Cine Borat

01 mars 2015

"Si vous me croisez, vous passerez la pire journée de votre vie"

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Lou Bloom découvre les joies de la télévision pour le meilleur et surtout pour le pire...

Tous les jours le banal bonhomme lambda va regarder les informations et cela dans n'importe quel domaine ou support. Et si ce sont des photos ou vidéos, l'intérêt ne sera que décuplé. C'est ce que cherche à nous démontrer Nightcrawler banalement rebaptisé Night call en VF pour surfer sur la formule "par le producteur de Drive". Soit le premier film de Dan Gilroy frère de Tony avec qui il a collaboré sur le spin-off/entrequel de la saga Bourne, tout comme le projet maudit (et peut être pas un mal) Superman lives. Le film dévoile une télévision cherchant le profit direct au détriment de l'information pure et simple. Les deux sont symbolisés par la productrice d'une chaîne d'information (Rene Russo) et son adjoint. Elle cherche à faire de l'audimat sur une chaîne qui n'en fait plus. Le buzz autour de vidéos choquantes permet à la chaîne de gagner des taux de fréquentation du téléspectateur et aussi en visibilité (c'est toujours bon une chaîne qui monte mais une qui chute...). Lui cherche avant tout à donner une vraie information, soit ce qui s'avère en apparence le principal intérêt que devrait porter une chaîne d'information. Sauf que la vraie information n'a finalement que peu d'intérêt pour le téléspectateur. Le spectaculaire futil dépasse allègrement l'information véritable.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal, Rene Russo

Le sujet n'est pourtant pas nouveau et même un film comme Anchorman 2 sorti il y a un an le démontrait le temps d'une séquence (ou quand une banale poursuite vaut mieux qu'une interview de Yasser Arafat!). Il suffit également de voir chaque jour en zappant sur BFM TV ou Itélé que cela se ressent (dois-je rappeler l'affaire Nabilla ou les affaires sexuelles de notre président prenant plus de place qu'une prise d'otages ou des catastrophes naturelles?!). Donc en soi et malgré un traitement intéressant, Dan Gilroy ne développe pas une thématique nouvelle et ne la renouvelle pas. Mais il se rattrape largement sur le traitement fabuleux de son personnage principal, Lou Bloom. Sa première apparition est flamboyante: le spectateur sait qu'il est face à un gars dangereux capable du savatage le plus violent, voire pire. Lou est un parfait anti-héros, sociopathe sauvage et baratinneur, choisissant pertinemment les mots qu'il va employer et ne ratant jamais sa cible. Une sorte de parasite moderne trouvant le bon endroit à contaminer (l'information télévisée) et rien n'arrêtera son ascenssion fulgurante. Surtout pas. C'est inévitablement avec ce personnage que Gilroy gagne des points et Nightcrawler de sortir clairement du lot. Le personnage est prêt à tout et aura ce qu'il veut par tous les moyens possibles. Et si c'est pour atteindre le haut de la pile dans le sang, il le fera.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Lou Bloom est un personnage qui atteindra toujours les sommets car il est déterminé. Comme le confirme une répartie fulgurante pouvant aller du direct au glauque d'une seconde à l'autre. Le fait que sa relation sexuelle éventuelle avec la productrice n'est pas montré mais suggérée en rajoute une bonne couche. Comme le montre ce passage où ils sont tous les deux dans la salle de montage et où le dialogue suggère des relations sexuelles éventuelles qui prêtent à sourire ("Je sais que tu la veux. -Oui je la veux."). Le fait de suggérer au lieu de montrer Lou en mode sex machine n'est peut être pas une mauvaise chose, évitant le graveleux et permettant plus de retenue. Jake Gyllenhaal signe une prestation fulgurante et physique, où le pétage de plomb est d'une imprévisibilité improbable. La réalisateur se veut poseur notamment quand il dévoile la ville de Los Angeles, singeant parfois le meilleur de Michael Mann. Il n'y a qu'à voir les premiers plans du film servant de génériques, soit un montage de la ville de LA sous tous les angles. Idem pour le reste du film où l'on est quand même bien devant du pur cinéma indépendant. Mais le film atteint des sommets lors de sa course-poursuite en pleine rue entre des braqueurs, des flics et notre cher Lou Bloom. Une séquence halletante, violente et sans équivoque, où le voyeurisme de Lou atteint des sommets pour le moins inégalé et grandiose. Filmer jusqu'au bout y compris la mort. Sans compter ce final d'un cynisme merveilleux.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Un film efficace au message un peu déjà vu mais au portrait de personnage fascinant et à faire peur.


28 février 2015

Cuvée cinéma cinéma

La Cave de Borat a souvent été l'occasion d'évoquer des expériences rock'n rollesques comme agréables de votre cher interlocuteur dans les salles obscures. Mais qu'en est-il des cinémas qui ont façonné sa cinéphilie au fil des années? Cette cuvée sera donc consacrée aux cinémas, ceux qui nous permettent de découvrir des films, d'en revoir parfois par la même occasion, parfois d'y aller à la bourrine en espérant que ce soit bien, d'y aller en famille, seul ou tout seul. En sachant que l'expérience cinématographique est toujours intime et permet de débattre... enfin quand il est nécessaire de le faire. Cuvée nostalgique, cuvée cinématographique, cuvée salles obscures droit devant! Evidemment, comment ne pas évoquer ce fameux Kinépolis de Thionville qui m'a autant servi que pas du tout. Que ce soit dans ses choix de films ou ses diffusions abusives (il est amusant de voir des films débutant leurs exploitations en deuxième séance, c'est terriblement logique). Kinépolis, le géant belge du cinoche, et moi, le petit lorrain, une histoire d'amour-haîne qui dure depuis dorénavant quinze ans et ce n'est probablement pas fini. Pour cela, il faut revenir aux origines. En janvier 2000, je découvrais mon premier film au cinéma (Tarzan mais je vous en ai parlé des tonnes de fois), une expérience hors norme, énorme salle (probablement la salle 1, celle où on rentre du côté gauche et sort... du côté gauche!), THX qui cassait la baraque, explosion visuelle (tu passe quand même du petit écran de ta télévision et Dieu sait qu'elle était petite, à un énorme écran de cinéma, c'est comme passer de l'ADSL au haut débit!).

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Un autre monde s'ouvrait avec ces bandes-annonces qu'habituellement tu vois avec du bol sur VHS alors que le film est alors en passe de sortir au cinéma. Je n'ai pas forcément été très régulier avant au moins un an mais je dois avouer que mes premières expériences sont assez marquantes allant de Toy Story 2 à Pokémon le film en passant par Chicken Run et Dinosaures. Des classiques pour moi à l'époque! Une époque où je collectionnais les carnets de cinéma, ceux où on regardait les séances. L'occasion de découvrir des films que je ne verrais peut être que bien plus tard à l'image d'En pleine tempête ou Titan AE. Mais rapidement je me suis rendu compte que les films parfois annoncés dans les carnets ne passaient pas au Kinépolis. Ils étaient là pour faire joli. Encore mieux, il est arrivé de plus en plus fréquemment au fil des années que ce cinéma mette des affiches, parfois très imposantes dans le bâtiment sans même le diffuser ne serait-ce qu'une seule fois. Par exemple, The world's end d'Edgar Wright n'est jamais passé à Thionville, ce qui n'a pas empêché l'affiche de traîner là de début août au 31 octobre, alors que le film était sorti depuis le 28 août! Idem pour La crème de la crème avec affiche mis deux à trois semaines avant sa sortie puis rien. Et quand on fait dans la magouille autant y aller franco hein?

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Genre diffuser un film deux semaines après sa sortie parce qu'il a dépassé le million d'entrées! Ce fut le cas pour Twelve years a slave. Et puis Kinépolis Thionville c'est aussi une bonne rigolade de problèmes techniques. Pour Princesse Mononoké en octobre 2001 (déjà que j'aurais mieux fait de me tirer une balle dans le pied, n'ayant franchement pas l'âge adéquate), un orage grondait (l'art de l'insonorisation dans un multiplexe, pléonasme suprême...) engendrant des problèmes d'electricité et en soi de projetion. Les bandes-annonces ont donc eu du mal à se montrer. Passer cela le film a eu du mal à démarrer. Par la suite, point de problèmes mais c'était plutôt pas mal. Pour LOL (oui le Borat a eu aussi quelques casseroles voire énormément de casseroles avec son consentement total), la séance a été totalement annulée suite à un problème technique empêchant la diffusion. Pour Entre les murs, votre cher Borat s'est retrouvé dans une alerte à la bombe (heureusement ce n'était rien). Evidemment pour ces deux cas, remboursement immédiat. Mais d'autres fois la galère a duré longtemps. Ce fut le cas sur Watchmen et The reader. Par un souci de projecteur ou je ne sais quoi, l'image n'était pas bonne du tout. Je m'explique. Vous avez la projection du film, tout va bien. Sauf quand la partie du haut de l'image se trouve en bas de l'écran et que le bas de l'image se trouve en haut de l'écran.

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Pour vous donnez une vraie idée de la chose, imaginez que la tête de Ralph Fiennes soit en bas et que ses pieds sont en haut de l'écran! Si cela n'a duré que sur la scène de la prison pour Watchmen, la moitié de The reader est passée à la trappe. La dernière fois que Kinépolis a osé me faire le coup fut direct. Après tant de mésaventures, il est parfois temps de passer à l'action. Alors que c'était une avant- première, l'image de Hunger games: L'embrasement avait été tellement zoomé que l'on ne voyait rien. En gros, imaginez que vous avez un plan et que l'on aurait zoomé au centre de ce plan. Pour un multiplexe qui se veut aussi compétitif sur les prix (8.5 si vous avez une carte étudiante et si vous ne la présentez vous pouvez toujours aller vous faire voir si j'y suis; et encore mieux 5 au lieu de 4 pour les -14!), il y a comme du laisser-aller. Evidemment, il n'y a pas que des malus, mais disons qu'avec ce taux de défauts, j'apprécie de moins en moins d'aller là-haut et si j'y vais c'est principalement avec mes amis du lycée. Ce fut également l'occasion de voir le concert de Metallica à Nice, le concert (ahrem) des Red Hot Chili Peppers pour leur nouvel album et ce bon vieux Ghostbusters en salles. C'est là aussi où j'ai vu la plupart des Fincher de la précédente décennie à commencer par Zodiac en mon sacro-saint jour d'anniversaire (de quoi réparer l'affront Da Vinci Code).

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Là où j'ai vu un paquet de purges comme de chefs d'oeuvres, que j'ai pris mes premières claques sur grand écran, que j'ai goûté à la 3D en mal (oh purée Le choc des titans que je ne voulais absolument pas voir ainsi mais obligation du cinéma) comme en bien (Gravity et Avatar pour ne citer qu'eux). Que j'ai mangé pour la première fois du pop corn, que j'ai ronflé devant L'interprète parce que j'avais la fièvre, que j'ai failli m'endormir plus d'une fois devant Lincoln tellement c'était chiant. Là aussi où j'ai grugé à neuf ans pour voir un Daredevil interdit aux moins de 12 ans et même chose pour Banlieue 13 et Underworld 2 (oh que le Borat a été con!). Bref, Kinépolis c'est le bonheur et la raillerie en ce qui me concerne, permettant tant mais si peu. L'autre cinéma que j'ai fréquenté par chez moi fut La Scala. Fut car son emplacement n'est plus du tout le même aujourd'hui, que le cinéma a été totalement rénové (et ravissant comme vous pouvez le voir) et que les conditions sont dorénavant bien meilleures. La première fois ce fut pour Le journal d'Anne Frank alors que je devais avoir dans les 5-6 ans! Les moniteurs de mon centre-aéré avait eu l'idée de génie de nous emmener voir cette adaptation du journal autobiographique de la jeune hollandaise sous prétexte que c'était un film d'animation! Autant dire que les mômes avec moi n'étaient pas très convaincu de ce qu'ils voyaient, ne comprenant strictement rien. Comment voulez vous que des gamins à peine sortis de la maternelle soient capables de comprendre les drames engendrés par le IIIème Reich?!

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Par la suite, au collège mon établissement m'avait fait voir le terriblement chiant L'armée du crime et en avait rajouté une couche en ne parlant quasiment que de ce film pendant l'année. A croire qu'il n'y avait pas plus intéressant que ça. Bon cela m'a permis de voir la miss Virginie Ledoyen dans le plus simple appareil (une fois de plus...) et ça c'est unique. Je me souviens aussi d'une projection de films documentaires. Je tiens à dire que je n'ai rien contre le documentaire, mais alors là... Entre les éleveurs qui en avaient marre que leurs moutons se fassent bouffer par les loups et les vélibs des Titi parisiens, cela va deux secondes mais cela durant deux heures peut s'avérer fort pénible. Bon, cela nous avait permis de rire avec les copains. En terminale, ma prof d'espagnol nous avait fait voir le film mexicain Norteado. Film plutôt pas mal sur l'immigration malgré quelques notes d'humour pour le moins cocasse. Avec un de mes amis, on avait bien rigolé devant la manière qu'avait le réalisateur de montrer que son personnage principal est un beau tombeur! Juste avant sa rénovation, j'avais eu la chance de pouvoir voir Killer Joe au cinéma qui plus est en VO. Un bonheur d'entendre enfin le foutu accent texan de l'ami McConaughey et de voir enfin un film de William Friedkin en salle. Surtout quand il s'agit d'une très grande réussite.

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Je me suis mis à le fréquenter qu'il y a quelques mois une fois totalement renové et changé de place donc. En sachant que comme vous avez pu le lire, les films étrangers sont diffusés en VO ce qui vaudra aux cinéphiles ardus une reconnaissance éternelle. Tout d'abord avec The homesman, puis Maps to the stars, The rover, Jersey Boys (dans une salle vide), Boyhood, Sils Maria et la dernière fois le mois dernier avec Whiplash. Pas un seul mauvais film même si certains sont moins forts que d'autres et surtout que j'ai pu rattraper alors que mon multiplexe ne les avait pas diffusé (à l'image de The homesman dont l'affiche trônait aussi depuis de nombreuses semaines, mais bon je crois que vous avez compris...). Un cinéma que j'apprécie particulièrement et qui a des prix attractif, cinéma art et essai oblige. Tant mieux si ce genre de cinémas réussi à survivre face aux gros multiplexes. Largement plus loin de chez moi se trouve le Gaumont d'Amnéville auquel je suis allé trois fois exactement. Malgré que j'ai déjà arpenté ce cinéma (plus grand que le kinépolis en terme de salles puisqu'il en a deux de plus, donc synonyme de films en plus), ce nombre correspond aux films vus. Le premier fut Les choristes. Pas que je ne pouvais pas le voir à Thionville mais cela était venu ainsi à mes parents et c'était une période où nous allions beaucoup dans cette belle cité touristique.

Le cinéma, les thermes, les restaurants, le zoo, le Galaxy (même si je n'y ai jamais foutu les pieds), autrefois l'Imax (on en reparlera juste après) dorénavant le snow hall... De quoi se promener tranquille. Puis bien des années plus tard en juin 2009, j'avais vu que Les beaux gosses de Riad Sattouf était diffusé à Amnéville et je m'étais dit que peut être mes parents pouvaient venir le voir avec moi. Cela leur a plu autant qu'à moi. Là pour le coup je fus bien content d'avoir ce cinéma pour voir ce film. Le dernier que j'ai vu là bas fut Skyfall avec mon oncle le soir de sa sortie. En bons fans de l'agent 007 nous avons été le voir ensemble et comme il avait des tickets moins chers c'était la bonne occasion. L'Imax d'Amnéville donc (et posté juste en face du Gaumont) fut plus rare même si à l'époque il me permettait de voir des bandes-annonces alors que j'étais dans le resto d'en face (découvrir pour la première fois Star Trek via la BA de Star Trek Nemesis!). Disons que c'était inévitablement pour des productions documentaires ou jouant sur les petites productions en 3D. Pas de quoi s'emballer dans tous les cas même si le spectacle est sympathique. Je me souviens avoir vu un doc sur la conquête spatiale de la NASA et d'un autre sur les insectes. Je crois en avoir vu un autre mais je ne m'en souviens absolument pas. L'Imax était un beau batiment avec des affiches partout à la fois pour les films projetés mais aussi d'anciens films ayant utilisés le procédé.

L'Imax du temps de sa splendeur.

On citera La Belle et la Bête et Le roi lion pour Disney ou le moyen-métrage Les ailes du courage de Jean Jacques Annaud. Ce qui est dommage car des films intéressants sont sortis depuis dans ce procédé on pense aussi bien aux derniers Batman, comme les deux derniers Hunger Games ou Mission Impossible 4. Manque de pot, non seulement l'Imax ne les a pas diffusé mais en plus il a fermé ses portes dans le plus grand anonymat. Bien triste... Au cours de mes voyages à Hossegor j'ai pu goûter au cinéma par deux fois, qui plus est sur deux ans de suite et deux adaptations de comics. Par ailleurs, il s'agissait à chaque fois d'avant-premières attendues et blindées de monde alors même que les gens sont en vacances moi y compris. L'occasion de découvrir les joies du sympathique Rex. Ainsi j'ai découvert avec plaisir The Dark Knight Rises en 2012 et The Wolverine (malgré la 3D obligatoire) en 2013. Depuis que je suis à la fac, je fréquente quasi-quotidiennement les cinémas de Metz, ces petits cinémas de quartier qui ont parfois des films qui ne sont pas à Kinépolis (ou vice versa c'est déjà arrivé) et ont des prix attractifs me permettant de profiter pleinement de ma passion. Quand vous payez jusqu'à trois euros de moins sur un même tarif étudiant, vous êtes contents!

Je fréquente davantage le Palace que le Caméo mais en fait tout dépend de la programation, le premier étant plus grand public (enfin tout dépend certains cas), le second plus art et essai. Il n'en reste pas moins que les deux cinémas sont classieux comme le confirme leur deventure. J'ai plaisir à y aller avec mes amis de la fac et j'ai pu voir bien plus de films qu'au Kinépolis depuis janvier si je dois bien regarder. Trois contre cinq pour tout vous dire. Pour vous donner une idée depuis que je suis à la fac, j'ai été voir dans ces deux cinémas: 

  • Casse tête chinois de Cédric Klapisch (premier film au Palace!)
  • La reine des neiges de Jennifer Lee et Chris Buck (alors que tout le monde allait voir The Hobbit que j'ai vu le week end suivant en HFR!)
  • A touch of sin de Jia Zhang Ze(premier film au Caméo!)
  • Twelve years a slave de Steve McQueen (que Kinépolis mettra deux semaines à diffuser, admirez un peu la logistique)
  • Minuscule de Thomas Szabo et Hélène Giraud (que j'avais vu lors du Printemps du cinéma, c'est dire si le film a eu une bonne exploitation)
  • La Belle et la Bête de Christophe Gans (dont j'avais été au Palace parce que mes potes de lycée ne voulait pas y aller!)
  • Les trois frères le retour des Inconnus (si j'avais su j'aurais été voir autre chose...)
  • The grand budapest hotel de Wes Anderson (le genre de film que l'on est bien content de voir en salles)
  • Her de Spike Jonze (il aurait été con de rater une séquence de chatroulette aussi drôle!)
  • La crème de la crème de Kim Chapiron (où j'avais bourriné comme un malade sous la chaleur, partant de cours à la sauvage, avant d'enchaîner ce film et de revenir sur le campus pour voir une pièce!)
  • Dawn of the Planet of the apes de Matt Reeves
  • Gemma Bovery de Anne Fontaine (quand Luchini le philosophe le plus délirant du cinéma français rencontre Miss Arterton une des plus belles créatures du cinéma britannique)
  • Sin City: j'ai tué pour elle de Rodriguez et Miller (dans le genre j'aurais mieux fait de m'abstenir ou de m'exciter pour rien)
  • Gone girl de David Fincher (dans le genre j'ai bien jubilé dans mon siège)
  • TMNT de Jonathan Liebesman (c'était bien pour les tortues!)
  • Samba de Toledano et Nakache (quand il n'y a rien, autant tester l'impossible...)
  • Magic in the moonlight de Woody Allen (un au Caméo...)
  • Hunger games 3 de Francis Lawrence (un au Palace dans la même journée)
  • Nightcrawler de Dan Gilroy
  • The search de Michel Hazanavicius (rien tu teste!)
  • La french de Cédric Jimenez (pareil)
  • A most violent year de JC Chandor (j'ai tout fait pour le voir et j'ai réussi à trouver un créno inextremis)
  • Foxcatcher de Bennett Miller (la séance d'après cours typique et la petite déception de ce début d'année)
  • Jupiter ascending des Wachowski (avec quelques plantages au début de séance avec film précédent toujours à l'écran et 3D défectueuse)
  • 50 nuances de Grey de Sam Taylor Johnson (comme disait Gainsbourg: si je baise affirmatif, si je bande no comment!)
  • Birdman d'Alejandro Inarritu (pas plus tard que jeudi dernier)

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Le Palace avec ses affiches de classiques à l'intérieur.

En sachant que c'est aussi au Palace que j'ai passé la soirée d'halloween dont je vous ai parlé il y a quelques cuvées. Malheureusement il se pourrait bien que d'ici la fin de l'année ou 2016 que cela se noircisse sur le cinéma messin. Le Caméo va probablement se faire bouffer par le géant Kinépolis (qui a pourtant un Kinépolis avant la gare, cherchez l'erreur) et ce dernier compte bien déplacer le cinéma d'art et essai au Palace. Donc un Kinépolis qui gardera probablement les mêmes tares financières que ses aînés et qui va nuire sérieusement au Palace qui a une très bonne clientèle (du type qui fait la queue dehors lorsqu'un gros film sort). Une nouvelle qui peine votre cher Borat et beaucoup d'autres devant de telles magouilles financières. D'ailleurs je renvoie à la caricature ci-dessous où un type en santiags et gros cigare censé symbolisé Kinépolis essaye d'écraser les deux petits cinémas. On en est clairement là. Mais en attendant, ces cinémas prospèrent encore sur Metz, preuve en est jeudi où en sortant de Birdman une foule recouvrait toute la salle d'ouverture. Allez à la semaine prochaine!

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Caméo and Palace fuck yeah!

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26 février 2015

That's the way you do it

Un jeune délinquant se retrouve entraîné par un espion très spécial et se retrouve confronté à un industriel prêt à conquérir le monde...

Kingsman : Services secrets : Affiche

Dans le genre surprise totale, Kingsman se pose là. Adapté d'un comic-book signé Mark Millar (aussi bon qu'il n'est grande gueule et partant parfois trop dans le vulgaire comme le confirma Kick Ass 2 dont l'adaptation est honnêtement bien meilleure) et Dave Gibbons (dessinateur incontournable de Watchmen, il n'y en a pas que pour Alan Moore); Kingsman est un film d'espionnage cherchant comme Kick Ass à jouer des codes du genre pour mieux les remettre à sa sauce. Par la même occasion, Millar retrouve Matthew Vaughn qui n'a pas hésité à lourder X Men Days of the future past, permettant à Bryan Singer de signer son grand retour dans la saga et remanier le script initial par la même occasion (pas un mal vraisemblablement). Pourtant malgré le retour du duo, Kingsman n'avait pas grand chose d'intéressant sur le papier. Encore un récit initiatique avec un personnage principal qui devient un héros au fil du film, tout en ayant un mentor digne de ce nom et devant faire face à un méchant cherchant à gouverner le monde (la logique du film d'espionnage classique). Et en soi, les bandes-annonces n'ont pas convaincu votre camarade provocant. Pourtant, suite à de nombreuses critiques élogieuses, je me suis engagé à le voir et finalement le fait d'avoir tenter à l'aveugle fut une très bonne chose (Borat "le The Voice du cinéma"?).

Kingsman : Services secrets : Photo Sofia Boutella

"A ta santé Borat."

Dès les premières minutes, le film montre une certaine couleur pop qui avait si bien convenu à Kick Ass avec le bon gros son de Dire Strait et son Money for nothing, alors que Colin Firth et son esquade sont en train de liquider de l'afghan en hors champ! Et oui, contrairement à un grand nombre de productions hollywoodiennes, Kingsman se permet le Restricted en lieu et place du PG-13. Par un curieux hasard, il a réussi à faire face aux 50 nuances de Grey (également Restricted mais avec beaucoup moins de corones) et grâce aux recettes internationales à dépasser son budget. Peut être pas assez pour dépasser son budget sur le sol ricain, mais suffisant pour dire que le succès est là et en particulier pour une production Restricted. L'air de rien, le mois de février a prouvé par trois fois qu'un film peut fédérer largement avec cette classification, le principal coup d'éclat étant American Sniper de Clint Eastwood. De là à ce que Hollywood passe aux choses sérieuses, il n'y a qu'un pas. Il n'en reste néanmoins que l'ambiance n'est pas la même ici, passez donc votre chemin pour le SM et les tueries de guerre. Ici on est dans les tueries pop où l'on se fend la gueule en voyant les corps qui explosent. On reste dans une hiérarchie à la James Bond (le MI6 est remplacé ici par une sorte de guilde du roi Arthur où chaque membre a un nom renvoyant à un chevalier de la table ronde), mais en y allant franco dans la violence colorée et jouissive.

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

A l'image de Millar comme il le prouve depuis Wanted (le comic-book hein pas la bouse qui lui sert d''adaptation") ou de Vaughn depuis l'adaptation de Kick Ass. Il suffit de voir certaines scènes du film où on fait péter une salle façon coloré sur le funk de KC & the sunshine band (alors que certains auraient mis une musique hyper dramatique façon Steve Jablonsky pour un Transformers avec le héros navigant entre les morts!) ou on massacre une église remplie d'extrêmistes avec Free Bird de Lynyrd Skynyrd (ce qui m'a rappelé mes bonnes vieilles virées sur GTA San Andreas, ah le bon temps!). Et puis pour continuez dans l'irrévérence, que dire du dernier plan pré-générique de fin (avec du Bryan Ferry s'il vous plaît, provoquant l'hilarité la plus totale), si ce n'est qu'il n'est pas sans rappeler certains passages obligés de l'ami James?! Sans compter la présence de Michael Caine parlant d'elle-même en ce qui concerne l'hommage envers le genre de l'espionnage. Evidemment, il faut un bon méchant ou tout du moins un méchant qui permet au spectateur de se souvenir de lui. Pas de doute que celui de Kingsman risque fort de rester longtemps parmi un des plus cocasses du film d'espionnage.

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Mark Strong, Sophie Cookson, Taron Egerton

Imaginez ce bon vieux Samuel L Jackson en sorte de Steve Jobs afro-américain (déjà là ça donne envie) avec tout le délire que cela amène (pas de "this is a revolution" mais on n'en est jamais bien loin), voulant conquérir inévitablement le monde (qui plus est avec un plan sorti tout droit de la Bible!), ne supportant pas la vue du sang (pas même le sien donnant lieu à un passage désopilant) et avec un détail merveilleux. Pour ceux qui connaissent le jeu de Jackson, l'acteur est réputé pour beaucoup parler. Alors imaginez un peu avec un ravissant cheveu sur la langue. Fous rires inévitables. Sans compter l'homme de main efficace et parfois plus charismatique que son patron. C'est indéniablement le cas de Gazelle incarnée par la danseuse Sofia Boutella, permettant au personnage de faire moult acrobaties spectaculaires avec ses "élans pistoriusiens". Colin Firth semble s'être bien marré à jouer les espions violents mais toujours gentleman, idem pour Mark Strong dans un rôle moins physique mais n'étant pas sans rappeler les grandes heures de Q. Le jeune Taron Egerton s'en sort plutôt pas mal, malgré une tendance inévitable à jouer la racaille de service (à l'image de la scène de la poursuite avec les flics). Pour ce qui est de la bande-originale, outre les chansons susmentionnées, le travail d'Henry Jackman est beaucoup trop classique et n'est pas sans rappeler ce qu'il a déjà fait sur X Men First Class. Au bout d'un moment, la répétition est peut être trop présente. 

 Kingsman : Services secrets : Photo Samuel L. Jackson

Un film d'espionnage fantastiquement bourrin et n'hésitant pas le mauvais goût pour faire rire le spectateur.

25 février 2015

Le hasard, ce grand humoriste

Tout part d'un vieil homme sur un lit d'hopîtal. Dès lors les destins ne vont cesser de se croiser, tous en rapport avec cet homme...

Metropolitan FilmExport

Faire un film choral est une chose, le rendre intéressant en est une autre. Là où beaucoup n'y voient qu'un moyen inévitable de chercher le gros casting (le dernier film de Paul Haggis en est la preuve avec Liam Neeson, Kim Basinger ou James Franco mais des retours catastrophiques), Paul Thomas Anderson a trouvé un intérêt à s'encadrer d'un beau casting tout en écrivant une histoire digne de ce nom. Au final: Ours d'or, Golden Globe du meilleur second-rôle... A la différence également d'autres films choraux, Magnolia peut se permettre d'avoir une intégralité de personnages principaux équivalents, chacun étant une pièce de l'échiquier ou plutôt une pétale de fleur. Pour cela, PTA joue particulièrement sur la carte du hasard et le fait que tous ses personnages sont liés par un élément ou un autre par le plus grand hasard de la vie. L'introduction aussi improbable soit-elle résume bien cela: qui aurait pu penser que le plan aurait pu marcher? Il y a toujours un soupçon de hasard même dans une préméditation. Il n'en reste pas moins qu'il y aura toujours une conséquence à un acte. Tous les personnages (sauf un) sont liés par un fait ou une parenté. Une vraie pelote de laine dont PTA réussi à chaque instant à dépasser et ce malgré un casting avec des acteurs plus imposants que d'autres.

Metropolitan FilmExport

(attention spoilers) Tout part d'un vieil homme (Jason Robards) sur un lit d'hopîtal. Une raclure qui a délaissé sa femme et son enfant, infidèle. Il est marié à une femme qui a fait comme lui et devenant accro aux médicaments (Julianne Moore fraîchement oscarisée) et demande à son infirmier (Philip Seymour Hoffman) si il peut retrouver son fils. On ne sait pas encore qui il est avant un fatidique coup de fil. Pour le vieil homme, c'est une forme de rédemption, le moment de partir en paix. Ce dernier n'est autre qu'un gourou machiste (Tom Cruise) qui a soigneusement enlevé les zones d'ombre de son cv pour mieux préserver cet héritage douloureux. Il est avant tout un homme meurtri par l'abandon de son père et cherchant à le faire payer en devenant aussi exécrable envers les femmes que son père ne l'a été avec sa mère souffrante. Une vengeance déguisée et très lucrative, le bonhomme étant particulièrement connu et riche. Une revanche sur une vie de misère. Lien suivant. Un présentateur découvre qu'il a le cancer (Phillip Baker Hall) et l'émission est produite par le vieil homme. Hasard certes mais lien évident: Baker Hall est le successeur de Robards et il a hérité des vices de son prédescesseur. Et pour cause, non seulement il a trompé sa femme mais il semble aussi avoir fait des attouchements sur sa fille (Melora Walters).

Tom Cruise. Metropolitan FilmExport

Cette même fille qui est devenue cocaïnomane suite probablement à ces abus. Lien direct vers l'émission dorénavant. Un ancien candidat (William H Macy) apparaît comme un raté, n'ayant plus les sous qu'il a touché pour l'émission, évoqués par une réplique évoquant que l'argent est allé dans les poches de ses parents. Non seulement, l'émission rend malade ses producteurs, mais aussi ses candidats, ces derniers étant eux-mêmes abusés par leurs propres parents. PTA fait alors le parallèle avec un jeune candidat de la même émission actuellement. Ce dernier est clairement abusé par son père qui ne voit en son fils qu'une source d'argents. Homme aux moeurs médiocres, le fait que son fils soit dans la lumière lui permet de l'être aussi. Une manière crapuleuse d'aimer son enfant, soit une thématique qui revient constamment dans le film: entre Robards et Cruise, entre Baker Hall et Walters, entre ces candidats et leurs parents. Et dans cet échiquier vient s'insérer un élément étranger, le seul qui est lié à tous mais sans le faire exprès: un flic (John C Reilly). Originellement, il n'aurait jamais dû les rencontrer, il vient juste pour un éventuel tappage sonore chez Walters. La thématique du hasard prend tout son sens avec ce personnage: il apparaît comme un cheveu sur la soupe dans ce film choral tout en ayant une utilité à part entière.

Melora Walters et John C.Reilly. Metropolitan FilmExport

Il tombe amoureux de la fille et c'est sur lui que se terminera le film. Une logique imparable puisque c'est un élément extérieur. Par ailleurs à ceux qui croient que le passage des grenouilles est purement gratuit, elle ne l'est pas et plus particulièrement elle est sans cesse amenée. Par exemple, un panneau publicitaire cite l'Exode et particulièrement le verset des grenouilles tombant sur l'Egypte. Ce passage permet de punir ou de rassembler différentes personnes. Dans le premier cas, on peut citer Baker Hall. Il s'apprête à se suicider mais est stoppé par une grenouille tombant du plafond. Pourtant alors que l'on pourrait croire qu'il est sauvé, le coup de feu finit par toucher la prise électrique qui finit par fumer. On ne verra plus ce personnage pour le reste du film. PTA le laisse volontairement dans une position à suspense. On ne sait pas s'il survivra et au pire le cancer le tuera, mais le fait de ne plus le montrer fait clairement comprendre que le personnage a atteint un stade irrécupérable et que le jugement divin est arrivé et ce par une banale grenouille tombant du ciel. Dans le bon sens, cette scène permet à une mère et sa fille de se retrouver après plusieurs années de silence. L'honneur est sauf. Par ailleurs, encore maintenant la séquence reste absolument impressionnante.

William H. Macy. Metropolitan FilmExport

Elle a beau contenir un taux ahurissant d'effets-spéciaux, elle n'en reste pas moins un bijou de minutie, la musique s'arrêtant pour laisser place au bruit des grenouilles se fracassant contre le sol ou les voitures, empêchant toute visibilité et pourtant le spectateur voit tout. D'autant que PTA montre tous les protagonistes même le purement secondaire (ce qui est le cas de la femme de Baker Hall). D'autant qu'elle n'arrive que très tard dans le film quasiment vers la fin. Une conclusion parfaite, une sorte d'apocalypse. Avant cela, PTA les réunissait également le temps d'une chanson, chaque acteur principal chantant un point particulier et ce particulièrement bien. Un beau moment musical preuve que le réalisateur a voulu se faire plaisir sans jamais que cela ne soit purement gratuit. (fin des spoilers) Malgré ses trois heures de métrage, Magnolia est le genre typique de film qui réussi à se transcender et à ne jamais paraître long. Une réussite indéniable. N'oublions pas non plus le casting irréprochable allant de l'hystérique Julianne Moore au mortellement jubilatoire Tom Cruise (une des rares fois où il ne court pas dans un film et ironiquement apparaissant pour la première fois sur Also sprach Zarathustra alors que le dernier Kubrick dans lequel il joue venait de sortir!), en passant par le touchant John C Reilly.

Jeremy Blackman. Metropolitan FilmExport

Une puissante oeuvre sur le hasard et le destin où l'aspect choral n'apparaît jamais comme un gadget.

 

23 février 2015

Bob vous attend pour rire

La recette du paté de crabe et notamment de sa sauce disparaît malencontreusement et Bob et ses amis partent à sa recherche...

Bob l'éponge 2

Votre cher Borat n'est à l'origine pas un grand fan de Bob l'éponge. Je me souviens que je regardais souvent quand cela passait sur TF1, mais de là à dire que j'aimais cela. Il n'en reste pas moins qu'au fil des années, j'ai su changer d'avis trouvant de l'intérêt à cette pochade déjanté d'une éponge faisant des burgers de crabe pour Mr Crabs et ayant pour pote une étoile de mer débile nommée Patrick. J'ai depuis vu le film qui m'a plutôt bien plu même s'il avait des défauts et je dois dire que sa sequelle sortie mercredi me faisait de l'oeil. Bob l'éponge: Un héros hors de l'eau a au moins le mérite de titiller le spectateur de par sa connerie ambiante et jouissive et se donnant les moyens de contrebalancer son concept par une inventivité folle. Clairement il n'y a pas de quoi faire durer un épisode de Bob plus de vingt minutes. D'ailleurs le premier film en souffrait un peu, perdant beaucoup en rythme vers la fin. Cette sequelle se révèle finalement plus conséquente car ose beaucoup, y compris les références qui parleront davantage aux adolescents et adultes férus de science-fiction. Ainsi, le film met en scène la lutte fatidique de Plancton pour avoir la fameuse recette du paté de crabe et évidemment par un drame, elle n'existe plus. Les réalisateurs se sont donc fait plaisir dans la "sequelle bigger and louder" car quand il n'y en a plus, il y en a encore!

Bob l'éponge - Le film : Un héros sort de l'eau : Photo Antonio Banderas

L'avion s'écrase? Hop on monte dans le char! Char foutu? Robot géant! Robot sans batterie? Diversion! Il y a toujours un élément qui fait que nous sommes face à une suite bigger and louder, à l'image du récent 22 Jump Street. Le crédo de ce film pourrait être "plus c'est con plus c'est bon!" D'autant que le film est réalisé par quelqu'un connaissant parfaitement l'univers de la série, puisqu'il s'agit de son second showrunner Phil Tibbitt qui se charge de cette séquelle. On se demande constamment où le réalisateur va nous emmener et à chaque fois on se fend la poire. Il n'y a qu'à voir la parodie de Mad Max 2 avec Krabs en Humungus et Poulpe à la place de Vernon Wells! Sans compter les vigilantes qui défoncent la gueule d'un pneu, un surveillant avec mitraillette et Patrick avec un couteau sur la tête! Une parodie délirante que seuls les adolescents et adultes au parfum comprendront parfaitement. C'est dire si le film parle à un public largement plus large que les simples enfants. Idem pour le passage parodiant plus ou moins H2G2 Le guide du voyageur galactique (aussi bien le roman que le film), laissant un beau fou-rire à votre cher Borat qui a compris tout de suite le délire WTF en présence.

Bob l'éponge - Le film : Un héros sort de l'eau : Photo

Quant aux séquences en prise de vue réelles, le film montre un Antonio Banderas (qui cabotinne comme pas possible) bien content de se foutre de la gueule de Johnny Depp, en faisant des caisses à pasticher le Jack Sparrow de Pirates des Caraïbes. Par la même occasion, le réalisateur ose un petit clin d'oeil au regretté Ray Harryhausen par un squelette récalcitrant, même si la scène est malheureusement trop courte. Sans compter tous les passages avec le photomaton renvoyant à HG Wells et un soupçon de 2001 pour l'aspect terriblement psychédélique! On passe réellement un bon moment surtout que le film aligne les grands moments et finalement s'avère bien supérieur au premier film. Il n'y a quasiment pas de baisse de régime, le film fait rire du début à la fin, s'aligne dans une connerie volontaire du plus bel effet. Bref, du pur spectacle familial qui ne prend jamais son spectateur pour un imbécile. Il ne paye pas pour voir des chipmunks qui chantent bêtement ou un dog allemand qui pète et rote. Avec Bob, on est toujours dans la pantalonade référencée et jubilatoire et on demande à voir un peu plus ce genre de spectacle ces derniers temps.

Bob l'éponge 2 (photo)

Une sequelle de grande qualité à la fois drôle et référencé de manière habile.



22 février 2015

Cuvée SNL

Cette semaine (et première cuvée pour débuter cette seconde année de conneries nostalgiques), la Cave de Borat va rendre hommage à une institution de la rigolade qui grâce à ses comiques a réussi à perdurer durant désormais quarante piges (soit la moitié de l'âge de votre cher Borat ce qui ne le rajeuni pas du tout comme il le dit souvent!). Dimanche dernier, NBC fêtait l'anniversaire du Saturday Night Live, faisant une des rares audiences notables de la chaîne sur l'année (désolé de taper dessus chaque année mais depuis Heroes c'est le naufrage pour la chaîne, quoique quand on voit le niveau des autres networks, il n'y a pas de quoi se vanter non plus) avec un show génial (enfin de ce que l'on peut voir sur youtube) dont on reparlera un peu plus bas dans cette cuvée. Le SNL (vous m'excuserez de passer à l'abréviation) est une institution à comiques où même le passage le plus court peut être remarqué. Votre cher Borat va revenir de loin et rendre hommage à ces fameux comiques en se focalisant sur les décennies ayant permis de découvrir ces fameux talents dont certains ne sont malheureusement plus de ce monde avec grande tristesse.

On dit souvent que la première mouture est la meilleure. C'est surement vrai en ce qui concerne le SNL tant la décennie 1975-1985 permit à un très grand nombre de comiques de se faire connaître de la meilleure des manières avant de toucher au sacro-saint cinéma. Dans un premier temps elle a fait naître les fameux Blues Brothers aka Dan Aykroyd (1975-1979) et le regretté John Belushi (1975-1979). L'air de rien l'esprit du SNL a perduré avec au moins Aykroyd par au moins quatre films. Bien évidemment Les Blues Brothers de John Landis véritable pignolade en puissance toujours copié (n'est-ce pas Luc? Oui c'est bien à toi que je parle, ce n'est pas parce qu'Alain Terzian te cire les bottes que le Borat doit le faire!) mais jamais égalé. Multipliant les scènes tonitruantes (ah la course-poursuite de presque une demi-heure servant de climax au film! Ah la scène chez les cowboys! Ah la poursuite dans le magasin! Ah Carrie Fisher qui essaye de tuer Belushi durant tout le film), Les Blues Brothers est un sommet comique et musicale de la meilleure des manières. Les 80's commençaient de manière grandiose avec ce film. Puis vint Ghostbusters. John Belushi devait normalement exploser avec un film pareil, encore plus qu'avec Les Blues Brothers, American College ou 1941 (bon ce dernier est plus polémique). Malheureusement pris par la drogue, l'acteur nous quitte en 1982. Aykroyd ressortira le projet deux ans après en compagnie du regretté Harold Ramis et d'un certain Bill Murray.

Ce dernier a aussi fait ses classes au SNL (1977-1980) et sa notoriété ne fera qu'accroitre avec Ghostbusters. Murray reste probablement un de mes comiques préférés sachant à la fois faire dans le comique pur et dur (Un jour sans fin et La vie aquatique sont des exemples notables) ou le plus nuancé (Lost in translation est largement sauvé par sa prestation au whisky japonais). Même des films pour le moins discutables (et il y en a eu, on en a reparle de Charlie's angels? De Garfield?), il réussi à tirer la couverture le temps de quelques temps et cela par un comique de situation jouant sur un côté déprimé. Il n'y a qu'à voir sa tête sur Ghostbusters où il semble être le seul de l'équipe à réellement se foutre des histoires de fantômes de ses camarades! Mais indéniablement c'est drôle! Pareil pour Un jour sans fin où son agacement est palpable à chaque seconde du film. Pour en revenir à Aykroyd on peut plus parler de comique de dialogues, ce dernier ayant beaucoup fait pour Les Blues Brothers et Ghostbusters. En revanche, par la suite, le comique aura bien du mal à faire mieux et en particuliers sur Coneheads (un film estampillé SNL où il était un extraterrestre avec un énorme cône pour tête et devant s'infiltrer sur Terre) et Les Blues Brothers 2000 (bousillé par Universal dixit Universal et dont John Goodman prenait la relève de John Belushi).

"Salut Bébé. Tu veux faire un karaoké avec Bill le crooner? Viens donc à mes côtés, je vais te faire chanter!"

Autre comique marquant de la décennie 75-85 un certain Eddie Murphy (1980-1984). Comique pétaradant, pro de l'improvisation, le comique ne tarde pas à se faire remarquer par le cinéma en premier lieu avec 48 heures. Partant sur une thématique bateau (le buddy movie avec le flic blanc qui se coltine un sidekick bien particulier, là un arnaqueur), le film se sauve notamment grâce au duo Eddie Murphy-Nick Nolte. S'enchaîne Un fauteuil pour deux où il joue aux côtés d'Aykroyd (deux icônes du SNL pour le prix d'un film!) dans une satire jubilatoire de la finance. Mais là où Murphy a réellement explosé arrive un an plus tard avec Le flic de Beverly Hills. L'acteur casse la baraque, aligne les gags en puissance (ah le passage sur Michael Jackson! Il paraît qu'il n'est toujours pas là...) tout en étant un pur film d'action 80's type Don Simpson-Jerry Bruckeimer (ça tire, ça explose, ça va dans les bars à stripteases!). A partir de là, Murphy devient intouchable même s'il n'est pas au top, il rapporte. Malgré tout, le retour de baton sera violent pour l'acteur à partir des 90's où il commence à trop cachetonner pour des films ne valant pas tripettes. Si bien que quand il fait un bon film, cela ne marche pas. Je pense bien sûr au Flic de San Francisco ou plus logiquement Metro, polar vraiment sympathique et sous-estimé (et ce malgré un grand nombre de diffusions).

"Quoi Michael Jackson ne viendra pas? Bon alors je vais me faire un autre classique: Roxanne! Roxaaaaaaaaaaaanne!"

En gros, ses années 2000 se caractérisant surtout pour son interprétation jubilatoire de l'Ane dans Shrek. Bien sinistre quand même. Au cours de la décennie, le show crée par Lorne Michaels permet à des têtes connues de se faire une place à l'image du frère Belushi James qui plus tard se fera surtout connaître pour Double détente avec Schwarzy et la série des Chien de flic (1983-1985); Julia Louis Dreyfus (1982-1985) qui fera partie de l'aventure Seinfeld; Chevy Chase (1975-1979) interprète impayable de Fletch et des National Lampoons's vacation que l'on retrouvera par la suite chez Big John (ah Les aventures d'un homme invisible); Billy Cristal (1984-1985) qui fera revenir un de ses personnages dans le film Mr Saturday night et deviendra le Harry le plus connu de la romcom (le premier qui me sort Potter, la baffe partira!); et enfin Martin Short (1984-1985) comique n'ayant jamais réellement eu son heure de gloire et ce malgré L'aventure intérieure (avoir Dennis Quaid dans le corps c'est quelque chose) et Mars attacks (ah l'assistant du président US qui utilise la limousine présidentielle pour aller aux putes!). La décennie 85-95 aura son lot de trouvailles mais pas forcément les plus appréciables. Parmi les plus connues, un certain Adam Sandler (1991-1995). Votre cher interlocuteur l'avait remarqué avec Big daddy (où il pissait devant une porte avec soi-disant son gosse) et où Rob Schneider (également permanent durant la période 1990-1994) n'est jamais très loin.

"Borat t'as fini de te foutre de ma gueule? Tu sais bien que les Razzies j'adore ça, chaque année, j'ai l'impression de gagner une nouvelle bouteille de vin avec autant de raisins récoltés! -Bon Adam c'est quand que tu redeviens drôle? -Appelle Judd et on verra."

Pas amateur de l'humour le plus fin, souvent très lourd et aux films pour le moins lamentables pour la plupart, Sandler se permettra la résurrection Apatow avec Funny People... avant de revenir rafler quelques Razzie Awards. Au mieux je retiendrais Amour et amnésie, certainement une de ses productions les plus sympas. Quant à Schneider, il aura eu le mérite d'être le pire sidekick de Stallone (ah Judge Dredd!) et de JCVD (ah Piège à Hong Kong!). Dans le lot, on retrouve aussi quelques acteurs révélés dans des films de John Hughes à l'image de Joan Cusack soeur de John et vue dans Sixteen candles (1985-1986); Anthony Michael Hall (idem) aka le geek; et même un certain Robert Downey Jr (idem) vu à l'époque dans Weird Science avec le second. Chris Rock (1990-1993) fait ses premiers pas là aussi. Je n'ai jamais été un grand fan de ce comique qui m'a constamment horripilé tout le long de sa filmographie, mais je dois bien avouer que sa prestation dans Two days in New York m'a fort étonné. On retient également les passages de Randy Quaid quand il était encore tout à fait normal (1985-1986) et de Chris Elliot vu notamment dans Un jour sans fin et Mary à tout prix (1994-1995). Mais ce que l'on retiendra notamment de cette décennie, c'est le fameux duo qui donnera naissance à Wayne's world, Dana Carvey (1986-1993) et Mike Myers (1989-1995).

"Wayne's World! Mégateuf! Excellent!"

Imaginez que les geeks de votre collège, lycée ou traînant dans votre université soient symbolisés par deux grands dadés franchement sympathiques, fans de hard rock voire rock tout court et enregistrent chaque semaine une émission où ils parlent de tout et n'importe quoi en faisant ce qu'ils aiment! Deux rôles en or pour Myers et Carvey qui n'hésiteront pas à en faire une de leurs apparitions les plus fracassantes avec les deux films adaptés de Wayne's world. J'aime autant les deux, le premier parce que Tia Carrere (ah le tango! Merde c'est dans True Lies...) et Rob Lowe (ah le gros pourri fini que Myers a tout de même bien remis en selle) et puis pour l'adaptation fun des Nuls; et le second pour sa parodie délirante du Lauréat et évidemment Christopher Walken les mecs! Par la suite si Carvey est tombé assez bas, Myers a continué de plus belle avec le personnage d'Austin Powers où le pauvre aura à choisir entre "cracher ou avaler" avec Felicity Bonnebaise! Je dois avouer une nette préférence à Austin Powers plutôt qu'à Wayne's world, peut être l'humour gras et référencé me plaisant plus. Le SNL passe à une nouvelle génération en 1995 et ne fait pas les choses à moitié. En prenant Will Ferrell (1995-2002), le show se permet de découvrir un des meilleurs comiques actuels, véritable machine à gags aussi bien visuels que bien sentis.

"Heu... -Mr President vous êtes à l'antenne! -Je n'ai qu'une chose à dire: AMERICA FUCK YEAH! -Et merde..."

Le mec se paye même George W Bush à plusieurs reprises au cours du show, se retrouve dans un des sketchs les plus connus du SNL encore maintenant (on en reparlera); se retrouve dans deux adaptations de sketchs du SNL (le fameux A Night at the Roxbury et Superstar où il partage l'affiche avec Molly Shannon membre de 1995 à 2001); et a négocié une carrière cinématographique de qualité en dehors quelques ratés (on évitera de parler de Ma sorcière bien aimée). Son apparition la plus marquante fut certainement pour moi son passage dans Serial noceurs. Il est un vulgaire second-rôle, on ne l'attend pas du tout et pourtant à chaque fois qu'il apparaît c'est l'éclate totale ("Maman! Le pain de viande!", "Après la mort, la renaissance!" qu'il dit alors qu'il est en train de mimer un signe hautement sexuel avec deux veuves sous le bras!). Idem pour Back to school film méconnu de Todd Phillips et bien meilleur que les Hangover où il se retrouve ni plus ni moins qu'à poil en pleine rue et ivre alors que sa femme est en train de passer en voiture! Dans le même genre, les filles ne seront pas en reste puisque Tina Fey (2000-2006) et Amy Phoehler (2001-2008) se payeront respectivement Sarah Palin et Hilary Clinton au point de parfois se confondre avec leur modèle (surtout Tina Fey).

"Tu crois qu'ils nous regardent encore? -Oui. -Bien. Souris!"

Chacune héritera de sa série, la première avec 30 rock, la seconde avec Parks and recreation où l'on retrouve aussi le fameux Chris Pratt. C'est aussi l'époque de Tracy Morgan qui sera également de 30 rock (1996-2003); Jimmy Fallon (1996-2004) que j'ai malheureusement croisé dans New York Taxi (c'est lui qui reprenait le rôle de Frédéric Diffenthal) avant qu'il n'explose correctement dans son propre show et désormais dans le Tonight Show; et Maya Rudolph (2000-2007) que vous avez peut être vu en future mariée dans Bridesmaids. C'est également à cette époque que la France essaye de faire un show identique. Tout d'abord avec Les Nuls l'émission qui jouait sur le même principe (un invité, des sketchs où il est impliqué et un numéro musical) et un humour tonitruant (1990-1992); et Samedi soir en direct avec Kad et Olivier à une époque où ils étaient drôle pour un résultat similaire et dont le sketch le plus connu est évidemment celui où Kad et Valérie Lemercier sont des amateurs SM ayant des invités (quatre numéros entre 2003 et 2004 car trop trop chers...). Deux émissions toutes deux diffusées par Canal +. La dernière génération est peut être moins connue mais a tout de même des têtes commençant à transparaître. Tout d'abord Bill Hader (depuis 2005) vu notamment en flic déglingué dans Superbad et trustant les productions Apatow à foison (d'ailleurs il sera le héros de son prochain film), tout en étant le merveilleux lèche-bottes de Tom Cruise dans Tropic Thunder.

"Enfin dans La Cave de Borat! -Heureux? -Je suis dans la Cave de Borat! -On va dire que oui..."

Un visage atypique et particulièrement expressif. A lui se rajoute Kristen Wiig (2005-2008) dont la popularité a accroit depuis le succès de Bridesmaids et que l'on a retrouvé également dans La vie secrète de Walter Mitty, sans compter qu'elle sera de Ghostbusters 3. Andy Samberg (2005-2013) est réputé pour le groupe de rap parodique The Lonely Island qui se produira plus d'une fois au SNL et a depuis sa sitcom Brooklyn Nine Nine. Jason Sudeikis (depuis 2003) est passé depuis à la postérité avec Bon à tirer des frères Farrelly, Comment tuer son boss ou Les Miller. En gros, souvent des mecs portés sur la chose! Et Kate McKinnon (depuis 2012) m'a récemment fendu la gueule à force de parodier merveilleusement Justin Bieber et sera également de Ghostbusters 3. Mais évidemment parler du SNL sans Jim Carrey serait un comble. L'acteur comique a certes raté le coche du SNL il n'en reste pas moins un invité merveilleux qui a durablement marqué le show de NBC. Un des sketchs phares où il a fait parti est évidemment A night at the Roxbury où il faisait parti d'un groupe de mecs composé également par Ferrell et Chris Kattan, qui faisaient toujours ce même mouvement de tête tout en gardant la bouche ouverte avec dents bien serrées. Tout en se payant la chanson d'Hadaway What is love qu'elle a tellement ringardisait que le titre en est devenu culte involontairement.

Un véritable tour de force comique où on voit que Ferrell mangeait bien à cette époque! Récemment, l'ami Jim était invité la promo de Dumb et Dumber de se faisant sérieusement sentir. L'occasion pour lui de se lancer dans une parodie de Chandelier de Sia avec McKinnon, mais aussi de se payer merveilleusement Matthew McConaughey dans ses pubs pour Lincoln. Autant j'adore les deux acteurs, mais il faut bien le dire que l'ami Jim l'imite à merveille, reprenant son accent impayable et ses monologues parfois WTF qu'ils soient intérieurs comme extérieurs (!), comme certaines de ses mimiques comme son jeu de mains. Sans compter que la parodie est juste délirante notamment la dernière partie. J'en reviens à évoquer la fameuse soirée anniversaire qui a donné lieu à des séquences bien senties. La première fut certainement le rap de Samberg et Sandler, revenant sur les années folles du SNL tout en parodiant Tina Turner et Simpleminds! Et aussi Modern Talkin parce que Sandler avec sa guitare qu'il n'utilise pas c'est so 80's! Cela faisait longtemps que Sandler n'avait pas été aussi drôle... Wayne's world est également revenu avec un top bien de chez eux et se permet de tenir tête à Kanye West (oh mais quel pied!).

The californians permet de voir Wiig, Kenan Thompson (et oui le mec de Kenan et Kel a fait du chemin et fait partie du show depuis les années 2000), Bradley Cooper, Hader et Taylor Swift dans une merveilleuse parodie de sitcom. Un élément où tout tourne en longueur, où c'est à celui qui aura le plus de présence à l'écran, où l'intrigue n'avance jamais et évidemment avec des coups de théâtre ouh qu'ils sont bons! Short et Rudolph incarnant pour le coup une Queen B au ventilateur performant (un des gags visuels les plus détonnants du moment) ont quant à eux honoré la musique dans le show avec Will Ferrell en forme (comme toujours) et chauve qui reprend du mauvais Bruno Mars (je m'en bidonne!), le retour fracassant de Steve Martin; Wiig en duo très kitsch un Bill Murray endiablé faisant une éloge au plus grand requin du cinéma (je ne m'en remet toujours pas) ou le retour fulgurant des Blues Brothers avec Aykroyd et James Belushi! Ce fut également l'occasion de revoir ce bon vieux Jacko Nicholson (punaise Jack revient au cinéma même pour une merde, tu me manque terriblement sur un écran!) pour présenter un best-of des parodies de politiques, parmi elles celles de Palin, Bush Jr et Clinton mari et femme.

L'occasion également de revenir sur les auditions bonnes à l'image de celles de John Belushi ("up, down, up, down!") comme ratées de certains comiques parmi elles celles de Kevin Hart, Zack Galifianakis ou Jim Carrey. Pour finir cette cuvée spéciale SNL, voici le sketch le plus drôle de cette soirée spéciale 40ème anniversaire. Prenez le Celebrity Jeopardy. Mettez Will Ferrell en présentateur et un flot de célébrités improbables ensemble. On retrouve aussi bien Bieber (McKinnon), Burt Reynolds (et un foutu chapeau!), Sean Connery (pas avare sur la gaudriole), Tony Bennett (Alec Baldwin au top), Christoph Waltz et son sens de la dialectique et bien évidemment Jim Carrey dans la peau d'un Matthew McConaughey clairement plus vrai que nature (j'en pleure de rires). Insérez des catégories absurdes comme "Oprah célèbres" (c'est vrai qu'il y en a beaucoup...) ou "lettres qui commence par G" (!). Allez à la semaine prochaine!C

19 février 2015

Les Wachowski s'embarquent vers les étoiles

Jupiter est loin de se douter qu'elle est la réincarnation de la mère d'êtres intergalactiques puissants, cherchant à tout prix à mettre la main sur elle...

Jupiter's ascending (affiche concept-art) (5)

Le plus malheureux avec les Wachowski est que depuis Matrix la roue a tourné. Malgré des fans toujours présents (votre cher Borat ne fait pas partie des hardcores mais il a toujours trouvé le duo sincère et s'est toujours déplacé en salles pour voir leurs films depuis Matrix Reloaded), leurs films font des flops ou arrivent difficilement à se rembourser. Malgré ses défauts, Speed Racer avait des idées intéressantes pour un blockbuster. Flop retentissant. Malgré sa longueur et son défi technique indéniable, Cloud Atlas a tout de même réussi à se rembourser et notamment par ses recettes internationales (l'Europe de l'Est adore leurs films si on en croit les chiffres de ce film comme du suivant). Et voici venir Jupiter Ascending qui devait sortir en juillet dernier mais repoussé officiellement pour cause d''effets-spéciaux non-finis". Officieusement, la Warner a eu peur du flop surtout qu'Edge of tomorrow, projet de science-fiction tout aussi casse- gueule n'a pas eu le succès escompté. Mais même là, le studio n'a pas réussi à gérer quoi que ce soit. Affiches ridicules provenant de séances photos faciles avant de sortir de magnifiques affiches dessinées à même pas deux semaines de la sortie (!), beaucoup de bandes- annonces longues mais pas assez convaincantes pour entraîner le public, Mila Kunis et Channing Tatum quasiment tout seuls pour faire la promo dans les médias... Tout cela n'a pas aidé du tout, sans compter le rapport critique entre le très mitigé et le catastrophique. Bien sinistre surtout que l'on parle d'un blockbuster à 170 millions de $.

Jupiter : Le destin de l'Univers : Photo Channing Tatum

Si les Wachowski ont une chance de se refaire en mai prochain via leur série Sense8 sur Netflix, le flop de Jupiter ascending risque de faire assez mal à leur carrière, comme celui de Speed Racer en son temps (ils avaient mis cinq ans à revenir). Dommage car à l'image d'un certain John Carter en son temps (changez le mois de mars par février et vous aurez une certaine idée de la SF ambitieuse qui se fait torpiller), Jupiter ascending en a dans le ventre, juste que le traitement n'est pas toujours adéquate. Petit point technique pour commencer: la 3D ne servait strictement à rien et surtout nuisait à une scène d'action épique comme celle se déroulant à Chicago. On y perd totalement en lisibilité, soit un point dramatique pour un film de ce type. Heureusement il n'y a pas de problème pour le reste du film mais le mal est fait. On peut également dire qu'il y a des sentiments de coupes. Alors est-ce que la Warner a fait front face aux Wachowski? On ne sait pas mais en tous cas, il y a quelques passages qui sont évidents à l'oeil nu. (attention spoilers) Tout d'abord il y a le passage avec les aliens chez la femme où travaille Jupiter. Ils apparaissent et puis plus rien avant l'hôpital et encore plus rien! Pareil pour ces chasseurs de prime qui apparaissent durant toute la première partie, puis plus rien! La femme n'apparaît plus durant le reste du film, si bien que l'on ne comprend pas trop pourquoi Jupiter se retrouve dans la salle d'attente à sa place ou tout du moins on a du mal à y croire. 

Jupiter : Le destin de l'Univers : Photo Channing Tatum, Sean Bean 

"Dis Channing je vais mourir ou pas? -J'en sais rien je n'ai lu que mes dialogues et indications mec, je peux pas faire le boulot à ta place. -T'inquiète jette un oeil sur le script tu vas rire!"

Mais surtout on remarque comme une ellipse entre la femme annonçant l'entrée de Jupiter dans la salle d'attente et Jupiter en pleine opération dangereuse. On ne sait pas réellement pourquoi elle est en danger car la rupture de montage est trop nette. Il y a comme un problème. On le remarque également avec le personnage de Tuppence Middleton qui apparaît plus que brièvement par rapport à son rôle. On remarque également le même genre de coupures avec Channing dans l'Espace puis paf dans un vaisseau! Comme si il n'y avait rien eu entre. (fin des spoilers) En sachant qu'initialement les Wachowski envisageaient une trilogie. Donc le film compresse tout et s'il en sort un film néanmoins efficace, les coupes comme les personnages apparaissant et disparaissant de manière impromptue font très mal au film et on l'espère, une version longue ou un extensed cut ferait le plus grand bien au film. Outre les coupes nuisant parfois à la crédibilité de l'histoire, n'oublions pas que l'on navigue parfois un peu trop dans le côté cul-cul. Mila aime Channing mais il ne veut pas lui dire et elle hésite et en même temps pourquoi pas, car elle est célibataire et que lui aussi, mais la vie a son lot d'épreuves, sans compter qu'elle se fait kidnapper tout le temps et... Au bout d'un moment c'est quand même un peu pesant surtout que le film repose sur un grand nombre de péripéties qui les concerne tout deux. Sans compter les passages avec la famille russe valant son pesant de cacahuètes.

Jupiter : Le destin de l'Univers : Photo

Ensuite il y a ces fameux méchants. Si Tuppence Middleton est vite évincée (et ce malgré un magnifique plan sortant du bain... Borat amoureux!), on a droit au charisme d'huître de Douglas Booth (oh qu'il joue mal les Dom Juan mais qu'est-ce que c'est drôle!) et surtout à Eddie Redmayne. Alors avec lui c'est un bonheur sans nom, une vocalise une rigolade. Comme il a eu un problème avec son cou, le voilà qu'il parle comme un asthmatique (à ceux qui croient que je fais de la discrimination, sachez que le Borat est asthmatique, un peu d'autodérision ne fait pas de mal -NDB) pour notre plus grand plaisir. Sans compter qu'évidemment comme il est méchant, il gueule et avec sa voix cela n'en devient que plus drôle. Alors oui ces deux méchants sont au combien ridicules voire pénibles, il n'en reste pas moins que leurs desseins sont assez intéressants, renvoyant à Soleil vert une nouvelle fois (les Wachowski y avaient déjà penser sur Cloud Atlas).

Jupiter : Le destin de l'Univers : Photo Eddie Redmayne

"JE SUIS LE MECHANT! ET JE SUIS ASTHMATIQUE! -Hahahahahahahha! -Un peu de respect merde!"

(attention spoilers) Imaginez un peu un peuple qui gouverne la galaxie et qui moisonne les oeufs de nos chères demoiselles afin d'avoir la jeunesse éternelle. L'air de rien cela fait tout de même assez subversif voire métaphorique. Certains y verront indéniablement une métaphore des cinéastes eux-mêmes, bouffés par les studios qui les emploient et dont leurs bébés sont sacrifiés. D'autres que les studios bouffent de plus en plus les cinéastes pour faire des choses aseptisée. Ce qui est d'autant plus légitime quand on sait que ce film est PG-13 et n'est potentiellement pas violent à juste titre. Une forme qui revient à Speed Racer, le côté gamin en moins indéniablement (et tant mieux). A cela rajoutez de nombreux points communs intéressants avec Matrix. Jupiter est une héroïne élue malgré elle dans une situation improbable (récureuse de chiottes pour être gentil et admiratrice des étoiles le soir; Néo bureaucrate banal et hacker de génie le soir); un mentor la protégeant (Morpheus vs Channing) et un méchant aux dents longues (Smith et Redmayne même combat). (fin des spoilers) Mais avec ce film les Wachowski se font également plaisir avec un visuel pour le moins ravissant, faisant pétarader les couleurs de manière époustouflante. Un beau space opera comme on redemande et dont le genre doit malheureusement se contenter de reboots et suites de sagas connues. Jupiter Ascending est donc une bouffée d'air frais dans le genre et se déguste comme un bon petit divertissement qui fera la joie du samedi soir entre potes. Une qualité indéniable. Pour ce qui est des acteurs, on restera un peu plus mitigé, Tatum faisant la moue, Kunis a le même rôle habituel et Sean Bean... Je vous laisse la surprise! Ah et que dire du score de Michael Giacchino si ce n'est qu'il est réellement magnifique et se marie merveilleusement avec les images. Comme pour John Carter...

Jupiter : Le destin de l'Univers : Photo

Un bon space-opéra malgré des coupes apparentes et quelques petits détails, mais néanmoins ravissant.

18 février 2015

Ce flim n'est pas un flim sur le cyclimse!

George Abitbol, la "classe américaine" selon ses fidèles, est mort. Des journalistes essayent de découvrir la vérité...

Dans la comédie, la parodie est souvent mal considérée car en soi, elle ne fait que recycler des choses préexistantes. Il faut indéniablement un fil conducteur qui fait que la parodie fonctionne et surtout malgré le fait de chercher à se fendre la gueule, ne pas faire trop dans le gag lourd. C'est en cela que la saga Scary Movie est tombé dès son second volet dans la désuétude à force de ressortir sans cesse les vannes scato et bien lourdes (ah le mec qui plante son doigt dans la dinde en l'enfonçant bien profond! Ah Francis qui se fait masturber dans un dernier espoir de survie par Anna Faris avant de sortir le résidu en l'explosant par la porte façon Titanic!). Mais évidemment comment oublier les rigolades que furent La cité de la peur, Y-a-t-il un pilote dans l'avion?  ou Hot shots? Le défi de Michel Hazanavicius (réalisateur des OSS 117 avec Jean Dujardin) et Dominique Mézerette est néanmoins différent. Ici pas question de refaire des scènes de films en se moquant, mais de prendre les extraits même des originaux pour les détourner. Une technique qu'avait déjà présenté La dialectique peut-elle casser des briques et qu'a repris depuis 2004 l'ami Mozinor. A l'origine, la Warner a simplement donné son catalogue à Canal + en espérant que la chaîne en fasse quelque chose pour leur soixante-dixième anniversaire en 1993, à deux conditions: on ne touchait ni à Stanley Kubrick, ni à Clint Eastwood.

"Je suis, je suis... -Julien Lepers? -Oui, oui, oh oui!"

Les deux réalisateurs se payent alors l'occasion de passer outre les problèmes de droits et vont jusqu'à chercher les doubleurs officiels de certains acteurs à l'image de Raymond Loyer pour John Wayne ou Patrick Guillemin pour Paul Newman et Robert Redford. Si le film sera diffusé par Canal + en trombe, il n'en reste pas moins qu'il n'est ni sorti en salles, ni en DVD, ni en BR, ni même sur la sacro-sainte VHS! Raison? On ne sait pas trop, certainement que la Warner n'a pas dû être très contente (et pourtant quel coup de pub!) du montage présenté. Mais, et c'est aussi les joies d'Internet (comme quoi, ce n'est pas qu'un réservoir à merde pour les films et notamment ceux qui n'ont pas eu droit au DVD), le film a fait surface sur ton tube préféré (olala quelle manière de fêter les dix ans de la chose) et même dans une version totalement restaurée reprenant les extraits d'origines en HD. La classe quoi! Mais La Classe Américaine qu'est-ce que c'est donc? Et bien c'est une merveilleuse parodie de Citizen Kane ni plus, ni moins où même l'ami Orson Welles fait son apparition avant de faire plouf! Ah tiens Orson veut nous dire quelque chose:


 

Déclaration d'Orson Welles:


 

"J'aime pas trop les voleurs et les fils de pute"

C'était une déclaration d'Orson Welles.


 

Merci Orson pour ce grand moment de poésie et revenons à nos moutons. En gros, George Abitbol aka la fameuse classe susnommée (en l'occurrence ce bon vieux John Wayne dans certainement un des plus grands rôles de sa carrière!) meurt en disant "Monde de merde!" Une citation qui fait le buzz et bouleverse une rédaction qui envoie trois de ses hommes à la recherche de la vérité. Et sur leur chemin, Dustin Hoffman, Robert Redford (en mode Hommes du président) et Paul Newman croiseront des personnalités ayant cotoyé le beau gosse superstar. L'air de rien, La Classe Américaine a un vrai scénario ou tout du moins une histoire plausible permettant au spectateur de ne pas voir un défilé de gags. Sans compter que c'est un admirable travail de montage où l'on passe de Jeremiah Johnson et Les hommes du président à Détective privé et Votez McKay, en passant par Mad Max et La prisonnière du désert! Des films à genres variées passant du film catastrophe au polar en passant par le western! Mais le plus drôle dans La Classe Américaine c'est que cela paraît totalement cohérent! Aussi aberrant soit-il, les westerns renvoient au passé donc aux flashbacks et les passages d'un film comme Les hommes du président renvoient à l'enquête en cours. C'est terriblement logique et cela fonctionne à l'écran.

"Allez Borat viens on va chasser le dino! -Mais George tu crois pas qu'on devrait s'aider de Ray Harryhausen? -Monde de merde! File moi la harpe je vais lui chanter une chanson! -Ok! -Dino dors, dino dors..."

Sans compter ce défilé d'acteurs prestigieux à l'écran faisant de La Classe Américaine le film avec l'un des plus grands castings de tous les temps: Redford, Hoffman, Newman, Welles, Wayne, Henry Fonda, James Stewart, Dean Martin, Frank Sinatra, Lauren Bacall (dans un rôle tout en finesse!), Burt Lancaster, Robert Mitchum, Elvis Presley ("Aime moi tendre, aime moi vrai!"), Ned Beatty (ah Délivrance...), Clark Gable, Spencer Tracy, Angie Dickinson, Lana Turner, Charles Bronson (dans un rôle merveilleusement improbable) ... La Classe Américaine néanmoins peut se permettre par quelques passages de se payer des passages contre l'homophobie à travers le personnage de John Wayne, homosexuel refoulé qui en vient à insulter Stewart et Fonda à longueur d'extraits! Une vraie rigolade à elle toute seule, sans compter les investigations tonitruantes d'un Redford à côté de ses pompes (il faut le voir dans les extraits tirés de Jeremiah Johnson semblant sortir d'un voyage délirant) et une désacralisation de stars du cinéma à se pisser dessus tant on atteint un sommet de rigolade. On aurait presque aimer que l'ami Clint en mode Harry Callahan et ses répliques sarcastiques soient de la partie. Imaginez: deux symboles du cinéma américain comme Wayne et Eastwood qui se confrontent dans un déluge verbeux du plus grand effet! Et puis, La Classe Américaine c'est un beau lot de répliques phares dont voici un florilège:

  • Lancaster: Alors comme ça t'as été élu homme le plus classe du monde! Laisse moi rire! Style le grand playboy des fonds marins! Genre qui fait rêver les ménagères! Sauf que moi je les baise les ménagères! Non, c'est pas vrai?
  • Wayne: Ecoute moi bien mon petit José: tu baise les ménagères très bien. Tu dois avoir le cul qui brille!
  • Un journaliste: "C'est mon fils ma bataille, c'est le fils de mes entrailles!"
  • Un indien à Henry Fonda: "On va manger des chips! (...) C'est tout ce que ça te fait quand je te dis qu'on va manger des chips?!"
  • L'indien: George est un fasciste de merde! Un fasciste de merde!
  • Henry Fonda: C'est exact!
  • James Stewart: "Je peux me vanter de ma collecte ça fait un moment que je l'ai et c'est pas une collecte de PD!"
  • James Stewart: George vous ne seriez pas en train de me prendre pour un con?
  • John Wayne: Si, complètement même! Allez casse toi maintenant!
  • James Stewart: "Hé les minables ya pas que moi qui suis PD, il y en a un autre il s'appelle George!"
  • Robert Redford: George Abitbol. Class man top of the pop! A disparu, poil au cul! Au large du port d'Alpa Rezo, ah c'est beau! Mais tout cela nous éloigne George... Angoisse, fausse angoisse, j'ai plus de repères pour l'instant.
  • Paul Newman: Steven, arrête un peu j'ai jamais pu encadrer Michel Legrand!
  • Robert Redford: "Quand je serais célèbre je me ferais des meufs! Je ferrais des folies!"
  • Robert Redford: "Me voilà dans le désert j'ai un nouvel ami qui me suit partout, mais il est un peu con! Tu me diras il n'a que cinq ans!"
  • Angie Dickinson: "Il était trop balourd, trop pataud, il ne voulait pas me lacher la touffe!"
  • Robert Redford: "Que d'émotions mais que de fierté aussi! Hervé Claude, Jean Claude Narcis, faites place ténors du journalisme!"
  • Lauren Bacall: Appelez moi Christelle. Mon mari est absent vous voulez voir mes fesses? Et ensuite je vous roulerais une pelle.
  • Dustin Hoffman: Merci madame ce sera avec plaisir mais d'abord je dois vous questionner!
  • Lauren Bacall: "George... Je faisais l'amour avec lui depuis le samedi après-midi jusqu'au vendredi soir!"
  • Dustin Hoffman: Sexe+ histoire de cul = meurtre!
  • Robert Redford: Bien joué Peter, l'enquête touche à sa fin! On va devenir célèbre! On va bientôt niquer! On va bientôt niquer!
  • Paul Newman: Mmm mettez des capotes!
  • Un homme très chevelu: "Désolé papy mais j'ai ma liberté d'expression capillaire!"
  • Dustin Hoffman: Merci pour la clope grosse vache!
  • Standardiste: Bonne journée!
  • Dustin Hoffman: Vous voulez niqué avec mon ami et moi?!
  • Une femme: Oui pourquoi pas?
  • Hoffman: Répétez ce que vous venez dire? Vous avez bien dit oui pourquoi pas?
  • Une femme: Oui exactement.

"Tu me dis que mon ami Jerry Lewis ne viendra pas?! -Non Dean, il est parti dans le rêve arizonien. -Tu te fous de ma gueule?! Va me le chercher Borat sinon j'te pète la gueule!"

Une parodie merveilleusement jouissive, dézinguant des icônes du cinéma américain dans l'hilarité la plus totale et superbement bien monté et écrite.

14 février 2015

Cuvée romcom valentine

La Cave de Borat fête cette semaine ses deux ans! Deux ans de fourmillements, de recherches intensives dans les vieux dossiers, les vieux dvd, les bonnes VHS (en l'occurrence celles qui marchent toujours et il y en a), les livres, les jeux et leurs consoles prenant la poussière, les hommages, les séries qui auraient mieux fait de disparaître de votre esprit, les chansons aussi, les sketchs à foison venant de par ci par là... L'air de rien, la rubrique hebdomadaire de ce blog a pris une place importante au point de (je l'espère) devenir un rendez-vous attendu par vous chers lecteurs. Surtout que vous ne savez jamais sur quoi vous allez tombé chaque semaine et parfois même moi non plus avant l'écriture de la chose! Bon aujourd'hui en ce jour fatidique pour les amoureux (ou pas pour ceux qui sont plus simples et ils auront peut être raison), jour de pèlerinage avec restaurant à la clé (ouille la carte bancaire!), le cinéma (ouille les nuances de Grey!) ou plus simplement le dîner aux chandelles (ouille la bougie!), jour où l'on sort le porte-feuille pour un bouquet de roses et un hommard (c'est bon le hommard ça croque sous la dent), jour où on s'embrasse et plus si affinités et où le célibataire se prête à rêver de relations amoureuses en se gavant de popcorn devant la dernière comédie-romantique qu'il a trouvé, voire pire en se focalisant sur Scarlett dans le dernier Avengers!

Comme vous le savez votre cher Borat a beau être un grand romantique, il n'est par contre pas fan des bluettes romantiques en pagaille que le paf et autres lui ont fait mangé jusqu'à l'overdose pour enfin vous dévoiler les secrets de la romcom. La romcom répond à un schéma si classique qu'il en est devenu un cliché type que beaucoup ont essayé de déstabiliser (notamment par l'usage abusif du sexe, le film sorti mercredi ayant un peu trop ce problème) avant de revenir à la case départ. L'an dernier votre cher Borat s'est mis lors d'un exercice de théâtre où il avait carte blanche à aborder les romcoms. Je pouvais prendre n'importe quoi mais c'est ça qui m'est venu à l'esprit. Peut être parce que la veille je venais d'en parler autour d'un verre avec des potes de fac. En tous cas, ça avait plutôt marché et me voilà donc à en faire une adaptation avec plus de détails et finitions pour votre bon plaisir. Vous êtes prêts pour le show de Borat le romantique? La romcom commence ainsi: un homme/ une femme rencontre un homme/ une femme que ce soit au collège, au lycée, à l'université, au boulot ou dans la vie du quotidien. Dans la romcom il est amusant de voir que les trois quarts du temps on prend le point de vue de l'homme (vision fantasmée du réalisateur?), ce bellâtre voguant vers l'inconnu et se risquant à la baffe. Mais souvent cela amène à des discussions pour se connaître. 

Alors au début ça se chamaille, ils ne s'aiment pas forcément (on peut même dire qu'ils se détestent à l'image de Hugh Grant et Sandra Bullock dans L'amour sans préavis), puis il suffit d'une soirée ou d'un instant particulier pour qu'arrive l'étincelle. Cela vient d'un coup le premier baiser et le cinéma ne l'a pas montré sous toutes ses formes pour rien. Au pire cela donne ça: 

Pour le meilleur, voici une compilation avec dans un ascenseur...

Sous la pluie...

La tête à l'envers (le gif est un peu bizarre mais bon)....

Au bal masqué (ohé, ohé)..

Sur la piste de danse...

Dans la neige (oui j'ai osé mettre les amourettes de Jon Snow)...

Sur la plage...

Ou sur un bateau...

A partir de là c'est le grand amour.

Un peu trop ici mais tout de même. Puis vient l'heure du grand déballage (désolé je n'ai pas trouvé meilleure transition) et pour respecter la parité (oui car il n'y a pas que des hommes qui vont lire cette cuvée, il y a une justice quand même), nous aurons à la fois une femme et des hommes.


scène du strip tease de Full Monty par MiloTindle

Il arrive ensuite un petit pépin dans la relation. Le temps passe, l'amour ne dure plus, le mariage bat de l'aile et on en vient parfois au démon de midi. Le vilain qui revient avec une maîtresse ou vice versa en prétextant qu'il / elle était en voyage. N'est-ce pas Jim? 

Oui tu es vilain Jim! Trompez Jennie alors qu'elle allait perdre Brad! Alala triste réalité...

Alors pendant un moment c'est la traversée du désert et cela les romcoms nous ont fait le coup plusieurs fois. A l'image de ce pauvre Jim qui en vient à jubiler devant son chien qui pisse alors que sa femme n'est plus au foyer!

On s'amuse des petits plaisirs en pleine rupture...

En fait, le réalisateur et le monteur prennent une musique bien pop pour contrebalancer le fait que les héros se sont séparés, avec si possible montage alterné sur le couple. Elle voit un mec qui ressemble à son ancien petit-ami, lui la voit dans une fenêtre, il tourne autour de l'appartement de la soeur de sa future ex-copine, elle prend un café en pensant à leur première rencontre... Un vrai festival délirant qui fait plus rire qu'autre chose et ils font tous la même chose hein? Genre le mec marche dans la rue. Dans le pire des cas, les hommes se verront en mode sex machine bien macho et débile comme ce bon vieux Tobey Maguire. Le ridicule ne tue pas, il rend plus con en l'occurrence...

Sinon vous avez le cas Bridget Jones qui chiale en chantant sa chanson d'amour préférée (si possible chantée par Céline Dion, ça fait encore mieux passer la pillule). Manque plus que les kleenex et le pyjama très voyant. Ah zut elle l'a fait... 

Et enfin alors que tout semble perdu, que la mort risque de les séparer par une voiture, que la foudre s'abat sur elle, que la fumette s'impose, que le couscous n'a pas de merguez et encore moins de poids chiches, que la moquette est trouée, que l'on se met à son premier BHL ou à 50 nuances de Grey, que l'on passe du Coca au Pepsi (je m'en fous je peux citer des marques, je ne suis pas comme les hypocrites du CSA), le miracle arrive! La poursuite infernale s'opère vers l'amour, le vrai, le sacré, le merveilleux, le jubilatoire, le beau, l'ncroyable! Celui qui vous fait gravir des montagnes. Celui qui permet à Tom Cruise de courir comme très souvent, de faire des discours foireux dans les waters et d'embrasser fougueusement Renée Zellweger (et oui encore elle!) après avoir pris la flotte sur la gueule. Mais je dois avouer que Steve Carell pourchassant en vélo Catherine Keener alors qu'elle est en voiture est peut être une des plus délirantes versions de ce genre.

Et c'est parti pour le baiser final tant attendu du spectateur qui ne demandait que ça depuis quelques minutes. Au mieux votre fiancé (e) vous demandera la même chose. Au pire vous passerez pour un bon ringard bien content de faire comme au cinéma! Il y a des jours comme ça...

Et voilà cette cuvée est presque finie et voici venir l'inévitable:


Générique de fin !!!


Chanson en conséquence comme si vous n'en avez pas entendu assez durant tout le film (n'est-ce pas Twilight?!). Et non car celle-là c'est celle du générique de fin, donc celle que vous allez retenir jeunes amoureux, celle qui restera dans vos mémoires de BO-phile (ou beaucoup trop). Et si en plus c'est un slow, faut vous faire plaisir les gars pour aller inviter une jolie fille sur la piste de danse, même si vous dansez comme des pieds (et elle peut être aussi). Allez hop faites péter la sono (ça se dit encore?) avec du bon pioneer qui dépote (ça aussi?), la boule à facettes bien en place, les lumières bien placées et le dance-floor bien senti pour le bon gros slow des familles qui achèvera les derniers spectateurs réceptifs. Comme on dit ce n'est que de l'amour, Bébé! Allez à la semaine prochaine!

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13 février 2015

Cinquante nuages de gris...

En allant voir le puissant Christian Grey, Anastasia Steele ne s'attendait pas à tomber amoureuse d'un homme aux moeurs bien particulières...

  Désolé je n'ai pas pu m'empêcher de préférer la parodie!

Le ridicule ne tue pas, le cinéma l'a souvent démontré au fil des années. Pourtant avec un film comme 50 nuances de Grey cela faisait longtemps que votre cher interlocuteur n'avait pas ri autant devant un film au cinéma et ce involontairement. Mais déjà il faut remettre dans le contexte. Votre cher Borat a découvert le bouquin chez sa meilleure amie et je me suis mis à faire le jeu du "stop" (en gros vous faites défiler les pages et stop!). Je suis ainsi tomber sur les passages croustillants (et au combien mal écrits) du tampon, de la sucette Christian Grey ou encore de la cravache avec serre-fesses. Les fins gourmets comprendront de quoi je parle. Alors elle m'a dit "viens on va le voir au cinéma pour la ST Valentin comme ça on sera fixé", un autre ami fidèle s'est rajouté, mais finalement on l'a vu mercredi. En ce jour à 13h30 raz de marrée total avec adultes ayant passé la cinquantaine certainement pas là pour voir le dernier Disney et surtout pas accompagné des petits. Donc séance à 16h pour une franche rigolade en puissance. Le film commence par un plan de nuage gris sur lequel s'insère le titre.


Nuage gris, 50 nuances de Grey, grey c'est gris en anglais = insert cliché!

n 256 (2)


 Et dites vous que vous n'êtes pas au bout de vos peines. Le problème principal du film et on s'y attendait totalement c'est son total manque de prises de risques (certains diront cela de manière plus vulgaires mais je ne suis pas sale). Universal oblige, donc Hollywood, le film n'a d'érotique que sa catégorie car il fallait bien le mettre dans une case. En fait, on n'est jamais très loin de la romcom bas de gamme avec la romance compliquée entre un homme et une femme, plus particulièrement entre la jeune fille prude et le beau milliardaire, mais évidemment il faut que cela change un peu alors Mr Grey sera un adepte du sado-masochisme. Et là ça bloque pour Universal, car s'ils y vont à fond c'est le NC-17 soit l'interdiction pure et dure aux moins de 17 ans. Alors qu'avec un bon vieux Restricted R, ils peuvent avoir les jeunes mais accompagnés d'un adulte! Donc pas de séquences à proprement dites violentes, pas de passages trop gourmands et croquants (exit le passage du tampon trop gore, exit le passage de la sucette trop explicite) et une nudité filmée au stricte minimum pour la plus grande hilarité du spectateur se sentant rapidement au mauvais endroit au mauvais moment. Il est donc très amusant de voir comment la réalisatrice Sam Taylor Johnson a fait pour ne pas trop montrer nos fougueux acteurs.

Cinquante Nuances de Grey : Photo Dakota Johnson, Jamie Dornan

Ainsi, pour Dakota Johnson on en restera au nombril pour les plans en steadycam (oui chers spectateurs masculins, vous verrez les seins de la miss et même plus d'une fois), mais vous verrez la miss dans le plus simple appareil sans montrer le sacro-saint sexe de la miss. Ah si une fois, le temps de quelques secondes dans un plan large! Quant à Jamie Dornan, ce n'est pas tellement mieux puisque le coco est quasiment filmé uniquement au niveau du torse (on croit voir revenir l'ombre de Taylor Lautner dans Twilight, tant Dornan a le don de tomber la chemise) et quand ce n'est pas ça, on voit légèrement ses poils pubiens avant de se retourner pour montrer la lune! Quant aux scènes de SM (!), elles feront plus rire qu'autre chose tant elles sont ridicules voire d'un désintérêt total. On ne peut même pas parler en soi de SM tant cela sent le produit aseptisé made in Hollywood qui se veut horriblement sexy. Alors oui de temps en temps cela claque mais clairement il n'y a pas de quoi s'emballer. Même les téléfilms érotiques d'M6 sont plus chauds, c'est vous dire un peu le niveau de la chose. Sans compter que l'on nous fait croire que Mr Grey est une sorte de dominant alors qu'à la moindre requette de madame, il abdique sans broncher! D'où un côté romantique à se rouler par terre à plus d'un titre.

Cinquante Nuances de Grey : Photo Dakota Johnson

Quant aux deux acteurs stars, ils n'ont clairement pas l'air à leur place et cela s'est vu d'autant plus au cours de la promotion. Il n'y a clairement pas de rapport de couple, lui jouant les Edward Cullen avec un beau porte-feuille, l'autre la timide à deux francs qui découvre la flamme intérieure. D'ailleurs, il n'est pas étonnant de faire des parallèles avec la saga Twilight, le récit proposant même différents repas de famille comme dans les romans et films issus de l'imagination de Stephanie Meyer. Tant qu'on est dans la case pompage, n'oublions pas ces passages repris au plan près à Neuf semaines et demi (le glaçon) et Basic Instinct (la scène de sexe vue du plafond). D'ailleurs il est incroyable de voir à quel point le meilleur second-rôle est certainement le garde du corps de monsieur Grey incarné par Max Martini! Exit donc Marcia Gay Harden (que l'on verra le temps de deux scènes!), la chanteuse Rita Ora (dans deux-trois plans maxi!), Jennifer Ehle (maman de la miss qui passe pour une grosse coquine durant toutes ses scènes) ou même Eloise Mumford que l'on voit longtemps (rôle insipide de la fille plus dévergondée que sa collocataire)! Ce que l'on peut admirer aussi c'est ce nombre de dialogues délirants parfois issus du roman même (au moins que j'ai pu lire). Ah les fameux "Bébé" de Mr Grey en fin de phrase, c'est d'un merveilleux ridicule. Déjà que dans le roman il osait le "tu mouille, Bébé?"... Mais je dois dire que la plus marquante fut certainement les incroyablements subtiles "Mademoiselle Steele, j'ai envie de vous baiser jusqu'à la semaine prochaine." et "Je ne fais pas l'amour, je baise!"


 Répliques salaces de comptoir! Borat approved!

n 256 (2)


Sans compter le réglement de Mr Grey qui réside de la pignolade involontaire avec régime légitime (bah oui c'est connu pour bien baiser il faut bien manger!), pas d'alcool et pas de clopes ou drogues. C'est génial! Surtout qu'en plus, le film accumule les passages bluettes à l'image du vol en planeur, du vol en hélicoptère, première fois, stylo machouillé, lèvre mordue, passé trouble du personnage principal (vive le cliché!)... Clairement si vous attendez du SM, allez voir ailleurs. Mais surtout le film n'a aucune réflexion sur le SM et encore moins de réel fond. Le film accumule les situations répétitives sans grand intérêt du type: "je veux pas, mais finalement si, oh mais ça c'est trop mais je veux quand même essayer". C'est relativement lassant surtout que le film dure quand même deux bonnes heures. Quant à la réalisation, outre les coupes jubilatoires, on aura droit parfois à des aberrations visuelles comme cette scène commençant en plan large, continuant en plan rapproché, pour revenir en large le temps d'un déplacement pour revenir en rapproché! C'est clairement du grand n'importe quoi! Rester en plan rapproché paraît tellement logique! Pour ce qui est de la musique, on évitera d'en parler trop longtemps, le travail de Danny Elfman se résumant à deux morceaux déjà vus et revus, bouffés par un grand nombre de chansons allant de l'insipide Ellie Goulding à la reprise gourmande et croquante de Beyonce de son Crazy in love. Mais là où Cinquante nuances de Grey a atteint son sommet dans l'hilarité générale (la salle était honnêtement plié en quatre) c'est dans son final entre l'escroquerie cinématographique (on peut clairement parler de foutage de gueule) et la connerie délirante. Autant dire que l'on tient probablement une des fins de film les plus hilarantes de tous les temps. C'est con pour un film premier degré qui n'a rien de comique initialement.

Cinquante Nuances de Grey : Photo Dakota Johnson

Une comédie hilarante dans son premier degré délirant et accumulant les fautes de goût jubilatoires. Comment ça ce n'est pas une comédie? 

PS: Je ne peux m'empêcher de rajouter ces deux merveilleuses parodies bien plus fun que le film chroniqué aujourd'hui.

11 février 2015

La Marvelverse se diversifie (ou pas)

Quatrième et dernier volet de cette série d'articles sur la Marvel Cinematic Universe avec les oeuvres futures comme les séries.

La Phase 2 se termine et la Phase 3 se prépare...

The Avengers: Age of Ultron : Photo

The Avengers: Age of Ultron : Photo

Concept-arts représentant Quicksilver (Aaron Johnson) et Scarlet Witch (Elisabeth Olsen) pour Avengers 2.

Après Les gardiens de la galaxie de James Gunn, voici un nouveau film nettement moins ambitieux avec Avengers 2: Age of Ultron, conclusion réalisée par Joss Whedon de la Phase 2 qui se terminera donc en mai 2015. Comme le suggère le titre, Ultron sera le grand méchant du film et sera doublé par James Spader. Si dans les comics, il s'agit d'une création d'Hank Pym, soit Ant Man, étant donné qu'il ne sera présenté que lors de la Phase 3, la version cinéma fera de Tony Stark son créateur ce qui s'avère tout aussi plausible. Stark perdrait donc le contrôle de sa création et cela pourrait avoir des conséquences sur les différents Mark (les modèles d'armures d'Iron Man) ainsi que sur le système Jarvis. On peut même spéculer qu'Ultron sera une version améliorée de Jarvis. Par ailleurs, il a été annoncé que Paul Bettany, doubleur de Jarvis, deviendrait Vision robot construit par Ultron et se rebellera de son influence en devenant un membre des Avengers. Vous l'aurez bien compris, la Marvel cherche à installer certains personnages apparemment secondaires de son bestiaire, ce qui fut le cas dans la Phase 2 avec Faucon (Anthony Mackie) ou les jumeaux Lensherr (Elisabeth Olsen, Aaron Johnson) dans Captain America The Winter Soldier (2014), ces derniers dépasseront le statut de guests. 

The Avengers: Age of Ultron : Photo

Avengers 2 (affiche géante concept-art)

Concept-art et première affiche extra-large pour Avengers 2

Le Baron Struker (Thomas Kretschmann) sera également de la partie tout comme War Machine (Don Cheadle) en plus des différents Avengers, ce qui sera une première pour ce dernier n'étant jamais mentionné dans Avengers (2012). Joss Whedon se serait donc donné les moyens de ses ambitions et n'aura déjà plus le problème de rassembler les cocos. Maintenant qu'ils sont rassemblés, ils peuvent interragir et les récits peuvent être un peu plus ambitieux. Kevin Feige a par ailleurs précisé qu'"une partie du plaisir d'Avengers : Age of Ultron a été de se dire, vous avez eu une autre aventure Iron Man, une autre aventure Thor, une autre aventure Captain, mais vous n'avez pas revu le Goliath vert. Alors c'était important pour les personnages que vous n'avez pas revus -Hulk étant l'un d'eux, comme Hawkeye- car Ultron va y remédier. Ils ont des rôles très importants dans Age of Ultron."* En revanche, Samuel L Jackson est plus sceptique en ce qui concerne le personnage de Nick Fury: "Je ne fais pas grand chose, je pense. C'est un autre de ces films 'des gens qui ont des pouvoirs se battent contre des gens qui ont des pouvoirs'. Il n'y a pas grand chose que je puisse faire excepté tirer." On peut également se poser la même chose sur Black Widow (Scarlett Johansson) dans le même genre de cas.

 

La bande-annonce postée il y a quelques jours n'est pas super rassurante. Il faut bien dire qu'en dehors du choc entre Iron Man (ou Ultron contrôlant Iron Man?) et Hulk particulièrement jouissif et virulant niveau actions, on ne retient pas forcément grand chose de la bande-annonce. A part peut être que nos Avengers vont devoir faire face à une menace bien plus destructrice que les vulgaires aliens commandés par Loki dans le premier Avengers et qu'ils vont devoir se cloitrer pour mieux dégommer l'armée d'Ultron (James Spader charismatique rien que par sa voix). Peut être que les Avengers se séparont sur cet opus pour mieux anticiper Captain America 3? Réponse le 29 avril 2015. Quelques mois plus tard suivra la fin de la Phase 2 (et non début de la Phase 3 comme initialement évoquée) avec Ant Man. Prévu depuis au moins 2011, Edgar Wright avait demandé à Marvel de le laisser faire The World's end (2013) avant pour faire honneur à son producteur , atteint d'un cancer et l'ayant toujours soutenu depuis Shaun of the dead (2004). C'est ainsi qu'Ant Man est vite devenu un des projets en amont de la Phase 3 et projet inédit comparé à ceux déjà prévus à savoir Captain America: Civil War et Thor: Ragnarok. La première bonne nouvelle était que le script soit signé de Wright lui-même et Joe Cornish tout comme James Gunn a écrit Les gardiens de la galaxie (2014).

Ant-Man : Photo

Concept-art pour Ant Man.

Ensuite, le script devrait s'amuser avec les différentes identités du super-héros (au nombre de trois dans la mythologie Marvel) avec les personnages de Scott Lang et Hank Pym. Dans les comics, Lang est un électricien volant pour subvenir aux besoins de sa fille le costume de Pym. Lang sera incarné par Paul Rudd, l'amoureux de Phoebe dans Friends et maître-étalon de l'écurie Judd Apatow et Pym par Michael Douglas. Au vue du sujet, de ses acteurs et de son réalisateur, le film devait jouer sur la comédie super-héroïque ce qui ne serait pas un mal à condition de bien aborder un personnage aussi loufoque. En sachant que Patrick Wilson (Watchmen), Michael Pena (Collision), Corey Stoll (qui sera le méchant Yellowjacket), Matt Gerald (déjà présent dans le court Longue vie au roi où l'on retrouvait le Mandarin) et Evangeline Lilly (qui jouera la fille de Douglas) sont engagés également. Malheureusement tout change fin mai 2014 et le coupable est encore une fois la Marvel. Selon le Latino Review, le studio a demandé il y a trois mois des réécritures à Wright sous le prétexte de la moralité de l'histoire (rien n'est dit mais on pense immédiatement au côté voleur du héros mais aussi à l'humour de Wright qui, tout comme celui de James Gunn, n'a rien de vraiment très gentillet) et aussi de pouvoir insérer des héros de la Marvel. Bien.

Concept-art pour Ant Man.

Wright et Cornish se mettent au travail tout simplement, mais de nouveau les hauts pontes du studio trouvent les retouches insuffisantes et des script-doctors ont été envoyé pour retoucher le script. Soit le grand fléau des productions Marvel. C'est une pratique qui a eu lieu sur la plupart des films de la firme, qui agace plus d'un fan de comics et surtout qui nuie aux films. On a vu ça notamment sur les deux premiers Iron Man ou les Thor. En recevant le script, Edgar Wright aurait définitivement claqué la porte pour un film qu'il tenait en main depuis 2006. Soit une éternité où la Marvel aurait pu tenir rigueur, en évitant des réécritures de dernière minute avant un tournage éminent. La situation est d'autant plus incompréhensible que Kevin Feige, producteur très influent des films de la Marvel Cinematic Universe, soutenait Wright depuis le début de l'entreprise. Le pire étant également qu'il y avait une grosse attente autour d'un film Marvel réalisé par le réalisateur de Shaun of the dead, Hot fuzz et Scott Pilgrim, bien plus que pour un film des frères Russo ou Jon Favreau. D'autant plus depuis la bande démo dont les concept-art ci-dessus en sont tirés. D'autant que le nom du réalisateur le remplaçant n'aide pas à faire passer la pillule.

Ant Man (affiche concept-art)

Il s'agira de Peyton Reed, réalisateur du très bof Yes man et des pitoyables La rupture et American Girls. Un autre niveau et beaucoup plus maléable que Wright, même si Feige à l'art du faux-cul de première à vanter les louanges de Reed comme quoi il aurait tant voulu faire les Fantastic Four avec lui en 2005, mais que ça ne s'est pas fait. On aurait tendance à lui dire que cela n'aurait pas été franchement mieux. Reste que le script sera remanié par Adam McKay qui n'est pas le premier tocard venu (c'est lui qui a rendu Will Ferrell célèbre avec des films comme Ron Burgundy et sa suite ou Ricky Bobby). De plus, pile poil avant sa présentation au Comic-Con, Patrick Wilson part du projet faute de temps tout comme sont mis hors circuit par les récentes réécritures Matt Gerald et Kevin Weisman, dont les personnages ont totalement disparu du script. Par ailleurs, Paul Rudd a avoué avoir réécrit le script avec McKay par la même occasion, engendrant une réécriture de plus. La sortie est confirmée pour le 5 août 2015 mais clairement l'envie est vraiment moindre. Ce que confirme en soi la bande-annonce. Avec Edgar Wright, on était parti sur un vrai film pop et quand on voit le trailer, on a l'impression d'être face à un banal film d'action, d'autant que l'on a droit à de rares plans de Paul Rudd en Ant Man. Bon on pourra toujours dire qu'il s'agit d'introduire le personnage de Scott Lang par Hank Pym.

Le problème étant qu'avec Wright le film aurait eu une personnalité, comme il a su le faire avec Scott Pilgrim (autre adaptation de comic-book compliqué). Là on se croirait devant un banal film Marvel où ça va beaucoup péter pour pas grand chose. On retiendra à peine les piques pinces sans rire de Paul Rudd ("hum" pour montrer son indifférence et "Une question: c'est trop tard pour changer le nom?"). Evidemment on peut toujours se tromper mais c'est bien parti pour qu'Ant Man soit le symbole même de ce que l'on redoute le plus: Marvel se croyant toute puissante derrière des personnages. Parfois il faut aussi une vision et c'est ce qu'a fait James Gunn l'an dernier. Marvel a frappé un grand coup en octobre dernier en annonçant tous les projets de la Phase 3 du Marvel Cinematic Universe. Mais voilà un petit imprévu s'est fixé cette semaine:

Permalien de l'image intégrée

La présentation s'est avérée gargantuesque car les projets alors flous se sont un peu plus dévoilés et on remarque surtout au moins trois films avec des univers et personnages inédits. Mais les événements récents ont montré des signes impayables que la Marvel est surpuissante. Commençons dans l'ordre. Après Ant Man, Captain America prendra les rènes pour un troisième volet forcément attendu (on parle du héros qui a aligné le plus de bons films depuis le début du Marvel Cinematic Universe) d'autant plus qu'il se nomme Civil War (sortie en mai 2016). Pour ceux qui connaissent un peu les comics, Civil War est un grande saga combinant plusieurs super-héros voire plusieurs séries au nom de super-héros signée Mark Millar. Iron Man veut que le nom des super-héros de l'univers Marvel soit identifié pour éviter toute complication. Il a dans ses alliés Red Richards (au point de rester seul face à sa famille partant dans l'autre camp) et Spider-man (qui dévoilera inévitablement son identité) ce dernier reniant Stark par la suite. Mais Captain America n'est pas du même avis, engendrant une guerre dont le combat final risque d'être purement et simplement fatal. Si Marvel Studios ne peut/pouvait utiliser certains personnages (Red Richards appartient à la Fox), l'optique d'un conflit entre Steve Rogers et Tony Stark, deux symboles forts des Avengers risque d'être un grand moment dans la saga. 

Dessin de Civil War, inspiration du prochain film Captain America.

D'ailleurs des rumeurs de plus en plus incessantes parle qu'un grand nombre des Avengers actuels risquent de passer à la casserole pour laisser la place à des petits nouveaux, à l'image du Faucon interprété par Anthony Mackie. On s'étonne même que ce ne soit pas un Avengers 2 ou 3. On sait également que Black Widow, Iron Man, le Soldat d'Hiver et Crossbones seront de l'aventure et Daniel Brühl devrait incarner le Captain Zemo. Mais surtout et c'est là que cela commence à être drôle c'est que depuis mardi dernier, Spider-man jouera dans la cour de Marvel! Après la débacle The Amazing Spider-man 2, Sony ne savait plus quoi faire de l'homme-araignée. Dans un premier temps, parti sur un Sinister Six, la perspective s'est plus ou moins essouflée devant tant de critiques assassines (et avec raison) autour du second volet du reboot. Mais suite au Sony Hack en novembre dernier, nous avions pu avoir des informations au sujet du Spidey. Il se trouve que Sony avait déjà opté pour des négociations avec Marvel Studios (donc Disney), histoire d'insérer Spidey dans le Marvel Cinematic Universe. Cela n'avait pas marché et Sony songeait inévitablement à un troisième reboot. Une preuve irréfutable que Sony n'a pas réussi ce qui devait être une solution pour garder les droits face à la surpuissante Marvel (qui leur a récupéré Ghost Rider et dont Spidey restait le dernier ressort contre).  

Spidey face aux médias.

Donc voici Spidey dans le Marvel Cinematic Universe suite à un partenariat entre Sony et Marvel Studios, donc avec une troisième version (certains diront deuxième tant la première et la seconde se ressemblent) en quinze ans. Triste à apprendre. Il n'en reste pas moins que le fait de pouvoir probablement le voir dans Captain America Civil War (toujours réalisé par les Russo) est une conséquence salvatrice car Spidey est une part intégrante du fil narratif de la saga de Mark Millar. On peut même dire qu'il symbolise à lui seul tout le conflit. Happé par Tony Stark qui s'en servira comme instrument de propagande (rappelons que l'on parle d'un des super-héros voire LE super-héros phare de la Marvel), il finira par rejoindre la rebellion de Steve Rogers. Son utilisation est cruciale mais il faut savoir l'introduire et Marvel Studios aura probablement un peu de mal et puis il faut trouver un nouvel acteur. Va falloir se grouiller si ils veulent l'insérer dans le film des frères Russo. En sachant que ce partenariat entre les deux studios permet un nouveau film qui est annoncé pour juillet 2017. On va bien s'amuser avec le troisième reboot de Spidey. Viendra avant Docteur Strange pour novembre 2016. Le film sera réalisé par Scott Derrickson, ce qui n'est pas forcément rassurant quand on connaît son CV (s'il se serait refait une santé avec Sinister, n'oublions pas qu'il est l'auteur du sinistre remake du Jour où la Terre s'arrêta). 

Docteur Strange, un projet de plus en plus avancé.

Il est désormais certain que ce sera Benedict Cumberbatch dans le rôle de Strange, choix très intéressant quand on sait les qualités d'acteur du coco. On sait également que le film ne sera pas une histoire d'origines, changeant radicalement avec la politique initiale de Marvel. Un pari risqué car même si Strange est plus connu que les Gardiens de la galaxie avant la mise en production de leur film, il n'en reste pas moins que ce n'est pas non plus un personnage ultra-populaire de la Marvel. En tous cas, voilà un univers sortant une nouvelle fois du film de super-héros, Strange étant le maître des arts mystiques et n'ayant donc rien d'un super-héros. En soi le physique de Cumberbatch lui va comme un gant.  Les gardiens de la galaxie 2 est bel et bien confirmé pour mai 2017 avec toujours James Gunn aux commandes, confirmant que Marvel va construire son univers de space-opera et surtout faire revenir ces personnages tant adulés du public maintenant (alors qu'ils étaient à la limite de l'anonymat autrefois). On parle même d'une intrusion de ce cher Howard the Duck, Gunn étant bien content du buzz autour de sa séquence post-générique. Thor Ragnarok suivra Spider-Man en novembre 2017 et on ne sait rien du film. Ragnarok évoque un robot ressemblant à Thor crée par Tony Stark dans la période Civil War, mais cela peut être tout à fait autre chose au royaume d'Asgard bien évidemment. Il se pourrait même qu'il s'impose comme un pendant direct de Captain America Civil War. A suivre donc...

Voici venir un nouveau projet inédit avec Black Panther en novembre 2017. Un projet annoncé depuis quelques temps, voire qui revenait assez souvent. Même Stan Lee en parlait dans des interviews. Voici donc un super-héros venant d'Afrique, prince du Wakanda. Un homme prenant le costume de la Panthère Noire, afin de préserver son royaume des ennemis potentiels et notamment surnaturels voulant mettre la main sur le vibranium. Un métal pouvant absorber les vibrations et presque aussi puissant que l'adamantium. L'acteur choisi pour l'incarner est trouvé et il s'agira de Chadwick Boseman qui a récemment incarné James Brown dans le biopic Get on up. Juillet 2018 marquera l'entrée du premier film du Marvel Cinematic Universe à mettre en scène directement une héroïne avec Captain Marvel. Alors certes on pourra toujours dire qu'il y a eu Black Widow, mais jusqu'à maintenant la miss n'a toujours pas eu son film attitré. Il mettra en scène Carol Danvers, officier de l'armée de l'air (filliation avec Rhodes aka War Machine?) ayant fusionné avec un alien Kree, lui permettant de voler et d'avoir une grande force. Une manière pour Marvel de répondre à l'annonce d'un film sur Wonder Woman chez DC Comics/Warner. Toujours pas d'actrice choisie pour l'instant même si des bruits de couloirs résonnent. 

Permalien de l'image intégrée

Un premier concept-art pour Black Panther.

Captain Marvel, première super-héroïne du Marvel Cinematic Universe et elle ne fait pas les choses à moitié.

En novembre 2018 sera attendu Inhumans, film déjà annoncé plus d'une fois par Vin Diesel, voix officielle de Groot dans Les Gardiens de la galaxie.  Les Krees (ce qui permettrait ainsi de lier Captain Marvel et The Inhumans, histoire de rester dans le même univers connecté...) ont crée les Inhumains, ces êtres mutants laissés pour compte. Un d'entre eux, Randac, s'est inséré dans une brume spéciale lui donnant ensuite des dons mentaux. Ce qui créa des frictions entre les humains non-mutés et les mutants suitent à la brume. Une fois la paix arrivée, les Inhumains sont menés par Fléche noire un homme victime de sa voix destructrice. Un univers donc entre science-fiction et fantasy pour le moins particulier et lié ironiquement aux Fantastic Four (pour l'insert de la bande de Richards c'est rapé). Enfin il y aura le gros mastodonte Avengers: Infinity War qui sera réalisé par les frères Russo (Joss Whedon a déclaré forfait, voulant se consacrer à un univers plus personnel) et devant mettre en scène nos héros face à Thanos. Mais ce sera en deux parties... une en mai 2018 une en mai 2019... vous vous foutrez pas un peu de nous à Marvel? Surtout que ce n'est pas comme si vous aviez d'immenses scénarios pour les films Avengers... Néanmoins, le plus intéressant viendra certainement des conséquences de Captain America Civil War. Enfin bref wait and see...

Inhumans, un projet pour le moins mystérieux et particulier.

La Marvel s'attaque aux séries

Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. : Photo

Suite au succès d'Avengers (2012), la Marvel a cherché à se partager un peu plus sur différents médias et principalement la télévision. La première étape fut Agents of Shield diffusée depuis septembre dernier sur ABC. Il s'agit de la première série Marvel depuis L'incroyable Hulk, mais l'époque n'est plus la même. Le câble est passé par là, les audiences sont moins spectaculaires qu'autrefois sur les networks et surtout on peine à comprendre pourquoi la Marvel a privilégié l'antenne de Disney (ABC en fait partie) qui est une network au câble où elle aurait eu plus de libertés. Proximité indéniablement mais rappelons que Joss Whedon, également aux commandes de cette série, s'était plus d'une fois fait avoir pour les networks que ce soit avec la Fox pour Dollhouse (diffusée à la sauvette durant deux saisons) et Firefly (diffusée n'importe comment et n'importe quand) ou la WB avec Buffy contre les vampires (qui avait fini sur le câble avec UPN) et Angel (supprimée à cause d'un manque cruel de communication). Ensuite, il est ironique de voir que DC Comics s'en sort bien mieux sur ce point que ce soit avec Smallville qui quoi qu'on pense a tout de même durer deux saison ou la série Arrow qui s'est imposé assez rapidement avec de multiples bonnes critiques. Ce qui n'est pas le cas d'Agents of Shield depuis ses débuts. 

Photo Clark Gregg, Jaimie Alexander

Pas aidé par un manque cruel de personnages connus (Clark Gregg ressuscite en agent Coulson), la série n''a cessé d'essayer de mettre en scène des caméos histoire de trouver le public de la Marvel Cinematic Universe. Sauf qu'en général, cela ne concerne jamais les Avengers et ce sont toujours des seconds-rôles. Nick Fury a beau être apparu dès le second épisode, ce n'était qu'un guest de passage. Idem pour Cobie Smulders déjà bien occupé par le tournage de Captain America The Winter Soldier (2014) et surtout le final d'How I met your mother. Quant à Jaime Alexander, on peut vraiment parler de fond de tiroir car le personnage de Thor est vraiment un très lointain second-rôle. Pas de quoi s'enflammer donc. Pareil pour l'apparition de Bill Paxton et Amy Acker (collaboratrice de longue date de Joss Whedon), la révélation au sujet du personnage de J August Richards (idem) qui serait le cyborg Deathlok ou l'engagement récent d'Adrian Pasdar dans le rôle du major Glenn Talbot, ennemi notable de Bruce Banner. Mais le pire vient surtout des audiences de la série qui sont réellement décevantes pour une série de ce type et ne parvient pas réellement à être stable. En deux semaines, la série est ainsi passée de 11,9 millions de téléspectateurs à 8,4. 

Photo Clark Gregg, Cobie Smulders

La semaine suivante c'était 7,79 et la série est restée dans les 7 millions durant plusieurs semaines avant de se relancer à 9,3 pour ensuite faire un vrai bide à 5,93 (les fêtes de noël surement) pour remonter à 6,62 et repartir en dessous des 6 millions et le dernier score est encore pire avec 4,91 millions de téléspectateurs. Des chiffres qui sont pour le moins catastrophiques et qui aurait dû amener à une annulation évidente, d'autant que la série est particulièrement chère. Pourtant ABC a reconduit la série pour une seconde saison, mais dans quel intérêt vu qu'elle n'est pas suivie du tout? Des séries plus ambitieuses ont été suprimé avec des audiences plus élevées. Pendant plusieurs années, Guillermo Del Toro a essayé de mettre en place une série servant de véhicule à Hulk, mais le projet Avengers a plus ou moins tout fait capoté. D'autant que le réalisateur de Pacific rim voulait surtout rendre hommage à la série de Bill Bixby. D'ailleurs à la question de savoir si le projet était annulé, Kevin Feige était plutôt évasif: "Non, pas du tout, nous tentons toujours de mener le projet à terme (...). Mais rien n'est totalement sûr pour l'instant, et aucune date de tournage n'est encore prévue..." 4 Par contre, la Marvel mise beaucoup sur les Defenders, groupe de super-héros qui comprendra Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. Pour le premier, cela faisait un moment que la Marvel comptait reprendre les droits à la Fox, incapable de faire un reboot et ce malgré les atouts Joe Carnahan ou David Slade (qui sont partis à chaque fois devant le manque total d'ambition de la Fox).

Daredevil (affiche)

Premiers visuels pour la série Daredevil.

Ce n'est clairement pas un mal de revoir "l'Homme sans peur" que ce soit au cinéma ou en série même si j'ai bien du mal à le voir en héros sur le long terme. Massacré dans le film de Mark Steven Johnson avec un Ben Affleck tout bouffi dans son costume (cela pourrait changer en Batman vieillissant), le héros aveugle a bien besoin de revenir en forme. Il sera incarné par Charlie Cox, vue dans la série Boardwalk Empire et le film Stardust. A cela rajoutez Rosario Dawson, Elden Henson pour l'accolyte Foggy, Deborah Ann Woll et Vincent D'Onofrio dans le rôle phare de Wilson Fisk dit le Caïd. La série est d'ores et déjà prévue pour mai 2015 et les premiers visuels sont ci-dessus. La bande-annonce dévoilée n'est d'ailleurs pas sans rappeler les meilleures heures de Frank Miller avec sa saga de L'homme sans peur reprenant jusqu'au costume originel. Sans compter que la série risque d'être mature si l'on en croit la communication de Netflix. Finalement c'est certainement le projet Marvel que j'attends le plus de l'année. Jessica Jones est une détective privée ancienne super-héroïne issue du comic-book de Brian Michael Bendis Alias (rien à voir avec la série de JJ Abrams qui a ironiquement commencé sur la même période!) et elle tomba enceinte de Luke Cage qui est génétiquement modifié. Pendant plusieurs années, ce héros a été convoité par la Marvel et le plus vieux projet remonte à celui de John Singleton avec Tyrese Gibson. 

Jessica Jones et Luke Cage se font attendre en séries...

Les deux séries risquent fort de s'entrecroiser d'autant que Luke Cage risque d'être introduit dans AKA Jessica Jones. Jessica Jones sera incarné par Krysten Ritter alias celle qui a brisé le coeur de Jesse Pickman dans Breaking Bad et David "Doctor Who" Tennant incarnera Kullgrave, méchant ayant un certain contrôle mental. La série devrait se tourner cette année pour une diffusion l'an prochain. Quant à Luke Cage, il sera incarné par Mike Colter. Iron Fist fut convoité pendant longtemps aussi pour le cinéma avec un projet avec Ray Park (Dark Maul dans La menace fantôme et le Crapaud dans X Men) et s'impose comme un adepte des arts-martiaux au coup de poing spécial. Pour l'instant ce ne sont que des projets (en dehors de Daredevil et AKA Jessica Jones seuls projets réellement en marche) mais ils seront mis en place par Netflix pour 2015, cette chaîne de partage sur le net qui vous permet de voir toute une saison en une seule fois. Pour vous faire une idée, c'est là que David Fincher a mis en place la série House of cards avec Kevin Spacey. Donc déjà un peu plus de libertés graphiques que sur une network. Quant à l'Agent Carter il peine à convaincre pour l'instant et ce malgré ses atours de mini-série et non possiblement de série sur la longueur. Wait and see...

 


 Article original publié le 14 avril 2014.


** http://www.ecranlarge.com/article-details-27954.php

*** http://www.ecranlarge.com/article-details-27916.php

4 Propos recueillis dans Pop corn numéro 5 (avril-mai 2014).

Autres sources: http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=11400.html

09 février 2015

Une soirée qui commençait si bien

Max est un simple chauffeur de taxi de Los Angeles. En prenant pour passager Vincent, il va vivre une soirée infernale...

United International Pictures (UIP) 

Ressortant de deux biopics aussi différents soient-ils (The Insider transformant l'exercice en véritable portrait de l'investigation et ses risques; et Ali qui était impeccable mais n'allait pas assez loin dans son traitement biographique), Michael Mann accepte pourtant une commande autrefois proposé à Mimi Leder et Janusz Kaminski. Un choix qui peut étonner compte tenu qu'il est scénariste de tous ses films. Collateral sera la seule exception. Pour Mann c'est l'occasion d'expérimenter encore un peu plus le cinéma haute-définition qu'il expérimente depuis Ali et notamment pour les combats de boxe. Si le réalisateur ne pourra pas utiliser la caméra qu'il veut (en l'occurrence la Viper qu'il aura plus de mal à utiliser sur Miami Vice, en raison du très grand nombre de scènes en plein jour), il n'en reste pas moins qu'il trouve des parades à cette expérimentation comme des panneaux de lumière à l'intérieur des voitures pour que les spots de Los Angeles se reflètent sur les personnages. Jamie Foxx (déjà présent sur Ali), Tom Cruise, Jada Pinkett Smith (idem), Mark Ruffalo, Peter Berg, Javier Bardem, Barry Shabaka Henley (idem), Emilio Rivera et Bruce McGill forment le casting de cette production Paramount arrivant à la toute fin de l'été 2004.

Tom Cruise et Jamie Foxx. United International Pictures (UIP)

Le film part d'un postulat banal: un homme arrive dans un aéroport de Los Angeles, lunettes de soleil sur le pif, bien habillé (probablement du sur-mesure) et un attaché-case. Il percute un homme (Jason Statham en plus), lui parle et s'en va avec la mauvaise valise. Tout sonne faux et Mann le montre bien. Qui est donc ce fameux bonhomme qui vient de débarquer? On ne le saura que bien plus tard puisque Mann va désormais prendre le point de vue d'un chauffeur de taxi. Un homme banal comme on en croise plein, cordial mais faisant face à des difficultés l'empêchant de rêver. Il y a une malheureuse coïncidence dans le fait que Max ne répond pas la première fois que Vincent, l'homme de l'aéroport. Il aurait très bien pu éviter un engrenage qui va le tenir durant au moins 1h30 de métrage. Mais il est cordial et ce sera probablement son dernier client de la soirée. L'erreur inévitable. Partant d'un postulat simple (un tueur met en joue un chauffeur pour qu'il puisse tuer diverses cibles dans les temps), Mann fait comme il l'a fait sur Heat: une étude de cas et particulièrement deux opposés. D'un côté l'homme bon face à une situation extraordinaire qui fera de lui un involontaire héros du quotidien; de l'autre une armoire à glace qui a un avis sur tout mais aucune réelle émotion.

Tom Cruise. United International Pictures (UIP)

C'est sans compter ce loup solitaire passant devant la voiture alors qu'ils sont au feu rouge. Il symbolise à la fois Vincent et Max. Max par le fait qu'il accumule les rêves sans jamais les faire, errant dans la ville en espérant que cela arrive un jour. Vincent, déjà par sa teinture grise, parce qu'il erre de ville en ville, accumulant les cadavres sans lendemain et apparaît comme ce loup, un étranger de passage. De plus, Vincent a beau dire à Max que tout finira bien pour lui, le policier incarné par Mark Ruffalo donne une tout autre issue: un cas similaire s'est trouvé il y a quelques temps et le chauffeur est mort. Le spectateur sait d'ores et déjà que si Max ne fait rien, ses heures sont comptées. Il suffit parfois d'un dialogue pour qu'un enjeu devient majeur. Collateral s'apparente donc à une course-poursuite infernale pour la survie. Jamie Foxx est parfait car il apparaît comme le monsieur-tout-le-monde et plus particulièrement ici. Il n'est pas la montagne de muscles issue de L'enfer du dimanche ou plutôt il n'est plus. En revanche, le plus grand étonnement vient de Tom Cruise. Acteur casse-couille et particulièrement sur les gros films (enfin surtout autrefois, depuis cela se calme un peu), mais souvent investi quoique ses détracteurs puissent dire, Cruise pouvait être un poids ou non dans le film surtout qu'il incarne rarement des personnages fourbes.

Jamie Foxx. United International Pictures (UIP)

On retiendra Lestat dans Entretien avec un vampire ou son personnage de gourou dans Magnolia, mais dans Collateral il apparaît vraiment comme un psychopathe à toute épreuve, classe à l'extérieur et sauvage à l'intérieur. Mann montre bel et bien cela le temps d'une scène. En apparence sobre, le loup sort de sa cage afin de tuer une de ses victimes dans un night-club. Il prend Max à partie quand les flics le prennent pour responsable des crimes de Vincent et que les employeurs de Vincent le prennent aussi comme tel. Un engrenage implacable permettant à Vincent de faire sa besogne et de se faufiler dans une foule ahurissante. Mann prend alors bien soin de montrer le tueur dans toute sa sauvagerie violente, savatant du bonhomme à mains nues à une vitesse foudroyante et tirant comme son ombre. Un déluge de violence reflétant à elle seule l'état d'esprit du personnage. Une scène qui marque directement la rétine et les oreilles, ces dernières étant malmené par la techno, le bruit des coups et celui des tirs. Le récit prend également une tournure impayable faisant d'une simple rencontre un enjeu majeur. Quant à la réalisation, la HD sied totalement à la vision de Mann et particulièrement sa vision de Los Angeles la nuit. Un archétype désormais pour le réalisateur et un plaisir pour nos yeux.

Tom Cruise. United International Pictures (UIP)

Plongée ahurissante et meurtrière de deux loups errants dans une Los Angeles nocturne sublimée par Michael Mann.

 

06 février 2015

Un face à face de légende

Un flic chevronné se retrouve à traquer une bande de braqueurs au leader charismatique...

Michael Mann est ce que l'on appelle le roi du polar urbain, genre où il est le meilleur au point d'être copier notamment dans sa vision noctambule de Los Angeles (je renvoie au récent Nightcrawler de Dan Gilroy). Ce qui ne l'empêche pas de bien s'en sortir sur des projets éloignés à l'image de l'inachevé The Keep ou le magnifique Dernier des mohicans. Avec Heat, il reprend un téléfilm qu'il a réalisé en 1989 LA Takedown et se permet un casting mélangeant trognes de cinéma et collaborateurs d'avant ou à venir: Robert De Niro, Al Pacino (qui sera du film suivant de Mann The insider), Val Kilmer, Tom Sizemore (qui sera de la série de Mann Robbery Homicide Division), Jon Voight (qui sera du biopic Ali), Diane Venora (également de The insider), Amy Brenneman, Ashley Judd, Ted Levine, Wes Studi (déjà du Dernier des mohicans), Mykelti Williamson, Natalie Portman, Danny Trejo, William Fichtner, Dennis Haysbert, Hank Azaria ou encore Tom Noonan (le Dragon Rouge de Manhunter). Avec ce film devenu culte rien que pour la confrontation entre deux monstres sacrés du cinéma (on évitera de citer Righteous kill hein?), Mann revient au polar urbain avec une note d'intention simple: des flics pourchassent des voleurs. Un concept simple comme bonjour et vu et revu. Pourtant, Michael Mann part du point de vue du "gendarme et du voleur".

Un cliché qui va prendre rapidement sens puisque le réalisateur va mettre sur un pied d'égalité le représentant de la loi et celui qui
l'enfreint. Deux hommes qui vont se mener une guerre sans merci durant près de trois heures de film. Et le réalisateur de montrer deux hommes qui se ressemblent et ce malgré leur frontière évidente. D'un côté le bandit au sens de l'honneur qui tue rarement et essaye tant bien que mal de se sauver d'une situation partant en cacahuète. Un homme cherchant l'amour au mauvais moment et voyant certains de ses acolytes dérailler au point d'en savater un copieusement suite à une grosse connerie. De l'autre, le flic chevronné à la limite du showman (et là Pacino peut faire son numéro de cabotinnage dans ce qu'il y a de plus fascinant) au mariage qui bat sérieusement de l'aile et avec une belle-fille en pleine crise existentielle. Deux hommes mis à bout pour des raisons personnelles comme directes. Le final est à lui seul un symbole: malgré leurs différents, les deux ont une certaine forme de respect et inévitablement il ne peut en rester qu'un. Mais c'est surtout la manière de Mann qui est fascinante. (attention spoilers) Ainsi les deux derniers plans du film parlent d'eux mêmes, qui plus est sur la musique aussi mélancolique que répétitive de Moby.

Le premier nous montre un Pacino au bord des larmes comme soulagé d'en avoir enfin fini et semblant avoir perdu un adversaire à sa table. Le second est un plan large montrant Pacino debout devant son assaillant mort assis et avec un avion qui passe. Il y a une banalité dans ce plan qui renvoie au précédent. Le policier a tellement été pris par cette affaire qu'il n'a finalement que peu de réaction. Il pourrait partir et appeler des renforts. Il ne fait pourtant rien, il est comme exténué et ému par ce qu'il vient de passer. Ses différents coups de gueule au cours du film auront eu raison de lui. Une vision mélancolique confirmant que les deux sont mano à mano. (fin des spoilers) Il fallait bien deux monstres sacrés du cinéma pour incarner ces deux figures: Robert De Niro habitué aux rôles de malfrat depuis son premier film avec Martin Scorsese (Mean Street pour ceux qui auraient oublié); Al Pacino qui accumule depuis au moins Scarface les personnages forts en gueule et n'ayant pas peur de forcer sur le langage chartier. Les deux sont réellement au sommet dans ce duel fort du cinéma des 90's. Si bien que les seconds-rôles aussi prestigieux soient-ils sont plus d'une fois éclipsés.

On pense à Val Kilmer par exemple, jouant finalement un simple sous-fifre ou Ted Levine coéquipier bien visible mais pas mis en avant. Michael Mann signe un film policier en apparence déjà vu mais redynamisant le genre, lui donnant presque un côté méta. Il n'est pas question de faire un banal film policier comme Hollywood sait en faire à la pelle. Ainsi, Mann s'active et montre toutes les étapes avec une minutie extrême. Il montre les voleurs en pleine cogitation tandis que les flics (puis les voleurs) les observent de près avant un assaut tonitruant et une chasse à l'homme tournant au jeu de massacre. Mann n'oublie personne et le pire d'entre tous finira la gueule ouverte. La scène de braquage est à elle seul l'un des plus beaux moments de cinéma des 90's. Longue d'au moins dix minutes et plus, s'étandant à la fois du point de vue des truands que des policiers, filmés au plus près de l'action, faisant sauter les enceintes de tout home-cinéma au nombre de coups de feu entendus. La scène est impressionnante de par son montage rapide, ne faisant pas d'esbrouffes et allant curieusement à l'essentiel. Chaque détail est important, chronométré comme le ferrait les braqueurs. Il y a une minutie dans le montage indéniable, laissant passer aucun temps mort. 

Robert De Niro. Collection Christophe L.

Un sommet du genre policier, analyse parfaite du "gendarme et du voleur" soutenu par deux acteurs au top.

03 février 2015

Cuvée matrice

Après le brillant Cloud Atlas, véritable maestrom d'émotions, de références (on pensait parfois à Blade Runner comme à Soleil vert, en passant par Vol au dessus d'un nid de coucou), de beaux plans (et c'est aussi beau sur un écran de cinéma que sur un disque HD), de belle musique (il ne manquait plus qu'Outro de M83 qui avait sublimé la bande-annonce) et d'acteurs transformistes (Hugo Weaving en femme ça vaut son pesant de cacahuètes!); les Wachowski reviennent cette semaine avec Jupiter ascending, traduit bien malheureusement en Jupiter: Le destin de l'univers (facepalm!). L'occasion pour la Cave de Borat (jamais avare en vieilleries et surtout pas en DVD qui fourmillent à foison entre les étagères, le bureau et les meubles de rangements!) de faire un petit retour en arrière, plus précisément le 17 mai 2003. Comme vous le savez depuis longtemps (ou pas, cela vous fera une news de plus à mettre dans le calendrier!), le 17 c'est l'anniversaire de ce bon vieux Borat et en ce jour fatidique, il a reçu Matrix en DVD (Batman de Tim Burton aussi). Il n'a pas eu le temps de le voir qu'il était déjà l'après-midi à la séance de Matrix Reloaded, pour ensuite voir le premier. Puis après j'ai refais le déplacement pour Matrix revolutions et j'ai acheté peut être un an après Animatrix, sans compter le jeu Enter the matrix (que je n'ai pas fini et m'en fous un peu) et le plus simple Path of Neo (pas fini non plus mais c'était bien plus fun).

Matrix (photo) (1)

"Bonjour monsieur Borat, petit blogueur insignifiant de la matrice."

Voilà comment j'ai découvert les Wachowski, comment j'ai adhéré puis un peu détesté. Par détester je parle des films, le duo ayant ma sympathie comme le confère l'introduction de cette cuvée matricienne. Comme on dit les goûts évoluent, les mentalités changent, les références s'accumulent. On finit toujours par voir ce dont les autres s'inspirent. Le premier Matrix s'apparente à un grand coup dans le cinéma américain et particulièrement hollywoodien. Alors que les réalisateurs hong-kongais se sont énormément viandés sur le sol de Stallone (on doit encore citer les cas Ronny Yu, John Woo, Tsui Hark ou Ringo Lam?), les Wachowski ont réussi à faire accepter certains codes des films de bastons HK dans leur film. Le temps d'une séquence, Néo apprend différentes techniques de combat dont le ju-jitsu. Les bullet-times (qui curieusement ont plutôt bien survécu au temps) comme les divers ralentis ne sont pas sans rappeler le cinéma de John Woo, alors qu'ironiquement la même année, il abusait beaucoup trop de son procédé (allant même jusqu'à l'outrance vulgaire) dans le foireux Mission Impossible 2. L'un des plus gros apports du duo reste sans doute celui fait à Terminator.

Pas besoin d'aller chercher bien loin le rapport entre les deux sagas: un messie (John Connor/Neo), un mentor (T-800/Morpheus), une femme à poigne (Sarah Connor/Trinity), la guerre entre l'Homme et la Machine ayant conduit à une résistance face à l'apocalypse et l'ennemi increvable (T-800 ou T1000/Smith). Sans compter l'univers graphique très froid des visions de la Terre, énorme berceau d'hommes reliés à une même imagerie et rempli de tunnels où émergent des vaisseaux avec des boules électrifiées dessus et dessous. Mais évidemment, Matrix se diversifie par son imagerie. J'ai déjà cité les bullet-times le plus célèbre étant celui où Keanu Reeves lévite alors qu'il se fait tirer dessus. Mais évidemment ce serait oublier les phases d'action. On citera l'explosion monumentale de l'hélico avec Trinity plongeant vers le spectateur, préfigurant celle de l'hopîtal dans The Dark Knight (autre production Warner, rappelons le au passage), mais surtout le passage de la fusillade. Commençant par les notes de Don Davis évoquant un peu trop pour être honnête la bande-originale d'Aliens de James Horner pour l'entrée, le tout part en cacahuètes pour un festival bourrin jouissif, dont le point d'orgue est certainement son travelling au ralenti où Neo passe entre les colonnes en décrépitude sous les assauts des SWAT.

De plus, Matrix aussi fun soit-il renvoie à une imagerie glauque où l'Homme est face à une imagerie imaginaire contrôlée à distance et parasitant en soi les pensées. Une sorte de réalité virtuelle très très avancée puisque nous croyons avoir une vie. De plus, la matrice se lit sur des écrans divers et Néo se réveille en étant un hacker, renvoyant le tout à l'informatique qui elle-même est régie par des machines. Cette même informatique qui régie les vies de bons nombres de gens pensant que Facebook ou Twitter sont une vie à part. Et puis il y avait aussi un peu de romantisme avec le personnage de Trinity dure à l'extérieur mais amoureuse à l'intérieur (c'est très très beau, pensez aux fleurs). Sans être un chef d'oeuvre, Matrix s'impose comme un cru de science-fiction voire anticipation plus qu'efficace et n'ayant pas trop pris de l'âge. On peut même dire que comparé à certains passages un peu trop numériques de ses suites, le film s'en sort vraiment bien. Sans compter sa bande-originale compilant un très grand nombre de chansons, les plus célèbres étant Clubbed to death de Rob D et Wake up de Rage against the machine faisant péter le générique de fin dans des stratosphères musicales phénoménales. Evidemment face à un tel raz de marée (Matrix est resté durant très longtemps le plus gros succès de la Warner), les Wachowski anticipent une suite, voire mieux tout un processus marketing avec une série de courts-métrages, un jeu-vidéo lié au second film et pas une mais deux suites qui sortiront la même année à quelques mois d'intervalle.

Robert Zemeckis avait fait cela avec les suites de Retour vers le futur, mais n'avait pas poussé le vice jusqu'au multivers. Les Animatrix se révèlent assez sympathiques dans l'ensemble mais souffrent d'une chose: elles ne font pas forcément de liens avec les films et parfois apparaissent comme des gadgets pouvant permettre à des cinéastes de japanime ou autres de s'exprimer sur le thème de la matrice. Ainsi, Histoire de Kid de Shinichiro Watanabe (réalisateur de l'incontournable série Cowboy Bebop) ne nous apprendra pas grand chose sur le personnageapparaissant au début de Matrix Reloaded et qui prendra de l'importance lors de la bataille de Matrix Revolutions. Comme Dernier vol de l'Osiris d'Andy Jones (présent sur Final Fantasy Les créatures de l'esprit) est un pendant pour amener les péripéties du jeu Enter the Matrix; Une histoire d'un détective de Watanabe une aventure antérieure à Matrix avec Trinity; et Record du monde de Takeshi Koike (futur réalisateur du puissant Redline), Programme de Yoshiaki Kawajiri (réalisateur du polémique et sexuelo-gore Ninja scroll) et Au delà de Koji Morimoto (maître d'arme du Studio 4°C et présent sur les films à sketchs Robot carnival et Memories) des variations sur des sujets abordés dans le premier volet (la libération de l'esprit, la trahison et le bug). Matriculé reste à part car ne rentre même pas dans une variation.

 

Une sorte d'OFNI où la machine est manipulée dans un trip hallucinatoire. Pas forcément déplaisant mais pas très utile. Le seul court qui a réellement de l'importance est La seconde renaissance de Mahiro Maeda. Ce court en deux parties nous permet de revenir sur les causes de la guerre entre l'Homme et la Machine et contrairement à la saga en général ne se fait pas prier niveau violence graphique. Pas que le premier comme les suivants soient des petits joueurs (le Mulot se fait cribler de balles par exemple), mais profitant du format DTV, Maeda n'y va pas de mains mortes et montre des scènes de guerilla impressionnantes et d'une virulence percutante. Les soldats humains se font littéralement dégommé dans des vidéos de guerre gore. Le court ne montre pas forcément la naissance de la matrice mais à le mérite de montrer comment la Machine a pris le dessus sur celui qui l'a crée. Comme quoi il suffit d'une simple étincelle pour que le monde s'ébranle et se transforme en ruine. Quant aux autres courts, ils sont de bonnes qualités aussi notamment Une histoire d'un détective renvoyant aux histoires pulp qui avait servi la réalisation de Watanabe sur la série phare de 1998; Programme et la beauté de ses décors et affrontements ou même Dernier vol de l'Osiris et son photoréalisme encore évolutif dans un déluge particulièrement sexy. Une belle compilation ayant réuni pas moins de quatre studios et parmi eux les incontournables MadHouse et Studio 4°C, mais souvent vaine dans son utilité.

Le jeu Enter the matrix développé par Atari a une optique plutôt intéressant puisqu'il permet d'introduire de nouveaux personnages qui seront dans Matrix Reloaded de manière secondaire avant de prendre de l'importance (enfin surtout Niobe) dans Revolutions, tout en étant une entrequel. Je m'explique. Certains éléments se déroule avant Matrix Reloaded, d'autres ont des rapports entre eux quand d'autres se passent carrément pendant le film, à l'image de la poursuite sur l'autoroute, le point de départ du jeu étant de retrouver le message exposé dans Dernier vol de l'Osiris. Pourtant et même si je ne l'ai pas fini comme je le disais, le jeu se révèle très rapidement répétitif et paraît désormais très daté. Un comble quand on sait que Matrix reste un film qui vieilli très bien! Le jeu est certes long mais il n'avance pas beaucoup et les phases d'action se révèlent finalement assez décevantes, se contentant de montrer Niobe et Ghost en train de se pencher en ralenti pour tirer ou donner un coup de pied en l'air! Me souviens aussi d'une poursuite nocturne pas très jolie pour les yeux. Au final, ce qui devait être une bonne idée de storytelling finit par devenir lassant. Sans compter la sous-intrigue avec le sous-fifre amoureux de sa capitaine. Enfin bref, Enter the matrix ne restera pas dans les mémoires des gamers.

Ce n'est pas très beau tout ça.

On en vient donc à Matrix Reloaded soit le premier Matrix vu au cinéma.  Film fait dans la douleur puisque la chanteuse Aaliyah qui devait incarner Zee une résistante amoureuse de l'opérateur Lee (finalement jouée par Nona Gaye) est décédée alors qu'elle avait déjà tourné des scènes et en sachant que les deux films se sont tournés en même temps. Sans compter Gloria Foster qui nous a quitté juste après avoir tourner ses scènes dans Reloaded. Mary Alice a dû l'incarner dans Revolutions via une pirouette plutôt astucieuse. N'ayant pas vu Matrix je n'ai pas forcément compris les liens entre les personnages, tout comme je ne savais pas ce qu'il s'était passé dans le premier film. J'étais donc totalement vierge avant de voir Reloaded me basant uniquement sur le teaser du film et la réputation du premier film. Je m'étais donc focalisé sur les scènes de bastons ou action et autant dire que j'ai été servi mais au fil des années, j'ai vite compris que le film ne reposait que sur ça. Dans le scénar (?), on retrouve le romantisme des Wachowski pouvant prendre parfois des proportions comiques (ah la scène de boules introduite en travelling avant qui ne sert absolument à rien! Ah la main sur le coeur!) , comme la guerre entre l'Homme et la Machine qui va prendre des proportions gargantuesque avec l'implication directe de Zion, dernière cité en place et fief de la résistance.

Sauf que le film accumule un grand nombre de personnages et finalement on ne retient pas leur présence. On pense à l'équipage qui meurt dans le premier assaut contre les sentinelles alors qu'ils sont massivement dans la matrice (insert le plus gore aussi). On ne sait quasiment rien d'eux si bien que leur mort paraît totalement inintéressante en dehors du fait que Trinity devra se sacrifier pour faire ce qu'ils n'ont pu faire. Mais si Revolutions en tiendra une couche plus d'une fois, Reloaded n'est pas non plus un sommet d'intelligence. Véritable déluge d'action, le film se révèle un banal film de transition avant le gros final, alignant les excentricités et les cgi pour s'imposer au fil de deux heures de film. Alors Hugo Weaving cabotinne à mort ("Moi, moi, moi, moi! -Moi aussi."), Laurence Fishburne repart dans des discussions fumeuses autour de la prophétie (ah ce grand moment de poésie où il s'adresse à Zion récemment parodié avec justesse par Mozinor), Néo devient définitivement Superman au cours de trois passages au combien WTF (il en vient même à avancer avec le poing vers l'avant), les passages avec Lambert Wilson sont un festival de cabotinnage qui nous font perdre notre latin ("Nom de dieu de putain de bordel de merde de saloperies de connards d'enculés de ta mère. Vous voyez c'est aussi jouissif que de se torcher le cul avec de la soie. J'adore ça!", "Chaque fois que je bois il faut que je pisse! Cause et effet!"), la vision des Wachowski de l'orgasme et puis évidemment ça n'avance pas.

Heureusement les scènes d'action sont là pour compenser avec une fantastique course-poursuite commençant dans la rue pour finir dans les airs (dont le bullet-time des deux camions repris par ce tocard de Paul WS Anderson dans le lamentable Resident Evil Afterlife) et la baston avec les Smith. Bon on regrettera les CGI qui bouffent parfois ces scènes et que l'on remarque désormais très facilement. Preuve en est Néo qui défonce des gueules avec une barre de fer. Si ce passage reste fun, les Cgi sont trop visibles à l'oeil nu pour bien passer aux yeux du spectateur. Pareil pour Smith qui débarque en faisant fuir les pigeons, renvoyant aux colombes de John Woo. Par ailleurs quand Trinity passe par la fenêtre, on pense inévitablement à Ghost in the shell avec Kusanagi sautant dans les airs pour buter des mafieux! Matrix Reloaded laisse en soi un goût amer: malgré la volonté de créer un véritable univers (preuve en est l'exploitation de Zion, juste entendu de nom dans Matrix) comme d'aligner les séquences cool avec un budget plus colossal que sur leur premier jet, le film ne raconte finalement pas grand chose et ce pour tout le fun du monde.Bon il y a encore du Rage against the machine en générique de fin donc en soi tout va bien. 

"J'aime l'odeur du napalm le matin"

Alors quid de Matrix Revolutions final attendu par les fans durant des mois au même titre que Le retour du roi à la même période? Une déception encore plus colossale que celle de Reloaded, car si le second volet avait ses travers il avait des atours fun comme développé plus haut. Revolutions ne les a pas forcément et accumule les déceptions au cours de deux heures de métrage. Dans un premier temps, sa première heure est insupportable. Il ne se passe rien d'intéressant. On sauve Néo d'un truc totalement improbable (le corps dans le monde réel, l'esprit dans la matrice, ce qui n'est même pas expliqué une seconde à l'écran), on navigue dans le club SM du Mérovingien (cuir, moustache, balcon de Monica Bellucci d'une rare vulgarité), on retrouve Bruce Spence dans un rôle au combien inintéressant (on parle de l'aviateur de Mad Max 2 et 3 les gars!), ça cogite avant l'apocalypse, on parle du mec que Smith possède et ce dernier se sauve de la manière la plus évidente possible dans un contexte évident aussi et Weaving s'en donne à coeur joie dans un rire gras pas possible. En gros ça cause beaucoup et cela n'avance pas. On voit que quelque chose va arriver mais quand? Il faut attendre la deuxième heure pour qu'il se passe enfin quelque chose. A l'image de Pirates des Caraïbes 3 des années plus tard, le vrai film se fait attendre et le spectateur de s'ennuyer fermement.

"C'est nous les gars de la Marine!"

De plus le final se déroule selon trois points de vue, engendrant une dispersion trop violente surtout qu'au contraire d'un film comme Le retour du jedi reposant sur ce même genre de cas de figure. Toute la partie avec Morpheus est totalement inintéressante, permettant juste de montrer le potentiel de femme forte de Niobe. Et la partie avec Néo n'est pas follement intéressante non plus, en dehors de l'agression dans le vaisseau. Même la mort d'un personnage fort est plus ou moins traitée par dessus la jambe. Il faut donc se rabattre sur la grosse bataille à Zion qui est avouons le assez active. Mais là aussi à force de jouer sur plusieurs personnages, le film s'y perd un peu preuve en est les péripéties avec Zee qui n'apporte pas réellement à l'intrigue. L'affrontement final entre Néo et Smith n'est pas non plus à la hauteur de l'affrontement colossal attendu. Cela tourne vite à la baston virant au Dragon Ball Z, ce qui n'était pas le cas sur les précédents films. Ainsi on navigue désormais dans les airs et même si certains plans sont réussis (à l'image de Smith éclairé par les éclairs), l'affrontement aurait dû être un peu plus terre à terre à l'image de ceux de Matrix et Reloaded. Même si cela reste fun, on aurait pu espérer un affrontement plus violent aussi.

Mais le final expose une hypothèse assez forte: (attention spoilers) Néo et Smith pourraient être en fait une seule et même personne et le fait que Smith soit détruit en ingurgitant Néo (et l'Oracle) renvoie peut être à cela. Ensuite les deux sont inséparables: les deux sont morts chacun par les soins de l'autre avant de ressusciter de manière étrange (un baiser, un bug dans la matrice) et enfin de mourir définitivement ou non comme l'évoque l'Oracle et l'Architecte à la fin de Revolutions. Il y a donc en soi une logique à ce que Mr Anderson devient un Smith et tue dans l'oeuf son ennemi de toujours. De plus, cela renvoie au Messie se sacrifiant pour tous. Une thématique laissée en suspens par les Wachowski et qui aurait peut être mérité un peu plus d'approfondissements. (fin des spoilers) Au final, la trilogie Matrix reste certainement une des grandes frustrations de votre cher Borat. Pour un premier volet qui cassait la baraque tout en ayant un scénario digne de ce nom, ses suites n'ont cessé de décevoir et cela a empiré pour votre cher interlocuteur au fil des visions et des années. Plus sensible peut être à certaines choses. Il n'en restera finalement qu'un. Allez à la semaine prochaine!

Matrix

01 février 2015

L'année de tous les dangers

Un jeune homme essaye de se faire une place dans le marché du pétrole, mais doit faire face à un grand nombre de vols risquant de le mettre sur la paille...

A l'heure où son nouveau projet est tombé à plat au profit du minable Peter Berg, JC Chandor revenait le 31 décembre dernier avec son troisième film A most violent year. Un film qui est plus ou moins passé inaperçu pas aidé dans un premier temps par sa date de sortie (et ce malgré que des chaînes comme BFM ou TF1 ont fait des sujets dessus, malgré qu'ils soient bateaux et uniquement faits pour montrer quelques bribes d'interview de la belle Jessica Chastain). Au même titre que Whiplash sorti le jour du réveillon de noël, ce n'était pas forcément une bonne idée de sortir un tel film à une date aussi peu intéressante pour les spectateurs. Dans un second temps, il y a bien évidemment le problème évident de la distribution. Si votre cher Borat l'a vu, c'est parce qu'il s'est déplacé jusqu'à Metz (là où il fait ses études) pour le voir dans le cinéma de quartier Le Palace, qui plus est en VOST. Une aubaine que ne m'aurait jamais offert le pourri Kinépolis (qui est d'ailleurs en train de racheter l'autre cinéma de quartier de Metz, mais on en rediscutera peut être dans la Cave de Borat) trop prêt de ses sous et préfèrant les récentes productions françaises inintéressantes ou les grosses paudruches. D'autant que le film n'a rien de la "madeleine de Proust" typique du cinéma indépendant ricain et qui plus est ne se focalise pas forcément sur un public cinéphile.

A Most Violent Year : Photo Jessica Chastain, Oscar Isaac

Le sujet en soi le confirme, partant du principe d'un très grand nombre de films de gangsters sortis entre début 70's-fin 80's. Ou tout du moins une certaine tradition qui s'est converti dans le polar. A most violent year appartient indéniablement à ces films auxquels on peut citer Le parrain, Scarface ou même dans un certain sens French connection, tout en s'en démarquant. Avec les deux premiers et plus particulièrement le film de Brian de Palma, il partage le thème de l'immigration triomphante avec le petit immigré (ici d'Amérique du sud, sans préciser son lieu de naissance même si il parle bien l'espagnol) montant dans le business et accusant des problèmes de concurrence inévitable. De plus, la période choisie par le réalisateur d'All is lost est assez éloquente. En 1981, New York est aux prises à une hausse flagrante de la criminalité et le personnage principal est aux prises à divers vols de ses camions contenant du pétrole. Néanmoins, le film s'éloigne complètement du milieu criminel en optant pour le point de vue d'un homme non-violent. JC Chandor fait de son personnage principal un homme d'affaires de poigne mais se refusant à tout acte de violence. Le plus éloquent reste le passage où il percute une biche. Alors qu'il est en passe de tuer la bête agonisant avec un démonte-pneu, c'est sa femme qui tire avec un flingue. Un coup de grâce pour cet homme déjà sous le joug de la justice et découvrant que sa femme, fille de gangster, a un pistolet non-déclaré.

A Most Violent Year : Photo Jessica Chastain, Oscar Isaac

Le personnage est constamment sous l'emprise du stress, tout d'abord par ses problèmes financiers mais aussi ses problèmes familiaux, le héros étant menacé aussi chez lui. C'est donc le portrait d'un homme à bout de nerfs mais se refusant à la violence. En comparaison, le réalisateur met en scène un jeune immigré travaillant pour lui et se faisant braquer par deux fois. Desespéré, il en vient à fuir comme ses voleurs suite à l'utilisation d'une arme. Ce personnage ne connaît le rêve américain que dans le mauvais côté, le tout lui sautant à la gueule. La réalisation se veut particulièrement classieuse, comme le confère la lumière permettant à Oscar Isaac de prendre une pose de messie en entrant dans un salon de coiffure. Tout comme cette ouverture montrant en peu de temps suffisament d'informations pour introduire son personnage principal, si possible sur la musique de grande qualité (ah Marvin Gaye...). Mais là il atteint des sommets c'est dans sa poursuite en pleine banlieue new-yorkaise renvoyant au film de William Friedkin précité tout comme à Carlito's way (encore De Palma et les gangsters), route effreinée pour retrouver une dignité perdue dans le vol. A cela rajoutez un casting irréprochable, allant d'Isaac complètement inspiré dans un genre de rôle variant de ses précédents (où il incarnait souvent des salauds) à la divine Jessica Chastain (qui plus est dans un rôle souvent porté sur la garce et donc en parfait contre-emploi), en passant par David Oyelowo (parfait en maître du barreau imperturbable).

A Most Violent Year : Photo Oscar Isaac

Un polar de qualité avec un héros atypique et une ambiance éprise d'un pessimisme ambiant.

31 janvier 2015

Monstre Gélatineux

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Genre: horreur déjantée
année: 1988
durée: 1H25

L'histoire: Un monstre étrange venu d'ailleurs, informe et gélatineux, dévore les êtres humains. Mais 2 jeunes étudiants, Megg et Brian découvrent que le blob fuit la neige carbonique...

La critique de Eelsoliver:

Ah, le bon plaisir coupable que voilà ! J'ai nommé Le blob, réalisé en 1988 par Chuck Russel. En vérité, le Blob est un remake d'un film d'horreur (très dispensable, pour être gentil...) de 1958, connu aussi sous le nom de Danger Planétaire, dans lequel on retrouve Steve McQueen.
Le Blob est la série B par excellence. Voilà un bon vieux film d'horreur un peu débile à déguster avec du pop corn !

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Le scénario est pour le moins simpliste (pour ne pas dire idiot). Un météore se crashe sur la Terre et contient une masse gélatineuse étrange.
Dans un premier temps, c'est un clochard qui découvre la créature. Ce dernier est alors absorbé peu à peu par le monstre difforme. Mais très vite, le blob grossit à une vitesse exponentielle puisqu'il grandit au fur et à mesure qu'il dévore ses victimes.

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Mais un étudiant rebelle et une jeune femme vont tenter de l'arrêter. Ce qui ne sera pas chose facile, d'autant plus que l'armée se trouve dans la ville.
On apprend alors les véritables origines du Blob. Attention SPOILERs ! Il s'agit d'une arme militaire, envoyée dans l'espace pour subir des expériences en cas d'une nouvelle guerre.
IL s'agit donc d'un monstre créé par la science.

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Cette fois-ci, le blob se trouve dans la ville et décime ses habitants. La créature est devenue énorme et a envahi les égoûts. Le film contient tout de même quelques séquences d'une redoutable efficacité. Et le long-métrage se révèle parfois surprenant.
Comment ne pas évoquer ce pauvre gosse qui se fait absorber puis dévorer par la créature ? Enfin, les 15 dernières minutes contiennent leur lot de suspense et de tension.

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Quant aux acteurs, ils se contentent surtout de cachetonner. Mention spéciale à Kevin Dillon, dans la peau d'un petit marginal en froid avec la police.
Toutefois, le Blob s'impose davantage comme une série B horrifique bourrée de clins d'oeil au cinéma bis des années 50. En l'état, impossible de considérer ce film comme une référence du genre.
Toutefois, je dois l'avouer, j'adore ce nanar, fun, inventif et décomplexé.

La critique de Borat

 

A l'origine, Le Blob est le remake de Danger planétaire, un des premiers films de Steve McQueen ou tout du moins un de ses premiers rôles dans un film marquant (ce dernier n'ayant pas trop plu aux producteurs au cours du tournage); et ayant une suite réalisée ni plus, ni plus ni moins par le roi du pétrôle Larry "JR" Hagman. Alors que Rob Zombie s'est cassé les dents des années dessus ("Concernant Le Blob, je suis arrivé à ce constat: ce qui pouvait faire peur dans les années 50 n'aura pas forcément le même résultat auprès du public de 2010. Ce dernier aurait même plutôt tendance à en rire" *) et dans l'indifférence des producteurs, un troisième remake (encore un à rajouter dans la très longue liste de projets hollywoodiens forts inspirés) a été annoncé ces derniers jours sous la direction du pitoyable tâcheron Simon West (un seul bon film à son actif, Les ailes de l'enfer, le reste que de la bouse). Revenons donc sur le premier remake réalisé par Chuck Russell. Ce dernier est alors le réalisateur des Griffes du cauchemar, troisième volet très apprécié de la saga Freddy, et n'est pas encore le réalisateur de The Mask. Il prend alors sous son aile Frank Darabont pour le scénario, ce dernier ayant collaboré avec lui sur le Freddy et qui mettra en scène trois des meilleures adaptations de Stephen King.

 

D'abord proposé à New World Pictures (studio de Tonton Roger Corman), il faudra attendre le succès du Freddy pour que la Columbia prend les devants avec un beau budget de 19 millions de $. Dérisoire de nos jours, mais assez à l'époque pour que la créature prenne forme correctement. Néanmoins, le tournage ne fut pas facile et notamment les scènes du Blob, Lyle Conway étant viré au profit de Tony Gardner à la supervision des effets-spéciaux. Le studio en vient même à supprimer six semaines de post-production pour sortir le film à une date précise. Echec commercial à sa sortie, le film y gagne en réputation grâce à la VHS et au DVD. Le Blob est donc devenu en soi un film culte comme il se doit, un film à regarder le samedi soir dixit le magazine Rockyrama. En soi, Le Blob ne semble pas tout neuf et les effets-spéciaux concernant le Blob ou son incrustation prennent des côtés un peu kitsch dorénavant. Notamment vers la fin où les incrustations se font de plus en plus sentir, les acteurs semblant filmés à part. Un peu dommage car dans l'ensemble, les effets-spéciaux sont plutôt bons et le Blob s'impose comme une vraie créature horrifique rappelant le travail de Rob Bottin sur The Thing, notamment lorsque la créature extraterrestre monte au plafond et se déplace à une vitesse folle (tout le contraire de celle de Danger planétaire). De plus, il n'est plus forcément question de météorite (un petit peu), mais de complot militaro-scientifique digne de ce nom.

 

Le genre de passages qui aurait fait la joie des séries La quatrième dimension et X Files. On regrettera évidemment le retour inévitable dans le patelin de bouseux traditionnel, sans compter les clichés ambiants avec le shérif, le jeune repris de justice, la cherleader ou le beau-gosse footballeur américain. On ne change pas une formule qui dure, mais un peu d'originalité n'aurait pas fait pas de mal. Néanmoins, le film s'impose comme une bonne série B ne se prenant pas au sérieux. Vous pensiez que le footballeur américain était le héros? Il se fait tuer dès le premier quart d'heure! Même les gosses passent à la casserole dans une violence certaine. Mais je dois avouer que le duo Russell-Darabont pousse le comique de climax par excellence avec la pauvre Shawnee Smith (future figure de proue de la saga Saw) qui part quasiment sûre de se sauver. Et paf! Elle se coince la jambe et plaque sa tête contre le baril! On n'est pas dans le subtil mais autant dire que c'est bien drôle à voir. Comme ce dragueur du dimanche avec coffre kitsch pour cueillir les donzelles et qui finira comme la merde qu'il est! Russell et Darabont donnent le ton avec cette production horrifique fun et qui n'a rien perdu de sa jouissance.

 

Une bonne série B ne se prenant jamais au sérieux et se regardant avec plaisir malgré les années.

 

* Propos issus de Mad Movies numéro 267 (octobre 2013)

 

 

30 janvier 2015

Cuvée Alien

Chers lecteurs, votre cher Borat a décidé le week-end dernier de se faire un marathon Alien en HD. Le coup de tête par excellence comme je le fais très souvent pour un oui ou pour un nom. De plus je n'avais pas fait encore le marathon Alien depuis mon acquisition du coffret BR (qui m'a notamment permis de voir le calvaire de David Fincher sur le troisième volet dans un très long making-of que l'on pourrait qualifier de "parfait guide pour jeune cinéaste, si possible ayant fait des clips ou courts-métrages, qui se retrouve sur une grosse production de studio") aussi spectaculaire soit-il. Et ce depuis octobre 2012. Trop longtemps et il fallait bien que je revienne sur mon odyssée aux côtés de Ripley et malheureusement aux côtés de David (personnage fascinant de Prometheus). Alors quitte à faire un marathon sur Alien autant revenir dessus dans la Cave de Borat, ce déluge de souvenirs, de vidéos, de photos, de pensées, de vannes, de nostalgies, de séries et évidemment de films. Mon histoire d'amour avec Alien a commencé bizarrement à la télévision. Il me semble avoir vu une partie majeure d'Aliens aka Aliens le retour (le retour de qui? De Ripley? De l'alien? On ne sait pas trop et c'est toute la joie des traductions françaises) et d'Alien Resurrection, soit les second et quatrième opus de la saga. Si en les voyant totalement par la suite, je les ai reconnu tout de suite, il faut bien dire qu'il me manquait le contenu total, y compris de voir toute la saga.

Je crois que ce martien veut communiquer.

A vrai dire la première fois que j'avais entendu parler d'Alien de Ridley Scott, c'était en 2003 lors de la sortie de son soi-disant "director's cut" (en fait juste une révision de son réalisateur pour retoucher quelques effets-spéciaux et autres choses). Et puis il y a eu les deux daubes Alien VS Predator. Deux affronts envers deux mythes de la science-fiction, deux drames pour le cinéma. Le xénomorphe apparaît peut être plus que le Predator dans le film de Paul WS Anderson (fallait s'y attendre...), mais il n'en reste pas moins qu'il permet de voir une reine gigantesque au point de devenir un vrai WTF total. Quant au Requiem des frères Strause, c'est l'art de filmer dans le noir. Un vrai foutage de gueule quand on sait que chacun des réalisateurs de la saga initiale ont su filmer la bête dans le noir tout en la rendant visible. Sans compter le scénar vide juste un prétexte pour des scénettes gore à deux balles où les scénaristes (?) vont jusqu'à croiser un Alien et un Predator en mettant des dreadlocks à un Alien. Le foutage de gueule de trop. C'est pour cela que bien avant de devoir me fader l'un des derniers chefs d'oeuvre de Ridley Scott (ceci est un trait d'humour hein?) au cinéma, je me suis fait petit à petit toute la saga en me les achetant tous en DVD.

 

On en reparle? Non? Bon, passons...

Une époque où le coffret BR premier du nom (j'ai le second avec Prometheus et le dernier est sorti il y a quelques temps en hommage à HR Giger) n'existait pas et où je ne trouvais pas forcément le coffret alors je partais sur les DVD individuels avec quasiment rien, en dehors des deux versions. Et bon sang qu'est-ce que j'avais galéré pour les trouver et ce malgré la popularité de la saga même à l'époque. Vu durant l'été 2009, Alien ne fut pas un choc mais il est resté gravé en mémoire. On parle tout de même d'un des plus grands survival de l'histoire, sauf que cette fois-ci le groupe ne peut s'aider du téléphone, de l'Etat major et autres conneries que leur ferait du tord (ouh le jeu de mots...). Non ils sont dans l'Espace. Avec un alien qui cherche à les buter un par un et si possible pondre des oeufs dans votre corps! En un sens, l'accroche d'un film a rarement été aussi logique et percutante: "Dans l'Espace, personne ne vous entendra crier". Jusqu'à maintenant j'avais toujours regardé la "director's cut" de 2003 mais j'en suis revenu au vue de son peu d'intérêt indéniable selon les fans (aussi utile que L'exorciste version 2001 vraisemblablement) à opter pour le montage original. Alors oui il y a des différences et notamment Lambert qui râlait sur Ripley juste après sa décision initiale de mettre Kane en quarantaine.

Alien (Moebius)

Moebius s'était fait plaisir.

Mais c'est bien un banal élément en comparaison de tant de passages des director's cut et versions longues des deux volets suivants. Le film a certes un peu pris mais c'est franchement peu quand on voit les effets-visuels vraiment bien conservés au même titre que ceux de Star Wars sorti deux ans plus tôt. Il faut dire aussi que Ridley Scott a parfaitement compris comment faire monter la tension, si possible en étirant l'action jusqu'à plus soif pour faire monter le suspense et sans musique (pourtant signée Jerry Goldsmith). L'un des cas évidents est certainement la séquence où Dallas est dans les tuyaux d'aération quasiment dans le noir. Pareil pour le passage où Brett trouve le chat avec un petit intrus derrière lui, attendant gentillement le bon moment pour abattre sa sentence implacable. Mais surtout Alien c'est l'avénemment d'une héroïne comme la science-fiction voire le cinéma en aura rarement vu d'aussi iconique. Ellen Ripley la survivante, celle qui a toujours raison et que l'on n'écoute jamais. Une battante et loin de la potiche qui la ramène tout le temps (que l'on pourrait nommé Lambert mais ce n'est que mon avis). Et évidemment un tremplin comme un fardeau (on notera Ghostbusters et d'autres films plus intimistes comme La jeune fille et la fille, mais difficile de passer après Ellen Ripley) pour l'incontournable Sigourney Weaver.

Dites bonjour à mon petit cousin!

Cela sera intensifié par Aliens, vu (réellement) en octobre si je me souviens bien, en tous cas bien assez pour me faire une rétrospective tranquille de James Cameron avant Avatar. Avec Big Jim, Ripley va devenir plus qu'une battante, ce sera une guerrière qui en impose face aux mâles alpha qui l'entoure. C'est elle qui va buter de l'alien par paquet de douze (faut-il compter le nombre d'oeufs tués par ses siens au cours du film?). Et évidemment c'est elle qui a la réplique culte du film, la réplique badass dont on se souvient en tant que cinéphile et que l'on n'est pas prêt d'oublier. Face à la Reine Alien, elle ne se démolie pas et balance le savoureux "Ne la touche pas, sale pute!". Avec Big Jim, pas question de refaire la même chose. Le réalisateur de Terminator fait tout péter, sors les gros bourrins et comble ces derniers s'en prennent plein la gueule. Pris dans une boucherie, ils sont quasiment impuissants devant tant d'ennemis. Car oui la nouveauté d'Aliens est que l'on n'a plus droit à un mais une farandole de saloperies à buter. Un véritable bonheur de film d'action, ce qui n'empêche évidemment pas Big Jim de proposer des thèmes intéressants à l'image de l'affection de Ripley pour Newt, sa hantise du robot encore plus développé dorénavant (fascinant personnage de Bishop et pourtant on le voit peu). Avec Alien, Ridley Scott avait fait de l'Espace une boucherie où personne ne peut vous aider; avec Aliens, James Cameron fait de l'Espace un terrain de chasse où les balles comme l'acide sonnent pareil. 

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Borat approved!

Quasiment une éloge au cinéma viril (faut voir ce plan où Vasquez et Drake titillent leur artillerie lourde avant leur départ pour la planète) tout en restant pas complètement con (on n'est pas chez Michael Bay ici), Aliens s'impose comme un blockbuster d'une efficacité rare, preuve du savoir-faire de l'impayable Big Jim. Et par la même occasion, James Horner signe une bande-originale percutante faisant la part belle à la musique martiale et dont certains passages comme ces coups sur des plaques métalliques rappéleront certainement l'arrivée de Neo et Trinity dans le commissariat dans Matrix. C'est pas beau de copier! Aliens apparaît selon moi comme le meilleur volet. Autant que ce n'est pas la même ambiance dans Alien 3 certainement un des crus qui a le plus vieilli si l'on se fit à la copie HD. Certains plans ont par exemple des granulés défilant sur l'écran afin de montrer de la poussière. Ces ajouts numériques passent très très mal en HD, comparé au DVD (évidemment, le BR ne fait pas de cadeau) et par dessus le marché on voit assez facilement l'Alien numérique. En revanche, le premier film de David Fincher, et absolument à voir en version longue (on ne parlera pas de director's cut puisque Fincher n'a pas eu le final cut et n'a voulu à aucun moment retoucher à sa première oeuvre batarde, où les producteurs et la Fox lui ont bien comprendre qui étaient les patrons), est un véritable bijou de nihilisme dézinguant en un générique les pivots instaurés à la fin d'Aliens. 

Et la vache enfanta l'alien.

Alien 3 sera le dernier à reprendre le mode de générique instauré depuis le premier (en dehors de Prometheus), tout en instaurant des nuances comme le prouve ces inserts aussi furtifs que violents. Un générique à la Fincher tout simplement, où l'on reconnaît déjà sa patte pour le punchy coup d'envoi. Morts à foison, alien non identifié, capsule s'écrasant dans la violence... Le générique ne fait pas dans la dentelle et Alien 3 de devenir très facilement le volet le plus gore de la saga. Gratuit? Non tout simplement visuellement impressionnant. Film dur au possible, mue d'un pessimisme total (pas une seule goutte d'espoir, les derniers plans sur Ripley le confirment avec douleur), Alien 3 instaure cela dès ses premières minutes avec un univers à la photo froide (beau travail d'Axel Thomson) et une musique d'Elliot Goldenthal aussi trépidante que terriblement fataliste (le final est un véritable crève-coeur). Au risque de bruquer beaucoup de fans, je le préfère davantage au premier film peut être à cause de cet espoir qui se dégrade petit à petit dans un monde sans arme pour se défendre et où l'Alien est plus animal qu'autrefois et pour cause, il sort d'un boeuf et non d'un homme.

Et si l'étranger sur le tournage d'Alien 3 n'était pas David Fincher?

Mais surtout Alien 3 s'impose également comme une oeuvre charnière car il conclue ce qui aurait dû rester une trilogie. Avec une fin pareil, on n'aurait jamais dû avoir de suite et surtout pas avec Ripley. Malheureusement, la Fox en a décidé autrement. Le coffret BR (à l'interractivité foisonnante et le mot est faible) m'a également permis de voir le making-of du film, probablement un des meilleurs que j'ai eu à voir et que j'avais regardé dès l'acquisition du coffret. Un documentaire sans concession sur une production ahurissante où Fincher a fini par être une victime collatérale. Trop d'ambitions tuées dans l'oeuf (une planète entièrement en bois, une planète prison); changements de scénaristes (parmi eux David Twohy, futur réalisateur des Riddick) et même de réalisateurs (on apprend que Ridley Scott devait revenir mais fut accaparé par divers projets; mais aussi Renny Harlin suite au succès de 58 minutes pour vivre), scénario jamais terminé en plein tournage, difficultés techniques (faire avec l'alien numérique, les marionnettes et le mec costumé), embrouilles entre le réalisateur de Seven et ses producteurs (dont Jon Landau producteur fétiche de Big Jim qui n'a pas trop apprécié le film), brouille définitive sur la fin... 

Ripley forever!

Alors que les bonus promos contaminent chaque année les DVD et les BR des blockbusters/franchises, en étouffant si possible les embrouilles de tournage (je peux déjà vous le dire: Edgar Wright qui se barre d'Ant Man ce ne sera pas dans les bonus du film...), ce making-of se veut cash et n'épargne personne (pas même Fincher qui pensait touché autant sur un tournage que ce qu'il gagnait en deux jours en tournant un clip!). Peut être le moment du mea culpa pour la Fox, principal responsable du crash en vol. Sûr qu'avec moins de bavures, Fincher aurait pu faire encore mieux. Mais curieusement sans Alien 3, Fincher aurait peut être été moins enclin à avoir systématiquement le final cut sur ses films suivants. Un mal pour un bien. Dans la foulée, j'avais terminé la saga avec Alien Resurrection de Jean-Pierre Jeunet. Il faut dire que j'aimais bien Jeunet à l'époque. Je kiffais Amélie Poulain (avant de m'endormir devant en le revoyant tellement c'était inintéressant), j'avais adoré Micmacs à tire larigot (maintenant je serais beaucoup plus nuancé), j'aimais son style affreusement jaune. Mais ça c'était avant. J'aime bien Un long dimanche de fiançailles mais je le trouve beaucoup trop long et au final je ne garde que le farfelu Delicatessen, son premier long aussi et il était encore avec Marc Caro.

"Venez dans nos cuisines aquatiques, il y a de beaux aliens à faire frire!"

Avec Alien Resurrection, ce fut la fin du couple. Caro a banalement accepté de designer quelques costumes et personnages, mais cela n'ira pas plus loin. De plus, le réalisateur a ramené ses potes sur le tournage au point que l'on se dit quand même que c'est un film de Jeunet. C'est jaune, c'est filmé par Darius Khondji, il y a Dominique Pinon (qui a adoré l'expérience comme le confirme son récent passage chez Ruquier) et Ron Perlman... Mais cela s'arrête bien là. Joss Whedon, en bon scénariste de la chose, opte déjà pour la résurrection foireuse (on en reparle du retour de l'agent Coulson? Et même de personnages cultes comme Buffy ou Spike?) et permet à Ripley un retour aussi improbable que débile. Clairement on a bien du mal à y croire et la pauvre Sigourney joue à fond dans le personnage badass à la limite du méta (Ripley est clairement sûre des conneries qu'elle fait ou baragouine) que cela en devient agaçant. Dommage car la scène où Ripley découvre ses clones est vraiment bien et la scène aquatique est superbement filmée. Mais au final, Alien Resurrection est un banal divertissement qui n'apporte absolument rien à la saga et surtout, c'est une preuve que la saga devait vraiment se terminer sur le troisième. Et puis Michael Wincott est mort au bout d'une heure et comme j'adore la crapule la plus merveilleuse des 90's et encore maintenant (au point que quand je l'ai vu dans 24 j'ai senti le coup fourré!), je ne peux l'accepter.

Ouh que c'est laid!

Sans compter la scène du trou dans le vaisseau avec le fils illégitime de Ripley. Franchement Jean-Pierre là tu as vraiment fait dans le dégueulasse. Bon faut dire qu'il y avait Pitof dans l'air aussi. Par ailleurs, le making of avec les accents hyper français de Jeunet et Pitof c'est à se fendre la poire. Enfin il y a le dossier Prometheus. Alors je vais être très clair: lors de ma révision je me suis rabattu sur ma première vision du BR. Mais alors là... On peut légitimement le qualifier de "très beau mais très chiant". La plupart des intrigues sont sous- exploitées ou pire jamais finies, c'est terriblement froid et heureusement qu'il y a les sympathiques pilotes parce que le reste du casting c'est entre le balais dans le popottin (la palme à Charlize Theron) et le connard de service (deuxième palme à Sean Harris). Il reste aussi David magnifique personnage de salopard par excellence qui manipule tout le monde avec une subtilité que le jeu de Michael Fassbender réussi à retranscrire. Sans compter le vaisseau du Space Jockey qui s'écrase et Charlize qui ne trouve rien que mieux que de se mettre en dessous. Ridicule et involontairement drôle. Et puis ce fan service de comptoir avec les Ingénieurs qui se dévoilent mais pour pas grand chose et l'ajout d'un xénomorphe qui vraisemblablement ne sera pas de la séquelle annoncée pour 2016, selon Ridley Scott.

Lawrence of Space.

 

N'ayons pas peur des mots: c'était vraiment la peine de nous faire chier pour ça. Je terminerais sur des récents concept-arts tombés sur la toile. Il semblerait que Neill Blomkamp s'est amusé à faire des concepts autour d'Alien, certains parlant sur le net de possible implication sur un possible Alien 5 avant Prometheus. En rappelant que Prometheus date de 2012 et à l'époque il était sur Elysium, donc moyen moyen comme justification. Mais faites plaisir à vos yeux! Allez à la semaine prochaine!

Alien (Neill Blomkamp) (1)

Alien (Neill Blomkamp) (2)

Alien (Neill Blomkamp) (3)

Alien (Neill Blomkamp) (4)

Alien (Neill Blomkamp) (5)

 

Alien (Neill Blomkamp) (6)

Alien (Neill Blomkamp) (7)

28 janvier 2015

Retour sous des auspices peu fantastiques

Les Fantastic Four n'étaient pas réapparus depuis l'été 2008, année du saccage monumental que fut Fantastic Four: Rise of Silver Surfer mais néanmoins lucratif. Car les films de 2005 et 2008 ont beau avoir été de magnifiques navets à destination de la famille (au moins Daredevil était sombre et parfaitement dans le ton du personnage, même si le film était franchement mauvais aussi). Avant 2010, l'équipe aurait pu rempiler encore une fois mais Chris Evans a eu droit au jackpot: oubliez le fadasse Johnny Storm, il sera le vaillant Captain America. Ce choix apparaît cocasse aussi pour des raisons de droits: Storm appartient à la Fox quand Steve Rogers est dans les mains de la Marvel qui venait d'être récupérée par Disney. La Fox se voit donc obliger de revenir à la case reboot, leur dyptique étant lui-même un reboot d'un film jamais sorti en salles produit par Tonton Roger Corman pour que Constantin films garde les droits! Le cas de figure de la Fox avec les Fantastic Four symbolise à lui seul le bordel autour des droits des comics Marvel. Pour être plus clair, depuis environ 2008, la Marvel s'est imposée grâce à son Marvel Cinematic Universe comptant parmi eux Iron Man, Captain America, Hulk, Black Widow, Hawkeye, Nick Fury, Thor, les Gardiens de la galaxie, Faucon, War Machine et bientôt Ant Man, Black Panther, les Inhumains et Captain Marvel.

Fantastic Four (concept art)

Tout comme en série avec Jessica Jones et Iron Fist. Tout comme elle a récupéré les droits de Luke Cage, Punisher, Blade mais aussi Daredevil. Ce même Daredevil qui appartenait autrefois à la Fox. Incapable de trouver un moyen de le rebooter, la Fox a perdu les droits au profit de Marvel qui s'est empressé de produire un reboot télévisé qui sera diffusé dès le mois de mai. Comme Sony avec son Spider-man dont elle fait strictement n'importe quoi (au point de vouloir opter pour un troisième reboot pour éviter de céder les droits), la Fox tient donc particulièrement à garder ses précieux X Men (dont la saga a encore évolué grâce au retour de Bryan Singer tout d'abord à la production, puis à la réalisation) et aux Fantastic Four donc. Voici donc le premier teaser peu enthousiasmant du reboot des Quatre Fantastiques. Au niveau de la réalisation, cela fait déjà peur, car certes ces images ne font pas dans le found footage dont certaines annonces parlaient plus d'une fois, on parle tout de même du réalisateur de Chronicle, found-footage bas du front qui plagiait Akira sans vergogne et avec un montage pour le moins douteux entre l'anecdotique (caméra de sécurité quand vous ne filmez pas avec un téléphone en l'air). Devant la caméra, une polémique anfle: le choix de Michael B Jordan dans le rôle de Johnny Storm. 

Alors oui nous sommes d'accord un acteur afro-américain dans un rôle principal pourquoi pas, mais en l'occurrence il est directement associé à sa soeur Sue Storm. Une justification à la con dont on se serait véritablement bien passé à l'heure où Marvel impose pour les années à venir au moins trois super-héros de couleur (en l'occurrence Luke Cage, Faucon et Black Panther). Un choix audacieux mais engendrant un problème scénaristique. Adoption? Parents métisses? Voilà des choses qui devront malheureusement se justifier sinon cela passera pour de la grande pirouette sans queue ni tête, pour faire cool comme souvent on le fait à Hollywood. Pour le reste, on retrouve Miles Teller en Red Richards, Jamie Bell en Ben Grimm et Kate Mara en Sue Storm. Le problème étant que ce reboot se veut particulièrement jeune et se baserait comme on peut le penser sur Ultimate Fantastic Four (Marvel a fait pareil en optant pour Ultimates dans un premier temps avant d'enchaîner sur Age of Ultron et bientôt Civil War et Infinity War). Or, nos chers acteurs avoisinnent ou ont passé la trentaine. Pas très rassurant même si cela n'engage en rien leur capacité. A cela vous pouvez rajouter que Toby Kebbell (déjà pas un grand acteur) jouerait un Docteur Doom qui ressemblerait à un vulgaire hipster.

Le principal intéressé se veut encore plus précis: "Il s’appelle Victor Domashev dans notre histoire, pas Victor von Doom. Notre Doom est un programmeur. Un programmeur très antisocial. Et sur les blogs, il se fait appeler Doom." * Ce teaser ne le montre à aucun moment (ou alors il s'agit de l'homme vu de dos neutralisant les militaires et sortant de l'ombre) avec de telles origines foireuses, il y a honnêtement de quoi avoir peur. Ensuite ce teaser apparaît comme une sorte de vannes, se prenant terriblement au sérieux. Alors certes on pourra toujours rétorquer que c'est toujours mieux que les films bouffis avec Jessica Alba. Mais il faut bien avouer que ce teaser recycle à lui seul dix ans de "Nolan Power". Ce même Christopher qui a redéfini le héros post-11/09 à grands coups de dramaturgie et des scènes de pyrotechnie quand il le fallait. au point que même l'agent Bond a dû s'y plier via Skyfall. Fantastic Four semble arriver avec un train de retard, alors que la saga X Men a toujours eu une certaine dramaturgie nécessaire au vue de ses thèmes fondamentaux (hymne à la tolérance, violence sur personnes, paranoïa...). Fantastic Four n'a pas forcément ces thèmes et ne les a finalement jamais eu. Alors transformer ce reboot en odyssée de science-fiction ultra-froide où l'on sent le poids de l'Humanité sur le dos de ses héros, on y croit moyennement voire pas du tout. Sans compter le début du teaser qui nous ferait passer la promo d'Interstellar comme le modèle à suivre dès qu'on touche aux champs et à la science.

Pour finir, encore une origin story! La troisième en bientôt vingt et un ans. Il serait peut être temps de changer de disque. Et ce n'est pas le fait d'aller vers un monde parallèle et non directement dans l'Espace que cela va changer grand chose. Néanmoins il faut bien avouer que visuellement, on pouvait vraiment s'attendre à pire. Reste à voir comment seront la Chose et Johnny Storm certainement les parties les plus sensibles au niveau des effets-spéciaux, tout comme Fatalis ou Doom qui devrait logiquement se montrer d'ici la fin de la promo. On évitera de parler du logo carré en revanche hein? Fantastic Four sortira le 5 août prochain. 

* Propos issus de http://www.melty.fr/les-4-fantastiques-3-toby-kebbell-revele-les-nouvelles-origines-de-docteur-doom-a351838.html

27 janvier 2015

America fuck yeah!

team_monde1

genre: comédie, action
année: 2004
durée: 1h40

l'histoire: Team America, force et police internationale, maintient la sécurité de la planète. Mais un dictateur s'apprête à vendre des armes de destruction massive à des terroristes. Les membres de Team America infiltrent donc cette organisation en entraînant dans cette aventure, la star de Broadway, Gary Johnston.

la critique d'Alice In Oliver:

Après l'excellente adaptation de la série animée South Park au cinéma, les créateurs, Matt Stone et Trey Parker, savent qu'ils sont attendus au tournant.
En 2004, Parker et Stone réalisent Team America: police du monde. Les deux cinéastes abandonnent l'animation pour se consacrer aux marionnettes, le but étant de signer un véritable pamphlet contre la politique menée par le gouvernement Bush, notamment après les attentats du 11 septembre 2001.

Inutile de le préciser mais l'administration américaine en prend pour son grade ! Clairement, Matt Stone et Trey Parker n'ont rien perdu de leur insolence.
Et tant mieux. Au niveau du design, les marionnettes de Team America ne sont pas sans rappeler celles utilisées pour la série Thunderbirds.
Heureusement, la comparaison s'arrête bien là.

Les deux univers sont très éloignés et n'ont strictement rien à voir. Dès son introduction, Team America: Police du Monde a le mérite de présenter les hostilités.
Team America est destiné à broyer et à démonter la politique de Bush. Cela fait déjà plusieurs années, voire plusieurs décennies que les Etats-Unis se prennent pour la police du monde.
Un constat qui s'est d'autant plus accentué avec l'arrivée de Bush Jr au pouvoir.

A partir de là, les créateurs de South Park sont fidèles à leur poste. Les personnages de Team America sont également des crétins et des beaufs persuadés d'apporter la paix dans le monde.
Matt Stone et Trey Parker ne manquent pas d'imagination et délivrent plusieurs séquences d'anthologie. Certes, le film est parfois un peu répétitif voire assez lourdingue.
Je pense notamment à la longue scène de coucherie (voire de baise) entre deux membres de Team America.

A cela, il faut rajouter quelques petites longueurs. Pourtant, force est de constater que Trey Parker et Matt Stone n'ont rien perdu de leur verve et de leur insolence.
Néanmoins, les critiques portées contre la politique de Bush ne sont pas nouvelles. Il est donc question ici de patriotisme aveugle, de propagande et de la bonne vieille conscience pacifiste.
Ce sont des thèmes qui ont déjà été abordés dans le film South Park. Mais ne boudons pas notre plaisir, dans son genre, Team America reste un spectacle jouissif et toujours aussi engagé.
On en redemande !

La critique de Borat

Trey Parker et Matt Stone se sont montrés depuis leurs débuts aussi frappadingues qu'insolents que ce soit par Cannibal the musical, Captain Orgazmo et bien évidemment la série South Park et son passage virulent et percutant au cinéma. Clairement, il y a eu un avant et un après South Park dans le paf américain, de par sa violence verbale et graphique ("ils ont tué Kenny!"). En 2004, ils revenaient avec Team America, film en stop-motion changeant donc radicalement avec l'animation de leur série phare. Ici il est question de marionnettes, rappelant en soi la série Thunderbirds (qui fera son retour cette année). D'ailleurs, les joyeux lurons n'hésitent pas à montrer les fils et si possible dans des séquences de combats au combien volontairement ridicules. Par son titre, on peut déjà avoir un indice sur le contenu à venir. Evidemment, le film met en scène une escouade américaine qui se base dans le monde entier. Hé oui, nos chers amis ricains ne faillissent pas à leur réputation de "gendarmes du monde" et interviennent ainsi en France (dans une merveilleuse séquence cliché qui malheureusement n'est pas aussi éloigné d'une réalité toute récente...), en Egypte et même en Corée du Nord! Ils n'ont aucune limite et leur base est le Mont Rushmore avec des engins aux couleurs des sacro-saints USA. Inutile de dire que les soldats sont évidemment convaincus de leur légitimité.

Cela se confirme par tout un lot de destructions de monuments, à l'image de la Tour Eiffel (soit cinq ans avant le pitoyable GI Joe) et la Pyramide de Kheops. Parmi eux, un acteur est engagé afin de mieux passer dans des phases d'infiltration, engendrant un merveilleux quiproquos lors d'une poursuite. Parker et Stone ne font donc pas dans la dentelle et accumule les excès les plus salutaires. La scène de sexe est un véritable fuck au Restricted (classification du film tenant du "interdit aux moins de 18 ans avec accompagnement d'un adulte"), repoussant les limites. Déjà de par sa longueur surréaliste mais aussi le fait que la scène met quand même deux poupées qui baisent! A cela rajoutez le nombre fou de positions ou même la musique sorte de parodie à peine voilé d'I don't wanna miss a thing. D'ailleurs, Michael Bay a droit à une sublime chanson à l'effigie de son impayable Pearl Harbor. Sans compter le coup de grâce dont je vous laisse la surprise. Cette scène est vraiment l'exemple typique de transgression du film, véritable délire WTF. Mais évidemment comme souvent, nos chers réalisateurs se mettent à la musique. J'ai déjà cité la scène de sexe, mais la grande rigolade c'est bien sûr America Fuck Yeah! Véritable délire parodique où tout le monde a droit à son chapitre (allant de McDonald aux républicains) et surtout dans un élan patriotique totalement jubilatoire et bourrin.

Et le plus drôle est que nos deux larrons ont fait différentes variations, la meilleure étant bien évidemment la "version triste" que l'on croirait sortir d'un enterrement! Nos cocos vont même plus loin en mettant une scène où l'acteur vomit en pleine rue avec une musique sonnant comme une forme de délivrance WTF. Un vrai régal! Et puis quitte à taper sur la comédie-musicale, autant tacler une vraie comme Rent (soit une chronique du début des années SIDA) avec Everyone has AIDS (littéralement "tout le monde a le Sida!"). Comme quoi on ne s'étonne même pas que les deux larrons ont été jusqu'à faire une comédie-musicale sur les mormons! Mais le plus drôle étant évidemment que Team America était en avance sur son temps, tout en étant jamais inquiété. A l'heure où The interview fait beaucoup de bruits pour rien en se frottant au fils, Stone et Parker tapaient sur le père Kim Jong Hin! Et par la même occasion Hollywood avec son syndicat des acteurs collaborant avec la Corée du Nord! Et on a de tout avec Matt Damon qui passe pour abruti fini, Danny Glover, Susan Sarandon, Sean Penn (premier garant de la paix) et évidemment Alec Baldwin! Evidemment que serait un projet des créateurs de South Park sans Alec Baldwin?! Autant dire que le film se veut davantage méchant avec la Corée du Nord, usant évidemment de la dictature pour faire intervenir nos américains bourrins et fiers de l'être. Et puis ce merveilleux personnage à lunettes qui aligne les répliques dégueulasses tels que "Je te coupe les couilles, je te les mets dans le cul, comme ça quand t'iras aux chiottes tu te chieras sur les couilles!", c'est juste que du bonheur, tout comme le sergent en chef semblant sorti de Police Academy!

Une parodie jubilatoire en bonne et due forme, énorme fuck aux "gendarmes du monde".

22 janvier 2015

Cuvée cinéma games

Dans la Cave de Borat, votre cher interlocuteur en a vu passé des jeux-vidéo, on peut même dire beaucoup au regard des différentes consoles dont le nombre risque de vous donner le vertige (allez faisons un petit tour du propriétaire: Playstation, Game Boy Color, Game Boy Advance, Game Cube, Game Boy Advance SP, Xbox, DS, Xbox 360, Wii, PS3 et 2DS! Ouf!). Autant dire que depuis l'année 98, le nombre de jeux a considérablement augmenté. Mais qu'en est-il de leurs adaptations? Et oui, au contraire des romans, pièces et autres BD; les jeux-vidéo ont eu beaucoup moins de chance avec le cinéma, on peut même légitimement parler de saccage majeur et cela depuis l'année 1990 qui a lancé les hostilités avec le mémorable Super Mario Bros (on y reviendra...). Revenons donc sur les découvertes de votre cher Borat en ce qui concerne les adaptations de jeux-vidéo au fil des années. Commençons avec Pokémon. La saga Pokémon avait commencé banalement sur la console Game Boy avant une explosion aussi violente que soudaine. Cartes à jouer, autocollant, Game Boy jaune, petit appareil à l'effigie du célèbre Pikachu... Une vraie folie où il ne manquait plus qu'une série animée! Ben tiens! La voilà qui explose en ces débuts d'année 1999 sur TF1 que squatte votre cher Borat comme souvent, découvrant la fameuse nouveauté (punaise je suis encore nostalgique, vingt ans ça rend vieux!). Paf générique vite en tête! Paf Sacha de Bourre-Palet (pas de jeux de mots!)! Pikachu! Team Rocket! Ondine!

Evidemment, au bout d'un moment, la série s'est trouvée ultra-répétitive et j'en suis resté à la saison 4 et ce sans jamais en voir une en entier (tout simplement impossible avec la diffusion de TF1, sans compter les VHS qui n'allaient pas jusqu'au bout). Mais je me souviens encore de passages très sympathiques. Le début bien évidemment, mais aussi ce remake à peine voilé de L'aventure de Poseidon avec passages dans un parc d'attraction cauchemardesque, les moments délirants avec Pierre qui nous rappelle les grands égarements de Tortue Géniale; et puis ce moment où tu chiale quand Sacha laisse Pikachu dans la forêt de Pikachu... sur une musique en anglais. Et là le bas blesse. Car 4Kids a fait un saccage au niveau de cette série et des trois premiers films en censurant plusieurs passages (notamment les passages gourmands et croquants avec Ondine!) et en rajoutant quinze tonnes de musiques en anglais. Si dans la série, cela passe plutôt bien, sur les films, on peut dire que c'est un massacre. Sur les trois vus, le premier est certainement le plus intéressant, mais il a tellement été coupé. Tout le prologue est dézingué, supprimant tous les éléments cruels sur Mew et Mewtwo. Et puis ce moment écoeurant avec de la mauvaise musique pop ricaine qui bousille un beau moment d'émotions. Merde à la fin... Quant aux deux autres films, Le pouvoir est en toi est plutôt sympa à regarder quant au Pouvoir des zarbis, il s'avère encore correct et a une certaine dramaturgie. 

  

J'avais vu aussi un téléfilm Le retour de Mewtwo qui ne racontait pas grand chose et il y a quelques mois je m'étais prêté à regarder une sorte de préquelle à la série, où le Professeur Chen faisait explorer au dresseur du jeu Pokémon rouge (enfin je crois) les terres des Pokémon, découvrant les 151 pokémons. Sympa en tous cas malgré une animation un peu bof et un montage un peu bizarre, faisant passer ce téléfilm pour un épisode à scénettes. Puis il y a eu Tomb Raider de Simon Wells. Vu en téléchargement un an après sa sortie dans des conditions personnelles pour le moins dramatiques (je n'en dirais pas plus si cela ne vous dérange pas), j'ai vu ce film plusieurs fois au même titre que La menace fantôme. Autrement dit plus jamais ça. Angelina Jolie a certes le physique éventuel de l'héroïne créée par Eidos pour la merveilleuse Playstation, néanmoins elle ne dégage absolument aucune émotion. Autant dire que l'archéologue forte n'en est rien qui plus est dans des aventures au goût fantastique pour le moins périmé. Le réalisateur du pourtant très sympathiques Les ailes de l'enfer s'embourbe dans un film d'aventure où il ne se passe pas grand chose et surtout où l'intrigue tient du timbre poste. Or, même si je n'ai jamais été fan de la saga vidéoludique, il n'en reste pas moins que les énigmes étaient compliquées et rythmaient le jeu efficacement.

"Ecoute Angie, marie toi avec un grand acteur qui peut compenser ton mauvais jeu d'actrice pour une icône glamour. -Et toi Daniel? -Moi? Je me donne rendez-vous dans cinq ans chez Sony pour incarner un célèbre agent-secret."

 

Là non, Lara Croft devient une banale bourrine qui fait du kung fu façon Tigres et dragons (paradoxe!) mais en plus les énigmes se résolvent en deux temps, trois mouvements sur du mauvais U2. Sans compter le visuel dégueulasse à base de ralentis foireux et surtout cette foutue machine qu'affronte Lara dans une ruine. Non mais franchement vous avez fumé quoi les mecs? Un an après j'ai eu la connerie par deux fois (un anniversaire malheureusement...) d'aller voir sa séquelle qui, avec plus de pognon, a eu le mérite d'être aussi lamentable que le précédent. Alors oui c'est bien beau de jouer sur le côté sexy de Jolie, tout comme Eidos ou Seat l'avaient fait avant avec le personnage, mais franchement qu'est-ce que c'est pitoyable. Et ne parlons pas de ce climax complètement foireux avec ces créatures dégueulasses. J'ai mal à ma Lara Croft. Heureusement que le reboot n'avance pas, on évite un troisième massacre. Autre saga vidéoludique phare des 90's à passer à la moulinette cinématographique, Resident Evil. Initialement ce sont des survival horror, parfois avec une certaine ouverture et dont le premier se déroule dans un manoir avec des zombies et autres créatures.

Un des grands moments ridicules de cette saga dégueulasse qu'est Resident Evil...

 

Un must de la Playstation qui a fini entre les mains de Paul WS Anderson en 2002. Alors que son Event Horizon est devenu une des références du monumental jeu Dead Space, Anderson pillait le jeu culte de Shinji Mikami. Vu lors d'un passage télé sur Ciné Frisson, je m'étais déjà ennuyé devant le premier volet. Le film prenait d'abord le point de vue du manoir, ce qui s'avérait logique mais déjà pas de la bonne manière. Dans le jeu, des policiers se retrouvaient dans un manoir par inadvertance et devaient faire face à des événements étranges. Là rien, on se retrouve avec des amnésiques amenés dans un laboratoire en dessous du manoir, censé comporter un virus. On n'est plus dans du survival mais dans du film faussement horrifique et ultra-bourrin pour pas grand chose, ressemblant bien malheureusement à une série Z luxueuse avec Milla Jovovich et Michelle Rodriguez. Enfin luxueuse jusqu'au grand final et son monstre en mauvais cgi à l'heure où Jurassic Park fête admirablement ses neuf ans! Paradoxe! J'ai vu plusieurs années après le troisième volet au cinéma. Ne me demandez l'éclair de génie qui a valu autant de clémence pour payer ma place pour ce truc, mais disons que je devais être fatigué.

"Je me fais chier dans Resident Evil! Alors je tire!"

Le meilleur des quatre que j'ai vu (ce qui n'est pas dur) tout en restant franchement mauvais, plagiant Mad Max 2 sans vergogne pour mieux montrer un manque d'inspiration total avant un final d'une rare bêtise. Je me suis ensuite fait bien des années plus tard pour les besoins de ce merveilleux blog jamais avare en bouseries Apocalypse et Afterlife en streaming, ne souhaitant pour rien au monde payer pour ça. Me voilà donc à passer une mauvaise soirée avec un gros nanar complètement débile et d'une rare laideur et un énorme navet qui va jusqu'à reprendre un plan complet de Matrix Reloaded! Manquerez plus que le label "Wachowski brother and sister" et on serait bon. Sans compter que cette saga capitalise de manière totalement malhonnête en reprenant les noms de personnages phares de la saga vidéoludique pour en faire absolument n'importe quoi. Ainsi on se retrouve au fil des films avec Claire Redfield, Carlos Oliveira, Jill Valentine ou Chris Redfield aux côtés de la fadasse Alice. Rien à sauvé de cette saga pour le moins douteuse où les rapports avec le jeu-vidéo tiennent davantage du vulgaire fan-service. Je n'ai jamais été fan de RPG mais je connais assez bien l'existence de Final Fantasy, la saga phare de Square Soft puis Enix. Je me souviens bien de ma vision de la bande-annonce de Final Fantasy Les créatures de l'esprit au cinéma et cela m'avait plutôt impressionné. Visuellement ça claquait et je trouvais le concept intéressant. Le délire fut moins présent lorsque je l'ai vu en DVD.

Une date pour l'animation, mais pas dans le box-office.

Il n'en reste malheureusement pas que les personnages sont aussi caricaturaux qu'inexpressifs (le méchant très méchant incarné par un James Woods aussi con que dans le dernier quart d'heure de Contact ou dans White House down choisissez; le bidasse qui n'arrête pas de causer incarné par Steve Buscemi ce qui apparaît logique; le gentil afro-américain, le gentil ex incarné par Alec Baldwin, la belle scientifique, le vieux scientifique incarné par Donald Sutherland) et que le récit patauge très souvent dans la semoule. Et puis Lara Fabian en générique de fin merde! Il n'en reste pas moins que tout comme Toy Story fut une révolution en étant le premier long-métrage en images de synthèse; Final Fantasy est le premier film en motion-capture photo-réaliste. Une innovation indéniable qui permettra aux Robert Zemeckis et James Cameron de faire leurs films récents. Final Fantasy VII: Advent Children fut un événement lors de sa sortie DTV et pour cause il fait suite au plus gros succès de la saga, véritable hit de la Playstation, le genre de jeu que même si on est pas fan on est bien content de l'avoir dans ses collectors! Point d'orgue à tout un lot de sequelles/prequelles vidéoludiques au jeu culte, cette OAV revenant à la fantasy tout en gardant un pied vers la SF, s'avère un morceau visuellement très beau et en soi assez indigne du DTV que son format le contraint.

Le scénario n'avance pas bien loin (Cloud revient et se voit contraint d'affronter divers adversaires agressant ses amis, dont son ancien ennemi), mais l'ensemble se révèle divertissant. Tout ce qu'on demande, même si on pouvait s'attendre à mieux d'un film événement pareil. Voilà maintenant le gros morceau de cette cuvée sur les adaptations de jeux qu'a vu votre cher Borat. Manqué de peu à cause de mon âge (enfin je dis ça mais j'avais déjà vu des merdes avec -12 aussi) et surtout par une exploitation rapide, Silent Hill de Christophe Gans a été rattrapé dans les règles de l'art avec le DVD collector. L'adaptation du survival-horror de Keiichiro Toyama (encore un hit de la Playstation, même si tardif) n'est pas sans défaut comme le confirme l'intrigue parallèle du père incarné par Sean Bean qui handicape plus d'une fois le récit, tout comme certains effets du final dans l'église pas toujours beau. Mais dans l'ensemble, Christophe Gans (dont je découvrais l'existence seulement) s'en sort vraiment bien car revient à une ambiance macabre, critique acerbe du fanatisme (ben tiens...) et graphiquement superbe. Silent Hill se savoure comme une géniale odyssée sonore et dégueulasse dans un purgatoire terriblement réel, où il suffit d'un instant pour qu'un personnage comme Pyramid Head débarque avec fracas (le dépessage en pleine place publique devait être un sacré moment de terreur au cinéma). Au vue des critiques désastreuses, j'ai préféré ne pas aller voir sa séquelle Revelations au cinéma. Toujours pas osé la voir.

"Coucou mes chéries, ça va être la fête du slip!"

Constantin Film n'a pas ruiné que Resident Evil (et les Fantastic Four hors concours), les studios allemands se sont aussi occupés de Dead or Alive le jeu de combat sexy mais terriblement fun de Tecmo. Confié à Corey Yuen, le film est une banale production hollywoodienne bas de gamme où l'on retrouve pleins de têtes connues que l'on ne préférait pas voir (genre Devon Aoki ou l'autre tâche de Matthew Marsden) et puis en méchant Eric Roberts... Alors oui j'ai une certaine sympathie pour le frère de Julia Roberts. Déjà parce que sa fille Emma est plutôt mignonne mais surtout parce que j'adore le voir cachetonner dans tout et n'importe quoi. Je vous ai parlé récemment de Sharktopus, en voici un bel exemple de plus. Même le côté sexy est aseptisé dans des combats ridicules et même pas fun. Sorti la même année, Hitman enfoncera le clou. Bon, le pauvre Xavier Gens n'a pas eu le final cut, certains cocos ayant même tourné des scènes supplémentaires, il est produit par Luc Besson et la Fox, engendrant en soi une coproduction au rabais. Le titre phare d'Eidos ne s'en remettra pas, votre cher Borat. Lui qui s'était éclaté à incarner l'Agent 47, tueur à gage aussi gourmand que croquant, dans Blood money un an et demi plus tôt entre deux matchs de coupe du monde de football a eu droit à une belle douche froide.

On peut me dire le rapport avec 47? Il n'y en a pas? Bon.

Scénario WTF et totalement débile, scènes de combats et fusillades totalement improbables (surtout quand on sait que dans les jeux, il faut être aussi discret qu'une petite souris!), Timothy Olyphant qui rate complètement sa cible, Olga Kurylenko qui fait la pouf de service confirmant qu'elle a quand même bien fait de passer par Terrence Malick pour se refaire une santé, réalisation allant du classe correct au bourrin débile... Enfin rien ne marche et Hitman de se mettre dans les naufrages intégraux des adaptations de jeux-vidéo. Pas sûr que le reboot qui sortira cette année ne sauve vraiment les meubles. Encore un film vu au cinéma, à savoir Max Payne de John Moore. Pourtant au vue de la bande-annonce soulignée par les bonnes paroles de Marilyn Manson, il y avait de quoi y croire. Hélas, la bande-annonce est finalement bien meilleure que le film lui-même. Mal rythmé, interprété avec les pieds (Marky Mark est grognon, il serre la machoire, Mila Kunis a rarement servi autant à rien que dans ce film et puis Olga encore en pouf merde quoi...), réalisé bizarrement (la séquence où Marky Mark est vénère vaut son pesant de cacahuètes avariées) et franchement peu raccord avec son modèle. L'histoire n'a rien à voir même si certaines scènes apparaissent mais sans un impact fort. Voire encore mieux les bullet-times chers à la saga vidéoludique (y compris dans le troisième volet sorti quelques années après) sont quasiment absents du film. Au final, le jeu est une nouvelle fois pillé par des incapables. Et John Moore de saccager une première icône d'action. 

L'art du streaming et du téléchargement aide à beaucoup de choses, notamment à retrouver de très mauvaises choses. Evidemmment, nous allons en venir à Super Mario Bros, première adaptation de jeu-vidéo au cinéma mais aussi premier massacre de première. Déjà on peut se demander quelle connerie Nintendo a eu de donner des droits pareils pour le cinéma. Super Mario Bros a tout sauf un scénar et encore moins adaptable: on est face aux aventures d'un plombier et son frère face à une sorte de dragon qui a kidnappé leurs copines habillées en rose et jaune! Que voulez vous adapter dans ça? Il faut croire que certains producteurs ont trouvé cela suffisamment intéressant pour l'adapter au cinéma. Résultat: première adaptation et première grosse bouse où de grands acteurs cabotinnent comme des porcs (feux Dennis Hopper et Bob Hoskins),à la direction artistique aussi dégueulasse (faut voir les koopas ou même Yoshi pour voir l'étendu des dégâts) que douteuse (le nombre d'allusions sexuelles dans un film tout public ça laisse pensif). On ne s'étonne même pas que Roland Joffé, réalisateur prestigieux de La déchirure a souhaité être non-crédité en tant que réalisateur (sur les trois) de la chose. Il y a aussi Doom, production hollywoodienne faite à la va vite où The Rock joue comme une merde dans un déluge de Cgi dégueulasse où vient compléter une séquence à la première personne pour le moins lamentable. Heureusement que Rosamund Pike s'est refait une santé depuis...

"Putain Bob qu'est-ce qu'on est venu foutre là-dedans? -J'en sais rien mais ce con de Roger Rabbit commence déjà à me manquer, sa femme aussi..."

Continuons dans le foireux avec Mortal Kombat. Une flic bourrine, une star grande gueule, un méchant asiatique (évidemment), un héros asiatique mais un peu con (évidemment), Paul WS Anderson (malheureusement), des combats à la ramasse et visuellement douteux (comprenez "ça va a vieilli mon gros"), pas violent (alors que les jeux sont parmi les jeux de combats les plus crades du milieu) et un rire phare (ah Totof Lambert). Plus copieux est Prince of Persia. Grosse production qui se vautre en beauté et ce malgré Jake Gyllenhaal (qui a l'air de se demander ce qu'il fout là), Ben Kingsley (idem), Gemma Arterton (idem), Alfred Molina (idem), le réalisateur Mike Newell (en fait tout le monde!) et Jerry Bruckeimer à la production avec Disney. Un flop commercial total où s'ajoute la qualité déplorable du film, pas aidé par des CGi vraiment laids (les séquences dans les sables du temps sont franchement lamentables pour un blockbuster aussi cher) et un scénario complètement débile (le retournement de situation à la fin est un vrai festival de rigolades involontaires). Je passerais sur King Rising 2 d'Uwe Boll avec Dolph Lundgren capitalisant sur le premier volet pour continuer à faire n'importe quoi. Quant à Need for speed, on se demande où est le rapport avec les jeux, même si illégalité et routes de campagne ont fait le bonheur de plus d'un volet de la saga vidéoludique. Il n'en reste pas moins que les poursuites sont filmées de manière très efficaces, certainement le plus gros point fort d'un film assez anecdotique.

"Hin hin hin hin! Laisse moi rire Borat de cette bande de nazes!"

En tous cas moins que le pitoyable Autoroute racer film allemand adapté de Paris-Marseille Racing (!). Une prod bien schleu à l'humour risible et allant à tous les râteliers (genre un flic qui s'infiltre dans le milieu des rodéos... ben tiens c'est le "pitch" de Fast and furious) et filmé avec les pieds. Je terminerais par le cas Scott Pilgrim. La BD de Bryan Lee O'Malley est emprise de beaucoup de pop culture et notamment tout ce qui a pour thème les jeux-vidéos. Pour ses affrontements et même certains éléments il y fait donc référence, y compris dans la topographie des combats. Edgar Wright a pris le pari fou d'adapter tel quel la BD et au final il est plus dans l'esprit du jeu-vidéo que la quasi-totalité des films abordés dans cette cuvée. Il en vient même à parodier les Up chers aux Super Mario Bros ou la barre de vie transformé le temps d'une scène en barre de pipi! Les combats gardent un côté épique tout en restant fun, passant de niveau en niveau jusqu'au boss final, à l'image de ces jeux comme Super Smash Bros où on se fout sur la gueule entre potes. La quintescence même! Allez à la semaine prochaine!

Ready? FIGHT!



Fin »