Cine Borat

27 mars 2015

Cuvée Bad Smith

Votre cher Borat a rarement parlé de ses antagonistes dans sa chère cave et ce malgré une cuvée spéciale Michael Bay aussi explosive que le meilleur des suppositoires (aie!). En ces temps de diversion, il était donc temps de parler un peu du soldat Will Smith (bruit de casseroles, merci, merci...). Cela fait depuis bien longtemps que l'acteur n'est plus en odeur de sainteté dans ces colonnes et pour cause, derrière une imagerie d'homme cool dans ses films, l'acteur se révèle beaucoup moins sympathique dans la vie réelle. Pour preuve des anecdotes croustillantes et foisonnantes. Prenons un exemple aussi évident qu'I, robot. Tout dérape dès la pré-production. Akiva Goldsman, pote de Will mais aussi scénariste pitoyable (pour info, on lui doit Batman et Robin, le champ de tomates c'est par ici...), est imposé par Smith alors même que Proyas avait fait un traitement. Sur le scénario, il est stipulé par l'acteur que son personnage doit être cool en tous cas plus que dans le scénario initial ou l'histoire initiale puisque nous parlons d'adaptation dans ce cas précis. 22 vla un beau placement de produit pour Converse que l'ami Smith porte fièrement durant tout le film, y compris dans une scène où il en fait tellement la promotion que l'on croirait voir un des milliers spots de pubs diffusés sur TF1. A cela, rajoutez des pressions supplémentaires sur Proyas qui l'ont fait se faire expulser de la salle de montage par la Fox.

"T'as vu comme je suis un gros dur?!"

Au final d'I, robot, on ne retiendra qu'un film sympathique à voir un dimanche soir où les effets-spéciaux sont superbes, mais dont le traitement aurait été tellement meilleur sans une star pénible derrière le dos de son réalisateur ou un studio capricieux cherchant la poule aux oeufs d'or pour l'été 2004. Mais contrairement à ce que vous pouvez pensé, j'aimais bien Will Smith avant. C'était un acteur branché pour moi, le genre à la cool comme il le véhiculait dans ses films. C'est à l'adolescence et en me renseignant par ci, par là que j'ai entendu tout ces propos à son sujet, ceux d'une star capricieuse cherchant à tout prix à garder une image lisse à l'instar de l'affiche immonde d'After Earth où il est tellement retouché que l'on pourrait croire qu'il a l'âge de son fils! J'ai même été voir la plupart de ses films en salle jusqu'à au moins Hancock. Le problème étant que les films eux-mêmes n'étaient pas tous très bons, voire sentaient pas bons du tout. Il y a ceux dont on le savait déjà et ceux qui vous sautent aux yeux dès l'instant qu'on a vu le pot aux roses. Retour donc sur la carrière de Will Smith et ce que votre cher Borat en a vu. Attention il va y avoir des cadavres à l'horizon.

  • les Bad Boys de Michael Bay

Premier succès pour l'ancien prince de Bel Air (on me dit que Jeffrey remet encore des glaçons dans une mauvaise chanson de Soprano...), Bad Boys c'est le film 90's dans tous ses clichés et que l'on peut résumer en trois mots: Bruckeimer, Bay, explosions. Il y a quelques années, je vous aurais dit le plus grand bien de ces deux films. Aujourd'hui plus du tout. Lors d'une soirée dont votre cher Borat a le secret, il a décidé de revoir les deux à la suite au point d'en être assez retourné. Les films qu'il avait adoré gamin devenaient des navets de la pire espèce. Le premier n'est pas aussi vulgaire que le second mais a quand même son paquet de casseroles gauches, à l'image de Tea Leoni faisant tout pour chauffer les deux flics en service que ce soit avec les fils du téléphone ou des jupes trop courtes pour être honnête (Michael Bay!) ou une fille venant faire des massages en lingerie (Michael Bay!). A cela rajoutez un scénario pauvre se résumant au buddy movie classique avec les deux flics qui ne cessent de s'engueuler durant tout le film, à propos du cul, de la femme de l'un, des conquêtes de l'autre, de la roublardise des chefs, des collègues qu'ils détestent et qu'ils insultent de tous les noms d'oiseaux avant de s'armer avec pour dégommer du méchant.

"T'as vu comme j'ai couru? -J'ai vu surtout comment je t'ai sauvé d'une bagnole à vive allure!"

Et n'oublions pas Tcheky Karyo qui gueule et ça c'est un bon signe, car quand il gueule Tcheky, on rigole! Au moins on en a pour son argent et personnellement je ne m'en lasse pas. Pour en revenir à Smith, il est parfaitement dans le rôle de playboy qu'on lui a donné, roulant des mécaniques jusqu'à se prendre pour Tom Cruise (sans l'atteindre évidemment, on ne bat jamais Tom Cruise, j'ai dit JAMAIS!) dans un sprint! Lui et Martin Lawrence (qui ironiquement aura son nom avant celui de Smith, chose qui changera radicalement sur le volet suivant) cabotinent à mort quand ils ne lâchent pas une vanne lourde. Huit ans plus tard, ils en rajoutaient une couche avec un cru encore plus pénible. D'une vulgarité sans précédant (on en reparle des rats qui copulent?), épileptique au possible (ah la scène à 360° où l'on passe par des trous, où ça tire et s'insulte dans une ambiance bon enfant) et où Michael Bay fait dans le pompage le plus ignoble (une scène de Police Story est copié-collé comme pas possible quand Bay ne reprend pas le plan de son pote Fincher pour passer sa caméra à travers une vitre de boîte de nuit!), Bad Boys 2 se veut bigger and louder comme jamais. Smith joue encore une fois les tombeurs tout en donnant des conseils à son pote en panne d'érection (soupirs) et en se faisant sa soeur par la même occasion. Accessoirement, on le verra aussi baiser sa psy mais sinon tout va bien! A cela rajoutez un méchant cubain à faire pâlir Tony Montana (le mec découpe en morceau un russkof!).

"Alors c'est qui les beaux gosses hein? What's you gonna do?"

Depuis plusieurs années, on parle d'un Bad Boys 3, mais vraisemblablement en dehors de Jerry Bruckeimer personne ne semble vraiment s'extasier de cela. Pourtant cela ferait une belle roue de carrosses pour Smith, idem pour Martin Lawrence qui n'a pas touché au succès depuis un bon moment.

  • Independence day de Roland Emmerich

Là encore on parle d'un film qui a largement bercé l'enfance de votre cher Borat, avant de sentir passer le vent de la révolte. L'avis critique se faisant on remarque souvent certaines choses douteuses et devenant essentielles. Je ne reviendrais évidemment pas sur les scènes d'effets-spéciaux qui restent encore aujourd'hui encore des scènes cultes des 90's de destruction massive. Pour ce qui est de Smith, il cabotine à mort entre deux cigares et fait ce qu'on lui demande de faire. Soit le sidekick afro-américain qui ne cesse de causer pour ne rien dire, qui est militaire et dont la femme est une bombe sexuelle en manque de boulot normal (tout sauf stripteaseuse donc). On lui doit même une des répliques phares du film à savoir "c'est ce que j'appelle une rencontre du troisième type". Bruit de casserole merci. Pour ce qui est du fond, il est au combien problématique. Même si le film se suit bien durant ses deux bonnes heures et vingt minutes, on voit au combien Emmerich lèche le cul des ricains dans une propagande vomitive. Que ce soit par le sens du sacrifice ou le personnage du président ricain, le réalisateur allemand sort le paquet au point de ne voir plus que ça.

"Alors c'est qui le patron?!"

C'est à l'image de ce président sortant de la pénombre pour devenir un héros national en partant à la guerre aux aliens dans un avion de chasse! On ne lui demande même pas s'il sait piloter, il sait piloter. On ne lui demande pas d'être un héros, il est un héros. On ne lui demande pas d'être charmant, c'est un beau gosse. Sinistre à l'image de son titre. Will Smith ne jouera pas dans la suite d'Independence day, ce qui n'est peut être pas un mal artistiquement, mais un gros coup dur financièrement. On parle quand même de la sequelle de l'un de ses plus gros succès, le genre qui lui aurait fait grand bien après plusieurs années de disette.

  • les Men In Black de Barry Sonnenfeld

Will Smith est désormais une star avec deux succès au compteur. Malgré tout, son prochain film sera encore un film en tandem avec Men In Black, adaptation d'un comic-book très méconnu par chez nous. Largement remanié, le film devient une production Amblin dans ce qui se faisait encore de mieux. Smith incarne J un nouvel agent du MIB, cette agence gouvernementale secrète s'occupant des affaires intergalactiques et protégeant le monde des aliens malveillants. Dès lors, le film est un beau délire s'assumant pleinement, où Smith cohabite parfaitement à l'écran avec Tommy Lee Jones et le spectacle est pour le moins d'enfer. Voilà le cas typique de divertissement vraiment sympa que l'on regarde entre potes lors d'une bonne soirée. Et si en plus, Rob Bottin s'en donne à coeur joie dans les créatures, ce n'est que bonheur. Même la chanson éponyme de Smith aussi samplée soit-elle est plutôt sympa à écouter encore maintenant et le clip même s'il a un peu vieilli dans l'insert se révèle encore aujourd'hui plutôt cool. On n'en dira pas autant de la suite. Evénement indéniable au vue de la sympathie du premier film, sa sequelle est une immense bouse recyclant la plupart des traits d'humour du premier jusqu'à faire dans la caricature.

"T'as vu mon gros calibre J? -Je préfère les petits K, ils sont plus efficaces!"

On ne comprend pas les enjeux des méchants, certains disparaissant même de l'écran à l'image de Johnny Knoxville que l'on ne voit plus dès la seconde moitié du film! On ne comprend pas non plus l'utilité de ramener K, ni de faire de J un héros casse-couille qui ne fait que déblatérer des conneries entre deux dragues avec l'alors inconnue Rosario Dawson. Même la chanson de Will Smith est d'un pénible sans précédent. Vraiment à l'image de sa star principale: sévèrement pénible. Quant au troisième volet, après des années de development hell et de couilles dans le gigot (notamment la caravane de Smith ayant coûté une belle blinde), il s'avère pour le moins surprenant. Alors que l'on pouvait s'attendre à la suite inutile et surtout arrivant après la guerre, elle s'est révélée finalement fort sympathique jouant amusemment avec les paradoxes temporelles et oh miracle, Smith se révèle particulièrement sobre. Est-ce dû au processus du film l'ayant épuisé ou une autre raison? On ne sait pas mais votre cher Borat n'aura pas à taper dessus. De là à avoir envie d'un MIB 4 non, mais comme Sony songe sérieusement à lancer un mashup avec 21 Jump Street, il y a des chances de revoir les bureaux du MIB ouverts. Avec Jones, certainement pas, Smith peut être mais là encore cela reste très improbable...

  • Wild Wild West de Barry Sonnenfeld

"Je vous ferais voir ma grosse gondole et ma belle tour de Pise et puis je planterais ma grosse fourchette dans vos raviolis!" (Merci The Mask)

Le duo de Men In Black revient avec l'adaptation des Mystères de l'Ouest à l'été 99. Un gros blockbuster et gros flop à l'arrivée. Même la chanson du film sanplant très maladroitement Steevie Wonder (et on ne touche pas à Steevie!) n'arrive pas à débloquer la réputation de cet énorme navet putassier. Totalement WTF (à l'image vraisemblablement de la série mais bon, ça ne change rien au ridicule de certaines séquences et ne parlons même pas de Kevin Kline en gogo-danseuse!), pas crédible une seconde sur d'autres points (un afro-américain shérif en plein Far West, soit une des périodes les plus racistes des USA et qui plus est aux USA? On y croit!), Wild Wild West est la grosse baudruche par excellence auquelle on songe sévèrement à taper dedans tel une pinata! Par la même occasion, Will Smith prend toute la place à l'écran vu que c'est lui la star désormais. Il a beau partager la place avec Kevin Kline sur l'affiche, Kline n'est pas bankable et ce n'est pas son but. En revanche Smith l'est désormais et ce flop a sévèrement dû faire mal à son ego.

  • Ennemi d'Etat de Tony Scott

"J'aurais pas dû chanter America Fuck Yeah! J'aurais pas dû chanter America Fuck Yeah!"

Beaucoup ont craché sur ce bon Tony Scott avant de le réhabiliter soi-disant lorsqu'il nous a quitté il y a quelques années. Pourtant avec Ennemi d'Etat il touchait au but avec une histoire d'espionnage plutôt pas mal pour un divertissement du dimanche soir. A une heure où la NSA ne surveillait pas encore abusivement les concitoyens américains, Ennemi d'Etat touchait pourtant au but. Des magouilles par ci finissant par tomber entre les mains du personnage le plus improbable (Jason Lee puis Will Smith) et finissant dans une chasse à l'homme. Will Smith en vient même à refaire le coup du "Tom Cruise' sprint" en robe de chambre dans un tunnel! L'acteur se révèle vraiment bien dans un thriller bien moins con qu'on ne peut le penser et vraiment efficace. Pas un film d'action typique de ceux que l'on voit de Tony Scott mais sortant clairement des sentiers battus. Certainement un de ses meilleurs films à coup sûr et un des rares où votre cher Borat ne tapera pas dessus et ce pour rien au monde. Un bon divertissement de ce type voilà une belle aubaine pour un bon dimanche soir.

  • Ali de Michael Mann

"T'en veux encore ou tu veux ma photo Borat?"

On en parlait déjà la semaine dernière, mais voilà un biopic qu'un réalisateur peut réussir à sublimer sans problème. Will Smith s'y est beaucoup investi et cela se voit à l'écran. Utilisant sa gouaille pour incarner un provocateur né pour le ring, il est juste parfait et en soi on peut vraiment parler du plus grand rôle de sa carrière. Je ne développerais pas plus, je vous renvoie à la cuvée précédente sur Michael Mann.

  • Hitch d'Andy Tennant

"Quoi ma gueule? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?!"

Après avoir fait la voix du héros principal du pitoyable Gang de requins (au moins le cliché Will Smith est devenu réalité le temps d'un film d'animation) et fait un caméo bien moralisateur chez Kevin Smith, Will Smith revient avec une comédie romantique par excellence. Le mec est pro en séduction mais ne sait pas séduire les donzelles. Ses méthodes fonctionnent avec les autres mais pas avec lui. Donc on nous montre tout son incroyable trauma se résumant à sa copine ou tout de moins ce qu'il pense se taper un mec dans une voiture sous la flotte! Bouleversifiant. Hitch est la romcom par excellence où l'on devine tout tout de suite et où plus on avance, plus on s'enfonce. Smith fait son cliché de lover et cela plaira aux donzelles et les mecs essayeront de faire pareil. Malheureusement la vie sentimentale est bien moins facile que les conseils de Hitch.

  • A la recherche du bonheur de Gabriele Muccino

"C'est qui le meilleur des meilleurs des meilleurs? -C'est toi papa! -Yes!"

22 vla le biopic qui va faire pleurer dans les chaumières! Un film qui a des bonnes intentions et voyant son personnage principal cherchant à tout prix à se faire une place dans une société le prenant pour un prolo. Et évidemment tout est contre lui que ce soit son proprio le virant à coup de pompe dans le cul ou sa femme le quittant comme un mal propre. Alors certes tout cela est malheureusement vrai, mais le film est tellement larmoyant qu'il en devient bourratif. Il n'en reste pas moins que Smith peut faire un parallèle avec sa propre carrière: parti de rien, il est devenu le roi du pétrôle respecté par les studios, comme son personnage devenant à force de travail a réussi à se reconstruire. C'est très beau, pensez aux fleurs...

  • Je suis une légende de Francis Lawrence

Ouh qu'elle est belle la bête noire que voilà. Traînant depuis des années dans un development hell aussi improbable que les noms assignés (on parle de Paul Verhoeven, Ridley Scott et Arnold Schwarzenegger), l'adaptation du roman de Richard Matheson retrouve un souffle par la présence de Will Smith. Il n'y a rien à moderniser un roman qui date des 60's mais encore faudrait-il en garder l'essence ou même un tant soi peu de visuel. Or, en dehors des décors impressionnants de New York vides, absolument rien visuellement ne convainc le spectateur et le point d'orgue est certainement les créatures attaquant la nuit. Une chose normale dans le roman puisque ce sont des vampires! Or, dans le film, ils sont tellement mal faits que l'on ne sait pas ce qu'ils sont censés représenter. Des zombies? Bien trop expressifs. Des contaminés? Trop moches pour le dire. Quant à Robert Neville, son complexe est totalement modifié au point de ne rien retrouver du personnage du livre. Le fait qu'il ne soit pas blond ni un grand baraqué n'est pas grave en soi, même si cela reste une représentation évidente du personnage. Mais modifier complètement son histoire n'en devient que plus désolant.

Je suis une légende : Photo Alice Braga, Will Smith

Will Smith et les... trucs.

Plus d'alcoolisme on est dans un PG-13, plus de pieux, bonjour les flingues, Neville était faillible, Smith ne l'est quasiment pas en dehors du moment où il est suspendu (et encore il se sauve facilement), sa femme n'est plus morte de maladie, elle se crashe en hélico devant lui... En résulte un produit aseptisé où Will drague un mannequin, balance des répliques de Shrek, fait la morale à son chien, conduit une Ford mustang et joue au golf. Berk. En sachant que pendant un moment, on parlait d'une préquelle exposant les origines du virus. Heureusement pour nous, c'est vite sorti de la tête de la Warner.

  • Sept vies de Gabriele Muccino

Sept vies : Photo Gabriele Muccino, Rosario Dawson, Will Smith

"Hi i'm Willow. We can't dance? -Of course!"

Pire qu'A la recherche du bonheur, voici Sept vies. Encore une belle guimauve pour plaire à la ménagère un bon petit lundi après-midi sur M6 (la chaîne diffuse certains films à la place de ses téléfilms habituels depuis plusieurs mois). Will Smith joue le héros torturé au secret inavouable tragique et découvrant l'amour avec une des personnes qu'il doit sauver. On n'est même pas étonné d'un tel film, bien là pour renflouer les caisses et faire vendre des mouchoirs à foison. C'est tellement caricatural que cela en devient ridicule. Will Smith a le beau rôle tant mieux pour lui, ça a marché, très bien, mais le spectateur lui passera son chemin.

  • Hancock de Peter Berg

"Allez viens boire un tout petit coup à la maison, hop roooooh!"

Terminons ce portrait très détaillé de la filmographie de Will Smith par un de ses derniers succès. Berg est fidèle à lui-même, en bon pompeur il fait son Incassable rencontrant Les Indestructibles. Autant dire que pour l'originalité on repassera. Will Smith se révèle d'abord amusant en super-héros alcoolique, sorte de Superman qui aurait passé trop de temps au bar en repensant à la planète Krypton. Le film se tient plutôt bien jusqu'au passage en prison de Hancock, on regarde d'un oeil bienveillant Will Smith défonçant la gueule de méchants entre deux gorgées de Jack Daniels ou en mettant la tête d'un détenu dans le cul d'un autre (autant dire qu'il l'a senti passé). Une séquence présente sur le DVD le montre même en train de baiser une groupie, lui faisant gentillement comprendre que c'est lui le patron! Mais le film s'enfonce beaucoup trop par la suite dans un sérieux gênant, jusqu'à un rebondissement impliquant Charlize Theron au combien ridicule. Décevant au regard de ce qui a été fait avant et plombant tout le film.

Allez à la semaine prochaine!

"Bon Margot je vais faire un pari. Tu vas voir Borat tu lui fais la cour, comme ça on pourra dire qu'après cette cuvée, il sera plus gentil avec moi. -Avec moi certainement, toi je ne sais pas." A suivre...

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26 mars 2015

C'était Liam Neeson qui avait besoin d'une nouvelle chaudière

Un ancien mafieux protège son fils contre les hommes de son meilleur ami, suite au meurtre du fils de ce dernier...

Night Run : Affiche

Le nanar d'action est devenu trop rare dans le cinéma hollywoodien au point que l'on désespérait d'en croiser un nouveau. Pour 3 euros 50 votre cher Borat a trouvé une petite perle avec Run all night de Jaume Collet Serra qui s'est vraiment plongé dans le film d'action bourrin débile avec Liam Neeson depuis le sympathique Esther. Hé oui, Liam Neeson est tellement devenu une caricature que l'on préfère en rigoler un bon coup et Run all night est bien fait pour cela. Car depuis Taken, Neeson est devenu la figure badass avec un gros flingue dans la main droite et le couteau dans la gauche et sa b... enfin bref que n'aurait pas renié le Charlie Bronson des années Cannon (ou Chuck Norris mais la légitimité de Bronson est plus logique avec le parcours de Neeson). Par contre pour ce qui est des bons films depuis Taken on ne retiendra que The grey. Ce n'est pas avec Run all night que cela va changer mais au moins, dans son ridicule on en rigole. C'est presque un point fort à lui tout seul, car c'est aussi cela le film d'action: rigoler devant des répliques badass à la con ou des scènes d'action improbable ou et prendre son pied (nanardesque en l'occurrence ici). Même si l'action n'est pas excellente, elle n'abuse encore pas trop de shakycam (malgré le passage de l'appartement en flamme soit illisible soit ridicule).

Night Run : Photo Joel Kinnaman

Ce qui n'empêchera pas de rire devant Liam Neeson qui finit par buter un mec qui l'a sévèrement défoncé (même Ed Harris finit par faire une vanne dessus disant que le bonhomme faisait plus de kilos que lui et aurait dû le démonter!) ou le même Liam chargeant son fusil avec caméra embarquée (ne riez pas, c'est Hollywood!). Mais là où le film atteint des sommets dans le grand nanar de compétition, c'est dans son contexte initial dans tout ce qu'il a de plus subtil et improbable. Pour cela, votre cher Borat va vous raconter une petite histoire à la manière de ce cher Père Castor. Liam Neeson s'est réveillé un beau matin avec une chaudière cassée, alors qu'il a décidé d'aller le fils de son pote mafieux pour un prêt. Bon avant cela il s'est bien bourré la gueule avant de faire un petit coma éthylique. Mais comme il faut une caution alors il accepte de faire le Père Noël pour la soirée chez son ancien pote mafieux qui n'était pas au courant. Il est tellement bourré qu'un petit dit que "le Père Noël ne sent pas très bon", alors il enchaîne sur une blague grivoise en visant un ancien du Fight Club (Holt McCallany), disant que sa femme voulait peut être goûter un nouveau "format" (vous voulez un dessin les enfants? Non? Bon...). Un élément intéressant qui reviendra au cours d'une baston entre les deux cocos se résumant "j'ai mis mon format de trente cm dans la bouche de ta femme, elle était ravie!"

Night Run : Photo Ed Harris

Un vrai sens du comique badass l'ami Liam et pas de doute que le spectateur rigolard et amateur de nanardise risque fort de bien se fendre la poire devant de telles répliques. Mais quand il n'y en a plus, il y en a encore, le fils du mafieux qui devait faire réparer la chaudière de Liam (qui accessoirement se caille autant les miches que dans The grey) a un problème avec des dealers qu'il tue. Manque de bol, les dealers sont venus avec... le fils de Liam Neeson! Ah ben ça alors les enfants, vous ne vous y attendiez pas! Alors évidemment Liam tue le fils de son pote et son pote lui envoie les chiens. Car oui en plus des tueurs et autres bandits, Ed Harris tient aussi les flics qui sont tous corrompus sauf Vincent d'Onofrio et son pote (tiens ça lui changera de son rôle de Strange days)! Run all night est donc une belle série B nanarde que l'on croit sortir des 80's dans ses clichés comme son pitch prétexte à des répliques qui en ont et des scènes d'action où ça tire beaucoup. Tout le monde n'appréciera pas à coup sûr, certains y verront même une énorme bouse graveleuse. Mais clairement on ne s'ennuie pas devant Run all night, juste que vers la fin cela tire un peu en longueur et que l'intro est clairement grossière et inutile (Neeson semble nous ressortir le monologue magnifique de The grey). Un film qui peut donc s'apprécier à condition de le prendre pour ce qu'il est et ne surtout pas le prendre au premier degré.

Night Run : Photo Liam Neeson

Un beau nanar d'action où Liam Neeson déboîte encore du bad guy, mais de manière beaucoup plus drôle que chez Tonton Besson.

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21 mars 2015

Sing a happy song, sing a happy song!

Jerry travaille dans une usine et est sous cachet. Sauf que quand il ne les prend pas, il entend des voix et certains n'ont pas forcément des messages sympathiques...

The Voices : Affiche

Après un essai solo qui n'a vraisemblablement pas été très concluant (La bande des Jotas), Marjane Satrapi revient avec un cru pour le moins singulier. Tourné aux USA avec des fonds indépendants (on ne peut donc pas parler de film de studio comme Disney qui voulait qu'elle réalise Maléfique) et pourtant un beau casting à même de trouver un public certain (Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Gulliver McGrath, Ella Smith et Jacki Weaver), The Voices a reçu un bel accueil et notamment à Gerardmer où il a fini avec les prix du jury et du public aux côtés du réellement mémorable It follows. La première grande réussite de The Voices est que Satrapi a eu une totale liberté de ton, du fait que ce ne soit pas un film de studios. Comparé à un grand nombre de réalisateurs français (elle a la double-nationalité franco-iranienne) partis aux USA et en particulier dans le cinéma de genre, elle n'a pas eu le droit par exemple aux Weinstein, véritable torpilleur de frenchy à foison. Il n'y a qu'à voir les trois mésaventures d'Alexandre Aja avec eux (La colline a des yeux devait se faire avec eux, Piranha 3D a été une catastrophe de post-production et Horns finira entre leurs mains dégueulasses) ou le couple Bustillo/Maury (envoyés sur Hellraiser et Halloween 2 avant de se faire virer à coup de pompe dans le cul!). Ce genre de nouvelles fait donc plaisir. Initialement on pourrait croire à une banale fiction avec des animaux puisque le personnage principal incarné par Reynolds communique avec son chien et son chat. Anthropomorphisme évident à l'appui, personnage seul à pouvoir parler à ses bêtes: voilà un concept qui avait largement servi la série La famille Delajungle (oui votre cher Borat a aussi ses petites références).

The Voices : Photo Gemma Arterton, Ryan Reynolds

Sauf que le personnage de Reynolds est psychiatriquement instable et c'est là toute la différence, puisque c'est quand il ne prend pas ses cachets qu'il entend ces fameuses voix. C'est là que Satrapi filme le tout avec une certaine intelligence et joue sur la perception.Quand il ne prend pas ses cachets, Jerry est face à une réalité morbide qui l'envahie et idem pour le regard éventuellement extérieur. Il suffit de quelques scènes pour comprendre à quel point le personnage est prisonnier de sa psyché, au point de ne pas vouloir voir la vérité en face. Alors il lache les cachets et c'est reparti pour une vision fantasmée mais certainement pas réel. Le spectateur sait parfaitement que quelque chose cloche mais les autres personnages non et c'est par eux que nous verrons vraiment l'aspect morbide de l'appartement (le mec étant à proprement parler "dans son monde"). Une manière intéressante et bien utilisée pour montrer ce qui se trame dans la tête du personnage et plus particulièrement par ses animaux formant la bonne conscience (le chien, meilleur ami de l'homme ne l'oublions pas) et le petit diable (le chat, manque plus qu'il soit noir et c'est foutu). D'ailleurs chose à préciser et qui n'est pas le cas en VF vraisemblablement, Reynolds double aussi le chien et le chat, renvoyant encore une fois à ces petits anges gardiens à poil.

The Voices : Photo Ryan Reynolds

(attention spoilers) Sans compter les corps qui vont s'accumuler de manière tantôt dramatique (c'est le cas pour Gemma Arterton, mourant sur un malentendu) ou de manière plus cocasse (le meurtre de Kendrick est d'un humour noir indéniable, fait dans une malchance ahurissante de rigolade), voire carrément expéditive (la fille en sait trop? Hop tête dans le frigo!). (fin des spoilers) Satrapi aurait pu faire de Jerry un psychopathe en puissance et complètement irresponsable. C'est surtout un homme voulant rester dans son monde et ayant conscience de la gravité de ses actes. Ce qu'il dit d'ailleurs à sa psy est assez éloquent: les deux heures qu'il a passé avec ont été plus instructif que des années de psychothérapie. C'est aussi pour contrebalancer ses actes qu'elle emploie un humour graphique comme distingué pour contrebalancer l'horreur parfois bien visible. D'où le fait que l'on peut vraiment classer The Voices comme une comédie horrifique avec un peu de romcom, le tout sans que ce soit bourratif. The Voices assume tellement son délire qu'il en vient à signer un des génériques les plus jouissifs de tous les temps et partant tellement dans le WTF qu'on en vient à se demander à quoi carburer Satrapi quand elle a eu cette idée de séquence (en plus de la couleur rose bonbon présente partout ou l'asiatique chantant du Elvis) ! Pour ce qui est des acteurs, Reynolds est clairement au top de sa forme, jouant parfaitement le bênet gentil mais quelque peu meurtrier sur les bords (comme quoi les rôles de mecs simples vont bien aux super-héros décriés n'est-ce pas Ben Affleck?) et le casting féminin est absolument adorable.

The Voices : Photo Anna Kendrick, Ryan Reynolds

Une comédie horrifique au combien jouissive et mis en scène avec intelligence, ce qui manque beaucoup au cinéma d'horreur depuis de nombreuses années. 

20 mars 2015

Cuvée manienne

Cette semaine, la Cave de Borat aurait pu parler de différentes choses, comme la filmo de Tim Burton vu que Big eyes vient de sortir mercredi. A la place, votre cher Borat vous fera un dossier coton qui risque fort de l'accaparer longtemps (d'où le fait de me préparer sévèrement à la chose!). Alors que Blackhat (vous m'excuserez de ne pas dire Hacker hein?) vient de sortir depuis mercredi, la Cave de Borat se devait de rendre hommage à un des meilleurs réalisateurs américains. Comme souvent, ce sera l'occasion pour votre cher Borat de revenir sur sa vision personnelle de ce cinéaste atypique et minutieux qu'est Michael Mann. Mon histoire d'amour pour ce cinéaste a commencé un dimanche de septembre 2004 avec Collateral. Je me souviens avoir trouvé le film vraiment pas mal mais à cette époque, je jugeais différemment d'aujourd'hui, moins critique plus porté sur le divertissement. Ce qui ne m'empêchais pas de savoir juger quand c'est bon ou mauvais (quelques semaines avant, je jugeais déjà très méchamment Le village, La ferme se rebelle ou Catwoman). En l'occurrence le bilan de Collateral fut bon mais il faudra l'achat du DVD bien des années plus tard pour apprécier pleinement les qualités d'un film pareil. Avec ce film, Mann signe une commande pure et dure et en sachant que cela fait depuis Manhunter qu'il n'accepte plus de contrat sur des projets instables voulant éviter un nouveau naufrage à La forteresse noire (The Keep). L'occasion pour lui d'expérimenter de nouvelles caméras haute-définition, tout en signant son premier film non-écrit par ses soins.

"Salut Borat, c'est Tommy. ça faisait longtemps hein? -Depuis quelques mois en effet. Welcome back!"

Pourtant, Mann est bel et bien présent que ce soit dans l'expérimentation ou cette virée nocturne où il sublime LA tout en lui donnant une aura mystique. Il se permet même le temps d'un plan de faire un parallèle avec un loup le temps d'un plan, symbolisation même de ses deux personnages principaux. D'un côté, un chauffeur de taxi cherchant à tout prix à sortir d'un quotidien répétitif. De l'autre, un tueur à gages qui navigue de ville en ville pour abattre ses cartes avant de se repartir vers une autre destination. Ces deux personnages ont beau avoir un sens moral différent (et encore heureux), ils restent pourtant similaires dans leurs lignes de conduite. S'il y a bien une scène à garder du film, c'est indéniablement la scène du night-club. On a vu jusqu'à présent de quoi était capable Vincent (Tom Cruise certainement dans son meilleur rôle selon votre cher Borat) au travers du mec tombé sur le taxi ou le jazzman avec une balle dans la tête. Mais dans la scène du club, Mann montre enfin Vincent en action. Savatage en règle à coups de tatannes ou de couteau, tirs au pistolet... Tout frôle l'hystérie collective et c'est encore plus pimenté avec la police qui débarque. Une scène d'une maîtrise indéniable où Mann dynamise par l'action une scène d'exécution en apparence banale.

Ma seconde rencontre s'est fait deux ans après avec Miami Vice encore une fois en salle. Mais l'accueil fut différent. Savant ce que valait Michael Mann, j'avais été horriblement déçu et d'autant plus que j'avais vu des épisodes de Deux flics à Miami. A l'époque de la série, Mann en est producteur et s'est largement impliqué dans le projet. Deux flics à Miami c'était la série policière décontractée mais restant dans une tonalité dramatique. Je m'explique. Malgré les histoires de cul de Sonny Crockett (Don Johnson au sommet de son charisme qu'il emploiera encore une fois pour le brûlant Hot spot de Dennis Hopper) et les costumes semblant sortir des maisons Armani (est-ce vrai? A vérifier), la série parlait tout de même de lutte anti-drogue avec infiltration à la clé, cartel à dégommer et fusillades de temps à autre. Autant dire que la version cinéma n'a quasiment rien à voir avec la série, c'est même en cela que l'on peut clairement se demander pourquoi Mann a baptisé ce film Miami Vice. Droits faciles? Certainement en plus c'est lui le producteur historique de la série. Plus grandes ambitions? Au vue du budget colossal, certainement. Volonté de liberté? Quasiment sûr. Dans tous les cas, Miami Vice fait semer le doute et même si on aime Mann, on peut tout de même se demander s'il n'y a pas un problème.

Classe 80's...

C'est aussi pour cela que j'ai durant très longtemps détesté ce film, car au final il n'a tellement rien à voir avec la série qu'il en
devient frustrant. En revanche, si l'on commence à en faire abstraction, Miami Vice devient subitement un vraiment bon film. Polar efficace à la bande-originale éclectique (une des BO qui tourne le plus dans mon smartphone avec celle des Gardiens de la galaxie), où une histoire d'amour prend subitement sens (et ce malgré que Colin Farrell était complètement cocaïné sur le tournage et pourtant il joue bien le bougre), Miami Vice s'impose comme un cru romantique plus qu'autre chose. Les deux héros cherchent à sauver leurs amours respectifs (Farrell la belle Gong Li qui est dans le camp des dealers, Jamie Foxx sa collègue Naomi Harris kidnappée par les dealers) tout en menant des opérations explosives. La fusillade de fin en est la preuve et c'est aussi là où le cinéma de Michael Mann trouve tout son intérêt: la HD convient parfaitement à la vision nocturne que filme Mann en grande partie et ce malgré que cette fois-ci, il filme le jour ce qui a entraîné quelques complications techniques. Sans compter un final émouvant sur Autorock de Mogwai où le réalisateur filme certainement les adieux les plus tristes des années 2000. Comme quoi au détriment d'être une bonne adaptation, Miami Vice est avant tout un bon film. Il m'a fallu trois visions pour le constater.

... romance 2000's.

La troisième fois fut avec Public enemies au cinéma. Là encore grosse déception mais cette fois-ci mon avis est passé de légèrement positif à extrêmement négatif. Ou comment plusieurs visions en BR m'ont fait constaté à quel point le film est mauvais. Si je peux encore sauver Johnny Depp dans un rôle plus proche de Donnie Brasco que de ses excentricités pénibles ou Stephen Lang parfait en armoire à glace légende à lui tout seul de la police dans un rôle similaire à Robert Ford; le reste du casting laisse en revanche à désirer. Désolé de tirer encore et toujours sur l'ambulance, mais Marion Cotillard n'est vraiment pas bien dans le film et semble vraiment à côté de ses pompes. Elle semble réciter son texte sans jamais convaincre. Pire il ne semble Stephen Graham cabotine comme un porc en Baby Face Nelson et le pire vient certainement de Christian Bale. Le spectateur est là pour voir le duel entre Dillinger et Melvin Purvis, l'agent du naissant FBI ayant traquer le braqueur de banque. Or, Mann délaisse non seulement rapidement le personnage de Purvis, mais doit aussi compter sur un très mauvais Christian Bale. Complètement absent voire transparent au possible, on voit que son année 2008 fut une catastrophe ambulante à l'image de sa prestation dans un autre film événement de cet été là, Terminator Renaissance.

"J'ai comme un doute sur la réussite du film..."

Au pire on retiendra les scènes de braquages ou la fusillade nocturne, le problème étant que la HD ne convient absolument pas à un film d'époque de ce type, au point que cela en devient anachronique. Un désastre au regard du potentiel réel d'un tel film. La même année je découvrais en DVD l'autre chef d'oeuvre majeur de Michael Mann, celui dont on se souvient probablement le plus à savoir Heat. Il est rare de voir un duo de stars d'égal à égal, l'un pouvant prendre plus de place que l'autre. Pourtant avec Heat, Mann montre un duo d'acteurs ayant une place aussi dominante l'une de l'autre, jouant au "gendarme" et au "voleur". Ces stars sont Al Pacino et Robert De Niro soit deux des plus grands acteurs ayant émergé dans les années 70. De Niro le bandit au sens de l'honneur et dont le romantisme l'amènera à faire sa seule erreur; Pacino le policier tellement à bout qu'il finira par craquer totalement lors d'un final sublimé par la musique de Moby. Au point que tous les autres personnages passent après ce duel iconique même un Val Kilmer plus correct qu'à son habitude dans les 90's. De plus, Mann signe probablement une des fusillades les plus impitoyables du cinéma, un standard des 90's au point que Ben Affleck s'en inspira largement pour The town. Le temps de quelques plans, le réalisateur se permet bien évidemment de faire un petit clin d'oeil à sa ville d'adoption avec des plans nocturnes de Los Angeles pour le moins superbes. 


Heat par mas08ter

N'ayant pas sorti de film depuis Public enemies (en dehors de la production de la série Luck qui a fait couler beaucoup d'encre, suite à des chevaux morts sur le tournage), ce fut l'occasion de rattraper mon retard et je l'ai fait jusqu'à tout récemment pour tout vous dire. Tout d'abord avec Le dernier des mohicans vu sur la 2 durant les fêtes de noël. Avec ce film, Mann passe le cap des 90's en s'attaquant à un film en costumes. Là où le destin de Manhunter aurait pu le laisser se contenter de faire des polars, Mann passe à un nouveau défi malgré que The Keep lui a permis de toucher à la Seconde Guerre Mondiale. Avec Le dernier des mohicans, il revient à la fois sur la Guerre d'Indépendance mais aussi sur le conflit inévitable entre les Américains Blancs et les Amérindiens. L'Indien ici incarné par un Blanc (car un peu à l'image de Little Big Man, l'Indien est un européen trouvé par des indiens) est confronté à la fois à l'amour qu'il a pour son peuple et via lequel il se bat (que ce soit pour eux ou en association inévitable avec les Américains Blancs) et celui qu'il éprouve pour une belle immigrante (la sublime Madeleine Stowe). Mann en plus de faire une fresque sublimement romanesque se permet à la fois de montrer la Guerre d'Indépendance via le point de vue d'Amérindiens, mais surtout de montrer les conflits au sein même de ce peuple qui sera par la suite décimé en grande partie.

Daniel Day Lewis est au top de sa forme et Wes Studi est un des plus beaux méchants des films de Mann, de par sa violence et ses trahisons. Si ce film est en général dans les moins aimés de Mann, mais il n'en reste pas moins une fresque historique sublime et pour lequel on reconnaît automatiquement le thème de Trevor Jones et Randy Edelman , qui sera saccagé par le fadasse Arthur dans sa sinistre émission A prendre ou à laisser. Et cela je ne pourrais jamais le pardonner, comme le fait que à chaque fois que l'on parle de poterie, on nous ressort Unchained melody en pensant à Ghost! Puis votre cher Borat a découvert l'art du streaming au fil des années et il a fini par voir Ali. Vous connaissez tous mon aversion pour Will Smith, cet acteur au combien narcissique et casse-pied, capables de foirer un projet ambitieux rien qu'avec son nom (il n'y a qu'à voir I, robot et Je suis une légende pour s'en rendre compte). Pourtant ici, l'acteur réussi à faire une vraie performance et c'est suffisament rare pour le souligner. Il est parfait dans le rôle d'un des plus grands boxeurs du XXème siècle, jouant subtilement de sa gouaille habituelle, tout comme un certain Mario Van Peebles cantonné aux bouses depuis l'excellent Maître de guerre de Clint Eastwood (on en reparle d'Highlander 3?) dans la peau de Malcolm X. Deux outsiders au pays des winners.

"Ali bomayé!"

Mann se permet d'expérimenter pour la première fois les caméras HD et particulièrement pour les combats de boxe, où la caméra est totalement embarqué et semble se prendre des coups par ci, par là. Le film permet aussi une conclusion superbe, le chant Ali Bomayé résonnant comme une délivrance pour Ali (sa victoire contre Frazier symbolise à elle seule la reconnaissance ultime et surtout son retour fracassant aux affaires) et pour le spectateur après ce déchaînement de poings. Ali apparaît comme l'un des films de boxe qui a su le mieux filmé la boxe et cela malgré ses atours de biopic. Le problème vient surtout que Mann n'est pas allé jusqu'au bout du parcours de sa célébrité de service. S'arrêtant sur la gloire retrouvée de Mohamed Ali, il n'en aborde pas la nouvelle descente du boxeur ainsi que son combat contre la maladie. Alors certes il aurait fallu un film de plus de 3h (le film fait déjà 2h39), mais l'ambition de Mann est tellement présente qu'il est vraiment dommage de ne pas avoir été au bout. Un peu triste. Rareté s'il en est, The Keep reste un film difficile à trouver alors quand il passe sur le câble sur une chaîne comme Ciné Frisson, cela n'a pas de prix, vous savez déjà ce que vous allez regarder. Mort du concepteur des effets-spéciaux durant le tournage foutant en l'air une bonne partie du visuel du film, charcutage au montage (on parle d'au moins 2h de coupes), tournage trop longuet et un reniement total.

La forteresse noire laisse une trace béante dans la filmographie de Michael Mann, car c'est son premier blockbuster à proprement parler et la Paramount l'a complètement torpillé quand il avait le plus besoin de son aide. Plus qu'un Treizième guerrier dont finalement les coupes sont fort minimes, The Keep se dévoile complètement coupé au point que l'intrigue en patit plus d'une fois. Par exemple, Scott Glenn apparaît comme si de rien n'était après au moins quarante minutes de métrage (on parle d'un montage de 90 minutes...). Sans compter certains effets-visuels non fignolés entraînant un climax final décevant au regard des ambitions du projet. Il n'en reste pas moins que Mann réussi clairement son pari de faire un film sur le mal absolu. Pour cause, le film met en scène des nazis. Sauf que les personnages de Jurgen Prochnow et Gabriel Byrne n'ont strictement rien à voir. D'un côté, un soldat en ayant marre de la guerre et se trouvant dans une position inconfortable, de l'autre le bourreau par excellence celui qui exécute sans relache. Un personnage que l'on pourra renvoyer avec celui incarné par Ralph Fiennes dans La liste de Schindler quelques années plus tard. Mais pas que. Le paradoxe le plus total est que l'un des méchants du film est initialement une victime des nazis: un professeur juif.

C'est Princecranoir qui va être heureux!

Croyant qu'il fait le bien en pactisant avec la créature, il en vient à devenir aussi cupide que ceux qui ont oppressé son peuple et lui-même. C'est d'ailleurs là où Mann touche au but: même les plus grands ennemis du monde finissent par avoir des desseins similaires. Sans compter que la créature designée par Enki Bilal est absolument géniale. The Keep est le film auquel on espère toujours une version longue, mais elle n'arrivera probablement jamais. Parce que la Paramount s'en fout et considère certainement ce film comme un fond de tiroir. Parce que Michael Mann n'a probablement pas envie de se remettre à monter un film qu'il a abandonné plus de vingt-deux ans. Si le film sort un jour en BR ce sera déjà un événement en soi (il n'est jamais sorti en DVD). Puis vint Révélations sur TCM, le premier biopic réalisé par Michael Mann. Certainement le chef d'oeuvre ultime de Mann avec Collateral, The Insider est un film double malgré un sujet similaire: l'intégrité des deux personnages principaux dans leur combat. Là encore Mann joue sur un duo atypique et se reliant mutuellement. La toile de fond, à savoir les défauts dramatiques des cigarettes de B&W, n'est qu'un prétexte. Cela pourrait être n'importe quelle multinationale que ce serait aussi brûlant pour l'employé voulant atteindre la justice.

La franchise a un prix...

D'un côté nous avons Jeffrey Wigand vice-président de la recherche et du développement de la firme viré parce qu'il touchait à un point sensible. C'est un homme qui va rapidement être broyé par un système vicieux et hypocrite, et où le moindre média vous scrute quand les menaces de mort ne s'abattent pas sur votre famille. La violence de la première partie n'en est que plus grande et Russell Crowe de faire une performance indéniable d'homme lâché dans la fosse aux lions sans arme pour se défendre. De l'autre côté, Lowell Bergman producteur d'une émission vue par des millions de téléspectateurs et trouvant avec Wigand un sujet en or. C'est là que la seconde partie arrive. Bergman est aussi menacé par la compagnie du tabac et la chaîne de devoir céder aux pressions. Et là c'est tout le grandiose d'un acteur comme Al Pacino qui a une gouaille inimitable pour se faire entendre dans un système corrompu par l'argent. L'intégrité est au centre des 2h35 de film et cela passant à une vitesse folle. Le plus impressionnant avec The Insider c'est qu'il n'est en rien un biopic même s'il reprend le principe chronologique de l'affaire de A à Z. C'est un pur thriller où les personnages sont mis à l'épreuve face à des menaces plus grandes qu'eux. Quand un film réussi à transcender un statut comme le biopic, on peut dire un grand bravo.

Le solitaire, premier film de Mann après des années passées à écrire et réaliser pour la télé, est un des meilleurs dans cette catégorie. Certes c'est son premier de cinéma mais Mann avait déjà signé le très plébiscité téléfilm Comme un homme libre. Il a donc en soi déjà une certaine maîtrise de la caméra. C'est donc les plages de LA comme sa vision essentiellement nocturne (que ce soit les bars, le braquage en titre, la folie furieuse) que Mann filme à la perfection le tout sous une merveilleuse musique de Tangerine Dream. Pour son premier film, Mann engage ni plus, ni moins que James Caan alors dans le creux de la vague et retrouvant là un rôle à sa mesure. Celui d'un as du braquage face à des mafieux un peu trop soupe-au-lait pour être honnêtes. Mann filme déjà en soi une future variation du personnage de De Niro dans Heat. L'attachement le pourrit au point de mettre en danger des proches. Et pour finir cette chronique toute manienne, revenons sur Manhunter vu en téléchargement faute de trouver le foutu DVD de la MGM. Hannibal Lecter est un personnage qui a été abordé plus d'une fois et dont le regain d'intérêt est revenu avec la plaisante série de Bryan Fuller qui peut se montrer comme une sorte de préquelle à Manhunter, qui adapte Dragon Rouge, tout en étant elle-même la séquelle involontaire des Origines du mal.

Thief (affiche)

Cinq ans avant Le silence des agneaux, Michael Mann adaptait Thomas Harris avec une certaine classe tout en laissant de côté Lecter pour se focaliser sur le personnage de Will Graham. Malgré une présence réduite, Lecter (Brian Cox parfait) apparaît comme un vrai loup en cage, manipulant à distance Graham de par un banal coup de téléphone. La scène des retrouvailles entre Graham et Lecter s'avère certainement être la meilleure scène d'un film hypnotique au possible. Au point de se demander si c'est Lecter qui est emprisonné ou Graham dans cette pièce séparée par des barreaux. On voit tout l'impact qu'a eu Lecter sur le subconscient de Graham. Au contraire de la fadasse adaptation de Brett Ratner, Mann ne fait pas dans l'adaptation dévoilant tout tout de suite, il s'approprie le matériel et s'il veut évoquer le traumatisme de Graham, il le fera lors d'une banale discussion entre un père et son fils. Pas besoin de voir pour comprendre. Le film peut également compter sur un méchant comme Tom Noonan (bien plus imposant que Ralph Fiennes plus commun aussi) et surtout William Petersen est parfait en Will Graham. Avec To live and die in LA de William Friedkin et Manhunter, il aurait pu devenir une grande star, n'ayant pas besoin d'une série à succès de CBS pour s'imposer. Les films seront un flop et il faudra 1999 pour imposer sa bouille sur les écrans. Allez à la semaine prochaine!

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16 mars 2015

Olympisme tragique

Récit d'une tragédie entre deux sportifs les frères Schultz et le milliardaire John du Pont, en route vers les Jeux Olympiques de Séoul...

Foxcatcher : Affiche

On parle souvent d'un effet Cannes, celui qui permet de contrebalancer ce qui va suivre. On pense notamment au marathon The Artist qui aura permis à Harvey Weinstein de faire un show de récompenses comme rarement on en aura vu aussi ignoble (Jean Dujardin pourra vous en parler, il en avait ras le bol de faire de la com dans toutes les réceptions) ou La leçon de piano qui avait permis à Holly Hunter de se faire le doublé "prix d'interprétation féminine" à Cannes et Oscar de la meilleure actrice. Mais tous n'ont pas cette chance, preuve en est avec Foxcatcher qui ne récolta pas grand chose en dehors du prix de la mise en scène accordé par le jury de Jane Campion. Biopic événement, le film n'a cessé d'avoir son lot de désillusions preuve en est la totale absence de Channing Tatum dans les nominations (alors que Mark Ruffalo et Steve Carell sont revenus à chaque fois) ou que le film soit nommé aux Oscars de manière hasardeuse (pourquoi nommé son réalisateur et pas son film? Pourquoi nommé un biopic en "scénario original" sous prétexte qu'il n'est pas adapté d'un bouquin relatant les faits, au contraire des autres biopics qui sont dans la catégorie "scénario adapté"?). Le film de Bennett Miller (réalisateur du plutôt bon Moneyball ou de Truman Capote, soit déjà des biopics!) a donc eu un après-Cannes aussi étrange que le film lui-même.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Steve Carell

Biopic inévitablement prévisible (il suffit de lire quelques articles par ci, par là pour comprendre des faits aussi violents), Foxcatcher porte son nom du clan tenu par le milliardaire John du Pont (Carell) et qu'il a particulièrement employé pour lancer l'équipe américaine de lutte pour les Jeux Olympiques de Séoul. John du Pont n'apparaît pourtant pas tout de suite, prenant au contraire le point de vue de celui dont il sera le "mentor" voire le fruit de sa chute Mark Schultz (Tatum). On voit le quotidien misérable de ce champion olympique de lutte, allant jusqu'à faire des prestations dans des écoles pour quelques dollars et dont le quotidien repose uniquement sur la lutte. Il n'y a qu'à voir son appartement miteux composé majoritairement de récompenses et d'un lit. Alors quand on lui montre le personnage de John du Pont, il est évidemment ravi: une place de meneur d'équipe, un logement et un financier. De quoi faire rêver un sportif! Sauf que rapidement, la personnalité de du Pont se dévoile: plus qu'un mentor, il se veut beaucoup trop proche de son poulain, au point de le mettre à rude épreuve. Miller montre petit à petit le cheminement mental défaillant de Schultz d'où du Pont se sert largement, au point de le rendre dingue. C'est aussi en cela que Tatum fait pour la première fois dans la performance pure. A cela rajoutez le frère Schultz (Ruffalo) autre champion olympique qui va rapidement avoir une place dominante dans la relation douteuse entre du Pont et Mark Schultz.

Foxcatcher : Photo Steve Carell

Tout change puisque Dave a une grande influence sur Mark et que Mark en a marre de cette influence. Sauf que du Pont prend de la place et qu'il influe sur la psyché de Mark. Quant à du Pont, on est face à un homme prêt à tout pour satisfaire les yeux de sa mère (Vanessa Redgrave). Miller signe un film fascinant sur un trio improbable à l'issue inévitable. Tout est un cheminement vers une fin évidente et malgré tout, on reste hypnotisé par le destin de cet énorme gâchi sportif. Il n'en reste pas moins que le prix de la mise en scène est usurpé au possible. Il n'y a aucune fulgurance et surtout cela ne repose que sur le montage et à la limite sur la musique qui est malheureusement trop peu présente. La mise en scène n'étonne pas et c'est tout ce que votre interlocuteur ne supporte pas dans le cinéma indépendant ricain: une volonté de laisser tourné la caméra en accumulant le champ-contrechamp basique et les plans poseurs. Sinistre car cela dessert le film plus qu'autre chose, sans compter d'énormes longueurs. Malgré une mou monoexpressive pour jouer le bourrin de service, Tatum se révèle très intéressant et physiquement sa performance est indéniable. Son vrai passage dans un cinéma plus dramatique et moins typé popcorn est plutôt réussi en fin de compte. Carell insiste peut être trop sur l'aspect monoexpressif aussi, trop bouffé par le maquillage. Ruffalo étonne dans un rôle très différent d'habituellement, transcendant un personnage en apparence basique mais à l'importance capitale.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Mark Ruffalo

Un film très intéressant, mais bouffé par un manque flagrant de mise en scène et des longueurs indéniables.



15 mars 2015

Cuvée classée Myers

La dernière fois que la Cave de Borat avait abordé une saga, cela avait cassé la baraque à base de Rage against the machine (on dit "merci qui?" mes loulous pour le bon son?!). Il était donc temps pour votre cher Borat de revenir sur une autre saga cette fois-ci plus longue, plus gourmande, plus croquante, plus saignante (ou à point ou bien cuit, vous voyez comme vous voulez hein?) car mes chers lecteurs, cette semaine, on va revenir sur une des sagas phares du slasher. Mais non, pas l'opportuniste Vendredi 13 qui fera plus desespéré qu'autre chose (désolé je déteste le premier), ni même l'ami Freddy qui ne demande que ça pour sortir ses griffes dans la nuit, mais bien évidemment d'Haddonfield, fief de celui qui sévit le 31 octobre depuis 1978. Et aussi celui qui a propulsé la carrière de Seignor Big John alors auréollé de l'aura d'Assaut et augure d'une merveilleuse carrière à base de catcheur à lunettes révélatrices, chose, camionneur héroïque de bas étage, chasseurs de vampires et autres prisonniers borgnes. Mais c'est une autre histoire (sachez qu'il y aura certainement une cuvée spéciale Big John cette année). Nous allons bien sûr parler de la saga Halloween, série de films au combien inégale et valant son pesant de cacahuètes dans la nanardise monumentale voire pire dans le navet putassier.

Tout commence en 1974 avec Black Christmas premier film que l'on catégorie de slasher, sous-genre horrifique où le tueur tue une bande d'adolescents et si possible en passe d'aller à l'université comme cela il y aura plus de sexe! En sachant que bien avant, des cinéastes comme Mario Bava ou Alfred Hitchcock ont donné lieu aux préludes de ce sous-genre qui deviendra terriblement populaire avec Halloween. Ce film apparaît donc comme le second "vrai" slasher mais surtout comme le premier à être un véritable succès au box-office. Viendront ensuite Vendredi 13 et consorts. Mais plus qu'un succès commercial donnant lieu à des suites quasi-inévitables (clairement le Hollywood d'aujourd'hui n'a rien inventé, prenant parfois trop modèles sur les précédents cas), Halloween est une véritable institution à lui tout seul, dont la plupart des films d'horreur essayeront de copier parfois à la limite du plagiat (le début de Vendredi 13 en est bien la preuve). Générique, musique répétitive de Big John himself et pourtant totalement hypnotisante. Le thème musical du film est un des tops du synthétiseur et sa répétition qui surviendra plus d'une fois dans le film apparaît comme un jump square à lui tout seul. Puis vint le plan subjectif doublé d'un beau plan-séquence des familles qui a été pompé jusqu'à la moelle (je reviens encore sur Vendredi 13? Bon je crois que vous avez compris) et même dans le reste de la saga (bah oui tant qu'à faire, autant recycler le premier opus).

Imaginez-vous entrer dans l'intimité du tueur et surtout ne pas connaître son visage avant un inévitable plan rapproché. Le voyeur de Michael Powell l'avait fait mais avec une caméra, ce n'était donc pas totalement subjectif, alors que là Big John épouse le point de vue du tueur. Jusqu'à découvrir l'impayable vérité. Puis on passe à une ellipse de vingt bonnes années. Et là le public va suivre pendant tout ce temps des copines de lycée le soir d'Halloween pendant que Michael Myers va s'évader et les traquer durant toute la journée. Pour mener à bien cela, il donne à Michael Myers une omniprésence dans l'action du film, apparaissant même quelques secondes dans un arrière-plan, le but étant de garder une tension constante permettant au spectateur de frisonner. Et évidemment, que serait un bon méchant de slasher sans ce côté indestructible qui fait son charme? Armoire à glace qui ne prend aucun coup, à la poigne ravageuse et au couteau tranchant, se montrant sous un masque trop grand... Myers est une machine à tuer, le genre incontournable et qui reste en mémoire. Face à des jeunes filles, il a l'avantage imparable. Sans compter que le coco n'y va pas de mains mortes non plus avec les hommes, preuve en est le premier mort est un homme dont Myers a volé la voiture, sans compter le copain d'une des filles qui passent merveilleusement à la casserole (cou à la limite de l'éclatement avant un bon coup de poignard qui accroche!).

"Coucou c'est Marky Mark qui te parle!"

Sans compter que les filles sont loin d'être moches et Big John a trouvé la perle rare avec Jamie Lee Curtis, fille de Tony et Janet Leigh. Découverte par Big John, elle reviendra sous sa direction le temps de Fog où elle sera bien plus dévergondée! Par ailleurs, c'est peut être la seule fois que l'on voit le visage de Michael Myers au moins adulte le temps d'un court plan. Probablement le fait que Big John ne s'attendait certainement pas à voir fleurir une saga et ce malgré la fin ouverte. Pourtant je n'ai pas découvert cette saga grâce à Halloween, ne l'ayant vu que quelques temps après, le temps de le trouver en DVD. A cette époque votre cher Borat découvrait les joies de la galette et autant dire que mes parents s'étaient bien marrés à les trouver. D'autant qu'à cette époque, le DVD bien que présent depuis 1998 n'avait pas encore le catalogue monstrueux d'aujourd'hui et encore il en a toujours moins que celui de la VHS (certains films ne sont toujours pas sorti sur DVD ou BR et ce malgré que le numérique aide beaucoup à restaurer des raretés). D'où aussi le fait que je ne me sois mis au DVD que fin 2002. Mais certains films étaient facilement trouvables à des prix aussi bas que deux euros, ce qui est toute la différence de nos jours où ce genre de prix est donné pour des films enfin peut-on encore oser les appeler comme ça?

C'est ainsi que je me suis payer la plupart des Halloween (le premier, mais plus facilement le 3, le 4 et le 5, puis H20 pour un peu plus), mais aussi The brood (vous m'excuserez de ne pas donner son titre français au pays du ridicule), Scanners, Amytiville 2 (vraisemblablement ce serait pas mal mais toujours pas osé le voir), Dead Zone... Une époque tout de même révolu à l'heure où même certains classiques sont à dix euros en dvd simple. Beaucoup trop cher pour ce que c'est souvent. Depuis, Halloween est devenu facilement disponible que ce soit par une édition collector 2 DVD, faisant meilleure grâce au film que l'édition d'Opening que je possède; et évidemment l'édition BR de Pathé. Pour le deuxième volet, Big John ne devait pas le réaliser, laissant place à Rick Rosenthal, pas connu pour avoir fait grand chose de bon (par exemple, un téléfilm baptisé Les oiseaux 2) et Jamie Lee Curtis revient tout comme Donald Pleasance. Pourtant rien ne se passera correctement puisque mécontent du premier montage, Big John dû se dépatouiller tout seul afin de retourner plusieurs scènes et notamment de meurtres (alors qu'il était bloqué entre la post-production de New York 1997 et le projet sur Jim Morrison devenu le remake de La chose d'un autre monde). Parmi les scènes les plus marquantes de ce volet se déroulant massivement dans un hôpital où personne ne vous entendra crier, il y a bien évidemment le jacuzzi de la mort, bouillant à mort grâce aux soins du docteur Myers. Plus violent certes mais pas meilleur que le premier. Une séquelle tout au plus correcte et fun qui donne par ailleurs quelques petites réponses à l'acharnement de Myers.

"Mike tu viens me faire un massage avant que l'on goûte un jacuzzi, j'ai la nuque raide..."

Et pour cause (attention spoilers) il est ni plus, ni moins que le frère de Laurie Strode le personnage de Jamie Lee Curtis et elle fut adoptée suite au meurtre de sa grande soeur. Par ailleurs, le climax se veut impressionnant, véritable déluge pyrotechnique où Myers crame tout comme Loomis, laissant planer un certain suspense quant à la suite d'une possible franchise. (fin des spoilers) Je ne l'ai pas acheté mais quelqu'un me l'avait prêté à l'époque. Je m'en souviens par contre suffisamment bien pour pouvoir vous en parler, malgré des zones d'ombre! Je n'ai vu le troisième volet qu'il y a quelques mois et autant dire que j'ai vite compris pourquoi je n'avais pas voulu le voir avant. Pas forcément du fait que Myers, Loomis ou Strode ne soient plus de l'aventure, mais parce que le film est vraiment nul à chier. Incapable de passer outre des scènes de meurtres plutôt pas mal (notamment celle des serpents), le scénario ne passionne jamais et le spectateur de s'ennuyer totalement devant. De plus, Tommy Lee Wallace n'est pas non plus un bon réalisateur et sa seule réelle lettre de noblesse fut ça largement aidé par un Tim Curry au sommet de son art. De plus, Tom Atkins jouait bien mieux dans Fog (mais quelle scène du téléphone...). Clairement un énorme ratage qui réussi l'exploit d'être un des pires volets de la saga mais aussi un des pires spin-off de tous les temps.

Halloween 3 (photo)

"Mais qu'est-ce que je fous dans cette merde???!!!"

Sans compter que la jaquette d'Opening est purement mensongère, puisqu'elle annonce un Myers guéri et montre sa trogne d'amour, alors qu'il n'apparaît pas une seule seconde dans le film! Il faut bien vendre des DVD mais bon... Voici venir le premier volet que j'ai vu à savoir le quatrième opus. Formant un dyptique avec le cinquième volet, le film met en scène la fille de Laurie Strode (!) incarnée par Danielle Harris (qui jouera par la suite dans... le remake de Rob Zombie!) aux prises évidemment avec tonton Michael! Mais évidemment le spectateur n'est pas là que pour le meurtre il lui faut du cul! Alors Dwight H Little se met à parsemer ses films de jolies pépées et si possible en petite tenue! Ainsi dans le 4 un petit brun baise (enfin préliminaires...) avec une blonde au coin du feu (poésie) et dans le 5 dans une grange (là en revanche on passe au niveau au dessus avec meurtre en plein coït! Myers subtil!). La jeune Danielle (aujourd'hui plutôt jolie) est clairement insupportable d'autant que les gros plans sur son visage faisant de drôles de mimiques n'aident pas. Les deux films se permettent également de pomper largement le plan-subjectif de Big John, dans le 4 avec le final reprenant quasiment le même principe que le premier Halloween (!) et dans le 5 Myers observant ses proies en pleine fornication (ah quel coquin ce Michael). Les meurtres n'ont quasiment aucun intérêt à part la mort en coït ou Myers qui transperce littéralement un mec avec un fusil à pompe!

Baise au coin du feu par Richard Clayderman!

 

Clairement on n'est même plus dans le gore vu que la plupart des plans lors des meurtres sont coupés au maximum, ne permettant même pas du fun. Par contre, qu'est-ce qu'on rigole! Outre les scènes de cul abordées plus haut, c'est aussi l'occasion pour Donald Pleasance de sortir sa panoplie cabotine dans toute sa splendeur et de voir aussi à quel point les scénaristes n'avaient déjà plus d'idées à l'époque. Preuve en est ce final merveilleusement WTF qui prendra tout son sens dans un sixième opus ahurissant. Et puis on en reparle du thème musical qui passe à la moulinette caribéeenne façon Commando de James Horner?! Je n'ai pas vu en entier The curse of Michael Myers mais le peu que j'ai vu suffit à dire qu'il s'agit probablement d'un des pires volets de la saga et probablement le plus ridicule. Lisez rien que le pitch: Michael Myers et Jamie ont été kidnappé par une secte et cette dernière a inséminé du sperme de Michael dans le corps de Jamie, la rendant enceinte (Borat déjà hilare). Mais Myers s'évade et tue Jamie avant de chercher son bébé qui est récupéré par Tommy le gamin que gardait Laurie dans le premier volet (!). Vous trouvez cela WTF? Hé bien bienvenue dans Halloween 6, introuvable en France jusqu'à sa sortie en BR par Studio Canal et remonté au moins trois fois. A cette époque, Myers entre sous les ordres des Weinstein qui n'hésiteront pas à charcuter le film donc. De toutes manières, tout ce que touche les Weinstein dans l'horreur devient toujours assez rapidement un carnage (allez demander à Wes Craven et Alexandre Aja, ils vous ferront un petit topo de la chose).

"Donald qu'est-ce qu'on fait dans cette galère? -Je ne sais pas pour toi Paul mais moi, ce sera la dernière!"

 

Parmi le carnage, la dernière apparition cinématographique de Donald Pleasance et Paul Rudd dans le rôle de Tommy avant même son apparition remarquée dans Friends (on peut en dire autant de Matthew McConaughey dans Massacre à la tronçonneuse 4!). Les Weinstein décident de produire un film anniversaire pour l'année 1998. Big John est convié mais envoie chier les Weinstein pour un salaire trop petit (je vous ai déjà dit que je kiffe Big John?). Kevin Williamson est rapidement engagé en tant que producteur, lui qui a bien renfloué les caisses des Weinstein avec la bonne pépite Scream (ils l'enverront bien chier sur Scream 3 et 4 et Cursed en échange!). Il a beau ne pas être scénariste, la patte Williamson est bel et bien présente dans le film de Steve Miner (réalisateur de deux Vendredi 13) à commencer par le tôt ahurissant de clins d'oeil à Psychose, à commencer par l'apparition même de Janet Leigh. Et puis évidemment c'est le grand retour de Jamie Lee Curtis dans la saga Halloween. Slasher de qualité au regard de ses prédescesseurs voire meilleur que le second opus, H20 est un film à l'ancienne, pas trop gore mais pas trop gentillet, jouant habillement avec le trauma de son personnage principal (au point que cette dernière a changé de nom). Par ailleurs, il n'est jamais fait mention de Jamie en revanche, elle a un fils en âge d'être au lycée (Josh Hartnett dans son premier rôle). On voit le traumatisme constant de Myers sur sa soeur (d'où en soit le conflit à la Psychose, l'influence de Laurie dépassant le statut de soeur d'un psychopathe) et Miner réussi à faire un vrai film avec cette matière.

"Ne les touche pas sale con!"

Vingt ans après ses débuts, la saga Halloween reprend des couleurs avec fracas, avec notamment un affrontement
final riche en climax, où les Myers règlent leurs comptes de manière jouissive. En revanche on passera sur la poésie d'LL Cool J. A noter une ouverture pour le moins impériale avec un jeune Joseph Gordon Levitt passant sévèrement à la casserole. Alors qu'H20 a réussi à remettre sur pied la franchise, Halloween Resurrection enfonce à nouveau le clou pour devenir certainement le plus mauvais opus de la saga. Même pas fun, ce cru hyper court qui plus est n'a rien pour lui. Déjà parce qu'il se permet de dézinguer Laurie dans les premières minutes (un peu comme le personnage de Nancy Allen tué au début de Robocop 3!), mais surtout parce que le propos est d'une nazerie sans précédent. Nos héros participent à une émission de téléréalité dans la maison de Myers. Rien que cela donne sévèrement envie de le voir. Et évidemment le tout n'a aucun intérêt, le film ne renouvellant absolument rien et étant totalement à la ramasse. Dans le genre volet à totalement oublier il se pose là. La saga finit par renaître via un remake en 2007. Mais ce qui différencie indéniablement Halloween de Rob Zombie d'un très grand nombre de remakes sortis avant comme après est surtout qu'il ose revenir sur l'enfance de Myers. Oubliez les gens proprets vus dans le film de Big John (et encore la fille est seins nus et a probablement eu un rapport sexuel!), ici on est dans le white trash!

Le baiser du tueur.

 

La mère de Myers est une stripteaseuse sans le sou, sa fille une débauchée, son beau-père un connard au chômage qui se bourre la gueule à la bière en regardant la télé et Myers est sujet aux brimades de ses camarades. Par ailleurs Zombie n'attend pas le second opus pour évoquer la parentalité entre Myers et Laurie Strode puisque le bébé est bel et bien montré comme étant Laurie. Zombie n'hésite pas non plus à sacrifier Loomis même incarné par un Malcolm McDowell moins naze qu'à son habitude. Ainsi la partie préquelle est plutôt réussie, Zombie n'hésitant à bousculer les codes de la saga et à prendre son temps, preuve en est avec le passage en psychiatrie de Myers. En revanche, la partie que l'on pourrait qualifier de réel remake (soit tout ce qui se déroule le soir d'Halloween avec Laurie) se veut inévitablement trop classique et perd en intérêt. J'aurais bien voulu vous parler de sa séquelle (où Zombie a fait un tel ofni que les Weinstein en ont eu mal au cul!) mais je ne l'ai toujours pas vu. En revanche, sachez qu'un nouveau film devrait voir le jour d'ici les prochaines années toujours sous l'égide des Weinstein. On parle de "recalibrage [qui ne sera] ni un remake, ni un reboot, ni une réinvention" * dixit ses scénaristes déjà auteurs des Feast et du ridicule Piranha 3DD (où un piranha inspectait un vagin avant que bouffer le pénis de l'amant qui devra se couper l'ami Popaul après!).

 

Le mal commence dès la naissance.

 

Donc quoi? Un truc avec Michael Myers qui revient à Haddonfield pour tuer des jeunes puceaux accrocs à facebook et à sa légende et qui se filment face à une mort probable? Ah merde ça c'est le script de Scream 4. Il y a autant de quoi avoir peur de ce "recalibrage" que de Tim Burton qui adapte Dumbo en live (non ce n'est pas une blague). Pour résumer la saga, il n'y a qu'à prendre son boogeyman en chef: on peut lui tirer des balles de fusils à pompe, le défenestrer, lui donner des coups de couteau, l'exploser littéralement ou le décapiter, Myers est indestructible. Pourquoi? Parce qu'il est le mal incarné, ce mal qui vous suit inlassablement et qui revient à chaque année à la charge. Oubliez Jason Vorhees qui revient à Cristal Lake ou le Ghostface bourré aux références cinématographiques. Michael Myers est le slasher résumé à lui tout seul. Allez à la semaine prochaine!

* Propos issus de: http://www.rockyrama.com/2015/02/10/halloween-va-etre-recalibre-par-la-machine-hollywood/

13 mars 2015

"J'ai une conscience, je suis vivant, je suis Chappie"

Un jeune ingénieur crée un robot doué d'intelligence artificiel qui a tendance à intéresser beaucoup de monde...

Chappie (affiche 2)

Alors qu'il promouvait Elysium (qui n'a pas plu à tout le monde), Neill Blomkamp annonçait déjà son prochain film Chappie. Une histoire de robots à la mode Short Circuit comme on en parlait à l'époque. Puis le projet semble avoir changer de direction au vue des différentes bandes-annonces ou du film lui-même. Même si Short Circuit semble bien dans les références (notamment les allusions aux militaires et leurs emprises sur une technologie qui les dépasse), l'ambiance est néanmoins bien plus grave, d'autant qu'encore une fois, Chappie est un film classé Restricted, donc avec violences et quelques propos peu ragoûtants. Soit le cocktail habituel de Blomkamp depuis ses débuts avec District 9. Sauf qu'au fil des films, le message est toujours le même et comme il n'a pas de réelle variation, on peut clairement dire que le réalisateur tourne en rond. On reprend les mêmes thèmes et on recommence, sauf que le spectateur n'est pas dupe longtemps. Preuve en est Chappie a commencé difficilement le week-end dernier. Pas sûr qu'il soit encore très en forme ce week-end... Comme dit plus haut, Blomkamp commence sérieusement à se répéter. Le problème est que beaucoup de réalisateurs ont abordé des mêmes sujets ou thèmes sur toute une filmographie (il n'y a qu'à voir Spielby ou David Fincher pour s'en rendre compte). Sauf que ces réalisateurs ont souvent opté pour un contexte différent permettant d'explorer d'autres thématiques. 

Chappie : Photo

Le problème avec Chappie et particulièrement Blomkamp est qu'il a le même message depuis District 9, sans réelle innovation. Si Elysium avait eu le mérite de partir dans l'hommage à Robocop et d'avoir un décor plus large que Johannesburg, Chappie en revenant au bercail a bien du mal à passer le cap du troisième film. Enfermé dans le contexte des prolos contre l'autorité, Blomkamp ne se renouvelle non seulement pas au niveau des récits mais surtout et c'est inévitable fait dans la redite. Si Matt Damon devenait une sorte de Robocop involontaire dans Elysium, ici c'est le cheminement inverse avec le robot se découvrant une conscience. A cela rajoutez les sympathiques bandits/aliens (déjà vu dans D9 et Elysium), le méchant ambitieux (déjà dans Elysium), si possible militaire (District 9...), une femme de poigne aux commandes (Elysium...)... Clairement , au bout d'un moment le jeu des sept différences devient vite lassant d'autant qu'à cela il faut se taper des stéréotypes pénibles. Il n'y a qu'à voir le gorille qui sert de méchant mafieux de Johannesburg. Il n'y a plus qu'à lui mettre un beau costume et on a une sorte de Tony Montana à la noix que l'on résume par ce genre de répliques: "je veux le robot!", "je veux ce flingue!", "tu vas me répéter cela: tu me dois 7 millions de $", "je vais te buter connard". Je caricature à peine... Pareil pour le personnage incarné par Watkin Tudor Jones (une des popstars les plus connus d'Afrique du sud dans le monde, phénomène à lui tout seul), jouant à mort la caricature de la petite racaille au grand coeur comme on l'a vu cent fois au cinéma.

 Chappie : Photo Yo-Landi Visser

Et ne parlons pas du pauvre Hugh Jackman qui jouit évidemment en méchant pas gentil content de buter des gens et Sigourney Weaver qui est là pour faire la plante verte. Sans compter Dev Patel en gentillet scientifique qui ferait passer le Steve Guttenberg de Short Circuit pour un sommet de charisme! Mais heureusement Blomkamp sait toujours mettre en scène des scènes d'action efficaces et de beaux effets-spéciaux. Le tout en jouant sur les références avec l'intelligence artificielle se découvrant une âme et cherchant à trouver ce pourquoi elle existe (cf Robocop et AI), le rôle prédominant de la "mère" et à la limite du (des?) père (s) de substitution (cf AI), le robot luttant contre sa possible extinction (inutile d'y penser longtemps, c'est du pur Short Circuit) et bien évidemment l'affrontement entre la grosse machine et le petit robot (cf Robocop). Indéniablement Chappie est la meilleure raison de voir ce film. Superbe visuellement et réussissant à faire apparaître des émotions, ce personnage est tout simplement magnifique et beau. Et puis Yolandi Visser en "mère", voilà un rôle tout aussi beau et tout en douceur dans ce monde de brutes. Un peu de tendresse ne fait pas de mal et c'est aussi là où Blomkamp sort son film du banal. En espérant un vrai renouvellement avec Alien 5 qui devrait le faire décoller vers de nouvelles horizons. Pas plus mal... Par contre, la musique d'Hans Zimmer est une horreur totale, le compositeur reprenant tous ses clichés musicaux habituels dans tout ce qu'il y a de plus pénible.

Chappie : Photo

Décevant de par la répétition trop flagrante de son réalisateur, mais sympathique de par son personnage principal absolument charmant.

10 mars 2015

Bon comme une glace au chocolat

Un détective privé part à la recherche d'un magnat de l'immobilier disparu et amant de son ex...

Inherent Vice (affiche Joaquin Phoenix)

Avant de commencer de commencer la critique, petit message de la rédaction:


Alleluia! Alleluia! Alleluia! Alleluia! Borat a enfin vu un film de Paul Thomas Anderson au cinéma!

n 256 (2)


Fin de l'interlude.

Inherent Vice de Thomas Pynchon (dont l'une des principales apparitions dans la pop culture reste ce merveilleux sac sur la tête dans des épisodes des Simpson, que l'autre tâche de Shia LaBeouf essayera bien de reprendre) est un roman dit inadaptable, au même titre que le furent le roman-graphique Watchmen ou Fight Club. Evidemment les inadaptés sont faits pour être transgressés et finalement des cinéastes finissent par s'y intéresser, au risque de se griller les plumes (demandez à Terry Gilliam où en est The man who killed Don Quichotte, il vous enverra surement chier). Il était donc risqué d'adapter ce roman et 22 vlà PTA aka le réalisateur fan de Robert Altman et de défis impossibles (parler de porno sans être vulgaire, faire un film choral où tous les acteurs sont une pièce de l'échiquier, faire d'Adam Sandler un acteur, faire revenir Daniel Day Lewis, emmerder la scientologie avec un film évoquant une drôle de secte). Inherent Vice (qui heureusement n'a pas été traduit en VF comme c'était initialement prévu) a peut être raté sa sortie (clairement le film n'a pas fait de bruit aux USA), quasiment pas rameuté les nominations (en même temps quand on voit la gueule des Oscars avec quinze tonnes de biopics au tableau) mais en tous cas, on peut dire que sa promotion a bénéficié d'une excellente bande-annonce et de superbes affiches (certainement la plus belle campagne d'affiches depuis très longtemps, d'où le fait que cet article en sera uniquement garnie!). 

Inherent Vice (affiche Josh Brolin)

Inherent Vice est à l'image du roman qu'il adapte: très particulier. Constitué comme un trip géant, le film prend très rapidement le point de vue de son personnage principal pour ne plus le quitter. On commence avec lui, on finira avec lui. On ne suivra personne d'autre que lui durant tout le film. Par trip, il est bien évidemment question de drogue et donc notre joyeux larron qu'est Doc (Joaquin Phoenix qui se retrouve avec des faux-airs de John Belushi pour notre plus grand plaisir et confirme encore une fois qu'il est un des acteurs les plus importants du moment, capable de passer d'un homme aux moeurs étranges à un détective prive sous hash!) d'avoir un point de vue enfumé virant au tout et n'importe quoi à l'image de cette narratrice apparaissant et disparaissant d'un claquement de doigt. Projection de Doc? Certainement mais comment peut-on le prouver? Après tout, cette personne a peut être existé et le flashback au ouija en est peut être la preuve. Comme la subite apparition de son ex (révélation de la ravissante Katherine Waterson, merci PTA!), venant comme un cheveu sur la soupe en pleine ouverture comme si elle avait toujours été là. Il y a dès l'ouverture une forme d'étrangeté fascinante et délirante qui fait que le spectateur boratien est typiquement dedans (néanmoins tout le monde ne sera pas dans le même état).

Inherent Vice (Katherine Waterston)

Il y a une étrangeté totale où l'on passe quand même d'une banale enquête de disparition à des histoires de nazis, de dentistes ayant un réseau de drogue, de maison de repos douteuse ou de flic qui joue les acteurs dans des pubs! Pareil pour les lieux passant à un bar isolé de tout où l'on fait des séances de "broute minou" (ne m'engueulez pas c'est le terme issu du film!) à un cabinet de dentiste type art déco formant une sorte de tour de Babel made in 70's. C'est toute la cocasserie du film. L'enquête n'est qu'un prétexte pour naviguer dans les tréfonds de l'existence de Doc et autant dire que l'on navigue de personnages en personnages, de situation absurde en situation absurde avec une subtilité détonnante. Et les personnages fascinants de se dévoiler petit à petit au fil du récit, certains n'apparaissant que très tard, d'autres rarement mais de manière fulgurante, quand un personnage comme Bigfoot se retrouve toujours aux basques de Doc. Owen Wilson se retrouve dans un rôle passe-partout pour le moins délirant, se retrouvant toujours dans l'endroit le plus improbable possible (même dans le plan le plus improbable!). L'héritage Wes Anderson certainement. Martin Short fait un merveilleux come-back à l'image de sa prestation au Saturday Night Live récemment (cf la Cave de Borat).

Inherent Vice (affiche Martin Short)

En dentiste au nez blanc comme neige (si vous voyez ce que je veux dire) et amateur de jeunettes (d'où un lien foireux avec Doc, ce qui renforce encore plus le côté improbable de l'histoire et du film en lui-même!), il est pétaradant, comme revigoré après des années de disette cinématographique et montrer encore une fois son potentiel comique indéniable hérité du show de Lorne Michaels. Eric Roberts fait une très courte apparition mais est au top et cela fait plaisir de le voir dans un bon film depuis The Dark Knight. Mais évidemment le meilleur c'est Josh Brolin. Jusqu'à maintenant, l'acteur avait eu du mal à s'imposer et ce malgré des gros projets. Autant dire qu'il se fait plaisir en flic bourrin aux allusions gourmandes et croquantes à base de glaces à se rouler par terre (réservant un bon gros lot de fous rires). (attention légers spoilers) Le plus amusant restant le lot d'allusions pouvant évoquer une possible homosexualité, sa femme étant cadré de manière à ne pas montrer son visage et cette dernière lui donnant des faux airs de soumis alors que l'on parle d'un mec fracassant une porte comme si de rien n'était! (fin des spoilers) Et ne parlons pas de son dernier passage, grand moment WTF totalement jouissif. Quant à PTA, il reste toujours aussi poseur à l'image de ses films depuis There Will Be blood et opte pour une photo superbe, les plans claquant sérieusement au soleil (l'occasion d'un duel?).

Inherent Vice (affiche Eric Roberts)

Un trip jubilatoire, véritable réservoir pour acteurs au top.

09 mars 2015

5+3 , retenez bien ces chiffres

Une femme est retrouvée par un homme salement ammochée. Se revendiquant nymphomane, elle commence à raconter sa vie...

Nymphomaniac - Volume 1 : Affiche

Lars Von Trier est un réalisateur particulier pouvant réaliser des plans magnifiques comme d'alimenter les polémiques trop grosses pour lui et ses films (ah Melancholia à Cannes...). Alors quand il dit que son film suivant sera un film pornographique, il y a de grandes chances que le coco y aille franco. Nouvelle polémique, critiques allant du très positif au très négatif, film scindé en deux (sorti en France à une semaine d'intervalle), censure évidente (-16 pour le premier et -18 pour le second en France, alors qu'honnêtement les deux se valent bien dans le genre) et rapidement annonce d'une director's cut de 5h30 environ qui sera diffusé à la Berlinale 2014. Après une sortie en VOD depuis septembre, le director's cut de Nymphomaniac est enfin sorti en DVD en janvier dernier. L'occasion pour votre cher Borat d'enfin autopsier la bête, d'autant que j'ai depuis découvert le cinéma de Von Trier (en l'occurrence avec Breaking the waves, Element of crimes et Melancholia, merci Arte). Et quand votre cher Borat, qui est d'une franchise imparrable (je crois que vous le savez depuis plus de cinq d'activités de blogueurs), dit au bout de trente-cinq minutes de film "ces trente-cinq minutes sont tellement plus intéressantes que les deux heures de Cinquante nuances de Grey", la messe est dites.

Nymphomaniac - Volume 1 : Photo Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgård

Au bout de 5h30 environ de métrage, on est bien apte à constater au moins une chose: non Nymphomaniac n'est pas un film pornographique, c'est une vraie oeuvre de cinéma. Ce n'est pas l'érotisme certes, le sexe y étant traité de manière brutale et non consensuelle (on n'est pas à Hollywood avec un balais dans le popotin, le succès de la St Valentin en est bien la preuve dans toute son hilarité involontaire), mais ce n'est pas pornographique. Il y a un vrai fond ici, ce n'est pas du sexe pour du sexe (ce dont on pouvait avoir peur) et rien à voir avec des films porno que vous trouverez sur internet. Lars Von Trier réalise un vrai film digne de ce nom et qui plus est passionnant. Car l'air de rien, il est rare de passionner un spectateur au delà de trois heures de film et ce même s'il est coupé en deux (même en DVD mais quand vous le voyez, vous vous faites une soirée à l'image de votre cher Borat). En sachant que les deux parties se valent largement, chacune ayant des points intéressants et malgré la coupe inévitable (que ce soit dans la version cinéma ou le director's cut) forment un vrai tout. Il n'y a pas de réelle coupe permettant de dire qu'il s'agit d'un film en deux parties. D'autant que Von Trier s'engouffre dans le récit où l'héroïne raconte son histoire, donc voix-off, donc risque de redondance.

Nymphomaniac - Volume 1 : Photo Sophie Kennedy Clark, Stacy Martin

Il n'en est finalement rien puisque le récit impose une justesse et une description inévitable dans certains cas, renvoyant d'ailleurs à des théories particulièrement fascinantes. Votre interlocuteur ne va pas forcément les développer, mais le cas de la pêche à la mouche est d'une ingéniosité incroyable. La théorie correspond tout à fait avec ce que l'on voit à l'écran, concordant parfaitement entre la "technique" et la "pratique". Ensuite pour éviter une biographie littérale, Von Trier utilise une narration en chapitres pour le moins pertinente, permettant des ellipses logiques et évitant la redondance. De plus, la scène la plus choquante de la première partie n'est même pas une scène de sexe. Même le sexe fait partie du dommage collatéral de la scène, il n'en reste pas moins que la scène est lourde et plus le temps passe, plus cela devient pire. En effet, un père de famille et amant trop collant est vite éconduit par Jo (Stacy Martin/Charlotte Gainsbourg) sous un prétexte. Manque de bol, il se ramène alors qu'elle doit accueillir un autre mec et là débarque sa femme avec les gosses. Une scène effroyable où Uma Thurman n'a jamais aussi bien joué depuis Kill Bill (c'est dire si sa carrière a été largement terni par de très mauvais choix, à l'image de Paycheck ou Maman mode d'emploi)

Nymphomaniac - Volume 1 : Photo Uma Thurman

Une mère de famille hystérique, une jeune fille nymphomane ne pouvant rien faire pour se sauver de la situation (d'autant qu'elle est chez elle...), un mari n'assumant pas, les gosses et l'autre qui débarque entretemps. Une scène éprouvante et remarquablement écrite et réalisé. Les risques du métier en soi. Cette première partie permet aussi de découvrir la jeune Stacy Martin qui pour un premier rôle mise très gros (mais s'en sort vraiment bien, surtout avec un rôle aussi physique et psychologiquement éprouvant) et de revoir enfin Christian Slater dans un bon film depuis pfu... Un rôle mélancolique que celui du père de Jo malheureusement en pleine démence. Un chapitre triste mais permettant à l'acteur de Pump up the volume de retrouver des lettres de noblesse foutues en l'air dans des DTV à foison (au hasard Alone in the dark parle de lui-même). On regrettera néanmoins que le personnage de la mère de Jo incarnée par Connie Nielsen ne sert réellement à rien, limite de la figuration. Quelque peu dommage car cela fait très longtemps que l'on n'avait pas vu la fille de Marc Aurèle. Cette première partie s'apparente davantage à une initiation montrant l'héroïne découvrir son corps et aussi son pouvoir d'attraction sur la gente masculine. Preuve en est le personnage de Jérome (Shia LaBeouf) qui prendra toute sa signification dans le second volet.

Nymphomaniac - Volume 1 : Photo Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf

Véritable salopard en puissance, jaloux comme pas possible mais disant à Jo d'aller voir ailleurs (paradoxe merveilleux), jusqu'au dernier chapitre du film (donc du second volet) où sa bêtise atteint un paroxysme impitoyable. On peut dire ce que l'on veut de Shia LaBeouf, mais pour le coup il est tout simplement parfait. Loin des expérimentations douteuses qui ont suivi la présentation du director's cut à Berlin (on en reparle du sac sur la tête? De la citation d'Eric Cantona? De sa performance où il s'est fait violé par une femme? De sa puanteur sur le tournage de Fury? On peut continuer longtemps...), il est génial dans un rôle crade et peu ragoutant où il n'a clairement plus rien à voir avec le jeune puceau de Transformers (même s'il titille une moto...). La seconde partie est probablement celle qui a dû être la plus censurée dans la version cinéma, car montre largement des plans sur les sexes, des séances sado-maso et une scène d'avortement pour le moins perturbante (tout le monde n'aimera pas, d'autant que le plan principal est vraiment peu ragoûtant). La director's cut s'impose donc largement au vue de ce que votre cher Borat a pu entendre. La scène avec les deux africains est d'ailleurs une bonne grosse rigolade avec les deux cocos au premier plan, le pénis de chacun bien apparent et Gainsbourg en arrière-plan se demandant ce qu'elle fout là! 

Nymphomaniac - Volume 2 : Photo Charlotte Gainsbourg

Une séquence contrebalançant avec la violence exercée durant le reste du film. La scène de l'avortement gore est une chose, mais les séances de SM sont déjà bien garnis et auront des dommages collatéraux sur Joe. Par ailleurs, là où on pouvait s'attendre à un rendu cliché voire ridicule comme c'est le cas dans la connerie sortie le 11 février, c'est davantage un rendu spirituel alignant soumission et plaisir (le frottement par exemple) que propose Von Trier. Alors certes les séquences sont percutantes mais elles ont un sens et le personnage de Jamie Bell en est la preuve. Avec lui, le plaisir n'est pas une question d'amour, le plaisir est individuel. Il ne ressent ni amour ni plaisir pour ses clientes, même si on voit qu'il n'est pas indifférent à Joe. Alors certes Lars Von Trier choquera certains spectateurs et c'est évident que certaines scènes feront craquer les plus sensibles, mais clairement les scènes de sexe sont totalement justifiées et épousent le propos. C'est rare de tomber sur ça dans le cinéma récent où le moindre rapport gourmand et croquant se résume à la plus prude des images ou à faire dans le vulgaire. Il y a un vrai propos justifiant ces scènes. Une prise de risques aussi intense ce n'est pas tous les jours que le spectateur à l'occasion d'en voir et à vrai dire tant mieux. Et Stellan Skarsgard est une nouvelle fois excellent chez Von Trier, ce qui est un gage de qualité supplémentaire.

Nymphomaniac - Volume 2 : Photo Mia Goth

Un témoignage diablement intéressant sur la sexualité, où les excès ne sont jamais gratuits et muni d'une réflexion rare.

08 mars 2015

Cuvée vulcaine

La Cave de Borat, grand lieu bordélique ou vide-grenier des idées boratiennes (encore une belle expression farfelue), rappelle aussi bien des souvenirs que des retours inévitables sur la culture, celle qui forge chaque passionné un jour ou l'autre. Y compris les hommages envers certains grands monuments de la pop-culture. Il y a une semaine, nous avons perdu certainement un des acteurs les plus connus de la pop-culture, le genre que l'on identifie directement à son personnage ou rôle phare. Celui qui a incarné son rôle sur au moins quatre décennies (tout du moins au moins trois particulièrement). Leonard Nimoy l'a été et le restera toujours dans l'esprit des spectateurs. Figure aux traits représentatifs, il fut un symbole de la science-fiction et plus particulièrement du space-opera au même titre que son pote William Shatner, éternel Captain Kirk. Nimoy était Spock, cet extraterrestre plus particulièrement vulcain aux oreilles pointus flanqué d'un pull bleu et d'un sens imparable du mot logique. Jamais rien n'est laissé au hasard avec Spock, la logique est toujours imparable et rarement remise en cause (tant que Kirk ne fait pas sa forte tête). Un personnage tout de suite iconique confondant avec le bourrin Kirk. Son parfait opposé et pourtant les deux s'adorent et l'un ne peut avancer sans l'autre.

Star Trek c'est une histoire d'amitié entre tout et son contraire et cela a perduré dans la vie de ses acteurs. L'un des premiers à avoir réagi à la mort de Leonard Nimoy ne fut nul autre que William Shatner. Pas de doute que les deux larrons étaient aussi amis à l'écran que dans la vie. Ma première découverte de Nimoy s'est fait par le biais des Simpson. Tout d'abord sur une vhs d'épisodes (que j'ai conservé) puis sur la saison concernée. Le fameux épisode du monorail! Alors certes il ne fait qu'apparaître un petit peu mais évidemment sa silhouette se reconnaît tout de suite, même sous le signe de la caricature cher aux équipes de Matt Groening. Surtout sur un épisode aussi culte que le Monorail! Monorail! Monorail! Il reviendra dans un autre épisode de la série Aux frontières du réel, faisant la part belle à la série X Files (les séries de Groening et Chris Carter étaient diffusées sur la même chaîne) où l'on découvrait un extraterrestre plutôt particulier! Mais évidemment ma vraie rencontre avec Leonard Nimoy s'est fait inévitablement avec Star Trek de JJ Abrams. A cette époque, je ne savais absolument rien de la série de Gene Roddenberry, à peine le nom des films ou séries (et encore j'avais dû me renseigner avec les moyens que j'avais à l'époque, soit une connexion à peine correcte et un pc portable qui allait vite laisser à désirer) et surtout les noms de Kirk, Spock et Picard (aka Patrick Stewart personnage issu de Next Generation). C'est donc plus que vierge que j'ai été voir le reboot de Star Trek le jour de sa sortie.

"Vous êtes le Captain Kirk? -Non moi c'est Spock, enchanté. -Ah oui les oreilles pointues..."

Et là explosion. Il n'y a pas un mais deux Spock, Abrams a fait une faille temporelle, changeant les données initiales, faisant que son Star Trek n'est pas un vrai reboot mais une prolongation d'un univers! Totalement farfelu mais logique! Nimoy n'est donc pas là pour un banal caméo et a donc un vrai rôle à jouer. Il reprendra son rôle pour Into Darkness mais là on pourra vraiment parler de caméo. Juste avant la sortie du deuxième film d'Abrams, Arte avait diffusé les six films avec Leonard Nimoy dont deux qu'il a réalisé. D'autant que l'acteur s'est impliqué en tant que scénariste même s'il n'était pas toujours crédité. Ainsi il a largement été impliqué dans la trilogie culte des films Star Trek à savoir La colère de Khan (où Spock signe certainement son apparition la plus marquante)-A la recherche de Spock (déterminant pour Kirk et renforçant encore un peu plus leurs liens d'amitié)- Retour sur Terre (le plus nanar mais aussi le plus fendard car Spock qui va cotoyer une orque dans son bassin dans un aquarium, ça vaut son pesant de cacahuètes!). Il se permettra même l'occasion de griller la politesse à Tom Cruise des années avant avec ses chaussures à fusées pour faire de l'escalade sans corde! On ne la fait pas à Spock. Tout naturellement, l'acteur s'efface et n'apparaîtra plus après Terre inconnue (où Kirk forniquait en pleine prison devant le pauvre McCoy devant supporter cela!) jusqu'aux films d'Abrams.

Leonard Nimoy animé dans Fringe.

Mais ma plus grande rencontre avec Leonard Nimoy n'a strictement rien à voir avec Star Trek et pourtant il est ironique d'y retrouver un certain JJ Abrams derrière. La même année que Star Trek, il lui offre un rôle récurrent dans sa série phare Fringe. Evoqué durant toute la première saison, William Bell fait enfin son apparition dans les dernières minutes du final de la saison. Ancien associé de Peter Bishop, Bell a réussi à formenter un empire qui lui a souvent sauté à la gueule à l'image des complots de Nina Sharp. Un rôle capital sur les quatre premières saisons, devenant même son propre contraire dans la saison 4 sacrément bourré de paradoxes temporels (le personnage de Peter Bishop se retrouvait dans une faille temporelle, entraînant de grandes complications et changements radicaux dans la temporalité de la série). Il apparaîtra même le temps d'un épisode sous forme animée (dans l'épisode en question, les Bishop et Bell vont dans le cerveau d'Olivia Benson)! C'est donc bien là que j'ai vraiment découvert Leonard Nimoy, ayant donc marqué au moins deux grandes séries de science-fiction à lui tout seul. Alors cher Leonard, d'ici bas je vous souhaite longue vie et prospérité dans l'Espace, cette frontière de l'infini vers lequel voyage l'Enterprise, pour explorer des mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations et au mépris du danger, avancer vers l'inconnu. Allez à la semaine prochaine!

Star Trek Into Darkness

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05 mars 2015

Les bouchers du Texas sont de retour

MALT2aff

Genre: horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année: 1986
durée: 1H30

L'histoire: Au Texas, deux jeunes gens sont retrouvés morts dans leur voiture, massacrés à coup de tronçonneuse. Mais les victimes étant en contact avec une animatrice radio au moment du crime, celle-ci a pu enregistrer la bande-son.

La critique d'Alice In Oliver:

Pas facile de passer après le premier Massacre à la Tronçonneuse, réalisé par Tobe Hooper en 1974, qui constitue l'un des plus grands chocs du cinéma horrifique. Produire une suite tient donc du pari suicidaire.
D'abord réticent, Tobe Hooper décide de signer cette suite tant attendue, douze ans après le premier volet.

Le scénario est de facture classique. Attention, SPOILERS ! Deux jeunes gens parcourent le Texas à bord de leur voiture.
Durant leur voyage, ils ont le malheur d'accoster le véhicule de dangereux psychopathes. Surgit alors un homme déguisé en mort qui les attaque et les massacre à coup de tronçonneuse. Pourtant, les deux conducteurs parviennent à retransmettre leur cauchemar sur une radio locale.

La jeune Stretch est donc le témoin téléphonique de cette scène d'horreur. Parallèlement, un shérif revanchard (Dennis Hopper) cherche à retrouver ceux qui ont massacré les proches de son entourage. Le shérif mène sa petite enquête.
Evidemment, le témoignage de Stretch va lui permettre de retrouver la piste de cette famille cannibale et toujours aussi frappadingue.

Voilà pour les hostilités ! Avec Massacre à la Tronçonneuse 2, Tobe Hooper ne joue plus la carte de la suggestion et choisit de montrer les meurtres dans leur intégralité. Indéniablement, Massacre à la Tronçonneuse 2 est l'épisode le plus viscéral, le plus déjanté et le plus gore de la saga, remake et préquelle y compris.
Bienvenue dans la fête foraine de l'horreur !

Massacre à la tronçonneuse 2 : Photo

En un sens, la folie de Massacre à la Tronçonneuse 2 n'est pas sans rappeler le ton ultra décalé de Massacres dans le Train Fantôme, un autre film d'horreur réalisé par l'ami Hooper. On retrouve donc la dynamique du premier, à savoir une famille de psychopathes, tous plus tarés les uns que les autres.
Cette fois-ci, Tobe Hooper insiste davantage sur la personnalité de Leatherface, un être défiguré et profondément idiot.

Plus que jamais, son portrait semble inspiré par Ed Gein, le boucher du Texas. Leatherface tombe amoureux de Stretch.
Cette dernière va vivre un véritable cauchemar. En un sens, elle prend la relève de celle qui a survécu au cauchemar du premier.
En dehors de son côté gore et dégénéré, Massacre à la Tronçonneuse 2 joue la carte de la satire et de l'humour noir.

MAT2

Cette suite ressemble donc à cartoon de l'horreur. Ce qui le rend particulièrement malsain. Massacre à la Tronçonneuse 2 est donc bien différent du premier, mais respecte tout de même son modèle, en y rajoutant quelques connotations très sexuelles, quitte à verser un peu trop souvent dans la surenchère.
Les fans du premier seront probablement décontenancés. Une seconde vision sera donc nécessaire pour apprécier la frénésie et la folie de cette suite, tout à fait recommandable. C'est aussi le dernier volet valable de la saga.

La critique de Borat

Quand Tobe Hooper se lance dans la séquelle de Massacre à la tronçonneuse, il a déjà un beau bagage derrière lui. Au lieu d'accumuler les films évidents s'inspirant de son premier cru phénoménal, il préfère se diversifier: le film de croco (Le crocodile de la mort), le fantastique (The Funhouse reprenant quelques aspects du Massacre...) et même la grosse production (le polémique Poltergeist dont la parentalité posera toujours problème) l'amène dans des contrées loin du Texas et ses bouseux. Au cours des années 80, la Cannon de Menahem Golan et Yoram Globus lui fait les yeux doux. Il en sortira le nanar dénudé Lifeforce (ah Matilda May... Borat pensif...), le remake de L'invasion vient de Mars et bien évidemment Massacre à la tronçonneuse 2. Une séquelle que le réalisateur veut plus gore, plus foutraque et en soi plus jouissive. Alors il fait appel à ce bon vieux Tom Savini alors le roi du maquillage gore depuis l'explosion de tête dans Zombie (d'autres citeront aussi les exactions de Joe Spinell dans Maniac). A tel point que le film sort aux USA sans classification. Pas de Restricted car trop déviant et gore mais pas X car pas de sexe dedans! Le film se ramassera donc au box-office mais a acquis au fil des années un statut culte, faisant de lui le seul film réellement apprécié de la saga avec le premier.

Massacre à la tronçonneuse 2 : Photo

Ce qui n'est pas un mal alors que nos petits français Julien Maury et Alexandre Bustillo se sont lancés dans une préquelle improbable après une suite du premier film; qui lui-même était le deuxième reboot d'une franchise en panne sèche. Hollywood Inspiration! Cette suite tardive se veut radicale dès les premières minutes. Oubliez donc plus ou moins les bouseux du Texas et particulièrement la photo qui irradiait la plupart des plans. En dehors du final, la plupart du film est filmé la nuit ou de manière crépusculaire. Les décors extérieurs sont peu présents et cette fois-ci pas de maison familiale remplie de barjots. Non cette fois, Leatherface et sa clique de fous furieux tous plus cocasses les uns que les autres (on retrouve toujours Jim Seadow en oncle avec un bon petit grain) sont terrés tels de merveilleux freaks dans les sous-terrains d'une ville du Texas, attendant patiemment la prochaine proie que l'homme à la tronçonneuse va ramener. Entre en compte alors deux personnages. Tout d'abord un ancien flic devenu détective privé à la suite de la mort de son neveu par l'arme de Leatherface. Vouant une haine envers la famille amatrice de la tronçonneuse, le texan à chapeau est prêt à y aller franco dans sa vengeance. Le personnage est à l'image du Dennis Hopper: jamais loin de l'explosion, excessif, violent, à la limite du guignol et virulant.

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Mais Hopper semble s'amuser en tous cas bien plus que depuis plusieurs années. Pour lui, ce film tout comme Blue Velvet lui permettra de revenir sur le devant de la scène après quelques années sous coke et autres drogues. Une résurrection en soi pour l'acteur. Outre sa violence exacerbée qui en fait un spectacle jubilatoire au possible (d'autant que le film a vraiment un ton comique grandiose), Massacre à la tronçonneuse 2 offre une vision sexuée pour le moins cocasse et inattendue. En une scène (en l'occurrence la première attaque de Leatherface sur l'animatrice-radio), Hooper réussi à faire de la tronçonneuse de Leatherface... un organe sexuel! Aussi ahurissant soit-il, cet élément paraît logique amener comme cela et la tronçonneuse comme symbole phallique de devenir une provocation bien amenée et ne touchant jamais au graveleux pur et dur. De même Leatherface en devient plus humain ou tout du moins moins timbré que dans le premier film. On sent qu'il a des sentiments et curieusement Hopper va jusqu'à une histoire impayable entre l'animatrice et le tronçonneur. De même, le personnage de l'animatrice est manipulatrice et une vraie femme forte, faisant de Leatherface une sorte de marionnette et n'ayant pas froid aux yeux. Le dernier plan est d'ailleurs éloquent dans toute sa splendeur. En résulte, une véritable éclate pas si débile et une séquelle d'une rare qualité. Dans le paysage horrifique, la bonne séquelle est tellement rare qu'il faut le souligner.

Une sequelle pétaradante, partant dans une folie furieuse sanguinolante et sexuelle pour le plus grand plaisir du spectateur.


The Texas chainsaw Massacre 2 (1986) - Official Trailer [VO-HQ]

04 mars 2015

Itinéraire d'un soldat convaincu

Itinéraire du navy-seal Chris Kyle, véritable machine à tuer en tant que sniper sur le front irakien...

American Sniper : Affiche

Deux films tournés coup sur coup et sorti la même année (tout du moins aux USA), on peut dire que le grand Clint à plus de 83 ans est dans une bonne forme. Il n'en reste pas moins que le flop retentissant (et bien malheureux) de Jersey Boys n'a pas fait du bien à l'ami Eastwood, tout comme ses derniers films précédents qui étaient en demi-teinte (J Edgar et Invictus) ou bien naveteux (Hereafter). Mais avec American Sniper, Clint Eastwood casse la baraque en retrouvant un succès à la mesure de Gran Torino et étant toujours en pleine exploitation aux States alors qu'il est sorti depuis noël en sortie limitée avant une sortie générale. Un succès fracassant qui est de même par chez nous (plus de 800 000 spectateurs en une semaine, cela forge le respect). En sachant qu'initialement c'est Steven Spielberg qui aurait dû le réaliser mais avait vraisemblablement des problèmes de budget (selon lui). En revanche, la polémique n'a cessé d'enfler notamment à cause de l'inévitable sujet de la Guerre en Irak comme le fait que Chris Kyle était une personnalité particulière, se vantant d'avoir fait un certain taux de morts au point que ses camarades soldats en ont fait une légende vivante. Et c'est là où Eastwood prend le contrepied du film patriotique par excellence.

American Sniper : Photo Bradley Cooper

Son sujet n'est pas de parler de la Guerre en Irak au même titre que Né un 4 juillet abordait surtout l'après-Vietnam. Pour les faits
annonçant la guerre, il faudra regarder Green Zone de Paul Greengrass. Pareil pour le rapprochement que l'on pourrait faire avec Hurt locker de Kathryn Bigelow. Alors certes, le réalisateur met en scène plus d'une fois un héros confronté inévitablement au front et repartant à chaque fois. Sauf que le film de Bigelow le faisait une fois et le héros incarné par Jeremy Renner y trouvait une certaine adréanaline. Ce n'est jamais le cas dans American Sniper, d'autant que ce que font Cooper et Renner dans les deux films n'ont strictement rien à voir (entre désamorcer des bombes et tuer des "ennemis" le job est très différent même si on reste dans la guerre). Eastwood ne cherche donc pas à donner une justification à la Guerre en Irak même si son soldat est sur le terrain. Comme d'une quelconque adrénaline du sniper. On pourrait parler de la première guerre du Golfe ou du Vietnam, ce serait la même chose. Ici, Eastwood montre l'itinéraire d'un soldat et qui a la particularité comme Ron Kovics de réellement exister. L'ouverture se veut frontale et percutante, renvoyant le personnage principal à ses convictions: peut-on être capable de tuer une mère et son enfant sous prétexte qu'ils ont une bombe à la main?

American Sniper : Photo Bradley Cooper

La réponse sera percutante mais laissée en suspens pendant un temps pour mieux être réintroduite par la suite. En attendant, Eastwood montre l'itinéraire d'un parfait texan dans toute sa splendeur: la ferme, le rodéo, la country, le chapeau... Sans compter le discours sur la loi du plus fort dixit le paternel. On suit donc un personnage avec une éducation stricte et terriblement locale. C'est quasiment par hasard qu'il se retrouve dans les navy-seals et ce dans un élan patriotique évident. Eastwood n'y va pas par quatre chemins: son héros est patriote et le revendique. Est-ce que le film en est patriotique? Non, tout du moins dans la quasi-totalité du film. Son héros l'est mais pas le propos. Justement, Eastwood a la bonne idée de se focaliser sur le point de vue de son soldat, ce qu'il ressent, ses convictions. On pourrait peut être parler de propagande, il n'en reste pas moins que le portrait de Chris Kyle est très intéressant. Comme dis plus haut, Kyle était une personnalité particulière, entre vantardisme, patriotisme et action. Néanmoins, le réalisateur comme dit plus haut ne trouve aucune excitation de la part de son personnage principal. La violence est filmée de manière crue, à l'image de ce garçon tué à la perceuse. Une scène crade au possible montrant bien que Clint Eastwood ne fait pas dans la dentelle, montrant la cruauté de la guerre pour ce qu'elle est.

American Sniper : Photo

Que ce soit un soldat américain éborgné le temps d'un moment d'inattention, Kyle butant à tout va ou ce passage de la perceuse. Eastwood a toujours été particulier avec le sujet de la guerre. Sur Le maître de guerre, il n'abordait pas forcément la guerre évoquant surtout l'entraînement, Tom Highway laissant ensuite ses troupes voler de leurs propres ailes face à une administration de vieux brisquards qui jurent comme des charretiers. Dans son dyptique sur la bataille d'Iwo Jima, il prenait la décision de consacrer un volet à chacun des camps, d'un côté montrant l'honneur des soldats japonais, de l'autre la propagande fait autour d'une photo et brisant ses soldats américains. Si le réalisateur n'évoque parfois pas assez le traumatisme de ces visions de morts ou de camarades tués au combat sur le cas de Chris Kyle, il n'en reste pas moins que certaines scènes montrent un état de choc. Que ce soit la scène de prise de tension ou le passage à la maternité. On sent le personnage à bout de nerfs, pouvant péter un cable. Le même genre qui l'a abattu (le verdict du procès a d'ailleurs été rendu la semaine dernière avec peine à perpétuité pour le soldat déséquilibré; alors qu'un passage en psychiatrie aurait été plus évident).

American Sniper : Photo Bradley Cooper, Sienna Miller

En des rares moments, Eastwood parvient à montrer un personnage principal dépassé par son statut de "légende vivante", ainsi que par son rôle. Le réalisateur analyse également rapidement le personnage du sniper terroriste, montrant un homme au même niveau que Kyle. Ils ont le même rôle et sont tout aussi destructeurs dès qu'il faut tuer des gens. C'est leur job, chacun dans un camp opposé au point d'en devenir un duel pour le moins morbide. A vrai dire et c'est là où Eastwood réussi plus ou moins son coup c'est qu'il permet au spectateur de faire sa propre interprétation. Cet avis que vous lisez depuis tout à l'heure pourrait ne pas être le votre et c'est ce qui est intéressant. Eastwood pose le spectateur à une réflexion, le faire réfléchir. Le générique en revanche me dérange particulièrement. (attention spoilers) Là où Eastwood s'est avéré judicieux jusqu'à maintenant, il plombe tout avec les trompettes américaines pour l'enterrement de Kyle avec photo de famille par dessus le marché. Là on est dans un patriotisme pompier qui dérange, entrant malheureusement en contradiction avec les images précédentes qui ne glorifiaient jamais le sniper. Bien dommage de finir ainsi. (fin des spoilers) Bradley Cooper a bien fait son boulot en bon élève de l'Actor's studio, signant une prestation puissante et Sienna Miller n'a certainement jamais aussi bien joué.

Un film qui interroge et montre l'itinéraire fascinant d'un patriote convaincu de ses bienfaits.

03 mars 2015

Ratage rouge

Elektra est devenue tueuse à gages et se retrouve à faire face à la Main pour sauver une adolescente recherchée...

Elektra : Affiche

Il y a des traces indélébiles dans l'histoire d'un spectateur, de celles que l'on préférait oublier et que malheureusement on a parfaitement en tête. Elektra de Rob Bowman en fait bien malheureusement partie. Daredevil a beau avoir été un succès au box-office il n'en reste pas moins un film raillé par les fans du super-héros, au point que la Fox finira par perdre les droits malgré moults annonces de reboot au profit de la Marvel qui s'est empressée d'en faire une série qui sera diffusée en avril sur Netflix. Bien que fidèle aux comics dans son ensemble (je parle surtout des origines), le film était bourré de CGI foireux quand le pauvre Ben Affleck se retrouvait boudinné dans un costume trop serré et où les beaux yeux de sa future femme ne faisaient pas grand chose pour sauver sa mauvaise interprétation (à elle comme à lui). Pourtant il était évident que si le personnage d'Elektra devait revenir, ce serait via un spin-off lui étant consacré où Jennifer Garner reprendrait son rôle. Mal lui en aura pris, déjà que la série Alias s'est mal finie, ce film lui a plus ou moins ruiné le reste de sa carrière. D'ailleurs, l'actrice ne se cachera pas pour dire que ce film était une merde, mais qu'elle était obligée de le faire à cause de son contrat sur Daredevil. Au mieux, elle a rencontré son mari, c'est génial!

Elektra : Photo Jennifer Garner, Rob Bowman

Flop à sa sortie (alors que le public s'était déplacé pour Daredevil), carnage critique, huées du public, Elektra est un ratage
cinématographique notable comparable à Catwoman chez l'ami DC quelques mois plus tôt (septembre 2004, février 2005). Le plus ironique avec ce film, c'est qu'il a le mérite de foutre en l'air toute la mythologie créée dans Daredevil. Oubliez Erick Avari dans le rôle du père d'Elektra au profit d'un mec avec beaucoup plus de cheveux le temps de quelques flashbacks. On ne peut pas dire que c'était dur de reprendre le même acteur pour de banals flashbacks. Ils l'ont fait. Pareil pour sa mère évoquée le temps d'un dialogue par le Caïd dans Daredevil, montrant plus ou moins qu'il s'agissait de son tueur ou tout du moins qu'elle a été tué par ses hommes de mains. Que nenni! Ici c'est la Main, agence de ninjas phare du comic-book Daredevil sous l'influence de Frank Miller, qui a tué sa mère! Pas que le film de Mark Steven Johnson avait des origines grandioses voire intéressantes, mais on peut clairement dire que les scénaristes d'Elektra n'en avait strictement rien à faire du film quand ils se sont mis à changer les origines de l'héroïne. Le principe d'un spin-off c'est en général d'être raccord avec l'original, pas de faire n'importe quoi dès qu'on a le dos tourné (bon en dehors du cas Deadpool qui devrait largement s'affranchir de son illustration misérable dans X Men Origins: Wolverine et ce malgré la présence de Ryan Reynolds).

Elektra : Photo Jennifer Garner, Terence Stamp

Donc que reste-il du personnage instauré dans le film de 2003? Hé bien pas grand chose en dehors qu'elle a été réanimé après s'être fait trucider par le Tireur (encore un beau défaut de Daredevil mais ce n'est pas le sujet). Voilà. Sinon le film nous montre Elektra faisant la ninja entraîné par un Terence Stamp qui avait une bonne envie de bouffer (est-ce étonnant?) et qui se retrouve par le miracle du saint esprit expulsé de son dojo. Stamp en avait marre d'elle peut être. Donc la voilà en tueuse à gages de piètre qualité à devoir malencontreusement tuer sa jeune voisine (comme par hasard!) qui est en fait une pupille ninja convoitée par la Main (quelle coïncidence!), donc relation évidente avec Elektra ("Bon sang mais c'est bien sûr!"). Donc Elektra se met à protéger la gamine, voire à l'entraîner avant de foutre sur la gueule aux méchants. Sauf qu'en dehors du combat final lors d'une légère intervention, la gamine n'est qu'un faire-valoir ennuyeux et boulet de l'héroïne principale. Sans compter qu'Elektra est censée être dorénavant une guerrière accomplie. Or, elle ne défonce la gueule des méchants qu'à la fin et avec une facilité déconcertante. Mieux, durant tout le film, elle est sans cesse en train de fuir ses ennemis.

Elektra : Photo Jennifer Garner, Natassia Malthe, Rob Bowman

Où est donc la guerrière intrépide alors? On ne sait pas mais ses ennemis si imposants et menaçant finissent par devenir sinistrement des tocards. La palme à l'homme aux tatouages vivants qui se retrouve en transe quand Elektra lui craque le cou! On n'aura rarement vu aussi pathétique comme mort au cinéma! Sans compter la méchante de service exécutée de la plus poilante des manières. Quant au méchant il a évidemment une pirouette scénaristique évidente, car il ne connaît pas Elektra par hasard! En sachant que ce genre de facilités scénaristiques se répètent tout le long du film comme la pseudo romance entre Elektra et le voisin incarné par Goran Visnjic ou le passage au billard. Sans compter la molesse incroyable des combats. Par une seconde, on ne croit qu'Elektra est une vaillante guerrière tellement elle est faible dans ses mouvements et les combats sont d'une nullité incroyable. Même pas le charme d'une série B. Sans compter que les outils de la belle ne servent pas à grand chose, la combattante se servant plus de ses poings ou de ses jambes. La pauvre Jennifer fait ce qu'elle peut dans son jolie costume rouge, on ne retiendra rien de positif de sa prestation. Quant aux autres, on préfère ne rien dire au risque d'être méchant.

Elektra : Photo Jennifer Garner, Rob Bowman

En 2004, Pitof a détruit Catwoman, en 2005 Rob Bowman a fait de même avec Elektra.

02 mars 2015

Tonton Robert a fumé des épinards

Le marin Popeye se rend dans un port où il rencontre la belle Olive...

Popeye (affiche)

Dans ces colonnes, nous avons souvent abordés les ratages de rois du bis (ce qui est toujours un signe d'amour de votre cher Borat), de tâcherons et autres zeddards, mais il n'est pas rare de tomber sur ceux des grands cinéastes ou tout du moins les plus réputés. L'air de rien, Robert Altman a une très grande place dans le cinéma du XXème siècle et même légèrement du XXIème avec un film comme Gosford Park. Au point d'être adulé par un cinéaste comme Paul Thomas Anderson, qui sera contacté par les assureurs du réalisateur pour l'aider sur son dernier film (The last show en 2006). Au hasard, on citera des films comme MASH, Buffalo Bill et les indiens (permettant un des rôles les plus émouvants de Paul Newman) ou Short cuts. Pourtant et peu de gens le savent il a réalisé l'une des adaptations de bande-dessinée (et de cartoon par la même occasion) les plus improbables du cinéma avec... Popeye! Alors que Richard Fleischer (fils du créateur du cartoon issu de Popeye) s'est cassé les dents durant des années pour réaliser une adaptation digne de ce nom du personnage crée par son père Betty Boop (projet qui ne verra jamais le jour), Altman se retrouve sur une grosse production avec deux gros studios derrière lui (Paramount et Disney ni plus, ni moins) et des décors impressionnants construits pour le film à Malte (et par ailleurs conservé par le pays).

Popeye : Photo Robert Altman, Robin Williams, Shelley Duvall

Au casting, on retrouve un Robin Williams encore tout jeune sortant du succès de la série Mork and Mindy et Shelley Duvall venant de subir les affres de Stanley Kubrick sur Shining, pour les rôles de Popeye et Olive. Evidemment, pour les muscles de Popeye, Williams se retrouve avec des prothèses de bras musclés. Autant dire que quand le flop se fera sentir, on n'entendra plus trop parler de ce film et il faudra bien quelques mauvais esprits pour l'exorciser (à l'image de Nanarland qui n'a pas été si méchant dans sa critique, même s'ils évoquent les défauts majeurs de la chose). Introuvable en VHS, invisible des échos radars en DVD (on évitera de parlera de BR), quasiment jamais diffusé à la télévision, Popeye est une rareté comme on en voit peu et ce malgré les deux majors derrière. Je l'ai néanmoins vu il y a quelques semaines sur Gulli, soit un événement que je ne pouvais rater pour rien au monde au vue de la rareté de la chose et autant dire que j'en ai eu pour mon argent. On parle bien ici d'un monumental ratage dans une carrière, du genre que l'on préfère laisser dans un placard en évitant que quelqu'un ne le fasse ressurgir (à l'image de la VHS quasiment introuvable à l'heure d'aujourd'hui en France). On se demande même par moments à quoi carburait Tonton Robert quand il a tourné la chose.

Popeye : photo Robert Altman, Robin Williams

Il n'y a qu'à voir la pieuvre du final (!) ainsi que son inévitable affrontement avec Popeye (!) semblant sortir de La fiancée du monstre d'Ed Wood (mais si, ce passage où Bela Lugosi se retrouve aux prises avec une misérable pieuvre avant de passer à des images d'archives!)! Notez quand même la référence de la chose. Idem pour la scène avec Mimosa pris par son oncle car il peut deviner les paris... dans un bar à prostituées! Pour rappel, nous sommes dans quand même devant un film familial produit par Disney. Par ailleurs, il est bon de souligner qu'il ne s'agit pas de chevaux en chair et en os mais de chevaux de bois qui défilent inlassablement! Je veux bien qu'on nage dans le cartoon mais là on navigue dans l'excentrisme le plus monumental. Pour forcer le trait cartoonesque, Altman utilise les techniques héritées du médium animé. Le problème étant comme toujours que ce qui marche en animation ou dessin ne l'est pas forcément avec des acteurs en décors réels. Je vous ai déjà évoqué les prothèses, mais cela passe également par les bruits (évidemment surdimensionné dès qu'il s'agit de donner un coup ou signifier une simple parade comique) et les situations. Ainsi quand un acteur se prend un coup, il se déplacera comme dans un cartoon. Il en fait des tonnes et navigue dans tous les sens dans le bar avant d'ouvrir les portes et ne jamais revenir!

Popeye : Photo Paul Dooley, Paul L. Smith, Robert Altman

Un cas d'école dans le cartoon, mais clairement ce n'est pas un effet crédible dans le cinéma live ou alors avec des effets-spéciaux
innovants. Ce que n'a pas du tout Altman à sa disposition, se contentant à la limite d'un boxeur envoyé au tapis par Popeye arrivant en direction du spectateur. C'est peut être le seul effet de ce type à proprement dit correct du film. De plus, le film se fera ringardisé quelques années plus tard par Qui veut la peau de Roger Rabbit, mélangeant habilement animation cartoonesque et acteurs bien réels. Le film est également à l'image du comic-book et du cartoon: un mec avec une force surhumaine dès qu'il mange des épinards, amoureux de la filiforme Olive convoitée par le bourrin Brutus et élevant le bébé Mimosa qui a donc des dons de voyance. C'est toute l'histoire du film résumé en une phrase. Le film dure presque deux heures. On ne sait pas pourquoi une telle durée tant les enjeux sont simples et sans grands intérêts. Alors Altman fait durer des actions comme la romance entre Popeye et Olive qui prend au moins une bonne heure à elle seule (!), tout comme le climax dure des plombes, sans compter que
le film est particulièrement ennuyeux et ne fait même pas rire. Pire encore, ça chante! Et particulièrement mal en sachant que d'après Nanarland la VF est meilleure que la VO. C'est dire si cela donne envie. Quant aux acteurs, c'est la foire au cabotinage et Williams n'est pas le seul à blâmer dans l'histoire, le pauvre devant marmoner un merveilleux charabia tout en fumant la pipe. Comme le disait mon camarade Olivier, un film typé pour Terrence Hill et Bud Spencer aurait été presque plus crédible que ce mauvais film oublié de tous et à juste titre.

Popeye (photo) 

Ouh la belle pieuvre en latex!

Une rareté faisant office de merveilleux naufrage, adaptant l'improbable et se trouvant pour le moins laborieux.

01 mars 2015

"Si vous me croisez, vous passerez la pire journée de votre vie"

Plus de 802 700 visiteurs!

Lou Bloom découvre les joies de la télévision pour le meilleur et surtout pour le pire...

Tous les jours le banal bonhomme lambda va regarder les informations et cela dans n'importe quel domaine ou support. Et si ce sont des photos ou vidéos, l'intérêt ne sera que décuplé. C'est ce que cherche à nous démontrer Nightcrawler banalement rebaptisé Night call en VF pour surfer sur la formule "par le producteur de Drive". Soit le premier film de Dan Gilroy frère de Tony avec qui il a collaboré sur le spin-off/entrequel de la saga Bourne, tout comme le projet maudit (et peut être pas un mal) Superman lives. Le film dévoile une télévision cherchant le profit direct au détriment de l'information pure et simple. Les deux sont symbolisés par la productrice d'une chaîne d'information (Rene Russo) et son adjoint. Elle cherche à faire de l'audimat sur une chaîne qui n'en fait plus. Le buzz autour de vidéos choquantes permet à la chaîne de gagner des taux de fréquentation du téléspectateur et aussi en visibilité (c'est toujours bon une chaîne qui monte mais une qui chute...). Lui cherche avant tout à donner une vraie information, soit ce qui s'avère en apparence le principal intérêt que devrait porter une chaîne d'information. Sauf que la vraie information n'a finalement que peu d'intérêt pour le téléspectateur. Le spectaculaire futil dépasse allègrement l'information véritable.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal, Rene Russo

Le sujet n'est pourtant pas nouveau et même un film comme Anchorman 2 sorti il y a un an le démontrait le temps d'une séquence (ou quand une banale poursuite vaut mieux qu'une interview de Yasser Arafat!). Il suffit également de voir chaque jour en zappant sur BFM TV ou Itélé que cela se ressent (dois-je rappeler l'affaire Nabilla ou les affaires sexuelles de notre président prenant plus de place qu'une prise d'otages ou des catastrophes naturelles?!). Donc en soi et malgré un traitement intéressant, Dan Gilroy ne développe pas une thématique nouvelle et ne la renouvelle pas. Mais il se rattrape largement sur le traitement fabuleux de son personnage principal, Lou Bloom. Sa première apparition est flamboyante: le spectateur sait qu'il est face à un gars dangereux capable du savatage le plus violent, voire pire. Lou est un parfait anti-héros, sociopathe sauvage et baratinneur, choisissant pertinemment les mots qu'il va employer et ne ratant jamais sa cible. Une sorte de parasite moderne trouvant le bon endroit à contaminer (l'information télévisée) et rien n'arrêtera son ascenssion fulgurante. Surtout pas. C'est inévitablement avec ce personnage que Gilroy gagne des points et Nightcrawler de sortir clairement du lot. Le personnage est prêt à tout et aura ce qu'il veut par tous les moyens possibles. Et si c'est pour atteindre le haut de la pile dans le sang, il le fera.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Lou Bloom est un personnage qui atteindra toujours les sommets car il est déterminé. Comme le confirme une répartie fulgurante pouvant aller du direct au glauque d'une seconde à l'autre. Le fait que sa relation sexuelle éventuelle avec la productrice n'est pas montré mais suggérée en rajoute une bonne couche. Comme le montre ce passage où ils sont tous les deux dans la salle de montage et où le dialogue suggère des relations sexuelles éventuelles qui prêtent à sourire ("Je sais que tu la veux. -Oui je la veux."). Le fait de suggérer au lieu de montrer Lou en mode sex machine n'est peut être pas une mauvaise chose, évitant le graveleux et permettant plus de retenue. Jake Gyllenhaal signe une prestation fulgurante et physique, où le pétage de plomb est d'une imprévisibilité improbable. La réalisateur se veut poseur notamment quand il dévoile la ville de Los Angeles, singeant parfois le meilleur de Michael Mann. Il n'y a qu'à voir les premiers plans du film servant de génériques, soit un montage de la ville de LA sous tous les angles. Idem pour le reste du film où l'on est quand même bien devant du pur cinéma indépendant. Mais le film atteint des sommets lors de sa course-poursuite en pleine rue entre des braqueurs, des flics et notre cher Lou Bloom. Une séquence halletante, violente et sans équivoque, où le voyeurisme de Lou atteint des sommets pour le moins inégalé et grandiose. Filmer jusqu'au bout y compris la mort. Sans compter ce final d'un cynisme merveilleux.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Un film efficace au message un peu déjà vu mais au portrait de personnage fascinant et à faire peur.

28 février 2015

Cuvée cinéma cinéma

La Cave de Borat a souvent été l'occasion d'évoquer des expériences rock'n rollesques comme agréables de votre cher interlocuteur dans les salles obscures. Mais qu'en est-il des cinémas qui ont façonné sa cinéphilie au fil des années? Cette cuvée sera donc consacrée aux cinémas, ceux qui nous permettent de découvrir des films, d'en revoir parfois par la même occasion, parfois d'y aller à la bourrine en espérant que ce soit bien, d'y aller en famille, seul ou tout seul. En sachant que l'expérience cinématographique est toujours intime et permet de débattre... enfin quand il est nécessaire de le faire. Cuvée nostalgique, cuvée cinématographique, cuvée salles obscures droit devant! Evidemment, comment ne pas évoquer ce fameux Kinépolis de Thionville qui m'a autant servi que pas du tout. Que ce soit dans ses choix de films ou ses diffusions abusives (il est amusant de voir des films débutant leurs exploitations en deuxième séance, c'est terriblement logique). Kinépolis, le géant belge du cinoche, et moi, le petit lorrain, une histoire d'amour-haîne qui dure depuis dorénavant quinze ans et ce n'est probablement pas fini. Pour cela, il faut revenir aux origines. En janvier 2000, je découvrais mon premier film au cinéma (Tarzan mais je vous en ai parlé des tonnes de fois), une expérience hors norme, énorme salle (probablement la salle 1, celle où on rentre du côté gauche et sort... du côté gauche!), THX qui cassait la baraque, explosion visuelle (tu passe quand même du petit écran de ta télévision et Dieu sait qu'elle était petite, à un énorme écran de cinéma, c'est comme passer de l'ADSL au haut débit!).

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Un autre monde s'ouvrait avec ces bandes-annonces qu'habituellement tu vois avec du bol sur VHS alors que le film est alors en passe de sortir au cinéma. Je n'ai pas forcément été très régulier avant au moins un an mais je dois avouer que mes premières expériences sont assez marquantes allant de Toy Story 2 à Pokémon le film en passant par Chicken Run et Dinosaures. Des classiques pour moi à l'époque! Une époque où je collectionnais les carnets de cinéma, ceux où on regardait les séances. L'occasion de découvrir des films que je ne verrais peut être que bien plus tard à l'image d'En pleine tempête ou Titan AE. Mais rapidement je me suis rendu compte que les films parfois annoncés dans les carnets ne passaient pas au Kinépolis. Ils étaient là pour faire joli. Encore mieux, il est arrivé de plus en plus fréquemment au fil des années que ce cinéma mette des affiches, parfois très imposantes dans le bâtiment sans même le diffuser ne serait-ce qu'une seule fois. Par exemple, The world's end d'Edgar Wright n'est jamais passé à Thionville, ce qui n'a pas empêché l'affiche de traîner là de début août au 31 octobre, alors que le film était sorti depuis le 28 août! Idem pour La crème de la crème avec affiche mis deux à trois semaines avant sa sortie puis rien. Et quand on fait dans la magouille autant y aller franco hein?

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Genre diffuser un film deux semaines après sa sortie parce qu'il a dépassé le million d'entrées! Ce fut le cas pour Twelve years a slave. Et puis Kinépolis Thionville c'est aussi une bonne rigolade de problèmes techniques. Pour Princesse Mononoké en octobre 2001 (déjà que j'aurais mieux fait de me tirer une balle dans le pied, n'ayant franchement pas l'âge adéquate), un orage grondait (l'art de l'insonorisation dans un multiplexe, pléonasme suprême...) engendrant des problèmes d'electricité et en soi de projetion. Les bandes-annonces ont donc eu du mal à se montrer. Passer cela le film a eu du mal à démarrer. Par la suite, point de problèmes mais c'était plutôt pas mal. Pour LOL (oui le Borat a eu aussi quelques casseroles voire énormément de casseroles avec son consentement total), la séance a été totalement annulée suite à un problème technique empêchant la diffusion. Pour Entre les murs, votre cher Borat s'est retrouvé dans une alerte à la bombe (heureusement ce n'était rien). Evidemment pour ces deux cas, remboursement immédiat. Mais d'autres fois la galère a duré longtemps. Ce fut le cas sur Watchmen et The reader. Par un souci de projecteur ou je ne sais quoi, l'image n'était pas bonne du tout. Je m'explique. Vous avez la projection du film, tout va bien. Sauf quand la partie du haut de l'image se trouve en bas de l'écran et que le bas de l'image se trouve en haut de l'écran.

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Pour vous donnez une vraie idée de la chose, imaginez que la tête de Ralph Fiennes soit en bas et que ses pieds sont en haut de l'écran! Si cela n'a duré que sur la scène de la prison pour Watchmen, la moitié de The reader est passée à la trappe. La dernière fois que Kinépolis a osé me faire le coup fut direct. Après tant de mésaventures, il est parfois temps de passer à l'action. Alors que c'était une avant- première, l'image de Hunger games: L'embrasement avait été tellement zoomé que l'on ne voyait rien. En gros, imaginez que vous avez un plan et que l'on aurait zoomé au centre de ce plan. Pour un multiplexe qui se veut aussi compétitif sur les prix (8.5 si vous avez une carte étudiante et si vous ne la présentez vous pouvez toujours aller vous faire voir si j'y suis; et encore mieux 5 au lieu de 4 pour les -14!), il y a comme du laisser-aller. Evidemment, il n'y a pas que des malus, mais disons qu'avec ce taux de défauts, j'apprécie de moins en moins d'aller là-haut et si j'y vais c'est principalement avec mes amis du lycée. Ce fut également l'occasion de voir le concert de Metallica à Nice, le concert (ahrem) des Red Hot Chili Peppers pour leur nouvel album et ce bon vieux Ghostbusters en salles. C'est là aussi où j'ai vu la plupart des Fincher de la précédente décennie à commencer par Zodiac en mon sacro-saint jour d'anniversaire (de quoi réparer l'affront Da Vinci Code).

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Là où j'ai vu un paquet de purges comme de chefs d'oeuvres, que j'ai pris mes premières claques sur grand écran, que j'ai goûté à la 3D en mal (oh purée Le choc des titans que je ne voulais absolument pas voir ainsi mais obligation du cinéma) comme en bien (Gravity et Avatar pour ne citer qu'eux). Que j'ai mangé pour la première fois du pop corn, que j'ai ronflé devant L'interprète parce que j'avais la fièvre, que j'ai failli m'endormir plus d'une fois devant Lincoln tellement c'était chiant. Là aussi où j'ai grugé à neuf ans pour voir un Daredevil interdit aux moins de 12 ans et même chose pour Banlieue 13 et Underworld 2 (oh que le Borat a été con!). Bref, Kinépolis c'est le bonheur et la raillerie en ce qui me concerne, permettant tant mais si peu. L'autre cinéma que j'ai fréquenté par chez moi fut La Scala. Fut car son emplacement n'est plus du tout le même aujourd'hui, que le cinéma a été totalement rénové (et ravissant comme vous pouvez le voir) et que les conditions sont dorénavant bien meilleures. La première fois ce fut pour Le journal d'Anne Frank alors que je devais avoir dans les 5-6 ans! Les moniteurs de mon centre-aéré avait eu l'idée de génie de nous emmener voir cette adaptation du journal autobiographique de la jeune hollandaise sous prétexte que c'était un film d'animation! Autant dire que les mômes avec moi n'étaient pas très convaincu de ce qu'ils voyaient, ne comprenant strictement rien. Comment voulez vous que des gamins à peine sortis de la maternelle soient capables de comprendre les drames engendrés par le IIIème Reich?!

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Par la suite, au collège mon établissement m'avait fait voir le terriblement chiant L'armée du crime et en avait rajouté une couche en ne parlant quasiment que de ce film pendant l'année. A croire qu'il n'y avait pas plus intéressant que ça. Bon cela m'a permis de voir la miss Virginie Ledoyen dans le plus simple appareil (une fois de plus...) et ça c'est unique. Je me souviens aussi d'une projection de films documentaires. Je tiens à dire que je n'ai rien contre le documentaire, mais alors là... Entre les éleveurs qui en avaient marre que leurs moutons se fassent bouffer par les loups et les vélibs des Titi parisiens, cela va deux secondes mais cela durant deux heures peut s'avérer fort pénible. Bon, cela nous avait permis de rire avec les copains. En terminale, ma prof d'espagnol nous avait fait voir le film mexicain Norteado. Film plutôt pas mal sur l'immigration malgré quelques notes d'humour pour le moins cocasse. Avec un de mes amis, on avait bien rigolé devant la manière qu'avait le réalisateur de montrer que son personnage principal est un beau tombeur! Juste avant sa rénovation, j'avais eu la chance de pouvoir voir Killer Joe au cinéma qui plus est en VO. Un bonheur d'entendre enfin le foutu accent texan de l'ami McConaughey et de voir enfin un film de William Friedkin en salle. Surtout quand il s'agit d'une très grande réussite.

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Je me suis mis à le fréquenter qu'il y a quelques mois une fois totalement renové et changé de place donc. En sachant que comme vous avez pu le lire, les films étrangers sont diffusés en VO ce qui vaudra aux cinéphiles ardus une reconnaissance éternelle. Tout d'abord avec The homesman, puis Maps to the stars, The rover, Jersey Boys (dans une salle vide), Boyhood, Sils Maria et la dernière fois le mois dernier avec Whiplash. Pas un seul mauvais film même si certains sont moins forts que d'autres et surtout que j'ai pu rattraper alors que mon multiplexe ne les avait pas diffusé (à l'image de The homesman dont l'affiche trônait aussi depuis de nombreuses semaines, mais bon je crois que vous avez compris...). Un cinéma que j'apprécie particulièrement et qui a des prix attractif, cinéma art et essai oblige. Tant mieux si ce genre de cinémas réussi à survivre face aux gros multiplexes. Largement plus loin de chez moi se trouve le Gaumont d'Amnéville auquel je suis allé trois fois exactement. Malgré que j'ai déjà arpenté ce cinéma (plus grand que le kinépolis en terme de salles puisqu'il en a deux de plus, donc synonyme de films en plus), ce nombre correspond aux films vus. Le premier fut Les choristes. Pas que je ne pouvais pas le voir à Thionville mais cela était venu ainsi à mes parents et c'était une période où nous allions beaucoup dans cette belle cité touristique.

Le cinéma, les thermes, les restaurants, le zoo, le Galaxy (même si je n'y ai jamais foutu les pieds), autrefois l'Imax (on en reparlera juste après) dorénavant le snow hall... De quoi se promener tranquille. Puis bien des années plus tard en juin 2009, j'avais vu que Les beaux gosses de Riad Sattouf était diffusé à Amnéville et je m'étais dit que peut être mes parents pouvaient venir le voir avec moi. Cela leur a plu autant qu'à moi. Là pour le coup je fus bien content d'avoir ce cinéma pour voir ce film. Le dernier que j'ai vu là bas fut Skyfall avec mon oncle le soir de sa sortie. En bons fans de l'agent 007 nous avons été le voir ensemble et comme il avait des tickets moins chers c'était la bonne occasion. L'Imax d'Amnéville donc (et posté juste en face du Gaumont) fut plus rare même si à l'époque il me permettait de voir des bandes-annonces alors que j'étais dans le resto d'en face (découvrir pour la première fois Star Trek via la BA de Star Trek Nemesis!). Disons que c'était inévitablement pour des productions documentaires ou jouant sur les petites productions en 3D. Pas de quoi s'emballer dans tous les cas même si le spectacle est sympathique. Je me souviens avoir vu un doc sur la conquête spatiale de la NASA et d'un autre sur les insectes. Je crois en avoir vu un autre mais je ne m'en souviens absolument pas. L'Imax était un beau batiment avec des affiches partout à la fois pour les films projetés mais aussi d'anciens films ayant utilisés le procédé.

L'Imax du temps de sa splendeur.

On citera La Belle et la Bête et Le roi lion pour Disney ou le moyen-métrage Les ailes du courage de Jean Jacques Annaud. Ce qui est dommage car des films intéressants sont sortis depuis dans ce procédé on pense aussi bien aux derniers Batman, comme les deux derniers Hunger Games ou Mission Impossible 4. Manque de pot, non seulement l'Imax ne les a pas diffusé mais en plus il a fermé ses portes dans le plus grand anonymat. Bien triste... Au cours de mes voyages à Hossegor j'ai pu goûter au cinéma par deux fois, qui plus est sur deux ans de suite et deux adaptations de comics. Par ailleurs, il s'agissait à chaque fois d'avant-premières attendues et blindées de monde alors même que les gens sont en vacances moi y compris. L'occasion de découvrir les joies du sympathique Rex. Ainsi j'ai découvert avec plaisir The Dark Knight Rises en 2012 et The Wolverine (malgré la 3D obligatoire) en 2013. Depuis que je suis à la fac, je fréquente quasi-quotidiennement les cinémas de Metz, ces petits cinémas de quartier qui ont parfois des films qui ne sont pas à Kinépolis (ou vice versa c'est déjà arrivé) et ont des prix attractifs me permettant de profiter pleinement de ma passion. Quand vous payez jusqu'à trois euros de moins sur un même tarif étudiant, vous êtes contents!

Je fréquente davantage le Palace que le Caméo mais en fait tout dépend de la programation, le premier étant plus grand public (enfin tout dépend certains cas), le second plus art et essai. Il n'en reste pas moins que les deux cinémas sont classieux comme le confirme leur deventure. J'ai plaisir à y aller avec mes amis de la fac et j'ai pu voir bien plus de films qu'au Kinépolis depuis janvier si je dois bien regarder. Trois contre cinq pour tout vous dire. Pour vous donner une idée depuis que je suis à la fac, j'ai été voir dans ces deux cinémas: 

  • Casse tête chinois de Cédric Klapisch (premier film au Palace!)
  • La reine des neiges de Jennifer Lee et Chris Buck (alors que tout le monde allait voir The Hobbit que j'ai vu le week end suivant en HFR!)
  • A touch of sin de Jia Zhang Ze(premier film au Caméo!)
  • Twelve years a slave de Steve McQueen (que Kinépolis mettra deux semaines à diffuser, admirez un peu la logistique)
  • Minuscule de Thomas Szabo et Hélène Giraud (que j'avais vu lors du Printemps du cinéma, c'est dire si le film a eu une bonne exploitation)
  • La Belle et la Bête de Christophe Gans (dont j'avais été au Palace parce que mes potes de lycée ne voulait pas y aller!)
  • Les trois frères le retour des Inconnus (si j'avais su j'aurais été voir autre chose...)
  • The grand budapest hotel de Wes Anderson (le genre de film que l'on est bien content de voir en salles)
  • Her de Spike Jonze (il aurait été con de rater une séquence de chatroulette aussi drôle!)
  • La crème de la crème de Kim Chapiron (où j'avais bourriné comme un malade sous la chaleur, partant de cours à la sauvage, avant d'enchaîner ce film et de revenir sur le campus pour voir une pièce!)
  • Dawn of the Planet of the apes de Matt Reeves
  • Gemma Bovery de Anne Fontaine (quand Luchini le philosophe le plus délirant du cinéma français rencontre Miss Arterton une des plus belles créatures du cinéma britannique)
  • Sin City: j'ai tué pour elle de Rodriguez et Miller (dans le genre j'aurais mieux fait de m'abstenir ou de m'exciter pour rien)
  • Gone girl de David Fincher (dans le genre j'ai bien jubilé dans mon siège)
  • TMNT de Jonathan Liebesman (c'était bien pour les tortues!)
  • Samba de Toledano et Nakache (quand il n'y a rien, autant tester l'impossible...)
  • Magic in the moonlight de Woody Allen (un au Caméo...)
  • Hunger games 3 de Francis Lawrence (un au Palace dans la même journée)
  • Nightcrawler de Dan Gilroy
  • The search de Michel Hazanavicius (rien tu teste!)
  • La french de Cédric Jimenez (pareil)
  • A most violent year de JC Chandor (j'ai tout fait pour le voir et j'ai réussi à trouver un créno inextremis)
  • Foxcatcher de Bennett Miller (la séance d'après cours typique et la petite déception de ce début d'année)
  • Jupiter ascending des Wachowski (avec quelques plantages au début de séance avec film précédent toujours à l'écran et 3D défectueuse)
  • 50 nuances de Grey de Sam Taylor Johnson (comme disait Gainsbourg: si je baise affirmatif, si je bande no comment!)
  • Birdman d'Alejandro Inarritu (pas plus tard que jeudi dernier)

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Le Palace avec ses affiches de classiques à l'intérieur.

En sachant que c'est aussi au Palace que j'ai passé la soirée d'halloween dont je vous ai parlé il y a quelques cuvées. Malheureusement il se pourrait bien que d'ici la fin de l'année ou 2016 que cela se noircisse sur le cinéma messin. Le Caméo va probablement se faire bouffer par le géant Kinépolis (qui a pourtant un Kinépolis avant la gare, cherchez l'erreur) et ce dernier compte bien déplacer le cinéma d'art et essai au Palace. Donc un Kinépolis qui gardera probablement les mêmes tares financières que ses aînés et qui va nuire sérieusement au Palace qui a une très bonne clientèle (du type qui fait la queue dehors lorsqu'un gros film sort). Une nouvelle qui peine votre cher Borat et beaucoup d'autres devant de telles magouilles financières. D'ailleurs je renvoie à la caricature ci-dessous où un type en santiags et gros cigare censé symbolisé Kinépolis essaye d'écraser les deux petits cinémas. On en est clairement là. Mais en attendant, ces cinémas prospèrent encore sur Metz, preuve en est jeudi où en sortant de Birdman une foule recouvrait toute la salle d'ouverture. Allez à la semaine prochaine!

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Caméo and Palace fuck yeah!

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26 février 2015

That's the way you do it

Un jeune délinquant se retrouve entraîné par un espion très spécial et se retrouve confronté à un industriel prêt à conquérir le monde...

Kingsman : Services secrets : Affiche

Dans le genre surprise totale, Kingsman se pose là. Adapté d'un comic-book signé Mark Millar (aussi bon qu'il n'est grande gueule et partant parfois trop dans le vulgaire comme le confirma Kick Ass 2 dont l'adaptation est honnêtement bien meilleure) et Dave Gibbons (dessinateur incontournable de Watchmen, il n'y en a pas que pour Alan Moore); Kingsman est un film d'espionnage cherchant comme Kick Ass à jouer des codes du genre pour mieux les remettre à sa sauce. Par la même occasion, Millar retrouve Matthew Vaughn qui n'a pas hésité à lourder X Men Days of the future past, permettant à Bryan Singer de signer son grand retour dans la saga et remanier le script initial par la même occasion (pas un mal vraisemblablement). Pourtant malgré le retour du duo, Kingsman n'avait pas grand chose d'intéressant sur le papier. Encore un récit initiatique avec un personnage principal qui devient un héros au fil du film, tout en ayant un mentor digne de ce nom et devant faire face à un méchant cherchant à gouverner le monde (la logique du film d'espionnage classique). Et en soi, les bandes-annonces n'ont pas convaincu votre camarade provocant. Pourtant, suite à de nombreuses critiques élogieuses, je me suis engagé à le voir et finalement le fait d'avoir tenter à l'aveugle fut une très bonne chose (Borat "le The Voice du cinéma"?).

Kingsman : Services secrets : Photo Sofia Boutella

"A ta santé Borat."

Dès les premières minutes, le film montre une certaine couleur pop qui avait si bien convenu à Kick Ass avec le bon gros son de Dire Strait et son Money for nothing, alors que Colin Firth et son esquade sont en train de liquider de l'afghan en hors champ! Et oui, contrairement à un grand nombre de productions hollywoodiennes, Kingsman se permet le Restricted en lieu et place du PG-13. Par un curieux hasard, il a réussi à faire face aux 50 nuances de Grey (également Restricted mais avec beaucoup moins de corones) et grâce aux recettes internationales à dépasser son budget. Peut être pas assez pour dépasser son budget sur le sol ricain, mais suffisant pour dire que le succès est là et en particulier pour une production Restricted. L'air de rien, le mois de février a prouvé par trois fois qu'un film peut fédérer largement avec cette classification, le principal coup d'éclat étant American Sniper de Clint Eastwood. De là à ce que Hollywood passe aux choses sérieuses, il n'y a qu'un pas. Il n'en reste néanmoins que l'ambiance n'est pas la même ici, passez donc votre chemin pour le SM et les tueries de guerre. Ici on est dans les tueries pop où l'on se fend la gueule en voyant les corps qui explosent. On reste dans une hiérarchie à la James Bond (le MI6 est remplacé ici par une sorte de guilde du roi Arthur où chaque membre a un nom renvoyant à un chevalier de la table ronde), mais en y allant franco dans la violence colorée et jouissive.

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

A l'image de Millar comme il le prouve depuis Wanted (le comic-book hein pas la bouse qui lui sert d''adaptation") ou de Vaughn depuis l'adaptation de Kick Ass. Il suffit de voir certaines scènes du film où on fait péter une salle façon coloré sur le funk de KC & the sunshine band (alors que certains auraient mis une musique hyper dramatique façon Steve Jablonsky pour un Transformers avec le héros navigant entre les morts!) ou on massacre une église remplie d'extrêmistes avec Free Bird de Lynyrd Skynyrd (ce qui m'a rappelé mes bonnes vieilles virées sur GTA San Andreas, ah le bon temps!). Et puis pour continuez dans l'irrévérence, que dire du dernier plan pré-générique de fin (avec du Bryan Ferry s'il vous plaît, provoquant l'hilarité la plus totale), si ce n'est qu'il n'est pas sans rappeler certains passages obligés de l'ami James?! Sans compter la présence de Michael Caine parlant d'elle-même en ce qui concerne l'hommage envers le genre de l'espionnage. Evidemment, il faut un bon méchant ou tout du moins un méchant qui permet au spectateur de se souvenir de lui. Pas de doute que celui de Kingsman risque fort de rester longtemps parmi un des plus cocasses du film d'espionnage.

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Mark Strong, Sophie Cookson, Taron Egerton

Imaginez ce bon vieux Samuel L Jackson en sorte de Steve Jobs afro-américain (déjà là ça donne envie) avec tout le délire que cela amène (pas de "this is a revolution" mais on n'en est jamais bien loin), voulant conquérir inévitablement le monde (qui plus est avec un plan sorti tout droit de la Bible!), ne supportant pas la vue du sang (pas même le sien donnant lieu à un passage désopilant) et avec un détail merveilleux. Pour ceux qui connaissent le jeu de Jackson, l'acteur est réputé pour beaucoup parler. Alors imaginez un peu avec un ravissant cheveu sur la langue. Fous rires inévitables. Sans compter l'homme de main efficace et parfois plus charismatique que son patron. C'est indéniablement le cas de Gazelle incarnée par la danseuse Sofia Boutella, permettant au personnage de faire moult acrobaties spectaculaires avec ses "élans pistoriusiens". Colin Firth semble s'être bien marré à jouer les espions violents mais toujours gentleman, idem pour Mark Strong dans un rôle moins physique mais n'étant pas sans rappeler les grandes heures de Q. Le jeune Taron Egerton s'en sort plutôt pas mal, malgré une tendance inévitable à jouer la racaille de service (à l'image de la scène de la poursuite avec les flics). Pour ce qui est de la bande-originale, outre les chansons susmentionnées, le travail d'Henry Jackman est beaucoup trop classique et n'est pas sans rappeler ce qu'il a déjà fait sur X Men First Class. Au bout d'un moment, la répétition est peut être trop présente. 

 Kingsman : Services secrets : Photo Samuel L. Jackson

Un film d'espionnage fantastiquement bourrin et n'hésitant pas le mauvais goût pour faire rire le spectateur.

25 février 2015

Le hasard, ce grand humoriste

Tout part d'un vieil homme sur un lit d'hopîtal. Dès lors les destins ne vont cesser de se croiser, tous en rapport avec cet homme...

Metropolitan FilmExport

Faire un film choral est une chose, le rendre intéressant en est une autre. Là où beaucoup n'y voient qu'un moyen inévitable de chercher le gros casting (le dernier film de Paul Haggis en est la preuve avec Liam Neeson, Kim Basinger ou James Franco mais des retours catastrophiques), Paul Thomas Anderson a trouvé un intérêt à s'encadrer d'un beau casting tout en écrivant une histoire digne de ce nom. Au final: Ours d'or, Golden Globe du meilleur second-rôle... A la différence également d'autres films choraux, Magnolia peut se permettre d'avoir une intégralité de personnages principaux équivalents, chacun étant une pièce de l'échiquier ou plutôt une pétale de fleur. Pour cela, PTA joue particulièrement sur la carte du hasard et le fait que tous ses personnages sont liés par un élément ou un autre par le plus grand hasard de la vie. L'introduction aussi improbable soit-elle résume bien cela: qui aurait pu penser que le plan aurait pu marcher? Il y a toujours un soupçon de hasard même dans une préméditation. Il n'en reste pas moins qu'il y aura toujours une conséquence à un acte. Tous les personnages (sauf un) sont liés par un fait ou une parenté. Une vraie pelote de laine dont PTA réussi à chaque instant à dépasser et ce malgré un casting avec des acteurs plus imposants que d'autres.

Metropolitan FilmExport

(attention spoilers) Tout part d'un vieil homme (Jason Robards) sur un lit d'hopîtal. Une raclure qui a délaissé sa femme et son enfant, infidèle. Il est marié à une femme qui a fait comme lui et devenant accro aux médicaments (Julianne Moore fraîchement oscarisée) et demande à son infirmier (Philip Seymour Hoffman) si il peut retrouver son fils. On ne sait pas encore qui il est avant un fatidique coup de fil. Pour le vieil homme, c'est une forme de rédemption, le moment de partir en paix. Ce dernier n'est autre qu'un gourou machiste (Tom Cruise) qui a soigneusement enlevé les zones d'ombre de son cv pour mieux préserver cet héritage douloureux. Il est avant tout un homme meurtri par l'abandon de son père et cherchant à le faire payer en devenant aussi exécrable envers les femmes que son père ne l'a été avec sa mère souffrante. Une vengeance déguisée et très lucrative, le bonhomme étant particulièrement connu et riche. Une revanche sur une vie de misère. Lien suivant. Un présentateur découvre qu'il a le cancer (Phillip Baker Hall) et l'émission est produite par le vieil homme. Hasard certes mais lien évident: Baker Hall est le successeur de Robards et il a hérité des vices de son prédescesseur. Et pour cause, non seulement il a trompé sa femme mais il semble aussi avoir fait des attouchements sur sa fille (Melora Walters).

Tom Cruise. Metropolitan FilmExport

Cette même fille qui est devenue cocaïnomane suite probablement à ces abus. Lien direct vers l'émission dorénavant. Un ancien candidat (William H Macy) apparaît comme un raté, n'ayant plus les sous qu'il a touché pour l'émission, évoqués par une réplique évoquant que l'argent est allé dans les poches de ses parents. Non seulement, l'émission rend malade ses producteurs, mais aussi ses candidats, ces derniers étant eux-mêmes abusés par leurs propres parents. PTA fait alors le parallèle avec un jeune candidat de la même émission actuellement. Ce dernier est clairement abusé par son père qui ne voit en son fils qu'une source d'argents. Homme aux moeurs médiocres, le fait que son fils soit dans la lumière lui permet de l'être aussi. Une manière crapuleuse d'aimer son enfant, soit une thématique qui revient constamment dans le film: entre Robards et Cruise, entre Baker Hall et Walters, entre ces candidats et leurs parents. Et dans cet échiquier vient s'insérer un élément étranger, le seul qui est lié à tous mais sans le faire exprès: un flic (John C Reilly). Originellement, il n'aurait jamais dû les rencontrer, il vient juste pour un éventuel tappage sonore chez Walters. La thématique du hasard prend tout son sens avec ce personnage: il apparaît comme un cheveu sur la soupe dans ce film choral tout en ayant une utilité à part entière.

Melora Walters et John C.Reilly. Metropolitan FilmExport

Il tombe amoureux de la fille et c'est sur lui que se terminera le film. Une logique imparable puisque c'est un élément extérieur. Par ailleurs à ceux qui croient que le passage des grenouilles est purement gratuit, elle ne l'est pas et plus particulièrement elle est sans cesse amenée. Par exemple, un panneau publicitaire cite l'Exode et particulièrement le verset des grenouilles tombant sur l'Egypte. Ce passage permet de punir ou de rassembler différentes personnes. Dans le premier cas, on peut citer Baker Hall. Il s'apprête à se suicider mais est stoppé par une grenouille tombant du plafond. Pourtant alors que l'on pourrait croire qu'il est sauvé, le coup de feu finit par toucher la prise électrique qui finit par fumer. On ne verra plus ce personnage pour le reste du film. PTA le laisse volontairement dans une position à suspense. On ne sait pas s'il survivra et au pire le cancer le tuera, mais le fait de ne plus le montrer fait clairement comprendre que le personnage a atteint un stade irrécupérable et que le jugement divin est arrivé et ce par une banale grenouille tombant du ciel. Dans le bon sens, cette scène permet à une mère et sa fille de se retrouver après plusieurs années de silence. L'honneur est sauf. Par ailleurs, encore maintenant la séquence reste absolument impressionnante.

William H. Macy. Metropolitan FilmExport

Elle a beau contenir un taux ahurissant d'effets-spéciaux, elle n'en reste pas moins un bijou de minutie, la musique s'arrêtant pour laisser place au bruit des grenouilles se fracassant contre le sol ou les voitures, empêchant toute visibilité et pourtant le spectateur voit tout. D'autant que PTA montre tous les protagonistes même le purement secondaire (ce qui est le cas de la femme de Baker Hall). D'autant qu'elle n'arrive que très tard dans le film quasiment vers la fin. Une conclusion parfaite, une sorte d'apocalypse. Avant cela, PTA les réunissait également le temps d'une chanson, chaque acteur principal chantant un point particulier et ce particulièrement bien. Un beau moment musical preuve que le réalisateur a voulu se faire plaisir sans jamais que cela ne soit purement gratuit. (fin des spoilers) Malgré ses trois heures de métrage, Magnolia est le genre typique de film qui réussi à se transcender et à ne jamais paraître long. Une réussite indéniable. N'oublions pas non plus le casting irréprochable allant de l'hystérique Julianne Moore au mortellement jubilatoire Tom Cruise (une des rares fois où il ne court pas dans un film et ironiquement apparaissant pour la première fois sur Also sprach Zarathustra alors que le dernier Kubrick dans lequel il joue venait de sortir!), en passant par le touchant John C Reilly.

Jeremy Blackman. Metropolitan FilmExport

Une puissante oeuvre sur le hasard et le destin où l'aspect choral n'apparaît jamais comme un gadget.

 

23 février 2015

Bob vous attend pour rire

La recette du paté de crabe et notamment de sa sauce disparaît malencontreusement et Bob et ses amis partent à sa recherche...

Bob l'éponge 2

Votre cher Borat n'est à l'origine pas un grand fan de Bob l'éponge. Je me souviens que je regardais souvent quand cela passait sur TF1, mais de là à dire que j'aimais cela. Il n'en reste pas moins qu'au fil des années, j'ai su changer d'avis trouvant de l'intérêt à cette pochade déjanté d'une éponge faisant des burgers de crabe pour Mr Crabs et ayant pour pote une étoile de mer débile nommée Patrick. J'ai depuis vu le film qui m'a plutôt bien plu même s'il avait des défauts et je dois dire que sa sequelle sortie mercredi me faisait de l'oeil. Bob l'éponge: Un héros hors de l'eau a au moins le mérite de titiller le spectateur de par sa connerie ambiante et jouissive et se donnant les moyens de contrebalancer son concept par une inventivité folle. Clairement il n'y a pas de quoi faire durer un épisode de Bob plus de vingt minutes. D'ailleurs le premier film en souffrait un peu, perdant beaucoup en rythme vers la fin. Cette sequelle se révèle finalement plus conséquente car ose beaucoup, y compris les références qui parleront davantage aux adolescents et adultes férus de science-fiction. Ainsi, le film met en scène la lutte fatidique de Plancton pour avoir la fameuse recette du paté de crabe et évidemment par un drame, elle n'existe plus. Les réalisateurs se sont donc fait plaisir dans la "sequelle bigger and louder" car quand il n'y en a plus, il y en a encore!

Bob l'éponge - Le film : Un héros sort de l'eau : Photo Antonio Banderas

L'avion s'écrase? Hop on monte dans le char! Char foutu? Robot géant! Robot sans batterie? Diversion! Il y a toujours un élément qui fait que nous sommes face à une suite bigger and louder, à l'image du récent 22 Jump Street. Le crédo de ce film pourrait être "plus c'est con plus c'est bon!" D'autant que le film est réalisé par quelqu'un connaissant parfaitement l'univers de la série, puisqu'il s'agit de son second showrunner Phil Tibbitt qui se charge de cette séquelle. On se demande constamment où le réalisateur va nous emmener et à chaque fois on se fend la poire. Il n'y a qu'à voir la parodie de Mad Max 2 avec Krabs en Humungus et Poulpe à la place de Vernon Wells! Sans compter les vigilantes qui défoncent la gueule d'un pneu, un surveillant avec mitraillette et Patrick avec un couteau sur la tête! Une parodie délirante que seuls les adolescents et adultes au parfum comprendront parfaitement. C'est dire si le film parle à un public largement plus large que les simples enfants. Idem pour le passage parodiant plus ou moins H2G2 Le guide du voyageur galactique (aussi bien le roman que le film), laissant un beau fou-rire à votre cher Borat qui a compris tout de suite le délire WTF en présence.

Bob l'éponge - Le film : Un héros sort de l'eau : Photo

Quant aux séquences en prise de vue réelles, le film montre un Antonio Banderas (qui cabotinne comme pas possible) bien content de se foutre de la gueule de Johnny Depp, en faisant des caisses à pasticher le Jack Sparrow de Pirates des Caraïbes. Par la même occasion, le réalisateur ose un petit clin d'oeil au regretté Ray Harryhausen par un squelette récalcitrant, même si la scène est malheureusement trop courte. Sans compter tous les passages avec le photomaton renvoyant à HG Wells et un soupçon de 2001 pour l'aspect terriblement psychédélique! On passe réellement un bon moment surtout que le film aligne les grands moments et finalement s'avère bien supérieur au premier film. Il n'y a quasiment pas de baisse de régime, le film fait rire du début à la fin, s'aligne dans une connerie volontaire du plus bel effet. Bref, du pur spectacle familial qui ne prend jamais son spectateur pour un imbécile. Il ne paye pas pour voir des chipmunks qui chantent bêtement ou un dog allemand qui pète et rote. Avec Bob, on est toujours dans la pantalonade référencée et jubilatoire et on demande à voir un peu plus ce genre de spectacle ces derniers temps.

Bob l'éponge 2 (photo)

Une sequelle de grande qualité à la fois drôle et référencé de manière habile.

22 février 2015

Cuvée SNL

Cette semaine (et première cuvée pour débuter cette seconde année de conneries nostalgiques), la Cave de Borat va rendre hommage à une institution de la rigolade qui grâce à ses comiques a réussi à perdurer durant désormais quarante piges (soit la moitié de l'âge de votre cher Borat ce qui ne le rajeuni pas du tout comme il le dit souvent!). Dimanche dernier, NBC fêtait l'anniversaire du Saturday Night Live, faisant une des rares audiences notables de la chaîne sur l'année (désolé de taper dessus chaque année mais depuis Heroes c'est le naufrage pour la chaîne, quoique quand on voit le niveau des autres networks, il n'y a pas de quoi se vanter non plus) avec un show génial (enfin de ce que l'on peut voir sur youtube) dont on reparlera un peu plus bas dans cette cuvée. Le SNL (vous m'excuserez de passer à l'abréviation) est une institution à comiques où même le passage le plus court peut être remarqué. Votre cher Borat va revenir de loin et rendre hommage à ces fameux comiques en se focalisant sur les décennies ayant permis de découvrir ces fameux talents dont certains ne sont malheureusement plus de ce monde avec grande tristesse.

On dit souvent que la première mouture est la meilleure. C'est surement vrai en ce qui concerne le SNL tant la décennie 1975-1985 permit à un très grand nombre de comiques de se faire connaître de la meilleure des manières avant de toucher au sacro-saint cinéma. Dans un premier temps elle a fait naître les fameux Blues Brothers aka Dan Aykroyd (1975-1979) et le regretté John Belushi (1975-1979). L'air de rien l'esprit du SNL a perduré avec au moins Aykroyd par au moins quatre films. Bien évidemment Les Blues Brothers de John Landis véritable pignolade en puissance toujours copié (n'est-ce pas Luc? Oui c'est bien à toi que je parle, ce n'est pas parce qu'Alain Terzian te cire les bottes que le Borat doit le faire!) mais jamais égalé. Multipliant les scènes tonitruantes (ah la course-poursuite de presque une demi-heure servant de climax au film! Ah la scène chez les cowboys! Ah la poursuite dans le magasin! Ah Carrie Fisher qui essaye de tuer Belushi durant tout le film), Les Blues Brothers est un sommet comique et musicale de la meilleure des manières. Les 80's commençaient de manière grandiose avec ce film. Puis vint Ghostbusters. John Belushi devait normalement exploser avec un film pareil, encore plus qu'avec Les Blues Brothers, American College ou 1941 (bon ce dernier est plus polémique). Malheureusement pris par la drogue, l'acteur nous quitte en 1982. Aykroyd ressortira le projet deux ans après en compagnie du regretté Harold Ramis et d'un certain Bill Murray.

Ce dernier a aussi fait ses classes au SNL (1977-1980) et sa notoriété ne fera qu'accroitre avec Ghostbusters. Murray reste probablement un de mes comiques préférés sachant à la fois faire dans le comique pur et dur (Un jour sans fin et La vie aquatique sont des exemples notables) ou le plus nuancé (Lost in translation est largement sauvé par sa prestation au whisky japonais). Même des films pour le moins discutables (et il y en a eu, on en a reparle de Charlie's angels? De Garfield?), il réussi à tirer la couverture le temps de quelques temps et cela par un comique de situation jouant sur un côté déprimé. Il n'y a qu'à voir sa tête sur Ghostbusters où il semble être le seul de l'équipe à réellement se foutre des histoires de fantômes de ses camarades! Mais indéniablement c'est drôle! Pareil pour Un jour sans fin où son agacement est palpable à chaque seconde du film. Pour en revenir à Aykroyd on peut plus parler de comique de dialogues, ce dernier ayant beaucoup fait pour Les Blues Brothers et Ghostbusters. En revanche, par la suite, le comique aura bien du mal à faire mieux et en particuliers sur Coneheads (un film estampillé SNL où il était un extraterrestre avec un énorme cône pour tête et devant s'infiltrer sur Terre) et Les Blues Brothers 2000 (bousillé par Universal dixit Universal et dont John Goodman prenait la relève de John Belushi).

"Salut Bébé. Tu veux faire un karaoké avec Bill le crooner? Viens donc à mes côtés, je vais te faire chanter!"

Autre comique marquant de la décennie 75-85 un certain Eddie Murphy (1980-1984). Comique pétaradant, pro de l'improvisation, le comique ne tarde pas à se faire remarquer par le cinéma en premier lieu avec 48 heures. Partant sur une thématique bateau (le buddy movie avec le flic blanc qui se coltine un sidekick bien particulier, là un arnaqueur), le film se sauve notamment grâce au duo Eddie Murphy-Nick Nolte. S'enchaîne Un fauteuil pour deux où il joue aux côtés d'Aykroyd (deux icônes du SNL pour le prix d'un film!) dans une satire jubilatoire de la finance. Mais là où Murphy a réellement explosé arrive un an plus tard avec Le flic de Beverly Hills. L'acteur casse la baraque, aligne les gags en puissance (ah le passage sur Michael Jackson! Il paraît qu'il n'est toujours pas là...) tout en étant un pur film d'action 80's type Don Simpson-Jerry Bruckeimer (ça tire, ça explose, ça va dans les bars à stripteases!). A partir de là, Murphy devient intouchable même s'il n'est pas au top, il rapporte. Malgré tout, le retour de baton sera violent pour l'acteur à partir des 90's où il commence à trop cachetonner pour des films ne valant pas tripettes. Si bien que quand il fait un bon film, cela ne marche pas. Je pense bien sûr au Flic de San Francisco ou plus logiquement Metro, polar vraiment sympathique et sous-estimé (et ce malgré un grand nombre de diffusions).

"Quoi Michael Jackson ne viendra pas? Bon alors je vais me faire un autre classique: Roxanne! Roxaaaaaaaaaaaanne!"

En gros, ses années 2000 se caractérisant surtout pour son interprétation jubilatoire de l'Ane dans Shrek. Bien sinistre quand même. Au cours de la décennie, le show crée par Lorne Michaels permet à des têtes connues de se faire une place à l'image du frère Belushi James qui plus tard se fera surtout connaître pour Double détente avec Schwarzy et la série des Chien de flic (1983-1985); Julia Louis Dreyfus (1982-1985) qui fera partie de l'aventure Seinfeld; Chevy Chase (1975-1979) interprète impayable de Fletch et des National Lampoons's vacation que l'on retrouvera par la suite chez Big John (ah Les aventures d'un homme invisible); Billy Cristal (1984-1985) qui fera revenir un de ses personnages dans le film Mr Saturday night et deviendra le Harry le plus connu de la romcom (le premier qui me sort Potter, la baffe partira!); et enfin Martin Short (1984-1985) comique n'ayant jamais réellement eu son heure de gloire et ce malgré L'aventure intérieure (avoir Dennis Quaid dans le corps c'est quelque chose) et Mars attacks (ah l'assistant du président US qui utilise la limousine présidentielle pour aller aux putes!). La décennie 85-95 aura son lot de trouvailles mais pas forcément les plus appréciables. Parmi les plus connues, un certain Adam Sandler (1991-1995). Votre cher interlocuteur l'avait remarqué avec Big daddy (où il pissait devant une porte avec soi-disant son gosse) et où Rob Schneider (également permanent durant la période 1990-1994) n'est jamais très loin.

"Borat t'as fini de te foutre de ma gueule? Tu sais bien que les Razzies j'adore ça, chaque année, j'ai l'impression de gagner une nouvelle bouteille de vin avec autant de raisins récoltés! -Bon Adam c'est quand que tu redeviens drôle? -Appelle Judd et on verra."

Pas amateur de l'humour le plus fin, souvent très lourd et aux films pour le moins lamentables pour la plupart, Sandler se permettra la résurrection Apatow avec Funny People... avant de revenir rafler quelques Razzie Awards. Au mieux je retiendrais Amour et amnésie, certainement une de ses productions les plus sympas. Quant à Schneider, il aura eu le mérite d'être le pire sidekick de Stallone (ah Judge Dredd!) et de JCVD (ah Piège à Hong Kong!). Dans le lot, on retrouve aussi quelques acteurs révélés dans des films de John Hughes à l'image de Joan Cusack soeur de John et vue dans Sixteen candles (1985-1986); Anthony Michael Hall (idem) aka le geek; et même un certain Robert Downey Jr (idem) vu à l'époque dans Weird Science avec le second. Chris Rock (1990-1993) fait ses premiers pas là aussi. Je n'ai jamais été un grand fan de ce comique qui m'a constamment horripilé tout le long de sa filmographie, mais je dois bien avouer que sa prestation dans Two days in New York m'a fort étonné. On retient également les passages de Randy Quaid quand il était encore tout à fait normal (1985-1986) et de Chris Elliot vu notamment dans Un jour sans fin et Mary à tout prix (1994-1995). Mais ce que l'on retiendra notamment de cette décennie, c'est le fameux duo qui donnera naissance à Wayne's world, Dana Carvey (1986-1993) et Mike Myers (1989-1995).

"Wayne's World! Mégateuf! Excellent!"

Imaginez que les geeks de votre collège, lycée ou traînant dans votre université soient symbolisés par deux grands dadés franchement sympathiques, fans de hard rock voire rock tout court et enregistrent chaque semaine une émission où ils parlent de tout et n'importe quoi en faisant ce qu'ils aiment! Deux rôles en or pour Myers et Carvey qui n'hésiteront pas à en faire une de leurs apparitions les plus fracassantes avec les deux films adaptés de Wayne's world. J'aime autant les deux, le premier parce que Tia Carrere (ah le tango! Merde c'est dans True Lies...) et Rob Lowe (ah le gros pourri fini que Myers a tout de même bien remis en selle) et puis pour l'adaptation fun des Nuls; et le second pour sa parodie délirante du Lauréat et évidemment Christopher Walken les mecs! Par la suite si Carvey est tombé assez bas, Myers a continué de plus belle avec le personnage d'Austin Powers où le pauvre aura à choisir entre "cracher ou avaler" avec Felicity Bonnebaise! Je dois avouer une nette préférence à Austin Powers plutôt qu'à Wayne's world, peut être l'humour gras et référencé me plaisant plus. Le SNL passe à une nouvelle génération en 1995 et ne fait pas les choses à moitié. En prenant Will Ferrell (1995-2002), le show se permet de découvrir un des meilleurs comiques actuels, véritable machine à gags aussi bien visuels que bien sentis.

"Heu... -Mr President vous êtes à l'antenne! -Je n'ai qu'une chose à dire: AMERICA FUCK YEAH! -Et merde..."

Le mec se paye même George W Bush à plusieurs reprises au cours du show, se retrouve dans un des sketchs les plus connus du SNL encore maintenant (on en reparlera); se retrouve dans deux adaptations de sketchs du SNL (le fameux A Night at the Roxbury et Superstar où il partage l'affiche avec Molly Shannon membre de 1995 à 2001); et a négocié une carrière cinématographique de qualité en dehors quelques ratés (on évitera de parler de Ma sorcière bien aimée). Son apparition la plus marquante fut certainement pour moi son passage dans Serial noceurs. Il est un vulgaire second-rôle, on ne l'attend pas du tout et pourtant à chaque fois qu'il apparaît c'est l'éclate totale ("Maman! Le pain de viande!", "Après la mort, la renaissance!" qu'il dit alors qu'il est en train de mimer un signe hautement sexuel avec deux veuves sous le bras!). Idem pour Back to school film méconnu de Todd Phillips et bien meilleur que les Hangover où il se retrouve ni plus ni moins qu'à poil en pleine rue et ivre alors que sa femme est en train de passer en voiture! Dans le même genre, les filles ne seront pas en reste puisque Tina Fey (2000-2006) et Amy Phoehler (2001-2008) se payeront respectivement Sarah Palin et Hilary Clinton au point de parfois se confondre avec leur modèle (surtout Tina Fey).

"Tu crois qu'ils nous regardent encore? -Oui. -Bien. Souris!"

Chacune héritera de sa série, la première avec 30 rock, la seconde avec Parks and recreation où l'on retrouve aussi le fameux Chris Pratt. C'est aussi l'époque de Tracy Morgan qui sera également de 30 rock (1996-2003); Jimmy Fallon (1996-2004) que j'ai malheureusement croisé dans New York Taxi (c'est lui qui reprenait le rôle de Frédéric Diffenthal) avant qu'il n'explose correctement dans son propre show et désormais dans le Tonight Show; et Maya Rudolph (2000-2007) que vous avez peut être vu en future mariée dans Bridesmaids. C'est également à cette époque que la France essaye de faire un show identique. Tout d'abord avec Les Nuls l'émission qui jouait sur le même principe (un invité, des sketchs où il est impliqué et un numéro musical) et un humour tonitruant (1990-1992); et Samedi soir en direct avec Kad et Olivier à une époque où ils étaient drôle pour un résultat similaire et dont le sketch le plus connu est évidemment celui où Kad et Valérie Lemercier sont des amateurs SM ayant des invités (quatre numéros entre 2003 et 2004 car trop trop chers...). Deux émissions toutes deux diffusées par Canal +. La dernière génération est peut être moins connue mais a tout de même des têtes commençant à transparaître. Tout d'abord Bill Hader (depuis 2005) vu notamment en flic déglingué dans Superbad et trustant les productions Apatow à foison (d'ailleurs il sera le héros de son prochain film), tout en étant le merveilleux lèche-bottes de Tom Cruise dans Tropic Thunder.

"Enfin dans La Cave de Borat! -Heureux? -Je suis dans la Cave de Borat! -On va dire que oui..."

Un visage atypique et particulièrement expressif. A lui se rajoute Kristen Wiig (2005-2008) dont la popularité a accroit depuis le succès de Bridesmaids et que l'on a retrouvé également dans La vie secrète de Walter Mitty, sans compter qu'elle sera de Ghostbusters 3. Andy Samberg (2005-2013) est réputé pour le groupe de rap parodique The Lonely Island qui se produira plus d'une fois au SNL et a depuis sa sitcom Brooklyn Nine Nine. Jason Sudeikis (depuis 2003) est passé depuis à la postérité avec Bon à tirer des frères Farrelly, Comment tuer son boss ou Les Miller. En gros, souvent des mecs portés sur la chose! Et Kate McKinnon (depuis 2012) m'a récemment fendu la gueule à force de parodier merveilleusement Justin Bieber et sera également de Ghostbusters 3. Mais évidemment parler du SNL sans Jim Carrey serait un comble. L'acteur comique a certes raté le coche du SNL il n'en reste pas moins un invité merveilleux qui a durablement marqué le show de NBC. Un des sketchs phares où il a fait parti est évidemment A night at the Roxbury où il faisait parti d'un groupe de mecs composé également par Ferrell et Chris Kattan, qui faisaient toujours ce même mouvement de tête tout en gardant la bouche ouverte avec dents bien serrées. Tout en se payant la chanson d'Hadaway What is love qu'elle a tellement ringardisait que le titre en est devenu culte involontairement.

Un véritable tour de force comique où on voit que Ferrell mangeait bien à cette époque! Récemment, l'ami Jim était invité la promo de Dumb et Dumber de se faisant sérieusement sentir. L'occasion pour lui de se lancer dans une parodie de Chandelier de Sia avec McKinnon, mais aussi de se payer merveilleusement Matthew McConaughey dans ses pubs pour Lincoln. Autant j'adore les deux acteurs, mais il faut bien le dire que l'ami Jim l'imite à merveille, reprenant son accent impayable et ses monologues parfois WTF qu'ils soient intérieurs comme extérieurs (!), comme certaines de ses mimiques comme son jeu de mains. Sans compter que la parodie est juste délirante notamment la dernière partie. J'en reviens à évoquer la fameuse soirée anniversaire qui a donné lieu à des séquences bien senties. La première fut certainement le rap de Samberg et Sandler, revenant sur les années folles du SNL tout en parodiant Tina Turner et Simpleminds! Et aussi Modern Talkin parce que Sandler avec sa guitare qu'il n'utilise pas c'est so 80's! Cela faisait longtemps que Sandler n'avait pas été aussi drôle... Wayne's world est également revenu avec un top bien de chez eux et se permet de tenir tête à Kanye West (oh mais quel pied!).

The californians permet de voir Wiig, Kenan Thompson (et oui le mec de Kenan et Kel a fait du chemin et fait partie du show depuis les années 2000), Bradley Cooper, Hader et Taylor Swift dans une merveilleuse parodie de sitcom. Un élément où tout tourne en longueur, où c'est à celui qui aura le plus de présence à l'écran, où l'intrigue n'avance jamais et évidemment avec des coups de théâtre ouh qu'ils sont bons! Short et Rudolph incarnant pour le coup une Queen B au ventilateur performant (un des gags visuels les plus détonnants du moment) ont quant à eux honoré la musique dans le show avec Will Ferrell en forme (comme toujours) et chauve qui reprend du mauvais Bruno Mars (je m'en bidonne!), le retour fracassant de Steve Martin; Wiig en duo très kitsch un Bill Murray endiablé faisant une éloge au plus grand requin du cinéma (je ne m'en remet toujours pas) ou le retour fulgurant des Blues Brothers avec Aykroyd et James Belushi! Ce fut également l'occasion de revoir ce bon vieux Jacko Nicholson (punaise Jack revient au cinéma même pour une merde, tu me manque terriblement sur un écran!) pour présenter un best-of des parodies de politiques, parmi elles celles de Palin, Bush Jr et Clinton mari et femme.

L'occasion également de revenir sur les auditions bonnes à l'image de celles de John Belushi ("up, down, up, down!") comme ratées de certains comiques parmi elles celles de Kevin Hart, Zack Galifianakis ou Jim Carrey. Pour finir cette cuvée spéciale SNL, voici le sketch le plus drôle de cette soirée spéciale 40ème anniversaire. Prenez le Celebrity Jeopardy. Mettez Will Ferrell en présentateur et un flot de célébrités improbables ensemble. On retrouve aussi bien Bieber (McKinnon), Burt Reynolds (et un foutu chapeau!), Sean Connery (pas avare sur la gaudriole), Tony Bennett (Alec Baldwin au top), Christoph Waltz et son sens de la dialectique et bien évidemment Jim Carrey dans la peau d'un Matthew McConaughey clairement plus vrai que nature (j'en pleure de rires). Insérez des catégories absurdes comme "Oprah célèbres" (c'est vrai qu'il y en a beaucoup...) ou "lettres qui commence par G" (!). Allez à la semaine prochaine!C



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