Cine Borat

04 juillet 2015

Une saga terminée

Kyle Reese est envoyé par John Connor en 1984. Mais les choses ont changé, Sarah Connor étant une guerrière avant même de le rencontrer...

Terminator Genisys (affiche)

Quand un film accumule les erreurs de promotion, c'est qu'il y a souvent un problème. Soit un film ambitieux mais le studio ne sait pas le vendre (le cas John Carter, archétype désormais chez Disney); soit le film est mauvais et le studio le vend à l'image de sa qualité. En soi, le cas Terminator Genisys risque d'être étudié d'ici quelques années comme cas d'école de ce que l'on peut faire de pire de pire en terme de promotion marketing. On commence avec des photos douteuses d'Entertainment weekly (Emilia Clarke qui gueule en regardant vers l'horizon mais tirant vers le bas!); une bande-annonce qui fait moyennement envie; deux autres qui spoilent la moitié du film à elle toute seule; des affiches photoshopées dans ce qui se fait de pire (un Schwarzy tellement modifié qu'il n'a plus de visage crédible; Emilia Clarke qui se fait modifiée au niveau des seins et des fesses alors qu'elle n'a pas besoin de cela); une intervention de Big Jim qui sent le gros chèque (quand on voit le film, cela se confirme); et même pour la France, un spot avec Sam (vous savez "celui qui conduit c'est celui qui ne boit pas") dégueulasse qui tourne en boucle dans nos cinémas. Dans le genre "quand il n'y en a plus, il y en a encore", on a eu le paquet. Mais bon, combien de films ont eu une campagne pourrie? Plein, cela ne dit pas que le film est mauvais. Manque de pot, Terminator Genisys fait très mal au ventre et réussi l'exploit incroyable de faire pire que Terminator Renaissance.

Terminator Genisys : Photo Jai Courtney, Jason Clarke

On va donc commencer par les qualités qui se résument à deux. Dans un premier temps, les combats entre la Résistance et Skynet présentés dans le premier quart d'heure se déroulent de nuit et sont plutôt correctes, malgré les impayables robots immobiles (!). Alan Taylor reste donc cohérent par rapport aux films de James Cameron et Jonathan Mostow au contraire de McG qui a plus pensé à Mad Max qu'à Terminator. De plus, c'est enfin l'occasion de voir comment voyage les Terminators comme Kyle Reese au cours de la saga. Mais déjà là on peut trouver qu'il y a quelque chose qui cloche. L'affrontement n'a aucune ampleur, aucune réelle violence, ça tire et explose à tout va mais sans réel intérêt visuel et dramaturgique pour le spectateur. Dans un second temps, il faut bien dire qu'Emilia Clarke s'en sort parfaitement en Sarah Connor, sachant être femme d'action au bon moment (ce que l'on n'aurait pas forcément pu deviner dans Game of thrones où elle ne fait pas grand chose il faut bien le dire) et s'en sortant bien mieux que tous ses collègues. Au moins, elle échappe totalement au cabotinage ambiant. Après cela, vous pouvez rongé votre frein et vous rongez les ongles, on est parti pour un massacre d'un peu plus de 2h.

Terminator Genisys : Photo Emilia Clarke

Cette année, nous avons eu Mad Max Fury Road, nouveau modèle du genre post-apocalyptique et qui a su totalement renouveler la franchise dont il est le quatrième opus; puis Jurassic World qui a fait du neuf avec du vieux pour un bon divertissement mais qui ne chargera pas sur ses deux aînés. Terminator Genisys renvoie en revanche à quelque chose de véritablement écoeurant: rendre nostalgique le spectateur devant un spectacle qui n'hésite pas à pomper sans vergogne ses aînés en se prenant pour meilleur qu'eux. Alan Taylor en vient carrément à retourner à l'identique des plans de Terminator, mais aussi à piller des arcs narratifs ou idées entières issus du reste de la saga. Tout le début de la partie du film se déroulant en 1984 est complètement pompée plan par plan sur le premier vrai film de Big Jim. Taylor ne cherche même pas à réinventer, vu que l'original est inimitable. Donc on refait la même connerie que sur le Psycho de Gus Van Sant: du copier-collé bête et con fait par un tâcheron et des scénaristes sans idées. Dès lors, il est bon de faire attention à ces derniers qui ne sont pas étrangers au saccage que voilà. Patrick Lussier est connu des amateurs de navets et au mieux de nanars puisqu'on lui doit Hell driver où Nicolas Cage revenait des Enfers; le misérable remake de Bloody Valentine et le bien connu (mais pour de mauvaises raisons) Dracula 2001 et ses merveilleuses suites.

Terminator Genisys : Photo Byung-Hun Lee

Quant à Laeta Kalogridis, le seul réel projet notable en tant que scénariste fut Shutter Island et à la rigueur Alexandre, le reste sentant souvent le sapin. Quant au réalisateur, s'il a fait ses marques sur Game of thrones et tout un pan de séries HBO, il a aussi signé le bien pauvre Thor: The dark world. Mais à la rigueur, on peut être gentil sur ce dernier, la Marvel ayant été affreuse au possible durant la post-production. Ces trois cocos sont donc partis pour nous faire un best-of de toute la saga, en espérant faire oublier certains classiques. Le T-1000 apparaît mais en 1984 car il y a eu un paradoxe temporel, mais n'a rien d'intéressant. Pas que Lee Byung Hun ne fait pas le travail (il est même correct surtout au vue du rôle) mais n'a rien de menaçant au contraire de Robert Patrick qui, rien que par sa présence, réussissait à provoquer le frisson. Ici on connaît déjà le T-1000 et donc le personnage fait ce qu'on attend de lui sans jamais surprendre. Et surtout il ne fait pas peur. Ils en viennent même à ressortir la partie planquée du T-1000 sur le véhicule qui se fait éjecter de la voiture, avant d'être repris par la machine! Soit des inserts de T2! Le T-1000 remplace juste le T-800 expédié le temps d'une scène. Schwarzy qui joue les psychologues de comptoir, c'était déjà une idée de Terminator 3 et cette idée est rajoutée au vieillissement des tissus du T-800.

Terminator Genisys : Photo Arnold Schwarzenegger

Un peu comme Bruce Willis sur Die Hard 5, Arnie se met à radoter, sort "vieux pas obsolète" durant tout le film (au moins cinq fois sûr!) et en vient même à évoquer qu'il a travaillé jusqu'à la retraite. L'acteur cabotine même s'il fait parfois ricaner jaune. Même son "I'll be back" sonne faux car on s'y attend et encore plus depuis Last action hero où Schwarzy s'en amusait. Le pillage continue jusqu'aux actions, le film ne faisant plus du fan-service comme il a souvent été reproché à Jurassic World depuis sa sortie, mais du pompage pur et dur. (attention spoilers) Tout le film est finalement un remake des deux premiers à la différence que Sarah Connor se défend du début à la fin. Le final se trouve à Cyberdine pour les mêmes raisons que pour le second opus, sauf que cette fois il faut détruire ce que va devenir Skynet (soit le fameux Genisys du titre qui est en fait un système permettant de connecter différents appareils électroniques en même temps) et non des bribes permettant de créer des Terminators. Sans compter l'affrontement entre deux Terminators. Le nouveau méchant étant dorénavant John Connor devenu une machine suite à des nano-technologies insérées par le T-5000, qui est donc une machine entièrement faites de nano-technologies et est... le reste de Skynet après l'assaut final. Donc en gros, un homme qui devient un Terminator. Pourquoi pas? Mais le traitement est mal foutu au possible (une sorte de squelette numérique) et visuellement cela pique vraiment. Alors que les Terminator ont toujours eu une bonne tenue visuelle (à part Salvation avec son Schwarzy dégueulasse), celui-ci montre des carences fantastiques.

Le T-3000 ne ressemble à rien une fois la peau enlevée, si ce n'est un vulgaire squelette et en sachant que son métabolisme revient comme le T-1000. Un plan complètement pompé sur celui de T2 nous le montre même se remettre progressivement en sortant des flammes! En sachant qu'une fois dans cet état, Jason Clarke est absolument pénible cabotinant totalement en grand méchant invincible. On a saccagé John Connor jusqu'au bout... Et Matt Smith, que nous n'avons pas vu dans une seule bande-annonce mais qui est un des acteurs présents sur les photos du magazine suscité, dans tout cela? Hé bien c'est le fameux T-5000 que l'on voit contaminé John Connor et que l'on retrouvera à la fin sous forme d'hologramme. Soit moins de deux minutes de présence si l'on compte ses hologrammes. Un rôle tellement crucial qu'il est ancré dans la promotion depuis les premières photos... Quant à l'idée du voyage dans le temps du passé vers le futur il vient directement du pilote de la série Sarah Connor Chronicles! Le postulat de départ de la série! Ils vont même jusqu'à reprendre le décor où les personnages dans la série: une autoroute! Changez juste 2007 par... 2017! Mieux, le temps d'une séquence où Sarah Connor parle au petit Kyle Reese, le réalisateur va jusqu'à reprendre L'armée des douze singes (voire La jetée) avec un ralenti où l'héroïne regarde l'enfant partir. (fin des spoilers)

Le réalisateur régurgite ce que l'on a déjà vu en espérant faire mieux et au combien que non. C'est donc avec regret que le spectateur subit du début à la fin un micmac de ce qu'il a déjà vu en pire et le rendrait nostalgique d'un passé cinématographique révolu. La saga Terminator semble tomber dans le processus du déjà vu où l'on a l'impression que le reboot est en fait un mauvais remake et il fait mal au ventre. Et le pire dans tout cela c'est que le film va suffisament marché pour mettre en place une trilogie du diable. Pour ce qui est de l'action, le film se révèle particulièrement classique, voire basiques. Il n'y a pas de moments de bravoure, la plupart annoncée tournant très court (à l'image du passage du bus qui n'a malheureusement aucune tension). Quant aux acteurs n'en parlons pas. J'ai déjà évoqué les cas de Clarke, Schwarzy et Clarke mais que dire des autres? JK Simmons cachetonne en flic bizarre et que personne ne croit. Mais le comble vient surtout de Jai Courtney. Déjà mauvais sur Die Hard 5 (prédiction merveilleuse) et monolithique au possible dans Jack Reacher (ce qui n'est pas forcément un désavantage mais pas non plus de quoi sauter au plafond), l'acteur se révèle au combien à la ramasse en Kyle Reese. Il ne dégage aucun charisme, on ne s'attache jamais à son personnage et nous fait très rapidement regretter Michael Biehn. N'oublions pas non plus la musique de Lorne Balfe, un des nombreux suppléant d'Hans Zimmer (qui est producteur de la composition, ce qui s'en ressent beaucoup quand des moments typiques de Steve Jablonsky se dévoilent), qui massacre le thème de Brad Fiedel et le choix douteux de certaines chansons (Bad Boys de Bob Marley utilisée comme pour l'émission Cops au point de croire à une immense blague foireuse).

Cela faisait longtemps qu'une franchise des années 80 n'avait pas touché le fond. Depuis au moins Die Hard. De quoi réhabiliter pour encore longtemps Le soulèvement des machines...


01 juillet 2015

"Nous voulions que le film ressemble à un documentaire en IMAX où tout foirerait"

Deux astronautes cherchent à survivre dans l'Espace après l'explosion de leur station...

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Quand un cinéaste épouse Hollywood pour faire du grand cinéma dans notre actuelle industrie, il y a de quoi avoir peur tant les contraintes des studios s'avèrent souvent désastreuses. Avec Gravity, Alfonso Cuaron en a épousé quelques unes, notamment le fait de devoir avoir des stars pour héros. Au départ, Robert Downey Jr et Angelina Jolie, Natalie Portman ou Scarlett Johansson; le duo est finalement devenu Sandra Bullock et George Clooney après plusieurs mois de stand by. Après cela, c'était parti pour quatre ans de travail. D'abord prévu pour fin 2012, la Warner n'a pas hésité à le repousser d'un an pour permettre au réalisateur des Fils de l'Homme de le fignoler encore un peu. Alors non, Gravity n'est pas le chef d'oeuvre ultime. Oui, il s'impose comme le digne successeur de 2001 (et ce même si j'adore Sunshine de Danny Boyle) sans le dépasser toutefois. Déjà d'un point de vue technique, Gravity s'impose comme un des blockbusters les mieux mis en scène. Cuaron n'a rien laissé au hasard, préférant un montage aérien presque digne de la simulation à des champs-contrechamp par milliers ou plans multiples pour une même scène. On peut même parler de blockbuster expérimental, tant Cuaron ose tout. Autant dire que bons nombres de réalisateurs hollywoodiens (je pense à Michael Bay comme à Roland Emmerich) peuvent se rhabiller sur ce point.

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Le fameux plan-séquence de vingt minutes constituant l'ouverture apparaît dans un premier lieu comme un plan fixe. La caméra ne bouge pas et nous laisse contempler la Terre dans toute sa beauté. Puis une navette s'approche à la droite de l'écran mais la caméra, au lieu de nous amener vers la navette, reste immobile et la laisse venir vers nous. Le temps que la navette se stabilise dans le champ, la caméra bouge enfin pour suivre un Clooney en jetpack. La caméra suit alors Clooney de manière aérienne et surtout sans que l'image ne tangue à la manière des montagnes-russes. On voit alors Clooney en plein délire spatiale, nous parlant de ses histoires de conquêtes souvent en rapport avec des points particuliers (un coup, il parle de Mardi Gras!). Si la prestation de l'acteur n'est pas exceptionnelle, il a au moins le mérite d'être une bouffée d'air frais dans un film plus d'une fois asphixiant. Plus d'une fois, il réussi à bonifier l'atmosphère alors que l'heure est grave. Néanmoins, quand son personnage est dans une situation difficile, il sait rester sérieux. Le temps de quelques secondes, Cuaron arrête son plan-séquence pour enchaîner sur un autre sans que cela ne gène le spectateur (et même ceux qui l'ont remarqué).

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On connaît désormais les deux personnages principaux incarnés par Clooney et Bullock et on sait leurs rôles (lui est un vétéran, elle fait sa première mission). Pas besoin de dévoiler quinze tonnes d'informations, ce qui est souvent symptomatique du cinéma récent (en gros, les scénaristes se sentent obligés de tout expliquer alors qu'il suffit d'un générique pour montrer un univers, à l'image de Watchmen de Zack Snyder). Cuaron peut faire sauter la navette et la moitié de son équipage avec une furiosité incroyable. Nous assistons en direct à une déflagration d'objets provenant d'une station voisine s'écrasant sur la navette de la NASA. Un plan-séquence ébouriffant où la conversion 3D (le film n'a pu être tourné en native, compte tenu de la lourdeur des caméras, mais même sans ça on croirait que c'est de la native au vue du temps de travail dessus) permet de s'en prendre plein la figure avec une Sandra Bullock dérivant dans l'espace avec une rare violence. Une violence qui apparaîtra constamment, Cuaron usant d'un masochisme avec son héroïne absolument redoutable (un peu comme Lara Croft dans le récent reboot vidéoludique de Tomb Raider). Cela passe par la dérivation en solitaire, l'explosion de station de manière multiple et même de délires mélancoliques. 

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Dans ce sens, le mal de l'Espace est plutôt bien traité, le personnage de Bullock commençant sérieusement à se demander si elle réussira à se sauver d'une situation aussi chaotique. Car l'air de rien un astronaute, même avec un certain entraînement dans une situation de crise (et notamment de savoir étudier un manuel dans une capsule), n'est autre qu'une poussière dans le cosmos. Pour se sauver, il ne pourra pas appeler police secours et devra se débrouiller seul face à un infrastructure éloignée et pas forcément communicante (la NASA). Le réalisateur des Fils de l'Homme se veut donc plus que crédible dans son traitement, jouant très bien suur l'invulnérabilité de ses protagonistes. Ils peuvent mourir à tout instant, ce ne sont pas des super-héros. Surtout, le réalisateur montre une étrange dualité chez son héroïne: c'est une femme n'ayant plus rien à perdre, mais s'attachant durablement à la vie. Une dualité plutôt intéressante et qui apparaît tout au long du récit et notamment dans une séquence de rêve significative. Outre l'implication du spectateur de manière émotionnelle dans les aventures désastreuses de son héroïne, le réalisateur crée un lot de séquences tout simplement impressionnantes.

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Outre les plans-séquences qui en imposent par une maîtrise irréprochable (cette figure de style cinématographique est rare dans un blockbuster alors autant en profiter quand on en voit de beaux, qui plus est sur grand écran), le réalisateur opte pour plusieurs plans spécifiques. Les panoramas pour commencer et notamment pour faire admirer la Terre de loin ou la destruction d'une station sous nos yeux. Il opte aussi pour des plans à la Panic Room, donc de faux plans-séquences où le réalisateur passe de l'extérieur à l'intérieur du casque de Bullock comme si de rien n'était. Sauf qu'au contraire du film de David Fincher, on est face à l'actrice et non dans un lieu en particulier. Un bel exercice de style en somme. Le réalisateur opte également pour des plans à la première personne et se révèle aussi impeccable que ceux du récent Maniac. En plus de l'angoisse qu'il procure par moments, Cuaron réalise deux plans un peu dégueulasses mais terriblement crédibles compte tenu des circonstances et ce malgré un PG-13 bien présent. Décidemment, certains blockbusters de l'année ont mis cette classification à rude épreuve. Quant à Sandra Bullock, elle signe probablement la plus belle prestation de sa carrière. Elle émeut, elle est impliquée corps et âme dans l'opération, on sent qu'à l'image de son héroïne elle a hâte d'en finir avec cette expérience folle. Il y aura probablement un avant et un après Gravity dans sa carrière, en tous cas je l'espère parce que ses comédies et policiers à deux francs... La bande-originale de Steven Price va très bien avec l'action du film sachant être terriblement posé quand le calme est plat comme assourdissante quand tout explose.

Une maîtrise totale de la réalisation face à un déluge émotionnel et sensoriel. A un tel degré de réalisme, on en reste pantoi.

 

La critique d'Alice In Oliver :

Les voyages ou les aventures dans l'espace ont toujours passionné le noble Septième Art. On se souvient (ou pas...) d'Apollo 13 de Ron Howard, qui s'inspirait d'une histoire vraie, mais surtout de films plus complexes ; bien sûr 2001, l'Odyssée de l'Espace de Stanley Kubrick, et dernièrement d'Insterstellar de Christopher Nolan. Dans tous ces films, il est aussi question d'un univers immense, énigmatique, indicible et terriblement dangereux. En l'occurrence, Gravity, réalisé par Alfonso Cuaron en 2013, n'échappe pas à la règle ! Au moment de sa sortie, le long-métrage est unanimement salué par la presse. 
Le film recueille des critiques panégyriques. Il obtient même plusieurs Oscars, dont celui du meilleur réalisateur pour Alfonso Cuaron.

Hormis quelques détails, les professionnels de l'astronomie reconnaissent les qualités de Gravity, et notamment son caractère ultra réaliste, entre autres, dans l'utilisation des engins spatiaux. Au niveau de la distribution, le long-métrage réunit seulement Sandra Bullock et George Clooney, presque condamnés à gloser et à pérorer dans le vide interstellaire. 
Viennent également s'ajouter les voix d'Ed Harris et de Phaldut Sharma. Plusieurs grands acteurs seront approchés pour interpréter le Docteur Ryan Stone ( finalement jouée par Sandra Bullock) : Angelina Jolie, Scarlett Johansson et Natalie Portman. Même remarque pour le rôle du Docteur Kowalski. Dans un premier temps, les producteurs annoncent le nom de Robert Downey Jr.

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Finalement, c'est George Clooney qui hérite du scaphandrier spatial. Attention, SPOILERS ! La navette spatiale Explorer effectue une mission de maintenance sur le télescope spatial Hubble. Trois astronautes sont dans l'espace en train d'effectuer des travaux sur le télescope amarré dans la soute de la navette lorsque le centre spatial de Houstoninforme l'équipage qu'un satellite russe a été détruit par un missile, engendrant un nuage de débris spatiaux. De prime abord sans danger, les débris se multiplient par réaction en chaîne et certains d'entre eux se dirigent droit vers les astronautes. 
Ceux-ci se préparent à réintégrer la navette spatiale. Mais il est trop tard, les débris sont sur eux. L'astronaute Ryan Stone qui était amarrée au bras télécommandé de la navette se trouve propulsée dans l’espace et dans la panique perd de vue la navette et ses collègues.

Le commandant de la navette, Matt Kowalski, qui a également survécu et qui dispose, contrairement à sa collègue, d'un MMU lui permettant de se déplacer, parvient à la rejoindre. Il l’arrime à lui à l’aide d’un câble et, grâce à la propulsion de son MMU, l’emmène à sa suite jusqu'à la navette spatiale. Hélas à bord il n’y a pas d’autres survivants et les destructions l'ont rendue inutilisable.
Le seul espoir semble être la station spatiale internationale à 100 kilomètres de là. Matt espère regagner la Terre à bord d'un vaisseau Soyouz amarré à la station spatiale. Le parcours dans l’obscurité sidérale est l’occasion d’un échange entre les deux rescapés et Ryan confie à Matt comment elle a perdu sa fille au cours d’un banal accident. Depuis, elle est hantée par ce destin tragique.

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Gravity oscille intelligemment entre plusieurs genres : la science-fiction, l'aventure, le film catastrophe et le survival. Finalement, le film s'apparente à un huis-clos spatial. Ce qui est assez déroutant. D'un côté, les deux protagonistes doivent se déplacer dans un vide à l'immensité incommensurable. De l'autre, ils doivent se débattre dans une combinaison exigüe et dans un univers en proie à de nombreux dangers, notamment les propulsions de débris spatiaux, rapides comme l'éclair et perforant comme des balles de révolver. Plus qu'un paradoxe, un oxymore. A l'image de l'intitulé du film, donc Gravity (au cas où vous n'auriez pas suivi...) : en effet ici, point de gravité, mais plutôt une apesanteur totale qui va jouer un rôle prépondérant pour nos deux héros en scaphandrier.

C'est toujours dans ce paradoxe que le film propose un périple haletant dans un espace sans limite, sans hauteur, ni longueur, ni largeur et finalement sans repère. La notion d'espace n'existe pas, semble nous dire Alfonso Cuaron. Sur ce dernier point, le réalisateur se transforme en véritable virtuose de la caméra avec de nombreuses scènes à couper le souffle, et des séquences à priori simplistes, mais d'une redoutable efficacité par leur ambiance étouffée et anxiogène.
Le spectateur est lui aussi convié à plonger dans ce vide intersidéral aussi nébuleux que fascinant, aussi dangereux que captivant. Néanmoins, contrairement à 2001, l'Odyssée de l'Espace, Solaris (le film de 1972, pas le remake, dans lequel on retrouvait par ailleurs l'ami Nescafé... Pardon... George Clooney...) et à Interstellar, Alfonso Cuaron élude tout questionnement de fond sur notre vaste cosmos.
Contrairement à ses prédécesseurs, et malgré son habileté technique, Alfonso Cuaron ne propose jamais de réflexion sur ce vide intersidéral et sur le rapport que l'homme entretient avec l'univers. C'est le gros point faible du film, malgré, je le répète, des qualités indéniables. Bref, un film de science-fiction certes magnifique et d'une beauté insondable, à défaut d'être visionnaire...

NDB: Le titre de cet article est une citation du réalisateur lors d'une interview donnée au magazine Popcorn (numéro 2).

29 juin 2015

Cuvée terminée

A l'heure où l'ami Big Jim est en train de se fatiguer sur les suites d'Avatar et où le dernier volet sort ce mercredi, la Cave de Borat revient sur la saga qu'il a initié, Terminator. Véritable bordel à droits, la saga Terminator a changé de couleur dès lors que son auteur initial s'en est allé, laissant les restes aux studios charognards (Sony, Intermedia, Warner, Skydance et Paramount nous y voilà!) et son bon vieux Arnie. L'occasion était trop belle pour votre bon Borat de partir sur le champ de bataille dans la course contre le temps qui se joue entre Skynet et la Résistance. La première fois que j'ai entendu parler de Terminator ce fut avec le troisième opus que j'ai vu au cinéma, la seconde avec le deuxième à la télévision, la troisième avec le premier en DVD (j'avais acheté entretemps un coffret avec les trois opus et j'ai eu la chance de le voir en salle le mois dernier), la quatrième avec la série Sarah Connor Chronicles et enfin avec Terminator Renaissance. Maintenant que les présentations sont faites, lançons-nous!

  • Terminator (1984) : Genèse de l'apocalypse

Terminator

Au début des années 80, James Cameron est en très mauvaise posture: ancien collaborateur de Roger Corman, son premier film Piranha 2 lui saute à la gueule, les producteurs lui retirant le final cut et le vire plus simplement. D'ailleurs on ne saura jamais comment celui que l'on nommera bientôt Big Jim est revenu d'Italie mais dans tous les cas cela ne devait pas être jojo. Néanmoins, l'idée de Terminator lui est venu à la suite d'un rêve: une machine sortant des flammes. Coup sur coup, James Cameron se lance dans l'écriture d'un scénario mêlant post-apocalypse et voyage dans le temps avec Bill Wisher. La première version mettait en scène deux Terminator dont un en métal liquide. Cette idée sera évincée mais reviendra pour sa séquelle, la technologie ayant évoluée entretemps. Gale Anne Hurd que Big Jim a croisé à New World Pictures où elle était l'assistante de Tonton Roger s'y intéresse et Cameron lui laisse les droits pour un dollar symbolique en échange du fait qu'elle produise et qu'il réalise le film. Orion distribue le film mais c'est Hemdale Pictures qui prend les droits du production (que Cameron convainc en faisant apparaître Lance Henriksen défonçant la porte en cuir!). Un joyeux bordel qui annonce déjà les gros problèmes de droits autour de la franchise.

Terminator : Photo Arnold Schwarzenegger

"Sarah Connor?"

Le film budgeté (un peu plus de 6 millions de $), les phases de casting peuvent commencer. Auréollé du succès fracassant de Conan le barbare de John Milius, Arnold Schwarzenegger est d'abord prévu pour le rôle de Kyle Reese mais Big Jim est peu convaincu et le voit davantage dans celui du Terminator. Rôle proposé également à OJ Simpson mais ironiquement James Cameron ne le voyait pas en tueur (!). Schwarzy, peu convaincu du scénario, dira que c'est une merde mais son entretien avec Big Jim se passe bien et il finit par être engagé. Michael Biehn jouera quant à lui le héros de la Résistance et Linda Hamilton sera la fameuse Sarah Connor, le personnage par qui tout commence. Schwarzy étant pris par le contrat d'exclusivité de Dino de Laurentiis, il se retrouve donc sur Conan le destructeur et pendant ce temps Big Jim accouche du "scénario" de Rambo 2. Stan Winston entre en jeu et s'occupera des effets-spéciaux, Orion propose différentes choses (comme un chien robotique pour Reese et une romance plus poussée entre Sarah Connor et Kyle Reese). Une fois le tournage commencé, Linda Hamilton se foule la cheville, faisant bousculé le calendrier de certaines prises où elle court. Pour ce qui est du Terminator une fois à l'état squelettique, Fantasy II opte pour de la stop-motion. Néanmoins une fois en post-production, Hemdale pose problème notamment avec son patron John Daly.

Arnold je t'adore mais là ce n'est pas toi.

S'immiscant dans la salle de montage, il suggère notamment que le film devait se finir sur le Terminator sortant des flammes, Big Jim l'envoyant chier copieusement comme on lui connaît. Sans compter une distribution parfois chaotique pour ce qui est des ressorties, Hemdale désirant moyennement faire péter les compteurs du box-office. Terminator est un succès inattendu en plein automne 1984 aux USA et en France, il est notamment auréollé du Grand Prix d'Avoriaz quelques mois avant sa sortie en 1985. Jusqu'à présent, les ennemis de l'apocalypse étaient souvent des aliens ou l'Homme lui-même. Si l'Homme est très coupable dans Terminator, c'est surtout la Machine qui apparaît comme le méchant de l'histoire. Peu de robots avaient été montré comme des ennemis à l'image de ceux de Mondwest, des répliquants de Blade Runner ou Ash dans Alien (tiens donc!); avec Terminator on tient probablement l'archétype du robot tueur que l'on retrouvera beaucoup dans les années à venir (certains pastichant carrément le Terminator). Indestructible, à visage humain, venant du futur et qui revient sans cesse à la charge, le T-800 est une vraie machine à tuer, tuant tout ceux qui l'écarte de sa mission (Dick Miller, acteur de Tonton Roger et par la suite de Joe Dante, se fait liquider en vendeur d'armes!) et sa mission est évidemment de tuer.

Un rêve devenu réalité.

Sa cible: une certaine Sarah Connor, jeune femme qui se retrouve au coeur d'une guerre qu'elle va malheureusement déclenché en mettant au monde le chef de la résistance face aux Machines. Une fille simple qui travaille dans un dinner et n'ayant pas de chance en amour et qui accessoirement à une collocataire qui ne quitte jamais son baladeur (ah les 80's!). Un soldat de la Résistance est alors envoyé lui aussi du futur afin de la protéger. Kyle Reese n'est pas indestructible puisqu'il est humain. Il est néanmoins un soldat, faisant de lui un ennemi redoutable et capable d'affronter une machine. Au cours du film, le spectateur découvre la guerre entre la Résistance et Skynet à travers les souvenirs de Kyle Reese: des camarades tuées, des batailles nocturnes avec des sortes d'avions drônes balançant des rayons laser qui transpercent les corps, des crânes qui parsèment le chemin et des camps de résistants qui finissent par être décimés par des Terminators parce qu'ils ont forme humaine (les chiens sont les seuls à réellement les reconnaître). C'est donc avec une certaine minutie (et malgré le budget de 5 millions de $) que Cameron nous dévoile un véritable monde et impressionne.

Hé oui, la coupe mulet à aussi fait des ravages à Linda Hamilton.

Les visions du futur retranscrivent quelque chose d'apocalypse avec peu et le réussissent. Le deuxième opus, puis le troisième décupleront l'ambition avec le budget qui va avec, mais les débuts sont bel et bien là et ils sont impressionnants. Reese est un homme traumatisé (quand il rêve il pense automatiquement à la guerre et à ce qu'il a vécu) mais aussi amoureux depuis qu'il a vu la photo de Sarah Connor, ce qui entraîne un beau paradoxe temporel des familles. (Spoilers) Kyle Reese fait l'amour avec Sarah ce qui entraîne la naissance de John Connor alors même que Kyle Reese n'est pas encore né. Idem en laissant le bras cybernétique du T-800, Cyberdine finira par essayer de créer des robots en conséquence. Le paradoxe temporel est aussi bien bénéfique que pas du tout, engendrant à la fois le début de la Résistance et la fin de l'Humanité. Une boucle temporelle qui est instoppable et qui continuera encore et encore sans une quelconque modification, puisqu'à chaque fois elle est inutile et engendre une conséquence supplémentaire (l'endurcisement de John Connor par exemple comme celui de sa mère). "Pas de destin mais ce que nous faisons" comme dirait Sarah Connor. (fin spoilers)

Il y a quelque chose de pourri dans ce commissariat et Arnold va faire le ménage.

Au niveau de la réalisation, outre les scènes post-apocalyptiques, Big Jim s'en sort par un rythme enjoué, donnant lieu à une belle
poursuite en pleine rue comme un climax épique où la stop-motion gérée par Fantasy II fonctionne parfois bien mieux que certains maquillages (notamment dans la scène de l'innoculation qui fait un peu toc de nos jours), le rendu de la stop-motion renvoyant à une forme de mécanique digne d'un robot. Sans compter que le rendu même du T-800 est saisissant et horrifiant. Si l'on n'a vu aucune image de la machine avant, l'effet d'effroi est garanti. On retiendra également la scène du commissariat qui, en plus de donner une des répliques phares d'Arnie (vous voulez quand même pas que je vous la cite? -NDB), est un véritable moment d'action où l'Homme est face à quelque chose qu'il ne peut surpasser et se fait dégommer sans aucune chance. Un moment de violence que vous ne retrouverez pas forcément de nos jours... Le film se termine sur un peu d'espoir bien aidé par le thème de Brad Fiedel version romantique (la version guerrière est évidemment bien plus impressionnante de par sa simplicité et son côté direct), mais l'avenir n'est pas forcément radieux à l'image d'un orage qui arrive.

  • Terminator 2 (1991): Los Angeles on fire

Terminator 2

Lorsque Big Jim revient au Terminator, il ressort de l'échec commercial d'Abyss. Suite à la vente des droits par Hemdale, Schwarzy suggère à Mario Kassar et Andrew Vajna (producteurs de Total Recall) d'acheter les droits avec Carolco pour cinq millions de $. Il faut dire qu'entretemps, beaucoup de bisseries italiennes sont revenus sur Terminator notamment Atomic Cyborg de Sergio Martino (où un homme devenu un robot devient la cible d'un complot scientifico-mafieux) ou Terminator 2 de Bruno Mattei retitré Spectres à Venise sous peine de se faire coller un procès aux fesses. Idem du côté de chez Orion distributeur de Terminator qui produit l'impitoyable Robocop de Paul Verhoeven afin de jouer sur la mode (heureusement Popaul fut bien plus malin) et n'hésite pas à le promouvoir en mettant le thème de Brad Fiedel dans la bande-annonce! Big Jim revient mais ne vient pas pour des broutilles: il veut faire plus gros, plus fort. Big Jim dira qu'il aurait pu le faire pour moins cher et que le studio aurait aimé aussi, mais que pour faire un spectacle digne de ce nom il fallait y mettre des gros moyens. De plus, les cachets de Schwarzy ont considérablement augmenté depuis Terminator. Schwarzy a touché pour ce film entre 12 et 15 millions contre un "petit" million pour Linda Hamilton.

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton

"T'as pas un plus gros flingue? -Attends de voir mon mini-gun!"

Au total, le film coûtera 102 millions de $ devenant le film le plus cher à cette époque et un véritable blockbuster en puissance
rentabilisé plus que rapidement par un box-office explosif (plus de 500 millions de $ de recettes). Terminator 2 : Le Jugement dernier s'impose très rapidement comme un des meilleurs blockbusters de son époque voire le meilleur. Un film d'action et science-fiction à gros budget, mais qui a le mérite de renouveller son concept initial en n'étant pas un parfait copier-collé de son aîné et donner un vrai sang neuf à une nouvelle franchise. D'autant qu'au vue de la réputation du premier film, T2 se devait de faire aussi bien voire mieux. Au niveau de la réalisation, on voit clairement que le budget est là et ce dès l'introduction. Le film commence par des images du quotidien avant qu'un éclair bleu fige un plan où l'on voit des enfants joués sur une balançoire. Via une transition brutale, Cameron nous emmène dans le Los Angeles de 2029 et crée l'effroi. Le même décor que nous avons vu il y a quelques secondes est reduit en cendres et peuplé de crânes et décors détruits (le pont est brisé) avant qu'un T-800 ne dégomme un crâne du pied. L'occasion de voir que les choses ont bien changé depuis 1984. Ce n'est plus un mais plusieurs exosquelettes que l'on peut voir à l'écran qui plus est en plein mitraillage.

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo Linda Hamilton

Sarah Connor, une battante devenue guerrière.

Big Jim a plus de moyens et se permet donc de montrer plus de choses de la guerre du futur. On ne la verra que dans cet extrait (et Terminator 3 fera de même dans son ouverture), mais ce qui est montré est impressionnant. On croit voir l'apocalypse et la vision qui est montré est aussi effrayante que guerrière. On avait vu un peu la résistance par les souvenirs de Kyle Reese dans Terminator, mais là on est vraiment au front. Qui plus est avant même qu'il n'arrive à l'écran, John Connor nous apparaît enfin sous ses traits du futur en bon seigneur de guerre. Sarah Connor agit en tant que narratrice, énonçant le pitch même du film: deux robots envoyés pour trouver John Connor en 1995 un pour le tuer, l'autre pour le protéger. La chasse peut alors commencer après un générique en flamme où le thème de Brad Fiedel prend de sérieuses couleurs après le synthétiseur joué en live pour le premier film. Cameron reprend l'idée du Terminator au métal liquide en créant le T-1000 qui prend les traits de Robert Patrick.  Un ennemi pouvant imiter toute arme ou personne rendant son approche digne d'un prédateur. La scène chez les tuteurs de John en sont la preuve (le temps de changer de main et vous aurez la scène la plus gore du film). Une révolution technique également puisque comprend le morphing (que Big Jim fera perfectionné dans le grand final alors qu'il fut crée pour le film Willow) et de la performance-capture, Robert Patrick ayant eu droit à un modèle informatique d'après des capteurs. A peine croyable à l'époque, l'effet-spécial apparaît comme une innovation majeure.

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo

Le T-1000, une révolution à lui tout seul.

C'est notamment à cause d'innovation de ce type que T2 reste encore aujourd'hui en mémoire: à l'image d'un certain Jurassic Park, les effets-spéciaux sont si révolutionnaires qu'ils passent encore crèmes de nos jours. Si l'on excepte quelques maquillages qui se voient un peu plus à l'oeil nu désormais (mais rappelons-le nous sommes en 1991 et le film déploie déjà une maestria visuelle sans précédent), le rendu de T2 paraît terriblement récent. Incroyable quand on se dit que le film a désormais 24 ans. Mais Big Jim ne s'arrête pas là puisque le T-800 devient le "gentil robot" devant protéger John Connor. Ce qui entraîne un merveilleux paradoxe quand Sarah Connor le revoit en chair et en os pour la première fois depuis 1984, voyant là la machine qu'elle a détruite autrefois et qui a tué l'homme qu'elle aimait (un sentiment qui sera abordé par John lorsqu'il raconte que sa mère pleure parfois au Terminator). Surtout c'est le T-800 qui lui dit la fameuse phrase "Viens avec moi si tu veux vivre", autrefois dite par Kyle Reese. Mais le T-800 apparaît très rapidement comme tout autre: il est le père que n'a jamais John et qui le protègera contre le danger.

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo Arnold Schwarzenegger

"I'll be back!"

Le spectateur a même un sentiment étrange quand il voit petit à petit que le cyborg éprouve une certaine morale et cherche à apprendre certaines choses. C'est le cas quand John lui apprend des phrases ("No problemo!", "Hasta la vista baby!", "Va te faire foutre sac-à-merde"...) mais aussi quand ce dernier lui demande de ne tuer personne. Lors de la scène du mini-gun, le T-800 sort les armes mais surtout pour intimider, il explose des véhicules mais ne tue personne. Idem lorsque le T-800 blesse ou balance des grenades fumigènes sur des points particuliers du corps. Et là où le cyborg rajoute en ambiguité est quand il sourit en regardant John hors champ avec le mini-gun en main. Le final ne fait que rajouter en émotion ce que l'on a déjà vu. Big Jim s'interroge sur les limites de l'intelligence artificiel et se demande si une machine peut devenir plus humaine qu'un homme. Sarah Connor a également changé, passant d'une jeune femme romantique et battante à une véritable guerrière s'entraînant chaque jour dans sa cellule en espérant trouver une sortie. A l'image de ce qu'il a fait dans Aliens avec Ellen Ripley, Big Jim a fait de Sarah une guerrière qui a vu l'enfer et le combat arme à main. Elle devient aussi une mère prête à tout pour sauver son fils, la plus belle preuve d'amour qu'elle lui fait se déroulera dans le fourgon. Big Jim signe un blockbuster qui envoie la marchandise (on peut compter les scènes cultes) mais qui fait également réfléchir. Au point que T2 est devenu très rapidement une des meilleures suites de tous les temps. Comme Aliens...

  • Terminator 2 3D Battle Across Time (1996): Attraction terminée

En 1996, Universal Studios annonce une attraction basée sur Terminator 2. James Cameron, Stan Winston et John Bruno planchent dessus pour la bagatelle de 60 millions de $ (un énorme budget même pour une attraction, Captain EO a coûté moins cher même s'il s'agit d'un précurseur) et qui plus est en 3D alors que le procédé était quelque peu en désuétude (tout du moins au cinéma). L'occasion pour le réalisateur d'expérimenter le procédé, bien avant Les fantômes du Titanic (2003). Dans un premier temps, une vidéo est projetée durant une bonne trentaine de minutes, montrant les bienfaits de Cyberdine et notamment la présentation d'un premier modèle de Terminator... Avant que n'apparaissent Sarah et John Connor sous les traits de Linda Hamilton et Edward Furlong (qui avait déjà bien grandi) sur l'écran en mode piratage annonçant au public qu'il faut se méfier de Cyberdine et notamment du système Skynet. La vidéo reprend ensuite avant une conférence sur scène, mais le tout dégénère quand les Connor débarquent sur scène (des comédiens évidemment même si les voix sont bien celles des acteurs mythiques) et que le T-1000 arrive par une capsule temporelle exploitant la 3D.

Des coulisses à la cool.

Un comédien en mode T-800 arrive et prend John Connor avec lui, le T-1000 les poursuivant à travers la capsule temporelle qui finit par les amener dans le futur sur un champ de bataille. Là toute la maestria de Big Jim se montre dans ce petit court-métrage où Schwarzy dégomme différents types de Terminator, que ce soit des petits robots volants qu'il dézingue à bout de bras (séquence qui a un peu vieilli mais quand même prometteuses pour l'époque); le T-1000; un exosquelette (hérité des restes de T2 et tout simplement superbe) dont une séquence très efficace et enfin un délire entre vidéo et théâtre où la doublure de Schwarzy dégomme une araignée en métal liquide chargée de protéger le noyau de Skynet. L'air de rien, nous avons beau être dans une attraction dérivée, jouant sur les codes de la franchise et notamment à faire dans le fan-service (le T-1000 finalement là pour pas grand chose), mais il y a quelque chose de beau et attrayant dans le show présent. Cameron joue avec le bestiaire de sa saga tout en faisant un peu tout et n'importe quoi (l'araignée c'est quand même de la grosse rigolade!), mais cela reste parfaitement dans la saga.

John Connor découvre enfin ce à quoi il doit se préparer, le T-800 revient pour le protéger, Sarah Connor continue son combat contre Cyberdine qui n'a visiblement rien compris du désastre à venir et surtout les scènes post-apocalyptiques sont superbes. Le T-800 et John Connor à moto roulant à travers une ville en ruine, pourchassé par un des avions mitrailleurs que l'on croise depuis le début de la saga est en soi une scène mémorable que l'on aurait aimé voir dans un film Terminator. Et comme à son habitude, Cameron joue sur le fait que les batailles se déroulent la nuit ou tout du moins dans un univers crépusculaire. Une chose que n'a pas compris McG bien malheureusement...

  • Terminator 3 (2003): Back in black

Terminator 3 : le Soulèvement des Machines : affiche Arnold Schwarzenegger, Jonathan Mostow, Kristanna Loken

On parlait de Terminator 3 depuis le succès colossal du Jugement dernier et pourtant rien ne se fait réellement avant 2002. James Cameron annonce au cours des années 90 son intention de produire un troisième volet. Entretemps, Carolco met la clé sous la porte et vendent les droits. 50 % restent à Gale Anne Hurd productrice historique de la saga. Big Jim essaye de gérer tout ça avec la Fox mais les tensions s'accumulent lors de la post-production de Titanic (ce qui s'est vite arrangé quand même!). Mario Kassar et Andrew Vajna reviennent à la franchise pour la somme de 7,5 millions de $ en reprenant les parts de la productrice, fondant par la même occasion C2 Pictures en 1999. Le traitement de Tedi Sarafian met en scène John Connor en employé d'entreprise et découvrant l'arrivée d'un Terminator au physique féminin. Cameron n'est déjà plus annoncé au début des années 2000, lui-même étant occupé depuis déjà quelques temps par le projet Avatar et Jonathan Mostow finit par être engagé comme réalisateur. Il engage des réécritures en compagnioe de John Brancato et Michael Ferris. Schwarzy ne veut dans un premier temps pas revenir puisque Big Jim ne réalise pas, Big Jim lui a néanmoins suggérer d'accepter pour toucher un gros chèque! Mais l'acteur en est déjà à vouloir se lancer en politique et voit ses plans changeaient légèrement.

Terminator 3 : le Soulèvement des Machines : Photo Jonathan Mostow

Apocalypse now.

Schwarzy touchera près de 30 millions de cachet dans un budget de 170 millions de $. Nick Stahl reprend le rôle de John Connor (Edward Furlong est vite écarté surtout que sa descente aux enfers commençait doucement mais surement) quand Linda Hamilton est dans un premier temps appelé pour reprendre le rôle de Sarah Connor avant que cette dernière ne soit déclarée morte dans le script. Le succcès commercial est bel et bien là et pourtant aucune suite ne se met en place comme initialement prévu. Même si l'accueil critique se veut bienveillant, beaucoup dézinguent Terminator 3 : Le soulèvement des machines et notamment en cause sa ressemblance avec les deux premiers volets. Le TX en est l'exemple le plus flagrant. Grande méchante du film, ce nouveau modèle se présente comme un mélange des deux modèles que nous connaissons principalement: le T-800 et le T-1000. D'un côté elle est purement mécanique et partage une curieuse personnalité (elle aime la mode et montrer son décolleté, un peu comme le T-800 a une adoration pour le cuir!). De l'autre du métal liquide coule dans sa carcasse et lui permet d'imiter des armes (notamment une tronçonneuse pour un moment bien gore hors-champ) et des personnalités. Finalement pas grand chose de nouveau sous le soleil.

Terminator 3 : le Soulèvement des Machines : Photo Arnold Schwarzenegger, Jonathan Mostow

"C'est l'heure de tirer un petit coup! Allez mes jolies, dansez! DANSEZ!"

Pareil pour certaines scènes d'action renvoyant parfois à Terminator 2: la poursuite dans les bois qui n'est pas sans rappeler la fuite de l'asile; le passage au sanatorium renvoyant à l'assaut de Cyberdine au mini-gun (et au même final: le T-800 ne tue personne par contre, il se prend beaucoup de balles) ou la poursuite en pleine ville (scène très bien réalisée et faisant la part belle à la destruction massive!) entre le TX, John Connor et le T-800 qui arrive après tout le monde. On note également une tendance à l'autocitation récurrente, à coup de "She be back" et autres. Ce bon vieux Arnold accumule d'ailleurs les répliques pinces sans rire, donnant le change au pessimisme ambiant du film, à base de "Parle à ma main!", "Relax!" ou ses allusions quant au possible contenu psychologique de son programme! Sans compter l'introduction même de Schwarzy se retrouvant dans un bar à striptease et servant malgré lui d'amuse-gueule pour mesdames sur Macho Men des Village People, avant d'écraser les lunettes étoiles qu'il avait dans sa poche! Mais l'air de rien et sous ses airs de divertissement pétaradant qui va un peu trop chercher vers l'original; Le soulèvement des machines se révèle bien moins bourrin qu'il n'y paraît. Dès l'introduction le ton est donné: John Connor fuit sa destinée et fait de multiples cauchemars d'un futur approchant.

Terminator 3 : le Soulèvement des Machines : Photo Arnold Schwarzenegger, Jonathan Mostow, Kristanna Loken

"T'as de beaux yeux tu sais? -Elles sont chouettes tes lunettes."

Des scènes qui ne sont plus filmées dans de vrais décors mais devant des fonds verts, mais montrant une ampleur disproportionnée jamais vu encore dans la saga. Nous avons la Résistance et les champs de bataille classiques, mais pas un combat aussi massif avec des Terminators par milliers et une Résistance savourant une victoire avec un John Connor bien plus vieilli que dans le second opus. Les images sont courtes mais montre un combat impressionnant. Mais surtout, T3 est une véritable course contre la montre où finalement il n'y a pas d'issue. (Spoilers) Skynet est devenue tellement puissante que son simple déclenchement n'est qu'une broutille face à l'apocalypse qui va suivre. De plus, le TX a non seulement pour mission de tuer Connor mais aussi certains de ses lieutenants à venir. Le chemin de cadavres ne fait que de commencer avant même la guerre. On apprend aussi que John Connor n'est pas infaillible et que sa mort est liée à sa filliation avec le T-800 qu'il concidère comme le père qu'il n'a jamais eu. Un aspect renvoyant plus à Terminator 2 qu'à sa suite où les deux entrent en permanence en conflit, un peu à l'image... d'un père et son fils. Etrange. T3 nous amène donc à ce que l'on craint depuis le départ: le Jugement Dernier et autant dire que ce dernier est à faire peur.

Terminator 3 : le Soulèvement des Machines : Photo Arnold Schwarzenegger, Jonathan Mostow, Nick Stahl

"Va te faire foutre saleté de machine! -C'est mieux!"

 

Mostow signe une pure séquence de guerilla en plein complexe militaire avant un apocalypse ravageur sous la superbe musique de Marco Beltrami. La mission était claire: il ne fallait pas sauver le monde mais John Connor et sa future femme de la destruction de la Terre par les Machines. L'apocalypse était inévitable, le monde courant à sa perte tout seul. John dit à la fin que "le combat ne fait que de commencer", la guerre entre les restes de l'Humanité et Skynet. On aurait bien aimé voir cela, on a finalement eu droit au mauvais film. (fin des spoilers)

  • The Sarah Connor Chronicles (2008-2009): Temps alternatif

Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor : Photo

Même si au fur et à mesure des années, les choses se sont un peu tassées avec Le soulèvement des machines, certains fans ne l'acceptent pas en tant que tel et la mise en chantier de Sarah Connor Chronicles apparaît comme un moyen de faire oublier le film. Andrew Vajna et Mario Kassar sont producteurs de ce projet télévisuel et la Fox ne tarde pas à rentrer en négociation pour diffuser la série. La série se développe durant trois ans avant sa diffusion sous la houlette de Josh Friedman. Mais la Grève des scénaristes survenant fin 2007 bousille tout, réduisant de manière drastique le nombre d'épisodes (neuf épisodes pour la première saison, ce qui s'avère ridicule pour une série de network arborant jusqu'à une vingtaine d'épisodes en tant normal).Les audiences ne suivent pas ou descendent de manière fulgurante (la série a baissé en audience de 18 millions de téléspectateurs à 10 en une semaine). La saison 2 (que je n'aborderais pas car pas vu -NDB) commencera en dessous des 7 millions pour finir au dernier épisode en dessous des 4. The Sarah Connor Chronicles est d'autant plus méritante qu'elle subit de plein fouet les changements d'horaires de la Fox.

Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor : Photo Brian Austin Green, Lena Headey

"Tu vois quelque chose Sarah? -Un beau trou avec écrit "I hate Terminator Salvation". Tu sais ce que ça veut dire? -Aucune idée!"

Suite à la Grève des scénaristes, la Fox réorganise tout son plan et la série passe le lundi de 20h à 21h avec Prison Break (alors en décrépitude totale suite à une trop grande gourmandise de la Fox de faire perdurer une série qui est à la fin de son concept). Mais sur la seconde saison, le bat blesse puisque la série passe du lundi 20h au vendredi 20h suite à sa pause d'hiver. Le vendredi étant synonyme de "casse-pipe", la série Fringe également diffusée par la Fox en est la preuve. La série ne s'en relèvera pas. Même si votre interlocuteur apprécie énormément le troisième volet, il se trouve que l'alternative proposée par Friedman est assez intéressante. Comme évoqué au début de Terminator 3, Sarah Connor souffre plus ou moins d'une leucémie et la maladie est "éradiquée" au cours de son voyage temporel vers 2007. Elle est toujours accompagnée de son fils et change de lieu au fur et à mesure avant d'être à nouveau rattrapée par les Terminators. Mais évidemment ce serait plus simple si John ne tombait pas amoureux de sa "protectrice" Cameron (vive le subtil et le fan service!) et que le frère de Kyle Reese ne faisait son apparition pour épauler celui qui deviendra son "neveu".

Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor : Photo Matt McColm

"Quoi? Je suis juste passé sous une voiture! Pas besoin d'en faire un fromage!"

Sur ces différents points, la série, tout du moins dans sa première saison, a le mérite de bien aborder cela. Reese évoque son frère à sa "belle-soeur" et son "neveu", renvoyant à un temps qu'ironiquement ils ne pourront que difficilement connaître. Cameron et John ont un lien différent de celui unissant John avec le T-800. Déjà parce que John est un adolescent comme les autres et que les filles pour le coup c'est son dada. Et qu'en plus Summer Glau est pour le moins jolie. Tout cela amenant à un amour impossible qui n'a rien de l'amour père-fils qui se jouait entre John et le T-800 (ce qu'il disait ironiquement dans... Terminator 3!). Et enfin Linda Hamilton a une bonne relève avec Lena Headey, trouvant ici un beau rôle de femme forte et cherchant à tout prix à préserver son fils d'un apocalypse retardé mais inévitable. D'autant qu'en plus, la série est loin de démériter au niveau de la réalisation, se donnant les moyens pour des effets-spéciaux décents. Dommage que les conditions ne furent pas plus favorables...

  • Terminator Salvation (2009): Dommage collatéral

Terminator Renaissance : Affiche McG

Entrant en production quasiment en même temps que la série, Terminator Salvation n'est pourtant pas une suite directe au Soulèvement des machines. Initialement, Jonathan Mostow, Nick Stahl et Claire Danes devait revenir. Mario Kassar et Andrew Vajnar envisage même de faire revenir James Cameron pour un cinquième volet (qui refusera l'offre). Michael Ferris et John Brancato reviennent à la franchise dès 2006 avec pour conviction de refaire une trilogie (comme quoi le plan des Ellison de revenir à une trilogie avec Terminator Genisys n'a rien de nouveau). Salvation intéresse puisque pour la première fois le spectateur aura droit à un véritable opus se déroulant durant la guerre entre l'Homme et la Machine, entre la Résistance et Skynet. Fin 2007, McG est annoncé à la réalisation ce qui n'a rien pour rassurer au regard de ses lamentables Charlie's angels; Christian Bale est annoncé en tant que John Connor et aura face à lui Sam Worthington vivement recommandé par James Cameron (l'australien avait déjà tourné Avatar quand il fut engagé et ironiquement Salvation est sorti avant Avatar!). Charlotte Gainsbourg fut engagée dans un premier temps pour jouer Katerine Brewster Connor, mais l'actrice refuse à cause de son emploi du temps et donne un avis assez négatif sur le script (on ose imaginer les qualités du nouveau Independence Day vu qu'elle a accepté le rôle).

Terminator Renaissance : Photo Christian Bale, Sam Worthington

"Je crois que j'aurais mieux fait de jouer dans Avatar. -Quoique quand tu vois ma carrière depuis Christian..."

Elle sera remplacée par Bryce Dallas Howard. Anton Yelchin succède à Michael Biehn dans le rôle de Kyle Reese. Mais le tournage ne se passe pas comme prévu. Bale se blesse la main, Worthington le dos et le technicien des effets-spéciaux Mike Menardis manque de perdre une jambe lors de l'explosion d'une plaque d'égoût. Des problèmes de droits surviennent entre différents producteurs, revenant au bordel de droits qui gangrènent cette saga depuis ses débuts. Maiss le fait le plus marquant survenant au cours de la production du film est ce moment d'égarement de Christian Bale. Le directeur de la photographie Shane Hurlbut a marché au cours d'une prise et l'acteur s'est mis à gueuler et insulter le chef opérateur. Une histoire qui aurait pu rester enfoui mais le tout est enregistré par quelqu'un sur le tournage et fuite sur le net. Un grand moment de poésie dont Bale a dû s'excuser. Le film sort et divise et les chiffres ne sont pas ceux attendues au point de parler de semi-flop. Le studio Halcyon dépose le bilan, vendant ainsi les droits. On annonce un film d'animation vite oublié quand Universal envisage un nouveau Terminator avec Justin Lin aux commandes. Le réalisateur est encore pris par la saga Fast and Furious cher au studio et y renonce comme ce sera le cas d'Highlander alors que les Ellison gagnent les droits aux enchères (ironiquement, Lin est à la réalisation désormais de Star Trek XIII produit par... David Ellison!).

Terminator Renaissance : Photo Christian Bale

"Saleté de machines!"

Alan Taylor le réalisera sous l'égide de la Paramount, avec le retour de Schwarzy qui ne manquera pas de dire que le précédent était une belle merde! Reste à voir ce qu'il adviendra de Terminator Genisys. Reste à savoir pourquoi nous sommes encore revenu à la case de départ. Salvation bénéficie d'une bonne facture technique tout du moins dans sa réalisation et sa photo. Le film se révèle intéressant à regarder, n'hésitant pas à montrer un univers au soleil de plomb, d'autant que McG a utilisé un procédé permettant de rajouter de l'argent dans l'image. Sauf que déjà là il y a un problème. James Cameron a instigué depuis le début de sa saga que les combats se déroulent de nuit. Or, les trois quarts du film se déroulent le jour et la nuit, Skynet ne donne lieu à quasiment aucun combat! John Connor en vient même à atteindre le poste principal de Skynet en toute tranquillité et sans surveillance! Un improbabilité confirmant que McG ne comprend rien de l'univers qu'il aborde et idem pour ses scénaristes qui ironiquement avaient montré les scènes post-apocalyptiques de T3... la nuit! Une totale incompréhension se joint alors chez le spectateur.

Ouh que c'est laid!

D'autant qu'en soi ce n'est même pas John Connor le héros du film mais Marcus Wright dont la révélation principale est dévoilée dès l'ouverture! Le problème étant que le personnage est à la recherche de qui il est durant tout le film jusqu'au climax à Skynet! Une nouvelle incompréhension de plus qui donne au spectateur une impression de foutage de poire à 200 millions de $ de budget. L'apocalypse annoncé n'a pas lieu il est même terriblement ennuyeux, d'autant qu'un des passages principaux du film consiste à retrouver Kyle Reese, ce qui s'avère une quête bien ennuyeuse. Sans compter le fan-service, le premier T-800 apparaissant bien évidemment avec la trogne de Schwarzy (qui laisse sérieusement à désirer et les visuels de Genisys font tout aussi peur) mais aussi la balafre de John Connor expliqué ou You could be mine de Guns n'roses qui arrive quand John Connor chevauche une moto-terminator. Sans compter l'ennui profond que provoque le film. Bale se révèle un très mauvais John Connor vraisemblablement plus inspiré en off que sur l'écran. En résulte, le premier véritable bémol de la saga et qui fait très mal. Sur cela se conclue cette cuvée, allez à la semaine prochaine!

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24 juin 2015

Cuvée Horror King

Il est impressionnant de voir à quel point certains acteurs peuvent marquer des générations entières de fans, devenant parfois par leur seule présence un gage de qualité indéniable. Christopher Lee a incarné cela jusqu'à sa dernière apparition dans La bataille des cinq armées, dernier volet du Hobbit où il reprenait pour la cinquième fois le rôle de Saroumane. Un acteur souvant caractériser comme méchant mais qui dépassait ce statut par une incarnation emblématique et dont le spectateur se souvient durablement. Peu d'acteurs peuvent se targuer d'avoir autant de rôles cultes et Christopher Lee pouvait s'en vanter ardemment avec près de 225 films à son tableau de chasse. Sa mort souffle un vent de tristesse pour les fans de genre que ce soit la fantasy, le fantastique ou la science-fiction auxquels sa présence a été capital à plus d'un titre. Il est donc légitime de rendre hommage à la carrière de ce grand monsieur du cinéma dans la Cave de Borat, un monstre sacré auquel on ne touchera pour rien au monde. Avant d'arpenter les plateaux de cinéma, Christopher Lee fut notamment espion et de voir de nombreuses horreurs dans les camps de concentration. D'ailleurs, Peter Jackson avait été étonné quand il lui avait montré comment quelqu'un criait quand il se faisait poignardé sur le tournage du Seigneur des anneaux. La réalité nous rattrape parfois malheureusement.

L'acteur multiplie les expériences au cinéma (notamment dans Le corsaire rouge avec Burt Lancaster et L'armure noire où Errol Flynn lui laissera une cicatrice à un doigt lors d'un combat à l'épée) et à l'opéra (où il manque de peu d'aller en Suède à cause de déboires financiers), mais sa taille d'1m96 revient souvent sur le tapis pour ne pas le prendre dans des rôles plus conséquents ("Même si je tournais depuis plus de dix ans, j'étais encore peu connu qu'au premier jour" *). Pourtant en 1957, ses désirs de cinéma sont écoutés et le voilà en train d'incarner la créature de Frankenstein où il fait face à son ami et camarade de longue date Peter Cushing. La Hammer réinvente en ce temps les films gothiques et adaptations de romans du siècle précédent et Frankenstein s'est échappé est le premier film d'une longue lignée où le studio emploiera Christopher Lee. De plus, l'époque aidant, la Hammer pouvait désormais filmé en couleur permettant de s'imposer face aux classiques de la Universal datant des années 30-40 et parmi les couleurs utilisées, le fameux rouge-sang; et s'épaule d'un réalisateur comme Terence Fisher pour signer la plupart de ses classiques. Pour la créature, Lee va à l'essentiel: un corps en décrépitude pour le visage pour empêcher tout problème de copyright avec la Universal au sujet du masque de Boris Karloff. Christopher Lee devient une star ou tout du moins acquiert enfin une visibilité qui lui manquait jusqu'à présent.

La Hammer et Christopher Lee collaborent à nouveau sur l'adaptation d'une autre icône de la littérature gothique, Dracula avec Le cauchemar de Dracula. "Dracula, je l'ai joué tel qu'il m'apparaissait dans le roman de Bram Stoker: sauvage, cruel, altier et accablé par la solitude. Je n'ai pas essayé de voir l'adaptation avec Bela Lugosi" * Avec Dracula, Christopher Lee impose un physique plus séduisant que celui de Bela Lugosi et le pouvoir de séduction n'en est que plus grand auprès des personnages féminins du film. Lee s'investie énormément notamment sur l'utilisation d'une cape et évince une robe de chambre qu'il était censé porter lors d'une scène ("Franchement bizarre dans le cadre d'un château moyenâgeux, en plein milieu de la Transylvanie" *). Avec Le cauchemar de Dracula, la carrière de Lee explose. L'acteur se veut comme souvent assez humble sur ce succès: "Al Daff, patron d'Universal qui distribuait le long-métrage (ironique quand on sait qu'Universal fut le précurseur des adaptations gothiques -NDB), m'a avoué que celui-ci avait sauvé le studio de la banqueroute. Pourtant, les autres comédiens et moi-même n'étions pas grassement rénumérés. Pour Le cauchemar de Dracula, j'ai été payé 750 livres. Davantage que ce que la plupart des gens touchent pour six semaines de travail. Cet argent m'a permis de m'acheter une Mercedes d'occasion dont le kilométrage n'était pas excessif." *

Dracula même pas sorti en salle que Lee enchaîne avec Corridors of Blood où il collabore avec Boris Karloff ("Un homme délicieux dont j'ai apprécié l'humour et l'immense gentillesse. A ses funérailles en 1969, j'ai assuré l'oraison funèbre" *). La Hammer est néanmoins très présente dans son plan de carrière comme le confirme la franchise Dracula: "J'en ai fait six autres pour Hammer. Un peu pour obligation, sous la pression du studio. Aucun de ces scripts ne rendait justice au personnage de Bram Stoker. Manque d'imagination, manque d'ambition... Un grand regret, vraiment." * Idem pour Les nuits de Dracula de Jess Franco assez fidèle de l'oeuvre et qu'il juge comme "un désastre" (*). La Hammer continue en même temps de faire de Christopher Lee une icône du fantastique et l'horreur en lui offrant La malédiction des pharaons renvoyant directement à La Momie avec Karloff. "L'expérience la plus difficile que j'ai connue. Sous les bandelettes de la Momie, je pouvais à peine respirer, sinon par l'ouverture des yeux. Pour les besoins d'une scène, j'ai traversé une fenêtre faite de vrai verre. Je me suis sérieusement blessé à l'épaule et au cou. Le scénario me demandait aussi de m'enfoncer dans l'eau avec, dans les bras, le poids mort d'une femme évanouie. Vraiment éprouvant et je n'aurait certainement pas pu relever le défi physique du film si je n'avais pas été au meilleur de ma forme" *

L'acteur enchaîne les second-rôles par la suite et notamment dans Le chien des Baskerville où il incarne la victime, cet héritier dont la malédiction s'abat. L'occasion pour lui de retrouver Peter Cushing qui incarne le mythique Sherlock Holmes. L'acteur se sort un peu de la Hammer en se retrouvant dans plusieurs productions transalpines et parmi elles le fameux Le corps et le fouet de Mario Bava où il joue l'amant brutal d'une femme. L'acteur finit ensuite par revenir à la Hammer mais tout n'est pas gai. "Dans Raspoutine le moine fou, je regrette que le scénario ne se focalise que sur les aspects les plus négatifs de la personnalité de Raspoutine." "Pendant des années j'ai poussé Hammer à entreprendre un projet sur l'occulte et le surnaturel, ceci de manière sérieuse, documentée. Cela a fini par porter ses fruits avec Les vierges de Satan dans lequel je me suis engagé au delà de l'interprétation. (...) L'apparition de l'Ange de la Mort, Mocata, n'est pas le point fort du film." * De tous les films qu'il a tourné pour la Hammer, Hurler de peur de Seth Holt est celui qu'il préfère notamment à cause d'un tournage chaleureux, sa qualité et aussi car il a rencontré Gary Cooper de visite sur le tournage. Après divers rôles, retour à nouveau à la Hammer avec Le masque de Fu Manchu mettant en scène un chinois machiavélique, "le Napoléon du crime" selon Lee.

"J'ai calqué mon jeu sur la représentation des grands mandarins et seigneurs de la guerre de l'histoire de la Chine. Si mon maquillage semble minimal, il demandait quotidiennement entre deux et trois heures de pause. Il était si inconfortable à porter, si contraignant, que mon visage pouvait afficher aucune expression. Tout devait passer par les yeux. (...) Une difficulté de tournage qui s'ajoutait à l'endroit épouvantable où nous filmions, une maison abandonnée des faubourgs de Dublin. L'humidité y était telle que l'eau suintait des murs." * Bien aidé par le succès, les producteurs veulent des suites ce qui agace Lee: "Franchement, le premier aurait aussi dû être le dernier. Les suivants sont loin de se hisser à son niveau." * Le dernier film que Christopher Lee tournera pour la Hammer sera Une fille pour le diable qu'il envisage dans un premier temps de produire seul par sa société, mais suite à l'échec de sa première production, est obligé de passer par la coproduction. L'acteur se révèle une nouvelle fois déçu: "L'exemple type de projet de première catégorie ruiné par de mauvaises décisions. (...) Je disparais si brutalement! Richard Widmark me jette une pierre, porte secours à Nastassja Kinski, et je n'interviens plus. Pourtant dans le final tel qu'il avait été tourné, je me relevais, me saisissais d'un poignard et, empoétant sur le cercle tracé sur le sol une lumière m'absorbait de la tête aux pieds pour me crucifier." (*)

Peu avant, l'acteur signe probablement un de ses rôles les plus reconnus: celui de Scaramanga dans L'homme au pistolet d'or. Ami avec Roger Moore depuis qu'ils se sont rencontrés sur la série Ivanhoé et cousin d'Ian Fleming, Christopher Lee avait déjà été approché pour Dr No mais avait refusé à cause d'un tournage. Le voici à jouer l'homme au pistolet d'or, ennemi de James Bond cherchant à tout prix à l'affronter en duel. Il est clairement le point fort du film, bouffé par des stéréotypes misogynes (Bond qui dit à deux asiatiques karatéka de le laisser faire avant qu'elles ne lui sauvent la mise; le personnage de Bonne Nuit qui fait partie des Bond Girls les plus débiles et fiers de l'être de la saga); racistes (faut voir le flic amerlocke déjà présent dans Vivre et laisser mourir débiter des clichés en mode touriste, prenant le premier asiatique venu pour un larbin) et puis 007 lui-même, Roger Moore étant comme à son habitude terriblement ridicule. Heureusement que Christopher Lee est au taquet en comparaison. Il s'illustre aussi en frère machiavélique de Sherlock Holmes dans le réussie La vie secrète de Sherlock Holmes de Billy Wilder. Mais s'il y a bien un film dont Christopher Lee est très fier, au point de n'avoir pas voulu de cachet, c'est The Wicker Man de Robin Hardy. "(Le film) traite de l'opposition entre le paganisme très ancien et le christianisme. Une oeuvre fascinante, romantique, érotique, sauvage et terrifiante. Je crois y avoir trouvé le meilleur de moi-même." (*) L'acteur reprendra son rôle dans sa suite tardive The Wicker Tree.

L'acteur finit par partir aux USA à la fin des 70's en suivant les conseils de Richard Widmark et Billy Wilder et est assez catégorique: pas d'horreur. "Pendant longtemps je les ai évités. J'ai ainsi refusé deux offres de John Carpenter. La première étant le rôle du Dr Loomis dans Halloween, et ma seconde Fog. J'ai aussi répondu négatif à Wes Craven qui voulait que je joue le méchant de La créature du marais." (*) Même pour John Landis qui lui propose de rejouer Fu Manchu pour le film à sketch Hamburger Film Sandwich. Lee se retrouve dans Les naufragés du 747 dernier opus des Airport où il joue les valeureux survivants avant d'enchaîner avec L'invasion des soucoupes volantes et Destruction planète qui ne lui laisseront pas un grand souvenir. Le premier subit selon lui l'inexpérience du réalisateur; le second partant sur des spéculations (Lee raconte qu'on lui a annoncé Arthur Kennedy, John Carradine, José Ferrer et Richard Basehart, aucun à l'arrivée) et complètement fauché. Il se retrouve aussi en savant fou transformant les gens en robot dans la production Disney Les visiteurs d'un autre monde; face à Chuck Norris (!) dans Dent pour dent; un nazi se bagarant avec Toshiro Mifune dans 1941 de Steven Spielberg pour l'invasion de la côte Ouest des USA; ou House of the long shadows où il cotoie Vincent Price, John Carradine (véritablement cette fois) et Peter Cushing ("Malheureusement, le résultat n'a pas été à la hauteur de notre attente. A l'unanimité, nous n'avons pu que nous ranger à l'avis des critiques qui reprochaient au film la pauvreté de sa mise en scène et ses dialogues" **).

L'acteur casse la baraque lors de son passage au Saturday Night Live, se payant les producteurs ne lui donnant que des films fantastiques aux titres tous plus improbables les uns que les autres; s'illustre dans un drôle de numéro dans Return of Captain Invincible et se retrouve même dans le dernier opus de Police Academy. Dans The stupids de John Landis il en vient à incarner un méchant qui ressemble à... Christopher Lee! Néanmoins, l'acteur fait une grossière erreur en acceptant Hurlements 2, une des pires séquelles de l'histoire du cinéma et qui donnera lieu à des suites aussi mauvaises. Lors du tournage de l'excellent et foutraque Gremlins 2 (où il excelle en savant qui prend un malin plaisir à tester des vaccins et autres virus sur toutes sortes de créatures!), l'acteur fera ses excuses à Joe Dante pour l'affront fait à un de ses premiers succès. L'acteur tourne beaucoup suite au regain d'intérêt que suscite sa prestation dans Gremlins 2: Jodorowski le prend pour Le voleur d'arc en ciel, Lamberto Bava, Jess Franco, la télévision le font tourné. Mais c'est Tim Burton qui le remettra le premier en selle. Hommage à la Hammer et aux récits gothiques du XIXème, Sleepy Hollow le fait jouer un juge amenant Ichabod Crane à partir enquêter sur le Cavalier sans tête. Pas plus évident.

Le réalisateur le fait tourner moult fois que ce soit en père dentiste de Willy Wonka (Charlie et la chocolaterie), en pêcheur (Dark Shadows) ou pour donner de la voix (il narre le poème de Tim Burton pour les bonus de L'étrange noël de Mr Jack, est le pasteur des Noces funèbres et le Jabberwocky dans le sinistre Alice au pays des merveilles). Il a même failli apparaître dans Sweeney Todd mais ses séquences ont été évincé faute de temps et d'argent. Peter Jackson et George Lucas lui permettent également de toucher du doigt un public plus jeune, une nouvelle génération de fans potentiels. Si Lucas le fera surtout tourné dans L'attaque des clones (où il affronte quand même avec classe un personnage totalement en cgi, le fameux Yoda), son passage dans La revanche des sith étant particulièrement court; Jackson en fait véritablement une icône d'heroic fantasy avec Le seigneur des anneaux en le faisant jouer Saroumane. Cocasse quand on sait que c'était le seul acteur de la trilogie à avoir rencontré JRR Tolkien. "Dès que j'ai appris, par voie de presse, que Peter Jackson travaillait à la réalisation des trois films, j'ai demandé à mon agent de le contacter d'urgence." (**) L'acteur auditionne dans un premier temps pour le rôle de Gandalf, avant que Jackson ne le persuade de jouer l'un des méchants phares de la trilogie, l'ancien ami de Gandalf passé lui aussi du côté obscur.

Il n'est donc pas étonnant de le voir enchaîner deux rôles similaires entre 2000 et 2005! L'acteur a rempilé sur la trilogie du Hobbit pour deux courtes apparitions dont une primordiale, au regard de la trilogie initiale. L'acteur accepte un peu tout et n'importe quoi par la suite: le désespérant Les rivières pourpres 2 où il joue en français; une simple apparition dans A la croisée des mondes; une autre dans le dernier John Landis Cadavres à la pelle; en grand-père du tueur gourmand et croquant de La locataire qui marque le retour de la Hammer; le bibliothéquaire d'Hugo Cabret de Marty; et même avec un maquillage pas possible dans le très mauvais Le dernier des templiers. Christopher Lee est un acteur qui a marqué plusieurs générations depuis les années 50 et sa filmographie exhorbitante en est bien la preuve entre des projets ambitieux et d'autres plus fauchés. Ce que l'on appelle une icône. Rest in peace Mr Lee. Allez à la semaine prochaine!

Christopher Lee

* Propos issus du Mad Movies numéro 229 (avril 2010).
** Propos issus du Mad Movies numéro 230 (mai 2010).

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23 juin 2015

Jurassic Pratt

Jurassic Park est devenu world et accueille désormais des milliers de visiteurs par jour. Mais un nouveau spécimen va causer destructions et morts sur son passage...

Jurassic World (affiche)

Au départ il y a un roman puis deux de Michael Crichton qui ont suscité une bataille sans précédent entre réalisateurs morfals tels que Joe Dante, Tim Burton et bien sûr Steven Spielberg. Voulant à tout prix son blockbuster de l'été, Universal suggère à Spielby de réaliser Jurassic Park avant La liste de Schindler. Résultat: deux chefs d'oeuvres pour le prix d'un dans la même année, dont un blockbuster qui reste parmi l'un des plus terrifiants et visuellement impressionnants. Le genre qui effraye encore votre magnétoscope (hé oui le Borat est vintage et a encore des VHS qui marchent) au moment de la scène du t-rex. Un modèle hollywoodien par excellence, jouant parfaitement sur des animatroniques d'une rare virtuosité et des cgi qui impressionnent même le gosse né dans les années 2000. Jurassic Park est un phénomène et Universal l'a bien compris. Une suite est alors vite lancé en 1996 pour une sortie l'année suivante dans une combinaison commando où Spielby enchaîne Le monde perdu, Amistad et Il faut sauver le soldat Ryan. Même si Spielby n'est pas trop inspiré à l'idée de tourner la séquelle (qui adapte toujours un roman de Crichton), il le fait pourtant bien et même mieux que pour une vulgaire commande.

Jurassic World : Photo

Tout aussi violent que le premier opus voire parfois plus gore (un protagoniste sympathique qui se fait écarteler avant d'être bouffé par deux t-rex en plan large, ce n'est pas tous les jours que l'on voit cela), cette séquelle était beaucoup plus cynique jouant du personnage de Malcolm. Le film n'en devenait donc que plus savoureux et alignait de très beaux moments de bravoure y compris dans son climax qui reste encore parmi les plus jouissif des 90's. Bon on passera tout de même sur le mauvais passage de gymnastique. En revanche le troisième a déçu à peu près tout le monde, pas aidé par des problèmes scénaristiques plus que visibles (comment croire à un gosse qui survit huit semaines seul et ne fait que des conneries une fois accompagné?), des animatroniques délaissées petit à petit au profit de cgi douteuses et même le retour de Sam Neill n'a pas aidé à faire oublier les personnages totalement creux qui l'entoure. Sans compter ce combat entre le spinosaure et le t-rex torché en deux temps, trois mouvements. Néanmoins un quatrième volet est tout de même envisagé malgré que le film de Joe Johnston n'a pas aussi bien marché que ses aînés (en plus des mauvaises critiques). On parle de tout et n'importe quoi: Keira Knightley dans une sorte de survival à dinosaures, des mix entre dinosaures et humains utilisés en vue de les envoyer sur le terrain, Joe Johnston à la réalisation, le retour possible du casting initial...

Finalement il est sorti le Jaws 19 prévu dans Retour vers le futur 2...

Pourtant en 2011, Spielby balance la chose: il produira Jurassic World sur un scénario de Rick Jaffa et Amanda Silver déjà aux commandes de Rise of the Planet of the apes. Puis arrive Colin Trevorrow réalisateur de l'inédit Safety Not Guaranteed film indépendant avec Aubrey Plaza et des voyages dans le temps. Visiblement ce serait le côté débrouillard du jeune réalisateur qui aurait plu au réalisateur de Jurassic Park. Le réalisateur s'approprie le scénario et met en scène un casting plutôt intéressant: Chris Pratt (annoncé avant même le carton des Gardiens de la galaxie), Bryce Dallas Howard, Vincent d'Onofrio, notre Omar Sy national, Nick Robinson, Ty Simpkins, Irfan Khan et Judy Greer. A la question de faire revenir des acteurs des précédents volets, la réponse est nette: pas de Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum mais BD Wong présent en scientifique dans le film de 1993. Un choix judicieux en soi car évite la nostalgie de revoir des personnages connus même pour un caméo. En revanche, Jurassic World développe des allusions inévitables à ses deux premiers opus (on évitera de parler de la bouse de 2001) que ce soit par des clins d'oeil inévitables à notre génération (en gros, pour que le spectateur soit bien en terrain connu, on privilégie de plus en plus les allusions aux classiques d'antan) ou même certaines allusions du scénario.

Jurassic World : Photo B.D. Wong, Irrfan Khan

(attention spoilers) Déjà Jurassic World est le parc d'attraction tel qu'aurait dû être Jurassic Park. Le temps d'un dialogue, on nous montre même une certaine mise en abîme avec un informaticien portant un t-shirt Jurassic Park, évoquant en soi une sorte de culte. Néanmoins, le fait de vouloir toujours plus ambitieux, plus complexe, plus spectaculaire (soit le propre de tous les parcs d'attraction) revient parfois créer le pire. C'est ce que symbolise à lui seul la présence de l'I Rex. Une créature insatiable et incontrôlable qui devient un danger dès lors que la chasse est ouverte, mais dont la recherche première était de faire la nouvelle attraction populaire du parc. Le problème étant qu'au contraire des deux premiers opus, il ne s'agit plus de petits groupes se retrouvant dans un drame humain qui n'est pas de leur volonté; mais de millions de visiteurs par jour venant voir des dinosaures devenus de vulgaires attractions. Les visiteurs viennent voir le T-rex bouffer la chèvre (clin d'oeil au premier); les bébés tricératops qui servent de petits poneys... Dans un manque évident de spectacle (humour!) et toujours pour chercher du sponsors (une scène nous montre Bryce Dallas Howard faire sa promo à des sponsors bien contents de s'associer à pareille aubaine), l'I Rex est donc crée pour un public toujours friand d'effroi (Irfan Khan dit quand on lui présente la chose "cela fera cauchemarder les parents") et de spectacle. Un pur parc d'attraction en soi avec Coca (bon pour ce dernier le placement est beaucoup moins crédible), Samsung, Mercedes et autres marques bien mis en évidence.

Jurassic World : Photo

L'informaticien en vient même à dire à Bryce Dallas Howard qu'elle devrait laisser les sponsors donner un nom aux dinosaures, comme "Pepsi Rex". Cet aspect est évident et même crédible de nos jours, en tous cas amené de cette manière. Certains trouveront cela abusif voire pénible, mais contrairement à d'autres blockbusters jouant sur du placement purement gratuits (pas besoin de voir Transformers 4, il suffit de voir Cinemasins pour voir des placements de produits pour le moins écoeurants et n'ayant pas lieu d'être), là l'aspect est volontaire, revendiqué par son réalisateur (voir le dernier Cinemateaser). La nostalgie qui peut parfois être abusive se voit aussi dans ce moment où les enfants tombent sur le bâtiment qui servait au parc d'origine et notamment en jouant sur l'I Rex se retrouvant à la place du t-rex à la fin de Jurassic Park. Pour ce qui est du reste, le film reprend quelques moments ou traces de scénario des deux premiers. Le complot militaire n'est pas sans rappeler la double-opération entre les scientifiques et les chasseurs du Monde perdu; Bryce Dallas Howard amène le t-rex de la même manière que lors de la scène sous la pluie du premier opus (mais avec des talons hauts, ce qui relève du génial!); et le personnage de BD Wong remplace littéralement celui de Wayne Knight dans le premier opus. Autrefois seulement "créateur" de dinosaures, il est désormais une pièce angulaire dans leur création mais garde ses secrets.

Jurassic World : Photo Chris Pratt

De plus, c'est sur lui que devrait reposer une suite (d'ores et déjà assuré au vue du succès fracassant et ahurissant de ce Jurassic World). Trevorrow l'a fait passer de protagoniste scientifique à véritable raclure machiavélique de laboratoire! On aurait pu trouver plus subtil mais il se trouve que cela fonctionne, tout du moins si on veut passer un bon moment. En sachant que le film révèle aussi un autre degré de lecture, en nous faisant clairement penser que l'ancien est bien meilleur que le nouveau. Le final en est bien la preuve. On peut aussi voir que Trevorrow ne cherche jamais à faire mieux que son aîné, préférant le valoriser comparé à moult reboot ou remake cherchant souvent à dézinguer l'original pour faire "soi-disant" mieux. Il signe un divertissement efficace ni plus, ni moins, soit ce que l'on pouvait s'attendre d'un reboot ou un nouveau volet de la saga. Au passage, le film a droit à un lot indéniable de moments de bravoure, l'I Rex réservant son lot de violence. Le passage dans la forêt avec la sphère en est la preuve, rappelant peut être un peu trop la scène du t-rex du premier film mais assez angoissante pour saisir le spectateur en manque de sensations fortes. Et puis il y a ce grand final qui vaut tout son pesant de cacahuète et faisant oublier le misérable combat avec le spinosaure. En sachant que les raptors, malgré l'absurdité du domptage (qui a aussi ses failles, ce qui est rassurant), ont également droit à leur quart d'heure de gloire notamment dans une séquence à la première personne et split-screen à volonté de qualité et réussissant à être violente.

Jurassic World : Photo Bryce Dallas Howard

La violence est assez bien traitée dans le film, surtout pour un PG13, réservant quand même quelques moments intenses à des spectateurs plus jeunes (et oui les parents toujours très fut fut pour le choix des films... -NDB). La preuve la plus évidente restant ce moment où plusieurs ptérodactyles se partagent l'assistante, mettant en suspend sa mort le temps de quelques secondes avnat que le grand manitou fasse le reste du travail! Une séquence totalement jubilatoire et pourtant terriblement violente. La nature même recrée peut être parfois impitoyable. (fin des spoilers) On regrettera toutefois, en plus d'une nostalgie parfois trop présente, des cgi beaucoup trop présents. Il est dommage que les animatroniques n'aient plus du tout leur place sur un film de ce type, surtout que tous les cgi ne peuvent compenser certains ratés (la séquence des tricératops est tout de même assez mal torchée). Le mélange cgi-animatroniques était au centre de la réussite des deux films de Spielby, déjà plus dans le 3 et Jurassic World ne semble pas avoir retenu la leçon. Bien dommageable à l'heure où un Mad Max Fury Road opte pour des effets à même le tournage...

Les deux gamins peuvent aussi irriter, le plus jeune étant un beau pleurnichard (d'autant que Ty Simpkins est du genre à en rajouter une couche à chaque scène où il est pris par l'émotion) quand le plus vieux drague tout ce qui bouge alors qu'on nous le présente avec une copine avant de partir à l'aéroport! Chris Pratt est à fond dans le personnage quelque peu beauf qu'il a hérité de Parks and recreation (en nettement moins con tout de même), tout en restant très sérieux en nouvel action jones d'Hollywood. Ce qu'on demande d'un personnage de ce type: un peu macho (ou tout du moins un peu gourmand et croquant avec madame), bourrin et sérieux à la fois. Quant à Bryce Dallas Howard son personnage est assez étonnant. C'est le cas typique du personnage qui est droit dans ses bottes avant de sortir de ses gonds. D'autant qu'elle s'en sort vraiment bien en femme d'affaires venimeuse mais pensant. Ce qui n'est pas un mal à l'heure des potiches à longueur de film hollywoodien (en parlant des auteurs du reboot de La planète des singes, remember Freida Pinto...). D'autant qu'elle est bien en femme d'action, malgré l'hilarité que peuvent provoquer ses courses en talons! Vincent d'Onofrio, BD Wong et Omar Sy sont plutôt bons chacun dans leur domaine.

Ce nouveau cru s'impose comme un divertissement de qualité, bien moins stupide qu'il ne semble l'être et relevant quelques pointes de cynisme bienvenue.



21 juin 2015

Daft Funk

Plus de 850 560 visiteurs!

Voilà l'été! Voilà l'été! Voilà l'étééééééééééééé! Après avoir rendu hommage aux Négresses vertes (le groupe, ne voyez rien de raciste dans ce que je viens de dire -NDB) via leur plus grand succès (on me dit le seul, bon, bon), il fallait bien un article spécial pour la fête de la musique. Car la musique c'est ce qui rythme notre vie entre deux solos de guitares, entre deux violons, entre deux sons de synthétiseurs. Et comme l'a fait Jack Lang (pour toi lecteur, un peu de culture ne te fait pas de mal!) sous le régime de feu François Mittérand, il était temps que la musique se fête et comme chaque année, votre bon Borat fait son article spécial. Cette année, pas de Cave de Borat (l'an dernier c'était une spéciale Michael Jackson), mais la chronique d'un album (ce qui n'est pas arrivé depuis très longtemps sur ces terres). Votre cher Borat n'a pas attendu Random access memories pour connaître Daft Punk. Jeune il se berçait sur One More Time qu'il avait sur un des CD des Music Awards d'NRJ (et oui on a tous nos casseroles, le problème c'est que la Cave en est bourré); avant de découvrir l'album Discovery par le biais du film Interstellar 5555. En sachant que votre interlocuteur connaissait aussi Thomas Bangalter par le hit Music Sounds better with you dont le clip passait très régulièrement sur M6 le matin.

Puis il y a eu les découvertes de Da Funk (et son génial clip de Spike Jonze), Around the world, Robotrock (si vous ne vous en souvenez plus, sachez qu'il était utilisé quand Iron Man pissait dans son armure) et l'expérience Tron Legacy. Autant dire que comparé à beaucoup qui semblaient découvrir les Daft Punk en 2013, votre cher Borat savait très bien à quoi il s'attaquait quand il a acheté l'album Random access memories. Si au départ, l'album ne m'avait pas époustouflé il est rapidement devenu de plus en plus intéressant au fur et à mesure des écoutes. Non, Random access memories ne se résume pas à Get lucky (et encore heureux) et réserve un voyage sonore pour le moins fascinant. Même si l'on peut prendre un titre ou deux séparés, il n'en reste pas moins que le dernier album des Daft Punk semble davantage tenir d'un tout. On a donc une entrée pétaradante (Give life back to music) qui est l'occasion pour le duo phare de la French Touch de donner un peu de leur voix robotique, tout en faisant entrer l'auditeur dans une ambiance funk auquel l'influence de Nile Rodgers n'est pas pour rien, pour le plus grand plaisir de nos oreilles; et une conclusion (Contact) où les sons sont de plus en plus assourdissants comme pour nous enfoncer dans un voyage en vitesse lumière (le duo n'a jamais caché sa cinéphilie comme le confirme leurs clips et leurs films et surtout pas nier l'apport de la science-fiction).

Deux parfaits opposés aussi bien sur le plan rythmique (la funk contre l'électro pure) ou dans la tonalité (fun contre apothéose).
D'ailleurs pour Contact, les deux musiciens en sont venus à reprendre des conversations de la mission Apollo 17, renvoyant à cet aspect spatial si particulier au titre. The Game of Love est déjà plus lancinant, sorte de balade à la limite du slow. Il y a une ambiance particulière, le rythme est terriblement lent contrastant avec le premier titre, à la limite de la berceuse. Le troisième morceau est un hommage plus que directe puisque Giorgio Moroder, compositeur des mythiques bandes-originales de Scarface et Flashdance, a été interviewé par les robots. La musique se trouve en trois actes bien distincts rappelant les années 80 par l'utilisation typique du synthé ou la ritournelle qui revient sans cesse. Un hommage frappant envers une icône des années 80 et une volonté de montrer Moroder sous un signe plus intime, le valoriser tel une rockstar que l'on écoute. Le compositeur évoque son passé, l'origine de sa musique avant que la musique funky arrive quand Moroder évoque la discothèque. Quand Moroder parle de clic, un même son revient car si quelqu'un appuyait sur un bouton. Puis le synthé débarque comme un son redondant, typique de ce que l'on pouvait retrouver à l'époque où excellait Moroder et notamment par les Goblin chers à Dario Argento.

Le duo revient à un air plus funky tout en gardant le même rythme que tout à l'heure et Moroder de revenir sur sa musique. Puis paf les violons comme pour opérer une pause radicale et grave avant un nouveau déchaînement faisant la part belle à la batterie. Après ce déchaînement à nouveau une petite pause. Plus encore que The game of love, Within est un véritable slow commençant seulement avec les notes de Chilly Gonzales. Un très beau morceau, terriblement mélancolique et un des titres les plus agréables de l'album. Comme quoi, Daft Punk ce n'est pas forcément que de l'électronique. Chanson parmi les plus connus de l'album, Instant crush permet un beau boulevard à Julian Casablancas. Encore un titre assez mélancolique faisant cette fois-ci part à la guitare (Casablancas oblige, donc pas de disco, plus dans une ambiance rock). Le clip est d'ailleurs le seul que l'on pourrait véritablement qualifié d'artistique. Réalisé par l'excellent Warren Fu, il dévoile deux statues de cire tombant amoureux et se retrouvant subitement dans un incident. Lumières violettes bien apparentes, qualité artistique indéniable, ce clip revient à l'originalité des Daft Punk en général, les deux français ayant souvent su s'entourer des meilleurs pour promouvoir leurs chansons (Michel Gondry, Spike Jonze ou Leiji Matsumoto en sont trois belles preuves).

Retour au son de la funk avec Nile Rodgers et Pharrell Williams (qui n'a pas attendu Daft Punk pour être connu, n'en déplaise à certains médias, ceux qui connaissent NERD le savent) sur Lose yourself to dance. Le titre est très répétitif (même mélodie sur tout le titre qui revient sans cesse, sans réel changement, y compris dans les paroles qui sont systématiquement les mêmes qui tournent en boucle), mais il y a une terrible énergie qui se transmet et on est vraiment pris par le rythme du morceau. Puis vient Paul Williams avec Touch. Mythique compositeur et méchant de Phantom of the paradise (une des meilleures comédies-musicales ni plus, ni moins; une des plus violentes aussi), Williams laisse durablement son emprunte dans son chant, les Daft Punk faisant le reste au niveau de la rythmique passant de la funk au synthé en passant par les trompettes et le piano. Un maelstrom qui réussi parfaitement à être symbiose et vraiment beau. Clairement inspiré par le style de Williams, les Daft Punk font des merveilles et signe un titre absolument magnifique dont l'avant-dernière partie devrait valoir son lot de slow avant le sursaut des violons et les dernières paroles de Williams.

Véritable tube en puissance (ce n'est pas étonnant que la promo de l'album s'est lancé avec un teaser de ce titre), Get Lucky est un retour fracassant de la funk qui fait clairement du bien et permettant de prendre de très bonnes nouvelles de Nile Rodgers. On sent la patte du guitariste et compositeur de Chic notamment dans la rythmique endiablée qui donne des envies de danser. La réputation du titre n'est clairement pas usurpé même si son importance a quelques peu du mal à l'album, beaucoup l'ayant acheté (moi le premier) en priorité pour le réécouter en boucle avant de pleinement apprécier le voyage musical qu'est Random access memories. Ambiance plus disco sur Beyond avant le complètement anecdotique Motherboard (on dirait une mauvaise démo) et le sympathique Fragments of time (bien aidé par Todd Edwards au chant). Enfin avant le grand final, Doin' it right est un beau morceau type hip hop et notamment dans son son. On peut aussi y voir une sorte de battle entre Panda Bear et Daft Punk. Avec Random access memories, les Daft Punk nous ont envoyé dans un voyage mélancolique et en soi nostalgique entre les années 70 et 80, souvent des inspirations nécessaires et des hommages de premier ordre en prenant des artistes phares. L'importance de Nile Rodgers en est bien la preuve. Un album agréable à écouter et qui se bonnifie à chaque écoute.

20 juin 2015

Cuvée vers l'infini et l'au delà

La Cave de Borat va revenir sur un très grand pan de l'animation américaine cette semaine. A l'occasion de la sortie de l'attendu Inside Out (dont on reparlera assez vite, en tous cas foncez le voir), votre cher Borat va se faire plaisir en abordant des gens qui ont façonné son enfance et continue de le faire rêver avec de beaux projets: les génies de Pixar. Contrairement à ce que beaucoup croient et comme je l'avais montré avec leurs courts-métrages (pour la plupart sur ce blog même si les derniers n'y sont pas), Pixar n'a pas débuté avec Toy Story en 1995, très loin de là. Tout commença ironiquement à Disney. A cette époque Joe Ranft et John Lasseter (ainsi que Brad Bird, Henry Selick et Tim Burton) sont des animateurs, dessinateurs et scénaristes et travaillent sur différents projets dans le studio d'animation de Burbank en pleine décrépitude, notamment sur Rox et Rouky et Tron. Joe Ranft tiendra plus longtemps mais Lasseter se verra montré la porte suite aux essais non-concluants de son adaptation de Max et les Maximonstres de Maurice Sendak (que vous pouvez voir ici: Sendak rejoint ses maximonstres). Lasseter se retrouve donc à ILM mais pas pour très longtemps. Les effets-spéciaux du Young Sherlock Holmes ont beau être novateurs (dont le fameux chevalier composé de vitraux), le film est un échec au box-office; les choses vont un peu mieux sur La colère de Khan.

Mais là où cela se complique est l'échec de Howard the duck où George Lucas y laissera des plumes. Véritable four commercial et critique en puissance, l'adaptation du comic-book Marvel ne laisse aucun échappatoire au créateur de Star Wars: il doit vendre son département animation en images de synthèse auquel participe John Lasseter. En sachant que Alvy Ray Smith avait déjà pu réaliser un court nommé Les aventures d'André et Wally B, petite série de gags entre un androïde et une abeille. Et Lucas ne vend pas son bébé à n'importe qui puisqu'il s'agit de Steve Jobs, alors pas au top de sa forme (il venait d'être remercié par Apple et venait de monter sa nouvelle boîte). Le cocréateur d'Apple se retrouve alors aux commandes d'une entreprise d'images de synthèse auquel il peut innover au niveau informatique mais pas que. Très rapidement les équipes de John Lasseter se concentrent sur l'animation en vue de promouvoir un système informatique qui finalement ne se vendra pas bien. C'est ainsi que naissent les courts-métrages Luxo Jr qui servira par la suite de logo au studio en 1986; Red's dream en 1987; Tin Toy en 1988; et Knick Knack en 1989.

Ces courts-métrages commencent à se faire une réputation et attirent les festivals et récompenses: Luxo Jr finira avec l'Ours d'argent du meilleur court-métrage et Tin Toy avec l'Oscar pour le meilleur court. Les publicités sont également de mises mais le studio se sépare rapidement de sa partie informatique (1990). Arrive alors le projet Toy Story. Pour le soutenir, Jobs a besoin d'un appui considérable. C'est ainsi qu'un accord avec Disney est réalisé pour produire trois films. Le début d'une longue aventure et pas sans embuche.

De gauche à droite: Joe Ranft, Pete Docter, John Lasseter et Andrew Stanton.

  • Toy Story (1995) : Il était une fois une révolution

Toy Story : Affiche

Les débuts de Toy Story furent pour le moins mouvementés et pour cause, les gars de Pixar ont eu énormément de mal à trouver le ton du film et notamment pour ce qui est de l'étude de caractère. Si Buzz était déjà ravagé de la cafetière (comprenez il se prenait déjà pour un Rangerde l'Espace), Woody était beaucoup trop salaud pour susciter une compassion de la part du public. De même il était d'abord prévu que le jouet musicien de Tin Toy soit le personnage principal du film. On dit alors que le film mettrait en scène le jouet et un jouet ventriloque offerts à un enfant. Le ventriloque deviendrait jaloux de l'attention que porte l'enfant à Tinny. Les dès sont déjà jetés quant à la rivalité entre les deux personnages principaux. Le projet évoluera, Tinny devenant Buzz et le ventriloque Woody (*). On peut d'ailleurs voir différentes filiations avec le film mère puisque le bébé de Tin Toy devient la petite Molly dans Toy Story et elle aussi fait des ravages avec les jouets, comme le confirme ce bon vieux Monsieur Patate. En sachant que Bud Luckey (réalisateur de Saute mouton, court-métrage avant-programme des Indestructibles) a beaucoup insisté pour faire d'un des héros un cowboy, rappelant son Montana natal.

Toy Story : Photo

Le film se retrouve donc à sortir en plein Thanksgiving, la fête chère à nos ricains et synonyme de très grosses entrées à l'appui. Succès surprise s'il en est (même avec l'appui de Disney, le studio était encore inconnu du grand public), le film bat Balto production animée signée Amblin et se retrouve avec un prix spécial aux Oscars pour l'innovation technologique qu'il apporte au cinéma, à savoir le premier long-métrage entièrement en images de synthèse. Alors que Disney retrouvait du peps, Pixar arrive et fait office d'intrus. Qui aurait pu croire qu'une telle révolution dans le cinéma d'animation serait une telle réussite? Prenons par exemple, Final Fantasy Les créatures de l'esprit premier film en motion capture totale, mais échec quasi totale pour le reste. Même si les hommes ne sont pas encore très bien animés (on pense aux expressions faciales souvent excessives comme le confirme le personnage de Sid ou pas assez), tout ce qui est raccord à l'environnement et aux personnages des jouets est encore de nos jours absolument saisissant et impressionnant. Se dire que le film signe ses vingt ans cette année est assez incroyable. Mais là où Pixar touche un point majeur c'est que comparé à Disney qui va petit à petit prendre son spectateur pour des idiots gamins (on pense à des crus comme Chicken Little et La ferme se rebelle), leurs films s'adressent à tout le monde et pas seulement les enfants.

Toy Story : Photo

Il n'est pas question de fixer un seul public mais tous et c'est en cela que Toy Story comme les films qui suivront vont fidéliser un public qui grandira quasiment en même temps que leurs oeuvres et les suivra suite à ce gage de qualité indéniable (votre cher Borat en est la preuve la plus formelle). Il suffit de regarder les thèmes abordés dans le film pour s'en rendre compte: jalousie entre deux jouets (rivalité montrée à travers la chambre d'un enfant), la découverte de la réalité (en chansons aussi bien pour Woody découvrant qu'il est délaissé que pour Buzz découvrant son existence de jouet), la peur (Woody de se retrouver chez Sid mais aussi d'être abandonné progressivement par Andy; Buzz de n'être finalement rien) ou encore l'amitié (dévoilée le temps d'une discussion nocturne où chacun assume enfin ses états d'âme). Et indéniablement par des personnages immédiatement cultes: Woody le cowboy jaloux, Buzz le ranger de l'Espace pas très au fait de son statut, les sarcastiques Patate et Bayonne au point de croire à un retour de Statler et Waldorf ("Je suis Picasso! -Je pige pas. -Mais c'est de l'art gros lard!", "oh tu ne vas pas nous en faire une purée!"), la bergère qui adore Woody (genre lui garder les moutons tout ça tout ça), les martiens ("le grappin!"), le gentil Rex ("Je t'ai fait peur? Non sincèrement?") ou encore les militaires.

Toy Story : Photo

Sans compter un humour qui fonctionne et un doublage aux oignons (si Tom Hanks et Tim Allen sont bons en VO, ne jetons en aucun cas la pierre à Jean Phillipe Puymartin et Richard Darbois qui signent un travail admirable), Toy Story sonne une nouvelle ère pour l'animation et surtout pour le cinéma en général.

  • 1001 pattes (1998) : Une histoire d'insectes

1001 Pattes : affiche Andrew Stanton, John Lasseter

Lors d'un dîner survenu en 1994, les pontes du studio John Lasseter, Andrew Stanton, Joe Ranch et Pete Docter ont évoqué différents projets à venir: une histoire de fourmis, de monstres, d'un robot et d'un poisson perdu. De là sont donc né A bug's life, Monsters Inc, Wall-e et Finding Nemo. A bug's life ou 1001 pattes sera donc le premier à naître de ces projets et sera signé John Lasseter. En sachant qu'entretemps le contrat avec Disney change puisque ce ne sont plus trois mais cinq films qui seront produits à compter du 24 février 1997. Désormais le siège de Pixar se trouvera à Emeryville. Pendant ce temps, Dreamworks travaille sur son tout premier film en images de synthèse Fourmiz qui sortira en 1997. Néanmoins les deux projets divergent: si Fourmiz s'apparente à un bordel parodique où se côtoient Woody Allen, Starship troopers et le film de kidnapping; A bug's life va davantage vers le remake des Sept samouraïs (ou même son remake américain) à l'image de ce que fera Aardman avec Chicken Run à propos de La grande évasion. On reprend le même principe, à savoir un peuple opprimé par un groupe de personnes et dont certains partent afin de trouver des mercenaires de fortune pour les aider.

Néanmoins 1001 pattes se veut différent car comme l'indique son titre original, il met en scène des insectes. Les opprimés sont des fourmis, les oppresseurs des sauterelles et les samouraïs/mercenaires un groupe de divers insectes (dont Marcel la coccinelle qui en a sous les ailes et qui a la voix savoureuse de Patrick Poivey en VF; Heimlich cette chenille gourmande et à l'accent allemand et une manthe religieuse illusionniste). Mais John Lasseter va un peu plus loin puisque les fourmis sont dirigées évidemment par une reine et une princesse; celui qui va chercher les mercenaires est aussi une fourmi, qui plus est le maladroit amoureux de la princesse (on reste dans un cadre familier pour les enfants); et les mercenaires sont issus d'un cirque de puces! Mais évidemment il faut un méchant culte et le Borgne en est la preuve la plus irréfutable. Il tue (il balance toute une cargaison sur deux sauterelles qui lui ont manqué de respect), il savate (le pauvre Tilt morflera dans le dernier acte) mais a une peur bleue des oiseaux qui pourrait le becter! Et si en plus il a la voix de Kevin Spacey en Vo et de Dominique Collignon-Maurin (voix phare de Nicolas Cage) ce n'est que du bonheur.

1001 Pattes : photo Andrew Stanton, John Lasseter

Mais là où A bug's life réussi son coup d'autant plus c'est par son animation impressionnante. Avec Toy Story, le studio Pixar s'attaquait déjà au petit, en prenant le point de vue des jouets et les jouets devaient faire face à des éléments bien plus grands qu'eux comme un lit, des escaliers ou même une route. Avec 1001 pattes cela est encore plus complexe puisque le monde des insectes est encore plus infiniment petit. D'ailleurs un des gags du bêtisier de Toy Story 2 montrera littéralement Buzz dégommant rien qu'avec son bras une branche où se trouve les quasi-inivisibles Tilt et Heimlich. Sans compter le paysage devenant disproportionné par rapport à notre regard. Le plus fragrant restant la boîte de conserve servant de sorte de Time Square alors même qu'elle est infinimement plus petit que la caravane aménagée qui est devant elle! C'est dire si d'un point de vue technique, Pixar a encore évolué et trouve moyen d'explorer de nouveaux horizons.

  • Toy Story 2 (1999): Une suite réalisée dans la douleur

Toy Story 2 : Affiche Ash Brannon, Lee Unkrich

Quand Toy Story 2 double la mise à Thanksgiving 99 en plus d'être un succès critique considérable, Disney comme Pixar sont ravis voire soulagés. Soulagés car l'air de rien, le projet revient de très très loin. Initialement dans son optique de DTV au rabais qu'elle a initié depuis le début des 90's, Disney songe dans un premier temps à faire produire par Pixar un Toy Story 2 pour le marché vidéo. Suite à des tests, le film fut entièrement remis à jour alors même que Disney a fini par laisser place à une sortie au cinéma. Le projet est donc totalement réaménagé par John Lasseter qui était jusqu'à présenté préoccupé par 1001 pattes. A cela rajoutez un problème de disquettes pour le moins effrayant et vous obtiendrez un travail de forcené dû à des délais serrés et infernaux. De plus, selon Disney, ce nouveau cru n'entre pas en compte dans leur contrat de cinq films, puisqu'il s'agit d'une suite. Le début des embrouilles entre Disney et Pixar et autant dire que c'est loin d'être fini. Tout ça pour quoi? Un chef d'oeuvre de plus et surtout une suite qui a le mérite de dépasser son modèle.

Toy Story 2 : Photo Ash Brannon, Lee Unkrich

Le film s'impose dès son ouverture. Le spectateur ne sait pas où il est et a l'impression d'être devant un véritable film d'action où Buzz dégomme du robot à tout va, déjouant les fameux plans de l'empereur Zurg dont le nom étant prononcé dans le premier film par un Buzz convaincu de sa mission. Une séquence en fait issue d'un jeu-vidéo auquel joue Rex, mais la séquence est impressionnante. Il n'est plus question de minutie du détail, mais de réellement accrocher le spectateur avec une séquence totalement improbable mais spectaculaire et cela marche. Le spectateur est partie pour un spectacle qu'il n'est pas prêt d'oublier. Alors que le premier volet jouait sur la naissance d'une amitié entre un cowboy et un ranger de l'Espace, Toy Story 2 montre à quel point ces deux héros sont intimes. Une vraie bromance en quelques sortes puisque les deux ne sont rien sans l'autre et surtout Buzz fait ce que Woody a fait pour lui: le sauver des mains d'un homme sans scrupule (Al vole Woody pour le mettre dans sa collection, pour ensuite le vendre à un musée au Japon, en se focalisant principalement sur le pactole qu'il va toucher). Dès lors sous l'angle de Buzz, le film devient une véritable poursuite où un jouet part à la recherche de son ami.

Toy Story 2 : Photo Ash Brannon, Lee Unkrich

Mais à la différence du film de 1995, il ne s'agit plus de passages en voitures ou de deux maisons voisines, mais de véritables kilomètres entre la maison d'Andy et le bâtiment où loge Al. Un nouveau défi pour Pixar puisqu'il s'agit de retranscrir une ville à taille de jouets mais aussi de leur faire vivre un périple à l'image de leur possibilité. D'où la scène des poteaux qui reste un des plus beaux moments de suspense concocté par Pixar, d'autant que la musique de Randy Newman joue bien de ça. Le pauvre Monsieur Patate manque de peu à passer sous les roues d'un camion à cause d'un chewing-gum collé à son pied! Pour ce qui est de Woody, l'angle est différent: le jouet est face au dilemme inévitable de la question "qu'est-ce qu'il arrivera quand Andy ne voudra plus de lui?". Si son choix est fait, il anticipe la partie la plus dramatique de Toy Story 3 et le choix du jouet dans le coeur de celui qui a joué avec lui durant son enfance. Savoir aussi si voir une lumière dans les yeux d'un enfant est plus riche que les flashs d'appareils photo de touristes le voyant dans une vitrine. Le film est peut être plus mature que son aîné sur plus d'un thème, le cas de Jessie la cowgirl est aussi à retenir.

Toy Story 2 : Photo Ash Brannon, Lee Unkrich

Elle symbolise à elle seule le jouet abandonné par sa maîtresse et refuse de se retrouver dans le même cas avec quelqu'un d'autre. Une scène aussi touchante que dramatique, où le spectateur en vient à éprouver de la peine pour un jouet. Par ailleurs au fil des années, beaucoup ont vu en la petite Emily la mère d'Andy et ce par plusieurs points de vue. Que ce soit le fait d'avoir possiblement transmis son amour des cowboys à son fils, le fait qu'Andy a un chapeau assez similaire à Emily (mais étant donné que c'est la même marque qui s'occupait des jouets Jessie et Woody ce ne serait donc pas une coïncidence) et le fait que l'on ne voit pas la petite fille peut aussi amener à ça. Une théorie qui évidemment n'a pas été abordé par Pixar mais qui peut apparaître comme cohérente. Le film accumule aussi les clins d'oeil à la pop culture à l'image de ce plan où Rex est vu à travers un rétroviseur rappelant la poursuite de Jurassic Park avec le t-rex; l'impayable "Je suis ton père" proclamé par Zurg ou même le nettoyeur ressemblant étrangement à Geri le joueur d'échecs du court-métrage de Jan Pinkava.

Toy Story 2 : Photo Ash Brannon, Lee Unkrich

Sans compter la voiture Pizza Planet qui sert de véritable moyen de locomotion (la seule fois avec Toy Story!) et Barbie abordée sous toutes les coutures dans tout ce qu'il y a de plus cliché (première apparition: Bayonne, Patate, Zig Zag et Rex restant bouches bées devant des Barbies qui dansent en maillots de bain! On ne peut pas faire plus subtil!). Et que dire du moment impayable de l'ascensseur où tout le monde se demande si le Mad Buzz est bien sérieux et malheureusement si ou celui où Rex sert de merveilleux bélier? Tout ces éléments font de ce second opus une réussite indéniable et d'autant plus flagrante qu'elle a été produite dans des conditions absolument affreuses.

  • Monstres et cie (2002): Pixar s'ouvre à d'autres réalisateurs

Monstres & Cie : Affiche

Dans une optique d'ouverture, John Lasseter laisse sa place de réalisateur à un de ses camarades historiques Pete Docter. Un pari risqué car les trois premiers films furent réalisés par Lasseter mais aussi une forme d'ambition car Pixar s'ouvre à d'autres talents. Au final, cet apport est plus que bénéfique puisque Pete Docter a apporté une touche personnelle qui lui est propre: si John Lasseter a joué sur la nostalgie (Woody le cowboy, Al le collectionneur, par la suite la Route 66 renvoyant à ses road trip), Docter joue sur notre pouvoir d'utiliser notre imagination. Ici il s'agira des monstres qui sont sous nos lits ou dans nos placards, mais sur Up ce sera les rêves d'un vieil homme et dans Inside out les émotions d'une jeune fille. L'introduction est maligne: elle reprend pile poil le schéma du monstre dans le placard. A la différence qu'ici il s'agit d'un test qui sera analysé par des jurés. Dès lors, Docter dans un monde insoupçonné, celui de Monstopolis, ville nourrie à l'énergie des cris d'enfants. L'entreprise marche par session de terreur: tous les matins, les monstres viennent pointés pour effrayer des gosses (ce qui marche parfois ou pas comme l'indique le fameux monstre qui a droit à son défonçage de poire) et leurs collègues se chargent des bouteilles de cris et de la paperasse.

En fait, Monstres et cie peut se montrer comme une véritable usine qui nourrit toute une ville, avec ce que le travail a comme labeur. A partir de là, Docter nous présente Sully un grand monstre bleu à corne (un nouveau défi pour Pixar pour ce qui est du pelage massif de la créature) et véritable star de l'entreprise et Bob petit cyclope vert. Les deux sont potes et travaillent ensemble. Les monstres sont divers, un d'entre eux n'étant montré que par son énorme patte tant sa hauteur est immense (hommage aux kaïjus? Peut être bien, Pixar ayant une familiarité avec le Japon qui se montre à la fois dans Cars 2 et le court Tokyo Martin; ainsi que par l'amitié entre Hayao Miyazaki et John Lasseter) ou Léon qui est doublé en Vo par cet autre caméléon qu'est Steve Buscemi et par chez nous par le génial Dominique Collignon Maurin. Pete Docter dévoile dans sa première partie une véritable comédie où il joue de l'influence des monstres pour en faire des personnages typiques de ce que l'on a l'habitude de voir dans notre quotidien: des potes, des copains de boulots, les relations amoureuses, les gens du coin... Pour ensuite basculer dans le thriller à l'arrivée de Bou dans Monstropolis.

Monstres & Cie : Photo

Dès lors le film devient périlleux, pas forcément gentillet, s'éloigne rapidement de la comédie. Le personnage perfide de Léon montre toute sa méchanceté à l'oeuvre dans un final périlleux quand un autre méchant se profile aussi et de manière soudaine. Ce qu'il y a aussi de terriblement beau dans Monstres et cie est aussi le traitement de la relation entre Sully et Bou. Rapidement, on peut voir chez Sully une figure paternelle qui s'ignore et prenant petit à petit une importance protectrice. A Monstropolis, Sully est comme un père pour Bou: c'est lui qui la borde, c'est son protecteur et son héros. Bob est surtout le sidekick jubilatoire qui lui sert d'ami et accolyte (et ce malgré sa grande importance). Le dernier plan (si l'on n'inclue pas le générique qui réserve son lot de rigolades entre le bêtisier et la comédie-musicale improbable de Bob) répond en soi à ceux qui espéraient une suite et c'est aussi peut être pour cela que Pixar a préféré opter pour une préquelle quand la question d'une suite s'est pointée.

  • Le monde de Némo (2003): le périple australien

Le Monde de Nemo : Affiche

Andrew Stanton attaque un film charnière pour Pixar: il s'agit certainement de son plus gros succès avant Toy Story 3. Sorti en plein mai 2003, le film est un véritable raz-de-marée si bien que Le roi lion se voit perdre la face au box-office. Il s'agit aussi du premier Pixar a obtenir l'Oscar du meilleur film d'animation devant... Frères des ours de Disney. Un énorme succès qui retenti encore aujourd'hui comme un des plus fulgurants du cinéma d'animation. Visuellement, Pixar touche à un nouvel inconnu: l'eau. Peu utilisé jusqu'à présent dans le cinéma d'images de synthèse ou tout du moins pas aussi impressionnant, l'Océan Pacifique par Pixar et particulièrement le courant Est-Australien est d'une beauté encore spectaculaires de nos jours. On peut même parler de cas d'école à part entière. Les animateurs se sont même fait remonté les bretelles car les différences entre la réalité et l'animation étaient totalement minces. C'est dire aussi le niveau d'excellence qu'avait déjà en 2003 Pixar face à des concurrents comme Dreamworks (qui ne se privera pas de mettre en production le lamentable Gang de requins histoire d'avoir son propre film sous l'eau).

Le Monde de Nemo : Photo

Si Docter joue sur l'imagination, Stanton réussi davantage à susciter une émotion ou un sentiment. Dès l'ouverture, Stanton fait fort en tuant un personnage ainsi que la quasi-totalité de ses oeufs devant son homme impuissant face à un espadon trop gros pour lui. Marin le poisson clown est dorénavant traumatisé à vie et vit difficilement le fait que son fils ne le suit plus à la trace. Le fils ne comprend pas ce sentiment dû au traumatisme et c'est aussi pour cela que le père et le fils ne s'entendent pas. L'inévitable devait arriver. Le petit est enlevé par un dentiste et le père de devoir aller le chercher à travers l'Océan Pacifique en compagnie du plus improbable des sidekicks (un poisson chirurgien amnésique et perdant la mémoire au bout de quelques minutes!). Le monde de Némo prend alors le même modèle que Toy Story 2 et montre des héros face à un environnement trop grand pour eux et qu'ils vont devoir traverser tout de même pour retrouver un être cher. Les passages dans l'aquarium sont désopilants, Stanton se payant par ailleurs Mission Impossible le temps d'une séquence jubilatoire (utilisant jusqu'à la musique) et usant d'une galerie de personnages succulents (le poisson lune qui explose à chaque fois, celui proche de ses bulles ou Gilles le meneur balafré).

Le Monde de Nemo : Photo

N'oublions pas non plus le mémorable trio de requins cherchant à tout prix à ne pas manger de poissons (dont le meneur Bruce est nommé en rapport au surnom du requin dans Jaws), avant de lancer un bombardement inspiré par U571 de Jonathan Mostow! Les humains apparaissent véritablement sous un visuel véritable corrects voire bien meilleurs que sur les précédents films (et ce malgré que Toy Story 2 ou le court-métrage Le joueur d'échecs ont fait beaucoup dans le développement) et plus longtemps aussi. Darla peut se voir comme une version improbable et féminine de Sid, tuant des poissons on ne sait trop comment (probablement par inadvertance même si elle a un beau tableau de chasse) et devenant en soi une prédatrice dont le seul nom provoque l'effroi des poissons. La musique de Thomas Newman (sublime score au passage) joue même à une sorte de parodie des Dents de la mer de John Williams. Une véritable réussite sous la plupart de ses tableaux et faisant définitivement passé Pixar dans les poids lourds de l'animation américaine, faisant totalement de l'ombre à leur distributeur.

  • Les Indestructibles (2004) : Pixar va faire mal

Les Indestructibles : affiche Brad Bird

Pixar s'ouvre pour la première fois à un réalisateur étranger à son studio mais pas n'importe qui. Ami de Joe Ranft et John Lasseter à l'époque où ils travaillaient à Disney Animation, Brad Bird a entretemps réaliser le magnifique Géant de fer, bide commercial mais succès critique incontestable. Toujours dans une optique old school mais moderne, il réalise donc Les Indestructibles (Oscar du meilleur film d'animation succédant à Nemo), film mettant en scène une famille de super-héros. Comme pour se rapprocher directement de son précédent film qui se déroulait en pleine Guerre Froide et pré-Cuba 63, Les Indestructibles se déroule dans un temps très 60's dans son prologue bien qu'indéterminé. Tout l'univers mène à cela avec des voitures old school (celle de Mr Indestructible n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle d'Adam West dans la série Batman, en sachant que le héros semble avoir des faux airs du Cape Crusader dans sa version télévisée), les costumes qui semblent typique de l'époque (regardez les costumes de Mr Indestructible, Frozone et Elastigirl et vous verrez que l'on est typiquement à l'époque où Marvel commençait enfin à émerger, à savoir les 60's) et cela sera agencé dans le reste du film dans un ton très "jamesbondien".

La musique de Michael Giacchino (sa première de majeure et pas des moindres) s'accorde parfaitement avec cela, alignant les tons jazzy qui n'auraient pas déplu à John Barry le compositeur du thème de 007. Il n'est donc pas étonnant que par la suite, Bird l'a employé sur tous ses films mais aussi que Giacchino est devenu un compositeur très régulier chez Pixar (on lui par la même occasion les ost de Ratatouille, Up,  Cars 2 et le petit dernier Inside out, ainsi que sur les courts L'homme orchestre et Extra-terrien). Un gage de qualité dans tous les cas. Quant au postulat de l'interdiction au super-héroïsme, la mort de divers super-héros utilisant des capes et le retour de certains héros pour sauver le monde, il renvoie directement au plus grand roman-graphique du XXème siècle à savoir Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons. Mr Indestructibles apparaît comme un resistant, essayant par la même occasion de se retrouver une nouvelle jeunesse face à un quotidien qui l'ennuie profondément (et le mot est faible); au même titre que Rorschach (sans le côté psychopathe bien évidemment) dans le roman-graphique. Par la même occasion, les héros avec capes rappelent directement Dollar Bill ce super-héros dont la cape coincé lui avait valu une balle dans la tête d'un braqueur de banque.

Les Indestructibles : photo Brad Bird

On peut donc voir assez facilement Les Indestructibles comme une adaptation libre du graphic novel alors même que l'adaptation véritable patinnait depuis la fin des 80's. On peut aussi relever des similitudes avec les Fantastic Four, les Indestructibles étant avant tout une famille composée d'un père à la force surhumaine; d'une mère élastique; d'un fils rapide comme l'éclair; d'une fille invisible et d'un bébé dont les pouvoirs naissants risquent d'être destructeurs. Quant au méchant il symbolise à lui seul le fan devenant un méchant suite à des événements ne jouant pas en sa faveur; un peu comme le personnage de Samuel L Jackson dans Incassable (qui ironiquement est le doubleur de Frozone). L'air de rien, Les Indestructibles se dévoile comme un véritable blockbuster en puissance n'ayant pas peur de la concurrence avec les films sur lequel il joue sur le même terrain (le film est sorti la même année que Spider-man 2). Il n'y a qu'à voir aussi le nombre incroyable de scènes d'action du film pour s'en rendre compte, l'une des meilleures étant bien évidemment le sauvetage dans l'immeuble, suivi de près par Mr Indestructible conduisant une voiture attérissant en pleine autoroute! Pixar innove encore et se met au même rang que certains films live. Chapeau bas.

 

  • Cars (2006) : Nostalgie en plein orage

Cars : Affiche John Lasseter

Cars aurait dû être un beau voyage pour John Lasseter: faire un film sur des voitures en évoquant sa nostalgie de ses road trip en famille sur la fameuse Route 66. Tout était propice pour que tout se passe bien. Pourtant dans les couloirs, cela gronde et ne sent pas très bon. Steve Jobs commence à se poser des questions quant à l'association avec Disney, d'autant que les relations avec le studio aux grandes oreilles s'enveniment sérieusement. Parmi aussi les raisons invoquées, la question des droits étant donné que Disney possèdait les droits sur l'histoire et sur les droits de suite. C'est dans cette optique que Michael Eisner (patron de Disney à cette époque et parmi le plus détesté assurément) créer Circle 7 permettant à Disney de faire des suites de films Pixar et avec en ligne de mire Toy Story 3, Le monde de Némo 2 et Monstres et cie 2. Un nouveau contrat s'avance en 2004 mais il y a toujours la question de demande de propriété que veut garder Disney. Jobs entre en jeu et annonce chercher de nouveaux partenaires, mais aussi que les films du studio sortirait désormais l'été (ce qui est vrai puisqu'en dehors de The good dinosaur pour des raisons évoquées plus bas sortira en novembre prochain).

Le départ de Michael Eisner fit beaucoup dans le rachat de Pixar par Disney. Circle 7 rend l'âme en mars 2006, Pixar est racheté en mai 2006 suite à un nouveau contrat qui leur ressemble plus. Par ailleurs, John Lasseter n'est pas en reste puisqu'il devient à la fois directeur de création chez Pixar mais aussi chez Disney Animation (et dont l'influence s'est énormément ressentie depuis quelques années sur les productions survenues depuis Volt), ce que l'on pourrait résumer par le petit qui a bouffé le gros. Finalement tout fini bien alors que les studios étaient sous tensions depuis le début des années 2000. De plus, le studio est touché de plein fouet par la mort de Joe Ranft, membre historique du studio, scénariste, voix, dessinateur et animateur au cours d'un accident de voiture. Cars qu'il a coréalisé lui est logiquement dédié tout comme Les noces funèbres de Tim Burton auquel il a participé activement. Cars possède des avis assez très critiques, changeant radicalement de l'habituel accueil radieux de Pixar. De plus, son succès au box-office est moins flagrant que sur les précédents films de Pixar. Le film a clairement marché (sans compter le merchandising au poil avec des petites voitures partout), mais on est loin des scores foudroyants de Pixar. Cars ne gagne également pas l'Oscar du meilleur film d'animation bien qu'il soit nominé au profit d'Happy Feet.

Cars : Photo John Lasseter

Cars réveille en soi la nostalgie des petites voitures auxquelles on aimait joué avant, avec les courses automobiles et tout ce qui s'en suit. Mais aussi celle des grandes virées devant de beaux paysages. Cars transpire la nostalgie à l'image de la ville de Radiator Spring. Vestige de la Route 66, elle est délaissée par les touristes préférant prendre la voix rapide de l'autoroute au lieu de découvrir la beauté du monde qui l'entoure. Les vieilles boutiques d'antiquités, les gens conviviaux, les rednecks aussi (la voiture militaire qui affronte le van Wolkswagen baba cool, on ne peut pas faire plus merveilleux) et évidemment le paysage radieux avec ses étendues désertiques que ses magnifiques chutes. John Lasseter s'est fait plaisir en recréant la Route 66 et compte bien nous le montrer afin de nous offrir un véritable dépaysement. Il est juste un peu dommage que le personnage de Flash McQueen soit aussi superficiel que ce soit avant ou après sa transformation. Cars émue aussi du fait qu'il s'agit du dernier projet auquel a touché Paul Newman. Au même titre Bernard Pierre Donnadieu qui faisait la même voix est décédée également. Le personnage de Doc Hudson reste sans voix, vive Doc Hudson. En sachant que le duo qu'il forme avec Flash n'est pas sans rappeler La couleur de l'argent: Flash le rookie, Doc le vieux brisquard, la course dans la pompe à essence. En résultes, pas le plus transcendant des Pixar mais indéniablement un bon film.

  • Ratatouille (2007) : Les fins gourmets de Pixar

Ratatouille : affiche Brad Bird, Jan Pinkava

Initialement Ratatouille n'était pas destiné à Brad Bird mais le destin en a décidé autrement. Jan Pinkava est envisagé en premier lieu pour réaliser le film et porte le projet à bout de bras: scénariste, designer des costumes et paysages... Le réalisateur du court-métrage Le joueur d'échecs s'impose mais la complexité de l'histoire finit par jouer en sa défaveur. Pixar l'évince, tout en lui filant le poste de coréalisateur. Le projet est en route depuis au moins deux ans (on en parlait déjà à l'époque du Monde de Némo) et Brad Bird se retrouve à réaliser son second film pour Pixar. Le scénario est pour le moins retouché que ce soit dans la relation entre le rat Rémy et l'apprenti-cuisinier Linguini, Colette prend plus de place; les rats deviennent moins anthropomorphiques. Le film fait alors un carton devenant à l'époque le troisième plus gros succès de Pixar avec Le monde de Némo et Les Indestructibles et cela se montre également en France où le film totalise un peu moins de 8 millions d'entrées. Un score hallucinant qui se ressent aussi dans le fait que l'action du film se déroule à Paris et en livre une belle carte-postale à l'image des Aristochats en leur temps.

Ce n'est pas forcément une critique quand on voit le look des films de Brad Bird, cherchant toujours un certain charme rétro. Son Paris se résume à la gastronomie, les balades en scooter, la Seine et même en soi le béret du titi parisien! Il n'en reste pas moins que le film est fidèle à l'architecture de Paris, dû notamment à un séjour complet dans la capitale et ses restaurants. Les plats ont l'air terriblement vrais et on s'étonne de voir à quel point l'animation convient parfaitement à montrer la cuisine. Un vrai ravissement visuel dans tous les cas. Le choix de l'animal qui a des dons pour la cuisine est bien amené. Souvent considéré comme sale ou nuisible, le rat est synonyme de péjoratif. Même Disney l'avait fait en faisant du rat un parasite cherchant à mordre un enfant dans un berceau. Ici, ce ne sera pas le cas. Les rats ont beau être nombreux (magnifique foule quand la vieille dégomme son plafond et laisse voir une multitude de rats), ils n'en sont pas moins sympathiques voire rigolos à l'image d'Emile le frère de Rémy. Rémy lui-même est un rat épris de passion pour la cuisine et vouant un culte à Gusteau, un grand chef étoilé mort peu après la déstitution de son étoile (voir un parallèle avec Bernard Loiseau ne serait pas étonnant) et se retrouvant ironiquement dans son restaurant.

Ratatouille : photo Brad Bird

Linguini lui n'est pas cuisto, il n'y connaît rien mais sa mère a eu des relations avec Gusteau changeant radicalement son statut.
Ratatouille peut donc apparaître comme la revanche des loosers: Rémy le rat cuisinier, Linguini le fils illégitime. Le stratagème des cheveux n'en est que plus burlesque, ce qu'est le film en plus d'être un film initiatique. Le burlesque a une grande prise sur le film preuve en est le personnage de Skinner véritable casse-pied des familles, aussi petit que teigneux. De là Bird nous montre un monde de la cuisine changeant radicalement, le chef étoilé devenant soudain une marque pour des surgelés. Rémy apparaît comme un rempart à ce genre de procédé, la créativité primant sur le surfait. Un film plus intelligent qu'il n'en a l'air.

  • Wall-e (2008) : L'apocalypse écologique selon Pixar

Wall-E : Affiche Andrew Stanton

Quand Andrew Stanton se lance dans un nouveau projet, on revient inévitablement au fameux dîner de 1994. Pour l'occasion, le réalisateur du Monde de Némo se veut très ambitieux et la communication autour de son film se fait petit à petit, en évitant de trop en dévoiler d'un coup. Ainsi, tout le second acte ne servira pas pour la promo, à l'image de ce qui a été fait pour Gone Girl tout récemment. De plus, pour les bruits des divers robots du film, Stanton a fait appel à Ben Burtt l'ingénieur du son responsable de plusieurs richesses sonores de Star Wars et ayant utilisé le cri Wilhelm sur quasiment toutes les productions auxquelles il a été convié. Si Wall-e n'a pas été un succès au box-office foudroyant, il grapille l'Oscar du meilleur film d'animation et s'impose comme une oeuvre purement charnière dans la filmographie du studio. Dès son ouverture, Wall-e est un film qui fait mal au ventre: prologue avec l'acteur Fred Willard évoquant ni plus, ni moins que le désastre à venir; puis mue d'un photo-réalisme bluffant, Stanton montre la Terre vue de l'Espace avant de faire un long périple avec des éoliennes à l'abandon, une atmosphère poisseuse avant de montrer notre petit robot en titre en train de faire une énième pile de détritus.

Mais il y a quelque chose qui cloche et Stanton va nous le montrer par une vue aérienne partant du personnage pour montrer un énorme building de détritus, puis des autres l'entourant. Les buildings ne sont plus des bâtiments où les Hommes habitent ou travaillent, ils n'existent d'ailleurs quasiment plus. Désormais on identifie un building comme une énorme montagne de détritus de plusieurs étages. Un constat alarmant qui apparaît rapidement comme encore plus problématique. Les robots tels que Wall-e devait initialement nettoyer la Terre. Sauf qu'il n'y a plus aucune existence sur Terre, les Hommes sont partis, les robots ont disparu sauf Wall-e. On ne parle pas ici de centrale nucléaire qui a explosé, mais de véritable catastrophe écologique sur la longueur. Sauf que même un petit robot ne peut sauver la Terre de la pollution et les détritus qu'il accumule continuent de polluer. La richesse de la première partie du film tient également au fait qu'elle est quasi-muette en dehors de bruitages, ce qui est assez impressionnant de nos jours où le film muet est inexistant et surtout en ce qui concerne l'animation. Si le film ne va au bout de cet aspect, il n'en reste pas moins que le coup de Stanton fonctionne à merveille notamment agrémenté des petits sons du robot.

Wall-E : Photo Andrew Stanton

L'air de rien, Stanton réussi à rendre son robot terriblement attachant par ses mimiques ou son attitude. Wall-e devient rapidement un vrai petit amour de robot à l'image de Johnny 5 dont les designers disent s'être inspiré (rien que pour les yeux, c'est très similaire). Arrive alors Eve suite à une découverte importante, vétue façon Ipod. Qui aurait pu croire que voir deux robots en train de tomber amoureux serait aussi émouvant? Love is in the air n'en paraît que plus logique. Stanton fait fort sur les deux parties: la première partie avec la violence faites à la Terre, la deuxième avec l'Homme cloîtré dans un vaisseau et ne cessant de s'engresser sans jamais se mettre debout. Sans compter le robot commandant de bord qui ressemble comme deux gouttes d'eau à HAL 9000 dans tout ce qu'il y a de plus effrayant. Le final de Wall-e a beau être optimiste bien aidé par une sublime chanson signée Peter Gabriel et l'histoire d'amour faites de sacrifice magnifique, le film est absolument terrible et laisse un arrière-goût violent en bouche. Andrew Stanton signe peut être le film le plus adulte de Pixar mais aussi une des oeuvres d'anticipation les plus impressionnantes des années 2000. Du genre dont on se souvient encore longtemps.

  • Up (2009) : Les ballons du coeur

Là-haut : Affiche Bob Peterson, Pete Docter

Film d'ouverture du Festival de Cannes en 2009 mais aussi le premier film du studio fait pour la 3D, Up est un événement surmédiatisé et qui met à peu près tout le monde d'accord. Véritable succès foudroyant alors que le sujet pouvait difficilement le donner (le héros est un vieil homme, le sidekick un petit gros scout et le véritable élément mignon est un chien nommé Doug!), Up est encore une belle preuve que Pixar peut expérimenter alors que son statut n'est clairement plus à prouver (depuis au moins Wall-e, leur animation est à un niveau tellement stable et impressionnant qu'il est difficile pour la concurrence, y compris Disney, de faire aussi bien). Preuve en est le décor même des chutes du Paradis, stupéfiant de photoréalisme au point de se confondre avec de vrais décors (Pete Docter et ses camarades ont fait beaucoup de randonnées et spéléologie afin de faire des croquis et trouver des décors possibles d'inspirer ces chutes). Sans compter les détails procurés par la multitude de ballons que ce soit leur nombre mais aussi les couleurs et ne parlons pas de la multitude de chiens. Un sens du détail que l'on retrouve rarement ailleurs et dont Pixar se montre encore bien au haut niveau.

J'ai beaucoup insisté sur les ouvertures des films de Pixar jusqu'à présent, mais celle de Là haut relève d'une maestria sans appel.
Réussissant à nous montrer la vie d'un couple au fil des années, de leur rencontre au grand adieu est une chose, mais susciter autant l'émotion chez un spectateur en si peu de minutes de métrage relève de l'incroyable. L'introduction de Up se montre comme un véritable crêve-coeur pour le spectateur, le plus frappant restant ce travelling passant d'une chambre de bébé en pleine construction (et donc aux couleurs criardes) à une pièce d'hôpital dont les contours sont plongés dans l'obscurité. Pas besoin de mots pour nous faire comprendre le drame qui se présente. Et la musique de Michael Giacchino de faire encore des merveilles: les mêmes notes reviennent sans cesse mais rapidement elles passent de gai à terriblement tristes en passant à un rythme plus lent. En dix minutes de film, le spectateur a déjà usé son paquet de kleenex face à ce déluge d'émotions foudroyantes. C'est donc en homme aigri et triste que l'on retrouve Carl vieil homme veuf qui veut juste vivre paisiblement sa retraite et dont des promotteurs ne veulent pas laisser sa vie tranquille.

Là-haut : Photo Bob Peterson, Pete Docter

S'il s'évade avec sa maison en voulant faire honneur à sa femme qui désirait tant aller aux chutes du paradis, Carl le fait aussi pour éviter la maison de retraite et la perte de sa maison. Le sidekick Russell a également à dire: jeune garçon n'ayant jamais voyagé, il a néanmoins des diplômes de scout jurant qu'il est capable techniquement de se débrouiller sur divers sujets! Mais c'est avant tout, un jeune garçon en manque de repères, subissant l'absence d'un père jamais là et dont il espère tant une présence. Deux êtres solitaires qui veut se compléter au cours d'un film d'aventure savoureux où les idoles d'antan sont souvent aigris par le pouvoir qu'ils ont entre leurs mains. Si Wall-e est un film qui fait peur à en pleurer, Up est un film qui émeut à en pleurer.

  • Toy Story 3 (2010) : Ce n'est qu'un au revoir

Toy Story 3 : Affiche

Au cours du débat houleux entre Pixar et Disney nacquis Circle 7 et autant dire que Disney ne s'est pas fait prier pour lancer un Toy Story 3. Déjà qu'à l'époque du deuxième opus, le DTV était prévu alors un troisième sans l'équipe mère... Le projet était bien avancé avec un grand nombre de concept-arts (voir http://www.slashfilm.com/art-storyboards-toy-story-3-that-could-have-been/) et même un synopsis: Buzz était renvoyé à Taïwan par ses camarades jouets suite à divers dysfonctionnements. Sauf qu'ils apprennent que l'entreprise détruit tous les exemplaires qu'elle reçoit suite à un rappel massif et partent pour Taïwan également pour le retrouver. Suite au nouveau contrat, ce projet est annulé mais un nouveau volet bien de chez Pixar est rapidement annoncé pour les années à venir. Un teaser confirme l'avancée de la chose, jouant sur la nostalgie des spectateurs et la rivalité entre ses deux héros (comme l'avait fait le début de la promo du second opus). John Lasseter laisse cette fois sa place à Lee Unkrich qui a notamment officié comme coréalisateur sur Finding Nemo. Le changement de réalisateur aurait pu être une crainte, il n'en est finalement rien.

Renvoyant directement à l'ouverture du second opus, Toy Story 3 commence par une séquence spectaculaire à base de ouistitis, de train qui explose, de vaisseau-spatial et d'une multitude de personnages dans des rôles acadabrantesques (Bayonne le baron côte de porc, Patate en borgne, Buzz qui apparaît tardivement car Woody est le vrai protagoniste). Par une transition qui passe crême, on découvre que c'est en fait Andy qui joue avec ses jouets. Tout ce que l'on a vu préfigure en soi le fameux Inside out: la scène vient du subconscient d'un enfant. Puis la coupe est nette après les images filmées au magnétoscope. Les années ont passé, des jouets ne sont plus là (Woody regrette la Bergère), Andy a laissé ses jouets dans la caisse privilégiant comme beaucoup de jeunes l'ordinateur qui trône bien en évidence sur le bureau et surtout, il va à l'université et les jouets ne vont pas rester dans le grenier très longtemps. Les jouets vont donc devoir voir ailleurs si l'herbe est meilleure. Dès le début du film, on sait que le film sera pessimiste. L'abandon est répété à la fois par le personnage de Lotso dont la honte a fini par le rendre fou, mais surtout notre groupe global. Sauf que contrairement à ce qui est arrivé à Jessie avec Emily, ici il y a une sorte de légitimité.

Toy Story 3 : Photo Lee Unkrich

La mère d'Andy ne les a pas amené à un endroit désert, mais dans une crèche. Ils seront donc appréciés des enfants. Et puis c'est l'occasion de voir encore un beau cliché à l'horizon. Après Barbie, voilà son copain assexué Ken (élément d'ailleurs abordé dans le film, ce qui est assez hilarant quand on voit le large public auquel parle le film!), pro mode, ringard et totalement jubilatoire. La séquence des essayages avec Le Freak de Chic en fond sonore vaut à elle seule son pesant de cacahuètes. Le film revient également au film d'évasion qui avait fait la richesse du premier, sauf que cette fois-ci ce n'est plus un enfant qui est problématique mais les jouets qui sont à la crèche. Dès lors, le film prend des faux-airs de film carcéral auquel un peu d'harmonica finit par arriver. Et si en plus, Buzz recommence à devenir con avant de passer à l'espagnol, cela n'en est que plus alléchant. Preuve que Pixar a retenu la leçon de Up, Unkrich signe deux climax terriblement émouvants, signes d'adieu terribles qui fait pleurer le fan de la première heure. Même si Pixar a continué à aborder ses personnages dans des courts-métrages, la véritable conclusion est belle et bien ici et elle fait terriblement mal au ventre. On dit souvent que le troisième opus est mauvais ou plus faible. Toy Story 3 est une exception de premier ordre. En disant adieu aux personnages qui les ont lancé, Pixar signe probablement son plus grand chef d'oeuvre.

  • Cars 2 (2011) : Bashing time

Cars 2 : Affiche

Si Cars n'avait pas reçu toutes les louanges attendues à chaque film de Pixar, rien ne pouvait prévoir le dézingage que s'est payé Cars 2 au cours de l'été 2011. Le film se fait dézingué par la presse, certains lui reprochant notamment de ne pas avoir lieu d'être, le premier ne nécessitant pas une séquelle. Certains y vont même du terrible constat: Pixar est devenu une machine à fric qui fait des suites à tout et n'importe quoi. Or, jusqu'à présent, les Toy Story ont suffisamment plu à ces mêmes critiques s'offusquant que le studio fasse des suites. Il y a donc en soi une absence de logique qui est à voir ici de ces médias prêts à accepter une suite à un film d'animation que quand cela les arrange. Surtout qu'au cours des années, bons nombres de médias de presse n'ont cessé d'alimenter des rumeurs autour de suites de films du studio qui leur semblaient alléchantes. C'est le cas des Indestructibles 2 qui jusqu'à cette année avait droit environ chaque année à une "news rumeurs" sur une grande partie des médias ayant critiqué Cars 2 et la propension de Pixar a donné subitement des suites.

Cars 2 : Photo Brad Lewis, John Lasseter

Ces mêmes critiques n'auraient jamais lieu d'être chez Dreamworks qui fait parfois des plannings en avance avec des futures sagas à quatre volets! Là comme c'est Pixar, il apparaissait presque vital pour certains organes de presse de taper dessus. Certains médias comme Première disaient même à l'époque que certains attendaient le moment pour taper sur Pixar. Cars 2 n'aura même pas droit à sa nomination aux Oscars, soit la seule année où un film du studio n'aura pas été convié aux festivités. Un déchaînement qui se montre davantage comme un lynchage gratuit et disproportionné à l'image d'un film qui n'en méritait pas tant. Surtout que ce second volet ne cherche jamais la comparaison avec son aîné puisque n'est pas du tout dans la même optique. John Lasseter laisse tomber le récit initiatique pour le film d'espionnage et surtout délaisse très rapidement Flash McQueen pour laisser la place à son camarade Martin. Martin n'est peut être pas un personnage passionnant mais il n'en reste pas moins plus attachant que le désormais larmoyant Flash. Reste malheureusement une accumulation de gags forcés comme celui des toilettes qui déclenche tout ou encore les différentes bourdes de Martin qui deviennent un peu lourdes au fil du film.

Cars 2 : Photo Brad Lewis, John Lasseter

Puis comme dit plus haut, le film n'est quasiment pas axé sur les courses bien qu'elles servent de couverture. La rivalité entre McQueen et le coureur italien n'en est que vite délaissé pour laisser plus de place à une intrigue d'espionnage se déroulant aux quatre coins du monde. Pas de grandes innovations, même si le film laisse un bon sentiment de vitesse, se permet de jouer avec des villes d'Europe (Londres étant le point d'orgue avec Big Ben comme centre des opérations). Sans compter le personnage d'espion charmant rappelle l'indubitable James mais aussi un certain Harry Palmer dû en partie au fait qu'il est doublé par Michael Caine. Même si Cars 2 n'est pas un cru exceptionnel, il n'en reste pas moins un film agréable à regarder.

  • Brave (2012) : Le ratage de Pixar

Brave

Annoncé en 2008, Newt devait être la première réalisation de Gary Rydstrom, réalisateur du court-métrage Extraterrien. Il devait mettre en scène deux tritons mâle et femelle devant collaboré pour assurer une descendance à leur espèce. Mais des ressemblances avec Rio de Carlos Saldanha furent au centre de son annulation, une première pour le studio qui a toujours mené à bien ses projets. Par la même occasion, la production de The bear and the bow fut très mouvementée. Censé être le premier film Pixar avec une femme aux commandes (à savoir Brenda Chapman, réalisatrice du Prince d'Egypte), Brave perd sa réalisatrice pour différends artistique en 2010 et est remplacée par Mark Andrews, réalisateur du court L'homme orquestre (Pixar confirmant par ailleurs que son usine à courts-métrages permet de découvrir de nouveaux talents capables de réaliser des longs par la suite). Le principal problème de Brave vient tout simplement du film lui-même. Beaucoup ont dézingué Cars 2 qui plus est en jouant sur la carte du merchandising à volonté (ce qui n'est clairement pas nouveau, beaucoup préférant oublier le jeu ET même ses concepteurs de chez Atari), mais Brave va plus loin car il est scénaristiquement creux. Le véritable vilain petit canard se trouve ici, au point que son Oscar du meilleur film d'animation n'en paraît que plus usurpé.

Rebelle : Photo Brenda Chapman, Mark Andrews

Pixar fait honneur à l'Ecosse par des décors absolument saisissant de photoréalisme et signe un film magnifique si l'on se fixe sur le point de vue technique. Le spectateur est littéralement emporté dans les terres des Highlands qui a fait la richesse d'un des rares films mythiques de Totof Lambert, sans compter des personnages magnifiquement animés en dehors des petits ours qui ont des têtes plus grosses que leurs corps. C'est plutôt le scénario qui blesse. Alors que l'on pense être face à un film de fantasy, il n'en est finalement que très peu question voire pas du tout. La sorcière n'a aucune utilité si ce n'est de donner le breuvage transformant un personnage en ours, soit l'ennemi des personnages écossais se présentant à nous. Non le film est surtout le périple d'une mère et de sa fille essayant de retrouver le contact dans un mauvais concours de circonstance. Dit comme cela, Brave semble passionnant car son traitement change radicalement de ce que l'on voit souvent au cinéma (en général on le verrait plus avec des personnages masculins). Mais c'est vite oublier la paresse d'un scénario qui ne raconte pas grand chose et dont le twist central apparaît beaucoup trop proche de Frères des ours produit par Disney.

Rebelle : Photo

Et si Pixar commence à ressortir du pur réchauffé d'un des Disney les plus inintéressants de la décennie 2000, cela commence à devenir mal barré. Le film accumule donc l'inévitable cafouillage entre le personnage transformé et un membre de sa famille se mettant à se battre malencontreusement. Terriblement dommage que Pixar soit tombé aussi bas alors qu'il y avait moyen de signer un grand film. Leur plus mauvais film à ce jour et que l'on pourrait même qualifier de petit navet, le seul à pouvoir avoir cette distinction.

  • Monsters University (2013) : Le campus movie de Pixar

Monstres Academy : Affiche

Monstres et cie fut un énorme succès à sa sortie et rapidement le public a souhaité une suite aux aventures de Sully et Bob. Au point que comme Les Indestructibles 2, Monstres et cie est rapidement devenu un souhait du public en constante attente. Sous l'impulsion de Circle 7 en 2005, Disney s'apprêtait à produire une suite à Monstres et cie sans passer par Pixar qui était en fin de contrat houleux. Un projet qui était véritablement une suite à Monstres et cie et où Sully et Bob partaient à la recherche de Bou (voir http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18611518.html). Cette suite sera définitivement mise au placard quand le studio sera fermé et surtout quand Pixar décidera de ne pas faire une suite... mais une préquelle! Beaucoup auraient préféré une suite directe comme Circle 7 l'avait initié, ils devront rongé leur frein. Avec Monsters University, Pixar souhaite explorer un autre genre: après la comédie à teinte dramatique, le film d'aventure, l'anticipation, le film de super-héros, ou encore le road movie; le studio se lance dans le film de campus avec pour principale référence American college de John Landis où John Belushi jouait les cancres fêtards.

Monstres Academy : Photo Dan Scanlon

En soi, Monsters University ne déroge pas à la règle: fratries, bizutage, cancres, bons élèves, sportifs, binoclards, fiesta, concours, popularité... Tout cela se trouve dans le film de Dan Scanlon. Le bizutage se fait avec les sportifs dénigrant les petits mais plus intelligents qu'eux; les petits rentrant dans la cour des grands, les amitiés naissantes de l'université... Au final, comme pour le premier film, il n'y a pas tellement de fantastique, ce dernier venant uniquement du fait que les personnages principaux sont des monstres. En revanche, il tient bien plus de la comédie potache typique des films de campus (22 Jump Street sortit un an après reprend le même genre d'ingrédients) que du mélange de comédie parodique/thriller qu'était le premier film. Inévitablement le film souffre du fait que le spectateur sait la fin, cette préquelle devant montrer comment l'intelligent mais pas physiquement impressionnant Bob et le virulent mais bête Sully vont devenir amis. Le début du film montre clairement deux antipodes jusque dans le tempérament, Bob ne supportant pas la flemmardise de son colocataire. Comme Sully est exaspéré par le côté "grosse tête" de son cyclope vert de palier. 

Monstres Academy : Photo Dan Scanlon

Le fait de les mettre ensemble contre leur gré va forger leur alliance qui va devenir bien plus que ça. Du point de vue du bestiaire, on retrouve le fameux Léon qui malgré une apparition courte marque les esprits (il est amusant de voir à quel point un bizutage peut changer une personne...) mais aussi divers petits monstres et puis la patronne de l'université, dragon flamboyant. Si Monsters University (qui a un titre français incluant "Academy" à la place du second mot complètement débile, étant donné que le thème "university" est utilisé durant tout le film) n'est pas une préquelle forcément utile, il n'en reste pas un film de campus qui a sa propre identité et parvient à être purement ancré dans son genre.

 


 Et après?

Après une pause sabbatique qui a plutôt fait mal au coeur des fans du studio, Pixar revient non-seulement ce mois-ci avec le brillant Inside Out; mais aussi avec The good dinosaur de Peter Sohn en novembre prochain. Le pitch part de la question "et si l'astéroïde qui a tué les dinosaures était passé à côté de la Terre?" et prend ensuite le point de vue du brachiosaure Arlo qui va croisé dans son voyage un jeune humain alors encore primitif. Un film qui a eu une production mouvementé, le réalisateur Bob Paterson ayant été écarté au profit de Peter Sohn, ses idées de communauté dinosaure sur le principe des hamish n'ayant visiblement pas plu. Par ailleurs, John Lithgow en avait aussi parlé il y a quelques temps, évoquant qu'il avait redoublé son personnage et que ses répliques étaient bien meilleures qu'à l'origine. C'est aussi pour ces raisons que le film n'est pas sorti l'an dernier comme initialement prévu, permettant à Pixar une meilleure opportunité pour revenir au projet (et éviter le bordel Toy Story 2). A voir donc, un premier teaser absolument bluffant et énonçant le concept tout comme de montrer des images supplémentaires étant tombé il y a quelques temps.

En sachant que Pixar semble plus en forme que jamais puisque Le monde de Dory d'Andrew Stanton (2016), sequelle qui mettra en scène le poisson chirurgien amnésique dans la quête de sa famille; Toy Story 4 de John Lasseter (2017) qui devrait être relativement différent de la trilogie initiale (en sachant que l'on parle d'une comédie-romantique); Les Indestructibles 2 de Brad Bird (2018); et Cars 3 (2018) qui n'augure pas forcément quelque chose de bon (voir ci-dessus). Mais l'avenir est radieux et vivement!

Allez à la semaine prochaine!

* http://www.rockyrama.com/2015/06/17/les-10-choses-incontournables-a-savoir-sur-pixar/

13 juin 2015

Cuvée sérielle au cinéma épisode II

Après une première cuvée déjà bien chargée, la Cave de Borat continue son pélerinage dans les adaptations de séries télévisées. De quoi illuminer l'été qui arrive.

  • Les suites ou autres de séries

La série tv se finit parfois mal voire sous des hospices lui permettant de revenir subitement. Lorsque David Lynch se lance dans Fire walk with me, la saison 2 de Twin Peaks a fait couler beaucoup d'encre. Plus longue, plus fantastique, plus barge, au point que Kyle MacLachlan et Lynch ont commencé à ne plus trop s'entendre. De plus, la chaîne ABC n'a jamais su gérer l'un des plus grands ovni de la télévision américaine, demandant par exemple des révélations rapides en début de saison 2. C'est dans un climat pas très propice que Lynch réalise la préquelle de Twin Peaks avec Kyle MacLachlan dans un rôle plus que réduit et faisant la part belle à Ray Wise et Sheryl Lee, changeant des acteurs. Sauf que le film n'a pour ainsi dire aucun intérêt. On reconnaît bien l'univers de Lynch, sa patte graphique mais le film ne raconte rien d'intéressant, voire mieux démystifie totalement le mystère autour de la série. Il ne faut tout simplement pas regardé le film avant la série bien que ce soit une préquelle. Pour le bienfait du spectateur, écoutez Tonton Borat. Et puis de toutes manières, le vrai retour de Twin Peaks se fera l'an prochain sur Showtime.

Twin Peaks - Fire Walk With Me : Photo

Kyle MacLachlan et Sheryl Lee au coeur de la chambre rouge.

Mais avant cela, Disney avait fait de même avec certaines de ses séries d'animations. Tout d'abord La bande à Picsou ou Duck tales une des meilleures séries Disney et dont le film servant de conclusion, Le trésor de la lampe perdue, reste une des rediffusions phares des vacances de noël. Et encore c'était plutôt une manière pour Disney de mettre un terme à la série, plus que de lui donner une réelle conclusion. L'occasion de retrouver Picsou, Riri, Fifi, Loulou, Zaza et autres Flagada Jones dans une aventure inédite servant de dernier épisode (en sachant que la série fera son retour dans quelques années). Une véritable aventure dans le parfait cheminement de la série et gardant une saveur s'inspirant d'Indiana Jones (jusque dans l'affiche signée également par l'incontournable Drew Struzan), en sachant qu'Indiana Jones a été notamment inspiré de plusieurs aventures de Picsou! La boucle est bouclée. Mais les studios Disney vont aller plus loin sur Dingo et Max, qui apparaît véritablement comme le final de La bande à Dingo. Le film sort la même année que Pocahontas et en soi y perd en réputation car adaptation d'une série Disney (donc moins prestigieux qu'un film original) et sera évidemment moins cité. C'est le cas quand on parle de Dingo et Max.

Le trésor de la lampe perdue

Il n'en reste pas moins un film intéressant car aborde des sujets dignes de ce nom. Tout d'abord Dingo et Max aborde très bien l'aspect teen-movie alors même que le genre commençait à entrer en désuétude (heureusement il y a eu Clueless ensuite puis American Pie, même si cela a engendré de mauvais ersatz). Max est un jeune adolescent qui essaye de s'enlever de l'influence de son père (en l'occurrence Dingo, ce dont il a peur de devenir quand on voit l'ouverture du film) et veut tout faire pour conquérir le coeur de la jeune Roxanne. Un aspect classique du teen-movie pour le jeune homme essaye d'impressionner par tous les mensonges et performances inimaginables. Ensuite il y a le roadtrip entre le père et son fils, devenant petit à petit une remise en question de chacun, Dingo de son côté papa poule à la ramasse, Max adolescent ayant perdu l'adoration de son père. Ce qui fait de Dingo et Max un mélange savoureux donnant lieu à une vraie conclusion de la série, tout en étant plus pertinent que la série et peut se voir sans avoir vu un seul épisode de La bande à Dingo. En tous cas, un de mes Disney favoris et certainement pas un plaisir coupable. En sachant que le studio fera de même avec la série Aladdin (Le retour de Jafar lui servant de pilote et Aladdin et le roi des voleurs de conclusion) et La cour de recré (se permettant même des délires psychédéliques!).

Tout le charme du teen movie dans une scène.

Dernier exemple notable avant la sortie d'Entourage ce mois-ci, Serenity de Joss Whedon. Diffusée de manière catastrophique par une Fox qui n'en avait strictement rien à faire, Firefly n'a duré qu'une petite saison mais s'est fait une parterre de fans au fil des années. C'est ainsi que par une surprise totale Serenity finit par naître et conclue une série vouée à une mort certaine. Le film reprend tout le casting à commencer par Nathan Fillion et Summer Glau et s'impose comme un bon petit space-opéra plutôt bien réalisé (surtout pour un premier film) et pouvant se suivre tranquillement même si l'on n'a pas vu la série (ce qui est le cas de votre cher Borat).

Serenity : l'ultime rébellion : Photo Adam Baldwin, Alan Tudyk, Gina Torres, Jewel Staite, Nathan Fillion

  • Les adaptations méta

Au départ, le cinéma a beaucoup misé sur des adaptations littérales de séries, reprenant au moins le pitch tel quel de la série qu'il
adapte. Pourtant au fil des années, on a pu remarquer une tendance aux adaptations méta jouant à la fois du concept tout en la modifiant scrupuleusement de son état initial. C'est un peu ce qui a été fait sur le premier Mission impossible même si ce n'est plus trop le cas depuis, revenant au concept d'équipe (notamment dans le quatrième film) cher à la série. Dans le premier opus, Brian de Palma révèle déjà toute l'intrigue du film dans son générique. Le spectateur lambda n'y fera peut être pas attention. En revanche celui qui regarde plan par plan risque fort d'être surpris. Pourtant Brian De Palma reprend parfaitement ce que faisait les petits bonhommes des génériques de la série. En revanche, là où De Palma joue dans le méta c'est qu'il décime toute l'équipe Mission Impossible en dehors de deux membres. En sachant qu'aucun rôle n'est issue de la série, renforçant le fait que De Palma et ses scénaristes ont repris le concept mais pas le reste. En résulte un premier film misant très bien sur l'espionnage et où De Palma utilise pleinement son savoir-faire filmique au service d'un divertissement de qualité; un second de sinistre mémoire où John Woo s'est caricaturé dans un délire pénible; le troisième est un film efficace et très bourrin; et le quatrième revient aux sources de la série avec une efficacité désarmante et un sens de l'action old school certain. Vivement le cinquième opus où Tom Cruise volera accroché à un avion!

Mission : Impossible : Photo Brian De Palma, Tom Cruise

Tom ne tient qu'à un fil.

Charlie's angels et sa suite jouent sur le méta mais d'une façon différente. Le ton est radicalement changeant passant du sérieux à la cool des aventures de Farrah Fawcett et ses copines à un ton comique et parodique pas forcément du meilleur hospice. Ainsi le pauvre Matrix se fait parodier jusqu'à plus soif et voulant jouer sur le bigger and louder, le second opus s'avère encore plus excessif, accumulant les fautes de goût magistrales (comme le striptease pour aller chercher une banale carte!). Ou encore ce méchant fétichiste joué par Crispin Glover, la vilaine Demi Moore ou le diabolique Justin Theroux. Même si les trois actrices semblent bien se marrer, on a bien du mal à s'amuser devant ces films, preuve en est même Bill Murray n'a pas rempilé dans le second pour laisser sa place au regretté Bernie Mac. Starsky et Hutch joue dans la même optique de film parodique autour d'une série et autant dire qu'en dehors du passage jubilatoire de Will Ferrell (à croire que ce comique peut apparaître n'importe quand et être un bonheur de quelques secondes!), c'est encore une fois très mauvais. Pourtant il y avait du lourd avec Ben Stiller, Owen Wilson, Vince Vaughn et même Todd Phillips avant la pervertion de The Hangover. Malgré ce beau monde, le film ne fonctionne pas, n'arrivant pas à jouer sur le concept tout comme sur le rire potentiel. Bien triste.

Charlie's Angels - les anges se déchaînent : Photo

ça chauffe mais pas forcément dans le bon délire...

Dans le domaine, Ma sorcière bien aimée fera encore pire puisque sera une véritable bouse en puissance. En parler est encore une sorte de traumatisme pour votre interlocuteur. Peut être la seule bouse vue avec Will Ferrell et où il joue affreusement mal. Nora Ephron, scénariste pourtant du mémorable Quand Harry rencontre Sally, a essayé de faire dans le méta invraisemblable au point de faire absolument n'importe quoi. La série mettait en scène une sorcière mariée et avec enfants soutenue par une mère trop présente et ayant aussi des dons. Le film montre une sorcière ayant un père sorcier et se retrouvant à tourner dans un remake de la série Ma sorcière bien aimée où elle tombe amoureuse de celui incarnant son mari. Dès lors voici un immense bordel où l'on se demande constamment si la plaisanterie n'a que trop durée et faisant presque regretter les Charlie's angels. On est dans un tel mauvais goût que cela en est dramatique, le film n'avançant jamais et surtout n'a strictement aucun sens. Même les fans de la série risque d'être déçus devant pareille ignominie.

Ma sorcière bien-aimée : Photo Nicole Kidman, Nora Ephron, Will Ferrell

"On joue dans une daube Nicole! -A qui le dis-tu? Foutus pour foutus..."

Miami Vice est encore un cas particulier car c'est le producteur et scénariste de la série qui s'en occupe à savoir Michael Mann. Un film particulier car change radicalement de la série, le réalisateur de Collateral donnant sa propre vision tout en l'actualisant à son époque. Sonny Crockett et Ricardo Tubbs s'habille toujours en Armani, roule en Ferrari, vont en boîte comme fréquentent les yachts et évidemment le premier emballe toujours autant. Mais le ton est différent, plus sombre, plus apre aussi. Et c'est aussi cela qui a dérangé beaucoup de spectateurs: le film est tellement différent de la série qu'il en devient un curieux objet aussi fascinant que déconcertant au premier abord et devenant définitivement la première option au fur et à mesure des visions. Mise en scène comptant de superbes plans en HD, intrigue amoureuse sublime et sublimée par Mogwai (dans un final vraiment déchirant auquel les notes d'Autorock deviennent poignantes), bande-originale de qualité et comme souvent chez Michael Mann un film à voir obligatoirement la nuit pour capter parfaitement l'ambiance entre night-club et furiosité nocturne. Les 21 Jump Street terminent ce tableau en changeant également de ton avec la série qu'elle adapte.

Miami vice - Deux flics à Miami : photo Colin Farrell, Michael Mann

Particulièrement sérieuse, la série avec Johnny Depp narrait les aventures de jeunes flics tellement jeunes qu'ils étaient envoyés au lycée pour chopper les réseaux de drogue. Quand Jonah Hill et le duo Phil Lord/Chris Miller se lancent dans l'aventure il est clairement dit que les trois larrons vont s'orienter vers la comédie. Rien d'étonnant quand on voit le point de vue de Tempête de boulettes géantes et l'humour gras de Jonah Hill hérité de Judd Apatow. Ce qui pouvait apparaître comme une mauvaise blague au début (notamment par l'arrivée de Channing Tatum en accolyte de Jonah Hill) est devenu subitement quelque chose d'intéressant au final. Jouant sur un duo en pleine bromance tout en essayant de se connaître (les deux larrons ne se supportaient pas au lycée et se sont trouvés des atouts chacun à l'école de police!) tout en sortant une référence de temps en temps (les colombes c'est cool! Les vieux de Jump Street travaillent toujours!) et véhiculant un humour jubilatoire. Bien conscient de devoir renouveller la chose, les trois cocos ont décidé de mettre nos loulous à l'université mais pas que. Jouant sur le cliché de la suite bigger and louder, le trio donne à cette séquelle des atours supplémentaires: le QG est désormais dans la rue d'en face et technologiquement meilleur, le statut de l'université, les fêtes à l'impact décuplées, les rôles du délaissé-superman sont inversés et le film joue constamment du délire pop.

22 Jump Street : Photo Amber Stevens, Jonah Hill

"C'est qui le patron?!"

Preuve en est la scène sur I'm missing you où les actions de Jonah Hill et Channing Tatum (qui acquiert un caractère comique inattendu) s'entrechoquent de manière jubilatoire, allant jusqu'à donner un sens terriblement mélancolique. Et puis c'est l'occasion de voir un Ice Cube d'un rare jouissif, sans compter que le générique joue à fond la connerie avec un défilement de séquelles toutes plus improbables les unes que les autres où se croisent Anna Faris, Seth Rogen ou Bill Hader. Curieusement ce genre de délires improbables risque fort d'arriver si le projet d'associer 21 Jump Street et Men In Black aura bien lieu.

  • Les autres adaptations aka le menu maxi best-of des séries

Depuis environ les années 80, le cinéma a accumulé les adaptations et pour commencer ce fut La quatrième dimension. La série anthologique de Rod Serling devient un film pour la Warner et Amblin la nouvelle société de production de Steven Spielberg en 1983 et si aujourd'hui on s'en souvient encore c'est grande partie à cause de la catastrophe qui a eu lieu sur le tournage (l'acteur Vic Morrows et deux figurants non- salariés ont trouvé la mort dans les pales d'un hélicoptère trop prêt). L'accident paralysant le tournage et par la même occasion les envies de Spielby (il n'était seulement question que deux remakes d'épisodes et d'autres histoires inédites), La quatrième dimension est surtout l'occasion de voir quatre remakes d'épisodes bien connus qui trouveront également des révisions dans les Simpson Horror Show. On retiendra à la limite l'interprétation fiévreuse de John Lithgow dans le segment à mille pieds de George Miller et les délires filmiques déjà bien dingos de l'impayable Joe Dante. La même décennie voit naître Les Incorruptibles qui évidemment met en scène les faits réels relatés dans la série avec Robert Stack. Soit la lutte d'Elliot Ness et son équipe contre Al Capone dans les années 30. Un grand cru de Brian De Palma où il rend le temps de quelques instants hommage à Eisenstein, tout en donnant lieu à un film soigné.

Les Incorruptibles : Photo Andy Garcia, Brian De Palma, Charles Martin Smith, Kevin Costner, Sean Connery

On les appelait les Intouchables.

Une époque où Kevin Costner était au premier plan; où Robert De Niro ne se trouvait pas assez gros en bon élève de l'Actor's studio; où Andy Garcia faisait des débuts fracassants; où Sean Connery était bourrin comme rarement depuis plusieurs années; où Billy Drago foutait une frousse folle avec son sourire jusqu'aux oreilles; et où Ennio Morricone signait une merveilleuse partition qui scotche dès le générique. La famille Addams permet le retour fracassant de cette famille tonitruante issue de la bande-dessinée et popularisée par la série des années 60. Bénéficiant d'un casting monumental (Raul Julia dans son rôle le plus marquant, Anjelica Huston, Christopher Lloyd, Christina Ricci faisant des débuts fracassants, Carel Struycken), le premier film de Barry Levinson revisite merveilleusement le bestiaire de la série et BD pour donner un spectacle macabre où le non-sens porte des fruits pour le moins phénoménaux. Un monde où la Mort est ravissante, où le bizarre est normal et où les blessures sont une réjouissance! Sans compter la galerie de personnages absolument savoureux allant de Mercredi à Monsieur Machin, et ne parlons même pas de la Chose. Chose rare d'ailleurs, sa suite se révèle tout aussi bonne voire parfois encore plus frappadingue.

La Famille Addams : Photo Anjelica Huston, Barry Sonnenfeld, Carel Struycken, Christina Ricci, Christopher Lloyd

Une famille qui ne manque pas de valeurs.

Il n'y a qu'à voir la scène de torture devenant subitement un grand moment romantique, Joan Cusack semblant s'éclater en psychopathe ou Mercredi et Pugsley au pays des boyscouts semblant sortir d'une mauvaise série pour enfants. Jubilatoires au point de se demander si le plus grand absent du film ne serait pas le Tim Burton de la grande époque (donc celle-ci). Il a dû bien rager devant le résultat. Adaptation plus littérale, Le fugitif d'Andrew Davis est un divertissement de grande qualité, caractérisant bien ses personnages et faisant régner un certain suspense. On a beau l'avoir déjà vu plusieurs fois, le charme est toujours là et l'on se prend sans cesse au jeu. Harrison Ford est parfait en homme accusé d'un crime qu'il n'a pas commis face à un Tommy Lee Jones qui atteint la reconnaissance avec ce rôle de marshall hargneux et ne lâchant pas prise. La filmographie d'Andrew Davis ne parle pas forcément pour lui, mais Le fugitif est d'un haut niveau. Sans compter la superbe musique de James Newton Howard. Les producteurs essayeront de capitaliser sur le succès de l'adaptation avec le pitoyable US Marshall où Tommy Lee Jones et ses potes se retrouveront sur une affaire similaire avec Wesley Snipes en fugitif et Robert Downey Jr pas encore trop en forme à cette époque. En sachant que récemment une séquelle a été annoncé au Fugitif même si c'est très flou. Le problème étant que l'on imagine bien mal de voir une séquelle a une histoire qui ne tient que sur un film.

Le Fugitif : Affiche

Promo bien maligne.

On peut commencer à parier sur le fils d'Harrison Ford fuyant suite à la mort suspecte de sa petite amie et se faisant aider par son
paternel d'Han Solo! Tout aussi littéral, Maverick de Richard Donner joue un peu du méta avec la présence cruciale de James Garner (qui jouait dans la série), mais pas trop non plus puisque l'on suit surtout Mel Gibson et Jodie Foster dans un jeu de dupes pour le moins fun et classieux. Un bon cru pour le réalisateur de L'arme fatale qui commençait à accuser le coup (et cela s'est confirmé dès la réunion suivant ce film). La même année que Le masque de Zorro (surtout adapté des livres, même si tout le monde se souvient de la série mythique de Disney), un personnage phare incarné par Guy Williams revenait avec l'adaptation de Perdus dans l'Espace. A l'heure où Star Trek restait encore correct au niveau des films, Perdus dans l'Espace est une véritable horreur en puissance, le point d'orgue étant bien évidemment la transformation finale de Gary Oldman d'une rare laideur et le mot est faible. Victime d'un concept usé et pas forcément propice au cinéma (ou tout du moins avec des moyens plus conséquents), pas aidé par un casting lisse (Matt LeBlanc en vient à refaire Joey Tribiani, son rôle dans Friends), Perdus dans l'Espace est un naufrage de haute volée du genre dont on préfère oublier.

Ouh que c'est laid!

Tout comme Wild Wild West sinistre western science-fictionnel adaptant Les mystères de l'Ouest. Bourré à craquer de cgi improbables, faisant de Will Smith un shérif en pleine ségrégation et dans une décennie encore toute chaude de l'abolition de l'esclavage aux USA, montrant un Kevin Kline enclin à se travestir pour espionner dans un saloon (soupirs...), dôté d'un humour lourdingue et surtout pas drôle et d'un méchant digne de Kenneth Branagh (ceux qui me connaissent savent que je l'aime difficilement), cette adaptation est un saccage jusqu'au sample d'une chanson de Stevie Wonder. Et on ne touche pas à Stevie, compris? Et accessoirement un des nombreux flops ayant terni la fin des 90's de la Warner avant le carton de Matrix. A l'instar de X Files en 1997, South Park le film ou Bigger, louder and uncut a été réalisé alors même que la série était en plein succès, mais il n'était pas question de conclusion. En 1999, c'était l'occasion de frapper un grand coup un peu à l'image de Beavis et Butt Head se font l'Amérique en 1996. Jouer sur la censure et particulièrement en tapant sur tout et tout le monde, faire ce qu'il est parfois difficile de montrer à la télévision et tout simplement signer un film irrévérencieux qui encore maintenant reste l'un des plus beaux fuck de Trey Parker et Matt Stone.

La bêtise humaine qui atteint des sommets de conneries (la mère de Kyle dans un haut niveau), la vulgarité au sommet (Terrence et Phillip n'ont jamais été aussi hilarants que dans Les pets de feu, délire délire!), le racisme (les afro-américains devant, les blancs derrière), la suprématie de l'Amérique ("Blame Canada!"), le détournement des chansons à la Disney (preuve du réel talent de parolier du duo), Winona Ryder, les Baldwin (évidemment!), Kenny (dans une scène d'opération que George Clooney semble s'être bien marrer à doubler!, Saddam qui sodomise Satan... TOUT y passe pour notre plus grand plaisir et le spectateur de se fendre la poire comme rarement. Le duo a clairement réussi son coup tout en gardant sa série au chaud sur Comedy. En 2003, la mode des adaptations de séries est revenue et SWAT en est la preuve formelle. Si la première partie se regarde encore comme un bon divertissement du dimanche avec Colin Farrell faisant son apprentissage avec Sam Jackson en chef instructeur, mais dès que l'on commence à avoir l'intrigue finale c'est foutu. Le film devient tout sauf divertissant mais ronronnant. L'intrigue est minable, le retour de Jeremy Renner est invraisemblable et le final sur le pont n'a strictement rien de fun.

S.W.A.T. unité d'élite : Photo Clark Johnson, Colin Farrell, Olivier Martinez, Samuel L. Jackson

"Circulez il n'y a rien à voir..."

Alors que la série peine à convaincre depuis plusieurs saisons déjà, Les Simpson le film apparaît comme revigorant au vue du contexte. Même si les scénettes arrivent parfois très mal à s'imbriquer (on peut parfois difficilement voir comment l'intrigue se dévoile notamment en milieu de film, où plusieurs scénettes se regroupent sans réelle cohérence), l'humour de l'équipe de Matt Groening réussi à faire mouche et fait plaisir à voir. A l'image du dézingage de Green Day avant d'enchaîner sur American idiot repris à l'orgue; du célèbre Spider-Cochon; de la connerie d'Homer; Bart tout nu outrepassant la censure par des caches sexe multiples (sauf un d'une subtilité impayable); de l'amour paternelle entre Bart et Flanders soit l'un des moments les plus improbables de la série... Moins fort et plus populaire que South Park le film mais charmant. L'agence tous risques entre les mains de Joe Carnahan aurait pu donner de grandes choses. Malheureusement il n'en restera qu'un film à l'intrigue même pas fun, tellement sérieuse que cela en devient délirant et bourré à craquer de cgi. De plus, on a bien du mal à croire en une quelconque alchimie entre les différents acteurs. On préfèra revoir la série cultissime des 80's au doux refrain de "l'Agence tous risques certainement la dernière chance du moment!"

Les Simpson - le film : Photo David Silverman

"Arrêtons le massacre de la série Simpson! Il est temps d'arrêter les frais!" Non cette réplique n'est pas un aveu personnel, non non...

En 2011, Michel Gondry hérite du pot pourri The green hornet où devait initialement officier Stephen Chow avant de laisser définitivement sa place pour différents artistiques, tout comme Nicolas Cage en méchant vite remplacé par le désormais hype Christoph Waltz. Si son film n'est pas aussi inventif que ses précédents (mais toujours mieux que le suivant), il n'en reste pas moins un bon divertissement jouant parfaitement son rôle de blockbuster bourrin et un peu foufou. Jon Chu n'est peut être pas Bruce Lee et Seth Rogen reprend le nom du Frelon Vert de manière à le remettre sur le devant de la scène (là où la série mettait surtout en avant les prouesses du "Petit Dragon"), le duo fonctionne plutôt bien. L'adaptation de son aîné, le Lone Ranger (Le Frelon Vert est souvent considéré , a en revanche fait couler beaucoup d'encre à cause de son flop pour le moins violent. Il n'en reste pas moins que le film de Gore Verbinski est un vrai western de qualité avec peut être beaucoup de cgi mais un charme indéniable qui se reflète de la personnalité de son auteur. De plus, le film se veut plutôt violent pour un PG-13 et ne cherche jamais à faire une franchise (même si le succès du film aurait pu en donner). Dommage car une poursuite de train résonnant au son de Guillaume Tell au cinéma ça claquait.

Lone Ranger, Naissance d'un héros : Photo Armie Hammer, Johnny Depp

 The Green Hornet : Photo Jay Chou, Michel Gondry, Seth Rogen

L'ancien et le descendant.

Enfin je terminerais cette cuvée sur Dark Shadows. L'un des derniers crus de Tim Burton n'est peut être pas parfait, mais il a le mérite d'avoir un charme qu'un très grand nombre de ses crus des années 2000 n'ont pas. Jouant d'une photo accentuant les couleurs (que ce soit les décors, les explosions ou même les vêtements), Burton rend un vibrant hommage à une série pour le moins foutraque où se croisaient vampires, sorcières, fantômes et loups-garous (pour ce dernier, cela s'arrête à un simple passage qui ne sera malheureusement pas utilisé à sa juste valeur)! De plus, Johnny Depp a beau être dans un rôle un tant soit peu excentrique, il n'en reste pas moins un personnage romantique changeant radicalement des rôles pénibles et similaires qu'il se tape depuis au moins Pirates des Caraïbes.

Dark Shadows : Photo

La reine du bal est en marche.

Allez à la semaine prochaine!

06 juin 2015

Cuvée sérielle au cinéma épisode I

Les séries télévisées sont devenues aussi nombreuses que palpitantes, devenant même à plusieurs reprises (et notamment sur le câble) plus intéressantes que le cinéma. Il n'y a qu'à prendre exemple sur Rome peplum monumental dont le tournage a investi les studios Cineccita; Breaking Bad série qui a permis une seconde chance à Bryan Cranston; True Detective dont la première saison est réalisée par le même réalisateur; ou même Game of thrones et sa colossale direction artistique. Même la Marvel en vient désormais à privilégier le format sérielle pour certains de ses héros plus sombres à l'image de Daredevil tout récemment. La série attire les cinéastes mais quand est-il dans l'autre sens? La Cave de Borat va s'intéresser durant deux semaines aux adaptations de séries tv et autant dire qu'il y aura une flopée de casseroles au compteur. Cette cuvée ne parlera pas des formats courts à l'image de ce qui a été fait sur Caméra Café ou Bean. Evidemment, toutes les séries ne seront pas abordées, comme certaines adaptations, en raison d'un défaut de visionnage ou tout simplement que votre cher Borat n'a jamais regardé cette série comme c'est le cas de X Files (deux films au compteur). Ensuite je ne m'attarderais pas sur les adaptations animées de séries animées à part sur quatre cas qui me tiennent à coeur; comme sur la saga Star Trek (il faudrait une cuvée entière pour cela!). Alors accrochez vous au canapé, Borat vous emmène au delà du poste de télévision!

  • Quand le cinéma s'attaque aux séries animées... en live

Les adaptations live de séries animées ont beau être rare, il y a tout de même de sacrés cas d'école. Le premier qui vient à l'idée est inévitablement La famille Pierrafeu de Brian Levant réalisé en 1994. Il faut bien le dire, ce film reste une grosse production qui plus est avec Steven Spielberg à la production (rebaptisé pour l'occasion Steven Spielrock) et avec au casting John Goodman, Rick Moranis, Elizabeth Perkins, Kyle MacLachlan et la peu connue encore Halle Berry. Encore aujourd'hui le film bénéficie d'une direction artistique irréprochable, jouant de décors superbes et d'animatroniques n'ayant pas trop vieilli (notamment Dino). John Goodman comme Rick Moranis paraissent comme des choix parfaits pour incarner Fred Pierrafeu et son voisin et ami Barney. Mais il faut bien avouer que ce qui marche (et même bien plus dans le cas présent) dans une série animée de type cartoon ne l'est pas forcément sur grand écran et cela se confirme très rapidement avec des gags beaucoup trop pensés pour le jeune public et un charme Amblin pour le moins inexistant. On s'ennuie donc assez rapidement et ce n'est pas sa préquelle à Rock Vegas qui va changer grand chose. Plus de Spielby à la production, pas aidé par un casting à la ramasse (on a quand même Stephen Baldwin qui s'essaye au registre comique, je dis ça je dis rien...) et des gags lourds au possible, le film a encore moins de charme que la production Amblin. Bah merde alors...

Les Pierrafeu

Les Pierrafeu à Rock Veegas

Drew Struzan peut faire des merveilles sur de très vilaines choses...

George de la jungle change quelque peu la donne, assumant pleinement la connerie de son concept (sorte de Tarzan du pauvre). Cette production Disney joue sans cesse sur la connerie de ses personnages, n'hésitant pas à les tourner en ridicule (notamment George ou le méchant qui n'est qu'un admirable "asshole" maniéré) dans des actions acadabrantesques! Une séquence montre quand même George acheter des Reebook pour aller courir en pleine brousse! Sans compter une narration improbable, un Brendan Fraser imperturbable, une Leslie Mann encore aux balbutiements de sa carrière, un singe philosophe et un plan pré-générique de fin qui se paye un des films d'animation de la maison. En tous cas voilà une VHS qui continue de tourner dans mon magnétoscope car ne l'oubliez pas "George George George de la Jungle aussi fort qu'un lion, attention au tronc!". Toujours chez Disney, Inspecteur Gadget nous est plus familié en France puisque souvenons nous c'était une coproduction franco-canadienne-américaine, qui plus est diffusée durant des années sur nos chaînes françaises. Et là encore plus que pour Les Pierrafeu, le constat est catastrophique. Vouloir faire un film sur un personnage pareil est incroyablement casse-gueule compte tenu du lot d'effets-spéciaux à réaliser.

George de la jungle

Stan Winston a beau avoir travailler dessus, il n'en reste pas moins que visuellement le film a pris un coup de vieux monumental et est particulièrement ridicule. Les gadgets n'étaient déjà pas très fins dans la série animée, ils sont encore pires ici. Sans compter que le Docteur Mad (ici visuellement bien visible sous les traits d'un Rupert Everett qui cabotinne autant que dans People dans un genre différent) lui offre une nemesis, permettant à Matthew Broderick un délire de grimaces dégueulasses agrémenté de gadgets encore plus malsains. On en parle de Gadget se faisant mitraillé par Mad Gadget avec des armes à feu aux cartouches illimitées? En gros, une véritable catastrophe ambulant qui sera agrémenté d'une sequelle DTV quelques années plus tard. Encore deux belles perles que voilà avec les Scooby-doo de Raja Gosnell. Vous pensiez qu'on ne pouvez pas faire pire que Gadget? Détrompez vous, dans le putassier les Scooby-doo battent des records, réalisateur lamentable aux commandes oblige. Et il n'y a qu'à voir le casting pour s'en rendre compte: Sarah Michelle Gellar pourtant grandiose héroïne du petit écran se retrouve ici en gaudiche grande gueule pénible; Freddie Prinze Jr est à son image; Matthew Lillard en fait des caisses (en lâche aussi) et le mot est faible; et la pauvre Linda Cardellini se demande bien ce qu'elle fait là (et nous de se dire qu'elle méritait bien mieux).

Résumer un film à un seul plan? Check!

Scooby-doo ne s'imposait pas par ses scénarios, mais avait au moins le mérite de faire rire par le caractère cocasse et les monstres sortant de bonnes vieilles séries B. Non seulement dans les deux films les gags sont lourds mais les spectateurs prennent aussi le spectateur pour des débiles, pensant que les gens vont rire d'un abruti et d'un chien qui pètent en rafale quand ce ne sont pas des rots. Le néant est fixé et il vous sera facturé. Quant aux monstres, ils s'avèrent au combien banales voire dégueulasses car renvoyant à des clichés évidents comme à une utilité pauvre (en gros, ils sont méchants et on peut les battre notamment en leur lattant les roubignoles), le tout avec des cgi qui vieillissent de plus en plus mal. Dans le même genre, Alvin et les chipmunks. Encore plus que dans les cas précédents, le film ne tient que sur le concept des écureuils et comme ils sont insupportables, c'est un véritable calvaire de supporter cela qui plus est avec un scénario aussi minable.

  • Les séries françaises au cinéma

"Marc et Sophie sont deux joyeux amis!"

Il y a peu de cas dans le cinéma français de ce genre d'adaptation et en grand partie parce que ce sont des productions hexagonales. On en dénombre au moins trois: Belphégor, Vidocq (qui ont le mérite d'être sorti la même année) et Les brigades du tigre (que je n'aborderais pas, puisque pas vu). Deux adaptations de séries popularisées par TF1 mais qui n'ont jamais suscité une réelle envie chez le spectateur. Pourtant en 2001 les TF1 et Canal + se mettent à produire deux des plus grandes aberrations du Cinéma Français des années 2000 voire tout court. Belphégor commence fort. Faire un film de fantôme en France pourquoi pas? Jouer sur le mystère aussi. Sauf que ni l'un, ni l'autre ne marche. Sauf que Jean Paul Salomé saccage tout avec une histoire de possession et 22 vlà Sophie Marceau possédée par le fantôme d'un égyptien et se retrouvant à tuer des gens dans le musée du Louvre! A cela rajoutez le pauvre Michel Serrault réduit à cabotiner tout comme Brigitte Fontaine (qui était dans la série initiale aux côtés de Yves 'Moulin au rapport!' Rénier) là juste pour le caméo évident; et ne parlons pas de Frédéric Diefenthal qui joue aussi mal que dans les Taxi. Et par dessus le marché des effets-spéciaux pour le moins nauséabonds et une réalisation que l'on croirait venir d'un téléfilm de France 3 (et je suis méchant avec FR3).

"Il me faudra bien une bouteille de vin pour me faire croire que je ne suis pas devant un fond-vert!"

Mais rien ne pouvez nous préparer à Vidocq, "révolution" du cinéma puisque entièrement tourné sur fond vert. Notez bien les parenthèses car le film est tout simplement horrible visuellement. En plus de faire n'importe quoi avec son matériel initial (Vidocq n'est pas le héros du film et est donc totalement sous-exploité alors que la série misait sur ses enquêtes, autrement dit c'est raté), le film est d'une rare mocheté conjugant erreurs techniques, jaune de Jean-Pierre Jeunet dans ce qu'il y a de pire, des effets-spéciaux complètement ratés (la palme au méchant du film) et l'impression d'un véritable foutage de poire, ressemblant également à un vulgaire téléfilm par moment. Sans compter un twist final qui restera dans les annales des plus grandes rigolades involontaires que nous a donné la France et Gégé Depardieu semblant avoir pris des cours de karaté ou kung-fu. Deux massacres pour le prix d'un dans la même année, le Cinéma Français a battu un beau record. Autre massacre notable relevé, Les chevaliers du ciel adaptant aussi bien la bande-dessinée que la série télévisée diffusée par la suite. Le pauvre Benoît Magimel se demande ce qu'il fait là quand Clovis Cornillac drague comme pas possible avec un embonpoint pas possible.

Les Chevaliers du ciel : affiche

Le tout en draguant des minettes en se prenant pour les Maverick de l'armée de l'air française. Top Gun n'était déjà pas brillant, imaginez un peu sa copie française dans tout ce qu'il y a de pire. De quoi voir qu'il n'y avait que Luc Besson qui faisait de la daube sur Taxi, n'est-ce pas Gérard?

  • Les séries britanniques au cinéma

L'air de rien, les séries britanniques ont su s'imposer dans le folklore sérielle au fil des années et encore plus depuis les 2000's avec le reboot de Doctor Who (dont le précédent reboot peut être vu aussi bien comme un téléfilm ou même un film vu son influence inexistante), Sherlock, Black Mirror ou Broadchurch. Les adaptations sont nombreuses également et surtout depuis les années 90 quand Hollywood s'est intéressé de plus prêt à certains joyaux de la couronne. Le Saint de Philip Noyce le confirme. Production Paramount, Val Kilmer en tête d'affiche, Elizabeth Shue en vedette de charme, contexte digne de la Guerre Froide et une belle purge à l'arrivée. On peut dire ce que l'on veut du Roger Moore des James Bond (et moi le premier pour tirer dessus), mais en Simon Templar comme en Brett Sinclair il est intouchable et dégage un certain charme que n'a et n'aura jamais Val Kilmer. Monoexpressif au possible et pas charismatique pour deux sous, il ne dégage absolument rien et ne parvient pas à séduire le spectateur. De plus, le film insiste sur les origines de Templar, rendant les choses encore plus inintéressantes qu'elles ne l'étaient déjà.

le-saint-kilmer-aff[1]

Mais on peut trouver aussi humiliant chez la Warner en 1998. The Avengers ou Chapeau Melon et bottes de cuir reste une des séries britanniques les plus reconnaissables entre mille dans le paysage audiovisuel britannique et cela malgré une production au combien chaotique (dont un passage par la coproduction avec TF1!) et dont deux des acteurs principaux, Patrick MacNee et Diana Rigg, sont devenus des stars suite à leur association à la série. Une mise à jour actuelle semblait assez logique encore plus venant d'Hollywood. Autant dire que la douche est plus que froide. Le film a déjà un énorme problème de temporalité. Il a beau se situer en 1999, John Steed se bat et cause comme s'il venait des années 50 voire encore avant; Ema Peel débarque littéralement du swinging London cher à Austin Powers; et le QG et ses membres des Avengers semblent sortir de la IIème Guerre Mondiale; quand Sean Connery est un scientifique à la pointe de son époque balançant notamment des frelons mécaniques sur nos héros! Cherchez une quelconque cohérence là-dedans! Si vous voulez garder le style de la série, faites comme Agents from UNCLE qui sortira en septembre: faites un film d'époque! Mais ne mettez pas le spectateur dans un film anachronique qui ne sait pas où se mettre.

Chapeau melon et bottes de cuir : photo

Un des rares intérêts de The Avengers: Uma Thurman en cuir.

De plus, le film souffre d'effets-spéciaux lamentables (la scène des frelons est une horreur totale même pour 1998) quand les décors sont absolument majestueux. On se demande donc progressivement s'il ne valait mieux pas mettre un peu plus d'argent dans les SFX que dans des décors trop grands pour leur utilisation. Sans compter cette assemblée où Sean Connery est en nounours. La messe est dites. Enfin on terminera sur Jeux de pouvoir de Kevin McDonnald. Toujours une production ricaine, mais pour le coup le film est déjà meilleur. Bien aidé par un casting de qualité (Helen Mirren succède à Bill Nighy en patronne de presse, Russell Crowe parfait en journaliste, Ben Affleck en forme en politicien aux moeurs troubles), le film se suit sans déplaisir jouant assez bien sur les troubles entre la presse et son influence sur la société. L'information n'a pas de prix pour sa liberté.

Jeux de Pouvoir : Photo Ben Affleck, Russell Crowe

"I'm Maximus. -I'm Batman. End's game."

Allez à la semaine prochaine!

03 juin 2015

Le rêve devenu réalité

Un avocat est commis d'office pour défendre des aborigènes accusés du meurtre d'un membre de leur clan...

En pleine années 70, l'Australie commence à émerger en terme de cinéma. L'impact d'un George Miller en fin de décennie en est la preuve avec son monumental Mad Max, mais n'oublions pas un certain Peter Weir. Réalisateur rare de nos jours, il n'en reste pas moins un des plus si ce n'est le plus prestigieux du cinéma australien et ayant su s'imposer aux USA en un temps quasi-record et sans jamais avoir de réels ennuis à Hollywood (même si depuis le triste flop de Master of commander, sa carrière tourne au ralenti entre projets abandonnés et le plutôt beau The way back). Mais avant de se lancer dans Witness, il s'était déjà imposé dans son pays d'origine et notamment sur un cru comme La dernière vague. Initialement, la Warner le voulait sur l'adaptation des Vampires de Salem mais le réalisateur préféra s'atteler à ce projet. Moins connu que Les voitures qui ont mangé Paris qui a inspiré Miller (on y est!) ou Panic à Hanging Rock (l'inspiration indéniable à Virgin Suicides dixit Sofia Coppola), La dernière vague a tout de même le mérite d'avoir le sosie officiel de Bébert Léonard (ou est-ce le contraire? Je ne sais pas!) à savoir Richard 'j'ai vu des oiseaux se cacher pour mourir' Chamberlain. A cette époque, l'acteur est notamment connu pour être le gendre salaud du patron de La tour infernale et La dernière vague (qui a pu trouver des financements grâce à lui) est un des films phares de sa filmographie comme de celle de son réalisateur.

La Derniere Vague : Photo Peter Weir, Richard Chamberlain

Le film se déroule en Australie dans un contexte ethnique tout à fait légitime: mettre en scène une affaire impliquant des aborigènes et plus particulièrement un sacrifice rituel. En rappelant que l'Australie et les aborigènes est une longue histoire d'amour-haîne, les autorités dites "blanches" ayant notamment kidnappé des enfants aborigènes pour les mettre dans des familles dites "blanches". Le bonheur donc... Confronter une fois de plus le peuple aborigène face aux autorités paraît donc logique, renvoyant à une incompréhension non seulement culturelle mais aussi nationale. Et rien de mieux qu'un réalisateur local et intelligent (on ne choisit pas de mettre en scène un scénario aussi ambitieux que Truman Show pour rien) pour parler des autochtones. Néanmoins, Weir prend un regard différent en prenant celui d'un avocat (Chamberlain donc), "blanc" qui plus est et apparaissant désormais comme l'avocat du diable. Il y a eu meurtre qui plus est en pleine communauté mais n'est-ce pas lié à autre chose. C'est à partir de là que Peter Weir croque un film bien moins classique qu'il n'y paraît avec l'énième film à procès où l'avocat du diable doit à tout prix défendre une cause perdue d'avance. Dès les premières minutes, on sent que l'affaire aussi intéressante soit-elle n'est qu'une façade.

La Derniere Vague : Photo Peter Weir, Richard Chamberlain

(attention spoilers) L'avocat n'est pas là par hasard et est ironiquement lié au meurtre par des rêves prémonitoires. Le fantastique a donc en soi une part non-négligeable. Durant tout le film, Chamberlain rêve d'une énorme vague qui arrive. Ces visions interviennent alors que l'Australie subi des troubles météorologiques sans précédent. Petit à petit, le spectateur se rend compte comme Chamberlain que tout n'est pas le fruit du hasard. Qu'il n'est pas tombé sur cette affaire pour rien. Weir installe au fur et à mesure une ambiance pesante nourri par une pluie inarrêtable et prémédité amenant à l'inévitable vague du rêve. La fameuse vague prédite par les aborigènes. Tout est finalement lié: le meurtre rituel des aborigènes, les rêves de l'avocat, la pluie infernale. Tout amène à ce qui est évoqué dans le titre. Inarrêtable comme la pluie et ce plan où Chamberlain s'écroule littéralement le confirme. Il a beau savoir la vérité, il ne peut rien faire pour empêcher cela. Weir signe un film au combien pessimiste, se cachant au premier abord dans le registre du film à procès pour bifurquer violemment avec le film apocalyptique saisissant. Même si Weir n'a pas réussi sa dernière vague, il n'en reste pas moins que le plan est frappant. Il ne serait d'ailleurs pas anodin que Jeff Nichols se soit inspiré du film pour Take Shelter, les deux longs-métrages ayant des similarités assez confondantes (le personnage principal qui fait des rêves étranges liés à l'apocalypse à venir, le dernier plan aussi par la même occasion). Deux très bons films dans tous les cas. (fin des spoilers)

Peter Weir signe un film troublant, cachant son jeu comme les genres qu'il aborde avec justesse.

01 juin 2015

Totalement unbreakable!

Kimmy Schmidt a été enfermé durant des années dans un bunker et découvre que la fin du monde n'a pas eu lieu...

En très peu de temps, Netflix a réussi à imposer une marque lui permettant de rayonner dans le monde des séries. Son système du "tout tout de suite" (une date et vous avez tous les épisodes de leurs séries) joue par ailleurs énormément à l'heure où le téléchargement illégal par chez nous se fait de plus en plus en raison de diffusions improbables voire inexistantes sur nos chaînes, mais aussi la qualité de ses séries. Les cas d'House of cards et Daredevil en sont la preuve la plus flagrante, la première par une vision de la politique US fascinante avec un duo Kevin Spacey/Robin Wright absolument savoureux; le second par une vision violente mais juste du justicier phare de la Marvel. Mais qu'en est-il de séries plus discrètes comme Unbreakable Kimmy Schmidt? Pour sa première incursion télévisuelle depuis l'arrêt de 30 Rock, Tina Fey comique phare du Saturday Night Live (on lui doit notamment l'impayable parodie de Sarah Palin qu'elle a pastiché tellement bien qu'on aurait cru la vraie) se lance dans le défi Netflix. Oubliez les vingt-deux épisodes habituels que peut avoir une sitcom sur une network comme NBC, ici vous aurez droit à treize épisodes et évidemment au même format de vingt-cinq minutes. Cela peut paraître court surtout pour une sitcom mais le peu que l'on peut voir est suffisament bon pour qu'on n'y fasse pas attention.

Photo Ellie Kemper, Tituss Burgess

Unbreakable Kimmy Schmidt permet aussi au grand public de connaître un peu plus Ellie Kemper, comique de stand-up ayant été vu dans la série The office, Bridesmaids ou 21 Jump Street. De quoi voir un peu plus son potentiel que dans des seconds-rôles, son énergie sur la sitcom se révélant communicative. En sachant que l'on retrouve une habituée de Tina Frey, Jane Krakowski ainsi que Titus Burgess, Carol Kane, Dylan Gellula et même Jon Hamn (qui fut le professeur de Kemper ironie!). La sitcom jouant sur le principe du concept ("papa raconte nous comment t'as rencontré maman?!", une bande de potes ou des geeks en colocation, les coulisses d'une entreprise ou d'une chaîne de télé...), celui de UKS se doit d'être béton pour captiver le téléspectateur mais aussi le faire suivre la série. Car il est souvent bien beau de balancer unpersonnage, si c'est pour le délaisser au profit d'un concept retors, cela ne marchera pas. Tina Fey a trouvé la perle rare, se payant à l'image du Saturday Night Live il y a quelques semaines (on y reviendra bientôt), avec une secte. En effet, Kimmy Schmidt est restée enfermée dans un bunker avec trois camarades sous l'impulsion d'un gourou leur ayant dit que le monde avait subi l'apocalypse. Autant dire que les jeunes femmes sont étonnées quand elles voient que non seulement il n'y a pas eu d'apocalypse, mais qu'elles ont perdu quinze ans de leur vie dans un bunker.

Photo Brandon Jones (II), Carol Kane, Ellie Kemper, Sara Chase

Par exemple, Kimmy a perdu son adolescence dans ce bunker et n'a pu finir ses études. C'est donc sans diplôme, ni repère qu'elle se lance dans la grosse pomme. Sans compter ce merveilleux passage où elle s'arrête: "C'est dans Breakfast club. -Les toilettes c'est par là!". Dès lors, Fey et ses scénaristes imaginent toutes sortes de personnages farfelus: Titus un afro-américain gay voulant devenir acteur, la voisine très portée sur la chose, une bourgeoise mal dans sa peau et trouvant dans les chirurgies et autres substances un moyen de montrer à son mari qu'elle est toujours là et sa belle-fille effrontée. En peu de temps, les scénaristes ont réussi à bien croquer tous ses personnages et notamment pour ce qui est de Titus. L'air de rien il est toujours dur de mettre en scène une "grande folle" au cinéma comme à la télévision, ce qui peut souvent amener à du cabotinnage. L'acteur Titus Burgess s'en sort pourtant assez bien, devenant même en soi plus intéressant que miss Kemper. Le cas typique de second-rôle qui crève l'écran pour le plaisir du téléspectateur. Pareil pour le milieu bourgeois montré comme froid voire sous Lexo 1000 et se complaisant dans une richesse illusoire. Pareil pour le traitement de la secte montré sous le dogme du mensonge (le moment où Kimmy avoue qu'elle aurait pu faire sortir ses camarades est assez troublant) et du charisme par son gourou (Jon Hamn en mode "je m'en foutiste" merveilleux). On pourra néanmoins regretter un final qui va un peu vite en besogne, accumulant les révélations un peu rapides. Ce qui n'empêche pas d'avoir envie de retrouver les aventures de Kimmy et Titus dans la folie new-yorkaise!

Une sitcom marchant efficacement grâce à ses bons personnages et une écriture efficace.

31 mai 2015

Cuvée cartoon sur chaîne

Cette semaine dans la Cave de Borat mes chers lecteurs, votre cher blogueur préféré va revenir dans un temps que les moins de vingt ans peuvent difficilement connaître. Borat s'attaque à la chaîne de télévision Cartoon Network qui a largement fait sa jeunesse. Mais pas exactement. Il faut préciser que durant de très longues années, France 3 a diffusé de façon hebdomadaire un très grand nombre de séries dans ce qu'ils appelaient La bande à Dexter (2000-2004) ou F3X (2001-2008). Une aubaine pour votre cher Borat qui était encore loin de connaître les joies du câble satellite (mais non pas TPS!)! C'est donc par FR3 (on fait dans le vintage aujourd'hui, autant y mettre la couleur) que j'ai connu Cartoon Network et ses programmes. Ce que l'on remarque dans ces années c'est l'influence notable d'un certain Genndy Tartakovsky. On lui doit tout simplement quatre des plus grandes séries animées diffusées par la chaîne. Commençons par la première diffusée entre 1996 et 2003 Le laboratoire de Dexter qui donnait justement son nom à l'émission de FR3. A l'origine trois courts-métrages qui auront un vif succès au point que la chaîne lancera la série avec le succès que l'on connaît. Tartakovsky a un dessin assez simple et que l'on reconnaît pour des visages carrés comme un second degré toujours bien visible.

Il n'y a qu'à voir les personnages principaux du Laboratoire de Dexter: un jeune inventeur et sa soeur fringué à la mode rose bonbon. Le personnage de Dexter a déjà un look merveilleux: roux, lunettes, tenue de scientifique et gants. Sans compter une voix exécrable en VF qui lui donne un charme d'autant plus indéniable. Il semblerait que l'auteur a rajouté un accent russe à Dexter en rapport avec ses origines, ce qui doit valoir son pesant de cacahuètes! Face à lui sa soeur à couette blonde et aux tenues roses! Elle est grande lui petit. Les deux se filent alors systématiquement entre les pattes pour le plus grand plaisir du téléspectateur. Sans compter les parents semblant sortir d'un guide de l'american way of life avec lui au bureau et elle au foyer. Pour la seconde, Tartakovsky n'en est pas le créateur mais il y a contribué à la réalisation, j'ai nommé Les Supers Nanas (1998-2005). On tient probablement ici l'une des figures de proux de Cartoon Network, show totalement décomplexé et pas si girly que l'on peut le penser à son nom. La série met en scène trois héroïnes Belle, Bulle et Rebelle créées par le professeur Utonium via le composant X et affrontant différents méchants tous plus improbables les uns que les autres. Il n'y a qu'à voir la galerie de freaks qui parsème le générique: une sorte de diable, des gangs pas possible, une gamine envahissante et évidemment Mojo Mojo.

Un personnage atypique car directement lié à Utonium avant une mauvaise expérience l'ayant rendu méchant. Si je me souviens de cette série c'était aussi pour lui. Les Supers Nanas s'impose comme un véritable spectacle pop n'ayant pas peur de se prendre au second degré. La chaîne avait d'ailleurs osé produire une version typée asiatique tout comme un film racontant les origines des filles (film rentable mais passé inaperçu dans nos contrées suite à une sortie technique). En 2001, Tartakovsky se lance dans une série atypique qui n'aura malheureusement pas de fin en raison du départ de son créateur, Samouraï Jack. Une série qui jouait parfaitement d'un charme asiatique à l'image de ses personnages. Jack est un samouraï affrontant un démon Aku et se retrouve téléporté malencontreusement sous la dictature du démon. Jack se retrouve à voyager dans le temps afin de tuer définitivement Aku. Concept sympa qui jouait très souvent sur une imagerie simple renvoyant aux récits à l'origine des mangas. L'apparence du démon en est bel et bien la preuve, semblant sortir du folklore japonais tout comme les décors renvoyant à une esthétique typiquement japonaise. Je n'étais pas un fan irréductible mais je regardais la plupart du temps quand FR3 la diffusait dans F3X au même titre que la géniale X Men Evolution (qui a également fini sur Cartoon Network).

En 2003, George Lucas permet à Tartakovsky de réaliser la série Clone Wars (à ne surtout pas confondre avec le machin de 2007 qui reprendra le même design) permettant de faire le lien entre L'attaque des clones et La revanche des sith alors en production. Trois saisons sortiront entre 2003 et 2005, la dernière pile poil avant la sortie du troisième volet. Les épisodes se révèlent être de petites scénettes qui rassemblés forment un long-métrage à part entière, les derniers étant plus conséquents et quasiment réalisés de façon à ce que le téléspectateurs suivent assidument afin de ne pas en perdre une miette. Le graphisme est à l'image de son auteur et l'occasion d'introduire l'impressionnant Général Grievous qui n'aura malheureusement que peu d'importance dans La revanche des sith (alors qu'on nous l'avait survendu). L'occasion de voir l'enlèvement de Palpatine, l'ascenssion progressive d'Anakin Skywalker et la sith Asajj Ventress qui reviendra par le miracle du saint esprit dans la série de 2008. Une série efficace qui a le mérite de réellement faire lien, et ce malgré le piètre niveau global de la prélogie. Par ailleurs, la VF s'avère primordiale car garde les différents doubleurs sur la prélogie au contraire de la VO où seul Anthony Daniels reprend son rôle. Une occasion pour Cartoon Network d'accueillir une saga populaire et dont l'expérience se renouvellera entre 2008 et 2013, le rachat de Lucasfilms par Disney pouvant permettre de la diffuser sur ses propres chaînes.

Fort de son partenariat évident avec Warner, Cartoon Network héberge différents super-héros de DC Comics pour diffuser différentes séries animées. Je pense au Batman de 2004 et surtout à La ligue des justiciers et Teen Titans que j'ai croisé aussi bien sur FR3 que sur la chaîne mère. Batman comme Superman avaient eu droit à leur série respective chapeautées par le génial Bruce Timm au cours des années 90, c'est donc logique de le voir à la production de La ligue des justiciers (2001-2004). En plus du Man of steel et du Cape crusader, la série mettait en scène principalement l'Amazone Wonder Woman, le Martian Manhunter (que je découvrais à cette époque), Flash, Hawkgirl (également) et Green Lantern (idem); avant d'allonger le carnet DC Comics avec l'Atlante Aquaman, Atom, Black Canary, Green Arrow, Hawkman, Lobo, Zatanna ou Shazam. Un beau casting qui n'a pas toujours été au top, Batman comme à son habitude dans ces réunions de groupe se trouvant un petit peu effacé. En revanche Wonder Woman est très bien mise en avant notamment en explorant particulièrement son peuple. Hawkgirl bénéficie de ce même atout. J'étais davantage attaché à Teen Titans (2003-2006) et pour cause elle mettait en avant les troubles adolescents de ses protagonistes comme la découverte de leurs pouvoirs.

Plus adolescente pour sûr, plus cartoonesque aussi, mais il n'empêche que la série était plutôt spectaculaire et faisait la part belle à ses personnages, en tous cas parfois mieux que La ligue des justiciers. Robin était certes planqué en meneur, Starfire dans son registre de la jeune adolescente, Beast Boy dans le petit rigolo de service et Raven l'inévitable gothique; le groupe semble solide et fonctionne bien ensemble. Sans compter le personnage de Cyborg qui était vraiment pris sous un bon angle. Avant le grand final, votre cher Borat va être bref sur certaines séries animées connues mais qui lui font un peu défauts dans sa mémoire. L'occasion de raviver quelques souvenirs pour certains lecteurs nés dans les 90's. Voici donc quelques génériques: 

Je terminerais cette cuvée nostalgique sur un cas particulier. Robot chicken n'est pas une série animée de Cartoon Network mais elle y est intimement liée puisqu'Adult Swim est une chaîne dérivée de Cartoon Network. Il était donc logique d'en parler! Une création venant de Seth Green le fameux loup-garou de Buffy qui assume la plupart des voix des personnages. Le concept est complètement dingo voire surréaliste: un coq robotisé doit regarder la télé. Ainsi le téléspectateur voit tout une flopée de sketchs en stop-motion très souvent graveleux voire trash issu de la pop culture. Je vous avais déjà montré un extrait dans la Cuvée kaboom, mais en voici d'autres quelque peu bien sentis. Toy Story est passé à la trappe et autant dire que c'est pour le moins sauvage. Le trash dans toute sa splendeur et un hommage indéniable à Vol au dessus d'un nid de coucou. Vous ne verrez plus Toy Story de la même façon. Dans les autres, les héroïnes Disney se foutent sur la gueule; Mario devient Booba avant la banqueroute (je sais elle était facile); les héros et méchants de DC partent en vacances et semblent parti pour un remake de Grease; et enfin la fin alternative de Terminator 2! Allez à la semaine prochaine! 

28 mai 2015

Une merveilleuse journée pour Max

Max Rockastansky se retrouve pris dans une folle poursuite entre Immortan Joe, un dangereux gourou et celle qui a kidnappé ses promises Furiosa...

Mad Max (affiche 13)

Il y a les films qui donnent envie, ceux qui nous font du gringue alors qu'ils nous déçoivent à la première bobinne, il y a les surprises et les films que l'on attend plus ou parfois qu'on aurait mieux fait de ne pas attendre. Durant longtemps, Mad Max 4 fut un mirage pour le fan ou le spectateur c'est selon. En 1997, George Miller récupère les droits à la Warner pendant que la major lui suggère de se tirer fissa de Contact et compte bien aller voir la Fox. Un script finit par tomber sur internet mettant en scène un Mel Gibson laissant petit à petit sa place à un autre Max incarné par Heath Ledger. On parle déjà de femmes pondeuses cherchant à s'évader. Par ailleurs, la guerre en Irak stoppe net le projet car trop vif pour le moment et la Fox finit par se retirer. De plus, Mel Gibson se trouve définitivement trop vieux pour ces conneries et Miller est de cet avis. Il ne s'agit donc pas d'une volonté de studio mais personnel contrairement à ce que l'on pourrait penser. Miller garde le projet sous le coude mais préfère se lancer dans Happy feet et Justice League Mortal. Bouffé par la grève des scénaristes, le projet de mettre en scène les super-héros de DC Comics se viande et laisse le champ libre au réalisateur pour revenir à Max Rockstansky. Brendan McCarthy est employé par Miller pour un script qui deviendra très rapidement un storyboard complet, un peu à l'image de ce qui avait été fait sur l'adaptation de Dune que comptait faire Alejandro Jodorowsky.

Mad Max (photo 7)

Une manière comme une autre de prévisualiser le film avant le tournage. Miller évoque pendant un petit temps un film entièrement en images de synthèse et 3D mais cela est vite abandonné. Le projet patinne puisque la région australienne où voulait tourner Miller est revenue à l'état sauvage suite à de fortes précipitations. Nouveau report, Miller se lance dans Happy feet 2 et il revient avec Fury Road en Namibie à l'été 2012. Depuis silence radio. Au point que beaucoup ont pris peur et avec raison. Quand on ne parle pas d'un film, qui plus est avec autant de retards et un aussi gros budget (on parle quand même de 150 millions de $) et qu'en plus par la suite des frictions sont évoquées (Tom Hardy nouveau Max et Charlize Theron se seraient quelque peu bouffés la gueule sur le tournage, même si aujourd'hui ils semblent s'entendre et évoquent que le tournage fut éprouvant), c'est souvent ce qu'on appelle le development hell avec film dans les cartons du studio. Puis miracle: le Comic Con fait tout péter l'été dernier. Le projet qui semblait être embourbé dans la production chaotique ne deviendrait-il pas aussi attendu qu'un film Marvel ou le prochain Star Wars? C'est ce qui s'est passé, le film excitant aussi bien les fans que les spectateurs n'ayant pas vu les films de George Miller et cela s'est d'autant plus imposé depuis ses premiers échos. Alors cette Fury Road vaut-elle à ce point le coup? La réponse est définitivement oui.

Mad Max (photo 11) (1)

Au delà du dome du tonnerre a déçu tout le monde, notamment à cause du PG-13 entraînant des scènes parfois ridicules voire involontairement comiques (la scène du dome aurait pu être bien plus épique sans ces putains d'élastiques), sans compter une bande-originale totalement improbable de Maurice Jarre passant d'envolés lyriques sympathiques à du saxophone dégueulasse et anachronique. Fury Road rectifie le tir et brouille les pistes dans un premier temps. Max est toujours le même mais on sent que les années ont passé. De plus, l'ensemble sent le reboot (changement de figure principalement en cause), mais reste ancré dans une évolution de la mutation due au choc nucléaire (effets qui se montrent dès l'introduction de Immortan Joe). Donc on parlerait davantage d'une séquelle pure et dure. Au final on reste dans le même monde sans jamais penser à un reboot et on garde le Max que nous connaissons. Comme Mad Max 2 et surtout pour fidéliser un public n'ayant peut être pas vu les précédents films, l'ouverture revient sur les faits ayant amené à l'apocalypse. Pas besoin de grand chose pour faire un générique et remettre le spectateur dans le bain: des voix radiophoniques, Max qui cause, des crédits apparaissant petit à petit et ce fameux plan déjà repris en 1981 avec ces arbres subissant de plein fouet le choc nucléaire (pas besoin d'un champignon, une image phare et déjà vu suffit).

Mad Max (photo 3)

Puis le rythme s'accélère, ne laissant rarement du répit à un spectateur qui s'apprête à voir un spectacle unique en son genre. George Miller a toujours été un artiste particulier passant sans encombre du post-apocalyptique à la comédie satirique en passant par le conte et le biopic violent, mais là il retrouve la hargne qui lui avait malheureusement manquer sur Beyond the thunderdome. Profitant d'un classement Restricted de plus en plus rare sur une franchise (remember le PG-13 du remake de Robocop) et qui plus est un vrai film de studio (on a aussi bien Warner que Village Roadshow Picture aux financements), Miller s'en donne à coeur joie et même s'il ne filme pas de sexe ou de sang par flot (soit ce que l'on pouvait un petit peu craindre au vue des 300 et Django Unchained), il montre une certaine violence qui s'opère très souvent avec fracas. Il n'y a qu'à voir tous les bonhommes finissant par tomber du camion ou à se prendre des voitures en pleine poire. Mais surtout, là où Miller impressionne, c'est dans sa capacité à filmer l'action. En comparaison de la plupart des blockbusters actuels que nous envoient Hollywood, Fury Road semble vrai. La plupart des cascades ont été filmé tel quel, renvoyant à une minutie et un souci du détail absolument impressionnants de nos jours où par exemple, un Avengers utilise des cgi pour montrer banalement Scarlett sortir d'un avion!

Mad Max (photo 12) (2)

Un passage banal contrebalancé ici durant deux bonnes heures où ce qui explose à l'écran semble réellement explosé en pleine face (et c'est mieux filmé que chez le roi du kaboom Mr Bay), comme les véhicules roulant à pleine vitesse et accumulant les acrobaties les plus dingues (on pense principalement aux motards mais je pense aussi aux explosions pétant à la gueule de Tom Hardy sur la voiture!). On y croit réellement et c'est pour cela aussi que Fury Road est un film important. A l'heure où le tout numérique semble être roi, Miller se permet un retour à l'ancienne (pas à la Expendables où une tête est coupée par une balle de sniper!) où les scènes d'action sont filmées en dur. Le temps de préparation semble avoir été payant (bien avant le tournage, les cascadeurs avaient déjà longuement préparés les cascades, Miller bénéficiant ici de beaucoup plus de sécurité qu'à l'époque de The Road Warrior) et les cascades sont réellement grandioses, rapides, furieuses et semblent tourner dans une montagne russe géante. Mais le film, en plus de se vivre comme une expérience visuelle absolument fantastique, se montre aussi comme une aventure humaine où les personnages s'avèrent simples mais utiles. Chacun ayant sa place dans l'échiquier.

 

Mad Max (photo 8)

(attention spoilers) George Miller amène le thème de la rédemption sous différents angles, y compris en prenant en compte son rôle titre toujours aussi trouble. Max évoque dans le générique son passé de policier mais aussi qu'il a vu beaucoup de gens mourir au cours de son périple sans but, ni final. Dans une séquence hallucinante, on voit se succéder diverses personnes laissant peu à peu apparaître le visage de la Mort, Max essayant autant de fuir les War Boys que les fantômes du passé. Il ne voit peut être pas sa famille, mais cette petite fille revenant systématiquement meurt de la même manière que sa femme et son enfant: sous les roues d'un véhicule. On ne saura pas qui elle est, mais le fait que les faits soient similaires ne seraient pas étonnants de la part de Miller. Comme toujours, il faut attendre pour voir Max comme un héros. Devenant témoin malgré lui (encore plus que sur The road warrior et Beyond the thunderdome), il finit par devenir homme d'action sous la contrainte puis la rédemption. L'occasion pour Miller de jouer aussi sur l'humour (une trace improbable chez Max) en le faisant ruminer sur l'Interceptor comme sur son blouson. Une sorte de gimmick comique jubilatoire.

 

Mad Max (photo 12) (1)

Sans compter ce merveilleux passage où il part vers le fusilleur aveugle et revient comme si de rien n'était couvert de sang! La rédemption de Max viendra en aidant Furiosa (Charlize Theron) dans son périple au même titre que Furiosa se repenti en convoyant les cinq fétiches d'Immortan Joe (Hugh Keays Byrne). Une manière pour elle de retrouver l'humanité qu'elle avait perdu et de se sauver elle aussi de l'emprise d'Immortan. Un vrai personnage de femme forte au même titre que les promises et ces femmes seules survivantes d'une terre désolée. Toutes semblent avoir une importance capitale et s'imposent face à un déferlement de sauvagerie. Le cas de Nux (Nicholas Hoult) est assez intéressant car il passe de fidèle total à Joe à enfant délaissé trouvant lui aussi la voie de la rédemption. Sauf que lui ce sera par l'amour. On pourrait croire à de la guimauve, mais Miller s'en sort et réussi à créer une vraie émotion dans les actes de ce personnage atypique. Miller réussi à instaurer une véritable mythologie à travers le personnage de Joe que ce soit sa "famille" (on se croit revenir au temps de Massacre à la tronçonneuse), ses fidèles, le monde qu'il a instauré et la folie furieuse qui s'empare de lui et des siens. En deux heures, Miller instaure tout cela et pas besoin de dix milles films pour le faire (on pense évidemment au Marvel Cinematic Universe). (fin des spoilers) 

Mad Max (photo 5)

Pour ce qui est des acteurs c'est un véritable régal, la plupart tirant leur épingle du jeu. Tom Hardy est une parfaite succession à Mel Gibson. Avec des touches d'humour plus notables voire quelques tics de Bane qui reviennent de temps en temps (la VO n'en devient que plus amusante!), il est la résurrection de Max à la fois monolithique (volontairement bien évidemment) mais charismatique. Byrne retrouve un véritable méchant à sa hauteur, sachant créer une menace imposante rien que par une voix semblant sortir de Bane et un costume cachant sa mutation absolument dantesque. Theron signe probablement sa meilleure performance depuis longtemps et s'impose comme une véritable femme d'action. Une sorte d'équivalent de Max, bien plus qu'une Tina Turner dans Au delà du dôme du tonnerre. Quant à Hoult il est tout simplement merveilleux et immédiatement sympathique. Quant à la musique de Junkie XL elle s'avère phénoménale, épousant furiosité sonore digne du meilleur Hans Zimmer et des envolées atmosphériques dignes du Maurice Jarre de Lawrence d'Arabie. Une part belle est laissée aux percussions, permettant de donner un rythme trépidant à l'ensemble. Alors que l'on pouvait avoir peur des "brooms" typique des compositeurs actuels venant de chez Remote Control Production, Junkie XL fait la part belle aux violons, donnant un beau ton dramatique à l'ensemble (ce qui est le cas notamment sur Brother in arms) ou de belles émotions (Let them up). Sans compter les riffs de iOTA qui en font un personnage à part entière. Un vrai bijou sonore. 

Mad Max: Fury Road : Photo

George Miller est revenu à Max en montrant qui était le patron, Max est revenu plus furieux et mélancolique que jamais pour un spectacle d'un rare dantesque. Un blockbuster comme on en rêve de voir sur un grand écran. 

24 mai 2015

Sommaire de K à O

K

Kaboom
Karate Kid (1984), The Karate Kid (2010)
Karate Tiger Le Tigre Rouge,  Karate Tiger 2
Ken Le Survivant (1986), Ken Le Survivant, Hokuto No Ken La Légende de Toki,  Hokuto No Ken L'Ere de RahoShin Hokuto No Ken

Ken Park 
Kick Ass Kick Ass 2 Balls to the wall
Kickboxer
Le Kid
Kiki la petite sorcière
Kill Bill
The Killer
Killer CrocodileKiller Crocodile 2
Killer Joe
Killer Shark
Kill For Love
The Killing Of Satan
The Killing Room

Killing Them Softly
Kinatay
King Cobra
Kingdom of heaven
King Kong(1933), King Kong (1976), King Kong 2, King Kong(2005), King Kong contre Godzilla King Kong Revient
The King Of New York


Kiss Kiss Bang Bang
Klaus Barbie Sur les Traces d'Un Criminel
Knick Knack
Komodo
Kramer contre Kramer
Kronos Le Conquérant de L'Univers


Kung-Fu Kid
Kung Fu Panda 2
Kung Pow Enter The Fist
Kuzco l'empereur megalo

L

Le Labyrinthe de Pan
Lacombe Lucien
LA Confidential
Le Lagon Bleu
La haut

Lake Placid Final Chapter
Landru
Les Langoliers
Lara Croft Tomb Raider, Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie
Les Larmes du Soleil
Last Action Hero

Lastikman
The Last man on Earth
The Last Stand
Le Lauréat
Laurel et Hardy en Croisière
Lawless
Lawrence d'Arabie


La leçon de piano
Lectures Diaboliques
Legend
La legende de Beowulf


Léon
Le Libertin
Life of Pi
La ligne rouge
La ligne verte
Lilo et Stitch

Lincoln
La Liste de Schindler
Little Big Man
Little Miss Sunshine


Le livre de la jungle (1942)Le livre de la jungle (Disney)
Le livre d'Eli
Le Locataire


La loi et l'ordre
Les lois de l'attraction
Lolita

The Lone Ranger
Long Time Dead
Long Weekend
Looper
Lord of war
Lost Highway
Louise Michel
Le loup de Wall Street
Le loup garou de LondresLe loup garou de Paris

Lovely Bones
Lucky Luke Daisy Town, Lucky Luke (1991), Lucky Luke


Les Lumières de la Ville
La Luna
Luxo Jr

M

Mac et Moi
La Machine A Explorer Le Temps

The Machine Girl
Maciste contre les Hommes de Pierre 
Madagascar, Madagascar 2


Madame Irma
Mad Max, Mad Max 2, Mad Max au dela du dome du tonnerre
Mad Monkey Kung-Fu
Mad Mutilator
The Magdalene Sisters
Le magicien d'Oz,  
Magic Kid
Magic Mike

Le magnifique
Magnolia
La main au collet
La Main Rouge du Diable
La Maison de Cire

Mais Où Est Donc Passée La 7ème Compagnie, On A Retrouvé La 7ème Compagnie
Mais qui a tue Harry
Mais qui a tué Pamela Rose

La Maison du Docteur Edwardes
Le Maître d'Ecole
Le maitre de guerre
Les Maîtres de L'Univers
Les Maîtres du Temps

La MalédictionLa Malédiction Finale, 666 La Malédiction
La Malédiction des Hommes-Chats
La Malédiction des Whateley
Maléfiques
Malibu High
Mamà

La Maman et la Putain
Maman J'Ai Raté L'Avion, Maman J'Ai Encore Raté L'Avion 
Mamma Mia !
The Man From Earth
The man from nowhere

Maniac (2013)
Maniac Cop
Maniac Trasher
Man on fire
Man on the moon
Manos The Hands Of Fate

The Manson Family


Marathon Man
La Mariée Etait En Noir
La Marque

Marquis de Sade-Justine
Mars Attacks
Mars Un Monde Aquatique

Martyrs

Mary et Max
Mary Poppins
The Mask

Ma sorcière bien aimée
Le masque de Zorro
La Légende de Zorro
Masques

Massacre A La Tronçonneuse (1974), Massacre A La Tronçonneuse 2, Massacre A La Tronçonneuse (2003), Massacre A La Tronçonneuse Le Commencement

The master
Ma Super Ex
Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions
La Mauvaise Education
Mauvaises Fréquentations

Ma Vache et Moi
Ma vie avec Liberace
Ma Vie Est Un Enfer
Max et les Maximonstres

Maximum overdrive
Max Payne


Megan Is Missing
Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Shark Vs Crocosaurus, Mega Python Vs Gatoroid
Megasnake
La Meilleure Façon de Marcher
Mein Kampf

Melancholie Der Engel
Mélodie Cocktail
Mélodie du sud
Memento
La memoire dans la peau, La mort dans la peau, La vengeance dans la peau


Menace 2 Society

Men In Black, Men In Black II, Men In Black 3
Mensonges d'Etat
Menteur menteur
Le Mépris
Merlin l'enchanteur
Mes meilleures amies
Mes meilleurs copains

Le Messie du Mal
Le Météore de la Nuit
Metropolis
Meurtre à Hollywood

Meurtre au Soleil
La meute
Miami Vice
Michel Vaillant
Micmacs a tire larigot
Midnight Express
Midnight Meat Train
Millenium le film

Millennium actress
Miller's Crossing
Million Dollar Baby
Mimic 2
Minority Report


Miracle sur la 8ème rue

Le Miroir A Deux Faces
Les Misérables (1958)
Misery
Miss Daisy et son Chauffeur
Mission Evasion
Mission Impossible, Mission Impossible 2, Mission Impossible 3MI Ghost Protocol

Mission to Mars
Mississippi Burning
The Mist
Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée
Moi moche et mechant

Moi Tintin
La momie, Le retour de la momie, La Momie la tombe de l'empereur dragon
La Momie Aztèque contre le Robot

Mon Beau-Père Et Moi
Le monde de Narnia-Chapitre I le lion la sorcière blanche et l'armoire magique, Le monde de Narnia-Chapitre II Le prince Caspian,
Le monde de Narnia L'odyssée du passeur d'aurore

Le monde de Nemo
Le Monde Perdu (1925)
Les mondes de Ralph


Les Mondes Futurs

Les mondes perdus au cinéma
Mondo CaneMondo Cane 2
Mondwest
Mon Nom Est Tsotsi
The Monolith Monsters
Mon oncle

Monsieur Verdoux
Monsters
Monsterwolf
Le Monstre Vient de la Mer
Les Monstres de L'Espace
Monstres et cieMonstres Academy
La Montagne Sacrée
Mon voisin Totoro
Moon

Moontrap
Moonwalker
Morse, Let me in
Mortal KombatMortal Kombat Destruction Finale
La Mort au Large
La mort aux trousses
La Mort Etait Au Rendez-Vous
La Morte Vivante
Mort Ou Vif
Mort subite

Les Morts-Vivants
Mosquito
The Mother
Mother's Day


La Mouche NoireLe Retour de la Mouche, La Malédiction de la Mouche, La moucheLa Mouche 2
Moulin Rouge
Mr Brooks
Mulan
Mulberry Street

Mulholland Drive
Multiple Maniacs
Munich
The Muppets
Le Mur de l'Atlantique
The Murderer
Murders In The Zoo

Murder Loves Killers Too
Music Box
My Soul To Take
Le Mystère Andromède
Le Mystère de Vénus
Mystic River

N

Naissance d'une nation
Nathalie Dans L'Enfer Nazi
The Necro Files
Ne le dis à personne

Né Un 4 Juillet
Never Foget
Neverland
Never Let Me go
Never Say Never
New York 1997Los Angeles 2013
New York ne répond plus


Night and day


Night of the Demons
Niki Larson
Nikita
Nine
Nine Dead


Ninja Assassin
Le Ninja Blanc
No Country for old men
Les noces funebres
Les noces rebelles
Notorious Big

Notre ami le rat
N'Oublie Pas Ton Père Au Vestiaire
Nous Sommes La Nuit
Le Nouveau Jean-Claude
Le nouveau monde
Les Nouveaux Barbares
Nouvelle Cuisine
La nouvelle voiture de Bob
Nude Nuns With Big Guns
La Nuit de la Mort
La nuit des morts vivants, Zombie, Le jour des morts vivants, Land of the dead, Diary of the dead
La Nuit des Traquées

La Nuit des Vers Géants
La Nuit du Chasseur
Nuit et brouillard
La nuit nous appartient
Les Nuits Avec Mon Ennemi
Numero 9

O

Oblivion
Obsession
Ocean's eleven
Octaman
L'Oeil de Vichy

L'oeil du mal
Les oiseaux
Old boy
Oliver et compagnie
Omar M'A Tuer
On a volé la cuisse de Jupiter

Once Vatan
On L'Appelle Catastrophe
Only God Forgives
Open Range
Open Water En Eaux Profondes, Dérive Mortelle

Opération espadon
Orange mécanique

Orcs
L'ordre et la morale


L'Orphelinat
Oscar (film)
OSS 117 Le Caire nid d'espion, OSS 117 Rio ne répond plus


The Other Guys
Outland Loin de la Terre
Out of Africa

Out of the furnace
Outrage (2010)
Outreau-L'Autre Vérité
Ouvert 247

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Sommaire de A à C

A

A Bout de Souffle
A bout portant
A la Recherche du Bonheur
A L'Est D'Eden
A L'Intérieur

A Louer


A Propos d'Henry
A Serbian Film
A toute epreuve
Abandonnée
L'Abime des Morts Vivants
Abominable
Abyss
Les Accusés
Ace Ventura detective chiens et chats, Ace Ventura en Afrique
Across the Universe


Adieu Poulet
L'Adversaire


L'Affaire Dominici
Affamés
Les affranchis

After.Life


L'agence tous risques
A.I.
Aigle de Fer
L'Aile Ou La Cuisse

Ainsi Va La Vie Hommage A Annie Girardot
Air Force One

Akira
Aladdin, Le retour de Jafar, Aladdin et le roi des voleurs
Alarme Fatale
Albator le film
Ali

Ali Baba et les 40 Voleurs
Alice au pays des merveilles(Disney), Alice au pays des merveilles(Burton)
Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrectionPrometheus
Alien 2 Le Monstre Attaque
Alien Abduction Night Skies
Alienator

Alien Cargo
Alien Invaders
Alien VS Alien
Alien Versus Ninja
Alien VS Predator, Alien VS Predator Requiem
All the boys love Mandy Lane
Allumeuses !

Always
Amadeus
L'amant
Amen
Amer
Amer Béton
L'américain
The American
American Beauty
American Gangster
American History X


American Ninja 
American PieAmerican Pie 2American Pie 3
American Psycho, American Psycho 2


American Trip

 
Amistad
Amityville La Maison du DiableAmityville 2 Le Possédé, Amityville (2005)
L'Amour Extra Large
L'Amour Violé
Anaconda Le Prédateur
Anastasia


Les Anges Gardiens
Animal kingdom
Anna M.
Anonymous


Antarctic Journal
Antichrist
Apocalypse 2024
Apocalypse now(redux)

Apocalypto
Apollo 13
Appelez-Moi Dave
Apportez-Moi La Tête D'Alfredo Garcia
L'apprentie sorciere
Arac Attack
Argo
Les aristochats
Armageddon


L'arme fatale, L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, L'arme fatale 4
L'armee des 12 singes
L'armee des morts
L'Armée des Ombres
L'arnacoeur
Arrete moi si tu peux
Arrête Ou Ma Mère Va Tirer !
The Arrival

Arthur et les minimoys
The Artist
L'As des As
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Les associés
Astérix Le GauloisAsterix et Cleopatre, Les 12 travaux d'Asterix,  Astérix et le Coup du Menhir, Astérix et les Vikings, Astérix et Obélix contre César, Astérix et Obélix: Mission Cléopatre, Asterix aux jeux olympiquesAstérix et Obélix: Au service de sa majesté
Atlantide l'empire perdu
Atome La Clé du Cosmos
Atome Le Clash des Titans
Atome L'Illusion de la Réalité
Atomic College
Attack From Space
Attack of the Puppet People


L'attaque de la Moussaka Géante
L'Attaque des Sangsues Géantes
Au-Delà du Réel
L'auberge espagnole, Les poupees russesCasse tête chinois
L'Auberge Rouge (2007)

L'aube rouge, L'aube rouge (2009)
Au Coeur de la Voie Lactée
August Underground, August Underground Mordum, August Underground Penance
Au Nom de Tous les Miens
Au nom du père
Au Revoir Les Enfants

Auschwitz Premiers Témoignages
Austin PowersL'espion qui m'a tirée, Goldmember
Autant en emporte le vent
Les Autres
Aux Portes de l'Enfer
Avalon

L'Avare
Avatar
Avengers
L'Aventure C'Est L'Aventure
L'aventure intérieure

Les aventures de Bernard et Bianca, Bernard et Bianca au pays des kangourous
Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin
Les Aventures de Pinocchio
Les Aventures de Rabbi Jacob
Les aventures de Tintin-Le secret de la Licorne, 
Les aventures du Baron de Munchausen
Les Aventures D'Un Homme Invisible

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec
Les aventuriers de l'arche perdue, Indiana Jones et le temple maudit, Indiana Jones et la derniere croisade, Indiana Jones et le royaume du crane de cristal
Les Aventuriers du Système Solaire
L'Aveu
L'Avion de L'Apocalypse
Azur et Asmar

B

Babel
Babe le cochon devenu berger, Babe un cochon dans la ville
Lady Blood
Babylon AD
Baby Sitting Jack Jack

Bad BoysBad Boys 2
Bad Guys
Badi
Bad Lieutenant, Bad Lieutenant Escale à la Nouvelle-Orléans


Bad Taste
Bad Teacher
Le baiser mortel du dragon

Bait
Balada Triste De Trompeta
Bambi
Bangkok Adrenaline

Bangkok Haunted
Banglar King Kong
Bang Rajan 2
Banlieue 13 Les banlieusards
Barbie La Magie de la Mode
Barb Wire


Barry Lyndon

Basic Instinct, Basic Instinct 2
Basil detective prive
Basket Case
La Bataille d'Angleterre

La Bataille de Stalingrad
Batman, Batman le defi, Batman Forever, Batman et Robin, Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises, Batman contre le fantôme masqué, Subzero, Superman Batman Apocalypse, Batman Under The Red Hood
Bats 2 La Nuit des Chauves-Souris
Battle Los Angeles
Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem
Battleship


Le Bazaar de L'Epouvante
Bear
Le Beau-Père
Les beaux gosses


Bedevilled


Beetlejuice
Begotten
Beignets de Tomates Vertes

La Belle Américaine
La belle au bois dormant
La Belle et la Bête (1946)La belle et la bete (1991),  
La belle et le clochard


Ben-Hur
Beowulf
Bernie (film)


La Bête de la Caverne Hantée
La Bête Humaine
Les Bidasses S'En Vont En Guerre, Le Retour des Bidasses en Folie
Bienvenue à Gattaca
Bienvenue à Zombieland
Bienvenue Chez Les Ch'tis
Big
Big Boss


Big Fish


Big Mamma 3
Birdy
Bitch Slap
Bitten
Black Book
Black Christmas (1974)
Black Death


Black Past
Black Rain
Black Swan
Black Water
Blade (1997)Blade 2Blade Trinity
Blade Runner
Blair Witch 2 Le Livre des Ombres
Blanche Neige et les 7 nains Blanche Neige le plus horrible des contesMirror mirror Blanche Neige et le chasseur
Blindness
Le Blob Danger Planétaire, Le Blob
Blood Creek
Blood Feast
Blood Freak
Bloodsport 2, Bloodsport 3 Bloodsport 4 The Dark Kumite
Blow out
Blue Holocaust
Blue Jasmine
Les Blues Brothers
Blue Valentine
Blue Velvet

Bodyguard
Boire et déboires
Le Bonheur Est Dans Le Pré
Le Bon La Brute et le Cinglé
Boogie Nights
Borat (le film, pas moi)

Borderland
Le Bossu de Notre Dame
Boudu
Bouge !


Le boulet
Bound
The Box


Braindead
The Brain Eaters
Le Bras de la Vengeance

Brave
Braveheart
Brazil
Brazilian Star Wars
Breakfast Club
Bronson
Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Les Bronzés 3
Brothers
Bruce Lee et ses Mains d'Acier


Bruce Lee L'Homme et sa Légende
Bruce Tout-puissant, Evan Tout-Puissant
Bruce Lee Vs Gay Power
Bruiser
BTK
Bubbles Galore
Le bûcher des vanités
Buried
Burn-e
The Butcher (2007)

C

C'est Arrivé Près de Chez Vous
La cabane dans les bois
Le Cabinet du Docteur Caligari


Ca-Il Est Revenu
Caligula
Calme Blanc

 
Camille redouble
The campaign
Camping


Le canardeur
Cannibal Ferox
Cannibal HolocaustCannibal Holocaust 2
Le Capitaine Cosmos
Capone
Captain America (1979), Captain America (1990), Captain America First Avenger Capitaine Fracasse


Captifs
Captivity
Cargo
Carnage
Carnage(2011)
Les Carnets Secrets de Nuremberg
Carnival of Souls

Carnosaur, Carnosaur 2, Carnosaur 3
Carrie au Bal du Diable
Cars, Cars 2
Casablanca
Casino
Casper

Catwoman
Le Caveau de la Terreur
Caved In
Le Cave Se Rebiffe
Cendrillon
Le Cercle Des Poètes Disparus
Le cercle-The RingLe cercle-The Ring 2

Certains l'aiment chaud
Le Cerveau
Le Cerveau de la Planète Arous
Le Cerveau Qui Ne Voulait Pas Mourir
Ces Garçons Qui Venaient du Brésil
La chair et le sang
The Challenge

Chambre 1408
La Chambre des Morts
Chantons Sous La Pluie


Charlie et la chocolaterie
Charlie mon héros
Les Charlots contre Dracula
Les Charlots en Folie A Nous Quatre Cardinal !
Les Charlots Font L'Espagne
The Chaser
Le château ambulant
Le chateau dans le ciel
Le chateau de Cagliostro

Le Château de la Terreur
Chatroom
Chérie j'ai rétréci les gosses, Chérie J'Ai Agrandi Le BébéChérie nous avons été rétrécis
Cherry 2000
Cheval de guerre
La Chèvre
Chicken Little
Chicken Run
Chien de flic
Le Chien des Baskerville
Les Chiens de Paille
Le Chinois, Le Chinois Se Déchaîne


Chloé

Le choc des titans(1981), Le choc des titans(2010)La colère des titans
Chopper
Les Choristes

La Chose à Deux Têtes
La Chose D'Un Autre Monde
Christine
Christmas Evil
Chromosome 3
Chronicle
C.H.U.D.
La chute de Berlin
La chute du faucon noir

Le cirque
La cite de la peur


Citizen Kane

Le Clandestin
Class 1984


Les clefs de bagnole
Le Clitoris ce cher inconnu
Clones

Cloud Atlas
Cloverfield
Les Clowns Tueurs Venus D'Ailleurs

Le Cobaye, Le Cobaye 2
Cobra le film

Cocktail

Coco
Cold Prey 2
, Cold Prey 3
Collateral
The Collector, The Collection

La Colline A Des Yeux, La Colline A Des Yeux 2
Colombiana

Le Colosse de Rhodes
The Colossus of New York
Coluche L'histoire d'un mec

Combats de Maître
Commando

Comment se faire virer de l'hosto
Les Compères
La Comtesse
Conan le barbare, Conan Le Destructeur, Kalidor La Légende du Tasliman, Conan (2011)
Confession d'une accro du shopping
The conjuring
La Conquête
Contagion


Les Contes de Terremer
Les Contes de la Nuit
Le Continent des Hommes-Poissons

Le Continent Oublié
Control

Le convoyeur
Copland

Coquin de printemps

Coraline

Le Corbeau
La corde

Le Corniaud

Cosmopolis
La couleur pourpre
The counselor
Coup de tete

Coup de Torchon
Coups Pour Coups

La Course A la Mort de l'An 2000
La course au jouet 
Cours Privé
Cowboys and Aliens
Cowboy Bebop le film
Le Crabe Tambour

Cradle Of Fear
Le crapaud et le maître d'école
Crash
The Crawling Eye

C.R.A.Z.Y
Crazy Heart
Crazy Kung-Fu
Crazy stupid love
Creance de sang
La Création
Créatures célestes
Creepozoids
Creepshow


Le Cri du Hibou
Le crime etait presque parfait
La Crise
Critters, Critters 2, Critters 3, Critters 4
Crocodile 2
Crocodile Dundee,  
The CrowThe Crow 3 Salvation
Cruising

Crying Freeman
Cube Zero
La Cuisine Au Beurre
Cujo
Cyborg
Cyborg Conquest
Cyclone (1978)
Cyrano de Bergerac

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Sommaire des séries, livres et jeux

Série TV

La quatrième dimension saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

American Horror Story saison 1

AngelAngel saison 1 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Batman:  Batman Naissance D'Une Légende (la cave de Borat),  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Boardwalk Empire:  Boardwalk empire saison 1Boardwalk empire saison 2 Boardwalk empire saison 3

 (intégrale)

Buffy contre les vampires: Buffy contre les vampires saison 1Buffy contre les vampires saison 2, Buffy contre les vampires saison 3,  Buffy contre les vampires saison 4, Buffy contre les vampires saison 5Buffy contre les vampires saison 6Buffy contre les vampires saison 7

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Code Quantum

 (la cave de Borat) 

 (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Cowboy Bebop

 (la cave de Borat) 

Dead Set

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les Envahisseurs

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Fringe: Fringe saison 1, Fringe saison 2, Fringe saison 3, Fringe saison 4 Fringe saison 5

 (la cave de Borat)

Game of thrones saison 1

La gifle

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Hannibal (série)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

,  (la cave de Borat)

Heroes saison 1

 (la cave de Borat)

House of cards: 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Métal Hurlant Chronicles

Mildred Pierce

 (la cave de Borat) 

Le Muppet Show

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

The Pacific

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Parade's end

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les piliers de la terre

Pokemon

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

Rambo Le Dessin Animé (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Robocop la série (pilote)

Rome (l'intégrale)

Sarah Connor's Chronicles (saison 1)

 (la cave de Borat)

Les Simpson: Les Simpson saison 1, Les Simpson saison 2, Les Simpson saison 3, Les Simpson saison 4,  Homer Like A Rolling Stone

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

Sons of anarchy:  Sons of anarchy saison 1Sons of anarchy saison 2 Sons of anarchy saison 3

 (la cave de Borat)

South Park:  Cartman a une sonde anale, Volcano (South Park), South Park Is Gay

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Star Wars Clone Wars

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Top of the lake

 (la cave de Borat)

Twin Peaks (série)

 (la cave de Borat)

Under the dome

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

The Walking Dead: The Walking Dead pilote, The Walking Dead saison 1

 (la cave de Borat)

Livres 

Batman Year one

Le bleu est une couleur chaude

The Crow (livre)

The Dark Knight Returns

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Dragon Ball (manga)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

GTO

Happy Rock

L'homme sans peur

Je suis une légende (roman)

The Killing Joke

 (la cave de Borat)

Moins que zéro

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Tintin: Tintin au pays des sovietsTintin au CongoTintin en Amerique, Les cigares du PharaonLe lotus bleu

 (la cave de Borat)

Le transperceneige (BD)

Ultimates: Ultimatum

Un long halloween

Wanted

Wolverine Origins

 (la cave de Borat)

20th Century Boys

Jeux-vidéo

007: Quitte ou double, Blood Stone 

Call of Duty: Call of Duty Modern Warfare 2 Call of Duty Black OpsCall of Duty Black Ops 2 

Dead Island

Dead Space

Donald Qui est PK

Duke Nukem Forever

Gears of war, Gears of war 2, Gears of war 3

GTA: GTA San AndreasGTA IVGTA Episodes from Liberty City, GTA V

Halo 4

Hitman Blood Money,  Hitman Absolution

Luigi's mansion 2

Magical Mirror starring Mickey Mouse

Mario Kart: Mario Kart Double Dash,

Max Payne 3

New Super Mario Bros

Rayman Origins

Red Dead Redemption

SOS Fantomes le jeu

Taxi 3 le jeu

Titeuf le jeu Titeuf Mega Compet

Tomb Raider (2013)

Uncharted 2

Yoshi's island

Dossiers cinéma et hommages

Marvel Cinematic Universe:

Hayao Miyazaki:

Dune: L'épice au commencement

La terreur surgit du désert (bonus du film Tarantula !)

La volupté du Shaw Bis (bonus du film Super Inframan)

Walt Disney: 

Robocop: la quête identitaire

Steven Spielberg:

L'Enfer: L'enfer et rien d'autre

Coup de gueule sur le cinéma américain et français:

Hommage à Jean Giraud: Blueberry est orphelin

Hommage à Marc Alfos: Russell Crowe laissé sans voix

Hommage à Tony Scott: The man on fire was died

Hommage à Michael Clarke Duncan: Vous ne le confondrez plus avec le café

Hommage à Francis Lax: Han Solo reste sans voix

Hommage à Ray Harryhausen, le génie des effets spéciaux

Hommage à James Gandolfini: Un Soprano a perdu sa voix

Hommage à Richard Matheson: La légende de Richard Matheson

Hommage à Georges Lautner: Un tonton s'est fait flinguer...

Hommage à Paul Walker: Parti trop vite...

Hommage à Edouard Molinaro: Une folle s'en est allée

Hommage à Peter O'Toole: Lawrence part vers des contrées lointaines dépassant les mille et une nuits...

Hommage à Phillip Seymour Hoffman: Le Comte a atteint son compte à rebours

Hommage à Harold Ramis: Les SOS Fantômes perd un de ses membres phares

Hommage à Alain Resnais: Le plus BDphile des cinéastes s'en est allé

Hommage à Micheline Dax: Kermit a perdu sa Miss Peggy

Hommage à Bob Hoskins: Eddie Valiant s'en est allé voir les toons

Hommage à HR Giger: Un xénomorphe en moins

Hommage à Anthony Goldschmidt:  Afficheur pour toujours

Hommage à Eli Wallach: Le plus grand des truands

Cannon (hommage à Menahem Golan): Le bis en manque de Cannon

Hommage à Robin Williams: O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

Hommage à Joe Cocker: Cuvée so beautiful to me

Hommage à John Hughes: Cuvée Hughes together, Hughes forever

Hommage à Mike Newell: Cuvée lauréate

23 mai 2015

Cuvée rayonnante et verte

Comme vous le savez, la Cave de Borat s'intéresse à divers événements où se rend son initiateur le casse-pied Borat. Lors du week-end des 9 et 10 mai derniers, il s'est rendu dans le village en face du sien (une route, deux villages qui se séparent, la vie quoi). Des lieux qu'il connaît vu que c'est là qu'il était en centre-aéré durant de très longues années. Mais pour quoi? Tout simplement la quatrième édition du Rayon Vert, convention de bandes-dessinées avec conférences, stands d'achats et dédicaces. Je n'avais pu y aller les années précédentes et notamment par le manque de communication. Mais cette fois-ci, le Borat y a été et il a des choses à vous dire. Même pas entré que vous êtes accueillis par des planches plantées dans la végétation. 

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La mise en bouche à base de planches et de bulles étant revigorantes, lançons-nous dans le vif du sujet avec les stands extérieurs. Des stands remplis à foison de BD à acheter, certaines à des prix attractifs (car d'occasion et ça c'est beau!). C'est ainsi que je suis tombé sur un numéro cocasse où le Punisher fait équipe avec Wolverine pour 4 euros. Puis je suis allé à une conférence sympathique au détriment d'être instructive sur l'évolution des super-héros au fil du temps. Quand on en sait un petit peu sur le sujet, on s'attend à tous les passages. Comme que les super-héros viennent de la mythologie puis du pulp, que Captain America est un produit de propagande, que les super-héros ne se vendaient plus trop après la guerre, que le regain d'intérêt est venu avec Marvel, que les 70's et 80's furent très sombres et politisées ou que les moeurs changent aussi dans les comics (que ce soit la religion ou le mariage gay). On pouvait observer aussi quelques BD d'élèves du lycée St Exupéry avec des personnages historiques. Sans compter quelques Strange et autres en expositions (les enfants des 80's comprendront de quoi je parle), donnant lieu à un parfait souffle de nostalgie. Moi-même j'en ai encore quelques uns dans ma très chère Cave (mais ne le dites pas sur tous les toits!).

 

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Puis vint le moment évident de... faire la queue. Ou plutôt la file car je vous sens coquins aujourd'hui mes lecteurs. Vous aimez les
ampoules? Check! Vous aimez les gens qui viennent en groupe? No check! Car c'est bien le plus malheureux, certains voyant qu'il y a accès libre se croient tout permis. Je n'ai par exemple pas pu avoir de dédicace de la part de Stéphane Roux car des gens du même groupe accaparaient tout le stand, empêchant des gens seuls comme moi de profiter pleinement de la convention. Deux cas évidents: un mec se met dans une file, un ami le rejoint et je me retrouve derrière avec leurs gosses juste derrière moi. Tout ça pour avoir des dédicaces en plus. Le second est encore plus beau. Le bonhomme fait la même file que moi la veille pendant que sa femme est dans la file de Roux. On est d'accord que le mec est sûr d'avoir sa dédicace? Que nenni le lendemain il fait la queue chez Roux alors que sa femme a déjà une dédicace. Mec paye un peu ton respect. C'est donc à cause de visiteurs aussi véreux et égoïstes que j'ai fait deux heures de queue pour rien. Face à l'abondance de gens, le dessinateur ne peut faire autrement que de prendre des noms de personnes bien placées devant et en sachant qu'il est comme tout le monde: au bout d'un moment il en a marre. Le pire étant bien évidemment que ces gens ne sont même pas des jeunes mais des personnes ayant passé les 40-50 ans. Et après on dit qu'une certaine jeunesse est mal élevée...

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Ce qui ne m'a heureusement pas empêché d'avoir quelques dédicaces par ci, par là. Que ce soit Julien Telo, dessinateur sur la série Elric; Stéphane Perger, dessinateur de la BD Complot mais également sur Avengers origins (où il s'est occupé de l'opus sur Vision); du réalisateur Laurent Witz, auteur de Mr Hublot Oscar du meilleur court-métrage animé en 2014; Jean Depelley, journaliste au défunt Metaluna; et Xavier Fournier, journaliste à Comic Box et auteur du livre Super-héros: Une histoire française (acheté il y a quelques mois et franchement intéressant dans son recensement). L'occasion parfois de taper un peu la discut. Fournier m'a évoqué la périlleuse histoire de Comic Box, partant d'une fanzine de trois ans avant un arrêt prématuré. Puis suite à l'impulsion d'un hors-série de Mad Movies nommé ainsi, le magazine a été relancé. Un hors-série qui m'avait définitivement lancé dans l'aventure des comics et de lire mes premières pages d'Hellblaizer. Je me souviens d'avoir quelques opus de ce magazine, notamment un où l'on voyait le Joker en tenue de boucher face à Batou. Une longue discussion avec Laurent Witz évoquant notamment la technique due à différents logiciels comme du travail d'animation. L'occasion de râler aussi du laxisme des Césars qui vraisemblablement l'ont oublié par deux fois (2014 donc quand il a eu l'Oscar et 2015) et d'évoquer quelques nouveaux projets, notamment un court-métrage de genre qui devrait arriver d'ici la fin de l'année.

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Quant à Depelley ce fut l'occasion de parler de Metaluna. Quelques peu amer, le journaliste qui a participé aux deux époques du magazine (la sienne puis celle avec Jean Pierre Putters) est notamment revenu sur le magazine. Notamment son aspect foutraque. Une diversité certes mais qui aller parfois un peu trop dans tous les sens. Mélanger la scène musicale hard-rock/métal avec le cinéma n'étant parfois pas souvent à l'avantage du magazine. Mais il y avait une certaine sympathie qui faisait qu'on l'achète à chaque fois. Surtout quand on voit que depuis le départ de Putters et Rurik Sallé et notamment depuis la nouvelle formule, Mad Movies peine sérieusement à convaincre. Depelley revint également sur la fin du magazine, notamment via un volet financé en crowfunding sur le porno qui ne l'a non seulement pas convaincu, mais fut synonyme de point de non-retour. Faire un numéro uniquement consacré à cela ne l'a pas forcément convaincu. Deux bons petits jours à passer dans cette convention, d'autant qu'il a fait un agréable de beau temps. De quoi lire un peu en sirotant des cocktails dans le jardin. Si ce n'est pas beau. Allez à la semaine prochaine!

 

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22 mai 2015

La jungle folle

Quatre hommes doivent convoyer des camions remplis d'explosifs en pleine jungle...

Voilà le cas typique de film dont les coulisses pourraient faire un film entier. A l'image d'Apocalypse now de Francis Ford Coppola à la même époque, Le convoi de la peur ou Sorcerer de William Friedkin fait partie de ces films au tournage chaotique et qui sont finalement des chefs d'oeuvres indéniables, même s'il faut bien avouer que la reconnaissance du Friedkin fut très tardive. Friedkin n'est plus n'importe qui en 1977: il est le réalisateur de deux immenses succès que sont French Connection et L'exorciste. Mais il est aussi connu comme quelqu'un de très difficile sur les tournages. Steve McQueen est pressenti par le réalisateur, mais ce dernier n'acceptera pas les différentes revendications de l'acteur: engager Ali MacGraw et tourner aux USA plutôt qu'en Amérique latine. Une décision que regretta plus ou moins le réalisateur. Viennent aussi Marcello Mastroianni, Lino Ventura et Amidou. Ventura laissera vite tomber, Mastroianni préféra rester avec sa fille suite à son divorce avec Catherine Deneuve mais Amidou reste. Roy Scheider et Bruno Cremer complètent le tableau. Puis vint le tournage. D'abord le braquage de l'église trop sombre et un chef opérateur viré. Tournant en décors naturels, Friedkin se heurte à la météo et aux maladies tropicales inévitables. D'où des retards et un tournage qui dure au moins une bonne année. La scène du pont aujourd'hui mythique est aussi une catastrophe de tournage.

Le Convoi de la peur : Photo

Aménagé sur une rivière de République Dominicaine, cette dernière est asséchée alors que le pont était totalement construit. L'équipe part alors pour le Mexique où les retards s'accumulent pour réaménagé le pont déjà contruit. Problème d'asséchement à nouveau et 3 millions de dollars dépensés. Des autochtones partent en apprenant qu'il s'agit d'un film du réalisateur de L'exorciste et pas rassuré par le titre du film Sorcerer; des cascadeurs sont retrouvés avec de la drogue et contraints de quitter le pays (*). Alors que les choses s'améliorent durant la phase de montage, le couperet tombe: la critique le dézingue et le public privilégia un film bien plus modeste, un certain Star Wars de George Lucas. Le réalisateur sera plus ou moins grillé à Hollywood, ne retrouvant jamais un budget digne de son statut et ce malgré des réussites notables (on pense à Cruising et To live and die in LA dans les 80's ou à Bug et Killer Joe dans les 2000's). Quant au film, il est d'une telle rareté (introuvable par chez nous malgré une annonce de BR de La Rabbia)  qu'une diffusion il y a quelques temps apparu comme un événement cinéphile à part entière. Le convoi de la peur est un miracle dans le monde du remake.

Le Convoi de la peur : Photo

Il a beau reprendre des scènes complètes de l'original (le pont, le barage à la dynamite, la mort au loin) comme certains personnages (le français, le personnage trouble), Friedkin réalise un remake qui peut largement s'imposer face à son original ou tout du moins en être un équivalent. Une rareté qui relève aussi d'une volonté du réalisateur de réinventer l'oeuvre qu'il adapte tout comme son adaptation par Clouzot, qui reste une des plus grandes Palmes d'or, une des plus célèbres aussi. A l'image de Marty sur The departed où il reprenait certes toutes les étapes d'Infernal affairs, mais en changeant totalement de milieu (triades contre mafia de South-Boston). Pareil pour The thing de Big John et La mouche de Crocro qui ont su imposer des films autrefois montrés comme des séries B en faisant des remakes absolument terrifiants et métaphores de leur temps (les années SIDA en l'occurrence). Friedkin s'approprie l'oeuvre de fond en comble, en change le début, modifie le décor et impose sa patte si précise et minutieuse. Le début présente tous les personnages (sauf le trouble qui viendra par la suite): Amidou et la résistance; Scheider et le braquage raté (séquence semblant sortir d'un film de gangsters pur et dur et shooté avec une précision incroyable) et Cremer subissant la faillite de son entreprise. Chacun apparaît comme un repris de justice en pleine jungle, Francisco Rabal apparaissant comme un assassin n'ayant pas peur de sortir le flingue.

Ce sont tous des anti-héros, ancien prisonnier, brigand ou lâche se retrouvant au même endroit comme pour un point de non-retour. Le moment de la dernière chance et quelle dernière chance: convoyer des explosifs! La mort derrière soi en quelques sortes. Comme Clouzot avant lui, Friedkin réussi à donner un réel suspense à ses séquences, accumulant les épreuves à ses personnages (comme à lui-même en quelques sortes si l'on se fit au tournage). La flotte impayable, le barage improvisé sauté à la dynamite qui pose à débattre (si possible avec une arme de poing) et surtout la scène du pont qui plus est filmée deux fois car deux camions. La tension est palpable, les plans impressionnants, le danger immense, le spectateur ressent tout et a soudain autant les frissons que les protagonistes. Deux scènes absolument impressionnantes dans leur tension et leur mise en scène. Friedkin se permet également un côté mystique bien agrémenté par la musique hypnotique du groupe Tangerine Dream (dont un des membres nous a quitté il y a quelques temps) sur la fin avec un Roy Scheider allant dans la pure folie (les images s'entrecroisent pour notre plus grand plaisir). Friedkin peut compter sur un casting imparable, semblant aussi épuisé que leurs personnages à l'écran.

William Friedkin signe un film puissant et éprouvant, réinvention géniale du Salaire de la peur

* Sources issues de: http://www.programme-tv.net/news/cinem a/61718-convoi-de-la-peur-chef-oeuvre-maudit-friedkin-arte/

21 mai 2015

Supernaze et le mot est faible

Rarement des articles sur des séries à venir sont écrits dans ces colonnes, déjà parce que bon votre interlocuteur préfère s'attarder dessus quand je les vois plutôt qu'en parler pour les voir un an après. Mais curieusement là, l'envie prend votre cher Borat. Pas qu'il soit farouchement obsédé par les images qu'il a vu ou plutôt si. En ce beau mercredi 13 mai, par une nuit plutôt calme (bon on a quand même croisé des mecs sérieusement torchés dans les rues de Metz en sortant de la soirée Mad Max), un ami et moi tombons sur la bande-annonce de Supergirl, la nouvelle série de CBS avec évidemment la cousine de Superman comme héroïne. Quand une bande-annonce de série télé fait plus de six minutes c'est en général qu'il y a un hic, surtout quand il s'agit des vraies premières images du projet. Et surtout c'est souvent une source de trop de spoilers sur une série qui fera quand même dans les vingt épisodes si tout est commandé (en général quand les premières audiences sont désastreuses, la chaîne préfère laisser tomber très rapidement). Dire que votre cher Borat ne s'attendait pas à ça relève de l'euphémisme, mais pour cela il faut revenir au tout début. L'idée d'adapter Supergirl n'est pas nouveau et il faut revenir aux années 80. A une époque où les producteurs des Superman ne savaient déjà plus trop quoi faire de la franchise (le troisième avait déjà montré le bout de son nez) et décidaient de lancer un film Supergirl

Supergirl dans sa version la plus récente en comics.

Après tout pourquoi pas? Le personnage est connu de tous même si évidemment moins populaire que son cousin. Le problème étant comme l'atteste les deux premiers opus (et encore plus ses deux rejetons suivants où le pognon semblait manquer plus que de raison) est que les effets-spéciaux sont encore très limités. Certains y verront une forme de charme, votre cher Borat y trouvera plutôt un kitsch très problématique. Le film se dote quand même de deux gros acteurs en tant que seconds-rôles: la méchante est incarnée par Faye Dunaway et le mentor de Kara par Peter O'Toole. On parle alors d'une apparition de Christopher Reeves, ce qui est somme toute logique, mais il refuse. Petit pépin, un. Richard Lester, réalisateur partiel du second opus et totalement du troisième, refuse. Pépin deux. Robert Wise aussi. Pépin trois. Puis vint ce bon vieux Jeannot Szwarc, réalisateur français responsable de Jaws 2 mais surtout d'Hercule et Sherlock! Encore bien implanté dans le milieu hollywoodien, le réalisateur s'impose sur une nouvelle grosse production. Pépin quatre. Il en résulte un film hué par la critique et le public (et pourtant ce n'est pas non plus un personnage vraiment iconique, même s'il est célèbre), le naufrage de la carrière de la jeune Helen Slater, Jeannot est revenu un peu en France (pour le pire) avant de tourner quelques épisodes de séries et un flop monumental aussi violent que celui de Superman 4 avec la Cannon aux commandes.

Le personnage reviendra dans la série Smallville (où Szwarc a officié, ce qui est génial au regard de la situation), mais n'avait
vraisemblablement pas convaincu grand chose, pas même les scénaristes. Au lieu de refaire la connerie du film, la Warner est reparti sur une série (ce qui n'est en soi pas non plus une bonne nouvelle). Alors que The CW s'amuse bien avec Arrow, Flash et bientôt Legends of tomorrow (avec Brandon Routh en Atom et Wentworth Miller en Captain Cold), Fox et NBC ont eu quelques difficultés: Gotham ne semble pas convaincre grand monde (Bruce Wayne qui dragouille Selina Kyle alors que les deux sont des marmots, changements systématique de genres, le Pingouin qui ressemble à rien et vraisemblablement un gamin jouant le Joker juste pris pour son sourire jusqu'aux oreilles) et Constantine malgré des critiques plutôt favorables se voit annulée malgré peu d'épisodes commandés pour la saison 1 (on parle peut être d'un rachat par une autre chaîne). Entre désormais dans l'équation CBS avec Supergirl. Si jusqu'à maintenant on n'attendait absolument rien de cette nouvelle série (costume habituel avec jupe et cape, Melissa Benoist vue en copine de batteur dans Whiplash et surtout en boulimique dépressive dans Glee; pas de quoi s'emballer), la bande-annonce de six minutes (en sachant qu'une version de trois a été diffusé depuis, mais le mal est fait) est une véritable horreur, voire un monumental foutage de gueule. Que vous ne soyez déjà pas convaincu du projet est une chose, voir que les premières images sont aussi honteuses avec autant de pognon derrière en est une autre.

Photo Melissa Benoist

En six minutes, CBS a réussi à enlever tout espoir dans le show, voire mieux à annoncer une sévère couleur marron. Les scénaristes semblent s'être totalement égarés et même si le personnage n'est pas non plus génial, il ne méritait pas un traitement aussi immonde. Le début est pourtant correct et raccord aux comics: Kara est adolescente quand elle quitte Krypton et arrive sur Terre. Problème: c'est tout le reste qui ne va pas. Superman ne connaît pas Kara avant de la croiser involontairement. Or, ici c'est lui qui l'amène chez des parents adoptifs qui semblent évidemment sortir du Kansas (comme son cousin) et qui ne sont autre que Helen Slater et Dean Cain (faut payer ses impôts, bon avec Dean ce n'est plus nouveau depuis... ben le début de sa carrière!). Bon là encore ils veulent faire un rapprochement avec Superman, pourquoi pas et encore ce n'est pas très gênant (en tous cas ce n'est pas le pire). Et là les mecs, ils n'en ont plus rien à foutre. Ne semblant pas avoir d'intrigues sous le coude, les scénaristes ont décidé de faire un remake du Diable s'habille en prada (non vous ne rêvez pas). Pire, il est ahurissant de voir les ressemblances entre le sketch du Saturday Night Live sur Black Widow et cette bande-annonce. Dans ce sketch, on voyait une bande-annonce du spin off sur Black Widow avec Scarlett Johansson (invitée de la semaine), tourné comme une romcom où elle était employée dans
un magazine de mode (avec Kate McKinnon en patronne) et finissait par tomber amoureuse de Ultron avant de lui péter la rondelle.

Une véritable parodie en puissance qui dézinguait Marvel et sa misogynie à peine voilée (rappelons que Black Widow est totalement invisible des produits dérivés et notamment les jouets, alors que c'est une héroïne installée depuis cinq ans; et après c'est  Joss Whedon le misogyne...). Il est donc assez comique qu'un sketch diffusé le 2 mai finisse par devenir réalité environ deux semaines plus tard. Le problème étant que le premier est satirique et on ne peut pas en dire autant de l'autre. Donc voilà Kara faire la secrétaire mignonne dans un magazine de médias ou mode dirigé d'une main de maître par Calista Flockhart. Puis sa soeur adoptive manque de mourir dans un accident avant que Kara ne débarque (en reprenant plus ou moins une scène de Spider-man 2 mais passons) et sauve tout le monde. Donc elle montre définitivement ses pouvoirs à sa soeur, puis à un mec qui bosse avec elle pour qu'il lui fasse un costume! Il y a même Jimmy Olsen qui débarque de temps en temps et notamment pour lui filer une cape d'un mec connaissant Superman. Donc Clark Kent quoi. On voit même pas de réels enjeux, car il n'y en a pas. On voit des mecs avec des armes, des extraterrestres, une agence gouvernementale s'occupant des activités surhumaines, des accidents qui arrivent et on nous refait encore le cliché du "oh elle a des lunettes donc on ne la reconnaît pas!". Il n'y a absolument rien d'intéressants dans ce qui est montré. Six minutes pour montrer du néant.

Sans compter le choix des musiques de cette bande-annonce renvoyant sans cesse à une vulgaire romcom des familles et surtout cette accroche absolument lamentable: "It's not a bird, it's not a plane, it's not a man, it's Supergirl". Ne parlons même pas des effets-spéciaux semblant dater de Lois et Clark. Supergirl fait donc très peur non seulement par son visuel mais surtout par son pitch totalement improbable se contentant de vulgaires péripéties à la con (pas d'autres mots). Imaginez un peu ça sur vingt-deux épisodes et vous comprendrez la torture à venir. Cette chose sera diffusée à partir de novembre prochain.

17 mai 2015

Cuvée 21

Chaque année, vous le savez Borat approche de sa date butoire, celle qui vous fait avoir un numéro de plus, qui vous vieilli avec un bon coup de latte dans la tronche, qui montre que le temps passe, qui vous fait passer un cap. Il y a deux ans, votre cher Borat avait passé le questionnaire de goût et l'an dernier il revenait sur vingt films ayant marqué son année de naissance. Il était question de revenir cette année sur vingt et un films année par année, mais finalement c'était peu convaincant. Alors pourquoi ne pas vous dévoiler vingt et un films m'ayant marqué ou que je considère comme cultes? Autant aller à l'essentiel mes petits loulous! En ce jour fatidique où je découvre ce qu'est d'avoir vingt et un balais, la Cave de Borat s'ouvre sur le cinéma de Borat (quelle transition regardez moi ça), pas de classement comme d'habitude (vous savez bien que je déteste cela), juste vingt et un films cités un après l'autre.

  • 1 Across the universe de Julie Taymor

Across the Universe : affiche

Je l'ai souvent cité au cours des années. Découvert par une bande-annonce sur le DVD de Spider-man 3 (oui j'ai osé, mais à l'époque j'appréciais un minimum ce film), le film de Julie Taymor (qui m'était alors inconnue à cette époque, réalisatrice de Frida et metteur en scène notamment sur la comédie-musicale Le roi lion) a fini par devenir une de mes galettes préférés de mon lecteur DVD. Et m'a définitivement fait aimer les Beatles par des interprétations absolument splendides. Dans le cinéma récent (et même la télévision, remember G... L... enfin vous voyez où je veux en venir), les reprises ont tendance à m'exaspérer en raison notamment de qualités vocales douteuses, sans compter des arrangements dégueulasses parasitant les chansons mêmes. Avec Across the universe, il n'y a pas de problème car non seulement cela chante bien, mais en plus Taymor s'approprie les chansons. I want to hold your hand était par exemple ultra-rapide, sa reprise est lente et acoustique. Ce n'est parfois pas un mal, mais c'est surtout le traitement visuel qui tape à l'oeil. Alors que l'on parle d'une comédie-musicale qui n'a rien du blockbuster, Taymor se donne les moyens de ses ambitions: décor circulaire pour une scène d'hôpital, effets-spéciaux par ci, par là, scène d'amour aquatique, séquence psychédélique...

Across the Universe : photo Julie Taymor

En plus, Miss Taymor s'est permis de faire découvrir Jim Sturgess et a montré le joli timbre de voix de la ravissante Evan Rachel Wood. Sans compter que le film aborde des thèmes arrivant à la fin de l'existence du groupe: les lois civiques, les manifestations violentes, le flower power, le LSD, le Vietnam... Tout cela est évoqué avec habileté ce qui est suffisament rare de nos jours quand on évoque des faits bien existants.

Across the Universe : photo Julie Taymor

Séquence culte (spoilers): Dernière chanson avant le générique, All you need is love est un vrai torent d'émotions puisque conclue le film sur l'amour. Car tout ce qu'on a besoin c'est d'amour dadaladada!

  • 2 Fight Club de David Fincher

Fight club

Découvert quasiment en même temps que Seven (deux des rares films que m'a prêté mon cousin avant que je ne les achète quelques années plus tard), je me souvenais davantage du second film de David Fincher que du quatrième. C'est donc dans l'optique de le revoir que j'avais acheté Fight club en DVD. A la seconde vision sortez les électrochocs! Fight Club a beau être le cas typique du film à twist, il n'empêche aucune autre vision et surtout ne devient que plus savoureux en le revoyant. Il m'a fallu plusieurs visionnages pour voir les flashs de Tyler Durden disséminé dans le film avant son apparition dans l'avion. Tout comme différents thèmes. Fight Club s'est rapidement imposé au fil des années comme le film générationnel qui marque la fin des 90's, au même titre qu'un American Beauty. Le bilan n'est pas positif ni dans l'un, ni dans l'autre, les deux montrant une génération qui passe difficilement le cap des années 2000, entre désillusions et dicktat de l'apparence. Mais Fight Club va encore plus loin pour devenir un vrai film culturel. Calvin Klein dévoilé le temps de plusieurs plans montrant des pubs? Dézingué par Brad Pitt le temps d'un discours sur les apparences. BMW vous donne des bagnoles? On balance de la fiente de pigeons sur les voitures! IKEA? Dégommé le temps d'une séquence où Edward Norton se promène entre les articles.

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A l'heure où la scientologie était plus présente qu'à l'acoutumé, balançons un bon gros discours sur une secte bien dangereuse prenant de l'importance au fil du film. Et puis c'est aussi l'histoire d'un mec découvrant autant son potentiel que sa dangerosité dans une existence aussi ridicule. La séquence IKEA en est bien la preuve, Jack se noyant dans des articles inutiles pouvant lui permettre d'avoir un meilleur appartement. Mais évidemment le casting y est pour beaucoup: Brad Pitt qui dégomme son image de beau-gosse pour montrer le tout pour le tout, Edward Norton tient le plus grand rôle de sa carrière, Helena Bohnam Carter jubilatoire, Jared Leto qui se fait dégommer la tronche (parce qu'il fallait quelque chose de beau) et même Meat Loaf (il m'a fallu quinze ans pour voir qu'il jouait Bob!) avec des airbags dues à une ablation des testicules! Définitivement culte!

La vie aussi fun qu'un catalogue IKEA!

Séquence culte: Il y en a beaucoup dans Fight Club mais celle du cinéma vaut tout l'or du monde. "Ils l'ont tous vu... -Une-belle-grosse- queue!" Tout est dit!

  • 3 Ace Ventura de Tom Shadyac

Beaucoup le savent, je suis un fan irréductible de Jim Carrey et pourtant j'ai découvert ce film sur le tard et par hasard. Probablement que j'avais dit qu'il était dedans, mon père m'avait enregistré Ace Ventura et c'est par pur hasard en mettant la vhs enregistrée dans le magnétoscope que j'ai découvert ce film. Et là paf, Jim dégomme un paquet on ne sait trop pourquoi avant de chouraver le chien d'un vilain monsieur (qui l'a eu dans l'os). S'en suit alors le plus grand film policier comique avec un enquêteur hors pair, une associée qu'il se tape sur Le lion est mort ce soir (qui plus est dans une arche de Noé) et le plus grand twist de tous les temps (non franchement même le dernier Dumb and Dumber ne peut atteindre ce niveau malgré sa tonne de twist). Puis la pub pour la NFL est merveilleuse avec Dan Marino en point d'orgue. Mais Ace Ventura c'est évidemment Jim Carrey au plus haut sommet de la connerie et de l'agilité frappadingue. The Mask et Dumb and dumber l'ont prouvé la même année, mais là c'est vraiment du haut de gamme dans le domaine. Tout le monde n'acceptera pas cela, mais personnellement je continue de me fendre la gueule à chaque fois et notamment pour ce qui est de balancer les répliques.

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Jim un commentaire sur le twist du film? Il semblerait qu'il ne soit toujours pas remis...

"Et dans ton caleçon il y a un gros néléphant? -Je ne sais pas je n'ai jamais regardé!", "Je vous le dis capitaine j'ai le doigt coincé dans la porte!", "Je suis venu voir Ray Finkles. Et là je vais avoir besoin de changer de caleçon!", "Je crois que c'est le paté", "Revenons au magnétoscope Thierry" (le genre de réplique qui ne peut exister qu'en VF!), "Hé ton permis tu l'as eu en épluchant une banane!", "Je vous déconseille d'entrer dans les chiottes whaow!", "Dan crève. Oh quelle poésie! -Il était poète à ces heures!"... Je pourrais continuer toute la journée comme cela.

Je crois que ce martien veut communiquer...

Séquence culte: J'aurais pu citer le final totalement frappadingue et riche en hémoroïdes ou même ce merveilleux moment où Jim fait parler son trou du cul ("t'aurais pas une pastille de menthe, j'ai l'haleine chargée depuis quelques temps), mais évidemment comment ne pas évoquer ce merveilleux passage où il donne la solution à la question "est-ce que Roger Podakter s'est suicidé?" A vous de juger!

  • 4 Toy Story de John Lasseter

Toy Story 4

Si je n'ai pas choisi ses suites (la première ma seconde incursion dans les salles obscures, le second une de mes plus grandes émotions de cinéma), c'est pour la simple et bonne raison que Toy Story est probablement le premier film qu'il me semble avoir vu. Je me souviens parfaitement l'avoir acheté en VHS en 1996 (j'avais donc dans les 2-3 ans) et d'avoir eu les deux figurines à l'intérieur. Si la tête de Woody n'a pas tenu très longtemps (pas faute d'avoir essayé de la recoller à chaque fois), Buzz va bien je vous rassure. Toy Story c'est une étape dans l'animation: celle du film entièrement en images de synthèse. Une pratique capable du pire (le fait que beaucoup de films ne se font désormais que par ce moyen au détriment d'une qualité réelle, comme ce fut le cas au début de Disney dans ce domaine) comme du meilleur (Pixar en est la preuve mais aussi quelques films Dreamworks ou même les derniers Disney) et qui a fait naître Pixar sur le marché après un nombre de court-métrages incroyables (au hasard Red's dream ou Tin toy). Toy Story c'est l'histoire d'une amitié avec tout ce qui passe avant: concurrence, désillusions, haine, jalousie et fraternité. Woody a beau être une sorte d'ordure durant tout le film, il n'en reste pas moins terriblement humain et représente à lui seul les jouets old school d'une lointaine époque.

J'aurais bien envie de dire une vanne salace, mais ce serait tout feu, tout flamme...

Le second film enfoncera le clou en évoquant littéralement que la conquête spatiale a foudroyé la carrière télévisuelle de la bande à Woody. Pareil pour Buzz qui évolue passant de parfait naïf à un personnage se découvrant avant de déprimer sur son sort. Les scénaristes ont insufflé une véritable psychologie à ces personnages qui permet au spectateur de se familiariser d'autant plus avec eux. Toy Story a beau être court, il n'en reste pas moins le premier chef d'oeuvre du studio.

Toy Story : Photo

"Mayday, mayday! Je suis tombé sur la planète Borat! -La cave de Borat! -Oui merci... QUOI?!"

Séquence culte: Ce moment fatidique où Woody et Buzz atteignent le point de non-retour à une station essence et en viennent aux mains. Il y a une certaine brutalité dans la scène, montrant deux jouets se bagarrant pour avoir une place dans le coeur d'un enfant. Ce moment l'air de rien assez violente prend son sens quand les deux finissent par causer entre eux et notamment la réponse d'un cowboy excedé: "Tu n'es qu'un jouet!"

  • 5 The Dark Knight de Christopher Nolan

The Dark Knight, Le Chevalier Noir : Affiche Christian Bale

TDK m'a fait le même effet qu'à l'époque où j'ai vu Spider-man de Sam Raimi au cinéma. Une excitation qui te donne envie d'aller au cinéma voir un super-héros. Et pourtant ce n'était pas gagné. A l'époque de sa sortie, je n'avais pas trop aimé Batman Begins, étant trop habitué aux films de Tim Burton, à la série et aussi aux deux daubes de 95 et 97. Il faut dire aussi que je n'avais pas lu le comic-book avec Batman à cette époque. Depuis j'avais au moins lu The Dark Knight returns et revu Batman Begins au point que ce dernier fut un des films qui est revenu très souvent dans le lecteur dvd entre juin et août 2008. Au point d'attendre avec encore plus d'impatience ce second opus événement. Si le premier était une pure origin story revenant avec fracas sur Year One de Frank Miller, ce second opus s'attaque à The long halloween de Jeff Loeb mais dans un contexte relativement différent. Collant au plus prêt d'une réalité bien moins éloigné que l'on puisse le penser, Nolan le pose dans un contexte post-11/09 de tous les instants où le chaos est roi et la violence omniprésente. Et comme figure de proue le fameux Joker merveilleusement joué avec nuance par le regretté Heath Ledger.

The Dark Knight, Le Chevalier Noir : Photo Christopher Nolan, Heath Ledger

Il alimente les tueries et aligne les explosions fulgurantes, la plus percutante restant celle de l'hôpital, véritable moment d'angoisse tout comme le suspense entre les deux bateaux. Au milieu de ce chaos, le Batman n'a jamais été autant en difficulté: face à un ennemi qui n'a aucun honneur et qui n'a pas besoin de supériorité physique pour s'imposer, sa force n'en est que plus superflue. Christian Bale est définitivement le Batman face à un casting impitoyable où même Eric Roberts est bon! 

The Dark Knight, Le Chevalier Noir : Photo Christian Bale, Heath Ledger

Séquence culte: Il y en a énormément (le film grouille de scènes potentiellement cultes, en tous cas c'est celui qui en regorge le plus de la trilogie) mais une des plus marquantes est la poursuite survenant dans le tunnel. Quasiment pas de musique, se contentant du bruit des tirs et des camions, la séquence est remplie de suspense, sorte de rollercoaster où l'on se demande quand cela s'arrête. D'autant que durant la plupart de la séquence, la police est seul à pouvoir agir, Batman n'arrivant que plus tard avec une arrivée fracassante. De la pure minutie.

  • 6 The land before time de Don Bluth

Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles : Affiche

Don Bluth appartient à mon enfance et mon adolescence. J'ai longtemps pensé que ses films finiraient par devenir moins passionnants au fil des années. Je me suis monumentalement trompé. Don Bluth est un réalisateur méconnu, en tous cas pas assez du grand public et pourtant certaines oeuvres sont connues comme The land before time. Presque une décennie avant Le roi lion, le réalisateur ose faire mourir un personnage fort et qui plus est maternel au bout d'une demi-heure dans une séquence au combien émotionnelle. Derrière ses atours de film d'animation avec des dinosaures comme personnages, The land before time reste un grand drame sur le deuil, l'acceptation et l'amitié. C'est le cas typique du film en apparence enfantin et finalement terriblement bouleversant. Je n'ai pas peur de dire que je suis ému à chaque vision de par ses images bouleversantes bien aidées par la musique monumentale de James Horner. C'est avec ce genre de bande-originale que j'ai commencé à adorer Horner. C'est finalement l'histoire d'adolescents voire enfants qui essayent de retrouver leurs parents en cherchant une vallée, sorte de paradis perdu et terriblement éloigné.

Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles : Photo

Mais la vie peut être cruelle comme le confirme le cas de Petit Pied. Garçon ayant perdu sa mère, il se retrouve seul avant de devenir un leader improbable. Avec lui, les enfants perdus vont grandir et limite devenir des adultes. Balayez d'un revers toute la série de films qu'Universal a sorti depuis les 90's, s'il faut voir un seul Petit Dinosaure c'est bien le chef d'oeuvre de Don Bluth.

Quand le film d'animation atteint les sommets du drame.

Séquence culte: Certainement un des passages les plus poignants du film. La mort de la mère de Petit-Pied arrive au bout d'une bonne demi-heure. Si cette scène est déjà fort émouvante, celle où le petit parle de sa mère l'est d'autant plus. Le petit voit que sa mère ne reviendra pas, l'occasion de faire éclater sa colère. C'est dans ces moments que Don Bluth touche au but: il parle du deuil vu par un enfant dans toute sa violence avec la haine, la peur d'être seul et la tristesse. La musique de James Horner, plus williamsienne que d'habitude, n'en devient que plus monumentale. Plus qu'un moment de tristesse, elle catalyse parfaitement l'état d'esprit de son personnage à l'écran. Magnifique à en pleurer.

  • 7 Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki

Princesse Mononoké ((

Le septième film de Miyazaki san a fait couler beaucoup d'encre à l'époque. Voulant se payer une retraite dorée, le réalisateur donne tout ce qu'il a dans son film le plus sanglant jusqu'à présent, battant par ailleurs Nausicaä son film de guerre et anticipation. Princesse Mononoké a différentes faces. La première étant un film de guerre féodal. Contre toute attente, le réalisateur s'encre dans une époque violente où le Japon était plus ou moins en crise si l'on se fit au point de vue de Dame Eboshi comme des femmes qui la servent. La guerre est à la fois celle d'Eboshi face aux loups mais aussi celle de la forêt avec l'Homme. Face à une intolérance de plus en plus croissante, la nature se révolte et le climax dans un blasphème ultime en est la preuve irréfutable. La seconde est un drame fantastique. Ashitaka est la victime collatérale d'une guerre auxquelle il va devoir participer. "Qui veut la paix prépare la guerre" disaient les Romains. Un héros malheureux essayant de survivre à une malédiction qui ne lui était pas destiné. Un héros tragique probablement le seul de la filmographie de Miyazaki san. Porco Rosso se plaisait avec ses avions malgré son tragique passage dans les nuages. Nausicaä survivait au sein de l'apocalypse quand Jiro retrouvait la paix intérieure. Il n'en est rien avec Ashitaka.

Princesse Mononoké : photo Hayao Miyazaki

Quant à la troisième il s'agit d'une histoire d'amour tragique. San et Ashitaka s'aiment mais leurs destins ne concordent pas. Unis dans l'amour mais incapables de vivre ensemble, ils en font un couple digne d'une tragédie grecque. L'amour ne triomphe pas toujours mais il ronge. Miyazaki signe son plus grand chef d'oeuvre en ce qui me concerne avec Princesse Mononoké. Et par dessus tout, donne lieu au meilleur score de Joe Hisaïshi. 

Princesse Mononoké : photo Hayao Miyazaki

Séquence culte (spoiler): Avec cette courte scène, Miyazaki san montre toute sa poésie. Alors que ses héros sont pris entre la vie et la mort, l'illumination arrive via une tête. C'est aussi là que le talent d'un compositeur comme Joe Hisaïshi se prononce. Sa musique emporte tout sur son passage montrant deux amoureux qui s'ignorent unis face à une possible mort certaine. Magnifique.

  • 8 Last Action Hero de John McTiernan

Last Action Hero : Affiche

John McTiernan c'est le patron on n'y touche pas! Enfin si sur un film comme Rollerball et encore ce n'est pas totalement sa faute (sauf pour l'infrarouge parce que c'était dégueulasse!). Mais un Last Action Hero on n'y touche pas et pour rien au monde. La même année, Sylvester et Arnold sont en mode méta: oubliez le film con avec bourrin con, avec Demolition man et Last Action Hero montrent qu'ils en ont à revendre et qu'ils peuvent se foutre de leur tronche avec subtilité. Arnold se fait alors un plaisir devant la caméra de McT à débiter les répliques cultissimes concoctées par un Shane Black pas surpayé pour rien. Jamais aussi iconique (à part Terminator et Conan le barbare), Schwarzy donne lieu à un festival dont on n'est pas prêt d'oublier: "T'as des doigts? Croise en un max t'as intérêt!", "Moi aussi j'ai une baguette magique qu'il faut que je secoue!", "Arnold Alberschwarzer! -Schwarzenegger! -A tes souhaits!", "T'aime les omelettes? Tiens j'te casse les oeufs!", "Pour qui sonne la glace, celui-là je l'ai refroidi!", "Navré de te décevoir mais tu n'échappera pas à tous les délices qui donnent à la vie toute sa saveur: l'acné, l'éjaculation précoce, le rasage et ton premier divorce!", "Y a de quoi se la prendre et se la mordre!", "Il fait beau on s'était dit qu'on allait coffrer quelques trafiquants de drogue!", "Il était d'une flatulence émouvante"... Je pourrais continuer toute la journée avec des répliques aussi savoureuses.

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Le meilleur est au milieu!

Le film interroge définitivement sur notre rapport spectateur-personnage, notamment chez le jeune public. Le héros d'action est un exemple typique car il est le héros pour lequel s'idéalise le jeune garçon et qu'il rêve d'être. Qui n'a jamais rêvé d'être un super-héros? Jack Slater en est un dans un certain sens car il est directement imprégné dans la pellicule, ce qu'il n'est pas lors de son passage dans le monde réel. L'occasion aussi pour Schwarzy de casser un peu plus son image, quitte à parler de Planet Hollywood et d'être un mauvais roi de la promo! Puis la bande-originale aligne quand même AC/DC (pour leur clip le plus culte, car Schwarzy qui danse dans la tenue d'Angus Young, ça vaut tout les pesants de cacahuètes du monde!), Alice in chains ou encore Aerosmith. Et puis il y a Charles Dance en grand méchant à l'oeil de verre!

Last Action Hero : Photo Arnold Schwarzenegger

Séquence culte: Parler de Last Action Hero sans évoquer la séquence d'Hamlet ne serait pas parler de Last Action Hero. Plus que fidèle à l'oeuvre de Shakespeare, McT dynamite (c'est le cas de le dire) cette histoire de prince souhaitant se venger de la mort de son père. Les balles fusent, les corps tombent et on retiendra au moins deux répliques: "Claudius c'est toi qui as tué mon père. Monumentale erreur!" et "Etre ou ne pas être? Ne pas être!"

  • 9 Donnie Darko de Richard Kelly

Donnie Darko : Affiche Drew Barrymore, Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Richard Kelly

Voilà l'exemple typique du premier film de qualité. Vu il y a longtemps de cela sur Ciné Frisson, j'avais fini par le voir il y a cinq ans sur Arte avant de me le procurer et le voir plus d'une fois après. Film à twist encore une fois mais qui se savoure à chaque vision. Il est incroyable de voir des premiers films aussi riches et surtout aussi bien filmé de nos jours. Il n'y a qu'à voir l'exigence donné aux effets-spéciaux pourtant nombreux pour une petite production (on peut vraiment parlé de film indépendant us dans le cas présent). Ovationné à sa sortie, Kelly aurait pu très bien devenir un grand. Malheureusement pour lui (et pour nous), il n'y a pas eu de réel lendemain, The box étant pas mal mais Southland Tales un film qui ne sait absolument pas où il va. Mais Kelly signe ici un film qui mélange les genres parfaitement avec de la science-fiction (voyage dans le temps), horreur (le crash de voiture, le cachot) et teen movie (n'oublions pas que Donnie est un adolescent, qu'il est amoureux et qu'il organise une boom chez lui). Donnie Darko c'est tout ça et bien plus. Le réalisateur n'a pas décidé de prendre les années 80 comme décor pour rien puisque c'est un enfant des 80's plus que des 70's où il est né. La preuve la plus flagrante est Evil Dead projeté pour la nuit des masques ou le choix des musiques toutes des années 80 (y compris Mad World qui est une reprise).

Donnie Darko : Photo Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Richard Kelly

Kelly a également la chance de tomber sur un casting en béton: Jake Gyllenhaal qu'il découvre réellement aux yeux des cinéphiles, Jena Malone ravissante adolescente ressortant de Contact, Patrick Swayze parfait dans un rôle affreux, Drew Barrymore qui n'a jamais aussi bien joué, Noah Wyle terriblement sympathique... Donnie Darko est un film complexe mais pas suffisamment pour perdre son spectateur en chemin. C'est toute sa grandeur à l'image de son final au combien poignant et terrible.

Cela doit arriver...

Séquence culte: J'aurais pu citer la scène de la boom qui m'a fait découvrir Joy Division, mais j'ai préféré prendre la confrontation entre Jake Gyllenhaal et Patrick Swayze. Face à une horde de gens manipulés par ce gourou visqueux (et ce au sein même du corps enseignant), Donnie Darko est le seul à s'offusquer. N'y allant pas par quatre chemins, le lycéen ose crier tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, contrecarrant la plupart des arguments de son interlocuteur. Le fauteur de trouble sera expulsé sous les applaudissements et les huées? Pas grave, la sentence arrivera tôt ou tard. 

  • 10 Les Blues Brothers de John Landis

The Blues Brothers : Affiche Dan Aykroyd, John Belushi, John Landis

Voilà un film qui a rythmé toute mon adolescence. Grande comédie issu du Saturday Night Live, Les Blues Brothers est un film au combien fou encore aujourd'hui, quasiment jamais dépassé dans la folie furieuse comique (bon peut être Jim ou avant avec Jerry Lewis). John Belushi ne trouvera plus un film aussi culte dans sa filmographie ou plutôt aurait pu (il était attaché à Ghostbusters avant son décès). Quant à Dan Aykroyd l'après 1990 ne lui a pas fait que du bien. Mais en ce temps ils étaient les Blues... les Blues... Brothers! Ce duo atypique de frères repris de justice, chanteurs de haut vol et attireur d'emmerdes comme jamais! Les impôts pour l'église à payer;, les cowboys énervés de s'être fait arnaqué; des chanteurs de country qui se sont fait volé la place; des flics et même Carrie Fisher! Un véritable régal, en sachant que le film est rythmé à la manière des montagnes russes: on ne sait jamais sur quoi on va tomber et tant mieux! Un centre-commercial rempli de monde? Terrain de jeu pour une course-poursuite délirante où on dégomme les vitrines et la marchandise comme aux auto-tamponeuses, sous une musique pétaradante! Des nazis font une réunion causant un embouteillage? On les dégomme faut pas déconner! Un petit boeuf avec Ray Charles autour d'un piano? Check!

The Blues Brothers : Photo Dan Aykroyd, John Belushi, John Landis

Aretha Franklin qui en a ras le bol? Chantons Freedom dans un fast-food! Une salle pleine à craquer juste pour payer une église? Double check into the night! Et évidemment il y a le tout-puissant, le sacro-saint, le père du Christ, le saint-esprit, l'impitoyable, le généreux, le seigneur quoi. Ultimate check! En sachant qu'il s'agit certainement du meilleur film de John Landis. Même le loup n'arrive pas à la cheville de ce sommet d'humour.

Tatatatata tata! Tatatatata tata!

Séquence culte (spoilers) : Comment citer Les Blues Brothers sans évoquer la poursuite finale? Climax de plus de vingt minutes, il est d'un ravissement à toute épreuve, un festival jubilatoire, une explosion comique où se retrouvent deux chanteurs à lunettes et costumes noirs, des nazis, des flics dirigés par John Candy et Spielberg! Et en point d'orgue un monumental carambolage (que ce salopiaud de Luc Besson pastichera bien dégueulassement dans Taxi 2) et des séquences de bagnoles au ras du sol parmi les mieux filmées de l'histoire du cinéma. 

The blues Brothers- course pousuite finale par Slashovic33

  • 11 Terminator 2: Le jugement dernier de James Cameron

Terminator Genisys (8)

S'il y a bien un film que je rêve de voir un jour dans une salle obscure (ce sera le cas de son aîné le 29 pour la Nuit du bis du Scala), c'est bien Terminator 2. Ma génération a eu Avatar (qui est un film que j'aime beaucoup et probablement une de mes meilleures expériences en salle), la précédente Terminator 2 et certainement un des voeux de cinéma de bons nombres de gosses des 80's. A l'heure où son cinquième opus s'annonce de pire en pire à longueur d'extraits, revoir le second opus reste un plaisir indéniable. La preuve même (et aussi que Big Jim est indispensable au monde du blockbuster) que l'on peut faire un blockbuster bourrin mais avec un vrai scénario derrière. En faisant changer de bord l'ami Schwarzy (décidément très présent dans cette cuvée mais attendez de voir la suite), Big John signe au départ un pari casse-gueule devenant progressivement une des plus grandes idées de sa carrière. Schwarzy est iconique au possible, réussissant enfin un peu à changer de son jeu quelque peu monolithique ou castagneur virulent pour jouer parfaitement le robot. Il est définitivement le T-800 et son dernier plan est probablement l'un des plus émouvants de la carrière de Big Jim. 

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton

T2 interroge aussi sur l'apocalypse à venir, celui que l'on cherche sans cesse à repousser mais finalement ne serait-ce pas vain? Le troisième opus le premier à ne pas être signé Big Jim le confirmera, mais à l'heure de 1991, les choses sont bien plus incertaines. Comme le rapport entre l'Homme et la Machine. John Connor trouve dans le T-800 une sorte de père qu'il n'aura jamais et face à lui une machine plus perfectionnée qui cherche à l'assassiner. Un paradoxe implacable d'autant que Robert Patrick (qui ne retrouvera jamais un rôle aussi iconique non plus) est terrifiant au possible. Sans compter que le film s'assume aussi pleinement comme un film d'action restricted superbement filmé. Une chose qui désormais est d'une rareté incroyable. Preuve en est Mad Max Fury Road est Restricted, Terminator Genisys sera PG-13. Un constat évident... 

Terminator 2 : le Jugement Dernier : Photo

Séquence culte: J'aurais pu citer la poursuite à moto en plein Los Angeles comme le mythique "Hasta la vista baby!" ou encore l'ouverture totalement apocalyptique (une des plus grandes visions apocalyptiques du cinéma et ce ne sont que quelques minutes), mais indéniablement la scène de fusillade à Cyberdine avec Schwarzy over the top et son foutu mini-gun (qu'il avait découvert avec un sourire improbable pour un T-800) est un grand moment de poésie. Le bruit de l'arme qui dézingue rythme la scène mais pas de mort à l'arrivée, juste des blessés. Il ne faudrait pas trahir John. C'est dire l'efficacité de cette scène: alors que l'on pourrait croire que Schwarzy nous ferait un remake de la scène du commissariat, il ne tue personne. Poésie...

  • 12 Casino de Martin Scorsese

J'ai longtemps cité The Departed, mais désormais mon favori de Marty c'est Casino. Voilà le type de film qui dure près de 3h mais où l'on reste scotché de manière incroyable. Il faut dire que le film a tout pour lui. Marty a commencé à se refaire sévère des mornes années 80 (films pourtant bons qui n'ont pas marché ou scandalisé, un pur chef d'oeuvre et des commandes), à commencer par Les affranchis, puis l'efficace remake des Nerfs à vif. Mais avec Casino, Marty sort les crocs et montre littéralement qui est le patron. Dès son générique signé Saul Bass (soit l'un des meilleurs dans cette spécialité et le mot est vraiment faible) sous fond d'opéra, on sait à quoi on a à faire. Le film sera une vraie descente aux enfers pour ses personnages principaux et le mot est encore bien trop faible. L'histoire d'une ascenssion fulgurante qui finit par brûler les ailes de chacun des cocos. Robert De Niro par son ambition démesurée et les ennemis qu'il se fait petit à petit; Sharon Stone par l'alcool et la drogue qui la ronge et fait d'elle une mère terriblement dangereuse; et Joe Pesci l'emmerdeur fini qu'il ne vaut mieux pas titiller. Chacun fait une performance impitoyable dans ce pur chef d'oeuvre de polar (et encore peut-on le mettre dans ce lot? Même pas sûr).

Casino : Photo Martin Scorsese, Sharon Stone

En deux mois, De Niro voyait deux films le magnifiait à son juste niveau, d'abord Casino puis Heat. Joe Pesci signe une de ses dernières grandes apparitions avant un silence radio pour le moins improbable. Quant à Sharon Stone, elle trouve ici le meilleur rôle de sa carrière, sortant enfin de l'image grossière de la bombe sexuelle et de la potiche garce. Il était probablement temps pour elle de toucher la grâce. Une grâce qui ne reviendra plus jamais par la suite...

Casino : Photo Don Rickles, Martin Scorsese, Robert De Niro

Séquence culte (spoiler): Une des dernières scènes du film, la plus violente de tout le film, où la narration de Joe Pesci commence et finit à coup de batte de baseball. Le plus cocasse étant que dans Les affranchis c'est Joe Pesci qui tuait Frank Vincent violemment. La vengeance est un plat qui se mange froid.

  • 13 Jurassic Park de Steven Spielberg

Jurassic Park : Affiche

Je l'ai découvert à cinq ans sur une vhs enregistrée, mais c'est vraiment à mon adolescence que j'ai commencé sérieusement à apprécier ce film. Jurassic Park n'est pas mon film préféré de Spielby mais c'est indéniablement un d'entre eux. Encore une preuve qu'un divertissement peut être aussi attrayant qu'intelligent. Il part pourtant d'une idée toute simple: et si on pouvait recréer des dinosaures? La question est simple, la réalisation foireuse mais réelle et le résultat une belle catastrophe industrielle. Michael Crichton et Spielby sortent le grand jeu pour cette histoire d'ambition qui tourne mal ou quand l'idée de base devient un véritable cauchemar ambulant. Pour cela, Spielby peut compter sur des acteurs pour le moins impeccables. Sam Neill ancien Damien du dernier volet de Malédiction et se retrouvant la même année dans la palme d'or The piano; Laura Dern égérie lynchienne au summum de sa beauté (oui même quand elle est remplie de boue et de merde, elle est magnifique); Richard Attenborough qui signe d'ailleurs la meilleure réplique du film "j'ai dépensé sans compter"; et enfin l'impayable Jeff Goldblum au summum de son cynisme (le second opus en rajoutera une bonne couche dans ce domaine) avec aussi une belle réplique culte à son actif "j'en ai marre d'avoir toujours raison".

Jurassic Park : Photo

Mais surtout à l'image de T2 précité dans cette cuvée, le film de Spielby est un véritable bijou technologique. Adieu la stop-motion de Ray Harryhausen comme initialement prévu (même si plusieurs animatroniques seront utilisés au cours du tournage), vive les images de synthèse et ce que l'on appellera cgi pour les dinosaures en question. Un résultat qui n'a absolument pas vieilli et ce même sur ma bonne vieille VHS (ma cousine m'avait entretemps filé la sienne quand elle a bazardé ses VHS, monumentale erreur!). Ce qui prouve que le film n'est en rien obsolète et surtout en comparaison d'un grand nombre de productions hollywoodiennes actuelles ayant parfois un sérieux mal à impressionner avec des moyens conséquents.

Séquence culte: Il y a dans cette séquence une émotion palpable qui fait qu'on s'en souvient. Petit cette scène ne me faisait pas trop d'effet, mais si c'était à partir de là que le film prenait de l'ampleur. Il a fallu l'adolescence pour enfin frisonner devant. Véritable rollercoaster d'émotions où la musique de John Williams est totalement absente. Dans un film d'horreur et notamment les tout derniers, la musique est omniprésente ou fait constamment son apparition pour un vulgaire jump scare. Spielby décide ici de laisser court à toute musique, miser uniquement sur les bruitages. Quand le t-rex arrive, on l'entend arriver et on a sérieusement peur de ce qui va arriver d'autant que c'est sa première vraie apparition (le passage de la chèvre étant déjà arrivé). Et le spectacle macabre qui se joue devant nous n'en est que plus palpitant et d'une violence incroyable. On parle pourtant d'un PG-13...

  • 14 Mars attacks de Tim Burton

Mars Attacks! : Affiche

J'aurais pu citer comme souvent Edward aux mains d'argent mais je l'ai déjà cité dans la Cuvée Christmas et comme il faut varier les plaisirs, citer mon second film préféré de Timmy à une époque où il savait faire des films me paraissait évident. A une époque où j'adorais Independence day (une époque fort lointaine mais belle et bien là), Mars attacks m'était au moins connu par l'affiche qui trônait chez mon cousin (si j'avais su je lui aurais demandé de me la passer au loin qu'il la bazarde à la poubelle) et lors de ma première vision, je n'avais pas été époustouflé. Peut être le manque de culture burtonnienne ou tout simplement que l'humour ne m'avait explosé à la gueule. Il a fallu que je le revois en faisant une rétrospective de Burton pour totalement y prendre goût. Le cinéma us des 90's fut souvent virulent, preuve en est des films comme Starship troopers ou Strange days. Mais avec Mars attacks on est vraiment dans la satire parodique qui tâche où la femme du président jure, sa fille est incarnée par Natalie Portman (love), où les aliens sont battus de la manière la plus improbable possible, où le principal héros est un ancien boxeur devenu gardien égyptien à Las Vegas, où Martin Short est un sérieux obsédé sexuel qui amène des prostituées à la Maison Blanche, où Tom Jones est un véritable héros, où Jacko Nicholson joue deux rôles (j'ai eu besoin de lire le livre d'entretiens de Burton pour le découvrir!) et ça c'est cool.

Mars Attacks! : Photo Tim Burton

On pourrait continuer encore longtemps à citer les passages fun du film (bon pour en citer un autre la scène de baise avec Christina Applegate sur Stay alive avec les martiens qui matent!) ,mais le meilleur est certainement de voir qu'on peut clairement faire un grand film avec un matériel aussi improbable que des cartes à jouer! Burton se fait également plaisir en multipliant les allusions à Ray Harryhausen et aussi donner un ton loufoque à l'image de certaines séries B des années 50. Burton s'est fait plaisir, le public n'a pas suivi. Aujourd'hui pourtant Independence day et Mars attacks sont au même statut culte pour la plupart des spectateurs. Ironie quand tu nous tiens.

Si toi aussi t'as la classe de Tom Jones!

Séquence culte: La première attaque des martiens est un vrai plaisir coupable à lui tout seul. Les USA accueillent à bras ouverts le martien sans se rendre compte qu'ils se font manipuler comme jamais par des créatures armées jusqu'aux dents et avec des armes pouvant les dégommer chimiquement! Le meilleur étant certainement Jack Black en bon marines de pacotille sortant une arme non-chargée façon Rambo, sort le drapeau US pour se rendre et se fait dégommer devant toute sa famille! Jubilatoire!

  • 15 L'apprentie sorcière de Robert Stevenson

Vous vous étonnez que votre amour de Borat n'avait pas cité un Disney? Hé bien voilà on y est mais avec un film live parmi les classiques. J'aurais pu citer de très bons films d'animation que ce soit Les aristochats, Aladdin ou même Pinocchio, mais j'ai un vrai attachement pour L'apprentie sorcière. Film moins connu qu'un Mary Poppins, L'apprentie sorcière est certainement mon classique préféré du catalogue Disney (je ne parle donc pas de productions type Pirates des Caraïbes). Déjà pour le charme du duo Angela Lansbury (hé oui la fameuse et grande actrice de la série Arabesque)/ David Tomlinson (que j'avais donc découvert avant Mary Poppins) qui irradie littéralement le film. Elle en sorcière véritable qui apprend progressivement, lui le magicien de pacotille qui lui envoie ses cours! Un duo qui se drague sous la mer entre deux séquences animées en dansant ou en alignant les conneries ensemble. Sans compter les gosses qui sont de merveilleux petits canaillous accumulant les conneries avant de devenir de braves petits (on est chez Disney rappelons-le). Comparé à Mary Poppins qui malgré une certaine époque n'était pas précis, L'apprentie sorcière se pose dans une réalité bien visible avec la Seconde guerre mondiale en point de mire, les nazis arrivant sur l'Angleterre.

L'Apprentie sorcière : photo

Ce qui sera l'occasion d'une bataille en terre anglaise entre des nazis armés et des chevaliers en armure et personne dedans menés par la sorcière/héroïne Lansbury. Un climax absolument jubilatoire bien comme il faut à l'image d'un film trop peu connu et finalement un classique impayable.

L'Apprentie sorcière : photo

Séquence culte: Désolé pour la musique de merde mais c'est la seule vidéo montrant cette scène. David Tomlinson se porte garant pour arbitrer le match du roi lion. Ce qu'il ne pensait pas c'est qu'il allait subir un des matchs de football les plus sauvages de l'histoire, véritable jeu de massacre et de triche. Une scène jubilatoire et jouant merveilleusement sur le paradoxe du gauche-droite!

  • 16 Commando de Mark L Lester

Commando : Affiche Arnold Schwarzenegger, Mark L. Lester

J'aurais pu choisir du très lourd dans la bouserie caviar, vous savez ces film tellement mauvais qu'ils en deviennent indispensables à tout cinéphile qui se respecte. Je pense à Turkish Star Wars, Dinosaur from the deep ou Hitman le cobra (Philiiiiiiiiiiiiiiiiiippeeeee!). Mais j'ai choisi du beau nanar bien copieux. Plus qu'un nanar, Commando c'est le blockbuster con comme une mule (désolé pour l'animal, c'est l'expression qui veut ça) qui se respecte pour notre plus grand plaisir. Encore loin du cynisme hollywoodien des années 2000, de son marketing dégueulasse et de ses effets-spéciaux qui ne veulent parfois plus rien dire et perdent le spectateur en efficacité. Une époque où Schwarzy commençait à être une superstar (Conan + Terminator = bigger successful!) et où Commando était le parfait véhicule de sa célébrité bourrine à venir. A peine à l'écran il taille une bavette avec un tronc d'arbre sur l'épaule! Puis il se crashe volontairement pour arrêter sa voiture. Il dégomme un siège de décapotable, un mec qui lève les bras après s'être fait tordre le cou et surtout ce final épique (et bourré de faux-raccords!) où il massacre la moitié de l'armée mexicaine à lui tout seul! 

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C'est qui le patron?!

A elle seule cette scène montre toute la jouissivité d'une telle entreprise digne de ce cher Joel Silver. Un esprit over the top, un acteur bourrin, un pitch débile mais furieux, Vernon Wells en côte de maille, allez on y va! Et si en plus James Horner sort la chemise hawaïenne pour faire de la musique on y est! Commando c'est le genre de blockbuster qui me manque cruellement aujourd'hui et c'est peut être pour cela que je l'aime beaucoup. D'ailleurs le film devait avoir une suite où John Matrix (Silver ce visionnaire) devant sauver sa fille et sa copine en dégommant un immeuble. Mais Silver a préféré faire Piège de cristal. Un mal pour un bien!

Commando : Photo Arnold Schwarzenegger, Mark L. Lester 122

Les vrais ont la pipe au bec!

Séquence culte: S'il y a bien une scène ou plutôt une réplique à retenir c'est bien ce grand moment de subtilité. Tenu par le bras de Schwarzy, Sonny attend sa sentence. Car Arnie a menti et elle est irrévocable.

  • 17 La cité de la peur d'Alain Berbérian

La cité de la peur 20 ans après

S'il y avait bien un film français à citer dans cette cuvée c'était bien La cité de la peur. Quand les Inconnus font un film c'est sympa mais ne vieillit pas très bien. Mais La cité de la peur c'est l'esprit Nuls sur toute la longueur. Les vannes, les gags visuels, les références... On les connait tous et on ne s'en lasse pas. Alain Chabat se prend pour un personnage de Dostoïevski et chasse le vilain Rick Hunter quand il n'a pas des gaz. Ah par ailleurs il ferait mieux de penser avec sa tête et non avec sa (bruit d'avion). Chantal Lauby est une pitoyable attaché de presse tombant sur un serial killer! Un quoi? Un serial killer! Ah un tueur en série! Un serial killer quoi! Dominique Farrugia est la star d'un film d'horreur raté et anti-communiste qui vomi quand il est content ("hé ben le voilà le jus d'orange!") et fait ses boutiques sur Pretty Woman. Dominique Besnehard vous pisse à la ré. Gérard Darmon danse la carioca avec Chabat quand il n'a pas envie d'un whisky et d'un string léopard, tout en faisant des vannes foireuses ("Quelle est la différence entre un pull et une moule? Le pull ça moule et la moule ça pue l'ovaire!"). Emile a bien besoin d'un chewing-gum quand la souprefette arrive au ralenti. Tcheky Karyo gueule "Cooooooooooooooooooooooooooooooooombiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien????!", Eddie Mitchell n'émet aucun bruit, Jean-Pierre Bacri râle et Daniel Gélin aime les pieds et les oreilles de sa femme!

Alain tu t'es vu quand t'as bu?

C'est exactement la comédie française que je pourrais voir encore longtemps sans me lasser, preuve de sa qualité. Et en plus elle a mon âge, si ce n'est pas prophétique!

Sais-tu danser la carioca? Ce n'est pas un foxtrot ou une polka...

Séquence culte: Commençons le meilleur par le début. Hommage à peine voilé aux slashers (le tueur en série à masque) et à Evil dead (une bande de potes dans une maison dans la forêt), Red is dead est un film dans le film absolument jouissif car raté. Rien ne marche on y croit pas et c'est qui est drôle. Comme l'accumulation de "c'est affreux", le tueur ridicule et communiste (fossile et le marteau ça ne se refuse pas), Hélène de Fougerolle faisant la pouf merveilleusement bien, les plans sur les gueules avant la mort et puis le chat aussi. Malheureusement pas trouvé la scène entière mais voilà un bel échantillon.

  • 18 Le retour du jedi de Richard Marquand

Le retour du jedi

J'aurais pu citer ses deux aînés, mais il est plus évident de parler du sixième opus ou plutôt du troisième car c'est celui que j'ai le plus vu et préféré durant la plupart de mon enfance et adolescence. Si désormais je préfère les deux premiers et davantage L'empire contre-attaque, j'apprécie toujours autant ce troisième volet pour plusieurs raisons. La première parce que c'est la conclusion ultime: Luke retrouve son père, on dézingue l'Empire de l'intérieur comme de l'extérieur. La seconde parce qu'il y a le second duel entre Dark Vador et Luke et qu'il y a sans cesse une émotion dans les coups portés. La conclusion du second opus a fait des petits. La troisième parce que Harrison Ford est de retour en Han Solo après avoir semé le doute sur le tournage du second opus. Surtout que l'on parle de mon personnage préféré de la saga Star Wars. La quatrième parce qu'il y a toute l'ouverture à Tatooine, soit l'une des meilleures séquences de la saga. Fantasme adolescent 80's avec Carrie Fisher en bikini doré gourmand et croquant (Jabba y a succombé); baston devant un trou gourmand, explosion pétaradante, créature géante sortant de l'obscurité, Luke débarquant dans l'obscurité... Le retour du jedi quoi.

L'héritage du père (2)

La cinquième parce que la course dans la forêt des ewoks c'est quand même sérieusement la classe rapide et furieuse. Pour tout ces éléments j'adore Le retour du jedi. Et ce malgré ces petites boules de poil. Et ce malgré ce ton volontairement moins sombre (George!). Mais c'est quand même une putain de conclusion avant le film de JJ Abrams! 

Je vends du rêve aux mecs des 80's! :D

Séquence culte: Grand moment fun par excellence, la baston sur Tatooine est un plaisir pour les yeux, moment héroïque par excellence. C'est aussi objectivement la dernière fois que nous voyons la planète. Une grande scène de divertissement, ce que l'on appelle un moment de bravoure.

  • 19 La route d'El Dorado d'Eric Bergeron et Will Finn

Voilà un film des studios Dreamworks que je pourrais regarder tranquillement durant longtemps. Avant-dernier film de ce type (animation traditionnelle avec pointes de cgi en temps voulu) avant de passer à la sacro-sainte image de synthèse, La route d'El Dorado est un pur film d'aventure assez anachronique dans le parcours du studio. Un peu comme Le prince d'Egypte sorti un an avant, le film est assez particulier voire plus porté sur un public typé adolescents-adultes. C'est peut être aussi pourquoi le film n'avait pas marché à l'époque. On parle quand même du parcours de marginaux en passe de finir comme esclaves/prisonniers avant de tomber sur un peuple où un sorcier aime bien faire des sacrifices (un d'entre eux est même bien mis en évidence!) et un des personnages baise... enfin c'est suggéré mais vous m'avez compris! D'autant que le film s'inspire aussi d'un très grand film à savoir L'homme qui voulut être roi. Mais comme Chicken run avec La grande évasion la même année (autre film d'animation que j'aurais pu citer dans cette cuvée, mais plus de place!), cela n'a pas grand importance et s'en est même sacrément jouissif. Un vrai film d'aventure d'animation qui vise un public large et est aussi fun que bien animé.

Mais pour une fois la VF passe avant la VO pour une simple et bonne raison: c'est la première réunion entre Antoine de Caunes et José Garcia depuis la fin de leur présence à Nulle Part Ailleurs. Sauf que cocassement, c'est Garcia qui double le bellâtre Tulio et De Caunes qui s'occupe du barbu Miguel! Sans compter Victoria Abril pour le personnage de Chel, ajoutant un côté exotique de plus à l'entreprise et des ténors du doublage comme Jacques Frantz, Féodor Atkine et Richard Darbois. Le score d'Hans Zimmer est également de qualité, semblant anticiper celui des Pirates des Caraïbes.

C'est qui la patronne?

Séquence culte: S'il y a bien une scène au combien jouissive, c'est bien sûr celle du jeu de balle. Devant montrer qu'ils sont des dieux, notre duo doit jouer à un jeu crée par... des dieux! Devant à tout prix gagner, le duo n'est pas forcément prêt pour un jeu de ce type!

  • 20 Million dollar baby de Clint Eastwood

Million Dollar Baby : Affiche Clint Eastwood, Hilary Swank, Morgan Freeman

Mon premier film de Clint Eastwood vu, premier coup de coeur et quasiment indépassable. C'est l'évidence même quant à évoquer maître Eastwood dans cette cuvée. La première claque que je me suis pris de l'acteur-réalisateur fut au cinéma et je pense que c'est le premier film type adulte que j'ai vu en salles. Plus de films d'animation ou super-héros en ligne de mire, avec Million Dollar Baby le coup de poing est féroce et vous met littéralement à terre. La violence est palpable jusqu'à un dernier acte dramatique qui révolte autant qu'il ne met la larme à l'oeil. Partant d'un drame sur la boxe, le film devient plus rapidement que prévu un film sur la survie et ce qu'elle advient quand on n'a plus le choix. Un film émouvant et qui prend littéralement aux tripes. Mais c'est aussi un film qui a plus tard dans ma vie quelques redondances au point d'y voir des similarités. Pas de boxe mais un événement dramatique et familial qui m'a marqué au fer rouge et dont ce film partage différents points communs au combien justifiés. C'est aussi pour ces raisons que ce film est doublement marquant en ce qui me concerne. C'est aussi la dernière fois qu'Hilary Swank a eu un rôle majeur au cinéma, n'ayant jamais retrouvé une telle opportunité récemment, en dehors de The Homesman de Tommy Lee Jones.

Million Dollar Baby : Photo Clint Eastwood, Hilary Swank

C'est aussi ma découverte de Jay Baruchel et Anthony Mackie qui plus est dans le rôle du bouffon et de sa nemesis. Clint Eastwood réapparaîtra dans un de ses films quatre ans plus tard, comme pour une coïncidence. Deux plans quasi similaire laissent entrevoir un champ du cygne, un personnage qui part au loin. Quant à Morgan Freeman, il permet au film d'avoir un point de vue extérieur tout en restant très impliqué. Un second-rôle indispensable.

Million Dollar Baby : Photo Clint Eastwood, Hilary Swank

Séquence culte (spoilers): La musique se fait lente puis elle arrive tel un crève-coeur sur les paroles d'Hilary Swank. Une scène percutante où les choses deviennent claires et où le mélodrame prend tout son sens. Le gros dur incarné par Eastwood durant tout le film se décompose en écoutant ses paroles violentes et malheureusement logiques. C'est avec ce genre de scènes tragiques que l'on comprend à quel point Clint Eastwood sait faire monter l'émotion, à l'image de ce qu'il a fait dans Sur la route de Madison.

  • 21 South Park le film de Trey Parker et Matt Stone

Dans une époque où le politiquement correct est souvent sujet à confusion, le duo Parker/Stone a toujours su tirer son épingle du jeu. Et surtout on a un sens inné pour ce qui est d'être en avance sur leur temps. Team America l'a prouvé: The Interview arrive clairmement neuf ans après la guerre. Avec South Park le film, ils ont fait mieux: l'une des meilleures adaptations d'une série mais également un des épisodes les plus jouissifs de toute la série. Alors que le show n'avait clairement pas besoin de cela (elle en était à sa seconde saison quand le film est entré en production), les deux réalisateurs se sont mis en tête d'y aller franco devenant le film d'animation le plus vulgaire du cinéma (livre des records assorti) et nommé aux Oscars par la même occasion pour la chanson Blame Canada! Les réalisateurs ont toujours aimé mettre des numéros musicaux. Il n'y a qu'à voir certains passages de Team America, I am Lorde ya ya ya ou leur comédie-musicale Book of mormon pour s'en rendre compte et le film donne lieu à des moments musicaux magiques en puissance.

"Tu crois qu'on aurait mieux fait d'aller au combat Chef? -Non faut pas prendre Chef pour un con! Bon ils sont quand même morts mais pas nous!"

 

Avec ce film, ils y vont franco dézinguant le puritanisme américain ("va te faire enculer et nique ton oncle!"), les associations de parents se souciant plus de leur personne que de leurs gosses (la mère de Kyle en est la preuve), les Baldwin (décimés jusqu'au dernier), le racisme (les afro-américains en chair à canon très peu pour Chef!), Saddam, Satan (le premier qui sodomise le deuxième, voilà certainement une des idées les plus jouissives que j'ai eu à voir dans une parodie), Winona Ryder (grand moment poésie)... Sans compter la mort de Kenny encore plus violente que d'habitude (George Clooney approved!). South Park le film est donc le prédit son titre: Bigger, Louder and uncut.

"Une petite sodomie? -Non j'ai mal au cul. -Pas grave, ça m'en fera plus!"

Séquence culte: Bon c'est la version québécoise mais dans le contexte-ci, cela n'en devient que plus crédible. Voici donc Les cul de feu le film tant attendu de Terrance et Phillip! Attention à la subtilité, elle vous pète à la gueule!

Voilà mes chers lecteurs, il est l'heure de rendre l'antenne. Allez à la semaine prochaine!

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