Cine Borat

23 juillet 2014

Christian Clavier nous ressert Jacquouille la Fripouille

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genre: comédie 
année: 1993
durée: 1h20

l'histoire: Urbain Donnadieu et sa grand-mère sont avares au possible. Avec tout leur argent, ils achètent de l'or qu'ils cachent ensuite entre les briques de leur maison de campagne. La femme d'Urbain et son amant, qui est également le chauffeur de la famille, ignorent tout de ces transactions. Jusqu'au jour où pour éviter d'avoir à payer des taxes, Urbain et sa grand-mère décident de transporter l'or en Suisse, et la maison avec ! Commence alors une folle course poursuite.    

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus Gérard Oury à qui l'on doit plusieurs classiques de la comédie française: Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Cerveau, La folie des grandeurs, Les aventures de Rabbi Jacob ou encore Le Coup du parapluie. Toutefois, à partir du milieu des années 1980, Gérard Oury connaît un sérieux essoufflement. Par exemple, on ne retiendra pas grand chose de La vengeance du serpent à plumes avec Coluche. Dans les années 1990, le réalisateur n'est plus que l'ombre de lui-même.
Preuve en est avec La Soif de l'Or, sorti en 1993. Trois ans plus tard, Gérard Oury signera également un Fantôme avec Chauffeur de sinistre mémoire.

Au niveau de la distribution, La Soif de l'Or réunit Christian Clavier, Tsilla Chelton, Catherine Jacob, Philippe Khorsand, Bernad Haller, Marine Delterme et Pascal Greggory. En apparence, La Soif de l'Or réunit toutes les conditions pour devenir une grande comédie.
En effet, le film repose essentiellement sur le duo Gérard Oury/Christian Clavier. Les deux hommes s'associent pour écrire le scénario et les dialogues du film. Mieux encore, Clavier s'impose comme le producteur du film. Autrement dit, La Soif de l'Or est conçu, réalisé et taillé pour Christian Clavier. C'est justement bien là le problème.

 

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En effet, à l'époque, l'acteur ressort de l'énorme succès des Visiteurs. Son personnage de Jacquouille la Fripouille est encore très présent dans l'esprit des français. Dans les années 1990, Christian Clavier nous sert donc ce personnage moyenâgeux à toutes les sauces.
C'est d'ailleurs ce qu'il fait dans La Soif de l'Or, mais j'y reviendrai. En l'occurrence, le film se concentre sur une grande thématique du cinéma comique: l'avarice. Attention, SPOILERS ! Urbain Donnadieu et sa grand-mère sont avares au possible. Avec tout leur argent, ils achètent de l'or qu'ils cachent ensuite entre les briques de leur maison de campagne.

La femme d'Urbain et son amant, qui est également le chauffeur de la famille, ignorent tout de ces transactions. Jusqu'au jour où pour éviter d'avoir à payer des taxes, Urbain et sa grand-mère décident de transporter l'or en Suisse, et la maison avec ! 
Commence alors une folle course poursuite. Dès son introduction, le film a le mérite de présenter les hostilités puisqu'on y voit un Christian Clavier courir après un gros billet pour le récupérer, quitte à se salir les mains dans les escréments d'un chien. Tout un programme ! Déjà, dès les premières minutes, le ton est donné.

 

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La soif de l'or sera une comédie lourdingue à l'effigie de sa vedette principale, donc Christian Clavier (au cas où vous n'auriez pas suivi...). Le scénario est donc le gros point faible de cette comédie monotone qui fonctionne comme un road movie avec une histoire d'amour peu passionnante.
Dans ce désastre filmique, les autres acteurs sont hélas totalement invisibles ou presque. Par exemple, le duo Christian Clavier/Tsilla Chelton ne fonctionne jamais. Même chose pour Philippe Khorsand et Catherine Jacob en mode cabotinage. Ensuite, Gérard Oury se contente de filmer assez platement les aventures d'un personnage principal radin, capricieux et finalement peu attachant.

Au risque de me répéter, Clavier reproduit son personnage de Jacquouille la Fripouille dans Les Visiteurs, tout en y rajoutant un faux air de Louis de Funès. En roue libre, l'acteur en fait des tonnes et multiplie les les grimaces débiles. Pourtant, rien n'y fait. 
Christian Clavier ne parvient jamais à décrocher le moindre rictus imbécile. On se surprend même à regarder longuement sa montre durant cette aventure peu trépidante (pour être gentil). Visiblement, Gérard Oury semble avoir perdu son énergie du passé. Clairement, impossible de reconnaître le style du réalisateur de La Grande Vadrouille et de La Folie des Grandeurs. Une comédie franchement laborieuse qui risque même de rebuter les fans acharnés de Christian Clavier.

 


La Soif de l’or - Bande annonce FR par _Caprice_


22 juillet 2014

Tout le monde n'a pas le droit à une seconde chance

Plusieurs années après avoir été l'un des tueurs juvéniles les plus connus de Grande-Bretagne, un jeune homme essaye de se reconstruire. Mais rien n'est moins sûr...

Boy A : Affiche Andrew Garfield, John Crowley

Andrew Garfield est désormais une star: pas parce qu'il accumule les projets ambitieux (le dernier film ambitieux qu'il a tourné est The Social Network soit un bon bail!), mais il est désormais Spider-man qu'on le veuille ou non. Mais avant, il faut rappeler qu'il a fait ses premières armes à la télévision anglaise (à l'image de Christian 'Batman' Bale et Henry 'Superman' Cavill, il est anglais). Tout d'abord avec Red Riding Trilogy où il incarnait un journaliste sur différentes périodes mais également dans Boy A. A l'origine il s'agit d'un téléfilm pour la chaîne Channel 4 qui le diffusera en 2007, mais par la suite il fut exploité en festivals et en salles dans certains pays. Ce fut le cas de la France en 2009 malgré une sortie discrète. L'air de rien, Boy A a un sujet terriblement ancré dans l'Angleterre et la condition sociale n'a rien à voir avec cela. En effet, le film s'inspire largement de l'affaire James Bulger survenue en 1993 où deux garçons plus âgés ont torturé cet enfant de deux ans avant de le tuer. Ils avaient ensuite été relaché à dix-huit ans et ont changé d'identitée, provoquant un tollé dans les médias anglais. C'est à partir de là que Boy A commence.

Boy A : Photo Andrew Garfield, John Crowley, Peter Mullan

Garfield est justement ce "boy A" (mention donnée lors du procès) et il sort juste de prison. Le fait divers sera dévoilé au fil de différents flashback, mais jamais le personnage (les noms ont été changé, les faits légèrement modifiés puisque le gamin de deux ans devient une gamine afro-américaine en bas âge) ne subira sa réputation avant le dernier quart d'heure. John Crowley fait le portrait d'un homme cherchant à se racheter une conduite en travaillant et en devenant sociable. Il n'a donc rien à voir avec un homme sortant de prison et continuant d'avoir des pulsions meurtrières. Son crime a été trop fort et sa réputation si désastreuse que sa névrose de jeunesse en est réduite à néant. Le "boy A" qui était au banc des accusés alors qu'il était gamin n'est plus, mais l'image reste. Il suffira d'une erreur qui ne sera pas la sienne pour qu''arrive la chute. Plus qu'un film sur l'affaire que l'on pouvait s'attendre, Crowley signe un drame humain et sur la rédemption. Crowley aurait pu filmer Garfield comme un taulard, voire à le diaboliser; il le filme pourtant avec tendresse et on en vient à avoir de l'affection pour lui et à se débarasser du fardeau.

Boy A : Photo Andrew Garfield, John Crowley, Siobhan Finneran

Son contrôleur judiciaire joué par Peter Mullan aura également un grand rôle vu qu'il sera bien malgré lui le déclencheur du nouveau scandale à venir. Car non seulement il doit surveiller ses faits et gestes mais surtout il doit réhabiliter son nom et devoir le garder en sécurité. Car comme l'avait démontré l'affaire à l'époque, la réhabilitation n'a pas lieu. Personne n'a voulu passer à côté du retour des deux enfants-tueurs et la presse en a fait les choux gras. La source est pourtant loin d'être inintéressante. (attention spoilers) Au cours du film, on apprend que le contrôleur a un fils et que ce dernier lui repproche de ne pas l'avoir aider plus que les criminels juvéniles qu'il a encadré. En gros d'avoir fait passer son boulot avant son propre enfant. L'absence conduit à la jalousie et cette dernière peut souvent apparaître comme destructrice. Finalement le pire des crimes ne provient pas du personnage principal mais du fils: il a brisé la réhabilitation du jeune garçon et a mis ses espoirs d'amour, de réussite professionnelle et tout simplement de rédemption réduit à néant (fin des spoilers) Crowley permet à Garfield de délivrer une de ses premières grandes prestations et s'avère prodigieux. Le final s'avère d'une émotion certaine voire terriblement dramatique. Par ailleurs, j'ai volontairement pas mis de bande-annonce car la française résume tout le film. En gros ne la voyez pas, regardez le film.

Un superbe film sur la rédemption échouée devant énormément à son acteur principal, qui mérite bien mieux que de faire le con en apesanteur.

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21 juillet 2014

Tout est dans le titre...

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Plus de 700 000 visiteurs!

 

genre: comédie, aventure
année: 1983
durée: 1h40

l'histoire: Michel Bernardin est employé à Planète Assistance, société qui aide les Français en difficulté à l'étranger. Sa fiancée Isabelle va quitter son emploi d'hôtesse de l'air pour passer plus de temps avec lui grâce à son amie Sophia qui lui a trouvé un emploi dans son agence de voyages. Mais Isabelle est obligée de rester encore quelques temps à son poste pour quelques vols et va le cacher à son fiancé.   

La critique d'Alice In Oliver:

Depuis le début des années 1970, Claude Zidi s'est imposé comme le véritable spécialiste de la comédie française, pour le meilleur comme pour le pire. On lui doit notamment Les Fous du Stade, Le Grand Bazar, L'Aile ou la Cuisse, La Zizanie, Les Sous-Doués, Les Sous-Doués en vacances, Inspecteur Labavure, Les Ripoux ou encore Astérix et Obélix contre César.
Vient également s'ajouter Banzaï, sorti en 1983. Au niveau de la distribution, ce long-métrage réunit Coluche, Valérie Mairesse, Didier Kaminka, Eva Darlan, Marthe Villalonga, François Perrot, Jean-Marie Proslier et Zabou Breitman.

Ce n'est pas la première fois que Coluche et Claude Zidi tournent ensemble. Au fil des années, Coluche est devenu l'acteur fétiche du réalisateur. Pourtant, au moment du tournage de Banzaï, Coluche connaît des moments très difficiles. En effet, à l'époque, l'acteur traverse une grave dépression marquée par le divorce avec sa femme et la mort de son ami Patrick Dewaere.
C'est sûrement la raison pour laquelle Coluche a eu beaucoup de mal à s'investir dans le film. Par conséquent, les scènes de gag seront tournées plusieurs fois. A l'époque, Coluche n'est plus que l'ombre de lui-même.

 

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Pour le reste, Banzaï n'est pas vraiment une comédie classique dans le sens noble du terme. En effet, le long-métrage propose un véritable tour du monde et fonctionne souvent comme un film d'aventure. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario.
Attention, SPOILERS ! Michel Bernardin travaille dans une société d'assurance spécialisée dans l'aide aux voyageurs français à l'étranger, Planète Assistance. Isabelle, sa fiancée, va quitter son métier d'hôtesse de l'air pour passer plus de temps avec lui. Grâce à Sophia, elle trouve un emploi dans une agence de voyage, mais Isabelle doit encore accompagner quelques longs courriers en cachette.

Michel, lui, se voit confier des missions à l'étranger pour la première fois de sa vie, alors qu'il avait toujours tout fait pour rester s'occuper de l'administratif à Paris... justement par phobie de l'avion. Pour ne pas inquiéter Isabelle, il décide donc de ne rien lui dire. 
Sophia couvrant les mensonges d'Isabelle pendant que les copains de bureau couvrent ceux de Michel, tous ces quiproquos les amèneront par conséquent à se croiser bien involontairement à Hong-Kong. Que les choses soient claires, ce n'est ni pas la plus grande réussite de Coluche au cinéma, même dans le registre de la comédie.

 

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En vérité, Banzaï s'adresse avant tout aux fans irréductibles de Coluche qui devraient être en terrain connu et quasiment conquis. Le scénario laisse sérieusement à désirer et se résume à une sorte de quipropos dans lequel Michel (Coluche) tente de cacher à sa fiancée ses escapades professionnelles à l'étranger. Néanmoins, celle-ci n'est pas totalement innocente non plus.
On relève bien sûr quelques sketches assez réussis, notamment lorsque Coluche appelle sa futur épouse au téléphone et qu'il est dérangé par un dromadaire (qu'il fait passer pour un pote). Autre scène hilarante: celle où Coluche est piqué par des moustiques complètement chtarbés. Mais bon, en dehors de cela, pas grand chose à se mettre sous la dent. 
Le film souffre tout de même de grosses baisses de rythme. Enfin, soyons honnête: Banzaï n'est rien d'autre qu'un petit nanar sans prétention. Coluche cabotine. A sa décharge, les autres acteurs ne font pas beaucoup mieux. Mention spéciale à Valérie Mairesse. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

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20 juillet 2014

John McClane a une héritière et elle ne fait pas non plus dans la dentelle

Une réunion de famille houleuse va prendre une autre dimension quand une bande de tueurs à masque les extermine un par un. Sauf qu'ils ne s'attendaient pas à avoir un adversaire à leur taille...

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Dire que You're next d'Adam Wingard est attendu depuis un bail relève de l'euphémisme. Présenté à Toronto à 2011, ce petit film avait alors été racheté par Lionsgate. Mad Movies commence à en parler début 2012 dans un article Preview début 2012, attisant la curiosité de votre cher Borat. Et puis silence radio jusqu'au Festival de Gerardmer de cette année (soit plus d'un an!) pour le voir revenir sur le devant de la scène. Il récolte le prix sci-fi après une séance dites mouvementée. Son calendrier de grosses productions bouclé (Lionsgate possède Summit la productrice de Twilight; et surtout la franchise Hunger Games) et au vue de l'accueil mémorable du film en festivals, You're next sort à peu près partout dans le monde. En France, le distributeur en charge crée la polémique en contestant la décision du CSA de classifier le film interdit aux moins de 16 ans. You're next mérite-il tout le foin fait dessus? Peut être pas totalement, mais le film frappe fort tout de même voire plus que le Grand Prix de Gerardmer incarné par Mama. (attention spoilers) Le film commence assez banalement avec un couple qui fornique. Bon, pas grand chose à se mettre sous la dent avant que la musique n'arrive. Trouvant un moyen typique pour masquer le bruit d'un cri, les criminels caractérisés par des masques d'animaux dégomme le couple. On ne voit pas la mort de la fille, juste l'inscription "you're next", "tu es le prochain" in french (on s'étonne même que le distributeur français n'a pas osé la traduction, pas un mal au final).

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On a droit ensuite alors le défonçage de gueule du concubin. Qui sont-ils? Pourquoi cet acte? Au final, cette astuce est purement scénaristique (on y reviendra dans le récit sans que cela n'est réellement d'impact sur l'intrigue), servant de potentielle mise en bouche avant le festival gore qui va s'en suivre. Nous suivons alors ensuite un couple âgé qui sont suivi par leur fils et sa nouvelle petite-copine. C'est cette dernière incarnée par Sharni Vinson (vue dans Bait et Sexy dance 3) qui va attirer notre attention. Quasiment tout sera de son point de vue dorénavant et son sens alerte de l'action risque de perturber le spectateur. Sorti la même semaine, White house down met en scène un Channing Tatum défonçant du vilain à la Maison Blanche (donc également un endroit restreint). Adam Wingard compte bien se démarquer en faisant un film où le défonceur de tronche est une femme, qui plus est jolie. Le stéréotype de la femme sans défense en prend pour son grade, parce que les faibles sont bien les hommes. Tantôt bouffon, tantôt lâche, tantôt monstrueux, tantôt vaniteux, les hommes présents en prenent pour leur grade et surtout les fameux envahisseurs. En fait, on peut dire que You're next est une sorte de Piège de cristal au féminin et en plus gore.

21019838_20130716135228456 Sharni, faut pas la faire chier! Et si tu lui veux du mal, tu finiras la bite dans un tupperware!

On retrouve également le frère qui veut se venger, qui plus est le frangin est mort en premier (comme dans le McT), l'héroïne pieds nus dans une tenue pas trop chaude (pas déshabillé hein?) pour l'hiver et le plan à double-sens (je n'évoquerais pas plus du contenu). Mais ce qui frappe aussi c'est la justesse de la mise en place. Dès les premières minutes où les parents arrivent, on sait qu'il y a quelque chose qui cloche, qu'il va se passer quelque chose. Mais le spectateur n'en est qu'au début, cela ne peut être qu'un coup pour faire peur vulgairement. Mais au contraire de faire peur, Wingard procure un plaisir jouissif tout autre. Pas que le spectateur se fende non plus la poire tout le temps, mais les exécutions s'avèrent si inventive et bien amenées que cela place You're next comme l'une des grosses réussites horrifiques de l'année. Graphiquement on a de tout allant du bourrage de crâne au pied défoncé en passant par l'utilisation d'un engin ménager que vous n'auriez jamais vu aussi utile face à des assaillants. Le final reste un peu prévisible voire on s'y attend, néanmoins, il faut bien avouer que le coup final est particulièrement merveilleux. (fin des spoilers) Les acteurs s'en sortent assez bien dans l'ensemble et évidemment Sharni Vinson en tête. Elle qui incarne souvent des petites copines sympas semblent prendre son pied à dégommer des saligauds! On regrettera néanmoins cette foutue musique électro qui deserre le film plus qu'autre chose.

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Un home invasion inventif et jouissif qui a le mérite de laisser la place à une héroïne pugnace et virulente à souer.

La critique d'Alice In Oliver:

Le home invasion n'est pas un genre nouveau au cinéma. Il possède même de nombreux films très connus et de diverses qualités: le terrible Funny Games et son remake, Funny Games U.S., Panic Room, Les Chiens de Paille, Kidnappés, Mother's Day, Black Christmas, Ils, The Strangers, A l'intérieur ou encore La Dernière Maison sur la Gauche, pour ne citer que ces exemples.
Vient également s'ajouter You're Next, réalisé par Adam Wingard en 2013. Contre toute attente, le film rencontrera un très grand succès aux Etats-Unis. Mieux encore, il se taille une solide réputation en dehors de ses frontières, notamment en France.

Il faut dire que l'affiche du film impose déjà ce sentiment de terreur avec la tête d'un homme (enfin, on imagine que c'est un homme) portant un masque de loup et photographié en gros plan. Certains fans parlent déjà d'un film culte et You're Next a reçu des avis et des critiques plutôt positives dans l'ensemble. Reste à savoir si le film est bel et bien la claque annoncée.
Réponse dans les lignes à venir. Au niveau de la distribution, on ne relève pas vraiment d'acteurs très connus. Pas de star ou de grande vedette dans ce film. En vérité, You're Next s'inscrit dans la grande tradition du genre "Home Invasion".

Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! La famille Davison est réunie dans sa maison de campagne pour célébrer l’anniversaire de mariage des parents. Alors que chacun commence à laisser éclater ses frustrations et rancoeurs, la maison est prise d’assaut par un groupe de tueurs masqués. La réunion de famille tourne au jeu de massacre, les assaillants tentent de les supprimer un à un. Mais sous ses airs d’innocente petite amie, Erin va s’avérer pleine de ressources. Premier constat, You're Next n'a strictement rien inventé.
Il s'inscrit (encore une fois) dans la grande lignée de La Dernière Maison sur la Gauche même si on pense aussi à The Strangers et plus récemment à The Collector ou encore à Kidnappés.

You're Next

La seule différence, c'est que You're Next joue également la carte du slasher. En effet, nos agresseurs portent des masques étranges (et plus précisément des masques d'animaux). Indéniablement, You're Next entretient une certaine filiation avec Scream, Halloween et Black Christmas. Surtout Halloween: la nuit des masques en l'occurrence. 
Là aussi, c'est une jeune femme qui est l'héroïne principale et dont l'agressivité et la ténacité vont se révéler très surprenantes. Autant le dire tout de suite: la première demie heure du film n'est guère passionnante. Adam Wingard se contente de planter le décor et de présenter divers personnages auxquels il est difficile de s'attacher.

Seule Erin (donc l'héroïne de l'histoire) fait figure d'exception. Les autres protagonistes qui l'entourent ne présentent pas un grand intérêt. En revanche, les choses s'accélèrent sérieusement lorsque nos agresseurs passent enfin à l'attaque. A partir de là, You're Next gagne sérieusement en qualité et ne relache plus le spectateur. Sans pour autant verser dans le spectaculaire ou le grandguignolesque, le film propose de nombreuses séquences très réussies.
Indéniablement, You're Next possède un vrai potentiel. En vérité, le long-métrage joue habilement avec les différents codes du genre et s'amuse avec ses diverses références.

C'est indéniablement le gros point fort du film. Toutefois, rien de neuf au tableau de bord. Si You're Next possède une vraie folie quasi animale (parfois), le scénario reste assez peu surprenant dans l'ensemble, tout comme les révélations sur les réelles motivations de nos étranges agresseurs.
En résumé, You're Next n'est pas la claque annoncée. C'est un honnête film de genre qui doit beaucoup à la réalisation d'Adam Wingard (qui n'est pas un manchot derrière la caméra). Enfin, dans le rôle d'Erin, l'actrice Sharni Vinson, tire son épingle du jeu. Bref, You're Next ravira probablement les non-initiés du genre. En revanche pour les autres, il risque peut-être de passer pour une production un peu trop classique pour susciter entièrement l'adhésion.


YOU'RE NEXT - Fresh par teasertrailer

Cuvée kaboom

La Cave de Borat a accueilli les bons avec une ferveur incroyable, il était donc temps d'applaudir les mauvais. Faisant partie de ma trinité hollywoodienne démoniaque aux côtés de Roland Emmerich et Paul WS Anderson, la cave de Borat est fière de vous présenter Michael Bay! Dis bonjour à la caméra Mickie! 

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Michael Bay

"J'ai pas le temps Borat, je suis en plein chantier! Je filme l'explosion de l'Empire State Building pour le prochain Transformers! -Mais il vient juste de sortir! -Non c'est pour le cinquième, je filme d'abord les explosions après je mettrais les acteurs dans le champ et je les ferais péter à la mine! Hiha!"

Michael Bay représentation typique du mec détesté dans ces colonnes (et on s'en revendique ardemment), parvenant maladroitement à dépasser la moyenne (seul deux films, à savoir Rock et Pain and Gain, peuvent s'y distinguer) et vantard énamouré (il a dit plus d'une fois qu'il ne ferait plus de Transformers, il a signé pour deux autres!). Nous allons donc passer un peu de temps avec l'ami Michael. Indéniablement, l'ami a déposé une trace (bien malheureusement) indélébile dans le cinéma avec plusieurs effets de style que nous allons décortiqués:

  • Propagande et patriotisme

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Nicola Peltz

Et de un!

Si Michael Bay est assez connu dans ses colonnes, c'est par sa manière de montrer que l'Amérique mène le monde avec ses gros sabots. Ainsi cela passe par une idéalisation de l'armée qui n'est absolument jamais remise en cause. Les héros de Pearl Harbor? Des pilotes émérites qui n'hésitent pas à sauver ce qui reste du port ou à donner leur sang dans des bouteilles de Coca Cola (on y reviendra). Les soldats des Transformers (tout du moins jusqu'au troisième, excusez-moi d'avoir éviter le dernier)? Des gens tout gentils tout confiants dans les valeurs de leur pays et évidemment de bons pères de famille (en sachant qu'il n'y a pas trop de place pour les femmes, tout du moins pas dans ce domaine. Sans compter qu'il est tout à fait logique qu'ils puissent intervenir en Egypte ou à Shanghaï sans aucune autorisation! Viva USA! Les terroristes de Rock? Ils veulent juste qu'on leur paye des indemnités, tout du moins Ed Harris parce que les autres sont quand même bien chargés. Et puis il y a cet amour du drapeau présent dans à peu près tous ses films. Pour vous dire, il y a une dizaine de drapeaux américains rien que dans les deux minutes de la première bande-annonce de Transformers 4! Vous pensez que c'est une blague? Allez les compter! 

Armageddon : Photo

Independance et Liberté vous salue!

Mais mieux, même dans ses films en apparence dénués de ces éléments, on retrouve ce genre d'allusions. Ainsi les petits gars de Pain and gain ne jure que sur le rêve américain au point d'en abuser un peu trop; quand les deux navettes d'Armageddon s'appellent Liberté et Indépendance! Sans compter qu'il est tout à fait normal d'entrer à Cuba pour un Américain pour aller chercher une fille. Impérialisme ricain mon amour! Evidemment, comme souvent dans les films américains, un grand nombre de films de Bay fait l'éloge de l'Amérique sauvant le monde. Qui sauve le monde des vilains decepticons? Les ricains et si possible à l'international. Qui sauve le monde d'un enterrement terrestre? Bruce Willis l'Amérique pendant que tous les autres pays semblent se toucher en attendant la résolution finale! On se souviendra encore longtemps aussi de Roosevelt se levant envers et contre tous dans Pearl Harbor.

  • Belles pépés 

Au fil des années, l'ami Michael a filmé plus d'une fois les ravissantes mannequins de Victoria's secret à longueur de spot. Pour preuve en voici un exemple: 

Alors au cinéma il fait pareil. Ainsi au fil des années, il aura filmer des beautés tel que:

  • Tea Leoni dans Bad Boys

Bad Boys : Photo Michael Bay, Tea Leoni

Premier Bay girl, la future ex-femme de David Duchovny est le fil conducteur du film vu qu'elle sert de témoin pour Will Smith et Martin Lawrence. Reste qu'elle apparaît très rapidement comme un véritable boulet qui allume pas mal notre duo, y compris le marié.

  • Vanessa Marcil dans Rock

On la voit surtout au début qui plus est à cheval sur l'ami Nicolas Cage. Par la suite, on la voit en mode alerte attendant des informations sur son mari. Rock un film d'hommes!

  • Liv Tyler dans Armageddon

Armageddon : Photo

Véritable ôde au sentimentalisme à la Bay, la fille de Steve Tyler a deux "enjeux majeurs" dans le film: elle est la fille de Bruce Willis et la fiancée de Ben Affleck, ce qui engendre des conflits monumentaux entre beau-papa et son gendre. Au moins un peu de charme dans ce monde de brute où sent le cambouilli!

  • Kate Beckinsale dans Pearl Harbor

Pearl Harbor : Photo

Encore plus de sentimentalisme à la Bay avec la future femme de Len Wiseman, puisqu'à l'image de Titanic avec le trio Dicaprio-Winslet-Zane, là c'est Affleck-Beckinsale-Hartnett. Sauf qu'à force de tirer la corde raide, Bay finit par en être ridicule surtout quand il filme la miss façon Epinal.

  • Gabrielle Union dans Bad Boys 2

Bad Boys II : Photo Gabrielle Union, Michael Bay

A peu près le même schéma qu'Armageddon: Gabrielle Union est à la fois la soeur de Martin Lawrence et la petite-copine de Will Smith. Autrement dit, c'est encore une fois une femme qui sert de fil conducteur aux aventures des deux flics à Miami. Pas sûr que l'on se souvienne du rôle en revanche.

  • Scarlett Johansson dans The Island

The Island : Photo Michael Bay

Sidekick totalement inutile du film aussi transparent que son actrice principale. Il faudra que la miss arrête la blonde attitude pour devenir une femme d'action.

  • Megan Fox dans les deux premiers Transformers

Ah le fantasme du geek et symbole de tout ce que beaucoup adore chez Bay: quand il filme des culs sous toutes les coutures! C'est le cas dans ce plan de Transformers 2 où la miss Fox est en position très particulière. Sinon dans les Transformers, elle ne sert pas à grand chose, si ce n'est qu'elle est un boulet pour le héros qui a tant fait pour pouvoir la tringler. Amertume.

  • Isabel Lucas dans Transformers 2

Transformers 2: la Revanche : Photo Isabel Lucas, Michael Bay

Transformers 2 n'est pas connu pour sa grande brillance scénaristique, le pauvre Michael ayant subi de plein fouet la grêve des scénaristes! Le pauvre, c'est vrai qu'il a tellement besoin d'un scénariste pour faire un Transformers! Ainsi, l'ami Michael ose toutes les excentricités et la présence d'Isabel Lucas (dont la carrière ne s'en remettra jamais) en est bien la preuve. En effet, pendant toute la première partie, elle n'arrête pas de chauffer l'ami LaBeouf jusqu'au moment où elle se transforme en transformers! Ou comment Bay mixe La Mutante et Transformers pour un grand moment de ridicule. Rien que pour le plaisir voici la vidéo:

  • Rosie Huntington Whiteley dans Transformers 3

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Michael Bay, Rosie Huntington-Whiteley

Suite au fait que la miss Fox a cité Bay comme "Hitler", pas rancunier l'ami Bay a pris une des miss de Victoria's secret Rosie Huntington Whiteley. Sauf que comme souvent, qui dit mannequin dit ne sait pas jouer. Cela ne rate pas puisque la miss sert encore à moins à quelque chose que Megan Fox! Un comble!

  • Bar Paly dans Pain and Gain

Là où Michael assume complètement son concept. Après avoir chercher les filles, les girls next door et les copines en date, avec Bar Paly il en fait carrément une strip-teaseuse ex-miss hongroise (donc accent à couper au couteau) et à la débilité profonde, se tapant à la fois Mark Wahlberg (sur un parking) et The Rock. Un pur objet sexuel en soi.

  • Nicole Petz dans Transformers 4

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Nicola Peltz

Même topo que pour Armageddon: fille-père-gendre. Pas vu le film mais néanmoins dommage que la miss passe de Bates Motel à ça...

  • Acteurs connus en manque de sous

Au cours de sa filmographie, il est tout de même incroyable de voir tant d'acteurs connus se foutre dans ses films. Faisons un petit tour des amigos ayant des impôts à payer en enlevant toutefois le duo de Bad Boys qui débutait: Tchéky Karyo, Joe Pantoliano, Ed Harris, Nicolas Cage, Sean Connery, David Morse, Michael Biehn, Bruce Willis, Billy Bob Thornton, Steve Buscemi, Alec Baldwin, Cuba Gooding Jr, Jon Voigt, Charlton Heston (et oui il faisait la voix au début du film), Tom Sizemore, Ewen Bremmer, Dan Aykroyd, Colm Feore, Cary Hiroyuki Tagawa, Mako, Ewan McGregor, Sean Bean, Djimon Hounsou, Anthony Anderson, John Turturro, Kevin Dunn, Bernie Mac, Frances McDormand, John Malkovich, Mark Wahlberg, Kelsey Grammer, Stanley Tucci, Tony Shalhoub ou The Rock. ça fait beaucoup tout de même surtout pour certains qui viennent clairement pour des caméos inutiles. A quand Harrison Ford en commandant impérial de la flotte autobots? 

  • Kaboom, épileptisme et autres

Voilà un aspect qui représente à lui seul le cinéma de Michael Bay: les explosions, des armes à feu, du bruit! Le genre que vos tympans ne sont pas prêts d'oublier. Même Pain and Gain en a. Mais qui dit explosion dit aussi épileptisme. Pour preuve, les Transformers sont dramatiques sur ce domaine car les robots sont tellement interchangeables qu'on ne les reconnaît pas du tout en dehors de trois. Et surtout on ne comprend rien. Je me souviens particulièrement du final du deuxième film qui était tellement illisible qu'il m'avait donné un beau mal de crâne. Mais l'internaute n'est pas dupe et a parodié plus d'une fois les excès filmique de l'ami Michael. Ainsi voici un petit montage bien bourrin avec des explosions et le "broom" des bandes-annonces des Transformers. 

Imaginez dorénavant certains classiques à la Michael Bay. Par exemple Les évadés de Frank Darabont. Jump flares, explosions en pleine prison, Optimus Prime au micro de la prison ou encore Linkin Park en fond sonore. 

Sans compter l'ami Seth Green qui s'en est moqué dans Robot Chicken, sa série en stop motion. Un film qui s'appelle sobrement Explosions avec... que des explosions! De camion, de dirigeable, de voiture, d'hélico, de pont, de poussette, de mannequin, de feux d'artifice, d'avions de chasse, de bus.... Tout ce que vous voulez du temps que cela explose!

Et puis chez Michael il y a aussi le plan circulaire. Alors il y a souvent l'arrêt sur image avec nos cocos qui restent au ralenti. Mais surtout il y a le plan circulaire artificiel à mois que vous n'ayez une micro-caméra qui arrive à passer dans les trous de porte! Un plan qui dans mon souvenir a été inauguré dans Bad Boys 2. Déjà que la scène avec les haïtiens est d'un vulgaire sans précédant, l'épileptisme de la scène n'en est que plus grand avec ce déluge de tirs, de sang qui gicle et de caméras qui tournent à la manière d'une montagne russe qui vous garderait jusqu'à dégueuler! Ce type de scène sera repris par la suite sur Transformers (le gunfight entre Jon Voight et les décepticons dans la remise) et dans Pain and gain (la scène avec la magnat qui finira avec un poids dans la gueule!). 

  • Placement de produit

S'il y a bien une chose que l'on remarque facilement dans un film c'est les pubs et Michael en a souvent utilisé. Une bouteille de Coca Cola sert à stocker du sang dans Pearl Harbor, la XBox 360 qui se métamorphose en transformers, sans compter les voitures... Mais le plus grandiose a été atteint avec Transformers 4. Rien que sur la première bande-annonce, on peut voir un énorme placement de produit pour toute une gamme de marques asiatiques. Ainsi de gauche à droite nous avons Panasonic, TCL, Epson, Hitachi, Philips, Hyundai et Samsung. Je vous laisse faire votre marché! 

  • Pompage

Enfin dernier point à aborder avec le style c'est bien sûr le pompage dans ses films. Car l'ami Michael n'est pas infaillible et commet lui aussi ses petits pompages par ci par là. Ainsi on commence avec Bad Boys 2. Vous vous souvenez certainement du final dans les favelas avec les maisons se faisant dégommer par les deux hummer. Hé bien sachez que Michael n'a rien inventé puisque Jackie Chan faisait déjà cela dans Police Story. Pour preuve cette vidéo où la scène est entre 1'05 et 2'04 et la scène de Bad Boys 2.


POLICE STORY 1 BEST SCENES par xmaster101

Pour ce qui est du scénario de The Island, les scénaristes ont été chercher chez le père Lucas et son THX 1138. Cité préservé, costume identique à chacun, interdits en pagaille et monde réel au dehors. Le plan où McGregor et Johansson sortent est même assez similaire au final du premier film de Lucas. Mais là où Mickey a fait fort c'est sur Transformers 3. Comme The Island appartient à Dreamworks et que Dreamworks était la propriété de la Paramount alors pourquoi ne pas reprendre une scène entière du film de 2005 en remontant le tout avec des transformers et des incrustrations des acteurs du film? C'est ce qu'a fait l'ami Michael de manière redoutable comme le confirme cette vidéo où les deux scènes apparaissent sur un même écran. 

Je terminerais cette chronique sur le court-métrage animé Bad Toys 2 plutôt inventif et bien plus fun que la poursuite du titre parodié. D'autant qu'on a Thierry Ragueneau (Linguini dans Ratatouille), Richard Darbois (Buzz l'éclair) et Philippe Peythieu (Homer Simpson) au doublage. Un court de grande qualité et bien moins con que son homologue. Allez à la semaine prochaine!

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19 juillet 2014

Hannah Montana chez les bouseux... Pardon... Hannah Montana à la campagne !

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genre: film musical, gnangnan
année: 2009
durée: 1h40

l'histoire: Le phénomène planétaire débarque enfin sur grand écran ! Miley Stewart (Miley Cyrus) se bat chaque jour pour concilier l'école, les copains et son identité secrète : elle est la pop star Hannah Montana. Mais la célébrité d'Hannah menace d'envahir la vie de Miley... Le père de la jeune fille (Billy Ray Cyrus) décide de la ramener chez lui à Crowley Corners, dans le Tennessee, pour un petit retour à la réalité. C'est le début d'une aventure pleine d'humour, de rire et d'émotion que même Hannah Montana n'aurait jamais pu imaginer !  

La critique d'Alice In Oliver:

Inutile de le préciser, mais Hannah Montana: le film, réalisé par Peter Chelsom en 2009, est évidemment l'adaptation d'une série télévisée du même nom ou presque (donc Hannah Montana). Impossible de vous dire ce que vaut concrètement la série d'origine puisque je ne la connais pas et je n'ai pas spécialement envie de la découvrir. En même temps, il faut bien le reconnaître: Hannah Montana: le film s'adresse avant tout au public adolescent et plus particulièrement aux midinettes qui rêvent encore du prince charmant. Comme qui dirait: il faut de tout pour faire un monde.
Et après tout, pourquoi pas...

Au niveau de la distribution, Hannah Montana: le film réunit Miley Cyrus, Billy Ray Cyrus, Jason Earles, Emily Osment, Mitchell Musso et Moises Arias. A l'origine, Hannah Montana est une série qui cartonne surtout aux Etats-Unis. Elle est quand même moins connue en France.
Justement, le but de cette transposition cinématographique est de faire connaître davantage sa poupée Barbie... heu pardon... son héroïne, donc Hannah Montana (au cas où vous n'auriez pas suivi), en dehors de ses frontières, et notamment en France. Inutile ici de regarder le scénario qui brille avant tout par sa transparence et sa simplicité.

 

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Attention, SPOILERS ! Hannah Montana et Miley Stewart ne font qu'une. La première est une star blonde de la musique pop, idole des jeunes. La seconde est une brunette anonyme, qui a les deux pieds sur terre. Enfin, plus tout à fait. Le succès de son alter ego lui est monté à la tête. 
C'est pourquoi le père de Miley kidnappe cette dernière pour la ramener passer deux semaines sur la ferme familiale du Tennessee, coupée du monde et du glamour. Au bout de quelques jours de résistance, Miley se laisse gagner par la chaleur de sa grand-mère, les beaux yeux d'un garçon de ferme et le sort d'un pré avoisinant, menacé par la construction d'un centre commercial.

Une kermesse est organisée pour financer la lutte des opposants au projet, et pour assurer son succès, on demande à Hannah Montana de venir chanter. Dès les premières minutes du film, la couleur moisie et marron (je vous laisse deviner l'odeur...) est annoncée.
En effet, on découvre une star de la chanson américaine bien foireuse... pardon de la pop acidulée et destinée à séduire les adolescentes en manque de mec... pardon le jeune public. Evidemment, Hannah Montana est belle, blonde de surcroît et enchaîne les tubes complètement ringardos... pardon les morceaux d'anthologie sur scène à gros coup de pétards et de feux d'artifice.

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Pas de doute, nous sommes en bien en présence d'un film américain avec la mentalité qui va avec: en gros, vive l'Amérique des WASP et pro-Bush ! Mais peu importe, Hannah Montana: le film tente bien gentiment de nous raconter une histoire, à savoir celle d'une adolescente qui mène un double vie (je renvoie au synopsis). Star et "blondasse" sur scène, Hannah Montana devient Miley Stewart, une "brunasse" sans histoire et quelconque dans la vie de tous les jours.
Oui mais voilà, le succès lui est monté à la tête. Son père décide alors de l'envoyer chez les bouseux histoire que notre grognasse... pardon notre héroïne retrouve certaines valeurs. 

Au contact des cheveux, de la paille, de la bouse de vache... pardon du parfum naturel se dégageant de la campagne, Hannah Montana va finir par apprécier cette nouvelle vie. Elle va même tomber amoureuse d'un gentil blondinet au sourire Email Diamant. Je passe sur cette histoire d'amour peu passionnante. Je passe également sur les chansons que le film nous assome à profusion, histoire de vendre encore plus un produit ultra formaté et standardisé. Bien sûr, les jeunes midinettes risquent d'apprécier ce spectacle et seront en terrain connu et quasiment conquis. 
Pour ma part, je préfère passer mon tour. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

 


Hannah Montana - le film - Bande-annonce 1... par BandeAnnonceHD

18 juillet 2014

Vengeance "légitime"

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genre: drame
année: 2014
durée: 1h30

l'histoire: Un soir, sur la route d'Honfleur, après sa journée de travail, Philippe Tessier, père de deux fillettes, renverse accidentellement un garçon à vélo, Victor Harfouche, 10 ans. Affolé, redoutant les conséquences, il abandonne l'enfant inanimé sur le bord de la route. Sans secours, Victor meurt des suites de ses blessures. Dès lors, Philippe Tessier devient un assassin. En apprenant la nouvelle, Antoine Harfouche, le père de l'enfant, veut à tout prix retrouver l'assassin de son fils. Le hasard fait que les deux hommes travaillent dans la zone portuaire  du Havre. Un jeu ambigu va les amener à se rapprocher l'un de l'autre et un début d'amitié va même naître entre eux. Mais Christine Tessier, la femme de  Philippe, n'acceptant pas la lâcheté de son mari, va précipiter sa chute.  

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils, réalisé par Pierre Aknine en 2014, est l'adaptation d'un roman du même nom de Jacques Expert. Il s'agit également d'un téléfilm, donc d'une production destinée à la télévision. En l'occurrence, la production est assurée par TF1, une chaîne qui ne brille pas particulièrement par l'intelligence de ses programmes.
Pourtant, consciente qu'elle tient (pour une fois) un sujet sérieux, TF1 fera un peu..., beaucoup..., pardon énormément la promotion de ce téléfilm. Au niveau de la distribution, ce drame réunit Jean-Paul Rouve, Audrey Lamy, Sami Bouajila, Anne Marivin, Florence Müller et Françoise Pinkwasser.

Le scénario est conçu pour toucher un maximum de spectateurs. Attention, SPOILERS ! Un soir, sur la route d'Honfleur, après sa journée de travail, Philippe Tessier, père de deux fillettes, renverse accidentellement un garçon à vélo, Victor Harfouche, 10 ans. 
Affolé, redoutant les conséquences, il abandonne l'enfant inanimé sur le bord de la route. Sans secours, Victor meurt des suites de ses blessures. Dès lors, Philippe Tessier devient un assassin. En apprenant la nouvelle, Antoine Harfouche, le père de l'enfant, veut à tout prix retrouver l'assassin de son fils. Le hasard fait que les deux hommes travaillent dans la zone portuaire  du Havre.

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Un jeu ambigu va les amener à se rapprocher l'un de l'autre et un début d'amitié va même naître entre eux. Mais Christine Tessier, la femme de  Philippe, n'acceptant pas la lâcheté de son mari, va précipiter sa chute. Evidemment, avec un tel scénario, Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils aborde un sujet difficile, à savoir celui d'un bon père de famille, Philippe Tessier, chauffard à ses heures perdues, et qui tue accidentellement un jeune gosse sur la route.
Il aurait pu tout avouer à la police mais pour cela, il aurait fallu assumer toutes les responsabilités que cela implique.

Plutôt que de ses rendre chez les flics, Philippe Tessier préfère se taire et cacher son meurtre. Dans un premier temps, il fait preuve d'un très grand sang froid et cynisme. Il fait comme si rien ne s'était déroulé. Et pourtant, très vite, son attitude le trahit. Déjà, sa femme, avec qui il ne s'entend plus depuis des années, a de sérieux soupçons. Même le père de la victime commence à mener sa petite enquête sur Philippe qu'il considère comme le principal suspect.
Son but ? Punir et tuer celui qui a écrasé son rejeton sur la route. Bref, à partir de là, c'est un drame psychologique qui s'engage.

 

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Plutôt habitué à jouer les fanfarons au cinéma, Jean-Paul Rouve trouve un rôle beaucoup plus sérieux qu'à l'accoutumée. Rien à redire sur l'interprétation. Les autres acteurs tirent eux aussi leur épingle du jeu. On apprécie de voir notamment Audrey Lamy et Anne Marivin dans des registres différents.
Pourtant, malgré des qualités évidentes, notamment un sujet difficile et sensible qui touche forcément, et une interprétation de qualité (je sais, je viens de le dire...), Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils a bien du mal à convaincre totalement sur la durée. Clairement, on a tout de même du mal à partager le chagrin de cette famille touchée par cette perte et cette tragédie.

La faute revient essentiellement à une réalisation beaucoup trop terne pour susciter l'adhésion et rarement l'émotion. Visiblement, Pierre Aknine compte sur la performance de ses acteurs. Encore une fois, à ce niveau-là, rien à redire. Hélas, ce téléfilm se montre assez transparent sur les thématiques qu'il aborde. Par exemple, la peine, le chagrin et le deuil du couple formé par Audrey Lamy et Sami Bouajila sont montrés en l'espace de cinq petites minutes, chronomètre en main.
Même chose pour ce qui est de la vengeance légitime formulée par Sami Bouajila, évoquée en quelques petites secondes lors d'une brève rencontre avec Jean-Paul Rouve en voiture. Même remarque encore concernant la relation que ce dernier entretient avec sa femme. Pourquoi sont-ils aussi fâchés ? Enfin, pourquoi Philippe Tessier cherche-t-il à cacher à tout prix son meurtre ? 
Bref, autant de questions qui auraient mérité une meilleure analyse même si on devine forcément les raisons. En revanche, Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils se montre beaucoup plus intéressant quand il aborde ce jeu de faux semblants qui s'installe entre les différents protagonistes. Un téléfilm intéressant donc, mais pas la claque annoncée, loin de là.

 


Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils... par claudeaubanel

Les vrais détectives sont ceux dont on se souvient

Deux enquêteurs de Louisiane se retrouvent sur une affaire qui les hantera durant presque vingt ans...

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A l'heure où les séries deviennent plus ambitieuses que les films sortant d'Hollywood (il n'y a qu'à comparer Game of thrones avec Transformers 4 je pense que le combat est gagné d'avance pour le premier), peu peuvent se dire réellement culte dès la première saison. En sachant que pour certaines cela se dégrade assez rapidement dès la seconde comme l'a prouvé moult fois Lost. La dernière série de cet acabit est True Detective, série policière anthologique sur une saison (une saison = une histoire) comme American Horror Story. Entièrement scénarisée par Nic Pizzolatto (alors juste connu pour quelques nouvelles et un apport sur le remake de The Killing); entièrement réalisée par Cary Fukunaga (réalisateur du remarqué Sin Nombre et de l'adaptation de Jane Eyre avec Mia Wasikowska); et avec comme têtes d'affiche l'oscarisé Matthew McConaughey (son triomphe en mars dernier est survenu juste après le carton d'audience du dernier épisode) et Woody Harrelson, rejoint par des têtes connues comme Michelle Monaghan, Elizabeth Reeser, Kevin Dunn, Alexandra Daddario (qui a vraiment bien grandie depuis Percy Jackson!) ou Paul Ben-Victor (mais si le premier mec que liquide Ben Affleck dans son costume riquiqui de Daredevil)... True Detective est devenu le dernier hit d'HBO, déjà bien contente d'avoir un lot de séries prestigieuses (au hasard Boardwalk Empire, Rome ou Les Soprano). 

Photo Matthew McConaughey, Woody Harrelson

L'histoire? Deux enquêteurs qui pensent avoir trouver un coupable dans une affaire sordide et se rendent compte de leur erreur bien des années plus tard. Une histoire de serial killer ne nécessitant a priori pas huit épisodes quand un épisode d'Esprits criminels torcherait l'affaire au bout de 45 minutes avec coupable bouclé ou liquidé. Ce n'est pourtant pas le cas, puisqu'en huit épisodes, les personnages de Nic Pizzolatto ont plus évolué que l'équipe de CBS en bientôt dix saisons. L'intrigue elle aussi se révèle infinimment plus complexe de par les relations entre les personnages. Durant au moins quatre épisodes, Pizzolatto croque ses deux personnages principaux, deux flics aussi différents qu'ils ne lâchent pas l'affaire sur laquelle ils sont et surtout s'avèrent aussi impulsifs pour ce qui est de finir cette enquête. McConaughey incarne un divorcé meurtri depuis la mort de sa fille et partant parfois dans des directions psychiques très poussés (rapidement son collègue lui dit d'arrêter ces conneries, ce qu'il ne fait pas). Harrelson est plus bourrin et volage, alors qu'il est en menage avec femme et enfants prétextant vulgairement la mort d'un parent et se noyant dans l'alcool.

Photo Matthew McConaughey

En quatre épisodes, Pizzolatto parvient à présenter un duo atypique et ce d'une certaine manière. En effet, toute l'enquête (tout du moins au départ) est un immense flashback riche en ellipses (on passe littéralement de 1995 à 2002, puis de 2002 à 2012) et racontée en 2012 par les protagonistes interrogés séparemment par des agents alors qu'ils ne sont plus en service. En les filmant sur différentes périodes, on voit l'évolution du duo que ce soit moralement ou physiquement: la découvert, la rupture et la réconciliation; le trouble de McConaughey sans compter sa gueule amaigrie (on sent qu'il ressortait du Dallas Buyers Club) et limite hyppie et la rancune d'Harrelson, perdant ses cheveux au fil des années. Quant à l'intrigue, un peu comme l'affaire Zodiac, elle évolue au fil des années. On pense avoir trouver le tueur, il n'en est finalement rien. Le crime? Montré dès le premier épisode et rappelant les méfaits du docteur Lecter dans la récente série (un corps de femme coupé par des bois de cerf) quand la réelle batisse du tueur n'est pas sans rappeler celle de Buffalo Bill dans le final du Silence des agneaux. Jusqu'au final de l'épisode 7, le public n'a pas de visuel du tueur permettant un affrontement final d'autant plus crédible. Un peu comme John Do qui n'apparaissait réellement que dans la dernière demi-heure de Seven.

Photo Matthew McConaughey

Pizzolatto a parfaitement compris le cadre d'une série et particulièrement d'une saison, composant en huit épisodes un condensé d'émotion et de suspense que des saisons de vingt épisodes (en gros celles provenant des networks) parviennent moyennement à faire adhérer sur la longueur. Mais surtout, cette série a une facture technique de haute volée. Si Breaking Bad ou Twin Peaks ont mis la barre très haut dans ce domaine, True Detective ne déroge pas à la règle. Pour preuve, on aura rarement vu un plan-séquence aussi maîtrisé à la télévision que celui clôturant l'épisode 4. La caméra suit McConaughey en infiltration avec une tension de tous les instants (va-il tous devoir les tuer ou rester neutre face aux exactions de ses camarades bandits? Va-t-il survivre à une attaque de blancs dans un quartier afro-américain? Qui plus est avec de la coke dans le coin...) et une lisibilité rare de tous les instants avec plans larges, travelling ou plans rapprochés. On se satisfera aussi du grand final dans la tanière du tueur, d'une rare violence (et ce même sur le câble) et notamment cette ouverture permettant un trip certain à McConaughey. L'interprétation est tout bonnement superbe et à la hauteur des attentes. McConaughey, bien qu'un peu fatigué du tournage du film de Jean-Marc Vallée, signe une performance une nouvelle fois admirable quand Harrelson montre qu'il peut aussi jouer des gros durs à poigne comme il l'a montré récemment chez Scott Cooper ou Rampart. La surprise vient néanmoins de Monaghan qui n'a jamais aussi bien joué et ce même dans Gone Baby Gone de Ben Affleck. Soulignons également la qualité du générique tout en symbole et incrustation.

Une première saison d'anthologie soulignée par une écriture soignée, une réalisation léchée et un casting au poil.

17 juillet 2014

Le duo Isaac Florentine/Scott Adkins est de retour...

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genre: action, arts martiaux
année: 2014
durée: 1h35

l'histoire: Ne faire confiance à personne : c’est le code de survie de Casey Bowman après la perte tragique et sauvage de sa femme portant son enfant. Un seul indice : une série de victimes avec les mêmes marques de strangulation au fil barbelé très reconnaissable. Sa cible : un sinistre baron de la drogue appelé Goro, qui inonde les rue de méthamphétamine mortelle fabriquée dans la jungle birmane. Casey doit pousser ses facultés de combat au maximum, jusqu’à utiliser une technique de méditation profonde pour simuler sa propre mort. Pour se préparer à cette ultime confrontation, Casey doit devenir un guerrier invisible digne de porter le titre de Ninja.  

La critique d'Alice In Oliver:

Evidemment, un tel titre, à savoir Ninja 2: Shadow of a Tear, réalisé par Isaac Florentine en 2014, a tout de la purge annoncée. Comme l'indique le titre, Ninja 2: shadow of a Tear est bien sûr la suite du premier Ninja, déjà réalisé par le même Isaac Florentine.
Tout comme le premier épisode, Ninja 2 n'a pas bénéficié d'une sortie au cinéma. Il faudra donc se contenter d'un petit direct to video (DTV). Tous ces détails ne plaident pas vraiment en faveur de cette production modeste et pourtant... C'est vite oublier la présence d'Isaac Florentine derrière la caméra. Certes, ce dernier est un réalisateur américain.

Mais depuis quelques années, on lui doit Un seul deviendra invincible 2 et Un Seul deviendra invincible 3, déjà avec Scott Adkins. Indéniablement, celui-ci est devenu l'acteur fétiche d'Isaac Florentine. Il est le digne successeur de Jean-Claude Van Damme dans sa période de gloire quand il tournait encore des films d'action et d'arts martiaux potables, en tout cas largement recommandables.
Mieux encore, Un seul deviendra invincible 2 et Un Seul deviendra invincible 3 se sont taillés une solide réputation auprès des amateurs du genre. C'est très simple: ces deux films symbolisent aujourd'hui ce qui se fait de mieux (en matière d'arts martiaux) sur le territoire américain.

 

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Et pourtant, on parle de petites productions et de films destinés à faire les bacs à solde. Oui mais voilà, il y a Scott Adkins, un artiste martial d'une redoutable efficacité qui n'a pas à rougir de la comparaison avec un autre grand nom du genre: Bruce Lee. Certes, Scott Adkins est moins connu qu'un Jason Statham, un Sylvester Stallone ou encore un Chuck Norris.
Mais indéniablement, l'acteur dégage un vrai charisme. Il le prouve encore avec Ninja 2. Contre toute attente, le premier volet était de facture honnête. Isaac Florentine se montrait fidèle à son cinéma en respectant les grands principes des arts martiaux.

En résumé, vous avez aimé le premier épisode ? Si oui, vous devriez apprécier cette suite qui joue avec ses qualités. La force de Ninja 2 ne repose pas vraiment sur son scénario. Mais soyons honnête, on ne regarde pas ce genre de film pour la qualité de son histoire.
Attention, SPOILERS ! Ne faire confiance à personne : c’est le code de survie de Casey Bowman après la perte tragique et sauvage de sa femme portant son enfant. Un seul indice : une série de victimes avec les mêmes marques de strangulation au fil barbelé très reconnaissable. Sa cible : un sinistre baron de la drogue appelé Goro, qui inonde les rue de méthamphétamine mortelle fabriquée dans la jungle birmane.

 

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Casey doit pousser ses facultés de combat au maximum, jusqu’à utiliser une technique de méditation profonde pour simuler sa propre mort. Pour se préparer à cette ultime confrontation, Casey doit devenir un guerrier invisible digne de porter le titre de Ninja.
Clairement, Isaac Florentine est un fan des films d'arts martiaux et plus particulièrement des films de ninjas des années 1980. Impossible de ne pas penser à la saga American Ninja avec Michael Dudikoff. La seule différence, c'est que Ninja 2 n'est pas un nanar. Mieux encore, il s'agit d'un bon film de genre sans être non plus exceptionnel.

Encore une fois, Scott Adkins trouve un rôle sur mesure et impressionne par sa présence et ses prouesses athlétiques. C'est indéniable: au risque de me répéter, ce mec possède un sacré charisme. Oui, Ninja 2 est un film d'action et d'arts martiaux qui vise avant tout l'efficacité.
Point barre ! Les fans du genre seront en terrain connu et quasiment conquis. Bien sûr, il est inutile ici de rechercher le moindre message ou un scénario un tant soit peu complexe. Non, encore une fois, Ninja 2 va droit au but et atteint son principal objectif: délivrer la marchandise et offrir des combats spectaculaires. Bref, encore du bon boulot de la part d'Isaac Florentine. Clairement, il serait temps qu'un gros producteur repère enfin le talent de ce cinéaste.

 


NINJA 2 _ Shadow of a Tear Trailer (Scott Adkins) par KSTV1

16 juillet 2014

John Ryder est de retour

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genre: policier, thriller (interdit aux moins de 16 ans)
année: 2007
durée: 1h30

l'histoire: En s'arrêtant au bord de la route, Jim et Grace ne pouvaient imaginer qu'ils allaient prendre en stop... un tueur psychopathe. Ils réussissent à lui échapper, mais l'homme continue ses massacres en faisant accuser le jeune couple, qui se voit obligé de fuir face à la police. Leur unique espoir : tenter de capturer eux-mêmes le meurtrier pour prouver leur innocence...  

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Hitcher, réalisé par Dave Meyers en 2007, est un remake d'un film du même nom de Roger Harmon et sorti en 1986. Rappelons que le film original s'est taillé une certaine réputation au fil des années. On peut même parler d'un film culte qui oscillait entre le thriller, l'action, le road movie, l'horreur et le fantastique. En résumé, Hitcher premier du nom pouvait s'appuyer sur une atmosphère étrange et très particulière. Ensuite, le film pouvait également compter sur l'excellente performance de Rutger Hauer, impeccable dans la peau du serial killer de service.
Pour cette nouvelle version, Rutger Hauer n'est évidemment plus de la partie.

Toutefois, Hitcher version 2007 reprend les grandes lignes du scénario original. Ce remake est également produit par Michael Bay, ce qui a le don de susciter les craintes les plus légitimes. Rappelons que Michael Bay reste le réalisateur et/ou le producteur d'Armageddon, Pearl Harbour, le remake (déjà) de Massacre à la Tronçonneuse, le remake de Vendredi 13 ou encore de Freddy: Les Griffes de la Nuit (toujours un remake par ailleurs).
C'est donc un fait avéré: Michael Bay nous empoisonne l'existence ou plutôt le cinéma en l'occurrence avec ses remakes complètement nazebroques (à la rigueur, seul Massacre à la Tronçonneuse fait figure d'exception sans briller pour autant).

 

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Hélas, Hitcher ne fait pas exception. Déjà, à la base, le film original avait bénéficié d'une suite, donc Hitcher 2, qui n'avait pas spécialement marqué les esprits. On se demande pourquoi les studios viennent "rafraîchir' un film qui n'en avait pas besoin. En effet, le premier Hitcher a plutôt bien traversé le poids des années. Ca reste un thriller toujours aussi efficace même encore aujourd'hui.
Au niveau de la distribution, Hitcher version 2007 réunit Sophia Bush, Sean Bean, Zachary Knighton et Neal McDonough. Comme je l'ai déjà indiqué, le scénario reprend les grandes lignes du film original. Attention, SPOILERS !

En s'arrêtant au bord de la route, Jim et Grace ne pouvaient imaginer qu'ils allaient prendre en stop... un tueur psychopathe. Ils réussissent à lui échapper, mais l'homme continue ses massacres en faisant accuser le jeune couple, qui se voit obligé de fuir face à la police. 
Leur unique espoir : tenter de capturer eux-mêmes le meurtrier pour prouver leur innocence. Bon, premier constat, Michael Bay et Dave Meyers ne se sont pas foulés le poignet pour écrire le scénario du film. En effet, dans le long-métrage original, c'était un jeune homme qui devait affronter un auto-stoppeur psychopathe. Cette fois-ci, c'est un couple, donc deux jeunes personnes (visiblement des étudiants) qui se retrouvent face à un assassin "dézingué du bulbe" (je viens d'inventer l'expression).

 

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Sinon, la formule est exactement la même à tel point que ce remake sent le gros "foutage de poire" en puissance. Sean Bean remplace Rutger Hauer. Soyons honnête: l'acteur ne s'en sort pas si mal. C'est même lui qui sauve ce remake du zéro pointé.
Mais alors, pour le reste, Hitcher 2007 ne se démarque en rien de la version originale. Pire encore, il reprend les séquences du film de Roger Harmon: la famille prise en otage par John Ryder (donc le serial killer de service), un jeune homme déchiqueté par le camion du tueur et enfin toute la séquence se déroulant dans le poste de police... 
Certes, ceux qui n'ont pas vu le film original pourront peut-être apprécier ce remake. Néanmoins, pour ceux qui connaissent le film de Roger Harmon, ils se demanderont quel est l'intérêt de ce remake qui n'apporte strictement rien à son modèle et le copie sans vergogne.

 


The Hitcher (2007) trailer par funchannel32

Le match de basket le plus improbable de tous les temps

Les Looney Tunes sont en grand danger: suite à un pari improbable avec des aliens, ils vont devoir les affronter dans un match de basket-ball. Les aliens ne tardent pas à tricher, en prenant la puissance de stars de ce sport. Les Looney Tunes décident de prendre une valeur sûre: Michael Jordan devenu depuis un piètre joueur de baseball...

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Ah les années 90, son lot de films cultes et de nanars à foison, son lot de musiques hip hop aux ras des paquerettes, le rock qui essaye de survivre (avant la débandade pop branché type Muse) et la techno qui commence à rester en tête, ses vêtements ahrem (quoique les années 80 c'était pas mal). C'est aussi une période où le bien nommé Borat découvrait le monde et parmi son entourage, il tombe sur les VHS. Space Jam de Joe Pitka (réalisateur de plusieurs clips et tournée de Michael Jackson) est vite devenu un film culte, le genre qui apparaissait très souvent dans mes VHS attérissant dans le magnétoscope (et qui a survécu). Pourtant le film a un pitch totalement improbable: imaginez si les Looney Tunes se foutait sur la gueule avec des aliens dans un match de basket où est convié Michael Jordan et dans une moindre mesure Bill Murray. En sachant que Joe Dante voulait initialement faire un film sur Chuck Jones, créateur des Looney Tunes et donc cartooneur historique s'il en est au même titre qu'un Tex Avery. Finalement le projet sera annulé au profit de Space Jam mais Dante s'occupera des Looney Tunes passent à l'action en 2003 avec le bide total que l'on connaît. Aujourd'hui, le film est assez oublié, malgré quelques rediffusions vers noël (mais pas trop souvent quand même). Il reste tout de même connu pour une chose: sa bande-originale. 

Michael Jordan. Collection Christophe L.

Vous devez sûrement vous souvenir de l'insupportable I believe I can fly (soit "Je crois que je peux voler", ce qui n'a strictement aucun rapport avec le film) d'R Kelly, hein?! 99,99999% diront oui. Comme je vous le disais, Space Jam fut longtemps parmi mes films préférés, le genre dont je me souviens encore par coeur de nos jours. Puis je m'en suis lassé et je dois bien dire que dorénavant je le vois plus comme une sorte de nanar, un plaisir coupable si je suis gentil. Le réalisateur reprend donc le même principe qu'un certain Qui veut la peau de Roger Rabbit de Robert Zemeckis mais curieusement dans l'autre sens. En effet, peu de séquences sont tournés dans le monde réel et ne comportent que peu d'incrustation de personnages animés. A vrai dire, Michael Jordan a dû beaucoup parlé tout seul devant des poteaux ou sur un fond vert. En gros, Jordan se retrouve dans un univers entièrement animé où il se retrouve à faire du basket avec Bugs Bunny et des aliens. D'ailleurs, on dit que les acteurs (dont nombre d'autres joueurs de basket comme Charles Barkley) ont mis quatre ans a tourné les séquences d'animation. Devait pas être pressé...

Collection Christophe L.

Les personnages animés sont plutôt bien animés et incrustés dans les décors réels quand c'est le cas. En fait, le basket n'est qu'un véhicule pour pouvoir donner de l'action car au final nos chers looney n'en font pas tellement durant le film. Les Looney Tunes sont toujours aussi drôle, même après plus d'un demi siècle d'activités hilarantes. C'est aussi pour cela que je garde une certaine sympathie pour ce film, car j'arrive encore à rire des conneries de ces personnages qui ont bercé mon enfance et celle de beaucoup d'autres. Indéniablement ce film n'est pas une grande réusite. Assez court (90 minutes), Space Jam permet de passer un bon moment mais il ne révolutionnera certainement le genre animé/live comme ce fut le cas du film de Robert Zemeckis ou Mary Poppins de Robert Stevenson. Néanmoins, malgré sa connerie totalement volontaire, le film ne se prend absolument pas au sérieux ce qui lui permet aussi de ne pas être vraiment mauvais. Bill Murray vient clairement payer ses impôts en jouant les basketteurs à deux balles et casquette visée à l'arrière. Quant aux basketteurs, leurs apparitions sont clairement nanardesques. Il n'y a qu'à voir Michael Jordan se ridiculisant au base-ball ou Charles Barkley se prenant une branlée par des gamines tout en confessant qu'il ne couchera plus jamais avec Madonna!

Michael Jordan s'en sort encore avec les honneurs bien qu'il a l'air plus d'une fois de se demander ce qu'il fout là. D'autant que Pitka n'y va pas de main morte, Jordan obtenant clairement un film à son effigie. Le début le montre gamin avec son papounet en train de jouer au basket la nuit; puis le générique montre ses faits d'armes; on le voit avec sa belle famille... Clairement Jordan apparaît comme un mec comme vous et moi. Mais ce dont on se souvient de Space Jam c'est bien sûr de son match de basket complètement frappadingue où les Looney Tunes se font dégommer un par un par les aliens qui grâce à la puissance récupérée chez les basketeurs sont devenus de gros mastoques. Y compris le pauvre Wayne Knight qui se fait littéralement écrasé avant de tellement gonfler qu'il a fini comme un ballon qui éclate. Ce qui donne des séquences animées fort plaisantes et le moins délirantes, renforçant justement ce second degré salvateur. Mais le grand moment nanar du film est bien évidemment le dernier point mis par Jordan, véritablement rigolade en puissance car totalement absurde. Le genre bras long qui reste dans les annales du gag le plus extra-large de tous les temps. 

Un petit nanar qui s'assume comme une production sympatoche pour gosses. Vous avez aussi le choix de passer votre chemin.

 

La critique d'Alice In Oliver:

Mélanger des acteurs réels à des personnages de dessin animé n'est pas chose aisée. Pourtant, jusque-là, le cinéma d'animation s'en est plutôt bien tiré. L'exercice devient encore plus compliqué quand il faut composer avec des vedettes du grand écran et l'univers du cartoon, une tâche que Robert Zemeckis avait accompli avec brio dans Qui veut la peau de Roger Rabbit.
En ce sens, Space Jam, réalisé par Joe Pytka en 1996, partage de nombreuses similitudes avec le chef d'oeuvre de Zemeckis. Là aussi, le cartoon et ses personnages les plus célèbres font partie du programme. Toutefois, Space Jam n'a pas les mêmes ambitions.

En effet, Michael Jordan passe de sportif à acteur (et inversement) dans ce divertissement qui s'adresse avant tout au très jeune public. D'ailleurs, Michael Jordan interprète ici son propre personnage. Il réitérera par deux fois avec He got game en 1998 et dans la série télévisée Ma famille d'abord (l'épisode 2 de la saison 5). A la base, le fait de mélanger le basket, une star de la NBA (donc Michael Jordan au cas où vous n'auriez pas suivi) et l'univers du cartoon tient du pari insensé et un peu débile.
Cela ressemble à un projet un peu casse-gueule mais néanmoins amusant, il faut bien le reconnaître. Mission réussie ? Réponse dans les lignes à venir.

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En dehors de Michael Jordan, Space Jam réunit Bill Murray, Larry Bird, Wayne Knight, Theresa Randle et Eric Gordon. Reconnaissons-le: on l'aime bien Michael Jordan, déjà parce qu'il s'agit d'un sportif hors norme, d'un type modeste et franchement très sympathique.
Néanmoins, le voir débarquer dans l'univers des Toons a de quoi inquiéter. En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que le basketteur n'a pas grand-chose à voir avec Bugs Bunny, Gros Minet, Titi et consorts. Autant le dire tout de suite: la comparaison avec Qui veut la peau de Roger Rabbit s'arrête bien là. Mais au risque de me répéter, Space Jam n'a pas du tout les mêmes prétentions.

En gros, le film a le mérite de ne jamais se prendre au sérieux. Nous sommes clairement en présence d'un sérieux nanar. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario, assez mince en l'occurrence. Attention, SPOILERS ! Défiés au basket par de redoutables extraterrestres, Bugs Bunny et les toons font appel à Michael Jordan pour les sortir de ce mauvais pas.
Sinon, c'est tout pour l'histoire ? Oui, c'est tout. Qu'on se le dise: Michael Jordan se fait piquer la vedette par les Toons de service. Le célèbre sportif ne brille pas particulièrement par son jeu d'acteur. En revanche, côté basket, Jordan se montre évidemment dans son élément.

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C'est un film taillé pour lui et produit pour faire sa promotion, mais aussi pour rigoler. En mode cabotinage, Michael Jordan a l'air parfois un peu perdu. A sa décharge, les autres acteurs ne font pas beaucoup mieux. Mention spéciale à Bill Murray qui est visiblement ici pour payer ses impôts. Mais peu importe, ce que l'on veut, c'est du fun et un film d'animation qui part dans tous les sens.
Sur ce dernier point, il faudra attendre le match de basket final, donc la dernière demi-heure pour que les choses s'accélèrent un peu. Avant ça, pas grand-chose à retenir si ce n'est de vilains extraterrestres (pas si méchants que ça par ailleurs) transformés en monstres pour conquérir la Terre à travers une partie de basket.

A partir de là, le film se permet tous les délires. Que les choses soient claires: si vous vous attendez à voir du basket dans les règles de l'art, vous risquez d'être déçus. Cela ressemble davantage à de la baston qui mélangerait du basket (un peu), du rugby (beaucoup) et du catch (énormément). En gros, tout le monde se cogne et se fout sur la tronche tout en marquant des paniers. 
Heureusement que ce nanar ne dure pas très longtemps, soit à peine une heure et demie de bobine. Dans l'ensemble, Space Jam se révèle peu surprenant. Les Toons font le job à défaut de surprendre. Bref, les 3/5 ans devraient être séduits par ce spectacle un peu tâche (il faut bien le reconnaître). Les autres pourront largement passer leur chemin. Un nanar sympathique quoi...

15 juillet 2014

Lynch Empire

Une actrice s'apprête à jouer dans une production hollywoodienne. Mais le tournage va vite tomber dans les limbes de la mise en abîme...

Inland Empire : affiche

Faire un synopsis de Inland Empire n'est pas chose facile. Dernier film de David Lynch à ce jour, flop certain à sa sortie confortant le réalisateur de s'éloigner du cinéma (il n'a tourné que des clips depuis ou fait de la musique), Inland Empire s'impose comme l'un des films les plus difficiles à comprendre de la filmographie du réalisateur. A ceux qui disent que Mulholland Drive est incompréhensible, je ne peux que leur dire de se faire Inland Empire à la suite. Pas que le film soit si dur à comprendre (quoique), mais il est tellement complexe qu'il risque d'échapper à un grand nombre de spectateurs et ce même chez ses plus grands fans. Vingt-six ans après Sailor et Lula, Lynch retrouve Laura Dern tout comme Justin Theroux qu'il avait dirigé dans son précédent film et Harry Dean Stanton. Jeremy Irons et Julia Ormond sont également de la partie. En sachant que le film incorpore une mini-série réalisée par Lynch en 2002 nommée Rabbits et mettant en scène des acteurs avec des têtes de lapin (dont le couple de Mulholland drive Naomi Watts et Linda Harring). Des sortes d'intermède dans le reste du film, tout en restant très éloigné du reste du film. A vrai dire ces séquences mettent très mal à l'aise de par la froideur de ces passages en noir et blanc mais surtout parce qu'elles ne racontent finalement pas grand chose. 

Inland Empire : Photo David Lynch, Justin Theroux, Laura Dern

Et surtout on ne comprend pas où veut en venir Lynch: veut-il désarçonner le public? Le mettre mal à l'aise? Les deux? En tous cas, ces séquences très froides confirment à elles seules la teneur bizarroïde du film qui ne cessera de se dévoiler jusqu'au final. Clairement, Inland Empire s'impose très rapidement comme un véritable ofni, un trip long de presque 3h (son film le plus long) et qui vous reste pendant un moment en tête de par sa bizarrerie et le style indéniable de Lynch. On peut aussi trouver que Lynch aurait pu éviter certaines choses comme les parties Rabbits ou même certaines longueurs. Personnellement, je trouve le rendu DV moins intéressant visuellement, la DV rendant mieux par exemple chez Michael Mann où le côté urbain et assez contemporain est plus présent dans la manière de filmer. Le film se pose comme une mise en abîme pue et dure, permettant à Lynch de critiquer une nouvelle fois le milieu hollywoodien. La série Twin Peaks se moquait particulièrement des soap opera en étirant ses intrigues à tire-larigot, Mullholland Drive était plus vicieux encore en montrant comment une actrice était délaissée par le milieu, tout comme ce même milieu apparaissait comme terriblement hostile et imposait sa loi. Une manière comme une autre pour Lynch de se venger de la chaîne ABC qui avait annuler son futur show.

Inland Empire : Photo David Lynch, Justin Theroux

Inland Empire va peut être encore plus loin donc avec sa mise en abîme. (attention spoilers) On suit Laura Dern dans le rôle d'une actrice cherchant à tout prix à avoir un rôle, celui d'une femme battue dans un pays d'Europe de l'Est (je crois que c'est la République Tchèque mais pas sûr). Le réalisateur incarné par Irons finit par lui dire au bout de plusieurs répétitions que le tournage avait commencé bien avant mais les deux acteurs principaux avaient fini assassinés. C'est aussi à partir de là que le film part dans la mise en abyme tout en laissant le spectateur sur le carreau. Il aura de plus en plus de mal à différencier la réalité (Laura actrice) de la fiction (le personnage de Dern), Lynch brouillant sans cesse les pistes pour une expérience à la fois folle (le spectateur en revient à se demander ce qui est vrai et faux, parfois certains éléments finissant par s'entrechoquer) et dérangeante (les séquences Rabbits mais aussi certaines images comme le visage de Dern totalement déformé). D'autant que le personnage de Laura Dern dans le film entretient sans cesse l'ambiguité si elle joue le rôle ou si elle est complètement imprégnée du rôle. (fin des spoilers) Ce qui fait d'Inland Empire un film toujours intéressant à voir et permettant bien plus de réflexions que Mulholland Drive au sujet de son contenu. C'est aussi à cela que l'on reconnaît les grands films: ceux qui peuvent vous emmener loin dans l'imagination du spectateur et vous permettent d'aller vers des dimensions autres qu'un cinéma codifié. C'est aussi pour cela qu'un réalisateur comme Lynch manque cruellement actuellement au cinéma.

Inland Empire : photo David Lynch, Laura Dern

Malgré quelques réserves, force est de constater que le dernier voyage de David Lynch reste une expérience grandiose de cinéma.

14 juillet 2014

Un serial killer sous le masque du clown...

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genre: documentaire (interdit aux - 12 ans)
année: 2013
durée: 45 minutes

l'histoire: John Wayne Gacy est né le 17 mars 1942 à Chicago. En public Gacy était un militant politique apprécié et un homme charitable. Gacy était un criminel patenté malgré son apparence altruiste. Il était un membre influent de la communauté, travaillait pour des organisations bénévoles. Il s'est marié deux fois et était un respectable homme d'affaires. Cependant, il avait une vie privée bien singulière: il aimait avoir des relations homosexuelles avec des individus bien plus jeunes que lui, qu'il assassinait par la suite. Gacy aimait se déguiser en clown, ii se rendait dans les hôpitaux, déguisé en clown, pour distraire les enfants malades c'est pour cela qu'on le surnomma par la suite le «clown tueur».    

La critique d'Alice In Oliver:

Né à Chicago en 1942, John Wayne Gacy est mort par injection léthale en 1994 à l'âge de 52 ans. Il est tristement célèbre pour passer pour l'un des pires tueurs en série américains. En tout cas, il s'agit d'un être sanguinaire, accusé du meurtre de 33 personnes, la plupart de ses victimes ayant été enterrées chez lui. Tel est le sujet de ce documentaire, justement intitulé John Wayne Gacy: le clown tueur, car oui, ce triste personnage est souvent connu pour s'habiller en clown.
C'est tout de même une particularité étonnante pour un psychopathe, mais j'y reviendrai. John Wayne Gacy est le deuxième enfant de sa famille.

Le prénom "John Wayne" est évidemment un hommage au célèbre acteur américain du même nom. Dès son plus jeune âge, John Wayne Gacy entretient des relations houleuses avec son paternel. Il est régulièrement battu par ce dernier. A l'âge de 12 ans, les médecins détectent chez lui des problèmes cardiaux congénitaux. Son père le rejette encore davantage et le considère alors comme un sous-homme. C'est à partir de l'adolescence que John Wayne Gacy commence à se travestir (dans le plus grand secret) en femme. Il est même surpris par un de ses amis d'enfance.
Sa sexualité est déjà très confuse mais John apprend à dissimuler son trouble à son entourage.

Dans un premier temps, il accumule les emplois: par exemple, il apprend le métier d'imprimeur mais abandonne ses études. Encore une fois, il déçoit son père qui le rejette de plus en plus. En 1964, il est vendeur de chaussures et quitte le domicile familial.
John est enfin libéré de la tyrannie de son père. Au même moment, il commence à fréquenter des politiciens et cherche à obtenir une certaine reconnaissance. La même année, il rencontre Marlene Myers et se marie avec elle quelques mois plus tard. Mieux encore, John et Marlene ont leur premier enfant. Paradoxalement, c'est au même moment que ses désirs refoulés à l'adolescence refont surface.

John entretient alors une relation homosexuelle. Toutefois, à l'époque, il se comporte comme un bon père de famille. Finalement, c'est à partir du milieu des années 1960 que sa vie bascule. En 1966, John et sa femme déménagent dans une ville de l'Iowa. John devient le patron d'un restaurant. 
Peu à peu, il se fait un nom et s'intègre parfaitement à sa nouvelle communauté. Parallèlement, il organise des orgies. Ce qui ne l'empêche d'avoir un deuxième enfant. Au même moment, Gacy s'intéresse aux adolescents. Il invite un jeune homme de 14 ans chez lui et entretient des rapports sexuels. Gacy le paie alors 250 dollars pour que l'adolescent se taise.

Un an plus tard, celui-ci révèle tout à sa famille. Gacy aurait abusé de lui et aurait pratiqué des actes de sodomie. Lors du procès, Gacy plaide coupable mais répond que l'adolescent était parfaitement consentant. Gacy est condamné à dix ans de prison. 
Sa femme le quitte et part avec ses deux enfants. Gacy ne les reverra jamais. Même derrière les barreaux, Gacy continue son entreprise de séduction. Il obtient un poste de cuisinier au sein de la prison. Pendant son séjour derrière les barreaux, son père décède. Gacy culpabilise: il pense que son père serait mort à cause de lui.

Alors qu'il devait effectuer une peine de dix ans, Gacy sort définitivement au bout de 16 mois. A sa sortie, il continue d'étouffer ses désirs sexuels: finalement, il finit par exploser... En 1970, il revient dans sa ville natale (Chicago) et fonde sa propre entreprise de peinture. Il a même une copine régulière.
Gacy lui confie son passé de bisexuel et de prisonnier. Sa nouvelle fiancée a deux enfants mais Gacy se comporte toujours comme un père aimant. Pourtant, il continue de ressentir du désir pour les jeunes garçons. Il commence à avoir une relation sexuelle avec un adolescent qu'il poignarde et enterre. En 1975, il s'en prend à un jeune employé de son entreprise: Gacy le torture et le tue.

C'est le début de toute une série de meurtres cruels et barbares. Gacy mène une double vie: entrepreneur prospère, il se déguise souvent en clown pour distraire les enfants à l'hôpital, d'où son surnom de "clown tueur". Toujours en 1975, sa fiancée le quitte. Gacy devient alors une bête sauvage et multiplie les kidnappings et les assassinats. Il enterre les corps dans le sous-sol de sa maison.
En 1977, il a déjà tué 17 personnes et accumule les meurtres jusqu'à atteindre le triste record de 33 assassinats. Finalement, certains témoins commencent à parler du comportement de plus en plus étrange de John Wayne Gacy à la police. Ce dernier ne cache même plus son attirance pour les adolescents, ce qui attise évidemment l'attention.

Finalement, il est arrêté par les flics qui découvrent de nombreux cadavres enterrés sous sa maison. A ce moment-là, Gacy se déclare non responsable de ses actes et dit qu'il souffre de graves troubles de la personnalité. Il joue alors la carte de la folie pour sauver sa peau.
ll risque la peine de mort et passe pour le pire tueur en série des Etats-Unis. En 1980, son procès débute. Son cas interroge les psychiatres: clairement, ils n'ont jamais vu un serial killer présentant un tel profil. Mais peu importe, sans surprise, le jury le condamne à la peine de mort. Pendant son séjour en prison, il devient artiste-peintre et profite de sa nouvelle notoriété. 

Il publie même un livre. En 1994, ll meurt par injection léthale à l'âge de 52 ans. Son cerveau sera même extradé par un médecin légiste, mais celui-ci ne répérera aucun indice biologique pouvant expliquer le comportement criminel et barbare de Gacy.
Bref, un documentaire plutôt intéressant et assez complet, toutefois commenté par une voix-off assez monotone. Enfin, et c'est souvent le danger dans ce genre de programme, le "film" se contente d'expliquer les faits sans réellement analyser la complexité d'une telle personnalité. Donc avis aux amateurs. Un documentaire de qualité malgré tout...

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Beethoven revient avec sa femme et ses gosses

Après avoir fait coffrer un vétérinaire peu scrupuleux, les Newton vont devoir faire face aux amours de Beethoven...

Beethoven 2 : Affiche

Il est incroyable de voir à quel point une carrière aussi bien tenu peut tomber complètement dans les limbes du navet familial. Ainsi après avoir enchanter les adolescents des 80's avec des teen movies emblématiques comme Breakfast club ou La folle journée de Ferris Bueller, John Hugues s'est enfermé dans un lot de métrages alimentaires et très familiaux uniquement d'un point de vue scénaristique. Mal lui en aura pris puisqu'au cours des années 90, il aura tout de même à son palmarès Beethoven, Maman j'ai raté l'avion (ce qui est encore correct), sa suite (plus du tout) et sa séquelle (plus du tout du tout!), Flubber, Bébé part en vadrouille, Denis la malice, le remake live des 101 dalmatiens et Les visiteurs en Amérique (même s'il n'est pas le seul à blamer sur ce cas-là). Un palmarès très lucratif (l'air de rien, en dehors du film de Poiré, tous ont eu une bonne exploitation), mais qui fera de la peine à bons nombres de fans de ses réalisations. Suite au succès de Beethoven, il signe pour scénariser une suite qui sera finalement réalisée par Rod Daniel réalisateur de Teen Wolf le film où Michael J Fox se transformait en loup-garou entre deux Retour vers le futur. Pour tout vous dire ce film fut un de ceux que j'ai longtemps regardé en VHS. Je le regardais souvent en boucle et franchement je ne veux plus le revoir. Pas qu'il m'a traumatisé mais parce que le film est très mauvais. Hugues reprend le même concept (un saint-bernard qui fait chier son proprio mais pas le reste de la famille), mais rajoute un couple divorcé se déchirant pour garder la chienne. 

Beethoven 2 : Photo Rod Daniel "Pedodog, Pedodog il n'aime pas Mickey Mouse..." C'est Christophe Hondelatte qui va aimer.

Evidemment, lui est le gentil (Kevin Dunn, trogne patibulaire du cinéma populaire américain que l'on a vu aussi bien chez Joe Dante que Michael Bay), elle la mégère (Debi Mazar future compagne volcanique de Double Face dans Batman forever) flanqué de son nigaud de service incarné par le regretté Chris Penn. Manque de bol, il fallait donc que Beethoven se tape la femelle saint-bernard et quelques mois après elle accouche de plusieurs chiots. Vous voyez un peu le niveau du scénario ou vous en voulez un peu plus? Oui? Bon alors continuons. Alors les enfants Newton découvrent que leur chien se ballade un peu trop en ville et tombe sur les chiots qu'ils finissent par voler! Hé oui car la vieille radasse cherche à avoir la garde de la chienne à tout prix et avec des chiots ce serait encore plus juteux. Mais attention pas question de changer de formule! Surtout pas! Ainsi, vous vous souvenez de toute la séquence de Beethoven avec le chiot au début qui accumulait les conneries? Hé bien là vous en avez puissance 4 avec les chiots de Beethoven! Une récupération donnant lieu à des gags encore plus gamins où le paternel incarné par Charles Grodin pète encore plus un cable. Sauf que bon en dehors de le voir gesticuler en faisant la gueule, on ne peut pas dire que l'on retiendra grand chose de la séquence.

Beethoven 2 : Photo Rod Daniel

Puis coup de théâtre en plein milieu du film, les Newton partent dans un village de vacances. C'est peut être avec cette seconde partie que le film touche d'autant plus le fond du trou. Vous vous souvenez des connards voulant arnaquer les parents et se faisant berner par la laisse de Beethoven? Le gag est ressorti cette fois-ci quand l'adolescente de la famille se fait entremettre par un chaud-lapin. La laisse étant accrochée à un bout de bois tenant la façade de la baraque, quand il voit qu'il cherche à se la faire, hop Beethoven tire et déglingue toute la baraque! C'est basique, pas drôle et terriblement gamin. On est typiquement dans une forme de naïveté typiquement hollywoodieenne de nous inculquer des valeurs morales type "ne va pas avec un chaud-lapin", "la famille c'est sacré on n'y touche pas" ou "kidnappe un enfant (bon là c'est des chiots) si tu le pense en danger". C'est terriblement con mais voici le genre de morale que nous assène ce film qui se révèle finalement pire que le premier film qui en tenait déjà une bonne couche. Mais je crois que le réel moment de solitude reste le concours de hamburgers avec le paternel. Vous voyez ces compétitions typiquement ricaines où les beaufs bouffent pour voir où ils peuvent aller tout en dégueulant le tout à la fin? Pas besoin de chercher bien loin le désastre incroyable de ce film. Tout est dans cette séquence d'une beauferie sans précédant.

Déjà que Beethoven n'était déjà pas bon du tout, sa suite est encore plus désastreuse. 

13 juillet 2014

Cuvée JCVD

Après avoir fait le portrait de deux acteurs aussi survitaminés que Nicolas Cage et Tom Cruise, la Cave de Borat s'ouvre à un autre genre: l'action-man. Ces héros issus des années 70-80 connus pour savoir faire parler la poudre quand ce n'est pas de mettre des tartes dans la gueule (n'est-ce pas Chuck?). J'aurais pu choisir Schwarzy (ça viendra ne vous inquiétez pas) comme Stallone (même si je n'y ai réfléchi qu'en écrivant cette connerie, allez savoir pourquoi mais il y a de belles casseroles à l'horizon), mais finalement mon dévolu est tombé sur Jean-Claude Van Damme, défonceur de tronche émérite, DTV-man indéniable et gentil homme s'il en est. Van Damme c'est tout de même le mec qui s'est fait défoncé par tout le monde dans les médias, jusqu'à en devenir une caricature (à l'image des Chuck Norris fact) au point d'oublier l'athlète et le gars purement sympathique qu'il peut être. Alors oui on peut se moquer des conneries qu'il raconte mais clairement il y a quelques années c'était un vrai festival pour bêtisier au point d'en devenir abusif. Néanmoins, je vais tout de même ouvrir la boîte de Pandore avec un lot d'interventions mémorables et en français, de beaux moments de solitude surtout quand on sait qu'à une certaine époque il avait le nez dans la poudre. Donc voici un déluge d'interviews foireuses qui n'ont clairement pas fait du bien à JCVD et qui ne risque toujours pas de l'aider.

Enemies Closer : Photo Jean-Claude Van Damme

"Borat je te préviens t'as pas intérêt à te foutre de ma gueule! -Non Jean-Claude je ne serais pas méchant... Je vais juste remontrer quelques vidéos! -Kick ah! -Argh!"

A vrai dire, en écoutant ces différents passages, on voit que cela se situe lors de la promotion de Répliquant de Ringo Lam. Il est alors très présent dans les médias et ce malgré l'événement peu exceptionnel que fut ce film. Alors il accepte des interviews de partout et sa bipolarité avérée (il l'a revendiqué plus d'une fois) sans compter son langage entre l'anglais et le français (d'autres diront le "Vandamme") risquent d'engendrer des délires verbaux. Par exemple, le mot "aware" qui lui jouera bien des tours. Dans cette première vidéo vraisemblablement tournée pour la chaîne MCM, il parle de tout et de rien sauf de Répliquant. Tout du moins il essaye au début, mais après cela part complètement en cacahuète quand il parle de "neutral" (en gros le milieu). Par exemple, le passage sur Adam et Eve est à se bidonner: "Je suis de religion catholique moi tout ce qui est le serpent avec Adam et Eve et la pomme, j'y crois plus. Je suis trop malin pour ça. Parce qu'un serpent c'est gentil et une pomme c'est bon, ça contient de la pectine, c'est anti-cholestérol." Quant à l'an 3000, lui comme moi ne seront plus de ce monde pour savoir si l'Homme communiquera par des ondes de love ou de hate! Le pire est qu'il est d'un naturel sans précédent et croit en ce qu'il dit. En soi, il s'avère très sincère.

Dans la seconde vidéo, cette fois pour la chaîne Jimmy, il est un peu moins frappé mais plutôt séducteur. Ainsi il danse un peu, fait déjà le délire sur la réponse et la question (on y reviendra), dit qu'il veut se cloner avec comme visuel la journaliste hors-champ qui l'interroge, se met une claque... On sent qu'il est déjà plus rodé, la journaliste lui évite heureusement les débordements comme ci-dessus. Malheureusement la suite est bien moins glorieuse quand il parle de la science. Là on revient en roue-libre avec le "spirit la ligne droite", l'oxygène avec la compression black et decker (non je n'invente pas il a bien dit cela), de l'électricité avec des flèches et autres love et feeling. Et puis il y a le fameux "aware" soit l'adjectif "conscient". Dans la vidéo présente, il nous explique ce concept improbable. Et oui il y a des gens qui ne sont pas aware car ils n'ont pas réussi. Une phrase qui est devenu un gimmick débile alors que c'est une banale parole! Il aurait pu dire n'importe quoi mais dans cette interview de deux minutes, on ne retient que ça. Perso je rigole plus de son arrêt soudain sur le mouchoir que sur "aware".

La plus drôle mais peut être aussi la plus absurde provient de cette vidéo. Pour ceux qui la connaisse, il s'agit de "la réponse avant la question". Tout un monologue dans lequel il part totalement en sucette comme le confirme sees paroles: "Quand j'étais en Amérique, j'ai lancé l'hameçon (...) et un jour cet hameçon s'est accroché et j'ai senti que j'allais réussir et plus qu'à zizzziizi! Quand je suis allé dans un bureau à Los Angeles je dis au mec 'je suis une star' j'avais déjà reçu la réponse à la question!". Non là Jean Claude je peux même plus te sauver. Sans compter qu'il y a quelques semaines, NRJ12 a diffusé une téléréalité d'il y a 3-4 ans (il tournait Beur dans la ville) qui est un vrai festival à gags. Non seulement il se bidonne à chaque fois qu'il pète mais en plus il a un coup de folie quand il apprend qu'un remake de Bloodsport se fera sans lui. De la vraie pignolade en barre et qui n'a finalement pas grand intérêt. Mais ce serait oublier que l'ami Jean Claude est une bête de bastons, le genre qui peut largement foutre une branlée à Steven Seagal, plus pressé de prendre son cachet que de taper (c'est d'ailleurs un cascadeur qui lui fait tout maintenant). Il ne faut pas en rester au misérable combat avec Stallone dans Expendables 2 (où il donne le même coup deux fois pendant que Stallone le bastonne durant cinq minutes!), car l'ami JCVD est un pro. Il n'y a qu'à voir un film comme Kickboxer où il fait son fameux grand écart et tatanne du boxeur!


Jean Claude Van Damme - Réponses avant la... par discodu86

Même dans ses derniers films (je citerais Jusqu'à la mort ou Universal soldier 3), on le sent toujours en forme prêt à en découdre. Il joue même un peu mieux que par le passé. En rappelant qu'il a tout de même taper sur Scott Adkins, Stallone, Dolph Lundgren, Mickey Rourke, Powers Boothe, Raul Julia et même... lui-même par deux fois (dans Double team et Répliquant). Voici quelques uns de ses meilleurs combats par Ultimate top 10. Watch mojo, autre chaîne youtube réputée pour ses classements, a également fait son petit classement avec certaines scènes improbables ou funs ou alors une pub impayable comme celle pour Coors light où il reprend la chanson de Top Gun! On peut y voir aussi JCVD en prof de gym pour femmes (coquin!), déglinguer un serpent comme des bonhommes alors qu'il danse et un élément perturbateur en dessous de la ceinture. Enfin je terminerais cette cuvée sur les Muscles de Bruxelles avec la fameuse pub pour Volvo. Preuve que l'ami Jean Claude sait aussi rire de lui-même. Allez à la semaine prochaine!

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12 juillet 2014

J'ai pas pleuré comme ça depuis Titanic

Un cowboy, un jeune homme timide et deux soeurs essayent de survivre dans un monde remplie de zombies...

Sony Pictures Releasing France

Dans le genre zombiesque, on relate quelques parodies voire beaucoup de séries B interchangeables ne parvenant jamais à se débattre dans le lot (il n'y a qu'à voir le nombre ahurissant de DTV sortant par chez nous tous les mois pour le voir). Dans les années 2000, Shaun of the dead d'Edgar Wright a donné un ton parodique indéniable et est devenu culte alors qu'il s'agit d'un tout petit film anglais. Bien qu'inférieur et moins fun sur la longueur des visions, Zombieland apparaît comme une sorte de successeur mais en nettement plus friqué. Comparé à mon camarade Olivier, je serais bien plus modéré. Déjà parce que le but de cette entreprise n'est absolument pas de renouvellé le genre au même titre que ne le faisait pas le film de Wright à mon humble avis. Il s'agit purement d'un divertissement friqué qui peut se permettre d'avoir Woody Harrelson ou Bill Murray pour un caméo tout en prenant des acteurs vus par ci par là comme Jesse Eisenberg (à cette époque en passe de tourner The social network), Emma Stone (pas encore aussi connue malgré des apparitions dans Supergrave ou Easy A) ou Abigail Breslin (Little Miss Sunshine). A la différence près que contrairement à World War Z, le film malgré Sony derrière a été classé Restricted et assume donc pleinement son côté gore. Par ailleurs une suite était prévue, finalement cela a tourné en pilote pour Amazon et heureusement qu'au vue de la bande-annonce il n'a pas été pris dans la ligne directrice de la chaîne de téléchargements.

Prendre un film comme Zombieland pour une nouvelle référence serait lui donner trop d'importance, mais ce serait oublier qu'il est avant tout un film purement fun. Du divertissement en soi, ce qui ne fera pas de mal vu le piètre niveau de certaines productions horrifiques de studio. Ainsi, Zombieland joue constamment sur le côté parodique notamment avec son lot de règles à la con parsemant le film via des panneaux flottants pouvant interragir avec l'action. Des règles qui ne sont pas sans rappeler le côté meta des Scream où les codes du slasher finissaient par devenir les marques des tueurs. Ici il s'agit surtout de rigoler avec un pétochard incarné par Eisenberg qui s'est fait une raison de faire un carnet avec des rgèles. Par exemple, tapez deux fois sur un zombie pour voir s'il est bien mort, n'allez pas aux toilettes et en particulier seul ou accrochez vos ceintures cela évitera de vous faire tuer en passant par le pare-brise. Les personnages sont peut être un brin caricaturaux, faits sur mesure pour les acteurs: Harrelson joue le gros dur au coeur tendre, Eisenberg le pétochard nerd, Stone la fille dure à cuir et Breslin l'adolescente insolente. Reste que le quatuor fonctionne plutôt bien ensemble.

Indéniablement le meilleur passage du film se situe dans la maison de Bill Murray, caméo en or jouant son propre rôle avec modestie. Le passage où il rejoue Ghostbusters avec des aspirateurs est un grand moment tordu tout comme le passage où il meurt, avouant à demi mot que Garfield est la pire erreur de sa carrière (on lui dirait bien la même chose)! Le final vaut également son pesant de cacahuètes puisque se situe dans un parc d'attraction. Un vrai festival permettant à Harrelson de faire un show dantesque où il dégomme du zombie dans un stand de bonbons. Mais mon passage préféré reste indéniablement celui de la montagne-russe où le coco déglingue du zombies à tous les étages sans quitter une seule fois son siège. Le film accuse un manque de temps, ne proposant finalement qu'un road movie à tendance zombiesque où les héros deviennent une équipe. Un final un peu trop hollywoodien pour le coup, ce qui est un peu dommage avec le nerd trouvant chaussure à son pied et le vieux brisquard trouvant une fille de substitution. Un peu trop mièvre pour le coup, mais ce serait oublier le plaisir que l'on peut éprouver devant le film. 

Une comédie d'horreur jouissive à voir comme du pur divertissement.

La critique d'Alice In Oliver:

Dans les années 2000, le film Shaun of the Dead d'Edgar Wright permet de donner un nouveau souffle à l'univers des zombies. Contre toute attente, ce long-métrage horrifique sans prétention remporte un très gros succès et influence de nombreux ersartz. 
Désormais, les morts vivants peuvent être filmés sous l'angle de la comédie et de l'autodérision. Après Shaun of the Dead, un autre film va profiter du buzz sur la Toile. Son nom ? Bienvenue à Zombieland, réalisé par Ruben Fleischer en 2009. Succès surprise au moment de sa sortie, Bienvenue à Zombieland rencontrera également des critiques favorables.

Mieux encore, très vite, Bienvenue à Zombieland se taille la réputation d'un film culte en devenir. Reste à savoir si le film mérite ou non sa réputation. Personnellement, je penche clairement pour la seconde solution mais j'y reviendrai. Au niveau de la distribution, le long-métrage réunit Woody Harrelson, Jesse Eisenstein, Amber Heard, Abigal Breslin, Emma Stone, Mike White et Bill Murray.
Au niveau du scénario, peu ou prou de surprises. Clairement, Bienvenue à Zombieland n'a pas spécialement pour but d'innover le monde des zombies. Attention, SPOILERS ! Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre.

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Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l'idée d'être dévoré. C'est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie... Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d'un fusil d'assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s'entendre.
Certes, Bienvenue à Zombieland n'est pas un blockbuster et n'a pas du tout les mêmes prétentions budgétaires.

Pourtant, nous sommes bel et bien devant une production hollywoodienne avec tout ce que cela engendre comme défauts. Dans les années 1960, le genre zombie pouvait s'appuyer sur La Nuit des Morts Vivants de George A. Romero. Dans les années 70, c'est Zombie (toujours du même Romero) qui marque les esprits. Quant aux années 1980, elles sont marquées par de nombreuses références: Le Jour des Morts Vivants (encore Romero) et L'Enfer des Zombies pour ne citer que ces exemples.
Bref, tous ces films d'horreur marquent également un état d'esprit: c'est aussi le cinéma bis mais aussi un cinéma engagé qui refuse le formatage et se montre assez radical et violent dans sa forme.

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En résumé, voilà les principaux ingrédients qui manquent terriblement au film de Ruben Fleischer. Certes, on s'amuse parfois des péripéties et des aventures de nos quatre aventuriers. Oui, on relève quelques moments sympathiques. A ce sujet, comment ne pas évoquer toute la séquence se déroulant dans la demeure de Bill Murray ? Mais en gros, retirez cette dernière scène et il ne reste plus grand-chose à retenir de Bienvenue à Zombieland
Dans l'ensemble, cette comédie horrifique est beaucoup trop gentillette et standardisée pour susciter l'intérêt. Bien sûr, elle plaira probablement aux adolescents boutonneux à la recherche perpétuelle du buzz ou d'une séquence hilarante destinée à marquer les esprits.

Mais pour les fans de zombies et de productions crades, gores et insolentes, Bienvenue à Zombieland risque probablement d'atterrir dans la case "aussitôt vu, aussitôt oublié". Finalement, il y a une séquence qui reflète parfaitement cette production hollywoodienne, à savoir la conclusion finale qui se déroule dans un parc d'attraction. Certes, en soi, cette scène n'est pas forcément médiocre mais elle reste terriblement mal exploitée. En résumé, tout cela manque de fraîcheur, de sang, de gore, de toute critique sociale ou d'un quelconque message qui pourrait faire la différence.
Enfin, en dehors du personnage interprété par Woody Harrelson, les autres protagonistes ne présentent presque aucun intérêt. Bref, en quelques mots: une comédie horrifique regardable et consommable. Encore une fois, c'est ce qui définit le mieux Bienvenue à Zombieland, à savoir un produit de consommation, probablement destiné à connaître un jour ou l'autre un remake, un reboot, un préquel ou encore une suite.

Les petits gars du New Jersey

Années 50. Quatre artistes issus du New Jersey décident de monter un groupe et ce malgré le passé criminel de certains des membres. Ils deviennent des stars mais certaines connaissances et rancunes risquent de ruiner les Four Seasons...

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Clint Eastwood et la musique c'est une vieille histoire d'amour. S'il a souvent signé la musique de ses films (lui ou son fils Scott), au cinéma cela ne commença qu'avec le flop retentissant de La kermesse de l'Ouest. Par la suite, les années 80 l'aideront davantage avec le remarquable biopic sur Charlie Parker (Bird) et surtout le sublime Honkytonk Man où l'accompagnait son fils sur les routes. Sans compter son documentaire sur le blues pour la série-documentaire produite par Martin Scorsese en 2003. En sachant qu'il a bien failli faire un remake d'Une étoile est née avant que Beyonce ne lui fasse faux bond, laissant le projet au point mort (et toujours pas ranimé). Pourtant, sur Jersey Boys, adapté d'une comédie musicale retraçant la vie du groupe Four Seasons, il n'était pas le premier choix (au même titre que pour American Sniper qu'il tourne actuellement, prévu pour Steven Spielberg initialement) puisque c'est un projet que voulait réaliser Jon Favreau. Vraisemblablement, il se serait désisté de lui-même pour réaliser Chef. Finalement, c'est peut être l'un ou le flop le plus retentissant du grand Clint. Probablement la saison pas propice à ce genre de "petit film" (il est vrai que le caser entre X Men et Transformers 4...) et surtout un sujet qui n'a pas l'air de passionner plus que cela le public, sans compter la promotion quasi-inexistante. Même en France, le film peine à s'en sortir et pour tout vous dire, j'étais le seul spectateur dans une salle d'art et d'essai, ce qui ne m'étais pas arrivé depuis Looking for Eric de Ken Loach (donc 2009), vu dans un multiplexe lui.

Jersey Boys : Photo John Lloyd Young, Renée Marino

Jersey Boys mérite-t-il donc un tel flop retentissant, le genre qui, pour un jeune cinéaste, lui aurait valu un anonymat pour longtemps? Certainement pas, surtout en comparaison des derniers crus mitigés (J Edgar comme Invictus) voire très mauvais (Hereafter dont je peine à me remettre) qui eux ont dépassé tranquillement le million d'entrées. Ce film, tout comme Bird, n'est pas une comédie-musicale (et pourtant il adapte un show musical) mais une évocation de la vie de ses protagonistes stars tout en laissant parler la musique qui sommeille en eux. Le film prend le point de vue de faire raconter à différents moments différents membres des Four Seasons, sauf Frankie Valli qui ne le fera que dans le dénouement. Un point de vue qui n'est pas sans rappeler les récits racontés façon Scorsese type Casino et surtout Les affranchis, d'autant qu'ironie du sort il se trouve que l'un des amis des membres du groupe n'est autre qu'un tout jeunôt Joe Pesci (ceci n'est pas une vanne, d'ailleurs l'acteur Joey Russo a bien ressorti les tics de l'acteur avec sourir grinçant et le "Ok, ok..." avec mouvements de bras significatifs). D'ailleurs, il n'est pas si étonnant de retrouver ces deux influences, montrant à la fois l'ascenssion (comme dans Goodfelas), le succès des paillettes (comme dans Casino), la mafia (comme dans les deux) et la dégringolade (idem).

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Jersey Boys comprend tous les éléments de la success story de ce qu'on peut appeler un boys band qui devient une catastrophe au fil que les égos augmentent au sein du groupe jusqu'à exploser dans des affaires financières. On aurait pu prendre un boys band des années 90 cela aurait été surement la même chose, la coke en plus présent. A la différence qu'au lieu de faire systématiquement dans le misérabilisme (quoique certains passages s'avèrent assez tragiques comme la mort de la fille d'un des chanteurs), Eastwood fait souvent dans l'humour. Ainsi les passages en prison des protagonistes prêtes à rire, le premier rendez-vous de Frankie Vally est à se bidonner ("Appelle ta mère, dis lui que tu rentreras plus tard!") ou les différents passages avec Christopher Walken. Ce dernier, toujours aussi impeccable, incarne un mafieux aidant depuis leurs débuts les jeunes musiciens et il a toujours le chic pour la bonne boutade au bon moment. Par exemple alors que le groupe est sur le point de se séparer, il prend un segment minime de la conversation tout en essayant de garder un des membres: "c'est vrai que les savons sont minuscules". Dit comme cela c'est terriblement anecdotique, mais en plein élan dramatique, il parvient à faire de l'humour. Eastwood signe également de beaux numéros musicaux, le meilleur étant bien évidemment celui du générique de fin prouvant par A+B que Claude François n'a vraiment rien inventé.

Jersey Boys : Photo Christopher Walken, Vincent Piazza

Un film injustement boudé à cause de son sujet trop abstrait pour beaucoup et le meilleur film de Clint Eastwood depuis Gran Torino.

11 juillet 2014

Entre La dernière maison sur la gauche et Day of the Woman... Comme c'est original !

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genre: horreur, gore, trash (interdit aux moins de 16 ans)
année: 2013
durée: 1h20

l'histoire: Catherine et Rebecca, étudiantes catholiques, essaient d’apporter la bonne parole dans les foyers américains. Elles vendent des bibles dont le revenu leur permettra de réunir des fonds pour leur église. Mais lorsqu'elles sont brutalement violées et laissées pour mortes, Catherine, l'unique survivante, se transforme en machine à tuer. 

La critique d'Alice In Oliver:

L'air de rien, le rape and revenge est un genre assez courant dans le cinéma horrifique: comment ne pas citer La dernière maison sur la gauche (la première version), Thriller-A Cruel Picture ou encore Day of the Woman ? On pense immédiatement à ces trois films à la vision de Run ! Bitch ! Run !, réalisé par Joseph Guzman en 2013. Visiblement, le long-métrage s'inscrit également dans la tonalité des productions Grindhouse. Ensuite, il faut bien l'avouer, un tel titre a le mérite d'attirer l'attention.
Encore faut-il tenir les promesses annoncées. Mission réussie ? Réponse dans les lignes à venir... Inutile ici de mentionner les acteurs: ce sont tous des inconnus au bataillon.

Toujours est-il que Run ! Bitch ! Run ! doit composer avec les moyens du bord, soit la totalité d'un SMIC albanais. Vous l'avez donc compris: Run ! Bitch ! Run ! n'est rien d'autre qu'une grosse série B (voire série Z) qui tâche et qui pique les yeux. Le scénario est lui aussi de facture classique.
Attention, SPOILERS ! Catherine et Rebecca, étudiantes catholiques, essaient d’apporter la bonne parole dans les foyers américains. Elles vendent des bibles dont le revenu leur permettra de réunir des fonds pour leur église. Mais lorsqu'elles sont brutalement violées et laissées pour mortes, Catherine, l'unique survivante, se transforme en machine à tuer.

 

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Encore une fois, peu ou prou de surprises au niveau du scénario. Tous les clichés habituels sont au rendez-vous: deux jeunes femmes vierges aux courbes voluptueuses, trois psychopathes "déglingés du bulbe" (je viens d'inventer l'expression), une forêt paumée, des viols, de la torture et une survivante prête à toute pour prendre sa revanche et punir ses bourreaux.
Donc en gros, rien de neuf au tableau de bord. Joseph Guzman se contente de reprend la formule de ses modèles: une petite pincée de La Dernière Maison sur la gauche et de nombreux clins d'oeil à Day Of The Woman, deux films que j'ai déjà cités.

Malheureusement, à aucun moment, Run ! Bitch ! Run ! ne se démarque de ses prédécesseurs. Le film séduira peut-être les non-initiés du genre... et encore. Contre toute attente, Run ! Bitch ! Run ! se révèle assez pauvre, non seulement dans sa narration et la structure de son scénario, mais également dans ses séquences de tortures. En résumé, Run ! Bitch ! Run ! souffre d'un sérieux air de déjà-vu.
Ensuite, avec un tel titre, on était en droit d'attendre un film beaucoup plus fun et original dans son traitement et sa réalisation. Or, même au niveau de la mise en scène, le film se démarque surtout par sa platitude et un rythme plutôt monotone.

 

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A partir de là, difficile voire même impossible de s'intéresser à la seconde partie du film, à savoir la terrible vengeance de notre survivante, qui est donc passée de la petite vierge innocente à une sorte de criminelle nourrie par la haine. Le constat est toujours le même: à aucun moment, Joseph Guzman ne s'intéresse à la psychologie de cette jeune femme.
De ce fait, impossible de se passionner pour sa croisade expéditive. Même remarque pour les trois psychopathes de service qui ne présentent aucun intérêt. Bref, Run ! Bitch ! Run ! n'a même pas le charme d'un bon vieux nanar. Nous sommes donc en présence d'un très gros navet et d'un film assez laborieux qui ne parvient jamais à passionner. Que dire de plus ?

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L'exode de Ridley Scott

Noé de Darren Aronofsky est revenu avec succès (et ce malgré des avis critiques assez sévères selon moi) au film biblique (quoique plus fantasy pour le coup), genre délaissé du cinéma hollywoodien depuis le flop de La nativité de Catherine Hardwickes. Entretemps, il y a eu aussi la série La Bible (diffusée à Pacques sur W9) qui a eu un vif succès. Voici donc venir Exodus: Gods and Kings (pour ceux croyant à une vanne française de mettre un sous-titre aussi improbable qu'insignifiant, sachez que c'est bien le titre américain), nouveau film de Ridley Scott et qui, comme le dit le titre, sera une adaptation de L'Exode, chapitre phare de la Bible mettant en scène Moise enfant juif sauvé des massacres des premiers nés de ses semblables et emmenant les juifs hors de l'Egypte selon les préceptes de Dieu. Soit un film qui devra passer après les deux films de Cecil B Demille en particulier la version avec Charleton Heston, production colossale avec des décors monumentaux, figurants à la pelle (alors que de nos jours on opterait pour des répliques numériques pour les foules), costumes multiples rien que pour Moïse... Bref une sorte de blockbuster avant l'heure, le type de fresque épique que l'on adorait voir à une certaine époque au cinéma et qui depuis est rediffusé sur France 3.

Exodus: Gods And Kings : Photo Christian Bale

Sans compter dans une moindre mesure Le prince d'Egypte produit par Dreamworks il y a seize ans dorénavant. Exodus (désolé d'enlever le sous-titre) ne lésine toutefois pas non plus sur les moyens avec tournage aux studios Pinewood et en Espagne; la 3D qui plus est en 2:35 (ce qui est confirmé par le plan large montrant un cheval face à une Mer Rouge qui risque bien de le submerger); et même si on ne connaît pas encore le budget on peut dire que cela devrait avoisiner les 200 millions de $. Sans compter le casting plutôt prestigieux qui réunira Christian Bale (qui jouera Moïse alors qu'il était en pourparlers pour jouer... Noé), Joel Edgerton (grimé très vulgairement en Ramsès), Sigourney Weaver (femme du pharaon et mère de Ramsès), John Turturro (le pharaon Seti), Aaron Paul (Josué), Ben Kingsley, Golshifteh Farahani, Indira Varma et Ben Mendelsohn. Cette première bande-annonce est avant tout un teaser fait pour donner un petit avant-goût du film qui ne sortira que le 24 décembre chez nous. Pas de grandes paroles si ce n'est le discours de Ramsès pour le moins édifiant voire sinistre envers Moïse: "Tu dis que tu n'es pas la cause de tout ça. Que ce n'est pas ta faute. Alors voyons qui massacre le mieux." 

Christian Bale, Aaron Paul (Josué) & Ben Kinglsey (Nun)

On voit des scènes de bataille où les jeunes Ramsès et Moïse se foutent sur la gueule avec d'autres guerriers, ce qui n'a rien d'étonnant de la part d'un réalisateur comme Ridley Scott qui a livré certaines scènes de bataille les plus remarquables depuis Gladiator. Que ce soit dans le peplum, Kingdom of heaven ou Robin Hood. D'autant que le réalisateur veut faire une fresque épique à l'image des films que j'ai déjà cité, mais n'oubliera pas les éléments bibliques. On voit un village en braise, probablement issu du massacre des premiers nés ou alors des premiers nés n'ayant pas mis la marque rouge sur leur porte; le déluge de la Mer Rouge se refermant (un de mes fantasmes autour de ce film est de voir Bale ouvrir la Mer Rouge, surtout avec les SFX de maintenant); Ramsès chargeant alors que des tornades et l'orage commencent à l'entourer; ce dernier contemplant la grêle; la mer devenant réellement rouge... On sent également que le film risque de plus rejoindre le Dreamworks vis à vis de la situation familiale, les deux futurs ennemis étant particulièrement complices au contraire du film de 1956 où ils se tiraient déjà la bourre. Reste à voir si ces images intéressantes le seront toujours autant en décembre prochain.

10 juillet 2014

Une sorte de Bip Bip et le Coyote... mais dans les rues de Paris !

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genre: comédie
année: 2007
durée: 1h35

l'histoire: Gervais, policier à Paris, maladroit et entêté, est la risée de son commissariat. Depuis des années, il file sans relâche, un esthète de la cambriole, drôle et narquois, Curtis qui, chaque fois, lui échappe et le ridiculise. Un beau matin, après une course poursuite manquée, Gervais se réveille dans une capitale vidée de tous ses habitants. Tous ? Pas tout à fait. Un second individu fonce dans les rues désertes au volant d'une Formule 1 : Curtis ! Voilà nos deux héros seuls au monde, peut-être l'occasion d'enterrer la hache de guerre et de profiter de la situation... Mais ce serait sans compter sur la droiture de Gervais et surtout sur son obstination. Pour lui, la place de Curtis est en prison et rien ne saurait le faire dévier de sa mission.   

La critique d'Alice In Oliver:

Par le passé, parmi les petites troupes comiques, par exemple les Charlots, nous avons déjà eu le droit à notre dose de nanars. Certes, Eric Judor et Ramzy Bédia ne sont que deux mais on peut parler d'un duo comique qui a pris la relève. Régulièrement, Eric et Ramzy sortent et/ou réalisent un nouveau film. Cela fait déjà un petit moment que les deux compères nous proposent des comédies médiocres: La Tour Montparnasse Infernale (qui reste leur plus gros succès), Double Zéro ou encore Les Dalton, pour ne citer que ces exemples.
Vient également s'ajouter Seuls Two, sorti en 2007. Voilà qu'Eric et Ramzy décident de passer à la réalisation. Tout un programme !

 

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On pourrait voir cette comédie potache comme une sorte de version remaniée de Je Suis Une Légende, à la seule différence qu'il n'est pas question de science-fiction, mais tout de même, nos deux héros se retrouvent seuls dans une grande ville (en l'occurrence la capitale de Paris) totalement désertée.
En dehors de nos deux huluberlus, Seuls Two réunit Kristin Scott Thomas, Elodie Bouchez, Benoît Magimel, Omar Sy, Edouard Baer et Fred Testot. Seuls Two est aussi le premier film réalisé par Eric et Ramzy. Le fait de se retrouver réalisateurs leur permet d'avoir les mains libres.
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario.

Attention, SPOILERS ! Gervais, policier à Paris, maladroit et entêté, est la risée de son commissariat. Depuis des années, il file sans relâche, un esthète de la cambriole, drôle et narquois, Curtis qui, chaque fois, lui échappe et le ridiculise. Un beau matin, après une course poursuite manquée, Gervais se réveille dans une capitale vidée de tous ses habitants. 
Tous ? Pas tout à fait. Un second individu fonce dans les rues désertes au volant d'une Formule 1 : Curtis ! Voilà nos deux héros seuls au monde, peut-être l'occasion d'enterrer la hache de guerre et de profiter de la situation...

 

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Mais ce serait sans compter sur la droiture de Gervais et surtout sur son obstination. Pour lui, la place de Curtis est en prison et rien ne saurait le faire dévier de sa mission. Cela fait déjà plus de dix ans que la presse nous parle d'un potentiel dans ce duo comique atypique, potentiel que nos deux acteurs et réalisateurs peinent réellement à confirmer.
Pourtant, un an avant la sortie de Seuls Two, Eric et Ramzy avaient surpris leur monde et décontenancé leurs fans avec Steak. Cette fois-ci, les deux comiques nous proposent une sorte de Bip Bip et le Coyote dans les rues de Paris.

Bien sûr, il faut remplacer Bip Bib par Ramzy et le Coyote par Eric, mais le principe reste peu ou prou le même. Indéniablement, nos deux compères aiment l'univers des cartoons et les situations les plus invraisemblabes. Ils nous le prouvent encore une fois à travers ce nanar particulièrement inégal. Bien sûr, on se surprend parfois à sourire. D'ailleurs, la première demi-heure du film se révèle assez rythmée et nous propose un gag environ toutes les deux minutes.
Pourtant, le rythme du film s'essouffle aussi rapidement et se révèle très répétitif. C'est par exemple le cas lorsque Ramzy devient un champion de formule 1 dans les rues de Paris. Eric et Ramzy tiennent pourtant un concept en or mais ne parviennent jamais (ou presque) à l'exploiter. Finalement, on a peu l'impression de dire la même chose à chaque nouveau film du duo comique. Ca commence à devenir lassant...

 


SEULS TWO : EXTRAIT L'AUTOROUTE par ericetramzy



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