Cine Borat

30 juillet 2014

New York en prison

1997. Snake Plissken, taulard, se voit offert une remise de peine, pour sauver le président des Etats Unis. Ce dernier a été prit en otage par des prisonniers de l'île de Manhattan...

 

La rencontre entre John Carpenter et Kurt Russell s'était produite sur le superbe téléfilm Le roman d'Elvis où le futur Jack Burton incarnait un King iconoclaste dans un téléfilm d'une grande classe. Il ne fallait pas tant pour que les deux collaborent par la suite et ce sera le cas pour trois projets (voire quatre si on compte le projet de biopic sur Jim Morrison que Russell devait incarner) dans les années 80: New York 1997, The Thing et Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin. Le premier sort en 1981 et n'est pas l'oeuvre de studio. Comme pour ses précédents films, il se révèle assez indépendant sans studio pour lui barrer la route comme ce sera le cas avec Universal ou la Fox. Escape from New York marche du tonnerre et fait entre Snake Plissken dans les annales du cinéma devenant une source d'inspiration pour Hideo Kojima et son personnage de Metal Gear Solid arborant aussi bien le bandeau que le prénom Snake. Par la suite, Los Angeles 2013 sortira en 1996 après plusieurs années de development hell (dont certains scripts évoquaient plus une préquelle), mais cette fois-ci Big John sera produit par la Paramount et obtiendra donc de gros moyens. Depuis plusieurs années, Joel Silver essaye tant bien que mal de faire un remake qui plus est sous forme de trilogie, mais (heureusement pour nous) semble piétiner.

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Big John commence directement son film par un générique uniquement musical, instaurant une atmosphère de synthétiseur à la fois répétitive (les mêmes notes ressortent systèmatiquement tout en restant attractive) et terriblement planante. Du pur Big John comme on l'aime. Même si cela a un peu vieilli (la note répétitive n'aidant pas trop comme l'effet synthé), cela reste à l'image de son auteur. New York 1997 a beau se situer à la date éponyme, il n'en reste pas moins qu'il représente son époque. Le premier script de Carpenter a été écrit juste après le Watergate et le portrait du président des USA n'a rien d'élogieux. Incarné par un Donald Pleasance tout en cynisme, le président est un être lâche qui n'ira jamais remercié ou faire honneur à ceux qui l'ont sauvé. Il en vient même à tuer son kidnappeur une fois une arme à feu sous la main. Le discours final en est bien la preuve. D'autant que la libération du président est à double tranchant puisque Snake doit aussi récupérer une cassette avec différentes indications douteuses. La corruption d'un Etat planquée dans une prison servant autrefois de grosse pomme. Toute l'ironie de la chose est là et le final (peut être un des plus ironiques du réalisateur avec probablement celui d'Invasion Los Angeles) ne fait que renforcer cela.

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Le personnage de Lee Van Cleef est lui aussi bien cynique, donnant des leçons alors qu'il est les trois quarts du temps cloué à son fauteuil. A l'image de son personnage dans les films de Sergio Leone: en apparence sympathique mais pas trop quand même. En fait les deux seuls personnages à ne pas être crapuleux sont Snake et le chauffeur de taxi. Même si ce dernier est un peu lâche, il n'en reste pas moins toujours là pour le héros. Snake Plissken est le cas typique de l'anti-héros. Ancien militaire décoré emprisonné suite à un braquage, il en a pour la perpétuité voire à mourir (les zigotaux lui ont injecté quelques petites douceurs qui se déclencheront une fois la mission échouée) s'il ne réussi pas sa mission. Un personnage d'anti-héros parfait pour Kurt Russell, parfaitement dans la thématique cynique de l'ensemble. Finalement c'est le personnage le plus humain du film, le moins crapuleux par la même occasion. Kurt Russell devient instantanément iconique dès son arrivée et le statut culte continuera longtemps encore chez les fans qui réclameront plus d'une fois une suite. 

Isaac Hayes, Harry Dean Stanton et Adrienne Barbeau. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

Malheureusement ils n'ont pas été très gâté. Face à lui Isaac Hayes en Duc particulièrement charismatique et sorte de parrain de New York. Le décor de New York est évidemment au centre de tout et Big John le dévoile tout doucement avant un balai aérien pour le moins superbe (même si on remarque les maquettes, ne boudons pas notre plaisir). La course-poursuite ne lésine pas sur la pyrotechnie puisque le pont de Brooklyn est bourré de mine. Un bon moment de bravoure comme on les aime, sorte de point de non-retour: on en sort où on y reste. Sans compter le combat entre Snake et le colosse, en apparence déjà joué à l'avance. Malgré le poids des années, le film s'en sort encore très bien et son point de vue original en fait décidemment un des plus intéressants faits d'arme de Big John. Au moins, il s'agit d'un film d'action qui ne copie pas sur ses modèles et créer un vrai héros de cinéma, là où d'autres vont systématiquement chercher dans des créations pré-existantes. 

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Assez inspiré du Watergate, John Carpenter signe un film cynique et avec un héros que l'on n'est pas prêt d'oublier. 

La critique d'Alice In Oliver:

Attention, film culte de la science fiction ! J'ai nommé New-York 1997, réalisé par John Carpenter en 1981. Avec Mad Max, c'est l'un des films majeurs du genre, qui influencera un nombre incalculable d'ersatz et/ou de séquelles.
Pourtant, contrairement au film de George Miller, New-York 1997 n'est pas un film post-apocalyptique puisqu'il ne se déroule pas dans un monde ravagé et décimé par une Troisième Guerre Mondiale.

Toutefois, le film de John Carpenter s'apparente tout de même à une parabole sur la fin du monde. Le scénario brille tout de même par son pessimisme.
Attention, SPOILERS ! En 1997, suite à une explosion de la criminalité aux Etats-Unis, l'île de Manhattan est devenue une ville-prison.
Le Président des Etats-Unis est enlevé par des terroristes et retenu en otage par des prisonniers.

Le responsable de la sécurité, Bob Hauk fait donc appel à Snake Plissken (Kurt Russell) pour retrouver le Président des Etats-Unis.
Snake n'a que 24 heures pour remplir sa mission. A partir de ces différents éléments, John Carpenter signe un western urbain, en référence à Un Justicier dans la Ville. Ici, New-York est considérée comme une jungle urbaine, un territoire décimé et dangereux où la violence règne en maître.

Le film peut également s'appuyer sur un casting solide: Kurt Russell (que j'ai déjà cité), Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau et Tom Atkins.
Pour Kurt Russell, New-York 1997 constitue un film référence, puisque le long-métrage le propulsera au rang de star.

Le film doit beaucoup à son personnage principal, Snake Plissken, devenu une véritable icône avec les années. C'est un anti-héros, un rebelle et une sorte de cowboy des temps modernes. Avec ce ppersonnage haut en couleurs, John Carpenter fait référence aux westerns spaghettis et aux anti-héros de Sergio Leone.
Pourtant, Snake Plissken est probablement le protagoniste le plus attachant et le plus sympathique de cet enfer urbain.
En tout cas, il est bien plus humain que le Président des Etats-Unis, interprété ici par le regretté Donald Pleasence.
John Carpenter en profite alors pour égratigner son propre pays et s'inspire en partie du scandale du Watergate.

Pour atteindre son but, Snake Plissken devra souffrir et subir toute une série d'épreuves. D'ailleurs, John Carpenter utilisera exactement le même procédé dans la suite, Los Angeles 2013, qui ressemble davantage à un remake et/ou séquelle.
Pour les amateurs de science fiction, New-York 1997 est donc une référence absolue. Ce sera également un grand succès dans le monde entier.
En tout cas, c'est l'un des meilleurs cru de John Carpenter, une production très ancrée dans le style du réalisateur, mélangeant science fiction, film noir et western urbain.


29 juillet 2014

Le retour de Mike "Crocodile Dundee"

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genre: aventure
année: 1988
durée: 1h50

l'histoire: Après avoir quitté la brousse pour sa belle, Mike « Crocodile Dundee » s'adapte difficilement à la jungle new-yorkaise. Sa compagne, Sue Charlton, une journaliste, enquête sur un vaste réseau de trafiquants colombiens. Malheureusement en possession de photos compromettantes, cette dernière est kidnappée. Mais, tel un chasseur, Crocodile Dundee se met à la poursuite de ses ravisseurs.     

La critique d'Alice In Oliver:

Bon, soyons honnête, qui se souvient du premier Crocodile Dundee ? Certes, la plupart d'entre vous répondront probablement par la positive, mais en affirmant toujours la même chose, à savoir: "Je me souviens d'un pecno australien qui débarque aux Etats-Unis avec un énorme couteau, mais sinon, c'est tout !". Au moment de sa sortie, le premier Crocodile Dundee rencontrera un succès inattendu: une véritable aubaine pour son acteur principal, Paul Hogan, qui sort enfin de l'anonymat. 
Il était donc logique qu'une suite, donc Crocodile Dundee 2, réalisée par John Cornell en 1998, soit produite dans la foulée.

En 2001, c'est Simon Wincer qui poussera le vice jusqu'à réaliser un Crocodile Dundee 3, dont tout le monde se fout et ignore l'existence ou presque. Cette fois-ci, Paul Hogan prend les choses en main et s'impose dans l'écriture du scénario avec la participation de John Cornell.
En gros, on prend les mêmes et on recommence. Crocodile Dundee 2 reprend donc les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le premier volet. Peu ou prou de surprises au niveau du scénario. Attention, SPOILERS ! Après avoir quitté la brousse pour sa belle, Mike « Crocodile Dundee » s'adapte difficilement à la jungle new-yorkaise.

 

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Sa compagne, Sue Charlton, une journaliste, enquête sur un vaste réseau de trafiquants colombiens. Malheureusement en possession de photos compromettantes, cette dernière est kidnappée. Mais, tel un chasseur, Crocodile Dundee se met à la poursuite de ses ravisseurs.
Premier constat, le scénario de Crocodile Dundee 2 est plus ou moins une copie de son prédécesseur. La seule différence, c'est que le premier film se déroulait en Australie avant de transporter son héros dans la jungle new-yorkaise. Cette fois-ci, c'est l'inverse. Mike "Crocodile Dundee" s'ennuie dans la grande ville américaine et effectue un retour sur ses terres natales.

En effet, sa fiancée, Sue Charlton a été kidnappée par des "saloperies" de trafiquants colombiens, car tout le monde le sait: les Colombiens sont tous des trafiquants de drogue. C'est plus ou moins le message du film... A cela, ajoutez un accent porto ricain à coucher dehors et vous obtenez un doublage (en français) à coucher dehors ! Pourtant, contrairement au premier épisode, Crocodile Dundee 2 n'est même plus un nanar. On nage davantage dans le gros navet dépourvu d'idées et de la moindre originalité.
Déjà, quelle idée de vouloir réaliser un Crocodile Dundee 2 ! C'est aussi dans ce second volet que l'on s'aperçoit que notre héros venu de la brouissaille présente un intérêt somme toute assez limité.

 

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A la rigueur et en étant vachement sympa, ça marchait encore à près bien dans le premier opus mais là... Sincèrement, le spectateur est clairement pris pour un imbécile. En route vers les terres australiennes où notre Crocodile Dundee s'attaque à quelques saletés de Colombiens trafiquants de cocaïne. Le film tente toujours de jouer les cartes de l'aventure et de la comédie mais se montre incroyablement paresseux. Certes, cette suite tente aussi de faire passer notre bouseux... pardon... pecno... encore pardon... héros pour une sorte de sorcier ayant des pouvoirs mystérieux.
Mais rien n'y fait, la formule ne fonctionne plus, en sachant qu'elle montrait déjà de sérieux signes d'essoufflement dans le premier. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

 


Crocodile dundee 2 - Bande annonce par Whisky-Larson

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28 juillet 2014

Après Mosquito, voici Skeeter, un autre film d'horreur pourri avec des moustiques

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genre: horreur (interdit aux - 12 ans)
année: 1993
durée: 1h35

l'histoire: Des déchets toxiques sont enterrés dans le désert, non loin d'une petite ville. Alors que l'eau semble contaminée et que le bétail disparaît progressivement, la ville subit l'attaque de moustiques géants, contaminés eux-aussi par les produits toxiques.     

La critique d'Alice In Oliver:

Les moustiques géants et buveurs de sang ont déjà fait leur apparition au cinéma, notamment avec Mosquito, un gros nanar horrifique, plus ou moins connu par les amateurs du cinéma bis. Mais un autre film, cette fois-ci totalement méconnu, parle lui aussi d'une invasion de moustiques mutants. Son nom ? Skeeter, réalisé par Clark Brandon en 1993.
Au niveau de la distribution, pas grand-chose à signaler: tous les acteurs sont de joyeux inconnus. Seul Charles Napier fait figure d'exception. Son nom ne vous dit absolument rien ? Pourtant, Charles Napier jouera dans de nombreux films de Russ Meyer dans les années 1970.

On le retrouve donc dans Skeeter et dans un rôle assez secondaire, histoire de payer ses impôts à la fin du mois ! Pour le reste, l'affiche du film mérite qu'on s'y attarde quelques minutes. En effet, l'affiche de Skeeter brille surtout par sa laideur mais a le mérite de présenter les hostilités, puisqu'on y voit le dessin d'un moustique horrible et doté de grands yeux rouges.
En l'occurrence, les moustiques de Skeeter sont plutôt discrets dans le film. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Des déchets toxiques sont enterrés dans le désert, non loin d'une petite ville.

 

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Alors que l'eau semble contaminée et que le bétail disparaît progressivement, la ville subit l'attaque de moustiques géants, contaminés eux-aussi par les produits toxiques. A la lecture de l'histoire, on pourrait se dire que Skeeter contient un vrai message écologique puisqu'il est question de pollution et plus précisément de produits nucléaires qui transforment de petits moustiques en monstres assoiffés de sang humain. Pourtant, Skeeter n'a pas de telles prétentions et abandonne très vite la thématique "écolo" pour se concentrer sur des personnages peu charismatiques.
Dans un premier temps, ce sont deux shérifs qui mènent l'enquête sur d'étranges disparitions.

Il faudra donc se contenter d'un flic queutard (ce bon vieux Charles Napier) et de son acolyte bibendum. Durant leurs investigations, ils sont confrontés à la population locale mais aussi à d'anciens "peaux rouges" qui tentent de se faire accepter dans la petite communauté.
Et puis il y a aussi le héros du film, une sorte de bellâtre qui soupçonne très vite nos chers moustiques d'être à l'origine des meurtres. Bref, Clark Brandon (je le rappelle, c'est le réalisateur du film) prend son temps pour planter le décor et ses personnages. Que les choses soient claires: on se fait un peu suer durant presque une heure.

 

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Il faudra donc patienter un long moment avant de voir plusieurs... pardon... un seul moustique moisi débarquer à l'écran. Et on comprend mieux pourquoi. En gros, Skeeter doit composer avec un budget très limité, soit la totalité d'un SMIC Albanais. Ici, les producteurs n'ont pas les moyens de montrer des nuées d'insectes à l'écran. A ce sujet, les déplacements et les mouvements de nos moustiques ne sont guère convaincants. C'est d'ailleurs ce qui saute immédiatement aux yeux: les moustiques de service sont incroyablement statiques ! Bref, en quelques mots: on tient là un sérieux nanar qui brille surtout par ses effets spéciaux médiocres et un scénario ridicule.
Toutefois, dans le même genre, on lui préférera tout de même Mosquito, un nanar lui aussi, mais qui se montre beaucoup plus fun et surtout beaucoup plus généreux.

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27 juillet 2014

Cuvée Schwarzy

Comme vous l'aurez remarqué, le Borat est en vacances à siroter des cocktails à draguer les filles (enfin il va essayer en espérant ne pas tomber sur des rateaux à la plage), tout du moins il va vraiment se la couler douce ce qui lui changera tiens à ce fainéant! Mais la Cave de Borat est toujours ouverte pour vous raconter des conneries et c'est même en cela qu'elle est grandiose (comment ça ce n'est pas vrai petit sacripant au dernier rang?). Vu qu'en ce moment, on fait dans les portraits (dont celui particulièrement explosif de la semaine dernière) autant en faire un nouveau. Cette semaine ce sera donc à ce bon Arnold Schwarzenegger de nous faire son débarquement dans cette foutue cave qui a bien besoin de rangement! Dis bonjour Schwarzy!

"Un cigare, une arme à feu, la jungle, le soleil et tu voudrais que je vienne fouiner dans ta cave, Borat? -Mais oui Arnold on sait tous que tu es génial pour ce genre de nettoyage! -Vraisemblablement je vais aussi t'effacer..."

Arnold c'est l'action man qui a accumulé le plus de bons filons. Les grands réalisateurs l'ont toujours sollicité au détriment de Sylvester Stallone qui a vite compris qu'il vaut mieux être servi par soi-même. Ainsi, il s'est vite retrouvé face à John Milius, James Cameron, Paul Verhoeven, John McTiernan, Richard Fleischer (même si ce fut sur les mauvais films) ou encore récemment avec Kim Jee Woon. Au fil des années, Arnie devient une star, un mastodonte auquel il faut bien donner un peu de tonus. Son implication dans des films plus grand-public en est la preuve. Mais Arnie peine à passer le cap des années 2000 tout en faisant une très mauvaise fin des années 90 au point que son retour au cinéma après deux mandats de gouverneur de Californie n'emballe personne. Attendons de voir néanmoins ce que va bien donner Terminator Genesis qui a l'air pour l'instant assez bordélique. Mais revenons à ses faits d'armes. S'il y a bien une chose que l'on retient dans les films de Schwarzy c'est le nombre de répliques cultes et notamment en VF. "I'll be back" dans Terminator, "Tu te souviens je t'avais dit que je te tuerais en dernier. J'ai menti!" dans Commando, "Hasta la vista baby!" dans Terminator 2, "T'as pas une gueule de porte-bonheur!" dans Predator, "Considère ça comme un divorce!" dans Total Recall... On a vraiment de tout mais clairement Last action hero s'avèree incontournable dans ce domaine.

Au point de se demander combien il y en a et surtout la parodie d'Hamlet est d'une hilarité incroyable, reprenant quasiment mot pour mot la pièce de Shakespeare à la sauce Schwarzy. C'est aussi pour cela que c'est mon film de Schwarzy préféré, car il se moque spontanément de son statut d'action man ultime jusqu'à en devenir une caricature. Voici ci-dessous un florilège de ses répliques et n'oubliez pas si vous aimez les omelettes faites gaffe à vos oeufs! Par ailleurs, il y a quelques temps un internaute a mis en ligne une vidéo nommée "Arnold Schwarzenegger kill count", soit le nombre total de morts qu'il a provoqué jusqu'à The last stand de Kim Jee Woon. On se surprend donc à voir le score total de 509 morts provoqués. Un nombre assez hallucinant qui se confirme avec tous les extraits de films présents avec les morts en question et quand ce n'est pas assez précis on nous met même des marqueurs en forme de tête de mort (classe!). On se rend d'ailleurs compte qu'il ne tue finalement que le T-1000 et lui-même dans Terminator 2 (alors qu'on a droit à une ribambelle de tueries dans le premier, la scène du commisariat parlant pour elle), mais aussi que Conan le destructeur, apparemment une production plus grand public que le film de John Milius, se révèle finalement aussi meurtrier (seize cadavres au compteur)!

Même Hercule à New York a deux morts au compteur et en une apparition dans la série Les rues de San Francisco il tue une femme! Et évidemment de confirmer que Commando est en effet une vraie tuerie dans toute sa carrière. Parce que c'est bien beau de donner à manger à des biches ou porter des troncs d'arbres à mains nues, mais les 93 (le nombre est fou mais oui c'est le nombre exact!) qu'il va falloir enterrer on les met où?! On voit aussi dans cette vidéo à quel point il peut être indestructible malgré le nombre de balles qui fusent. En sachant qu'il bat aussi des records rien que sur la scène avec les guerieros dans Predator. On notera une sérieuse baisse de régime à la fin des années 90 malgré la rigidité de L'effaceur. Comme quoi au détriment d'avoir une gueule de porte-bonheur, Schwarzy n'est pas un enfant de choeur! Confirmant également que le spectateur peut également prendre plaisir à voir des hommes se faire dézinguer par le dernier des héros de films d'action (celui qui dit The Rock je lui fais bouffer mon chapeau!) On n'ose imaginer s'il avait fini par tourner le reboot de La Planète des singes, Doc Savage, Je suis une légende ou Crusade de Paul Verhoeven dans les années 90. 

Enfin je terminerais cette cuvée édifiante et explosive par une note humoristique. Outre sa pub pour Budweiser où il avait une perruque blonde, une tenue de tennis un peu trop courte et moulante pour un match de ping pong, il s'est également montré dans une vidéo un peu particulière. Arnold raconte comme quoi il est très content d'avoir jouer différentes icônes du cinéma, mais il avait un rêve inavoué: avoir un foutu tank! Idéal pour défoncer des bagnoles, un piano, des gâteaux, le BR de Million Dollar Baby (parce que ce foutu film de Clint Eastwood l'a fait pleurer... et Arnold ne pleure jamais!), un oeuf de Pacques... En gros montez dans son tank afin de subvenir à une association. Trop sympa l'Arnold. Allez à la semaine prochaine!

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26 juillet 2014

Du strip-tease, des nichons, des zombies, du gore et du sang... Ou presque !

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Genre: horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année: 2008
Durée: 1h30

l'histoire: Dans un futur proche, Kat, une jeune strip-teaseuse de Sartre, une ville tranquille du Nebraska est infectée par un mystérieux virus. Elle devient un zombie assoiffé de sang lui donnant des allures de tueuse lorsqu'elle fait ses shows. Elle devient l'attraction le plus populaire du club, rendant par cette occasion les autres filles terriblement jalouses. Mais le virus commence alors à se répandre.

La critique d'Alice In Oliver:

En vérité, on connaît surtout Robert Englund pour deux choses: son rôle d'envahisseur dans la série télévisée V et celui du terrible Freddy Krueger dans Les Griffes de la Nuit (un rôle qu'il reprendra plusieurs fois par la suite). Robert Englund a beaucoup tourné dans les films d'horreur: 2001 Maniacs, The Mangler, Le crocodile de la mort ou encore Butcher: la légende de Victor Crowley.
Vient également s'ajouter Zombie Strippers, réalisé par Jay Lee en 2008. Le film n'est pas sorti au cinéma. Pourtant, Zombie Strippers s'est rapidement taillé une solide réputation sur la Toile. La raison ? Une bande annonce qui semble annoncer du gore, des stripteases et des nichons !

Tout un programme ! Evidemment, ce genre de fumisterie n'a aucune prétention si ce n'est de se classer parmi les références du nanar. Reste à savoir si Zombie Strippers tient ou non les promesses annoncées. Réponse dans les lignes à venir. Sur internet et sur les forums de discussion sur le cinéma, le film de Jay Lee suscite la polémique. En gros, il y a ceux qui le défendent et parlent même d'un film culte, et puis il y a ceux qui évoquent un long-métrage très décevant qui ressemble davantage à un pétard mouillé. Autant être clair tout de suite: j'appartiens à la seconde catégorie.
En vérité, Zombie Strippers a de nombreuses références.

 

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Bien sûr, le long-métrage oscille vers le film de zombies, mais également vers l'univers de Russ Meyer et le genre Grindhouse, autrement dit des films sales, bêtes, crétins, méchants mais souvent très gores et qui n'hésitent pas à faire déverser plusieurs hectolitres de sang. 
Dans le cas de Zombie Strippers et malgré les promesses annoncées par Jay Lee lui-même, il manque un peu de tout, et surtout de l'insolence. Pire encore, sur la forme, Zombie Strippers est finalement un produit standardisé et destiné à plaire à un public adolescent (qu'il prend pour un imbécile). Le scénario ? Bon, soyons honnête, on n'attend pas forcément que ce film nous raconte une histoire en particulier, mais allons-y !

Alors que George W. Bush vient d'être élu pour la quatrième fois consécutive, la nudité publique a été interdite sur l'ensemble du territoire américain. Lors d'une opération d'éradication de zombies (créés pour faire face aux trop nombreuses guerres du président), un soldat se fait mordre mais réussit à s’enfuir du laboratoire où avait lieu l'opération afin de ne pas être abattu par ses camarades.
Il se réfugie dans une boîte de strip-tease clandestine, le Rhino, où il attaque Kat, la star de la boîte et fait d'elle la première Zombie-Stripper. Morte-vivante, ses capacités de strip-tease sont décuplées et le patron, Ian Essko, voit là une occasion de se faire beaucoup d'argent facilement ce qui ne l'incite pas à circonscrire l'épidémie.

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Les autres stripteaseuses sont alors confrontées à la question de devenir ou non zombies, par goût, par concurrence, par conformisme… Malgré les quelques clients mangés par Kat et les autres filles zombifiées, la boite fait le plein jusqu'au jour où, jalouses du succès des filles zombies, les autres strip-teaseuses libèrent les hommes zombies, ce qui provoque un carnage sanglant et l'intervention de la troupe de militaires afin d'éradiquer cette menace.
Pour ceux qui ont pu voir quelques courts extraits sur la Toile, ils auront sûrement apprécié la scène où une jeune femme "zombifiée" envoie des boules billards avec son vagin.

Oui, je confirme: on retient bien deux, maximum trois séquences de ce genre (donc profondément débiles) dans Zombie Strippers. Mais c'est tout, c'est vraiment tout. Trois scènes réussies pour une heure et demie de film, c'est peu tout de même, surtout pour un film qui prétend atteindre un très haut niveau de nanardise. Oui, bien sûr, Zombie Strippers reste malgré tout un nanar, mais un nanar décevant qui doit surtout sa réputation grâce à toute la pub qui a été faite sur le film.
Sans cette promotion, Zombie Strippers serait tombé dans l'oubli depuis belle lurette. D'ailleurs, six ans après sa sortie, force est de constater que le film a plutôt sombré dans le néant ou plutôt dans la case "buzz à l'époque mais complètement ringard aujourd'hui". Finalement, cette définition lui convient à merveille.

 


Official Trailer from Zombie Strippers!!! par brienta



25 juillet 2014

Les démons de Roger Cobb

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Genre: horreur (interdit aux - 12 ans)
Année: 1986
Durée: 1h30

l'histoire: Auteur de romans d'horreur et vétéran de la Guerre du Vietnam, Roger Cobb s'installe dans un vieille demeure léguée par sa tante. Mais il est très vite poursuivi par une armée de fantômes dirigée par Ben, un ancien du Vietnam abandonné par Roger. 

La critique d'Alice In Oliver:

Indéniablement, Steve Miner est un véritable spécialiste du cinéma bis et de la série B. Dans les années 1980 et 1990, il réalisera essentiellement des films d'horreur: Vendredi 13 chapitre 2: le tueur du vendredi, Vendredi chapitre 3: meurtres en 3d, Warlock, Halloween: 20 ans après ou encore Lake Placid. Vient également s'ajouter House, sorti en 1986.
L'air de rien, cette série B d'épouvante va rencontrer un énorme succès dans les vidéos clubs, à tel point qu'elle engendrera une véritable saga en quatre épisodes. Le film est également produit par Sean S. Cunningham et Roger Corman.

Rappelons que ces deux-là sont eux aussi des véritables spécialistes du cinéma bis. Le premier s'est fait connaître en réalisant le premier Vendredi 13. Quant à Roger Corman, on ne le présente plus. Visiblement, ce dernier profite de la vague à succès du genre maison hantée au début des années 1980. Poltergeist et Amityville: la maison du diable ont marqué les esprits. 
Jusqu'ici, le genre maison hantée a toujours emprunté la même dynamique, à savoir des films qui mettent à l'épreuve une famille à priori sans histoire. C'est justement sur ce dernier point que House se différencie.

 

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En vérité, on pourrait considérer ce film comme un hommage à Stephen King. Il suffit de prendre le scénario pour s'en rendre compte. Attention, SPOILERS ! Roger Cobb, vétéran du Vietnam devenu écrivain, rend un jour visite à sa tante avec son fils Jimmy. Ce dernier disparaît subitement et sans explication. Les efforts de son père pour le retrouver usent son mariage et son travail. 
Plus tard, sa tante se suicide, laissant la maison inoccupée. Roger décide de s'y installer. C'est alors que les fantômes de la demeure commencent à s'en prendre à lui, utilisant sa culpabilité et ses propres terreurs contre lui.

Finalement, Roger se voit contraint de pénétrer dans l'au-delà lui-même, afin d'y affronter les spectres de son passé (notamment celui de son ancien compagnon d'armes, Big Ben, capturé et torturé à mort par les Vietcongs parce qu'il n'avait pas pu le protéger) et espérer sauver son fils.
House n'est pas un film d'horreur familial mais un film d'épouvante pessimiste, tragique et solitaire. C'est donc seul que le héros de l'histoire, Roger Cobb, un écrivain qui recherche l'inspiration, va devoir affronter ses propres démons. En ce sens, difficile réellement de parler d'un film de maison hantée dans la pure tradition du genre.

 

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En effet, House s'inspire énormément de La Maison du Diable de Robert Wise. Là aussi, le héros doit combattre des fantômes surgissant du passé, et plus précisément un fils qui a disparu mystérieusement et un camarade mort au combat suite à une malheureuse embuscade.
Toutefois, House se démarque par son ambiance lugubre et austère et aussi par son bestiaire, pour le moins impressionnant. House vient également puiser son inspiration dans l'univers de la bande dessinée. En effet, l'apparition des monstres et des fantômes fait parfois penser à une sorte de cartoon à l'humour déjanté et totalement assumé.

Certes, le manque de budget se fait parfois cruellement sentir et Steve Miner doit composer avec les moyens du bord, soit trois francs six sous. Néanmoins, House n'a rien à voir avec l'univers du nanar. Encore une fois, il s'agit d'une pure série B correctement réalisée mais sans pour autant atteindre des sommets. Visiblement, Roger Corman et Sean S. Cunningham ont grandement aidé Steve Miner dans la réalisation de certaines séquences horrifiques.
On reconnaît directement leur style: en gros, House va droit au but et évite les longueurs inutiles, si bien que l'on ne s'ennuie jamais. Mieux encore, House s'impose comme un bon film de genre, à défaut d'être exceptionnel.

24 juillet 2014

Mario remonte dans son kart

Cela faisait longtemps que nous n'avions plus parler de jeux-vidéos et particulièrement de retro-gaming. A l'heure où Mario Kart 8 semble enfin mettre en selle la Wii U (il était temps au bout d'un an et demi d'exploitation), il est grand temps de revenir sur certains volets phares de cette saga vidéoludique toujours aussi fun. Véritable terrain de chasse pour joueur aguerri (combien de joueurs se sont dézingués les pouces à force de vouloir débloquer des personnages ou avoir la coupe de manière parfaite?) ou pas (c'est tout l'amusement de ces jeux), les Mario Kart ont toujours réussi à se distinguer de par la jouabilité comme le principe. Ainsi en 2004 sortait le volet phare de la série (à mon humble avis, certains ne partageant absolument pas ce goût) Mario Kart Double Dash qui avait pour finalité d'être à deux par kart, augmentant le fun. Remise à niveau dès Mario Kart DS en 2005. Jeu attendu de sa console portable (comme sur chaque console de Nintendo depuis le volet de la Super Nintendo), le jeu parvient haut la main à succéder à son prédescesseur. Fort d'un visuel qui a bien changé depuis 2001 (si on le compare bien évidemment avec Mario Kart Super Circuit sorti sur la Game Boy Advance), Mario Kart DS se révèle à la fois fun et dur.

Il reprend les mêmes principes que le précédant volet, à savoir les trois modes de courses avec 50hz, 100hz et 150hz puis une fois débloqué le fameux mode miroir où vous devrez refaire toutes les courses en 150hz mais avec un décor à l'envers. Je dois avouer que j'ai eu moins de difficulté avec ce mode-ci par rapport à celui de Double Dash qui m'avait valu bien des difficultés. En revanche, la difficulté est assez présente en général comme renforcé depuis Double Dash qui était pourtant assez difficile si vous y jouez à fond. Mario Kart DS est aussi le premier épisode à reprendre plusieurs courses des volets précédants afin de faire quatre autres coupes. Il y a donc un total de huit coupes et donc autant de plaisir. Le mode versus vous permettra d'être encore plus aguérri notamment sur le fait que les ordinateurs sont encore plus dangereux que dans le mode normale. Il vous sera désormais possible également de faire des batailles, ce qui était jusqu'à maintenant réservé uniquement au multijoueur. Ce qui vous donnera quelques séances amusantes supplémentaires à piquer les ballons des autres ou à chouraver des étoiles. Un pur plaisir qui a pu être multiplié par le fait que la Nintendo DS fut la première console-portable à utiliser le wifi (ou si ce n'est pas le cas à le démocratiser) permettant ainsi de jouer en multijoueur en réseau, ce qui est une aubaine pour les joueurs adeptes du multi. 

Parmi les personnages débloquables les plus farfelus on retiendra notamment ROB, un ancien accessoire crée par Nintendo sous la forme d'un robot (on pense à un Johnny 5 en avance) pour les jeux Gyromite et Stack Up et que l'on retrouvera également en personnage débloquable dans Super Smash Bros Brawl. Mais son successeur sur Wii sorti en 2008 est particulièrement décevant. Le volant livré avec le jeu devait initialement renforcer le fun du jeu. Sauf qu'il est impossible de faire des dérapages avec mais surtout il n'y a pas de dynamisme dans l'expérience. Vous devez tenir le volant le plus doucement possible dans les virages pour pouvoir bien les négocier et évidemment ne pas prendre le volant de manière bourine. Ainsi les courses deviennent terriblement lentes même en 150hz. Or, le plus des Mario Kart est justement le fun et l'effet de vitesse et Mario Kart Wii a bien du mal à convaincre dans ce domaine. Pareil pour les sons émanant de la wiimote qui s'avèrent désagréables au bout d'un moment même s'il permet au départ une expérience plus sympa. Si l'animation s'en sort plutôt bien, il faut bien avouer qu'il n'y a pas de réelle innovation et surtout on dirait que Nintendo a délégué à un autre développeur. Ainsi, l'animation est parfois hésitante et n'est pas à la hauteur ni des consoles next-gen ni de la Wii.

Par exemple Super Mario Galaxy est bien plus beau visuellement que ce Mario Kart Wii alors qu'ils sont tout deux des jeux événements qui se sont arrachés comme des petits pains. Sans compter que les figures que l'on peut faire avec ne servent pas à grand chose si ce n'est augmenter la vitesse lorsque c'est bien fait. Par ailleurs je n'ai pas tenu à le finir, malgré une bonne expérience en 150hz. Heureusement débarque Mario Kart 7 pour la 3DS qui remet les pendules à l'heure. Si le volet DS était déjà bon, que dire de ce volet 3DS? La 3DS (tout comme ma 2DS) a prouvé dorénavant qu'elle est capable de rivaliser même avec les consoles de salon. Visuellement irréprochable, la console est une merveille et Mario Kart 7 en bénéficie haut la main. Véritable bijou technique, il irradie totalement la console. Au niveau du débloquage des personnages comme des équipements, le jeu est d'autant plus difficile. Il faudra vous perfectionner afin de multiplier les victoires foudrayantes et accumuler les points pour atteindre votre but. Si les personnages seront rapidement débloquer, ce ne sera pas la même chose pour les pneus, modèles de véhicules ou les parachutes. 

Hé oui l'une des grosses nouveautés de ce volet est indéniablement le parachute permettant de faire des figures dans les airs (le dernier volet sur Wii jouerait sur la gravité des circuits). C'est une nouveauté assez réjouissante Sans compter que le jeu retrouve le fun qui manquait cruellement au précédant et la difficulté est très prenante que ce soit en 150hz comme en mode miroir. Par ailleurs cette fois, je n'ai pas hésité à aller directement au 150hz, histoire de profiter tout de suite du jeu. Je terminerais cette chronique en disant qu'importe le support (console de salon ou portable), une saga vidéoludique peut aussi bien se diversifier merveilleusement comme de se viander face au marketing pur (le volant de Mario Kart Wii). 

23 juillet 2014

Christian Clavier nous ressert Jacquouille la Fripouille

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genre: comédie 
année: 1993
durée: 1h20

l'histoire: Urbain Donnadieu et sa grand-mère sont avares au possible. Avec tout leur argent, ils achètent de l'or qu'ils cachent ensuite entre les briques de leur maison de campagne. La femme d'Urbain et son amant, qui est également le chauffeur de la famille, ignorent tout de ces transactions. Jusqu'au jour où pour éviter d'avoir à payer des taxes, Urbain et sa grand-mère décident de transporter l'or en Suisse, et la maison avec ! Commence alors une folle course poursuite.    

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus Gérard Oury à qui l'on doit plusieurs classiques de la comédie française: Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Cerveau, La folie des grandeurs, Les aventures de Rabbi Jacob ou encore Le Coup du parapluie. Toutefois, à partir du milieu des années 1980, Gérard Oury connaît un sérieux essoufflement. Par exemple, on ne retiendra pas grand chose de La vengeance du serpent à plumes avec Coluche. Dans les années 1990, le réalisateur n'est plus que l'ombre de lui-même.
Preuve en est avec La Soif de l'Or, sorti en 1993. Trois ans plus tard, Gérard Oury signera également un Fantôme avec Chauffeur de sinistre mémoire.

Au niveau de la distribution, La Soif de l'Or réunit Christian Clavier, Tsilla Chelton, Catherine Jacob, Philippe Khorsand, Bernad Haller, Marine Delterme et Pascal Greggory. En apparence, La Soif de l'Or réunit toutes les conditions pour devenir une grande comédie.
En effet, le film repose essentiellement sur le duo Gérard Oury/Christian Clavier. Les deux hommes s'associent pour écrire le scénario et les dialogues du film. Mieux encore, Clavier s'impose comme le producteur du film. Autrement dit, La Soif de l'Or est conçu, réalisé et taillé pour Christian Clavier. C'est justement bien là le problème.

 

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En effet, à l'époque, l'acteur ressort de l'énorme succès des Visiteurs. Son personnage de Jacquouille la Fripouille est encore très présent dans l'esprit des français. Dans les années 1990, Christian Clavier nous sert donc ce personnage moyenâgeux à toutes les sauces.
C'est d'ailleurs ce qu'il fait dans La Soif de l'Or, mais j'y reviendrai. En l'occurrence, le film se concentre sur une grande thématique du cinéma comique: l'avarice. Attention, SPOILERS ! Urbain Donnadieu et sa grand-mère sont avares au possible. Avec tout leur argent, ils achètent de l'or qu'ils cachent ensuite entre les briques de leur maison de campagne.

La femme d'Urbain et son amant, qui est également le chauffeur de la famille, ignorent tout de ces transactions. Jusqu'au jour où pour éviter d'avoir à payer des taxes, Urbain et sa grand-mère décident de transporter l'or en Suisse, et la maison avec ! 
Commence alors une folle course poursuite. Dès son introduction, le film a le mérite de présenter les hostilités puisqu'on y voit un Christian Clavier courir après un gros billet pour le récupérer, quitte à se salir les mains dans les escréments d'un chien. Tout un programme ! Déjà, dès les premières minutes, le ton est donné.

 

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La soif de l'or sera une comédie lourdingue à l'effigie de sa vedette principale, donc Christian Clavier (au cas où vous n'auriez pas suivi...). Le scénario est donc le gros point faible de cette comédie monotone qui fonctionne comme un road movie avec une histoire d'amour peu passionnante.
Dans ce désastre filmique, les autres acteurs sont hélas totalement invisibles ou presque. Par exemple, le duo Christian Clavier/Tsilla Chelton ne fonctionne jamais. Même chose pour Philippe Khorsand et Catherine Jacob en mode cabotinage. Ensuite, Gérard Oury se contente de filmer assez platement les aventures d'un personnage principal radin, capricieux et finalement peu attachant.

Au risque de me répéter, Clavier reproduit son personnage de Jacquouille la Fripouille dans Les Visiteurs, tout en y rajoutant un faux air de Louis de Funès. En roue libre, l'acteur en fait des tonnes et multiplie les les grimaces débiles. Pourtant, rien n'y fait. 
Christian Clavier ne parvient jamais à décrocher le moindre rictus imbécile. On se surprend même à regarder longuement sa montre durant cette aventure peu trépidante (pour être gentil). Visiblement, Gérard Oury semble avoir perdu son énergie du passé. Clairement, impossible de reconnaître le style du réalisateur de La Grande Vadrouille et de La Folie des Grandeurs. Une comédie franchement laborieuse qui risque même de rebuter les fans acharnés de Christian Clavier.

 


La Soif de l’or - Bande annonce FR par _Caprice_

22 juillet 2014

Tout le monde n'a pas le droit à une seconde chance

Plusieurs années après avoir été l'un des tueurs juvéniles les plus connus de Grande-Bretagne, un jeune homme essaye de se reconstruire. Mais rien n'est moins sûr...

Boy A : Affiche Andrew Garfield, John Crowley

Andrew Garfield est désormais une star: pas parce qu'il accumule les projets ambitieux (le dernier film ambitieux qu'il a tourné est The Social Network soit un bon bail!), mais il est désormais Spider-man qu'on le veuille ou non. Mais avant, il faut rappeler qu'il a fait ses premières armes à la télévision anglaise (à l'image de Christian 'Batman' Bale et Henry 'Superman' Cavill, il est anglais). Tout d'abord avec Red Riding Trilogy où il incarnait un journaliste sur différentes périodes mais également dans Boy A. A l'origine il s'agit d'un téléfilm pour la chaîne Channel 4 qui le diffusera en 2007, mais par la suite il fut exploité en festivals et en salles dans certains pays. Ce fut le cas de la France en 2009 malgré une sortie discrète. L'air de rien, Boy A a un sujet terriblement ancré dans l'Angleterre et la condition sociale n'a rien à voir avec cela. En effet, le film s'inspire largement de l'affaire James Bulger survenue en 1993 où deux garçons plus âgés ont torturé cet enfant de deux ans avant de le tuer. Ils avaient ensuite été relaché à dix-huit ans et ont changé d'identitée, provoquant un tollé dans les médias anglais. C'est à partir de là que Boy A commence.

Boy A : Photo Andrew Garfield, John Crowley, Peter Mullan

Garfield est justement ce "boy A" (mention donnée lors du procès) et il sort juste de prison. Le fait divers sera dévoilé au fil de différents flashback, mais jamais le personnage (les noms ont été changé, les faits légèrement modifiés puisque le gamin de deux ans devient une gamine afro-américaine en bas âge) ne subira sa réputation avant le dernier quart d'heure. John Crowley fait le portrait d'un homme cherchant à se racheter une conduite en travaillant et en devenant sociable. Il n'a donc rien à voir avec un homme sortant de prison et continuant d'avoir des pulsions meurtrières. Son crime a été trop fort et sa réputation si désastreuse que sa névrose de jeunesse en est réduite à néant. Le "boy A" qui était au banc des accusés alors qu'il était gamin n'est plus, mais l'image reste. Il suffira d'une erreur qui ne sera pas la sienne pour qu''arrive la chute. Plus qu'un film sur l'affaire que l'on pouvait s'attendre, Crowley signe un drame humain et sur la rédemption. Crowley aurait pu filmer Garfield comme un taulard, voire à le diaboliser; il le filme pourtant avec tendresse et on en vient à avoir de l'affection pour lui et à se débarasser du fardeau.

Boy A : Photo Andrew Garfield, John Crowley, Siobhan Finneran

Son contrôleur judiciaire joué par Peter Mullan aura également un grand rôle vu qu'il sera bien malgré lui le déclencheur du nouveau scandale à venir. Car non seulement il doit surveiller ses faits et gestes mais surtout il doit réhabiliter son nom et devoir le garder en sécurité. Car comme l'avait démontré l'affaire à l'époque, la réhabilitation n'a pas lieu. Personne n'a voulu passer à côté du retour des deux enfants-tueurs et la presse en a fait les choux gras. La source est pourtant loin d'être inintéressante. (attention spoilers) Au cours du film, on apprend que le contrôleur a un fils et que ce dernier lui repproche de ne pas l'avoir aider plus que les criminels juvéniles qu'il a encadré. En gros d'avoir fait passer son boulot avant son propre enfant. L'absence conduit à la jalousie et cette dernière peut souvent apparaître comme destructrice. Finalement le pire des crimes ne provient pas du personnage principal mais du fils: il a brisé la réhabilitation du jeune garçon et a mis ses espoirs d'amour, de réussite professionnelle et tout simplement de rédemption réduit à néant (fin des spoilers) Crowley permet à Garfield de délivrer une de ses premières grandes prestations et s'avère prodigieux. Le final s'avère d'une émotion certaine voire terriblement dramatique. Par ailleurs, j'ai volontairement pas mis de bande-annonce car la française résume tout le film. En gros ne la voyez pas, regardez le film.

Un superbe film sur la rédemption échouée devant énormément à son acteur principal, qui mérite bien mieux que de faire le con en apesanteur.

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21 juillet 2014

Tout est dans le titre...

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Plus de 700 000 visiteurs!

 

genre: comédie, aventure
année: 1983
durée: 1h40

l'histoire: Michel Bernardin est employé à Planète Assistance, société qui aide les Français en difficulté à l'étranger. Sa fiancée Isabelle va quitter son emploi d'hôtesse de l'air pour passer plus de temps avec lui grâce à son amie Sophia qui lui a trouvé un emploi dans son agence de voyages. Mais Isabelle est obligée de rester encore quelques temps à son poste pour quelques vols et va le cacher à son fiancé.   

La critique d'Alice In Oliver:

Depuis le début des années 1970, Claude Zidi s'est imposé comme le véritable spécialiste de la comédie française, pour le meilleur comme pour le pire. On lui doit notamment Les Fous du Stade, Le Grand Bazar, L'Aile ou la Cuisse, La Zizanie, Les Sous-Doués, Les Sous-Doués en vacances, Inspecteur Labavure, Les Ripoux ou encore Astérix et Obélix contre César.
Vient également s'ajouter Banzaï, sorti en 1983. Au niveau de la distribution, ce long-métrage réunit Coluche, Valérie Mairesse, Didier Kaminka, Eva Darlan, Marthe Villalonga, François Perrot, Jean-Marie Proslier et Zabou Breitman.

Ce n'est pas la première fois que Coluche et Claude Zidi tournent ensemble. Au fil des années, Coluche est devenu l'acteur fétiche du réalisateur. Pourtant, au moment du tournage de Banzaï, Coluche connaît des moments très difficiles. En effet, à l'époque, l'acteur traverse une grave dépression marquée par le divorce avec sa femme et la mort de son ami Patrick Dewaere.
C'est sûrement la raison pour laquelle Coluche a eu beaucoup de mal à s'investir dans le film. Par conséquent, les scènes de gag seront tournées plusieurs fois. A l'époque, Coluche n'est plus que l'ombre de lui-même.

 

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Pour le reste, Banzaï n'est pas vraiment une comédie classique dans le sens noble du terme. En effet, le long-métrage propose un véritable tour du monde et fonctionne souvent comme un film d'aventure. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario.
Attention, SPOILERS ! Michel Bernardin travaille dans une société d'assurance spécialisée dans l'aide aux voyageurs français à l'étranger, Planète Assistance. Isabelle, sa fiancée, va quitter son métier d'hôtesse de l'air pour passer plus de temps avec lui. Grâce à Sophia, elle trouve un emploi dans une agence de voyage, mais Isabelle doit encore accompagner quelques longs courriers en cachette.

Michel, lui, se voit confier des missions à l'étranger pour la première fois de sa vie, alors qu'il avait toujours tout fait pour rester s'occuper de l'administratif à Paris... justement par phobie de l'avion. Pour ne pas inquiéter Isabelle, il décide donc de ne rien lui dire. 
Sophia couvrant les mensonges d'Isabelle pendant que les copains de bureau couvrent ceux de Michel, tous ces quiproquos les amèneront par conséquent à se croiser bien involontairement à Hong-Kong. Que les choses soient claires, ce n'est ni pas la plus grande réussite de Coluche au cinéma, même dans le registre de la comédie.

 

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En vérité, Banzaï s'adresse avant tout aux fans irréductibles de Coluche qui devraient être en terrain connu et quasiment conquis. Le scénario laisse sérieusement à désirer et se résume à une sorte de quipropos dans lequel Michel (Coluche) tente de cacher à sa fiancée ses escapades professionnelles à l'étranger. Néanmoins, celle-ci n'est pas totalement innocente non plus.
On relève bien sûr quelques sketches assez réussis, notamment lorsque Coluche appelle sa futur épouse au téléphone et qu'il est dérangé par un dromadaire (qu'il fait passer pour un pote). Autre scène hilarante: celle où Coluche est piqué par des moustiques complètement chtarbés. Mais bon, en dehors de cela, pas grand chose à se mettre sous la dent. 
Le film souffre tout de même de grosses baisses de rythme. Enfin, soyons honnête: Banzaï n'est rien d'autre qu'un petit nanar sans prétention. Coluche cabotine. A sa décharge, les autres acteurs ne font pas beaucoup mieux. Mention spéciale à Valérie Mairesse. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

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20 juillet 2014

John McClane a une héritière et elle ne fait pas non plus dans la dentelle

Une réunion de famille houleuse va prendre une autre dimension quand une bande de tueurs à masque les extermine un par un. Sauf qu'ils ne s'attendaient pas à avoir un adversaire à leur taille...

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Dire que You're next d'Adam Wingard est attendu depuis un bail relève de l'euphémisme. Présenté à Toronto à 2011, ce petit film avait alors été racheté par Lionsgate. Mad Movies commence à en parler début 2012 dans un article Preview début 2012, attisant la curiosité de votre cher Borat. Et puis silence radio jusqu'au Festival de Gerardmer de cette année (soit plus d'un an!) pour le voir revenir sur le devant de la scène. Il récolte le prix sci-fi après une séance dites mouvementée. Son calendrier de grosses productions bouclé (Lionsgate possède Summit la productrice de Twilight; et surtout la franchise Hunger Games) et au vue de l'accueil mémorable du film en festivals, You're next sort à peu près partout dans le monde. En France, le distributeur en charge crée la polémique en contestant la décision du CSA de classifier le film interdit aux moins de 16 ans. You're next mérite-il tout le foin fait dessus? Peut être pas totalement, mais le film frappe fort tout de même voire plus que le Grand Prix de Gerardmer incarné par Mama. (attention spoilers) Le film commence assez banalement avec un couple qui fornique. Bon, pas grand chose à se mettre sous la dent avant que la musique n'arrive. Trouvant un moyen typique pour masquer le bruit d'un cri, les criminels caractérisés par des masques d'animaux dégomme le couple. On ne voit pas la mort de la fille, juste l'inscription "you're next", "tu es le prochain" in french (on s'étonne même que le distributeur français n'a pas osé la traduction, pas un mal au final).

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On a droit ensuite alors le défonçage de gueule du concubin. Qui sont-ils? Pourquoi cet acte? Au final, cette astuce est purement scénaristique (on y reviendra dans le récit sans que cela n'est réellement d'impact sur l'intrigue), servant de potentielle mise en bouche avant le festival gore qui va s'en suivre. Nous suivons alors ensuite un couple âgé qui sont suivi par leur fils et sa nouvelle petite-copine. C'est cette dernière incarnée par Sharni Vinson (vue dans Bait et Sexy dance 3) qui va attirer notre attention. Quasiment tout sera de son point de vue dorénavant et son sens alerte de l'action risque de perturber le spectateur. Sorti la même semaine, White house down met en scène un Channing Tatum défonçant du vilain à la Maison Blanche (donc également un endroit restreint). Adam Wingard compte bien se démarquer en faisant un film où le défonceur de tronche est une femme, qui plus est jolie. Le stéréotype de la femme sans défense en prend pour son grade, parce que les faibles sont bien les hommes. Tantôt bouffon, tantôt lâche, tantôt monstrueux, tantôt vaniteux, les hommes présents en prenent pour leur grade et surtout les fameux envahisseurs. En fait, on peut dire que You're next est une sorte de Piège de cristal au féminin et en plus gore.

21019838_20130716135228456 Sharni, faut pas la faire chier! Et si tu lui veux du mal, tu finiras la bite dans un tupperware!

On retrouve également le frère qui veut se venger, qui plus est le frangin est mort en premier (comme dans le McT), l'héroïne pieds nus dans une tenue pas trop chaude (pas déshabillé hein?) pour l'hiver et le plan à double-sens (je n'évoquerais pas plus du contenu). Mais ce qui frappe aussi c'est la justesse de la mise en place. Dès les premières minutes où les parents arrivent, on sait qu'il y a quelque chose qui cloche, qu'il va se passer quelque chose. Mais le spectateur n'en est qu'au début, cela ne peut être qu'un coup pour faire peur vulgairement. Mais au contraire de faire peur, Wingard procure un plaisir jouissif tout autre. Pas que le spectateur se fende non plus la poire tout le temps, mais les exécutions s'avèrent si inventive et bien amenées que cela place You're next comme l'une des grosses réussites horrifiques de l'année. Graphiquement on a de tout allant du bourrage de crâne au pied défoncé en passant par l'utilisation d'un engin ménager que vous n'auriez jamais vu aussi utile face à des assaillants. Le final reste un peu prévisible voire on s'y attend, néanmoins, il faut bien avouer que le coup final est particulièrement merveilleux. (fin des spoilers) Les acteurs s'en sortent assez bien dans l'ensemble et évidemment Sharni Vinson en tête. Elle qui incarne souvent des petites copines sympas semblent prendre son pied à dégommer des saligauds! On regrettera néanmoins cette foutue musique électro qui deserre le film plus qu'autre chose.

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Un home invasion inventif et jouissif qui a le mérite de laisser la place à une héroïne pugnace et virulente à souer.

La critique d'Alice In Oliver:

Le home invasion n'est pas un genre nouveau au cinéma. Il possède même de nombreux films très connus et de diverses qualités: le terrible Funny Games et son remake, Funny Games U.S., Panic Room, Les Chiens de Paille, Kidnappés, Mother's Day, Black Christmas, Ils, The Strangers, A l'intérieur ou encore La Dernière Maison sur la Gauche, pour ne citer que ces exemples.
Vient également s'ajouter You're Next, réalisé par Adam Wingard en 2013. Contre toute attente, le film rencontrera un très grand succès aux Etats-Unis. Mieux encore, il se taille une solide réputation en dehors de ses frontières, notamment en France.

Il faut dire que l'affiche du film impose déjà ce sentiment de terreur avec la tête d'un homme (enfin, on imagine que c'est un homme) portant un masque de loup et photographié en gros plan. Certains fans parlent déjà d'un film culte et You're Next a reçu des avis et des critiques plutôt positives dans l'ensemble. Reste à savoir si le film est bel et bien la claque annoncée.
Réponse dans les lignes à venir. Au niveau de la distribution, on ne relève pas vraiment d'acteurs très connus. Pas de star ou de grande vedette dans ce film. En vérité, You're Next s'inscrit dans la grande tradition du genre "Home Invasion".

Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! La famille Davison est réunie dans sa maison de campagne pour célébrer l’anniversaire de mariage des parents. Alors que chacun commence à laisser éclater ses frustrations et rancoeurs, la maison est prise d’assaut par un groupe de tueurs masqués. La réunion de famille tourne au jeu de massacre, les assaillants tentent de les supprimer un à un. Mais sous ses airs d’innocente petite amie, Erin va s’avérer pleine de ressources. Premier constat, You're Next n'a strictement rien inventé.
Il s'inscrit (encore une fois) dans la grande lignée de La Dernière Maison sur la Gauche même si on pense aussi à The Strangers et plus récemment à The Collector ou encore à Kidnappés.

You're Next

La seule différence, c'est que You're Next joue également la carte du slasher. En effet, nos agresseurs portent des masques étranges (et plus précisément des masques d'animaux). Indéniablement, You're Next entretient une certaine filiation avec Scream, Halloween et Black Christmas. Surtout Halloween: la nuit des masques en l'occurrence. 
Là aussi, c'est une jeune femme qui est l'héroïne principale et dont l'agressivité et la ténacité vont se révéler très surprenantes. Autant le dire tout de suite: la première demie heure du film n'est guère passionnante. Adam Wingard se contente de planter le décor et de présenter divers personnages auxquels il est difficile de s'attacher.

Seule Erin (donc l'héroïne de l'histoire) fait figure d'exception. Les autres protagonistes qui l'entourent ne présentent pas un grand intérêt. En revanche, les choses s'accélèrent sérieusement lorsque nos agresseurs passent enfin à l'attaque. A partir de là, You're Next gagne sérieusement en qualité et ne relache plus le spectateur. Sans pour autant verser dans le spectaculaire ou le grandguignolesque, le film propose de nombreuses séquences très réussies.
Indéniablement, You're Next possède un vrai potentiel. En vérité, le long-métrage joue habilement avec les différents codes du genre et s'amuse avec ses diverses références.

C'est indéniablement le gros point fort du film. Toutefois, rien de neuf au tableau de bord. Si You're Next possède une vraie folie quasi animale (parfois), le scénario reste assez peu surprenant dans l'ensemble, tout comme les révélations sur les réelles motivations de nos étranges agresseurs.
En résumé, You're Next n'est pas la claque annoncée. C'est un honnête film de genre qui doit beaucoup à la réalisation d'Adam Wingard (qui n'est pas un manchot derrière la caméra). Enfin, dans le rôle d'Erin, l'actrice Sharni Vinson, tire son épingle du jeu. Bref, You're Next ravira probablement les non-initiés du genre. En revanche pour les autres, il risque peut-être de passer pour une production un peu trop classique pour susciter entièrement l'adhésion.


YOU'RE NEXT - Fresh par teasertrailer

Cuvée kaboom

La Cave de Borat a accueilli les bons avec une ferveur incroyable, il était donc temps d'applaudir les mauvais. Faisant partie de ma trinité hollywoodienne démoniaque aux côtés de Roland Emmerich et Paul WS Anderson, la cave de Borat est fière de vous présenter Michael Bay! Dis bonjour à la caméra Mickie! 

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Michael Bay

"J'ai pas le temps Borat, je suis en plein chantier! Je filme l'explosion de l'Empire State Building pour le prochain Transformers! -Mais il vient juste de sortir! -Non c'est pour le cinquième, je filme d'abord les explosions après je mettrais les acteurs dans le champ et je les ferais péter à la mine! Hiha!"

Michael Bay représentation typique du mec détesté dans ces colonnes (et on s'en revendique ardemment), parvenant maladroitement à dépasser la moyenne (seul deux films, à savoir Rock et Pain and Gain, peuvent s'y distinguer) et vantard énamouré (il a dit plus d'une fois qu'il ne ferait plus de Transformers, il a signé pour deux autres!). Nous allons donc passer un peu de temps avec l'ami Michael. Indéniablement, l'ami a déposé une trace (bien malheureusement) indélébile dans le cinéma avec plusieurs effets de style que nous allons décortiqués:

  • Propagande et patriotisme

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Nicola Peltz

Et de un!

Si Michael Bay est assez connu dans ses colonnes, c'est par sa manière de montrer que l'Amérique mène le monde avec ses gros sabots. Ainsi cela passe par une idéalisation de l'armée qui n'est absolument jamais remise en cause. Les héros de Pearl Harbor? Des pilotes émérites qui n'hésitent pas à sauver ce qui reste du port ou à donner leur sang dans des bouteilles de Coca Cola (on y reviendra). Les soldats des Transformers (tout du moins jusqu'au troisième, excusez-moi d'avoir éviter le dernier)? Des gens tout gentils tout confiants dans les valeurs de leur pays et évidemment de bons pères de famille (en sachant qu'il n'y a pas trop de place pour les femmes, tout du moins pas dans ce domaine. Sans compter qu'il est tout à fait logique qu'ils puissent intervenir en Egypte ou à Shanghaï sans aucune autorisation! Viva USA! Les terroristes de Rock? Ils veulent juste qu'on leur paye des indemnités, tout du moins Ed Harris parce que les autres sont quand même bien chargés. Et puis il y a cet amour du drapeau présent dans à peu près tous ses films. Pour vous dire, il y a une dizaine de drapeaux américains rien que dans les deux minutes de la première bande-annonce de Transformers 4! Vous pensez que c'est une blague? Allez les compter! 

Armageddon : Photo

Independance et Liberté vous salue!

Mais mieux, même dans ses films en apparence dénués de ces éléments, on retrouve ce genre d'allusions. Ainsi les petits gars de Pain and gain ne jure que sur le rêve américain au point d'en abuser un peu trop; quand les deux navettes d'Armageddon s'appellent Liberté et Indépendance! Sans compter qu'il est tout à fait normal d'entrer à Cuba pour un Américain pour aller chercher une fille. Impérialisme ricain mon amour! Evidemment, comme souvent dans les films américains, un grand nombre de films de Bay fait l'éloge de l'Amérique sauvant le monde. Qui sauve le monde des vilains decepticons? Les ricains et si possible à l'international. Qui sauve le monde d'un enterrement terrestre? Bruce Willis l'Amérique pendant que tous les autres pays semblent se toucher en attendant la résolution finale! On se souviendra encore longtemps aussi de Roosevelt se levant envers et contre tous dans Pearl Harbor.

  • Belles pépés 

Au fil des années, l'ami Michael a filmé plus d'une fois les ravissantes mannequins de Victoria's secret à longueur de spot. Pour preuve en voici un exemple: 

Alors au cinéma il fait pareil. Ainsi au fil des années, il aura filmer des beautés tel que:

  • Tea Leoni dans Bad Boys

Bad Boys : Photo Michael Bay, Tea Leoni

Premier Bay girl, la future ex-femme de David Duchovny est le fil conducteur du film vu qu'elle sert de témoin pour Will Smith et Martin Lawrence. Reste qu'elle apparaît très rapidement comme un véritable boulet qui allume pas mal notre duo, y compris le marié.

  • Vanessa Marcil dans Rock

On la voit surtout au début qui plus est à cheval sur l'ami Nicolas Cage. Par la suite, on la voit en mode alerte attendant des informations sur son mari. Rock un film d'hommes!

  • Liv Tyler dans Armageddon

Armageddon : Photo

Véritable ôde au sentimentalisme à la Bay, la fille de Steve Tyler a deux "enjeux majeurs" dans le film: elle est la fille de Bruce Willis et la fiancée de Ben Affleck, ce qui engendre des conflits monumentaux entre beau-papa et son gendre. Au moins un peu de charme dans ce monde de brute où sent le cambouilli!

  • Kate Beckinsale dans Pearl Harbor

Pearl Harbor : Photo

Encore plus de sentimentalisme à la Bay avec la future femme de Len Wiseman, puisqu'à l'image de Titanic avec le trio Dicaprio-Winslet-Zane, là c'est Affleck-Beckinsale-Hartnett. Sauf qu'à force de tirer la corde raide, Bay finit par en être ridicule surtout quand il filme la miss façon Epinal.

  • Gabrielle Union dans Bad Boys 2

Bad Boys II : Photo Gabrielle Union, Michael Bay

A peu près le même schéma qu'Armageddon: Gabrielle Union est à la fois la soeur de Martin Lawrence et la petite-copine de Will Smith. Autrement dit, c'est encore une fois une femme qui sert de fil conducteur aux aventures des deux flics à Miami. Pas sûr que l'on se souvienne du rôle en revanche.

  • Scarlett Johansson dans The Island

The Island : Photo Michael Bay

Sidekick totalement inutile du film aussi transparent que son actrice principale. Il faudra que la miss arrête la blonde attitude pour devenir une femme d'action.

  • Megan Fox dans les deux premiers Transformers

Ah le fantasme du geek et symbole de tout ce que beaucoup adore chez Bay: quand il filme des culs sous toutes les coutures! C'est le cas dans ce plan de Transformers 2 où la miss Fox est en position très particulière. Sinon dans les Transformers, elle ne sert pas à grand chose, si ce n'est qu'elle est un boulet pour le héros qui a tant fait pour pouvoir la tringler. Amertume.

  • Isabel Lucas dans Transformers 2

Transformers 2: la Revanche : Photo Isabel Lucas, Michael Bay

Transformers 2 n'est pas connu pour sa grande brillance scénaristique, le pauvre Michael ayant subi de plein fouet la grêve des scénaristes! Le pauvre, c'est vrai qu'il a tellement besoin d'un scénariste pour faire un Transformers! Ainsi, l'ami Michael ose toutes les excentricités et la présence d'Isabel Lucas (dont la carrière ne s'en remettra jamais) en est bien la preuve. En effet, pendant toute la première partie, elle n'arrête pas de chauffer l'ami LaBeouf jusqu'au moment où elle se transforme en transformers! Ou comment Bay mixe La Mutante et Transformers pour un grand moment de ridicule. Rien que pour le plaisir voici la vidéo:

  • Rosie Huntington Whiteley dans Transformers 3

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Michael Bay, Rosie Huntington-Whiteley

Suite au fait que la miss Fox a cité Bay comme "Hitler", pas rancunier l'ami Bay a pris une des miss de Victoria's secret Rosie Huntington Whiteley. Sauf que comme souvent, qui dit mannequin dit ne sait pas jouer. Cela ne rate pas puisque la miss sert encore à moins à quelque chose que Megan Fox! Un comble!

  • Bar Paly dans Pain and Gain

Là où Michael assume complètement son concept. Après avoir chercher les filles, les girls next door et les copines en date, avec Bar Paly il en fait carrément une strip-teaseuse ex-miss hongroise (donc accent à couper au couteau) et à la débilité profonde, se tapant à la fois Mark Wahlberg (sur un parking) et The Rock. Un pur objet sexuel en soi.

  • Nicole Petz dans Transformers 4

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Nicola Peltz

Même topo que pour Armageddon: fille-père-gendre. Pas vu le film mais néanmoins dommage que la miss passe de Bates Motel à ça...

  • Acteurs connus en manque de sous

Au cours de sa filmographie, il est tout de même incroyable de voir tant d'acteurs connus se foutre dans ses films. Faisons un petit tour des amigos ayant des impôts à payer en enlevant toutefois le duo de Bad Boys qui débutait: Tchéky Karyo, Joe Pantoliano, Ed Harris, Nicolas Cage, Sean Connery, David Morse, Michael Biehn, Bruce Willis, Billy Bob Thornton, Steve Buscemi, Alec Baldwin, Cuba Gooding Jr, Jon Voigt, Charlton Heston (et oui il faisait la voix au début du film), Tom Sizemore, Ewen Bremmer, Dan Aykroyd, Colm Feore, Cary Hiroyuki Tagawa, Mako, Ewan McGregor, Sean Bean, Djimon Hounsou, Anthony Anderson, John Turturro, Kevin Dunn, Bernie Mac, Frances McDormand, John Malkovich, Mark Wahlberg, Kelsey Grammer, Stanley Tucci, Tony Shalhoub ou The Rock. ça fait beaucoup tout de même surtout pour certains qui viennent clairement pour des caméos inutiles. A quand Harrison Ford en commandant impérial de la flotte autobots? 

  • Kaboom, épileptisme et autres

Voilà un aspect qui représente à lui seul le cinéma de Michael Bay: les explosions, des armes à feu, du bruit! Le genre que vos tympans ne sont pas prêts d'oublier. Même Pain and Gain en a. Mais qui dit explosion dit aussi épileptisme. Pour preuve, les Transformers sont dramatiques sur ce domaine car les robots sont tellement interchangeables qu'on ne les reconnaît pas du tout en dehors de trois. Et surtout on ne comprend rien. Je me souviens particulièrement du final du deuxième film qui était tellement illisible qu'il m'avait donné un beau mal de crâne. Mais l'internaute n'est pas dupe et a parodié plus d'une fois les excès filmique de l'ami Michael. Ainsi voici un petit montage bien bourrin avec des explosions et le "broom" des bandes-annonces des Transformers. 

Imaginez dorénavant certains classiques à la Michael Bay. Par exemple Les évadés de Frank Darabont. Jump flares, explosions en pleine prison, Optimus Prime au micro de la prison ou encore Linkin Park en fond sonore. 

Sans compter l'ami Seth Green qui s'en est moqué dans Robot Chicken, sa série en stop motion. Un film qui s'appelle sobrement Explosions avec... que des explosions! De camion, de dirigeable, de voiture, d'hélico, de pont, de poussette, de mannequin, de feux d'artifice, d'avions de chasse, de bus.... Tout ce que vous voulez du temps que cela explose!

Et puis chez Michael il y a aussi le plan circulaire. Alors il y a souvent l'arrêt sur image avec nos cocos qui restent au ralenti. Mais surtout il y a le plan circulaire artificiel à mois que vous n'ayez une micro-caméra qui arrive à passer dans les trous de porte! Un plan qui dans mon souvenir a été inauguré dans Bad Boys 2. Déjà que la scène avec les haïtiens est d'un vulgaire sans précédant, l'épileptisme de la scène n'en est que plus grand avec ce déluge de tirs, de sang qui gicle et de caméras qui tournent à la manière d'une montagne russe qui vous garderait jusqu'à dégueuler! Ce type de scène sera repris par la suite sur Transformers (le gunfight entre Jon Voight et les décepticons dans la remise) et dans Pain and gain (la scène avec la magnat qui finira avec un poids dans la gueule!). 

  • Placement de produit

S'il y a bien une chose que l'on remarque facilement dans un film c'est les pubs et Michael en a souvent utilisé. Une bouteille de Coca Cola sert à stocker du sang dans Pearl Harbor, la XBox 360 qui se métamorphose en transformers, sans compter les voitures... Mais le plus grandiose a été atteint avec Transformers 4. Rien que sur la première bande-annonce, on peut voir un énorme placement de produit pour toute une gamme de marques asiatiques. Ainsi de gauche à droite nous avons Panasonic, TCL, Epson, Hitachi, Philips, Hyundai et Samsung. Je vous laisse faire votre marché! 

  • Pompage

Enfin dernier point à aborder avec le style c'est bien sûr le pompage dans ses films. Car l'ami Michael n'est pas infaillible et commet lui aussi ses petits pompages par ci par là. Ainsi on commence avec Bad Boys 2. Vous vous souvenez certainement du final dans les favelas avec les maisons se faisant dégommer par les deux hummer. Hé bien sachez que Michael n'a rien inventé puisque Jackie Chan faisait déjà cela dans Police Story. Pour preuve cette vidéo où la scène est entre 1'05 et 2'04 et la scène de Bad Boys 2.


POLICE STORY 1 BEST SCENES par xmaster101

Pour ce qui est du scénario de The Island, les scénaristes ont été chercher chez le père Lucas et son THX 1138. Cité préservé, costume identique à chacun, interdits en pagaille et monde réel au dehors. Le plan où McGregor et Johansson sortent est même assez similaire au final du premier film de Lucas. Mais là où Mickey a fait fort c'est sur Transformers 3. Comme The Island appartient à Dreamworks et que Dreamworks était la propriété de la Paramount alors pourquoi ne pas reprendre une scène entière du film de 2005 en remontant le tout avec des transformers et des incrustrations des acteurs du film? C'est ce qu'a fait l'ami Michael de manière redoutable comme le confirme cette vidéo où les deux scènes apparaissent sur un même écran. 

Je terminerais cette chronique sur le court-métrage animé Bad Toys 2 plutôt inventif et bien plus fun que la poursuite du titre parodié. D'autant qu'on a Thierry Ragueneau (Linguini dans Ratatouille), Richard Darbois (Buzz l'éclair) et Philippe Peythieu (Homer Simpson) au doublage. Un court de grande qualité et bien moins con que son homologue. Allez à la semaine prochaine!

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19 juillet 2014

Hannah Montana chez les bouseux... Pardon... Hannah Montana à la campagne !

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genre: film musical, gnangnan
année: 2009
durée: 1h40

l'histoire: Le phénomène planétaire débarque enfin sur grand écran ! Miley Stewart (Miley Cyrus) se bat chaque jour pour concilier l'école, les copains et son identité secrète : elle est la pop star Hannah Montana. Mais la célébrité d'Hannah menace d'envahir la vie de Miley... Le père de la jeune fille (Billy Ray Cyrus) décide de la ramener chez lui à Crowley Corners, dans le Tennessee, pour un petit retour à la réalité. C'est le début d'une aventure pleine d'humour, de rire et d'émotion que même Hannah Montana n'aurait jamais pu imaginer !  

La critique d'Alice In Oliver:

Inutile de le préciser, mais Hannah Montana: le film, réalisé par Peter Chelsom en 2009, est évidemment l'adaptation d'une série télévisée du même nom ou presque (donc Hannah Montana). Impossible de vous dire ce que vaut concrètement la série d'origine puisque je ne la connais pas et je n'ai pas spécialement envie de la découvrir. En même temps, il faut bien le reconnaître: Hannah Montana: le film s'adresse avant tout au public adolescent et plus particulièrement aux midinettes qui rêvent encore du prince charmant. Comme qui dirait: il faut de tout pour faire un monde.
Et après tout, pourquoi pas...

Au niveau de la distribution, Hannah Montana: le film réunit Miley Cyrus, Billy Ray Cyrus, Jason Earles, Emily Osment, Mitchell Musso et Moises Arias. A l'origine, Hannah Montana est une série qui cartonne surtout aux Etats-Unis. Elle est quand même moins connue en France.
Justement, le but de cette transposition cinématographique est de faire connaître davantage sa poupée Barbie... heu pardon... son héroïne, donc Hannah Montana (au cas où vous n'auriez pas suivi), en dehors de ses frontières, et notamment en France. Inutile ici de regarder le scénario qui brille avant tout par sa transparence et sa simplicité.

 

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Attention, SPOILERS ! Hannah Montana et Miley Stewart ne font qu'une. La première est une star blonde de la musique pop, idole des jeunes. La seconde est une brunette anonyme, qui a les deux pieds sur terre. Enfin, plus tout à fait. Le succès de son alter ego lui est monté à la tête. 
C'est pourquoi le père de Miley kidnappe cette dernière pour la ramener passer deux semaines sur la ferme familiale du Tennessee, coupée du monde et du glamour. Au bout de quelques jours de résistance, Miley se laisse gagner par la chaleur de sa grand-mère, les beaux yeux d'un garçon de ferme et le sort d'un pré avoisinant, menacé par la construction d'un centre commercial.

Une kermesse est organisée pour financer la lutte des opposants au projet, et pour assurer son succès, on demande à Hannah Montana de venir chanter. Dès les premières minutes du film, la couleur moisie et marron (je vous laisse deviner l'odeur...) est annoncée.
En effet, on découvre une star de la chanson américaine bien foireuse... pardon de la pop acidulée et destinée à séduire les adolescentes en manque de mec... pardon le jeune public. Evidemment, Hannah Montana est belle, blonde de surcroît et enchaîne les tubes complètement ringardos... pardon les morceaux d'anthologie sur scène à gros coup de pétards et de feux d'artifice.

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Pas de doute, nous sommes en bien en présence d'un film américain avec la mentalité qui va avec: en gros, vive l'Amérique des WASP et pro-Bush ! Mais peu importe, Hannah Montana: le film tente bien gentiment de nous raconter une histoire, à savoir celle d'une adolescente qui mène un double vie (je renvoie au synopsis). Star et "blondasse" sur scène, Hannah Montana devient Miley Stewart, une "brunasse" sans histoire et quelconque dans la vie de tous les jours.
Oui mais voilà, le succès lui est monté à la tête. Son père décide alors de l'envoyer chez les bouseux histoire que notre grognasse... pardon notre héroïne retrouve certaines valeurs. 

Au contact des cheveux, de la paille, de la bouse de vache... pardon du parfum naturel se dégageant de la campagne, Hannah Montana va finir par apprécier cette nouvelle vie. Elle va même tomber amoureuse d'un gentil blondinet au sourire Email Diamant. Je passe sur cette histoire d'amour peu passionnante. Je passe également sur les chansons que le film nous assome à profusion, histoire de vendre encore plus un produit ultra formaté et standardisé. Bien sûr, les jeunes midinettes risquent d'apprécier ce spectacle et seront en terrain connu et quasiment conquis. 
Pour ma part, je préfère passer mon tour. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

 


Hannah Montana - le film - Bande-annonce 1... par BandeAnnonceHD

18 juillet 2014

Vengeance "légitime"

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genre: drame
année: 2014
durée: 1h30

l'histoire: Un soir, sur la route d'Honfleur, après sa journée de travail, Philippe Tessier, père de deux fillettes, renverse accidentellement un garçon à vélo, Victor Harfouche, 10 ans. Affolé, redoutant les conséquences, il abandonne l'enfant inanimé sur le bord de la route. Sans secours, Victor meurt des suites de ses blessures. Dès lors, Philippe Tessier devient un assassin. En apprenant la nouvelle, Antoine Harfouche, le père de l'enfant, veut à tout prix retrouver l'assassin de son fils. Le hasard fait que les deux hommes travaillent dans la zone portuaire  du Havre. Un jeu ambigu va les amener à se rapprocher l'un de l'autre et un début d'amitié va même naître entre eux. Mais Christine Tessier, la femme de  Philippe, n'acceptant pas la lâcheté de son mari, va précipiter sa chute.  

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils, réalisé par Pierre Aknine en 2014, est l'adaptation d'un roman du même nom de Jacques Expert. Il s'agit également d'un téléfilm, donc d'une production destinée à la télévision. En l'occurrence, la production est assurée par TF1, une chaîne qui ne brille pas particulièrement par l'intelligence de ses programmes.
Pourtant, consciente qu'elle tient (pour une fois) un sujet sérieux, TF1 fera un peu..., beaucoup..., pardon énormément la promotion de ce téléfilm. Au niveau de la distribution, ce drame réunit Jean-Paul Rouve, Audrey Lamy, Sami Bouajila, Anne Marivin, Florence Müller et Françoise Pinkwasser.

Le scénario est conçu pour toucher un maximum de spectateurs. Attention, SPOILERS ! Un soir, sur la route d'Honfleur, après sa journée de travail, Philippe Tessier, père de deux fillettes, renverse accidentellement un garçon à vélo, Victor Harfouche, 10 ans. 
Affolé, redoutant les conséquences, il abandonne l'enfant inanimé sur le bord de la route. Sans secours, Victor meurt des suites de ses blessures. Dès lors, Philippe Tessier devient un assassin. En apprenant la nouvelle, Antoine Harfouche, le père de l'enfant, veut à tout prix retrouver l'assassin de son fils. Le hasard fait que les deux hommes travaillent dans la zone portuaire  du Havre.

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Un jeu ambigu va les amener à se rapprocher l'un de l'autre et un début d'amitié va même naître entre eux. Mais Christine Tessier, la femme de  Philippe, n'acceptant pas la lâcheté de son mari, va précipiter sa chute. Evidemment, avec un tel scénario, Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils aborde un sujet difficile, à savoir celui d'un bon père de famille, Philippe Tessier, chauffard à ses heures perdues, et qui tue accidentellement un jeune gosse sur la route.
Il aurait pu tout avouer à la police mais pour cela, il aurait fallu assumer toutes les responsabilités que cela implique.

Plutôt que de ses rendre chez les flics, Philippe Tessier préfère se taire et cacher son meurtre. Dans un premier temps, il fait preuve d'un très grand sang froid et cynisme. Il fait comme si rien ne s'était déroulé. Et pourtant, très vite, son attitude le trahit. Déjà, sa femme, avec qui il ne s'entend plus depuis des années, a de sérieux soupçons. Même le père de la victime commence à mener sa petite enquête sur Philippe qu'il considère comme le principal suspect.
Son but ? Punir et tuer celui qui a écrasé son rejeton sur la route. Bref, à partir de là, c'est un drame psychologique qui s'engage.

 

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Plutôt habitué à jouer les fanfarons au cinéma, Jean-Paul Rouve trouve un rôle beaucoup plus sérieux qu'à l'accoutumée. Rien à redire sur l'interprétation. Les autres acteurs tirent eux aussi leur épingle du jeu. On apprécie de voir notamment Audrey Lamy et Anne Marivin dans des registres différents.
Pourtant, malgré des qualités évidentes, notamment un sujet difficile et sensible qui touche forcément, et une interprétation de qualité (je sais, je viens de le dire...), Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils a bien du mal à convaincre totalement sur la durée. Clairement, on a tout de même du mal à partager le chagrin de cette famille touchée par cette perte et cette tragédie.

La faute revient essentiellement à une réalisation beaucoup trop terne pour susciter l'adhésion et rarement l'émotion. Visiblement, Pierre Aknine compte sur la performance de ses acteurs. Encore une fois, à ce niveau-là, rien à redire. Hélas, ce téléfilm se montre assez transparent sur les thématiques qu'il aborde. Par exemple, la peine, le chagrin et le deuil du couple formé par Audrey Lamy et Sami Bouajila sont montrés en l'espace de cinq petites minutes, chronomètre en main.
Même chose pour ce qui est de la vengeance légitime formulée par Sami Bouajila, évoquée en quelques petites secondes lors d'une brève rencontre avec Jean-Paul Rouve en voiture. Même remarque encore concernant la relation que ce dernier entretient avec sa femme. Pourquoi sont-ils aussi fâchés ? Enfin, pourquoi Philippe Tessier cherche-t-il à cacher à tout prix son meurtre ? 
Bref, autant de questions qui auraient mérité une meilleure analyse même si on devine forcément les raisons. En revanche, Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils se montre beaucoup plus intéressant quand il aborde ce jeu de faux semblants qui s'installe entre les différents protagonistes. Un téléfilm intéressant donc, mais pas la claque annoncée, loin de là.

 


Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils... par claudeaubanel

Les vrais détectives sont ceux dont on se souvient

Deux enquêteurs de Louisiane se retrouvent sur une affaire qui les hantera durant presque vingt ans...

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A l'heure où les séries deviennent plus ambitieuses que les films sortant d'Hollywood (il n'y a qu'à comparer Game of thrones avec Transformers 4 je pense que le combat est gagné d'avance pour le premier), peu peuvent se dire réellement culte dès la première saison. En sachant que pour certaines cela se dégrade assez rapidement dès la seconde comme l'a prouvé moult fois Lost. La dernière série de cet acabit est True Detective, série policière anthologique sur une saison (une saison = une histoire) comme American Horror Story. Entièrement scénarisée par Nic Pizzolatto (alors juste connu pour quelques nouvelles et un apport sur le remake de The Killing); entièrement réalisée par Cary Fukunaga (réalisateur du remarqué Sin Nombre et de l'adaptation de Jane Eyre avec Mia Wasikowska); et avec comme têtes d'affiche l'oscarisé Matthew McConaughey (son triomphe en mars dernier est survenu juste après le carton d'audience du dernier épisode) et Woody Harrelson, rejoint par des têtes connues comme Michelle Monaghan, Elizabeth Reeser, Kevin Dunn, Alexandra Daddario (qui a vraiment bien grandie depuis Percy Jackson!) ou Paul Ben-Victor (mais si le premier mec que liquide Ben Affleck dans son costume riquiqui de Daredevil)... True Detective est devenu le dernier hit d'HBO, déjà bien contente d'avoir un lot de séries prestigieuses (au hasard Boardwalk Empire, Rome ou Les Soprano). 

Photo Matthew McConaughey, Woody Harrelson

L'histoire? Deux enquêteurs qui pensent avoir trouver un coupable dans une affaire sordide et se rendent compte de leur erreur bien des années plus tard. Une histoire de serial killer ne nécessitant a priori pas huit épisodes quand un épisode d'Esprits criminels torcherait l'affaire au bout de 45 minutes avec coupable bouclé ou liquidé. Ce n'est pourtant pas le cas, puisqu'en huit épisodes, les personnages de Nic Pizzolatto ont plus évolué que l'équipe de CBS en bientôt dix saisons. L'intrigue elle aussi se révèle infinimment plus complexe de par les relations entre les personnages. Durant au moins quatre épisodes, Pizzolatto croque ses deux personnages principaux, deux flics aussi différents qu'ils ne lâchent pas l'affaire sur laquelle ils sont et surtout s'avèrent aussi impulsifs pour ce qui est de finir cette enquête. McConaughey incarne un divorcé meurtri depuis la mort de sa fille et partant parfois dans des directions psychiques très poussés (rapidement son collègue lui dit d'arrêter ces conneries, ce qu'il ne fait pas). Harrelson est plus bourrin et volage, alors qu'il est en menage avec femme et enfants prétextant vulgairement la mort d'un parent et se noyant dans l'alcool.

Photo Matthew McConaughey

En quatre épisodes, Pizzolatto parvient à présenter un duo atypique et ce d'une certaine manière. En effet, toute l'enquête (tout du moins au départ) est un immense flashback riche en ellipses (on passe littéralement de 1995 à 2002, puis de 2002 à 2012) et racontée en 2012 par les protagonistes interrogés séparemment par des agents alors qu'ils ne sont plus en service. En les filmant sur différentes périodes, on voit l'évolution du duo que ce soit moralement ou physiquement: la découvert, la rupture et la réconciliation; le trouble de McConaughey sans compter sa gueule amaigrie (on sent qu'il ressortait du Dallas Buyers Club) et limite hyppie et la rancune d'Harrelson, perdant ses cheveux au fil des années. Quant à l'intrigue, un peu comme l'affaire Zodiac, elle évolue au fil des années. On pense avoir trouver le tueur, il n'en est finalement rien. Le crime? Montré dès le premier épisode et rappelant les méfaits du docteur Lecter dans la récente série (un corps de femme coupé par des bois de cerf) quand la réelle batisse du tueur n'est pas sans rappeler celle de Buffalo Bill dans le final du Silence des agneaux. Jusqu'au final de l'épisode 7, le public n'a pas de visuel du tueur permettant un affrontement final d'autant plus crédible. Un peu comme John Do qui n'apparaissait réellement que dans la dernière demi-heure de Seven.

Photo Matthew McConaughey

Pizzolatto a parfaitement compris le cadre d'une série et particulièrement d'une saison, composant en huit épisodes un condensé d'émotion et de suspense que des saisons de vingt épisodes (en gros celles provenant des networks) parviennent moyennement à faire adhérer sur la longueur. Mais surtout, cette série a une facture technique de haute volée. Si Breaking Bad ou Twin Peaks ont mis la barre très haut dans ce domaine, True Detective ne déroge pas à la règle. Pour preuve, on aura rarement vu un plan-séquence aussi maîtrisé à la télévision que celui clôturant l'épisode 4. La caméra suit McConaughey en infiltration avec une tension de tous les instants (va-il tous devoir les tuer ou rester neutre face aux exactions de ses camarades bandits? Va-t-il survivre à une attaque de blancs dans un quartier afro-américain? Qui plus est avec de la coke dans le coin...) et une lisibilité rare de tous les instants avec plans larges, travelling ou plans rapprochés. On se satisfera aussi du grand final dans la tanière du tueur, d'une rare violence (et ce même sur le câble) et notamment cette ouverture permettant un trip certain à McConaughey. L'interprétation est tout bonnement superbe et à la hauteur des attentes. McConaughey, bien qu'un peu fatigué du tournage du film de Jean-Marc Vallée, signe une performance une nouvelle fois admirable quand Harrelson montre qu'il peut aussi jouer des gros durs à poigne comme il l'a montré récemment chez Scott Cooper ou Rampart. La surprise vient néanmoins de Monaghan qui n'a jamais aussi bien joué et ce même dans Gone Baby Gone de Ben Affleck. Soulignons également la qualité du générique tout en symbole et incrustation.

Une première saison d'anthologie soulignée par une écriture soignée, une réalisation léchée et un casting au poil.

17 juillet 2014

Le duo Isaac Florentine/Scott Adkins est de retour...

Ninja_II_-_Shadow_of_a_Tear

 

genre: action, arts martiaux
année: 2014
durée: 1h35

l'histoire: Ne faire confiance à personne : c’est le code de survie de Casey Bowman après la perte tragique et sauvage de sa femme portant son enfant. Un seul indice : une série de victimes avec les mêmes marques de strangulation au fil barbelé très reconnaissable. Sa cible : un sinistre baron de la drogue appelé Goro, qui inonde les rue de méthamphétamine mortelle fabriquée dans la jungle birmane. Casey doit pousser ses facultés de combat au maximum, jusqu’à utiliser une technique de méditation profonde pour simuler sa propre mort. Pour se préparer à cette ultime confrontation, Casey doit devenir un guerrier invisible digne de porter le titre de Ninja.  

La critique d'Alice In Oliver:

Evidemment, un tel titre, à savoir Ninja 2: Shadow of a Tear, réalisé par Isaac Florentine en 2014, a tout de la purge annoncée. Comme l'indique le titre, Ninja 2: shadow of a Tear est bien sûr la suite du premier Ninja, déjà réalisé par le même Isaac Florentine.
Tout comme le premier épisode, Ninja 2 n'a pas bénéficié d'une sortie au cinéma. Il faudra donc se contenter d'un petit direct to video (DTV). Tous ces détails ne plaident pas vraiment en faveur de cette production modeste et pourtant... C'est vite oublier la présence d'Isaac Florentine derrière la caméra. Certes, ce dernier est un réalisateur américain.

Mais depuis quelques années, on lui doit Un seul deviendra invincible 2 et Un Seul deviendra invincible 3, déjà avec Scott Adkins. Indéniablement, celui-ci est devenu l'acteur fétiche d'Isaac Florentine. Il est le digne successeur de Jean-Claude Van Damme dans sa période de gloire quand il tournait encore des films d'action et d'arts martiaux potables, en tout cas largement recommandables.
Mieux encore, Un seul deviendra invincible 2 et Un Seul deviendra invincible 3 se sont taillés une solide réputation auprès des amateurs du genre. C'est très simple: ces deux films symbolisent aujourd'hui ce qui se fait de mieux (en matière d'arts martiaux) sur le territoire américain.

 

Ninja-II-Shadow-of-a-Tear-Blue-ray

 

Et pourtant, on parle de petites productions et de films destinés à faire les bacs à solde. Oui mais voilà, il y a Scott Adkins, un artiste martial d'une redoutable efficacité qui n'a pas à rougir de la comparaison avec un autre grand nom du genre: Bruce Lee. Certes, Scott Adkins est moins connu qu'un Jason Statham, un Sylvester Stallone ou encore un Chuck Norris.
Mais indéniablement, l'acteur dégage un vrai charisme. Il le prouve encore avec Ninja 2. Contre toute attente, le premier volet était de facture honnête. Isaac Florentine se montrait fidèle à son cinéma en respectant les grands principes des arts martiaux.

En résumé, vous avez aimé le premier épisode ? Si oui, vous devriez apprécier cette suite qui joue avec ses qualités. La force de Ninja 2 ne repose pas vraiment sur son scénario. Mais soyons honnête, on ne regarde pas ce genre de film pour la qualité de son histoire.
Attention, SPOILERS ! Ne faire confiance à personne : c’est le code de survie de Casey Bowman après la perte tragique et sauvage de sa femme portant son enfant. Un seul indice : une série de victimes avec les mêmes marques de strangulation au fil barbelé très reconnaissable. Sa cible : un sinistre baron de la drogue appelé Goro, qui inonde les rue de méthamphétamine mortelle fabriquée dans la jungle birmane.

 

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Casey doit pousser ses facultés de combat au maximum, jusqu’à utiliser une technique de méditation profonde pour simuler sa propre mort. Pour se préparer à cette ultime confrontation, Casey doit devenir un guerrier invisible digne de porter le titre de Ninja.
Clairement, Isaac Florentine est un fan des films d'arts martiaux et plus particulièrement des films de ninjas des années 1980. Impossible de ne pas penser à la saga American Ninja avec Michael Dudikoff. La seule différence, c'est que Ninja 2 n'est pas un nanar. Mieux encore, il s'agit d'un bon film de genre sans être non plus exceptionnel.

Encore une fois, Scott Adkins trouve un rôle sur mesure et impressionne par sa présence et ses prouesses athlétiques. C'est indéniable: au risque de me répéter, ce mec possède un sacré charisme. Oui, Ninja 2 est un film d'action et d'arts martiaux qui vise avant tout l'efficacité.
Point barre ! Les fans du genre seront en terrain connu et quasiment conquis. Bien sûr, il est inutile ici de rechercher le moindre message ou un scénario un tant soit peu complexe. Non, encore une fois, Ninja 2 va droit au but et atteint son principal objectif: délivrer la marchandise et offrir des combats spectaculaires. Bref, encore du bon boulot de la part d'Isaac Florentine. Clairement, il serait temps qu'un gros producteur repère enfin le talent de ce cinéaste.

 


NINJA 2 _ Shadow of a Tear Trailer (Scott Adkins) par KSTV1

16 juillet 2014

John Ryder est de retour

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genre: policier, thriller (interdit aux moins de 16 ans)
année: 2007
durée: 1h30

l'histoire: En s'arrêtant au bord de la route, Jim et Grace ne pouvaient imaginer qu'ils allaient prendre en stop... un tueur psychopathe. Ils réussissent à lui échapper, mais l'homme continue ses massacres en faisant accuser le jeune couple, qui se voit obligé de fuir face à la police. Leur unique espoir : tenter de capturer eux-mêmes le meurtrier pour prouver leur innocence...  

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Hitcher, réalisé par Dave Meyers en 2007, est un remake d'un film du même nom de Roger Harmon et sorti en 1986. Rappelons que le film original s'est taillé une certaine réputation au fil des années. On peut même parler d'un film culte qui oscillait entre le thriller, l'action, le road movie, l'horreur et le fantastique. En résumé, Hitcher premier du nom pouvait s'appuyer sur une atmosphère étrange et très particulière. Ensuite, le film pouvait également compter sur l'excellente performance de Rutger Hauer, impeccable dans la peau du serial killer de service.
Pour cette nouvelle version, Rutger Hauer n'est évidemment plus de la partie.

Toutefois, Hitcher version 2007 reprend les grandes lignes du scénario original. Ce remake est également produit par Michael Bay, ce qui a le don de susciter les craintes les plus légitimes. Rappelons que Michael Bay reste le réalisateur et/ou le producteur d'Armageddon, Pearl Harbour, le remake (déjà) de Massacre à la Tronçonneuse, le remake de Vendredi 13 ou encore de Freddy: Les Griffes de la Nuit (toujours un remake par ailleurs).
C'est donc un fait avéré: Michael Bay nous empoisonne l'existence ou plutôt le cinéma en l'occurrence avec ses remakes complètement nazebroques (à la rigueur, seul Massacre à la Tronçonneuse fait figure d'exception sans briller pour autant).

 

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Hélas, Hitcher ne fait pas exception. Déjà, à la base, le film original avait bénéficié d'une suite, donc Hitcher 2, qui n'avait pas spécialement marqué les esprits. On se demande pourquoi les studios viennent "rafraîchir' un film qui n'en avait pas besoin. En effet, le premier Hitcher a plutôt bien traversé le poids des années. Ca reste un thriller toujours aussi efficace même encore aujourd'hui.
Au niveau de la distribution, Hitcher version 2007 réunit Sophia Bush, Sean Bean, Zachary Knighton et Neal McDonough. Comme je l'ai déjà indiqué, le scénario reprend les grandes lignes du film original. Attention, SPOILERS !

En s'arrêtant au bord de la route, Jim et Grace ne pouvaient imaginer qu'ils allaient prendre en stop... un tueur psychopathe. Ils réussissent à lui échapper, mais l'homme continue ses massacres en faisant accuser le jeune couple, qui se voit obligé de fuir face à la police. 
Leur unique espoir : tenter de capturer eux-mêmes le meurtrier pour prouver leur innocence. Bon, premier constat, Michael Bay et Dave Meyers ne se sont pas foulés le poignet pour écrire le scénario du film. En effet, dans le long-métrage original, c'était un jeune homme qui devait affronter un auto-stoppeur psychopathe. Cette fois-ci, c'est un couple, donc deux jeunes personnes (visiblement des étudiants) qui se retrouvent face à un assassin "dézingué du bulbe" (je viens d'inventer l'expression).

 

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Sinon, la formule est exactement la même à tel point que ce remake sent le gros "foutage de poire" en puissance. Sean Bean remplace Rutger Hauer. Soyons honnête: l'acteur ne s'en sort pas si mal. C'est même lui qui sauve ce remake du zéro pointé.
Mais alors, pour le reste, Hitcher 2007 ne se démarque en rien de la version originale. Pire encore, il reprend les séquences du film de Roger Harmon: la famille prise en otage par John Ryder (donc le serial killer de service), un jeune homme déchiqueté par le camion du tueur et enfin toute la séquence se déroulant dans le poste de police... 
Certes, ceux qui n'ont pas vu le film original pourront peut-être apprécier ce remake. Néanmoins, pour ceux qui connaissent le film de Roger Harmon, ils se demanderont quel est l'intérêt de ce remake qui n'apporte strictement rien à son modèle et le copie sans vergogne.

 


The Hitcher (2007) trailer par funchannel32

Le match de basket le plus improbable de tous les temps

Les Looney Tunes sont en grand danger: suite à un pari improbable avec des aliens, ils vont devoir les affronter dans un match de basket-ball. Les aliens ne tardent pas à tricher, en prenant la puissance de stars de ce sport. Les Looney Tunes décident de prendre une valeur sûre: Michael Jordan devenu depuis un piètre joueur de baseball...

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Ah les années 90, son lot de films cultes et de nanars à foison, son lot de musiques hip hop aux ras des paquerettes, le rock qui essaye de survivre (avant la débandade pop branché type Muse) et la techno qui commence à rester en tête, ses vêtements ahrem (quoique les années 80 c'était pas mal). C'est aussi une période où le bien nommé Borat découvrait le monde et parmi son entourage, il tombe sur les VHS. Space Jam de Joe Pitka (réalisateur de plusieurs clips et tournée de Michael Jackson) est vite devenu un film culte, le genre qui apparaissait très souvent dans mes VHS attérissant dans le magnétoscope (et qui a survécu). Pourtant le film a un pitch totalement improbable: imaginez si les Looney Tunes se foutait sur la gueule avec des aliens dans un match de basket où est convié Michael Jordan et dans une moindre mesure Bill Murray. En sachant que Joe Dante voulait initialement faire un film sur Chuck Jones, créateur des Looney Tunes et donc cartooneur historique s'il en est au même titre qu'un Tex Avery. Finalement le projet sera annulé au profit de Space Jam mais Dante s'occupera des Looney Tunes passent à l'action en 2003 avec le bide total que l'on connaît. Aujourd'hui, le film est assez oublié, malgré quelques rediffusions vers noël (mais pas trop souvent quand même). Il reste tout de même connu pour une chose: sa bande-originale. 

Michael Jordan. Collection Christophe L.

Vous devez sûrement vous souvenir de l'insupportable I believe I can fly (soit "Je crois que je peux voler", ce qui n'a strictement aucun rapport avec le film) d'R Kelly, hein?! 99,99999% diront oui. Comme je vous le disais, Space Jam fut longtemps parmi mes films préférés, le genre dont je me souviens encore par coeur de nos jours. Puis je m'en suis lassé et je dois bien dire que dorénavant je le vois plus comme une sorte de nanar, un plaisir coupable si je suis gentil. Le réalisateur reprend donc le même principe qu'un certain Qui veut la peau de Roger Rabbit de Robert Zemeckis mais curieusement dans l'autre sens. En effet, peu de séquences sont tournés dans le monde réel et ne comportent que peu d'incrustation de personnages animés. A vrai dire, Michael Jordan a dû beaucoup parlé tout seul devant des poteaux ou sur un fond vert. En gros, Jordan se retrouve dans un univers entièrement animé où il se retrouve à faire du basket avec Bugs Bunny et des aliens. D'ailleurs, on dit que les acteurs (dont nombre d'autres joueurs de basket comme Charles Barkley) ont mis quatre ans a tourné les séquences d'animation. Devait pas être pressé...

Collection Christophe L.

Les personnages animés sont plutôt bien animés et incrustés dans les décors réels quand c'est le cas. En fait, le basket n'est qu'un véhicule pour pouvoir donner de l'action car au final nos chers looney n'en font pas tellement durant le film. Les Looney Tunes sont toujours aussi drôle, même après plus d'un demi siècle d'activités hilarantes. C'est aussi pour cela que je garde une certaine sympathie pour ce film, car j'arrive encore à rire des conneries de ces personnages qui ont bercé mon enfance et celle de beaucoup d'autres. Indéniablement ce film n'est pas une grande réusite. Assez court (90 minutes), Space Jam permet de passer un bon moment mais il ne révolutionnera certainement le genre animé/live comme ce fut le cas du film de Robert Zemeckis ou Mary Poppins de Robert Stevenson. Néanmoins, malgré sa connerie totalement volontaire, le film ne se prend absolument pas au sérieux ce qui lui permet aussi de ne pas être vraiment mauvais. Bill Murray vient clairement payer ses impôts en jouant les basketteurs à deux balles et casquette visée à l'arrière. Quant aux basketteurs, leurs apparitions sont clairement nanardesques. Il n'y a qu'à voir Michael Jordan se ridiculisant au base-ball ou Charles Barkley se prenant une branlée par des gamines tout en confessant qu'il ne couchera plus jamais avec Madonna!

Michael Jordan s'en sort encore avec les honneurs bien qu'il a l'air plus d'une fois de se demander ce qu'il fout là. D'autant que Pitka n'y va pas de main morte, Jordan obtenant clairement un film à son effigie. Le début le montre gamin avec son papounet en train de jouer au basket la nuit; puis le générique montre ses faits d'armes; on le voit avec sa belle famille... Clairement Jordan apparaît comme un mec comme vous et moi. Mais ce dont on se souvient de Space Jam c'est bien sûr de son match de basket complètement frappadingue où les Looney Tunes se font dégommer un par un par les aliens qui grâce à la puissance récupérée chez les basketeurs sont devenus de gros mastoques. Y compris le pauvre Wayne Knight qui se fait littéralement écrasé avant de tellement gonfler qu'il a fini comme un ballon qui éclate. Ce qui donne des séquences animées fort plaisantes et le moins délirantes, renforçant justement ce second degré salvateur. Mais le grand moment nanar du film est bien évidemment le dernier point mis par Jordan, véritablement rigolade en puissance car totalement absurde. Le genre bras long qui reste dans les annales du gag le plus extra-large de tous les temps. 

Un petit nanar qui s'assume comme une production sympatoche pour gosses. Vous avez aussi le choix de passer votre chemin.

 

La critique d'Alice In Oliver:

Mélanger des acteurs réels à des personnages de dessin animé n'est pas chose aisée. Pourtant, jusque-là, le cinéma d'animation s'en est plutôt bien tiré. L'exercice devient encore plus compliqué quand il faut composer avec des vedettes du grand écran et l'univers du cartoon, une tâche que Robert Zemeckis avait accompli avec brio dans Qui veut la peau de Roger Rabbit.
En ce sens, Space Jam, réalisé par Joe Pytka en 1996, partage de nombreuses similitudes avec le chef d'oeuvre de Zemeckis. Là aussi, le cartoon et ses personnages les plus célèbres font partie du programme. Toutefois, Space Jam n'a pas les mêmes ambitions.

En effet, Michael Jordan passe de sportif à acteur (et inversement) dans ce divertissement qui s'adresse avant tout au très jeune public. D'ailleurs, Michael Jordan interprète ici son propre personnage. Il réitérera par deux fois avec He got game en 1998 et dans la série télévisée Ma famille d'abord (l'épisode 2 de la saison 5). A la base, le fait de mélanger le basket, une star de la NBA (donc Michael Jordan au cas où vous n'auriez pas suivi) et l'univers du cartoon tient du pari insensé et un peu débile.
Cela ressemble à un projet un peu casse-gueule mais néanmoins amusant, il faut bien le reconnaître. Mission réussie ? Réponse dans les lignes à venir.

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En dehors de Michael Jordan, Space Jam réunit Bill Murray, Larry Bird, Wayne Knight, Theresa Randle et Eric Gordon. Reconnaissons-le: on l'aime bien Michael Jordan, déjà parce qu'il s'agit d'un sportif hors norme, d'un type modeste et franchement très sympathique.
Néanmoins, le voir débarquer dans l'univers des Toons a de quoi inquiéter. En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que le basketteur n'a pas grand-chose à voir avec Bugs Bunny, Gros Minet, Titi et consorts. Autant le dire tout de suite: la comparaison avec Qui veut la peau de Roger Rabbit s'arrête bien là. Mais au risque de me répéter, Space Jam n'a pas du tout les mêmes prétentions.

En gros, le film a le mérite de ne jamais se prendre au sérieux. Nous sommes clairement en présence d'un sérieux nanar. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario, assez mince en l'occurrence. Attention, SPOILERS ! Défiés au basket par de redoutables extraterrestres, Bugs Bunny et les toons font appel à Michael Jordan pour les sortir de ce mauvais pas.
Sinon, c'est tout pour l'histoire ? Oui, c'est tout. Qu'on se le dise: Michael Jordan se fait piquer la vedette par les Toons de service. Le célèbre sportif ne brille pas particulièrement par son jeu d'acteur. En revanche, côté basket, Jordan se montre évidemment dans son élément.

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C'est un film taillé pour lui et produit pour faire sa promotion, mais aussi pour rigoler. En mode cabotinage, Michael Jordan a l'air parfois un peu perdu. A sa décharge, les autres acteurs ne font pas beaucoup mieux. Mention spéciale à Bill Murray qui est visiblement ici pour payer ses impôts. Mais peu importe, ce que l'on veut, c'est du fun et un film d'animation qui part dans tous les sens.
Sur ce dernier point, il faudra attendre le match de basket final, donc la dernière demi-heure pour que les choses s'accélèrent un peu. Avant ça, pas grand-chose à retenir si ce n'est de vilains extraterrestres (pas si méchants que ça par ailleurs) transformés en monstres pour conquérir la Terre à travers une partie de basket.

A partir de là, le film se permet tous les délires. Que les choses soient claires: si vous vous attendez à voir du basket dans les règles de l'art, vous risquez d'être déçus. Cela ressemble davantage à de la baston qui mélangerait du basket (un peu), du rugby (beaucoup) et du catch (énormément). En gros, tout le monde se cogne et se fout sur la tronche tout en marquant des paniers. 
Heureusement que ce nanar ne dure pas très longtemps, soit à peine une heure et demie de bobine. Dans l'ensemble, Space Jam se révèle peu surprenant. Les Toons font le job à défaut de surprendre. Bref, les 3/5 ans devraient être séduits par ce spectacle un peu tâche (il faut bien le reconnaître). Les autres pourront largement passer leur chemin. Un nanar sympathique quoi...

15 juillet 2014

Lynch Empire

Une actrice s'apprête à jouer dans une production hollywoodienne. Mais le tournage va vite tomber dans les limbes de la mise en abîme...

Inland Empire : affiche

Faire un synopsis de Inland Empire n'est pas chose facile. Dernier film de David Lynch à ce jour, flop certain à sa sortie confortant le réalisateur de s'éloigner du cinéma (il n'a tourné que des clips depuis ou fait de la musique), Inland Empire s'impose comme l'un des films les plus difficiles à comprendre de la filmographie du réalisateur. A ceux qui disent que Mulholland Drive est incompréhensible, je ne peux que leur dire de se faire Inland Empire à la suite. Pas que le film soit si dur à comprendre (quoique), mais il est tellement complexe qu'il risque d'échapper à un grand nombre de spectateurs et ce même chez ses plus grands fans. Vingt-six ans après Sailor et Lula, Lynch retrouve Laura Dern tout comme Justin Theroux qu'il avait dirigé dans son précédent film et Harry Dean Stanton. Jeremy Irons et Julia Ormond sont également de la partie. En sachant que le film incorpore une mini-série réalisée par Lynch en 2002 nommée Rabbits et mettant en scène des acteurs avec des têtes de lapin (dont le couple de Mulholland drive Naomi Watts et Linda Harring). Des sortes d'intermède dans le reste du film, tout en restant très éloigné du reste du film. A vrai dire ces séquences mettent très mal à l'aise de par la froideur de ces passages en noir et blanc mais surtout parce qu'elles ne racontent finalement pas grand chose. 

Inland Empire : Photo David Lynch, Justin Theroux, Laura Dern

Et surtout on ne comprend pas où veut en venir Lynch: veut-il désarçonner le public? Le mettre mal à l'aise? Les deux? En tous cas, ces séquences très froides confirment à elles seules la teneur bizarroïde du film qui ne cessera de se dévoiler jusqu'au final. Clairement, Inland Empire s'impose très rapidement comme un véritable ofni, un trip long de presque 3h (son film le plus long) et qui vous reste pendant un moment en tête de par sa bizarrerie et le style indéniable de Lynch. On peut aussi trouver que Lynch aurait pu éviter certaines choses comme les parties Rabbits ou même certaines longueurs. Personnellement, je trouve le rendu DV moins intéressant visuellement, la DV rendant mieux par exemple chez Michael Mann où le côté urbain et assez contemporain est plus présent dans la manière de filmer. Le film se pose comme une mise en abîme pue et dure, permettant à Lynch de critiquer une nouvelle fois le milieu hollywoodien. La série Twin Peaks se moquait particulièrement des soap opera en étirant ses intrigues à tire-larigot, Mullholland Drive était plus vicieux encore en montrant comment une actrice était délaissée par le milieu, tout comme ce même milieu apparaissait comme terriblement hostile et imposait sa loi. Une manière comme une autre pour Lynch de se venger de la chaîne ABC qui avait annuler son futur show.

Inland Empire : Photo David Lynch, Justin Theroux

Inland Empire va peut être encore plus loin donc avec sa mise en abîme. (attention spoilers) On suit Laura Dern dans le rôle d'une actrice cherchant à tout prix à avoir un rôle, celui d'une femme battue dans un pays d'Europe de l'Est (je crois que c'est la République Tchèque mais pas sûr). Le réalisateur incarné par Irons finit par lui dire au bout de plusieurs répétitions que le tournage avait commencé bien avant mais les deux acteurs principaux avaient fini assassinés. C'est aussi à partir de là que le film part dans la mise en abyme tout en laissant le spectateur sur le carreau. Il aura de plus en plus de mal à différencier la réalité (Laura actrice) de la fiction (le personnage de Dern), Lynch brouillant sans cesse les pistes pour une expérience à la fois folle (le spectateur en revient à se demander ce qui est vrai et faux, parfois certains éléments finissant par s'entrechoquer) et dérangeante (les séquences Rabbits mais aussi certaines images comme le visage de Dern totalement déformé). D'autant que le personnage de Laura Dern dans le film entretient sans cesse l'ambiguité si elle joue le rôle ou si elle est complètement imprégnée du rôle. (fin des spoilers) Ce qui fait d'Inland Empire un film toujours intéressant à voir et permettant bien plus de réflexions que Mulholland Drive au sujet de son contenu. C'est aussi à cela que l'on reconnaît les grands films: ceux qui peuvent vous emmener loin dans l'imagination du spectateur et vous permettent d'aller vers des dimensions autres qu'un cinéma codifié. C'est aussi pour cela qu'un réalisateur comme Lynch manque cruellement actuellement au cinéma.

Inland Empire : photo David Lynch, Laura Dern

Malgré quelques réserves, force est de constater que le dernier voyage de David Lynch reste une expérience grandiose de cinéma.

14 juillet 2014

Un serial killer sous le masque du clown...

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genre: documentaire (interdit aux - 12 ans)
année: 2013
durée: 45 minutes

l'histoire: John Wayne Gacy est né le 17 mars 1942 à Chicago. En public Gacy était un militant politique apprécié et un homme charitable. Gacy était un criminel patenté malgré son apparence altruiste. Il était un membre influent de la communauté, travaillait pour des organisations bénévoles. Il s'est marié deux fois et était un respectable homme d'affaires. Cependant, il avait une vie privée bien singulière: il aimait avoir des relations homosexuelles avec des individus bien plus jeunes que lui, qu'il assassinait par la suite. Gacy aimait se déguiser en clown, ii se rendait dans les hôpitaux, déguisé en clown, pour distraire les enfants malades c'est pour cela qu'on le surnomma par la suite le «clown tueur».    

La critique d'Alice In Oliver:

Né à Chicago en 1942, John Wayne Gacy est mort par injection léthale en 1994 à l'âge de 52 ans. Il est tristement célèbre pour passer pour l'un des pires tueurs en série américains. En tout cas, il s'agit d'un être sanguinaire, accusé du meurtre de 33 personnes, la plupart de ses victimes ayant été enterrées chez lui. Tel est le sujet de ce documentaire, justement intitulé John Wayne Gacy: le clown tueur, car oui, ce triste personnage est souvent connu pour s'habiller en clown.
C'est tout de même une particularité étonnante pour un psychopathe, mais j'y reviendrai. John Wayne Gacy est le deuxième enfant de sa famille.

Le prénom "John Wayne" est évidemment un hommage au célèbre acteur américain du même nom. Dès son plus jeune âge, John Wayne Gacy entretient des relations houleuses avec son paternel. Il est régulièrement battu par ce dernier. A l'âge de 12 ans, les médecins détectent chez lui des problèmes cardiaux congénitaux. Son père le rejette encore davantage et le considère alors comme un sous-homme. C'est à partir de l'adolescence que John Wayne Gacy commence à se travestir (dans le plus grand secret) en femme. Il est même surpris par un de ses amis d'enfance.
Sa sexualité est déjà très confuse mais John apprend à dissimuler son trouble à son entourage.

Dans un premier temps, il accumule les emplois: par exemple, il apprend le métier d'imprimeur mais abandonne ses études. Encore une fois, il déçoit son père qui le rejette de plus en plus. En 1964, il est vendeur de chaussures et quitte le domicile familial.
John est enfin libéré de la tyrannie de son père. Au même moment, il commence à fréquenter des politiciens et cherche à obtenir une certaine reconnaissance. La même année, il rencontre Marlene Myers et se marie avec elle quelques mois plus tard. Mieux encore, John et Marlene ont leur premier enfant. Paradoxalement, c'est au même moment que ses désirs refoulés à l'adolescence refont surface.

John entretient alors une relation homosexuelle. Toutefois, à l'époque, il se comporte comme un bon père de famille. Finalement, c'est à partir du milieu des années 1960 que sa vie bascule. En 1966, John et sa femme déménagent dans une ville de l'Iowa. John devient le patron d'un restaurant. 
Peu à peu, il se fait un nom et s'intègre parfaitement à sa nouvelle communauté. Parallèlement, il organise des orgies. Ce qui ne l'empêche d'avoir un deuxième enfant. Au même moment, Gacy s'intéresse aux adolescents. Il invite un jeune homme de 14 ans chez lui et entretient des rapports sexuels. Gacy le paie alors 250 dollars pour que l'adolescent se taise.

Un an plus tard, celui-ci révèle tout à sa famille. Gacy aurait abusé de lui et aurait pratiqué des actes de sodomie. Lors du procès, Gacy plaide coupable mais répond que l'adolescent était parfaitement consentant. Gacy est condamné à dix ans de prison. 
Sa femme le quitte et part avec ses deux enfants. Gacy ne les reverra jamais. Même derrière les barreaux, Gacy continue son entreprise de séduction. Il obtient un poste de cuisinier au sein de la prison. Pendant son séjour derrière les barreaux, son père décède. Gacy culpabilise: il pense que son père serait mort à cause de lui.

Alors qu'il devait effectuer une peine de dix ans, Gacy sort définitivement au bout de 16 mois. A sa sortie, il continue d'étouffer ses désirs sexuels: finalement, il finit par exploser... En 1970, il revient dans sa ville natale (Chicago) et fonde sa propre entreprise de peinture. Il a même une copine régulière.
Gacy lui confie son passé de bisexuel et de prisonnier. Sa nouvelle fiancée a deux enfants mais Gacy se comporte toujours comme un père aimant. Pourtant, il continue de ressentir du désir pour les jeunes garçons. Il commence à avoir une relation sexuelle avec un adolescent qu'il poignarde et enterre. En 1975, il s'en prend à un jeune employé de son entreprise: Gacy le torture et le tue.

C'est le début de toute une série de meurtres cruels et barbares. Gacy mène une double vie: entrepreneur prospère, il se déguise souvent en clown pour distraire les enfants à l'hôpital, d'où son surnom de "clown tueur". Toujours en 1975, sa fiancée le quitte. Gacy devient alors une bête sauvage et multiplie les kidnappings et les assassinats. Il enterre les corps dans le sous-sol de sa maison.
En 1977, il a déjà tué 17 personnes et accumule les meurtres jusqu'à atteindre le triste record de 33 assassinats. Finalement, certains témoins commencent à parler du comportement de plus en plus étrange de John Wayne Gacy à la police. Ce dernier ne cache même plus son attirance pour les adolescents, ce qui attise évidemment l'attention.

Finalement, il est arrêté par les flics qui découvrent de nombreux cadavres enterrés sous sa maison. A ce moment-là, Gacy se déclare non responsable de ses actes et dit qu'il souffre de graves troubles de la personnalité. Il joue alors la carte de la folie pour sauver sa peau.
ll risque la peine de mort et passe pour le pire tueur en série des Etats-Unis. En 1980, son procès débute. Son cas interroge les psychiatres: clairement, ils n'ont jamais vu un serial killer présentant un tel profil. Mais peu importe, sans surprise, le jury le condamne à la peine de mort. Pendant son séjour en prison, il devient artiste-peintre et profite de sa nouvelle notoriété. 

Il publie même un livre. En 1994, ll meurt par injection léthale à l'âge de 52 ans. Son cerveau sera même extradé par un médecin légiste, mais celui-ci ne répérera aucun indice biologique pouvant expliquer le comportement criminel et barbare de Gacy.
Bref, un documentaire plutôt intéressant et assez complet, toutefois commenté par une voix-off assez monotone. Enfin, et c'est souvent le danger dans ce genre de programme, le "film" se contente d'expliquer les faits sans réellement analyser la complexité d'une telle personnalité. Donc avis aux amateurs. Un documentaire de qualité malgré tout...

Posté par Alice In Oliver à 12:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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