Cine Borat

17 septembre 2017

Cuvée long live the King #2

La Cave de Borat continue l'odyssée dans les adaptations d'oeuvres de Stephen King. Que les coulrophobes (pour les deux du fond, ceux qui ont peur des clowns) se cachent les yeux, certaines photos en fin de cuvée pourraient leur faire mal au coeur ou les perturber. Concentrez vous sur l'écrit et tout se passera bien. (attention spoilers)

  • La part des ténèbres / Fenêtre secrète (Romero, Koepp, 1993-2004) : L'auteur se dédouble

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Stephen King a souvent fait dans la référence méta au cours de sa carrière. La mort de son chat a donné lieu à Simetierre (1983). Dreamcatcher (2001) a été rédigé en réaction à son accident survenu en 1999 et le roman y fait directement référence. King a écrit Le corps (1982) en pensant à un drame survenu durant son enfance (un de ses amis était passé sous une locomotive). Sans compter que la plupart de ses histoires se déroule dans le Maine, Etat des USA qui l'a vu naître et dans laquelle il vit. Parfois, il lui arrive de mettre en scène des écrivains, ce qui ironiquement est souvent déconseillé en littérature car cela fait fuir les lecteurs. King a toujours outrepassé cette règle avec pour preuve des oeuvres comme Shining (1977) et Misery (1987), mais aussi La part des ténèbres (1989) et Vue imprenable sur jardin secret (1990). A la différence que ces deux récits jouent sur le dédoublement de l'auteur. Le premier est adapté peu de temps après la publication du roman. Le déjà regretté George A Romero n'avait pas eu de chance avec Stephen King. En dehors de l'aventure Creepshow (1982), beaucoup de ses projets de collaborations se sont cassés la figure. Simetierre, Ça ou Le fléau ne s'étaient pas fait, à cause d'une production qui patinait (le premier) ou parce qu'ils finissaient sur le petit écran car trop ambitieux ou chers (les autres).

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Pour La part des ténèbres ce sera un peu différent, même si les conditions ne furent pas très bonnes non plus. Romero et Timothy Hutton auraient eu des différends au cours du tournage, au point que ce dernier (acteur principal du film rappelons-le) se serait volatilisé du plateau durant quelques jours. Romero avait regretté le final suite aux directives des producteurs. "La fin initiale était celle-ci : les oiseaux emportaient Stark [Hutton] dans le ciel. Mais ils ont pensé que s'il montait, c'est qu'il allait au paradis - le genre typique de sagesse hollywoodienne. Ils ont dit : 'S'ils le font monter, alors ils doivent d'abord le mettre en morceaux', ce qui n'avait jamais fait partie du plan original" *. Malgré les dires de Romero, le final serait assez fidèle au roman et fonctionne particulièrement bien, malgré quelques effets-spéciaux ayant pris du plomb dans l'aile (on me dit que ça fait rire les oiseaux). Outre cela, Romero a aussi dû faire face à la faillite du studio Orion, qui avait produit et distribué Robocop et ses suites (1987-93). Le tournage a beau se terminer en mars 1991, le film ne peut sortir à cause d'un studio dans l'incapacité de le distribuer (il arrivera pareil à la MGM dans les 2010's). La part des ténèbres attendra dans les cartons jusqu'en 1993. 

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Avec cette histoire, Stephen King parlait littéralement de lui à travers le pseudonyme qu'il a utilisé plus d'une fois. En effet, Thad Beaumont (Hutton) a écrit quelques livres sous son vrai nom, mais il est plus connu sous le pseudonyme George Stark qui accumule les romans de gare souvent très violents, avec le personnage fétiche Alexis Machine. Ce fut le cas aussi de King sous le pseudonyme de Richard Bachman. Parfois des romans qu'il avait écrit avant Carrie (1974) ou qui étaient plus radicaux. C'est le cas de Rage (1977), Marche ou crève (1979) ou Running man (1982). De la même manière, King avait utilisé une fausse photo et une biographie pour faire croire au subterfuge et avait fini par révéler son identité juste après la publication de La peau sur les os (1984)... tout en continuant de publier des romans en signant Bachman ! Ce même procédé est repris dans La part des ténèbres et mis en image par Romero. Le réalisateur va même plus loin en montrant Beaumont devant la tombe de Stark pour un shooting. Puisque nous sommes dans une fiction et qu'avec King c'est souvent l'occasion de partir vers le fantastique, l'aspect double va plus loin. Le réalisateur ne nous fait aucun mystère, nous présentant l'auteur jeune en train de se faire opérer en pleine tête dès les premières minutes. 

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Il est question d'un jumeau prématuré qui aurait commencé a croissance dans la tête du jeune garçon. Certes un aspect peu ragoûtant (et encore, Romero en montre juste assez), mais une scène qui permet de montrer que le double est bel et bien un être vivant et non une entité maléfique. Qui plus est un jumeau, permettant ainsi de justifier Hutton dans les deux rôles. D'un côté, le romancier à succès qui se cache derrière un pseudonyme. De l'autre, la plume de l'ombre refaisant surface et s'en prenant aux proches du romancier. Une double-performance de qualité pour l'acteur, d'autant que la VF s'avère malicieuse en lui donnant deux voix, permettant ainsi de différencier les deux rôles de manière subtile et d'entretenir pendant un temps le mystère. Quand Beaumont écrit avec son pseudonyme, il écrit toujours au crayon. Or, lorsque Stark prend vraiment vie, Beaumont écrit comme lui avec une écriture bien particulière. Stark n'est pas physiquement identique à Beaumont : il a une veste en cuir, les cheveux en arrière, des bottes, mais a un corps qui se désagrège. Quand Beaumont aura finit son dernier livre, il pourra partir ou tout du moins une question existentielle se pose au cours d'un passage du film.

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Une proche de Beaumont se demande si Stark ne pourrait pas prendre la place de Beaumont, voire le tuer définitivement. Une question qui devient un affrontement dans les dernières minutes avec les oiseaux pour juges définitif. Dans les derniers instants, Romero fait même une petite référence (volontaire ou non) à Misery, puisque Beaumont sauve ses enfants en frappant son double avec une machine à écrire comme Paul Sheldon pour se défendre d'Annie. Par son délire paranoïaque et saignant, La part des ténèbres démontre que George A Romero ne s'était pas consacré qu'aux zombies dans sa carrière. Avec Fenêtre secrète, adaptation de la nouvelle Vue imprenable sur jardin secret, le scénariste David Koepp n'en est ni à sa première adaptation (on lui doit notamment les deux premiers Jurassic Park), ni à sa première réalisation (il a signé Hypnose). Là aussi il est question de dédoublement. Le film comme la nouvelle étant du point de vue du héros (un auteur se voit accusé de plagiat), le spectateur peut alors penser que ce qu'il voit est vrai ou tout du moins, se passe comme on le voit à l'écran. Sauf que Koepp est un peu bloqué par une histoire au dénouement un brin évident et ce dès la première scène. 

Fenêtre secrète : Affiche David Koepp, Johnny Depp

En effet, la première scène est un brin trouble et le réalisateur opte pour exploiter les pensées de son héros (Johnny Depp en roue libre). Ces dernières sont assez directives et on peut penser assez rapidement que l'auteur a une double personnalité. Cocasse car il en a au moins trois. La personne qui l'accuse de plagiat (John Turturro) est en fait une de ses personnalités. Même si on ne s'en rend pas compte tout de suite, la solution paraît évidente, d'autant plus qu'en dehors d'un délire de persécution, il est difficile à croire que le plagié puisse tuer aussi facilement divers personnages du film. De même, on a bien du mal à croire que le personnage de Depp puisse écrire exactement la même chose que Turturro, sans que ce ne soit pas la même personne. Le film n'est pas aidé non plus par un rythme un brin mollasson, où il ne semble pas se passer grand chose. Toutefois, comme le suggère Johnny Depp au cours du film, "le meilleur est pour la fin". Cela se confirme puisque la conclusion permet un enchaînement de scènes de folie intéressantes. Le plan meurtrier du personnage prend sens. La première scène démontre le début de la folie du personnage, mais il aurait peut être mieux valu ne pas la montrer tout de suite pour éviter de trop vendre la mèche.

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L'auteur retrouve des forces dans des circonstances extrêmes, ce qui n'est pas sans rappeler Misery encore une fois, mais également Shining puisque Jack Torrance devenait notamment fou à cause de son manque d'inspiration. L'ex-femme du héros (Maria Bello) évoque que durant l'écriture du roman à l'origine du grief il buvait énormément. Ce qui n'est pas sans être un effet miroir des propres problèmes de King. La conclusion, à la fois macabre et violente, est elle aussi plutôt réussie, allant parfaitement dans le sens du climax. Dommage que le reste du film ne soit pas aussi convaincant que ses dernières minutes.

  • Carrie (Carson, Peirce, 2002-2013) : Deux réalisateurs à la poursuite de Brian De Palma

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Une couverture du roman.

Bien qu'il avait écrit divers romans et nouvelles (dont certains furent signés Richard Bachman par la suite, voir ci-dessus), Carrie est le premier roman de Stephen King à être publié en librairie. Il se dévoile par une forme particulière, puisqu'on retrouve des articles de journaux ou des études scientifiques sur le cas de Carrie White en plus de l'histoire centrale. Si le roman marche plutôt bien à sa publication, les chiffres de ventes explose avec l'adaptation de Brian de Palma (1976). Le film est un succès et Stephen King est désormais un nom à suivre, tant pour ses écrits que pour les adaptations de son oeuvre. Trois ans plus tard, c'est au tour de Salem (1975) d'être adapté par le regretté Tobe Hooper, cette fois-ci pour la télévision. Stanley Kubrick lance définitivement les adaptations de l'oeuvre de King avec Shining (1980), attirant divers cinéastes sur son chemin, aussi bien pour le cinéma que la télévision (John Carpenter, David Cronenberg, Frank Darabont, Rob Reiner, Mick Garris...). Avec le temps, certains romans et nouvelles finissent par être réadaptés. Shining reviendra pour une version plus raccord aux voeux de Stephen King (Mike Garris, 1997). Dead Zone est devenu une série télévisée (2002-2007).

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Même la nouvelle Poids lourds (1973) aura droit à une autre adaptation (Trucks de Chris Thomson, 1997), en plus du ratage qui sert de seule réalisation de King (Maximum overdrive, 1986). Carrie aura droit à une séquelle (Carrie 2 : La haine de Katt Shea, 1999), mais aussi à deux autres adaptations. Commençons par l'adaptation de 2002 signée David Carson. Elle a été réalisé pour la chaîne NBC qui désirait même produire une série télévisée par la suite, ce qui n'est évidemment jamais arrivé (et en soi heureusement). Si Carson est avant tout connu comme réalisateur d'épisodes (notamment pour la franchise Star Trek), son scénariste est un peu plus célèbre. Il s'agit de Bryan Fuller, créateur des séries Pushing daisies (2007-2009) et Hannibal (2013-2015). Une valeur sûre pour une adaptation qui vaut largement la peine. Look télévisé peut être, Carrie gagne par un aspect documentaire assez intéressant et on a souvent l'impression d'être au plus proche des personnages. Comme une sorte de reportage imaginaire dans la vie d'une élève et de son entourage. L'aspect télévisé a toutefois ses défauts. Le premier est qu'il faut apprécier les multiples coupures publicitaires, certes retirées en visionnage seul, mais dont les fondus au noir sont toujours là et souvent désagréables (parfois juste après une action).

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Le second est que certains effets-spéciaux (principalement des CGI) ont du mal à fonctionner. C'est le cas des multiples objets qui volent au cours du bal qui paraissent complètement faux. Le final s'avère différent du roman comme en atteste ce qui a été dit plus haut. Ainsi, Carrie (Angela Bettis) survit à l'histoire et se fait passer pour morte. Le plus étonnant reste le choix de faire de Sue Snell (Kandyse McClure) une amie de Carrie ou tout du moins une aide précieuse. C'est elle qui est interrogée les trois quarts du téléfilm par la police (ce qui revient un peu à la structure du roman, soit un récit entrecoupé d'autres sources) et c'est la seule à savoir que Carrie est en vie. Une relation pas loin de la bromance, à l'image du passage du rouge à lèvre et du final où les deux filles partent ensemble vers des aventures loin du chaos de Chamberlain. Une fin un brin opportuniste, mais qui donne une vision plutôt inattendue assez salutaire. Brian De Palma ne s'était pas focalisé sur certains aspects du roman, comme les météorites. Là aussi quelques effets-spéciaux pas grandioses, mais qui confirme que Carrie n'a pas acquis ses pouvoirs de télékinésie du jour au lendemain. Les pouvoirs de télékinésie de Carrie sont utilisés assez sobrement, se concentrant souvent sur son état mental avec par exemple des distorsions de l'image.

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La mort de la mère se rapproche de celle du roman, à savoir une crise cardiaque. De la même manière, la relation amour-haine qu'entretient madame White avec sa fille est plus présente et l'interprétation de Patricia Clarkson, souvent en douceur malgré le fanatisme, y est surement pour beaucoup. Quant à Angela Bettis, elle s'avère être un excellent choix. Certes, comme Sissy Spacek (32 ans en 1976), Bettis était déjà assez âgée lors de la diffusion du téléfilm (29 ans). Toutefois, elle réussit parfaitement à retranscrire la timidité du personnage. Si elle est magnifique dans les scènes du bal, elle se dévoile par une certaine fragilité et un tempérament qui la fait se différencier des autres. Une beauté qui sort des canons de l'époque représentée ici par Emilie de Ravin, alors loin d'arpenter l'île de Lost (2004-2010). En 2013, Kimberly Peirce (Boys don't cry) réalise une troisième adaptation, la seconde pour le cinéma. Dès le choix de la comédienne pour incarner Carrie, le projet a tendance à décontenancer. Chloe Moretz a certes l'âge du personnage au moment du tournage (seize ans à l'époque), mais se révèle peut être trop mignonne pour un tel rôle. On a du mal à croire qu'une fille aussi jolie puisse paraître aussi méprisée ou considérée comme bizarre.

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Ce qu'elle n'est jamais au cours du film. C'est une fille à la rigueur un peu mal dans sa peau et prenant conscience de sa puissance. Puissance télékinésique qui est surexploitée au point de n'amener aucune surprise. Dès lors que l'on sait que Carrie est capable de faire des trucs, on sait que le final sera inévitable, là où il restait un semblant d'espoir dans les deux précédentes versions. Surtout qu'ici, Carrie en fait des caisses, alignant les grands gestes, là où Spacek et Bettis se contentaient de quelques regards ciblés pour s'attaquer aux adolescents et aux adultes. Il ne s'agit d'ailleurs même plus d'une adolescente victime d'harcèlement s'attaquant à ceux qui lui ont fait du mal, mais d'une tueuse parfaitement consciente de ce qu'elle fait. Carrie (sous-titré "La vengeance" en France on ne sait trop pourquoi) se plante plusieurs épines dans le pied à force de vouloir faire dans le spectaculaire. C'est le cas des trop nombreuses scènes de télékinésie pré-bal, du bal lui-même et même de l'après. L'accident de Cris (Portia Doubleday) devient une sorte de scène d'action improbable, sans cesse repoussée à vouloir trop jouer avec les effets-spéciaux. Il en est de même pour l'affrontement entre Carrie et sa mère, devenant là aussi une scène d'action risible.

Carrie, la vengeance : Photo Chloë Grace Moretz

A ce propos, ne parlons même pas du dernier plan, sorte d'énième foutage de poire où la tombe de Carrie se craquelle avec un mauvais effet-spécial, avant que le générique ne débarque sur une mauvaise chanson pop-rock. Le cauchemar continue, puisque Carrie a beau avoir été annoncé comme une réadaptation, il se présente surtout comme un sacré remake du film de De Palma. Peirce ne se gène pas pour reprendre certaines scènes phares du film initial. La scène de la douche est quasiment montrée de la même manière, à la différence qu'aujourd'hui il y a des smartphones pour humilier encore plus. Le saut de sang devient l'occasion d'une scène un brin douteuse. Là où De Palma et Carson misaient sur le ralenti, Peirce fait dans la surenchère en montrant ce passage charnière sous différents angles. Comme s'il s'agissait d'une vulgaire cascade que l'on remontre inlassablement au spectateur. Autant dire que cela ne fonctionne jamais. De même, Peirce reprend la mort de madame White (Julianne Moore en roue libre) du film de De Palma. Carrie s'impose donc comme un remake qui voudrait faire croire à une réadaptation et est complètement boursouflé par des séquences à cgi de piètre qualité qui plus est (il faut voir Carrie qui vole). Il est lisse jusqu'au personnage de Sue Snell (Gabriella Wilde), personnage qui culpabilise sans cesse de ses actes et est sauvée par Carrie car... elle est enceinte.

Carrie, la vengeance : Photo Chloë Grace Moretz

Toujours dans la surenchère, Carrie essaye de faire dans le gore. Il est finalement plutôt vulgaire et raccord à la surenchère de beaucoup de films d'horreur de son époque. Il y a parfois des romans qui n'ont pas besoin de plusieurs adaptations. Si la version de 2002 est tout ce qu'il y a de plus louable, ce n'est clairement pas le cas de la version de 2013 heureusement oubliée. A l'heure où il ressort dans les salles, l'opus de De Palma confirme à quel point ce qu'il a montré en 1976 est universel et fonctionne toujours sur le public d'aujourd'hui. C'est à cela que l'on reconnaît les grands films.

  • Ça (Dee Wallace, Muschietti, 1990-2017) : L'horreur derrière un nez rouge

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Tim Curry a eu plusieurs rôles marquants dans sa carrière. Frank N Furter, l'impayable scientifique travesti de Transylvania. Darkness, créature diabolique pervertissant ce qui est pur. Puis évidemment Pennywise dans la première adaptation de Ça (1986). Un best-seller par excellence accouché en quatre années par Stephen King. George A Romero s'était à l'époque intéressé à ce pavé trouble se déroulant sur deux périodes bien distinctes (les 50's et les 80's), avec le même groupe de personnages face à un ennemi commun. Après avoir affronté Pennywise durant leur enfance, le Club des ratés reprenait alors les armes une fois ses membres adultes pour mettre un terme à ses méfaits définitivement. Une saga sur la perte de l'enfance et l'entrée dans le monde des adultes ambitieuse et pas sans risque. C'est finalement sans Romero, mais avec Tommy Lee Wallace (Halloween 3, Fright night 2) que le projet d'adaptation prend vie. Ce qui devait initialement être un film devient un téléfilm de trois heures pour la chaîne ABC. On retrouve Lawrence D Cohen au scénario, autre figure récurrente des adaptations d'oeuvres de Stephen King puisqu'il est le scénariste du Carrie de Brian de Palma, mais aussi par la suite des Tommyknockers (1993) et d'un épisode de l'anthologie Rêves et cauchemars (2006). 

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Toutefois, le scénariste n'est crédité que sur la première partie. Tommy Lee Wallace s'en explique : "Le scénario de Larry pour la seconde partie fonctionnait moins bien et nécessitait beaucoup de révisions pour être fidèle à l'histoire telle que le roman la racontait -ce qui explique la présence de mon nom en tant qu'auteur au générique de la seconde partie. Larry n'avait pas la possibilité de venir à Vancouver pour travailler avec moi sur l'écriture, donc en tant que réalisateur, je me suis tourné vers la solution la plus pratique et la plus abordable : m'engager moi-même ! J'étais à ma connaissance le seul scénariste professionnel qui soit disponible et qui ferait ce travail gratuitement !" (**). It a eu un impact fort lors de sa diffusion et reste encore aujourd'hui une adaptation parmi les plus connues autour de Stephen King. Il n'en reste pas moins que le téléfilm a pris un sacré coup de vieux et il bénéficie d'une réputation un peu trop énorme pour sa qualité globale. Chaîne network oblige, Lee Wallace et Cohen sont obligés de tailler dans le roman (d'autant plus que ce dernier est un véritable pavé réparti en deux opus pour sa publication poche en France) et ne peuvent évidemment pas tout montrer. Pour ce qui est des origines de Pennywise, elles sont assez sommaires, ce qui dans un sens n'est pas plus mal.

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Surtout pour évoquer une créature qui vient de l'Espace et est là depuis le XVIIIème siècle. Le fait d'aller à l'essentiel sur ce terrain n'est peut être pas plus mal (visiblement, Andrés Muschietti devrait davantage explorer cela dans la seconde partie de son adaptation cinéma). En revanche, il taille beaucoup dans le personnage de Beverly (Emily Perkins / Annette O'Toole). La cause ? Les abus que lui inflige son père (Frank C Turner). S'ils sont sous-entendus (notamment le passage de la ceinture), ils ne sont clairement pas exploités dans la première comme la seconde partie. On voit également un certain gouffre entre la première partie plus intime et revenant sur les héros enfants et la seconde. Les acteurs adultes sont globalement assez mauvais (au point d'espérer un casting de qualité pour la seconde partie de l'adaptation cinéma), en dehors peut être de Tim Reid un peu plus charismatique que ses acolytes. Tout le contraire des acteurs enfants qui ont été bien casté, à l'image de Seth Green encore loin d'arpenter les rues de Sunnydale. Lee Wallace rend en revanche bien compte d'un problème colossal évoqué dans le roman. Les adultes ne voient pas ce que voient leurs enfants. La ville de Derry est sous l'emprise de Pennywise depuis des siècles et les enfants devenus adultes ont eux aussi plus ou moins oublié. 

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L'innocence perdue symbolisée par un monstre. Ainsi, le Club des ratés se retrouve seul contre tous ou tout du moins face à une indifférence morbide. Même adultes, les membres peuvent constater à quel point Derry est devenue une ville fantôme. L'autre reproche que l'on peut donner à Ça est bien évidemment son final particulièrement raté. Si les effets-spéciaux ne sont pas toujours réussis, il faut aussi se remettre dans le contexte de l'époque et du fait qu'il s'agit d'un téléfilm. En revanche, le final est vraiment mal écrit et ne parlons même pas de l'apparence de Pennywise dans les dernières minutes. On peut aussi reprocher une réalisation particulièrement banale en général, à l'image de certains ralentis en plan subjectif ratés. En revanche, là où le réalisateur parvient à créer de véritables moments d'angoisse, c'est bien sûr avec Tim Curry. Son interprétation suscite d'emblée le malaise, l'effroi, à l'image du gif ci-dessus. L'acteur cabotine un peu, mais c'est dans sa nature et cela va parfaitement au rôle. Tim Curry est Pennywise et c'est aussi pour cela que le téléfilm est encore très connue de nos jours. La performance de l'acteur est telle qu'il est un peu difficile de la faire oublier. Ce qui nous amène à la nouvelle adaptation de Ça que votre cher Borat a pu voir en avant-première ce vendredi.

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Sa genèse n'a pas été de tout repos et pour cela il faut remonter à 2009. Comme évoqué dans Cuvée long live the King #1, Warner Bros a pas mal de droits de nouvelles ou romans de Stephen King dans ses tiroirs (dont certains ont été adapté depuis le Shining de Kubrick). "Le Fléau" multiplie les réalisateurs (Ben Affleck, Scott Cooper, Josh Boone) sans jamais se réaliser. Le studio s'est lancé dans une préquelle de Shining baptisée "The Overlook Hotel" que doit réaliser Mark Romanek (Photo Obsession). Mais cela fait depuis un moment que le projet ne donne plus signe de vie. Idem pour la séquelle de Shining, Doctor Sleep (adapté du roman du même nom signé King), que le studio va adapter avec le scénariste Akiva Goldsman (ce qui donne VACHEMENT envie), mais quand ? Ça aurait pu avoir un autre destin si les choses avaient été fait différemment. Pendant un moment, il a été question de ne faire qu'un seul film restricted de deux heures sous la plume de David Kajganich (Invasion). Puis Cary Fukunaga arrive en 2012. Le réalisateur est déjà connu pour les excellents Sin Nombre (2009) et Jane Eyre (2011), mais pas encore pour la première saison de True Detective (2014). Fukunaga change la donne en désirant réaliser un dyptique, restricted lui aussi. Will Poulter est même casté pour jouer Pennywise.

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Cela se complique malheureusement quand Warner fait basculer le projet chez sa filiale New Line. Ce qui est synonyme de budget plus petit, mais il y avait visiblement plus problématique selon Fukunaga. "Je voulais faire un film d'horreur différent. Cela ne rentrait pas dans [les critères de New Line] et ne cadrait pas avec leur politique de retour sur investissement, qui est de ne pas offenser le public de base des films de genre. Il n'y avait aucun problème avec le budget. C'est sur l'artistique que nous nous sommes battus. (...) Ils voulaient des archétypes et des jump scares. J'ai écrit le script, et ils m'ont demandé d'en faire une version plus conventionnelle et inoffensive." 3. Fukunaga et son scénariste Chase Palmer restent crédités au scénario de la version actuelle qui est chapeautée par Andrés Muschietti et sa soeur Barbara (Mama). Le réalisateur repasse sur le scénario afin qu'il lui corresponde et même si ce n'est pas encore très clair, il y aura au moins deux films. A la différence que la Warner et New Line ont attendu que le premier fonctionne au box-office (déjà 274 millions de dollars de recettes, ce qui est particulièrement spectaculaire) pour lancer une suite... Muschietti (tout comme Fukunaga) prend une direction différente du roman et même du téléfilm. 

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Ainsi, ce premier opus se concentre uniquement sur la partie où les personnages sont adolescents et il n'y a pas d'aller-retour entre passé et présent. Au passage, signalons qu'à l'heure qu'il est, le casting du Club des ratés adulte n'a toujours pas été fait et le scénario commence seulement à s'écrire, même si Muschietti a déjà des idées (comme les origines de Pennywise ou mixer cette fois-ci passé et présent). Au vue du succès du film, le réalisateur devrait avoir les mains libres (il parle d'un scénario potentiellement bouclé pour janvier 2018 et un tournage dès mars). L'autre aspect changeant est que l'intrigue ne se situe plus entre 1957 et 1985, mais entre 1988 et de nos jours. Une manière comme une autre de montrer que Muschietti ne veut pas faire forcément dans le copier-coller (et éviter l'influence du téléfilm) et parler d'une époque qu'il connaît bien. Rapidement, on constate à quel point ce choix n'a pas été envisagé dans un but nostalgique. Certains spectateurs avaient peur que Ça Chapitre Un finisse par devenir une resucée de la série Stranger Things (2016-). Ironiquement leurs créateurs les frères Duffer avaient voulu adapter Ça, mais se font fait remballer, ce qui les a amené à faire la série. Récemment, le magazine Première a fait une interview groupée où se trouvaient les Duffer et Muschietti.

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Ces derniers se sont alors permis de dire au réalisateur visiblement sans once d'humour "C'est étrange, oui, d'avoir situé l'action de Ça dans les années 80. Ça ressemble encore plus à Stranger Things du coup, non ?" (4). Ce à quoi le réalisateur a alors répondu que c'était un choix artistique et qu'il voulait explorer des peurs qui lui sont propres. Outre cela, la remarque des Duffer apparaît surtout comme une belle représentation de l'expression "l'hôpital qui se fout de la charité". Stranger Things est une série qui va chercher à droite et à gauche, aussi bien dans le cinéma de Steven Spielberg que dans l'oeuvre de Stephen King. Même si elle se veut originale, la série se présente avant tout comme un doudou nostalgique qui cherche à tout prix à vous montrer qu'elle se situe dans les 80's. Comment ? En alignant les titres 80's en espérant caresser le spectateur dans le sens du poil. Là où Ça Chapitre 1 ne va jamais. Oui, Bill (Jaeden Lieberher) a des affiches de Beetlejuice (Tim Burton, 1988) et Gremlins (Joe Dante, 1984) dans sa chambre, qui plus est des films produits par Warner. Oui, le cinéma de Derry arbore les titres de Batman (Burton, 1989), L'arme fatale 2 (Richard Donner, 1989) et L'enfant du cauchemar (Stephen Hopkins, 1989), des films Warner ou New Line aussi.

Ça : Photo Chosen Jacobs, Finn Wolfhard, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor, Sophia Lillis

Et ça en reste là. Ça Chapitre 1 ne s'engouffre pas dans la nostalgie, ces oeuvres citées peuvent être des repères temporels. Mais il ne s'agit pas de s'obliger à citer la culture des 80's de manière aussi grossière que la série suscitée. Les détracteurs de Stranger Things peuvent donc s'immiscer sans problème dans les ruelles sombres de Derry. En se focalisant sur les héros ados, Muschietti permet ainsi au spectateur de rester concentré sur un même point, encore plus s'ils n'ont pas lu le roman, ni vu le téléfilm (la surprise n'en sera que plus grande). Mais aussi de mieux se focaliser sur tous les personnages. Même si Ben (Jeremy Ray Taylor) a une situation familiale assez peu évoquée, les autres membres du Club sont assez bien représentés. Que ce soit les racines juives de Stanley (Wyatt Oleff), le deuil insurmontable de Bill face à des parents indifférents, la mort tragique des parents de Michael (élément qui semble avoir été rajouté, mais se révèle crédible), la mère possessive d'Eddie (Jack Dylan Grazer) et surtout les problèmes de Beverly (Sophia Lillis). Muschietti ne fait pas dans le trash, mais va là où Tommy Lee Wallace n'a pas pu aller. Il est clairement compris qu'elle est abusée par son père (Stephen Bogaert) qui en a fait "sa chérie". 

Ça : Photo

Le réalisateur suggère assez pour ne pas sombrer dans le vulgaire et vise juste. Comme les adolescents s'en prennent à elle, la faisant passer pour une "traînée". Quant à Richie (Finn Wolfhard particulièrement désopilant), comme le film se situe dans les 80's, il n'est plus question d'évoquer des films tels que I was a teenage werewolf (Gene Fowler Jr, 1957). Le réalisateur trouve une parade en faisant de lui un courlophobe, ce qui permet une certaine proximité avec certains spectateurs phobiques. Muschietti ne fait pas de concession avec eux et surtout pas au niveau de la violence (Stanley est défiguré, Ben se fait graver un H sur le ventre, Mike se fait tabasser parce qu'il est noir...). Le casting des adolescents est là aussi de qualité et celui des adultes a intérêt à être du même niveau (votre cher Borat espère Jessica Chastain dans le rôle de Beverly). La nouvelle incarnation de Pennywise était forcément attendue au tournant, surtout après la prestation de Tim Curry. Si Bill Skarsgard est une bonne relève (la scène avec Georgie est terrible et il arrive à insufler un certain malaise à chaque première apparition auprès des adolescents), il est parfois peu aidé par la réalisation qui essaye certaines figures de style peu concluantes, souvent liées aux nouvelles tendances du cinéma d'horreur hollywoodien.

 Ça : Photo Bill Skarsgård

Que ce soit tout un lot de jump scares peu convaincants (car très attendus), mais aussi une caméra qui tremble beaucoup une fois qu'il est en mouvement. Ce qui donne des plans qui ne sont pas dérangeants, juste laids. Tim Curry semblait avoir plus de marge autrefois, ce qui rendait ses scènes plus angoissantes. Dommage car la réalisation est plutôt pas mal dans son ensemble et fait clairement oublier le téléfilm. Reste aussi la musique totalement anecdotique de Benjamin Wallfisch, semblant juste là pour ponctuer certaines scènes et s'arrêtant inévitablement pour lancer un jump-scare. Muschietti n'est peut être pas assez clair au sujet de l'aveuglement des adultes de Derry. Il montre certaines évidences (la vieille dame qui ne voit et n'entend pas Georgie, les parents qui n'écoutent pas leurs enfants, le véhicule qui passe laissant Ben se faire agresser...), mais il reste clairement une part d'ombre. Il y a aussi une impression de ne pas avoir vu un tout, ce qui est largement compréhensible dans ce contexte de première partie. Il n'y a plus qu'à attendre 2018 ou 2019 pour voir si Andrés Muschietti réitère la réussite globale de ce Chapitre 1.

Allez à la prochaine!


* Propos issus de Mad Movies Hors série numéro 22 (décembre 2013).

** Propos issus de L'écran fantastique Hors série numéro 24 - Spécial saga Stephen King (septembre 2017).

3 Propos issus de Mad Movies numéro 299 (septembre 2016).

4 Propos issus de Première numéro 479 (septembre-octobre 2017).


13 septembre 2017

Excalibur peut rester endormie

Arthur a été éloigné du trône qui lui est dû depuis son enfance. Il refait surface lorsqu'il parvient à enlever l'épée Excalibur de la roche. A partir de là, Arthur va entrer en guerre avec son oncle pour le pouvoir de Camelot...

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King Arthur : Legend of the sword (Guy Ritchie, 2017) ne partait pas forcément du mauvais pied. Guy Ritchie a ses fans, cela faisait longtemps que le mythe d'Excalibur n'avait pas été abordé au cinéma (même Le Roi Arthur d'Antoine Fuqua n'en parlait pas) et le casting est plutôt pas mal. On y retrouve Charlie Hunnam, Jude Law, Eric Bana, Djimon Hounsou, Aidan Gillen ou Astrid Bergès Frisbey. Peut être pas des têtes d'affiche, mais des acteurs solides en général. Ce qui devait être un blockbuster estival de l'an dernier est devenu une arlésienne que Warner a peiné à promouvoir. Il n'y a rien de pire qu'un film qui est sans cesse repoussé, car le public commence à croire que le film est tellement mauvais qu'on ne veut pas le lui montrer. King Arthur est donc passé d'été 2016 à février 2017, puis mars avant d'être repoussé à nouveau quelques semaines avant sa sortie à mai. Comme pour privilégier Kong : Skull Island (Jordan Vogt Roberts, 2017) sorti début mars. Sauf qu'en mai, il s'est pris Les gardiens de la galaxie vol 2 (James Gunn, 2017) de plein fouet et s'est imposé comme un beau bide (148 millions de dollars récoltés, dont 39 aux USA, pour un budget de 175). De même, les critiques sont assez diverses, d'un côté ceux criant au mauvais film, de l'autre un film divertissant qui essaye des choses.

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Si King Arthur n'est pas la bouse, ni le grand film annoncé, votre cher Borat parle davantage d'un film moyen avec ses bons et ses mauvais côtés. Le principal problème du film est qu'il a beau tenté des choses, il finit par accumuler pas mal d'excentricités. (attention spoilers) Il n'y a qu'à voir l'ouverture pour s'en rendre compte avec ses éléphants sortis du Seigneur des anneaux (merci Peter Jackson) dans un délire un brin what the fuck. Ce ne sera pas la seule séquence de ce type dans le film (on notera le serpent tout droit sorti de Conan le barbare) et il faut bien dire que les rires gênés arrivent assez souvent. Citons cette introduction d'Arthur (Hunnam) le montrant grandir à la vitesse de l'éclair. Le spectateur n'a pas le temps de souffler, d'apprécier l'instant présent qu'on lui balance une multitude de plans de diverses ampleurs. On finit par ne plus rien comprendre à ce qu'il se passe. La scène débute d'ailleurs par un lancement délirant : un morceau pétaradant coupe un moment dramatique avec une certaine brutalité. Une transition foireuse qui n'est malheureusement pas la seule au cours du film. Est-ce un problème de montage dû à une longue période de post-production, avec projections-test à la clé ? Peut être bien, d'autant que Charlie Hunnam a parlé d'une potentielle version de trois heures durant la promotion du film. Au passage, Guy Ritchie évoquait que la longue post-production avait servi à étoffer les effets-spéciaux. Pourtant, certaines scènes à effets-spéciaux sont particulièrement cheap, à l'image des scènes où Arthur utilise Excalibur. 

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La première grosse scène est incompréhensible (à moins d'interpréter la brume), quand l'autre ressemble à une cinématique de jeu-vidéo, doublé d'un plan-séquence sonnant complètement faux. De la même manière, Excalibur devient une sorte de sabre-laser qui confère des pouvoirs à Arthur, donnant souvent une drôle d'impression. Toujours au sujet de la réalisation, on se demande quel est l'intérêt de filmer des personnages de profil en train de courir avec une gopro. Ce sont des prises de risque pas loin du raté, mais qui montre curieusement que King Arthur en a à revendre comparé à d'autres blockbusters particulièrement lisses (cf Spider man Homecoming). Ces excentricités prouvent que Ritchie a expérimenté le plus possible, même si certaines expérimentations ne fonctionnent pas. On ressent une folie furieuse et une certaine ambition dans la réalisation qui parvient à contaminer la musique de Daniel Pemberton (Steve Jobs). Le compositeur signe un score époustouflant donnant lieu à un ambiance moyen-âgeuse savoureuse. Fort d'expérimentations diverses là aussi (instruments remis au goût du jour, tempo rapide ou lent, titres renvoyant à la chanson de geste typique de l'époque), le score de Pemberton se révèle particulièrement épique que ce soit durant le film ou en écoute seule. Un véritable bijou qui permet de s'intéresser à King Arthur, dont c'est probablement la plus grande qualité et de loin.

Le casting s'en sort plutôt bien, même si Jude Law a tendance à en faire un peu trop (la faute au rôle qui ne joue malheureusement pas assez sur le tragique). Là aussi une qualité indéniable permettant de sortir le film de la noyade. Le film se révèle intéressant dans son récit ou tout du moins divertissant, mais là aussi il y a quelques couacs. Problèmes de montage encore probables. Ainsi, on nous présente des sirènes (ou ce qui semblent l'être) qui donnent des pouvoirs à l'oncle d'Arthur (Jude Law). Pourquoi pas ? Mais encore faudrait il savoir qui elles sont, leur but et pourquoi s'intéressent-elles tant à Camelot ? Pas que votre cher Borat soit friand de surexplication, mais parfois certains éclaircissements s'avèrent essentielles et on ne sait finalement pas où veut en venir Ritchie. De la même manière, il y a un petit sentiment d'inachevé dans cette aventure, puisque Ritchie envisageait jusqu'à six films et que suite à l'échec commercial du film, elles ne verront jamais le jour. Donc pas de Merlin (il est remplacé par le personnage de miss Fergès), ni de Guenièvre, ni tous les chevaliers de la table ronde, ni Morgane. Tant pis pour le voyage initiatique du Roi Arthur vers son fameux Graal. Outre la trilogie de Peter Jackson et le film de John Milius, Ritchie s'inspire également de Frank Frazetta pour la transformation de l'oncle (la peinture Death Dealer de toutes évidences). Un hommage beaucoup plus intéressant car il rajoute un côté épique aux affrontements et les effets-visuels sont plus réussis (notamment l'effet de la cape). (fin des spoilers)

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L'hommage et l'inspiration.

Malgré des fautes de goût évidentes, King Arthur se présente comme un film qui en a dans le ventre et a des qualités incroyables. Dommage que l'aventure ne soit pas aussi bonne.

09 septembre 2017

Cuvée long live the King #1

La Cave de Borat s'apprête à partir dans un cycle pour le moins gargantuesque. Bien qu'il ne s'apprête pas à parler de tout (certains films ont déjà été abordé dans ces colonnes, d'autres ne valent pas la peine que l'on s'y attarde), votre cher Borat s'apprête à parler des adaptations de romans ou nouvelles de Stephen King, avec parfois quelques exceptions. La sortie de La Tour sombre (Nikolaj Arcel) et d'It: Part 1 – The Losers' Club (Andrés Muschietti) au cinéma; de Gerald's game (Mike Flanagan) et 1922 (Zak Hilditch) sur Netflix; et les diffusions de la réadaptation sérielle de The Mist et de l'adaptation de Mr Mercedes montre que Stephen King est toujours un auteur prisé du cinéma et de la télévision. Rares sont également les auteurs à avoir autant été adapté que lui de son vivant. Alors préparez vous pour un voyage qui s'annonce long et je l'espère, palpitant. (attention spoilers)

  • La Tour sombre (Nikolaj Arcel, 2017) : Une longue traversée du désert

La tour sombre

Le Pistolero par Drew Struzan pour l'adaptation de The Mist (Frank Darabont, 2007). 

La Tour sombre est une série de romans publiés entre 1978 (année de parution de la première nouvelle de King sur l'univers) et 2012. Huit romans dont le dernier (La Clé des vents) se situe entre Magie et cristal (tome 4, 1997) et Les Loups de la Calla (tome 5, 2003). Certains lecteurs ont même eu peur de ne jamais voir la saga se finir un jour, suite à l'accident qu'a eu Stephen King en 1999 (il a été percuté par la voiture d'un conducteur distrait). Rétabli, l'auteur a voulu à tout prix terminer le cycle. La Tour sombre met en scène deux ennemis. D'un côté, Roland Deschain est le dernier pistolero et il recherche la Tour Sombre qui régit l'univers. De l'autre, l'Homme en noir Randall Flagg qui veut la détruire pour déchaîner les ténèbres sur les mondes, en bon suppôt du Roi Cramoisi lui-même emprisonné dans la Tour. L'Entre-deux-mondes a divers portails amenant à différents mondes (dont la Terre telle que nous la connaissons). Roland a un groupe nommé le Ka-Tet composé de trois new-yorkais de différentes époques : Jake Chambers venant des 70's; Eddie Dean ancien héroïnomane des 80's (King en est ironiquement un) ; et Susannah, afro-américaine des 60's handicapée (ses jambes ont été amputé) et schizophrène.

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Couverture française du tome 1.

Une oeuvre colossale et foisonnante naviguant entre science-fiction, fantasy, horreur, western et même quête arthurienne qui se prolonge dans d'autres oeuvres de King. L'auteur dit même que La Tour sombre est "la Jupiter du système solaire de mon univers". Flagg est également le méchant du Fléau (1978) et au cours de La Tour Sombre, le Ka Tet visite les terres désolées du roman suite à la super-grippe. Jake possède le shining (ce don télépathique amenant parfois à des visions) comme Danny dans Shining (1977) et Docteur Sleep (2013). Le père Callahan du roman Salem (1975) apparaît dans les trois derniers opus du cycle (donc pas La Clé des vents). La brume de The Mist (1980) et les créatures qui en sortent sont dues à une faille entre deux mondes. La Tortue, un des douze gardiens du rayon, est l'ennemi de Pennywise le clown de Ça (1986). Ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres à travers une longue carrière. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'une adaptation de cet univers voit le jour. Mais encore faut-il en mettre le prix. En 2007, JJ Abrams et Damon Lindelof se lancent dans l'aventure avec la volonté de faire au moins sept films. Le projet échoue quand Lindelof constate qu'il n'a pas forcément envie de s'attaquer à sept années de développement intensif après en avoir passé tout autant sur Lost (2004-2010).

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Couverture française du tome 5.

"Je suis tellement fan de King que je suis terrifié à l'idée de me planter et de saloper le boulot. Je donnerais tout pour voir ces films, mais écrits par quelqu'un d'autre." (*). Le producteur Brian Grazer et le réalisateur Ron Howard lancent un nouveau projet d'adaptation chez Universal en 2010. Là aussi le projet est gargantuesque : une trilogie et une série de deux saisons (ces dernières auraient été calées entre la sortie des films). Il est question que la série s'attaque à la jeunesse de Roland sous les possibles traits de Javier Bardem et avec Mark Verheiden (Battlestar galactica version 2005) au scénario. Akiva Goldsman (certainement un des scénaristes les plus chanceux d'Hollywood au vue de sa filmographie pour le moins douteuse) hérite du scénario des films. Universal prend peur à cause de l'ampleur de la chose et Howard aura beau tout faire pour baisser le budget, le studio lâche l'affaire en 2011. Début 2012, Warner reprend les rênes ce qui est intéressant sur plusieurs points. Ben Affleck (puis Scott Cooper) est à l'époque en train de travailler sur une adaptation du Fléau pour le studio, tout comme Cary Fukunaga sur Ça. On parle même de Matthew McConaughey pour incarner Randall Flagg dans le premier. Soit une possibilité de faire des liens avec La Tour sombre

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Couverture française du tome 8.

Warner est aussi à la tête d'HBO, un angle d'attaque satisfaisant pour Howard (Game of thrones cartonnait déjà à l'époque). L'ironie veut que tous ces projets se sont cassés la figure un par un. Si le cas Ça sera évoqué en temps voulu, "Le Fléau" est toujours en stand by (le dernier réalisateur attaché Josh Boone est parti réaliser New Mutants) et La Tour sombre est partie voir ailleurs. MRC et Sony récupèrent le bébé, mais les choses ont changé. Si l'optique d'une trilogie et d'une série est conservée, tout se fera au compte-goutte avec un budget moindre. Howard a laissé tomber la réalisation, mais reste à la production. Il est remplacé par Nikolaj Arcel, réalisateur du très bon Royal Affair (2012), qui est secondé au scénario par Goldsman, Jeff Pinkner (Fringe) et son camarade Anders Thomas Jensen (réalisateur de Men and chicken). Avant la sortie du film, Arcel évoquait qu'il était déjà au travail sur la série censée comme autrefois parler de la jeunesse de Roland (Idris Elba). Le budget du premier film est de 60 millions de dollars, mais les critiques sont globalement négatives et les chiffres ne sont pas non plus phénoménaux (101 millions de dollars de recettes totales). Il faut dire que le premier volet instaure une particularité qui a le mérite de faire peur à beaucoup de gens. 

La Tour sombre : Affiche

La Tour sombre est une suite au cycle romanesque. Un choix audacieux, mais également casse-gueule pour les néophytes. C'est pourtant une des réussites du film. Votre cher Borat est lui-même un néophyte et doit ses connaissances à des recherches ou à des camarades blogueurs (coucou Max La Menace). La Tour sombre présente avant tout un univers particulièrement vaste le mieux possible, au contraire d'offrir une intrigue réellement consistante. Si l'on excepte le temps de présence de Dennis Haysbert, on nous présente l'univers à travers l'oeil de son jeune protagoniste Jake (Tom Taylor). On le voit d'abord à travers ses rêves, puis une fois qu'il passe l'un des portails de New York. Le fait de voir l'univers à travers les yeux de quelqu'un qui ne le connaît pas (ou tout du moins uniquement dans ses rêves) permet au spectateur d'avoir un homologue à l'écran. Une aubaine pour comprendre l'univers, d'autant qu'Arcel met des easter eggs un peu partout. Le manège porte les initiales de Pennywise. Le voisin de Jake joue avec une plymouth fury rouge exactement comme Christine. Les créatures de The Mist apparaissent en tant qu'antagonistes. Une affiche de Rita Hayworth (clin d'oeil évident à la nouvelle à l'origine des Evadés) est collée à un mur croisé par Roland.

La Tour sombre : Photo Tom Taylor (IV)

Le psychiatre de Jake a une photographie de l'Overlook Hotel qui a tant fait de mal à l'esprit de Jack Torrance. Jake a le shining comme son homologue littéraire. Ce qui pose dans un sens une question essentielle : La Tour sombre réadapte t-il les romans à sa sauce en leur donnant suite ? Visiblement oui, car la description de Jake dans le film est finalement assez similaire à celle des romans. Lui donner directement une relation fraternelle avec Roland d'une manière assez radicale aussi. Si suite il y a, il n'y aura rien d'étonnant à croiser Eddie et Susannah, d'autant qu'il semble qu'Aaron Paul a été approché pour jouer le premier. Toutefois, le film se veut assez clair et même s'il montre que l'univers est plus vaste (peut être trop), Arcel termine son film de manière correcte, laissant un sous-entendu sans faire une fin ouverte comme c'est le cas des trois quarts des films voulant devenir des licences. Le vrai problème est vraiment son intrigue. Au contraire de lancer un univers, l'intrigue est trop mince pour pleinement convaincre. Si le film est assez divertissant et qu'il a ses moments de fulgurances (les gunfights de Roland sont fabuleux), il lui manque des fondations vraiment solides (en gros, c'est Last action hero avec l'Entre-deux-mondes à la place du Los Angeles de Jack Slater), des cgi de qualité sur certaines scènes et d'une réalisation sortant du blockbuster banal.

La Tour sombre : Photo Matthew McConaughey

On sent que des scènes ont été tourné à la va-vite, que les producteurs et le studio sont peut être passé derrière (ce qui serait visiblement le cas). Dommage pour Arcel, même s'il savait que ce serait un projet casse-gueule. Idris Elba comme Tom Taylor s'en sortent vraiment bien, fort d'une vraie dynamique dans le duo. Taylor se révèle intéressant en gamin que personne ne veut écouter et perdant comme gagnant tout aux côtés de Roland (les dessins réalisés pour le film sont au passage superbes). Elba dégage un charisme fou. King s'était basé sur Clint Eastwood et notamment l'Homme sans nom pour écrire Roland, Elba en est une parfaite relève. Matthew McConaughey cabotine mais c'est le rôle qui veut ça. Il joue le parfait salaud de service et cela lui va plutôt bien. Même si en l'instant il est un peu difficile d'y croire, nous verrons assez vite si Sony désire prolonger l'aventure. Tout du moins au cinéma, puisque la série sur Roland jeune devrait logiquement se produire avec Glen Mazzara (The Shield) en showrunner. De là à dire qu'il aurait mieux valu produire une série plutôt qu'une trilogie de films...

  • Misery (Rob Reiner, 1990) : Attention ça va craquer !

MISERY 

Le roman Misery (1987) s'inspire de The man who liked Dickens (Evelyn Waugh, 1933), une nouvelle où un homme fait lire des romans de Charles Dickens (dont il est fan) à un prisonnier. Stephen King fait une sorte de mise en abyme en faisant du prisonnier un auteur à succès, soit ce qu'il était déjà à l'époque. Par la même occasion, King y voit un moyen d'aborder les addictions, lui-même étant encore dépendant à la drogue et à l'alcool en ces temps-là. Annie est addicte au personnage de Misery, l'héroïne de Paul Sheldon (au point d'avoir appeler une truie du même nom). Paul est l'auteur alcoolique qui trouve une nouvelle addiction nocive avec Annie. Une histoire qui sort du lot car il n'y a pas de fantastique à l'horizon, au contraire d'un certain aspect horrifique. L'auteur a même songé à signer le roman sous son pseudonyme Richard Bachman, mais fut confronté à la divulgation progressive de la réelle identité de Bachman. Après avoir signé l'adaptation du Corps (Stand by me, 1987) et avoir monté sa boîte de production sous le nom de Castle rock (une ville fictive inventée par King), Rob Reiner revient à Stephen King en adaptant Misery. Pour cela, il lui faut deux acteurs capables de se tenir tête durant 1h47. 

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Kathy Bates trouvera son premier rôle majeur avec celui d'Annie, la geolière très particulière de l'histoire. Après un long passage à vide, James Caan trouve son premier grand rôle depuis Thief (Michael Mann, 1981) avec Paul Sheldon. A partir de là, Reiner va pouvoir jouer constamment sur la confrontation entre les deux acteurs, à peine associés à Lauren Bacall, Frances Sternhagen et Richard Farnsworth. Le film comme le roman repose sur un huis clos. Caan est sur un lit ou parfois en fauteuil roulant. Bates peut se déplacer partout, mais reste les trois quarts du temps à la maison. Reiner va alors tout faire pour amener de la tension. Il fait des escapades de Paul dans la maison de purs moments de suspense à la seconde près. Mais là où Misery explose souvent c'est grâce à l'interprétation de Kathy Bates récompensée aux Oscars pour l'occasion. L'actrice se révèle formidable, passant de la candeur la plus sympathique, voire limite romantique (elle traîte Paul très souvent comme une sorte d'amoureux, celui qui sait lui écrire de belles histoires) à la psychopathe la plus revencharde du monde. La fan hardcore qui n'hésitera pas à torturer celui qu'elle aime pour avoir ce qu'elle veut (valable aussi pour un homme).

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Bates suscite la crainte car son interprétation comme le personnage qu'elle incarne sont totalement imprévisibles. Cela peut passer du tac au tac à chaque instant. La scène où Annie dézingue les pieds de Paul avec une masse en est la preuve. L'horreur arrive d'un coup, mais Reiner est malin et ne fait jamais la même chose (visiblement car cela le dégoûtait de tourner cette scène violente). Pour le premier pied, il montre le pied qui se déglingue en plan large, histoire de bien faire comprendre qu'Annie ne rigole pas. Pour le second, le spectateur savant déjà à quoi s'en tenir, Reiner se contente de montrer Bates en plan rapproché, puis Caan hurlant à la mort. Une scène peut être moins saignante que celle du roman (Annie amputait Paul de son pied), mais est terriblement efficace. De la même manière, le shérif (Farnsworth) a une issue différente dans le roman et dans le film. Dans le film, Reiner le dévoile se prenant un coup de fusil dans le dos, alors que le roman lui donne une issue à la Fargo (vous vous souvenez surement de ce savoureux moment où un personnage finit dans une broyeuse). Caan n'est pas en reste, car il réussit à être intéressant en étant assis les trois quarts du film dans un même lieu. Un rôle pas facile, d'autant que l'acteur a souvent joué des rôles assez virils.

Autant dire que ce film lui donne un coup de fouet. Misery est un thriller qui fait peur et permet un portrait de fan explosif. Ou quand la passion dégénère en psychose. L'horreur vient parfois de gens qui vous veulent du bien.

  • Simetierre 1 et 2 (Mary Lambert, 1989-92) : Mort sur la route

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Stephen King l'a souvent avoué : Simetierre (1983) est un de ses romans les plus mauvais, dû au fait qu'il a écrit des choses particulièrement effroyables et d'une noirceur incroyable dedans. Il l'avait écrit suite à la mort de son chat, écrasé sur une route nationale à côté de son nouveau domicile dans le Maine. Une histoire qu'il reprendra quasiment tel quel dans le roman, mais aussi une variante encore plus tragique. Il laissa le roman de côté, ne souhaitant pas le publier. Il le fera quand même quand sa maison d'édition Doubleday - avec laquelle il a eu un gros litige financier- lui demanda un dernier roman. Ce sera Simetierre. La Paramont est vite intéressée pour produire une adaptation et King commence à écrire le scénario. Le projet prend du plomb dans l'aile lorsque la patronne de Paramount Dawn Steele - alors enceinte- refuse de donner le feu vert, puis quand feu George A Romero part sur Incidents de parcours (1988) à force d'attendre. Le projet est relancé par le producteur Richard P Rubinstein (déjà producteur de Creepshow et qui continuera par la suite d'adapter des opus de King) et Mary Lambert se retrouve à la réalisation avec pour passif notable les clips de Like a virgin ou Like a prayer pour Madonna (1984-89).

Simetierre : Photo Mary Lambert

Simetierre reçoit tout de suite une excellent accueil du public et de la critique, au point d'être souvent considéré comme une des meilleures adaptations d'une oeuvre de Stephen King. Ce dernier considère le film comme meilleur que son roman. Simetierre est un sommet d'horreur et de glauque, le genre qui vous donne un cafard irrécupérable. Du début à la fin, Lambert distille une ambiance poisseuse, tragique et malaisante qui atteindra son paroxysme dans un climax moralement horrible. Pourtant, la réalisatrice nous prévient systématiquement. Le début du film nous montre le petit Gage (Miko Hughes) partir rapidement sur la route avant d'être rattrapé. Il ne connaîtra pas le même sort par la suite dans un accident aucunement trash et même très discret. Le camion arrive, on nous montre le petit une dernière fois, les roues du camion qui freinent, une chaussure qui tombe. Il n'y a pas besoin de plus pour montrer un élément aussi tragique et traumatiser son public. De la même manière, Lambert sera très sobre par la suite pour ce qui est du matricide, ne montrant le résultat horrible que durant quelques secondes. En revanche, la réalisatrice signe des scènes beaucoup plus graphiques et aussi traumatisantes au cours du film.

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C'est le cas de l'assassinat d'un des personnages importants tourné en temps réel ou du fantôme à la cervelle bien apparente (d'excellents maquillages signés notamment David LeRoy Anderson), mais aussi d'un flashback. Au cours du film, Rachel (Denise Crosby) raconte à son mari (Dale Midkiff) le drame survenu à sa soeur et dont elle a honte, au point de la revoir parfois en fantôme au cours du film. Une maladie la rongeait et la faisait devenir squelettique. Un maquillage splendide qui marque durablement la rétine et les oreilles. Mais l'horreur pure du film est, comme évoqué plus haut, plus dans l'écriture. Celle d'un père qui essaye d'abord de sauver l'animal de compagnie de sa fille (Blaze Berdahl) de l'au-delà, puis dans la tristesse son fils. Son voisin (l'excellent Fred Gwynne) aura beau lui suggérer plusieurs fois que c'est une mauvaise idée, tout en lui montrant le lieu même propice à ce type de "retour à la vie", rien n'y fera. A cela, on remarquera un sous-texte intéressant et qui explique une autre scène radicale. Le père a toujours été vu comme un paria aux yeux de ses beaux-parents (Michael Lombard et Mary Louise Wilson). Il est fait allusion à un moment que les grand-parents font des cadeaux très chers, enfonçant toujours plus le père visiblement plus modeste. 

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Ce désamour se confirme dans une scène d'enterrement sinistre, où le beau-père en vient aux mains avec un gendre déjà traumatisé par une situation horrible. La faute n'est due à personne, juste à la malchance et certainement pas au père (dans ce cas là, que dire de sa fille ?). Simetierre est un film qui fait mal au coeur et perturbe jusqu'à la dernière scène, au point de penser que la chanson des Ramones arrive beaucoup trop tôt dans le générique. Après avoir vu une famille s'autodétruire durant 1h40, on a bien du mal à recevoir une chanson aussi pétaradante que Pet Sematary (une chanson parmi les plus populaires du groupe). La logique aurait voulu que l'aventure s'arrête là, mais Lambert et Paramount remettent le couvert avec une histoire inédite. Simetierre 2 (1992) essaye de recoller les morceaux par tous les moyens possibles. Le père du héros (Anthony Edwards avant de passer aux Urgences) est médecin comme le père du premier film. Le jeune garçon (Edward Furlong) voit sa mère (Darlanne Fluegel) mourir devant ses yeux, comme le père voyait son fils se faire écraser (fait ironique la mère est dans une position similaire à celle de Sarah Connor dans le cauchemar nucléaire de Terminator 2).

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Le fils réanime la mère (malgré les catastrophes, ce qui tient presque du non-sens), son pote rondouillard (Jason McGuire) fait de même avec son beau-père (Clancy Brown) et son chien que ce dernier a tué. Le destin de la fille survivante du drame du premier film est évoqué (elle aurait attaqué ses grand-parents et viendrait de s'évader d'un asile psychiatrique). Des médecins évoquent des cas similaires au père. Clairement rien de nouveau sous le soleil, d'autant que Simetierre 2 est un sacré calvaire à regarder. Une version teenage du film précédent (avec toutefois un beau happy-end des familles) où l'on comprend de moins en moins les agissements des personnages. Le beau-père mort s'attache au copain de son beau-fils sans trop que l'on sache pourquoi. La brute du coin (Jared Rushton, le petit rouquin de Chérie j'ai rétréci les gosses) s'en prend à chaque fois à Furlong en parlant mal de sa mère comme si c'était un sport et menace plusieurs fois de le dézinguer avant le grand final. Sans compter que le cimetière indien devient ouvert à n'importe quelle résurrection, ce qui devient relativement lassant, là où l'original s'en servait peu mais bien. Même les acteurs semblent ne plus y croire, à l'image de Furlong qui joue plutôt correctement durant le film et se vautre dans le grotesque dans les dernières minutes.

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Pas étonnant que Simetierre 2 soit connue comme une des pires suites de tous les temps. Mary Lambert ne retrouvera jamais un projet digne de Simetierre par la suite. Pire encore, elle tombera dans les travers du direct to dvd avec les néanmoins connus Urban Legend 3 (2005) et Mega Python vs Gatoroid (2011). Certains romans ou nouvelles de Stephen King ayant eu droit à plusieurs adaptations (c'est le cas de Shining, Carrie, Les démons du maïs ou désormais The Mist et It), rien d'étonnant à voir un projet de réadaptation revenir régulièrement. Le scénario de Matt Greenberg aurait circulé durant un petit moment et ce serait une véritable catastrophe. Pour aller à l'essentiel, disons que c'était Ellie et non Gage qui mourrait, que la soeur de la mère n'était plus du récit et que cela se finissait par un happy-end. Alexandre Aja a couru autour durant un temps. Juan Carlos Fresnadillo (28 semaines plus tard) serait toujours attaché au projet, mais rien n'a avancé depuis très longtemps. 

  • Un élève doué (Bryan Singer, 1998) : Le nazisme en héritage

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La nouvelle Un élève doué ou Apt Pupil a beau avoir été publié en 1982 dans le recueil Différentes saisons, son origine revient à la fin des 70's. Il semblerait que Stephen King l'a écrit juste après Shining (1977) et n'aurait plus rien écrit durant quelques mois, se sentant vidé. Une nouvelle difficile car il traite d'un sujet très particulier : la relation sur plusieurs années entre un adolescent et un ancien nazi qui s'est réfugié aux USA et que le jeune garçon a démasqué. Le contexte n'a rien de surréaliste, car rappelons que bons nombres de nazis sont partis en exil dans divers pays d'Amérique du sud. Une première adaptation a failli voir le jour au cours des 80's. Feu Alan Bridges avait commencé à tourner avec Ricky Schroder pour jouer le jeune garçon. Le studio Granat Releasing a fait faillite en plein tournage (quarante minutes de rushes pour dix semaines de tournage) et un an après, Schroder avait tellement changé physiquement qu'il était impossible de continuer. Juste avant de s'attaquer pleinement à X Men (2000), Bryan Singer décide de faire d'Un élève doué son projet post-Usual Suspect. Le réalisateur tranche pas mal dans la nouvelle, ce qui accentue certains défauts du film. A force de ne pas vouloir choquer, Singer oublie quand même qu'il adapte une histoire au sujet brûlant. 

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Le premier changement s'effectue sur la durée de l'histoire. Partant sur trois ans dans la nouvelle, le film se contente d'une seule année, ce qui peut paraître court pour un récit d'endoctrinement progressif. Ainsi, le personnage de Todd (feu Brad Renfro) ne fait qu'un seul passage à l'acte, alors que dans la nouvelle son apprentissage se fait sur les trois ans avec plusieurs victimes. De la même manière, le final est complètement modifié. Si Dussander (Ian McKellen) finit dans les mêmes conditions, c'est nettement moins le cas de son disciple. Le film se termine ainsi sur une confrontation verbale entre Todd et son conseiller d'orientation (David Schwimmer avec une moustache). Or, la nouvelle allait bien plus loin, voire vers quelque chose de terriblement trash et traumatisant, un peu à l'image de Chute libre (Joel Schumacher, 1993). Singer dira n'avoir pas su comment rendre justice au climax de la nouvelle. D'autant plus ironique que le final de la nouvelle n'est pas sans rappeler le choc de Columbine qui aura lieu quelques mois après la sortie du film. En effet, Todd finissait par tuer son conseiller, sachant pertinemment qu'il finirait par se faire repérer par les autorités et se fait tirer dessus alors qu'il tire au fusil sur des automobilistes. Une fin beaucoup plus percutante que celle beaucoup trop classique du film. 

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Finalement les scènes qui alimentent le malaise ne sont pas forcément violentes. C'est le cas de ce moment délirant où Dussander se voit obligé de remettre son costume et Todd lui propose de défiler comme il le faisait autrefois. La scène commence banalement mais petit à petit, l'ancien nazi reprend ses marques et se met à faire un show malaisant au possible. C'est certainement la scène la plus réussie du film, celle où le diable reprend vie après des années enfoui à l'intérieur. De la même manière, le malaise apparaît lorsqu'une victime reconnaît son bourreau sur un lit d'hôpital. N'oublions pas non plus ce passage où Todd voit des juifs morts durant la Shoah dans les douches. Ce sont ces petites scènes qui font qu'Un élève doué réussit souvent à déranger le spectateur. De là à mettre une "interdiction aux moins de 16 ans" dans notre beau pays, il y a quand même de quoi se poser la question. Singer peut également compter sur l'excellente interprétation de Ian McKellen en vieux nazi. L'ironie veut qu'il a joué un scientifique juif utilisé par des nazis dans The Keep (Michael Mann, 1983) et que Singer en fera une icône en le faisant jouer Magneto, mutant survivant de la Shoah de la saga X Men (2000-). Brad Renfro est nettement moins convaincant, la faute aussi au côté un brin arrogant de son personnage. Un élève doué est donc un film intéressant sur plusieurs points, mais qui aurait pu être bien meilleur.

  • Cujo (Lewis Teague, 1983) : BatDog

Cujo

 

Visiblement Stephen King ne se souvient plus de l'écriture de Cujo (1981). La principale cause est bien évidemment son alcoolisme permanent durant les 80's. King en aurait toutefois eu l'idée en allant réparer sa moto chez un mécanicien et il avait fait face à un saint-bernard plutôt agressif. Or, cette race de chien est en général appréciée pour sa gentillesse et son côté sauveteur. King en fera alors sa nouvelle créature. Un chien mordu par une chauve-souris et devenant particulièrement meurtrier. Sa cible principale ? Une femme et son enfant coincés dans une voiture qui ne veut pas démarrer. King ne met pas longtemps à vendre les droits à Taft International. L'auteur avait alors suggéré le nom de Lewis Teague, réalisateur de L'incroyable alligator (1980) qui lui avait beaucoup plu. Si le studio engage dans un premier temps Peter Medak, ce dernier part au bout d'un jour de tournage, laissant ainsi sa place à Teague. Outre le chien vedette (qui était joué par des chiens, des animatroniques et même un cascadeur déguisé en chien !), le film a pour actrice principale Dee Wallace, devenue amatrice de fantastique depuis La colline a des yeux (Wes Craven, 1977) et venant d'exploser avec ET (Steven Spielberg, 1982).

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L'actrice joue la fameuse mère courage en prise avec le chien. Les hostilités commencent dès les premières minutes avec le chien un peu benêt chassant un lapin qui atterrit dans une grotte pleine de chauve-souris. Ces dernières apprécient moyennement les grognements du chien. Cujo n'a toutefois pas les effets secondaires tout de suite, cela se fera progressivement notamment à force d'entendre du bruit. Le bruit lui fait entendre comme des ultra-sons similaires aux bruits des chauve-souris. Avant cela comme le roman, Teague s'attarde sur les différents personnages, multipliant les sous-intrigues secondaires et repoussant l'horreur à plus tard. Finalement, on peut voir le calvaire de l'héroïne comme une punition divine. En effet, elle a trompé son mari (Daniel Hugh Kelly) et ce dernier a fini par partir travailler le plus loin possible. De la même manière, on suit aussi les propriétaires du chien. Une famille au bord de l'explosion également, avec un père autoritaire et particulièrement macho (feu Ed Lauter) et une mère totalement passive faisant tout pour éloigner son fils d'un père de plus en plus douteux (Kaiulani Lee). Il n'y a d'ailleurs rien d'étonnant à ce qu'une des premières victimes du chien soit son propriétaire. 

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En dehors de sa mort filmée hors champ et qui intervient après une autre attaque, Lewis Teague montre la plupart des attaques, n'hésitant pas à en faire de purs moments de suspense. L'ami du père (Mills Watson) aura beau rentrer à l'intérieur de sa maison, le chien finira quand même par l'avoir dans un grand moment de violence. Les attaques répétées de Cujo sur la voiture sont assez impressionnantes, d'autant plus que le chien est imprévisible. Durant le reste du film, le spectateur se retrouve aussi impuissants que la mère et son fils face à un chien enragé et prêt à les bouffer tout cru. Même si le petit crie énormément au cours du film, on voit bien l'épuisement sur les corps de Dee Wallace et Danny Pintauro, qui plus est dans des conditions extrêmes (le cagnard du Maine shooté avec efficacité par Jan de Bont). L'actrice offre une performance incroyable, incarnant la souffrance et la détresse. La fin a été modifié, ce qui n'a pas posé problème à Stephen King. Si cette fin apparaît comme une délivrance après tant d'épreuves (justement le contraire de la fin initiale où la mort rôdait), le plan final avec arrêt sur image où la famille est de nouveau réunie est un brin grossier. Un peu dommage pour un film qui s'avère de grande qualité et se révèle particulièrement éprouvant.

 

Allez à la prochaine!


* Propos issus de Mad Movies numéro 299 (septembre 2016).

Autres sources: 

  • Cinemateaser numéro 66 (été 2017).
  • Mad Movies Hors Série numéro 22 consacré à Stephen King (décembre 2013).

01 septembre 2017

USA vs manga, round 6

Light Turner trouve un cahier qui se nomme Death Note. En l'utilisant, il pourra tuer diverses personnes de différentes manières. Sauf qu'au bout de plusieurs morts, la police et un certain L commencent à pourchasser celui que l'on nomme désormais Kira...

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Déjà que le cinéma américain a parfois du mal à adapter ses propres bande-dessinées, il est d'autant plus amusant de le voir se rabattre sur des bande-dessinées étrangères. Le manga a été adapté plusieurs fois par nos camarades ricains et quand on retient les adaptations, ce n'est pas forcément pour de bonnes raisons (désolé de rappeler des souvenirs douloureux à certains lecteurs). Ken le survivant (Tony Randel, 1995) que même les amateurs de vidéo-club de l'époque doivent avoir du mal à s'en souvenir. Speed racer (Wachowski, 2008), flop commercial à sa sortie, aujourd'hui plus ou moins considéré comme un film culte (voir Un cru en roue libre). Cru tout aussi culte à sa manière, Dragon Ball Evolution (James Wong, 2009) considéré comme un des plus belles catastrophes de ces dix dernières années. Old Boy (Spike Lee, 2013) qui ressemble visiblement plus à un remake du film de Park Chan Wook (2003) qu'à une réadaptation du manga de Caribu Marley et Nobuaki Minegishi (1996-98). Enfin, il y a eu l'adaptation sympathique de Ghost in the shell (Rupert Sanders, 2017) mais un brin copié-collé sur l'animé de Mamoru Oshii (1995). On pourrait également citer les films originaux s'inspirant d'oeuvres en particulier (Lady Snowblood pour Kill Bill, Ghost in the shell pour Matrix...) et les dix mille projets hollywoodiens qui avancent très doucement (le projet Akira de Warner par exemple).

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Death Note (Oba, Obata, 2003-2006) n'en est pas à sa première adaptation. Les japonais en ont déjà fait une série animée (2006-2007) et une trilogie de films live-action (2006-2008). Warner devait dans un premier temps l'adapter et on parlait à une époque de Shane Black aux commandes. Le projet a fini par aller chez Netflix avec Adam Wingard (You're next) aux commandes. Contrairement à ce qui a été dit récemment, Death Note (2017) ne fait pas dans le white washing, qui consiste souvent à faire incarner un personnage typé ou étranger par un acteur blanc. Pour la simple et bonne raison que ce film est une adaptation américaine et que le manga peut le permettre. Le manga n'est pas connoté japonais et peut se dérouler n'importe où dans le monde. Le film se trouve dans un cas de figure différent de Ghost in the shell. Là où ce dernier s'est cassé les dents en justification (le film se déroule au Japon avec pas mal d'acteurs étrangers entourés d'asiatiques), Death Note n'en a pas besoin. Le film se déroule aux USA (plus exactement à Seattle), Light Yagami devient Turner et cela en reste là. Si le public veut voir des adaptations japonaises avec des acteurs japonais, elles existent déjà. Comme dit l'expression, il ne faut pas voir le mal partout.

Death Note : Photo Margaret Qualley, Nat Wolff

En revanche, on peut clairement se poser des questions sur l'adaptation elle-même qui se révèle bien catastrophique. Le changement de localisation n'est pas un problème comme évoqué plus haut, idem pour le cadre américain qui réserve un contexte beaucoup plus trash (la légalisation des armes permet beaucoup de choses). En revanche, les personnages du manga en prennent un sacré coup. Pas aidé par des acteurs qui cabotinent ou jouent très mal (Shea Whigham braille pour montrer qu'il est là, Margaret Qualley n'est pas convaincante, Nat Wolff encore moins, Keith Stanfield est au mieux lamentable), les personnages ont également une écriture bien douteuse. Le manga avait justement cette faculté (tout du moins dans sa première partie, votre cher Borat n'est jamais allé au bout par lassitude) de montrer des personnages intelligents (Light et L en particulier) qui s'affrontent souvent par des actes réfléchis, avant de se faire face dans des conditions identiques. De la même manière, un aspect vicieux avait lieu avec deux personnages en particulier. D'un côté, le père de Light est lié à L dans son enquête, mais ne doit rien dire à sa famille (donc Light). De l'autre, on suit également Misa une adolescente qui a aussi un Death Note et dont Light va rapidement s'en servir à des fins un brin vicieuses.

Death Note : Photo Lakeith Stanfield, Nat Wolff

Dans le film d'Adam Wingard, ne cherchez aucune intelligence dans le propos ou vis à vis des personnages, encore moins de dualité entre le bien et le mal, un aspect religieux ou autre chose. Il n'y en a pas. C'est un film qui commence même à faire à rire au fur et à mesure de par son écriture et ses choix artistiques. Pour cela rentrons un peu plus dans le détail. (attention spoilers) Les personnages sont d'une telle bêtise que s'en est effarant pour qui a lu le manga ou même les néophytes qui se demanderont si les personnages sont aussi bêtes sur papier. Misa (Qualley) n'est plus une possesseuse de Death Note (et a encore moins l'oeil d'un dieu de la mort), mais est montrée comme une banale pom pom girl qui fume (!) tombant amoureuse de Light (Wolff) et devient progressivement son ennemi. Pourquoi pas ? Mais encore faudrait-il éviter de faire dans la romance lisse jusqu'au choix de chansons à mourir de rire. Au final, le Death Note devient un jeu presque amoureux pour les deux protagonistes rapidement grotesque. De la même manière, cette version de Light est d'une stupidité à toute épreuve, puisqu'il se fait repérer à la vitesse du son. Pourquoi ? Parce que les scénaristes ont voulu lui donner un trauma. 

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Light n'est donc plus un gamin d'une famille classique, mais le fils d'un flic veuf qui ne trouve rien de mieux que de prendre le meurtrier de sa mère pour seconde victime. Light n'est pas non plus très malin en allant chercher dans les dossiers de son flic de père et ce dernier n'hésite pas à tout lui raconter. A partir de ce moment là, comment voulez vous trouver intéressant un adolescent qui réagit au quart de tour sans la moindre réflexion ? Encore plus quand son modèle papier (et même animé) est tout le contraire. De la même manière, la relation entre Light et Misa est tellement envahissante qu'on en oublierait presque que le dieu de la mort Ryuk existe. Economisant le plus son argent, Wingard le filme malheureusement souvent de dos ou en plan rapproché et cherche à le rendre angoissant à tout prix. Ryuk n'est pas si laid que ça, mais vu qu'on peine à le voir, on s'en souvient très peu dans le film. Reste que Willem Dafoe signe une prestation vocale de qualité. L (Stanfield) est peut être l'aspect le plus décevant du film, puisque le personnage est réellement pénible. Oublier le personnage un brin autiste et réfléchi, ici c'est un bourrin psychotique piquant la mouche dès que possible. Tous les personnages de ce film agissent avec stupidité, au point de ne plus croire une seconde que l'on est face à une adaptation de Death Note. Au mieux un young adult vite torché que l'on oubliera bien assez vite. (fin des spoilers)

Une adaptation plus ou moins ratée, la faute à des personnages lamentables, aux agissements ridicules et à des acteurs qui ne le sont pas moins.

30 août 2017

"Ça a coûté la vie à une fille parce que j'avais peur de lui dire que je l'aimais"

Hannah Baker s'est suicidée il y a deux semaines. Pourtant elle finit par réapparaître dans l'inconscient de ses camarades par le biais de cassettes audio où elle raconte sa version des faits...

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Pendant un moment voué à être adapté en film avec Selena Gomez, le roman 13 reasons why (Jay Asher, 2007) est devenu une série diffusée sur Netflix en mars dernier. Gomez garde un oeil sur la série en étant productrice du show, au point d'avoir produit avec Netflix un documentaire revenant sur la série, mais aussi sur ce qu'elle aborde (13 reasons why : Au delà des raisons, Brian Yorkey, 2017). La série a rapidement fait parlé d'elle (tout comme le roman à l'époque) à cause des thématiques qu'elle aborde : le suicide, le harcèlement scolaire et sexuel, le viol et autres joyeusetés. Certains ont même évoqué que cette série pouvait servir de "démonstration du bon suicide" aux adolescents ou aux enfants. 13 reasons why expose plutôt l'inverse en évoquant des sujets graves sans faire dans le graveleux et encore moins dans le sensationnel. Il s'agit de montrer une réalité crue et pas jolie à voir. C'est pour cela qu'il est préférable de montrer cette série à un public averti, le choc étant déjà bien assez grand pour des personnes plus âgées (votre cher Borat en est la preuve) Il n'y a rien d'étonnant à retrouver Tom McCarthy (Spotlight) ou Gregg Araki (Mysterious skin) à la direction de certains épisodes, ces réalisateurs ayant déjà traité certains de ces sujets.

Photo Dylan Minnette, Katherine Langford

C'est par sa violence psychologique et graphique que cette série choque, impressionne et vise juste au point d'installer un véritable malaise. Au cours de la série (ou plutôt de la première saison puisqu'elle a été renouvellé pour une seconde session), on se dit plusieurs fois que l'on a atteint le paroxysme de l'horrible, mais non. Jusqu'au bout de la saison, l'horreur est là dans des scènes soit émotionnellement fortes (le onzième épisode est d'une tristesse inarrêtable), soit insoutenables (il sera très dur de voir une scène du douzième épisode sans avoir envie de regarder ailleurs). "Le meilleur pour la fin" dans tout ce qu'il y a de plus sinistre et écoeurant. On pourrait dire que l'héroïne (Katherine Langford) subit beaucoup de choses, pas loin peut être de la surenchère, mais il s'agit aussi de montrer un symbole. Un symbole pour tous ces adolescents qui ont été harcelé ou ont subi des choses effroyables, que personne n'a voulu écouter avant qu'un drame n'arrive. Hannah n'y a pas survécu, d'autres non plus avant elle. 13 reasons why peut donc être vue comme une série pédagogique qui peut faire parler ceux qui se sont beaucoup trop souvent tus. Si cela peut éviter d'autres drames, ce type d'alternative est plus que nécessaire.

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La série interroge d'ailleurs à plusieurs moments le rôle des éducateurs scolaires, y compris dans le dernier épisode qui fait grincer des dents. Il s'agit souvent de scènes au bord du cynisme, où des adultes peinent à comprendre les tourments de leurs élèves. Lorsqu'ils s'aperçoivent qu'il y a peut être eu un manque, il est déjà trop tard. Quant aux parents, il s'agit d'un phénomène quasiment similaire. Ils pensent que tout va bien, que rien n'arrive à leurs enfants, qu'ils sont heureux. La réalité est parfois plus tragique surtout en cette période charnière de construction entre désillusions, maturité et expériences positives ou négatives. Il n'y a qu'à voir le visage de Kate Walsh (elle incarne la mère d'Hannah), dévastée par la mort de son enfant dont elle ne savait finalement pas assez, au point de n'avoir rien vu venir. On retrouve le même type de cas avec la mère de Clay (Amy Hargreaves) qui découvre seulement au cours de la saison qu'Hannah était probablement la seule amie de son fils (Dylan Minnette). Il y a un manque de communication quasiment malheureux entre parents et enfants, entraînant souvent la solitude de ces derniers et l'enchaînement de mauvaises actions. Parfois pour sauver les apparences, d'autres pour entretenir une attitude qui va toujours plus loin dans la laideur.

Affiche

La série montre des personnages qui font les mauvais choix sans s'en rendre compte, laissent faire des drames dont ils deviennent responsables. Les personnes évoquées par Hannah ne sont pas choisies par hasard. Elles ont compté pour Hannah, tout comme elles ont pu être négatives pour elle. La saison prend globalement le point de vue de Clay, le spectateur découvrant les faits en même temps que lui ou plus ou moins en même temps, rendant l'horreur plus brutale. Il faut beaucoup de courage pour encaisser ce que dit Hannah, tout comme il en a fallu autant pour elle durant son existence. (attention spoilers) Clay est différent de ses camarades. Hannah reproche des choses concrètes à la plupart des autres personnages, que ce soit la divulgation de photos ou d'écrits, des attouchements, des traîtrises ou pire encore, le silence qui s'installe et dont il est grand temps d'y mettre un terme. De la même manière, Clay se retrouve harcelé. Pas parce qu'il était ami avec Hannah, pas parce que ces jeunes ne l'aiment pas, mais parce qu'il pourrait tous les dézinguer en place publique avec des arguments conséquents. Tous lui font peur sur sa fameuse cassette, au point d'entraîner des psychoses incroyables. 

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Il faut voir l'épisode 7 où Clay a des troubles mentaux, dont ce passage où il voit Hannah ensanglantée sur le terrain de basket. Des hallucinations morbides largement agrémentées par un spécialiste du genre (Araki est bien le réalisateur de Smiley face). En s'attaquant à Clay, ses camarades font les mêmes erreurs que celles opérées sur Hannah, à croire qu'ils n'ont toujours pas compris la leçon. De la même manière, Hannah les hante aussi tel un fantôme dans le paysage. L'épisode 11 clarifiera l'affaire Clay dans une tristesse incroyable. Si Hannah a fini par rejeter Clay, c'est parce que ses expériences passées ont été catastrophique et qu'elle n'arrivait pas à s'en défaire. Une scène du même épisode confirme une autre chose : le manque de communication à un moment précis. Chacun parle d'un événement différent sans se comprendre. C'est à partir de là que Clay a perdu Hannah d'une certaine manière et on est face à un adolescent qui a perdu son premier amour de la plus terrible des manières. C'est aussi pour cela qu'il prend sa mission à coeur, là où les autres se confortent dans leurs tords. 13 reasons why est une série qui n'épargne personne, pas même son héroïne (la preuve avec ce qui a été dit plus haut à propos de Clay), parlant des troubles adolescents avec une crudité rare dans le teen movie actuellement. A cela notons l'excellent casting, dont Dylan Minnette qui commence à avoir un beau cv. (fin des spoilers)

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Un gros coup de coeur que cette première saison terrible, violente et bouleversante. On s'en remet difficilement, mais ça vaut la peine d'écouter treize cassettes.

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26 août 2017

Kaboom dans le Nord de la France

En mai 1941, les troupes britanniques sont sur la plage de Dunkerque pour retourner en Angleterre. Ce film prend le point de vue de soldats, sauveteurs et aviateurs...

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Après le mémoire, l'insomnie, la magie, le super-héros et même le voyage intergalactique, Christopher Nolan se lance dans le film de guerre. Ce qui n'a rien d'étonnant pour ce fan de David Lean. Par rapport au saignant Hacksaw Ridge (Mel Gibson, 2016), Dunkerque (2017) est PG-13, soit le classement le plus prisé des studios hollywoodiens. Un problème sur un film de guerre ? Tout est une question de traitement et Christopher Nolan est familier du classement, puisque les trois quarts de sa filmographie sont composés de PG-13. Ce qui ne l'a pas empêché de montrer Batman face à des terroristes mettant Gotham City à feu et à sang; tout en proposant des films plus complexes sans perdre son public habituel. Il en est finalement de même pour Dunkerque. La violence n'est pas forcément graphique, mais elle est bel et bien là. Pas de gore, ni trop de sang, mais des explosions qui prennent des vies dans le champ, des cadavres amassés sur une plage, des soldats se noyant... La guerre est présente, sa folie destructrice aussi et Nolan n'a pas la même optique, ni le même rapport à la violence qu'un Mel Gibson ou même d'un Steven Spielberg sur ses deux films de guerre des 90's. En revanche, Nolan a un atout fort avec lui : le son. 

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Votre cher Borat ne sait pas s'il s'agit d'une volonté de pousser le son à fond pour ce film en particulier, mais en tous cas l'effet fonctionne à merveille. Dès les premières minutes, le film est assourdissant comme si on était sur place. Les balles sont infernales et viennent d'une menace hors champ. Vous ne verrez pas de nazis ou si peu dans Dunkerque, Nolan préférant justement une menace invisible à l'oeil nu pour rendre l'horreur d'autant plus flagrante. Ils sont présents par ces tirs, mais aussi par des avions aux bruits aussi particulièrement affreux à entendre. Une véritable immersion d'autant plus impressionnante dans des moments de calme plat. Dommage que la musique de Hans Zimmer se contente souvent de recycler sans envie certains des titres phares de son auteur (Journey to the line en tête). (attention spoilers) Au niveau du récit, Dunkerque a été assez mal promu au point de ne pas s'attendre à un film pareil. Il est d'autant plus ironique que Warner a produit un film au principe quasiment similaire avec une promotion plus directe et moins mystérieuse (l'effet Nolan dirons certains). Tout comme Cloud Atlas (Wachowski, Tykwer, 2012), le film de Christopher Nolan se dévoile à travers une intrigue sur plusieurs temps et différents types de personnages. Nolan fait également pareil en faisant s'entrechoquer les intrigues par le biais du montage.

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Comparé à Cloud Atlas, le film se concentre sur un même événement sur trois temporalités différentes. Le réalisateur précise suffisamment tôt au spectateur ses intentions pour ne pas le perdre. Une semaine pour les soldats sur la plage. Un jour pour les navigateurs venant les chercher. Une heure pour les aviateurs venant couvrir les deux. Un aspect compliqué au premier abord, mais qui prend sens au fur et à mesure que le film avance. Un ensemble expérimental qu'il est agréable de voir dans un blockbuster estival (même si Dunkerque fait partie des moins chers de l'année), qui plus est dans un genre pas forcément propice à cela. Pour chaque partie, Nolan met en scène un personnage en particulier autour duquel les autres gravitent. Dans la première on suit un jeune soldat incarné par Fionn Whitehead. On peut même dire objectivement qu'il est le rôle principal du film, puisqu'on le suit du début à la fin du film. Mark Rylance est le navigateur civil au centre de la deuxième partie. Quant à la troisième, elle est dominée par Tom Hardy accompagné de Jack Lowden. Sur les deux dernières, on ne peut que remercier Nolan de parler de personnages parfois oubliés des films de guerre. Que ce soit ces sauveteurs de la dernière chance ou ces aviateurs.

Dunkerque : Photo Tom Hardy

Globalement, il a été reproché deux choses en particulier à Nolan. D'un côté que les soldats étaient particulièrement lâches et ne pensaient qu'à partir. De l'autre que les Français étaient quasiment absents du film. Les soldats sont montrés par Nolan comme s'ils étaient dans un survival et ils ne combattent pas de tout le film. Ils ne font que survivre à un drame dont ils ne sont pas la cause. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que Nolan met en scène de jeunes soldats anglais encadrés par des soldats plus âgés ne savant plus quoi faire. De la même manière, Gibson (Aneurin Barnard avec un accent anglais pas possible, heureusement qu'il est mutique durant la plupart du film) n'est pas non plus lâche. Lui aussi essaye de survivre par tous les moyens dans un pays à la dérive. En parlant des Français, Nolan fait une fiction, pas un documentaire. Si les gens veulent voir le vrai rôle des Français dans les événements survenus à Dunkerque, il y a certainement de quoi voir ou lire ailleurs. D'autant que le réalisateur se focalise sur les Anglais. Il ne s'agit pas de les oublier, mais de raconter une histoire à travers l'Histoire. (fin des spoilers) Le casting est par ailleurs bien choisi, allant des jeunes recrus (étonnant Harry Styles) aux vieux briscards de Nolan (Cillian Murphy dans un rôle merveilleusement trouble, Tom Hardy charismatique alors qu'il est constamment en plan rapproché et masqué). 

Dunkerque : Photo Kenneth Branagh

Un film de guerre quasiment expérimental et usant d'un montage saisissant.

16 août 2017

Tonton Besson rend hommage à Christin et Mézières

Valérian et Laureline sont envoyés sur Alpha pour protéger le commandeur Filitt. Ce dernier ne tarde pas à être kidnappé et le duo d'agents spatio-temporels part à sa recherche...

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Luc Besson est en train de passer un mauvais moment. Les critiques ? Il en a l'habitude depuis ses débuts, notamment avec le massacre cannois du Grand Bleu (1988) qui lui reste encore en travers la gorge. C'est plus au porte-feuille que ça fait mal. Si en France Valérian et la cité des mille planètes (2017) marche plutôt bien (plus de 3 millions d'entrées en trois semaines), il boit la tasse ailleurs. Une option qui n'était pas envisageable car au contraire de Lucy et ses 40 millions de dollars tout mouillés (2014), Valérian en a coûté 177 millions. Problématique quand les recettes totales ne se montent qu'à 114 millions à l'heure actuelle. Sans faire de conclusions hâtives (il se peut que le film marche bien sur d'autres territoires comme l'Asie), en l'instant on parle d'un bide du même acabit que King Arthur : Legend of the sword (Guy Ritchie, 2017) au budget similaire. Besson pourra toujours faire l'autruche au 20 heures de TF1 en disant que ses films n'ont jamais marché aux USA (ce qui est évidemment faux); et dire que les pays l'ont acheté rapidement, la claque est forte. Après avoir parlé chiffres, parlons du film en lui-même. Dans l'ensemble, le bilan s'avère positif mais les défauts nuisent beaucoup au film.

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo

Commençons par évoquer le duo principal. Dane DeHann et Cara Delevingne s'en sortent plutôt bien, mais cette dernière subit un doublage douteux entre anglicismes improbables et voix pseudo-sensuelle (Soko ne peut pas être bonne actrice partout). C'est en revanche la caractérisation des personnages qui peut réellement gêner. (attention spoilers) Le film commençant en pleine action du duo, le spectateur acquiert assez peu d'informations sur eux. Galaxity et le service spatio-temporel ne sont quasiment jamais évoqués sur plus de deux heures de film, alors que ce sont quand même des éléments essentiels. C'est un peu comme si vous adaptez Astérix et que vous ne montrez jamais le village. Le néophyte se demandera donc quand même quel est le travail de nos héros, en dehors de protéger un commandeur ou de faire diverses missions. Besson adapte mais il donne aussi sa vision des choses, ce qui diffère régulièrement de l'identité même des personnages d'origine. Valérian passe ainsi pour un tombeur de ses dames casse-pied, qui ne voit que le mariage pour s'engager vraiment avec Laureline. En gros, un dragueur lourd comme les femmes du XXIème siècle les adorent (c'est ironique). 

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo Cara Delevingne

D'autant plus éloigné de la bande-dessinée que Valérian n'a jamais été montré comme un dragueur, n'ayant que deux vulgaires aventures sur une vingtaine de tomes et revenant systématiquement dans les bras de sa coéquipière. Comme Pierre Christin n'a jamais osé parler de mariage, quand bien même le couple s'aime (l'auteur a toujours été flou sur leur relation). Une idée absurde venant de Besson à laquelle se rajoute le traitement très souvent douteux de Laureline. Indépendante et pouvant se débrouiller toute seule dans la bande-dessinée, elle n'est souvent que le faire-valoir de Valérian et même la demoiselle en détresse que l'on va chercher au cours du film. La seconde partie du film (sur les trois) montrait pourtant l'héroïne partir à la rescousse de Valérian, comme dans L'ambassadeur des ombres (tome 6, 1975). Cela ne dure pas longtemps avant qu'il ne parte à sa recherche. Rien n'est dit non plus sur les origines de Laureline. Un élément casse-gueule certes (Valérian l'a récupéré au Moyen Age), mais qui aurait été plus intéressant que le torrent de parlotes qu'est souvent la seconde partie, surtout dans le premier film d'une possible franchise. C'est relativement triste car ces personnages méritaient un peu plus d'égard qu'un traitement aussi particulier.

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo

Pour ce qui est des autres défauts du film, ils sont dus en grande partie au style même de Besson. On retrouve ses touches d'humour pince sans rire qui ne fonctionnent pas souvent. Les combats sont beaucoup trop chrorégraphiés, au point d'être particulièrement rigides. Quelque chose qui n'a jamais fonctionné dans son cinéma peut difficilement changer même dans ce cas précis. Puis comme évoqué plus haut, le film perd en punch dans sa seconde partie à force d'explications souvent inutiles (il n'y a rien de pire que quand un spectateur se fait tenir la main par un réalisateur). La première partie allait davantage à l'essentiel en jouant sur le côté aventure et la troisième permet une bonne conclusion dans son ensemble. De même, on se demande vraiment l'utilité du personnage de Rihanna, quand bien même les scènes ne sont pas déplaisantes visuellement. On peut plus voir cela comme une sorte de démo graphique qu'un réel élément de l'intrigue. La scène de démonstration a même tendance à sortir du film de par sa longueur. Mais Valérian... se trouve plaisant pour d'autres raisons. S'il a du mal avec ses personnages principaux et ses explications verbeuses, le film se révèle plus convaincant quand il s'agit de la trame principale.

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Le film emprunte une grande partie de L'ambassadeur des ombres, mais aussi des éléments de Bienvenue sur Alflolol (tome 4, 1972). La trame du premier est quasiment retranscrite dans son intégralité, en dehors de son final davantage modifié par une scène d'action particulièrement bourrine et efficace. On se demande toutefois pourquoi Besson a changé Point Central en Alpha. Peut être parce que cela ne sonnait pas assez bien à l'international. Le second tome se dévoile davantage dans le récit du peuple Pearl. Des personnages déjà antagonistes dans un sens du tome 6, mais dont les revendications tiennent davantage du peuple voulant récupérer sa planète envahie par les Terriens du tome 4. Les raisons de l'enlèvement paraissent ainsi moins banales et plus dramatiques avec ces rajouts, évoquant littéralement un génocide volontaire (une séquence particulièrement spectaculaire en guise d'ouverture). On retrouve également des créatures issues de la bande-dessinée comme les shingouz (ces espions amateurs de magouilles) ou les transmuteurs grognons de Bluxte (la créature qui réplique des perles à volonté une fois gobée). Pour répondre à certains détracteurs, Besson n'a à se reprocher de rien du tout en ce qui concerne certains films auxquels il "pomperait" des visuels ou autres.

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Il adapte une bande-dessinée, il en reprend donc le visuel global et certains personnages spécifiques tels qu'imaginés autrefois. Les shingouz ont été dessiné ainsi par Jean Claude Mézières dès 1975, il n'y a donc aucun plagiat de Besson sur des créatures issues de La menace fantôme (George Lucas, 1999), qui justement s'inspirent des shingouz. Idem pour l'intrigue dont Alflolol peut être vu comme une inspiration pour Avatar (James Cameron, 2009). On avait vu le même phénomène avec John Carter (Andrew Stanton, 2012), dont l'univers avait lui aussi servi d'inspiration pour Lucas et s'était fait taxé d"arriver après l'heure". Une hypocrisie qui enlèverait donc du cachet à l'inspiration même, sous prétexte que d'autres l'ont réutilisé à leur manière dans un autre médium. Ce qui reviendrait presque à dire que Mézières serait un imposteur...Visuellement, le film s'inspire également de ce que Mézières a fait en terme de décors, que ce soit pour le monde des Pearls ou Alpha. Alpha est un véritable vivier comme l'était Point Central avec ses différentes espèces représentées, valant des scènes de présentations ravissantes. (fin des spoilers) On a souvent critiqué que le visuel était souvent une tare chez Besson, tout du moins pour ce qui est des effets-spéciaux.

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Le cinquième élément (1997) est certes encore correct pour l'époque (en dehors peut être de certaines créatures un brin kitsch), mais c'est moins le cas de sa trilogie Minimoys (2006-2010) et de Lucy globalement ratés sur ce point. Valérian... est au contraire particulièrement réussi de par un univers ravissant et toutes sortes de créatures réellement bien faites. Besson a utilisé le plus de technologies dernier cri (y compris la performance-capture) pour un résultat aux petits oignons. Disons même que de ce point de vue là et de la réalisation, c'est le film le plus abouti de Besson et son meilleur film depuis Léon (1994). De plus, on ne passe pas un mauvais moment, le film alignant même des morceaux de bravoure franchement intéressants. A l'image de ce malheureux plan-séquence (Besson a la mauvaise idée de rajouter un plan dans la scène) où Valérian passe à travers des vitres vers une fuite en avant. Une scène spectaculaire et envoûtante qui participe à la bonne expérience qu'offre le film. Votre cher Borat a pu assister à une séance en D Box (si vous préférez des fauteuils qui bougent en fonction des actions du film). Même s'il s'agit d'un gadget (votre interlocuteur l'a mis au maximum pour plus de sensations), l'immersion est assez flagrante et donne un sentiment de flottement dans les scènes spatiales. Surtout si c'est sur du David Bowie.

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Si Tonton Besson se noie dans certains défauts, son dernier cru n'en reste pas moins appréciable et visuellement intéressant.

13 août 2017

"Je n'ai pas commencé cette guerre, mais je la terminerai."

Les Singes de César doivent faire face aux assauts d'un colonel militaire, engendrant des affrontements sans merci entre Hommes et Singes...

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Après deux opus de qualité, la trilogie reboot de La Planète des singes touche à sa fin. Pas la fin de la franchise en tant que telle (on connaît les studios pour exploiter un filon jusqu'à la corde et il y a toujours des possibilités), mais celle d'un cycle. Consciente que le succès de Dawn of the Planet of the apes (2014) n'était pas dû au hasard, la Fox fait revenir Matt Reeves à la réalisation et Mark Bomback le seconde à nouveau au scénario. Mieux, il est le premier réalisateur à avoir eu une certaine liberté créative depuis belle lurette sur la franchise, la plupart des réalisateurs ayant subi des pressions du studio ou des producteurs. Au lieu de deux ans comme initialement prévues, Reeves réussit à négocier une année de plus pour pouvoir écrire le film correctement avec Bomback avant de le tourner. En misant sur les Singes plutôt que les Hommes (dont un seul acteur ressort vraiment, un certain Woody Harrelson), la Fox prend un risque et limite un peu le budget en donnant un peu moins que pour Dawn... (150 contre 170). Visiblement pas un drame, le gros du budget allant aux CGI et à la performance-capture. War for the Planet of the apes (2017) ne semble pas fonctionné autant que prévu au box-office (à l'heure actuelle 314 millions de dollars de recettes totales), la faute à un été où les grosses sorties se sont chevauché sans que l'une d'entre elles ne sortent réellement du lot.

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En revanche, War... est certainement le meilleur blockbuster vu cet été, devant le Dunkerque de Christopher Nolan. Il n'est pas forcément supérieur à ses aînés comme il a été souvent dit depuis sa sortie. En revanche, il se trouve dans leur droite lignée de par ses thématiques et ce qu'il évoque. (attention spoilers) On peut même dire que c'est l'opus qui tend le plus vers la franchise initiale de par ses clins d'oeil et une thématique particulière. Pour ce qui est des premiers, César (Andy Serkis encore une fois monumental, avec un rôle gagnant d'autant plus en nuances) a nommé son second fils Cornélius comme le personnage de Roddy McDowall dans les trois premiers opus de la franchise (et père du César de la franchise initiale). Le second, plus majeur, est le nom donné à la petite fille accompagnant nos camarades singes dans leur croisade (Amiah Miller touchante au possible dans un rôle pas forcément facile pour une enfant). Là non plus le nom n'est pas donné au hasard puisqu'il s'agit de Nova, donné à la compagne de Taylor dans le film de Franklin J Schaffner (Linda Harrison). Rien ne dit que ce sont des ancêtres des personnages que nous connaissons, mais ces clins d'oeil permettent de voir à quel point Rupert Wyatt, Reeves et les scénaristes se sont réappropriés la franchise initiale pour créer leur propre mythologie. Cela se confirme d'autant plus que la petite Nova est muette. 

La Planète des Singes - Suprématie : Photo Woody Harrelson

Reeves et Bomback réadapte à leur manière un aspect présent dans le premier (et en soi le second) film de la franchise : le fait que les Hommes puissent perdre la parole au fil des siècles et revenir à quelque chose de plus primitif. Ici l'aspect est moins mystérieux et exploite toujours un peu plus les ravages du rétrovirus de Rise of the Planet of the apes (Wyatt, 2011). Si certains Hommes ont survécu au virus, ils n'ont finalement pas été immunisé. Ce n'est qu'un retardement : s'ils ne meurent pas, ils deviennent muets. Pour appuyer cette thématique, Reeves et Bomback font de Woody Harrelson un colonel militaire tuant le premier devenant muet. Le personnage est ainsi plus complexe que les personnages humains vus à travers la trilogie reboot, fort d'un développement de qualité. Contrairement au personnage de Gary Oldman dans Dawn..., le colonel a tué son propre fils devenu muet parce qu'il ne pouvait pas voir son enfant aller vers un état primitif. Il en fera de même avec ses soldats, se mettant à dos d'autres hommes. Contrairement à ce qu'on pourrait croire au premier abord, le colonel est finalement très seul isolé. Tout d'abord des Hommes qui ne partagent pas son point de vue et comptent bien le lui faire comprendre par les armes. Mais aussi des Singes, dont certains comme César souhaitent la mort du colonel. Un personnage de méchant fascinant permettant à Woody Harrelson une prestation de qualité. 

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Notons également que comme pour en rajouter une couche, certains singes ont rallié les Hommes devenant ainsi des "Donkeys" et autres noms d'oiseaux. Des serviteurs qui sans s'en rendre compte ne sont plus libres et ne sont que des bêtes envoyées à l'abattoir. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant de faire un parallèle avec les soldats afro-américains envoyés au front les premiers. A partir de là, War... est alimenté par différents genres : le film de guerre, le western, le film de vengeance et le film d'évasion. Le tout sans jamais s'éparpiller. Le film de guerre est présent dès son ouverture foudroyante, alimentée par des faiseaux verts d'armes à feu et les armes des Singes transperçant les Hommes. Là encore, War... est un PG-13 mais il repousse souvent les limites du classement. La preuve dans cette ouverture véritable champ de bataille, mais aussi dans le grand climax où un gorille finira avec une balle dans la tête avec sang qui gicle. Alors est-ce parce que ce sont des singes que la MPAA s'est trouvée plus clémente ? On ne sait pas trop mais la scène choque. Idem pour un suicide filmé hors champ (et au combien significatif), des scènes de passage à tabac rudes ou des cadavres laissés dans la neige. A cela on peut également rajouté que les soldats ont généralement des choses écrites sur leurs casques, renvoyant directement à la Guerre du Vietnam et au film Full Metal Jacket plus particulièrement (Stanley Kubrick, 1987).

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Le western se couple avec le film de vengeance, puisque Reeves cite littéralement des films comme Josey Wales hors la loi (Clint Eastwood, 1976). Le destin de César est d'ailleurs identique à celui du personnage d'Eastwood, ivre de vengeance pour les mêmes raisons et ne trouvant dans la vengeance qu'un moyen d'expulser une tristesse insurmontable. César est omnubilé par la vengeance, au point que cela en devient perturbant. Personnage charismatique mais prônant toujours un certain pacifisme, César est non seulement son peuple et lui victime des dérives de Koba (Toby Kebell de retour pour de sinistres rêves), mais il en vient surtout à devenir comme lui, vouant au colonel une haine sans merci. La voix de la raison viendra de ses camarades Maurice (Karin Konoval particulièrement bouleversante encore et toujours), Rocket (Terry Notary) et Luca (Michael Adamthwaite) et des petits nouveaux Nova et Bad Apes (Steve Zahn heureusement là pour donner un peu d'humour à un film terrible). Sur le film d'évasion, Reeves se révèle moins à l'aise. Si les singes crucifiés (ou pas loin) sont un mémorable clin d'oeil au Spartacus de Kubrick (la saga ne s'est jamais privée d'y faire des clins d'oeil), on a bien du mal à croire à des singes s'évadant aussi facilement. Une égratignure dans une conclusion fracassante. (fin des spoilers)

La Planète des Singes - Suprématie : Photo Woody Harrelson

Un final en beauté pour le reboot de La Planète des singes.

02 août 2017

A partir de cet instant, tout va changer

Flash McQueen vieillit et avec le temps s'avère moins performant. Ce qui se confirme quand plusieurs jeunots usant de simulateurs et autres artifices commencent à lui voler la vedette sur les circuits...

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Si l'année 2015 avait réhaussé l'intérêt du public et de la critique pour Pixar (et encore surtout Inside out, le pauvre The good dinosaur ayant bu la tasse), il en avait été un peu moins pour Le monde de Dory (Andrew Stanton, 2016) malgré son succès spectaculaire l'été dernier. L'occasion pour la presse de taper encore sur le fait que Pixar commence à accumuler les suites, au point d'oublier de faire des films originaux. Ce qui n'empêche pas cette même presse de s'exciter sur la suite des Indestructibles que doit réaliser Brad Bird pour l'été prochain. Comme souvent deux poids, deux mesures... En revanche, il faut bien dire qu'un Cars 3 n'intéressait pas grand monde, si ce n'est les studios Disney ravis de se faire encore plus d'argent sur une franchise plus lucrative qu'on ne le pense. Si les films ont à l'heure actuelle gagné un peu plus d'un milliard de dollars de recettes (soit moins que le dyptique Monstres et cie par exemple), la franchise est surtout très intéressante au niveau des produits dérivés. Les voitures à l'effigie de Flash McQueen ou Martin se vendent comme des petits pains chaque année, au point que Disney a même tenté des sortes de spin-offs avec des avions (Planes, 2013-). Moins lucratifs certes (plus de 390 millions de dollars de recettes tout de même), mais assez pour exploiter le filon.

Cars 3 : Photo

La franchise Cars (2006-2017) n'a rien de déshonorante, juste qu'elle n'est pas ce qu'a fait de mieux le studio d'animation depuis 1995. Au pire, une banale pompe à fric pour certains, au mieux des films sympathiques pour d'autres. Votre cher Borat se met davantage dans la seconde catégorie. Le premier film (John Lasseter, 2006) montrait un personnage arrogant (Flash) découvrant la vie en dehors des circuits et trouve un vétéran pouvant lui servir de coach (Doc Hudson). Le discours était intéressant car permettait de voir un rookie face à un milieu qui ne fait de cadeau à personne, pas même à ses vedettes. Ce qui remettait en question son point de vue initial. Le second film (Lasseter, Lewis, 2011) ne réussissait pas toujours son pari, mais avait le mérite d'aller dans une toute autre direction (le film d'espionnage), permettant ainsi au concept de se renouveller. Cars 3 (Brian Fee, 2017) revient plus à l'ambiance du premier film et se révèle être un intéressant miroir. (attention spoilers) Le teaser du film a eu le mérite de titiller l'intérêt des spectateurs. On ne voyait qu'une scène : Flash crève un pneu en pleine course et fait un monumental vol plané. La photographie de cette scène a été modifié pour le film (elle est moins sombre), mais on peut déjà voir l'impact de cette scène sur tout le reste du métrage (c'est d'ailleurs sa meilleure scène).

Cars 3 : Photo

La scène est violente, montre un crash au ralenti avant de passer à une vitesse folle et étonne alors que la franchise n'est pas réputée pour ce type de coup d'éclat. Flash est confronté à la vieillesse et au temps qui passe comme son mentor et se retrouve à vivre ce qui lui est arrivé. Les jeunes prennent le pas sur les vieux, notamment en étant de véritables performers inbattables. Il n'est plus question de courses, mais de performance et des voitures comme McQueen n'ont plus leur place. Comme Doc, Flash se retrouve dans un accident brutal dont il aura du mal à se remettre. Cars 3 va peut être dans une direction assez prévisible, mais Brian Fee réussit à donner de l'intérêt à cette histoire. L'ancien rookie devient trop vieux pour ces conneries et doit passer le flambeau. Un moyen de rester un peu dans la lumière sans perdre la face. Si le réalisateur le fait comprendre beaucoup trop tard, c'est clairement ce qu'il essaye de montrer en introduisant le personnage de Cruz Ramirez. Elle a une fonction intéressante, mais peut être pas la finalité qu'elle devrait avoir. Ramirez est mal vue par son employeur (une voiture constructeur) et se voit contrainte de n'être qu'une coach pour voitures. Pourtant elle est une porsche, soit une voiture puissante et visiblement une conductrice indéniable. Ce qui lui manque c'est la confiance en soi, là où Flash était un casse-cou plus jeune. Les deux se révèlent finalement complémentaires.

Cars 3 : Photo

 

Le fait qu'elle soit malmenée professionnellement est peut être dû aussi au fait qu'elle est une femme. Un point de vue progressiste et visant à la diversité si Fee avait été encore plus loin. Cruz Ramirez est un nom typiquement espagnol et sa doubleuse originale Cristela Alonzo est une actrice latino. Le choix n'est pas anodin, mais visiblement ni la VO, ni la VF (vu ainsi) ne se serve de ce détail pour évoquer un éventuel discours social concernant les latinos aux USA. Un peu dommage car on y perd une particularité du personnage qui aurait largement alimenté le propos du film. D'ailleurs il aurait été bien plus judicieux de prendre une autre doubleuse (peut être justement avec un accent quitte à faire un peu cliché, mais plus logique) qu'une actrice à la mode comme Alice Pol. L'actrice se révèle catastrophique et ne cesse d'en faire des caisses durant le film. Un aspect pénible qui empêche le personnage d'être attachant. Un beau gâchis. De même le doublage français n'a rien d'emballant, à l'image de Guillaume Canet toujours aussi peu convaincant en Flash. (fin des spoilers) Si Cars 3 n'est pas à proprement parlé génial, il est suffisamment intéressant pour titiller l'intérêt à l'image de ses aînés. D'autant qu'au niveau de sa réalisation, le film multiplie les scènes motorisées intéressantes et se révèle même être celui qui en met le plus en scène. Sans compter que Pixar s'amuse toujours du photoréalisme en le confrontant avec des voitures purement cartoonesques. S'il en faut plus à Pixar pour pouvoir s'imposer, au niveau de l'animation ils sont toujours des champions.

Cars 3 : Photo

Au contraire d'être transcendant, Cars 3 titille l'intérêt par des choix narratifs intéressants.

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26 juillet 2017

Cuvée Galaxity

Ce mercredi sort la grosse production made in France de cet été. Celle que beaucoup attendent avec impatience, curiosité ou même crainte. Votre cher Borat se positionne plutôt dans la seconde optique, les bandes-annonces n'étant pas déplaisantes. En tous cas je sais une chose : Luc Besson m'a donné envie de lire les aventures de Valérian et Laureline, ces personnages créés par Pierre Christin (le scénariste) et Jean Claude Mézières (le dessinateur) dans les colonnes du magazine Pilote (1959-89). A ce duo, on peut rajouter la coloriste Evelyne Tranlé sans qui les pages de cette bande-dessinée ne seraient pas aussi belles. Que le film soit bon ou mauvais, il m'aura au moins permis de découvrir un pan de la bande-dessinée française que je n'avais jamais lu et je remercie celui que j'appelle souvent Tonton Besson pour ça. Cette cuvée de la Cave de Borat ne sera donc pas consacrée au film de Luc Besson (que je n'ai pas vu à l'heure actuelle), ni à la série animée diffusée entre 2007 et 2008 (que je n'ai pas vu non plus), mais bel et bien à la bande-dessinée contenant vingt-deux albums et quelques appendices (comme Souvenirs du futur et Par les chemins de l'espace). Tout d'abord faisons les présentations avec l'univers. Valérian est un agent spatio-temporel de Galaxity, la capitale de la Terre en 2720. Il voyage à travers le temps et les planètes afin de rectifier des anomalies temporelles et est parfois confronté aux dommages qui ont changé la Terre dans les années 1980.

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C'est lors d'un voyage au XIIème siècle que Valerian fait la connaissance de Laureline (Les mauvais rêves, tome 0, 1967). Il finit par la ramener dans son époque et Christin s'amusera à jouer à "je t'aime moi non plus" avec son duo, sans jamais parler d'un véritable couple amoureux. Ils forment un couple avec ses hauts et ses bas et ne s'entendent pas sur tous les sujets (Laureline a tendance à prendre le parti des opprimés, là où Valérian défend un peu trop sa hiérarchie). Valérian aura même quelques aventures avec d'autres femmes (dans Les Héros de l'équinoxe et dans les tomes 9 et 10), attisant la jalousie de Laureline. Si officiellement, les deux partenaires ne sont pas en couple, officieusement c'est nettement moins simple. D'autant plus que les deux personnages n'hésitent pas à se sauver mutuellement, notamment à distance comme c'est le cas dans L'ambassadeur des ombres (tome 6, 1975) ou le dyptique Métro Châtelet Direction CassiopéeBrooklyn station terminus cosmos (tomes 9 et 10, 1981). (attention spoilers) Dans le premier qu'adapte librement Tonton Besson, Laureline se retrouve quasiment seule durant tout l'album, cherchant Valérian parti à la recherche de l'ambassadeur terrien kidnappé par une espèce quasiment disparue. L'occasion de montrer encore un peu plus que Laureline est une héroïne qui peut se débrouiller toute seule, sans forcément avoir besoin du mâle qui lui sert de compagnon.

LADO

Dans le dyptique suscité, Laureline s'occupe d'un côté des affaires spatiales quand Valérian se retrouve dans le Paris d'avant la catastrophe des 80's. L'héroïne devient de plus en plus sexy à partir du Pays sans étoile (tome 3, 1972), permettant aussi de montrer une héroïne libre et consciente de son corps (même si dans le tome 10, il y a un côté un peu mercenaire qui ne lui plaît pas). Cela passe par des tenues de cuir ou alors un bikini doré pas si différent de celui de Leia dans Le retour du jedi (Richard Marquand, 1983), clin d'oeil à la Princesse de Mars souvent représentée ainsi (notamment chez Frank Frazetta). Laureline est indépendante et n'a pas forcément besoin de Valérian pour s'en sortir, même si elle s'est retrouvée dans de beaux draps plusieurs fois (ce qui est le cas dans Bienvenue sur Alflolol). Même en étant une jouvencelle en détresse, Laureline essayera toujours de s'en sortir par ses propres moyens, comme on peut le voir aussi dans Otages de l'ultralum (tome 16, 1996). Valérian n'en reste pas moins un héros intéressant (un homme qui ne sait plus vraiment à quelle époque il se trouve au fil des tomes) et un homme d'action indéniable. C'est souvent lui qui s'occupe des gunfights, là où Laureline est plus la tête derrière ses actions. Il faut dire que Christin avait aussi signé avec Mézières diverses petites histoires pour Pilote rassemblées dans Par les chemins de l'espace (publiées entre 1969 et 1970). 

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John Carter 

Leia, Laureline et la Princesse de Mars : trois icônes de la science-fiction avec une même tenue.

Bien que ces histoires furent écrites après Les mauvais rêves, elles mettent en scène généralement Valérian sans Laureline, confirmant que ces histoires se passent avant leur rencontre. Des petites aventures pas forcément utiles mais qui permettent de voir Valérian dans des opérations solitaires, chose qui lui arrivera peu dans la série. Outre un duo complémentaire, la bande-dessinée peut s'aider des dessins monumentaux de Mézières et Tranlé. Si les personnages (notamment Valerian) ont encore un style un peu cartoonesque dans les premiers opus, cela change assez rapidement. Là où les deux artistes réussissent pleinement leur coup, c'est par un univers graphique revigorant, majestueux et des visions assez dingues, allant des fameuses terres truquées (voire ci-dessous) à des décors plus contemporains. On n'a pas l'impression d'avoir vu ça mille fois ailleurs et c'est aussi ce qui a fait la réputation de la bande-dessinée à travers le monde au fil des décennies. D'autant que la saga fut un précurseur dans la science-fiction des 60's, au même titre que la série Star Trek (1966-69) dont la BD emprunte la vitesse lumière pour le vaisseau de Valérian. Le bestiaire que l'on retrouve à Point Central n'a rien à envier à celui que l'on retrouve à la Kantina dans Star Wars (George Lucas, 1977).

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Dessin issu de Sur les terres truquées (tome 6, 1977).

Si Lucas n'a pas forcément pu reprendre L'ambassadeur des ombres, il se peut qu'il se soit inspiré des premiers opus comme le montre plusieurs études comparatives (le vaisseau des héros n'est pas très différent du Faucon Millenium par exemple). Mézières n'a jamais fait de scandale, évoquant notamment que la science-fiction est un genre où beaucoup de codes sont réutilisés au fil du temps et selon les inspirations. Autre film semblant s'être inspiré de la bande-dessinée : Avatar (James Cameron, 2009). En effet, Bienvenue sur Alflolol (tome 4, 1972) a une histoire assez similaire. Des créatures veulent récupérer les terres de leur planète envahies par les Terriens lors de leur voyage. S'en suit comme dans le film de Big Jim un conflit idéologique entre les Terriens qui veulent garder ce qu'ils ont récupéré et le peuple d'origine qui veut retrouver ses racines. Si l'affrontement n'a pas lieu, le problème est assez similaire d'autant que les Terriens se servent de la planète pour en exploiter les ressources. La vision de New York laissée à l'agonie à divers gangsters dans La cité des eaux mouvantes (tome 1, 1968) n'est pas sans rappeler New York 1997 (John Carpenter, 1981), à la différence qu'ici la Grosse Pomme est inondée. On pourrait citer également Le cinquième élément (Besson, 1997), mais l'histoire est un peu plus complexe.

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Alors que Mézières n'avait pas encore totalement travaillé sur le tome 15 des aventures du duo, Besson le contacte pour un projet de science-fiction encore nommé "Zaltman Bléros". Aux côtés de Moebius, Mézières réalise plusieurs designs ou concept-arts où il est notamment question de taxis volants. Pendant un temps, le projet est arrêté pour que Besson réalise Léon (1994) et trouve les financements nécessaires pour mener à bien un tel projet. Mézières réutilise ses concepts pour Les cercles du pouvoir (1994) et Besson garde l'idée en faisant de son héros désormais baptisé Korben Dallas un conducteur de taxi volant. Une collaboration fructueuse qui aura permis aux deux artistes d'entamer deux projets. Le monde de Valérian et Laureline est vaste, que ce soit dans le temps ou leurs rencontres sur diverses planètes de l'Espace. Christin a réussi à créer un univers cohérent naviguant entre la critique sociale (l'industriel n'est jamais vu d'un bon oeil, les dictatures, le terrorisme...), la science-fiction et sa cousine l'anticipation, le polar ou même la fantasy (Les Héros de l'équinoxe met en scène divers guerriers face à Valérian dans des cases dignes de ce que le cinéma a pu offrir dans le domaine). Mais au bout d'un moment, Christin et Mézières en viennent à donner une véritable mythologie à leur série. A partir du tome 9, les auteurs opte pour un changement radical à base de paradoxes temporels, entraînant la perte de Galaxity puisque le destin de la Terre a été modifié dans les 80's.

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Les héros sont bloqués dans le temps, existant dans un monde qui n'est plus le leur et où leur destiné est définitivement floue. Les auteurs multiplient des aventures qui vont dans ce sens, à l'image de Sur les frontières (tome 13, 1988) où un ancien agent essaye tant bien que mal de recréer un cataclysme nucléaire sur Terre pour que Galaxity existe à nouveau. Après moult histoires trépidantes, le trio se décide à mettre fin à la série dans les 2000's. Pour cela, ils réalisent pour une trilogie (tomes 19 à 21, 2004-2010) permettant de conclure la bande-dessinée, en laissant une porte ouverte plutôt bienvenue. Les auteurs vont vers une épopée assez impressionnante, multipliant les personnages déjà vus auparavant, tout en convoquant une jeune héroïne plutôt sympathique. L'affrontement entre la matière et la vie. Un final à l'image d'une saga éblouissante où tous les tomes ne sont pas au même niveau scénaristique, mais où la qualité graphique permet d'apprécier chacun des opus de la saga. (fin des spoilersValérian et Laureline est l'une des rares BD qui a commencé et fini avec ses auteurs aux commandes. On le voit par une complexité de plus en plus présente dans les récits, une tendance aussi à faire des histoires plus longues allant parfois jusqu'à deux dyptiques qui se chevauchent. Une réussite qui permit à la science-fiction d'émerger dans la bande-dessinée francophone (Metal Hurlant n'est pas né par hasard). Ce qui rend cette BD d'autant plus importante et incontournable. Allez à la prochaine!

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21 juillet 2017

La toile colle de moins en moins

Après les événements de Civil War, Peter Parker essaye de vivre sa vie d'adolescent comme de jeune super-héros. Il se trouve sur le chemin du Vautour et de ses sbires, ennemis exploitants des ressources extraterrestres...

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On peut parfois se demander comment certains producteurs ou personnalités du cinéma peuvent rester aussi puissants avec autant de casseroles aux fesses. Le cas présent se nomme Amy Pascal. Présidente de Sony Pictures de 2006 à 2015, Pascal s'est fait notamment remarquer à cause du Sony Hack. Pour rappel, il s'agissait du piratage du studio visiblement par des nord-coréens, entraînant par dessus le marché une crise diplomatique incroyable au cours de l'hiver 2014-2015. Si la présidente n'en est pas responsable, en revanche ses mails furent assez compromettants, comme des discussions avec le producteur Scott Rudin particulièrement gratinées (visiblement cela partait dans des mails racistes ou le dénigrement comme ce sera le cas pour Angelina Jolie). On retrouvait aussi des projets obscurs comme un possible ralliement à Marvel (donc Disney) de Spider-man. Rappelons que The Amazing Spider-man 2 (Marc Webb, 2014) n'avait pas fait les chiffres attendus et avait eu des critiques cinglantes (de votre interlocuteur notamment). Pascal aurait pu être sur un siège éjectable, il n'en est pourtant rien. Certes, elle n'est plus présidente de Sony Pictures (remplacée par le très polémique Thomas Rothman), mais c'est elle qui a géré l'accord avec Kevin Feige (le producteur à la tête du Marvel Cinematic Universe) et par la même occasion est à la tête du micro-univers autour du nouveau Spider-man. Comme ce n'est qu'un accord contractuel, Pascal peut faire ce qu'elle veut comme relancer des projets longtemps en development hell

Spider-Man: Homecoming : Photo Tom Holland

A l'image de Venom qui sera mis en scène par Ruben Fleischer, avec Tom Hardy dans le rôle de la personne possédée par le symbiote extraterrestre. Un mélange de comédie horrifique à la Zombieland (cela tombe bien c'est le même réalisateur) et des films de David Cronenberg et John Carpenter. La dernière fois que Crocro fut une inspiration pour un film de super-héros, c'était pour Fantastic Four (Josh Trank, 2015), on a vu comment ça a fini... Sans compter un film d'animation autour de Miles Morales (le second Spider-man) réalisé par Peter Ramsay (Rise of the guardians) et Bob Persichetti; un film autour de Black Cat et Silver Sable; et le possible Sinister Six. Le plus amusant reste que Kevin Feige  semble de plus en plus se demander s'il n'a pas fait une connerie, au vue d'une récente interview où il demandait à Pascal si ces films feront parties du MCU. Ce à quoi elle a répondu que cet univers Spidey serait à part, même si le personnage interagit dans le MCU. Un schmilblick qui risque d'être fort compliqué à l'avenir, surtout avec des gens aussi incompétents et gênants que Pascal aux commandes. Ce qui nous amène à Spider man Homecoming (Jon Watts, 2017), seconde apparition du tisseur dans le MCU après un premier passage remarqué dans Captain America : Civil War (les frères Russo, 2016). Peter Parker est désormais incarné par Tom Holland et est une version adolescente du personnage, évitant tout retour aux sources (il a déjà ses pouvoirs, son oncle Ben est décédé) ce qui n'est pas pour déplaire (The Amazing Spider man se plantait notamment en faisant du copier-coller).

Spider-Man: Homecoming : Photo Jacob Batalon, Tom Holland

Le tisseur sera également des deux prochains Avengers réalisés par les frères Russo (Infinity War, l'autre n'a pas de titre pour l'instant afin de ne pas spoiler les spectateurs) et on annonce déjà un second Homecoming situé après ces films toujours mis en scène par Jon Watts. Après toutes ces informations (désolé si ce fut un peu long, mais parfois il faut contextualiser un peu), il est temps de passer au film lui-même. Spider man Homecoming n'est pas une révolution, ni une évolution du personnage au cinéma. Il est une variation sympathique d'un super-héros dans un univers où il peine à trouver sa place (c'est d'ailleurs tout une problématique du film); et où il cherche à s'imposer d'une manière ou d'une autre. Les exécutifs et le réalisateur ont décidé de miser sur un Peter adolescent, bien aidé par le choix d'un acteur jeune permettant une évolution au fil du temps. Tom Holland s'en sort d'ailleurs plutôt bien dans le rôle et semble particulièrement à l'aise avec le personnage. Idem pour ses petits partenaires, en particulier Jacob Batalon sidekick plutôt efficace. Les personnages féminins incarnés par Laura Harrier et Zendaya sont plutôt sympathiques, même si elles sont un peu coincées dans un type de rôles (le love interest et la copine un brin roublarde du groupe). Le réalisateur s'en sort plutôt bien pour ce qui est de réaliser un teen movie super-héroïque, soit une intention première à l'annonce du projet et ce, même si le film use d'archétypes déjà vus à droite et à gauche (rien de nouveau sous le soleil).

Spider-Man: Homecoming : Photo Laura Harrier, Tom Holland

 

Malheureusement, Spider man Homecoming montre rapidement ses limites. Pas qu'il ne soit pas un minimum agréable à regarder, mais il est terriblement anecdotique et n'apporte finalement pas grand chose de nouveau, si ce n'est une ambiance un peu divergente de la moyenne. Aussi sympathique puis-ce t-il être, Spider man Homecoming ne reste pas en mémoire et s'oublie même assez vite comme un énième épisode d'une série télévisée. Au point qu'il y a une obligation de montrer des personnages pré-existants du MCU pour que Homecoming puisse visiblement exister. Sauf que Tony Stark (Robert Downey Jr) et Happy (Jon Favreau) ne servent absolument à rien dans le film. Au pire, l'accident du ferry aurait donné lieu à une épreuve pour Peter et cela aurait peut être mieux servi le récit. Une aventure définitivement solo (et non accompagnée) aurait peut être aussi permis au super-héros de se construire tout seul. Le film s'appelle tout de même Spider man Homecoming, pas "Spider man et son ami super-héros Iron Man"... Que Sony et Marvel veulent rattacher le personnage au MCU, il n'y a aucun problème. Mais encore faut-il le faire sans utiliser de grands sabots et en pensant que cette façon de faire est indispensable au bon déroulement de la franchise. 

Spider-Man: Homecoming : Photo Tom Holland

C'est un reproche que l'on peut souvent faire à Marvel et qui revient assez régulièrement dans les aventures solo de ses héros (remember Ant Man et son passage douteux avec Falcon). (attention spoilers) D'autant qu'en plus, le film part d'un raccord à l'univers plutôt bien vu. Le Vautour (Michael Keaton) est présenté comme un entrepreneur s'occupant de remettre en état New York suite aux événements d'Avengers (Joss Whedon, 2012), avant que cela soit repris par les équipes de Stark. Ses collègues et lui s'emparent alors de diverses technologies aliens et créent des armes à partir de ça. Il n'y a pas besoin de plus pour raccorder Spider man Homecoming au MCU, puisque l'ennemi est en soi né de précédentes histoires de l'univers. De par son statut social, le Vautour s'impose comme un méchant de qualité, ni réellement bon, ni totalement mauvais. C'est juste un type qui essaye de sauver sa peau, y compris ses camarades. Cela n'en fait pas un méchant de l'envergure d'un Octopus dans Spider-man 2 (là aussi un personnage mi bon, mi méchant), mais au moins un qui sort du lot. Pas un mal dans un univers où on a bien du mal à en compter au moins trois de majeur (Mr Quill est le summum à l'heure actuelle). D'autant que Michael Keaton s'en sort vraiment bien. Le film a également tendance à recycler des choses issus de précédents films ou d'autres films.

Spider-Man: Homecoming : Photo Michael Keaton

Comme un héros incapable de pouvoir dire la vérité à ses amis (Peter se comporte avec Liz Allen comme il le faisait dans les deux premiers films de Sam Raimi avec Mary Jane) ou le méchant finalement plus proche du personnage principal que le spectateur et lui ne le pensent. La scène du ferry fait indéniablement pensé à celle du tramway dans Spider-man 2 (Raimi, 2004) dans ses conséquences. En terme d'écriture, on peut également trouver le chipotage sur la réelle identité du personnage de Zendaya pour le moins lourd. D'autant plus que cela n'a aucune incidence sur le récit et qu'honnêtement on s'en fout. (fin des spoilers) Si les scènes d'action sont globalement bien shootées, on peut regretter quelques plans illisibles ou tellement plein de cgi qu'il n'y a plus rien de naturel à l'horizon. Les traces d'humour ne sont pas toujours très agréables, tombant parfois dans une certaine lourdeur. Autre chose qui n'a pas d'incidence directe avec le film lui-même :  il est assez honteux de voir que des caméos (et là on ne parle même pas de Downey Jr) ou des troisièmes rôles sont crédités bien avant de vrais second-rôles. Pour cela, il n'y a qu'à voir la fiche IMDB du film, c'est la même chose qui est affiché dans le générique de fin. A ce niveau, on peut aussi saluer les affiches qui vont malheureusement dans ce sens. On voit que c'est Sony qui distribue...

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Si le film en lui-même n'a rien de honteux, la proposition qu'il offre s'oublie à la vitesse de l'éclair.

19 juillet 2017

Cuvée Baby Ed

Edgar Wright n'est peut être pas le meilleur réalisateur de son époque, bien qu'il soit un de ces rares réalisateurs émergents qui compte dans les 2000's. Il n'en reste pas moins que ses cinq films disponibles chez nous (son premier, A fistful of fingers, est inédit chez nous) ont du charme, certains plus que d'autres (le favori de votre interlocuteur est Scott Pilgrim vs the world). A l'occasion de la sortie de Baby Driver dans les salles françaises (voir Nowhere to run my Baby ), la Cave de Borat va revenir aux débuts du réalisateur. A une époque où le boom de l'internet commençait à se ressentir. Où il n'y avait que deux Playstation (et encore). Où ce que les pirates copiaient finissait sur des disquettes ou des CD vierges et non des clés USB. Où l'on parlait encore de rave party sur fond d'Oasis ou Take That. Où la VHS n'était pas encore bouffée par le DVD. Nous sommes en 1999. Edgar Wright n'est qu'un jeune pouce qui apprend et a déjà réalisé un film. Simon Pegg et Nick Frost ne sont pas encore ses Dupont et Dupond. La chaîne Channel 4 n'est pas encore le vivier de Black Mirror (2011-) ou de Skins (2007-2013). Quand Spaced naquit, ses instigateurs n'étaient pas connus. Ils le deviendront grâce à la série et reviendront dans la filmographie de Wright à l'image de la scénariste / actrice Jessica Hynes (Yvonne dans Shaun of the dead), Lucy Akhurst (une zombie dans Shaun...), Bill Bailey (le policier au guichet d'Hot Fuzz), Mark Heap (un des tenanciers de bar de The world's end), Peter Serafinowicz (le colocataire tatillon de Shaun) ou Michael Smiley (l'ancien dealer de The world's end). 

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De gauche à droite et de haut en bas: Katy Carmichael, Mark Heap, Nick Frost, Julia Deakins, Simon Pegg et Jessica Hynes.

Spaced a duré deux saisons (1999-2001) et quatorze épisodes et a failli terminer en remake us produit par McG. Cela n'a heureusement jamais été très loin. La série est en premier lieu le bébé de Jessica Hynes et de Simon Pegg et les deux sont crédités en tant que scénaristes de chaque épisode. Edgar Wright est quant à lui le réalisateur de tous les épisodes. Un fait suffisamment rare dans les séries pour être signaler (le seul exemple qui me vient en tête est Cary Fukunaga sur la première saison de True Detective). Un travail à trois qui se ressent particulièrement à travers les personnalités de chacun. Hynes est la part féminine inévitable mais elle aborde aussi des thématiques plus particulières (comme le complexe de la page blanche), là où Pegg et Wright vont davantage vers la pop culture et les références un brin méta. Les scénaristes se rejoignent en revanche sur l'épanouissement personnel. Les personnages de Spaced ont parfois du mal à trouver leurs voies, on peut même dire que c'est une forme de but définitif. La série commence sur deux ruptures : Daisy (Hynes) a quitté son compagnon et Tim (Pegg) s'est fait plaqué par sa compagne. Wright s'amuse de la chose en confrontant les deux personnages lui en bas, elle en haut comme s'il s'agissait d'un couple qui se quitte. Un aspect cocasse et burlesque qui montre déjà à quel point Wright s'amuse avec le montage.

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Le trio créatif de la série.

Les deux se rejoignent car ils sont seuls et qu'ils trouvent une annonce recherchant un couple pour un logement. La série trouve sa dynamique par un mensonge qui finira par devenir trop gros pour ses instigateurs. Tim et Daisy ne sont pas un couple et ne le seront jamais, ce qui change de beaucoup de récits où un couple atypique tombe en général amoureux au fil du temps (l'exemple typique est Ross et Rachel dans Friends). Ce sont des gens qui deviennent amis au fur et à mesure de la série. C'est de ce point de départ que la série devient une sitcom typique avec sa bande de personnages, tous recherchant à s'épanouir d'une certaine manière. (attention spoilers) Tim veut devenir dessinateur de bande-dessinées, mais en attendant il doit se contenter d'en vendre. Il finira par être engagé par le patron de maison d'édition qui ne voulait pas de lui autrefois (Clive Russell), mais aussi à tomber amoureux avec l'assistante de ce dernier (Akhurst). L'ironie veut que cette dernière se voit proposé un job chez Marvel. Quand on se souvient des déboires de Wright avec la major plusieurs années plus tard, l'allusion ne manque pas de piquant. Daisy veut écrire pour des magazines ou autres, mais se voit victime du syndrome de la page blanche. La scénariste insiste plus d'une fois sur les efforts de l'auteur, usant de différents stratagèmes pour retrouver l'inspiration.

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Mais parfois rien n'y fait. Ironiquement, l'épanouissement de Daisy se fera à travers un chien, mais aussi d'un voyage en Asie. Son voyage offre même l'opportunité à Wright de parodier les films de vacances, mais également le found footage en mode théorie du complot (son film est retrouvé par des services secrets façon X Files). En 2000, on arrivait déjà subtilement à se moquer du found footage alors que le phénomène était plus que léger (Le projet Blair Witch n'a pas amené de vague, au contraire de Rec). Ensuite nous avons Brian (Heap), peintre de la souffrance, de la colère, de l'agressivité et de la peur. Le duo s'amuse à en faire une sorte d'amant occasionnel de la logeuse Marsha (Julia Deakin), provoquant souvent des scènes hilarantes de malaise. Wright s'amuse aussi de ses saillies artistiques, allant des gestes du peintre à des performances improvisées tenant du génie (ou quand un accident devient une oeuvre d'art). Les auteurs en viennent même à effectuer un retournement de situation plutôt intéressant d'une saison à l'autre. Avec Marsha, l'inspiration de Brian se dévoilait car il était malheureux, voire déprimé. Avec Twist (Carmichael), il est heureux donc l'inspiration est plus difficile ! Là où chez Daisy, l'épanouissement n'est finalement pas passé par l'écriture mais dans le voyage, chez Brian il arrive par l'amour. 

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Twist est d'ailleurs l'archétype de la fan de mode, mais qui ne peut pas en vivre. Même si elle n'est pas présente dans tous les épisodes, ce n'est pas une guest non plus et fait partie intégrante du groupe dans ses galères. Il ne serait pas étonnant que les scénaristes ont voulu faire une allusion à la série Sex and the city (1998-2004), alors particulièrement populaire lors de la diffusion de Spaced. Avec Marsha, les scénaristes orchestrent un gag récurrent. On apprend qu'elle a une fille mais à chaque fois, Wright ne montre jamais son visage. Sa fille est un personnage fantôme, un courant d'air dans une maison qui fait énormément de bruit. Si Daisy a une meilleure amie, Tim aussi. Voici donc le camarade Nick Frost en sorte de Rambo d'Angleterre cherchant à tout prix à être repris dans l'armée après un coup de folie. Ses passages chez les scouts et au paint ball deviennent de vraies zones de guerre et Wright peut s'amuser à faire des scènes d'action bourrines particulièrement savoureuses. Un personnage un brin dans sa bulle, mais qui est épanouit dans ce qu'il fait. On peut également citer la présence de Tyres (Smiley), coursier ami de Tim que l'on retient principalement pour son amour de la dance.

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Ce qui veut dire aussi personnage qui danse et autant dire qu'avec Tyres, on en a pour son argent. Le trio en vient même à caractériser particulièrement le chien Colin, au point de lui donner une véritable personnalité dans les derniers épisodes ! Colin n'a pas besoin de parler, il a une véritable présence. Le trio réussit à rendre attachant cette bande d'amis en devenir et on a bien du mal à les quitter après quatorze épisodes. (fin des spoilers) Si Spaced est particulièrement connue de nos jours, c'est aussi à cause de son rapport à la pop culture. Spaced est l'anti Stranger things par excellence. Certes les deux séries ne sont pas du même genre et ne parle pas de la même chose, mais en terme de rapport à la pop culture Spaced en parle de manière bien plus logique et moins appuyé. Il y a un vrai discours sur plusieurs sujets culturels sans que cela soit de la vulgaire citation pour faire joli. Quand Simon Pegg s'éclate à dézinguer La menace fantôme (George Lucas, 1999), il le fait sur tout un épisode car le sujet est sa déception du film (on n'ose imaginer ce que pense Pegg d'un certain film sorti en mai 2008). De la même manière, la réflexion qu'a Tim des films Star Trek (1979-) est plutôt amusante puisque si on le suit, les films impairs de la franchise sont mauvais. Or, Pegg est devenu Scotty par la suite et deux des trois films qu'il a tourné sont impairs (Star Trek et Beyond). De quoi avoir envie de poser la question au camarade Simon ! 

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Même chose quand Wright cite des films en particulier. Souvent il s'agit de faire un délire imaginaire ou alors pour une scène spécifique, comme avec Matrix (une scène imaginaire où Tim débarque en mode Neo chez son éditeur), Carlito's way (la musique de Patrick Doyle donne un ton ironiquement tragique dans une scène d'action avec des mains pour mimer des flingues !) ou Un monde pour nous (vous ne verrez plus un char d'assaut de la même manière). Les jeux-vidéo ne sont pas représentés comme dans beaucoup de films ou séries, où cela consiste en général à montrer des geeks incollables. Tim et Mike (Frost) y jouent car ils aiment ça et ce n'est pas un cliché. Wright fait même une scène type jeu de combat avec des punchlines, sorte de prélude à certaines imageries de Scott Pilgrim. La référence n'est pas là pour s'en moquer ou la citer abusivement. On sent que c'est un choix de parler ou de faire de scènes à partir de films ou de séries et c'est ce qui fait la richesse de la série. La série n'a pas tant vieilli que ça car ce qu'elle montre n'a pas changé. Des gens qui galérent et essayent de trouver un emploi dans ce qu'ils veulent faire, cela existe toujours (d'ailleurs, la séquence au Pole Emploi UK est à mourir de rire tant elle est crédible). De même que la musique de l'époque et certains jeux utilisés (en l'occurrence Tomb Raider III ou Resident Evil) reviennent souvent à la mode de nos jours d'une manière ou d'une autre (les boys band, les reboots de franchises vidéoludiques et même en soi le retro-gaming). 

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Spaced ne dure peut être que quatorze épisodes, mais il ne lui suffit pas de beaucoup pour s'imposer comme une série terriblement attachante. Doublé d'une belle oeuvre de jeunesse pour ceux qui l'ont façonné. Je terminerais cette cuvée en faisant un gros bisous à Tinalakiller qui m'a donné envie de voir la série et je la remercie pour ça (elle en avait parlé ici:  https://tinalakiller.com/2015/04/12/spaced/. Allez à la prochaine!

15 juillet 2017

Nowhere to run my Baby

Baby a eu un accident lorsqu'il était jeune et a depuis des problèmes auditifs. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir le rythme dans la peau et de l'utiliser quand il conduit pour des braqueurs...

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Après sa douloureuse expérience avec Marvel (rappelons qu'il aurait dû réaliser Ant Man) et son clip pour Pharrell Williams (voir Cuvée clippesque), Edgar Wright ne revient pas chez Universal (bien qu'il a toujours l'appui de Working Title, derrière lui depuis Shaun of the dead), mais chez Sony. Prévu au départ pour mars, Baby Driver (2017) se retrouve finalement en plein été des blockbusters où les trois quarts risquent de se bouffer la gueule jusqu'à début août. Bien qu'il a un classement Restricted et une médiatisation moindre dans un champ de mine (il est sorti après Transformers The Last Knight et la même semaine que Moi, moche et méchant 3 aux USA), Baby Driver s'impose comme un beau succès d'estime aux USA (58 millions de dollars de recettes pour 34 dépensés). Reste à voir si le film intéressera autant à l'international, ce qui n'est pas forcément gagné (votre cher Borat a assisté à une avant-première avec une vingtaine de personnes à tout casser). Il n'en reste pas moins que le film est bien accueilli un peu partout et semble marquer les esprits assez facilement. Baby Driver est le billet de sortie pour Edgar Wright après avoir conclu sa "trilogie Cornetto" (2004-2013). Le moment de passer à autre chose, bien que Scott Pilgrim vs the world (2010) avait déjà été une pause entre deux opus de la trilogie. Toutefois, le réalisateur se révèle toujours un peu sous influence, ce qui se ressent énormément au niveau de l'écriture.

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Eiza Gonzalez, Jon Bernthal, Jon Hamm

(Attention spoilers) A chacun de ses films, Wright a pris des références en rapport aux genres qu'il souhaitait aborder. Scott Pilgrim est un peu à part, puisqu'il est adapté d'un comic-book lui-même fortement influencé par le jeu-vidéo et de la pop-culture en général. Sur Shaun of the dead (2004), il s'inspirait de divers films de zombies. Dans Hot Fuzz (2007), il faisait des clins d'oeil à divers films d'action et policiers, L'arme fatale (Richard Fleischer, 1987) en tête. Dans le mélancolique The world's end (2013), il citait ouvertement la série des Body Snatchers (1956-2007). Avec Baby Driver, Wright fait un pur film de braquage, ce qui nous amène à un film en particulier: The Driver (Walter Hill, 1978). Le même qui avait largement inspiré Nicolas Winding Refn pour Drive (2011). L'approche de Wright est néanmoins différente. Il ne fait pas de son personnage principal (Ansel Elgort) un héros mutique comme le furent Ryan O'Neal et Ryan Gosling dans les films concernés. De même, Elgort se révèle bien moins monolithique que les deux concernés et joue beaucoup du caractère innocent de son personnage au point de rendre ses explosions de violence assez impressionnantes. A l'équation se rajoute une fille (Lily James affolante de mignonitude) et le réglement de compte final se déroule tout comme le film de Hill dans un endroit isolé (autrefois une sorte d'usine désaffectée, aujourd'hui un parking)

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Lily James

Dans The Driver, la fille (en l'occurrence Isabelle Adjani) était avant tout une voleuse accompagnant le conducteur. Tout comme Refn, Wright fait plutôt de la fille l'amour du héros avec une issue toutefois différente. De même, le film ne sort pas trop de certains sentiers battus du genre, avec une équipe de braqueurs (Jamie Foxx parfait salaud, Jon Hamm animal, Eiza Gonzalez, Jon Bernthal, Fléa et Lanny Joon), un chef de la logistique (Kevin Spacey terriblement classe), un chauffeur, un plan qui foire et tout dérape. Soit plus ou moins ce que propose Heat (Michael Mann, 1995) par exemple. Si la base de Baby Driver est particulièrement classique, Wright réussit son coup par plusieurs moyens. Baby est terriblement attachant et Wright épouse pleinement son point de vue. Victime d'un acouphène, le personnage compense cela par des signes, la lecture des lèvres et la musique qu'il a dans les oreilles avec le titre qui va pour chacune des situations. Wright va alors s'amuser à prendre des chansons choisies à l'avance pour pouvoir rythmer ses scènes grâce à elles. Quitte parfois à parasiter le sens même de la chanson. C'est le cas de Never, Never Gonna Give Ya Up (Barry White, 1973). Chanson au combien gourmande et croquante, elle aurait très bien pu symboliser les étreintes entre Baby et la jolie Deborah qui ressemble à un zèbre (zebra in english), mais Wright a toujours été assez prude et ce depuis la série Spaced (1999-2001).

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Eiza Gonzalez, Jamie Foxx, Jon Hamm

Non, il le fait pour un moment inattendu où le rencard devient un merveilleux traquenard. Quand on repense aux paroles, on peut alors voir un double-sens avec la scène, présentant deux hommes amoureux de deux femmes différentes et qui les suivront jusqu'à la mort. Le choix de la chanson n'en devient que plus logique quant aux agissements de ces deux personnages par amour. Brighton Rock (Queen, 1974) symbolise une passion commune, transformée ironiquement en menace dans une situation différente. La rencontre entre Deborah et Baby donne lieu à un quiproquos musical intéressant partagé entre les chansons de T-rex (1968) et de Beck (1999). Pour le reste, Radar Love (Golden Earrings, 1973) est parfaite pour une poursuite, quand Easy (1977) sonne comme un moment romantique avec la voix de Lionel Ritchie et mélancolique et touchant avec celle de Sky Ferreira. Sans compter Bellbottoms (Jon Spencer Blues Explosion, 1994) qui ouvre les hostilités en confrontant le spectateur à ce qu'il s'apprête à vivre durant 1h53. Mais le rythme de ces chansons ne serait rien sans une réalisation optimale (largement alimentée par la photo de Bill Pope) et un sens du montage bien mieux géré que pour les scènes de Hot fuzz (qui alignait beaucoup trop de plans cut). Ici, le réalisateur maîtrise mieux sa réalisation, confirmant les efforts entrepris sur ses deux derniers films, ce qui peut être un signe de maturité. Les poursuites sont lisibles, entraînante à l'image des sons qu'il utilise et le spectateur ne lâchera jamais prise durant ses scènes spécifiques jusqu'à la fin. (fin des spoilers)

Baby Driver perd en écriture ce qu'il gagne en richesse rythmique et dans une réalisation de qualité. Un mal pour un bien qui en fait un film terriblement divertissant.

12 juillet 2017

Cuvée transformée

Cela faisait longtemps que la Cave de Borat n'avait pas parlé de Michael Bay. Bon en fait depuis la cuvée anniversaire en mai dernier. Mais c'est vrai que le roi du kaboom n'avait pas été très présent dans ces colonnes depuis au moins le reboot des Tortues Ninja qu'il a produit (Liebesman, Green, 2014-2016). Aujourd'hui nous allons parler de la saga dont il est jusqu'à présent le seul réalisateur et qui compte désormais cinq épisodes (plus d'autres à venir, mais on y reviendra), les Transformers (2007-). Alors pourquoi me relancer là-dedans? Tout simplement parce que le temps passe, que cela faisait longtemps que je n'en avais pas vu un seul, que parfois il faut une piqure de rappel et aussi par pur masochisme, ce qui n'étonne même plus les lecteurs fidèles (actuellement ils se demandent à quoi je tourne). Donc en plus de revoir les trois premiers films (2007-2011), j'ai aussi osé voir les deux suivants (2014-2017) pour des résultats disons le surprenants. Allez trêve de bavardages, allons au fond du sujet. (attention spoilers)

  • Transformers (2007) : L'ère du jouet sur grand écran

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Au cours des années 80, la société Hasbro rachète deux gammes de jouets japonais Microman et Diaclone, des robots pouvant se transformer en voitures ou en objets. Le succès de ce qui devient les Transformers est certain au point d'engendrer des comics, des séries animées entre 1984 et 2016 et même un film d'animation basé sur la première série (Shin Nelson, 1986). Au fil des années, Hasbro multiplie les jouets liés aux Transformers, mais aussi de grosses marques comme Mon petit poney et surtout les GI Joe. Au début des 2000's, le producteur Don Murphy se trouve être intéressé par ces derniers, mais le fabricant de jouets préfère qu'il s'attarde aux Transformers à cause du débarquement des troupes américaines en Irak. Steven Spielberg débarque assez rapidement en tant que producteur, au même titre que Lorenzo di Bonavantura et Ian Bryce. C'est même le premier qui suggère plusieurs pistes aux scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci, comme le fait de raconter l'histoire d'un garçon et de sa première voiture. Michael Bay arrive alors que le projet avance plutôt bien. Bay a déjà sa réputation de réalisateur difficile, râleur et bourrin et a déjà de gros succès et des films en demi-teintes à son actif. Il est en excellent terme avec Spielby puisqu'ils avaient fait The Island (2005) ensemble. 

Transformers : Photo Ian Bryce, Michael Bay, Steven Spielberg

Trois hommes derrière la franchise: les producteurs Steven Spielberg et Ian Bryce et le réalisateur Michael Bay.

Il fut au départ question que les robots extraterrestres ne parlent pas, avant que les scénaristes n'insistent en rapport à l'univers animé. Transformers fut un des plus gros succès de l'été 2007 aux côtés d'Harry Potter et l'ordre du phoenix (David Yates, 2007) avec près de 710 millions de dollars engendrés. N'ayons pas peur de le dire, Transformers a été fait pour qu'Hasbro relance un peu leurs jouets (il en sera de même avec les deux films GI Joe réalisés entre 2009 et 2013) et Bay ne s'est pas fait prié pour filmer des voitures (sponsors) comme s'il filmait des publicités. Un aspect récurrent chez le camarade Michael qui n'a pas changé avec les années et surtout pas dans une franchise où il peut justement filmer des robots se transformant en voitures ! Sur ce point, le réalisateur est difficilement attaquable (malgré sa façon de faire) puisque c'est le concept même des jouets. En revanche, le camarade se veut déjà un brin gourmand pour ce qui est des autres placements de produits avec des éléments devenant des Transformers dans le climax, comme un distributeur de Mountain dew ou une Xbox. Mais aussi une belle ouverture pour Burger King (voir ci-dessous). Un aspect qui deviendra récurrent au cours de la franchise pour un résultat pouvant autant agacer que faire rire. Ce premier opus est peut être celui qui a le plus de charme parce qu'il est le premier, qu'il essaye d'instaurer un nouvel univers et aussi parce que ce qu'il proposait en terme de grand spectacle à l'époque était un brin novateur.

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Pas exceptionnel, mais quelque chose qui sortait un peu de l'ordinaire. Sur cet opus, la mythologie est assez simple mais efficace: il y a deux camps de robots extraterrestres venus de la planète morte Cybertron et qui débarquent sur Terre, les Autobots et les Decepticons. Le problème du film (et c'est souvent le cas dans la franchise) est qu'il est le cul entre deux chaises. Le début nous présente les hostilités avec des militaires et Bay signe des parties très sérieuses lorsqu'il est avec eux ou avec des analystes et des politiques. Sauf qu'il contrebalance le tout avec des scènes plus lourdes où l'on suit le jeune Sam Witwicky (Shia LaBeouf juste sorti de La guerre des Stevens), amoureux de la jolie Mikaela (Megan Fox) et qui vient de s'offrir sa première voiture qui se trouve être l'Autobot Bumblebee. Le film ne devient totalement sérieux qu'avec le climax. Les militaires s'associent au couple et cela amène logiquement à un changement de ton plus radical, plus désespéré aussi. Pas plus mal car cela donne un peu plus de sens épique au film et permet d'oublier un nombre incroyable de lourdeurs qui parasite l'ensemble. A l'image de la radio de Bumblebee qui aligne Sexual Healing (Marvin Gaye, 1982), Drive (The cars, 1984), Baby come back (Player, 1977) et I feel good (James Brown, 1964) pour une première rencontre avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Transformers : Photo Megan Fox, Shia LaBeouf

Ou quand les parents de Sam (Kevin Dunn et Julie White insupportables) parlent littéralement de masturbation avec leur fils alors qu'il est accompagné. On peut également rajouter John Turturro particulièrement agaçant en agent du gouvernement. Si tout ce qui est bataille fonctionne visuellement (le film a dix ans désormais et a une bonne tenue), on peut toutefois avoir du mal avec les lens flares ou certaines actions du film qui peinent à convaincre. On a beaucoup repproché par exemple à Man of steel (Zack Snyder, 2013) d'avoir un final avec beaucoup de destructions au point que la ville en ressort dévastée. Pourtant, le film de Snyder (d'autant plus accentué par Batman V Superman) offre un constat différent du final de Transformers. Si celui de Man of steel est ainsi c'est aussi parce qu'il y a un effet de surprise et personne n'est au courant du drame potentiel engendré par la machine. De même, le héros n'est pas là pour sauver les gens, occupé à dégommé l'autre machine. Dans Transformers, le gouvernement sait à quoi s'attendre des Transformers et des destructions qu'ils peuvent provoquer. Les opus suivants nous prouveront même que ces derniers sont là depuis bien longtemps sur Terre. Alors pourquoi ne pas évacuer une ville pleine d'habitants alors même que l'armée est sur place pour contre-attaquer ? Votre interlocuteur a un peu de mal à avoir de la clémence dans le cas présent.

Transformers : Photo

Autre cas récurrent : les personnages robotiques ne marquent pas tous la rétine, voire se ressemblent beaucoup. Si bien que l'on reconnaît surtout Optimus Prime, Bumblebee et Megatron à l'écran. Une tare qui ne s'arrangera pas toujours à cause de la profusion de nouveaux robots au fil des épisodes. Quand on ne reconnaît pas un personnage ça va, c'est quand il y en a une dizaine que cela commence à devenir gênant. La musique de Steve Jablonsky aligne les thèmes redondants en mode Hans Zimmer, voire des allusions directes au score de Trevor Rabin sur Bad Boys 2 (2003), ce qui peut vite s'avérer plombant. Transformers n'est pas forcément un mauvais film, même s'il en a très souvent les atours. Au mieux, il s'agira d'un plaisir coupable même si l'on a déjà vu beaucoup mieux de son réalisateur. Au pire, il inspirera une certaine indifférence.

  • Revenge of the fallen (2009) : L'échec en pleine grève

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A peine le premier volet était un succès qu'un second opus était annoncé. Puis vint la grève des scénaristes fin 2007. Transformers 2 rapidement baptisé Revenge of the Fallen (ou La revanche en France) aurait pu être retardé, il n'en sera rien et le film est resté daté pour juin 2009. Visiblement le film aurait démarré sa production avec seulement quelques pages de traitement. Cela sera une bonne excuse pour parler du naufrage artistique d'un film qui engendra tout de même près de 837 millions de dollars. On peut meubler un temps sur un film avec quelques astuces ou scènes d'action, mais pas sur 2h31 de métrage. Le principal problème de Revenge of the Fallen se pose là : le film ne tient quasiment sur rien et se contente d'enchaîner divers scénettes en espérant que cela passe. La mythologie est un peu plus approfondie, montrant dès les premières minutes que The Fallen a atterri chez des indigènes des millénaires avant Jesus Christ. De même, le film met largement un point d'honneur à faire de l'Egypte un sanctuaire à Transformers, ceux qui se sont alliés contre The Fallen pour protéger un énième MacGuffin. C'est malheureusement tout ce qui ressort de positif du film et aussi une partie bien trop courte. Il n'y a qu'à voir la première heure pour se rendre compte à quel point Michael Bay essaye de meubler avec le peu d'éléments qu'il a, au point d'accumuler les séquences gênantes.

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Après l'ouverture flashback et le délire un brin GI Joe du début, on suit à nouveau Sam dans ses aventures. Shia LaBeouf cabotinne à tous les étages, allant de scènes d'hallucinations où il en fait des caisses à une scène de vomi gratuite. Mais mieux, le film accumule les détails douteux, voire malsains avec le jeune garçon. Comme ses parents lui suggérant de lâcher sa copine pour aller coucher avec la première fille venue à la fac, parce qu'il y a la distance entre eux qui paraît visiblement insurmontable pour les parents. Nous aurons droit également à la mère de Sam sous space-cake, autre beau moyen de meubler dans les premières minutes autour d'un personnage censé être drôle (ce qui n'est toujours pas le cas, en plus d'être inutile). Comme si cela ne suffisait pas, Sam se voit offrir un merveilleux sidekick (Ramon Rodriguez) qui réussit à être encore plus pénible que John Turturro également de la partie. Megan Fox est toujours aussi sexualisée, montrée en train de se déshabiller en pleine rue comme vautrée sur une moto qu'elle bichonne. Toutefois son personnage reste un minimum appréciable malgré toutes les ficelles utilisées (jusqu'au petit-ami suspecté de tromperie et pris sur le fait). Le personnage reste sympathique, là où celui de LaBeouf devient particulièrement agaçant (l'écriture y est pour beaucoup).

Transformers 2: la Revanche : Photo Megan Fox

Là où le film atteint des sommets c'est évidemment dans les scènes où Isabel Lucas incarne un Decepticon se métamorphosant en femme. Déjà on peut se demander pourquoi les Transformers ne se sont jamais métamorphosés en humain avant, ce qui paraît une évidence. Mais surtout les scènes sont grossières et involontairement drôles, Lucas surjouant la bombe sexuelle comme jamais au point d'être vulgaire. Parfois on se demande si on aurait pas préféré un délire à la GI Joe (le film de Stephen Sommers également produit par Paramount et Hasbro est sorti à la même saison) qu'un énième film à Macguffin qui accumule les poncifs de mauvais goût. Quitte à ce que ce soit ridicule (le film est souvent merveilleux dans sa gérance de l'interventionnisme américain), cela aurait été peut être plus fun. La première heure montre aussi les dérives de la musique en mode marketing avec les chansons 21 guns (Green Day, 2009) et New divide (Linkin Park, 2009) qui reviennent systématiquement au cours du film (la première en love theme, la seconde pour des transitions plus musclées), au point de devenir des gimmicks délirants. La musique de Jablonsky en rajoute une couche en reprenant encore Bad Boys 2, mais aussi le score d'Armageddon (Trevor Rabin toujours). Comme quoi le pilotage automatique n'était pas qu'au scénario... 

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Pour ce qui est de la réalisation, il y a des bonnes choses comme le combat dans la forêt ou certains passages du grand final, qui sont des scènes explosives et un minimum épiques. La bataille entre Optimus et les Decepticons est même le rare moment de bravoure du film à être lisible et agréable à regarder. Mais Bay accumule aussi les casseroles comme les dutch angles (ces fameux plans filmés de travers) ou de la shaky cam. Sans compter que le film accumule tellement de Transformers à l'écran que l'on peine sérieusement à les différencier. Que ce soit dans les Autobots ou les Decepticons. Surtout que certains sont particulièrement agaçants et ne sont là que pour alimenter les vannes foireuses du film, à l'image des jumeaux. Puis il y a aussi le premier retour de Megatron alimentant largement le manque d'idées à l'horizon. Outre le fait de meubler à droite et à gauche, Revenge of the Fallen accumule les longueurs au point d'être IN-TER-MI-NA-BLE. On voit que le film a accumulé tellement d'explosions en tous genres, de gags à la con, de sous-intrigues douteuses qu'au bout d'un moment il faut finir. Le climax est long, LONG et ne consiste qu'à faire une distance avec des Decepticons à la place des mines. On ressort du film avec un certain mal de crâne et l'impression d'avoir assister à un véritable calvaire.

  • Dark of the moon (2011) : Chicago en plein chaos

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Il est vite décidé que Dark of the moon (ou La face cachée de la lune) soit le dernier opus d'une trilogie. Dans un premier temps, Michael Bay songe à ne pas réaliser le film avant de se rétracter (ce ne sera pas la première fois venant du réalisateur au sujet de la franchise) et Shia LaBeouf fait lui aussi comprendre que ce sera son dernier Transformers. Suite à ses propos désignant Bay comme Hitler, Megan Fox est dégagée pour laisser la place de la petite-copine de Sam à la mannequin Rosie Huntington Whiteley. D'autres acteurs prestigieux font la queue pour jouer dans le film à l'image de John Malkovich et Frances McDormand. Le duo Kurtzman / Orci laisse sa place à Ehren Kruger déjà présent sur le second opus. Paramount suit la tendance de l'époque : en plus de l'IMAX, Dark of the moon sortira également en 3D, ce qui augmentera ses revenus considérablement (le film finira sa carrière au dessus du milliard de dollars de recettes). Même si ce troisième opus a toujours pas mal de défauts, il n'en reste pas moins un peu plus agréable à regarder que le précédent opus. Là encore il y a un gros problème de durée. La première heure est à nouveau infernale et accumule les fautes de goût passé l'introduction. Alors que Sam est désormais un adulte, Bay se sent obligé de refourguer à nouveau les parents Witwicky aux spectateurs.

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Shia LaBeouf

L'utilité de leurs séquences ? Honnêtement aucune. On peut en dire autant du personnage de Rosie Huntington Whiteley. Si dans Mad Max Fury Road (George Miller, 2015) elle s'en sort un peu mieux (car mieux dirigée), ici elle ne semble pas à l'aise et pire encore, son rôle est d'une inutilité assez incroyable. En fait, elle ne sert que de "copine de service", son rôle ne tenant malheureusement que sur ça (au contraire de celui de Megan Fox qui participait à l'action). Bay en vient même à reprendre le baiser avec coucher de soleil en arrière-plan déjà fait dans le précédent opus. Toujours plus loin, Bay la filme comme si elle était dans une publicité pour Victoria's secret (cela tombe bien l'ami Michael en a réalisé et elle fut mannequin pour la marque de lingerie) à l'image de sa première apparition: de dos elle monte les escaliers en chemise et culotte bien apparente. Il fera encore moins subtil en la filmant pendant que son employeur (Patrick Dempsey) parle d'une voiture comme s'il parlait d'une femme. Le personnage ne sert finalement qu'à amener Sam à l'antagoniste humain du film, ce qui relève du néant. On s'amusera également à compter le nombre de fois où elle passe de talons à chaussures plates. A ce jeu là, les aventures de Sam au chômage s'avèrent bien peu passionnantes jusqu'à l'apparition de Ken Jeong. L'acteur nous refait son numéro lamentable de The Hangover (Todd Phillips, 2007). 

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Rosie Huntington-Whiteley, Shia LaBeouf

Sauf que cela n'a strictement rien à voir avec l'ambiance globale du film et l'on tombe dans la lourdeur hors sujet. On cherche également la réelle utilité de John Malkovich dans le film. Mais une fois qu'il est prêt, Bay peut se faire plaisir et signe un film apocalyptique plutôt inattendu. Chicago devient un champ de bataille durant plus d'une heure et Bay alimente largement l'apocalypse Decepticon avec une ville en flamme, des morts à foison et même un Decepticon avec une sorte de serpent Transformers. Ce qui donne deux séquences assez exceptionnelles: la première à Tchernobyl suggérant plus ou moins que la catastrophe est due à des Transformers, la seconde avec un immeuble qui s'écroule avec nos héros dedans. Même si comme souvent on a un peu de mal à repérer certains Transformers, Bay signe un film globalement lisible et se permet une oeuvre post 11/09 au moins de qualité quand cela est le cas. Une sorte d'Avengers avant l'heure avec même un vaisseau assez similaire au film de Joss Whedon (2012). Quand Michael Bay inspire Marvel. Avec The Last Knight, Dark of the moon est également le seul à bien aborder la mythologie. Les deux films ont d'ailleurs le mérite de revenir dans l'Histoire, le troisième opus s'intéressant particulièrement à la conquête spatiale. 

 

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : photo

La lune est ainsi le territoire de plusieurs Transformers enfouis sous Terre, dont un vaisseau servant de dernière chance pour sauver Cybertron. Bay se sert ainsi du voyage d'Apollo 11 en 1969 pour une mission secrète en soi délirante, mais plutôt crédible dans le contexte "théorie du complot" abordé plus d'une fois depuis le début de la franchise. Manque de bol, celui qui était censé sauver les Autobots est finalement passé dans l'autre camp pour faire survivre son monde. Des flashbacks de qualité permettant de voir la chute de la planète, qui plus est par ceux qui étaient censés la sauver. Leonard Nimoy doublant le fameux Sentinel Prime, Bay fait quelques références à Star Trek là aussi avec une subtilité parfois douteuse. Certains effets-spéciaux laissent toutefois à désirer à l'image de ce faux JFK qui ferait pâlir des consoles de jeux du début 2000's. On peut aussi se demander comment des gens peuvent aller travailler alors que la ville est en pleine guerre civile. Se réfugier à la rigueur, mais pas faire comme si tout allait bien alors que ça ne va pas du tout. Certaines transitions sont particulièrement douteuses comme des fondus au noir pour une même scène. Puis il y a la fameuse poursuite sur l'autoroute où il reprend celle de The island avec juste quelques modifications. Vu que les droits appartiennent à Dreamworks, il n'y avait pas de problème ce qui rend la chose encore plus folle.

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Inutile de dire que Megatron passera pour la seconde fois à la casserole dans un dernier affrontement avec Optimus Prime plutôt pas mal. On sent que Steve Jablonsky est plus en forme et est un peu moins sous influence (même si un des thèmes ressemble beaucoup à celui de la franchise Terminator). Il était temps. Par contre North Star (U2, 2009) pour le love theme redondant (il remplace 21 guns en fin de compte) est particulièrement lourde. Le premier cycle se termine plutôt correctement et même si ce n'est pas génial, cela reste un minimum intéressant pour titiller l'intérêt. Même si cela s'oublie très rapidement...

  • L'âge de l'extinction (2014) : Le produit est roi dans l'ennui de la mécanique

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Transformers est la dernière franchise qu'il reste à Paramount avec Star Trek (1966-), il faut donc la préserver le plus possible. Quitte à passer par la case reboot pour perdurer ou à chercher le marché chinois particulièrement lucratif pour les studios hollywoodiens depuis quelques années. Il est bon de noter que ce nouvel opus se passe de Dreamworks à la production, même si Spielberg est toujours producteur sur la franchise. Si ce quatrième film (et plus tard le cinquième) suit Dark of the moon dans la chronologie (le film se situe cinq ans après les événements de Chicago), il remet en selle la franchise avec une histoire différente et de nouveaux personnages. Mark Wahlberg sera désormais le rôle principal et dans cet opus, on ne relève aucun personnage humains déjà vus dans la franchise. De même, Optimus Prime et Bumblebee sont les seuls Transformers de retour, en dehors de Galvatron robot dérivé de Megatron (hé oui encore...). Ce qui revient à se demander combien il reste d'Autobots sur Terre, puisque les derniers ne sont plus aux côtés des deux précités et qu'aucun n'est arrivé sur Terre depuis la chute de Chicago. La présence de Marky Mark n'a rien d'étonnante puisque l'acteur avait tourné dans le petit film de Michael Bay, l'excellent Pain and gain (2013). L'acteur a vu dans son arrivée dans la saga un moyen de s'offrir une franchise où il serait un rôle principal, chose qui lui manquait dans sa carrière selon lui.

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo

 

Après cette pause plus que nécessaire (il avait enchaîné les trois premiers Transformers quasiment sans pause), on aurait pu penser que Michael Bay serait revenu en forme, voire aurait titiller à nouveau l'intérêt comme sur le troisième film. Autant dire qu'on est loin d'être dans ce cas de figure. L'âge de l'extinction n'est pas un calvaire du niveau de Revenge of the Fallen, mais il est beaucoup trop long et pas assez intéressant pour durer 2h46. Passé une première heure plutôt correcte, le film devient terriblement mou, aligne les rebondissements qui peinent à convaincre et s'enfonce dans l'énième récit à Macguffin dans son dernier tiers. A chaque fois que l'on pense que le film va se terminer (le film multiplie tellement les climax que s'en est presque indécent), il y a toujours un truc en plus. Bay s'était révélé bien plus direct dans les premier et troisième films. Si durant les scènes d'action le spectateur en a pour son argent (notamment une poursuite plutôt bienvenue et efficace), les scènes d'explications durent souvent trois plombes pour des éléments qui n'en demandent pas tant. Le reboot est pourtant l'occasion pour Bay d'exploiter un bon filon, en compagnie de Kruger à nouveau. Les Transformers sont désormais hors la loi sur Terre, mais des membres du gouvernement en font ou s'allient avec un Transformers chasseur de prime nommé Lockdown.

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Dès lors, le film apparaît comme une chasse aux Transformers dans le monde entier, l'action se déroulant aussi bien aux USA qu'en Chine (pour des raisons plus qu'évidentes). Un point de vue intéressant permettant d'exploiter l'aspect post-Chicago avec intérêt avec le monde (pour ne pas dire les USA) courant à sa perte en pactisant avec l'ennemi. Le serpent qui se mord la queue. Par la même occasion, les Hommes peuvent désormais utiliser des armes des Transformers, rendant certains affrontements plus musclés. Comme souvent, ce qui se rapporte à la mythologie fonctionne à peu près, en dehors peut être du délire avec les dinosaures tenant plus du what the fuck. Le réalisateur sort même une réflexion pour le moins étonnante en début de film avec Marky Mark et TJ Miller se retrouvant dans un cinéma en ruine et un des anciens propriétaires a un discours sur ce qui se fait aujourd'hui au cinéma. L'ironie veut que ce discours anti-préquelle / séquelle/ truc en -elle sorte un peu de nulle part et en plus, dans un reboot qui est tout de même le quatrième opus d'une saga qui n'est pas prête de se terminer. Le film réussirait parfois à être vraiment pertinent s'il ne mettait pas en scène des personnages inintéressants. Bay en vient même à faire une sorte de remake improbable de son Armageddon (1998). Changez Bruce Willis par Marky Mark, Liv Tyler par Nicola Peltz (curieusement filmée de manière assez correcte) et Ben Affleck par Jack Reynor (particulièrement absent).

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Jack Reynor, Mark Wahlberg, Nicola Peltz

 

Armageddon 2 : le père, la fille et le gendre.

 

Ce qui amène aux mêmes thématiques autour de la famille (le père qui ne veut pas que sa fille traîne avec n'importe qui, cohabitation entre les deux mâles souvent difficiles, la fille en conflit avec son père). Les méchants humains deviennent relativement lourds au bout d'un moment, surtout que leurs revendications ne tiennent pas vraiment la route (l'un veut le pouvoir, l'autre venger sa soeur quitte à s'attaquer à des humains). D'autant plus que dans les deux camps, Bay aligne les ralentis inutiles allant d'un simple mouvement de lunettes de soleil à Marky Mark tapant du poing au sol. Si dans l'action Bay se révèle impeccable et aligne les morceaux de bravoure assez impressionnants (l'arrivée des Dinobots est un véritable plaisir et permet au climax d'avancer un peu), il montre plus d'une fois ses limites. Il aligne les placements de produits tellement grossiers que cela finit par en devenir indécent. Faites vous plaisir chers spectateurs avec Phillips, Samsung, Victoria's secret, Beats, Goodyear, Bud light... Sans compter le drapeau américain omniprésent jusque sur un foutu coussin! Cela ne s'arrête pas là puisque plusieurs erreurs techniques sont largement visibles à l'oeil nu. A l'image de ce mec présent dans un décor désert et se faisant exploser, alors que dans un plan large précédent de quelques secondes, il n'y avait personne à côté de Marky Mark. 

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Faites votre marché les amis, tout est à vendre !

Lors du passage sur les fils électriques, des créatures Transformers apparaîtront et disparaîtront plusieurs fois durant la scène, au point de se demander si un des monteurs a fait attention à la casserole à venir. Même si votre cher Borat n'en attendait absolument rien, il faut bien constater qu'après un troisième opus un peu meilleur, celui-ci s'enfonce dans la longueur au point d'en être profondément ennuyeux et interminable.

  • The Last Knight (2017) : La lumière au bout du tunnel ?

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La folie furieuse gagne parfois votre cher Borat, mais à ce niveau là cela tient presque du génie. Puisqu'il avait vu les quatre précédents, pourquoi ne pas utiliser les tickets prépayés pour aller se faire une idée sur le cinquième opus de la franchise ? Cette fois-ci, Michael Bay fait sans Kruger et la Paramount se met à rêver d'un multivers. Akiva Goldsman (qui, au vue de son passif, a vraiment le cul bordé de nouilles) et tout un groupe de scénaristes (dont Zak Penn) se retrouvent à la tête de cet univers, où devrait avoir lieu un spin-off 80's autour de Bumblebee (réalisé par Travis Knight, le patron de Laika et réalisateur de Kubo and the two strings) et un possible retour des GI Joe (visiblement encore sous forme de reboot). Bay n'est pour l'instant pas impliqué dans un possible sixième opus, mais vu son passif il est de bon ton de prendre des pincettes. En voyant The Last Knight, votre interlocuteur s'est posé une question saugrenue: et si la cinquième était la bonne ? Pas qu'il soit monumental, ni forcément génial, mais il y a un truc qui fait qu'on adhère un minimum au contenu, au point de le trouver pas mal. Comparé aux autres films, la quête est finalement plus compréhensible, il y a un côté aventure intéressant avant de faire dans le bourrin total dans le dernier acte avec une lisibilité certaine. Marky Mark se retrouve à chercher aux côtés de la dernière descendante des Witwiccans (on nous suggère plus ou moins que le héros de la première trilogie est mort) le bâton de Merlin (Stanley Tucci).

Transformers: The Last Knight : Photo Mark Wahlberg

Un élément Transformers transmis au sorcier et qui pourrait éviter la destruction de la Terre par les restes de Cybertron. La base du film n'est pas très nouvelle, puisque c'est plus ou moins le même principe que Dark of the moon mais en Europe (portails, Cybertron qui débarque sur Terre). Si L'Age de l'extinction (2014) reprenait l'aspect sentimental d'Armageddon, The Last Knight s'occupe de l'aspect catastrophe et curieusement là aussi cela fonctionne, idem pour l'aspect post apocalyptique bien plus crédible que dans le quatrième opus. Curieusement on s'ennuie peu alors que très souvent dans cette saga il y a au moins une heure en trop, un ventre mou ou un côté interminable. Ce qui n'était pas arrivé depuis le premier film. Malheureusement les efforts faits au cours du film peuvent engendrer de gros défauts. Le film alimente les vannes lourdes allant de Marky Mark en mode beauf (la remarque sur la robe est lamentable) à Anthony Hopkins qui cabotine à mort, en passant par ce majordome sanguin rapidement pénible. Sans compter les traits d'humour qui se cassent tous la figure, parce que le moment n'est pas à la rigolade ou que la beauferie est omniprésente. On ne sait pas par quel miracle Galvatron est redevenu Megatron. Il ne s'agit pas d'une erreur de traduction et le design n'est même pas celui de L'âge de l'extinction. L'énième retour du méchant suprême de la franchise tourne désormais à l'incohérence la plus totale. Curieusement, Bay a envie de raconter beaucoup de choses, au point qu'on a l'impression que certains détails sont vite dévoilés. 

Transformers: The Last Knight : Photo Josh Duhamel

 

Galvatron n'est (déjà) plus, vive Megatron !

Le passage avec les nazis est juste là pour faire joli et semble coupé beaucoup trop sèchement (une rumeur parle d'une version longue avec trente minutes en plus pour la vidéo). A part montrer Bumblebee chez les alliés, vous ne risquez pas de voir grand chose. La déesse est intéressante mais un peu vite expédiée pour un inévitable "Transformers 6", où elle devrait être à nouveau bien présente mais sous une forme humaine. En comparaison, d'autres passages prennent des proportions dingues, comme Marky Mark à la casse dans un lot de séquences bien trop longues et lourdingues. On sent une petite évolution du personnage de Marky Mark, passant d'un banal père de famille à un véritable héros. Ce qui n'est pas plus mal et lui donne plus d'ampleur. Mais quand Bay fait de Laura Haddock un love interest, cela ne fonctionne pas. Les ficelles sont trop grosses pour ne pas voir le truc arriver ("ma fille tu es toujours célibataire, il faudrait te trouver un homme", "papa il faudrait que tu passe après maman et que tu retrouve l'amour"). On se croirait dans le second opus (2009) avec les parents qui disaient à leur fils "prend une autre copine, l'autre est trop loin"... Le personnage de Laura Haddock est malheureusement traîté de manière gênante plus d'une fois alors que c'est le personnage féminin le plus important de la franchise (largement devant Mickaela). 

Transformers: The Last Knight : Photo Laura Haddock

Elle doit changer au moins six fois de tenues au cours du film (une pour chaque lieu visiblement), au point de donner lieu à un gimmick comique assez délirant. De même, le personnage est installé assez tardivement et pas forcément de manière subtile (encore une fois, le passage de la robe est d'une beauferie imbouffable). Heureusement l'actrice s'en sort bien mais quand même... L'adolescente (Isabela Moner) est omniprésente de la première partie, avant d'être balancée aux oubliettes. Dommage car son personnage est le premier de majeur que l'on voit dans le film et elle se révélait assez attachante, plus que la fille de Cade Yaeger. Michael Bay a pas mal expérimenté sur cet opus, au point de tourner dans plusieurs formats en grande partie pour exploiter l'IMAX 3D: 1.90, 2.00 et 2.35. Dans un grand nombre de cinémas, le film alterne ainsi les différents formats, ce qui peut décontenancer certains spectateurs peu habitués. Votre cher Borat n'a pas trouvé cela si dérangeant, surement car les BR des derniers films de Christopher Nolan (depuis The Dark Knight) alternent aussi les différents formats sans que cela ne le gène. On ne pourra pas repprocher au réalisateur d'avoir voulu jouer avec des caméras différentes, permettant à la franchise de sortir un peu du kaboom omniprésent. 

Transformers: The Last Knight : Photo

Plus généralement, Bay se révèle intéressant notamment dans une séquence: l'ouverture. Cette ouverture arthurienne est plaisante et donne l'ampleur épique au reste du film. Le tout alimenté par un Steve Jablonsky visiblement passionné par la quête arthurienne et signant de loin le meilleur score de la franchise. De quoi presque rêver d'un film chevaleresque réalisé par Michael Bay. L'embuscade dans la ville abandonnée est également un beau moment de bravoure et le climax est un véritable plaisir de divertissement. Même si le film a des longueurs (2h29 tout de même), il est bien moins interminable que le second et le quatrième opus, notamment parce que les péripéties amènent à quelque chose d'intéressant. On peut regretter la grande absence d'Optimus Prime durant les trois quarts du film, malgré un retour en fanfare un brin rapide donnant lieu à un affrontement dantesque avec Bumblebee. Si The Last Knight n'est pas non plus une énorme surprise, il a au moins le mérite d'aller dans une direction intéressante et ce n'était pas gagné. Allez à la prochaine!

07 juillet 2017

Cuvée Bong

Comme vous avez pu le voir ces derniers temps, votre cher Borat est revenu plus d'une fois sur le cinéma sud-coréen. D'abord par un article sur les dernières bombes de l'an dernier, puis dans la cuvée anniversaire où quelques films ont été cité. Aujourd'hui il s'agit de faire honneur à un réalisateur majeur à l'actualité forte. Bong Joon Ho est un auteur majeur de la Nouvelle Vague sud-coréenne au même titre que Kim Jee Woon ou Park Chan Wook. A l'occasion de la ressortie de Memories of murder (2003) et de la diffusion polémique d'Okja (2017) sur Netflix, il était temps de revenir sur sa carrière florissante dans la Cave de Borat. (attention spoilers) Le premier film de Bong Joon Ho n'avait pas été diffusé en France à sa sortie (2000) et visiblement a dû se contenter de quelques projections post-Memories of murder. Comme souvent, il faut attendre la sortie d'un film plus populaire pour que la salle de cinéma devienne une évidence pour nos distributeurs, notamment en ce qui concerne le cinéma asiatique (Na Hong Jin est presque une exception). A l'heure actuelle, Barking Dog n'a pas vraiment de réputation en France, faute d'un dvd trouvable facilement (au contraire de ses cadets) et il faudra bien le camarade web pour aider le cinéphile en quête de films difficiles à trouver.

Snowpiercer, Le Transperceneige : Photo Joon-Ho Bong

Bong Joon Ho sur le tournage de Snowpiercer.

Barking Dog se révèle être une plaisante chronique sociale prenant deux points de vue bien spécifiques. D'un côté, un professeur au chômage (Lee Sung Jae) qui visiblement déteste les chiens et vit avec une compagne enceinte particulièrement castratrice (Ho Jung Kim). De l'autre, une femme (Doona Bae alors au début de sa carrière) qui s'occupe de tamponner et de coller des affiches. Les deux sont liés puisqu'elle le verra balancer d'un immeuble le chihuahua d'une voisine et plus tard, ils chercheront ensemble le caniche adopté par sa femme! Tous les passages liés aux chiens sont entre l'absurde et le sordide le plus total, certains des animaux finissant mangés, chantés (le professeur chantera dans un karaoké une chanson sur un chien perdu) ou tués, quand d'autres manquent de subir le même sort. Le réalisateur a pris soin de poster en ouverture un écriteau évoquant qu'aucun chien n'a été blessé ou tué lors du tournage histoire d'éviter tout problème, le film étant assez explicite par moments (un chien manque d'être pendu le temps d'un plan). On peut déjà repérer le fond social qui reviendra tout au long de la filmographie du réalisateur. Le professeur se voit obligé de passer par des pots-de-vin afin d'avoir un poste dans une université, qui plus est en plein scandale. 

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De la même manière, sa femme est licenciée car elle est enceinte alors qu'elle s'est dévouée onze ans à son entreprise. Quand les patrons veulent garder l'image d'une entreprise jeune et prospère, l'optique d'une femme enceinte même là depuis longtemps n'est pas forcément ce qui est recherché. Un constat qui n'est évidemment pas spécifique à la Corée du sud, ce qui permet d'avoir un point de vue assez universel. Le caniche devient alors l'emblème d'un travail perdu mais aussi quelque chose de plus symbolique, puisqu'elle a acheté le chien avec l'argent de ses indemnités. Ce qui humanise un peu plus la femme montrée comme assez froide durant une bonne partie du film. On peut aussi citer l'exemple Joe (Roe Ha Kim), chauffagiste abandonné devenant une véritable légende urbaine. Il aurait pu être mort dans la cave, personne ne l'aurait vu. Le symbole même de la déshumanisation de la société. Bong Joon Ho se permet quelques fois des plans redondants afin de montrer la routine des héros comme les plans sur les affiches tamponnées. Le dernier plan des héros avant le générique de fin les montre de dos, comme pour faire écho aux premiers plans les caractérisant (filmé en travelling arrière pour lui, travelling avant pour elle). Plusieurs poursuites montrent les héros se déplacer en plans larges dans l'immeuble. 

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Si Barking Dog n'est peut être pas un chef d'oeuvre, c'est un film tout ce qu'il y a de plus intéressant et cultivant un humour noir de qualité sur fond de jazz (superbe musique de Sung Woo Jo). Bong Joon Ho se fait remarquer particulièrement en 2003. Memories of murder sera le premier film du réalisateur à sortir en France et se verra même décerner le Grand Prix au Festival du film policier de Cognac (avant Beaune pour les non-initiés). Le réalisateur se base sur une affaire survenue entre 1986 et 1991 où une dizaine de femmes (de 13 à 71 ans) ont été violé et tué en Corée du sud. Un drame qui n'est pas sans rappeler l'affaire du Zodiac, puisque le tueur n'a jamais été retrouvé dans les deux cas. Il n'est d'ailleurs pas anodin que les films de Bong Joon Ho et de David Fincher (Zodiac, 2007) se rejoignent sur plusieurs points. Le réalisateur a même failli se retrouver dans une position pas si éloignée de celle de Robert Graysmith, le dessinateur devenu expert sur le Zodiac et joué par Jake Gyllenhaal dans le film de Fincher. "J'ai failli me perdre dans ce film, je m'y suis plongé à corps perdu au point de me mettre en danger. (...) En écrivant le scénario, j'avais rencontré tellement de gens, fait tellement de recherches que j'ai fini par être sûr que j'allais finir l'enquête et capturer le vrai tueur, des années après les faits. (...) J'ai eu des appels anonymes à la maison, et dès qu'un inconnu pénétrait sur le plateau j'étais pétrifié." (*).

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Comme Fincher, Bong Joon Ho dévoile une enquête sans fond, où les pistes s'accumulent, où la principale piste n'est finalement pas la bonne et où les enquêteurs finissent par se perdre dans leurs obsessions. Pour cela, il a la bonne idée de confronter deux enquêteurs différents. D'un côté, l'enquêteur bourru de la campagne (Song Kang Ho) qui accumule les bourdes (dont une reconstitution ratée) et voit que ses méthodes ne servent à rien. La manière forte ne fonctionne pas et montre l'incapacité de la torture dans la recherche d'aveux, y compris dans la police (pour rappel, le pays était encore sous la dictature entraînant des atteintes aux droits de l'Homme fréquentes). Idem pour un de ses camarades (Roe Ha Kim) qui finira par s'attaquer à un des suspects avec une issue désastreuse. De l'autre, nous avons le policier des villes (Kim Sang Kyeong) qui se révèle plus pointilleux et précis. Mais là aussi face à une affaire sans fin, où l'on demande à tout prix des résultats et que rien n'arrive, la folie prend le large. Le film se termine plus ou moins sur le coup de folie de Seo Tae-yoon, comme pour confirmer que même le plus calme des
policiers peut commettre des erreurs. Bong Joo Ho termine son film sur une note d'amertume, tout comme le film de Fincher se terminait sur des écriteaux tuant dans l'oeuf les promesses de la dernière scène. 

Memories of Murder : Photo

Le policier Park Doo-man revient sur la première scène de crime des années après alors qu'il n'est plus dans la police. Lui comme le spectateur se retrouvent impuissants. Au lot, on peut également cité le réalisateur qui n'aura finalement pas trouvé le coupable à travers sa fiction. Reste des théories (est-ce qu'il y avait vraiment qu'un seul tueur ?) permettant peut être de venir à bout d'une affaire qui reste encore dans les mémoires. C'est dans un tout autre registre que Bong Joon Ho se lance avec The Host (2006). Ce film laisse même entrevoir ses futures réalisations internationales (Snowpiercer et Okja), puisque le film met notamment en scène des américains (principalement des scientifiques) ironiquement responsables du drame du film. Il sera un temps question d'une suite (sans le réalisateur), mais depuis 2014 il ne semble plus y avoir de nouvelles, comme pour confirmer que le projet est mort. Il y avait aussi la rumeur d'un remake US mais finalement cela n'a pas tenu très longtemps. The Host est un film qui joue sur le fantastique et rappelle que le genre s'est toujours basé sur le réel pour installer une intrigue surnaturelle. Ici, il s'agit d'une créature kidnappant et tuant ses proies dans Seoul. Comme évoqué en mai dernier, The Host a beaucoup de rapport avec Godzilla (Ishiro Honda, 1954) avec son monstre issu de la pollution d'un fleuve par des produits chimiques.

TH

Un monstre au look hideux dont le corps a été tellement modifié qu'il ne ressemble à rien de connu. Dans la scène où le monstre sort enfin de son trou, la violence est omniprésente et tétanisante. Le monstre mange tout sur son passage, y compris ceux qui l'attaquent au point que les rares survivants sont des miraculés. La scène est peut être plus impressionnante que l'arrivée du T-rex dans Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993), puisque Bong Joon Ho joue plus sur l'hémoglobine et signe des visions d'horreur fortes. A l'image de ces mains ensanglantées ressortant d'une porte cadenassée, alors que le monstre est en train de manger les personnes présentes à l'avant de la caravane. Bien que Bong Joon Ho en fait un monstre sanguinaire, il n'en reste pas moins la victime de l'Homme. Au départ, le monstre n'était probablement qu'un poisson, désormais il est une chose qui se nourrit de tout ce qui apparaît devant lui et ne fera aucun cadeau. La vengeance légitime d'une créature envers ses géniteurs ou plus métaphoriquement, la créature de Frankenstein face au savant fou (cela tombe bien, la pollution vient de scientifiques de l'armée américaine). De la même manière, Ishiro Honda montrait un lézard géant décimant l'Homme et ses ressources après avoir subi les radiations nucléaires.

The Host : Photo Bong Joon Ho

Au rayon des hommes face à la monstruosité qu'ils ont engendré, le réalisateur suit une famille qui va exploser suite à l'enlèvement de la plus petite (Ko Ah Seong) par le monstre. En cherchant à retrouver la petite, tous les membres de la famille vont s'effondrer tel un château de cartes, perdant la vie, l'espoir et s'enfonçant dans une quête qui finalement ne mène à quasiment rien de bon. Ce qui rejoint finalement Memories of murder. Le seul espoir apparaît en fin de film quand le père (Song Kang-Ho) recueille le garçon protégé par sa fille et un des rares à être sorti de la cachette du monstre (Dong-ho Lee). Même ceux qui étaient loin d'être des parias (Doona Bae incarne la tante championne de tir à l'arc et Park Hae Il un jeune diplômé comparé à son frère) finiront par tomber en disgrâce face à une réalité trop grosse et sinistre pour eux. The Host s'impose à la fois comme un kaiju eiga brutal et une terrible tragédie familiale. Avec Mother (2009), Bong Joon Ho revient à quelque chose de plus calme et sans avoir besoin d'effets-spéciaux. Il mise sur un premier rôle féminin, ce qui n'était pas arrivé depuis Barking Dog (même si Doona Bae partageait la vedette), qui plus est un personnage d'âge mûr. N'ayons pas peur de le dire, Mother repose en grande partie sur l'interprétation de Kim Hye Ja. 

m

L'actrice se révèle remarquable dans ce rôle de femme forte se retrouvant dans une situation absolument intenable. Comme quoi le cinéma est encore capable de donner des rôles de femmes mûres particulièrement passionnants, alors que la tendance veut que les actrices soient les plus jeunes possibles pour rester en activité avant la traversée du désert. Le film se dévoile à travers son personnage et aucun autre; et débute et se termine sur sa danse, forme d'apaisement dans un quotidien morne qui va devenir un exutoire en fin de film. Comme le suggère le titre du film, Mother est le portrait d'une mère. Une mère qui essaye de se racheter une conduite après avoir essayé de tuer son fils handicapé lorsqu'il était plus jeune (Won Bin), au point que son état a empiré. Les années passent mais la blessure reste, que ce soit elle qui s'en veut et le surprotège en conséquence ou lui se souvenant progressivement du drame. Bong Joon Ho aurait pu se baser uniquement sur la drôle de relation qui unit cette mère à son fils, mais il préfère y intégrer une partie policière qui va considérablement changer la donne. Le fils se retrouve accusé du meurtre d'une jeune fille et la mère va à tout prix chercher ce qu'elle pense être le vrai coupable. A la différence de Memories of murder, Mother donne une conclusion à son enquête, mais la vérité n'est jamais agréable quand elle touche ceux qu'on aime. 

m

Ce qui donne un sens plus glauque au film, alignant les rebondissements jusqu'à une vérité qui dérange particulièrement terrible. Le réalisateur ne fait pas de cadeau à ses personnages (y compris la victime qui est en soi "responsable" de sa propre mort) et c'est ce qui rend le film absolument marquant. Le combat de l'héroïne n'en devient que plus triste et violent au fur et à mesure que l'on avance dans le film, jusqu'à un final sentant le malaise à plein nez. La tristesse qui se dégage de Kim Hye Ja n'en devient que plus affolante jusqu'aux dernières minutes. Mother est un film poignant, au dénouement terrible et qui ne laisse aucun échappatoire au spectateur ou à ses personnages. Personne n'aurait pu penser qu'un film sur une mère provoquerait un tel choc. Bong Joon Ho l'a fait. Après Mother, Bong Joon Ho se lance dans un projet qu'il envisage depuis longtemps: une adaptation du Transperceneige, saga de bandes-dessinées signée par feu Jacques Lob, Benjamin Legrand et Jean Marc Rochette (1984-2015). Bong Joon Ho n'était pas le premier à s'intéresser à la bande-dessinée, puisque Robert Hossein et d'autres réalisateurs évoqués par les scénaristes avaient approché les ayant-droits depuis la sortie du premier tome (**). A l'époque il n'y avait que trois tomes publiés (Terminus est sorti deux ans après le film) et le réalisateur se base sur les deux histoires (le tome 1, puis le dyptique 2-3) afin de signer la sienne.

S

La révolte du Petit allant jusqu'au Grand dans un train symbolisant le reste de l'Humanité vient directement du premier opus, quand ce qui tient de la politique ou du récit sans espoir tient davantage de la seconde histoire. En dehors peut être de la discussion entre Curtis (Chris Evans) et Wilford (Ed Harris), le film de Bong Joon Ho ne se base sur aucune scène et aucun personnage spécifique, permettant au film de ne pas avoir un air de déjà vu. Pour ce qui est de la concrétisation du projet, le réalisateur s'y intéresse au cours des 2000's après avoir lu la bande-dessinée et réussit à convaincre Park Chan Wook (qui aurait également participer aux réécritures en compagnie du scénariste Kelly Masterson) et Lee Tae de produire le film. Comme il l'avait fait avec The Host, Bong Joon Ho fait jouer des acteurs étrangers à la différence que cette fois-ci le tournage a eu lieu quasi-entièrement en anglais. Pour cela, le réalisateur s'est entouré d'acteurs de prestige comme Tilda Swinton, Jamie Bell, Octavia Spencer ou John Hurt et il ajoute le père et la fille de The Host, Song Kang Ho et Ko Ah Seong. Le film coûte 42 millions de dollars, ce qui en fait la plus grosse production de la Corée du sud et un de ses plus gros succès également. 

Snowpiercer, Le Transperceneige : Photo Chris Evans

Le Pacte ayant acheté les droits pour Wild Side, Snowpiercer (2013) n'a pas eu de problèmes de distribution en France malgré une certaine concurrence l'empêchant de faire de meilleurs chiffres (il est sorti pour Halloween face à Thor : The Dark World). Ce ne fut pas le cas aux USA, puisque comme très souvent Harvey Weinstein a voulu couper dans sa "propriété". Manque de bol pour lui, il semblerait qu'une clause du contrat de distribution stipulait que le réalisateur aurait le final cut dans tous les cas. Snowpiercer pourrit dans un carton aux USA, la polémique enfle (Weinstein voulait rajouter une voix-off et couper vingt minutes sur un film de 2h06) et le film sort de manière limitée en plein été 2014. On peut comprendre pourquoi Bong Joon Ho a préféré l'offre de Netflix à d'autres voulant le flouer dans sa créativité sur Okja... Revenons désormais à Snowpiercer. Avec ce film, Bong Joon Ho se permet plus de folies visuelles entre les décors naturels pour la plupart numériques ou certaines scènes spécifiques donnant lieu à un rendu spectaculaire. On pense à la bataille dans un wagon entre les opprimés et des gardes avec lunettes infra-rouges, entraînant une scène saignante alignant les plans subjectifs dans l'obscurité.

S 2

Un vrai jeu de massacre entre ceux qui se battent avec le marteau et les autres avec des outils plus perfectionnés. De même pour cette séquence tout aussi saignante et terrible se déroulant dans un wagon école coloré et où l'institutrice (Alison Pill) se révèle bien moins sympathique qu'elle n'y paraît. Un festival de couleurs dans un lieu qui va vite être repeint au rouge sang. A cela, le réalisateur rajoute une sous-intrigue autour de la nourriture qui n'est pas sans rappeler le cas Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973). Le réalisateur fait comme les scénaristes de la bande-dessinée en jouant sur une constante ambiguïté autour des personnages. Au final, les soi-disants héros sont aussi destructeurs que les moralistes et le spectateur pourra voir la noirceur dans chaque camp. Il n'y a qu'à prendre le cas de Curtis, homme tombé dans le cannibalisme pour subvenir à ses besoins et qui a failli manger celui qui est devenu son protégé (Bell) lorsqu'il était bébé. Même son chef (Hurt) se révèle en fait être de mèche avec le grand manitou, c'est dire à quel point la plupart des personnages ne sont pas propre sur eux. Un élément que nous retrouvons également dans Okja. Comparé à ce que laisse supposer le synopsis, il n'y a finalement pas tant de manichéisme dans le film, y compris pour Mija (Ahn Seo Hyeon). En effet, la jeune fille n'est pas non plus épargnée en s'enfermant dans une quête personnelle un brin égoïste. 

okja

Malgré le sauvetage d'Okja et d'un petit super-cochon, Mija regardera tout de même les super-cochons aller à l'abattoir sans sourciller. La scène est assez forte, montrant Mija le dos tourné à l'horreur sous les hurlements des bêtes. Outre la petite fille, il y a aussi deux camps qui s'affrontent : les industriels et les protecteurs des animaux. Pour les fabricants des super-cochons (dont Tilda Swinton en double-patronne aussi froide qu'extravagante), il s'agit de trouver diverses excuses devant les médias et plus globalement le public. Dire que les animaux sont nés naturellement alors que l'on parlera davantage de clonage sous OGM. Amadouer le public avec un présentateur populaire (Jake Gyllenhaal au sommet du glauque) dans un show pétaradant. Faire de la petite une icône médiatique involontaire. Envoyer une force de sécurité spéciale pour neutraliser avec violence les détracteurs (le réalisateur se serait inspiré d'une firme en particulier sans la nommer directement au magazine Cinemateaser). C'est avec un certain cynisme que Bong Joon Ho s'attaque aux firmes agro-alimentaires, allant même jusqu'à reprendre avec humour la fameuse photo montrant Barack Obama et Hilary Clinton en train d'assister à la mort d'Ousamma Ben Laden. 

okja2

Mais là où il atteint des sommets de glauque, c'est bien évidemment dans une scène d'accouplement entre Okja (qui est une femelle rappelons-le) et un autre super-cochon. On ne voit pas l'acte en lui-même (et heureusement), mais les hurlements sont bel et bien là alimentés par le baratin de Gyllenhaal en fond. La scène fait froid dans le dos et met horriblement mal à l'aise, au point que l'on ne peut avoir que de la compassion pour la pauvre Okja abandonnée à la fois par Mija, mais aussi par les protecteurs des animaux qui l'ont laissé tomber pour "faire de l'espionnage industriel". Aussi valeureux sont ces protecteurs, leurs méthodes ne sont parfois pas très catholiques, à l'image du traducteur (Steven Yeun) qui prend une décision de lui-même sur un accord qui n'existe pas. Ce qui entraîne un déferlement de violence chez le patron Jay (Paul Dano) pour le moins cocasse quand on voit le calme avec lequel il opère durant tout le film. Mais tout n'est pas que sonore et dégueulasse dans Okja, il y a aussi beaucoup d'émerveillement. Okja est magnifiquement animée par les studios Method studios (Doctor Strange) et 4th Creative Party (Stoker), donnant lieu à un photoréalisme bluffant. On croit aux interractions entre la super-cochonne et les humains pour un rendu au combien spectaculaire et poétique (le début fait clairement penser à Mon voisin Totoro).

okja3

L'émerveillement se tient également dans la photo superbement colorée de Darius Khondji. Netflix n'avait donné qu'une directive au réalisateur et à son directeur de la photographie: tourner en 4K. Le résultat est époustouflant (la fin de la poursuite avec le ralenti sur les parapluies qui s'ouvrent est d'une beauté incroyable) et peut largement faire taire ceux qui parlent d'un banal "téléfilm" (indice: un d'entre eux est un exploitant parisien). Si Okja n'est pas le meilleur cru de son réalisateur, il n'en reste pas moins une critique acerbe et efficace de la société agroalimentaire et de ce qui l'entoure. A l'heure qu'il est, Bong Joon Ho s'est déjà lancé dans un nouveau projet nommé Parasite. Rien à voir avec le manga d'Hitoshi Hiwaaki (1988-94), puisque le film mettra en scène une famille face à une menace. Song Kang Ho sera de la partie et le film devrait sortir l'an prochain. A la prochaine!


 

* Propos issus de Sofilm numéro 51 (juin 2017).

** Anecdote du Mad Movies numéro 267 (novembre 2013).

04 juillet 2017

Sommaire de T à chiffres

T

Le tableau
Tais-Toi !
Taken,  Take Shelter
Tamara
Le Tambour

 (la Cave de Borat)
Tango et Cash
Taram et le chaudron magique
Tarantula !
Tarzan
Tarzan Korkusuz Adam
Tatie Danielle
Le Tatoué
Taxi, Taxi 2, Taxi 3, Taxi 4, New York Taxi

Taxidermie
Taxi Driver
TC 2000

Tchao Pantin
Team America
Ted
Tell Tale
Témoin Muet
T'Empêches Tout le Monde de Dormir !
Les temps modernes
Tendre Dracula

 (la cave de Borat)
Le Terminal
Terminator, Terminator 2:Le jugement dernier, , Terminator 3:Le soulèvement des machines, Terminator Renaissance 
Terminator 2 Spectres A Venise

 (la Cave de Borat)
Terror Trap

Le Testament d'Orphée
Tetsuo The Iron Man Tetsuo The Bullet Man
Thank you for smoking
The Thaw

There Will Be Blood
The ThingThe Thing (2011)
Thirteen
This is it


Thor, Thor The Dark World
Thriller-A Cruel Picture
 (director's cut, la Cave de Borat)
Tigerland
Le Tigre Sort Ses Griffes

Tin Toy
Titan AE
Titanic
Titanic 2
Titeuf le film
Toi et Moi... Et Duprée
Tokyo Godfathers
Tokyo Girl Cop
La Tombe
Le tombeau des lucioles
Le Tombeur de ces Demoiselles
Tombstone
Tom et Jerry Les Meilleures Courses Poursuites
 

Tonnerre de Feu
Tonnerre sous les tropiques
Les Tontons Flingueurs
Toolbox Murders
Tootsie
Top Gun
Les tortues ninjaLes tortues ninja 2Les tortues ninja 3TMNT,  , 
Torture
The Tortured
The Torturer
Total Recall,  Total Recall(2012)
Touchez pas au Grisbi
La tour infernale
Tout ce qui brille

Tout le monde il est beau Tout le monde est gentil
The town
The Toxic Avenger
Toy Story, Toy Story 2, Toy Story 3,  (la Cave de Borat),  (la Cave de Borat)
Traffic
Train


Training day
Trainspotting 
Traitement de Choc
Trance


Transformers, Transformers 2 la revanche, Transformers 3 la face cachée de la Lune,   
Le transperceneige (film)
Le transporteur, Le transporteur 2, Le transporteur 3
La Traque des Nazis
La Traversée de Paris

La traversée du temps
The Tree of Life
Tremors 2
Le trésor de la lampe perdue
Triangle
Le Triangle du Diable

Troie
Troll 2

The Troll Hunter
 , Tron Legacy

 (la Cave de Borat)
True Grit
True Lies
The Truman Show
Tucker
Les Tueurs de L'Espace
Tueurs nes
The Tunnel
Tu Peux Garder Un Secret

Turbo
Turistas
Turkish Bruce Lee
Turkish Jaws
Turkish Rambo
Turkish Rocky
Turkish Star Trek
Turkish Star Wars, Turkish Star Wars 2
Turkish Superman
Twilight chapitre 1 fascination
, Twilight chapitre 2 tentation, Twilight chapitre 3 Hésitation  (les deux parties)
Twin Peaks Fire walk with me

U

Ultra Vixens
Un Air de Famille
Un amour de coccinelleLe nouvel amour de coccinelle, La coccinelle à Monte Carlo, La Coccinelle Revient
Un Chien Andalou
 (la cave de Borat)
Undead Or Alive
Un Drôle de Paroissien
Un fauteuil pour deux
Un FlicUn Flic A La Maternelle
Un Homme et son ChienUn Indien Dans La Ville

Un jour sans fin
Un Justicier Dans La Ville 2Le Justicier de New York,  Le Justicier Braque les Dealers
Un long dimanche de fiançailles
Un monde parfait
Un monstre à Paris
Un Nommé Cable Hogue

Un Papillon Sur L'Epaule 
Un poisson nommé Wanda

Un Prince A New York
Un prophète
Un Seul Deviendra Invincible 2Un Seul Deviendra Invincible 3
Un Taxi Pour Tobrouk
Un Tramway Nommé Désir
The Underdog Knight
Une Balle dans la Tête
Une Epoque Formidable
Une Femme Disparaît
Une histoire vraie

 (l'Antichambre de Borat)
Une Vie Moins Ordinaire
Universal Soldier


L'Univers et ses MystèresA la recherche d'amas cosmiques, L'Etoile de la Mort, Guerres SpatialesPulsars et QuasarsDix moyens de détruire la Terre, Tombés de L'Espace, Une Autre Terre, Stopper L'Armageddon, Sexe Dans L'Espace, Au Bord de l'espace, Phénomènes Cosmiques, Visages Extraterrestres, La Vitesse de la Lumière, La Fin de la Terre, Saturne et ses Anneaux, A la recherche de la vie extra-terrestre, Le Soleil L'Etoile Mystérieuse, Eclipse Totale, Sept Merveilles du Système SolaireEnergie ExtrêmeTempête MagnétiqueUnivers LiquideVivre dans l'espaceLe Jour Où La Lune MourutMars Nouveaux Indices, Science Fiction Fait Scientifique, Matière Noire et Energie Sombre, Le secret des sondes spatiales, Voyage dans le Temps      

Unstoppable
Unthinkable
The Untold Story
Urban Legend
Urotsukidoji La Légende du Démon,  ,  

V

V pour vendetta
Vacances à Hawaï
La Vache et le Prisonnier
Vahsi Kan
Valentine's day
Valhalla Rising Le Guerrier Silencieux
La Vallée
La Vallée de Gwagi
Valse avec Bachir
La Valse des Pantins

Les valseuses
Vampires
Vampires (2010)
Vampire vous avez dit vampire?, Vampire vous avez dit vampire 2, Fright night
Van Helsing
Le Veilleur de Nuit
Vendredi 13, Vendredi 13 chapitre 8 L'Ultime Retour, Jason Va En Enfer,  Jason X
La Vengeance de l'Aigle


La verite si je mens, La verite si je mens 2, La vérité si je mens 3
Versus L'Ultime Guerrier
Very Bad TripVery Bad Trip 2
The Victim
Vidocq


La vie de Brian
La Vie des Autres
La Vie Est Belle (1948)La Vie Est Belle
La vie est un long fleuve tranquille
Vie et Légende d'Anne Frank
Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine
La Vierge de Nuremberg
La Vie Secrète de Jeffrey Dahmer
Le Vieux Fusil

Vijayendra Varma-Power of an Indian
Le Village des Ombres
Vincent
The Vindicator
Violette Nozière
Vipère Au PoingVipère Au Poing (2004)
Virgin Suicides
Les Virtuoses
Virus Cannibale
Les Visiteurs; Visitor Q


Vol 93
Vol au dessus d'un nid de coucou
Volcano
Le Voleur d'Arc En Ciel
Volt
Volteface
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine

 (l'Antichambre de Borat)
Voyage Au Bout de L'Enfer

Voyage au centre de la Terre
Le voyage de Chihiro
Le Voyage Fantastique


Les Voyages de Gulliver (1939)
Le Voyeur

W

Waking Sleeping Beauty

 (la Cave de Borat)
The Wall (album et film)
Wallace et Gromit Une grande excursion, Wallace et Gromit Un Mauvais Pantalon, Wallace et Gromit Rasé de près, Wallace et Gromit Le mystère du lapin-garou
Wall-e
Wall Street, Wall Street 2: L'argent ne dort jamais
Wanted choisis ton destin
The Ward

 
WarGames
Warrior
Wasabi
Watchmen
Waterworld
Wayne's World, Wayne's World 2

 (la Cave de Borat)
Welcome to the Jungle
Wendigo
When we were kings
Where The Dead Go To Die 
The White Zombie

 (la Cave de Borat)Wilderness
Wild Wild West
Willow
 
W. L'Improbable Président
Wolf Creek
Wolfman (2009)
World Trade Center
World War Z
The Wrestler
Wyvern

X

X Men, X Men 2, X Men 3 l'affrontement final, X Men Origins Wolverine, X Men First Class The Wolverine,  ,
XXXXXX 2 The Next Level

Y

Yamakasi
Y A-T-Il Un Exorciste Pour Sauver Le Monde 
Y a t-il un pilote dans l'avion
Les Yeux de Julia
Les Yeux du Désir
You're next

Z

Z
Zero Dark Thirty
Zidane Un Portrait Du XXIème Siècle
La Zizanie
Zodiac
Zombi 3
Zombie Diaries 2


Zombie Holocaust
Zombie Honeymoon
Zombie Lover
Zombies Anonymous
Zombies Of Mass Destruction
Zookeeper
Zontar La Chose de Vénus

Chiffres

Deux heures moins le quart avant JC
Les Deux Visages de Christie
Two Lovers
3 Enfants Dans Le Désordre
3H10 Pour Yuma
Trois Jours A Vivre 2
3 Mighty Men
3 Zéros

Quatre Garçons dans le Vent
Quatre mariages et un enterrement
La quatrième dimension le film
Five Across The Eyes
Le cinquième élément


La 7ème Cible
Les 7 Grands Maîtres de Shaolin
Les 7 Momies
Les sept samouraisLes sept mercenaires 
7venty 5ive
8 mm
Le Huitième Jour

Neuf mois ferme
Les 10 Commandements
Les 12 Salopards
Twelve years a slave
Le 13eme guerrier


21 Jump Street 
La 25ème heure
28 jours plus tard, 28 semaines plus tard
30 Jours de Nuit 2
La 36ème Chambre de Shaolin
36 Quai des Orfèvres
40 ans toujours puceau
99 F
100 Feet
100 Tears
Les 101 dalmatiens127 heures
187 Code Meurtre
300,  Les Quatre Cents Coups

1001 pattes
1941
1984 (Anderson), 1984 (Radford)
2001 L'Odyssée de L'Espace

2001 Maniacs 2001 Maniacs Field Of Screams
2012
2012 Supernova
2019 Après la Chute de New-York
10000

 (la Cave de Borat)

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Sommaire de P à S

P

Le Pacha
Pacific rim
Le pacte des loups
Le Pacte du Sang
Pain and gain
Pale Rider

Panic Room
Panic Sur Florida Beach
La Panthère Rose, Quand l'inspecteur s'emmêle, Le retour de la Panthère Rose, Quand la Panthère Rose s'emmêle, La malédiction de la Panthère Rose, A la recherche de la Panthère Rose
Paperman
Papillon
Paprika
Papy Fait de la Résistance
Paranoiak
Paranormal ActivityParanormal Activity 3

ParaNorman

 (la Cave de Borat)
Pardonnez-Moi
Le Parfum Histoire D'Un Meurtrier
Le Pari
Paris
Paris by Night of the Living Dead

Paris Je T'Aime
Le ParrainLe Parrain-2ème partie, Le Parrain 3
Partly Cloudy
The Party
Partysaurus Rex
Pas de printemps pour Marnie
La Passion de Jeanne d'Arc
La Passion du Christ

 (l'Antichambre de Borat)
Patrick


Paul
Payback
Paycheck
 (la Cave de Borat)
Pearl Harbor
Pearl Jam Twenty
Peggy Sue s'est mariée
Pendez-Les Haut Et Court
People
Les Pépées font la loi
Percy Jackson le voleur de foudre

Perdus dans l'Espace
Le Père Noël Contre Les Martiens
Perfect blue
Le Péril Jeune
Persepolis

Persona
Peter et Elliott le dragon (la Cave de Borat)
Peter Pan
La Petite Boutique des Horreurs
La petite sirene
Petit Massacre Entre Amis
Les petits mouchoirs
Le Petit Vampire
Le petit dinosaure et la vallée des merveilles
Le Peuple de l'Enfer
Peur Bleue

Peur sur la Ville

 (la Cave de Borat)
Phantom Of The Paradise
Phantoms
Le Phare du Bout du Monde
Phenomena
Philadelphia
Philosophy of a Knife
Phone game
Pi
Piège à Hong Kong
Piege de cristal, 58 minutes pour vivre, Une journee en enfer, Die Hard 4 retour en enferDie Hard 5 

Piège Mortel à Hawaï, Return to the Savage Beach
Pinocchio
Le Pion

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat), Piranha 2 Les Tueurs Volants, Piranha 3D
Les Pirates bons à rien mauvais en tout
Pirates des CaraÏbes: La malédiction du Black Pearl, Le secret du coffre maudit, Jusqu'au bout du monde, La fontaine de Jouvence
La Piscine
Pitch Black, Les chroniques de Riddick Riddick Dead Man Stalking
The Place beyond the pines
La plage

 (la Cave de Borat)
Plan 9 From Outer Space
La planete au tresor
La planète des singes (1968), Le secret de la Planète des singes, Les évadés de la Planète des singes, La Conquête de la Planète des Singes, La planète des singes(2001), La Planète des Singes Les Origines
La Planète Fantôme
Planète Interdite
Platoon

 (la Cave de Borat)


Le plus beau métier du monde
Pocahontas
Point Break
Pokémon le film
Le Pôle express
Police Academy

Police Fédérale Los Angeles
Polisse
Poltergeist
Pompoko
Le Pont (2008)
Le Pont de la Rivière Kwaï
Pontypool
Ponyo sur la falaise
Porcherie
Porco Rosso
Braddock Portés Disparus 3

Poséidon
Possession
Postal
Postman
The Poughkeepsie Tapes
Pouic-Pouic
Pour 100 Briques T'As Plus Rien !
Pour Qui Sonne Le Glas
Pour une poignee de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon la brute et le truand


Predator, Predator 2, Predators
Predictions
Prends Ta Rolls... Et Va Pointer !
Presque celebre
Le prestige

Presto
Présumé Coupable
Prête-Moi Ta Main
Pretty Woman
Primal
Primale
Le prince d'Egypte
Prince des Ténèbres

Prince of Persia les sables du temps
La princesse et la grenouille
Princesse Mononoké
Priscilla folle du désert
Prison (1988)
Prisoners
Prisonniers du temps

Le professeur FoldingueLa famille Foldingue
Le professionnel
P.R.O.F.S
Le Projet Blair Witch
Projet X
Les promesses de l'ombre

Promotion canapé
Le Proviseur
Psychose
Public Enemies
Le Pull-Over Rouge
Pulp Fiction

 (l'Antichambre de Borat)
The Punisher (1989), The PunisherPunisher War Zone
Purana Mandir
Purple Rain
Push
Pusher, Pusher 2Pusher 3
Python

Q

Le Quai des Brumes
Quand l'Embryon Part Braconner
Quand les aigles attaquent
Quand les Dinosaures Dominaient le Monde
Quand les nazis filmaient les ghettos
Queen Kong
Que la Bête Meure
 (la cave de Borat)
Qui veut la peau de Roger Rabbit?
Quizz Show

R

The Rage
 (la Cave de Borat)
La Rage du Tigre
Raging Bull
The Raid,  Rain Man
Les Raisins de la Colère

Les Râleurs Font Leur Beurre
Rambo, Rambo II La mission, Rambo III, John Rambo
Rampage
Rango
Rashomon
Raspoutine Le Moine Fou
Ratatouille
Ratman

 (la cave de Borat)
Razorback
Real Steel
Re-Animator
Rebecca
Rec, Rec 2
Red Red 2
Redline
Red's dream
 (la Cave de Borat)
Red Water
The Reef
Regain
La Règle du Jeu
La reine des neiges
La releve


Rencontres du Troisième Type
Renaissance
Le Repaire du Ver Blanc
Reportages de Guerre Diviser Pour Régner
Reptilicus
Les Reptiliens
Requiem for a dream
Requiem pour un massacre

Les Rescapés de Sobibor
Rescue Dawn
Resident Evil, Resident Evil Apocalypse, Resident Evil ExtinctionResident Evil Afterlife
Resurrection County
Retour à la fac
Le Retour des Morts-Vivants
Retour vers le futur, Retour vers le futur 2, Retour vers le futur 3
Retroactive

La Revanche de la Créature
La Revanche de Pinocchio
La Revanche des Mortes Vivantes
La Révolte des Triffides
Les Révoltés de l'An 2000

Ricky Bobby roi des circuits
Le rideau dechire

 (la Cave de Borat)
Les Ripoux
Risky Business
Le Rite
Les rivieres pourpres, Les rivières pourpres 2
road trip
Robin des Bois
Robin des Bois prince des voleurs
Robin Hood
Robocop, Robocop 2, Robocop 3


Le Robot des Glaces, L'histoire de Trunks
Robot Jox
Robot Monster
Robots 2000 Odyssée Sous-Marine
Robo Vampire
Robowar
Rock (1996)
Rock academy
Rock Aliens

 (la Cave de Borat)
Rock of ages
Rocky,  Rocky 2, Rocky 3 l'oeil du tigreRocky 4, Rocky 5Rocky BalboaLe Roi des Cons
Le Roi Lion
Les rois du désert

Les Rois Mages
Rollerball (1975), Rollerball(2002)
Roméo et Juliette
Les Rongeurs de l'Apocalypse
Rosemary's Baby
R.O.T.O.R.
La Route
La route d'Eldorado


Rox et Rouky
Le royaume de Ga'Hoole-la legende des gardiens
Rubber
Rue Barbare
La Ruée Vers L'Or

 (la Cave de Borat)Les Runaways
Running Man

 (la Cave de Borat)
Rush

S

Sacré Graal
Sacré Robin des Bois
Le Sadique à la Tronçonneuse
Sailor et Lula
Le Saint (1997)


Le Saint de Manhattan
Le salaire de la peur
Salo ou les 120 Journées de Sodome
Saludos Amigos, Les trois caballeros
Salvage
Samuraï Cop
Samourais

 (la Cave de Borat)
San Antonio
Sanctum

 (la Cave de Borat)


Santa Sangre
Sarkozy vampire des médias
Sars Wars Bangkok Zombie Crisis
Saute mouton
Sauvez Willy

Savages
Savulun Battal Gazi Geliyor
Saw
Saw 2Saw 3Saw 4Saw 5Saw 6 
Scanners, Scanners 2
Scarface
Scary Movie, Scary Movie 2, Scary Movie 3, Scary Movie 4 Scary Movie 5

Le Schpountz
Les Schtroumpfs
La Science des Rêves

Scooby doo, Scooby doo 2
Scott Pilgrim vs the world
Scourge
Scrapbook
Scream, Scream 2, Scream 3, Scream 4

 (la Cave de Borat)
The secret
Le Secret de Kelly-Anne

 (la Cave de Borat)
Le secret de la pyramide
Le Secret du Lac Salé
The Secret life of Walter Mitty

La Secte Sans Nom
Sectes Enfants Sous Emprise
Le Seigneur des anneaux, Le Seigneur des anneaux (1978), The Hobbit: Un voyage inattenduLa désolation de Smaug 
Le sens de la vie
Le Sens du Devoir
Les sentiers de la perdition


Le Septième Voyage de Sinbad

 (Cave de Borat)
Serial Noceurs
Série Noire 
Le Serpent
Serpico
Se Souvenir des Belles Choses
Seul au monde


Seven
Sexcrimes, Sexcrimes 2
Shadow
Shakma

 (l'Antichambre de Borat)
Shank
Shaolin Contre Mantis
Shark Attack-Alerte Aux Requins, Shark Attack 3
Shark In Venice
 (la Cave de Borat)
Sharktopus
Shark Zone
Shaun of the dead
She Creature
Sheitan

Shérif Fais-Moi Peur
Sherlock Holmes
Sherlock Holmes Attaque L'Orient-Express
Shine a light
Shining
Shoah
Shocking Asia
Shoot'Em Up
Showgirls
Shrek, Shrek 2, Shrek le troisième, Shrek 4 il était une fin 
Shutter Island


Sidekicks
Signes
Le Silence des Agneaux, Hannibal, Hannibal Lecter Les Origines du Mal
Le Silence Qui Tue
Silent Hill
Silent Running
Les Simpson Le Film
Sin City 


The Skeptic
Slaughtered Vomit Dolls
Sleepy Hollow
Slice
Slugs

Small Fry
Small Soldiers
Snake eyes
Snuff 102
The Social Network
La soif du mal

Soldier
Soleil Rouge
Soleil Vert
Solitaire

Someone's Knocking At The Door
Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama
SOS Fantomes, SOS Fantomes 2,  


La Soupe Aux Choux
Source Code
La souris
Les Sous-Doués passent le bac
Sous le Signe du Scorpion
Le sous sol de la peur
Southland Tales
South Park le film
Space Cowboys
Space Jam


Spanish Movie
Spartacus
Spartatouille
Spawn
Speed 2 Cap sur le Danger
Speed Racer
Spider Man, Spider Man 2, Spider Man 3, The Amazing Spider man  
Spiders
Spider Web
Spirit l'etalon des plaines
Spirit Trap
Splice

 (la Cave de Borat)
Spring Breakers


St Jacques La Mecques

Stag Night
Stake Land
Stalingrad
Stand By Me
Starcrash Le Choc des Etoiles

Stargate
Starko
Starman
Starship TroopersStarship Troopers 2
Starsky et Hutch
Star Runners Les Convoyeurs de L'Espace
Star Trek le filmStar Trek II La colère de Khan Star Trek III A la recherche de Spock, Star Trek IV Retour sur TerreStar Trek V L'ultime frontièreStar Trek VI Terre InconnueStar Trek Premier contactStar Trek Star Trek Into darkness 


Star Wars-episode I la menace fantôme, Star Wars-episode II l'attaque des clones, Star Wars The Clone Wars, Star Wars-episode III la revanche des sith, Star Wars-episode IV la guerre des étoiles, Star Wars-episode V l'empire contre attaque, Star Wars-episode VI le retour du jedi Star Wars Holiday Special  
Stauffenberg L'Attentat
Story of Ricky


 (la Cave de Borat)

La stratégie Ender

Street Dance 2
Street Fighter
Streetfighter La Rage de Vaincre
Strike Commando, Strike Commando 2
Striptease
Stuck Insitinct de Survie
Sucker Punch
Sueurs froides
Sugarland Express

 (Extended cut)
Sulfures
 (la Cave de Borat)

Summer Wars
Sunshine
Super (2011)
Super 8

Supercroc
Superflic Se Déchaîne
Supergrave
Super Heros Movie
Superman (1978)Superman 2Superman 3, Superman 4, Superman ReturnsMan of steel

,
Super Mario Bros

Super Noël, Hyper Noël
Super Shark
Supervixens
Sur la piste du Marsupilami
Sur la route de Madison
Sur mes levres
Le survivant
Survivant(s)
Les Survivants

Les Survivants de L'Infini
Surviving Evil
Suspiria
 (Cave de Borat)
Sweeney Todd le diabolique barbier de Fleet Street
Sweet Sixteen
Le Syndicat du Crime, Le Syndicat du Crime 2Le Syndicat du Crime 3

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Sommaire de K à O

K

Kaboom

 (la Cave de Borat)
Karate Kid (1984), The Karate Kid (2010)
Karate Tiger Le Tigre Rouge,  Karate Tiger 2
Ken Le Survivant (1986), Ken Le Survivant, Hokuto No Ken La Légende de Toki,  Hokuto No Ken L'Ere de RahoShin Hokuto No Ken
Ken Park 
Kick Ass,  Kick Ass 2 Balls to the wall
Kickboxer
Le Kid
Kiki la petite sorcière
Kill Bill
The Killer
Killer CrocodileKiller Crocodile 2
Killer Joe
Killer Shark
Kill For Love
The Killing Of Satan
The Killing Room

Killing Them Softly
Kinatay
King Cobra
Kingdom of heaven
King Kong(1933), King Kong (1976), King Kong 2, King Kong(2005), King Kong contre Godzilla King Kong Revient
The King Of New York


Kiss Kiss Bang Bang
Klaus Barbie Sur les Traces d'Un Criminel
Knick Knack
Komodo
Kramer contre Kramer
 (l'antichambre de Borat)
Kronos Le Conquérant de L'Univers


Kung-Fu Kid
Kung Fu Panda 2
Kung Pow Enter The Fist
Kuzco l'empereur megalo

L

 (la Cave de Borat)
Le Labyrinthe de Pan
Lacombe Lucien
LA Confidential
Le Lagon Bleu
La haut

Lake Placid Final Chapter


Landru
Les Langoliers
Lara Croft Tomb Raider, Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie
Les Larmes du Soleil
Last Action Hero

Lastikman
The Last man on Earth
The Last Stand
Le Lauréat
Laurel et Hardy en Croisière

 (la Cave de Borat)
Lawless
Lawrence d'Arabie


La leçon de piano
Lectures Diaboliques
Legend
La legende de Beowulf
 (l'Antichambre de Borat)


Léon
Le Libertin
Life of Pi
La ligne rouge
La ligne verte
Lilo et Stitch

 (la Cave de Borat)
Lincoln
La Liste de Schindler
Little Big Man
Little Miss Sunshine


Le livre de la jungle (1942)Le livre de la jungle (Disney),  (l'Antichambre de Borat)
Le livre d'Eli
Le Locataire

 (la Cave de Borat)La loi et l'ordre
Les lois de l'attraction
Lolita

The Lone Ranger
Long Time Dead
Long Weekend

 (la Cave de Borat)
Looper
Lord of war
Lost Highway
Louise Michel
Le loup de Wall Street
Le loup garou de LondresLe loup garou de Paris
Lovely Bones
 (la Cave de Borat)


Lucky Luke Daisy Town, Lucky Luke (1991), Lucky Luke
Les Lumières de la Ville
La Luna
Luxo Jr

M

Mac et Moi
La Machine A Explorer Le Temps

The Machine Girl
Maciste contre les Hommes de Pierre 
Madagascar, Madagascar 2
Madame Irma


Mad Max, Mad Max 2, Mad Max au dela du dome du tonnerreMad Monkey Kung-Fu
Mad Mutilator
The Magdalene Sisters
Le magicien d'Oz,  Magic Kid
Magic Mike

Le magnifique
Magnolia
La main au collet
La Main Rouge du Diable
La Maison de Cire

Mais Où Est Donc Passée La 7ème Compagnie, On A Retrouvé La 7ème Compagnie
Mais qui a tue Harry
Mais qui a tué Pamela Rose

La Maison du Docteur Edwardes
Le Maître d'Ecole
Le maitre de guerre
Les Maîtres de L'Univers
Les Maîtres du Temps

La MalédictionLa Malédiction Finale, 666 La Malédiction
La Malédiction des Hommes-Chats
La Malédiction des Whateley

 (la Cave de Borat)
Maléfiques
Malibu High
Mamà

La Maman et la Putain
Maman J'Ai Raté L'Avion, Maman J'Ai Encore Raté L'Avion 
Mamma Mia !
The Man From Earth
The man from nowhere

Maniac (2013)
Maniac Cop
Maniac Trasher
Man on fire
Man on the moon
Manos The Hands Of Fate
The Manson Family


Marathon Man

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)
La Mariée Etait En Noir
La Marque
Marquis de Sade-Justine
Mars Attacks

 (la Cave de Borat)
Mars Un Monde Aquatique


Martyrs

Mary et Max
Mary Poppins
The MaskMa sorcière bien aimée
Le masque de ZorroLa Légende de Zorro
Masques
Massacre A La Tronçonneuse (1974), Massacre A La Tronçonneuse 2, Massacre A La Tronçonneuse (2003), Massacre A La Tronçonneuse Le Commencement

The master
Ma Super Ex
Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions
La Mauvaise Education
Mauvaises Fréquentations

Ma Vache et Moi
Ma vie avec Liberace
Ma Vie Est Un Enfer
Max et les Maximonstres
Maximum overdrive
Max Payne


Megan Is Missing
Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Shark Vs Crocosaurus, Mega Python Vs Gatoroid
Megasnake
La Meilleure Façon de Marcher
Mein Kampf

Melancholie Der Engel
Mélodie Cocktail
Mélodie du sud
Memento
La memoire dans la peau, La mort dans la peau, La vengeance dans la peau (la Cave de Borat), 

 (la Cave de Borat)
Menace 2 Society

Men In Black, Men In Black II, Men In Black 3
Mensonges d'Etat
Menteur menteur
Le Mépris
Merlin l'enchanteur
Mes meilleures amies
Mes meilleurs copains

Le Messie du Mal
Le Météore de la Nuit
Metropolis
Meurtre à Hollywood
Meurtre au Soleil
La meute

 (la Cave de Borat)
Miami Vice
Michel Vaillant
Micmacs a tire larigot


Midnight Express
Midnight Meat Train
 (l'antichambre de Borat)
Millenium le film
Millennium actress
Miller's Crossing
Million Dollar Baby
 (la Cave de Borat), Mimic 2
Minority Report


Miracle sur la 8ème rue

Le Miroir A Deux Faces
Les Misérables (1958)
Misery
Miss Daisy et son Chauffeur
Mission Evasion
Mission Impossible, Mission Impossible 2, Mission Impossible 3MI Ghost Protocol

Mission to Mars
Mississippi Burning
The Mist

 (la Cave de Borat)
Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée
Moi moche et mechant
Moi Tintin
La momie, Le retour de la momie, La Momie la tombe de l'empereur dragon
La Momie Aztèque contre le Robot
Mon Beau-Père Et Moi
Le monde de Narnia-Chapitre I le lion la sorcière blanche et l'armoire magique, Le monde de Narnia-Chapitre II Le prince CaspianLe monde de Narnia L'odyssée du passeur d'aurore

Le monde de Nemo,  
Le Monde Perdu (1925)
Les mondes de Ralph
Les Mondes Futurs
Les mondes perdus au cinéma
Mondo CaneMondo Cane 2
Mondwest
 (l'antichambre de Borat)
Mon Nom Est Tsotsi
The Monolith Monsters
Mon oncle

Monsieur Verdoux
Monsters
Monsterwolf
Le Monstre Vient de la Mer
Les Monstres de L'Espace
Monstres et cieMonstres Academy
La Montagne Sacrée
Mon voisin Totoro
Moon
Moontrap
Moonwalker
 (l'antichambre de Borat)
Morse, Let me in


Mortal KombatMortal Kombat Destruction Finale
La Mort au Large
La mort aux trousses
La Mort Etait Au Rendez-Vous
La Morte Vivante
Mort Ou Vif
Mort subite

Les Morts-Vivants

 (la Cave de Borat)
Mosquito

 (la Cave de Borat)
The Mother
Mother's Day
La Mouche NoireLe Retour de la Mouche, La Malédiction de la Mouche, La moucheLa Mouche 2
Moulin Rouge
Mr Brooks
Mulan
Mulberry Street

Mulholland Drive
Multiple Maniacs
Munich
The Muppets
Le Mur de l'Atlantique
The Murderer
Murders In The Zoo

Murder Loves Killers Too
Music Box
My Soul To Take
Le Mystère Andromède
Le Mystère de Vénus
Mystic River

N

Naissance d'une nation
Nathalie Dans L'Enfer Nazi
The Necro Files
Ne le dis à personne

Né Un 4 Juillet
Never Foget
Neverland
Never Let Me go
Never Say Never
 (la cave de Borat)
New York 1997Los Angeles 2013
New York ne répond plus
Night and day


Night of the Demons
Niki Larson
Nikita
Nine
Nine Dead


Ninja Assassin
Le Ninja Blanc
No Country for old men
Les noces funebres
Les noces rebelles
Notorious Big

Notre ami le rat
N'Oublie Pas Ton Père Au Vestiaire
Nous Sommes La Nuit
Le Nouveau Jean-Claude
Le nouveau monde
Les Nouveaux Barbares
Nouvelle Cuisine


La nouvelle voiture de Bob
Nude Nuns With Big Guns
La Nuit de la Mort
La nuit des morts vivants, Zombie, Le jour des morts vivants, Land of the dead, Diary of the dead
La Nuit des Traquées

La Nuit des Vers Géants
La Nuit du Chasseur
Nuit et brouillard
La nuit nous appartient
Les Nuits Avec Mon Ennemi
Numero 9

O

Oblivion
Obsession
Ocean's eleven
Octaman
L'Oeil de Vichy
L'oeil du mal

 (la Cave de Borat)
Les oiseaux

 (la Cave de Borat)
Old boy
Oliver et compagnie
Omar M'A Tuer
On a volé la cuisse de Jupiter

Once Vatan
On L'Appelle Catastrophe
Only God Forgives
Open Range
Open Water En Eaux Profondes, Dérive Mortelle
Opération espadon
Orange mécanique
Orcs
L'ordre et la morale


L'Orphelinat
Oscar (film)
OSS 117 Le Caire nid d'espion, OSS 117 Rio ne répond plus
The Other Guys
 (la cave de Borat)
Outland Loin de la Terre
Out of Africa
Out of the furnace
Outrage (2010)
Outreau-L'Autre Vérité
Ouvert 247

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Sommaire de G à J

G

Gacy
Gainsbourg(vie heroique)

Galaxy Quest
The Game
Gandahar
Gandhi
Gangs of New York
Gangster Squad
Garou-Garou Le Passe Muraille
The Gate 2
Gatsby le magnifique (2013)
Gazon maudit
Le géant de fer
Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme Se Marie, Le Gendarme et les ExtraterrestresLe Gendarme A New YorkLe Gendarme En BaladeLe Gendarme et les Gendarmettes

Génération Perdue
George de la jungle

 (la Cave de Borat)
Get Carter


Ghost
Ghost Dog
Ghost in the shellInnocence
Ghost RiderGhost Rider 2
Ghosts of Mars
The Ghost Writer
Ghoulies 2, Ghoulies 3
The Giant Claw
GI Joe
The Gingerdead Man
The Girl Next Door (2007)

 (la Cave de Borat)
The Girl with the dragon tattoo
Gladiator
Glen or Glenda
Goal 2 la consécration


Godspeed
Godzilla (1954)Le Retour de Godzilla, Godzilla Vs Megalon,  Godzilla
Goemon The Freedom Fighter
Goldorak contre Great Mazinger
Gomorra
Good Morning England
Les Goonies
Gorgo

Goshu le Violoncelliste
Le Goût des Autres
Grace
Le Grand Bazar
Le Grand Blond Avec Une Chaussure Noire
Le Grand Chemin
La grande course autour du monde

Les Grandes Gueules
Les Grandes Vacances
La Grande Vadrouille
Le Grand Restaurant
Le Grand Sommeil
Le Grand Tournoi
Gran Torino

 (la Cave de Borat)

Gravity
The Green Elephant
Green Lantern
Green Zone
Gremlins, Gremlins 2 la nouvelle generation
The Grey
Greystoke La Légende de Tarzan

Les griffes de la nuit, La Revanche de Freddy, Les Griffes du Cauchemar, Freddy chapitre 5 L'Enfant du Cauchemar, Freddy 6 L'Ultime Cauchemar, Freddy 7 Freddy Sort de la Nuit
Le Grinch
Grindhouse

 (la Cave de Borat)
La Guerre des Boutons (1961), La Guerre des Boutons (2011)
La guerre des mondes(1954), La guerre des mondes(2005)
La guerre des Rose
Les Guerriers de la Nuit
Guinea Pig: Flowers of Flesh and Blood, Devil's Experiment


H

La Haine
Halloween, Halloween 2, Halloween 3, Halloween 4Halloween 5, Halloween 6Halloween 20 Ans Après, Halloween Resurrection, Halloween (2007), Halloween 2 (2008)
Hancock
Hanuman and the Five Kamen Riders
Happiness Therapy
Happy Feet
Hard Rock Zombies
Harpoon
Harry Potter A L'Ecole des Sorciers, Harry Potter et la Chambre des Secrets, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu; Harry Potter et l'ordre du phénixHarry Potter et le prince de sang mêlé, Harry Potter et les reliques de la mort

Hatchet 2


Haute Sécurité
Haute Tension
Heartless
Heartstopper
Heat
HellboyHellboy 2 les legions d'or maudites

Hell Comes To Frogtown
Hell Driver
Hellraiser 3
The Help
Hercule
Hercule A New York
Hercule et Sherlock
Hereafter
Les Héritiers du Docteur Mengele

Héroïnes
Héros
Hibernatus
Hidden, Hidden 2
Hierro

High Fidelity

Highlander, Highlander Le Retour, Highlander 3, Highlander EndgameHighlander The Source
High School Musical (saga)
Highwaymen La Poursuite Infernale
Histeria
Hitcher, Hitman

Hitman le Cobra
Hobo with a Shotgun
The Hole
Hollow man

 (la Cave de Borat)
L'Homme-Araignée, La Riposte de l'Homme-Araignée
L'Homme de l'Ouest

L'homme de Rio
L'homme des hautes plaines
L'Homme des Vallées Perdues
L'homme orchestre
L'Homme Puma
L'Homme Qui Murmurait A L'Oreille Des Chevaux
L'Homme Qui Rétrécit

La Honte de la Jungle
Hook
Hope and Glory
La horde
La Horde Sauvage
Horribilis
Horror Cannibal, Horror Cannibal 2
Hors de controle

 (la cave de Borat)
Hors la loi
Horton
The host
HostelHostel Chapitre 2 
Hôtel du plaisir pour SS
Hôtel Rwanda
Hot Fuzz
Hot Shots !,  


House of Bones
Howard the duck
Hugo Cabret
HulkL'incroyable Hulk
Humains
Hunger games,  Hunger games L'embrasementHurlements, Hurlements 2
Hush en route vers l'enfer
Hyper Tension 2
Hypnose
Hysterical

I

I comme Icare
Il Etait Une Fois Le Bronx
Il Etait Une Fois Dans L'OuestIl était une fois en Amérique
Il Etait Une Fois En Chine, Il Etait Une Fois En Chine 3
Il Etait Une Fois Le Cosmos
Il Était Une Fois... Louis de Funès
Il faut sauver le soldat Ryan


L'Île de la Terreur
L'Île des Morts-Vivants
L'Île Inconnue
L'Île Mystérieuse
L'Illusionniste
I love you Phillip Morris
Ils
Ilsa la Tigresse du Goulag
Ils sont fous ces sorciers
L'immortel
Les immortels
L'impasse
Impitoyable
The Impossible

L'Impossible Monsieur Pipelet
Incassable
Inception
L'inconnu du Nord Express
Les incorruptibles
L'incroyable voyage 2 à San Francisco
Incubus (1966)
Independence Day
L'Indestructible
Les Indestructibles
Indigenes

L'Inévitable Catastrophe
Infection
Les Infidèles
Les infiltres
The Informant
Inglourious Basterds

 (la Cave de Borat)
Innocent Blood
Insane
Insanitarium
Inseminoid
Inside Man
Insidious

 (La Cave de Borat)
L'Inspecteur Harry, Magnum Force, L'Inspecteur ne Renonce Jamais, Le Retour de l'Inspecteur Harry, L'Inspecteur Harry Est La Dernière Cible 
Inspecteur La Bavure
International Guerillas


Intolérance
Into The Wild

 (la Cave de Borat)
Intouchables

L'invasion des profanateurs de sépultures, L'Invasion des Profanateurs, Body Snatchers, Invasion (2007)
Invasion Los Angeles
L'Invasion vient de Mars
Invictus
The Invisible Man
I Robot
Iron Man, Iron Man 2, The Invincible Iron Man,  Iron Man 3
Irréversible
The Island
I Spit On Your Grave (1978)I Spit On Your Grave 2
It Came From Hollywood
IIt Waits

J

J'ai Rencontré Le Diable
Jackass 3D
Jack Brooks Tueur de Monstres
The Jacket
Jack FrostJack Frost (1996)
Jackie Brown
Jack le chasseur de géants
Jack L'Eventreur Partie 1, Jack L'Eventreur Partie 2
Jackpot

Jack Reacher (l'Antichambre de Borat)
James Bond:  James Bond contre Dr No, Bons baisers de RussieGoldfinger, Opération tonnerre, On ne vit que deux foisCasino Royale (1967), Au service secret de sa Majesté, Les diamants sont éternelsVivre et laisser mourirL'homme au pistolet d'orL'espion qui m'aimait, MoonrakerRien que pour vos yeux, OctopussyJamais plus jamais, Dangereusement Vôtre, Tuer n'est pas jouer, Permis de tuer, GoldenEyeDemain ne meurt jamaisLe monde ne suffit pas, Meurs un autre jour, Casino Royale, Quantum of Solace, Skyfall
James et la pêche géante
Le Jardin du Mal
Jarhead
Jason et les Argonautes
JCVD
Jean de Florette, Manon des Sources
Jean-Philippe
J Edgar
 (l'antichambre de Borat)
Jennifer's body
Jerry Maguire
Je Suis Moche et J'Emballe

Je suis timide mais je me soigne
Je suis une légende
La Jetée

Le Jeu de la Mort
Jeu D'Enfant
, Chucky 3 

Jeune et jolie
La Jeune Fille et la Mort
La Jeunesse Sous Hitler, La Jeunesse Sous Hitler Episode 3La Jeunesse Sous Hitler Episode 4, La Jeunesse Sous Hitler Episode 5
Jeux Interdits
je Vais Bien Ne T'En Fais Pas
J'irai Cracher Sur Vos Tombes
John Carter
Johnny S'En Va-T-En Guerre
John Wayne et les Cowboys


Le Joli Coeur
Josey Wales hors la loi
Josie et les pussycats
Le joueur d'échec
Le jour d'apres
Le Jour de la Bête

Jour et Nuit
Le Journal d'Anne Frank
Le Jour Où La Terre S'Arrêta
Le Jour Où La Terre S'Arrêta (2008)
Jours de tonnerre
Judge DreddDredd
Le Juge et l'Assassin
Jugement A Nuremberg
Jumeaux


Jurassic Park, Le monde perdu-Jurassic Park, Jurassic Park 3,  
Jurassic Shark
Jusqu'en enfer

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Sommaire de D à F

D

D4 Mortal Unit
La dame en noir
Damien La Malédiction 2
Danger Diabolik !
Danny the dog
Dans la brume electrique
Dans la ligne de mire
Dans La Peau De John Malkovich

Dans l'eau... Qui fait des bulles !
Dans les Griffes du Vampire
La Danza de la Realidad
Daredevil,  
Dark City
Dark Country

The darkest hour
DarkmanDarkman 2Darkman 3
Dark Shadows
Darling
D.A.R.Y.L.

 (la Cave de Borat)
Da Vinci Code
Daylight
Day Of The Animals
De battre mon coeur s'est arrêté
Dead Girl


The Deadly Spawn
Dead Man's Shoes
Dead Meat
Dead or Alive
The Dead Outside

Dead Silence
Dead Zone
Death Bell
Death Note
Death Sentence


Death Warrior
Décapité
La déchirure

Deep Evil Menace Extraterrestre
Deep Impact
Defendor
Déjà vu


De l'autre côté du périph
Délivrance
De L'Ombre A La Lumière
De Mein Kampf A L'Holocauste L'histoire du Nazisme
Dementia 13
Demineurs
Les Demoiselles de Rochefort
Demolition Man

Demons
Le Dentiste
Le Dentiste 2
Les dents de la mer, Les dents de la mer 3, Les dents de la mer 4 La Revanche,  Cruel Jaws (Les dents de la mer 5)
De Nuremberg à Nuremberg
Le dernier des mohicans
La Dernière Femme sur Terre
La Dernière Maison sur la Gauche (1972), La Dernière Maison sur la Gauche (2009)


Le dernier exorcisme
Le Dernier Pour La Route
Le Dernier Roi D'Ecosse
Le dernier samaritain
Le dernier tango de Paris


De rouille et d'os
The descendants
The Descent, The Descent Part 2

Desperate Living
Des Serpents Dans L'Avion
Destination Finale, Destination Finale 2, Destination Finale 5
Des Zombies dans l'avion

Détective Dee
Détour Mortel 3
Détour Mortel 4
Devil
The Devil Inside
Devil Seed
Le Diable S'Habille En Prada

La Dialectique Peut-Elle Casser Des Briques
Le Dictateur
The Dictator
Didier
Digby le plus grand chien du monde
Digimon le film
Digital Man
Le diner de cons

Dinocroc
Dinosaure
Dinosaur From The Deep
Dinoshark
Dirty Dancing
Disaster Movie

Disco
Le discours d'un roi
Disjoncte
District 9
Django Unchained
Djinns
Dobermann

Dr Jerry et Mister Love

 (l'Antichambre de Borat)

Doghouse
Dogma
Dog Pound
Domino
Don Camillo MonseigneurDon Camillo En Russie
Donkey Punch
Dolly Dearest


Donnant Donnant
Donnie Darko
Don't Be Afraid of the Dark
Don't Look Up
Doom

Dorothy
Double Détente
Double Team
Dracula (1992)


Dracula mort et heureux de l'être
Dragon Ball The Magic Begins, Dragonball Evolution
Dragon L'Histoire de Bruce Lee
Dragons
Dragons Forever
Dread

Dreamcatcher
Dream Home
Drive
Driven
Le drole de noel de Scrooge
Duel
Dumb et Dumber
Dumbo
Dune
Dupont Lajoie
Dying Breed

E

Eaux Sauvages
Easy rider
Ebola Syndrome
Echec et Mort
L'échelle de Jacob
L'échine du diable
Eden Lake


Edward aux mains d'argent
Ed Wood
Eegah
L'effaceur
L'Effet Papillon


Elephant Man
L'elite de Brooklyn
Elle Est Trop Bien
Elmer Le Remue Méninges

El Topo

Elysium
Emmanuelle, La Revanche d'Emmanuelle
L'Emmerdeur (2008)
L'Emmurée Vivante
Empire du soleil

 (la Cave de Borat)
En cloque mode d'emploiThis is 40
L'Enfant Sauvage

Les enfants loups Ame et Yuki
L'Enfer des Zombies
L'enfer du dimanche
Ennemi d'Etat 
Ennemis Rapprochés
En QuarantaineEn Quarantaine 2
Entre les murs
L'epreuve de force


Eragon
Eraserhead
Erin Brockovich seule contre tous
Espace Détente
Esprits Rebelles
L'esquive
Essential Killing
Esther
L'Etalon Italien


L'Eté Meurtrier
Eternal sunshine and the spotless mind
ET l'extraterrestre
L'Etrange Créature du Lac Noir
L'etrange histoire de Benjamin Button
L'étrange noel de monsieur Jack
L'Etrangleur de Boston
L'Eventreur de New York
L'Evadé d'Alcatraz
Les Evades


Evil Bong
Evil Dead, Evil Dead 2, Evil Dead 3-L'armee des tenebres The Evil Dead 
Exam
Excalibur
Excalibur l'épée magique


Exorcismus
L'exorciste, L'Exorciste 2 L'Hérétique, L'Exorciste 3L'Exorciste Au Commencement
L'expansion de l'univers est-elle infinie
Expendables, Expendables 2The Experiment

 (la Cave de Borat)
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Extra Terrien
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F

Le fabuleux destin d'Amelie Poulain
Face A La Mort, Face A La Mort 2, Face A La Mort 3
The Faculty
Fahrenheit 451
La Faille
Faites Sauter La Banque
La Famille AddamsLes Valeurs de la Famille Addams
Fanboys
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Fantasia, Fantasia 2000
Fantastic Mr Fox
The Fantastic Four , Les 4 FantastiquesLes 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent,  Le Fantastique Homme Colosse
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Le Fantôme de l'Opéra (1925)
Le Fantôme du Bengale
Fantomes contre fantomes
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Fatale
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Faust-Une Légende Allemande
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Felon
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La Femme du Boulanger
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La Ferme de la Terreur
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Fighter
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Posté par borat8 à 20:31 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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