Cine Borat

20 avril 2015

JJ aurait-il trouvé la force? Il y a des chances que oui...

Cette année, le cinéma va vivre le retour de deux sagas mythiques: Mad Max dans quelques semaines (et qui s'annonce gargantuesque visuellement) et Star Wars le 18 décembre prochain. Dire que le premier teaser a soulevé un élan d'espoir serait un euphémisme. Un teaser court avec seulement quelques plans mais suffisant pour donner un vrai enthousiasme aux fans du monde entier et notamment ceux qui ont été déçu (et votre cher Borat en fait partie) par la prélogie. Un homme en stormtrooper, une frénésie palpable dans le rythme, un petit robot tout mignon, un seigneur sith de dos avec un nouveau sabre-laser, Oscar Isaac en pilote de X Wing et évidemment le Faucon Millenium qui cassait la baraque! Puis plus rien. Ou tout du moins on a su que le spin-off de Gareth Edwards se nommera Rogue One (donc nos chers aviateurs de l'Espace) et mettra en scène la charmante Felicity Jones (vue en Felicia Hardy dans le misérable The Amazing Spider-man 2 et surtout en épouse de Stephen Hawkins dans A theory of everything) et aura une bande-originale signée Alexandre Desplat pour une sortie le 16 décembre 2016. Par ailleurs, une précision a été fait sur les autres volets et spin-off à venir: l'épisode VIII de Rian Johnson sortira le 26 mai 2017; le spin-off signé Josh Trank en 2018; et l'épisode IX en 2019. Donc un Star Wars chaque année, ce qui peut autant signifier une overdose possible mais aussi une alternative notable à tous les blockbusters de super-héros made in Marvel and DC qui vont nous exploser à la gueule dans les années à venir.

Star Wars VII (photo) (12)

Par ailleurs les noms de la plupart des personnages présents dans l'épisode VII, à savoir The Force awakens (Le réveil de la force pour nous), ont été révélé: Oscar Isaac est Poe Dameron, Daisy Ridley est Rey, John Boyega est Finn, le sith se nomme Kylo Ren et le robot s'appelle BB-8. Hier se donnait à Annaheim la Star Wars Celebration, convention événement la même où JJ Abrams avait envoyé sa première vidéo de tournage. Un événement impressionnant où étaient réunis Abrams, la productrice et désormais directrice de Lucasfilm Kathleen Kennedy, ainsi que le trio en photo, R2D2 (Kenny Baker ne devait pas être dedans), BB-8, Peter 'Chewie' Mayhew, Anthony 'C3PO' Daniels, Carrie Fisher et Mark Hamill. Il ne manquait qu'un certain Harrison Ford (qui nous a fait une belle frayeur le mois dernier) pour que la fête soit plus fantastique. L'occasion de dire que Tatooine n'est pas la planète sur laquelle se trouvent Finn et Rey dans le précédent teaser mais la planète Jaaku comme l'a précisé Daisy Ridley. Et puis évidemment le plus grand moment du panel fut la nouvelle bande-annonce de The force awakens! Il est incroyable de nos jours, à l'heure de la surmédiatisation, des réseaux sociaux, des photos de tournage qui pululent à foison (preuve en est avec Batman V Superman Dawn of Justice dont le look de Ben Affleck a été dévoilé involontairment) que même avec une nouvelle bande-annonce l'histoire ne soit pas dévoilée et surtout que rien ne filtre.

Star Wars VII (photo) (17)

On ne sait absolument rien de l'intrigue, on sait juste le nom des personnages et le spectateur doit juger sur les images pour alimenter ses suppositions. Et néanmoins, certains plans peuvent donner des indices. Le personnage de Finn semble être un des nouveaux stormtroopers (donc des hommes dans des costumes) confrontés à une attaque surprise (Kylo Ren ou un des chasseurs de prime aux costumes argentés?) dans une base spatiale. Et au vue de sa tronche dans le reste des plans, on dirait l'archétype typique du bonhomme au mauvais endroit, au mauvais moment. Ce plan où Ridley, BB-8 et lui courent vaut à lui seul son pesant de cacahuètes! Les deux devraient formés un duo cocasse entre l'héroïne pure digne de Leia (en sachant que son nom n'a pas encore été communiqué, permettant les spéculations les plus folles) et le personnage à la John McClane! Par ailleurs, on relèvera que Rey a une sorte de sceptre dont l'importance pourrait être indéniable dans le film. A cela rajoutez l'ami Isaac qui semble bien se marrer dans son X Wing et un méchant qui arbore un masque ressemblant à du pur ninja tout en jouant avec son sabre-laser. Alors que dans le premier teaser on pouvait entendre la voix d'Andy Serkis, ce teaser fait la part belle à Mark Hamill évoquant la force véhiculant dans la famille Skywalker (que ce soit son père montré par un casque complètement ravagé, puis Luke avec R2D2 et Leia dont on ne voit que le bas si je puis dire) avant de lancer un appel à un ou des personnages.

Star Wars VII (photo) (9

Il y a de fortes chances que ce message soit adressé au duo atypique. Absents du premier teaser, Luke, R2D2, Leia (même si cachée), Han Solo et Chewie sont belles et bien présents et c'est même au duo mythique du Faucon Millenium que ce nouveau teaser doit sa réplique la plus mémorable: "Chewie, on est à la maison". On peut également penser que c'est Solo qui sauve de peu les deux jeunes en prenant d'assaut les vaisseaux ennemis dans une poursuite qui s'annonce bien merveilleuse. Le contexte des événements restent néanmoins assez flous, on ne sait par exemple pas forcément dans quel camp sont les stormtroopers: avec les restes de l'Empire ou sous les ordres de la Résistance? En attendant, cette nouvelle bande-annonce a le mérite de donner encore plus envie au spectateur de s'embarquer à nouveau dans une galaxie lointaine, très lointaine. Star Wars The Force awakens sortira le 18 décembre prochain.

 

Article publié le 17 avril 2015.


 

EDIT

De nouvelles informations sont tombées hier soir au cours de la Star Wars Celebration. Si Josh Trank n'a pu être là pour cause de maladie (donc aucune information concernant le second spin-off), Gareth Edwards en a profité pour évoquer le premier spin-off de Star Wars intitulé Rogue One. Tout d'abord, il a été précisé que les spin-off seraient une collection de films baptisée "Star Wars Anthology", évitant ainsi de les rattacher directement à des épisodes. Au contraire de The Force Awakens, Edwards a délivré un synopsis très clair. Son film se situera entre La revanche des sith et La guerre des étoiles, mais plus vers le premier film réalisé. Et pour cause Rogue One s'intéressera aux soldats de la Résistance ayant volé les plans de l'Etoile Noire. Par ailleurs, le réalisateur de Monsters a dévoilé qu'il n'y aurait pas de jedi impliqué dans le film. Un premier concept-art (que vous pouvez voir ci-dessus) a été dévoilé montrant la Résistance en pleine chasse; mais aussi un teaser de lancement (visible ci-dessus en version leaked). Pas grand chose à se mettre sous la dent évidemment puisque le film n'est pas encore en tournage. Réalisé par ILM, ce teaser dévoile une forêt avec un Tie-Tie bien apparent surveillant le lieu sous les paroles d'Alec Guiness aka Obi Wan Kenobi, avant de montrer la face de l'Etoile Noire. Les heures sombres de Vador et de l'Empereur reviennent et ce ne sont pas les hurlements entendus suite à l'insertion du logo qui changeront les choses avant une coupure de transmission. Rendez-vous le 16 décembre 2016.

Permalien de l'image intégrée


18 avril 2015

Batman va faire saigner Superman

DC Comics et Warner ont enfin décidé de se lancer dans le multivers à l'instar de la Marvel. Enfin c'est ce que l'on pourrait penser puisqu'à l'origine la Warner était plus en avance que la Marvel. Suite aux errements survenues sur Batman et Robin comme dans le projet avorté Superman lives, la Warner ne sait pas trop comment relancer ses deux super-héros mythiques. Wolfgang Petersen a alors la lourde tâche de réunir les deux personnages dans un Batman VS Superman aux alentours de 2001-2002. Le script est signé par Andrew Kevin Walker (pas le dernier des tocards puisqu'on lui doit Seven) avant d'être retouché par Akiva Goldsman auquel la Warner n'était pas rancunière vraisemblablement (on en reparle de Batman Forever et Batman et Robin?). Dans ce projet, Bruce Wayne voyait sa femme tuée empoisonnée par le Joker et les deux héros devaient s'affronter dans une question d'éthique du héros, de ce qu'il doit faire ou non avant de défoncer la gueule du Joker et de Lex Luthor (*). Le projet est finalement abandonné pour laisser la place aux reboots de Batman (le film de Christopher Nolan) et Superman (le film de Bryan Singer), pendant que le projet  Wonder Woman chapeauté par Joss Whedon à la réalisation et Joel Silver à la production patauge et que Catwoman est un naufrage comme rarement dans le genre. 

Batman v Superman (Batman)

Néanmoins le projet de réunir différents héros de DC Comics n'est pas abandonné et c'est ainsi qu'aux alentours de 2006 est annoncé le projet Justice League. Christian Bale alors le Batman de Christopher Nolan ne souhaite pas y être associé tout comme Brandon Routh encore officiellement Superman (et en sachant qu'une suite de Superman returns était prévue). DJ Cotrona et Armie Hammer (encore inconnu) sont alors engagés pour incarné l'Homme d'acier et le Cape Crusader en parallèle. Il n'y avait donc pas de problèmes d'acteurs. Le reste du casting aurait dû être formé par Jay Baruchel (Maxwell Lord businessman télépathe), Hugh Keays Byrne le fameux guerrier de la route (Manhunter cet extraterrestre vert), Santiago Cabrera (Aquaman), Adam Brody (Flash) et Teresa Palmer (Talia al Guhl). Le réalisateur n'est autre que George Miller pas le dernier metteur en scène à accumuler les tuiles puisque le tournage de Mad Max 3 était endeuillé (il venait de perdre son ami producteur), la Warner l'a sérieusement muselé sur Les sorcières d'Eastwick avant l'intervention de Jack Nicholson et la production de Mad Max Fury Road vaudrait un beau bouquin. Arrive alors la grêve des sccénaristes alors que le film entre dans des petites réécritures. La Warner ne donnera jamais de suite et Miller reviendra aux aventures de Max Rockatansky.

Batman v Superman: Dawn Of Justice : Photo

Alors que Green Lantern de Martin Campbell pouvait permettre à un multivers de se dévoiler, le film est tellement raté et l'échec commercial est si visible que tout est abandonné. La délivrance viendra non seulement de la fin de la trilogie de Christopher Nolan mais surtout du succès de Man of steel de Zack Snyder. Snyder revient dans les bons papiers et lui qui disait qu'il voulait signer une adaptation de The Dark Knight returns lors de la promotion de Watchmen se retrouve à mettre en scène... Batman V Superman Dawn of Justice. Plus que le reboot des aventures du kryptonnien, ce film prévu pour l'an prochain devrait montrer une part non négligeable de l'univers DC à venir puisqu'en plus des deux larrons (Henry Cavill évidemment, mais surtout Ben Affleck en Batman), on pourra aussi retrouver Gal Gadot en Wonder Woman, Jason Momoa en Aquaman et Ray Fisher aka Cyborg. Du beau monde qui devrait s'introduire dans le duel fracassant entre les deux héros les plus populaires de DC Comics. La même année surviendront Suicide Squad de David Ayer qui mettra en scène une équipe très particulière puisqu'elle est composée de méchants. Margot Robbie sera Harley Quinn, Mister J sera incarné par Jared Leto (qui s'amuse bien sur Twitter à montrer son futur look), Joel Kinnaman sera Rick Flagg (rôle initialement prévu pour Tom Hardy qui est parti pour raison artistique), Viola Davis sera la leader Amanda Waller, Cara Delevingne sera Enchantress, Will Smith Deadshot, Jay Courtney Captain Boomerang, Adewale Akinnuoye Agbaje pour Killer Croc et on murmure que Scott Eastwood pourrait être Nightwing et que Ben Affleck pourrait tater du Joker.

A voir ce que cela donne, d'autant que le casting fait quand même un peu peur (entre Smith, Courtney et Kinnaman...) en dehors peut être de Margot Robbie qui devrait largement tirer son épingle du jeu. En juin 2017, Gal Gadot reprendra son rôle dans un film Wonder Woman. Si Michelle McClaren (réalisatrice notable d'épisodes de séries et notamment Breaking Bad) était aux commandes jusqu'à présent, elle a quitté le projet cette semaine avant d'être remplacée au pied levé par Patty Jenkins (qui avait quitté Thor The Dark World pour des raisons similaires). Zack Snyder rempilera pour le premier opus de Justice League qui sortira en novembre 2017, Flash tâtera du grand écran après des années de développement sous les traits d'Ezra Miller en mars 2018; Aquaman en juillet 2018; Shazam (comic-book mettant en scène un jeune garçon devenant un super-héros quand il prononce le mot "shazam") avec The Rock en méchant; Justice League 2 toujours par Snyder en juin 2019; Cyborg en avril 2020 et un nouveau Green Lantern en juin 2020. Pour ce dernier, on parlerait d'avantage de John Stewart, étant donné que le nombre de Green Lantern connu est assez vaste et que Hal Jordan semble pour le moins grillé. Le temps de faire une bonne overdose, voici le calendrier du DC Universe.

Batman V Superman ( Wonder Woman)

Mais revenons dorénavant à la pierre fondatrice que sera Batman V Superman Dawn of Justice avec sa première bande-annonce. Comme on pouvait s'y attendre, la bande-annonce s'attarde sur Superman et Batman avec une préférence sur Superman, puisque initialement ce film se nommait Man of Steel 2. Cela paraît donc logique. On commence avec un long travelling avançant vers une statue entrecoupé de différentes images (Sup devant le public, Sup qui retient quelque chose, des soldats s'agenouillant devant Sup et une femme levant la main en direction de Sup dans le ciel). La bande sonore nous fait entendre différents extraits d'interview qui s'entrechoquent, évoquant Superman mais dans tout ce qu'il y a de plus négatif. Alors que l'on pouvait à la fin de Man of Steel penser que Superman allait devenir un héros (un peu comme Batman l'était au début de The Dark Knight avant la douche froide), il semble que ce ne soit pas le cas. "Figure controversée", supériorité, "alien", "le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu encore plus", pouvoirs trop grands pour la population, "go home"... Les avis sont très négatifs et cela est renforcé par la fameuse statue à l'effigie du kryptonien où l'indication en rouge "Faux Dieu" apparaît à la place de son S mythique. Et si le monde n'était pas prêt pour Superman? C'était une des répliques phares de Man of Steel et elle risque bien de prendre une nouvelle fois sens avec ce nouveau film. 

Batman V Superman (affiche Aquaman)

Puis la bande-annonce enchaîne avec Ben Affleck contemplant son costume vide. La voix de Jeremy Irons en Alfred est très reconnaissable et dit que "la fièvre, la colère, le sentiment de pleins pouvoirs amènent un homme bon à devenir cruel". Si l'on en croit certains dires (**), il se pourrait que Sup soit envoyé à Gotham sous les ordres de Lex Luthor (Jesse Eisenberg) et serait particulièrement remonté. Ce qui amènerait donc un affrontement inévitable qui fait évidemment penser au mythique The Dark Knight Returns de Frank Miller. Et tout y amène jusqu'au logo sur le costume de Batman ou même son costume plus technologique carrément issu des dernières pages du mythique run du roi Miller. On devrait également voir Batou démonter du criminels sur les docks avec son Batwing (qui a l'air plus léger que celui de Nolan qui se voyait plus comme une extension de la Batmobile) et évidemment la Batmobile sortant des flammes. Ce que l'on retient aussi c'est un ton très sombre, en tous cas bien plus que sur la quasi totalité des films sortant du Marvel Cinematic Universe, plus excitant aussi. Mais plus que des plans (et pourtant le champ-contrechamp en plongée et contre-plongée vaut son pesant de cacahuètes), c'est surtout une réplique qui risque de donner sérieusement envie. Quand Batman dit à Superman "Dis-moi tu peux saigner? Tu vas saigner!", il y a de quoi s'attendre à du combat bien virulent. Batman V Superman Dawn of Justice sortira le 23 mars prochain.

* Pour plus d'informations, voir ici: http://www.dcplanet.fr/64363-script-du-film-batman-vs-superman-2002-devoile

** http://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-batman-v-superman-pourquoi-vont-ils-se-bastonner-gros-spoilers-25557.htm

16 avril 2015

Cuvée bourrée au super

La Cave de Borat a souvent relaté les souvenirs de votre blogueur préféré (vous savez le mec qui fait des cannulars le 1er avril gros comme des patés de maison -NDB) et aujourd'hui il sera question d'aborder un thème cher à votre cher interlocuteur. D'autant que l'on est parfaitement dans le timming: la série Daredevil sur Netflix depuis vendredi dernier (on en reparlera très très bien dans les prochains jours), Avengers 2 la semaine prochaine. Ce n'est pas la première fois que vous entendez le mot super-héros dans ces colonnes , vous allez même dire que vous y êtes habitués au fil des années. Il sera donc question de voir Borat et son histoire particulière avec le super dans les comics avec quelques allégations par ci par là (parfois on ira un peu dans le vampire), faites de frustrations, de jouissances et de désastres à vous en crêver les yeux. En fait cette passion n'est pas arrivé par le papier (Borat trop jeune à cette époque, il ne savait pas lire) mais de la télévision. Deux séries animées furent déterminantes: Spider-man et Batman. Ces deux séries de deux compagnies concurrentes avaient le mérite d'être fidèles aux comics, mais également d'avoir un univers propre pouvant permettre une certaine fidélité. Bruce Wayne ressemblait à une version un peu plus dure de Michael Keaton dans les Batman de Tim Burton dans un univers totalement raccord aux films; quand Peter Parker était déjà un jeune adulte qui fricotte avec des filles (Mary Jane principalement mais Felicia Hardy aussi) et croisait souvent des héros Marvel bien connus ou pas encore (Blade, les X Men, Nick Fury). A ces deux séries mythiques peut largement se rajouter X Men Evolution. 

Une série qui m'a éveillé à ce groupe de super-héros certainement mon préféré de l'histoire du comics (oui les Avengers peuvent aller roupiller) et avait des intrigues rappelant directement à l'acceptation et avait le mérite de bien développer ses personnages (en tous cas plus que dans certains des films qui suivront comme Kitty Pride ou le Crapaud).Mais aussi la série animée des Tortues Ninja qui avait le mérite d'être sacrément cool et bien faites et l'autre en live catastrophe ambulante qui fera éclater une belle engueulade entre les créateurs des tortues (Eastman voulait créer un nouveau perso pour un nouveau film, on lui a donné une série et une fille à exploiter sinon rien; Laird était totalement laissé de côté). C'est aussi à cette époque (aux alentours de 2002-2003) que j'ai commencé à chasser le film de super-héros à foison! Et autant dire qu'il y en a pour tous les rateliers. A commencer par les Tortues Ninja. Basés sur un univers volontairement référencé à Frank Miller, la BD de Kevin Eastman et Peter Laird a fini par devenir une belle gaudriole par excellence, avec featuring Vanilla Ice, costumes de plus en plus nazes (réduction budgétaire complète sur le troisième opus) et surtout plus grand chose de fun. Si l'on peut garder les deux premiers opus comme du purs nanars vraiment cool à regarder (je me souviens regardant le second sur une VHS enregistrée sur RTL9 dégueulasse regardant péniblement mais surement les images en filigramme sur une vidéo pleine de hachures), le troisième (le seul que j'ai chez moi, admirez l'ironie) laisse un mauvais goût dans la bouche. 

Oh le beau moment nanar que voilà!

Puis il y a eu Spider-Man de Sam Raimi qui fut un vrai électrochoc. Effets-spéciaux pouvant enfin permettre à Spidey de prendre vie et bien aidé par la Spider cam permettant de montrer le héros en plein vol, le premier volet fut un vrai choc. Sam Raimi n'hésite pas à faire un film vraiment sombre avec une copine manquant de se faire violer, un Bouffon vert psychotique, un Peter Parker découvrant la puberté par une toile d'araignée et des actes loin d'être gentillets. Le film a beau être PG-13, le film de Sam Raimi n'a jamais été gentillet renvoyant aux origines d'un réalisateur atypique.L'année 2003 fut spectaculaire bouffant à tous les rateliers du côté de Marvel: Daredevil, X Men 2, Hulk et Blade Trinity. Si finalement on n'en retiendra qu'un (celui du milieu évidemment) on peut dire que cette année fut explosive pour la Marvel. Mais comme je le disais bien plus que cela, ce fut surtout la séance de rattrapage colossale! Punisher avec Dolph Lundgren? Vu sur RTL 9 une fois que mes parents ont eu canalsat et quelle belle bouse. Dolphie qui se demande ce qu'il fout là, scénar incohérent même pas digne d'une bonne série B et un goût pour le WTF total (ah ce passage où Punisher sauve des enfants dans un bus!). Superman de Richard Donner? Vu en DVD, il m'ennuyait déjà à l'époque, c'est toujours le cas. Certes cela se regarde mais ce n'est clairement pas ce que j'attends d'un film Superman et c'est peut être pour cela que j'ai autant apprécié Man of steel par la suite, où Sup défonçait enfin quelques connards sur son passage tout en ayant une vraie dramaturgie.

Après He-Man, Punisher... On ne peut pas dire qu'ils t'ont gâté Dolphie!

Mystery Men? Vu sur RTL 9, petite prod ingrate adapté d'un comic-book mineur pas aidé par son côté fauché et le manque total d'intérêt de la chose (même pas drôle malgré le poids lourd Ben Stiller). Les Batman de Burton? Deux belles illustrations de films qui en ont dans le ventre, le premier étant un génial duel de freaks où l'un a crée l'autre et vice versa, le second un véritable trio de freaks se foutant sur la gueule avec un Christopher Walken au milieu ricanant de tout cela pour notre plus grand plaisir.Un vrai plaisir que de voir Tim Burton s'approprier le personnage du cape crusader avec autant d'applomb et de fantaisie, permettant des performances d'acteurs remarquables (Michelle Pfeiffer et Danny DeVito l'en remercient encore) et un thème de Danny Elfman valant toutes les éloges du monde cinéphile. Les Batman de Schumacher? A l'époque j'aimais beaucoup notamment par le fait d'aligner les héros (je les ai même en DVD alors que j'ai Batman returns en vhs enregistrée, pensez donc), mais cela a bien changé depuis. Pas forcément à cause de Schumacher (on lui a dit de faire de la merde, il en a fait), mais celle de la Warner qui voulait à tout prix faire du calibré "famille" (et pourtant ce n'est pas faute que les films alignent les allusions sexuelles incroyables!) au point de faire n'importe quoi ou accepter n'importe quoi (les moules, les couleurs criardes, les cgi dégueulasses, les fautes de goûts...).

"T'es une belle pourriture Rotelli! T'es mort et c'est chouette!"

The Shadow? Je me souviens surtout que le personnage était très mal utilisé et que cela partait dans un délire fort inintéressant. Les Blade? Le premier est un pur film d'action un peu emmerdé par sa fin mais clairement jouissif (et qui permettra enfin à Wesley Snipes de trouver un vrai rôle charismatique digne de ce nom). Le second un délire pétaradant et génial où Guillermo Del Toro sort l'artillerie lourde en terme de look bd et mythologie vampirique. Le troisième une sombre bouse où David S Goyer confirme qu'il est parfois bien meilleur derrière une machine à écrire qu'une caméra. X men? Beau spécimen même si certains défauts sont notables à l'image des méchants sidekick de Magneto un peu laissés de côté niveau caractérisation et même d'autres personnages très fonctionnels, laissant la place notamment à un certain Wolverine. Ce qui changera radicalement dans sa séquelle bien plus politisée, violente dans ses thèmes et avec des personnages encore mieux travaillés. Spawn? Une belle purge à peine digne d'un DTV de nos jours et adaptant grossièrement le comic-book sans avoir le budget pour. Puis dès 2004 votre cher Borat est devenu plus attentif aux sorties et il y en a eu pour tous les goûts. Les grands films, les purges, les moyens et même les nanars pour certains. Alors comment faire le tri. Il faut se dire qu'il ne faut garder que le bon, le problème étant qu'au fil des années les déceptions ont été de plus en plus croissantes qui plus est sur des projets ambitieux. Il sera donc plus intéressant d'aborder dans cette dernière partie de cuvée le pire ou ce qu'il y a eu de plus décevant.

"Quoi ma gueule qu'est-ce qu'elle a ma gueule?!!"

Superman returns devait signer le grand retour de Sup, il en est resté un film beaucoup trop nostalgique et à côté de son temps alors que Batman begins a réussi à changer radicalement le Dark Knight de la vision de Burton. Ghost Rider est initialement un héros assez noir où se profile une certaine violence. Sony en a fait des productions PG-13. Le premier film fut une catastrophe totale et notamment au niveau du Rider vulgairement en cgi sans motion capture de l'impitoyable Nicolas Cage (et son merveilleux brushing!). Le second en revanche ne plaît pas à tous, certains le trouvant même pire que le premier. Votre cher Borat le prend davantage comme un gros nanar bien conscient de sa connerie et n'hésitant pas à enchaîner les excentricités (ah Nicolas Cage qui change de face dans un même plan! Ah Nicolas Cage en totale lévitation après une explosion!). Et puis le Rider est quand même mieux fait. Néanmoins, on peut se dire que le motard fantôme méritait mieux qu'une bouse et un nanar, un peu comme le Punisher. Si les derniers films rattrapent quand même un peu le film de Dolphie il n'en reste pas moins que l'on a tout et rien. D'un côté, un film fidèle et sympathique mais terriblement mou; de l'autre un film plus violent mais au scénar peu intéressant et ressemblant trop à une mauvaise série B. 

Meilleur gag de Nicolas Cage ever!

Alors que c'était bien parti les X Men se sont aussi vautrés par deux fois et notamment à cause du directeur de la Fox de l'époque qui n'aimait ni Bryan Singer ni les mutants. Singer est ainsi viré d'X Men 3 et laissé en pature à Brett Ratner. Autant dire que le résultat fait très mal au ventre avec Wolvy en nounours, des personnages introduits comme déjà là à la ramasse (la palme à Malicia personnage fort des deux premiers volets à peine visible durant tout le film) et un scénar qui partait sur de bonnes idées mais les noient automatiquement. Mais bien pire encore arrive avec X Men Origins Wolverine qui donne des frissons à chacun rien que par l'évocation de son nom! Tellement pitoyable que dès le volet suivant de la saga, le personnage d'Emma Frost sera réintroduit de manière totalement différente, le Professeur Xavier ne sera chauve que dans le prochain film à savoir Apocalypse et définitivement en fauteuil depuis First Class, Gambit réintroduit dans le prochain film tout comme Cyclope et Stryker n'est qu'un jeunot dans Days of future past et n'a pas encore donné ses griffes à Wolvy et Deadpool risque bien de se fendre la poire du film en février prochain dans son spin off qui s'annonce délirant. Toutes ces rectifications font aussi que ce volet est une erreur de parcours et que les producteurs en sont pleinement conscients. Il fallait peut être se réveiller en 2009. 

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"Alors Borat, on s'éclate! -Deadpool tu t'invite dans une de mes cuvées? Quelle honneur! -Bon je viens juste pour la promo de mon nouveau film. -Oui j'en ai parlé un peu! -C'est bien, alors je te laisse! Et n'oublie pas février 2016!"

Autre erreur made in Fox le désastreux Elektra qui réussi à faire bien pire que Daredevil en alignant un scénar bourré d'incohérences et voulant à tout prix repartir de zéro. Ce qui est un peu con pour un spin off censé faire suite aux aventures du diable de Hell's kitchen! DC et Warner n'ont pas de quoi se vanter puisque quelques mois avant ils plantaient le personnage de Catwoman en le confiant au piteux Pitof. Un désastre vulgaire au possible qui a au moins le mérite de ne pas souiller le nom de Selina Kyle. Green Lantern a fait également beaucoup de mal. Partant pourtant sur un univers vaste, varié et donc passionnant, le film de Martin Campbell se plante complètement au point de devenir une grosse production ridicule. Quand on a un budget de 159 millions de $ et que l'on doit faire un space-opera, le moins que l'on puisse dire c'est que l'on ne doit pas avoir d'effets-spéciaux aussi ridicules. Le film accumule les fautes de goût visuelles ahurissantes et ce dès son ouverture. Bien sinistre. Quant aux Fantastic Four, cela fait depuis 1994 et le film maudit produit par Roger Corman qu'ils sont grillés. Sony a réussi torpiller toute seule son super-héros vedette en parasitant Sam Raimi dans un premier temps et en bousillant tout dans le second volet de son reboot amenant à un inévitable partenariat avec Marvel Studios pour... un nouveau reboot. Quand on ne sait pas quoi faire de droits, on les rend. Preuve en est, Marvel a su quoi faire de Daredevil...

Living in America!

Je terminerais sur le Marvel Cinematic Universe. Au final on ne relève réellement que quatre bons films, le problème étant notamment une autocensure et une tendance de reshoots commençant sérieusement à sentir le roussie. Encore sur la première phase on pouvait le comprendre notamment par le fait que la Marvel n'avait pas encore eu droit au gros succès leur permettant la totale indépendance (à savoir Avengers). Mais même après cela; les casseroles ont continué preuve en est le traitement de Thor The Dark World ou même ce qui est arrivé à Ant Man (même si le film ne sortira qu'en août prochain). Sans compter la pitoyable série Agents of Shield (à l'heure qu'il vous parle, votre serviteur en est certainement à son douzième épisode, ce qui n'est pas rassurant du tout) qui continue dans l'ignorance la plus polie. L'adaptation de comics et particulièrement celle de super-héros est difficile et il faut parfois prendre les bonnes personnes pour y arriver ou bien les aider. Sinon aie! Par ailleurs, voici une fresque que j'ai fait il y a deux mois pour ma meilleure amie. Je vous laisse deviner les personnages. Indice: Ils sont tous de la Marvel. Allez à la semaine prochaine!

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M6 Et Quicksilver

2015-02-13 14

M7 Daredevil, Elektra, Xavier, Magneto, Phoenix

 

M9 Emma et Gambit

 

M10 Tornade vs Scarlet Witch

M11 Vision Fauve, Mystique, Angel, Ant man

M12 Blade et Iron Fist

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 M15 Nick Fury, Black Widow et Hawkeye

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15 avril 2015

Le hacking ne vend pas, dommage...

Un pirate informatique est engagé par le FBI et les autorités chinoises pour trouver un autre pirate s'étant attaquer à une centrale nucléaire en Chine...

Hacker : Affiche

En janvier dernier, le verdict tombait: Blackhat (vous m'excuserez de ne pas dire Hacker, à Ciné Borat on n'est pas chez les traducteurs à la noix made in Marketing FR, cf Cuvée living in Amérique) est un flop au box-office. Pourtant pas de concurrence face à lui et encore moins de possibles blockbusters pouvant lui griller la politesse. Peut être un manque de promotion? A l'heure où un Avengers 2 est à son quatrième trailer sans compter les spots à foison bourrés de nouvelles images à chaque fois, une seule bande-annonce claire, nette et précise paraît peut être trop peu pour le public la découvrant au cinéma ou sur le net (paradoxe). Et ce n'est pas à l'étranger que le film se fera une réputation, preuve qu'Universal a baissé les bras dans le même genre de situation qu'à l'époque de Scott Pilgrim vs the world d'Edgar Wright. Peu de salles en France alors que le film est sorti durant le Printemps du cinéma (votre cher Borat a dû le voir dans son cinéma de quartier et non son multiplexe, autre paradoxe)... Michael Mann n'a pas de bol et c'est bien dommage. Précision notable: à l'image de Collateral, Mann n'a pas signé le script ou tout du moins pas seul ce qui n'empêche pas le film d'être totalement mannien. Après le lamentable Public Enemies et l'échec cuisant de la série Luck (arrêtée suite au scandale des chevaux morts), Mann revient à ce qu'il sait faire de mieux: le polar urbain.

Hacker : Photo Ritchie Coster

Soit ce qui a amené Thief, Manhunter, Heat, Collateral et Miami Vice. Un genre qu'il connaît sur le bout de la langue et auquel sa caméra HD capte minutieusement ce tempérament depuis 2004 (rappelons que Michael Mann reste un des maîtres étalons de ce procédé malgré le raté Public Enemies). Blackhat se met parfaitement dans cette mouvance. Avec sa caméra, Mann donne lieu à du suspense grandiose, permettant une lisibilité parfaite des éléments et ce malgré un mouvement constant. C'est le cas par exemple de cette poursuite à pied en pleine rue, où la shakycam n'est jamais dégueulasse et épouse parfaitement les contours du cadre du couloir sans jamais perdre les personnages. On pourra aussi noter cela dans les dernières scènes où la caméra s'immisce dans une masse folle sans jamais perdre de vue les personnages clés. Un jeu de foule absolument fascinant à l'heure où de banals figurants sont parfois faits en cgi. On retiendra dans un autre sens les scènes de hacking à travers les rouages des circuits et du clavier qui rappellent les grandes heures de l'intro de Fight Club de David Fincher. Des scènes entièrement en cgi (peut être la première fois que le réalisateur en utilise autant depuis... The Keep!) qui fonctionnent et font comprendrent les rouages ammenant à un hacking sans avoir besoin d'explications excessives voire incompréhensibles.

Hacker : Photo Chris Hemsworth, Tang Wei

Le récit se veut simple mais efficace et se retrouve avec des personnages plutôt bien caractérisés. La soeur asiatique incarnée par Tang Wei n'est par exemple pas une potiche, mais une femme ayant son utilité pure sur le terrain, sorte d'équivalent de ce bon vieux Chris Hemsworth, lui le ricain hacker condamné à plusieurs reprises. Un beau tolard qui cultive son petit culte tout en étant un homme d'action digne de ce nom. L'occasion pour l'australien de sortir du costume de Thor pour un rôle captivant et terriblement mannien (le repris de justice essayant de s'en sortir et découvre l'amour sur son chemin). Par ailleurs le rôle du camarade chinois (Wang Lee Hom) se révèle sympathique (surtout le côté "deux potes dont un se tape la soeur de l'autre" est tellement mieux traîté que dans Bad Boys 2... oui Borat se devait de parler de Michael Bay) comme Holt McCallany joue bien mieux que dans Run all night (vu la veille) où sa femme se mangeait un format de 30 cm. Là au moins il tire de manière classe au ralenti. Quant au méchant il est clairement décevant. Son plan est finalement peu intéressant (alors c'est quand même pour cela que l'on suit les personnages) et (attention spoilers) n'est pas sans rappeler le pitoyable Quantum of solace, une scène dans le désert étant quasiment similaire. (fin des spoilers) Au point que son sbire (Ritchie Coster, le mafieux aux chiens dans The Dark Knight) est finalement plus intéressant que lui. Quelque peu dommage au regard du film en question. 

Hacker : Photo Chris Hemsworth

Michael Mann revient en forme avec une chasse à l'homme bien mis en scène, malgré un méchant peu convaincant.

13 avril 2015

Les dix commandements de l'ennui

Moïse apprend qu'il est hébreu et se fait chasser par son ami Ramsès. Il va devenir celui qui va libérer le peuple hébreu face aux violences du pharaon...

Exodus: Gods And Kings : Affiche

Avant même sa sortie, Exodus Gods and Kings a eu son lot de tollés médiatiques pour le moins spectaculaires, plus même que Noé de Darren Aronofsky. Parmi eux, celui de l'emploi d'acteurs de type ricains ou européens pour les rôles titres et quand ce n'est pas le cas pour de vulgaires figurations. Une chose que Ridley Scott évoquera très mal ou tout du moins avec les mauvais mots: "Je ne peux pas monter un film de ce budget, où je dépends de remises fiscales espagnoles et annoncer que mon acteur principal est Mohammed quelque chose, sorti de nulle part."* Dans ce qu'il évoque il y a une part de réel même si ses mots ne sont pas les bons. Un blockbuster de ce type n'aurait pu avoir de fonds avec des acteurs inconnus, soyons logique. D'où l'utilité d'opter pour des acteurs connus ou à têtes connues comme Christian Bale, Joel Edgerton, Aaron Paul, Ben Kingsley, John Turturro ou même Sigourney Weaver. L'autre problème est bien évidemment venu du fait que certains pays notamment d'Afrique du Nord n'ont pas voulu diffuser le film. Et puis tout simplement le film lui-même. Avant même sa sortie, on pouvait avoir des craintes: pas de réelles attentes malgré le projet pharamineux en puissance et pour cause, l'Exode est un écrit de la Bible particulièrement
représenté et particulièrement dans deux films très populaires. On parle bien sûr du gigantesque Les dix commandements d'un Cecil B Demille soucieux de refaire son film avec plus d'ambitions encore (et se payer un Charlton Heston au top); mais aussi le film de Dreamworks Le prince d'Egypte qui a gagné en réputation au fil des années.

Exodus: Gods And Kings : Photo Christian Bale

Exodus se retrouve donc pris en sandwich entre ces deux gros films et part déjà en soi perdant. Mais alors pourquoi pas faire abstraction de ces deux oeuvres pour donner sa chance à Exodus? Manque de bol, la proposition de Ridley Scott laisse un goût amer durant toute sa durée, le spectateur se demandant curieusement quand il va se passer quelque chose. On nous l'a vendu comme un film épique, il n'en est finalement rien. On dénombre deux scènes capables à proprement parler de gagner cette appelation, mais même là on est plus proche du foutage de gueule qu'autre chose. (attention spoilers) La première est une banale bataille servant à montrer que Moïse est le favori du pharaon parce que l'oracle lui a dit que le vainqueur de la bataille serait celui qui dirigera l'Egypte. Manque de bol pas de Ramsès mais Moïse. Voilà. On a fait une bataille pour déterminer lequel a plus de fougue au combat que l'autre. Si encore il y avait un intérêt là-dedans comme quand Russell Crowe démonte des Goths au début de Gladiator, amenant Marc Aurèle à venir sur le terrain, mais même pas. C'est purement gratuit et la scène est complètement anecdotique. La seconde scène dit "épique" dès sa bande-annonce est bien sûr celle de la Mer Rouge et du combat
entre les forces des deux anciens frères. Vous vous attendiez à un affrontement titanesque devant la grande vague arrivant? Hé ben mes pauvres lecteurs sachez qu'il n'y a absolument rien. Un vrai pétard mouillé si je puis dire.

Exodus: Gods And Kings : Photo Christian Bale, Joel Edgerton

L'armée de Moïse part sous les ordres du bonhomme, le second de Ramsès se casse un peu trop tard et les deux derniers se prennent la vague monstrueuse en pleine gueule! Voilà le grand affrontement montré à longueur de bande-annonce et qui se résume à du néant. La dimension "épique" du projet ressemble donc vite à une rigolade de tous les instants, incapable de livrer un tant soit peu la marchandise. (fin des spoilers) Pareil pour ce qui est du traitement. Le réalisateur britannique ne s'est pas caché de vouloir faire un film ancré dans un certain réalisme. Sauf que ce qui peut marcher sur un Ben Hur ou même avec la passion du Christ pouvant être pris dans un certain premier degré, le passage de l'Exode n'est en rien emprunt d'un tel degré et emprunte beaucoup à ce que l'on appelerait aujourd'hui la fantasy. Ce qu'avait compris Darren Aronofsky avec Noé. Ridley Scott se plante alors tout seul petit à petit, faisant un peu tout et n'importe quoi avec certains événements bibliques à l'image du passage de la Mer Rouge, absolument délirant de connerie. Cela ne fonctionne pas à l'écran et s'en est même ridicule. Idem lorsqu'il essaye de faire dans la politique avec le personnage au combien ridicule de Ben Mendelsohn qui cabotinne à mort et mange du quignon de poulet alors que les mouches empèstent le palais. On ne peut pas faire plus logique que cette scène.

Exodus: Gods And Kings : Photo Joel Edgerton

Pareil pour le taux de personnages qui ne cessent d'apparaître et disparaître au sein du film, sans aucune cohérence. La mère et la soeur de Moïse s'en vont et puis basta, le personnage de Sigourney Weaver est en mode plante verte venant un petit moment avec quelques répliques et puis s'en va, Josué n'est pas très loin non plus dans ce domaine... On se demande parfois si Ridley Scott ne se fout pas de nous quand il évoque ses personnages-ci tant ils ne servent strictement à rien dans l'intrigue du film et ce malgré pour certains, une importance capitale (on parle par exemple du principal lieutenant de Moïse pas d'un hébreu parmi tant d'autres, en lieu et place Ben Kingsley a un rôle bien plus conséquent alors qu'il a été crée pour le film). On pense aussi à la représentation de Dieu qui est d'un ridicule agaçant à toute épreuve. On se demande à plus d'un titre ce qui est passé par la tête de Scott et ses scénaristes (quatre quand même) pour pondre une aberration aussi incroyable. Le dernier problème notable de ce film est aussi qu'il manque cruellement de scènes ou passages iconiques. Quand Heston séparait la Mer Rouge c'était impressionnant, là on cherche encore où est le plan dont on se rappèlera. Même sur ses derniers films (au combien mauvais ou moyen), Scott avait le mérite de signer des plans marquants. Pour ce qui est des acteurs, on peut clairement dire qu'ils passent à côté de leur film. Christian Bale reste correct en tous cas bien plus que sur American Hustle, même si ce n'est pas grandiose. Mais en comparaison Edgerton est aussi ridicule par son maquillage qu'il cabotinne comme pas possible. Ben Kingsley et John Turturo s'en sortent plutôt bien en comparaison de leurs collègues, savant être juste le plus possible.

Exodus: Gods And Kings : Photo María Valverde

Un naufrage biblique digne de ce nom, voulant rendre réaliste ce qui ne l'est pas et surtout de la plus ridicule des manières. 

* Propos issus de cet article: http://www.ecranlarge.com/films/news/932845-exodus-raciste-ridley-scott-repond-a-la-polemique



09 avril 2015

Cuvée boobstimale

Cela faisait longtemps que nous n'avions pas pris de nouvelles de l'ami Mozinor dans la Cave de Borat. L'occasion de revenir sur certaines de ses dernières vidéos bien gourmandes et bien croquantes qui ne demandent que ça! Pour rappel aux néophytes et ceux qui n'ont pas vu les deux premières cuvées (cf Cuvée Mozinor et Cuvée Baboulinet), Mozinor reprend souvent des extraits de films (divers preuve en est Tataken où il a mixé Taken et un film porno/érotique de Rocco Sifredi!) ou émissions (le journal de TF1 en est une belle preuve avec l'ancien président ayant la fièvre pendant des heures) en refaisant les voix. Dans 24h avant Jesus Christ, Mozinor reprend des images de Pompei afin de faire revenir l'impayable Jack Bauer pour une saison 10 en mode peplum (évidemment un clin d'oeil à Pompei où joue Kiefer Sutherland). Il reprend donc le principe de 24 avec les split-screen à foison pour faire des arrêts sur des personnages. Evidemment c'est l'occasion de jouer sur les clichés de Jack Bauer avec son goût indéniable pour la torture de l'ennemi (avec le glaive c'est pas terrible vraisemblablement) et l'inévitable "put the glaive down" qui a fait la richesse du cabotinage de Sutherland au fil des années. Sans compter le crossover avec Game of thrones puisque Kit Harrington joue aussi dans Pompei et la mère Stark est aussi présente dans la saison 9 de 24. Le compte est bon!

Voici certainement ma préférée de cette cuvée mais aussi la plus polémique. Après sa publication sur Youtube, Disney a fait retiré la vidéo de Mozinor sur Captain America: The Winter Soldier alors que curieusement par la suite; il en fera une sur Avengers qui ne sera pas embêté. Mozinor s'en expliquera d'ailleurs par une curieuse vidéo humoristique que vous pourrez voir ci-dessous. Avec cet extrait, Mozinor reprend tel quel la scène où le Captain rencontre le Faucon (d'où peut être l'interdiction mais bon cela n'excuse pas le manque total d'humour du studio) mais l'oriente sérieusement du côté du sexe. Hé oui, le Captain n'a utilisé sa tuyauterie depuis Mathusalem ("le mec resté soixante ans dans le coma, tu dois avoir les couilles comme de vieux pruneaux!") et le Faucon va lui permettre de rencontrer des "shemales brésiliennes (...) avec des boobs timales et des popotins énormes t'as jamais vu ça!" Alors il le lance dans Chiber pour des rencontres coquines et là débarque la Scarlett avec une voix si particulière de Mozinor. On ne verra pas ce qu'a fait le Captain mais vraisemblablement "il s'est passé des choses!" Clairement on est tellement dans le graveleux de comptoir que s'en est délirant. Une vraie rigolade en puissance qui vous "débouche les orifices!"


Captain America ® Mozinor 2014 par mozinor

Comme dit plus haut, Mozinor s'attaque parfois aux politiques. Il s'est occupé du père Sarkozy, 22 vlà François Hollande en facheuse position. Impopulaire au possible, notre cher président est la cible de cette parodie au combien logique compte tenu de la situation. En conséquence, Hollande se retrouve dans une parodie inévitable d'Abyss de James Cameron. Rappelons pour le coup qu'au cours du film, Ed Harris part en scaphandre dans les profondeurs afin d'aller jusqu'au bout de son défi. Ici c'est plutôt le contraire: François voudrait bien remonter mais les sondages sont tellement bas qu'il s'enfonce petit à petit dans les tréfonds de la profondeur terrestre (l'écorse terrestre a senti son passage). Allez savoir il est peut être proche du noyau de la Terre. On ne l'entend pas mais on suit sa trajectoire par ses camarades joués par les différents acteurs d'Abyss. Par ailleurs Christiane Taubira attend encore son vélo. A l'occasion de la sortie du dernier volet de la trilogie du Hobbit, Mozinor est revenu sur un des passages phares de La désolation de Smaug à savoir l'affrontement entre Gandalf et Sauron. Mais attention ici pas de tours de magie, mais un clash digne de ce nom entre rap old school pour Gandalf et rap nouvelle génération pour Sauron.

Doc Gyneco affronte Booba; la Fouine rencontre Mc Solaar; Maître Gims se fait battre par IAM... L'occasion aussi de dézinguer une énième fois Benny B et son affreux Vous êtes fou? Un beau duel musical valant son pesant de cacahuètes à mettre à fond dans sa bonne vieille sono! Passant en revue l'actualité, Mozinor s'attaque aux naufrages de migrants en passant au peigne-fin Captain Phillips de Paul Greengrass, la pub pour le parfum Jean-Paul Gautier, Le monde perdu de Steven Spielberg et... Dark City d'Alex Proyas! Le début est classique avec journal de 20h sur France 2 avant de parodier merveilleusement le film avec Tom Hanks, changeant totalement le sens du film. Viens alors Dark City avec un Rufus Sewell baragouinant un italien délirant avec en fond sonore Capitaine abandonné de Gold! On ne peut pas faire plus raccord (bon en même temps Sewell baragouinait aussi un drôle de langage dans The tourist) ! Sewell devient alors l'ancien capitaine du Costa Concordia (voilà donc le rapport!) et se retrouve à convoyer un nouveau cargo évidemment de manière lamentable. Il n'y a qu'à voir la tête de Jennifer Connely quand il cause italien pour rigoler un bon coup! Alala c'est pas l'homme qui prend la mère c'est la mère qui prend l'homme, tintintin...

Je terminerais cette cuvée par son dernier grand détournement (même si celui d'Interstellar est bien rigolo aussi) par La mémoire de Johnny. Il est d'ailleurs ironique qu'elle soit diffusée le 2 février car si vous vous souvenez bien ma cuvée spéciale Matrix était publiée le lendemain (cf Cuvée matrice) ! Ah le hasard du calendrier. Vous vous souvenez certainement tous de la séquence ridicule où Morpheus cause devant le peuple de Zion avant une orgie monumentale sur fond de techno parasite. Mozinor le remet à son compte en faisant chanter Morpheus... du Johnny! L'occasion de belle approximatisations avec la voix bien grave de Mozinor. Gabrielle devient Adrienne (Rooooooooooockyyyyy!), le pénitencier devient le "pénis entier", Que je t'aime se mixe avec Toute la musique que j'aime... Hé oui Morpheus est la seule mémoire des chansons de Johnny et il faut bien dire que c'était déjà assez! Allez à la semaine prochaine!

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08 avril 2015

Real tv fuck yeah!

Brad et Janet se retrouvent à participer à une émission de téléréalité afin de retrouver la flamme...

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Des sequelles improbables on en a déjà vu, rien que le genre du slasher en regorge (ah Halloween 6 et Michael Myers donnant sa semence à sa nièce pour une secte! Ah Scream 3 jouant à fond sur la mise en abîme foireuse). Mais dans le musical il est très rare que cela arrive. On peut même parler de cas très à part si l'on ne compte pas la misérable trilogie High School Musical. On peut compter facilement Grease 2, Stayin Alive ou encore Shock Treatment. Ce dernier est une vraie curiosité en son genre et fait office de véritable fantôme. Même les fans de l'original ne semblent pas le connaître. Quasiment introuvable en dehors d'un possible coffret DVD avec l'original; quasiment pas noté sur les sites IMDB et Rotten Tomatoes (5 votes alors que l'on parle d'un site jouant sur les notes); et une page Allociné quasiment vide en dehors du casting et d'une seule critique spectateur datant de 2012. Votre cher Borat doit même avouer l'avoir découvert de la plus simple des manières en regardant sous la fiche de l'original la mention "suite". Etant accompagné, mes amis étaient aussi subjugués que moi et le soir même un d'eux et moi regardions bien attentivement la chose en téléchargement (comme quoi cela sert parfois hein?). Shock Treatment est la sequelle du Rocky Horror Picture Show même si certaines choses ont radicalement changé et notamment en ce qui concerne le casting.

Jim Sharman toujours à la réalisation, Richard O'Brien devant la caméra et à l'orchestration, Patricia Quinn, Charles Gray et Nell Campbell sont de retour; mais Brad et Janet changent d'interprète. Sharman voulait dans un premier temps donner le rôle de Brad à Tim Curry (!) mais ce dernier déclinera, puisque Brad Bostwick n'était pas libre; et Susan Sarandon demanda un cachet beaucoup trop gros pour le budget du film (certes le premier a fini par se rembourser mais on parlait d'un petit film qui s'est rentabilisé par les Midnight Movies). Brad sera incarné par Cliff De Young (dont l'un des faits d'armes a été de jouer dans le merveilleux Carnosaur 2 produit par Tonton Roger!) et Janet par Jessica Harper qui avait déjà goûter au musical avec Phantom of the Paradise, mais était aussi connue pour Suspiria de Dario Argento. Shock Treatment a beau être une séquelle de Rocky Horror, il n'a strictement rien à voir avec en dehors des personnages de Brad et Janet. Après avoir été sérieusement décoincés par Frank N Furter (Brad se découvrait des atours sexy quand Janet se trouvait "very dirty and pretty"!), le couple a mal passé le cap du mariage et commence sérieusement à sentir l'ennui. Janet a alors la merveilleuse idée de les amener dans une émission pour les couples en danger.

Brad est laissé en camisole de force quand Janet commence à nouveau à s'épanouir en devenant une sorte d'Audrey Hepburn (le look de Jessica Harper permettant davantage cela) sous médocs! On ne voit donc quasiment pas Brad, le film mettant énormément l'accent  C'est alors que Sharman et O'Brien amènent à une grosse critique de la télévision et plus particulièrement de ce que sera la téléréalité, ce qui fait de Shock Treatment une sorte de précurseur dans le domaine au même titre que Le prix du danger d'Yves Boisset. Pour cela, le réalisateur et le compositeur ne changent jamais de décor et surtout amène à une émission d'enfermement, le manoir de Frank N Furter laissant place à un plateau de télévision monumental avec café, public qui ne change jamais de place ou très peu, plateau, coulisses immenses et jamais montrées au public et évidemment le grand manitou. Un producteur étrange dont on ne sait rien avant le grand final WTF et typique de ces nababs de télé avec le gros cigare dans les dents. On ne quitte jamais cet endroit pas même pour aller à l'extérieur, le réalisateur donne lieu à un sentiment d'étouffement où seul Brad et Janet peuvent en sortir définitivement comme ils en sont rentrés. Même le public semble à la ramasse tellement omnubilé par ce qu'il voit plutôt que par la réalité. Ses réactions sont donc assez futiles. 

Le film multiplie aussi les personnages fantasques à l'image du docteur incarné par O'Brien, sorte d'évolution en plus frappadingue de Frank N Furter. Et évidemment, il a droit à ses petites infirmières qui ne sont autre que Quinn et Campbell. Sans compter un présentateur aveugle qui recouvre par hasard la vue! Soit un beau monde fort débridé qui est montré rien que sur la séquence Lullaby, prouvant que Sharman et O'Brien n'ont pas oublié l'aspect sexuel gourmand et croquant (je vais finir par avoir droit au copyright "Cyril Lignac"), via un travelling de droite à gauche puis de gauche à droite . Pour ce qui est de la musique, on retiendra moins de chansons comme c'était le cas dans le Rocky Horror Picture Show, mais l'ensemble a le mérite de changer aussi de direction artistique. Au revoir le rock'n roll des 70's, bonjour le pop rock de la bande FM 80's. Le son est plus calibré mais il n'en reste pas moins que l'ensemble tient encore très bien la route. Preuve en est un titre comme Duet duet duel monumentalement burné (Brad et le nabab s'affrontent et le nabab sort le succulent "Tu as perdu ton bébé (donc Janet -NDB) quand tu as perdu tes boules!"). La chanson titre est un pur "tube en puissance", ce qui compte tenu du peu de reconnaissance de cette séquelle est quelque peu triste. La voix de Jessica Harper est très grave de celle de Susan Sarandon qui forçait énormément sur les aigus, permettant un changement radical comme Nell Campbell jouant moins sur le côté excentrique pour jouer sur des aigu plus légers. Quant à De Young, il fait un boulot d'enfer pour ce qui est du changement de voix radical. 

Une sequelle jouissive et coup de poing injustement méconnue. A réhabiliter d'urgence!

07 avril 2015

Musical fuck yeah!

Brad et Janet entrent dans l'antre du Dr Frank N Furter et auront bien du mal à en sortir...

Au cours des 70's, la comédie-musicale évolue passant à un statut plus adulte, moins enchanteur, moins familial. Hair laisse entrer le soleil; les Who s'attaquent à l'opéra rock avec l'histoire d'un aveugle et sourd champion de flipper avec le furieux Ken Russell aux commandes; Grease et La fièvre du samedi soir parlent de cul en long en large et en travers (surtout sur ce dernier); Liza Minelli enchaîne les cabarets aussi bien en Allemagne nazi qu'à New York; le Christ devient une superstar; et en France pour ce qui est du spectacle, Michel Berger arrive en ville et fait changer tout le monde de trottoir. Pourtant la plus culte est peut être celle qui a eu le moins de succès à l'époque, ce qui relève de l'improbable de nos jours. Votre cher Borat parle bien évidemment du Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman, sorti en 1975. Production Fox basée sur le musical de Richard O'Brien, le film ne marche pas mais gagne en audience lorsque les cinémas décident de le passer à minuit. Ce phénomène que l'on appelera plus communément Midnight Movies permettra à des films plus underground d'avoir une audience encore plus considérable, comme ce fut le cas d'El topo d'Alejandro Jodorowsky, Eraserhead de David Lynch ou Pink Flamingos de John Waters. Un peu plus friqué qu'eux, le Rocky Horror Picture Show reste pourtant une pièce digne de ce nom dans cette forme de distribution. Depuis, le film est devenu culte pour plusieurs générations de spectateurs et les séances de ce film partout dans le monde depuis sa sortie provoquent des vagues d'excitations spectaculaires avec des spectateurs venant déguisés en Frank N' Furter ou chantant les chansons de bon coeur.

Des images que l'on peut voir par exemple dans les films Fame d'Alan Parker (encore une comédie-musicale tiens!) ou Le monde de Charlie de Stephen Chbosky (permettant aux jeunes hommes de voir autre chose d'Emma Watson que la sorcière planquée dans ses bouquins). Par ailleurs, sachez que normalement votre cher interlocuteur risque fort de s'y risquer le 20 avril prochain (mais nous en reparlerons en temps voulu)! Le film a même eu droit à une superbe édition BR pour son anniversaire, ce que n'ont jamais eu droit les films suscités en France. La force indéniable du Rocky Horror Picture Show est de mélanger différents genres dans un cocktail frappadingue et jouissif. Ainsi, on relève du gothisme, du musical (vous ne vous y attendiez pas hein? -NDB), de la science-fiction, de la romance... Bienvenue dans l'univers de la comédie-musicale la plus frappadingue de l'histoire, probablement une des plus underground aussi. Le générique impose le ton, faisant que nous ne sommes pas devant un musical à part entière. Fond noir, bouche de Patricia Quinn qui ressort et la voix de Richard O'Brien qui se glisse dessus pour chanter la magnifique chanson Science fiction double feature. Une mise en condition qui nous apprend les noms des différents personnages tout en évoquant le mélange des genres avec ce programme coupé en deux films. 

Avec Damn it Janet, le réalisateur Jim Sharman et le compositeur Richard O'Brien se payent merveilleusement toutes les romances cul cul qui parsèment les comédies-musicales depuis leur création. Deux cul bénis vraisemblablement pas réunis pour rien avec Janet qui a très envie mais pas encore trop et Brad qui veut l'épouser mais est sévèrement gauche. Sans compter que lors de ce tableau la peinture American Gothic de Grant Wood est ouvertement cité par des figurants ressemblant comme deux gouttes d'eau aux personnages représentés. L'aspect cul cul est intensifié par la chanson Over at the Frankenstein place qui est ouvertement romantique et semblant sortir d'un film à la Grease (on pense rapidement Summer nights) et ce malgré le manoir type Frankenstein bel et bien visible sous la pluie. Sharman ose même la mise en abîme avec le personnage de Charles Gray
servant de narrateur improbable et interragissant avec le spectateur au cours du film comme lors de la chanson jubilatoire Time warp, où il indique au spectateur les pas de danse! Le décor s'avère changeant passant d'un manoir purement gothique que l'on pourrait croire sorti d'une nouvelle d'Edgar Alan Poe à un véritable laboratoire avec même piste pour faire de la moto, avant un énorme cabaret avec la RKO en point d'honneur! Même sur ce point, Sharman et O'Brien orchestre un mélange des genres absolument jouissif, faisant voyager le spectateur dans une sorte de train fantôme imprévisible.

Puis débarque comme un cheveu sur la soupe le fameux Frank N Furter, le plus grand rôle de Tim Curry avec It et Darkness. En quelques secondes d'appartion, Curry explose en scientifique travesti (et mortellement sexy en porte-jaretelle et corset! Non Borat ne change pas de bord! -NDB) de Transylvanie (encore une belle référence à la littérature gothique que voilà!) et avec une voix dantesque. Un personnage atypique comme si Victor Frankenstein avait découvert les joies des pull à amidon chers à Ed Wood! Et surtout ce personnage met à rude épreuve notre duo si cul cul la praline jusqu'à maintenant. Ainsi lors d'une scène identique, il se permet de faire des avances aussi bien à Janet qu'à Brad, donnant lieu à une véritable pignolade en puissance (après tout, est-ce que sucer c'est tromper?!). Et puis il y a aussi le personnage titre le fameux Rocky Horror qui n'est autre que la créature libidineuse de Frank N Furter qui a une libido hors de contrôle alors qu'il n'a que sept heures au compteur! Le final s'avère aussi foutraque que le reste du film évoquant aussi bien King Kong (référence à la RKO studio l'ayant produit et présent par son logo) que La fiancée de Frankenstein. Le spectateur est donc face à une oeuvre musicale sans précédent parlant ouvertement de sexe sans avoir une quelconque censure et à la réalisation terrible. Clairement on en redemande et c'est ce que Sharman et O'Brien ferront par la suite...

Immédiatement culte dès qu'on la voit, une comédie-musicale incontournable de par son irrévérence, ses références et ses chansons merveilleusement déviantes.

06 avril 2015

Baboulinet, Paulo, Statham, Snake et "viagra à franchise"

Edgar Shaw veut venger la mort de son frère et compte bien faire payer Dom Torreto et sa bande...

Fast & Furious 7 : Affiche

Dire que le dernier Fast and Furious fut loin d'être une partie de plaisir serait un euphémisme. Il est toujours dramatique de perdre un de ses acteurs en plein tournage, Alex Proyas comme Terry Gilliam en savent quelque chose et James Wan peut se rajouter à cette liste. Il n'en reste pas moins que tout a été fait pour sauver le meuble. Retournement de trame, tournage arrêté puis repris, Paul Walker remplacé dans les rushs shootés après sa mort par son frère avant une numérisation par les studios Weta (qui s'avère correcte surtout qu'au contraire de Brandon Lee, Walker n'avait pas de maquillage spécifique sur le visage), sortie évidemment repoussée de l'été 2014 à printemps 2015... Furious 7 a failli ne jamais voir le jour, certains auraient pu s'en réjouir, il n'en reste pas moins que depuis le cinquième volet, les choses ont plus ou moins changé. Après quatre volets naviguant entre le remake de Point Break, le nanar grotesque bigger & louder et le navet pur jus; le cinquième volet prenait une autre direction: celle du film de potes. C'est ainsi que désormais on retrouvera toujours la même clique: Walker, Vin "Baboulinet" Diesel, Jordana Brewster, Ludacris et Tyresse Gibson. Si Michelle Rodriguez est revenue par le miracle du saint esprit (c'est le cas de le dire), Gal Gadot (qui sera la première Wonder Woman du cinéma) et Sung Kang ont laissé leur tablier plein de cambouilli. Et si en plus vous rajoutez le "viagra des franchises" The Rock, le compte y est.

Fast & Furious 7 : Photo

Le sixième volet continuait dans cette mouvance en acceptant parfaitement la folie furieuse pour un spectacle jouissif et fun. Ce septième volet repousse encore cela en jouant sur le cocktail du "plus c'est con plus c'est bon", renvoyant aux divertissements des 80's dans toute leur côté bourrin et fantasque. Clairement, le scénariste Chris Morgan n'en a plus rien à foutre et c'est en cela que cela devient presque génial! Un artiste martial qui démonte un ricain? Check! Une catcheuse qui se fout sur la gueule avec le garçon manqué préféré d'Hollywood? Check! Un ancien catcheur superstar contre un ancien nageur bourrin? Check! Une opération qui commence avec des voitures dans les airs et se finit en cascades en tous genre? Check! Un bolide qui va d'immeuble en immeuble? Check! Des explosions en pleine ville? Check! Autant dire que Furious 7 sort l'artillerie lourde, en tous cas bien plus que le vulgaire Expendables 3. Les mecs n'en ayant plus rien à faire, plus question de faire dans le sérieux et le subtil! Plus de logique, on y va à l'instinct! Et c'est en cela que Furious 7 fait plaisir en devenant un plaisir coupable à gros budget par excellence, du genre qu'on est content de voir au cinéma.Il n'y a qu'à voir la première apparition de Jason Statham pour s'en rendre pleinement compte.

Fast & Furious 7 : Photo Jason Statham

"Vin j'ai de bonnes relations avec les français et t'as manqué de respect à Matthieu Kassovitz. Je suis venu le venger."

(attention spoilers) Le mec est à l'hôpital pour voir son frère et on le voit petit à petit en train de se faufiler dans le bâtiment. Ce qui pourrait s'avérer banal si le lieu n'était pas en ruine et jonché de cadavres! (fin des spoilers) Rien que par cette introduction, James Wan en fait un mythe à lui tout seul, soit tout ce que l'on demandait avec l'annonce d'un Jason Statham dans un film nommé Fast and Furious. Et autant dire que le transporteur s'en donne à coeur joie faisant autant siffler la poudre que se foutre sur la gueule avec Baboulinet! D'ailleurs, ce dernier assume enfin pleinement son statut de star de film d'action régressive, sortant des punchlines philosophiques à tord et à travers, faisant presque regretter la prose de Tonton Sylvester! Autant dire que dès qu'il ouvre la bouche, le spectateur sait qu'il va rigoler. Autant sur les Riddick le fait qu'il soit monolithique reste logique, autant sur les Fast and Furious cela devient un peu plus gênant. The Rock y va à fond dans la grandiloquence à la Schwarzy et ce pour notre plus grand plaisir. Quant à Kurt Russell, alors que l'on pouvait croire à un banal caméo l'ami Snake a pourtant un rôle bien visible et pas celui du père Shaw comme beaucoup de rumeurs le faisaient croire. Il s'agit ni plus, ni moins d'une sorte d'agent de la NSA avec commando d'élite à son compte pour démonter des vilains salauds en puissance dirigés par Djimon Hounsou (qui cabotinne merveilleusement en colonel terroriste), amenant donc à une sous-intrigue ahurissante de logique! 

Fast & Furious 7 : Photo Kurt Russell, Paul Walker, Vin Diesel

Paulo, Baboulinet et Snake Plissken.

De quoi bien rigoler en pensant à ce cher Snake Plissken, l'insoumis en cuir et gachette à la main. Il n'en reste pas moins que l'ancien borgne tire toujours dans tous les coins et sort des punchlines à foison. Et évidemment, comment parler de ce film sans évoquer Paul Walker.  Sa mort a provoqué un changement radical de script et des modifications inévitables. Il fallait donc trouver une conclusion pour le personnage. (attention spoilers) La transition vers la fin apparaît logique dès son premier plan: Brian dans un monospace parvenant difficilement à lever le pied. On ne peut pas faire plus logique. Alors certes James Wan et Chris Morgan n'ont pas voulu le faire mourir, ce qui honnêtement aurait été bien plus logique. A la place, ils optent pour une conclusion sans suite avec famille et tout sur la plage, en sachant que le montage insiste énormément sur une scène de téléphone entre Brian et sa femme, comme pour dire que c'est bientôt fini. Le problème étant que le traitement semble dire autre chose puisque l'on a vraiment l'impression que le personnage de Brian O'Conner n'est plus là et ce n'est pas les rares "paroles philosophiques" de Vin Diesel disant qu'il a perdu son pote mais qu'ils se retrouveront sur la route qui vont changer grand chose. Le traitement n'est pas forcément subtil même si l'on comprend très bien les intentions de la production. En sachant qu'un huitième film est d'ores et déjà annoncé et là où Walker transpirait la sympathie, Diesel en revanche risque de faire rire malgré lui (fin des spoilers) Pour ce qui est de la réalisation, Wan oscille entre séquences bourrines avec beaucoup de cgi (il faut voir le passage des immeubles ou bien le saut de voitures) et séquences vrombissantes à l'image du premier face à face entre Statham et Diesel. Un montage efficace et pas épileptique, réalisé avec efficacité, good job Mr Wan.

Fast & Furious 7 : Photo Dwayne Johnson

"J'en ai plus rien à foutre!" Ah ça Dwayne on l'avait bien compris.

Ils n'en ont plus rien à foutre: fuck the logic, fuck the subtil, fuck yeah et Borat adore ça! 

05 avril 2015

Cuvée Bis #1

La semaine dernière fut chargée pour votre cher Borat et comme on est dans sa Cave et que les murs ont des oreilles, il vaut mieux parler! Ainsi lundi et mardi, votre cher Borat a fait le bourrin puisque c'était le Printemps du cinéma, puisque c'était 3 euros 50 la séance, puisque je n'avais que deux heures de cours Donc six films dont quelques uns déjà abordés à savoir Selma d'Ava DuVerney, la reprise de Merry Christmas Mr Lawrence aka Furyo de Nogusu Oshima, Blackhat de Michael Mann, Big eyes de Tim Burton, Citizenfour de Laura Poitras et Kingsman de Matthew Vaughn pour la seconde fois (d'autant plus apprécié, en VO et non VF et avec mon ami qui ne l'avait pas vu). Mardi matin, c'était le dernier jour de tournage de mon court-métrage de L2 (ne vous inquiétez pas, on en parlera le moment voulu dans la Cave de Borat). Jeudi j'utilisais mes démarques pour aller voir Focus de Ficarra et Requa à 3 euros 50 seulement (comment j'ai fait? Simplement en allant sur le site BNP Paribas, en répondant à une ou deux questions et à donner mes coordonnées. Faites ça l'an prochain!). Et puis vendredi soir, c'était l'occasion pour votre cher interlocuteur de vivre sa première nuit du bis à la Scala (cf Cuvée Cinéma, cinéma). Votre cher Borat a bien failli y aller plus d'une fois, mais il aurait fallu quelqu'un pour l'emmener et le récupérer il y a deux mois. Désormais avec le permis je peux y aller tranquille avec la bonne vieille voiture de la famille.

Depuis quelques temps je suis informé via Twitter des informations concernant ces soirées et comme je vous l'avais montré dans la cuvée sur l'Amnéville Impact j'avais rencontré un dessinateur ayant fait différentes affiches pour l'événement. Elles interviennent à chaque dernier vendredi du mois (à part à noël pour des raisons évidentes vous pensez bien) et le programme peut varier avec deux ou trois films voire autres. Pour vous donner des exemples de cette programmation spéciale et forcément cool (que ce soit pour le fan d'horreur, de bis et autres fantastique science-fictionnelle), à Halloween étaient programmés Réanimator et Le retour des morts-vivants (mais votre cher Borat ne pouvait pas être à Metz et à Thionville vous vous doutez bien); en novembre dernier Massacre à la tronçonneuse (que j'ai vu évidemment à Halloween), Frankenstein Junior (que j'ai vu en téléchargement) et Videodrome (que j'ai vu en DVD); en janvier San Ku Kaï et Flesh Gordon (raah putain de permis!); et le mois dernier Jaws et Jaws 3D en présence de son réalisateur Jon Alves (l'ironie veut que je n'ai pas pu y aller car pas le permis, alors que je l'ai passé le jour même!). Car oui il arrive d'avoir des intervenants. Jean-Pierre Putters, Rurik Sallé (membres historiques de la Mad Movies Team et depuis à Metaluna) et le duo Maury-Bustillo étaient venus à l'époque pour Aux yeux des vivants; et Jerome Wybon avait fait le déplacement en janvier dernier lui qui a publié récemment un livre sur les space-opéras baptisé La guerre des étoiles (je vous rassure, pas de Star Wars).

Cette fois-ci c'était le réalisateur Romain Basset et l'acteur et surtout chanteur Murray Head (les plus vieux connaîtront surement à moins que...) venus présenter le film Horsehead. L'occasion pour les deux intervenants de parler un peu, beaucoup, passionnément! Murray Head évoquant ses relations avec la fille de Terrence Fisher (!), Romain Basset d'évoquer le fait d'employer l'anglais pour toucher un plus large public et notamment à l'étranger (le cas de Philippe Nahon fut notamment évoqué comme le fait que le film soit tourné en France). Le réalisateur a également évoqué le temps de gestation, preuve encore une fois de la difficulté de réaliser un film de genre dans le pays de George Franju. Un travail qui a commencé en 2011 et s'est terminé pour son réalisateur en septembre dernier. Par ailleurs, le film aura droit à une diffusion un peu à l'image de Goal of the dead l'an dernier, à savoir passer de ville en ville, de cinéma en cinéma afin de lui donner une exploitation sympathique avant de finir en DVD. Au vue de la salle qui réunissait environ quatre-vingt personnes, on peut dire que c'est plutôt pas mal, surtout que le Scala est un cinéma d'art et d'essai de seulement deux salles en comparaison du mastodonte belge Kinépolis.

Horsehead : Affiche

En sachant que j'avais déjà entendu parler du film par sa bande-annonce que le site Filmsactu (une de mes nombreuses sources sur le web) mais sous son premier titre, à savoir Fièvre. Le film met en scène une jeune femme faisant des études sur les rêves et particulièrement les rêves conscients dans le but de se délivrer de cauchemars répétitifs. Le fond s'avère classique abordé notamment dans Dreamscape (où Dennis Quaid pouvait aller dans les pires rêves du président des USA afin de les extirper) et la trame initiale a déjà été vu (le retour à la maison). Quant au film, il accumule beaucoup de références et même si le réalisateur dit ne pas y avoir penser, il n'en reste pas moins que certaines références s'avèrent très évidentes. C'est le cas notamment des jeux Silent Hill et particulièrement le personnage de Pyramid Head. Ainsi le personnage d'Horsehead, figure diabolique du rêve, ne s'avère pas loin dans ses actes de la créature dégueulasse du jeu-vidéo et même son instrument de cauchemar s'avère assez similaire. Il n'en reste pas moins que son utilisation est fort bien gérée et graphiquement s'avère aussi impressionnant que la créature qui a inspiré un certain Christophe Gans (on reste entre français). Rien que sa dernière apparition est d'une beauté gore sans précédent surtout dans le paysage horrifique français.

Tout ce qui concerne les rêves est également de qualité. S'il reprend le principe d'aller dans un rêve pour sauver quelque chose comme dans Dreamscape, il n'en reste pas moins que la méthode de rêve éveillé est très intéressante. Ainsi l'héroïne utilise des moyens comme l'hypnose ou la focalisation sur différents éléments (une photo, des mains...) afin de ne garder que le rêve en tête. Basset propose également deux options à son héroïne: soit elle suit le loup qui lui permettra de rester dans le droit chemin, soit elle s'aventurera dans les eaux troubles du cheval. Une dualité très bien mise en avant au cours du film et notamment dans le dernier quart d'heure. Sans compter que les questions d'incestes familiaux sont explorées de manière juste et fantasque à l'image des rêves. Il y a donc une légitimité à ce que la mère de l'héroïne est représentée à son image actuelle (soit sous les traits de Catriona MacColl, muse d'un certain Lucio Fulci qui la dirigeait dans L'au delà notamment) ou que son grand-père se retrouve avec une voix sortant d'outre-tombe. Vu que nous sommes dans un rêve, les vérités ne sont pas forcément révélées de manière logique, renvoyant encore une fois à quelque chose d'intéressant. Dans l'ensemble les acteurs jouent bien et notamment la miss Lilly Fleur Pointeaux en plus d'être ravissante (d'ailleurs le réalisateur a dit qu'il avait droit au full frontal mais en est resté au haut!). En tous cas, voilà une production de genre français qui fait plaisir à voir, en espérant que son réalisateur continuera dans cette voie là.

Deuxième film de la soirée avec The Oregonian de Calvin Reader, datant de 2011. Changement radical d'ambiance même si nous restons dans le bizarre. Plus de rêve ici ou tout du moins on pourrait penser à un rêve éveillé de l'héroïne causé par un traumatisme frontal. The Oregonian sent bon le gros ofni de service mais n'a clairement pas le même bagout qu'un film de David Lynch. Evidemment il ne s'agit pas de jouer sur ses plates bandes, mais clairement pas de quoi s'emballer devant cette production ne savant clairement pas où elle va et accumule les excentricités. Par exemple, on prenant des faux airs de Massacre à la tronçonneuse (et repris depuis dans The devil's rejects) avec ce personnage accumulant les rencontres et constituant petit à petit une bande. Alors on a de tout: le petit gros qui pisse vert, bleu, jaune, noir (non ce n'est pas une blague); le mec en costume vert; un mec au visage couvert de bandage; une vieille qui a le sourire aux lèvres (valant un beau lot de fous rires aux spectateurs dans la salle, votre cher Borat en tête); deux filles et un mec qui fait des cocktails bizarres! Evidemment dit comme ça, cela peut paraître rigolo pour un road trip. Sauf que le film accumule les longueurs en pagaille sans jamais réellement avancer. Le temps paraît donc assez long au bout d'un moment.

The Oregonian : affiche

Pareil pour ce qui est de la technique qui n'a rien de réellement extraordinaire, le film ressemblant aux canons du cinéma indépendant ricain typique. Le réalisateur n'hésite pas non plus à faire comme les Rodriguez et Tarantino avec des entractes faisant office de brûlure d'image en pagaille comme des traits. Un aspect vite pénible et pas des plus fun dans ce voyage étrange. Votre cher Borat a passé une bonne soirée et compte bien réitérer le coup ce mois-ci le 24 plus précisément pour un rendez-vous beaucoup plus bourrin que les chers lecteurs de ce blog connaissent (et dont les bandes-annonces ont servi de jubilatoire avant-programme). Allez à la semaine prochaine!

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01 avril 2015

Disney remake Disney

Depuis quelques temps, les studios Disney sont partis sur une spirale infernale de refaire leurs films d'animation en film avec des acteurs. En 1996, ils commençaient avec le sévère Les 101 dalmatiens produit par le regretté John Hughes vraisemblablement peu en forme à cette époque. Puis vint le sinistre Alice au pays des merveilles aussi burtonien que moi gynécologue (prends-toi ça dans la trompe Borat!), Maléfique revisite angelinajoliesque de La belle au bois dormant et enfin Cendrillon ces derniers semaines dans tout son kitsch naturel. En sachant que sont déjà prévu Le livre de la jungle de Jon Favreau (en concurrence avec le projet d'Andy Serkis pour la Warner, anonciateur d'un délire à la Blanche Neige dont on se serait bien passé) avec Bill Murray, Idris Elba ou encore Christopher Walken pour 2016; La Belle et la Bête version musical réalisée par Bill Condon avec Emma Watson en rôle titre; le remake de Peter et Elliot le dragon avec Robert Redford; et l'impayable Dumbo live fourni par un Tim Burton vraisemblablement ivre quand il a signé son contrat. Par ailleurs, aussi ironique soit-il, le sketch jubilatoire du Saturday Night Live avec The Rock en Bambi a été diffusé deux jours avant l'annonce de Disney de faire un film live de Mulan. En sachant que l'original n'était déjà pas épique, on imagine très mal Disney faire autre chose qu'un PG-13.

Par la même occasion, Disney a aussi annoncé deux très gros projets bien plus précis mais tout aussi casse-gueule. Cru des années 80 pour le moins mesestimé, Basil détective privé ou The great mouse detective va bénéficier d'une adaptation avec des acteurs. Basil sera donc le voisin de Sherlock Holmes et ne sera donc plus une souris habitant en dessous de chez lui. Par la même occasion, Dawson se trompera de maison et attérira chez Basil. Pour le reste rien n'est changé, mais étant donné que votre cher Borat est un grand fan de cette transposition gourmande et croquante du maître des détectives (souvenez-vous de ce grand moment de rigolade perverse où Dawson se soule et va danser avec des chanteuses-danseuses de cabaret sur le titre Laissez moi vous gâter!), le Borat a peur d'autant plus que Disney veut s'aventurer dans le musical encore une fois. Et pour cela ils ont semble-il engagé des pointures en la matière, puisqu'ont déjà participé à l'exercice. Ainsi, Basil de Baker Street sera joué par Hugh Jackman; Dawson par Bill Murray (encore une fois chez Disney, après avoir incarner Baloo pour Jon Favreau); et Russell Crowe en Ratigan. De là, à imaginer un duel chanté type "My name is Basil from Baker Street! -And i'm Ratigan, don't you forget my name! Don't you forget me, Basil from Baker Street!", il n'y a qu'un pas que votre cher Borat n'a pas envie de faire.

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Mais encore plus fou, Disney désire revenir au Roi Lion dans une version live. On resterait donc en Afrique mais en gardant les traditions évoquées reprises d'Hamlet. Et là aussi le casting est pour le moins spectaculaire. Le pire étant de voir autant de talents dans un projet aussi surréaliste...

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Ty Sheridan (Joe et futur Cyclope de X Men Apocalypse) sera le prince Simba.

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Hugh Jackman sera le noble Mufasa.

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Michael Fassbender sera le fourbe Scar.

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Chloe Moretz sera la jolie Nala.

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Bill Hader sera l'oracle Rafiki.

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Et enfin le duo culte Jim Carrey-Jeff Daniels pour le duo comique Timon et Pumbaa.

Même si les dates de sortie ne sont pas encore évoquées, on peut quand même se demander jusqu'où va aller Disney dans les réadaptations de ses propres chefs d'oeuvre. Peut être La belle et le clochard avec Jessica Chastain jouant de son spaghetti avec Matthew McConaughey entre deux constellations? Ou Aladdin en musical avec le mec qui vient de se barrer des One Direction en rôle-titre et Selena Gomez en Jasmine? Il n'y a qu'un pas après tout. Allez chers lecteurs passez quand même un bon 1er avril, jour où on aime particulièrement le poisson dans le dos!

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Tonton Borat, farces et attrapes. Appelez-le il vous gâtera!

29 mars 2015

Une vérité qui dérange

Il n'est pas étonnant qu'un réalisateur comme Oliver Stone se soit intéressé au cas d'Edward Snowden. Le réalisateur ayant rythmé les années 80-90 par des oeuvres virulantes sur la Guerre du Vietnam ou sur les dossiers brûlants (JFK) se lançant dans un biopic où Joseph Gordon Levitt incarne "l'un des plus grands traîtres américains" paraît même évident. Néanmoins, il s'est fait griller la politesse par un documentaire avec Oscar à la clé et produit par Steven Soderbergh. Citizenfour est un film qui s'est fait indirectement et pour tout dire a été tourné en plein fait divers, ce qui est suffisamment rare pour le souligner. C'est aussi cela qui fait que Citizenfour est important. Il se trouve être un témoignage en direct d'une bombe à retardement imprévue et risquant d'être spectaculaire quand elle explosera. Au départ, le documentaire de Laura Poitras s'apparente à une enquête sur la NSA et ses magouilles. La réalisatrice a par ailleurs un point de vue intéressant puisque reprend l'aspect du journal intime ou du journal de bord. Tout ce qu'elle fait ou écrit en rapport avec le documentaire est montré à travers une série d'écritos durant le film. Ce qui amène le spectateur à avancer petit à petit comme la réalisatrice. Plusieurs extraits de conférences font effet de véritable ironie au regard des réponses ahurissantes de représentants de l'agence gouvernementale des USA.

On croit même à une blague quand l'un d'entre eux dit qu'involontairement il se peut que des citoyens américains aient leur smartphone ou mails surveillés. Puis Poitras suit le journaliste du Guardian Glenn Greenwald qui vraisemblablement a trouvé la source intéressante. On parle alors d'une rencontre de huit jours à l'origine, elle dura moins de six. La source est bien sûr Edward Snowden, ce jeune homme de vingt-neuf ans travaillant pour la NSA. La réalisatrice tout comme le journaliste ne savent pas qui est leur interlocuteur commun, ils vont le découvrir petit à petit et participer involontairement à un scandale monumental. Ce scandale ce sont les déclarations de Snowden à propos de la NSA, soit la divulgation du fait que la NSA espionne continuellement les citoyens américains (voire mondiaux comme il sera dit plus tard dans le film) par différents moyens (et notamment des drones, soit ce qui est illégal pour un citoyen, cherchez l'erreur). Dans un premier temps, l'affaire n'est pas relayée ou tout du moins on ne divulgue pas le nom de la source. Les informations sont donc prises très au sérieux par les médias, puis vient la divulgation de l'identité de la source. C'est là que le documentaire prend une tournure inattendue. Là où jusqu'à maintenant, le spectateur était face à un traitement de fond, une enquête, il passe à un genre plus fictionel: le thriller.

Citizenfour : Photo

Il n'est plus une question d'enquête, ni même d'un rendu journalistique, mais de l'analyse d'une traque médiatique incroyable. Malgré quelques longueurs (notamment lorsque la réalisatrice filme Snowden ne faisant rien ou tapotant sur son clavier d'ordinateur), la réalisatrice montre bien l'isolement progressif face à laquelle se retrouve Snowden. L'absence de sa compagne qu'il a abandonné pour faire ses déclarations, la NSA finissant par aller la voir, son camouflage face aux journalistes ou caméras pouvant le filmer ou l'interviewer à foison, le passage inévitable par un avocat... Tout cela est montré avec minutie et quand Snowden n'apparaît plus pour cause de sécurité (Poitras a dû arrêter son séjour à cause de la pression des médias), elle suit en revanche Greenwald lui aussi sujet aux pressions à cause de ses divulgations (y compris en arrêtant son compagnon à l'aéroport et le garder durant neuf heures), tout comme sa rédaction craignant les ennuis. En soi, cela nous rappelle le film de Michael Mann The Insider: un journaliste aux convictions profondes face à un sujet brûlant qui risque de lui exploser en pleine gueule. Comme votre interlocuteur le disait encore récemment (cf Cuvée manienne), changez la firme du tabac par n'importe quelle multinationale ou autres et The Insider aura toujours du sens. Citizenfour est un peu de cet acabit même s'il reste dans son sujet et il fait terriblement peur. Il fait peur car la NSA est partout y compris en Europe et qu'elle est capable de faire passer un homme pour un "traître" parce qu'il a osé dire une vérité qui dérange. Un témoignage qui n'en devient que plus important.

Citizenfour : Photo

Un journal de bord fascinant et impressionnant sur une affaire qui fait peur. Ayez peur, ayez très peur...

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28 mars 2015

Tim a coulé avec des yeux plus gros que le ventre

L'histoire d'une peintre et de son faussaire de mari...

Big Eyes : Affiche

Il y a des réalisateurs qui à l'instar de Steven Spielberg accumulent les films. Certes tous ne sont pas bons (en prenant exemple sur le réalisateur précité, citons au hasard Le terminal), mais on retiendra toujours les chefs d'oeuvres et les grands films qu'ils ont forgé sur toute leur carrière. Et puis il y a le cas Tim Burton. Lui aussi a accumulé les films suite au succès fulgurant de Batman et Edward aux mains d'argent, accumulé aussi les projets jamais achevés (Catwoman bloqué par Warner voulant vendre des jouets, Superman lives achevé par un script WTF à s'en bouffer les doigts et bien d'autres...) et pire encore est devenu une marque. Encore une fois petite comparaison: Alfred Hitchcock est devenu une marque en se faisant baptiser "Maître du suspense", mais la qualité de ses films n'a jamais changé. Avec Burton, c'est devenu sujet de caricature voire dans le pire des cas, jouer son jeu en faisant mieux que lui. Il n'y a qu'à voir les travaux des studios Laika (que ce soit Coraline de son ami Henry Selick ou ParaNorman) pour s'en rendre compte. Depuis désormais quatorze ans, le fan de Burton ne sait plus où est réellement passé l'emmerdeur de Burbank, celui qui dézinguait à boulets rouges les monuments historiques, coupait les têtes des traîtres forniqueurs, mettait en valeur les freaks...

Big Eyes : Photo Amy Adams

Devenu une marque, Tim Burton ne cesse de décevoir au point que chaque nouveau projet fait désormais peur, ne savant pas à quoi se fier. Mais clairement avec Big eyes et malgré les bonnes intentions que peut avoir son projet Miss Peregrine, votre cher Borat a bien peur de laisser un des cinéastes favoris de son adolescence partir vers les flammes de Burbank. Preuve en est, dois-je rappeler son récent attachement à la réalisation d'un Dumbo live pour Disney? Cela donne vraiment envie il n'y a pas à dire. Dès la bande-annonce de Big eyes, on sentait que quelque chose clochait. En dehors peut être des gros yeux des peintures de Margaret Keane, pas de patte Burton réel, même pas un soupçon de freak à proprement parler. Et surtout la simple mention de Weinstein fait peur à lui tout seul. On sait que le producteur adore le biopic à Oscars, le genre qui peut lui faire ramasser des pépettes. Avec Big eyes il s'est planté (flop total aux USA, pas mieux ailleurs et certainement pas en France avec une distribution aussi mauvaise), mais cette année, Imitation game a rayonné par une fois aux Oscars. Un de perdu, dix de retrouvés. Au pire, il pourra dire qu'il a fait gagné un Golden Globe à Amy Adams. De plus, Tim Burton a dit que l'expérience lui avait bien plu. De là à dire qu'il pourrait resigner pour Weinstein il n'y a qu'un pas...

Big Eyes : Photo Amy Adams, Christoph Waltz

Mais le problème principal du film est que Burton n'a jamais vraiment été impliqué dans Big eyes. On peut même clairement parlé de commande. Il n'a pas lancé le projet comme ce fut le cas sur Charlie et la chocolaterie ou Dark Shadows, il est venu par les scénaristes Larry Karaszewski et Scott Alexander, déjà sur Ed Wood et également Man on the moon. Les cocos savaient qu'avec Burton, ils auraient une aide précieuse et amicale pour dévérouiller un projet bouffé par le development hell depuis plus de dix ans. De plus, initialement le duo devait réaliser le film, renforçant encore plus le fait que Burton a fait le travail digne d'un tâcheron. De là à dire qu'il en est, il y a un pas que votre cher Borat ne franchira pas, mais clairement tout porte à croire que si dans ce cas précis. Rien dans ce film ne fait transparaître la patte Burton. Même dans Frankenweenie son piteux remake de son court-métrage, il y a du Burton que l'on connaît. Et pour prendre une comparaison encore plus problématique, allons directement à Ed Wood. Le réalisateur ne s'est attaqué qu'à deux biopics dans sa carrière et ironiquement ils ont les mêmes scénaristes. A la différence qu'Ed Wood était un projet lancé par Burton et arrivé à un moment où il perdait son acteur phare et ami Vincent Price. Par la relation entre Bela Lugosi et le réalisateur de La fiancée du monstre, il y avait moyen de faire un parallèle inévitable.

Big Eyes : Photo Christoph Waltz, Terence Stamp

Le film de 1994 a également permis à Burton de rendre hommage à un cinéaste ouvertement hué et d'en faire une personnalité encore plus culte à plus large échelle. Une réhabilitation même. Depuis il a évolué et les studios qui lui causaient tant de pertes (Warner son studio historique en est bien la preuve et Disney aussi) lui baisent désormais les pieds. Le talent est-il encore là? La réponse sent bon le négatif devant un biopic aussi transparent et ennuyeux. On suit le film en espérant qu'il se passe quelque chose à un moment. Parfois il y arrive comme avec Margaret Keane en train de travailler dans son atelier aussi secret qu'une boîte de Pandore jamais ouverte; ou même lorsque son mari voit qu'il est un raté complet sans le talent de sa femme. Dans son cynisme, le film parvient même parfois à ressortir quelques pics humoristiques comme lorsque Mr Keane essaye tant bien que mal de persuader sa belle-fille qu'il a peint la pub pour la galerie, alors qu'elle sait très bien que c'est sa mère qui l'a peint en la prenant pour modèle. Malheureusement, le tout est tellement plat que lire une page Wikipédia serait peut être plus pratique. D'autant que le film ne nous apprend absolument rien sur les Keane que l'on ne sait déjà.

Dans son académisme pompier, il en vient même à utiliser la voix-off la plus inutile depuis longtemps. Elle ne sait que répéter des
évidences, en espérant faire du film un conte où l'héroïne finit par se sortir de l'emprise de l'ogre. Le problème étant que le spectateur s'en fout royalement, il s'ennuie déjà depuis trop longtemps. Comme dit plus haut, Burton est tellement devenu une caricature qu'il en vient à signer des plans d'une kitscherie vomitive à l'image de ses "images d'Epinal" avec des San Francisco et Hawaï terriblement clichées. Danny Elfman réussi parfois à sauver son pote avec quelques mélodies, mais finalement on ne retiendra pas grand chose dans le film à moins peut être en écoute libre (2flics tu viens à ma rescousse dans les commentaires?). Si Amy Adams s'en sort plutôt pas mal, Christoph Waltz est insupportable durant tout le film. Il n'y a rien de pire que de voir un acteur qui cause beaucoup d'habitude se mettre au cabotinage des familles, avec gesticulations pénibles à foison. Cela se confirme durant la scène de procès qui ferait passer le tour de force comique de Jim Carrey dans Menteur, menteur pour du Shakespeare! Quant à des acteurs comme Kristen Ritter, Jason Schwartzman ou Terrence Stamp, ils apparaissent de temps à autre sans jamais s'avérer marquant. Inutiles. Par ailleurs, notons la promo gauche de Studio Canal vendant le film "par le réalisateur Tim Burton récompensé aux Oscars" alors qu'il ne fut jamais nommé. Bravo.

Il est dramatique de perdre un cinéaste majeur avec un biopic aussi fade, impersonnel, excessif et ennuyeux.

27 mars 2015

Cuvée Bad Smith

Votre cher Borat a rarement parlé de ses antagonistes dans sa chère cave et ce malgré une cuvée spéciale Michael Bay aussi explosive que le meilleur des suppositoires (aie!). En ces temps de diversion, il était donc temps de parler un peu du soldat Will Smith (bruit de casseroles, merci, merci...). Cela fait depuis bien longtemps que l'acteur n'est plus en odeur de sainteté dans ces colonnes et pour cause, derrière une imagerie d'homme cool dans ses films, l'acteur se révèle beaucoup moins sympathique dans la vie réelle. Pour preuve des anecdotes croustillantes et foisonnantes. Prenons un exemple aussi évident qu'I, robot. Tout dérape dès la pré-production. Akiva Goldsman, pote de Will mais aussi scénariste pitoyable (pour info, on lui doit Batman et Robin, le champ de tomates c'est par ici...), est imposé par Smith alors même que Proyas avait fait un traitement. Sur le scénario, il est stipulé par l'acteur que son personnage doit être cool en tous cas plus que dans le scénario initial ou l'histoire initiale puisque nous parlons d'adaptation dans ce cas précis. 22 vla un beau placement de produit pour Converse que l'ami Smith porte fièrement durant tout le film, y compris dans une scène où il en fait tellement la promotion que l'on croirait voir un des milliers spots de pubs diffusés sur TF1. A cela, rajoutez des pressions supplémentaires sur Proyas qui l'ont fait se faire expulser de la salle de montage par la Fox.

"T'as vu comme je suis un gros dur?!"

Au final d'I, robot, on ne retiendra qu'un film sympathique à voir un dimanche soir où les effets-spéciaux sont superbes, mais dont le traitement aurait été tellement meilleur sans une star pénible derrière le dos de son réalisateur ou un studio capricieux cherchant la poule aux oeufs d'or pour l'été 2004. Mais contrairement à ce que vous pouvez pensé, j'aimais bien Will Smith avant. C'était un acteur branché pour moi, le genre à la cool comme il le véhiculait dans ses films. C'est à l'adolescence et en me renseignant par ci, par là que j'ai entendu tout ces propos à son sujet, ceux d'une star capricieuse cherchant à tout prix à garder une image lisse à l'instar de l'affiche immonde d'After Earth où il est tellement retouché que l'on pourrait croire qu'il a l'âge de son fils! J'ai même été voir la plupart de ses films en salle jusqu'à au moins Hancock. Le problème étant que les films eux-mêmes n'étaient pas tous très bons, voire sentaient pas bons du tout. Il y a ceux dont on le savait déjà et ceux qui vous sautent aux yeux dès l'instant qu'on a vu le pot aux roses. Retour donc sur la carrière de Will Smith et ce que votre cher Borat en a vu. Attention il va y avoir des cadavres à l'horizon.

  • les Bad Boys de Michael Bay

Premier succès pour l'ancien prince de Bel Air (on me dit que Jeffrey remet encore des glaçons dans une mauvaise chanson de Soprano...), Bad Boys c'est le film 90's dans tous ses clichés et que l'on peut résumer en trois mots: Bruckeimer, Bay, explosions. Il y a quelques années, je vous aurais dit le plus grand bien de ces deux films. Aujourd'hui plus du tout. Lors d'une soirée dont votre cher Borat a le secret, il a décidé de revoir les deux à la suite au point d'en être assez retourné. Les films qu'il avait adoré gamin devenaient des navets de la pire espèce. Le premier n'est pas aussi vulgaire que le second mais a quand même son paquet de casseroles gauches, à l'image de Tea Leoni faisant tout pour chauffer les deux flics en service que ce soit avec les fils du téléphone ou des jupes trop courtes pour être honnête (Michael Bay!) ou une fille venant faire des massages en lingerie (Michael Bay!). A cela rajoutez un scénario pauvre se résumant au buddy movie classique avec les deux flics qui ne cessent de s'engueuler durant tout le film, à propos du cul, de la femme de l'un, des conquêtes de l'autre, de la roublardise des chefs, des collègues qu'ils détestent et qu'ils insultent de tous les noms d'oiseaux avant de s'armer avec pour dégommer du méchant.

"T'as vu comme j'ai couru? -J'ai vu surtout comment je t'ai sauvé d'une bagnole à vive allure!"

Et n'oublions pas Tcheky Karyo qui gueule et ça c'est un bon signe, car quand il gueule Tcheky, on rigole! Au moins on en a pour son argent et personnellement je ne m'en lasse pas. Pour en revenir à Smith, il est parfaitement dans le rôle de playboy qu'on lui a donné, roulant des mécaniques jusqu'à se prendre pour Tom Cruise (sans l'atteindre évidemment, on ne bat jamais Tom Cruise, j'ai dit JAMAIS!) dans un sprint! Lui et Martin Lawrence (qui ironiquement aura son nom avant celui de Smith, chose qui changera radicalement sur le volet suivant) cabotinent à mort quand ils ne lâchent pas une vanne lourde. Huit ans plus tard, ils en rajoutaient une couche avec un cru encore plus pénible. D'une vulgarité sans précédant (on en reparle des rats qui copulent?), épileptique au possible (ah la scène à 360° où l'on passe par des trous, où ça tire et s'insulte dans une ambiance bon enfant) et où Michael Bay fait dans le pompage le plus ignoble (une scène de Police Story est copié-collé comme pas possible quand Bay ne reprend pas le plan de son pote Fincher pour passer sa caméra à travers une vitre de boîte de nuit!), Bad Boys 2 se veut bigger and louder comme jamais. Smith joue encore une fois les tombeurs tout en donnant des conseils à son pote en panne d'érection (soupirs) et en se faisant sa soeur par la même occasion. Accessoirement, on le verra aussi baiser sa psy mais sinon tout va bien! A cela rajoutez un méchant cubain à faire pâlir Tony Montana (le mec découpe en morceau un russkof!).

"Alors c'est qui les beaux gosses hein? What's you gonna do?"

Depuis plusieurs années, on parle d'un Bad Boys 3, mais vraisemblablement en dehors de Jerry Bruckeimer personne ne semble vraiment s'extasier de cela. Pourtant cela ferait une belle roue de carrosses pour Smith, idem pour Martin Lawrence qui n'a pas touché au succès depuis un bon moment.

  • Independence day de Roland Emmerich

Là encore on parle d'un film qui a largement bercé l'enfance de votre cher Borat, avant de sentir passer le vent de la révolte. L'avis critique se faisant on remarque souvent certaines choses douteuses et devenant essentielles. Je ne reviendrais évidemment pas sur les scènes d'effets-spéciaux qui restent encore aujourd'hui encore des scènes cultes des 90's de destruction massive. Pour ce qui est de Smith, il cabotine à mort entre deux cigares et fait ce qu'on lui demande de faire. Soit le sidekick afro-américain qui ne cesse de causer pour ne rien dire, qui est militaire et dont la femme est une bombe sexuelle en manque de boulot normal (tout sauf stripteaseuse donc). On lui doit même une des répliques phares du film à savoir "c'est ce que j'appelle une rencontre du troisième type". Bruit de casserole merci. Pour ce qui est du fond, il est au combien problématique. Même si le film se suit bien durant ses deux bonnes heures et vingt minutes, on voit au combien Emmerich lèche le cul des ricains dans une propagande vomitive. Que ce soit par le sens du sacrifice ou le personnage du président ricain, le réalisateur allemand sort le paquet au point de ne voir plus que ça.

"Alors c'est qui le patron?!"

C'est à l'image de ce président sortant de la pénombre pour devenir un héros national en partant à la guerre aux aliens dans un avion de chasse! On ne lui demande même pas s'il sait piloter, il sait piloter. On ne lui demande pas d'être un héros, il est un héros. On ne lui demande pas d'être charmant, c'est un beau gosse. Sinistre à l'image de son titre. Will Smith ne jouera pas dans la suite d'Independence day, ce qui n'est peut être pas un mal artistiquement, mais un gros coup dur financièrement. On parle quand même de la sequelle de l'un de ses plus gros succès, le genre qui lui aurait fait grand bien après plusieurs années de disette.

  • les Men In Black de Barry Sonnenfeld

Will Smith est désormais une star avec deux succès au compteur. Malgré tout, son prochain film sera encore un film en tandem avec Men In Black, adaptation d'un comic-book très méconnu par chez nous. Largement remanié, le film devient une production Amblin dans ce qui se faisait encore de mieux. Smith incarne J un nouvel agent du MIB, cette agence gouvernementale secrète s'occupant des affaires intergalactiques et protégeant le monde des aliens malveillants. Dès lors, le film est un beau délire s'assumant pleinement, où Smith cohabite parfaitement à l'écran avec Tommy Lee Jones et le spectacle est pour le moins d'enfer. Voilà le cas typique de divertissement vraiment sympa que l'on regarde entre potes lors d'une bonne soirée. Et si en plus, Rob Bottin s'en donne à coeur joie dans les créatures, ce n'est que bonheur. Même la chanson éponyme de Smith aussi samplée soit-elle est plutôt sympa à écouter encore maintenant et le clip même s'il a un peu vieilli dans l'insert se révèle encore aujourd'hui plutôt cool. On n'en dira pas autant de la suite. Evénement indéniable au vue de la sympathie du premier film, sa sequelle est une immense bouse recyclant la plupart des traits d'humour du premier jusqu'à faire dans la caricature.

"T'as vu mon gros calibre J? -Je préfère les petits K, ils sont plus efficaces!"

On ne comprend pas les enjeux des méchants, certains disparaissant même de l'écran à l'image de Johnny Knoxville que l'on ne voit plus dès la seconde moitié du film! On ne comprend pas non plus l'utilité de ramener K, ni de faire de J un héros casse-couille qui ne fait que déblatérer des conneries entre deux dragues avec l'alors inconnue Rosario Dawson. Même la chanson de Will Smith est d'un pénible sans précédent. Vraiment à l'image de sa star principale: sévèrement pénible. Quant au troisième volet, après des années de development hell et de couilles dans le gigot (notamment la caravane de Smith ayant coûté une belle blinde), il s'avère pour le moins surprenant. Alors que l'on pouvait s'attendre à la suite inutile et surtout arrivant après la guerre, elle s'est révélée finalement fort sympathique jouant amusemment avec les paradoxes temporelles et oh miracle, Smith se révèle particulièrement sobre. Est-ce dû au processus du film l'ayant épuisé ou une autre raison? On ne sait pas mais votre cher Borat n'aura pas à taper dessus. De là à avoir envie d'un MIB 4 non, mais comme Sony songe sérieusement à lancer un mashup avec 21 Jump Street, il y a des chances de revoir les bureaux du MIB ouverts. Avec Jones, certainement pas, Smith peut être mais là encore cela reste très improbable...

  • Wild Wild West de Barry Sonnenfeld

"Je vous ferais voir ma grosse gondole et ma belle tour de Pise et puis je planterais ma grosse fourchette dans vos raviolis!" (Merci The Mask)

Le duo de Men In Black revient avec l'adaptation des Mystères de l'Ouest à l'été 99. Un gros blockbuster et gros flop à l'arrivée. Même la chanson du film sanplant très maladroitement Steevie Wonder (et on ne touche pas à Steevie!) n'arrive pas à débloquer la réputation de cet énorme navet putassier. Totalement WTF (à l'image vraisemblablement de la série mais bon, ça ne change rien au ridicule de certaines séquences et ne parlons même pas de Kevin Kline en gogo-danseuse!), pas crédible une seconde sur d'autres points (un afro-américain shérif en plein Far West, soit une des périodes les plus racistes des USA et qui plus est aux USA? On y croit!), Wild Wild West est la grosse baudruche par excellence auquelle on songe sévèrement à taper dedans tel une pinata! Par la même occasion, Will Smith prend toute la place à l'écran vu que c'est lui la star désormais. Il a beau partager la place avec Kevin Kline sur l'affiche, Kline n'est pas bankable et ce n'est pas son but. En revanche Smith l'est désormais et ce flop a sévèrement dû faire mal à son ego.

  • Ennemi d'Etat de Tony Scott

"J'aurais pas dû chanter America Fuck Yeah! J'aurais pas dû chanter America Fuck Yeah!"

Beaucoup ont craché sur ce bon Tony Scott avant de le réhabiliter soi-disant lorsqu'il nous a quitté il y a quelques années. Pourtant avec Ennemi d'Etat il touchait au but avec une histoire d'espionnage plutôt pas mal pour un divertissement du dimanche soir. A une heure où la NSA ne surveillait pas encore abusivement les concitoyens américains, Ennemi d'Etat touchait pourtant au but. Des magouilles par ci finissant par tomber entre les mains du personnage le plus improbable (Jason Lee puis Will Smith) et finissant dans une chasse à l'homme. Will Smith en vient même à refaire le coup du "Tom Cruise' sprint" en robe de chambre dans un tunnel! L'acteur se révèle vraiment bien dans un thriller bien moins con qu'on ne peut le penser et vraiment efficace. Pas un film d'action typique de ceux que l'on voit de Tony Scott mais sortant clairement des sentiers battus. Certainement un de ses meilleurs films à coup sûr et un des rares où votre cher Borat ne tapera pas dessus et ce pour rien au monde. Un bon divertissement de ce type voilà une belle aubaine pour un bon dimanche soir.

  • Ali de Michael Mann

"T'en veux encore ou tu veux ma photo Borat?"

On en parlait déjà la semaine dernière, mais voilà un biopic qu'un réalisateur peut réussir à sublimer sans problème. Will Smith s'y est beaucoup investi et cela se voit à l'écran. Utilisant sa gouaille pour incarner un provocateur né pour le ring, il est juste parfait et en soi on peut vraiment parler du plus grand rôle de sa carrière. Je ne développerais pas plus, je vous renvoie à la cuvée précédente sur Michael Mann.

  • Hitch d'Andy Tennant

"Quoi ma gueule? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?!"

Après avoir fait la voix du héros principal du pitoyable Gang de requins (au moins le cliché Will Smith est devenu réalité le temps d'un film d'animation) et fait un caméo bien moralisateur chez Kevin Smith, Will Smith revient avec une comédie romantique par excellence. Le mec est pro en séduction mais ne sait pas séduire les donzelles. Ses méthodes fonctionnent avec les autres mais pas avec lui. Donc on nous montre tout son incroyable trauma se résumant à sa copine ou tout de moins ce qu'il pense se taper un mec dans une voiture sous la flotte! Bouleversifiant. Hitch est la romcom par excellence où l'on devine tout tout de suite et où plus on avance, plus on s'enfonce. Smith fait son cliché de lover et cela plaira aux donzelles et les mecs essayeront de faire pareil. Malheureusement la vie sentimentale est bien moins facile que les conseils de Hitch.

  • A la recherche du bonheur de Gabriele Muccino

"C'est qui le meilleur des meilleurs des meilleurs? -C'est toi papa! -Yes!"

22 vla le biopic qui va faire pleurer dans les chaumières! Un film qui a des bonnes intentions et voyant son personnage principal cherchant à tout prix à se faire une place dans une société le prenant pour un prolo. Et évidemment tout est contre lui que ce soit son proprio le virant à coup de pompe dans le cul ou sa femme le quittant comme un mal propre. Alors certes tout cela est malheureusement vrai, mais le film est tellement larmoyant qu'il en devient bourratif. Il n'en reste pas moins que Smith peut faire un parallèle avec sa propre carrière: parti de rien, il est devenu le roi du pétrôle respecté par les studios, comme son personnage devenant à force de travail a réussi à se reconstruire. C'est très beau, pensez aux fleurs...

  • Je suis une légende de Francis Lawrence

Ouh qu'elle est belle la bête noire que voilà. Traînant depuis des années dans un development hell aussi improbable que les noms assignés (on parle de Paul Verhoeven, Ridley Scott et Arnold Schwarzenegger), l'adaptation du roman de Richard Matheson retrouve un souffle par la présence de Will Smith. Il n'y a rien à moderniser un roman qui date des 60's mais encore faudrait-il en garder l'essence ou même un tant soi peu de visuel. Or, en dehors des décors impressionnants de New York vides, absolument rien visuellement ne convainc le spectateur et le point d'orgue est certainement les créatures attaquant la nuit. Une chose normale dans le roman puisque ce sont des vampires! Or, dans le film, ils sont tellement mal faits que l'on ne sait pas ce qu'ils sont censés représenter. Des zombies? Bien trop expressifs. Des contaminés? Trop moches pour le dire. Quant à Robert Neville, son complexe est totalement modifié au point de ne rien retrouver du personnage du livre. Le fait qu'il ne soit pas blond ni un grand baraqué n'est pas grave en soi, même si cela reste une représentation évidente du personnage. Mais modifier complètement son histoire n'en devient que plus désolant.

Je suis une légende : Photo Alice Braga, Will Smith

Will Smith et les... trucs.

Plus d'alcoolisme on est dans un PG-13, plus de pieux, bonjour les flingues, Neville était faillible, Smith ne l'est quasiment pas en dehors du moment où il est suspendu (et encore il se sauve facilement), sa femme n'est plus morte de maladie, elle se crashe en hélico devant lui... En résulte un produit aseptisé où Will drague un mannequin, balance des répliques de Shrek, fait la morale à son chien, conduit une Ford mustang et joue au golf. Berk. En sachant que pendant un moment, on parlait d'une préquelle exposant les origines du virus. Heureusement pour nous, c'est vite sorti de la tête de la Warner.

  • Sept vies de Gabriele Muccino

Sept vies : Photo Gabriele Muccino, Rosario Dawson, Will Smith

"Hi i'm Willow. We can't dance? -Of course!"

Pire qu'A la recherche du bonheur, voici Sept vies. Encore une belle guimauve pour plaire à la ménagère un bon petit lundi après-midi sur M6 (la chaîne diffuse certains films à la place de ses téléfilms habituels depuis plusieurs mois). Will Smith joue le héros torturé au secret inavouable tragique et découvrant l'amour avec une des personnes qu'il doit sauver. On n'est même pas étonné d'un tel film, bien là pour renflouer les caisses et faire vendre des mouchoirs à foison. C'est tellement caricatural que cela en devient ridicule. Will Smith a le beau rôle tant mieux pour lui, ça a marché, très bien, mais le spectateur lui passera son chemin.

  • Hancock de Peter Berg

"Allez viens boire un tout petit coup à la maison, hop roooooh!"

Terminons ce portrait très détaillé de la filmographie de Will Smith par un de ses derniers succès. Berg est fidèle à lui-même, en bon pompeur il fait son Incassable rencontrant Les Indestructibles. Autant dire que pour l'originalité on repassera. Will Smith se révèle d'abord amusant en super-héros alcoolique, sorte de Superman qui aurait passé trop de temps au bar en repensant à la planète Krypton. Le film se tient plutôt bien jusqu'au passage en prison de Hancock, on regarde d'un oeil bienveillant Will Smith défonçant la gueule de méchants entre deux gorgées de Jack Daniels ou en mettant la tête d'un détenu dans le cul d'un autre (autant dire qu'il l'a senti passé). Une séquence présente sur le DVD le montre même en train de baiser une groupie, lui faisant gentillement comprendre que c'est lui le patron! Mais le film s'enfonce beaucoup trop par la suite dans un sérieux gênant, jusqu'à un rebondissement impliquant Charlize Theron au combien ridicule. Décevant au regard de ce qui a été fait avant et plombant tout le film.

Allez à la semaine prochaine!

"Bon Margot je vais faire un pari. Tu vas voir Borat tu lui fais la cour, comme ça on pourra dire qu'après cette cuvée, il sera plus gentil avec moi. -Avec moi certainement, toi je ne sais pas." A suivre...

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26 mars 2015

C'était Liam Neeson qui avait besoin d'une nouvelle chaudière

Un ancien mafieux protège son fils contre les hommes de son meilleur ami, suite au meurtre du fils de ce dernier...

Night Run : Affiche

Le nanar d'action est devenu trop rare dans le cinéma hollywoodien au point que l'on désespérait d'en croiser un nouveau. Pour 3 euros 50 votre cher Borat a trouvé une petite perle avec Run all night de Jaume Collet Serra qui s'est vraiment plongé dans le film d'action bourrin débile avec Liam Neeson depuis le sympathique Esther. Hé oui, Liam Neeson est tellement devenu une caricature que l'on préfère en rigoler un bon coup et Run all night est bien fait pour cela. Car depuis Taken, Neeson est devenu la figure badass avec un gros flingue dans la main droite et le couteau dans la gauche et sa b... enfin bref que n'aurait pas renié le Charlie Bronson des années Cannon (ou Chuck Norris mais la légitimité de Bronson est plus logique avec le parcours de Neeson). Par contre pour ce qui est des bons films depuis Taken on ne retiendra que The grey. Ce n'est pas avec Run all night que cela va changer mais au moins, dans son ridicule on en rigole. C'est presque un point fort à lui tout seul, car c'est aussi cela le film d'action: rigoler devant des répliques badass à la con ou des scènes d'action improbable ou et prendre son pied (nanardesque en l'occurrence ici). Même si l'action n'est pas excellente, elle n'abuse encore pas trop de shakycam (malgré le passage de l'appartement en flamme soit illisible soit ridicule).

Night Run : Photo Joel Kinnaman

Ce qui n'empêchera pas de rire devant Liam Neeson qui finit par buter un mec qui l'a sévèrement défoncé (même Ed Harris finit par faire une vanne dessus disant que le bonhomme faisait plus de kilos que lui et aurait dû le démonter!) ou le même Liam chargeant son fusil avec caméra embarquée (ne riez pas, c'est Hollywood!). Mais là où le film atteint des sommets dans le grand nanar de compétition, c'est dans son contexte initial dans tout ce qu'il a de plus subtil et improbable. Pour cela, votre cher Borat va vous raconter une petite histoire à la manière de ce cher Père Castor. Liam Neeson s'est réveillé un beau matin avec une chaudière cassée, alors qu'il a décidé d'aller le fils de son pote mafieux pour un prêt. Bon avant cela il s'est bien bourré la gueule avant de faire un petit coma éthylique. Mais comme il faut une caution alors il accepte de faire le Père Noël pour la soirée chez son ancien pote mafieux qui n'était pas au courant. Il est tellement bourré qu'un petit dit que "le Père Noël ne sent pas très bon", alors il enchaîne sur une blague grivoise en visant un ancien du Fight Club (Holt McCallany), disant que sa femme voulait peut être goûter un nouveau "format" (vous voulez un dessin les enfants? Non? Bon...). Un élément intéressant qui reviendra au cours d'une baston entre les deux cocos se résumant "j'ai mis mon format de trente cm dans la bouche de ta femme, elle était ravie!"

Night Run : Photo Ed Harris

Un vrai sens du comique badass l'ami Liam et pas de doute que le spectateur rigolard et amateur de nanardise risque fort de bien se fendre la poire devant de telles répliques. Mais quand il n'y en a plus, il y en a encore, le fils du mafieux qui devait faire réparer la chaudière de Liam (qui accessoirement se caille autant les miches que dans The grey) a un problème avec des dealers qu'il tue. Manque de bol, les dealers sont venus avec... le fils de Liam Neeson! Ah ben ça alors les enfants, vous ne vous y attendiez pas! Alors évidemment Liam tue le fils de son pote et son pote lui envoie les chiens. Car oui en plus des tueurs et autres bandits, Ed Harris tient aussi les flics qui sont tous corrompus sauf Vincent d'Onofrio et son pote (tiens ça lui changera de son rôle de Strange days)! Run all night est donc une belle série B nanarde que l'on croit sortir des 80's dans ses clichés comme son pitch prétexte à des répliques qui en ont et des scènes d'action où ça tire beaucoup. Tout le monde n'appréciera pas à coup sûr, certains y verront même une énorme bouse graveleuse. Mais clairement on ne s'ennuie pas devant Run all night, juste que vers la fin cela tire un peu en longueur et que l'intro est clairement grossière et inutile (Neeson semble nous ressortir le monologue magnifique de The grey). Un film qui peut donc s'apprécier à condition de le prendre pour ce qu'il est et ne surtout pas le prendre au premier degré.

Night Run : Photo Liam Neeson

Un beau nanar d'action où Liam Neeson déboîte encore du bad guy, mais de manière beaucoup plus drôle que chez Tonton Besson.

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21 mars 2015

Sing a happy song, sing a happy song!

Jerry travaille dans une usine et est sous cachet. Sauf que quand il ne les prend pas, il entend des voix et certains n'ont pas forcément des messages sympathiques...

The Voices : Affiche

Après un essai solo qui n'a vraisemblablement pas été très concluant (La bande des Jotas), Marjane Satrapi revient avec un cru pour le moins singulier. Tourné aux USA avec des fonds indépendants (on ne peut donc pas parler de film de studio comme Disney qui voulait qu'elle réalise Maléfique) et pourtant un beau casting à même de trouver un public certain (Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Gulliver McGrath, Ella Smith et Jacki Weaver), The Voices a reçu un bel accueil et notamment à Gerardmer où il a fini avec les prix du jury et du public aux côtés du réellement mémorable It follows. La première grande réussite de The Voices est que Satrapi a eu une totale liberté de ton, du fait que ce ne soit pas un film de studios. Comparé à un grand nombre de réalisateurs français (elle a la double-nationalité franco-iranienne) partis aux USA et en particulier dans le cinéma de genre, elle n'a pas eu le droit par exemple aux Weinstein, véritable torpilleur de frenchy à foison. Il n'y a qu'à voir les trois mésaventures d'Alexandre Aja avec eux (La colline a des yeux devait se faire avec eux, Piranha 3D a été une catastrophe de post-production et Horns finira entre leurs mains dégueulasses) ou le couple Bustillo/Maury (envoyés sur Hellraiser et Halloween 2 avant de se faire virer à coup de pompe dans le cul!). Ce genre de nouvelles fait donc plaisir. Initialement on pourrait croire à une banale fiction avec des animaux puisque le personnage principal incarné par Reynolds communique avec son chien et son chat. Anthropomorphisme évident à l'appui, personnage seul à pouvoir parler à ses bêtes: voilà un concept qui avait largement servi la série La famille Delajungle (oui votre cher Borat a aussi ses petites références).

The Voices : Photo Gemma Arterton, Ryan Reynolds

Sauf que le personnage de Reynolds est psychiatriquement instable et c'est là toute la différence, puisque c'est quand il ne prend pas ses cachets qu'il entend ces fameuses voix. C'est là que Satrapi filme le tout avec une certaine intelligence et joue sur la perception.Quand il ne prend pas ses cachets, Jerry est face à une réalité morbide qui l'envahie et idem pour le regard éventuellement extérieur. Il suffit de quelques scènes pour comprendre à quel point le personnage est prisonnier de sa psyché, au point de ne pas vouloir voir la vérité en face. Alors il lache les cachets et c'est reparti pour une vision fantasmée mais certainement pas réel. Le spectateur sait parfaitement que quelque chose cloche mais les autres personnages non et c'est par eux que nous verrons vraiment l'aspect morbide de l'appartement (le mec étant à proprement parler "dans son monde"). Une manière intéressante et bien utilisée pour montrer ce qui se trame dans la tête du personnage et plus particulièrement par ses animaux formant la bonne conscience (le chien, meilleur ami de l'homme ne l'oublions pas) et le petit diable (le chat, manque plus qu'il soit noir et c'est foutu). D'ailleurs chose à préciser et qui n'est pas le cas en VF vraisemblablement, Reynolds double aussi le chien et le chat, renvoyant encore une fois à ces petits anges gardiens à poil.

The Voices : Photo Ryan Reynolds

(attention spoilers) Sans compter les corps qui vont s'accumuler de manière tantôt dramatique (c'est le cas pour Gemma Arterton, mourant sur un malentendu) ou de manière plus cocasse (le meurtre de Kendrick est d'un humour noir indéniable, fait dans une malchance ahurissante de rigolade), voire carrément expéditive (la fille en sait trop? Hop tête dans le frigo!). (fin des spoilers) Satrapi aurait pu faire de Jerry un psychopathe en puissance et complètement irresponsable. C'est surtout un homme voulant rester dans son monde et ayant conscience de la gravité de ses actes. Ce qu'il dit d'ailleurs à sa psy est assez éloquent: les deux heures qu'il a passé avec ont été plus instructif que des années de psychothérapie. C'est aussi pour contrebalancer ses actes qu'elle emploie un humour graphique comme distingué pour contrebalancer l'horreur parfois bien visible. D'où le fait que l'on peut vraiment classer The Voices comme une comédie horrifique avec un peu de romcom, le tout sans que ce soit bourratif. The Voices assume tellement son délire qu'il en vient à signer un des génériques les plus jouissifs de tous les temps et partant tellement dans le WTF qu'on en vient à se demander à quoi carburer Satrapi quand elle a eu cette idée de séquence (en plus de la couleur rose bonbon présente partout ou l'asiatique chantant du Elvis) ! Pour ce qui est des acteurs, Reynolds est clairement au top de sa forme, jouant parfaitement le bênet gentil mais quelque peu meurtrier sur les bords (comme quoi les rôles de mecs simples vont bien aux super-héros décriés n'est-ce pas Ben Affleck?) et le casting féminin est absolument adorable.

The Voices : Photo Anna Kendrick, Ryan Reynolds

Une comédie horrifique au combien jouissive et mis en scène avec intelligence, ce qui manque beaucoup au cinéma d'horreur depuis de nombreuses années. 

20 mars 2015

Cuvée manienne

Cette semaine, la Cave de Borat aurait pu parler de différentes choses, comme la filmo de Tim Burton vu que Big eyes vient de sortir mercredi. A la place, votre cher Borat vous fera un dossier coton qui risque fort de l'accaparer longtemps (d'où le fait de me préparer sévèrement à la chose!). Alors que Blackhat (vous m'excuserez de ne pas dire Hacker hein?) vient de sortir depuis mercredi, la Cave de Borat se devait de rendre hommage à un des meilleurs réalisateurs américains. Comme souvent, ce sera l'occasion pour votre cher Borat de revenir sur sa vision personnelle de ce cinéaste atypique et minutieux qu'est Michael Mann. Mon histoire d'amour pour ce cinéaste a commencé un dimanche de septembre 2004 avec Collateral. Je me souviens avoir trouvé le film vraiment pas mal mais à cette époque, je jugeais différemment d'aujourd'hui, moins critique plus porté sur le divertissement. Ce qui ne m'empêchais pas de savoir juger quand c'est bon ou mauvais (quelques semaines avant, je jugeais déjà très méchamment Le village, La ferme se rebelle ou Catwoman). En l'occurrence le bilan de Collateral fut bon mais il faudra l'achat du DVD bien des années plus tard pour apprécier pleinement les qualités d'un film pareil. Avec ce film, Mann signe une commande pure et dure et en sachant que cela fait depuis Manhunter qu'il n'accepte plus de contrat sur des projets instables voulant éviter un nouveau naufrage à La forteresse noire (The Keep). L'occasion pour lui d'expérimenter de nouvelles caméras haute-définition, tout en signant son premier film non-écrit par ses soins.

"Salut Borat, c'est Tommy. ça faisait longtemps hein? -Depuis quelques mois en effet. Welcome back!"

Pourtant, Mann est bel et bien présent que ce soit dans l'expérimentation ou cette virée nocturne où il sublime LA tout en lui donnant une aura mystique. Il se permet même le temps d'un plan de faire un parallèle avec un loup le temps d'un plan, symbolisation même de ses deux personnages principaux. D'un côté, un chauffeur de taxi cherchant à tout prix à sortir d'un quotidien répétitif. De l'autre, un tueur à gages qui navigue de ville en ville pour abattre ses cartes avant de se repartir vers une autre destination. Ces deux personnages ont beau avoir un sens moral différent (et encore heureux), ils restent pourtant similaires dans leurs lignes de conduite. S'il y a bien une scène à garder du film, c'est indéniablement la scène du night-club. On a vu jusqu'à présent de quoi était capable Vincent (Tom Cruise certainement dans son meilleur rôle selon votre cher Borat) au travers du mec tombé sur le taxi ou le jazzman avec une balle dans la tête. Mais dans la scène du club, Mann montre enfin Vincent en action. Savatage en règle à coups de tatannes ou de couteau, tirs au pistolet... Tout frôle l'hystérie collective et c'est encore plus pimenté avec la police qui débarque. Une scène d'une maîtrise indéniable où Mann dynamise par l'action une scène d'exécution en apparence banale.

Ma seconde rencontre s'est fait deux ans après avec Miami Vice encore une fois en salle. Mais l'accueil fut différent. Savant ce que valait Michael Mann, j'avais été horriblement déçu et d'autant plus que j'avais vu des épisodes de Deux flics à Miami. A l'époque de la série, Mann en est producteur et s'est largement impliqué dans le projet. Deux flics à Miami c'était la série policière décontractée mais restant dans une tonalité dramatique. Je m'explique. Malgré les histoires de cul de Sonny Crockett (Don Johnson au sommet de son charisme qu'il emploiera encore une fois pour le brûlant Hot spot de Dennis Hopper) et les costumes semblant sortir des maisons Armani (est-ce vrai? A vérifier), la série parlait tout de même de lutte anti-drogue avec infiltration à la clé, cartel à dégommer et fusillades de temps à autre. Autant dire que la version cinéma n'a quasiment rien à voir avec la série, c'est même en cela que l'on peut clairement se demander pourquoi Mann a baptisé ce film Miami Vice. Droits faciles? Certainement en plus c'est lui le producteur historique de la série. Plus grandes ambitions? Au vue du budget colossal, certainement. Volonté de liberté? Quasiment sûr. Dans tous les cas, Miami Vice fait semer le doute et même si on aime Mann, on peut tout de même se demander s'il n'y a pas un problème.

Classe 80's...

C'est aussi pour cela que j'ai durant très longtemps détesté ce film, car au final il n'a tellement rien à voir avec la série qu'il en
devient frustrant. En revanche, si l'on commence à en faire abstraction, Miami Vice devient subitement un vraiment bon film. Polar efficace à la bande-originale éclectique (une des BO qui tourne le plus dans mon smartphone avec celle des Gardiens de la galaxie), où une histoire d'amour prend subitement sens (et ce malgré que Colin Farrell était complètement cocaïné sur le tournage et pourtant il joue bien le bougre), Miami Vice s'impose comme un cru romantique plus qu'autre chose. Les deux héros cherchent à sauver leurs amours respectifs (Farrell la belle Gong Li qui est dans le camp des dealers, Jamie Foxx sa collègue Naomi Harris kidnappée par les dealers) tout en menant des opérations explosives. La fusillade de fin en est la preuve et c'est aussi là où le cinéma de Michael Mann trouve tout son intérêt: la HD convient parfaitement à la vision nocturne que filme Mann en grande partie et ce malgré que cette fois-ci, il filme le jour ce qui a entraîné quelques complications techniques. Sans compter un final émouvant sur Autorock de Mogwai où le réalisateur filme certainement les adieux les plus tristes des années 2000. Comme quoi au détriment d'être une bonne adaptation, Miami Vice est avant tout un bon film. Il m'a fallu trois visions pour le constater.

... romance 2000's.

La troisième fois fut avec Public enemies au cinéma. Là encore grosse déception mais cette fois-ci mon avis est passé de légèrement positif à extrêmement négatif. Ou comment plusieurs visions en BR m'ont fait constaté à quel point le film est mauvais. Si je peux encore sauver Johnny Depp dans un rôle plus proche de Donnie Brasco que de ses excentricités pénibles ou Stephen Lang parfait en armoire à glace légende à lui tout seul de la police dans un rôle similaire à Robert Ford; le reste du casting laisse en revanche à désirer. Désolé de tirer encore et toujours sur l'ambulance, mais Marion Cotillard n'est vraiment pas bien dans le film et semble vraiment à côté de ses pompes. Elle semble réciter son texte sans jamais convaincre. Pire il ne semble Stephen Graham cabotine comme un porc en Baby Face Nelson et le pire vient certainement de Christian Bale. Le spectateur est là pour voir le duel entre Dillinger et Melvin Purvis, l'agent du naissant FBI ayant traquer le braqueur de banque. Or, Mann délaisse non seulement rapidement le personnage de Purvis, mais doit aussi compter sur un très mauvais Christian Bale. Complètement absent voire transparent au possible, on voit que son année 2008 fut une catastrophe ambulante à l'image de sa prestation dans un autre film événement de cet été là, Terminator Renaissance.

"J'ai comme un doute sur la réussite du film..."

Au pire on retiendra les scènes de braquages ou la fusillade nocturne, le problème étant que la HD ne convient absolument pas à un film d'époque de ce type, au point que cela en devient anachronique. Un désastre au regard du potentiel réel d'un tel film. La même année je découvrais en DVD l'autre chef d'oeuvre majeur de Michael Mann, celui dont on se souvient probablement le plus à savoir Heat. Il est rare de voir un duo de stars d'égal à égal, l'un pouvant prendre plus de place que l'autre. Pourtant avec Heat, Mann montre un duo d'acteurs ayant une place aussi dominante l'une de l'autre, jouant au "gendarme" et au "voleur". Ces stars sont Al Pacino et Robert De Niro soit deux des plus grands acteurs ayant émergé dans les années 70. De Niro le bandit au sens de l'honneur et dont le romantisme l'amènera à faire sa seule erreur; Pacino le policier tellement à bout qu'il finira par craquer totalement lors d'un final sublimé par la musique de Moby. Au point que tous les autres personnages passent après ce duel iconique même un Val Kilmer plus correct qu'à son habitude dans les 90's. De plus, Mann signe probablement une des fusillades les plus impitoyables du cinéma, un standard des 90's au point que Ben Affleck s'en inspira largement pour The town. Le temps de quelques plans, le réalisateur se permet bien évidemment de faire un petit clin d'oeil à sa ville d'adoption avec des plans nocturnes de Los Angeles pour le moins superbes. 


Heat par mas08ter

N'ayant pas sorti de film depuis Public enemies (en dehors de la production de la série Luck qui a fait couler beaucoup d'encre, suite à des chevaux morts sur le tournage), ce fut l'occasion de rattraper mon retard et je l'ai fait jusqu'à tout récemment pour tout vous dire. Tout d'abord avec Le dernier des mohicans vu sur la 2 durant les fêtes de noël. Avec ce film, Mann passe le cap des 90's en s'attaquant à un film en costumes. Là où le destin de Manhunter aurait pu le laisser se contenter de faire des polars, Mann passe à un nouveau défi malgré que The Keep lui a permis de toucher à la Seconde Guerre Mondiale. Avec Le dernier des mohicans, il revient à la fois sur la Guerre d'Indépendance mais aussi sur le conflit inévitable entre les Américains Blancs et les Amérindiens. L'Indien ici incarné par un Blanc (car un peu à l'image de Little Big Man, l'Indien est un européen trouvé par des indiens) est confronté à la fois à l'amour qu'il a pour son peuple et via lequel il se bat (que ce soit pour eux ou en association inévitable avec les Américains Blancs) et celui qu'il éprouve pour une belle immigrante (la sublime Madeleine Stowe). Mann en plus de faire une fresque sublimement romanesque se permet à la fois de montrer la Guerre d'Indépendance via le point de vue d'Amérindiens, mais surtout de montrer les conflits au sein même de ce peuple qui sera par la suite décimé en grande partie.

Daniel Day Lewis est au top de sa forme et Wes Studi est un des plus beaux méchants des films de Mann, de par sa violence et ses trahisons. Si ce film est en général dans les moins aimés de Mann, mais il n'en reste pas moins une fresque historique sublime et pour lequel on reconnaît automatiquement le thème de Trevor Jones et Randy Edelman , qui sera saccagé par le fadasse Arthur dans sa sinistre émission A prendre ou à laisser. Et cela je ne pourrais jamais le pardonner, comme le fait que à chaque fois que l'on parle de poterie, on nous ressort Unchained melody en pensant à Ghost! Puis votre cher Borat a découvert l'art du streaming au fil des années et il a fini par voir Ali. Vous connaissez tous mon aversion pour Will Smith, cet acteur au combien narcissique et casse-pied, capables de foirer un projet ambitieux rien qu'avec son nom (il n'y a qu'à voir I, robot et Je suis une légende pour s'en rendre compte). Pourtant ici, l'acteur réussi à faire une vraie performance et c'est suffisament rare pour le souligner. Il est parfait dans le rôle d'un des plus grands boxeurs du XXème siècle, jouant subtilement de sa gouaille habituelle, tout comme un certain Mario Van Peebles cantonné aux bouses depuis l'excellent Maître de guerre de Clint Eastwood (on en reparle d'Highlander 3?) dans la peau de Malcolm X. Deux outsiders au pays des winners.

"Ali bomayé!"

Mann se permet d'expérimenter pour la première fois les caméras HD et particulièrement pour les combats de boxe, où la caméra est totalement embarqué et semble se prendre des coups par ci, par là. Le film permet aussi une conclusion superbe, le chant Ali Bomayé résonnant comme une délivrance pour Ali (sa victoire contre Frazier symbolise à elle seule la reconnaissance ultime et surtout son retour fracassant aux affaires) et pour le spectateur après ce déchaînement de poings. Ali apparaît comme l'un des films de boxe qui a su le mieux filmé la boxe et cela malgré ses atours de biopic. Le problème vient surtout que Mann n'est pas allé jusqu'au bout du parcours de sa célébrité de service. S'arrêtant sur la gloire retrouvée de Mohamed Ali, il n'en aborde pas la nouvelle descente du boxeur ainsi que son combat contre la maladie. Alors certes il aurait fallu un film de plus de 3h (le film fait déjà 2h39), mais l'ambition de Mann est tellement présente qu'il est vraiment dommage de ne pas avoir été au bout. Un peu triste. Rareté s'il en est, The Keep reste un film difficile à trouver alors quand il passe sur le câble sur une chaîne comme Ciné Frisson, cela n'a pas de prix, vous savez déjà ce que vous allez regarder. Mort du concepteur des effets-spéciaux durant le tournage foutant en l'air une bonne partie du visuel du film, charcutage au montage (on parle d'au moins 2h de coupes), tournage trop longuet et un reniement total.

La forteresse noire laisse une trace béante dans la filmographie de Michael Mann, car c'est son premier blockbuster à proprement parler et la Paramount l'a complètement torpillé quand il avait le plus besoin de son aide. Plus qu'un Treizième guerrier dont finalement les coupes sont fort minimes, The Keep se dévoile complètement coupé au point que l'intrigue en patit plus d'une fois. Par exemple, Scott Glenn apparaît comme si de rien n'était après au moins quarante minutes de métrage (on parle d'un montage de 90 minutes...). Sans compter certains effets-visuels non fignolés entraînant un climax final décevant au regard des ambitions du projet. Il n'en reste pas moins que Mann réussi clairement son pari de faire un film sur le mal absolu. Pour cause, le film met en scène des nazis. Sauf que les personnages de Jurgen Prochnow et Gabriel Byrne n'ont strictement rien à voir. D'un côté, un soldat en ayant marre de la guerre et se trouvant dans une position inconfortable, de l'autre le bourreau par excellence celui qui exécute sans relache. Un personnage que l'on pourra renvoyer avec celui incarné par Ralph Fiennes dans La liste de Schindler quelques années plus tard. Mais pas que. Le paradoxe le plus total est que l'un des méchants du film est initialement une victime des nazis: un professeur juif.

C'est Princecranoir qui va être heureux!

Croyant qu'il fait le bien en pactisant avec la créature, il en vient à devenir aussi cupide que ceux qui ont oppressé son peuple et lui-même. C'est d'ailleurs là où Mann touche au but: même les plus grands ennemis du monde finissent par avoir des desseins similaires. Sans compter que la créature designée par Enki Bilal est absolument géniale. The Keep est le film auquel on espère toujours une version longue, mais elle n'arrivera probablement jamais. Parce que la Paramount s'en fout et considère certainement ce film comme un fond de tiroir. Parce que Michael Mann n'a probablement pas envie de se remettre à monter un film qu'il a abandonné plus de vingt-deux ans. Si le film sort un jour en BR ce sera déjà un événement en soi (il n'est jamais sorti en DVD). Puis vint Révélations sur TCM, le premier biopic réalisé par Michael Mann. Certainement le chef d'oeuvre ultime de Mann avec Collateral, The Insider est un film double malgré un sujet similaire: l'intégrité des deux personnages principaux dans leur combat. Là encore Mann joue sur un duo atypique et se reliant mutuellement. La toile de fond, à savoir les défauts dramatiques des cigarettes de B&W, n'est qu'un prétexte. Cela pourrait être n'importe quelle multinationale que ce serait aussi brûlant pour l'employé voulant atteindre la justice.

La franchise a un prix...

D'un côté nous avons Jeffrey Wigand vice-président de la recherche et du développement de la firme viré parce qu'il touchait à un point sensible. C'est un homme qui va rapidement être broyé par un système vicieux et hypocrite, et où le moindre média vous scrute quand les menaces de mort ne s'abattent pas sur votre famille. La violence de la première partie n'en est que plus grande et Russell Crowe de faire une performance indéniable d'homme lâché dans la fosse aux lions sans arme pour se défendre. De l'autre côté, Lowell Bergman producteur d'une émission vue par des millions de téléspectateurs et trouvant avec Wigand un sujet en or. C'est là que la seconde partie arrive. Bergman est aussi menacé par la compagnie du tabac et la chaîne de devoir céder aux pressions. Et là c'est tout le grandiose d'un acteur comme Al Pacino qui a une gouaille inimitable pour se faire entendre dans un système corrompu par l'argent. L'intégrité est au centre des 2h35 de film et cela passant à une vitesse folle. Le plus impressionnant avec The Insider c'est qu'il n'est en rien un biopic même s'il reprend le principe chronologique de l'affaire de A à Z. C'est un pur thriller où les personnages sont mis à l'épreuve face à des menaces plus grandes qu'eux. Quand un film réussi à transcender un statut comme le biopic, on peut dire un grand bravo.

Le solitaire, premier film de Mann après des années passées à écrire et réaliser pour la télé, est un des meilleurs dans cette catégorie. Certes c'est son premier de cinéma mais Mann avait déjà signé le très plébiscité téléfilm Comme un homme libre. Il a donc en soi déjà une certaine maîtrise de la caméra. C'est donc les plages de LA comme sa vision essentiellement nocturne (que ce soit les bars, le braquage en titre, la folie furieuse) que Mann filme à la perfection le tout sous une merveilleuse musique de Tangerine Dream. Pour son premier film, Mann engage ni plus, ni moins que James Caan alors dans le creux de la vague et retrouvant là un rôle à sa mesure. Celui d'un as du braquage face à des mafieux un peu trop soupe-au-lait pour être honnêtes. Mann filme déjà en soi une future variation du personnage de De Niro dans Heat. L'attachement le pourrit au point de mettre en danger des proches. Et pour finir cette chronique toute manienne, revenons sur Manhunter vu en téléchargement faute de trouver le foutu DVD de la MGM. Hannibal Lecter est un personnage qui a été abordé plus d'une fois et dont le regain d'intérêt est revenu avec la plaisante série de Bryan Fuller qui peut se montrer comme une sorte de préquelle à Manhunter, qui adapte Dragon Rouge, tout en étant elle-même la séquelle involontaire des Origines du mal.

Thief (affiche)

Cinq ans avant Le silence des agneaux, Michael Mann adaptait Thomas Harris avec une certaine classe tout en laissant de côté Lecter pour se focaliser sur le personnage de Will Graham. Malgré une présence réduite, Lecter (Brian Cox parfait) apparaît comme un vrai loup en cage, manipulant à distance Graham de par un banal coup de téléphone. La scène des retrouvailles entre Graham et Lecter s'avère certainement être la meilleure scène d'un film hypnotique au possible. Au point de se demander si c'est Lecter qui est emprisonné ou Graham dans cette pièce séparée par des barreaux. On voit tout l'impact qu'a eu Lecter sur le subconscient de Graham. Au contraire de la fadasse adaptation de Brett Ratner, Mann ne fait pas dans l'adaptation dévoilant tout tout de suite, il s'approprie le matériel et s'il veut évoquer le traumatisme de Graham, il le fera lors d'une banale discussion entre un père et son fils. Pas besoin de voir pour comprendre. Le film peut également compter sur un méchant comme Tom Noonan (bien plus imposant que Ralph Fiennes plus commun aussi) et surtout William Petersen est parfait en Will Graham. Avec To live and die in LA de William Friedkin et Manhunter, il aurait pu devenir une grande star, n'ayant pas besoin d'une série à succès de CBS pour s'imposer. Les films seront un flop et il faudra 1999 pour imposer sa bouille sur les écrans. Allez à la semaine prochaine!

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16 mars 2015

Olympisme tragique

Récit d'une tragédie entre deux sportifs les frères Schultz et le milliardaire John du Pont, en route vers les Jeux Olympiques de Séoul...

Foxcatcher : Affiche

On parle souvent d'un effet Cannes, celui qui permet de contrebalancer ce qui va suivre. On pense notamment au marathon The Artist qui aura permis à Harvey Weinstein de faire un show de récompenses comme rarement on en aura vu aussi ignoble (Jean Dujardin pourra vous en parler, il en avait ras le bol de faire de la com dans toutes les réceptions) ou La leçon de piano qui avait permis à Holly Hunter de se faire le doublé "prix d'interprétation féminine" à Cannes et Oscar de la meilleure actrice. Mais tous n'ont pas cette chance, preuve en est avec Foxcatcher qui ne récolta pas grand chose en dehors du prix de la mise en scène accordé par le jury de Jane Campion. Biopic événement, le film n'a cessé d'avoir son lot de désillusions preuve en est la totale absence de Channing Tatum dans les nominations (alors que Mark Ruffalo et Steve Carell sont revenus à chaque fois) ou que le film soit nommé aux Oscars de manière hasardeuse (pourquoi nommé son réalisateur et pas son film? Pourquoi nommé un biopic en "scénario original" sous prétexte qu'il n'est pas adapté d'un bouquin relatant les faits, au contraire des autres biopics qui sont dans la catégorie "scénario adapté"?). Le film de Bennett Miller (réalisateur du plutôt bon Moneyball ou de Truman Capote, soit déjà des biopics!) a donc eu un après-Cannes aussi étrange que le film lui-même.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Steve Carell

Biopic inévitablement prévisible (il suffit de lire quelques articles par ci, par là pour comprendre des faits aussi violents), Foxcatcher porte son nom du clan tenu par le milliardaire John du Pont (Carell) et qu'il a particulièrement employé pour lancer l'équipe américaine de lutte pour les Jeux Olympiques de Séoul. John du Pont n'apparaît pourtant pas tout de suite, prenant au contraire le point de vue de celui dont il sera le "mentor" voire le fruit de sa chute Mark Schultz (Tatum). On voit le quotidien misérable de ce champion olympique de lutte, allant jusqu'à faire des prestations dans des écoles pour quelques dollars et dont le quotidien repose uniquement sur la lutte. Il n'y a qu'à voir son appartement miteux composé majoritairement de récompenses et d'un lit. Alors quand on lui montre le personnage de John du Pont, il est évidemment ravi: une place de meneur d'équipe, un logement et un financier. De quoi faire rêver un sportif! Sauf que rapidement, la personnalité de du Pont se dévoile: plus qu'un mentor, il se veut beaucoup trop proche de son poulain, au point de le mettre à rude épreuve. Miller montre petit à petit le cheminement mental défaillant de Schultz d'où du Pont se sert largement, au point de le rendre dingue. C'est aussi en cela que Tatum fait pour la première fois dans la performance pure. A cela rajoutez le frère Schultz (Ruffalo) autre champion olympique qui va rapidement avoir une place dominante dans la relation douteuse entre du Pont et Mark Schultz.

Foxcatcher : Photo Steve Carell

Tout change puisque Dave a une grande influence sur Mark et que Mark en a marre de cette influence. Sauf que du Pont prend de la place et qu'il influe sur la psyché de Mark. Quant à du Pont, on est face à un homme prêt à tout pour satisfaire les yeux de sa mère (Vanessa Redgrave). Miller signe un film fascinant sur un trio improbable à l'issue inévitable. Tout est un cheminement vers une fin évidente et malgré tout, on reste hypnotisé par le destin de cet énorme gâchi sportif. Il n'en reste pas moins que le prix de la mise en scène est usurpé au possible. Il n'y a aucune fulgurance et surtout cela ne repose que sur le montage et à la limite sur la musique qui est malheureusement trop peu présente. La mise en scène n'étonne pas et c'est tout ce que votre interlocuteur ne supporte pas dans le cinéma indépendant ricain: une volonté de laisser tourné la caméra en accumulant le champ-contrechamp basique et les plans poseurs. Sinistre car cela dessert le film plus qu'autre chose, sans compter d'énormes longueurs. Malgré une mou monoexpressive pour jouer le bourrin de service, Tatum se révèle très intéressant et physiquement sa performance est indéniable. Son vrai passage dans un cinéma plus dramatique et moins typé popcorn est plutôt réussi en fin de compte. Carell insiste peut être trop sur l'aspect monoexpressif aussi, trop bouffé par le maquillage. Ruffalo étonne dans un rôle très différent d'habituellement, transcendant un personnage en apparence basique mais à l'importance capitale.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Mark Ruffalo

Un film très intéressant, mais bouffé par un manque flagrant de mise en scène et des longueurs indéniables.

15 mars 2015

Cuvée classée Myers

La dernière fois que la Cave de Borat avait abordé une saga, cela avait cassé la baraque à base de Rage against the machine (on dit "merci qui?" mes loulous pour le bon son?!). Il était donc temps pour votre cher Borat de revenir sur une autre saga cette fois-ci plus longue, plus gourmande, plus croquante, plus saignante (ou à point ou bien cuit, vous voyez comme vous voulez hein?) car mes chers lecteurs, cette semaine, on va revenir sur une des sagas phares du slasher. Mais non, pas l'opportuniste Vendredi 13 qui fera plus desespéré qu'autre chose (désolé je déteste le premier), ni même l'ami Freddy qui ne demande que ça pour sortir ses griffes dans la nuit, mais bien évidemment d'Haddonfield, fief de celui qui sévit le 31 octobre depuis 1978. Et aussi celui qui a propulsé la carrière de Seignor Big John alors auréollé de l'aura d'Assaut et augure d'une merveilleuse carrière à base de catcheur à lunettes révélatrices, chose, camionneur héroïque de bas étage, chasseurs de vampires et autres prisonniers borgnes. Mais c'est une autre histoire (sachez qu'il y aura certainement une cuvée spéciale Big John cette année). Nous allons bien sûr parler de la saga Halloween, série de films au combien inégale et valant son pesant de cacahuètes dans la nanardise monumentale voire pire dans le navet putassier.

Tout commence en 1974 avec Black Christmas premier film que l'on catégorie de slasher, sous-genre horrifique où le tueur tue une bande d'adolescents et si possible en passe d'aller à l'université comme cela il y aura plus de sexe! En sachant que bien avant, des cinéastes comme Mario Bava ou Alfred Hitchcock ont donné lieu aux préludes de ce sous-genre qui deviendra terriblement populaire avec Halloween. Ce film apparaît donc comme le second "vrai" slasher mais surtout comme le premier à être un véritable succès au box-office. Viendront ensuite Vendredi 13 et consorts. Mais plus qu'un succès commercial donnant lieu à des suites quasi-inévitables (clairement le Hollywood d'aujourd'hui n'a rien inventé, prenant parfois trop modèles sur les précédents cas), Halloween est une véritable institution à lui tout seul, dont la plupart des films d'horreur essayeront de copier parfois à la limite du plagiat (le début de Vendredi 13 en est bien la preuve). Générique, musique répétitive de Big John himself et pourtant totalement hypnotisante. Le thème musical du film est un des tops du synthétiseur et sa répétition qui surviendra plus d'une fois dans le film apparaît comme un jump square à lui tout seul. Puis vint le plan subjectif doublé d'un beau plan-séquence des familles qui a été pompé jusqu'à la moelle (je reviens encore sur Vendredi 13? Bon je crois que vous avez compris) et même dans le reste de la saga (bah oui tant qu'à faire, autant recycler le premier opus).

Imaginez-vous entrer dans l'intimité du tueur et surtout ne pas connaître son visage avant un inévitable plan rapproché. Le voyeur de Michael Powell l'avait fait mais avec une caméra, ce n'était donc pas totalement subjectif, alors que là Big John épouse le point de vue du tueur. Jusqu'à découvrir l'impayable vérité. Puis on passe à une ellipse de vingt bonnes années. Et là le public va suivre pendant tout ce temps des copines de lycée le soir d'Halloween pendant que Michael Myers va s'évader et les traquer durant toute la journée. Pour mener à bien cela, il donne à Michael Myers une omniprésence dans l'action du film, apparaissant même quelques secondes dans un arrière-plan, le but étant de garder une tension constante permettant au spectateur de frisonner. Et évidemment, que serait un bon méchant de slasher sans ce côté indestructible qui fait son charme? Armoire à glace qui ne prend aucun coup, à la poigne ravageuse et au couteau tranchant, se montrant sous un masque trop grand... Myers est une machine à tuer, le genre incontournable et qui reste en mémoire. Face à des jeunes filles, il a l'avantage imparable. Sans compter que le coco n'y va pas de mains mortes non plus avec les hommes, preuve en est le premier mort est un homme dont Myers a volé la voiture, sans compter le copain d'une des filles qui passent merveilleusement à la casserole (cou à la limite de l'éclatement avant un bon coup de poignard qui accroche!).

"Coucou c'est Marky Mark qui te parle!"

Sans compter que les filles sont loin d'être moches et Big John a trouvé la perle rare avec Jamie Lee Curtis, fille de Tony et Janet Leigh. Découverte par Big John, elle reviendra sous sa direction le temps de Fog où elle sera bien plus dévergondée! Par ailleurs, c'est peut être la seule fois que l'on voit le visage de Michael Myers au moins adulte le temps d'un court plan. Probablement le fait que Big John ne s'attendait certainement pas à voir fleurir une saga et ce malgré la fin ouverte. Pourtant je n'ai pas découvert cette saga grâce à Halloween, ne l'ayant vu que quelques temps après, le temps de le trouver en DVD. A cette époque votre cher Borat découvrait les joies de la galette et autant dire que mes parents s'étaient bien marrés à les trouver. D'autant qu'à cette époque, le DVD bien que présent depuis 1998 n'avait pas encore le catalogue monstrueux d'aujourd'hui et encore il en a toujours moins que celui de la VHS (certains films ne sont toujours pas sorti sur DVD ou BR et ce malgré que le numérique aide beaucoup à restaurer des raretés). D'où aussi le fait que je ne me sois mis au DVD que fin 2002. Mais certains films étaient facilement trouvables à des prix aussi bas que deux euros, ce qui est toute la différence de nos jours où ce genre de prix est donné pour des films enfin peut-on encore oser les appeler comme ça?

C'est ainsi que je me suis payer la plupart des Halloween (le premier, mais plus facilement le 3, le 4 et le 5, puis H20 pour un peu plus), mais aussi The brood (vous m'excuserez de ne pas donner son titre français au pays du ridicule), Scanners, Amytiville 2 (vraisemblablement ce serait pas mal mais toujours pas osé le voir), Dead Zone... Une époque tout de même révolu à l'heure où même certains classiques sont à dix euros en dvd simple. Beaucoup trop cher pour ce que c'est souvent. Depuis, Halloween est devenu facilement disponible que ce soit par une édition collector 2 DVD, faisant meilleure grâce au film que l'édition d'Opening que je possède; et évidemment l'édition BR de Pathé. Pour le deuxième volet, Big John ne devait pas le réaliser, laissant place à Rick Rosenthal, pas connu pour avoir fait grand chose de bon (par exemple, un téléfilm baptisé Les oiseaux 2) et Jamie Lee Curtis revient tout comme Donald Pleasance. Pourtant rien ne se passera correctement puisque mécontent du premier montage, Big John dû se dépatouiller tout seul afin de retourner plusieurs scènes et notamment de meurtres (alors qu'il était bloqué entre la post-production de New York 1997 et le projet sur Jim Morrison devenu le remake de La chose d'un autre monde). Parmi les scènes les plus marquantes de ce volet se déroulant massivement dans un hôpital où personne ne vous entendra crier, il y a bien évidemment le jacuzzi de la mort, bouillant à mort grâce aux soins du docteur Myers. Plus violent certes mais pas meilleur que le premier. Une séquelle tout au plus correcte et fun qui donne par ailleurs quelques petites réponses à l'acharnement de Myers.

"Mike tu viens me faire un massage avant que l'on goûte un jacuzzi, j'ai la nuque raide..."

Et pour cause (attention spoilers) il est ni plus, ni moins que le frère de Laurie Strode le personnage de Jamie Lee Curtis et elle fut adoptée suite au meurtre de sa grande soeur. Par ailleurs, le climax se veut impressionnant, véritable déluge pyrotechnique où Myers crame tout comme Loomis, laissant planer un certain suspense quant à la suite d'une possible franchise. (fin des spoilers) Je ne l'ai pas acheté mais quelqu'un me l'avait prêté à l'époque. Je m'en souviens par contre suffisamment bien pour pouvoir vous en parler, malgré des zones d'ombre! Je n'ai vu le troisième volet qu'il y a quelques mois et autant dire que j'ai vite compris pourquoi je n'avais pas voulu le voir avant. Pas forcément du fait que Myers, Loomis ou Strode ne soient plus de l'aventure, mais parce que le film est vraiment nul à chier. Incapable de passer outre des scènes de meurtres plutôt pas mal (notamment celle des serpents), le scénario ne passionne jamais et le spectateur de s'ennuyer totalement devant. De plus, Tommy Lee Wallace n'est pas non plus un bon réalisateur et sa seule réelle lettre de noblesse fut ça largement aidé par un Tim Curry au sommet de son art. De plus, Tom Atkins jouait bien mieux dans Fog (mais quelle scène du téléphone...). Clairement un énorme ratage qui réussi l'exploit d'être un des pires volets de la saga mais aussi un des pires spin-off de tous les temps.

Halloween 3 (photo)

"Mais qu'est-ce que je fous dans cette merde???!!!"

Sans compter que la jaquette d'Opening est purement mensongère, puisqu'elle annonce un Myers guéri et montre sa trogne d'amour, alors qu'il n'apparaît pas une seule seconde dans le film! Il faut bien vendre des DVD mais bon... Voici venir le premier volet que j'ai vu à savoir le quatrième opus. Formant un dyptique avec le cinquième volet, le film met en scène la fille de Laurie Strode (!) incarnée par Danielle Harris (qui jouera par la suite dans... le remake de Rob Zombie!) aux prises évidemment avec tonton Michael! Mais évidemment le spectateur n'est pas là que pour le meurtre il lui faut du cul! Alors Dwight H Little se met à parsemer ses films de jolies pépées et si possible en petite tenue! Ainsi dans le 4 un petit brun baise (enfin préliminaires...) avec une blonde au coin du feu (poésie) et dans le 5 dans une grange (là en revanche on passe au niveau au dessus avec meurtre en plein coït! Myers subtil!). La jeune Danielle (aujourd'hui plutôt jolie) est clairement insupportable d'autant que les gros plans sur son visage faisant de drôles de mimiques n'aident pas. Les deux films se permettent également de pomper largement le plan-subjectif de Big John, dans le 4 avec le final reprenant quasiment le même principe que le premier Halloween (!) et dans le 5 Myers observant ses proies en pleine fornication (ah quel coquin ce Michael). Les meurtres n'ont quasiment aucun intérêt à part la mort en coït ou Myers qui transperce littéralement un mec avec un fusil à pompe!

Baise au coin du feu par Richard Clayderman!

 

Clairement on n'est même plus dans le gore vu que la plupart des plans lors des meurtres sont coupés au maximum, ne permettant même pas du fun. Par contre, qu'est-ce qu'on rigole! Outre les scènes de cul abordées plus haut, c'est aussi l'occasion pour Donald Pleasance de sortir sa panoplie cabotine dans toute sa splendeur et de voir aussi à quel point les scénaristes n'avaient déjà plus d'idées à l'époque. Preuve en est ce final merveilleusement WTF qui prendra tout son sens dans un sixième opus ahurissant. Et puis on en reparle du thème musical qui passe à la moulinette caribéeenne façon Commando de James Horner?! Je n'ai pas vu en entier The curse of Michael Myers mais le peu que j'ai vu suffit à dire qu'il s'agit probablement d'un des pires volets de la saga et probablement le plus ridicule. Lisez rien que le pitch: Michael Myers et Jamie ont été kidnappé par une secte et cette dernière a inséminé du sperme de Michael dans le corps de Jamie, la rendant enceinte (Borat déjà hilare). Mais Myers s'évade et tue Jamie avant de chercher son bébé qui est récupéré par Tommy le gamin que gardait Laurie dans le premier volet (!). Vous trouvez cela WTF? Hé bien bienvenue dans Halloween 6, introuvable en France jusqu'à sa sortie en BR par Studio Canal et remonté au moins trois fois. A cette époque, Myers entre sous les ordres des Weinstein qui n'hésiteront pas à charcuter le film donc. De toutes manières, tout ce que touche les Weinstein dans l'horreur devient toujours assez rapidement un carnage (allez demander à Wes Craven et Alexandre Aja, ils vous ferront un petit topo de la chose).

"Donald qu'est-ce qu'on fait dans cette galère? -Je ne sais pas pour toi Paul mais moi, ce sera la dernière!"

 

Parmi le carnage, la dernière apparition cinématographique de Donald Pleasance et Paul Rudd dans le rôle de Tommy avant même son apparition remarquée dans Friends (on peut en dire autant de Matthew McConaughey dans Massacre à la tronçonneuse 4!). Les Weinstein décident de produire un film anniversaire pour l'année 1998. Big John est convié mais envoie chier les Weinstein pour un salaire trop petit (je vous ai déjà dit que je kiffe Big John?). Kevin Williamson est rapidement engagé en tant que producteur, lui qui a bien renfloué les caisses des Weinstein avec la bonne pépite Scream (ils l'enverront bien chier sur Scream 3 et 4 et Cursed en échange!). Il a beau ne pas être scénariste, la patte Williamson est bel et bien présente dans le film de Steve Miner (réalisateur de deux Vendredi 13) à commencer par le tôt ahurissant de clins d'oeil à Psychose, à commencer par l'apparition même de Janet Leigh. Et puis évidemment c'est le grand retour de Jamie Lee Curtis dans la saga Halloween. Slasher de qualité au regard de ses prédescesseurs voire meilleur que le second opus, H20 est un film à l'ancienne, pas trop gore mais pas trop gentillet, jouant habillement avec le trauma de son personnage principal (au point que cette dernière a changé de nom). Par ailleurs, il n'est jamais fait mention de Jamie en revanche, elle a un fils en âge d'être au lycée (Josh Hartnett dans son premier rôle). On voit le traumatisme constant de Myers sur sa soeur (d'où en soit le conflit à la Psychose, l'influence de Laurie dépassant le statut de soeur d'un psychopathe) et Miner réussi à faire un vrai film avec cette matière.

"Ne les touche pas sale con!"

Vingt ans après ses débuts, la saga Halloween reprend des couleurs avec fracas, avec notamment un affrontement
final riche en climax, où les Myers règlent leurs comptes de manière jouissive. En revanche on passera sur la poésie d'LL Cool J. A noter une ouverture pour le moins impériale avec un jeune Joseph Gordon Levitt passant sévèrement à la casserole. Alors qu'H20 a réussi à remettre sur pied la franchise, Halloween Resurrection enfonce à nouveau le clou pour devenir certainement le plus mauvais opus de la saga. Même pas fun, ce cru hyper court qui plus est n'a rien pour lui. Déjà parce qu'il se permet de dézinguer Laurie dans les premières minutes (un peu comme le personnage de Nancy Allen tué au début de Robocop 3!), mais surtout parce que le propos est d'une nazerie sans précédent. Nos héros participent à une émission de téléréalité dans la maison de Myers. Rien que cela donne sévèrement envie de le voir. Et évidemment le tout n'a aucun intérêt, le film ne renouvellant absolument rien et étant totalement à la ramasse. Dans le genre volet à totalement oublier il se pose là. La saga finit par renaître via un remake en 2007. Mais ce qui différencie indéniablement Halloween de Rob Zombie d'un très grand nombre de remakes sortis avant comme après est surtout qu'il ose revenir sur l'enfance de Myers. Oubliez les gens proprets vus dans le film de Big John (et encore la fille est seins nus et a probablement eu un rapport sexuel!), ici on est dans le white trash!

Le baiser du tueur.

 

La mère de Myers est une stripteaseuse sans le sou, sa fille une débauchée, son beau-père un connard au chômage qui se bourre la gueule à la bière en regardant la télé et Myers est sujet aux brimades de ses camarades. Par ailleurs Zombie n'attend pas le second opus pour évoquer la parentalité entre Myers et Laurie Strode puisque le bébé est bel et bien montré comme étant Laurie. Zombie n'hésite pas non plus à sacrifier Loomis même incarné par un Malcolm McDowell moins naze qu'à son habitude. Ainsi la partie préquelle est plutôt réussie, Zombie n'hésitant à bousculer les codes de la saga et à prendre son temps, preuve en est avec le passage en psychiatrie de Myers. En revanche, la partie que l'on pourrait qualifier de réel remake (soit tout ce qui se déroule le soir d'Halloween avec Laurie) se veut inévitablement trop classique et perd en intérêt. J'aurais bien voulu vous parler de sa séquelle (où Zombie a fait un tel ofni que les Weinstein en ont eu mal au cul!) mais je ne l'ai toujours pas vu. En revanche, sachez qu'un nouveau film devrait voir le jour d'ici les prochaines années toujours sous l'égide des Weinstein. On parle de "recalibrage [qui ne sera] ni un remake, ni un reboot, ni une réinvention" * dixit ses scénaristes déjà auteurs des Feast et du ridicule Piranha 3DD (où un piranha inspectait un vagin avant que bouffer le pénis de l'amant qui devra se couper l'ami Popaul après!).

 

Le mal commence dès la naissance.

 

Donc quoi? Un truc avec Michael Myers qui revient à Haddonfield pour tuer des jeunes puceaux accrocs à facebook et à sa légende et qui se filment face à une mort probable? Ah merde ça c'est le script de Scream 4. Il y a autant de quoi avoir peur de ce "recalibrage" que de Tim Burton qui adapte Dumbo en live (non ce n'est pas une blague). Pour résumer la saga, il n'y a qu'à prendre son boogeyman en chef: on peut lui tirer des balles de fusils à pompe, le défenestrer, lui donner des coups de couteau, l'exploser littéralement ou le décapiter, Myers est indestructible. Pourquoi? Parce qu'il est le mal incarné, ce mal qui vous suit inlassablement et qui revient à chaque année à la charge. Oubliez Jason Vorhees qui revient à Cristal Lake ou le Ghostface bourré aux références cinématographiques. Michael Myers est le slasher résumé à lui tout seul. Allez à la semaine prochaine!

* Propos issus de: http://www.rockyrama.com/2015/02/10/halloween-va-etre-recalibre-par-la-machine-hollywood/

13 mars 2015

"J'ai une conscience, je suis vivant, je suis Chappie"

Un jeune ingénieur crée un robot doué d'intelligence artificiel qui a tendance à intéresser beaucoup de monde...

Chappie (affiche 2)

Alors qu'il promouvait Elysium (qui n'a pas plu à tout le monde), Neill Blomkamp annonçait déjà son prochain film Chappie. Une histoire de robots à la mode Short Circuit comme on en parlait à l'époque. Puis le projet semble avoir changer de direction au vue des différentes bandes-annonces ou du film lui-même. Même si Short Circuit semble bien dans les références (notamment les allusions aux militaires et leurs emprises sur une technologie qui les dépasse), l'ambiance est néanmoins bien plus grave, d'autant qu'encore une fois, Chappie est un film classé Restricted, donc avec violences et quelques propos peu ragoûtants. Soit le cocktail habituel de Blomkamp depuis ses débuts avec District 9. Sauf qu'au fil des films, le message est toujours le même et comme il n'a pas de réelle variation, on peut clairement dire que le réalisateur tourne en rond. On reprend les mêmes thèmes et on recommence, sauf que le spectateur n'est pas dupe longtemps. Preuve en est Chappie a commencé difficilement le week-end dernier. Pas sûr qu'il soit encore très en forme ce week-end... Comme dit plus haut, Blomkamp commence sérieusement à se répéter. Le problème est que beaucoup de réalisateurs ont abordé des mêmes sujets ou thèmes sur toute une filmographie (il n'y a qu'à voir Spielby ou David Fincher pour s'en rendre compte). Sauf que ces réalisateurs ont souvent opté pour un contexte différent permettant d'explorer d'autres thématiques. 

Chappie : Photo

Le problème avec Chappie et particulièrement Blomkamp est qu'il a le même message depuis District 9, sans réelle innovation. Si Elysium avait eu le mérite de partir dans l'hommage à Robocop et d'avoir un décor plus large que Johannesburg, Chappie en revenant au bercail a bien du mal à passer le cap du troisième film. Enfermé dans le contexte des prolos contre l'autorité, Blomkamp ne se renouvelle non seulement pas au niveau des récits mais surtout et c'est inévitable fait dans la redite. Si Matt Damon devenait une sorte de Robocop involontaire dans Elysium, ici c'est le cheminement inverse avec le robot se découvrant une conscience. A cela rajoutez les sympathiques bandits/aliens (déjà vu dans D9 et Elysium), le méchant ambitieux (déjà dans Elysium), si possible militaire (District 9...), une femme de poigne aux commandes (Elysium...)... Clairement , au bout d'un moment le jeu des sept différences devient vite lassant d'autant qu'à cela il faut se taper des stéréotypes pénibles. Il n'y a qu'à voir le gorille qui sert de méchant mafieux de Johannesburg. Il n'y a plus qu'à lui mettre un beau costume et on a une sorte de Tony Montana à la noix que l'on résume par ce genre de répliques: "je veux le robot!", "je veux ce flingue!", "tu vas me répéter cela: tu me dois 7 millions de $", "je vais te buter connard". Je caricature à peine... Pareil pour le personnage incarné par Watkin Tudor Jones (une des popstars les plus connus d'Afrique du sud dans le monde, phénomène à lui tout seul), jouant à mort la caricature de la petite racaille au grand coeur comme on l'a vu cent fois au cinéma.

 Chappie : Photo Yo-Landi Visser

Et ne parlons pas du pauvre Hugh Jackman qui jouit évidemment en méchant pas gentil content de buter des gens et Sigourney Weaver qui est là pour faire la plante verte. Sans compter Dev Patel en gentillet scientifique qui ferait passer le Steve Guttenberg de Short Circuit pour un sommet de charisme! Mais heureusement Blomkamp sait toujours mettre en scène des scènes d'action efficaces et de beaux effets-spéciaux. Le tout en jouant sur les références avec l'intelligence artificielle se découvrant une âme et cherchant à trouver ce pourquoi elle existe (cf Robocop et AI), le rôle prédominant de la "mère" et à la limite du (des?) père (s) de substitution (cf AI), le robot luttant contre sa possible extinction (inutile d'y penser longtemps, c'est du pur Short Circuit) et bien évidemment l'affrontement entre la grosse machine et le petit robot (cf Robocop). Indéniablement Chappie est la meilleure raison de voir ce film. Superbe visuellement et réussissant à faire apparaître des émotions, ce personnage est tout simplement magnifique et beau. Et puis Yolandi Visser en "mère", voilà un rôle tout aussi beau et tout en douceur dans ce monde de brutes. Un peu de tendresse ne fait pas de mal et c'est aussi là où Blomkamp sort son film du banal. En espérant un vrai renouvellement avec Alien 5 qui devrait le faire décoller vers de nouvelles horizons. Pas plus mal... Par contre, la musique d'Hans Zimmer est une horreur totale, le compositeur reprenant tous ses clichés musicaux habituels dans tout ce qu'il y a de plus pénible.

Chappie : Photo

Décevant de par la répétition trop flagrante de son réalisateur, mais sympathique de par son personnage principal absolument charmant.