeeeeeeetnam!

En 1965, Adrian Cronauer est engagé à Saïgon pour une mission particulière: reprendre la radio de l'armée US lors de la Guerre du Vietnam afin de resaisir les troupes. Sauf que très rapidement Cronauer fait polémique dans sa hiérarchie...

Good Morning, Vietnam : Affiche

Si les années 70 ont emboîté le pas, ce sont bien les années 80 qui aborderont la Guerre du Vietnam dans les grandes largeurs. Que ce soit avec des cinéastes comme Oliver Stone (Platoon, Né un 4 juillet), Stanley Kubrick (Full Metal Jacket), Brian de Palma (Outrages) ou Barry Levinson. Encore peu connu (Le secret de la pyramide a été un malheureux bide), le futur réalisateur de Rain man signait en 1987 Good Morning Vietnam. Le conflit n'est pas le point culminant, on peut même parler de façade. La guerre du Vietnam sert avant tout à dévoiler l'armée ricaine et particulièrement ses pontes dans la bureaucratie. Ceux qui donnent les ordres pendant que les gosses s'entretuent. Le film revient sur l'expérience d'Adrian Cronauer, DJ sur la radio de l'armée ricaine durant le conflit. Ce dernier avait déjà démarché la télévision pour faire une éventuelle sitcom surtout que MASH marchait bien selon un modèle aussi satirique. Les chaînes finiront par laisser tomber mais cela attire l'attention de Robin Williams. Le film sera un immense succès (les Nuls s'en amuseront avec le génial Good Morning Vatican) permettant à Williams d'obtenir le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie. 

Good Morning Vietnam (photo)

Néanmoins réduire ce film a une comédie serait très mal-venu. Le film a beau être produit par Touchstone, filiale légèrement plus adulte que Disney (et dont ce sera un des premiers succès racassant) il n'en reste pas moins que le film se veut assez critique vis à vis du pouvoir de l'armée. Ainsi, Williams se retrouve propulsé en plein dans la guerre du Vietnam pour animer différentes plages horaires et doit faire face à quatre casse-pieds: le gérant de la radio, homme sévère et mâchoire serre, le jeune bleu qui croit être le roi de l'humour et les deux censeurs (les frères Stanton que les fans de Terminator 2 reconnaîtront rapidement). Il est donc intrinséquement pris par la censure de ses supérieurs. Le premier lui repproche son effronterie, le second son manque d'humour (soit l'hôpital qui se fout de la charité, surtout au vue de sa séquence où il fait des vannes à la radio tellement gênante que cela en devient hilarant!) et les derniers le fait de vouloir délivrer de vraies informations. Sauf que les vraies informations sont beaucoup trop sombres pour les soldats, il faut les raisonner pas leur donner un coup de poignoir. Donc la propagande prédomine devant la censure. 

Good Morning, Vietnam : Photo Barry Levinson, Robin Williams

D'ailleurs, l'affiche du film est assez représentative puisque Robin Williams vise le public à la manière de l'Oncle Sam dans les campagnes de recrutement pour l'armée, le tout avec la bannière étoilée en arrière-plan. On est parfaitement dans cette ambiance. Un attentat tue des soldats ricains? Pas grave, il ne faut pas affoler les soldats avec le malheur des autres. Cronauer apparaît comme la voix de la rebellion celui qui veut tout déballer et s'attire les foudres de ses supérieurs au point qu'ils l'envoient dans un territoire interdit. Williams apparaît comme un humaniste qui n'a strictement rien contre les vietnamiens auxquels il s'identifie davantage. Pour ce qui est de la radio, Williams se fait réellement plaisir alignant les vannes imparables. D'ailleurs, le bonus dévoilant ses improvisations coupées sont juste à en pleurer tant elles sont jubilatoires. Le meilleur passage est probablement ce montage à se pisser de l'interview de Nixon. Cela continue l'irrvérence expliquée plus haut, provocation envers ses supérieurs voulant lui supprimer sa pause-repas pour une vulgaire élocution du vice-président. ll y a aussi cette énorme réplique qu'il assène à son supérieur comme une lettre d'adieu: "Appelle SOS Turlute t'es un cas de légende!" Le genre de répliques qui font qu'on se souviendra encore longtemps de Robin Williams.

Good Morning, Vietnam : Photo Barry Levinson, Robin Williams

Un superbe pamphlet de plus sur l'armée US, mais cette fois-ci de manière un peu plus satirique.

17 août 2014

Un train démoniaque, des fantômes, des morts vivants, des nichons, de la disco et même du hard rock !

train express pour l'enfer

 

genre: horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Durée: 1h40
Année: 1985

l'histoire: Anthologie de trois histoires indépendantes ayant pour point commun le fait qu'elles débutent dans un train...  

La critique d'Alice In Oliver:

Sur ce blog, nous avons chroniqué de nombreux nanars et souvent des films totalement improbables, dont la bêtise repousse toutes les limites de la crétinerie. Indéniablement, Train Express pour l'Enfer, réalisé par Jay Schlossberg-Cohen en 1985, appartient à cette catégorie.
Que les choses soient claires: nous sommes en présence d'une véritable rareté, assez difficile à trouver un dvd. Mais je vous rassure: le film est disponible en entier et en français sur YouTube. Train Express pour l'Enfer jouit également d'une solide réputation auprès des fans du cinéma bis et des "nanardeurs". La raison ? Le long-métrage joue sur plusieurs registres.

Evidemment, Train Express pour l'Enfer est un film d'épouvante et d'horreur, mais pas seulement. A ce sujet, l'introduction du film, complètement "nazebroque", a le mérite de présenter les hostilités. Imaginez deux secondes: nous sommes à bord d'un train en route pour l'enfer, donc un appareil à priori démoniaque. Pourtant, nous assistons impuissants à l'arrivée de quelques gusses en tenue moules bites roses qui viennent chanter et danser sur un morceau mélangeant le hard rock et la disco des années 80 ! Ambiance ! Bienvenue dans Train Express pour l'Enfer ! 
Autant le dire tout de suite: cette chanson déroutante (et le mot est faible...) reviendra plusieurs fois dans le film... et ce, pour notre plus grand bonheur !

 

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Train Express pour l'Enfer n'est donc pas qu'un simple film d'horreur, c'est aussi un film musical, vaguement érotique sur les bords. En gros, le réalisateur renifle à tous les rateliers et nous propose quelques séquences nichons avec son lot de bonnes femmes à poil.
Et le scénario dans tout ça ? En l'occurrence, l'histoire est de facture classique. Attention, SPOILERS ! Dieu et Satan sont dans un train direction l’Enfer. Ils racontent trois histoires différentes afin de voir si les personnes impliquées méritent le Ciel ou l’Enfer. Le premier récit raconte l’histoire d’Harry Billings qui attire ses victimes à l’hôpital où elles sont abattues pour que leurs organes soient vendues à des fins de transplantations.

Le second récit raconte l’histoire d’un jeune couple qui se joint à une secte dont les membres doivent sacrifier leur vie. Le dernier récit raconte l’histoire de James Hansen, l’écrivain qui déclare dans son dernier livre que Dieu est mort et qui finalement, rencontre le diable face à face.
Au niveau de la distribution, pas grand chose à signaler. Tous les acteurs sont de joyeux inconnus et pourvu qu'ils le restent ! Seuls John Phillip Law et Cameron Mitchell font exception. Toutefois, nos deux compères sont ici en terrain connu. Rappelons que ces deux-là ont surtout sévi dans des nanars et des films de seconde zone.

 

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En vérité, les trois histoires qui composent le film sont trois courts-métrages qui tentent laborieusement d'effectuer un parallèle avec le concept de base. En l'occurrence, la première section est tout simplement incompréhensible et part dans tous les sens: un accident de voiture, un hôpital psychiatrique et des expériences médicales. Tout un programme !
A la rigueur, bien que stupide, la seconde histoire est probablement le court-métrage qui s'en sort le mieux et nous propose une vague histoire d'expérience sensorielle sur la mort. Toutefois, Train Express pour l'Enfer reste fidèle à son univers: c'est délicieusement ringard, kitsch et surtout terriblement mal interprété !

Enfin, dans la troisième et dernière section, un détective rencontre un survivant d'un camp de concentration nazi. Seul souci, en l'espace de quarante ans, ce dernier n'a absolument pas changé physiquement et attire toutes les "gonzesses" dans son lit.
Inutile de le préciser, mais ce dernier court-métrage est une vraie calamité. Ce troisième segment part lui aussi dans tous les sens et a carrément l'audace (voire même le toupet) de se terminer sur l'arrivée d'une petite poignée de morts vivants. En gros, Train Express pour l'Enfer est un véritable bordel sans nom: on passe à la fois par le film d'horreur, les fantômes, les monstres en carton, les nichons, les bonnes femmes à poil et même des zombies ! 
Dans ce désastre filmique, le film a souvent recours à la bonne vieille technique de la stop-motion pour les effets spéciaux. Hélas, les concepteurs ont visiblement consommé des substances illicites: il faudra donc se contenter de créatures confectionnées en pâte à modeler qui tentent laborieusement de nous faire peur ! Mais peu importe, encore une fois, Train Express pour l'Enfer ne recule devant aucune excentricité. Un nanar haut de gamme donc et vivement recommandé ! 
Attention à la lobotomie générale tout de même !

 

Cuvée fort fort lointaine

Bonjour à tous chers lecteurs, c'est reparti pour une cuvée spéciale "Retour vers l'été passé" (il faut bien inventé une connerie pour vous faire suivre niark niark -NDB) et aujourd'hui deux années à nouveau. Autant dire qu'il va y avoir de quoi causer! En avant la machine Doc ça va déménager!

Retour vers le futur : Photo Christopher Lloyd, Michael J. Fox, Robert Zemeckis

"Allez Marty il faut qu'on se grouille pour aider Borat le 23 juin 2004!"

Commençons directement à la fin juin 2004. A cette époque, je regardais énormément de productions Besson et Yamakasi en faisait partie. Alors ayant aimé la production de Tonton Besson , j'avais été voir Les fils du vent second film avec les amateurs de Parkour. Résultat: je m'étais ait avoir comme un bleu avec cette histoire se déroulant à Bangkok avec deux bandes rivales une plus pacifique que l'autre avec quête spirituelle à deux balles pour compenser le vide du scénario. Ah et nos larrons ne savent toujours pas jouer. Heureusement j'avais compenser juste après avec Shrek 2 qui m'avait désopiler. J'avais même été le voir une seconde fois avec le centre-aéré (hé oui le Borat a subi aussi cela). Comparé au premier, j'ai tout de suite aimé cette suite que ce soit par son lot de clins d'oeil aussi grotesques qu'hilarants ou son irrévérence quand Disney se vautrait quelques semaines plus tard à jouer au cowboy (on y reviendra). Il y avait un côté délirant de par son lot de personnages à la ramasse ou totalement fun avec une bonne fée qui n'a rien de gentil, un beau-père coincé, un Chat Potté qui fait les gros yeux et un Ane encore plus con que dans le premier. C'est aussi dans ce volet qu'on a le meilleur moment de la saga à savoir le "on est presque arrivé?".

Shrek 2 : photo

"Ah heu excuse-moi Borat de gâcher ta chronique... "

Le cas typique du gosse à l'arrière du véhicule qui vous scande cela systèmatiquement. "On est presque arrivé? -Oui! -C'est vrai? -Nooooon!". Même le dîner est un grand moment de rigolade avec les deux grincheux se battant pour montrer qui est le plus fort: "Shrek! -Fiona! -Harold! -Lillian! -L'âne!". Puis j'avais été voir Amour et amnésie, une des rares fois où j'ai été voir un film avec Adam Sandler au cinéma (trois en fait avec ce film). Amour et amnésie est une banale comédie-romantique comme on en voit tant, mais son contexte est propice à tout puisque Drew Barrymore est victime d'amnésie chronique, oubliant tout de jour en jour et évidemment il a fallu que Sandler en tombe amoureux. Sur ce film, je le trouve encore correct tout du moins pas aussi pitoyable que certains de ses autres films. Une semaine plus tard j'allais voir le pas meilleur Un duplex pour trois de Danny De Vito. Si j'avais bien aimé à l'époque, je l'ai revu il y a quelques temps et je me suis ennuyé. C'est terriblement déjà vu, Ben Stiller cachetonne encore dans un film qui ne le correspond pas artistiquement. Dommage. Par contre, j'avais été direct voir Spider-man 2 le jour de la fête nationale (ce dont je me foutais éperdumment car la star du jour c'était l'araignée!).

Amour et amnésie : Photo

"Allez Drew chante une chanson pour Borat avant que tu ne t'en souvienne pas!"

Un des films les plus attendus de l'année 2004, surtout que j'adorais le premier (un peu moins depuis mais c'est toujours un de mes adaptations de comics favorites) et que là on allait voir le Dr Octopus comme la possible vengeance d'Harry Osborn. Si la vision d'Octopus ne me convainc toujours pas trop, il faut bien dire que Sam Raimi lui permet de devenir un méchant romantique là où le Bouffon vert était un fou furieux. Et puis surtout c'était l'occasion de se fendre la poire avec le toujours amusant Jonah Jameson (JK Simmons parfait) et de voir la première séquence horrifique digne de ce nom de Raimi depuis au moins Darkman (n'ayons pas peur des titres)! Un comble pour une production très grand public (n'ayons pas peur des mots) qui nous sort une séquence de boucherie pure même si le montage évite de montrer du gore. C'est justement tout l'intérêt de Raimi qui prouve avec la scène d'opération qu'il est capable de tout avec l'univers de Spidey comme il a fait des fluides de Peter Parker des éléments naturels, symbole de la découverte du corps à l'adolescente renforcée par la musculature surprise. Et puis James Franco réussissait habilement à passer devant Tobey Maguire par moments. Un second volet qui se terminait sur une fin ouverte qui annonçait le meilleur. Finalement on se sera bien fait avoirr.

Spider-Man 2 : Photo J.K. Simmons, Sam Raimi

"Un mec qui se balade en slip jaune dans la rue et qui se fait appeler Borat, ça c'est du grand art! Pas comme cette foutue araignée qui dégomme des méchants. -Trop d'honneur Jonah."

De retour de vacances en Italie (l'occasion de bien manger, profiter du soleil, m'acheter des figurines collectors de Matrix dont Keanu Reeves en lévitation mitraillette en main, de découvrir le manga), j'avais directement été voir I,robot. A cette époque, je ne connaissais pas Alex Proyas et encore moins ses nombreuses emmerdes (parlons franchement) sur la plupart de ses films et je pensais que Will Smith était un grand acteur (allez faites vous plaisir rigolez un bon coup!)! J'avais énormément aimé le film à sa sortie de par son intrigue et ses effets-spéciaux vraiment extra notamment sur les robots. En revanche, les défauts m'ont vite sauté aux yeux au fil des visions. Notamment ces foutues  placements de produits ou l'attitude de Will Smith durant la production qui me font penser que le film aurait pu être bien meilleur sans avoir l'autre casse-pied dans les pattes ou un studio qui vire son réalisateur de la salle de montage. Sinistre. Mais après, j'ai eu la connerie d'aller voir La ferme se rebelle. Mais quelle connerie! Et pourtant je n'avais pas très envie de le voir, n'étant pas convaincu par le visuel. Franchement il y avait de quoi se demander où était le style Disney dans ce machin.

"C'est pas bien de violer la loi, andouille!"

Je crois que c'est une des premières fois chez Disney où je me suis dit "mais c'est quoi cette merde?!" et pourtant j'avais été très mitigé sur les dernières productions comme La Planète au trésor ou Hercule que j'avais vu en VHS. Rien ne fonctionnait, l'humour était affreux, les personnages niais, le scénario rachitique pour ne pas dire inexistant, l'animation lessivée comme si les gars de Disney avaient dessiné par dessus la jambe. Le mois d'août 2004 commence avec l'avant-première de Garfield. Quand Bill Murray vous dit "Garfield peut-être" quand on lui demande "quel est votre principal regret?" dans Zombieland, cela veut tout dire. Sans compter que si Murray a la classe en VO, nous on a eu Cauet. On appelle ça un fossé béant. Pour le reste, un beau navet pas drôle et gamin recyclant même Beethoven. Il est loin le héros du strip de Jim Davis. En revanche pas déçu par Hellboy. Je n'ai jamais trop aimé mes rares incursions chez Mike Mignola, je n'aime pas trop son style. Par contre, j'ai adoré les adaptations de Guillermo Del Toro. Le premier s'impose comme un bon divertissement, le genre que j'adorais revoir en DVD il y a plusieurs années. Ensuite c'est le film qui a enfin permis à Ron Perlman de devenir une sorte de "star", lui qui était cantonné aux seconds-rôles de prestige (Jean Jacques Annaud et Jean Pierre Jeunet vous le diront mieux que moi). 

Hellboy

La classe à la Drew Struzan. 

Là, Hellboy lui permettait d'avoir un premier rôle charismatique. Si le premier film pèche par le fait d'être une origin story donc se focalise énormément sur Rouge, mais l'univers est passionnant et Del Toro s'en sort plutôt bien pour sa deuxième incursion dans le genre adaptation de comics. Après cela j'ai enchaîné les désillusions. Dans un premier temps avec Le tour du monde en 80 jours. J'avais apprécié à l'époque mais plus maintenant. Ou comment Jackie Chan se fouvoit une nouvelle fois dans une production américaine où même Sammo Hung est convié tout comme Michael Youn pour représenter la France (soupirs!). Même Arnold vient faire le con en étant le patron d'un harem. Puis vint l'avant-première du Village. Contrairement à ce que certains peuvent penser je ne connaissais pas M Night Shyamalan à l'époque, j'étais donc frais. Ce fut immédiatement la douche froide. Vendu comme un film fantastique il n'en fut rien. Attention je n'ai rien contre un changement radical dans un film à savoir le twist. Preuve en est plusieurs de mes oeuvres favorites en sont munies que ce soit Fight Club ou L'armée des douze singes qui sont des oeuvres que l'on ne peut évoquer qu'entre gens l'ayant vu ou en évitant au maximum les spoilers. 

"Qui craint le grand méchant loup? Méchant loup?!"

Mais avec Le village j'ai eu l'impression d'une grosse arnaque. Le genre où tu paye ta place sur une publicité mensongère et surtout le traitement est tellement mauvais que tu devine plus d'une chose avant la fin et ce dès la première vision. Par exemple, le fait de prendre d'une aveugle pour aller hors de la forêt. Un symbole évident quand on voit le reste du film que je ne dévoilerais pas pour ceux qui ne l'ont pas vu. Par la suite, j'ai pu voir que ce type de twist était fréquent chez Shyamalan et que Le village apparaissait comme le paroxisme de cette technique chez le réalisateur, le point de non-retour. A force d'en faire, cela devient une pure tactique et cela finit par devenir une marque caricaturée jusqu'à l'outrance. Preuve en est, le réalisateur arrivera difficilement à passer après ce film et enchaînera les échecs commerciaux à foison. Finalement je ne garde dorénavant que Incassable qui n'a pas de réel twist (avouez l'ironie) et qui n'en a pas besoin, ironiquement le seul film du réalisateur que j'ai en DVD. Par la suite je n'ai absolument rien pigé aux Chroniques de Riddick. Je n'avais pas vu Pitch Black, me disant que je n'en avais pas besoin et finalement j'ai vite compris qu'il aurait mieux fallu le faire.

"Baboulinet ne fait que passer..."

M'attendant à du bourrin, il aura fallu des années et le fait de voir les deux films de David Twohy à deux jours d'intervalle pour apprécier à sa juste valeur ce space-opera ambitieux et permettant de découvrir un peu plus un anti-héros parfait se découvrant une fibre dramatique. Vraisemblablement le film fut trop ambitieux pour le public, ce qui s'en ressentira par le retournement de situation de Riddick troisième volet ressemblant beaucoup trop au premier volet. Cloturant l'été 2004 avec le mois de septembre et le merveilleux Catwoman. Purge impériale, ratage frenchy incontournable aux States, Halle Berry au look tellement putassier qu'elle ira elle-même chercher son Razzie Award (au moins elle fut lucide quant à sa prestation), effets-spéciaux de partout au point de donner lieu à un blockbuster d'un rare dégueulasse, Lambert Wilson complètement efféminé, Sharon Stone en vieil radasse... Franchement Catwoman accumule les fautes de goût comme jamais et on ne peut pas dire que les années ont aidé le film à s'en sortir. Elles lui ont même permis d'être encore plus ringard qu'il ne l'était à l'époque. Et comble du con je l'ai acheté. Allez on passe à l'été suivant. Doc on y va!

"Marty grouille toi il faut qu'on relance le continum espace-temps pour Borat! Il veut qu'on l'emmène le 26 juin 2005!"

Nous voici en juin 2005. Je reviens d'un séjour scolaire à Strasbourg et je fais ma première Fête du cinéma, à savoir je ne sais plus pour combien d'euros la séance une fois que tu as vu un film durant trois jours (désormais quatre comme ça il y a le mercredi et les cinémas se font un beau paquet de fric!) et vous pouviez voir n'importe quel film. Cette année-là ce fut Madagascar, Baby Sittor et L'interprète. Mon premier n'est peut être pas le pire des films de Dreamworks mais certainement pas un bon film. Surtout qu'une fois dépassé le statut "on est à Madagascar", le film s'essoufle complètement au point de ne plus avoir aucun intérêt. Je n'ai pas vu le troisième volet, mais le second a eu le mérite d'être encore pire. Mon second est une belle purge où Vin Diesel subit comme Schwarzy et Stallone avant lui et The Rock après lui le film familial où il se prend de la pisse dans la gueule et du dégueuli sur l'épaule. Quant au troisième, première incurssion chez Sidney Pollack, film pas terrible et en plus j'ai dû subir une fièvre impériale me donnant envie de dormir tout le temps (ce qui a fini par arriver). Par la suite, il y a eu La guerre des mondes de Spielby. Même si j'ai toujours du mal avec sa dernière demi-heure et notamment sa fin bâclée (qui est aussi celle du roman) ainsi que le jeu des deux gosses, je dois bien avouer que cet opus reste un plutôt film apocalyptique et un des opus les plus noirs de Spielby.

"Mais QU'EST-CE-QUE-C'EST-QUE-CETTE-MERDE?!"

Humanité dézingué tel l'Holocauste par des aliens sans scrupule, leur sang déployé sur le sol tel une racine, Amérique des armes dans toute sa violence, visions d'horreur incroyables, avion qui s'écrase, ferry exterminé... La Guerre des mondes fait froid dans le dos surtout dans une Amérique encore traumatisée par le 11/09. Vraisemblablement, Spielby avait bien compris qu'il fallait y aller franco dans la violence graphique sans forcément faire dans le gore, permettant notamment à Tom Cruise de signer une de ses meilleures prestations en cul-terreux doublé d'un père raté devant préserver ses enfants de la violence d'un conflit où il ne sera jamais le héros. Par la suite, c'est parti pour du Tim Burton avec Charlie et la chocolaterie, film que j'adorais et que je n'aime plus dorénavant. Trop artificiel, Johnny Depp trop casse-pied, Freddie Highmore trop souriant, film agaçant. Finalement je ne garde réellement que les scènes des Oumpa Lumpa en me disant que revoir l'adaptation avec Gene Wilder ne serait pas un mal. Puis je découvrais enfin un film asiatique avec Jackie Chan avec New Police Story. Un Jackie Chan qui n'est pas comique, accumulant les bonnes cascades et un polar plutôt bien troussé avec des tueurs de flics comme ennemis. Autant dire que cela fait plaisir de voir enfin un vrai film avec Jackie Chan et par la suite, je continuerais avec Dragon Lord ou Le maître chinois. Reste que comparé à son titre, le film n'a rien à voir avec la série de films que Jackie a tourné dans les années 80-90.

"Cours Tom! Cours! -Merci Borat tu ne m'aide pas!"

Ensuite ce fut la déconfiture jusqu'à août. D'abord Fantastic Four piètre adaptation d'un comic-book que j'ai longtemps adoré (j'ai les tout premiers intégrales) et qui n'a franchement pas grand chose pour lui. Bon peut être la Chose et encore. Ensuite la pauvre Jessica Alba qu'ils ont été teindre en blonde (tout du moins dans le premier parce que sur le deuxième ça sent perruque) et qui ne joue pas bien alors qu'elle faisait des efforts dans Sin City (en parlant de cela, j'avais été une nouvelle fois en vacances en Italie où j'ai ramené des figurines collectors du film avec Marv, Hartigan, Manute et bien évidemment la représentation de la miss!). Quant au rendu il est typique de Tim Story à savoir des films qui se veulent drôles mais n'arrivent jamais à convaincre qui que ce soit. Suit ensuite Mr and Mrs Smith de Doug Liman que je n'avais pas envie de voir mais bon, comme je n'avais rien à faire alors pourquoi pas. ça n'a pas raté puisque le film n'était pas bon du tout, le couple star n'a aucun intérêt si ce n'est une belle tromperie en coulisses, un film vide et surtout où il ne se passe pas grand chose. S'en suit La Coccinelle revient avec le peu d'intérêt qu'il peut susciter ou Le transporteur 2 où le pauvre Jason Statham se retruve encore une fois dans un gros navet.

Ah Jessica, tu es le nec plus ultra, bien plus jolie qu'un écran plasma... (Borat mauvais poète quand il est timide)

Mais voilà arrive la délivrance avec Serial noceurs. Alors si le final bousille la morale du film pour aller dans l'happy end foireux, ce film reste un des films que je regarde le plus en rediffusion. Je n'aime pas trop Owen Wilson dans ce film à cause de la voix française d'Eric Métayer mais pour Vince Vaughn c'est un bonheur. La séquence du dîner est tout simplement géniale entre la mère excitée par Wilson, la grand-mère raciste, Bradley Cooper sous laxatif (quel bonheur), Wilson en mode drague avec Rachel McAdams, le fils gay dénigré, Christopher Walken qui essaye de sauver les meubles et Vince Vaughn qui se fait... heu comment le dire poliment? Cajoler son ami Popaul par Isla Fisher. Si la séquence peut paraître vulgaire, la gueule de Vaughn est juste jubilatoire, ne savant pas comment se dépatouiller d'une situation aussi horrible qu'agréable. Sans compter la présence rare mais survitaminée de Will Ferrell. Vraiment une comédie que j'aime beaucoup. Et voilà que tout est contrebalancé par The Island, H2G2, Furtif et Ma sorcière bien aimée pour finir l'été 2005 de pas belle manière. Commençons avec Michael et son THX 1138 2.0 à deux balles, sans fond et qui franchement lasse rapidement. Même à l'époque je n'avais pas été convaincu.

"C'est fou... comme on passe... un bon dîner! On passe un... bon moment! -Vince... -Oui Borat! -Je veux bien que tu sois content mais bon un peu de tenue. -Je vais... heu essayer! -Laisse Borat il est trop content pour être honnête. -Oh oui!"

Idem pour H2G2 que je n'ai pas trouvé drôle du tout. Alors peut être qu'il faudrait que je le revoie ayant depuis découvert l'absurde merveilleux des Monty Python, mais je n'ai pas la force. Peut être que je n'étais pas prêt non plus à un film de ce type, je ne sais pas. Pour Furtif, c'est juste une merveille. Déjà que tu t'attend pas à grand chose en voyant la bande-annonce, le voir au cinéma fut une belle torture. Du néant hollywoodien avec un drône invincible, des pilotes qui ne servent à rien avec un Josh Lucas qui n'arrivera décidemment jamais à percer, une Jessica Biel aussi inutile que d'habitude et un Jamie Foxx qui se dézinguer en moins d'une heure et un dézingage se situant en pays arabes quand le final se déroule en Corée du Nord! Evidemment inutile de dire que les territoires choisis ne l'ont pas été par hasard, le contraire serait étonnant. Quant au dernier film, on va le résumer à une purge incontournable pour ce qui est de l'adaptation de série tv foireuse. Allez à la semaine prochaine!

Ce n'est pas un avion, ni Superman, ni même un oiseau, mais un drône!

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16 août 2014

Un clone de Face à la Mort

Faces-of-Gore

 

genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Durée: 1h20
Année: 1999

l'histoire: A travers un documentaire, le professeur Vincent Van Gore nous présente une étude sur le thème de la mort qui se divise en trois sections: les accidents, les suicides et les scènes de meurtre.  

La critique d'Alice In Oliver:

En 1962, un film va lancer la mode du "Mondo" au cinéma. Son nom ? Mondo Cane, réalisé par Paolo Cavara, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi. Devant l'énorme succès suprise du film et le scandale qu'il provoque au festival de Cannes, les trois réalisateurs décident de sortir une suite, donc Mondo Cane 2, l'année suivante. Evidemment, les deux films influencent de nombreux avatars, notamment Shocking Asia et L'Amérique Interdite. En 1978, c'est un nouveau film dans la même lignée que Mondo Cane (en tout cas qui s'en inspire grandement) qui va provoquer la polémique et les foudres de la censure. Ce long-métrage se nomme Face à la Mort et est réalisé par John Alan Schwartz.

En terme de notoriété, Face à la Mort dépasse toutes les espérances du cinéaste. Non seulement le film écope d'une interdiction aux moins de 18 ans, mais est carrément banni dans plus d'une quarantaine de pays. A ma connaissance, Face à la Mort reste le film le plus censuré à travers le monde. Son concept est simple: le film fonctionne comme un documentaire et explore la mort à travers différents pays. Plusieurs séquences resteront célèbres, entre autres celle montrant l'exécution d'un prisonnier sur la chaise électrique ou encore un rite sanguinaire perpétué par le gourou d'une secte.
Toutes les morts qui nous sont présentées seraient réelles.

 

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Evidemment, tout est faux et truqué mais la supercherie fonctionne, d'autant plus que le film se veut être le plus réaliste possible. Pourquoi vous parler aussi longuement de Face à la Mort ? Tout simplement parce que le long-métrage va lui infuencer de nombreux films sur la thématique de la mort.
C'est par exemple le cas de Faces Of Gore, réalisé par Todd Tjersland en 1999. On pourrait même considérer Faces of Gore comme un "quasi" remake de Face à la Mort. Lui aussi utilise le même principe: un professeur qui se nomme Vincent Van Gore nous présente un documentaire sur le thème de la mort. Cette étude (en tout cas, elle nous est présentée comme telle) se divise en trois parties bien distinctes: les accidents, les suicides et les scènes de meurtre.

Dès l'introduction, le film a le mérite de prévenir. En gros, par le passé, il y a eu d'autres films qui nous ont déjà parlé de la mort mais les séquences étaient évidemment truquées. Cette fois-ci, le long-métrage tient à nous rassurer: tous les séquences sont bien réelles.
Seuls les noms des protagonistes ont été changés pour préserver leur identité. Ouais, tu parles ! Au même titre que Face à la Mort, Faces of Gore est lui aussi une supercherie. Ensuite, le film est produit vingt ans après celui de John Alan Schwartz. Soyons honnête: même s'il a marqué son époque, Face à la Mort paraît totalement désuet aujourd'hui, la faute à l'arrivée d'internet et à certains sites sur lesquels il est possible de voir des séquences d'accident, de suicide ou de mort assez terrifiantes.

 

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Par conséquent, Faces of Gore souffre des mêmes défauts que son modèle. La seule différence, c'est qu'à l'époque, donc en 1978, Face à la Mort avait au moins le mérite d'innover. Faces of Gore n'a même pas cette prétention et copie sans vergogne son prédécesseur.
Tout comme John Alan Schwartz en son temps, Todd Tjersland cherche lui aussi à choquer son audimat. Il faut bien reconnaître que certaines séquences sont franchement bien réalisées et très réalistes. Le seul souci, c'est que les scènes de carnage ont tendance à se ressembler: un visage atrophié par ci, une tête découpée par là et voilà le travail !
Contrairement à Face à la Mort qui variait tout de même les hostilités, Faces of Gore propose toujours (plus ou moins) le même spectacle, d'où un côté très répétitif et assez putassier. En résumé, Faces of Gore apparaît comme un clone de Face à la Mort et ne présente donc aucun intérêt... ou presque ! Les non-initiés (donc ceux qui n'ont pas vu le film de John Alan Schwartz) seront peut-être impressionnés par Faces of Gore. Les autres n'y verront qu'une mauvaise blague qui n'a même pas le charme d'un bon vieux nanar.

La vie, la réussite, le féminisme, l'extrémisme, le bonheur, le malheur...

Garp est un homme comme tant d'autres dont la vie déferle sur l'écran avec son enfance, ses premiers émois, les tragédies et la mort...

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Il est toujours malheureux d'aborder un film quand l'un des principaux intéressés vient de nous quitter. Déjà parce qu'on s'était dit qu'on avait le temps de le faire. Avec Robin Williams c'est bel et bien le cas. Nombre de ses films n'ont pas été chroniqué dans ces colonnes et cette série de critiques sera l'occasion de prolonger l'hommage publié jeudi dernier. Au début de sa carrière, Robin Williams est avant tout une star de télé et son premier rôle au cinéma est un échec artistique et commercial à savoir Popeye de Robert Altman. Pourtant il rebondit avec Le monde selon Garp de George Roy Hill, le réalisateur de L'arnaque. Outre Williams on retrouve également Glenn Close, John Lithgow, Mary Beth Hurt et Amanda Plummer. Le monde selo, Garp peut se voir comme l'ancêtre de Forrest Gump puisque l'on découvre l'existence d'un personnage de sa naissance jusqu'à un certain point de sa vie. Il nous montre également le portrait d'une population mais aussi certaines visions du monde moderne comme le féminisme ou le fanatisme. Catégorisé comme une comédie-dramatique, Le monde selon Garp est peut être plus profond qu'on ne peut le penser au premier abord.

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(attention spoilers) Le film commence et finit dans les airs mais le traitement est totalement différend. Ainsi la première image du film montre Garp balancé dans les airs par sa mère. Il se finit sur Garp dans un hélicoptère en état critique repensant à sa vie. La vie de Garp est au combienbanale et pourtant le spectateur s'ébahie et s'émeut de ce monsieur-tout-le-monde. C'est là où le talent de Robin Williams fonctionne à merveille: réussir à transcender un rôle qu'aurait pu tenir un De Niro en mode Actor's studio (rien de mal Bob, c'était juste une boutade). Il sait autant amuser qu'émouvoir et c'est en cela que Garp devient un héros attachant et poignant auquel le spectateur peut se familiariser. Même si l'auteur John Irving avait mis beaucoup de lui dans son roman, la prestation de Williams renvoie au quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le combat de sa mère pour une certaine libération de la femme, son combat à lui contre les violences commises sur les femmes et une certaine forme de fanatisme, son amitié avec un transexuel, l'amour de sa vie, l'angoisse de la page blanche et surtout l'accident. 

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Si la première partie se veut assez merveilleuse avec la vie qui suit son court, la seconde est terriblement bouleversante et accumule les drames. En une scène tout éclate: deux mâchoires cassées, un pénis sectionné, un enfant tué, un autre borgne. Un choc qui permet de donner une certaine morale aux éléments. Une fellation adultère amène à l'objet du délit supprimé et la punition pour la femme de Garp sera la mâchoire cassée, véhicule de l'acte (désolé pour la crudité). De l'autre la fureur de Garp tuant son fils l'enferme dans un mutisme nécessaire au deuil et au pardon. Au final, ils sont responsablles de l'accident tous les deux et devront pardonner leurs péchés respectifs: lui la mort de son fils, elle l'adultère. Outre cela et comme dit plus haut, le film s'intéresse au féminisme et ses dérives. Ainsi, la mère de Garp incarnée par Glenn Close (cela a dû lui faire plaisir d'avoir un fils de cinq ans de moins qu'elle!) a ouvert un centre pour femmes battues ou en difficulté. Alors que son fils commence à écrire des romans, elle devient une star et rapidement les dérives arrivent. 

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En effet, elle devient trop importante et certaines fanatiques voient d'un mauvais oeil le combat de la mère et du fils contre les Jamesiennes. Miss James fut victime de viol et son agresseur a été jusqu'à lui couper la langue. Les Jamesiennes reprennent cela soi-disant en solidarité avec la victime. Sauf que si elles étaient vraiment solidaires, elles auraient arrêté lorsqu'Ellen leur a demandé. Le propre d'une secte. La mort de la mère de Garp ne fera que confirmer cela. Si elles n'ont pas tué sa mère, les Jamesiennes lui interdisent à lui et à tous les hommes d'assister aux commémorations. Un affront confirmant l'aspect sectaire de ces femmes et si Garp s'exilera de toute cette folie, il n'en reste pas moins que son sort est déjà levé et la fin aussi absurde que tragique d'arriver. (fin des spoilers) Le monde de Garp s'impose comme un film sur la vie et son absurdité, où la bêtise et l'imagination se confrontent souvent avec violence. Un film peu évoqué dans la filmographie de Robin Williams comme dans celle de son réalisateur et rarement diffusé (je l'avais vu l'an dernier sur Arte qui plus est en VO) et qui méritait bien d'être mis en valeur. Le reste du casting s'avère de grande qualité notamment John Lithgow émouvant en transexuel et bien éloigné de ses rôles de méchant que lui a offert par exemple Brian De Palma.

Un film magnifique où se cotoie la vie et la mort avec une certaine subtilité et permettant à Robin Williams de trouver un premier grand rôle.

15 août 2014

Le retour du Troisième Reich

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genre: horreur, trash, gore (interdit aux - 18 ans)
Durée: 1h50
Année: 2007

l'histoire: Un culte nazi tente de traquer une relique mystérieuse qui, selon eux, va faire renaître le Troisième Reich. Malheureusement pour eux, d'autres personnes s'intéressent eux aussi aux pouvoirs de cette relique. 

La critique d'Alice In Oliver:

Difficile d'évoquer un film tel que Fantacide, réalisé par Shane Mather en 2007. En effet, vu le genre, à savoir le trash, le gore et même la pornographie, Fantacide n'est pas sans rappeler certaines productions allemandes. Mais Fantacide n'est pas un film allemand.
Le long-métrage nous vient d'Angleterre et n'a pas bénéficié d'une sortie (que ce soit au cinéma ou en dvd) en France. Pour le voir, il faut donc acheter le dvd en Angleterre ou alors en Ukraine. Tout du moins, ce sont les rares informations que j'ai pu obtenir sur le film. La raison ? Fantacide est classé parmi les films extrêmes qui semblent avoir choqué leur audimat lors de leur diffusion dans quelques festivals.

Toutefois, le film est disponible et visible en entier mais en version originale non sous-titrée sur YouTube. Donc avis aux amateurs ! Inutile ici de mentionner les acteurs: ce sont tous de joyeux inconnus et pourvu qu'ils le restent ! Quant au scénario, il tient sur deux petites lignes en écrivant au marqueur sur un timbre-poste. Attention, SPOILERS !
Un culte nazi tente de traquer une relique mystérieuse qui, selon eux, va faire renaître le Troisième Reich. Malheureusement pour eux, d'autres personnes s'instéressent eux aussi aux pouvoirs de cette relique.

 

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Clairement, avec Fantacide, le réalisateur, Shane Mather, cherche à choquer le public. En effet, le film n'a pas volé son interdiction aux moins de 18 ans. Comme je l'ai déjà souligné dans mon introduction, non seulement le film joue la carte du gore, mais il contient des séquences pornographiques. J'y reviendrai... brièvement ! Est-ce un bon film pour autant ?
Fantacide est-il destiné à se tailler une réputation au fil des années ? La réponse est hélas négative. En résumé, nous voici devant un très gros navet et visiblement un film amateur qui tente de composer avec les moyens du bord, soit trois francs six sous.

Certes, le scénario est de facture simpliste puisqu'il est question d'une relique aux pouvoirs magiques et maléfiques et du retour du Troisième Reich. Sur ce dernier point, les intentions de Shane Mather sont assez douteuses. Personnellement, durant le visionnage, je me suis demandé s'il ne s'agissait pas justement d'un film tourné par quelques malheureux adeptes (oui, ça existe encore...) du Führer et du nazisme dans sa globalité. En l'occurrence, Fantacide est un film assez malsain.
Le long-métrage enchaîne les séquences gores et n'hésite pas à jouer la carte de la tripaille. Sur ce dernier point, les amateurs de films trash et extrêmes seront peut-être en terrain connu (je n'ose pas dire "conquis").

 

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Au niveau des effets spéciaux et des maquillages, Fantacide alterne les scènes correctes avec des séquences souvent très médiocres, à la limite du ridicule parfois. C'est par exemple le cas lorsqu'un homme viole son chat (tout en gardant le pantalon !) et écrase le félin en le ruant de coups très violents. Tout un programme ! Au menu du jour, il y a non seulement de la zoophilie, de la nécrophilie mais aussi de l'urophilie ! Visiblement, Shane Mather semble associer le culte nazi à la mort, au sexe et à la religion, sans pour autant avoir de recul ou de critique sur le sujet.
En effet, toutes ces séquences peu ragoûtantes semblent être filmées dans une certaine jouissance. Ensuite, comme je l'ai déjà souligné, Fantacide joue aussi la carte de la pornographie. Toutefois, les séquences sexuelles (notamment le viol d'une pauvre jeune femme) semblent être simulées. Seule exception: le bourreau de la demoiselle enfonce une bouteille de vodka dans le vagin de sa victime. En revanche, cette scène en particulier n'est pas simulée !
Hélas, la mise en scène laisse clairement à désirer. Même remarque concernant la qualité des acteurs (eux aussi des amateurs). Bref, un très mauvais film. Que dire de plus ?

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14 août 2014

L'ascension et la chute d'un dictateur

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genre: documentaire
Durée: 1h35
Année: 2004

Synopsis: En reprenant les grands événements qui ont marqué le Troisième Reich, ce documentaire pose la question suivante: comment Adolf Hitler a-t-il pu entraîner tout un peuple dans sa propre chute ? 

La critique d'Alice In Oliver:

Beaucoup de documentaires ont été consacrés à l'ascension d'Hitler et se demandent comment un tel dictateur a pu arriver au pouvoir et être à l'origine de la Seconde Guerre Mondiale. La vie d'Adolf d'Hitler: de son apogée à sa chute est un documentaire encore plus ambitieux.
En effet, non seulement le film a pour but de raconter son ascension au pouvoir, mais a aussi pour objectif de décrire sa vie donc de sa jeunesse à sa mort. Autant le dire tout de suite, après la vision de ce film, l'impression est pour le moins mitigée, mais j'y reviendrai. Dans un premier temps, il est nécessaire de rappeler le contexte historique.

En 1918, la Première Guerre Mondiale est finie. L'Allemagne est dévastée tant sur le plan économique que politique. Les partis d'extrême droite et d'extrême gauche deviennent de plus en plus forts. Les explosions et les manifestations dans les rues sont de plus en plus fréquentes et sanglantes.
A l'époque, le Traité de Versailles est considéré comme un déshonneur national. La défaite de l'Allemagne en 1918 est vécue comme un déshonneur et un drame national. La monnaie allemande s'effondre et la population doit faire face à la famine. L'extrême droite tient le gouvernement pour responsable de la situation. Au même moment, un certain Adolf Hitler commence à s'imposer comme un solide leader de l'extrême droite en Allemagne.

 

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Il apparaît comme un orateur énergique. Très vite, il organise les sections d'assaut. Adolf Hitler s'entoure déjà de certains visages qui deviendront tristement célèbres par la suite, notamment Joseph Goebbels, Hermann Göring ou encore Rudolf Hess. Suite à de nombreuses manifestations très violentes, Adolf Hitler est arrêté en 1923. En prison, il écrit un livre, Mein Kampf, dans lequel il écrit sa vision d'une grande Allemagne qui doit imposer sa force à travers le monde.
Un an plus tard, Adolf Hitler est libéré et continue son travail d'orateur auprès de la population. Au même moment, le monde entier subit un krach boursier.

Désormais, le peuple allemand vit dans la misère et se sent de plus en plus oppressé. Après la défaite de la Première Guerre Mondiale, c'est un nouveau coup dur pour l'Allemagne. Hitler bénéficie du soutien de plus en plus important du Parti Nazi. Adolf Hitler profite du travail de propagande pour séduire le peuple. Selon lui, si la nation va si mal, c'est de la faute des Juifs.
En quelques années, le parti nazi devient le second parti le plus important en Allemagne. Au moment des élections présidentielles, Hitler se présente face à Hindenburg qui est âgé de 84 ans. Pourtant, Hitler perd les élections, mais le parti nazi continue de grossir ses rangs.

 

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Peu à peu, la république de Wehrmacht devient obsolète et Hitler peut désormais compter sur le soutien de gros industriels. En 1933, Hindenbourg cède devant la pression et nomme Hitler chancelier. En 1934, Hindenburg meurt. C'est ainsi que naît le Troisième Reich. Hitler fait régner la terreur en Allemagne, surtout auprès des juifs. On commence alors à construire les premiers camps de concentration. Goebbels se charge de la propagande et contrôle la presse et l'information.
Les oeuvres de la plupart des intellectuels sont brûlées et les syndicats sont dissous. Hitler veut faire la guerre et étendre la puissance de l'Allemagne à travers l'Europe et le monde.

Les industriels accélèrent le programme d'armement. Hitler promet à un peuple un modèle allemand établi pour les mille prochaines années. Les Juifs sont de plus en plus persécutés. Désormais, leurs biens sont confisqués. Ceux qui n'ont pas encore été envoyés dans les camps de la mort sont parqués dans les ghettos. Peu à peu, l'idéologie nazie se répand dans d'autres pays européens, notamment en Grèce, en Belgique, en Espagne, en France et en Italie.
En 1938, Hitler attaque la Tchécoslovaquie et ne respecte pas les accords de Munich. Mais peu importe, en Europe, les différents gouvernements restent étrangement silencieux.

 

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En 1939, Hitler et Staline signent un pacte de non-agression. Pour Hitler, c'est un triomphe diplômatique qui lui permet d'attaquer tranquillement la Pologne. C'est le début de la Seconde Guerre Mondiale. Par la suite, des pays comme la Belgique, la Norvège ou encore la Hollande sont eux aussi attaqués. Puis, c'est au tour du peuple français de souffrir. Au même moment, les avions et les bateaux allemands menacent également l'Angleterre. Cependant, bien que l'Allemagne compte de nombreuses victoires en Europe, Hitler veut lancer une attaque massive contre la Russie et ainsi violer le pacte de non-agression. Pour Hitler, le but est de s'emparer le plus vite possible des grandes villes.
Pourtant, dès 1942, l'armée nazie connaît de nombreuses difficultés à Stalingrad.

Pendant ce temps, l'Allemagne continue d'exterminer non seulement les Juifs, mais aussi les gitans et les handicapés physiques et mentaux. De toute l'Europe, des trains entiers voyagent vers les camps de la mort. A leur arrivée au camp, les prisonniers ne savent pas encore ce qui les attend.
Puis vient le processus de sélection: il y a ceux qui sont réduits au travail et à la famine et ceux qui sont conduits dans les chambres à gaz et brûlés. Dans ces camps, on pratique également des expériences médicales basées principalement sur la castration et l'injection de cellules cancéreuses. Sur le front russe, la bataille continue. A Stalingrad, la défaite allemande devient inévitable.

 

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Début 1943, le commandant Paulus capitule et se rend. Parallèlement, dans de nombreux pays européens envahis par les Allemands, la Résistance devient de plus en plus forte. Hitler doit notamment faire face à un attentat organisé par quelques uns de ses généraux. Ces conspirateurs seront évidemment arrêtés, jugés lors d'un procès bidon puis exécutés par pendaison.
En juin 1944, les Alliés débarquent sur les plages de Normandie. Hitler ne dispose plus d'une main d'oeuvre militaire suffisante pour contrecarrer toutes ces attaques. Désormais, l'armée nazie engage d'anciens combattants et même des enfants pour défendre ce qui reste encore de Berlin. Hitler vit dans son bunker: son objectif final est d'entraîner le peuple allemand dans sa propre chute.

Le premier mai 1945, Adolf Hitler est déclaré mort. En vérité, Hitler s'est suicidé. Certes, les années de son ascension au pouvoir sont bien connues aujourd'hui par les historiens. Pourtant, on sait finalement peu de choses sur lui et surtout sur sa vie privée. On sait seulement qu'il est hypochondriaque, énergique et qu'il aime parfois se détendre en écoutant des comptines.
On sait aussi qu'il est issu d'une famille aisée. A l'école, c'est un élève peu brillant et notamment renvoyé de l'Académie des Beaux Arts. Enfin, on sait aussi peu de choses sur la relation qu'il entretient avec Eva Braun. Bref, un documentaire très moyen voire même presque hors sujet.

 

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En effet, le film ne parvient jamais (ou presque) à concilier les événements de la Seconde Guerre Mondiale à la personnalité et la vie d'Hitler. Ou alors quand il le fait, le documentaire ne nous apprend rien de nouveau. Surtout, le document relate beaucoup trop vite certains faits historiques très importants. L'invasion de la France par l'Allemagne est à peine évoquée.
Même chose pour la libération des camps. Enfin, même si le documentaire évoque plus ou moins en détails l'ascension d'Hitler à partir de 1923, on ne sait strictement rien de ses jeunes années en Autriche. Néanmoins, le film peut jouer sur des atouts solides. En effet, il propose notamment des images et des séquences totalement inédites. Toutefois, ce n'est pas suffisant pour le classer parmi les documentaires incontournables, loin de là. C'est même un documentaire, très moyen...

O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

Il y a des chocs assez imprévisibles qui surviennent la nuit. Voilà que dans la nuit de lundi à mardi, Robin Williams a été retrouvé mort d'un suicide par asphixie suite à une pendaison. Une mort qui concorde avec sa récente réhab, l'acteur voulant à tout prix se défaire de son addiction à l'alcool. Vraisemblablement son mal était bien plus profond puisqu'il souffrait de dépression. Il nous quitte à 63 ans avec une carrière marquante entre drame et comédie. Alien dans le spin-off d'Happy days (!), Robin Williams devint une vraie star au cours des années 80. Il devient Popeye sous la direction de Robert Altman dans un gros nanar encore aujourd'hui indisponible (à vrai dire il y a une bataille de droits entre Paramount et Disney tout deux producteurs sur la chose), mais surtout il incarne le héros éponyme du Monde selon de Garp de George Roy Hill en 1982. Sorte de Forrest Gump avant l'heure, Williams incarne un jeune homme que l'on suit de sa naissance (subtilement montré par un bébé dans les airs!) à sa mort tragique. On y découvrait la banalité de la vie allant de l'épanouissement sexuel à la mort d'un enfant, de la tromperie au pardon, du féminisme au terrorisme. Williams trouvait là un rôle dramatique en or qu'il magnifia à merveille. 

Mais le rôle qui le rendra célèbre auprès du grand public, après avoir écumé le Camp Paradis d'Harold Ramis, sera l'animateur-radio de Good Morning Vietnam de Barry Levinson. Fauteur de trouble, il amusait les soldats à coup de rock'n roll tout en faisant grincer des dents à ses supérieurs. Un rôle qui lui permet d'énormément improviser (un bonus du BR le montre aligner les vannes au micro, certaines non-retenues sont d'ailleurs assez hilarantes) dans un film n'étant pas si comique qu'il n'en a l'air, interrogeant sur la censure auquelle peut recourir l'armée quand ce n'est pas à son avantage. Gros succès pour la Touchstone, filliale adulte de Disney alors balbutiante, il permet à Williams de dépasser son statut "star de télé" et obtenir sa première nomination aux Oscars et un nouveau Golden Globe (la série Mork et Mindy lui en avait déjà valu un). Après une participation aux Aventures du Baron de Mündchhausen de Terry Gilliam, 1989 sera déterminante puisqu'il joue le professeur du Cercle des poèmes disparus pour Peter Weir. Souvent caricaturé comme "acteur comique" (encore cette semaine, il fut qualifié par BFM de "génie comique"), il signe une prestation qui n'a rien à voir avec cela et encore moins le film en question. 

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"Gooooooooooooooood morning Vietnam!"

Certains détracteurs diront que le rôle comme le film sont typiquement oscarisables, le type de films qui rafle la mise en suscitant l'émotion "tire larme". Pourtant rares sont les "bêtes à Oscar" à être aussi poignant et juste. On a tous eu au moins une fois un professeur qui sortait du lot, ne se pliait pas forcément aux conventions (tout du moins cela m'est arrivé) et Robin Williams incarnait ce vent de liberté comme rarement au cinéma dans un film sur les écoles. Pourtant l'acteur n'est pas récompensé pour sa prestation et ce malgré une performance remarquable. Les années 90 signeront son omniprésence au cinéma mais aussi quelques ratages. Dans L'éveil de Penny Marshall il incarne un médecin humaniste permettant à un malade incarné par Robert De Niro à la pathologie complexe. Le film est une nouvelle fois un franc succès et Williams tient une nouvelle nomination aux Golden Globes. Robin Williams trouve également grace avec Fisher King de Terry Gilliam. Une commande pour le réalisateur et pour le moins inhabituel de par son ton grave. En effet, Williams joue le rôle d'un homme fou depuis la mort de sa femme tué par une malade mental et trouvant en Jeff Bridges, responsable des dérives du malade, son Perceval dans sa quête du Graal. La rédemption cotoie un thème cher au Monty Python.

"O Capitaine mon capitaine!"

Si le film repart avec le Lion d'argent à Venise, Williams décroche une nouvelle nomination aux Oscars. Mais c'est Hook de Steven Spielberg qui rafle la mise en 1991. Incarnant un Peter Pan vieillissant et ayant perdu ses rêves revenant au Pays Imaginaire pour retrouver ses enfants kidnappés par le Capitaine Crochet. Si l'acteur semble s'amuser, il se révèle vite pesant ce qui n'était pas arrivé autrefois. De plus, le film se révèle un des plus mauvais de Spielby, beaucoup trop guimauve et passant à côté de son sujet malgré la grandiloquence des décors et des costumes. Un an plus tard, il donne de la voix pour deux films d'animation. Le premier est Les aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de Ferngully, première production des studios Fox Animation. Un film d'animation fort sympathique et écologique où il incarne une sorte de papillon très cabottin. Mais c'est surtout sur le second qu'il se révèle impressionnant voire en osmose avec les images. Disney l'emploie pour doubler le Génie d'Aladdin de Ron Clements et John Musker. Un rôle que l'on connaît peu en France (il faut dire que Richard Darbois est parfaitement passé après), mais cette prestation est très remarquée.

Un peu trop même selon le principal intéressé. Selon une clause de son contrat, Disney ne devait pas utiliser ni sa voix ni le Génie comme arguments promotionnels du film. Raté: dès la première bande-annonce il apparaît en voix et en visuel. Williams se fâche avec Disney avant d'accepter de doubler une nouvelle fois le Génie pour Aladdin et le roi des voleurs, suite à des excuses publiques après le départ de Jeffrey Katzemberg de Disney. Il n'a donc pas doublé Le retour de Jafar ni la série tv où il fut remplacé par Dan Castellaneta voix d'Homer Simpson en VO. L'air de rien de par son aspect iconoclaste et barratineur, le Génie de Williams n'est pas sans rappeler l'animateur de Good Morning Vietnam. Néanmoins, la même année, en retrouvant Barry Levinson il signe un gros flop avec Toys. Le film mettant en scène un jeune homme immature devant faire face à son oncle ayant fait du magasin de jouets de son père un groupuscule militaire. Dès le pitch, on voit à quoi s'y attendre et vraisemblablement le côté foutraque n'a pas plu à tout le monde. Même si Toys n'est pas son premier échec, il reste un de ses gros échecs cuisants dans sa carrière et du genre dont on se souvient encore longtemps chez les studios. 

Mais l'acteur retrouve le haut du box-office avec deux immenses succès qui sont encore aujourd'hui ses films les plus rediffusés, à savoir Madame Doubtfire de Chris Colombus et Jumanji de Joe Johnston. Le premier est une variation sur Kramer contre Kramer avec un père divorcé faisant tout pour voir plus ses enfants. Si le film n'a évidemment rien d'exceptionnel, Madame Doubtfire a le mérite de divertir et il est toujours agréable de le revoir un jour férié ou durant les vacances de noël. D'autant que le film doit énormément à Williams qui délivre un véritable show en nounou donnant lieu à de multiples quiproquos, le plus fameux étant celui des toilettes où son fils le choppe en nounou debout. Jumanji lui doit aussi beaucoup, mais se distingue par un contenu parfois sombre, nos jeunes héros manquant de mourir à tout moment. Le film fait aussi beaucoup part aux effets-spéciaux mais Williams s'en donne à coeur joie une nouvelle fois, faisant largement le show aux côtés de Bonnie Hunt. Un divertissement encore agréable à regarder. Jusqu'à 1997, ses films divisent à l'image des remakes Neuf mois aussi, Birdcage et La fête des pères (respectivement de Neuf mois, La cage aux folles et Les compères); Jack de Francis Ford Coppola où il incarne un enfant vieillissant plus vite que la normale est beaucoup trop gentillet; et Harry dans tous ses états le fait incarner un acteur complètement flou.

Ce qui renvoie en soi à ce que je disais plus haut: un acteur dont beaucoup ne voit que l'aspect comique sans jamais mettre en avant ses rôles dramatiques. En 1997, Matt Damon et Ben Affleck lui font un cadeau en l'engageant pour Will Hunting leur scénario que tournera Gus Van Sant. Les jeunes acteurs voulaient un acteur hollywoodien histoire de tourner au plus vite. L'histoire d'un jeune voyou intellectuel ayant une relation particulière avec son psy permet non seulement au duo d'obtenir l'Oscar du meilleur scénario, mais surtout elle permet à Williams d'obtenir son unique Oscar, celui du meilleur second-rôle. Mais par la suite, il faut scruter ses performances à la loupe. Malgré des premiers rôles ce n'est pas forcément pour les meilleurs films (on pense indéniablement à Flubber, Docteur Patch ou L'homme bicentenaire à la fin des années 90) et cela continuera sur les années 2000 et ce malgré des succès (comme La nuit au musée, Happy Feet où il doublait un des manchots mexicains ou Le majordome). On retiendra néanmoins deux performances majeures au cours des années 2000. Dans un premier temps Photo obsession premier film de Mark Romanek.

Il y incarnait un développeur de photo absolument obsédé par une famille au point de devenir fou quand il découvre que le mari trompe sa femme. Une performance absolument sombre et obsessionelle qui permet à Williams d'incarner un personnage ambigu au possible. L'autre gros film sera Insomnia remake d'un film norvégien par Christopher Nolan. Il y incarnait le serial killer mettant à mal les manigances de l'inspecteur incarné par Al Pacino. Un rôle malin permettant de s'imposer face au surexcité Pacino. Robin Williams avait retrouvé le chemin de la télévision avec The Crazy Ones où il incarnait un publicitaire aux côtés de Sarah Michelle Gellar. Si la série démarre fort, elle retombe assez rapidement jusqu'à son annulation. Malgré sa mort subite, Robin Williams restera encore longtemps sur les écrans avec La nuit au musée 3; The angriest man in Brooklyn où Mila Kunis lui ment en lui disant qu'il va bientôt mourir, ce qui amène à un road movie (déjà sorti aux USA mais pas chez nous); et Merry Friggin Christmas où il est aux côtés de la vedette de Comunity Joel McHale. Madame Doubtfire 2 avait été annoncé en avril dernier, mais sans Williams le projet risque bien de mourir d'autant que Chris Colombus s'est dit particulièrement dévasté par la mort de son ami de longue date. Déjà que le projet n'avait pas grand intérêt, la mort de Williams en rajoute une couche.

Ce qu'il faut retenir de Robin Williams était un acteur survitaminé qui savait autant faire rire que pleurer. Il nous manquera assurément. 

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13 août 2014

Ambivalence féminine

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genre: horreur, épouvante
Durée: 1h25
Année: 1964

l'histoire: Médusa est une gorgone qui pétrifie quiconque ose croiser son visage. Des experts se rendent dans la contrée où elle fait des ravages pour tenter de l'arrêter. 

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus la Hammer, une société de production britannique qui a surtout brillé entre le milieu des années 1950 et la fin des années 1960. Terence Fisher a réalisé beaucoup de films pour la Hammer. La célèbre firme lui doit un certain nombre de grands classiques de l'épouvante, entre autres Frankenstein s'est échappé, Le Cauchemar de Dracula, La nuit du loup-garou, La malédiction des Pharaons ou encore Les Vierges de Satan.
C'est donc logiquement que la Hammer lui confie la réalisation de Gorgone, déesse de la Terreur, sorti en 1964.

Ce n'est pas forcément le titre le plus souvent cité parmi les meilleurs crus de la Hammer. Il s'agit d'une petite rareté, néanmoins disponible en entier et en français sur YouTube. Pourtant, Gorgone, déesse de la Terreur fait partie des grandes réussites de Terence Fisher.
Avec ce film, les studios britanniques exploitent un nouveau personnage horrifique, clairement inspiré par la mythologie grecque, la Méduse. La Hammer décide de s'éloigner de ses monstres habituels notamment Dracula, Frankenstein, le loup-garou ou encore la Momie, pour se concentrer sur un personnage maléfique qui ne manque pas de charme.

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Au niveau de la distribution, pas de surprise. On retrouve deux grands habitués de la Hammer, à savoir Peter Cushing et Christopher Lee. Viennent également s'ajouter Barbara Shelley, Michael Goodliffe, Patrick Troughton et Jack Watson. Le scénario se démarque avant tout par son originalité.
Attention, SPOILERS ! En 1910, le village fictif de Vandorf est depuis 5 ans le témoin d'une bien étrange série de meurtres dont les cadavres sont devenus des statues de pierre. La découverte de la dernière victime, la fiancée de l'artiste Bruno Heitz, pousse ce dernier au suicide, laissant ainsi croire aux autorités qu'il était le coupable. Son père, persuadé de son innocence, se heurte à l'hostilité des habitants au point qu'on tente de mettre le feu à sa maison.

Il se rend dans les ruines du château Borski et, confronté à la gorgone Megaera, sent qu'il se change progressivement en pierre. Avant de mourir, il parvient à écrire un ultime message à son aîné Paul, qui, aidé de son mentor, le prof. Meister, tentera de percer ce mystère au péril de sa vie.
Pour l'anecdote, Gorgone, déesse de la Terreur va inspirer un autre film à la Hammer, à savoir La Femme Reptile. Derrière le scénario des deux films, on retrouve un certain John Gilling, qui semble passionné par le mythe de la Méduse. Encore une fois, le long-métrage a le mérite de se démarquer des Frankenstein et autres Dracula.

 

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Pourtant, dans Gorgone, déesse de la Terreur, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la Hammer, à savoir une ambiance sombre et putride et un climat oppressant qui joue également sur l'ambivalence féminine. C'est probablement la thématique principale du film.
En l'occurrence, nous voici devant une variation du mythe de Docteur Jekyll et Mister Hyde mais version féminine. Une belle jeune femme devient un redoutable prédateur les soirs de pleine Lune et est en proie à une terrible malédiction. A partir de là, Terence Fisher nous propose une lutte entre le bien et le mal. Hélas, ce n'est pas forcément le bien qui l'emporte.
Tout du moins, il y a un prix à payer. Et ce prix, c'est un amour impossible et condamné à l'avance.

Gorgone, déesse de la Terreur est un film particulièrement pessimiste qui peut s'appuyer sur une mise en scène solide. Le long-métrage peut également compter sur une interprétation de qualité. Seule ombre au tableau de bord: la médiocre qualité des effets spéciaux et visuels.
Visiblement, Terence Fisher doit composer avec un budget limité. C'est probablement la raison pour laquelle il dévoile le visage de la Gorgone dans les dernières minutes du film. Toutefois, Gorgone, déesse de la Terreur reste un récit macabre, un film totalement désanchanté qui ravira probablement les fans de la Hammer (dont je fais partie).

Le bis en manque de Cannon

Il est fou comme le hasard peut être d'un morbide sans nom. En mai dernier, Menahem Golan et Yoram Globus débarquaient à Cannes pour la présentation du documentaire The Go-Go Boys revenant sur leurs carrières cinématographiques et notamment les années Cannon. Le dernier numéro du magazine Popcorn sort donnant lieu à une interview franchement désopilante (pour être gentil) que je me délecte de lire plié en quatre. Vendredi dernier, je lis l'article que leur consacre Metaluna dans leur spécial "film d'action". La nouvelle tombe vendredi tard dans la soirée: Golan est mort à 85 ans. Si le nom ne vous dit absolument rien (et vous aurez probablement raison), vous avez néanmoins dû voir un extrait d'un des films qu'il a produit ou réalisé. Il faut dire que Youtube ou Nanarland se sont fait un plaisir de rendre hommage à certaines de ses productions au cours des années et ce pour notre plus grand bonheur. Car certes Menahem Golan fut un producteur imposant (on parle de 300 productions en dix ans!) mais c'était aussi un gros faiseur de nanars et autres bouseries, un vrai pape du cinéma bis. Rien que pour vous donnez un exemple, c'est lui qui a permis à Chuck Norris de devenir l'icône bourrine qu'il est encore aujourd'hui. 

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Yoram Globus et Menahem Golan se la coulaient douce à Cannes.

A l'époque, il n'était que le champion d'arts-martiaux s'étant fait prendre une branlée déculottée par Bruce Lee dans La fureur du dragon. Si quelques films sont tournés c'est la Cannon qui en fera une star. Ainsi cela commença avec les Portés disparus, puis Invasion USA, Delta force mais aussi Héros! Que de barre de rires rien qu'à l'évocation de certaines répliques de Chucky en VF. Ah le merveilleux "Si tu brandis encore une fois ce truc sur moi, tu repars avec la bite dans un tupperware!", le subtil "Tu commence à me baver sur les rouleaux!", le percutant "Je mets les pieds où je veux, Little John… et c'est souvent dans la gueule!"! Heureusement que Bernard Tiphaine était là pour nous faire rire parce que vraisemblablement en VO ce n'était pas trop le cas. Golan en parlait à Popcorn: "Et Chuck Norris aussi, c'est nous qui l'avons fait. Avant c'était un acteur, mais nous on en a fait une star. Yoram et moi on a tout de suite compris que Chuck Norris avait ce pouvoir en lui, quelque chose que le cinéma allait adorer, et on a signé avec lui pour sept ans. Exclusif! (...) (A propos de Delta Force qu'il a réalisé) J'avais envie de le faire parce qu'il y a de l'action et que j'aime ça, je suis un homme d'action. Il y avait de bons personnages, des héros, des antihéros, des bons, des méchants. Et puis le terrorisme aussi. C'est un film contre le terrorisme (!), ce qui est important pour moi." *.

Tu as envie de rire cher lecteur, tu vas rentrer encore plus dans les fonds de la Cannon! Car s'il n'y avait que Chuck Norris au panthéon du nanar de Menahem Golan, cela se saurait! Ainsi Golan a travaillé pour Roger Corman durant les années 60: "J'étais étudiant en cinéma et j'ai entendu dire que Roger Corman allait faire un film en Europe. Je lui ai écrit un télégramme où je lui ai dit que j'étais prêt à venir travailler pour rien. Je suis allé à Paris, je l'ai rencontré aux Galeries Lafayette et je suis devenu son assistant. C'est comme ça que j'ai travaillé sur The Young Racers avec lui et aussi Francis Ford Coppola (...). Je me débrouillais toujours sur le tournage pour leur trouver ce qu'ils voulaient, comme une courrone de fleurs à 3h du matin. J'étais rentré par effraction chez le fleuriste..." * Par la même occasion, Golan évoquait également au magazine que Coppola lui avait volé son idée: "A l'époque, j'avais le projet de tourner El Dorado en Israël, un film de gangsters. J'ai donc demandé à Roger Corman d'investir dans mon film (...). Monsieur Coppola était là juste à côté de moi quand j'ai eu cette discussion avec Corman, et il lui a dit: 'Pourquoi tu veux mettre de l'argent dans un film israëlien en noir et blanc? Donne moi l'argent à moi. On va faire un film américain!''

Continuant sur sa lancée, Golan évoque que Coppola aurait écrit volontairement un scénario en une nuit pour contrebalancer celui de Golan déjà écrit et donné à Corman. Ce film sera Dementia 13. Après cela, Golan réalise un bon lot de films en Israël jusqu'à ce qu'Opération Thunderbolt soit nommé à l'Oscar du meilleur film étranger. Après ça c'est parti pour les USA et les ventes à Cannes. Une époque où le marché du film n'était pas attaqué par Asylum mais par la Cannon! Voici un panel assez exhaustifs de leurs productions les plus connus ou particulières d'ailleurs certaines sont assez connus de ces colonnes:

  • Enter the ninja ou L'implacable ninja de Golan (1981) où Franco Nero côtoie des... ninjas!

  • Les suites d'Un justicier dans la ville avec Charles Bronson déglinguant du dealers, drogués (l'un ne va pas sans l'autre), prostituées, violeurs, assassins, afro-américains, porto-ricains... A force il faut bien avouer que l'on ne sait plus où donner de la tête! Ainsi il y aura Un justicier dans la ville 2 de Michael Winner (1982), Le justicier de New York de Winner (1985) et Le justicier braque les dealers de J Lee Thompson (1987). A noter que dans le sillon de la vigilante, Charlie a également signé Le justicier de minuit (1983) et La loi de Murphy (1986) tout deux réalisés par Thompson. D'ailleurs voici un numéro d'Escale à Nanarland consacré au troisième volet particulièrement gratiné.
  • Hercule de Luigi Cozzi (1983) avec Lou Ferrigno. Si on se demande ce que Lou Ferrigno fait face à une machine à laser (!) en étant le fils de Zeus, on est beaucoup moins étonné en le voyant entouré de donzelles sur l'affiche! Vraisemblablement l'affiche serait meilleur que les extraits que j'ai vu!

  • Sahara d'Andrew V McLaglen avec Brooke Shields (1983)... et Lambert Wilson! A vrai dire je connais surtout ce film grâce à la superbe affiche de Drew Struzan. Admirez!

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  •  American Ninja avec Michael Dudikoff (1985). Voilà encore une belle star de la Cannon et Olivier vous a d'ailleurs fait part de ses "prouesses" en tant qu'actionman. 

  • Lifeforce de Tobe Hooper (1985). Alors pour ceux qui ne connaissent pas ce film du réalisateur de Massacre à la tronçonneuse, il vient juste de resortir en DVD. L'occasion pour les plus jeunes de voir Matilda May totalement nue en alien vampirisant les forces vitales de ses victimes! ça ne s'invente pas! Un échec commercial qui est devenu un nanar culte au fil des années. A noter que Golan produira également L'invasion vient de Mars (1986) et Massacre à la tronçonneuse 2 (idem) où Dennis Hopper affrontait la famille de Leatherface.

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Pour toi lecteur! Ne me remercie pas!

  • Les Alan Quatermain avec Richard Chamberlain et Sharon Stone (1985, 86). Une anecdote Yoram? "Les gens l'oublient, mais c'est nous par exemple, qui avons fait connaître Sharon Stone. Elle faisait de la télé, avant, mais c'est nous qui l'avons portée au cinéma avec Allan Quatermain et les mines du roi Salomon."*. En attendant il a surtout fallu qu'elle rencontre Paul Verhoeven pour faire exploser sa carrière. Pour le reste, des productions qui lorgnent énormément sur les Indiana Jones, au point de devenir rapidement des films de deuxième partie de soirée ou diffusés sur NRJ12 avec grande annonce. Pas de quoi se vanter surtout que pour le coup, je préfère encore La Momie de Stephen Sommers dans le même genre. Reste que cela a permis à Chamberlain de devenir un peu connu en plus des Oiseaux se cachent pour mourir ou Shogun.

"Sharon tu crois qu'on peut se sortir de là? -S'ils ne sont pas content j'ai toujours mon pic à glace!"

  • Runaway Train d'Andreï Kontchalovski (1985) où Jon Voight et Eric Roberts jouent deux tolards évadés se retrouvant aux manettes d'un train où les freins ont lâché. Probablement une des plus célèbres et reconnues des productions Cannon. Yoram raconte: "Konchalovsky est venu nous voir avec le scénario de Kurosawa (oui vous ne rêvez pas Akira Kurosawa, le réalisateur des Sept Samouraïs -NDB), et Menameh et moi, on lui a tout de suite dit 'Réécris le scénario et commence le film!' On lui a évidemment donné toute la liberté et il a fait un travail fantastique. Je crois qu'à part le train il ne reste pas grand chose du script originel."*. Et Kurosawa de se retourner dans sa tombe! 

  • Aladdin (1986) avec Bud Spencer en Génie! Je crois que l'affiche parle d'elle-même.

  • Cobra de George P Cosmatos (1986) où Stallone déglingue de la racaille par paquet de douze. A ne pas confondre avec la série animée. Stallone recroisera la Cannon avec Over the stop que Golan réalise où il défonçait des bras au bras de fer! Golan raconte: "A l'époque, Stallone était une star, ça n'a pas été facile de l'avoir. Il voulait 6 millions minimum, je lui en ai donné 10!"*

"Alors c'est qui qui a la plus grosse?!"

  • Les Barbarians de Ruggero Deodato (1987) où les frères Paul se retrouvaient dans un récit pseudo fantasy ressemblant beaucoup à Conan. Flop à sa sortie, nanar culte au fil des années au point de devenir une figure de prou de La nuit excentrique qui est justement parainé par Nanarland et que j'avais l'habitude de me délecter du compte-rendu de Mad Movies. Mais vraisemblablement cette année était la dernière. C'est que les bandes-annonces de nanar cela avait l'air fun à voir.
  • Superman 4 de Sidney J Furie (1987). S'il y a bien une grosse casserole chez Cannon c'est bien celle-là. Encore un petit film pour pas un rond ça va, mais là pourquoi produire un Superman quand tu as la Warner attendant patiemment? Un film qui condamne à lui seul la saga, Tim Burton, Bryan Singer ou Zack Snyder ayant dû sauver les dégâts. Déjà que le troisième était mauvais, le quatrième enfonça le clou. Ainsi le budget passa de 37 à 17 millions de budget, inférieur pour un projet de cette envergure. Christopher Reeves parvient à avoir un droit de regard sur l'écriture (ce qui ne changera rien) et pourra même réaliser un nouvel opus si succès il y a (ce qui n'aura jamais lieu). Ainsi Superman se battra avec un homme nucléaire, ce qui est probablement aussi ridicule que l'ordinateur changeant la mentalité de Superman. De plus, quarante-quatre minutes auraient été coupé au métrage par la Warner (qui distribue quand même le film) engendrant un beau bordel d'1h32. Merci Cannon!
  • Les maîtres de l'univers de Gary Goddard (1987), adaptation de la série animée elle-même adaptée de jouets! Dolph Lundgren dans le rôle du guerrier Musclor, Frank Langella en méchant Skeletor ou encore Courtney Cox en terrienne. Un gros bordel en vue et pourtant avec l'univers de la série, bien que simple, il y avait de quoi faire un vrai film de fantasy comme les années 80 nous en ont souvent offert. Mais non pognon en rade oblige voilà Musclor dans le monde réel! Cherchez l'erreur! Encore un gros nanar au point que les studios ont bien du mal à faire un reboot après un tel ratage. Au dernière nouvelle, les producteurs cherchent toujours un réalisateur. Reste encore une fois que Drew Struzan a signé une superbe affiche. Bien ce qu'il faut retenir.

Les maîtres de l'univers 

  • Barfly de Barbet Schroeder (1987) où Mickey Rourke discutait autour d'un verre avec Faye Dunaway.

  • King Lear de Jean Luc Godard (1987). Ou comment Golan a rencontré le réalisateur du Mépris et comment ça s'est mal fini. Godard rencontre le producteur à Cannes en 1985 et lui soumet l'idée d'adapter la pièce de Shakespeare. Mais comme on pouvait s'y attendre, Godard fait du Godard, engendrant la colère de Golan d'autant que le réalisateur suisse a inséré des conversations privées entre son producteur et lui. Le film a beau être diffusé à Cannes, il faudra attendre 2001 pour qu'il sorte en France et aux USA, son exploitation dura cinq jours. 

Godard or not Godard, that is the question.

  • Bloodsport de Newt Arnold (1988). Contrairement à ce que disait souvent Menahem Golan, JCVD avait déjà joué dans quelques films avant le fameux Bloodsport, même si ce dernier sera son premier gros succès. Une petite anecdote Menahem? "il est venu me voir au restaurant, avec deux bols de soupe dans les mains et il m'a fait une prise de karaté ou je ne sais quoi. (...) Bon après ça, il est venu au bureau et on a fait Bloodsport. (...) Le film a été un très gros succès. On l'a vendu partout dans le monde, partout! (sauf qu'initialement il l'a diffusé en vidéo avant de finalement le sortir en salle, succès oblige -NDB). Et encore aujourd'hui, Van Damme vit de nos succès, enfin c'est ce que je pense (oui car ce serait oublier que certains de ses meilleurs films n'ont jamais été produit par lui à commencer par Kickboxer! -NDB). Nos films ont fait de lui une légende. Avant c'était un serveur, un danseur..." Par ailleurs, je ne sais pas si c'est les cousins qui étaient sur le coup, mais il semblerait qu'un reboot de ce film se fasse, ce qui n'a pas plu à l'ami Jean Claude! Le partenariat continuera avec Cyborg d'Albert Pyun (1989) où l'intérêt sera beaucoup plus moindre, même si ce sera le premier film de science-fiction de l'ami Van Damme avant le fun Timecop ou les Universal Soldier.

Et paf! Un split kick à la Van Damme!

  • Rendez vous avec la mort de Michael Winner (1988). Comme vous pouvez le voir depuis quelques titres, la Cannon n'a pas produit que du cinéma bis (et heureusement pour elle et surtout pour nous), s'octroyant quelques "grosses productions". Voici certainement la plus noble contribution des deux cousins israéliens, à savoir la dernière incarnation d'Hercule Poirot par Peter Ustinov. Récit non retouché, filmé de manière classieuse, casting quatre étoiles (Lauren Bacall, Carrie Fisher), pitch béton (Bacall en mère tyrannique retrouvée morte sous un chapiteau en plein Jérusalem)... Un bon petit Poirot supérieur à la série avec David Suchet pourtant pas mal dans son genre.

 

  • Voyage au centre de la Terre de Rusty Lemorande et Albert Pyun (1988). Voilà une belle rareté montrant encore une fois les problèmes financiers qu'accumulent la Cannon à la fin de son existence voire du règne des deux cousins sur les films d'exploitation. "(Lemorande) possède une imagination si fantastique que cela m'a encouragé à lui confier l'adaptation de cette oeuvre qui laisse la part belle aux trucages. Rusty travaille à présent sur le film, qui sera terminé pour noël. Ce sera très différent du roman, et en aucun cas un remake du précédent fil, dans la mesure où l'histoire ne se passera pas de nos jours, ni au XIXème siècle, mais dans un monde merveilleux et fantastique" disait Golan avant le tournage en 1986 **. Pourtant tout fout le camp dès le début du tournage. Lemorande, réalisateur débutant (il n'a signé que des scénarios, Captain EO en tête), accumule les retards, tourne trop de plans et Golan n'aime pas la prestation de l'acteur Erno Philips demandant ainsi des reshoots de ses scènes. Mais ce n'est pas tout puisque les affaires de fric continuent de gangréner la Cannon. Le fisc ricain soupçonne la firme de détournements de fonds et dissimulation d'argent, engendrant l'arrêt des productions en cours ou projets à venir par la Cannon elle-même, donc de l'adaptation libre du roman de Jules Verne.

Lemorande se retrouve d'autant plus dans une position fâcheuse puisque les effets-spéciaux risquent d'en pâtir: "La grosse erreur que j'ai commise sur Voyage... c'est d'avoir créer mon propre département d'effets-spéciaux alors que Les maîtres de l'univers, qui se tournait au même moment, avait fait appel à une société externe, engagée bien avant les déboires financiers de la Cannon." **. Le film est budgété à 6 millions de $ et 1.5 va légitimement aux effets-spéciaux. Mais Cannon en rade oblige, il tourne les plans sans les SFX et quand il ne peut pas, il essaye de le faire chez lui, ayant avec lui les rushes du film. Golan voit le tout et dégage le jeune loup de son film, mais mieux encore il conclue un drôle de pacte avec le producteur qui n'est plus à ça prêt: "La firme utilisait une dizaine de minutes du film et concervait mon nom au générique. En échange, je récupérais les droits et tout le métrage, que j'étais ensuite libre de sortir de mon côté." **. Le lieutenant Pyun débarque et finit gratuitement (!) le film en échange de quoi il pourra signer Alien from LA une autre production Cannon. L'acteur Paul Carafotes part en solidarité avec le réalisateur initial pour les reshoots quand la petite soeur passe à la casserole. Le plus ironique veut que le tournage des reshoots eu lieu sur le plateau de l'autre réalisation de Pyun, engendrant le fait que Voyage... soit une séquelle d'Alien from LA!

Le film de Pyun sort en vidéo en 1988 quand la copie de Lemorande sort en 1992 avec de nombreux moments de blanc. Un fiasco confirmant à la fois les bidouillages et les magouilles de la Cannon.

  • La nuit des morts-vivants de Tom Savini (1990). Malgré que le DVD est depuis chez Sony (enfin pour ceux qui l'ont!), le remake du film de George A Romero par son acolyte Savini fut bien produit par la Cannon alors en passe de passer à la casserole. Romero voulait primordialement produire ce remake pour rénumérer ses anciens collaborateurs sur le film original, la plupart des intervenants n'ayant pas été payé. Petite évocation avec Tom Savini: "J'ai haï le film pendant plusieurs années, je l'ai même conspué parce qu'il ne contenait pas les plans ou les effets que je voulais réaliser. George au le même problème avec les producteurs du Jour des morts-vivants. Quand l'argent manque, difficile de lutter." 3.

 

  • Captain America d'Albert Pyun (1990). Hé oui avant de chevaucher fièrement sa moto dans le Marvel Cinematic Universe, Captain America était une petite raclure du cinéma fauché avec tout de même des téléfilms fauchés au possible avec l'acteur fétiche de Bruno Mattei Reb Brown mais aussi ce film. Déjà pas aidé par le Punisher avec Dolph Lundgren, la Marvel laisse faire aussi Menahem Golan partant fonder 21st century film suite au fiasco de la Cannon. Il embarque Albert Pyun qui l'a bien aidé par le passé mais rapidement le pot aux roses s'est dévoilé: "Captain America a été fait sans budget. C'était une épave dès le départ. L'argent qui devait financer le film n'est jamais arrivé. Nous avions un très bon casting avec de grands acteurs donnant leur maximum dans des circonstances difficiles et limitées. Menahem Golan était un homme très optimiste, et des banquiers et autres investisseurs avaient promis de financer le long-métrage, mais il n'y a jamais eu assez d'argent. Seule la scène en Italie où le garçon est kidnappé a pu être filmé de manière satisfaisante. Le reste fut une récit de compromis. Le producteur Tom Karnowski est allé en Bulgarie et en Hongrie à la recherche de fonds, et parfois il revenait avec 5000  $, mais souvient il n'y avait rien. J'ai même filmé des scènes alors que nous n'avions plus de pellicule, en cachant ce détail aux acteurs pour ne pas les alarmer. Malgré tout, nous avons mené le tournage à son terme, en Yougoslavie, mais ce fut difficile et triste, car nous avons dû massacrer le scénario, et donc le film." 4.

 Visiblement très amer, Pyun finira par sortir sa version lors de la sortie cinéma du film de Joe Johnston, d'autant que le film fut finalement un beau DTV.

Après cela, la 21st century film se plante aussi, bousillant les rêves de James Cameron de réaliser son Spider-man (la Fox n'a pas voulu soutenir le film pas aidé par Sony voulant à tout prix récupérer les droits) au départ voué à Albert Pyun (on comprend qu'aprs Captain America il a assez donné avec Marvel), mais les deux cousins continuent leurs affaires dans leur pays d'origine l'Israël. Menahem Golan parlait de projets: "Mais ce que je sais, c'est que maintenant on va faire Delta Force 4. A l'heure où je vous parle, des scénaristes sont en train de l'écrire en Angleterre. (...) (Dudikoff) est une jeune star, enfin, plus jeune que Chuck Norris, et il est bien pour Delta Force 4. (...) Ce sera un film américain avec l'armée américaine, les commandos américains, des stars américaines... On va faire ça avec 2-3 millions. (...) J'aimerais bien travailler avec Polanski sur ses prochains films."*. Des rêves qui se feeront sans lui et nous de nous délecter encore longtemps de son héritage bis et nanardesque qui nous a tant plu.

 


 

* Propos issus de Popcorn numéro 7 (août-septembre 2014).

** Propos issus de Mad Movies numéro 235 (novembre 2010).

3 Propos issus de Mad Movies numéro 255 (septembre 2012).

4 Propos issus de Mad Movies numéro 244 (septembre 2011).

12 août 2014

Des torses bien huilés sous la pluie battante

Les Athéniens s'apprêtent à affronter les Perses mênés par Xerxès et Artémise par la voie maritime...

300 : La naissance d'un Empire : Affiche

"Nous sommes des spartiates!", "Ne leur donnez rien, mais prenez leur à ces fils de chiennes!", "Spartiates! Ce soir nous dînons en enfer!", "De la folie? Nous sommes des spartiates!", "C'est ici que nous nous battons! C'est ici qu'ils vont mourir!"... Autant de répliques qui font le bonheur des fans de 300 depuis sa sortie en 2007. Depuis, le film de Zack Snyder a fait des émules, suivant le modèle en enlevant parfois un ou deux éléments: film épique ou mythologique ou avec réalité historique plus que douteuse, tourné majoritairement sur fonds verts avec sang numérique, acteurs torses nus et slip de cuir particulièrement gueulards et avec en bonus du sexe suivant que vous êtes devant une production tout public ou non. On citera donc facilement Le choc des titans et sa suite, Pompei, les Hercule de Renny Harlin et Brett Ratner, la série Spartacus, Les immortels, Conan... L'idée d'une possible suite est tombée assez rapidement, juste après la fin de la promotion de Watchmen à vrai dire. Frank Miller s'est exécuté en réalisant le roman-graphique Xerxès, Snyder est au scénario et à la production mais laisse la réalisation à Noam Murro, réalisateur de l'ultra-confidentiel Smart People

300 : La naissance d'un Empire : Photo Rodrigo Santoro

Le problème de ce film tient principalement de son déroulement qui empêche clairement de mettre 300: Rise of an empire (soit "le soulèvement d'un empire" toujours plus crédible que Naissance d'une nation qui ne veut plus rien dire) dans une case. A vrai dire, il les prend toutes! On commence avec des plans avec Xerxès (Rodrigo Santoro) qui décapite Leonidas et la reine Gorgo (Lena Headey) qui rage devant ses compatriotes spartiates. Puis nous passons dans la partie préquelle avec les athéniens sentant venir l'impérialisme perse à plein nez. Par ailleurs, on apprend que le héros Thémistocle (Sullivan Stapleton star de la série très SAS, Strike Back) est le fruit de la haîne de Xerxès envers la Grèce puisque c'est lui le responsable de la mort de Darius roi de Perse et père de Xerxès survenue au cours de la bataille de Marathon. Ce qui vaudra tout une partie préquelle assez farfelue mais assez divertissante où Rodrigo Santoro passe d'un hyppie errant à un dieu vivant avec quinze tonnes de piercing et un slip en or massif! Nous apprenons aussi l'existence d'Artémise, grecque dont la famille a été massacré par des grecs qui elle-même fut violée pendant plusieurs années de galères avant d'être recueillie par un émissaire perse... qui n'est autre que le mec se faisant balancer par Leonidas dans le puit!

300 : La naissance d'un Empire : Photo

Puis on passe une partie se déroulant durant la bataille des Thermopyles et enfin on a droit à une suite dans les derniers instants du film. Un gros bordel paradoxal assez amusant, d'autant que ce film est également un spin-off du premier film puisqu'il met en scène une autre histoire grecque dans le même univers. Faites votre marché après ça. Donc avec ce 300: Rise of an empire est un mélange de spin-off, prequelle, entre-deux et suite. Pour le reste, on s'étonne que le graphic-novel adapté s'appelle Xerxès tant on le voit peu. En fait tout tient du duel entre Thémistocle et Artémise aussi bien sur le terrain (Artémise se prend une raclée incroyable face à un fin stratège et se venge en faisant tout sauter au pétrôle) ou sexuellement. Sur ce dernier point, certains spectateurs se fendront bien la poire Noam Murro partant dans la partie de jambes en l'air cul nul et seins à l'air digne de Spartacus (la série hein?). Peut être plus beauf que la "scène d'amour" de 300. Si le film est moins vulgaire que le premier (je renvois aux répliques ci-dessus), il a quand même deux répliques bien graveleuses: (Eva Green à Stapleton) "tu te bas mieux que tu baise!" et (Headey à Stapleton vraisemblablement bon client) "tu viens te faire polir le phalus?"

300 : La naissance d'un Empire : Photo

Impossible de ne pas rire devant tant de vigueur dans l'écriture. D'ailleurs, il faut bien l'avouer: si un homme et particulièrement quand il est accompagné de ses amis va voir ce film, c'est principalement pour avoir sa dose de bourrinerie et ce genre de dialogues un peu grossier pour permettre d'amusantes discussions d'après-film. 300: Rise of an empire est donc un bon gros plaisir coupable qui sent la sueur à plein nez, avec moins de ralentis (ce qui s'avère moins indigeste) mais dont certains plans faits pour la 3D laissent perplexe (je l'ai vu sans mais certains passages nécessitant de la profondeur sont plutôt flous). Ensuite le déluge d'effets-spéciaux ne plaira pas à tout le monde notamment le sang abondant et particulièrement numérique. Pour ce qui est des acteurs, Stapleton est plutôt bon en guerrier gueulard mais pas trop et ne cherchant pas forcément à faire dans la caricature de Gerard Butler (dont la carrière a explosé avec ce film avant de tombeer rapidement dans le stéréotype du bourrin) et Eva Green s'avère assez jouissive en méchante qui en a dans le pantalon. Sinon pour Santoro il est toujours aussi charismatique qu'une huître chevelu ou chauve. Il ne dégage rien. On regrettera la mort d'un des lieutenants qui est tellement surjouée qu'elle peut rejoindre celle de Marion Cotillard dans TDKR dans les casseroles.

Une sorte de suite pas déplaisante et pas plus stupide que son aîné que l'on prendra davantage comme un plaisir-coupable.

 

La critique d'Alice In Oliver:

En 2007, Zack Snyder adaptait le roman roman graphique de Frank Miller, donc 300. Le film remportera un énorme succès malgré des critiques assez mitigées. En gros, les spectateurs se divisent en deux catégories: les fans et ceux qui détestent tout simplement 300.
Clairement, j'appartiens à la seconde catégorie. Dans ces conditions, la suite, intitulée 300: la naissance d'un empire, cette fois-ci réalisée par Noam Muro en 2014, avait peu de chance de me séduire. Néanmoins, il faut bien reconnaître que le roman graphique original possède un univers intéressant. Pour ce second chapitre, Zack Snyder n'est plus derrière la caméra.

En revanche, on le retrouve derrière le scénario, écrit en collaboration avec Kurt Johnstad. Au niveau de la distribution, 300: la naissance d'un empire réunit Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Rodrigo Santoro, Jack O'Connell, Hans Matheson et Callan Mulvey.
Tout comme son prédécesseur, 300: la naissance d'un empire soulèvera lui aussi de nombreuses critiques. Certaines sont positives (elles sont plutôt rares dans l'ensemble), d'autres sont assez négatives (et aussi majoritaires). Au niveau du scénario, 300: la naissance d'un empire reprend les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le premier.

 

300-la-naissance-d-un-empire-premiere-affiche

 

Attention, SPOILERS ! En 490 avant J.-C., au cours de la bataille de Marathon, le roi perse Darius 1er est mortellement blessé par le général athénien Thémistocle sous les yeux de son fils Xerxès. De retour en Perse, le commandant de sa flotte la reine Artémise Ière le convainc de se venger des Grecs et en fait un Dieu-Roi. Dix ans plus tard, il envahit la Grèce
Alors que Léonidas et ses 300 Spartiates arrêtent Xerxès aux Thermopyles, les Athéniens, Thémistocle à leur tête, combattent sur mer au cap Artémision. Quelques jours plus tard les flottes s'affrontent lors de la grande bataille de Salamine qui se déroule peu avant celle de Platées.

Pour l'anecdote, 300: la naissance d'un empire devait être conçu comme un préquel, mais l'idée sera finalement abandonnée. 300: la naissance d'un empire deviendra alors la suite logique du premier épisode. Déjà, à l'origine, le précédent chapitre ne brillait pas vraiment par sa finesse et frisait souvent le grotesque. Pour une raison que j'ignore encore, les protagonistes hurlaient sans cesse, même pour aller pisser (j'exagère à peine...). Toutefois, le film échappait de justesse au zéro pointé grâce à la mise en scène assez inspirée (je le reconnais) de Zack Snyder.
Seul problème, et pas des moindres, le réalisateur n'est plus derrière la caméra.

 

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Comme je l'ai déjà souligné, il est donc remplacé par Noam Muro, un cinéaste israëlien inconnu au bataillon. Hélas, ce dernier n'a pas la même imagination ni la même inventivité pour la mise en scène. Cela crève les yeux à l'écran. Pourtant, Noam Muro tente d'imiter son modèle. En vain.
Malheureusement, 300: la naissance d'un empire n'a même plus le charme visuel de son prédécesseur. Il faudra donc se contenter d'effets spéciaux et de séquences vulgaires et putassières réalisées en CGI. Ensuite, 300: la naissance d'un empire souffre des mêmes défauts que le premier chapitre. En résumé, ça hurle toujours autant et surtout pour dire n'importe quoi.

A ce sujet, les dialogues brillent surtout par leur idiotie et leur crétinerie. Ceci dit, c'était déjà le cas du premier. Heureusement, pour sauver parfois le film de la catastrophe, 300 pouvait compter sur le charisme de Gerard Butler. Son personnage étant laissé pour mort, l'acteur n'est évidemment plus de la partie. Il est donc remplacé par Thémistocle, interprété par Sullivan Stapleton.
Certes, l'acteur possède lui aussi des atouts physiques, notamment de gros biceps. Hélas, c'est tout ce qu'il y a à retenir de sa prestation. A partir de là, 300: la naissance d'un empire mise sur un héros vide, peu attachant et assez antipathique au final. Néanmoins, les autres acteurs ne font pas beaucoup mieux. On a presque pitié pour la pauvre Eva Green, qui a l'air de se demander comment elle a pu se fourrer dans une telle galère. Ca tombe bien: nous aussi...

 


300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE - Bande-annonce VF par CoteCine

Christian Bale est Patrick Bateman

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genre: thriller (interdit aux - 16 ans)
année: 2000
durée: 1h40

l'histoire: Au cours des années Reagan, Patrick Bateman est un de ces golden boys qui triomphe à la bourse. Il accumule, avec une obsession maladive, les vêtements selects et les relations enviables. Mais derrière ce visage angélique, se cache un terrible psychopathe.

la critique d'Alice In Oliver:

A la base, American Psycho, réalisé par Mary Harron en 2000, est l'adaptation d'un roman homonyme de Brett Easton Ellis.
Il s'agit d'une adaptation ambitieuse et difficile. Les fans du livre attendent évidemment le film au tournant.
Au niveau du casting, American Psycho réunit Christian Bale, Justin Theroux, Chloë Sevigny, Reese Whiterspoon, Jared Leto, Willem Dafoe, Samantha Mathis et Matt Ross.

 "Tu aime Huey Lewis and the news?"

Dans un premier temps, c'est Leonardo DiCarprio qui sera pressenti pour jouer Patrick Bateman. Ensuite, le rôle sera proposé à Edward Norton.
Mais les deux acteurs déclineront l'invitation. Même remarque pour James Woods et Cameron Diaz, approchés pour participer au tournage.
Certes, American Psycho est un film choc et justement interdit aux moins de 16 ans.

 "Hey Paul!"

Néanmoins, malgré des qualités évidentes, ce thriller décevra probablement les fans du best seller de Brett Easton Sellis.
American Psychoreste avant tout une satire des années Reagan, donc, des années 80, qui voient triompher une Amérique décadente, obsédée par le fric, le pouvoir et l'apparence. Patrick Bateman (Christian Bale) est le parfait produit et/ou condensé d'un pays à la dérive.

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Christian Bale est la véritable révélation du film et tient ce thriller sur ses larges épaules. Mieux encore, l'acteur personnifie à merveille Patrick Bateman.
Ce dernier est la caricature du golden boy à qui tout réussit. Ce dernier vit dans un luxueux appartement et collectionne les jolies filles.
American Psycho se concentre alors sur le point de vue de ce personnage cynique, à la personnalité étrange et paradoxalement fascinante.

Patrick Bateman nous est décrit alors comme un prédateur, un homme capable d'arpenter les rues la nuit à la recherche d'une nouvelle proie, souvent choisie au hasard. Très vite, le psychopathe cède à ses pulsions les plus morbides et les plus criminelles.
Il tue parfois au hasard et maquille ses crimes avec une précision clinique et chirurgicale. Patrick Bateman fait donc partie de ces psychopathes qui vivent dans l'immédiateté et ne supportent pas la concurrence.
C'est aussi un homme solitaire, incapable de s'établir dans une société artificielle, dénuée de valeurs, de repères et qui semble se contrefoutre royalement des agissements de Bateman.

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Contre toute attente, ce psychopathe n'est jamais inquiété. Ses activités criminelles se déroulent dans l'indifférence générale.
Tel est le portrait d'une Amérique confortable qui se soucie davantage de son image et du regard de l'autre. Certes, American Psycho aborde des thématiques passionnantes. Malheureusement, tous ces thèmes auraient mérité un bien meilleur traitement. A la base, c'est David Cronenberg qui devrait réaliser cette adaptation. Nul doute que le cinéaste aurait apporté une touche personnelle à ce thriller ambitieux mais pas toujours convaincant.

La critique de Borat

Comme je l'évoquais hier, American Psycho de Bret Easton Ellis est purement inadaptable à la lettre, à la fois trop dégueulasse dans sa description de la violence et dans sa vision quasi-pornographique des coucheries de Patrick Bateman. Pourtant il y eu une adaptation et une autre aurait été évoqué il y a quelques mois pour la télévision mais vraisemblablement sans suite (pas un mal). Lionsgate, petit studio indépendant à la fin des années 90 (devenu plus ou moins une major suite aux succès des franchises Saw et Hunger Games), acquiert les droits du roman. Si Stuart Gordon (le réalisateur de Ré-animator, ce qui en fait un candidat crédible) et Johnny Depp sont avancés, le projet devient subitement intéressant quand David Cronenberg fut attaché à cette production hollywoodienne avec Brad Pitt en vue. Or, en dehors de La mouche qui est une production Fox, Crocro n'est pas du type hollywoodien et a refusé plus d'une fois des projets de studios allant de Top Gun (on imagine mal Val Kilmer et Tom Cruise faire des combats mentaux en espérant flinguer un avion soviétique!) à Flashdance (à moins que la Nouvelle Chair épouse l'érotisme avec Jennifer Beals entièrement nue quand l'eau lui tombe sur la tronche), en passant par Alien la résurrection (au vue des relations douteuses entre le clone de Ripley et l'alien cela aurait été plus fun avec Crocro qu'avec Jean-Pierre Jeunet). 

Ellis fait un premier script selon des directives aussi improbables qu'impensables de la part de Crocro et vis à vis du livre: "Il ne voulait tourner aucune séquence dans un restaurant, ni dans un club (impensable quand on sait que Bateman ne cesse d'en fréquenter -NDB). Non seulement ces choses sont trop difficiles à tourner, mais elles sont ennuyeuses à mourir, les personnages sont à table, et on ne peut pas en tirer grand chose d'intéressant à l'écran (ironique quand on sait que son Cosmopolis aligne les dialogues à rallonge au point d'endormir -NDB). Il a ajouté qu'il ne voulait montrer aucune violence (!), et que le script devait faire 65 ou 70 pages tout au plus, parce qu'il prend deux minutes pour tourner une seule page, et non une minute comme le font les autres réalisateurs." Au vue de l'avant-dernier argument, on se demande bien ce que Crocro aurait bien pu faire du roman car s'il n'y a pas de violence, pas de meurtres et probablement pas de sexe. Or, Crocro aurait pu signer une oeuvre bien plus digne de son travail sur la "Nouvelle Chair" que sur le lamentable eXistenZ qu'il signera au final. Ellis rajoute qu'il avait inventé "une scène de comédie-musicale très élaborée pour le grand final, et un épilogue au sommet du World Trade Center."*. Crocro finit par laisser tomber et voici donc venir Mary Harron qui embauche Christian Bale. Le film marche mais les critiques s'avèrent mitigés en ce qui concerne l'adaptation. Les producteurs iront même jusqu'à faire une sequelle avec Mila Kunis pour le marché DVD! 

American Psycho reste un bon film si l'on n'a pas lu le roman, on lui reprochera peut être un manque de rythme symptomatique du cinéma indépendant. En revanche, pour ce qui est de l'adaptation elle déçoit. On a l'impression que la réalisatrice a voulu mixer le plus possible le roman histoire que l'adaptation ne dure pas trop longtemps. Ainsi certaines scènes de meurtres sont réécrites comme celle qui mènent l'ancienne connaissance de Bateman avec la prostituée précédemment vue à coucher avec Bateman. C'est un passage du livre mais l'épilogue n'a strictement rien à voir. Néanmoins, ce qu'en fait Harron reste correct évitant la censure par des hurlements alors que Bateman est en train de tronçonner son amie sous la couette (ce qu'on ne voit que par des flaques de sang) avant de poursuivre la prostituée apeurée dans l'appartement de Paul Owen tronçonneuse en main (!) et enfin de lui balancer l'engin en pleine poire du dernier étage! Une séquence fun et en soi inédite qui permet de garder un tant soit peu la folie furieuse de Patrick Bateman. Reste néanmoins que le film ne va pas assez loin dans le gore victime d'une certaine autocensure, compte tenu du caractère cru du roman. Même s'il n'est pas à proprement parler violent, Les lois de l'attraction de Roger Avary, autre adaptation d'un roman d'Ellis, se révèle bien plus trash à mon humble avis.

Pour ce qui est de l'érotisme, il n'est présent que dans une séquence assez désopilante il est vrai. Pour ce qui est de la musique, les passages musicaux du roman où Bateman décripte les albums de Huey Lewis and the News, Genesis et Whitney Houston sont bien incorporés mais inséré avant des élans de folie de Bateman. On regrettera que les passages avec Carruthers ne sont pas plus présents (on n'a que le fameux passage des toilettes), car c'est un personnage terriblement drôle de par son insistance (son passage dans la boutique dans le roman est à se pisser dessus). Mais ce film serait indéniablement moins bon sans la prestation de Christian Bale. A cette époque, l'acteur était surtout connu pour son rôle d'enfant emprisonné dans Empire du soleil de Steven Spielberg. Néanmoins il avait continué à se forger une réputation notamment en tournant dans Velvet Goldmine de Todd Haynes, mais indéniablement c'est le rôle de Patrick Bateman qui relancera complètement sa carrière. Prestation folle furieuse, Bateman permet à Bale de signer un rôle de psychopathe. Il est l'incarnation rêvée pour un tel personnage. On ne s'étonne pas que sa prestation est souvent louée comme le principal point fort. On s'amusera également de voir Reese Whitherspoon dans le rôle de sa fiancée Evelyn, parvenant naïvement à rendre son personnage aussi antipathique que dans le roman. 

Une adaptation assez décevante réhaussée en grande partie par l'interprétation bluffante de Christian Bale.

American Psycho (2000) - Trailer #1 [VF-HQ]


 

* Propos issus de MovieLine.com repris dans Mad Movies numéro 275 (juin 2014).

11 août 2014

Sans issue

Patrick Bateman est un homme d'affaires qui prend soin de lui, sniffe beaucoup et aiment particulièrement Genesis, Huey Lewis et Whitney Houston. Mais derrière cette surface lisse se cache un prédateur féroce trucidant tout sur son passage...

Il est rare que je lise des romans mais après avoir lu Moins que zéro, j'avais eu envie de me lancer dans American Psycho autre oeuvre de Bret Easton Ellis. En revanche, je l'ai laissé durant un moment sur l'étagère après l'avoir commencer. Repartant sur de bonnes bases, je suis revenu au roman jusqu'à atteindre l'épineuse 527ème page (un record en ce qui me concerne, ayant rarement dépassé le "200 pages"). En fait c'est en ayant commencé le roman et en voyant l'adaptation dans la foulée que j'ai eu envie de poursuivre, car si l'adaptation respecte certains aspects typique du roman tout en permettant à Christian Bale de trouver une de ses meilleures prestations, elle n'a en revanche quasiment rien à voir avec l'aspect dégueulasse voire trash du roman. A vrai dire, il est même impossible d'adapter clairement le roman sous peine de se retrouver avec un classement NC-17 voire X, ce qui est impossible avec les studios (d'autant qu'à l'époque, c'était le studio indépendant Lionsgate qui produisait, donc peu d'argent). Le roman est beaucoup trop cru pour pouvoir être adapté réellement au cinéma, c'est d'ailleurs à cause de cela que le film de 1999 est beaucoup trop simple.

Ceux qui connaissent les romans d'Ellis, ce sont des récits à la première personne, permettant ainsi de se familiariser beaucoup plus avec le personnage principal et de le suivre dans ses moindres faits. Il n'y a pas de réel chapitre, juste des espaces et indications comme j'avais pu le voir dans Moins que zéro. D'autant qu'à ce rythme, le roman se déroule sur environ deux ans (noël est évoqué à deux fois au cours du roman). Sans compter le nombre de marques citées au cours du récit tout bonnement ahurissant. Mais pour le coup l'insert est loin d'être gratuit. En effet, le personnage de Patrick Bateman est le type impersonnel typique: il n'a pas de réelle personnalité et s'il en a une elle est complètement de façade. Le fait de se familiariser à des marques comme Armani ou Gucci lui permet d'avoir un certain statut. Cela se remarque également par ce passage où il est subjugué par les cartes de ses collègues ou camarades. Il en revient à donner une importance au choix du caractère d'imprimerie de la carte! Un détail complètement con mais qui prend son importance dans une société uniforme ne devant son salut que dans les tenues qu'il faut porter, la manière de vivre, la musculation ou même la drogue.

Même si elle apparaît souvent, elle n'a finalement que peu d'importance chez Bateman. Ce n'est pas ce qui le rend malheureux. Non ce qui le rend malheureux c'est qu'il est obligé d'avoir une image lisse pour enfin pouvoir s'exprimer. Y compris à se taper la sinistre et potentiellement casse-couille Evelyn Williams (où l'on s'étonne que Patrick l'a juste plaqué et pas trucider!) ou faire miroiter les yeux de son assistante Jean qu'il croit sans cesse amoureuse de lui (ce qui s'avéra vrai au final). Si Moins que zéro montrait des jeunes biberonnés à MTV et Les lois de l'attraction son frère Sean (faisant une apparition le temps d'un "chapitre" où son frère ne cesse de l'insulter!) accroc au sexe, American Psycho montre le portrait d'un psychopathe quoique vers la fin on se pose la question s'il ne s'imagine pas ces meurtres ou s'ils se trompent de personne. D'ailleurs pour confirmer ce côté lisse, beaucoup de gens le confondent sans cesse, comme si la personnalité de Bateman était transparente au possible. Le pire étant celui à qui il a envoyé un message par inadvertance où il dévoile tout et le traitant de tous les noms prenant Bateman pour quelqu'un d'autre! Ce n'est qu'un exemple comme tant d'autre. Pour ce qui est des scènes de meurtres, Ellis se veut précis au possible évoquant sans mal les ébats de Bateman avant ses exactions meurtrières. 

Et il y a de tout mes enfants: éventration animalière, rat s'engoufrant dans un vagin, corps coupé en deux, bras cloués à un bout de bois façon Christ, inoculation, tir dans la tête, hâche en pleine tête... On a de tout avec Patrick Bateman et c'est aussi ce qui le rend si menaçant. C'est le genre de tueur qui peut se cacher derrière un statut social confortable afin de commettre ses exactions. Au cours de la lecture, on est souvent subjugué devant la folie meurtrière du personnage, au point de s'y reprendre à deux fois sous le ton de l'ironie pure. C'est d'ailleurs ce qui fut repproché à Ellis à savoir donner un ton à la limite de la pornographie et de l'horreur pure. Mais en soi, la vie n'est-elle pas pornographique quand des jeunes s'exhibent 24h/24 dans une téléréalité? Reste que certains détails surprendront plus d'une fois les lecteurs. Le plus drôle étant bien évidemment ses monologues sur Whitney Houston, Genesis ou Huey Lewis entre deux chapitres (et non avant les meurtres comme le montrait le film). Des monologues pouvant durer très longtemps où Bateman cause musique comme du botin sans jamais s'arrêter, décortiquant le moindre album, la moindre chanson.

American Psycho reste donc une oeuvre singulière et percutante aux confins de l'horreur, celle d'un tueur non-identifiable, jamais inquiété (à part peut être avec le chauffeur de taxi et encore) et qui ne le sera probablement jamais. Néanmoins, le final se veut terriblement pessimiste. Bateman ne pourra jamais vivre sa "passion" pleinement, il devra toujours subir son statut et ses responsabilités. Comme tout le monde finalement...



Fin »