Cine Borat

22 juin 2016

Popaul l'aime, il l'adore

Michelle est victime d'un viol qu'elle ne déclare pas à la police. Dès lors, le violeur et la victime vont jouer à un jeu dangereux...

Elle : Affiche

Avant d'évoquer sa carrière dans les grandes largeurs dans sa fameuse Cave, votre cher Borat tenait à aborder le dernier cru de Paul Verhoeven. Même s'il était plus ou moins revenu au cinéma avec Tricked (2012), il s'agissait d'un Direct to DVD fait avec l'aide d'internautes (ils écrivaient le scénario et le réalisateur voyait ce qui lui plaisait ou pas) que Popaul évoque surtout comme "une expérience". Le réalisateur a également vu beaucoup de ses projets partir en fumée, faute de financements (la loi du marché est rude même pour les cadors). Parmi eux, on citera son projet sur Jesus Christ (qui deviendra un livre compilant ses recherches publié en 2015 dans nos contrées) ou la suite du remake de Thomas Crown (John McTiernan, 1999) qui sera finalement remplacé par un nouveau remake (logique hollywoodienne, on s'habitue...). Peu de temps après l'aventure Tricked, le producteur Saïd Ben Saïd (Maps to the stars, Passion) contacte le réalisateur afin d'adapter le roman Oh... (Philippe Djian, 2012). Il est d'abord question d'un tournage aux USA et un casting féminin est donc fait. Il se trouve que les actrices prévues ont répondu par la négative (notamment Julianne Moore et Nicole Kidman), notamment à cause du tempérament du personnage principal. Le film sera finalement tourné en France, en français (ancien résident lors de ses années étudiantes, le réalisateur a dû reprendre quelques notions pour le tournage) et avec des acteurs français.

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Dans le rôle titre on retrouve Isabelle Huppert, grande fan du Hollandais Violent depuis Turkish Délices (1973) et intéressée depuis le début du projet. On pouvait avoir peur du côté très français du film, mais finalement on s'en accommode assez rapidement. Cela n'empêche pas la réalisation de Verhoeven d'être constamment en mouvement, évitant les plans fixes dans un montage suffisamment punchy. Les scènes de sexe (avec ou sans plaisir) ont beau être violente, il n'y a pas de nudité. C'est peut être le plus ironique quand on connaît le cinéma de Verhoeven, que ce soit dans sa période hollandaise ou américaine. Prenons la scène du viol. D'un point de vue du montage, ce dernier se révèle rapide, mais suffisamment clair pour que le spectateur comprenne les faits, sans toutefois montrer de sexes. Verhoeven a déjà aborder le viol : dans Spetters (1980) avec une tournente homosexuelle; dans La chair et le sang (1985) avec le viol d'une jeune pucelle; et dans Showgirls (1995) avec une fille agressée par différents hommes. Dans les trois cas, la séquence était plus directe et dégueulasse. Ici, la scène est certes directe, mais est bien moins sale, plus banale. Il ne cherche pas à refaire la même chose. On semble réduire le film à cette scène et pourtant, Verhoeven ne l'utilise même pas pour son ouverture alors que c'est le point de départ du film. Ce sera un flashback, le réalisateur préfèrant d'abord miser sur les conséquences surprenantes de l'acte. 

Elle : Photo Isabelle Huppert

Les autres scènes de sexe seront en revanche directes, mais là non plus pas de nudité frontale. C'est certainement pour cela que Elle a évité l'interdiction aux moins de 16 ans. Même si la nudité n'est pas montrée, les scènes sont suffisament crues pour perdre le spectateur, d'autant plus que le scénariste David Birke et Popaul jouent de manière ambiguë avec le spectateur. Ils ne jugent pas les personnages, quand bien même leurs actes sont plus que répréhensibles ou douteux. Il faut dire que le film ne s'intéresse finalement pas tant au thriller psychologique, au contraire de Basic Instinct (1992) à l'époque. Au final, ce n'est qu'une infime partie du film, d'autant plus que l'on devine rapidement l'identitée du violeur. Elle est avant tout un film de personnages, à la limite de la comédie par moments. Contrairement à d'autres films où l'on a parfois tendance à privilégier certains rôles plutôt que d'autres, Elle décortique chacun de ses personnages avec minutie, ce qui en fait probablement son atout le plus fort. Verhoeven construit une mythologie autour de son héroïne, faisant notamment comprendre petit à petit pourquoi elle n'a finalement pas été à la police et veut jouer avec son violeur. (attention spoilers) Michelle a vu son père tuer la moitié du quartier, engendrant un scandale et une reconstruction certaine. On pense dans un premier temps que le violeur s'attaque à elle à cause de cette affaire (comme beaucoup d'autres au cours du film), finalement ce ne sont que pour des raisons futiles.

Elle : Photo Isabelle Huppert

Finalement, le viol de Michelle apparaît comme un déclencheur: il lui permet d'aller de l'avant, de pardonner, d'avouer ses pêchés (notamment un amant un peu trop concerné) et possiblement les expier par une forme de sexe brutal. Huppert était finalement l'actrice parfaite pour incarner Michelle, sachant être merveilleusement hautaine et impitoyable (ses passages en entreprise sont assez savoureux). Comme évoqué ci-dessus, les différents personnages autour de Michelle sont bien croqués, permettant de comprendre aussi pourquoi elle cherche à s'évader d'un quotidien déprimant, parfois à la limite du surréalisme. Preuve en est toute la sous-intrigue autour du fils (Jonas Bloquet). sorte de grand cadet castré à la fois par sa mère (qui contredit ses choix) et une compagne merveilleusement excessive (géniale Alice Isaaz). Le paroxysme étant atteint lors de la découverte du bébé, valant un fou-rire inévitable. On rigole énormément dans Elle, car derrière ses sujets chocs, Verhoeven réussit à utiliser au maximum un sens de l'humour corrosif salvateur pour faire passer la pilule. La scène du dîner réserve par exemple son lot de moments superbement gênants, à l'image des réunions de famille parfois foireuses. On notera également que Verhoeven laisse une pièce de choix pour Virginie Efira. Comme dans Spetters, Popaul s'attaque à l'église de manière habile. Si dans son précédent film, il évoquait un fanatisme engendrant la violence, dans Elle le personnage d'Efira aurait tendance à être trop pieu au point d'accepter beaucoup de choses inavouables. Un sens du tact qui sied toujours à ravir au réalisateur. (fin des spoilers) Par ailleurs, on pourra saluer la prestation globalement bonne des acteurs, notamment Laurent Laffite bien meilleur quand il ne fait pas des vannes foireuses entre deux cocktails cannois.

Paul Verhoeven signe un film génialement corrosif et pervers, qui ne risque pas de plaire à tout le monde, bien aidé par des acteurs irréprochables.


21 juin 2016

Punk animé

Un groupe de rock est kidnappé par un mystérieux manager pour être ramener sur Terre. Un ranger de l'Espace part à leur recherche..

Interstella 5555 : affiche

Comme chaque année depuis un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, le 21 juin est synonyme de sommet pour les Négresses vertes. Voilà l'été et nous pouvons enfin apercevoir le soleil entre deux averses. Plus sérieusement, c'est aussi l'occasion de fêter la musique. L'an dernier, nous étions revenu sur le dernier opus des Daft Punk, Random access memories (2013). Nous allons remonter le temps, au début des années 2000 pour être précis. Votre cher Borat attendait les NRJ Music Awards (ne jugez pas votre blogueur préféré, il était jeune, insousciant et amateur de chocapics -NDB) et comme chaque année, il entendait particulièrement le One More Time des punks de l'électro. Le morceau ouvrant l'album Discovery (2001) que votre interlocuteur n'a jamais acheté, au contraire d'Interstella 5555 (2003). Plus qu'une compilation de clips-vidéo (ce qu'il aurait pu être à l'image du nazebroque Moonwalker), il s'agit d'un véritable film avec une narration. Les Daft Punk sont coutumiers du cinéma depuis leurs débuts. Pour preuve, les clips Da Funk et Around the world réalisés par Spike Jonze et Michel Gondry (1997), deux des clippeurs les plus remarquables des 90's. Par la suite, Thomas Bangalter s'est régulièrement invité au cinéma chez Gaspar Noé (il a bossé sur l'ost d'Irréversible et sur les effets sonores d'Enter the void). 

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Le duo a depuis réalisé l'ofni Electroma, sorte de road trip où ils jouent leur habituel rôle de robots (2005); avant de s'attaquer à la bande-originale de Tron Legacy (2011) avec succès. Interstella 5555 est né de diverses collaborations entre la France et le Japon. Très rapidement, le projet d'un film entre en production en même temps que Discovery en association avec Cédric Hervet. La production animée commence en début 2000 en collaboration avec Leiji Matsumoto, créateur d'Albator (1977-79). Le mangaka a travaillé sur le character design, au point que l'on a vraiment l'impression de voir une création originale, alors qu'il n'est impliqué que dans ce domaine. Stella ressemble à la plupart de ses héroïnes, Baryl se retrouve à un moment avec le costume d'Albator... Même si le dessinateur a finalement fait peu de choses sur le film, il porte sa marque. Pour ce qui est de l'animation, elle est réalisée par les studios Toei qui ont adapté une bonne partie des shonen des 80's-90's (notamment Dragon Ball). Si au départ des clips sont diffusés, c'est finalement un film d'un peu plus d'une heure qui sort dans les salles françaises en mai 2003. Comme évoqué plus haut, le film a une véritable histoire sous ses allures de film musical muet. Les personnages ne parlent pas (comme le veut le type de film, ils parlent mais on ne les entend pas), peu d'effets sonores, seulement la musique des Daft Punk en fond sonore. 

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Interstella 5555 de Kazuhisa Takenouchi n'est pas un film exceptionnel, ni un classique de l'animation. On le citera probablement pas dans les derniers grands films musicaux. Il n'en reste pas moins une expérience plutôt intéressante et permettant une seconde lecture potentielle à l'album Discovery. Si vous aimez l'album, il y a de fortes chances que le projet vous plaise, compte tenu de son illustration de qualité. En revanche, si vous attendiez un peu plus de la collaboration entre les ambassadeurs de la French Touch et de l'animation japonaise, vous ne risquerez pas de le retenir longtemps. En soi, l'album n'est pas sans défaut, livrant des sons souvent répétitifs et on relève déjà une tendance à la longueur. On le voit particulièrement sur le dernier titre Too long, long justement d'une dizaine de minutes. Si en milieu de titre le duo se réveille un petit peu, il apporte une conclusion bien peu addictive par rapport aux précédents titres. Si certains des titres phares se révèlent répétitifs, ils sont aussi particulièrement addictifs et rythmés. Quand bien même le même motif réapparaît plusieurs fois, le rythme est tellement entraînant que l'on en fait abstration. C'est le cas sur des titres comme Superheroes, Something about us (morceau particulièrement mélancolique et raccord aux images) ou Veridis Quo.

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En revanche des titres comme One More time, Aerodynamics, Digital love et Harder Better Faster Stronger sont de purs bijoux. Le premier est terriblement fun, un pur plaisir jouissif, rappelant le disco de Cerrone. Visuellement, il permet une pure scène de concert, au point que la musique apparaît comme une diversion pour les hommes de main du manager. Sa suite Aerodynamics souvent repris au cinéma par la suite (notamment dans L'auberge espagnole de Cédric Klapisch) permet une belle poursuite entre le seul survivant et les hommes. Les deux titres se suivent particulièrement, passant de festivités jouissives à un pessimisme total. Digital love permet de voir à quel point le personnage Shep est amoureux de Stella, au point d'engendrer une chanson romantique pour un rêve somptueux. Un amour impossible pour le moins beau, preuve que les rêves de fan peuvent devenir réalité. Il permet aussi de voir une tendance récurrente au film: si la mise en scène est au final assez simple, il y a toujours ces longs plans tournant autour des personnages, notamment avec Stella. Quand au dernier, avant son souillage par Kanye West (désolé pour ses fans), il permettait un son rythmé en fonction des images, moment permettant le conditionnement des héros. De vrais personnages préfabriqués pour plaire au plus grand nombre. On n'est pas très loin de certains chanteurs marketés à outrance, au point d'apparaître comme de purs produits. On pense bien sûr à un grand nombre d'artistes issus de télécrochet. 

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Si le film n'invente rien, il se révèle finalement pas loin d'une réalité qu'il touchait déjà à l'époque (les Star academy et autres Popstars étaient déjà en place). L'histoire se révèle assez banale, montrant un groupe kidnappé par un manager immortel cherchant à accumuler les disques d'or pour dominer l'univers. Pas grand chose de novateur, si ce n'est un bon leitmotiv pour exploiter l'album. Il n'en reste pas moins que l'on pouvait s'attendre à bien plus ambitieux. On peut aussi observer quelques clins d'oeil par ci, par là, à commencer par Terminator (James Cameron, 1984). Shep en vient à fuir la police dans une ruelle en pleine nuit, faisant penser à l'arrivée de Kyle Reese en 1984. On pense aussi aux cyborgs qui sont en fait des hommes de main et avec un bel oeil rouge visible derrière leurs lunettes de soleil. Les Daft Punk font également un clin d'oeil animé et reviennent à un des titres de Bangalter. Dans les 90's, il a participé au projet Stardust comprenant le tube Music sounds better with you (1998). Le passage des récompenses permet de voir une succession de clips se ressemblant tous plus ou moins, n'étant pas sans rappeler le top 10 réalisé dans le clip de Michel Gondry. Le manager n'est pas non plus sans faire penser à Paul Williams dans Phantom of the paradise (Brian de Palma, 1974).

On retiendra bien évidemment Discovery d'Interstella 5555, mais aussi son character design irréprochable et un raccord entre musique et image pour le moins remarquable. On a vu mieux, mais aussi bien pire. 

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Daft Punk-Interstella 5555 from Quick Silver on Vimeo.

15 juin 2016

L'histoire d'une lapine qui voulait devenir policière

Une policière lapine fait équipe avec un arnaqueur renard pour rechercher un disparu...

Zootopie

Les studios Disney reviennent de loin. Régulièrement critiqués durant les 2000's à cause d'une production décevante ou mauvaise, ils ont fini par revenir en force depuis 2007 à force d'essais de plus en plus concluants. Forts d'un style d'animation en images de synthèse proche de l'animation traditionnelle (tout du moins s'en rapprochant), leurs films ont retrouvé de leur intérêt jusqu'à parfois l'explosion. Ce fut le cas avec La reine des neiges (Jennifer Lee, Chris Buck, 2012), c'est désormais pareil avec Zootopie désormais plus grand succès de l'année 2016. Ce qui est d'autant plus frappant que, contrairement à la plupart des derniers Disney, il est original. Big Hero 6 (Don Hall, Chris Williams, 2015) était issu d'un comic-book Marvel; Frozen, Raiponce (Byron Howard, Nathan Greno, 2010) et La princesse et la grenouille (Ron Clements, John Musker, 2009) étaient adaptés librement de contes; et Les mondes de Ralph (Rich Moore, 2012) utilisait beaucoup de licences de jeux-vidéo. Zootopie suscite un peu de vent frais dans le paysage Disney et c'est aussi peut être pour cela qu'il a suscité autant d'intérêt. Contrairement à d'autres films qui faisaient dans l'anthropomorphisme (on pense à Robin des bois ou Les aristochats issus de la période Reitherman), Zootopie bâtit son monde uniquement sur des animaux. Il n'est pas question d'humains tout le long du film. 

Zootopie : Photo

En revanche, les animaux vivent dans une société semblable à l'Homme, où toute prédation n'existe plus. C'est ce qui nous est dévoilé dès l'ouverture à travers un spectacle joué par la lapine Judy: un lion peut cohabiter avec un lapin sans problème. La séquence montrant le trajet de Judy en train et son arrivée à Zootopie permet de voir un univers très caractérisé, où différents peuples coexistent à leur manière et selon les technologies. Il y a cette scène une totale banalisation qui permet au spectateur de s'y retrouver très facilement. Un monde pacifique auquel il existe pourtant des crimes et délits, toutefois sans une once de prédateurs. Un monde qui n'est pas parfait mais s'en rapproche. Les crimes sont finalement assez simples: vols (Judy affronte une fouine voleuse de donuts), mafia (les opposums et les ours tout droit sortis du Parrain), arnaques (le renard Nick) et procès verbaux. Dès lors, dès qu'un crime sort du lot, il apparaît d'autant plus intéressant. Il se trouve que des animaux disparaissent, des gens tout ce qu'il y a de plus lambda (un comptable, un chauffeur...). On pourrait croire que l'enquête n'est qu'une toile de fond, un ressort permettant d'amener au buddy movie (la lapine venant à collaborer avec le renard). Il s'avère pourtant qu'elle sert tout le film, permet aux personnages d'évoluer et n'est pas un prétexte pour monter le film. 

Z

Zootopie est bel et bien une comédie policière. D'autant plus que les réalisateurs Rich Moore et Byron Howard pimentent régulièrement le film de rebondissements, tout en donnant lieu à une première résolution, véritable face cachée de l'iceberg. Le film se veut même particulièrement musclé au cours de scènes de poursuites rondement mênées. Des scènes qui sont d'autant plus grandioses que l'on n'a plus vraiment l'habitude d'en voir chez Disney depuis très longtemps, voire pas avec ce regard aussi adulte (le final n'a rien à envier à certains blockbusters). On avait un peu oublier durant quelques années que Disney pouvait s'adresser à un public large, à cause de sujets fédérateurs voulant avant tout toucher les enfants. Avec Zootopie, bien plus que Frozen, Disney a touché un public aussi bien jeune qu'adulte et c'est ce qui fait sa grande réussite. Le regard qu'il porte sur la société est particulièrement passionnant, d'autant plus qu'il met en scène un personnage principal féminin. Judy a beau être policière, elle s'est battue pour être là où elle est. Face aux préjugés durant son apprentissages (une lapine étant soi-disant moins forte qu'un rhinocéros à cause de sa taille et de sa corpulence), Judy se retrouve avec le même problème une fois dîplomée, condamnée à faire des PV par son supérieur.

Zootopie : Photo

Sa hiérarchie lui montre bien qu'elle n'a rien à faire là. Judy est un personnage qui doit s'en sortir seule pour réussir, quitte à se
mettre en danger face à son supérieur. Le discours sur la différence touche aussi bien Judy que Nick. Ce dernier est lui aussi caricaturé à la réputation que sa race a depuis des millénaires: celle d'un voleur et prédateur. Au point de rester dans un moule malheureux que la société veut de lui. Son association avec Judy n'en est que plus logique. Elle essaye de sortir du cercle vicieux dans lequel on l'a enfermé, il a baissé les bras devant une société pleine de préjugés sous ses belles paroles. Il n'est pas étonnant que le méchant soit aussi victime de l'intolérance au point de vouloir se venger. Derrière ses atours de film policier, Zootopie réussit à prôner un message de tolérance remarquable, alors même que les USA sont gangrénés par un candidat à la présidentielle au combien xénophobe et raciste. Zootopie c'est également de grands moments de rigolade. La parodie du Parrain (Francis Ford Coppola, 1972) est jubilatoire tant elle est bien faites, jusqu'au timbre de voix délirant du Don Vito local. Puis évidemment il y a les paresseux. A chaque fois que Flash est dans le champ, c'est le fou-rire assuré. Son apparition en pleine bureaucratie (certains diraient qu'on est très proche de la réalité) est un pur délire en puissance. La scène a beau avoir été révélée lors de la promotion, elle n'en reste pas moins hilarante et bien écrite. On regrettera peut être la mise en avant plus que flagrante de Shakira, jusqu'à l'apparition trop rapide de la chanson Try Everything au cours du film. Bien peu pour taper sur le film.

Zootopie : Photo

Une magnifique ôde à la tolérance, doublé d'un buddy movie de qualité. Le grand classique Disney que l'on attendait depuis longtemps.

13 juin 2016

Sommaire de T à chiffres

T

Le tableau
Tais-Toi !
Taken,  Take Shelter
Tamara

Le Tambour
Tango et Cash
Taram et le chaudron magique
Tarantula !
Tarzan

Tarzan Korkusuz Adam
Tatie Danielle
Le Tatoué
Taxi, Taxi 2, Taxi 3, Taxi 4, New York Taxi

Taxidermie
Taxi Driver
TC 2000

Tchao Pantin
Team America

Ted
Tell Tale

Témoin Muet
T'Empêches Tout le Monde de Dormir !
Les temps modernes

Tendre Dracula
Le Terminal
Terminator, Terminator 2:Le jugement dernier, , Terminator 3:Le soulèvement des machines, Terminator Renaissance 
Terminator 2 Spectres A Venise
Terror Trap

Le Testament d'Orphée
Tetsuo The Iron Man Tetsuo The Bullet Man
Thank you for smoking
The Thaw

There Will Be Blood
The ThingThe Thing (2011)
Thirteen
This is it


Thor, Thor The Dark World
Thriller-A Cruel Picture
 (director's cut, la Cave de Borat)
Tigerland
Le Tigre Sort Ses Griffes

Tin Toy
Titan AE
Titanic
Titanic 2
Titeuf le film
Toi et Moi... Et Duprée
Tokyo Godfathers
Tokyo Girl Cop
La Tombe
Le tombeau des lucioles
Le Tombeur de ces Demoiselles
Tombstone
Tom et Jerry Les Meilleures Courses Poursuites
 

Tonnerre de Feu
Tonnerre sous les tropiques
Les Tontons Flingueurs
Toolbox Murders
Tootsie
Top Gun
Les tortues ninjaLes tortues ninja 2Les tortues ninja 3TMNT,  
Torture
The Tortured
The Torturer
Total Recall,  Total Recall(2012)
Touchez pas au Grisbi
La tour infernale
Tout ce qui brille

Tout le monde il est beau Tout le monde est gentil
The town
The Toxic Avenger
Toy Story, Toy Story 2, Toy Story 3
Traffic
Train


Training day
Trainspotting
Traitement de Choc
Trance


Transformers, Transformers 2 la revanche, Transformers 3 la face cachée de la Lune
Le transperceneige (film)
Le transporteur, Le transporteur 2, Le transporteur 3
La Traque des Nazis
La Traversée de Paris

La traversée du temps
The Tree of Life
Tremors 2
Le trésor de la lampe perdue
Triangle
Le Triangle du Diable

Troie
Troll 2

The Troll Hunter
Tron Legacy
True Grit
True Lies
The Truman Show
Tucker


Les Tueurs de L'Espace
Tueurs nes
The Tunnel
Tu Peux Garder Un Secret

Turbo
Turistas
Turkish Bruce Lee
Turkish Jaws
Turkish Rambo
Turkish Rocky
Turkish Star Trek
Turkish Star Wars, Turkish Star Wars 2
Turkish Superman
Twilight chapitre 1 fascination
, Twilight chapitre 2 tentation, Twilight chapitre 3 Hésitation  (les deux parties)
Twin Peaks Fire walk with me

U

Ultra Vixens
Un Air de Famille
Un amour de coccinelleLe nouvel amour de coccinelle, La coccinelle à Monte Carlo, La Coccinelle Revient
Un Chien Andalou

 (la cave de Borat)
Undead Or Alive
Un Drôle de Paroissien
Une Balle dans la Tête
Une Epoque Formidable
Une Femme Disparaît


Une histoire vraie
Une Vie Moins Ordinaire
Un fauteuil pour deux

Un Flic
Un Flic A La Maternelle
Un Homme et son Chien
Un Indien Dans La Ville
Universal Soldier


Un jour sans fin
Un Justicier Dans La Ville 2Le Justicier de New York Le Justicier Braque les Dealers
Un long dimanche de fiançailles
Un monde parfait

Un monstre à Paris
Un Nommé Cable Hogue

Un Papillon Sur L'Epaule
Un poisson nommé Wanda

Un Prince A New York
Un prophète
Un Seul Deviendra Invincible 2, Un Seul Deviendra Invincible 3
Un Taxi Pour Tobrouk

The Untold Story
Un Tramway Nommé Désir
The Underdog Knight


L'Univers et ses MystèresA la recherche d'amas cosmiques, L'Etoile de la Mort, Guerres SpatialesPulsars et QuasarsDix moyens de détruire la Terre, Tombés de L'Espace, Une Autre Terre, Stopper L'Armageddon, Sexe Dans L'Espace, Au Bord de l'espace, Phénomènes Cosmiques, Visages Extraterrestres, La Vitesse de la Lumière, La Fin de la Terre, Saturne et ses Anneaux, A la recherche de la vie extra-terrestre, Le Soleil L'Etoile Mystérieuse, Eclipse Totale, Sept Merveilles du Système SolaireEnergie ExtrêmeTempête MagnétiqueUnivers LiquideVivre dans l'espaceLe Jour Où La Lune MourutMars Nouveaux Indices, Science Fiction Fait Scientifique, Matière Noire et Energie Sombre, Le secret des sondes spatiales, Voyage dans le Temps      

Unstoppable
Unthinkable
Urban Legend
Urotsukidoji La Légende du Démon,  ,  

V

V pour vendetta
Vacances à Hawaï
La Vache et le Prisonnier
Vahsi Kan
Valentine's day

Valhalla Rising Le Guerrier Silencieux
La Vallée
La Vallée de Gwagi
Valse avec Bachir
La Valse des Pantins

Les valseuses
Vampires
Vampires (2010)
Vampire vous avez dit vampire?, Vampire vous avez dit vampire 2, Fright night
Van Helsing
Le Veilleur de Nuit
Vendredi 13, Vendredi 13 chapitre 8 L'Ultime Retour, Jason Va En Enfer,  Jason X
La Vengeance de l'Aigle


La verite si je mens, La verite si je mens 2, La vérité si je mens 3
Versus L'Ultime Guerrier
Very Bad TripVery Bad Trip 2
The Victim
Vidocq


La vie de Brian
La Vie des Autres
La Vie Est Belle (1948)La Vie Est Belle
La vie est un long fleuve tranquille

Vie et Légende d'Anne Frank
Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine
La Vierge de Nuremberg
La Vie Secrète de Jeffrey Dahmer
Le Vieux Fusil

Vijayendra Varma-Power of an Indian
Le Village des Ombres
Vincent
The Vindicator

Violette Nozière
Vipère Au PoingVipère Au Poing (2004)
Virgin Suicides
Les Virtuoses
Virus Cannibale
Les Visiteurs; Visitor Q


Vol 93
Vol au dessus d'un nid de coucou
Volcano

Le Voleur d'Arc En Ciel
Volt
Volteface
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
Voyage Au Bout de L'Enfer

Voyage au centre de la Terre
Le voyage de Chihiro
Le Voyage Fantastique
Les Voyages de Gulliver (1939)
Le Voyeur

W

Waking Sleeping Beauty
The Wall (album et film)
Wallace et Gromit Une grande excursion, Wallace et Gromit Un Mauvais Pantalon, Wallace et Gromit Rasé de près, Wallace et Gromit Le mystère du lapin-garou
Wall-e
Wall Street, Wall Street 2: L'argent ne dort jamais

Wanted choisis ton destin
The Ward
WarGames
Warrior
Wasabi
Watchmen

Waterworld
Wayne's World, Wayne's World 2


Welcome to the Jungle
Wendigo
When we were kings
Where The Dead Go To Die 
The White Zombie


Wilderness
Wild Wild West
Willow
W. L'Improbable Président
Wolf Creek
Wolfman (2009)


World Trade Center
World War Z
The Wrestler
Wyvern

X

X Men, X Men 2, X Men 3 l'affrontement final, X Men Origins Wolverine, X Men First Class The Wolverine,  
XXXXXX 2 The Next Level

Y

Yamakasi
Y A-T-Il Un Exorciste Pour Sauver Le Monde 
Y a t-il un pilote dans l'avion
Les Yeux de Julia
Les Yeux du Désir
You're next

Z

Z
Zero Dark Thirty
Zidane Un Portrait Du XXIème Siècle
La Zizanie
Zodiac
Zombi 3
Zombie Diaries 2


Zombie Holocaust
Zombie Honeymoon
Zombie Lover
Zombies Anonymous
Zombies Of Mass Destruction
Zookeeper

Zontar La Chose de Vénus

Chiffres

Deux heures moins le quart avant JC
Les Deux Visages de Christie
Two Lovers
3 Enfants Dans Le Désordre
3H10 Pour Yuma


Trois Jours A Vivre 2
3 Mighty Men
3 Zéros

Quatre Garçons dans le Vent
Quatre mariages et un enterrement
La quatrième dimension le film
Five Across The Eyes
Le cinquième élément


La 7ème Cible
Les 7 Grands Maîtres de Shaolin
Les 7 Momies
Les sept samouraisLes sept mercenaires
7venty 5ive
8 mm
Le Huitième Jour

Neuf mois ferme
Les 10 Commandements
Les 12 Salopards
Twelve years a slave
Le 13eme guerrier


21 Jump Street 
La 25ème heure
28 jours plus tard, 28 semaines plus tard
30 Jours de Nuit 2
La 36ème Chambre de Shaolin
36 Quai des Orfèvres
40 ans toujours puceau
99 F
100 Feet

100 Tears
Les 101 dalmatiens
127 heures
187 Code Meurtre

300,  
Les Quatre Cents Coups

1001 pattes
1941
1984 (Anderson), 1984 (Radford)
2001 L'Odyssée de L'Espace

2001 Maniacs 2001 Maniacs Field Of Screams
2012
2012 Supernova
2019 Après la Chute de New-York
10000

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Sommaire de P à S

P

Le Pacha
Pacific rim
Le pacte des loups
Le Pacte du Sang
Pain and gain
Pale Rider

Panic Room
Panic Sur Florida Beach
La Panthère Rose, Quand l'inspecteur s'emmêle, Le retour de la Panthère Rose, Quand la Panthère Rose s'emmêle, La malédiction de la Panthère Rose, A la recherche de la Panthère Rose
Paperman
Papillon
Paprika
Papy Fait de la Résistance
Paranoiak
Paranormal ActivityParanormal Activity 3

ParaNorman
Pardonnez-Moi
Le Parfum Histoire D'Un Meurtrier
Le Pari
Paris
Paris by Night of the Living Dead

Paris Je T'Aime
Le ParrainLe Parrain-2ème partie, Le Parrain 3
Partly Cloudy
The Party
Partysaurus Rex
Pas de printemps pour Marnie
La Passion de Jeanne d'Arc
La Passion du Christ
Patrick


Paul
Payback
Paycheck

 (la Cave de Borat)
Pearl Harbor
Pearl Jam Twenty
Peggy Sue s'est mariée
Pendez-Les Haut Et Court


People
Les Pépées font la loi
Percy Jackson le voleur de foudre

Perdus dans l'Espace
Le Père Noël Contre Les Martiens
Perfect blue
Le Péril Jeune
Persepolis

Persona
Peter et Elliott le dragon
Peter Pan
La Petite Boutique des Horreurs
La petite sirene
Petit Massacre Entre Amis
Les petits mouchoirs
Le Petit Vampire
Le petit dinosaure et la vallée des merveilles
Le Peuple de l'Enfer
Peur Bleue

Peur sur la Ville
Phantom Of The Paradise
Phantoms
Le Phare du Bout du Monde
Phenomena
Philadelphia
Philosophy of a Knife
Phone game
Pi
Piège à Hong Kong
Piege de cristal, 58 minutes pour vivre, Une journee en enfer, Die Hard 4 retour en enferDie Hard 5 

Piège Mortel à Hawaï, Return to the Savage Beach
Pinocchio
Le Pion
Piranha 2 Les Tueurs Volants, Piranha 3D
Les Pirates bons à rien mauvais en tout
Pirates des CaraÏbes: La malédiction du Black Pearl, Le secret du coffre maudit, Jusqu'au bout du monde, La fontaine de Jouvence
La Piscine
Pitch Black, Les chroniques de Riddick Riddick Dead Man Stalking
The Place beyond the pines
La plage


Plan 9 From Outer Space
La planete au tresor
La planète des singes (1968), Le secret de la Planète des singes, Les évadés de la Planète des singes, La Conquête de la Planète des Singes, La planète des singes(2001), La Planète des Singes Les Origines
La Planète Fantôme
Planète Interdite
Platoon


Le plus beau métier du monde
Pocahontas
Point Break
Pokémon le film
Le Pôle express
Police Academy

Police Fédérale Los Angeles
Polisse
Poltergeist
Pompoko

Le Pont (2008)
Le Pont de la Rivière Kwaï
Pontypool
Ponyo sur la falaise


Porcherie
Porco Rosso
Braddock Portés Disparus 3

Poséidon
Possession
Postal
Postman
The Poughkeepsie Tapes
Pouic-Pouic
Pour 100 Briques T'As Plus Rien !
Pour Qui Sonne Le Glas
Pour une poignee de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon la brute et le truand


Predator, Predator 2, Predators
Predictions
Prends Ta Rolls... Et Va Pointer !
Presque celebre
Le prestige

Presto
Présumé Coupable
Prête-Moi Ta Main
Pretty Woman
Primal
Primale
Le prince d'Egypte
Prince des Ténèbres

Prince of Persia les sables du temps
La princesse et la grenouille
Princesse Mononoké
Priscilla folle du désert
Prison (1988)
Prisoners
Prisonniers du temps

Le professeur FoldingueLa famille Foldingue
Le professionnel
P.R.O.F.S
Le Projet Blair Witch
Projet X
Les promesses de l'ombre

Promotion canapé
Le Proviseur
Psychose
Public Enemies
Le Pull-Over Rouge
Pulp Fiction
The Punisher (1989), The PunisherPunisher War Zone

Purana Mandir
Purple Rain
Push
Pusher, Pusher 2Pusher 3
Python

Q

Le Quai des Brumes
Quand l'Embryon Part Braconner
Quand les aigles attaquent
Quand les Dinosaures Dominaient le Monde
Quand les nazis filmaient les ghettos
Queen Kong
Que la Bête Meure

 (la cave de Borat)
Qui veut la peau de Roger Rabbit?
Quizz Show

R

The Rage
 (la Cave de Borat)
La Rage du Tigre
Raging Bull
The Raid,  Rain Man
Les Raisins de la Colère

Les Râleurs Font Leur Beurre
Rambo, Rambo II La mission, Rambo III, John Rambo
Rampage
Rango
Rashomon
Raspoutine Le Moine Fou
Ratatouille

Ratman

 (la cave de Borat)
Razorback
Real Steel
Re-Animator
Rebecca
Rec, Rec 2
Red Red 2
Redline
Red's dream
 (la Cave de Borat)
Red Water

The Reef
Regain
La Règle du Jeu
La reine des neiges
La releve


Rencontres du Troisième Type
Renaissance
Le Repaire du Ver Blanc
Reportages de Guerre Diviser Pour Régner

Reptilicus
Les Reptiliens
Requiem for a dream
Requiem pour un massacre

Les Rescapés de Sobibor
Rescue Dawn
Resident Evil, Resident Evil Apocalypse, Resident Evil ExtinctionResident Evil Afterlife
Resurrection County

Retour à la fac
Le Retour des Morts-Vivants
Retour vers le futur, Retour vers le futur 2, Retour vers le futur 3
Retroactive

La Revanche de la Créature
La Revanche de Pinocchio
La Revanche des Mortes Vivantes

La Révolte des Triffides
Les Révoltés de l'An 2000

Ricky Bobby roi des circuits
Le rideau dechire
Les Ripoux
Risky Business
Le Rite
Les rivieres pourpres, Les rivières pourpres 2
road trip
Robin des Bois
Robin des Bois prince des voleurs
Robin Hood
Robocop, Robocop 2, Robocop 3


Le Robot des Glaces, L'histoire de Trunks
Robot Jox
Robot Monster
Robots 2000 Odyssée Sous-Marine
Robo Vampire
Robowar
Rock (1996)
Rock academy
Rock Aliens
Rock of ages
Rocky,  Rocky 2, Rocky 3 l'oeil du tigreRocky 4, Rocky 5Rocky Balboa


Le Roi des Cons

Le Roi Lion
Les rois du désert

Les Rois Mages
Rollerball (1975), Rollerball(2002)
Roméo et Juliette
Les Rongeurs de l'Apocalypse
Rosemary's Baby
R.O.T.O.R.
La Route
La route d'Eldorado


Rox et Rouky
Le royaume de Ga'Hoole-la legende des gardiens
Rubber
Rue Barbare
La Ruée Vers L'Or
Les Runaways
Running Man
Rush

S

Sacré Graal
Sacré Robin des Bois
Le Sadique à la Tronçonneuse
Sailor et Lula

Le Saint (1997)


Le Saint de Manhattan
Le salaire de la peur
Salo ou les 120 Journées de Sodome
Saludos Amigos, Les trois caballeros
Salvage
Samuraï Cop
Samourais


San Antonio
Sanctum


Santa Sangre
Sarkozy vampire des médias
Sars Wars Bangkok Zombie Crisis
Saute mouton
Sauvez Willy

Savages
Savulun Battal Gazi Geliyor
Saw
Saw 2Saw 3Saw 4Saw 5Saw 6 
Scanners, Scanners 2
Scarface
Scary Movie, Scary Movie 2, Scary Movie 3, Scary Movie 4 Scary Movie 5

 Le Schpountz
Les Schtroumpfs
La Science des Rêves

Scooby doo, Scooby doo 2
Scott Pilgrim vs the world
Scourge
Scrapbook
Scream, Scream 2, Scream 3, Scream 4
The secret

Le Secret de Kelly-Anne
Le secret de la pyramide
Le Secret du Lac Salé
The Secret life of Walter Mitty

La Secte Sans Nom
Sectes Enfants Sous Emprise
Le Seigneur des anneaux, Le Seigneur des anneaux (1978), The Hobbit: Un voyage inattenduLa désolation de Smaug 
Le sens de la vie
Le Sens du Devoir
Les sentiers de la perdition
Le Septième Voyage de Sinbad

 (Cave de Borat)
Serial Noceurs
Série Noire 
Le Serpent


Serpico
Se Souvenir des Belles Choses
Seul au monde


Seven
Sexcrimes, Sexcrimes 2
Shadow
Shakma
Shank
Shaolin Contre Mantis
Shark Attack-Alerte Aux Requins, Shark Attack 3
Shark In Venice

 (la Cave de Borat)
Sharktopus
Shark Zone
Shaun of the dead
She Creature
Sheitan

Shérif Fais-Moi Peur
Sherlock Holmes
Sherlock Holmes Attaque L'Orient-Express
Shine a light
Shining
Shoah

Shocking Asia
Shoot'Em Up
Showgirls
Shrek, Shrek 2, Shrek le troisième, Shrek 4 il était une fin 
Shutter Island


Sidekicks
Signes
Le Silence des Agneaux, Hannibal, Hannibal Lecter Les Origines du Mal
Le Silence Qui Tue
Silent Hill
Silent Running
Les Simpson Le Film
Sin City 


The Skeptic
Slaughtered Vomit Dolls
Sleepy Hollow
Slice
Slugs

Small Fry
Small Soldiers
Snake eyes
Snuff 102
The Social Network
La soif du mal

Soldier
Soleil Rouge
Soleil Vert
Solitaire

Someone's Knocking At The Door
Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama
SOS Fantomes, SOS Fantomes 2
La Soupe Aux Choux
Source Code
La souris
Les Sous-Doués passent le bac
Sous le Signe du Scorpion


Le sous sol de la peur
Southland Tales
South Park le film


Space Cowboys
Space Jam


Spanish Movie
Spartacus
Spartatouille
Spawn
Speed 2 Cap sur le Danger
Speed Racer
Spider Man, Spider Man 2, Spider Man 3, The Amazing Spider man 
Spiders
Spider Web
Spirit l'etalon des plaines
Spirit Trap
Splice
Spring Breakers


St Jacques La Mecques

Stag Night
Stake Land
Stalingrad
Stand By Me
Starcrash Le Choc des Etoiles

Stargate
Starko
Starman
Starship TroopersStarship Troopers 2
Starsky et Hutch
Star Runners Les Convoyeurs de L'Espace
Star Trek le filmStar Trek II La colère de Khan Star Trek III A la recherche de Spock, Star Trek IV Retour sur TerreStar Trek V L'ultime frontièreStar Trek VI Terre InconnueStar Trek Premier contactStar Trek Star Trek Into darkness
Star Wars-episode I la menace fantôme, Star Wars-episode II l'attaque des clones, Star Wars The Clone Wars, Star Wars-episode III la revanche des sith, Star Wars-episode IV la guerre des étoiles, Star Wars-episode V l'empire contre attaque, Star Wars-episode VI le retour du jedi Star Wars Holiday Special  


Stauffenberg L'Attentat


Story of Ricky


La stratégie Ender

Street Dance 2
Street Fighter
Streetfighter La Rage de Vaincre
Strike Commando, Strike Commando 2
Striptease
Stuck Insitinct de Survie
Sucker Punch
Sueurs froides
Sugarland Express
Sulfures
 (la Cave de Borat)

Summer Wars
Sunshine
Super (2011)
Super 8

Supercroc

Superflic Se Déchaîne
Supergrave
Super Heros Movie
Superman (1978)Superman 2Superman 3, Superman 4, Superman ReturnsMan of steel

,
Super Mario Bros

Super Noël, Hyper Noël
Super Shark
Supervixens
Sur la piste du Marsupilami
Sur la route de Madison
Sur mes levres


Le survivant
Survivant(s)
Les Survivants

Les Survivants de L'Infini
Surviving Evil
Suspiria

 (Cave de Borat)
Sweeney Todd le diabolique barbier de Fleet Street
Sweet Sixteen
Le Syndicat du Crime, Le Syndicat du Crime 2Le Syndicat du Crime 3

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Sommaire de K à O

K

Kaboom
Karate Kid (1984), The Karate Kid (2010)
Karate Tiger Le Tigre Rouge,  Karate Tiger 2
Ken Le Survivant (1986), Ken Le Survivant, Hokuto No Ken La Légende de Toki,  Hokuto No Ken L'Ere de RahoShin Hokuto No Ken

Ken Park 
Kick Ass Kick Ass 2 Balls to the wall
Kickboxer
Le Kid
Kiki la petite sorcière
Kill Bill
The Killer
Killer CrocodileKiller Crocodile 2
Killer Joe
Killer Shark
Kill For Love
The Killing Of Satan
The Killing Room

Killing Them Softly
Kinatay
King Cobra
Kingdom of heaven
King Kong(1933), King Kong (1976), King Kong 2, King Kong(2005), King Kong contre Godzilla King Kong Revient
The King Of New York


Kiss Kiss Bang Bang
Klaus Barbie Sur les Traces d'Un Criminel
Knick Knack
Komodo
Kramer contre Kramer

 (l'antichambre de Borat)
Kronos Le Conquérant de L'Univers


Kung-Fu Kid
Kung Fu Panda 2
Kung Pow Enter The Fist
Kuzco l'empereur megalo

L

 (la Cave de Borat)
Le Labyrinthe de Pan
Lacombe Lucien
LA Confidential
Le Lagon Bleu
La haut

Lake Placid Final Chapter
Landru
Les Langoliers
Lara Croft Tomb Raider, Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie
Les Larmes du Soleil
Last Action Hero

Lastikman
The Last man on Earth
The Last Stand
Le Lauréat
Laurel et Hardy en Croisière
Lawless
Lawrence d'Arabie


La leçon de piano
Lectures Diaboliques
Legend
La legende de Beowulf


Léon
Le Libertin
Life of Pi
La ligne rouge
La ligne verte
Lilo et Stitch

Lincoln
La Liste de Schindler
Little Big Man
Little Miss Sunshine


Le livre de la jungle (1942)Le livre de la jungle (Disney),  (l'antichambre de Borat)
Le livre d'Eli
Le Locataire


La loi et l'ordre
Les lois de l'attraction
Lolita

The Lone Ranger
Long Time Dead
Long Weekend
Looper
Lord of war
Lost Highway
Louise Michel
Le loup de Wall Street
Le loup garou de LondresLe loup garou de Paris
Lovely Bones
 (la Cave de Borat)
Lucky Luke Daisy Town, Lucky Luke (1991), Lucky Luke


Les Lumières de la Ville
La Luna
Luxo Jr

M

Mac et Moi
La Machine A Explorer Le Temps

The Machine Girl
Maciste contre les Hommes de Pierre 
Madagascar, Madagascar 2


Madame Irma
Mad Max, Mad Max 2, Mad Max au dela du dome du tonnerre
Mad Monkey Kung-Fu
Mad Mutilator
The Magdalene Sisters
Le magicien d'Oz,  
Magic Kid
Magic Mike

Le magnifique
Magnolia
La main au collet
La Main Rouge du Diable
La Maison de Cire

Mais Où Est Donc Passée La 7ème Compagnie, On A Retrouvé La 7ème Compagnie
Mais qui a tue Harry
Mais qui a tué Pamela Rose

La Maison du Docteur Edwardes
Le Maître d'Ecole
Le maitre de guerre
Les Maîtres de L'Univers
Les Maîtres du Temps

La MalédictionLa Malédiction Finale, 666 La Malédiction
La Malédiction des Hommes-Chats
La Malédiction des Whateley
Maléfiques
Malibu High
Mamà

La Maman et la Putain
Maman J'Ai Raté L'Avion, Maman J'Ai Encore Raté L'Avion 
Mamma Mia !
The Man From Earth
The man from nowhere

Maniac (2013)
Maniac Cop
Maniac Trasher
Man on fire
Man on the moon
Manos The Hands Of Fate
The Manson Family


Marathon Man
La Mariée Etait En Noir
La Marque

Marquis de Sade-Justine
Mars Attacks
Mars Un Monde Aquatique


Martyrs

Mary et Max
Mary Poppins
The Mask

Ma sorcière bien aimée
Le masque de Zorro
La Légende de Zorro
Masques

Massacre A La Tronçonneuse (1974), Massacre A La Tronçonneuse 2, Massacre A La Tronçonneuse (2003), Massacre A La Tronçonneuse Le Commencement

The master
Ma Super Ex
Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions
La Mauvaise Education
Mauvaises Fréquentations

Ma Vache et Moi
Ma vie avec Liberace
Ma Vie Est Un Enfer
Max et les Maximonstres
Maximum overdrive
Max Payne


Megan Is Missing
Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Shark Vs Crocosaurus, Mega Python Vs Gatoroid
Megasnake
La Meilleure Façon de Marcher
Mein Kampf

Melancholie Der Engel
Mélodie Cocktail
Mélodie du sud
Memento
La memoire dans la peau, La mort dans la peau, La vengeance dans la peau


Menace 2 Society

Men In Black, Men In Black II, Men In Black 3
Mensonges d'Etat
Menteur menteur
Le Mépris
Merlin l'enchanteur
Mes meilleures amies
Mes meilleurs copains

Le Messie du Mal
Le Météore de la Nuit
Metropolis
Meurtre à Hollywood

Meurtre au Soleil
La meute
Miami Vice
Michel Vaillant
Micmacs a tire larigot


Midnight Express
Midnight Meat Train

 (l'antichambre de Borat)
Millenium le film

Millennium actress
Miller's Crossing
Million Dollar Baby
 (la Cave de Borat), Mimic 2
Minority Report


Miracle sur la 8ème rue

Le Miroir A Deux Faces
Les Misérables (1958)
Misery
Miss Daisy et son Chauffeur
Mission Evasion
Mission Impossible, Mission Impossible 2, Mission Impossible 3MI Ghost Protocol

Mission to Mars
Mississippi Burning
The Mist
Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée
Moi moche et mechant

Moi Tintin
La momie, Le retour de la momie, La Momie la tombe de l'empereur dragon
La Momie Aztèque contre le Robot

Mon Beau-Père Et Moi


Le monde de Narnia-Chapitre I le lion la sorcière blanche et l'armoire magique, Le monde de Narnia-Chapitre II Le prince Caspian,
Le monde de Narnia L'odyssée du passeur d'aurore

Le monde de Nemo
Le Monde Perdu (1925)
Les mondes de Ralph
Les Mondes Futurs

Les mondes perdus au cinéma
Mondo CaneMondo Cane 2
Mondwest

 (l'antichambre de Borat)
Mon Nom Est Tsotsi
The Monolith Monsters
Mon oncle

Monsieur Verdoux
Monsters
Monsterwolf
Le Monstre Vient de la Mer
Les Monstres de L'Espace
Monstres et cieMonstres Academy
La Montagne Sacrée
Mon voisin Totoro
Moon
Moontrap
Moonwalker

 (l'antichambre de Borat)
Morse, Let me in


Mortal KombatMortal Kombat Destruction Finale
La Mort au Large
La mort aux trousses
La Mort Etait Au Rendez-Vous
La Morte Vivante
Mort Ou Vif
Mort subite

Les Morts-Vivants
Mosquito
The Mother
Mother's Day


La Mouche NoireLe Retour de la Mouche, La Malédiction de la Mouche, La moucheLa Mouche 2
Moulin Rouge
Mr Brooks
Mulan
Mulberry Street

Mulholland Drive
Multiple Maniacs
Munich
The Muppets
Le Mur de l'Atlantique
The Murderer
Murders In The Zoo

Murder Loves Killers Too
Music Box
My Soul To Take
Le Mystère Andromède
Le Mystère de Vénus
Mystic River

N

Naissance d'une nation
Nathalie Dans L'Enfer Nazi
The Necro Files
Ne le dis à personne

Né Un 4 Juillet
Never Foget
Neverland
Never Let Me go
Never Say Never

 (la cave de Borat)
New York 1997Los Angeles 2013
New York ne répond plus


Night and day


Night of the Demons
Niki Larson
Nikita
Nine
Nine Dead


Ninja Assassin
Le Ninja Blanc
No Country for old men
Les noces funebres
Les noces rebelles

Notorious Big

Notre ami le rat
N'Oublie Pas Ton Père Au Vestiaire
Nous Sommes La Nuit
Le Nouveau Jean-Claude
Le nouveau monde
Les Nouveaux Barbares
Nouvelle Cuisine


La nouvelle voiture de Bob
Nude Nuns With Big Guns
La Nuit de la Mort
La nuit des morts vivants, Zombie, Le jour des morts vivants, Land of the dead, Diary of the dead
La Nuit des Traquées

La Nuit des Vers Géants
La Nuit du Chasseur
Nuit et brouillard
La nuit nous appartient
Les Nuits Avec Mon Ennemi
Numero 9

O

Oblivion
Obsession
Ocean's eleven
Octaman
L'Oeil de Vichy

L'oeil du mal

 (la cave de Borat)
Les oiseaux
Old boy
Oliver et compagnie
Omar M'A Tuer
On a volé la cuisse de Jupiter

Once Vatan
On L'Appelle Catastrophe
Only God Forgives
Open Range
Open Water En Eaux Profondes, Dérive Mortelle
Opération espadon
Orange mécanique
Orcs
L'ordre et la morale


L'Orphelinat
Oscar (film)
OSS 117 Le Caire nid d'espion, OSS 117 Rio ne répond plus


The Other Guys

 (la cave de Borat)
Outland Loin de la Terre
Out of Africa

Out of the furnace
Outrage (2010)
Outreau-L'Autre Vérité
Ouvert 247

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Sommaire de G à J

G

Gacy
Gainsbourg(vie heroique)

Galaxy Quest
The Game

Gandahar
Gandhi
Gangs of New York
Gangster Squad
Garou-Garou Le Passe Muraille
The Gate 2

Gatsby le magnifique (2013)
Gazon maudit
Le géant de fer
Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme Se Marie, Le Gendarme et les ExtraterrestresLe Gendarme A New YorkLe Gendarme En BaladeLe Gendarme et les Gendarmettes

Génération Perdue
George de la jungle
Get Carter
Ghost
Ghost Dog
Ghost in the shellInnocence
Ghost RiderGhost Rider 2
Ghosts of Mars
The Ghost Writer
Ghoulies 2, Ghoulies 3
The Giant Claw
GI Joe
The Gingerdead Man

The Girl Next Door (2007)
The Girl with the dragon tattoo
Gladiator
Glen or Glenda

Goal 2 la consécration
Godspeed
Godzilla (1954)Le Retour de Godzilla, Godzilla Vs Megalon,  Godzilla
Goemon The Freedom Fighter
Goldorak contre Great Mazinger
Gomorra
Good Morning England


Les Goonies
Gorgo

Goshu le Violoncelliste
Le Goût des Autres
Grace
Le Grand Bazar
Le Grand Blond Avec Une Chaussure Noire
Le Grand Chemin
La grande course autour du monde

Les Grandes Gueules
Les Grandes Vacances
La Grande Vadrouille
Le Grand Restaurant
Le Grand Sommeil
Le Grand Tournoi
Gran Torino

Gravity
The Green Elephant
Green Lantern
Green Zone
Gremlins, Gremlins 2 la nouvelle generation
The Grey
Greystoke La Légende de Tarzan

Les griffes de la nuit, La Revanche de Freddy, Les Griffes du Cauchemar, Freddy chapitre 5 L'Enfant du Cauchemar, Freddy 6 L'Ultime Cauchemar, Freddy 7 Freddy Sort de la Nuit
Le Grinch
Grindhouse
La Guerre des Boutons (1961), La Guerre des Boutons (2011)
La guerre des mondes(1954), La guerre des mondes(2005)


La guerre des Rose
Les Guerriers de la Nuit
Guinea Pig: Flowers of Flesh and Blood, Devil's Experiment


H

La Haine
Halloween, Halloween 2, Halloween 3, Halloween 4Halloween 5, Halloween 6Halloween 20 Ans Après, Halloween Resurrection, Halloween (2007), Halloween 2 (2008)
Hancock
Hanuman and the Five Kamen Riders

Happiness Therapy
Happy Feet
Hard Rock Zombies
Harpoon

Harry Potter A L'Ecole des Sorciers, Harry Potter et la Chambre des Secrets, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu; Harry Potter et l'ordre du phénixHarry Potter et le prince de sang mêlé, Harry Potter et les reliques de la mort
Hatchet 2


Haute Sécurité
Haute Tension
Heartless
Heartstopper
Heat
HellboyHellboy 2 les legions d'or maudites

Hell Comes To Frogtown
Hell Driver
Hellraiser 3
The Help
Hercule


Hercule A New York
Hercule et Sherlock
Hereafter
Les Héritiers du Docteur Mengele

Héroïnes
Héros
Hibernatus
Hidden, Hidden 2
Hierro

High Fidelity

Highlander, Highlander Le Retour, Highlander 3, Highlander EndgameHighlander The Source

High School Musical (saga)
Highwaymen La Poursuite Infernale
Histeria

Hitcher, 

Hitman

Hitman le Cobra
Hobo with a Shotgun
The Hole
Hollow man
L'Homme-Araignée, La Riposte de l'Homme-Araignée
L'Homme de l'Ouest

L'homme de Rio
L'homme des hautes plaines
L'Homme des Vallées Perdues
L'homme orchestre
L'Homme Puma
L'Homme Qui Murmurait A L'Oreille Des Chevaux
L'Homme Qui Rétrécit

La Honte de la Jungle
Hook
Hope and Glory
La horde
La Horde Sauvage
Horribilis
Horror Cannibal, Horror Cannibal 2
Hors de controle

 (la cave de Borat)
Hors la loi
Horton
The host
HostelHostel Chapitre 2 
Hôtel du plaisir pour SS
Hôtel Rwanda
Hot Fuzz
Hot Shots !,  


House of Bones
Howard the duck
Hugo Cabret
HulkL'incroyable Hulk
Humains

Hunger games Hunger games L'embrasement
Hurlements, Hurlements 2
Hush en route vers l'enfer
Hyper Tension 2
Hypnose
Hysterical

I

I comme Icare
Il Etait Une Fois Le Bronx
Il Etait Une Fois Dans L'OuestIl était une fois en Amérique
Il Etait Une Fois En Chine, Il Etait Une Fois En Chine 3
Il Etait Une Fois Le Cosmos
Il Était Une Fois... Louis de Funès
Il faut sauver le soldat Ryan


L'Île de la Terreur
L'Île des Morts-Vivants
L'Île Inconnue
L'Île Mystérieuse

L'Illusionniste
I love you Phillip Morris
Ils
Ilsa la Tigresse du Goulag
Ils sont fous ces sorciers

L'immortel
Les immortels
L'impasse
Impitoyable
The Impossible

L'Impossible Monsieur Pipelet
Incassable
Inception
L'inconnu du Nord Express
Les incorruptibles
L'incroyable voyage 2 à San Francisco

Incubus (1966)
Independence Day
L'Indestructible

Les Indestructibles
Indigenes

L'Inévitable Catastrophe
Infection
Les Infidèles
Les infiltres
The Informant
Inglourious Basterds


Innocent Blood
Insane
Insanitarium
Inseminoid
Inside Man


Insidious

 (Cave de Borat)
L'Inspecteur Harry, Magnum Force, L'Inspecteur ne Renonce Jamais, Le Retour de l'Inspecteur Harry, L'Inspecteur Harry Est La Dernière Cible 
Inspecteur La Bavure
International Guerillas


Intolérance
Into The Wild
Intouchables

L'invasion des profanateurs de sépultures, L'Invasion des Profanateurs, Body Snatchers, Invasion (2007)
Invasion Los Angeles
L'Invasion vient de Mars
Invictus
The Invisible Man

I Robot
Iron Man, Iron Man 2, The Invincible Iron Man Iron Man 3
Irréversible

The Island
I Spit On Your Grave (1978)I Spit On Your Grave 2
It Came From Hollywood
It Waits

J

J'ai Rencontré Le Diable
Jackass 3D
Jack Brooks Tueur de Monstres
The Jacket
Jack FrostJack Frost (1996)
Jackie Brown
Jack le chasseur de géants
Jack L'Eventreur Partie 1, Jack L'Eventreur Partie 2
Jackpot

Jack Reacher
James Bond:  James Bond contre Dr No, Bons baisers de RussieGoldfinger, Opération tonnerre, On ne vit que deux foisCasino Royale (1967), Au service secret de sa Majesté, Les diamants sont éternelsVivre et laisser mourirL'homme au pistolet d'orL'espion qui m'aimait, MoonrakerRien que pour vos yeux, OctopussyJamais plus jamais, Dangereusement Vôtre, Tuer n'est pas jouer, Permis de tuer, GoldenEyeDemain ne meurt jamaisLe monde ne suffit pas, Meurs un autre jour, Casino Royale, Quantum of Solace, Skyfall
James et la pêche géante
Le Jardin du Mal
Jarhead
Jason et les Argonautes
JCVD
Jean de Florette, Manon des Sources
Jean-Philippe
J Edgar

 (l'antichambre de Borat)
Jennifer's body

Jerry Maguire
Je Suis Moche et J'Emballe

Je suis timide mais je me soigne
Je suis une légende
La Jetée

Le Jeu de la Mort
Jeu D'Enfant
, Chucky 3 

Jeune et jolie
La Jeune Fille et la Mort
La Jeunesse Sous Hitler, La Jeunesse Sous Hitler Episode 3La Jeunesse Sous Hitler Episode 4, La Jeunesse Sous Hitler Episode 5
Jeux Interdits
je Vais Bien Ne T'En Fais Pas

J'irai Cracher Sur Vos Tombes


John Carter
Johnny S'En Va-T-En Guerre
John Wayne et les Cowboys


Le Joli Coeur
Josey Wales hors la loi
Josie et les pussycats
Le joueur d'échec
Le jour d'apres
Le Jour de la Bête

Jour et Nuit
Le Journal d'Anne Frank
Le Jour Où La Terre S'Arrêta
Le Jour Où La Terre S'Arrêta (2008)
Jours de tonnerre
Judge DreddDredd
Le Juge et l'Assassin
Jugement A Nuremberg


Jumeaux


Jurassic Park, Le monde perdu-Jurassic Park, Jurassic Park 3,  
Jurassic Shark
Jusqu'en enfer

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Sommaire de D à F

D

D4 Mortal Unit
La dame en noir
Damien La Malédiction 2
Danger Diabolik !

Danny the dog
Dans la brume electrique
Dans la ligne de mire
Dans La Peau De John Malkovich

Dans l'eau... Qui fait des bulles !
Dans les Griffes du Vampire
La Danza de la Realidad
Daredevil,  
Dark City
Dark Country

The darkest hour
DarkmanDarkman 2Darkman 3
Dark Shadows
Darling
D.A.R.Y.L.

Da Vinci Code
Daylight
Day Of The Animals
De battre mon coeur s'est arrêté
Dead Girl


The Deadly Spawn
Dead Man's Shoes
Dead Meat

Dead or Alive

The Dead Outside


Dead Silence
Dead Zone
Death Bell
Death Note
Death Sentence


Death Warrior
Décapité
La déchirure

Deep Evil Menace Extraterrestre
Deep Impact
Defendor
Déjà vu


De l'autre côté du périph
Délivrance
De L'Ombre A La Lumière
De Mein Kampf A L'Holocauste L'histoire du Nazisme
Dementia 13
Demineurs
Les Demoiselles de Rochefort
Demolition Man

Demons
Le Dentiste
Le Dentiste 2
Les dents de la mer, Les dents de la mer 3, Les dents de la mer 4 La Revanche,  Cruel Jaws (Les dents de la mer 5)
De Nuremberg à Nuremberg
Le dernier des mohicans
La Dernière Femme sur Terre
La Dernière Maison sur la Gauche (1972), La Dernière Maison sur la Gauche (2009)


Le dernier exorcisme
Le Dernier Pour La Route
Le Dernier Roi D'Ecosse

Le dernier samaritain
Le dernier tango de Paris
De rouille et d'os
The descendants
The Descent, The Descent Part 2

Desperate Living
Des Serpents Dans L'Avion
Destination Finale, Destination Finale 2, Destination Finale 5
Des Zombies dans l'avion

Détective Dee
Détour Mortel 3
Détour Mortel 4
Devil
The Devil Inside
Devil Seed
Le Diable S'Habille En Prada

La Dialectique Peut-Elle Casser Des Briques
Le Dictateur
The Dictator
Didier
Digby le plus grand chien du monde

Digimon le film
Digital Man
Le diner de cons

Dinocroc
Dinosaure
Dinosaur From The Deep
Dinoshark
Dirty Dancing
Disaster Movie

Disco
Le discours d'un roi
Disjoncte
District 9
Django Unchained
Djinns
Dobermann
Dr Jerry et Mister Love

Doghouse
Dogma
Dog Pound
Domino
Don Camillo MonseigneurDon Camillo En Russie
Donkey Punch
Dolly Dearest


Donnant Donnant
Donnie Darko
Don't Be Afraid of the Dark
Don't Look Up
Doom

Dorothy
Double Détente
Double Team
Dracula (1992)
Dracula mort et heureux de l'être
Dragon Ball The Magic Begins, Dragonball Evolution


Dragon L'Histoire de Bruce Lee
Dragons
Dragons Forever
Dread

Dreamcatcher
Dream Home
Drive
Driven
Le drole de noel de Scrooge
Duel
Dumb et Dumber
Dumbo
Dune
Dupont Lajoie
Dying Breed

E

Eaux Sauvages
Easy rider
Ebola Syndrome
Echec et Mort
L'échelle de Jacob
L'échine du diable
Eden Lake
Edward aux mains d'argent
Ed Wood

Eegah
L'effaceur
L'Effet Papillon


Elephant Man
L'elite de Brooklyn
Elle Est Trop Bien
Elmer Le Remue Méninges

El Topo

Elysium
Emmanuelle, La Revanche d'Emmanuelle
L'Emmerdeur (2008)
L'Emmurée Vivante
Empire du soleil
En cloque mode d'emploiThis is 40
L'Enfant Sauvage

Les enfants loups Ame et Yuki
L'Enfer des Zombies
L'enfer du dimanche
Ennemi d'Etat 
Ennemis Rapprochés

En QuarantaineEn Quarantaine 2
Entre les murs
L'epreuve de force


Eragon
Eraserhead
Erin Brockovich seule contre tous
Espace Détente
Esprits Rebelles

L'esquive
Essential Killing
Esther
L'Etalon Italien


L'Eté Meurtrier
Eternal sunshine and the spotless mind
ET l'extraterrestre
L'Etrange Créature du Lac Noir
L'etrange histoire de Benjamin Button
L'étrange noel de monsieur Jack
L'Etrangleur de Boston
L'Eventreur de New York
L'Evadé d'Alcatraz
Les Evades


Evil Bong
Evil Dead, Evil Dead 2, Evil Dead 3-L'armee des tenebres The Evil Dead 


Exam
Excalibur
Excalibur l'épée magique


Exorcismus
L'exorciste, L'Exorciste 2 L'Hérétique, L'Exorciste 3L'Exorciste Au Commencement
L'expansion de l'univers est-elle infinie
Expendables, Expendables 2


The Experiment
Exterminator
L'Extra Terrestre
Extra Terrien
Eyes Wide Shut

F

Le fabuleux destin d'Amelie Poulain
Face A La Mort, Face A La Mort 2, Face A La Mort 3


The Faculty
Fahrenheit 451
La Faille
Faites Sauter La Banque
La Famille AddamsLes Valeurs de la Famille Addams
Fanboys

Fanfan la tulipe (2003)
Fantasia, Fantasia 2000
Fantastic Mr Fox

The Fantastic Four , Les 4 FantastiquesLes 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent,  
Le Fantastique Homme Colosse
Fantômas, Fantômas Se Déchaîne, Fantômas contre Scotland Yard

Le Fantôme de l'Opéra (1925)
Le Fantôme du Bengale
Fantomes contre fantomes
Fargo
Fast and Furious,  2 Fast 2 FuriousFast and Furious Tokyo DriftFast and Furious 4,  Fast and Furious 5Fast and Furious 6,  
Fatale
Faster Pussycat ! Kill ! Kill !
Les Faucheurs
Faust-Une Légende Allemande

FeastFeast 2

 (la cave de borat)
Les Feebles
Felon
la Femme Guêpe
La Femme du Boulanger
Les Femmes de ses Rêves
Fenetre sur cour

La Ferme de la Terreur
La ferme se rebelle
Festen
Fido
Fievel et le nouveau monde
Fight Club
Fighter
La Fille du Puisatier
Les fils de l'homme
Le Fils de Rambow
Final Fantasy Les créatures de l'esprit

La fin des temps
The First Men in the Moon
Fitzcarraldo
Flash Gordon

Le Fléau
Le flic de Beverly Hills, Le flic de Beverly Hills 2Le flic de Beverly Hills 3
Le flic de San Francisco

Flic Ou Zombie
Flight
Flight Plan
Flubber
The Flying Saucer

Fog
La Folie des Grandeurs
Folle d'Elle
La folle journée de Ferris Bueller
Forever Young
Forrest Gump
For the birds

Fortunat
Le Fou de Guerre
The Fountain
Fous d'Irene
Les Fous du Stade


Les Français L'Amour et le Sexe Les Préliminaires et les Positio

Frankenhooker

Frankenstein (1931)Frankenstein s'est échappéL'Empreinte de Frankenstein
Frankenweenie, Frankenweenie (2012)
Frayeurs
Freaks La Monstrueuse Parade

 (la Cave de Borat)
Freddy Contre Jason
Le Frelon vert (2010)
French Connection


Frères de Sang
Frissons D'Outre Tombe
Fritz The Cat
From Hell

From Paris with love
Frontière(s)
Fucking Kassovitz

Le fugitif
Les Fugitifs
Full Contact
Full Metal Jacket
The Full Monty
Funérailles D'Enfer
Funny Games, Funny Games U.S.
Funny People
La Fureur de Vaincre, Fist of Legend La Nouvelle Fureur de Vaincre
La Fureur de Vivre
La Fureur du Dragon 
Furyo

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Sommaire de A à C

A

A Bout de Souffle
A bout portant
A la Recherche du Bonheur
A L'Est D'Eden
A L'Intérieur
A Louer


A Propos d'Henry
A Serbian Film
A toute epreuve
Abandonnée
L'Abime des Morts Vivants
Abominable
Abyss
Les Accusés
Ace Ventura detective chiens et chats, Ace Ventura en Afrique
Across the Universe
Adieu Poulet
L'Adversaire


L'Affaire Dominici
Affamés
Les affranchis
After.Life


L'agence tous risques
A.I.
Aigle de Fer
L'Aile Ou La Cuisse

Ainsi Va La Vie Hommage A Annie Girardot
Air Force One

Akira
Aladdin, Le retour de Jafar, Aladdin et le roi des voleurs
Alarme Fatale
Albator le film
Ali

Ali Baba et les 40 Voleurs
Alice au pays des merveilles(Disney), Alice au pays des merveilles(Burton)
Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrectionPrometheus
Alien 2 Le Monstre Attaque
Alien Abduction Night Skies
Alienator

Alien Cargo
Alien Invaders
Alien VS Alien
Alien Versus Ninja
Alien VS Predator, Alien VS Predator Requiem
All the boys love Mandy Lane
Allumeuses !

Always
Amadeus
L'amant
Amen
Amer
Amer Béton
L'américain
The American
American Beauty
American Gangster
 (la Cave de Borat)
American History X


American Ninja 
American PieAmerican Pie 2American Pie 3
American Psycho, American Psycho 2
American Trip

 
Amistad
Amityville La Maison du DiableAmityville 2 Le Possédé, Amityville (2005)
L'Amour Extra Large
L'Amour Violé
Anaconda Le Prédateur
Anastasia


Les Anges Gardiens
Animal kingdom
Anna M.


Anonymous


Antarctic Journal
Antichrist
Apocalypse 2024
Apocalypse now(redux)

Apocalypto
Apollo 13
Appelez-Moi Dave
Apportez-Moi La Tête D'Alfredo Garcia
L'apprentie sorciere
Arac Attack
Argo
Les aristochats
Armageddon


L'arme fatale, L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, L'arme fatale 4
L'armee des 12 singes
L'armee des morts
L'Armée des Ombres
L'arnacoeur
Arrete moi si tu peux
Arrête Ou Ma Mère Va Tirer !
The Arrival

Arthur et les minimoys
The Artist
L'As des As
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Les associés
Astérix Le GauloisAsterix et Cleopatre, Les 12 travaux d'Asterix,  Astérix et le Coup du Menhir, Astérix et les Vikings, Astérix et Obélix contre César, Astérix et Obélix: Mission Cléopatre, Asterix aux jeux olympiquesAstérix et Obélix: Au service de sa majesté
Atlantide l'empire perdu
Atome La Clé du Cosmos
Atome Le Clash des Titans
Atome L'Illusion de la Réalité
Atomic College
Attack From Space
Attack of the Puppet People


L'attaque de la Moussaka Géante
L'Attaque des Sangsues Géantes
Au-Delà du Réel
L'auberge espagnole, Les poupees russesCasse tête chinois
L'Auberge Rouge (2007)

L'aube rouge, L'aube rouge (2009)
Au Coeur de la Voie Lactée
August Underground, August Underground Mordum, August Underground Penance
Au Nom de Tous les Miens
Au nom du père
Au Revoir Les Enfants

Auschwitz Premiers Témoignages
Austin PowersL'espion qui m'a tirée, Goldmember
Autant en emporte le vent
Les Autres
Aux Portes de l'Enfer
Avalon

L'Avare
Avatar
Avengers
L'Aventure C'Est L'Aventure
L'aventure intérieure

Les aventures de Bernard et Bianca, Bernard et Bianca au pays des kangourous
Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin
Les Aventures de Pinocchio
Les Aventures de Rabbi Jacob
Les aventures de Tintin-Le secret de la Licorne, 
Les aventures du Baron de Munchausen
Les Aventures D'Un Homme Invisible

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec
Les aventuriers de l'arche perdue, Indiana Jones et le temple maudit, Indiana Jones et la derniere croisade, Indiana Jones et le royaume du crane de cristal
Les Aventuriers du Système Solaire
L'Aveu
L'Avion de L'Apocalypse
Azur et Asmar

B

Babel
Babe le cochon devenu berger, Babe un cochon dans la ville
Lady Blood
Babylon AD
Baby Sitting Jack Jack

Bad BoysBad Boys 2
Bad Guys
Badi
Bad Lieutenant, Bad Lieutenant Escale à la Nouvelle-Orléans


Bad Taste
Bad Teacher
Le baiser mortel du dragon

Bait
Balada Triste De Trompeta
Bambi
Bangkok Adrenaline

Bangkok Haunted
Banglar King Kong
Bang Rajan 2
Banlieue 13 Les banlieusards
Barbie La Magie de la Mode
Barb Wire


Barry Lyndon

Basic Instinct, Basic Instinct 2
Basil detective prive
Basket Case
La Bataille d'Angleterre

La Bataille de Stalingrad
Batman, Batman le defi, Batman Forever, Batman et Robin, Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises, Batman contre le fantôme masqué, Subzero, Superman Batman Apocalypse, Batman Under The Red Hood
Bats 2 La Nuit des Chauves-Souris
Battle Los Angeles
Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem
Battleship


Le Bazaar de L'Epouvante
Bear
Le Beau-Père
Les beaux gosses
Bedevilled


Beetlejuice
Begotten
Beignets de Tomates Vertes

La Belle Américaine
La belle au bois dormant
La Belle et la Bête (1946)La belle et la bete (1991),  
La belle et le clochard


Ben-Hur
Beowulf
Bernie (film)


La Bête de la Caverne Hantée
La Bête Humaine
Les Bidasses S'En Vont En Guerre, Le Retour des Bidasses en Folie
Bienvenue à Gattaca
Bienvenue à Zombieland
Bienvenue Chez Les Ch'tis
Big
Big Boss


Big FishBig Mamma 3


Birdy
Bitch Slap
Bitten

 (la Cave de Borat)
Black Book
Black Christmas (1974)
Black Death

Black Past
Black Rain
Black Swan
Black Water
Blade (1997)Blade 2Blade Trinity
Blade Runner
Blair Witch 2 Le Livre des Ombres
Blanche Neige et les 7 nains Blanche Neige le plus horrible des contesMirror mirror Blanche Neige et le chasseur
Blindness
Le Blob Danger Planétaire, Le Blob
Blood Creek
Blood Feast
Blood Freak
Bloodsport 2, Bloodsport 3 Bloodsport 4 The Dark Kumite
Blow out
Blue Holocaust
Blue Jasmine
Les Blues Brothers
Blue Valentine
Blue Velvet

Bodyguard
Boire et déboires
Le Bonheur Est Dans Le Pré
Le Bon La Brute et le Cinglé
Boogie Nights
Borat (le film, pas moi)

Borderland
Le Bossu de Notre Dame
Boudu
Bouge !


Le boulet
Bound
The Box


Braindead
The Brain Eaters
Le Bras de la Vengeance

Brave
Braveheart
Brazil
Brazilian Star Wars
Breakfast Club

 (l'antichambre de Borat)
Bronson
Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Les Bronzés 3
Brothers
Bruce Lee et ses Mains d'Acier


Bruce Lee L'Homme et sa Légende
Bruce Tout-puissant, Evan Tout-Puissant
Bruce Lee Vs Gay Power
Bruiser
BTK
Bubbles Galore
Le bûcher des vanités
Buried
Burn-e
The Butcher (2007)

C

C'est Arrivé Près de Chez Vous
La cabane dans les bois
Le Cabinet du Docteur Caligari


Ca-Il Est Revenu
Caligula
Calme Blanc

 
Camille redouble
The campaign
Camping


Le canardeur
Cannibal Ferox
Cannibal HolocaustCannibal Holocaust 2
Le Capitaine Cosmos
Capone
Captain America (1979), Captain America (1990), Captain America First Avenger  (la Cave de Borat)
Capitaine Fracasse


Captifs
Captivity
Cargo
Carnage
Carnage(2011)
Les Carnets Secrets de Nuremberg
Carnival of Souls

Carnosaur, Carnosaur 2, Carnosaur 3
Carrie au Bal du Diable
Cars, Cars 2
Casablanca
Casino
Casper

Catwoman
Le Caveau de la Terreur
Caved In
Le Cave Se Rebiffe
Cendrillon
Le Cercle Des Poètes Disparus
Le cercle-The RingLe cercle-The Ring 2

Certains l'aiment chaud
Le Cerveau
Le Cerveau de la Planète Arous
Le Cerveau Qui Ne Voulait Pas Mourir
Ces Garçons Qui Venaient du Brésil
La chair et le sang
The Challenge

Chambre 1408
La Chambre des Morts
Chantons Sous La Pluie
 (Cave de Borat)


Charlie et la chocolaterie
Charlie mon héros
Les Charlots contre Dracula
Les Charlots en Folie A Nous Quatre Cardinal !
Les Charlots Font L'Espagne
The Chaser
Le château ambulant
Le chateau dans le ciel
Le chateau de Cagliostro

Le Château de la Terreur
Chatroom
Chérie j'ai rétréci les gosses, Chérie J'Ai Agrandi Le BébéChérie nous avons été rétrécis
Cherry 2000
Cheval de guerre

 (Cave de Borat)
La Chèvre
Chicken Little
Chicken Run
Chien de flic
Le Chien des Baskerville
Les Chiens de Paille
Le Chinois, Le Chinois Se Déchaîne


Chloé

Le choc des titans(1981), Le choc des titans(2010)La colère des titans

Chocolat
Chopper
Les Choristes

La Chose à Deux Têtes
La Chose D'Un Autre Monde
Christine
Christmas Evil
Chromosome 3
Chronicle
C.H.U.D.
La chute de Berlin
La chute du faucon noir

Le cirque
La cite de la peur
Citizen Kane
Le Clandestin
Class 1984


Les clefs de bagnole
Le Clitoris ce cher inconnu
Clones

Cloud Atlas
Cloverfield
Les Clowns Tueurs Venus D'Ailleurs

Le Cobaye, Le Cobaye 2
Cobra le film

Cocktail

Coco
Cold Prey 2
, Cold Prey 3
Collateral
The Collector, The Collection

 La Colline A Des Yeux, La Colline A Des Yeux 2
Colombiana

Le Colosse de Rhodes
The Colossus of New York
Coluche L'histoire d'un mec

Combats de Maître
Commando

Comment se faire virer de l'hosto
Les Compères
La Comtesse
Conan le barbare, Conan Le Destructeur, Kalidor La Légende du Tasliman, Conan (2011)
Confession d'une accro du shopping
The conjuring
La Conquête
Contagion


Les Contes de Terremer
Les Contes de la Nuit
Le Continent des Hommes-Poissons

Le Continent Oublié
Control

Le convoyeur

 (la cave de Borat)
Copland

Coquin de printemps

Coraline

Le Corbeau
La corde

Le Corniaud

Cosmopolis
La couleur pourpre
The counselor
Coup de tete

Coup de Torchon
Coups Pour Coups

La Course A la Mort de l'An 2000
La course au jouet 
Cours Privé
Cowboys and Aliens
Cowboy Bebop le film
Le Crabe Tambour

Cradle Of Fear
Le crapaud et le maître d'école
Crash
The Crawling Eye

C.R.A.Z.Y
Crazy Heart
Crazy Kung-Fu
Crazy stupid love
Creance de sang
La Création
Créatures célestes
Creepozoids
Creepshow
Le Cri du Hibou
Le crime etait presque parfait


La Crise
Critters, Critters 2, Critters 3, Critters 4
Crocodile 2
Crocodile Dundee,  

 (la Cave de Borat)The CrowThe Crow 3 Salvation
Cruising

Crying Freeman
Cube Zero
La Cuisine Au Beurre
Cujo


Cyborg
Cyborg Conquest
Cyclone (1978)
Cyrano de Bergerac

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Sommaire des séries, livres et jeux

Série TV

La quatrième dimension saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

American Horror Story saison 1

AngelAngel saison 1 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Batman:  Batman Naissance D'Une Légende (la cave de Borat),  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Boardwalk Empire:  Boardwalk empire saison 1Boardwalk empire saison 2 Boardwalk empire saison 3

 (intégrale)

Buffy contre les vampires: Buffy contre les vampires saison 1Buffy contre les vampires saison 2, Buffy contre les vampires saison 3,  Buffy contre les vampires saison 4, Buffy contre les vampires saison 5Buffy contre les vampires saison 6Buffy contre les vampires saison 7

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Code Quantum

 (la cave de Borat) 

 (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Cowboy Bebop

 

 (la cave de Borat) 

Dead Set

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les Envahisseurs

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Fringe: Fringe saison 1, Fringe saison 2, Fringe saison 3, Fringe saison 4 Fringe saison 5

 (la cave de Borat)

Game of thrones saison 1

La gifle

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Hannibal (série)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

,  (la cave de Borat)

Heroes saison 1

 (la cave de Borat)

House of cards: 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Métal Hurlant Chronicles

Mildred Pierce

 (la cave de Borat) 

Le Muppet Show

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

The Pacific

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Parade's end

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les piliers de la terre

Pokemon

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

Rambo Le Dessin Animé (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Robocop la série (pilote)

Rome (l'intégrale)

 (Cave de Borat)

Sarah Connor's Chronicles (saison 1)

 (la cave de Borat)

Les Simpson: Les Simpson saison 1, Les Simpson saison 2, Les Simpson saison 3, Les Simpson saison 4,  Homer Like A Rolling Stone (la Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

Sons of anarchy:  Sons of anarchy saison 1Sons of anarchy saison 2 Sons of anarchy saison 3

 (la cave de Borat)

South Park:  Cartman a une sonde anale, Volcano (South Park), South Park Is Gay

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Star Wars Clone Wars

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Top of the lake

 (la cave de Borat)

Twin Peaks (série)

 (la cave de Borat)

Under the dome

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

The Walking Dead: The Walking Dead pilote, The Walking Dead saison 1

 (la cave de Borat)

Livres 

Batman Year one

Le bleu est une couleur chaude

The Crow (livre)

The Dark Knight Returns

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Dragon Ball (manga)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

GTO

Happy Rock

L'homme sans peur

Je suis une légende (roman)

The Killing Joke

 (la cave de Borat)

Moins que zéro

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Tintin: Tintin au pays des sovietsTintin au CongoTintin en Amerique, Les cigares du PharaonLe lotus bleu

 (la cave de Borat)

Le transperceneige (BD)

Ultimates: Ultimatum

Un long halloween

Wanted

Wolverine Origins

 (la cave de Borat)

20th Century Boys

Jeux-vidéo

007: Quitte ou double, Blood Stone 

Call of Duty: Call of Duty Modern Warfare 2 Call of Duty Black OpsCall of Duty Black Ops 2 

Dead Island

Dead Space

Donald Qui est PK

Duke Nukem Forever

Gears of war, Gears of war 2, Gears of war 3

GTA: GTA San AndreasGTA IVGTA Episodes from Liberty City, GTA V

Halo 4

Hitman Blood Money,  Hitman Absolution

Luigi's mansion 2

Magical Mirror starring Mickey Mouse

Mario Kart: Mario Kart Double Dash,

Max Payne 3

New Super Mario Bros

Rayman Origins

Red Dead Redemption

SOS Fantomes le jeu

Taxi 3 le jeu

Titeuf le jeu Titeuf Mega Compet

Tomb Raider (2013)

Uncharted 2

Yoshi's island

Dossiers cinéma et hommages

Marvel Cinematic Universe:

Hayao Miyazaki:

Dune: L'épice au commencement

La terreur surgit du désert (bonus du film Tarantula !)

La volupté du Shaw Bis (bonus du film Super Inframan)

Walt Disney: 

Robocop: la quête identitaire

Steven Spielberg:

L'Enfer: L'enfer et rien d'autre

Coup de gueule sur le cinéma américain et français:

Hommage à Jean Giraud: Blueberry est orphelin

Hommage à Marc Alfos: Russell Crowe laissé sans voix

Hommage à Tony Scott: The man on fire was died

Hommage à Michael Clarke Duncan: Vous ne le confondrez plus avec le café

Hommage à Francis Lax: Han Solo reste sans voix

Hommage à Ray Harryhausen, le génie des effets spéciaux

Hommage à James Gandolfini: Un Soprano a perdu sa voix

Hommage à Richard Matheson: La légende de Richard Matheson

Hommage à Georges Lautner: Un tonton s'est fait flinguer...

Hommage à Paul Walker: Parti trop vite...

Hommage à Edouard Molinaro: Une folle s'en est allée

Hommage à Peter O'Toole: Lawrence part vers des contrées lointaines dépassant les mille et une nuits...

Hommage à Phillip Seymour Hoffman: Le Comte a atteint son compte à rebours

Hommage à Harold Ramis: Les SOS Fantômes perd un de ses membres phares

Hommage à Alain Resnais: Le plus BDphile des cinéastes s'en est allé

Hommage à Micheline Dax: Kermit a perdu sa Miss Peggy

Hommage à Bob Hoskins: Eddie Valiant s'en est allé voir les toons

Hommage à HR Giger: Un xénomorphe en moins

Hommage à Anthony Goldschmidt:  Afficheur pour toujours

Hommage à Eli Wallach: Le plus grand des truands

Cannon (hommage à Menahem Golan): Le bis en manque de Cannon

Hommage à Robin Williams: O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

Hommage à Joe Cocker: Cuvée so beautiful to me

Hommage à John Hughes: Cuvée Hughes together, Hughes forever

Hommage à Mike Newell: Cuvée lauréate

Hommage à Christopher Lee: Cuvée Horror King

Hommage à Omar Sharif: Jivago s'en va vers le lointain trouver Lawrence d'Arabie

Hommage à James Horner: Cuvée deuil symphonique

Hommage à Michel Delpech: Cuvée tantôt chasseuse, tantôt chanteuse

Hommage à Michel Galabru: Cuvée râleuse mais amusante

Hommage à David Bowie: Cuvée Dieu Bowie

Hommage à Alan Rickman: Cuvée Clay, Bill Clay

11 juin 2016

Séance illégale

Les premières séances de l'Antichambre de Borat ont pu vous faire peur chers lecteurs et cela se comprend. Entre un tigre pour l'une et un grizzly pour l'autre, il y avait de quoi vouloir prendre ses jambes à son cou! Cette fois, les animaux sont couchés et attendent avec impatience de rugir à nouveau (pas trop non plus!). Au programme cette semaine: une adaptation que tout le monde a déjà oublié, un conte de noël et un réglement à l'amiable. Ready? Go! (attention spoilers)


Jem et les Hologrammes : AfficheHollywood et sa tendance à adapter tout et n'importe quoi a encore frappé. Voici Jem et les hologrammes, adaptation d'une série animée sponsorisée Hasbro, immortalisée il y a quelques années par le célèbre Joueur du grenier. Soit les aventures d'un groupe de soeurs musiciennes avec des looks so 80's. L'occasion pour Scooter Braun (manager de Justin Bieber) et Jason Blum (producteur à la tête des Paranormal activity) d'exploiter le filon, ce qui n'est en rien rassurant au vue des CV des deux producteurs. Manque de bol, "l'homme aux cinq millions de dollars de budget" (+ 20 millions dans la promotion, ne l'oublions pas Mr Blum) s'est planté en beauté, signant un des flops les plus retentissants de l'an dernier.

Universal a beau avoir maintenu la sortie française, la distribution du film fut à la sauvette, sans réelle promotion et... avec sept mois de retard. Ce qui a engendré des copies HD sur internet, bien aidé par la sortie du film en BR aux USA depuis. Qui plus est dans plusieurs langues dont le français et le québécois. C'est dire si Universal a laissé tomber le film (qu'elle ne fait que distribuer rappelons-le), désastre en pleine année commercialement bonne pour le studio. 

Un désastre qui fait vite mal à la tête à force de changer systématiquement de format. Jon Chu s'amuse avec les réseaux sociaux, les smartphones et autres appareils photo pour jouer sur l'air du temps. Jusqu'à entrecouper certaines scènes de vidéos de Youtube (un sponsor parmi tant d'autres), à l'image de cette "scène de suspense" qui est rythmée par une vidéo de Youtube montrant un duel de batteurs! Le rapport avec le film? Aucun. Peut être la musique... Le changement de format finit par donner mal à tête, à force d'insister sur des plans ou des vidéos finalement inutiles, qui ne sont là que pour du remplissage.

Le film accumule également les poncifs du film musical montrant un groupe, jusqu'à la scène où le personnage principal se voit offrir une carrière solo et pas ses camarades. Une scène déjà vue dans Across the universe (Julie Taymor, 2007), Presque célèbre (Cameron Crowe, 2000) ou Josie et les pussycats (Harry Elfont, Deborah Kaplan, 2001) pour ne citer qu'eux. Y compris la scène où le héros est seul avant d'être rejoint par ses amis. Jem et les hologrammes n'innove pas, il régresse en faisant pareil que les autres en pire. Il n'y a aucune nouveauté, le film accumulant les scènes déjà vues sans jamais convaincre.

Les chansons sont plutôt insupportables, à l'exception peut être de la correcte Youngblood, qui a au moins le mérite d'être rythmée. Il est d'autant plus triste que cela sent le playback mal foutu (on voit que les actrices ne chantent pas ou si peu) et les shows sont d'une pauvreté certaine (un petit laser là, un autre ici, si possible de toutes les couleurs fluorescentes possibles) et terriblement ancrés dans les 80's. On se croirait parfois dans le clip des Modern Talking You're my heart, you're my soul (1985).

A cela rajoutons le passage romcom gros comme un pâté de maisons, une séquence post-générique servant de teaser délirant pour une possible suite qui ne verra jamais le jour (on a évité le pire) et une sous-intrigue inutile avec un robot. Qui balance des hologrammes du père de Jem. D'où le nom du groupe. Même The Rock et Chris Pratt ont l'air de se demander ce qu'ils
font là dans des caméos vidéos improbables. Le spectateur aussi qui trouvera ces 1h58 bien longues et ennuyeuses.


 

Krampus

Krampus de Michael Dougherty fut lui aussi victime d'une distribution lamentable de la part d'Universal, à la différence qu'il a marché au box-office. A l'heure où le téléchargement illégal fait rage, le studio décide de déplacer ce film de noël (sortit en décembre aux USA) en mai sur le sol français. Là aussi pas de promo, peu de salles et déjà beaucoup de copies qui circulent sur le net, y compris en version française. N'ayant pas eu le droit de le voir en salle, votre cher Borat ne s'est pas fait prier et le studio pourra toujours pleurer "ouin ouin ouin c'est la faute du téléchargement", son report d'au moins quatre mois dans nos contrées est de leur faute et personne d'autres.

Il est même triste en voyant une production si réussie ne pas pouvoir être vue sur grand écran. A l'heure des remakes (L'exorciste s'apprête à subir un lifting télévisé on ne peut plus bourratif) et des productions bas de gamme, Krampus apparaît comme une parfaite contre-programmation, quand bien même il n'a coûté que 15 millions de $. D'autant plus que le film est un PG-13, donc pas prompt à montrer des effets gores. Il s'en accomode pourtant, fort d'un humour grinçant qui fait plaisir à voir.

Il n'y a qu'à voir l'introduction, nous montrant des gens se déchirant lors de leurs courses de noël. Une véritable bataille de chiffoniers qui anticipe celle ayant lieu dans la famille, entre la partie plutôt calme et celle plutôt bourrine. La scène du dîner se confond avec l'ouverture, la tradition de noël (symbolisée par la grand-mère incarnée par Krista Stadler et son petit fils joué par Emjay Anthony) s'étant perdue dans des convictions commerciales et des dîners que l'on préfère éviter. Au point que même le plus croyant finit par commettre l'irréparable devant le regard moqueur de ses aînés. Ce qui n'est pas sans rappeler le début de Maman, j'ai raté l'avion (Chris Columbus, 1990), dont Dougherty semble s'être inspiré pour ce début cynique et jubilatoire à souer.

Laissons place au Krampus, sorte de Père Fouettard décimant les familles de ceux qui l'ont appelé (inconsciemment ou non). A cela rajoutez ses petits lutins allant
du clown allongé (les amateurs de It vont encore perdre la tête) à une peluche gourmande, en passant par un robot tueur et des elfes démoniables! Une direction artistique superbe, comblé par une séquence de flashback animé de toute beauté.

Le film peut également compter sur un casting de qualité soutenu par Toni Collette, Adam Scott et David Koechner, avec une galerie de personnages hauts en couleur. A l'image de l'oncle républicain amateur de gibier (Koechner) ou de la tante fortement alcoolisée (Conchata Ferrell). Un film qui tient merveilleusement de Gremlins (Joe Dante, 1984) et de l'esprit Amblin (pas étonnant que le film se situe dans un cadre familial). De quoi gagner en réputation d'ici là.


 

Le Pont des Espions : AfficheAprès avoir parler de téléchargement illégal, terminons cette nouvelle séance sur un peu de politique. On avait laissé Steven Spielberg sur le biopic quelque peu ennuyeux sur Abraham Lincoln en 2012. Depuis, il a carburé au super avec au moins quatre projets en route: Bridge of spies, Le bon gros géant (qui sortira le 20 juillet), Ready Player One (prévu pour début 2018) et le fatidique quatrième opus d'Indiana Jones (oui, vous avez bien lu quatrième). Le premier du lot, sorti en décembre dernier dans nos contrées, reste dans la continuité des biopics réalisés par Spielby.

Il prend pour cadre la Guerre Froide avec un avocat (Tom Hanks) contraint d'organiser une rencontre entre l'URSS et les USA en pleine Allemagne divisée. Le but? Echanger un présumé espion soviétique (Mark Rylance) contre deux américains un soldat, l'autre étudiant. 

Au départ, Spielby fait dans le pur procedural avec une affaire douteuse, un avocat plaidant "l'inacceptable" (défendre un soviétique en pleine Guerre Froide, hérésie!). Par là, Spielby fait une critique forte des USA en ces temps, faisant exploser une xénophobie surréaliste envers cet espion soviétique présumé. On a beau nous dire que toutes les preuves l'accable, il semble qu'il y a des trous béants dans la procédure. Mais ce n'est pas grave. Comme il est soviétique, on fera comme si de rien n'était. Le réalisateur montre un regard particulier sur les USA, n'hésitant pas à montrer leurs travers. De même, les agents de la CIA ne seront jamais montrés sous un beau jour, souvent synonyme de cynisme. 

L'affaire qui nous intéresse est évoquée en parallèle avant de prendre définitivement la place une fois le procès terminé. On remarque que les deux côtés de Berlin sont court-circuités par des affaires d'égos, de problèmes géopolitiques et idéologiques. Dès lors, le véritable regard humain provient de James Donovan. Un héros de l'ombre subissant toute la pression du monde et le seul à prendre en compte le facteur humain. Il ne voit pas Rudolf Abel comme le méchant soviétique, mais comme un être-humain, un client comme un autre qu'il doit défendre coûte que coûte. De la pure objectivité qui peut être vue comme de la traîtrise. Une amitié client-avocat pour le moins magnifique, typique du cinéma particulièrement humaniste de Spielberg et renforcé également par la sincérité de ses acteurs.

Il fallait bien un acteur comme Tom Hanks pour incarner ce rôle à la Cary Grant. Le Monsieur-Tout-Le-Monde du cinéma américain est parfait pour le rôle, jouant tout en sobriété dans un film où il donne parfois quelques touches d'humour salutaire dans un film à suspense. Idem pour Mark Rylance, aussi sobre que magnifique dans un rôle complexe, tout en retenue. L'Oscar n'a pas été volé. On a beau savoir comment se termine le film, Spielby opte pour un suspense de tous les instants, avec une mise sous tension constante jusqu'au final pour le moins stressant. En découle un superbe film, drame humain avec un homme seul contre tous dans un milieu sans pitié. De quoi faire oublier l'ennui de Lincoln.

Allez à bientôt!

05 juin 2016

Séance spéciale

Après une première séance ne manquant pas de mordant (Shere Kahn y a même laissé ses griffes, satané tigre!), l'Antichambre de Borat revient pour votre plus grand plaisir. Votre cher Borat vous rappelle le principe: il s'agit de trois critiques plus courtes, moins illustrées (désolé mais vous vous contenterez d'une affiche aussi belle soit-elle), mais suffisamment complètes pour vous donner envie ou non. Au programme cette semaine: une poursuite, un cadavre ambulant et la bourse attaquée. Ready? Go! (attention spoilers)


 

Midnight special

Depuis 2007, Jeff Nichols s'est imposé comme une figure notable du cinéma indépendant américain, avec toujours le fidèle Michael Shannon devant sa caméra. Cette fois, le réalisateur a eu plus de moyens (8 millions de dollars de plus que Mud) et il a pu compter sur l'appui de la Warner Bros. Sans compter un passage remarqué à la Berlinale au mois de février. Pourtant, Midnight Special s'est payé un beau flop (6 millions de $ au total), pas aidé non plus par un grand nombre de reports (il devait sortir en juin dernier initialement, puis novembre) et une campagne promotionelle assez pauvre (bande-annonce mystérieuse, mais affiches photoshop banales).

Jeff Nichols a jusqu'à présent toujours su se renouveller de film en film (une histoire familiale, un récit apocalyptique, un film initiatique), jouant de ses influences (on pense aussi bien à son mentor Terrence Malick qu'à Steven Spielberg) à travers des genres différents (le drame et le fantastique). Là il s'attaque à la science-fiction. Un peu comme dans Take Shelter (2011), Shannon (pleinement investi) incarne un père cherchant à protéger sa famille. Autrefois d'un apocalypse dont il rêve, désormais d'une secte prenant son fils pour un être supérieur.

La secte n'a finalement que peu d'importance ou tout du moins elle est vite représentée uniquement par deux personnages aux trousses de Roy. En revanche, l'ombre de son emprise sur sa famille et lui est clairement ressentie durant tout le film. Roy a perdu sa vie et sa femme (Kirsten Dunst qui manquait clairement au paysage cinématographique et dans un beau rôle qui plus est) à cause de la secte, le laissant seul avec son fils avec pour seul repère un endoctrinement radical. Plus qu'une souffrance, c'est plutôt une perte identitaire qu'entretient le personnage avec la secte. Il a perdu son âme et son fils l'aide à la retrouver.

A travers ce personnage, Nichols aborde également la question de la foi. Il n'a foi que dans une chose: son fils, cet être exceptionnel qui a une destinée. Un père dévoué à son fils et à sa destinée toute tracée. Si cette destinée est pour le moins particulière et aura le mérite de décontenancer les spectateurs, elle a au moins le mérite d'être un fil conducteur convaincant. Un sujet qui pourra rappeler aussi bien Starman (John Carpenter, 1984) pour son être mystérieux venu d'ailleurs que Rencontres du troisième type (Spielberg, 1977) par l'entrée de la science-fiction dans un cadre tout ce qu'il y a de plus quotidien.

Outre le personnage de Shannon, Nichols développe petit à petit ses personnages, ne cherchant pas à les dévoiler trop vite. L'amitié entre Roy et Lucas (Joel Edgerton parfait second-rôle et qui a depuis retourné avec le réalisateur) n'est réellement dévoilée qu'au détour d'un dialogue. Une manière simple de dévoiler la confiance qui règne entre l'ancien policier et son vieil ami. On sent une volonté d'aller à l'essentiel, comme le confirme l'ouverture présentant à la fois l'amour que porte un père pour son fils, tout en décrivant leur fuite par un journal télévisé. Les présentations sont faites, la poursuite peut commencer. On peut aussi noter le personnage d'Adam Driver, cet analyste qui découvre tout et passe du côté ennemi sans crier gare. Un rôle sympathique n'ayant aucun rapport avec un porteur de sabre-laser avec garde.

En résulte, une poursuite saisissante d'1h50, réalisé avec un certain punch comme le démontre les nombreuses scènes de voitures. Les moyens alloués à Nichols ont permis un plus grand confort visuel, tout en lui faisant garder sa tendance naturaliste. Y compris dans une scène pas loin de rejoindre les rêves de Shannon dans Take Shelter. Un aspect spectaculaire que Nichols parvient à gérer parfaitement. 


 

The revenant

Alleluia! Enfin! Après des années à l'attendre pour le mettre sur sa cheminée récupérant les particules de fumée, Leonardo Dicaprio a une bonne fois pour toutes obtenu l'Oscar du meilleur acteur. On a tellement parlé de la campagne aux récompenses (du lobbying acharné pour tout vous dire) qu'on en a presque oublié qu'il y avait un film derrière. Après des années de développement (Park Chan Wook ou John Hillcoat à la réalisation, Samuel Jackson, Christian Bale ou Sean Penn devant la caméra), The Revenant a fini par voir le jour avec l'oscarisé Alejandro Gonzalez Inarritu aux commandes. Pour rappel, le film s'inspire de l'histoire vraie de Hugh Glass, un trappeur mourant et laissé pour mort ayant réussi à retrouver son chemin jusqu'au fort qui l'attendait. Une histoire qui avait déjà inspiré Le convoi sauvage (Richard C Sarafian, 1971). 

On dit parfois que quand un acteur attend trop longtemps sa récompense, c'est souvent pour le mauvais film. On prend régulièrement exemple sur Al Pacino pour Le temps d'un week-end (Martin Brest, 1992), certes une belle prestation mais moins forte que celle qu'il a eu dans les Parrain (Francis Ford Coppola, 1972-1990). On pourra désormais rajouter Dicaprio. Certes l'acteur semble s'être beaucoup investi, mais il a peu de palette d'émotions. En dehors de l'air énervé ou hagard, il a bien moins de virtuosité que chez Martin Scorsese (notamment dans Le loup de Wall Street, pour lequel il était nommé en 2014). 

Ses camarades auraient même tendance à lui piquer la vedette, en particulier Tom Hardy. L'acteur habitué aux rôles physiques est d'une intensité folle en parfait antagoniste. Le personnage de salaud que l'on aime détester et comme souvent au grognement ravageur. Idem pour Will Poulter son jeune acolyte, dans un rôle de lâche cherchant la rédemption. Catalogué par votre cher interlocuteur d''acteur qui cligne des yeux plus vite que son ombre", Poulter livre une grande performance, capable de s'imposer face à des acteurs plus expérimentés. Une bonne surprise. Soulignons également Domhall Gleeson excellent en patron un peu trop propre sur lui. 

Même si Inarritu a souvent tendance à être trop poseur et a partir dans des directions douteuses (la comète de Birdman fait son apparition on ne sait trop pourquoi, comme un dernier plan face caméra délirant), sa réalisation est pour le moins spectaculaire et impressionnante forte de la photo d'Emmanuel Lubezki. Le début a même tendance à nous rappeler le débarquement d'Il faut sauver le soldat Ryan (Spielberg, 1998) dans sa violence crue (le film est Restricted rappelons-le) et son immersion spectaculaire dans un vrai champ de bataille improvisé. Une scène monumentale alignant les plans-séquences de qualité. L'Amérique, ses envahisseurs blancs et ses natifs essayant de reprendre leurs droits, ainsi que quelques français de très courts passages. Malgré une durée à faire peur (2h36), le film est plaisant à regarder et on ne voit pas le temps passé.

Il faut dire que derrière une réalisation léchée en décors naturels superbes, l'histoire est assez saisissante entre odyssée de survie à la fois mentale (quelques envolées de Dicaprio et son rapport systématique à son fils le confirme) et physique, et vengeance impitoyable. Evidemment comment ne pas citer la scène du grizzly pour le moins violente et spectaculaire? On évoquera également une chute de cheval pour le moins vertigineuse. Pour ce qui est de la vengeance, le duel Dicaprio-Hardy délivre toutes ses promesses dans un affrontement final commençant comme du pur western (duel à armes à feu) avant un corps-à-corps saignant. Notons aussi que le thème musical de Ryuichi Sakamoto, aussi beau soit-il, a tendance à être réutiliser à outrance durant le film. The Revenant est donc bien le grand film annoncé, qui a le mérite de faire entrer le spectateur dans un périple tortureux et incroyable mais vrai.


Money Monster : AfficheTerminons cette seconde séance par une séquence s'avérant assez cocasse. Cannes, ses paillettes, sa tendance à la picole, à la coke aussi (et ce malgré que la fête de Canal + n'a pas eu lieu, Vincent Bolloré préfèrant faire dans la liquidation de stock) et ses films sociaux. Oui, il y a comme souvent un aspect paradoxal dans le Festival de Cannes et c'est bien sur ce dernier point. A l'image de la Palme d'or, dernier cru de l'ami Ken Loach (I, Daniel Blake) peu connu pour être gentil avec la politique anglaise. Parmi ces fameux films sociaux dévoilés cette année, Money Monster quatrième réalisation de Jodie Foster, présenté hors compétition. 

Sur le papier, le film de Jodie Foster s'avère assez intéressant dans ce qu'il veut montrer. Un jeune homme (Jack O'Connell) intervient lors d'une émission sur la finance, prenant en otage à la fois le présentateur (George Clooney) et l'équipe technique présente sur le plateau. Pourquoi? Parce qu'il a fait un mauvais placement le mauvais jour et que l'émission le lui a conseillé. Une manière de montrer que pour lui cette émission est mensongère (comme beaucoup d'autres pour des sujets aussi séreiux) et que les boursiers le sont encore plus. C'est aussi à partir de ce moment que le film devient cruellement déjà vu et naïf; tout en faisant penser à un certain Mad City.

Si le film de Costa Gavras n'est pas forcément de grande qualité, il a plus ou moins la même structure. On suivait le personnage de John Travolta, gardien de musée licencié prenant en otage des enfants et un présentateur (Dustin Hoffman) qui devenait rapidement son porte-parole. Changez Travolta par O'Connell et Hoffman par George Clooney. A cela rajoutez le traitement en mode spectacle des médias, bien contents de toucher le jackpot avec des audiences spectaculaires (la productrice incarnée par Julia Roberts en viendra même à dire que l'émission a augmenté en téléspectateurs à cause de l'incident). Une prise d'otage devient dès lors un feuilleton dont on a hâte de voir l'issue, avec si possible des rebondissements. Nous étions en 1997, Money Monster raconte plus ou moins la même chose presque vingt ans plus tard.

Sans compter que Jodie Foster ne déroge pas aux clichés du film de prise d'otage avec police en place, tensions entre le preneur d'otages et ceux qu'il vise... A la différence que tout est filmé en direct. C'est là où Foster réussit à sortir un peu du lot, en jouant des codes de la télévision. Clooney a beau être en facheuse posture, il essayera tant bien que mal de faire le show pour essayer de ne pas se faire tuer, mais aussi sauver sa propre pomme. Après tout, rappelons que c'est son mensonge qui a ruiné O'Connell. Le look télévisuel à la limite du racolage est certainement le plus gros plus du film, Foster s'amusant d'une télévision faisant plus le show qu'informer, y compris quand elle parle de choses graves. Puis patatras, Foster reprend de plus belle avec le cliché du fraudeur fiscal grand luxe, amateur de démagogie et évidemment un salaud de la pire espèce qui adore mentir. 

Toutefois, malgré ses défauts plus qu'évidents, Money Monster se pose comme un divertissement tout ce qu'il y a de plus correct, ayant le mérite de tenir son spectateur suffisamment longtemps pour accepter son délire. Y compris avec une durée assez courte (1h28, idéal pour un film en quasi-huis clos) et un récit se suivant sans déplaisir, au détriment d'emballer réellement. D'autant que l'ensemble du casting joue plutôt bien, à part O'Connell qui en fait beaucoup trop (en gros, il gueule beaucoup) et Dominic West semblant ailleurs. Un film qui fera office de film de dimanche soir convaincant, mais dont on risque de vite oublier une fois vu.

Allez à bientôt!

02 juin 2016

Cuvée last lethal weapon

Après être revenu sur son nouveau film la semaine dernière, votre cher Borat part rejoindre sa Cave pour vous parler de Shane Black. Son nom ne dit pas forcément grand chose au spectateur lambda et pourtant il connaît souvent au moins un des films qu'il a scénarisé. Commençant comme acteur (en plus d'être script-doctor dessus, il fut aussi la première victime du Predator!), il décide de se mettre à l'écriture sous l'impulsion de Fred Dekker, ami avec qui il co-signera The Monster Squad (1987). Une histoire de soldats zombies nommée Shadow Company qui ne verra jamais le jour, mais c'est assez pour le convaincre de continuer dans ce domaine. Le producteur Joel Silver le repère et le paye 250 000 $ pour le script de L'arme fatale (Richard Donner, 1987). Le succès est fracassant, vraisemblablement beaucoup trop pour le scénariste qui en vient à entrer en dépression. A cela se rajoute rapidement des désaccords. Il n'est crédité que pour le script original de L'arme fatale 2 (Donner, 1989), Silver refusant de faire tuer Martin Riggs (Mel Gibson) comme initialement prévu. Le script sera modifié par Jeffrey Boam (Dead Zone), mais cela n'empêche pas l'influence de Black d'être très présente. Ce ne sera plus le cas pour les suites suivantes où il ne sera plus impliqué. De même, la production de The last boy scout (1991) se passe très mal, des divergences d'opinions ayant lieu entre Silver et lui, tout comme avec le réalisateur Tony Scott et des modifications du script ont lieu (le fils du sénateur tabassé par Bruce Willis était impliqué dans le complot).

Predator 

Shane Black, une bonne tête de porte-bonheur.

A l'image de Joe Eszterhas (Basic Instinct), Black devient une véritable star avec des scénarios se négociant jusqu'à 4 millions de dollars. Une folie qui va entraîner sa chute, les journalistes se payant sa tête à longueur de papiers (on l'accuse même de faire augmenter le crime à cause du nombre de morts dans ses scripts!) et les fameux scénarios donnent lieu à des échecs commerciaux retentissants. Les titres? Last Action Hero (John McTiernan, 1993) et The Long kiss goodnight (Renny Harlin, 1996). Il se retire, subit même le syndrome de la page blanche et en vient même à louer sa maison pour un épisode d'X Files (1993-) ! L'acteur W Earl Brown témoigne de ce moment au combien impensable dans les années 90: "Le tournage du jour se déroule dans une maison à Hancock Park. Je me dis, 'Mais à qui appartient cette maison?'. Et puis soudain un type apparait, errant dans la pièce, en robe de chambre. Je demande au réalisateur qui est ce type bizarre. 'Oh, c'est le propriétaire de la maison. C'est le scénariste Shane Black.' Quoi, c'est le mec qui écrit L'Arme Fatale? Le scénariste le mieux payé d'Hollywood? Mais qu'est ce qu'il fout à louer sa maison pour des tournages, et à demander si tout se déroule bien, habillé en robe de chambre?" (*). Il attend son heure, celle qui arrive en 2005 avec sa première réalisation Kiss Kiss Bang Bang (2005) chapeautée par son mentor Joel Silver. Dès lors, Black n'écrira que pour lui, lui permettant de contrôler ses futurs projets.

Kiss kiss, bang bang : photo Joel Silver, Shane Black

Shane Black et Joel Silver sur le tournage de Kiss Kiss Bang Bang.

Enfin, du mieux qu'il peut comme le confirme certaines difficultés survenues sur Iron Man 3 (2013, voir La Marvelverse gagne en épaisseur). Mais un scénario de Shane Black se reconnaîtra toujours à travers des astuces scénaristiques dont il a le secret. La Cave de Borat compte bien y revenir plus longuement aujourd' hui. Ready? Go! (attention spoilers)

  • Le buddy movie

L'Arme fatale : Photo Danny Glover, Mel Gibson, Richard Donner

Riggs et Murtaugh, un duo à l'origine du cinéma de Shane Black.

S'il y a bien une marque de fabrique chez Shane Black, c'est bien de s'attacher particulièrement au buddy movie. Pour les deux du fond, c'est un type de films consistant à mettre en scène deux personnages aux caractères et / ou physiques totalement opposés. A ce niveau, on peut citer le couple Laurel et Hardy avec le maigre qui pleure et le gros qui râle. A partir des années 80, il a surtout été question de duo dans des films d'action ou policier. C'est le cas de 48 heures (Walter Hill, 1982) avec Nick Nolte en policier et Eddie Murphy en arnaqueur et surtout de L'arme fatale. En dehors de The Monster Squad, tous les films scénarisés et / ou réalisé par Shane Black sont des buddy movies. Comme 48 heures, il est souvent question de jouer sur la mixité du duo avec un homme blanc et un homme afro-américain. C'est le cas chez Richard Donner (Mel Gibson et Danny Glover) où l'aspect familial est très visible (Riggs s'intègre à la famille de Murtaugh), mais également The last boy scout (Bruce Willis et Damon Wayans), The long kiss goodnight (Geena Davis et Sam Jackson) et Iron Man 3 (Robert Downey Jr et Don Cheadle). Toutefois, il arrive parfois que le buddy movie selon Shane Black se fasse avec un adulte et un enfant. C'est le principe de Last Action Hero (le héros est un jeune garçon se retrouvant à collaborer avec le héros de film d'action qu'il adore), mais aussi durant plusieurs minutes d'Iron Man 3 (le garçon aidant Stark à remettre son armure en état).

Arnold et Danny

Jack et Danny, un duo qui défie les générations.

Pour ce qui est du physique, il est rare que les deux personnages soient au même niveau. Pour preuve, Murtaugh n'est pas aussi bestial que Riggs (même s'ils ont fait l'armée tous les deux); Geena Davis est une tueuse surentraînée face à un Sam Jackson bourrin du dimanche; et Iron Man a une meilleure armure que War Machine tourné régulièrement en ridicule au cours du film (Iron Patriot quelle bonne blague). Comme Val Kilmer montre la voie du privé à Robert Downey Jr jusqu'à lui montrer qu'il est un as de la gachette par le plus surréaliste des endroits. Dans le pire des cas, les deux personnages sont égaux à l'image des larrons de The last boy scout, Willis étant une loque alcoolique, Wayans un joueur déchu par les scandales. Un duo improbable mais soudé.

  • Le flic et le privé

 L'Arme fatale : Photo Mel Gibson, Richard Donner

L'arme fatale aux côtés de sa femme.

Comme évoqué dans le précédent segment, le buddy movie est omniprésent dans la filmographie de Shane Black et il a les trois quarts du temps deux types de personnages principaux: le policier ou le détective privé. A ce titre seul Iron man 3 ne possède pas de personnage de ce type. Pour The Monster Squad, il s'agit plutôt d'un second-rôle, puisque c'est le père d'un des héros (Stephen Macht). Commençons d'abord par les policiers. Murtaugh comme Jack Slater sont des pères de famille. D'ailleurs dans le film où s'introduit Danny Manigan (Austin O'Brien), la fille du policier est même introduite pour l'occasion (Bridgette Wilson), histoire de donner du corps au film dans le film. Pourtant, Slater se rapprocherait davantage de Riggs. Tout deux ont perdu un être cher (Riggs sa femme, Slater son fils) dans un contexte criminel (elle a été tué par des sud-africains véreux, il est tombé d'un toit avec l'Eventreur). A la différence que chez Slater, il s'agit davantage d'un cliché permettant au personnage d'avoir un peu plus de psychologie (Schwarzy en mode réel en vient à le souligner en mode promo durant le film). Après tout c'est un personnage de cinéma dans un film, qui plus est une parodie des rôles de Schwarzy qui ont tendance à être de purs bourrins fonçant dans le tas, y compris dans des productions Silver. De plus, Slater est un héros d'action typique: un bulldozer qui dégomme tout ce qui passe devant lui et s'en sort toujours à la fin. On peut lui tirer dessus un nombre incalculable de fois, il ne prendra aucune balle (ni même ne mourra dans une explosion). 

Une entrée qui casse des oeufs.

Ce qui n'est pas non plus sans rappeler Riggs, lui aussi un personnage explosif pouvant littéralement casser la baraque.Pour autant, le drame donne des tendances suicidaires à Riggs y compris dans son boulot, au point que son association avec Murtaugh lui permet de passer à autre chose. Il n'en reste pas moins que le destin en veut à Riggs et particulièrement à ses femmes. Un personnage complexe qui, alors qu'il touche au bonheur, finit toujours par voir la mort à l'arrivée. Le final de L'arme fatale 2 n'en paraissait que plus logique, bien aidé par la chanson Knockin' on heaven's door (on ne peut pas faire plus évident). Pourtant par un rebondissement improbable, Riggs est de retour juste un peu amoché par de multiples balles. Des intentions purement commerciales, Mel Gibson est plus connu que Danny Glover et Silver comme Warner souhaitent bien continuer à exploiter le filon. On comprend pourquoi Black a été vite écarté. Dans le même genre, le privé Holland March (Ryan Gosling) dans The Nice Guys n'est pas loin de le rejoindre. Là aussi, le personnage s'en veut de la mort de sa femme. Dans L'arme fatale 2, Riggs évoque qu'il aurait dû être le conducteur comme March dit que s'il n'avait pas eu un problème d'odorat, il aurait pu sentir le gaz dans la maison. A cela se rajoute des rapports avec Joe Hallenbeck, le personnage incarné par Willis dans The last boy scout. Tout deux ont commencé à boire à cause d'un événement (March la mort de sa femme, Hallenbeck son licenciement des services secrets) et en viennent à se négliger, avant de reprendre du poil de la bête avec une affaire en or.

Bruce

The Nice Guys : Photo Ryan Gosling 

Joe et Holland, même combat pour remonter la pente.

Ils ont également le même type de relation avec leurs filles respectives. Danielle Harris n'hésite pas à remettre son père à la place qui doit être la sienne, quand Angourie Rice n'hésite pas à prendre les devants et à s'affirmer face à des adultes souvent immatures. Marvin (Sam Jackson) et Harry (Robert Downey Jr) dans Au revoir à jamais et Kiss kiss bang bang apparaissent plus comme des gars arrivant au mauvais endroit, au mauvais moment et essayant de s'en sortir de manière héroïque. Leurs associés (Geena Davis pour l'un, Val Kilmer pour l'autre) ont des méthodes beaucoup plus musclées. Quant à Jackson Healy, il apparaît comme une brute au grand coeur, pendant actionner de Marsh dans The Nice Guys. Ce qui n'est pas sans rappeler quand il contemplait aussi Kim Basinger deux décennies plus tôt dans ces mêmes rues de Los Angeles.

  • Les enfants

The monster squad

La Monster Squad au grand complet.

Si les films de Shane Black sont souvent burnés avec des héros liquidant un bon paquet de bonhommes, les enfants et adolescents ont souvent une place centrale au sein des intrigues. Dans The Monster Squad, ce sont même les personnages principaux. Une sorte de version fantastique des Goonies (Richard Donner, 1985), où les enfants sont seuls et les seuls à pouvoir combattre Dracula, la créature du marais, une momie et un loup-garou. Les seuls car non seulement la police n'arrive pas à arrêter le loup et ce à plusieurs reprises (pas faute de se dénoncer!), mais surtout c'est les seuls à avoir suffisamment d'imagination pour savoir à quoi ils ont affaire. Lorsque l'un des enfants dira à son père qu'il y a une momie dans son placard, ce dernier ne regardera pas l'intérieur du meuble ouvert, ne faisant que faire un peu plus peur au petit voyant bel et bien la créature! D'autant qu'à l'image de Chris Columbus et Richard Donner, Black a beaucoup d'affection pour ses héros, quand bien même il en fait des clichés. Il n'est d'ailleurs pas étonnant qu'il y a un cinéphile dans le groupe, tout comme un grand nombre de gosses opressés (le petit gros qui finit par devenir un héros en point d'orgue). Peu avant, L'arme fatale faisait de la fille de Murtaugh (Traci Wolfe) un enjeu au cours du récit. Comme évoqué plus haut, Danielle Harris et Angourie Rice incarnent des enfants dégourdies, usant de leur répondant face à leur père souvent à côté de la plaque.

Danielle

MARSH 

Les filles de Bruce Willis et Ryan Gosling, deux grandes filles n'ayant pas besoin de leur papa.

A ce titre, comment ne pas évoquer le mythique Danny Manigan, cinéphile indéniable, seul personnage à comprendre les délires de Jack Slater IV en bon fan qu'il est de la franchise. Les codes du cinéma utilisés par Danny sont les mêmes que ceux de Black et c'est aussi par lui que les références deviennent jubilatoires. Il est comme le spectateur: quand il voit Sylvester Stallone en Terminator il sursaute! Quand il voit un commissariat où se retrouvent un chat, un hologramme de Humphrey Bogart (encore un hommage au pulp cher au scénariste) ou le tueur de Mozart (F Murray Abraham évidemment!), il semble comme le spectateur totalement abasourdi par un univers totalement foutraque et irréel. Un univers de cinéma. Danny apparaît non seulement comme un fin connaisseur (après tout, il a vu des éléments que Jack ne connaît pas), mais aussi une grande aide à Jack. Danny est un des rares spectateurs à avoir tutoyer le héros de ses rêves et on l'envie un peu pour cela. Ty Simpkins est dans ce même type de situation dans Iron Man 3, devenant le sidekick d'un jour de Tony Stark et est un bricoleur débrouillard. On ne peut pas forcément en dire autant d'Yvonne Zima dans The long kiss goodnight, totalement passive jusqu'à se retrouver dans le mauvais camion!

  • Des éléments qui se répondent

Pour terminer cette cuvée, revenons probablement sur un élément important. Les tics scénaristes de Shane Black sont nombreux, mais beaucoup d'éléments peuvent se répondre au fil de ses scénarios. Il n'est pas étonnant de retrouver une chanson au début des films qu'il scénarise. Avant de montrer la fille Hunsaker faire le grand plongeon, le spectateur aura droit à Jingle Bell Rock (Bobby Helms, 1957) en générique, Shane Black ayant tendance à poser l'action de ses films aux alentours de noël. Ce sera également le cas dans Au revoir à jamais et Iron Man 3 (Stark offrant même un ours en peluche géant à Pepper Potts). Notons également Michelle Monaghan, certainement une des plus belles Mère Noël de tous les temps. Le début de The last boy scout est assez similaire avec une musique avant un suicide (celui d'un joueur de NFL en plein match). Tony Scott pousse même le délire plus loin en faisant du générique un pur clip avec chanteur, chanson pétaradante à la gloire de la NFL (avant de la démonter), pom pom girls et la bannière étoilée! On ne peut pas rêver plus beau contraste avec le sujet du film. Celui-ci (critique des magouilles de la NFL) fait d'ailleurs écho à l'enquête de The Nice Guys, qui s'attaque aux groupes automobiles polluants dans les 70's. Last action hero débute par What the hell have I d'Alice in chains (1992).

Pour débuter Iron Man 3, Black a opté pour le radical I'm blue d'Eiffel 65, perdant au passage votre cher Borat le temps de quelques instants. Enfin, The Nice Guys débute tranquillement par les Temptations (Papa was a rolling stone, 1972)... avant lui aussi de montrer un personnage mourir! La voix-off fait aussi partie intégrante des films de Shane Black, même s'il faudra attendre Au revoir à jamais pour que ce soit le cas. L'héroïne amnésique raconte alors son parcours avant de laisser la narration opérée. Un élément qui sera réutilisé dans ses trois réalisations. Dans Kiss Kiss Bang Bang, le scénario se concentre au maximum sur Harry au point de ne prendre en compte que son seul point de vue. D'autant plus que le film est très écrit, permettant à Robert Downey Jr d'effectuer un vrai numéro de moulin à parole. Dans Iron Man 3, la narration en voix-off apparaît peu et on apprendra à la fin qu'il s'agissait d'une conversation entre Stark et Bruce Banner (Mark Ruffalo). Dans The Nice Guys, la voix-off opte pour deux personnages aux tempéramments bien différents (Russell Crowe le dur à cuir, Ryan Gosling le privé à la petite semaine). Pour ce qui est des climax, Black a souvent misé sur les ports que ce soit dans L'arme fatale 2 ou Iron Man 3 et parmi d'autres décors récurrents de Los Angeles, on peut noter que des éléments se passent souvent sur un pont d'autoroute (le climax de Kiss Kiss Bang Bang, celui de Au revoir à jamais, un des passages de The Last Boy Scout). 

La pluie est aussi de la partie dans les climax de L'arme fatale (qui se déroule dans une bourgade comme dans The Monster Squad) et Last action hero. A cela rajoutons que les hélicoptères mettent souvent à rude épreuve nos héros. Dans les Armes fatales, Hunsaker se fait tuer par Gary Busey depuis un hélico et Riggs se fait canarder chez lui. Dans Last action hero, l'hélico zigouille tout un étage, sans toucher le brave Jack Slater. Enfin, on pourra noter les ennemis se servant de l'engin volant pour le climax de Au revoir à jamais et dans Iron Man 3 pour une scène assez similaire à celle de L'arme fatale 2, mais avec plus de cgi. Pour finir, évoquons le petit clin d'oeil de Michael Kamen, reprenant le temps de quelques instants l'un de ses thèmes de L'arme fatale dans Last action hero. Il s'agit du moment où le vieux flic afro-américain dit "à deux jours de la retraite", allusion évidente à Murtaugh!

Allez à la semaine prochaine!


* Propos issus de http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Lhistoire-secrete-de-Shane-Black-De-Au-revoir-jamais-Kiss-Kiss-Bang-Bang-les

29 mai 2016

Pas de repos pour les bons gars

Deux détectives privés se retrouvent impliqués dans une affaire de disparition mêlant pornographie et grosses cylindrées...

The Nice Guys

Shane Black est un scénariste dont le travail est aujourd'hui adoubé par les spectateurs, alors qu'à une époque pas si lointaine, ces derniers étaient bien peu à faire le déplacement dans les salles de cinéma. L'exemple le plus évident est certainement Last Action Hero de John McTiernan, flop commercial de l'été 1993 face à Jurassic Park (Steven Spielberg), aujourd'hui film culte. Sa première réalisation Kiss kiss bang bang (2005) avait été bien accueilli mais sans succès commercial. Iron Man 3 (2013) s'en était chargé, permettant à Black de revenir à un cinéma plus personnel avant de s'attaquer à nouveau à une franchise (The Predator, sequelle du film de McT prévue pour 2018). Sous ses atours de film de studio avec deux têtes d'affiche (Ryan Gosling et Russell Crowe), The Nice Guys n'est pourtant qu'un film du milieu produit par un Joel Silver sur le retour, alors que dans les années 90 il aurait certainement été un blockbuster. De même, le film se retrouve propulsé en pleine saison des blockbusters entre Captain AmericaCivil War (les frères Russo) et Warcraft (Duncan Jones). Un pari d'autant plus risqué que le réalisateur-scénariste s'attaque aux années 70 pour son enquête policière, qui n'est d'ailleurs pas sans faire écho à ses précédentes créations. On remarque souvent chez Shane Black une tendance aux tics scénaristiques ou tout du moins, une tendance à revenir à des éléments exploités autrefois pour mieux les réutiliser.

The Nice Guys : Photo Russell Crowe, Ryan Gosling

(attention spoilers) A ce petit jeu commençons par les plus simples: le saut de Ryan Gosling dans une piscine fait écho à celui de Mel Gibson et Joe Pesci dans L'arme fatale 2 (Richard Donner, 1989); la voix-off est utilisée dans ses trois réalisations par le personnage principal (ici deux); et bien sûr on retrouve des acteurs récurrents comme Ty Simpkins (Iron Man 3) pour une ouverture gourmande et croquante. En revanche, d'autres éléments narratifs ont davantage de place dans ces petits trucs, à commencer par l'enquête. Elle n'est pas sans rappeler The last boy-scout (Tony Scott, 1991), qui dézinguait la NFL et ses magouilles autour de paris extra-sportifs. Le conflit ici est une vidéo gênante, critique de la pollution engendrée par les groupes automobiles dans les 70's et faisant peur à ceux-ci à quelques jours d'un salon de l'automobile. Une pollution qui est constamment évoquée au cours du film à la radio et même à travers l'ouverture dévoilant le panneau Hollywood ravagée au fil des années. Un aspect critique servant de toile de fond plutôt bienvenue et tout aussi pertinent que dans le film de Scott. The last boy-scout est aussi cité à travers le personnage de Gosling. Dans le film de Scott, Bruce Willis était devenu une loque après avoir tabassé un homme politique aux moeurs douteuses, en plus d'un penchant pour la bouteille engendrant des problèmes dans son mariage et avec sa fille.

The nice guys

Gosling a le même problème de manière plus tragique: il est devenu alcoolique suite à la mort de sa femme qu'il n'a pu empêcher. En effet, il a un problème d'odorat et il n'a pu sentir que le gaz était ouvert. Un petit détail tourné au départ de manière comique, mais qui finit par faire rire jaune une fois l'élément connu. Un passage qui prend de court le spectateur, mais ayant le mérite de faire sursauter et rendre le personnage de Gosling plus intéressant. Sa fille est quant à elle le meilleur personnage du film, sorte de mix entre Danielle Harris dans The last boy-scout et Austin O'Brien dans Last action hero. D'un côté, elle est sa fille comme Harris et n'hésite pas à remettre en place son père, comme Crowe. De l'autre, elle est un peu comme Danny Manigan, ce garçon en avance sur les autres personnages car il connaît les codes du blockbuster. Le cas Manigan est toutefois plus pertinent car comme lui, Holly March (parfaite Angourie Rice) a toujours le dessus sur les adultes souvent à côté de la plaque ou moralement douteux. Elle s'en sort toute seule face à un tueur prêt à la tuer, prend les devants sur l'enquête et s'avère bien plus adulte que ceux censés l'être à commencer par son père. Un personnage de qualité, s'ajoutant aux rôles d'adolescents débrouillards qu'a écrit Black depuis The Monster Squad (Fred Dekker, 1987). On retrouve bien évidemment les codes du buddy movie véhiculés par Black depuis son premier script, avec un couple mal assorti mais qui s'en sort toujours en s'entraidant. 

The Nice Guys : Photo Angourie Rice, Ryan Gosling

D'un côté, le molosse solitaire un peu froid mais terriblement sympathique. De l'autre, le mec gauche acceptant toutes les enquêtes possibles pour subvenir aux besoins de sa fille et lui. Si Crowe fait plaisir à voir dans un registre musclé (cela faisait trop longtemps que ce n'était pas arrivé), on s'amuse beaucoup à revoir Ryan Gosling dans un registre comique. Le looser par excellence, joué avec une justesse jubilatoire. Gosling passe presque pour un frère caché de Sam Jackson dans Au revoir à jamais (Renny Harlin, 1997), avec toujours cette tendance à se retrouver dans le feu de l'action sans le faire exprès. Le passage du saut dans la piscine en plan large en est bien la preuve: le bonhomme ne sait pas s'il ira dans la piscine ou pas, mais il fonce directement dedans. Comme Mitch dans le final délirant du film d'Harlin. Sa prestation atteint d'ailleurs des sommets dès lors que l'alcool est de rigueur, que ce soit dans une party à faire tomber Hugh Hefner à la renverse ou un rêve bourdonnant! Quoique la scène des toilettes est probablement un des gags les plus hilarants élaborés par le scénariste. Black se révèle également moins poseur dans sa réalisation, surement aidé par l'expérience acquise sur Iron Man 3. La scène de l'ascenseur est un véritable tour de force, jouant d'une situation horrible en jouant sur un côté burlesque délirant. C'est pour ce genre de scènes que The Nice Guys s'impose comme la meilleure réalisation de Shane Black jusqu'à présent. (fin des spoilers)

The Nice Guys : Photo Margaret Qualley

Shane Black signe un film merveilleusement pulp et fun, tout en jouant de ses propres codes.

25 mai 2016

Séance de tous les excès

Parce qu'au fil des ans, il faut évoluer. Que le temps manque parfois pour approfondir les avis, au même titre qu'il passe à une vitesse folle comme les divers visionnages. Que la réflexion n'empêche pas le court, que le métrage n'a pas forcément besoin de longueur pour être décortiqué, analysé, régurgité, pensé. Mesdames et messieurs, votre seigneur Borat a décidé d'ouvrir une nouvelle rubrique. Une rubrique plus fast, peut être furious, mais permettant aussi de parler de films vus dans l'année qui n'ont pas été abordé en quatre paragraphes minimum (je synthétise les amis, parfois ça dure bien plus longtemps -NDB). Après la cave, Borat est fier de vous présenter son Antichambre! Plusieurs films, publication irrégulière (ne vous attendez pas à un billet toutes les semaines), un café, l'addition. Au programme de cette première séance (après les cuvées, les séances): trois films sortis cette année dans nos salles! Allons y, alonso! (attention spoilers)


Moonwalkers : Affiche

On ne le dit jamais assez, mais en France il y a un cinéma de genre. Encore faut-il lui donner l'argent nécessaire pour qu'il se développe et des écrans par la même occasion. Quitte à parfois passer par des coproductions en Europe et à tourner le film en anglais avec des acteurs internationaux. C'est le cas de Moonwalkers d'Antoine Bardou Jacquet (2015), se baladant de festival en festival avant d'atteindre les salles
obscures pour quelques jours. En effet entre le nombre de copies et le public qui se fait rare faute de promotion digne de ce nom, les films s'effacent et quittent l'affiche. Alors faisons honneur à cette comédie bien particulière, prenant place durant la conquête spatiale.

Un vétéran de la Guerre du Vietnam (Ron Perlman) est envoyé pour chercher Stanley Kubrick, le but étant de tourner un alunissage si celui d'Apollo 11 ne porte pas ses fruits. Sauf qu'il tombe sur des imposteurs (Rupert Grint et Robert Sheehan), devant ainsi faire avec les moyens du bord. Une légende urbaine souvent évoquée, notamment à cause du rendu bluffant de 2001 l'odyssée de l'espace (1968), et ici tourné à la dérision le plus possible. Moonwalkers n'est pas sans rappeler le swinging london saignant de Kingsman (Matthew Vaughn, 2015), notamment dans ce qu'il a de plus décomplexé (le sexe et la violence graphique). Le film prend même de sévères airs psychédéliques, jouant de son époque très peace and love jusqu'à un superbe générique rappelant ce bon vieux Yellow Submarine (George Dunning, 1968). Antoine Bardou Jacquet s'amuse de son postulat de départ, faisant de son film un joyeux bordel avec de la comédie (les aventures de notre agent et ses acolytes sont assez jubilatoires), le film de gangsters, l'espionnage et le faux film historique.

Au final, on s'y retrouve du temps qu'on prend goût au délire sous acide. D'ailleurs en parlant d'acide, la séquence sous drogue n'est pas sans rappeler Inherent Vice (Paul Thomas Anderson, 2014), tout comme Erika Sainte a tendance à manger des glaces bien particulièrement comme Josh Brolin dans le film suscité (en plus sexy pour sûr).

On ne lui donne pas souvent sa chance, mais Ron Perlman a l'étoffe d'un premier rôle. Il le prouve encore ici avec cet ancien soldat hanté par les fantômes du Vietnam et véritable bulldozer qu'il ne vaut mieux pas provoquer. La scène avec le gang est une belle démonstration, le montrant calme avant le déferlement délirant de violence. La surprise vient peut être plus de Rupert Grint, un peu disparu des radars depuis la fin d'Harry Potter, au contraire de ses camarades Daniel et Emma. Le célèbre Ron Weasley change de registre avec ce rôle attachant de petite frappe essayant de s'en sortir toujours de manière maladroite. Perlman et lui forment un duo de qualité, entre le petit lascars et son garde du corps d'un jour. Seule réelle ombre au tableau: Eric Lampaert, comédien franco-anglais pour le moins agaçant que ce soit dans son jeu ou sa gestuelle.


Saint Amour : AfficheRestons en France chers lecteurs, puisqu'après l'acide il est grand temps d'évoquer un peu les vignes de France. Qui mieux que le vigneron le plus connu du Cinéma Français pour jouer un des rôles principaux de Saint Amour? On avait pourtant prévenu votre cher Borat: "Saint Amour il n'y a que des vieux torchés qui vont le voir!", "on a l'impression qu'ils ont fait la tournée des vins avant de venir!". Il ne vous cache pas que la clientèle présente durant la séance était un peu particulière, peut être même que le vin a trop tourné entre certains spectateurs. Néanmoins, mon camarade et moi étions tout ce qu'il y a de plus sobre pour savourer le millésime 2016 de Gustave Kervern et Benoît Delépine en plein Printemps du cinéma, car 4 euros pour une gorgée c'est toujours cela de pris.

Comme le disait savamment Benoît Poelvoorde durant la promotion, Saint Amour n'est pas un film sur l'alcool ou l'alcoolisme, mais sur la tristesse. Dans ce film elle apparaît sous un aspect souvent mélancolique et touche à tous les personnages. Le mari (Gérard Depardieu) qui appelle sa femme morte pour entendre sa voix (jusqu'à remplir la corbeille); le fils (Poelvoorde) noyant son désespoir sentimental dans l'alcool; un chauffeur (Vincent Lacoste) se cachant derrière des mensonges; ou encore une femme (Céline Sallette) horriblement seule et ne demandant qu'un peu d'amour. Dès lors, le road trip alcoolisé n'en devient que plus attendrissant, d'autant que les réalisateurs sont bien aidés par des acteurs en forme.

L'ami Gérard est tout de suite attendrissant, changeant de ses rôles récents un peu vulgaires ou des cash machine évidentes (les Astérix notamment). Il s'agit peut être même d'une de ses meilleures prestations récentes, tout en légereté et simplicité. Le Gérard simple qu'on aime bien et qui nous avait sévèrement manqué sur un projet comme Marseille. Cela faisait aussi un petit moment que l'ami Poelvoorde n'était pas sorti des sentiers battus. Pas que son rôle dans Le grand soir (Kervern, Delépine, 2012) ne valait pas le coup, mais il paraît beaucoup plus posé, moins excessif ici, jouant justement sur la mélancolie abordée plus haut. Vincent Lacoste découvrir l'âge adulte, changeant de ses rôles de gamins immatures (même si c'est toujours un peu le cas). Quant à Céline Sallette, elle apparaît un peu tard, mais sa prestation se remarque suffisamment pour ne pas passer inapperçu. Au passage, on s'amusera du passage de Michel Houellebecq dans une parodie de Borat (Larry Charles, 2006) absolument délirante.

La réalisation se révèle simple comme souvent chez le duo grolandais, mais en soi ce n'est pas un problème. Cela renforce le naturel certain du métrage et à l'image de ses personnages. Le tout sur la musique charmante de Sébastien Tellier (pour les deux du fond, le chanteur aux longs cheveux et lunettes de soleil candidat à l'Eurovision en 2008). Comme quoi, le Cinéma Français n'offre pas que des Camping 3 (hé oui, vous allez le subir le mois prochain) mais aussi des films plus simples et efficaces.


Le livre de la jungle (3)

Terminons cette première séance par une dernière séquence et cela tombe bien puisque nous allons en effet parler d'Eddy Mitchell. Ce dernier est le doubleur du Roi Louie dans Le Livre de la jungle, remake live du film d'animation de Wolfgang Reitherman (1967). Les studios Disney s'amusent à passer leur catalogue animé à la moulinette live depuis plusieurs années, au point d'accumuler les projets à venir comme en attestent les très avancés Peter et Elliott le dragon de David Lowery (le 17 août au cinéma) et La belle et la bête de Bill Condon (prévu pour le printemps 2017). Au point parfois de se demander jusque quand vont-ils massacrer leurs classiques. 

On pouvait avoir peur compte tenu de l'aura du film original, tout comme du recueil de Rudyard Kipling (1894) dont ils sont les adaptations. Surtout que le metteur en scène n'est autre que Jon Favreau, réalisateur pas loin du statut de tâcheron (l'homme qui a montré Iron Man pissant dans son armure, toute une histoire à faire pâlir Sophie Davant). Pourtant, le film s'éloigne suffisamment du Disney pour ne pas le citer énormément. Si le schéma narratif est quasiment identique (Mowgli élevé par des loups et la panthère Bagheera s'enfuit, rencontre l'ours Baloo, se sauve du Roi Louie et affronte le tigre Shere Khan), le traitement se révèle assez différent pour susciter l'attention. Les chansons Il en faut peu pour être heureux et Etre un homme comme vous apparaissent même de trop, compte tenu du traitement tout sauf rigolard et ne pouvant n'être qu'une manière de montrer que c'est bien Disney aux commandes. Un constat qui devrait être d'autant plus radical sur le film de Condon, annoncé comme un musical. 

Le traitement est plutôt intéressant, permettant une vision souvent plus sombre que le film de 67, qui restait globalement comique. Cela est confirmé par le massacre sec du meneur des loups (Giancarlo Esposito) ou les attaques sauvages de Khan. Ceux qui attendaient un film plus léger risquent fort d'être décontenancés. Il permet également de s'attacher à des personnages intéressants comme la mère louve (Lupita Nyong'o) absents du film original. Un personnage montrant la filiation entre Mowgli (Neel Sethi) et les loups et son seul rapport maternel.

Votre cher Borat n'a pas eu l'occasion de voir le film en VO (qui regroupe tout de même Bill Murray, Ben Kingsley, Idris Elba, Christopher Walken ou Scarlett Johansson), mais la VF s'en sort plutôt bien. Notamment Cécile de France parfaite en mère louve. La bande-annonce faisait également peur à cause de la fameuse "Vallée dérangeante", théorie où les robots trop ressemblants seraient rejetés avant une certaine acceptation. Ce qui peut être perçu également dans le cinéma d'animation lorsque les personnages sont trop proches du réel. Ce qui aurait pu être un peu trop le cas sur ce film. Au final, le rendu est soigné et on reconnaît difficilement les traits des acteurs choisis pour incarner des animaux parlants. Pareil pour les décors superbes alors que tout a été tourné sur fond vert. Au final, Jon Favreau a peut être signé son meilleur film jusqu'à présent.

Allez à bientôt!

19 mai 2016

Marseille en péril

Après plus d'un an d'implantation en France, il était temps que la plateforme Netflix réalise sa première série française. Ce sera finalement Marseille, bébé du scénariste Dan Franck (Carlos d'Olivier Assayas) et du réalisateur Florent Emilio Siri (Nid de guêpe, L'ennemi intime). La série se veut ambitieuse comme le confirme le casting regroupant Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Nadia Farès (deux fidèles du réalisateur), Géraldine Pailhas ou encore Hippolyte Girardot. Netflix se paye même une monumentale publicité sur TF1, puisque la chaîne a eu la bêtise d'acheter les épisodes pour la télévision. Résultat: elle est contrainte de ne diffuser que les deux premiers épisodes, avant d'attendre plusieurs mois pour diffuser le reste, Netflix ayant le monopole. C'est le public de TF1 connaissant peu ou pas du tout Netflix qui va s'amuser! Comme vous l'aurez surement remarquer, la série fait beaucoup parler d'elle depuis son lancement et même un petit peu avant. Calamité, catastrophe, purge... Les critiques ne tarissent pas d'éloge pour parler de Marseille. Est-ce un jugement excessif dû principalement au fait que la série soit française? Non. Marseille est vraiment un désastre qui fend le coeur comme dirait l'autre. Pour cela, revenons un tant soit peu sur l'intrigue. Nous suivons deux personnages en particuliers: Robert Taro (Depardieu) et Lucas Barres (Magimel). L'un est le maire de la ville, l'autre son adjoint en chef. Il se trouve que le second veut battre le premier et le plante progressivement pour s'imposer à la mairie de Marseille.

Marseille : Affiche

Dès lors, un combat de coq va s'opérer entre les deux politiques entre erreurs et ambitions, entre dignité et corruption. Dit comme cela, Marseille est intéressante et donne un minimum envie. D'autant plus que Netflix a déjà touché à la fiction politique avec la brillante House of cards (2013-). Sauf que la série apparaît rapidement comme déjà vue, où le complot politique pourrait très bien être représenté avec un autre sujet sous-prétexte de personnages ambitieux. A cela se rajoute la tendance au soap opera et sa multitude de personnages. (attention spoilers) C'est ainsi qu'en dehors du duo, on retrouve aussi la femme malade (Pailhas), la fille (Stéphane Caillard) qui couche avec un banlieusard (Nassim Si Ahmed), attisant la jalousie d'un autre (Guillaume Arnault), le chauffeur homme de main (Daniel Njo Lobé), les racailles, les mafieux, les femmes fatales jouant de leurs corps (Farès, Carolina Jurczak)... La série n'épargne aucun cliché qu'elle accumule comme les cadavres de schokobons. Le mieux restant nos banlieusards entre petites frappes ridicules et caïds de pacotille jouant au flipper. Le plus grand mérite résidant dans les amis de Siri. Farès incarne un sommet de vulgarité à faire pâlir la Sharon Stone de Basic Instinct (Paul Verhoeven, 1992). D'autant plus avec des airs autoritaires même en plein acte. La palme revient toutefois à Magimel qui, en plus d'avoir un rôle d'une pauvreté incroyable (jusqu'au rebondissement bidon que l'on devine très facilement), accumule les défauts.

Photo Benoît Magimel, Gérard Depardieu

Muni d'un brushing blond décoloré délirant, il opte pour un accent marseillais à coucher dehors. Alors certes c'est une pirouette scénaristique (il l'utilise uniquement pour ses passages en public), mais c'est d'un ridicule affolant d'écouter un accent aussi forcé. A cela se rajoute des expressions faciales d'une rare intensité durant les scènes de nues (et il y en a). On aura rarement vu l'acteur aussi mauvais, son interprétation tenant presque du génie comique involontaire. Face à lui, l'ami Gégé paraît complètement sobre. Contrairement à son rôle dans Welcome to New York (Abel Ferrara, 2014), Depardieu ne baise pas, son rôle est même assez correct avec ses failles et un jeu simple mais convaincant. Le seul problème vient de ses textes. On retiendra aussi quelques uns comme Girardot et Eric Savin, sortant un peu plus de la caricature et de la vulgarité crasse. On évoque souvent le Cinéma français par ses auteurs et particulièrement ceux qui écrivent des films. Nous ne pouvons pas dire que cela soit la force de Dan Franck. En plus d'une intrigue puant la prévisibilité jusqu'au final, les dialogues sont souvent lamentables, voire dignes des plus grands nanars franchouillards. Voici donc un pléthore de répliques graveleuses, souvent à l'origine de fou-rires monumentaux et n'ayant rien à envier à celles de Max Pécas: 

  • Depardieu à sa fille: "J'aime bien quand ta copine baise beaucoup. 
  • Pourquoi? 
  • Parce que plus elle baise, plus tu l'essuie!
  • Depardieu à Pailhas: "C'est de ta faute. Tu ne veux pas que je mette [mon portable] dans ma poche intérieure gauche à cause du coeur. Pas dans mon pantalon à cause des couilles. Si je le mets dans mes poches arrières, je le pète. Et si je l'accroche à ma ceinture, tu me dis que ça fait vieux flic. Où tu veux que je le mette?!"
  • Nadia Farès à Magimel: "Quand le stress monte, le reste descend. (...) C'est assez dégueulasse, mais si tu me lèche encore comme ça la prochaine fois, je t'aiderai peut être."
  • Magimel à Farès au téléphone: "Est-ce que tu l'as sucé?
  • Non.
  • Ah ben c'est pour ça!"
  • "Dis moi Vanessa, à part ma queue qu'est-ce que tu veux?"
  • Magimel à Jurczak: "Vous servez à quoi vous?
  • -A te vider les couilles! Et à te servir de femme de paille dans tes combines foireuses!"

 Photo Nassim Si Ahmed, Stéphane Caillard

A cela se rajoute d'autres problèmes tout aussi importants dans la conception de la série. La question est souvent revenu lors de conférences autour de la série: quelle fut la place du showrunner, quand bien même il y en a un? Quasiment aucun membre présent n'a su réellement répondre, pas même Depardieu visiblement perdu. On veut bien lui donner le bénéfice du doute tant toute cette affaire ne semble pas clair. Siri est présenté comme le showrunner, mais aussi comme "créateur visuel". De même pour Franck qui est "créateur scénaristique". Cela n'a purement aucune logique: un showrunner gère tout le projet, mais en général il ne s'occupe pas du visuel, car ce sont souvent des scénaristes aux réunions. Siri ne serait donc pas concerné par cet aspect et il aurait été bien plus logique de réunir les deux sous l'appellation de la création. On ressent bien l'intention de séparer réalisation et écriture, rendant le tout totalement absurde. A l'heure où Canal + essaye de se donner les moyens, Netflix rate le coche. Pourtant sur le papier, Siri est un excellent réalisateur. Il est triste de voir le réalisateur de Nid de guêpe passer pour un vulgaire tâcheron, à l'image de ce qu'il semble avoir fait sur Pension complète (2015). Du pur alimentaire où l'on ne reconnaît jamais son style et où l'accumulation de plans spéciaux (ralentis improbables, plans larges pauvres en éléments, profondeur de champ inutile) ferait passer la série PJ (1997-2009) pour un sommet de dynamisme.

Photo Benoît Magimel, Hedi Bouchenafa

Les derniers épisodes signés Thomas Gilou (la trilogie La vérité si je mens) apparaissent même moins tape à l'oeil. Le montage est lui aussi une énorme source de catastrophe, ccomme le confirme ces transitions bâclées avec plans sur Marseille sur fondus au noir. Un autre passage nous montre même une scène de sexe coupée brutalement pour montrer Depardieu sniffant de la coke! Le tout sur une musique souvent inquiétante signée en partie par un Alexandre Desplat de passage. Des passages ridicules que l'on n'aurait probablement jamais vus dans une série américaine ou tout du moins pas sous cette forme (un accéléré sur la ville serait davantage utilisé). Une preuve incroyable du manque de connaissance du format télévisuel de l'équipe. (Fin des spoilers) Marseille apparaît comme un immense gâchi, projet ambitieux sur le papier mais poussiéreux au final. Netflix n'a pas encore aborder la question d'une seconde saison. Au vue du bashing général, il se peut que la plateforme laisse tomber, quand bien même elle suscite la curiosité. D'autant plus quand on va jusqu'au cliffhanger final de la dernière chance. 

17 mai 2016

Cuvée 22

Aujourd'hui, la Cave de Borat va faire honneur à son géniteur. Pour ceux qui ne le sauraient toujours pas, c'est l'occasion ou jamais de souhaiter un joyeux anniversaire à votre cher Borat. Pour les autres, tant pis on reprendra les paris! La mégalomanie de votre interlocuteur risque fort de perturber certains lecteurs. Si c'est le cas, il vaudrait mieux passer votre tour en allant vers des contrées plus sobres, moins gâvées au champomy. L'an dernier, votre cher Borat était revenu sur vingt-et-un de ses films cultes, cette année il s'agira d'en dévoiler vingt-deux autres. Etes-vous prêts au grand chelem de la mort? Go!

  • 1- The Mask de Chuck Russell (1994)

The Mask

Affiche réalisée par Flore Maquin.

Commencer par l'ami Jim n'est pas si étonnant venant de moi. On pourrait croire que je connais le film de Chuck Russell depuis Mathusalem, mais en fait non. Le film qui m'a fait découvrir Jim Carrey fut Menteur, menteur (Tom Shadyac, 1997) et il est rapidement devenu mon comique préféré, notamment par son côté excessif et ses mimiques. Mon envie de voir The Mask est arrivé lors d'un passage télévisé survenu en 2002-2003. Je ne sais plus si je l'ai vu avant ou après Ace Ventura (Shadyac, 1994), mais je me souviens que ce fut à peu près à la même période. Je n'ai pas pu le voir suite à une invitation et avec mon père nous sommes partis à la chasse au masque. A cette époque, les VHS commençaient déjà à moins se trouver, notamment lorsqu'il s'agit de films dits "anciens". Mon père a fini par la trouver dans un kiosque et dès lors, la VHS a été utilisé un nombre inqualifiable de fois. Pous vous rassurez, la VHS fonctionne toujours aussi bien. The Mask est un film vieillissant n'ayons pas peur de le dire. Il n'y a qu'à voir un des plans du début, sorte de matte-painting ayant pris un sacré coup. Pareil pour certains effets de la musique de Randy Edelman qui en font des tonnes. Mais ce serait oublier le bonheur que suscite Jim Carrey. Les effets-spéciaux lui
permettent de trouver des effets comiques inattendus et fous, rendant la part belle au grand Tex Avery. Comme les films suscités, vous l'enlevez du film, il ne reste plus grand chose ou tout du moins pas assez pour que le film soit solide.

Cameron Diaz (2)

"Just for you Borat."

Certes le film aurait dû être plus violent comme le comic-book qu'il adapte, mais Chuck Russell se fait plaisir avec son personnage principal, alignant les grands moments drôlatiques. Puis, c'est l'occasion de voir Cameron Diaz plus sexy que jamais dans son premier rôle au cinéma.

  • Séquence culte: Prêt pour un pur moment musical improbable? Voici donc Jim Carrey en plein délire urbain, faisant chanter et danser la police habillé en cubain (enfin c'est ce qu'il dit). De quoi faire réfléchir quand on voit certaines choses lors de manifestations bien actuelles...

  • 2- Les aristochats de Wolfgang Reitherman (1970)

Les aristochats

Depuis l'enfance, les films produits par les studios Disney font partie d'une tradition. Je pourrais vous en citer plein parmi mes préférés et ce ne serait pas faute de varier les époques. Pour preuve, on retient au moins un film Disney par décennie. L'an dernier, je vous ai proposé mon classique Disney préféré (animé comme live donc) L'apprentie sorcière (Robert Stevenson, 1971), cette année ce sera au tour de mon classique animé préféré. Dans ma collection de VHS Disney, Les aristochats a une place de choix. Il signe un renouveau pour le studio, premier film réalisé depuis la mort du grand manitou survenue en 1966. Il asseoit également la carrière de Wolfgang Reitherman, animateur devenu réalisateur dès Les 101 dalmatiens (1961). Un gage de qualité à lui tout seul et permettant aux Aristochats une réalisation de grande classe. La vision de la France est très porteuse de clichés, l'effet carte-postale par excellence jusqu'à commencer le film par une toile. Il n'est pas non plus étonnant que le châton Toulouse soit peintre comme Lautrec, que leur mère s'appelle Duchesse en rapport à la bourgeoisie dans lequel elle est aclimatée ou que la souris se nomme Roquefort. On s'y fait et cela confère même un charme supplémentaire au film. L'occasion aussi de voir un méchant grandiose, l'impayable Edgar, digne héritier d'Horace et Jasper les voleurs de dalmatiens.

Edgar

Il a beau être machiavélique et cruel (il veut tuer des chats pour toucher un héritage), il n'en reste pas moins attachant grâce à divers gags le faisant passer pour un gros nigaud. A l'image de ses mésaventures avec les chiens Napoléon et Lafayette (!), valant un jeu de chat et de la souris rocambolesque. Il y a également l'univers du jazz, valant de beaux moments colorés et funs. Avec ce film, le studio prouvait que l'héritage du patron était solide. C'est aussi pour cela qu'il gagne en intérêt.

  • Séquence culte: Qui dit Disney, dit chanson n'ayons pas peur de le dire. Tout le monde veut devenir un cat, chanson phare du film, commence lentement avant de prendre un rythme endiablé, faisant exploser les trompettes pour le bonheur des oreilles. La Duchesse change de couleurs grâce aux différents filtres avant de faire un petit solo superbe à la harpe. Puis c'est reparti pour un dernier tour jubilatoire.

  • 3- Qui veut la peau de Roger Rabbit de Robert Zemeckis (1988)

Roger Rabbit

Affiche réalisée par Drew Struzan.

J'aurais très bien pu prendre une des aventures de Marty McFly, mais il se trouve que je les ai connu à l'adolescence. Avant cela, un lapin m'était déjà plus familier fort de deux VHS enregistrée (la première a fini par lâcher) avant un passage au DVD bien mérité. A l'image de Space Jam (Joe Pytka, 1996), j'étais fasciné par Qui veut la peau de Roger Rabbit jouant sur le même principe (mélanger live et animation), à la différence que ce dernier m'a toujours paru plus ambitieux. L'intrigue jouait de cet aspect en s'amusant un peu plus avec les décors et sur des personnages animés dans le monde réel. Sur ce point, le film est toujours aussi impressionnant d'autant que les acteurs semblent bien se débrouiller face à une masse incroyable de personnages animés, certains étant même des rôles principaux (Roger et sa femme Jessica) ou des sidekicks très présents (les fouines). Du pur film noir (détective à la recherche de quelqu'un ou le protégeant, avec femme fatale et méchant plus fort que lui) transposé dans un film soi-disant familial. Familial il pourrait l'être initialement à cause de ses personnages animés, mais à l'image des productions Amblin dont il fait partie, Roger Rabbit s'impose plus nuancé et grave. Il dévoile un âge sombre pour les cartoons (les studios perdent des icônes animées sexy à cause du Code Hays, à l'image de Betty Boop), alors même que ces derniers sont de moins en moins produits à la sortie du film. 

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De même, le projet autoroute apparaît jonché de cadavres dont certains sont des personnalités corrompus. Le film est aussi aidé par un aspect buddy movie salutaire avec un duo terriblement atypique (le détective tourmenté incarné par le génial Bob Hoskins et le lapin amoureux de sa femme). Puis comme dirait Alfred Hitchcock meilleur est le méchant, meilleur est le film. Le Juge DeMort en est la preuve, interprété par le phénoménal Christopher Lloyd. Il a fallu plusieurs années à l'acteur pour trouver des rôles phares, Robert Zemeckis lui en a offert deux dont tout le monde se souvient.

  • Séquence culte: Parmi les grands moments drôles du film, il y a bien sûr la chanson d'Eddie Valiant. Une diversion en or, valant un des dialogues les plus jubilatoires entendus au cinéma: "Miches! -Miches? Mais ça rime pas avec ouille! -Non mais ça oui!"

  • 4- Anastasia de Don Bluth et Gary Goldman (1997)

Anastasia

Outre Disney, n'oublions pas l'apport de Don Bluth et son camarade Gary Goldman, vétérans du studio partis vers d'autres aventures. Avec Toy Story (John Lasseter, 1995) et Space Jam, il s'agit d'un de mes premiers souvenirs de cinéma en dehors du cinéma aux grandes oreilles. Ce qui n'a pas empêcher d'entendre plus d'une fois qu'Anastasia est un Disney, alors qu'il suffit de voir le logo Fox sur les bords de la jaquette... Une anecdote qui ferait bien rigoler son instigateur. Si les années 80 ont permis aux deux compères de gagner du terrain, bien aidé par des divergences artistiques au sein de Disney (voir le pauvre Taram et le chaudron magique); les 90's furent pour le moins fatales à Don Bluth, à cause de projets moins forts. L'année 1997 sera l'occasion d'un retour fracassant nommé Anastasia. Alors oui, ce film est une fiction totale, jouant sur le drame entourant les Romanov et la légende qui suivit, et à vrai dire on s'en fout. Au contraire de Titan AE (film suivant de Don Bluth sorti en 2000), Anastasia vieillit beaucoup mieux, bien aidé par des images de synthèse assez rares. Alors que les studios Disney peinaient déjà à retrouver des sujets forts après être revenu au top, Don Bluth donne un grand coup en produisant un superbe conte avec une héroïne forte essayant de retrouver son passé.

Dimitri

L'occasion d'une histoire d'amour sympathique à l'image de personnages attachants, bien servie par la musique de Stephen Flaherty. Il est d'autant plus triste que le réalisateur se soit empêtré dans une séquelle / spin-off sans intérêt par la suite (Bartok le magnifique, 1999). Au final, on préfèra se souvenir d'Anastasia, certainement un des meilleurs films d'animation des 90's.

  • Séquence culte: Parmi les chansons d'Anastasia, Loin du froid de décembre est certainement la plus réussie et donne lieu à une scène superbe de bal. Des décors monumentaux, des figurants en veux-tu en voilà et une héroïne devenant la reine d'un bal fantôme. La nostalgie à la russe.

  • 5- Small Soldiers de Joe Dante (1998)

Small Soldiers : Affiche

La filmographie de Joe Dante m'est restée plus ou moins inconnue durant très longtemps; jusqu'à atteindre mon adolescence avec fracas. Par exemple, Gremlins (1984) est arrivé dans ma dvdthèque sur un coup de tête. En revanche, je connaissais très bien Small Soldiers. Vous remarquerez l'insistance jusqu'à présent de la VHS, mais il est vrai que beaucoup de mes films phares sont passés par mon magnétoscope.  J'avais demandé à mon père d'enregistrer le film alors qu'il était en deuxième partie de soirée sur France 3, après avoir vu l'affiche fracassante ("on ne joue plus"). Gamin, il m'apparaissait comme un film fun, valant notamment pour les affrontements entre les jouets et les humains. Ce n'est qu'en le revoyant plus âgé que j'ai remarqué à quel point le film était cynique, bien aidé par la vision de quelques autres films de Joe Dante. Faire des freaks les gentils au lieu de ces grands cons de GI Joe est certainement la meilleure idée du film, contrebalançant avec l'image pure du soldat américain entre deux guerres du Golfe. Tout comme transformer Barbie en guerrière psychopathe s'attaquant aux beaux mâles! Un discours violent et tout sauf puritain gangrené par les aspects marketing autour du film, l'empêchant d'être au niveau de brutalité de Gremlins. Il n'en reste pas moins que le message n'a pu être corrigé comme Burger King l'entendait et tant mieux.

Small soldiers

Le personnage de Denis Leary n'est pas sans rappeler de John Glover dans Gremlins 2 (1990) en pire, de par son cynisme de tous les instants ("ça aurait pu faire une belle publicité!"). L'occasion aussi pour le gamin que j'étais de craquer pour la belle Kirsten Dunst, déjà bien aidé par la vision de Spider-man (Sam Raimi, 2002) un an auparavant.

  • Séquence culte: Quoi de mieux pour illustrer une scène de guerre que le classique d'Edwin Starr? Là encore le cynisme atteint des sommets pour notre plus grand plaisir, Joe Dante se payant un magnifique fuck en puissance. 

  • 6- Die Hard de John McTiernan (1988)

Die Hard

J'ai découvert la trilogie Die Hard tout d'abord par 58 minutes pour vivre (Renny Harlin, 1990), en raison de l'achat progressif de la saga en DVD. Ou comment découvrir le cinéma de John McTiernan avec l'un de ses films les plus emblématiques. Tout était réuni pour que cela fonctionne. Un pitch qui au départ devait servir de suite à Commando (John Matrix faisant péter les différents étages pour sauver sa fille et sa petite-amie!), avant de devenir un film d'action un peu moins excessif avec un héros en or. John McClane (Bruce Willis à une époque où il savait son texte) l'homme pas parfait, à ça de divorcer avant qu'une prise d'otage ne commence à sauver son mariage, flic en dehors de sa juridiction et retrouvant sa virilité après avoir fait le point avec ses orteils. Le héros sauve ce qu'il peut, en plus de sauver sa poire face à des hommes surarmés. Il est d'autant plus seul que la police à l'extérieur ne l'aide pas, l'assimilant presque aux terroristes. C'est aussi pour cela que l'on aime le personnage de John McClane, toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. En face de lui le regretté Alan Rickman, méchant d'anthologie s'il en est offrant un pur duel psychologique, en plus d'utiliser la malice pour berner tout le monde. Il est d'autant plus fou que McT arrive parfaitement à jouer sur l'unité de temps (la nuit du réveillon) et de lieu (l'immeuble ou devant l'immeuble), au point que le spectateur perd patience, perdu par un suspense de tous les instants.

Die hard

"On passera noël en famille, on fera la fête!"

Comme quoi à une époque, avec un pitch simple comme bonjour, on arrivait à faire un classique. Aujourd'hui on aurait bien plus de mal, Hollywood prendrait surement un tâcheron qui ferait shooté les grosses scènes par la seconde équipe, avec des acteurs plats. Autre époque, autres moeurs.

  • Séquence culte: Que serait une production de Joel Silver sans une putain d'explosion? Autant dire que la tour Fox s'en souviendra encore longtemps. 

  • 7- Casper de Brad Siberling (1995)

Casper

Si l'on excepte les films de Don Bluth et Gary Goldman produits durant les 80's, les productions Amblin qui m'ont le plus marquées furent celles des années 90 dans un premier temps. Les années VHS aidant, voici certainement une de mes productions Amblin préférées. La preuve qu'à une époque Steven Spielberg faisait plus attention où il aposait son nom (on parle de Transformers? Non je suis dans un bon jour). Adaptation du comic-book devenu cartoon culte, Casper est un film fantastique de qualité et pouvant plaire au plus grand nombre sans que cela paraisse gamin. Preuve que le film PG-13 ne doit pas être synonyme de prendre les adolescents bêtes à bouffer du foin. Un film malicieux, jouant de superbes effets-spéciaux et bien aidé par des acteurs et personnages de qualité. Un temps où Christina Ricci sortait du rôle de Mercredi avec bonheur, où Eric Idle se faisait taper dessus par Cathy Moriarty (que ce soit en hommes ou fantômes) et où Bill Pullman était bien plus intéressant en père veuf qu'à vivre, que dis-je survivre en plein jour d'indépendance. Evidemment comment ne pas évoquer les oncles de Casper, permettant de beaux moments de chasse aux fantômes et un dîner gourmand et croquant. Mais c'est avant tout Casper qui suscite l'émotion. Lui comme Cat ont été séparé de l'un de leurs êtres chers, elle de sa mère décédée, lui de son père en mourant.

Casper : Photo Brad Silberling, Christina Ricci

Le film n'en dévoile pas trop, mais suffisamment assez pour que le personnage émeut le spectateur alors qu'il n'a pas d'apparence humaine. Petite pensée aussi pour James Horner, signant une ost ravissante et réussissant à émouvoir lui aussi par moments. 

  • Séquence culte (attention spoilers): Parmi les séquences magiques de Casper, celle du bal tient la palme. Cat vit le grand amour aux côtés de Casper sous forme humaine le temps de quelques instants. L'occasion aussi pour un mari de retrouver sa femme. Terriblement romantique. 

  • 8- Akira de Katsuhiro Otomo (1988)

Akira (1)

La fin de mon enfance m'a donné envie de m'intéresser à l'animation japonaise. Pas qu'elle ne m'était pas familiaire pour avoir vu Mon voisin Totoro (Hayao Miyazaki, 1988) en VHS et Princesse Mononoké (idem, 1997) beaucoup trop tôt, ou plus généralement quelques séries animées. Mais Akira est apparu comme le déclic à une époque bien définie, au même titre que Ghost in the shell (Mamoru Oshii, 1995). La fin de mon enfance a été l'occasion de commencer à voir des films d'horreur, mais aussi généralement des films plus violents, torturés. Akira en est la preuve. Adapté partiellement du manga éponyme, il dévoile une variation de Tokyo post-nucléaire frappante, avec une jeunesse plus dans la rue qu'à l'école et où la police est peut être aussi violente que la délinquance (voir la scène au commissariat où un mec est battu à mort). Dans cette jeunesse se trouve Kaneda et Tetsuo, l'un est le meneur un peu bébête d'un gang mais charismatique, l'autre le sous-fifre toujours dans l'ombre du premier. La tragédie ne pouvait qu'arriver tôt ou tard. La vengeance se fera dans le sang et avec une brutalité graphique sans précédent. Katsuhiro Otomo se paye également la tête des militaires et des scientifiques se prenant pour des apprentis sorciers, au point d'engendrer des calamités plus grosses qu'eux. De là, Katsuhiro Otomo signe une oeuvre post-apocalyptique superbe, avec des plans horribles de transformation atteignant leur paroxysme dans un final tragique. Akira a beau être un film entraînant, il n'en reste pas moins sauvage et tortueux.

Akira

Un film qui a failli ruiner son auteur, peut être bien au final, tant Akira a bouffé le reste de sa carrière. Jamais il ne retrouvera la force de son premier long-métrage solo. Est-ce un problème? Peut être pas. Juste qu'Akira est devenu un film trop gros pour lui, mais quel film. Les américains veulent en faire un remake live... enfin ils espèrent mais rien ne changera au fait que la première adaptation est essentielle. 

  • Séquence culte: Rythmée par une musique répétitive et hypnotisante, la poursuite à moto est un pur moment d'adrénaline. La musique, les pneus qui crissent, les corps qui craquent, les explosions qui fusent... tout y est pour une scène spectaculaire.

  • 9- Indiana Jones et le temple maudit de Steven Spielberg (1984)

Le temple maudit

 

Affiche réalisée par Drew Struzan.

Ayant raté Les aventuriers de l'arche perdue (1980) une semaine avant, je décidais quand même de découvrir le second opus et peut être même le troisième sur M6 les semaines suivantes. Un comble quand on sait que ce Temple maudit se situe avant les aventures d'Indiana Jones en Egypte. Indiana symbolise le goût de l'aventure, l'envie de découvrir du paysage, tout en chassant des trésors inestimables et souvent surnaturels que l'on pourrait qualifier autrement de macguffin, dans des histoires rocambolesques. Si le premier Indy est un grand film, il n'a pas le charme du second et encore moins son humour noir ravageur. C'est peut être aussi pour cela que je le lui préfère (et que je rompt avec la plupart des avis parlant du pire film de la trilogie), en plus de l'avoir découvert en premier. Avec ce film, Steven Spielberg fait dans l'évasion cocasse, avec un aventurier plus tourmenté que jamais (le passage du coeur), une chanteuse casse-couille mais valant quelques moments de rigolade bien sentis (Kate Capshaw) et un jeune sidekick attachant (Jonathan Ke Quan). Le tout dans une aventure géniale où les moments phares se comptent à la pelle, à commencer par l'ouverture à l'Obi Wan Club, alignant les morceaux de bravoure pour une conclusion de haut vol. Avec Le temple maudit, Spielby réussit un pur divertissement, un moment inoubliable qui fait rêver les enfants et les adultes en manque d'histoires d'aventure (quoique...). Le temple maudit symbolise cela, en plus de relever d'un exotisme amusant et parfois brutal.

 Indiana Jones et le Temple maudit : Photo Harrison Ford, Jonathan Ke Quan, Kate Capshaw

Evidemment, ce ne serait rien sans l'impayable Harrison Ford, autrefois éternel Han Solo pour moi devenu le plus grand des aventuriers par la suite. Le temple maudit comme Jurassic Park l'an dernier (1993) n'est peut être pas mon Spielby préféré. Il n'en reste pas moins que c'est un film que j'ai adoré durant toute mon enfance, adolescence compris et que je continue d'aimer encore maintenant.

  • Séquence culte: J'aurais pu citer la scène du train en mode montagne russe ou bien la scène à suspense du pont. Mais je dois bien avouer que la scène du dîner me vaut toujours un merveilleux fou-rire. Beaucoup la trouvent crade, personnellement elle me fait toujours rire de par son côté délirant devenant jubilatoire.

  • 10- Seven de David Fincher (1995)

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Juste avant Fight Club (1999), Seven fut mon premier film de David Fincher et ce grâce à mon cousin qui m'avait prêté les deux films. L'exemple merveilleux du film à enquête dont on connaît le coupable, mais que l'on revoit toujours avec l'agréable sensation que le film ne repose pas que sur ça. Tout simplement parce que les enjeux dépassent le simple postulat du policier traquant un tueur. Fincher étudie ses personnages avec minutie jusqu'à les mettre au poteau devant leurs actes. Que ce soit Mills (Brad Pitt) victime de ses actes, Somerset au bord de la retraite et se retrouvant sur une affaire trop grosse pour lui (Morgan Freeman) ou un tueur n'ayant aucune compassion et moraliste. Le tout sous une pluie battante avant un final étonamment rayonnant, comme pour contraster avec les événements. Après un Alien 3 qu'il préfère oublier, Fincher signe un thriller merveilleusement crade, beaucoup imité, mais jamais égalé (souvenez vous de Resurrection de Russell Mulcahy avec Totof Lambert). Encore aujourd'hui le final reste un grand moment de suspense, jouant parfaitement de la suggestion. On saura bien qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de la boîte, mais jamais rien ne sera montrer, laissant juste apparaître la réaction de Morgan Freeman à l'écran. Au contraire des scènes de crime, valant des moments glauques où le spectateur s'interroge sur le degré de violence il est capable de voir.

Seven 

Que ce soit cet homme victime de sa gourmandise ou cette prostituée sodomisée avec un couteau. Seven ne laisse aucun échappatoire à ses personnages filmés avec une photo très sombre signée Darius Khondji. Dans les ténèbres, personne ne viendra vous emmener vers la lumière. 

  • Séquence culte (attention spoilers): On a beau avoir déjà vu le premier cadavre, quand le générique débute, on entre dans un autre univers. Celui du tueur tueur avec ses notes, ses empreintes palmaires coupées, des photogrammes, une bobine qui déconne et Closer de Nine Inch Nails détourné. On ne le sait pas forcément avant de voir le reste du film, mais voici un générique qui permet de se faire une idée de l'individu auquel on va faire face. Saisissant.

  • 11- Starship troopers de Paul Verhoeven (1997)

 

Starship troopers

 

Dans les derniers instants de la Cuvée 21, j'ai failli mettre un film de Popaul le violent. Sacrilège réparé avec Starship troopers, sa dernière grosse production hollywoodienne. Je crois avoir vu Total Recall (1990) et Basic Instinct (1992) avant celui-ci, mais il s'agit probablement de mon film préféré du hollandais exilé. Un flop redoutable au même titre que Mars attacks (Tim Burton, 1996), les deux ayant un point commun certain: celui d'adresser un majeur bien mis en avant vers les USA. Pas étonnant que le film fut incompris par ces derniers à sa sortie, traîtant même son réalisateur de fasciste. Comme ce dernier le suggère dans le commentaire audio sur le DVD du film, le roman qu'il adapte l'est, pas son film d'autant plus quand tu as vu la guerre devant le pas de ta maison. Paul Verhoeven n'est en rien fasciste, juste que son point de vue est tellement radical qu'il dézingue tout sur son passage. Le principal aspect? Montrer un monde prêt à envoyer ses propres enfants vers une guerre auxquels ils ne sont pas préparés. Le premier assaut servant d'introduction est un fiasco total, justement à cause de cette inexpérience flagrante. Le choix de prendre des belles gueules n'y est pas pour rien. Après tout, le mec au physique sortant des canons de beauté n'est rien d'autre qu'un beau fasciste, responsable d'envoyer ses camarades à la guerre à ses fins personnels (désolé pour les fans de Neil Patrick Harris).

Starship Troopers : photo Casper Van Dien, Paul Verhoeven

Casper Van Dien ne trouvera jamais un aussi grand rôle que celui de Rico, bourrin un peu con mais guerrier hors pair. Denise Richard n'est pas très loin de le rejoindre dans le rôle de l'ex-copine un peu nunuche, se réveillant un peu vers la fin. Dina Meyer aussi dans un rôle féminin superbe et changeant des canons de beauté juste là pour poser. Puis évidemment il y a les gueules de portes-bonheur: Jake Busey, Michael Ironside, Clancy Brown et même Dean Norris. Starship Troopers est également l'un des plus beaux blockbusters des 90's, l'un de ceux qui se bonifient avec le temps tout comme Jurassic Park et Terminator 2 (James Cameron, 1991). Le genre que l'on redemande, mais dont on nous offrira plutôt un remake asseptisé.

  •  Séquence culte: Voici certainement l'explosion la plus spectaculaire du cinéma des 90's et ce n'est pourtant pas faute d'avoir chercher.

  • 12- The Thing de John Carpenter (1982)

The thing

Lui aussi a raté le coche l'an dernier, l'occasion d'une petite réparation. Bien que votre cher Borat a découvert Big John avec l'impayable Halloween (1977), lui valant quelques uns de ses premiers moments d'horreur, c'est vraiment The Thing qui l'a scotché par la suite. Un des rares remakes où l'on peut dire qu'on est face à un film majeur du cinéma. Un aspect encore plus représentatif sur un grand écran pour pleinement savourer la musique très carpenterienne d'Ennio Morricone. A l'image de La mouche (David Cronenberg, 1988) que j'aurais pu citer ici, The Thing est probablement une des films d'horreur les plus spectaculaire au niveau des transformations de sa créature. Une oeuvre des 80's qui vieillit difficilement et dont les effets-mécaniques ayant valu un surmenage à Ron Bottin fonctionnent encore à merveille. La palme revient certainement à la scène du ventre ouvert prenant le spectateur par surprise pour son plus grand plaisir. Big John signe un pur moment de paranoïa, perturbant le spectateur le temps de plusieurs séquences, à commencer par la scène du test, où le suspect finit toujours par se dévoiler au bout d'un moment. Qui est qui ou quoi devrait-on dire? A cela rajoutez l'affaire du sang contaminé survenue deux années plus tard et que l'on peut définitivement rattaché à la scène du test. 

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Si la plupart des acteurs sont peu connus, on retiendra tout de même un duel souvent saisissant entre Kurt Russell le barbu et Keith David, valant encore une fois de merveilleux moments de parano. Pas pour rien que The Thing est souvent considéré comme un des films d'horreurs à voir absolument et comme un des meilleurs crus de Big John. A l'heure où ET (Spielberg, 1982), il est amusant de voir à quel point ce film était la parfaite anti-thèse.

  • Séquence culte: La créature se dévoile pour la première fois dans un maelstrom dégueulasse. Le spectateur assiste impuissant tout comme les personnages à cette transformation à vomir, terrifiante et qui marque à jamais.

 

  • 13- The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975)

TRHPS (10ème anniversaire)

Voici un musical découvert durant mon adolescence lors de sa sortie en BR. Laissé de côté pendant plusieurs années, il a fini par devenir un de mes films favoris durant mes années de fac. C'est aussi cela quand vos amis adorent un film, le voir avec eux décuple l'intérêt et vous le fait parfois redécouvrir avec plaisir. Je l'ai même vu au cinéma dans une salle peu enclin à s'amuser. Mais bon sang, dans Rocky Horror Picture Show il y a show, ce qui veut dire s'amuser, se faire plaisir. Passer à côté de l'amusement que peut procurer un tel film en le voyant en salle, avec des gens déguisés comme les personnages et chantant les chansons, c'est ce que l'on demande durant une projection du Rocky Horror Picture Show! Après ce léger coup de gueule, passons aux festivités. Le Rocky Horror... est un pur plaisir musical, fait d'exubérances et de chansons naviguant entre rock'n roll et ballade, à l'image de Time warp ou Science fiction double feature. Ensuite, il y a un casting fantastique chantant merveilleusement bien, comme le fameux Tim Curry plus sexy que jamais ou Susan Sarandon s'essayant aux vocalises. Dans le lot, n'oublions pas Richard O'Brien créateur du show initial, incarnant un bossu extraterrestre à cheval sur le temps et Meat Loaf pour une apparition courte mais mémorable. Puis il y a le film lui-même, véritable phénomène naviguant entre différents genres au point que le spectateur tombe lui aussi dans le délire ambiant. 

TRHPS (soirée) 

Réadaptation 70's de Frankenstein de Mary Shelley, science-fiction, hommages au cinéma (oh le beau panneau RKO), musical endiablé... Au final, le Rocky Horror... est tout ça à la fois et c'est aussi pour cela que je l'adore. Si vous poussez le vice encore plus loin, faites comme la chanson: payez vous un double feature avec sa géniale séquelle Shock Treatment

  • Séquence culte: J'aurais très bien pu choisir l'entrée fracassante de Frank N'Furter, mais Rose tints my world est probablement ma chanson préférée du film. Doublé d'un moment sexy du tonnerre!

  • 14- Le maître de guerre de Clint Eastwood (1986)

Le Maître de guerre : Affiche

L'an dernier j'ai touché la corde sensible avec Clint Eastwood, cette fois-ci on va s'attaquer à sa face bourrine. Découvert à l'adolescence comme les trois quarts des films du pistollero sans nom, Le maître de guerre est le cas typique du film bourrin en apparence. Il faut dire que l'ami Clint se fait un vrai plaisir à sortir le plus de punchlines possibles pour titiller l'hilarité du spectateur, amateur de ce type de répliques rentre-dedans et ce dès l'ouverture du film. Ainsi, on suit Clint Eastwood en sorte de Dirty Harry à l'armée, râleur invétéré, divorcé maladif et emmerdeur national en train d'entraîner une bande de tocards. Parmi eux, l'impayable Mario van Peebles probablement dans son meilleur rôle en rockeur du dimanche! Hé oui, il y a une vie avant les séries B et les films Asylum (si, si regardez bien sa filmographie si vous êtes curieux). Voici donc une parfaite bande de bras cassés que l'on s'amuse à voir galérer jusqu'à atteindre les sommets inattendus. Mais évidemment, on s'ennuierait un peu si le grand Clint n'avait pas des problèmes avec sa hiérarchie. Et qui pour jouer l'emmerdeur national numéro 2? Everett McGill, l'amant de la maman d'Ann Perkins, le mec qui a trahi Felix Leiter et la Crampe avant l'heure. Dès lors, c'est parti pour un duel de grandes gueules et à celui qui aura la plus grosse. Dit comme cela Le maître de guerre peut paraître comme un gros nanar, à l'image des films que le grand Clint faisait avec son pote Clyde. 

  Le Maître de guerre : Photo Clint Eastwood

Pourtant c'est un film où l'armée américaine s'en prend une bonne dans la tronche. Tout d'abord en montrant un laxisme certain (il faut qu'Highway débarque pour que son escouade soit opérationnelle), puis des supérieurs bornés tout sauf compétents et enfin une réalité qui rattrape souvent la rigolade du régiment. C'est ainsi que les dernières minutes frappent, loin de la bonhomie véhiculée durant une bonne partie du film. C'est à ce moment là où Clint Eastwood retrouve un ton coup de poing qui lui sied à merveille.

  • Séquence culte: A force de se tourner autour, il était temps de se mettre sur la tronche. Voici donc Clint Eastwood, 56 d'un côté et Everett McGill, 41 ans de l'autre! Ready? Fight

  • 15- Babe: Le cochon dans la ville de George Miller (1998)

Babe

On ne le dit jamais assez, mais George Miller n'est pas le réalisateur d'une seule saga. Il en a créé trois, dont deux reposant sur un dyptique. J'aimais beaucoup le premier Babe qu'il a scénarisé et produit en 1995, ce qui m'a évidemment mené à acheter sa suite pas loin du noël 99 si mes souvenirs sont bons (avec du bol, il neigeait!). Un opus que j'ai davantage revu, ce qui ne veut pas dire que le premier Babe est moins intéressant. Disons que dans cet opus, on sent bien plus la patte de George Miller. Le premier était un conte moral très strict et sombre, le second est davantage un portrait cynique de la société. On avait laissé le petit cochon en berger récompensé. La suite reprend sur ce point-là en éjectant rapidement James Cromwell pour mieux se focaliser sur la relation entre le cochon et sa maîtresse (Magda Szubanski). C'est à partir de là que Miller commence à installer un cynisme incroyable dans un film familial, rappelant que nous sommes bien devant un conte. C'est ainsi que la ville symbolise toutes les villes du monde, allant de New York à Hollywood, en passant par Berlin et San Francisco! Le but étant de montrer que peu importe l'endroit où vous êtes, les villes se ressemblent toutes et notamment les gens qui y habitent. Miller montre régulièrement des hommes cruels, incapables de s'aimer entre eux (les agents sont des êtres froids et sans humanité, les autres des râleurs) et encore moins familiers avec des animaux.

Babe, le cochon dans la ville : photo George Miller

Un aspect qui reviendra également dans les Happy Feet (2006, 2011), avec pour point particulier l'écologie. Miller se fait d'autant plus plaisir en optant pour un look cartoonesque, permettant ainsi à cette suite de se démarquer de son modèle. Son héros devra s'aider d'autres animaux pour s'en sortir, ne pouvant compter sur les hommes pour se sauver lui-même. Comme quoi, la claque ne vient pas forcément de l'homme mais de son ami l'animal.

  • Séquence culte: Parmi les scènes les plus cartoonesques du film, il y a bien sûr le sauvetage du cochon par sa maîtresse. Un grand moment entre un cuisinier prêt à le faire rôtir, un costume de plus en plus gros et un amateur de champion craignant pour ses verres. Là on peut le dire il n'y avait qu'un australien amateur de grosses cylindrées pour pondre une scène aussi délirante!

  • 16- Serial noceurs de David Dobkin (2005)

Serial noceurs

Voilà un choix tout spécial qui ne plaira pas à tout le monde, mais après tout, je m'en fous un peu puisque aujourd'hui c'est the big day! Découvert en salle, je n'ai jamais cessé de revoir ce film lors de ses multiples rediffusions (probablement un des films les plus diffusés sur la TNT). Autant un film comme Mon beau-père et moi (Jay Roach, 2000) a fini par me lasser, autant Serial noceurs se revoit toujours avec plaisir, à condition évidemment de ne pas le revoir tout le temps non plus. Surement à cause de son casting à commencer par le duo en titre. Je suis moins fan d'Owen Wilson, mais j'ai toujours trouvé que Vince Vaughn méritait mieux que certains projets foireux dans lesquels il s'est fourré (qui se souvient de Frère Noël? Vous là-bas?). Alors le voir dans un film comique qui marche c'est toujours cela de pris. L'occasion de contempler les ravissantes Rachel McAdams et Isla Fisher entourées d'un Bradley Cooper ayant pris du poids et d'un Christopher Walken fidèle à lui-même (donc super, c'est bien connu). Evidemment vous enlevez ces différents acteurs, le film perd beaucoup de son intérêt, alors autant en profiter. D'autant que cette comédie se paye les mariages avec saveur, à travers son duo de zigotos s'infiltrant dedans. Le tout sans jamais se faire remarquer et si possible manger à l'oeil. Si la morale revient un peu trop sur la fin, pas de doute pour dire que l'on se marre bien. Puis ce n'est pas tous les jours que vous verrez Vince Vaughn cogner Bradley Cooper.  

Serial noceurs : Photo Owen Wilson, Vince Vaughn

    • Séquence culte: Evidemment qui dit mariage dit dîner, qui dit prolongation, dit à nouveau dîner. Pour le coup, Vince Vaughn risque de se souvenir de son passage à côté d'Isla Fisher. Il en est encore heureux pour sûr. 

  • 17- Pacific Rim de Guillermo del Toro (2013)

Pacific rim (4)

Affiche réalisée par Paul Shipper.

Pacific Rim n'est peut être pas mon cru préféré de Guillermo del Toro, il n'en reste pas moins que ce film au combien récent a fini par devenir un de mes films cultes. Lui aussi n'est en apparence qu'un film de bourrin à la Transformers, avec des robots qui se foutent sur la tronche avec des kaïjus sortis de l'Espace. Il pourrait s'il n'avait pas un réalisateur aussi sensible que Del Toro aux manettes. Là où l'on voit à quel point un sujet simple peut amener à des possibilités de réalisation incroyablement fantastiques. Alors que le Godzilla de Gareth Edwards (2014) s'est un peu cassé les dents en évitant le plus possible le spectaculaire, Del Toro se fait plaisir comme un gosse jouant avec ses jouets. Pas de doute que le spectateur aussi enjoué prendra autant de plaisir à voir les jaegers démonter du kaïju au petit-déjeuner. D'autant plus qu'il peut se familiariser avec les pilotes des robots, certes un peu caricaturaux mais intéressants, à l'instar de son duo principal aux commandes de Gipsy Danger. D'un côté, le briscard ayant perdu son frère lors d'un affrontement spectaculaire servant d'ouverture. De l'autre, une jeune femme essayant de se reconstruire entre l'absence de ses parents et un père adoptif la bridant un peu trop. A cela rajoutez un amour jamais montré clairement et encore moins par un quelconque baiser, mais terriblement beau (Pacific Rim la chance de l'outsider!). A cela rajoutez un Idris Elba au sommet de son charisme.

481 

En résultes, un film spectaculaire mais pleins de sentiments, valant à ce titre certains des moments les plus sensationels vus en salle. Ce qui fait de Pacific Rim un des meilleurs blockbusters des années 2010 avec certainement le dernier Mad Max (Miller, 2015).

  • Séquence culte: Accumulation de trois scènes monumentales, la séquence à Hong Kong est le gros morceau de bravoure par excellence. Vous voulez voir un affrontement digne de ce nom? C'est par ici et la lisibilité est optimale. Voici la meilleure partie, la plus violente aussi. 

  • 18- American Beauty de Sam Mendes (1999)

Afficher l'image d'origine

Comment finir les années 90 au cinéma? Réalisez deux bilans monumentaux et particulièrement pessimistes. J'ai déjà cité l'amiral Fincher, passons désormais au capitaine Mendes. Grand vainqueur aux Oscars, American Beauty a souvent fait de l'ombre à Fight Club, avant de finalement apparaître tout deux comme deux faces d'une même pièce. D'un côté; le film fun mais faisant peur, de l'autre le film plus pessimiste, plus ancré dans une réalité sinistre du quotidien. Malgré un final à se tirer une balle, American Beauty n'en reste pas moins un film fun quand il le veut, bien aidé par un Kevin Spacey en pleine forme. Pas de magouille politique ou de cadavres dans le placard. Ici c'est le mari désabusé qui se met à mener sa propre révolution. Faire chier sa femme trop embourgeoisée? Check. Quitter un travail qui l'emmerde profondément? Check. Se mettre à la gonflette pour plaire à la copine de sa fille? Heu... check. Lester est le cas typique de l'homme voulant sortir des apparences, au contraire des gens qui l'entoure. Sa femme le délaissant au profit d'un autre, sa fille le prenant pour un raté, le jeune voisin vendant de la drogue à la barbe de son père, son père au refoulement plus que certain, une mère qui ne dit plus rien, la fameuse copine loin d'être l'allumeuse qu'elle prétend être. American Beauty est un film terriblement beau et au combien triste, accablé par un final qui tape un grand coup comme au théâtre. Mendes amuse autant qu'il choque, preuve que les moeurs américaines ne sont pas toujours jolies dans les banlieues pavillonnaires.

American Beauty : Photo Kevin Spacey, Mena Suvari

  • Séquence culte: Parce que parfois il faut savoir lâcher prise et à ce moment, Lester sait quoi faire. Mettre American Woman dans le lecteur.

  • 19- Scarface de Brian de Palma (1983)

Scarface

Encore une fois un remake majeur et assez différent de l'original dans le cas présent. Scarface, la légende cubaine de Miami, signé par un Brian de Palma en plein renouveau (il sort un peu de l'aspect hitchcockien). Une époque où cabotinage n'était pas forcément un signe péjoratif. Preuve en est l'interprétation d'Al Pacino, tout en gueule bien ouverte. L'acteur est au top et cela ne sera pas la dernière fois qu'il jouera de ce côté cabot pour atteindre des sommets (la preuve avec Heat ou L'enfer du dimanche). Son rôle? Celui du petit malfrat devenu grand à force de liquider ceux qui ne lui barrait le chemin. Une ascension fulgurante sous du bon Giorgio Moroder. Pour sûr, Scarface est probablement le film le plus violent de De Palma (pas faute de chercher), fort d'un personnage excessif allant jusqu'à liquider ses proches quand cela ne va pas comme il veut. Un sacré zigoto l'ami Montana. Autour de lui, des seconds-rôles en or, certains se retrouvant même par la suite dans la série Breaking Bad (2008-2013), à l'image de Steven Bauer et Mark Magolis. On retiendra également la superbe Michelle Pfeiffer tenant merveilleusement tête à Al Pacino. The world is yours dit le proverbe...  

  • Séquence culte: Une chanson, pas d'autres sons, effet clip total, Push it to the limits, parfaite définition du Tony Montana plein aux as et les narines pleines de coke.

  • 20- Old School de Todd Phillips (2004)

Retour à la fac : affiche

Encore un film avec Vince Vaughn mais là, on va parler campus movie. Un genre répandu aux USA et que les français ont bien du mal à reprendre (je ne vous cache pas que certaines beuveries étudiantes valent leur pesant de cacahuètes). Autant dire qu'Old School est un plaisir certain, jouant des codes du genre en prenant un lot de trentenaires découvrant l'université pour notre plus grand bonheur. Si Luke Wilson est le héros du film, c'est surtout les second-rôles que l'on retient. Vince Vaughn est au top en mec retrouvant de la vigueur après plusieurs années de mariage, mais c'est surtout Will Ferrell qui casse la baraque. L'acteur issu du Saturday Night Live est déchaîné à un point exponentiel. Il est nu en pleine rue, joue la mascotte en flamme, picole comme jamais et répare même des voitures. Autour de lui des têtes connues à l'image d'Ellen "Meredith Grey" Pompeo, Elisha "Kim Bauer" Cuthbert, Jeremy Pivens, Seann William Scott (un amateur de beuh) ou encore Simon Helberg bien avant ses aventures du big bang. Un véritable foutoir valant de beaux fous-rires à condition d'aimer l'humour en dessous de la ceinture, ce qui n'est pas donner à tout le monde. De là à dire que la fac c'est cool avec ces types là, il n'y a qu'un pas.

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  • Séquence culte: Quand Will Ferrell se met à nu, ce n'est pas à moitié.

  • 21- Edward aux mains d'argent de Tim Burton (1990)

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Là où l'on se dit à quel point le grand Tim Burton n'est plus là. Si son Miss Pelegrin a l'air moins pire que ce qu'il a fait récemment, cela ne sera probablement pas assez pour revenir au niveau qu'il avait dans les 90's. Fort d'un Johnny Depp pas encore conscient qu'il est une machine à fric et encore moins un acteur cabotin, Edward aux mains d'argent s'impose comme un conte magistral avec lui aussi une forte tendance au cynisme pur et dur. Il n'y a qu'à voir les différents personnages entourant le pavillon, entre ceux se servant d'Edward comme Dianne West et ceux qui font comme si de rien n'était à l'image d'Alan Arkin. Il y a une douceur dans le jeu de Depp que l'on ne retrouvera plus jamais par la suite, ce qui a tendance à émouvoir. Le couple qu'il forme avec Winona Ryder n'en est que plus beau et pur dans un monde gangrené par la soif de richesse. Tim Burton est peut être comme son héros: rejeté autrefois, il est devenu beaucoup trop présent au point de se pervertir. Est-ce que le petit Tim serait resté trop longtemps en bas et n'arriverait pas à remonter dans son château? Il y a des chances que oui.

Edward aux mains d'argent

  • Séquence culte: Certainement la plus belle scène du film et symbolisant à elle seule l'amour qu'a Miss Ryder pour son beau pantin au coeur qui bat.

  • 22- Space Jam de Joe Pytka (1996)

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Terminons en beauté avec un film déjà cité, mais auquel je tiens. Un beau petit nanar à l'effigie de Michael Jordan, mais valant quand même le coup. Le basketteur est bien mis en valeur, jusqu'à évoquer ses années difficiles en tant que joueur de baseball (certainement la plus grosse connerie de sa carrière), avec une belle famille et même un assistant qui lui cire trop les pompes. Mais Space Jam c'est aussi l'occasion de voir l'un des matchs de basket ball les plus délirants de l'histoire et plutôt bien animé, si l'on se fit aux contraintes (le film s'est tourné sur plusieurs années). L'occasion aussi de voir que Bill Murray est capable de beaucoup d'autodérision, quitte à passer pour un champion de basket! Sans compter quelques autres stars du basket prêtes à se ridiculiser le temps d'une séquence délirante. On n'en demande pas tant à un film aussi court et auquel le plaisir d'être un enfant devant les looney tunes n'a jamais été aussi fort.

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  • Séquence culte: Un dernier panier pour le moins impressionnant, preuve encore une fois de la rigolade assurée que peut apporter Space Jam.


 Bonus track spéciale anniversaire, car oui je n'ai jamais été aussi raccord avec le titre d'une chanson. Allez à la semaine prochaine!

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14 mai 2016

Cuvée sous le signe du X #2

Après être revenue sur les films sortis durant la décennie 2000, la Cave de Borat termine ses cuvées consacrées à la saga X Men avec la décennie 2010.

  • X Men First Class (2011) : Un nouvel espoir

First Class

Après deux films ayant mis en péril la franchise, la Fox ne sait pas quoi faire de ses mutants, d'autant plus que les Fantastic Four n'intéressent déjà plus grand monde et que les droits de Daredevil sont sur le point de revenir à Marvel. Contre toute attente, Bryan Singer finit par revenir au bercail. On dit tout d'abord qu'il doit réaliser X Men Origins Magneto que chapeaute le scénariste (et parfois réalisateur) David S Goyer depuis plusieurs années. Il choisit finalement de s'intéresser au run First Class (Jeff Parker, Roger Cruz 2006-2007). "D'autres films sur les origines devaient être tournés, comme celui sur Magneto, mais je me suis dit que son histoire n'était pas suffisante pour justifier un long-métrage. Nous avons donc incorporé dans notre script certaines idées du scénario d'origine, comme le désir de vengeance du personnage suite à la mort de ses parents durant l'Holocauste. C'était plus intéressant d'un point de vue dramatique." *. Singer prévoyait déjà une trilogie sous forme de préquelles à l'époque en cas de succès. Pourtant le réalisateur des deux premiers X Men finit par partir sur Jack le chasseur de géants qu'il doit réaliser pour la Warner, la Fox décidant de fixer la date de sortie à juin 2011. Il reste toutefois au poste de producteur et choisit Matthew Vaughn, le réalisateur qui devait initialement lui succéder sur X Men: L'affrontement final (Brett Ratner, 2006). Le réalisateur a gagné en réputation, bien aidé par Kick Ass (2010) ou même Stardust (2007).

X-Men: Le Commencement : photo James McAvoy, Jennifer Lawrence, Matthew Vaughn, Michael Fassbender, Rose Byrne

De plus, cela permet au réalisateur de tourner en Angleterre principalement, lui évitant de rester trop loin de sa famille et de rester dans les délais (le film rentre très vite en production pour pouvoir sortir le film dans les temps). Si Jamie Moss (Rise of the Planet of the apes) et le duo Ashley Miller / Zack Stentz (Thor) s'occupent des premières versions, c'est finalement Jane Goldman qui signe le scénario définitif avec Vaughn. Même si la direction de la Fox a changé, la production ne se déroule pas sans accroc, le problème des délais trop courts imposant des mesures drastiques et des dommages collatéraux. Parmi eux, le chef-opérateur Ben Seresin renvoyé au début du tournage et remplacé par John Mathieson. Vraisemblablement des problèmes avec Vaughn. Mathieson ne doit pas moins en rester au style déjà imposé par Seresin. Mais comme on dit : jamais deux sans trois. "Je suis arrivé en octobre. J'ai tourné jusqu'à Noël, et je devais revenir ensuite, mais cela ne s'est pas fait. Il y a eu sept chef-op sur ce film (...) il m'arrivait de donner mon opinion et de partager mes idées (...) mais je passais surtout mon temps à rattraper mon retard, d'autant que le scénario était régulièrement retouché. De mon point de vue, le film se faisait vraiment au jour le jour. (...) A la fin, l'équipe ressemblait à une gigantesque armée, et le plateau à un énorme champ de bataille." (*). Le casting est entièrement renouvelé vu qu'il s'agit d'une préquelle, en dehors de Hugh Jackman reprenant le rôle de Wolverine le temps d'un caméo ("allez vous faire enculer.").

X-Men: Le Commencement : photo January Jones, Matthew Vaughn

Emma Frost plus fidèle à son modèle initial.

L'emploi du temps de Benjamin Walker l'empêche de jouer Beast, il sera remplacé par Nicholas Hoult qui est également le Jack du film de Singer suscité. Suite à un désaccord, Alice Eve laisse sa place à January Jones dans le rôle d'Emma Frost. Sur ce dernier élément, il confirme à quel point Singer a fait le ménage dès First Class sur des aspects qui ont été instauré en son absence. Emma Frost change non seulement d'interprète, mais aussi d'époque (exit l'adolescente-pré-adulte de Wolverine, c'est une mutante d'une trentaine d'années) et de contexte. Emma Frost correspond davantage au personnage du comic-book, en faisant partie du Club des Damnés, ce club gourmand et croquant où la lingerie est reine pour cacher quelques manigances. Sur ce même point, comment ne pas citer Charles Xavier (James McAvoy) infirme à la fin du film, alors qu'il est montré sur ses deux jambes dans The last stand et Wolverine (Gavin Hood, 2009), qui se situe dans les 70's-80's ? N'oublions pas non plus Moira MacTaggert, docteur dans L'affrontement final sous les traits d'Olivia Williams devenant agent de la CIA en 1962 sous les traits de Rose Byrne. Des changements multiples qui se confirmeront dans Days of future past (Singer, 2014) et Apocalypse (idem, 2016), la faute aussi à un canon pas toujours cohérent et à des problèmes au sein de la production. Il n'en reste pas moins que faire oublier définitivement Wolverine au sein de la timeline n'est pas un drame.

X-Men: Le Commencement : photo James McAvoy, Matthew Vaughn, Michael Fassbender

"Tuer ne t'apportera pas la paix. -La paix n'a jamais été une option."

First Class apparaît comme la renaissance de la franchise, celle que l'on attendait depuis 2003 et auxquelle on ne croyait plus. Le film réinstalle un univers et des personnages connus, tout en leur donnant une définition que l'on n'avait pas vu autrefois. Charles est un conférencier réputé, mais aussi un grand fêtard (une de ses premières apparitions le montre en train de descendre quelques litres de bière) et amateur de jolies femmes. Vaughn nous présente alors un fait inattendu: Mystique (Jennifer Lawrence) devient ici la meilleure amie de Charles et ils se connaissent depuis l'enfance. Jusqu'à présent, on connaissait surtout Mystique comme un personnage malicieux et faisant partie des mutants radicaux, mais qui était souvent dépourvue de réelle personnalité. Vaughn met en valeur le personnage comme jamais auparavant, en montrant un aspect intime intéressant et permettant au personnage de se renouveller, de ne pas rester le personnage bleu sexy et qui se métamorphose. On connaissait Erik Lehnsherr (Michael
Fassbender) comme un être rongé par l'Holocauste (la scène d'ouverture reprise plan par plan), mais nous ne connaissions pas l'entre deux. Ce film dévoile une face d'autant plus sombre et vengeresse, atteignant des sommets et ce malgré le PG-13 (le superbe montage alterné sur l'action de la pièce). S'il entre dans les X Men, c'est aussi pour pouvoir se rapprocher de Sebastian Shaw (Kevin Bacon), un autre mutant pouvant reprendre toute sorte d'énergies et impliqué dans la mort de ses parents.

Missile

Ce qui est paradoxal car malgré cet événement, Lehnsherr a le même point de vue que Shaw. Frankenstein et sa créature en quelques sortes. Vaughn a la bonne idée d'alterner entre les points de vue de Charles et d'Erik, montrant deux hommes ayant grandi dans des milieux différents et s'étant toujours débrouiller tout seul (Charles évoque le peu d'attention que lui porte sa mère, Erik perd ses parents durant l'Holocauste). Ils étaient faits pour se rencontrer, mais leurs raisonnements sont différents. C'est là qu'entre en jeu Raven: elle a grandi avec Charles, mais ce dernier ne la voit que comme une petite fille ou soeur, Erik la voit comme une femme et aime comme elle est. Le rejet qu'il fait de sa transformation humaine est un aspect qui avait déjà été montrer dans The Last Stand, quand Erik la laisse dans le fourgon une fois redevenue humaine. Il y a donc une certaine cohérence sur cet aspect. Raven s'affirme en tant que femme fière de sa mutation en rejoignant Erik dans son combat radical, tout en partant l'esprit tranquille avec l'approbation de son ami de toujours. Charles et Erik sont deux êtres qui ont appris à s'aimer et qui se brouillent sur un événement tragique dû à leurs divergences. Vaughn revient au discours de Singer dans le premier film (en plus de la scène des échecs): Charles et Erik forment les deux faces d'une même pièce, le problème est que l'un est trop bon, l'autre trop mauvais et qu'ils sont en soi irrécupérables. A cela se glisse des personnages peut être moins forts que ce trio, mais ayant un certain charme. Même si tous n'ont pas des descriptions fantastiques (on pense à Riptide et Azazel), ils sont actifs et suffisamment bien représentés à l'écran pour ne pas passer inaperçu.

X-Men: Le Commencement : photo Matthew Vaughn, Michael Fassbender

Beast gagne en intérêt également sous les traits de Hoult, malgré un maquillage laissant parfois à désirer à l'image de certains CGI. Dévoilé dans The last stand comme un politicien un brin chatouilleux avec Logan, il apparaît ici comme un personnage complexé par sa nature, essayant de la cacher jusqu'à commettre l'irréparable. Le mythe de Docteur Jekyll et Mr Hyde personnifié en une mutation définitive. En prenant pour cadre une époque historique bien précise (ce qui était parfois complètement flou dans la franchise jusqu'à présent), Vaughn joue avec la Guerre Froide et plus particulièrement sur la crise des missiles en 1962. Les Mutants deviennent aussi bien des instigateurs de l'événement (Shaw et sa bande) que des menaces potentielles pour les Hommes. Ces mêmes hommes qui ne savent pas comment juger les Mutants, si ce n'est comme des bêtes de foire que l'on regarde devant une vitre. Leurs rares défenseurs passent pour des fous, voire sont rejetés (le sexisme ambiant autour de MacTaggert). Une ambiance tendue parfaitement représentée, tout en y ajoutant un peu de Swinging London, à l'image de ce que fera Vaughn sur Kingsman (2015). Un parfait mélange symbolisé par Shaw campé par un Kevin Bacon en grande forme, méchant machiavélique mais toujours classe et amateur de la bonne punchline. First Class est à la fois la renaissance de la saga X Men, mais aussi un retour aux sources salutaire et nécessaire.

  • The Wolverine (2013): Un gaijin au pays des samouraïs

The Wolverine

Avant même la sortie d'X Men Origins Wolverine, la productrice Lauren Shuler Donner cherchait déjà à faire une suite, si possible au Japon comme le suggère une des scènes post-génériques (celle supprimée de la version DVD au profit de celle avec Deadpool). Christopher McQuarrie, scénariste d'Usual Suspects (Singer, 1996) et déjà intervenu sur X Men (idem, 2000), est chargé d'écrire le scénario basé sur le run de Chris Claremont et Frank Miller (1982) imposé par Hugh Jackman (également coproducteur). Darren Aronofsky se retrouve à la réalisation, mais un conflit au sujet de la distance avec sa famille le contraint à partir. A cela se rajoute le drame de Fukushima en 2011 et voilà l'équipe contrainte de trouver de nouveaux décors. Beaucoup de réalisateurs feront la queue pour prendre la place du réalisateur de Black Swan: Antoine Fuqua (L'élite de Brooklyn), Gavin O'Connor (Warrior), Justin Lin (Fast and furious 3 à 6), José Padilha (Tropa de Elite), Mark Romanek (One Hour Photo), Duncan Jones (Moon), Doug Liman (qui héritera bien des années plus tard du spin-off sur Gambit) et Gary Shore (Dracula Untold). C'est finalement James Mangold qui emporte le morceau, avec des réécritures de Mark Bomback (Unstoppable) qu'il supervise. La question d'un film Restricted fut
évoquée mais n'a finalement pas eu d'appel... tout du moins en salles. Pour trouver la version longue ou plutôt une version non-censurée (soyons honnête), votre cher Borat a galéré un petit peu.

Wolverine : le combat de l'immortel : photo

Deux gaijins face à une longue dynastie. 

La Fox a multiplié les éditions, au point de ne plus s'y retrouver. Il y a donc le DVD sans (aucune édition DVD la contenant), le BR
simple sans, le coffret BR ou DVD avec les deux spin-off sans, le coffret intégrale DVD ou BR sans, un combo BR 3D / 2D sans, un steelbook avec combo 3D / 2D avec et enfin un digibook BR avec (celui que j'ai). Heureusement que pour Days of future past, le Rogue Cut aura une édition plus facilement trouvable et sans avoir besoin de la chercher partout. Au final, cette version aurait dû
sortir en salles, d'autant que certains plans étaient déjà présents dans les bandes-annonces. On pense à l'explosion dans le village et à l'agression en pleine nuit de yakuzas sur Logan. Pour la première, la scène est plus violente (Yuko broie tout un lot d'hommes de main avec une machine!) et plus alongée par le passage de l'explosion, totalement absent du montage salle. La scène devient plus fun, plus fluide et moins expédiée. La seconde s'arrêtait à l'évanouissement de Logan après avoir vu Jean Grey (Famke Jannsen) et il se réveillait ensuite chez le vétérinaire. C'est tout un passage supplémentaire qui se dévoile, avec Logan balancé d'un toit et attaqué au tazer. Il sera sauvé dans les deux cas par Mariko (Tao Okamoto), même si cela apparaît plus pertinent dans cette version. Comme souvent ces plans voire scènes furent évincés, car le film était déjà trop long ou trop graphique. Certains
plans rajoutent donc des effusions de sang invisibles en salles à cause du PG-13 et correspondant davantage au ton et à la personnalité de Logan.

Wolverine : le combat de l'immortel : Photo Hugh Jackman

Pour apprécier pleinement The Wolverine c'est cette version qu'il faut privilégier et particulièrement si vous ne l'avez jamais vu. Une frustration qui n'arrivera pas sur Wolverine 3 toujours signé James Mangold, puisqu'il aura droit au classement Restricted comme annoncé cette semaine. On voit que le succès de Deadpool (Tim Miller, 2016) a aidé dans la décision de la Fox. Mangold aurait pu revenir à une préquelle se déroulant après la purge de Gavin Hood et pourtant il prend le pari risqué de faire suite à L'affrontement final. Il prend néanmoins suffisamment de distance (sept ans entre les deux films) pour que cela soit crédible. Quand le film commence réellement (après le flashback spectaculaire et le rêve), Logan est un homme errant, parti de l'Institut Xavier et encore traumatisé par la mort de Jean Grey. Les différentes scènes de rêves (voire vision comme le montre la scène du toit) le confirment avec une certaine brutalité (comme dans X Men, ce type de rêve le réveille brusquement avec les griffes dehors). Il s'en veut de l'avoir tuer car c'était celle qu'il aimait par dessus tout. Une part romantique que l'on a rarement vu du personnage, même si Singer et Ratner avaient insisté sur le fait qu'il aimait la télépathe jusqu'à en pleurer. Le fait de trouver quelqu'un d'autre et cette fois-ci bien moins destructrice (Mariko donc) lui permet de faire définitivement le deuil et d'en finir avec l'histoire de Jean. Le chemin de croix continue puisque dans cet opus Logan a le corps parasité par Viper (Svetlana Khodtchenkova), l'empêchant de se régénérer correctement et subissant bien plus les coups.

The Wolverine

Un plan que vous ne verrez que dans la version extended.

Logan devient proche d'un homme, subissant les coups qu'il prend avec de beaux effets de flou montrant ses réactions à la douleur. Les scènes d'action n'en deviennent que plus intéressantes, permettant de voir jusqu'où peut aller Logan. L'occasion également d'entendre enfin la signification du terme Wolverine (glouton) au bout du sixième film de la franchise. Le réalisateur continue en misant sur un duo de gaijins, ces samouraïs sans maître. Un aspect qui n'est pas sans rappeler Black Rain (Ridley Scott, 1989), où l'Américain (Michael Douglas) et le Japonais (feu Ken Takakura) faisaient équipe seuls contre tous. Le principe est le même ici avec Logan et Yuko. D'un côté, l'Occidental immortel qui vient voir un ancien ami, de l'autre une jeune femme traîtée comme un jouet par celui qu'elle pourrait considérer comme son père (Hiroyuki Sanada). Deux êtres rejetés et formant un duo fusionnel dans une famille rongée par toutes sortes de pouvoir (le grand-père par celui de l'immortalité, le père par celui de l'argent) et dont le seul point positif reste une femme loin d'être fragile. Un univers pas forcément connu du personnage incarné par Hugh Jackman, découvrant comme le spectateur un monde où les coups bas sont de rigueur (la haîne du père pour sa propre fille et Yuko atteint des sommets incroyables dès le retour au domaine Yashida). Si l'on excepte un final partant un peu trop dans les CGI (mais permettant en soi une renouveau pour le personnage), The Wolverine montre le personnage comme rarement et dans un contexte plus intimiste. Un contraste qui a peut être désarçonné les spectateurs à sa sortie en salles.

  • X Men Days of Future Past (2014) : Renaissance d'un univers

Affiche DOFP (2)

Matthew Vaughn reste à la barre de cette suite (initialement) de First Class. Il veut mettre en scène l'assassinat de JFK du point de vue des mutants, tout en abordant la Guerre du Vietnam et les droits civiques. Il semble que ce soit l'avancement du projet vers le voyage dans le temps qui l'a fait quitter la pré-production pour réaliser Kingsman. Bryan Singer reprend les rênes, bien content de revenir définitivement sur la saga qu'il a initié. Il garde néanmoins les points abordés par Vaughn, notamment en faisant du président suscité un mutant dont Erik Lehnsherr n'a pu dévier la balle meurtrière. Idem pour le Vietnam où Raven fait rapatrier des mutants (dont Havok toujours incarné par Lucas Till) à la barbe de William Stryker (Josh Helman). Simon Kinberg songeait également à intégrer Juggernaut (personnage qu'il avait lui-même introduit dans The Last Stand), Nightcrawler, Jubilee et Psylocke, ces derniers finiront par être des protagonistes d'Apocalypse. Singer part davantage dans une adaptation libre de Days of Future Past (même si c'était le titre de production du film sous Vaughn), run de Chris Claremont et John Byrne (1981) où Kitty Pride partait en 1980 pour que Mystique ne tue pas le sénateur Kelly et engendre la mort de mutants par les Sentinelles. Sur ce point, le réalisateur modifie un point central puisque ce n'est plus Kitty mais Wolverine qui part dans le passé. Pride n'en reste pas moins le vecteur lui permettant de voyager jusqu'en 1973 (là aussi période modifiée et à peu près raccord avec celle envisagée par Vaughn).

X-Men: Days of Future Past : Photo James McAvoy, Patrick Stewart

Passé et futur réunis le temps d'une scène.

 

De même, ce n'est plus Kelly mais Trask, le créateur des Sentinelles, que Mystique tue. Days of Future Past est aussi un véritable problème de logistique, puisque Singer doit jouer avec l'emploi du temps de ses acteurs, le réalisateur jonglant entre les acteurs qu'il a déjà dirigé autrefois (sauf Ellen Page qui était présente dans le film de Ratner), une bonne partie du casting de First Class et de nouveaux arrivants (à l'image de Peter Dinklage ou Omar Sy). Il faut dire que DOFP est à la fois une suite à The Wolverine, mais aussi une séquelle de First Class, tout en finissant par être un renouvellement de la timeline de la saga. Si la version salle était déjà d'un bon niveau, il faut bien dire que le Rogue Cut gagne beaucoup plus en cohérence au niveau de son montage, tout en rajoutant des scènes. Un plan de la première bande-annonce dévoilait Malicia (Anna Paquin) secourue par Lehnsherr (Ian McKellen). Des plans que Singer avait supprimé à contre-coeur lors de la phase finale de montage. Le personnage est de nouveau intégré et de manière logique, tout du moins si on n'évoque pas une incohérence malheureuse. En effet, Malicia avait pris le sérum dans The Last Stand, lui faisant perdre ses pouvoirs. Or, ici elle les a. Sérum défaillant? Peut être mais cela n'est pas précisé, tout comme l'énigme entourant le retour de Charles Xavier (Patrick Stewart) dans le futur (voir Cuvée sous le signe du X #1). Un signe de plus que Singer cherche à retirer ce qui ne lui convenait pas dans les opus précédents et ce malgré qu'il reste dans la continuité. Comme montrer un Stryker bien plus jeune que dans Wolverine où il était bien trop âgé sous les traits de Danny Huston. 

Malicia

 

Malicia, un rajout dans le second montage pour le moins pertinent.

Pour rester dans les incohérences, il est assez improbable que le personnage de Mystique soit capturée suite à l'assassinat de Trask (Dinklage). Tout simplement parce qu'on l'imagine mal s'évader des centres de Stryker et réapparaître au début des années 2000 comme si de rien n'était. Même si Singer reprend le point initial des comics, au cinéma on a un peu du mal à y croire. Pour revenir à Malicia, le rôle paraît essentiel et modifie le montage salle considérablement. Dès son sauvetage, le film change de trajectoire des scènes du futur. Le sauvetage permet même de faire un montage alterné entre Magneto dans le passé, récupérant un casque dans un musée (scène présentée de manière classique dans le premier montage) et celui du futur, sauvant Malicia à l'Institut Xavier (devenu un laboratoire pour disséquer des mutants!) et où la mort d'Iceberg (Shawn Ashmore) est modifiée. Dans le montage originel, il mourait suite à l'assaut final des Sentinelles où il sauvait Magneto. Le rajout de Rogue donne un sens plus tragique et beau à la mort de Bobby Drake (il se sacrifie pour sauver son ancienne petit-amie, tout en faisant ses adieux à Kitty Pride avant cela), mais aussi plus de cohérence. En prenant les pouvoirs de Kitty, Malicia peut lui permettre de se reposer et protéger Magneto juste avant une attaque des Sentinelles, ce qui était impossible dans le premier montage. De plus, par Malicia on nous apprend pourquoi les Sentinelles peuvent reproduire les pouvoirs des mutants pour les tuer. Ce qui était autrefois complètement évincé pour privilégier la piste Mystique.

X-Men: Days of Future Past : Photo Jennifer Lawrence

Le Rogue Cut permet aussi de raviver l'amour qu'a Beast pour Raven dans une scène d'amour bestiale. Une scène pas si anodine, car Hank en viendrait presque à accepter sa nature sauvage. Un rajout permet également à Mystique de détruire le Cérébro et ainsi ne pas se faire repérer par Xavier par la suite. Des rajouts qui permettent de voir que Raven n'est pas mauvaise, regrettant par la même occasion de s'être éloignée de Charles pour rester auprès d'Erik. Ce qui marque particulièrement cet opus est le regard totalement pessimiste porté à ses personnages, que ce soit dans le passé ou le futur. L'univers futuriste peut paraître soudain, d'autant que l'univers sur les trois premiers films n'a jamais été clairement défini ("un futur pas si lointain" disait X Men). Si l'on part du principe que The Last Stand se situe en 2006, rajoutez les sept années le séparant de The Wolverine, puis les deux ans qui sépare le film de sa scène post-générique annonçant DOFP. Au final, on tombe sur 2015 et DOFP se déroule en 2023. Il se peut donc que l'avenir radieux laissé par The Last Stand soit perverti subitement, donnant lieu à un nouvel Holocauste. Le réalisateur va même plus loin puisque même les Hommes essayant de sauver les Mutants ou pouvant les engendrer sont exécutés ou cloîtrés dans des camps à faire pâlir les nazis. Le réalisateur multiplie également les exécutations brutales, rendant même émouvantes les morts de personnages installés juste pour ce film.

Iceberg

Days of Future Past, un film qui ne laisse aucun échappatoire à ses héros.

 

Certains sont incinérés, d'autres éventrés, Colossus (Daniel Cudmore) est à la fois tué par un coup mortel au crâne et par un écartelement en plan large, Iceberg est au départ décapité avant que son crâne ne soit éclaté...  Singer repousse très souvent les limites du PG-13 pour dépeindre cet univers post-apocalyptique et sans pitié. Il ne l'est pas moins avec les personnages de 1973. Charles apparaît comme un homme blessé, en voulant à Erik son abandon tout comme ce dernier regrette que son ancien ami ne l'a pas soutenu dans sa cause. Deux personnages irréconciliables jusqu'à un final, où le mutant magnétique met en danger son propre peuple à force d'actes trop radicaux. Singer aborde également le thème de la drogue, avec ce sérum permettant à Xavier de retrouver ses jambes mais l'empêchant d'exercer ses pouvoirs de télépathe. Il faudra bien une scène entre le Charles de 73 et le Xavier de 2023 pour que le personnage se reprenne définitivement. Et Logan dans tout cela? Le choix de le prendre comme corps propice au voyage dans le temps est logique, puisqu'il existait déjà à cette époque. Cela permet même une superbe séquence de paradoxe temporel, puisque Logan devient perturbé en 1973 quand il est face à Stryker. Logan apparaît également comme un être meurtri, le seul qui pourra entretenir la mémoire d'un monde qui n'existera plus. Il a vu trop d'amis mourir et le voir débousolé quand il revoit ses amis finalement vivants dans la nouvelle timeline rend la scène émouvante. L'univers X Men tel que nous le connaissions est définitivement changé, partant vers d'autres horizons. Un recommencement.

Happy end

 

Les morts ne sont jamais enterrés tant qu'il y a de l'espoir.

Allez à la semaine prochaine!

Deadpool (photo promo Burt Reynolds)

 

"Je vous avais bien dit que je viendrais faire un petit tour dans la Cave de Borat. Un peu trop de comics, Borat. Enfin pas assez des miens. Arrête de t'exciter sur Batou, les chauves-souris ça mort trop!"


 

 * Propos issus de Mad Movies numéro 241 (mai 2011).

11 mai 2016

La Marvelverse se diversifie (ou pas)

Quatrième et dernier volet de cette série d'articles sur la Marvel Cinematic Universe avec les oeuvres futures comme les séries. (attention spoilers)

La Phase 3 entre en jeu

Après Ant Man de Peyton Reed (2015), le Marvel Cinematic Universe entre désormais dans sa Phase 3 avec un planning constamment modifié depuis octobre 2014. Deux films se sont rajoutés, un autre a été évincé. Cette phase est annoncé comme "la fin de l'équipe des Avengers telle que nous l'avons connue jusqu'ici." * ("toi aussi, fais des punchlines chez toi pour en mettre plein la vue à la galerie!" -NDB):

MCU Phase 3$

Certains projets alors flous se sont un peu plus dévoilés et on remarque surtout au moins trois films avec des univers et personnages inédits. Mais les événements récents ont montré des signes que la Marvel est surpuissante. Après avoir déclenché une guerre civile à travers ses Avengers, le studio mettra en valeur Docteur Strange en novembre prochain. Un projet qui a fait tourné la tête de talents tels que Guillermo del Toro, David S Goyer ou Neil Gaiman durant les années 2000. Le film sera finalement réalisé par Scott Derrickson, ce qui n'est pas forcément rassurant quand on connaît son CV (s'il se serait refait une santé avec Sinister, n'oublions pas qu'il est l'auteur du remake du Jour où la Terre s'arrêta). Benedict Cumberbatch campera Strange, choix très intéressant quand on sait les qualités de cet acteur. Si l'équipe a précisé qu'il ne s'agirait pas d'une histoire d'origines, changeant radicalement avec la politique initiale de Marvel, la bande-annonce du film dévoile quand même pas mal d'éléments y renvoyant. Que ce soit par les éléments montrant Strange à l'hôpital (chirurgien, il a arrêté sa carrière suite à un accident endommageant ses mains) ou son passage chez les tibétains (où Tilda Swinton devrait avoir son lot de séquences phares). Il s'agira surement de flashbacks, mais il y a des chances que le séjour au Tibet soit assez long. Doctor Strange reste un pari risqué, compte tenu d'une popularité pas forcément époustouflante du personnage, tout comme d'une dimension visuelle qui devra être aussi impressionnante que certaines planches de bandes-dessinées.

S'il y a bien un domaine où le personnage est connu c'est bien par sa dimension graphique, l'art de la magie permettant aux dessinateurs des expérimentations magnifiques (notamment psychédéliques). Reste à voir si Docteur Strange jouera le jeu, en sachant que Cumberbatch et Swinton seront accompagnés de Rachel McAdams, Chiwetel Ejiofor, Mads Mikkelsen (qui n'avait pu se libérer à l'époque pour Thor : The Dark World d'Alan Taylor) et Benedict Wong. Le personnage d'Ejiofor devrait être assez ambigu puisqu'il incarne le Baron Mordo, l'ancien disciple de l'Ancien et rival potentiel de Strange. Reste à savoir si le personnage aura le même intérêt que dans les comics. Les gardiens de la galaxie vol 2 est confirmé pour mai 2017 avec James Gunn aux commandes, prouvant l'attachement de Marvel pour sa poule aux oeufs d'or inattendue de l'été 2014. Le film reviendra notamment sur le père de Peter Quill qui sera incarné par Kurt Russell, annonçant peut être un délire à la Indiana Jones et la dernière croisade (pas étonnant puisque Les aventuriers de l'arche perdue était cité dans le premier film). On parle même d'une intrusion de ce cher Howard the Duck, Gunn étant bien content du buzz autour de sa séquence post-générique. A bord du navire se trouve également Pom Klementieff (vraisemblablement dans le rôle de Mantis, la Madonne Céleste), Elizabeth Debicki (le magazine Cinemateaser évoquait la possibilité en avril dernier qu'elle joue Carol Danvers) et une rumeur évoquait il y a quelques temps Sylvester Stallone. Reste à confirmer.

Gardiens de la galaxie vol 2 (photo teaser)

Photo teaser des Gardiens de la galaxie vol 2.

Il ne serait d'ailleurs pas étonnant que Peter Quill (Chris Pratt) revienne sur Terre que ce soit dans le final ou dans une scène post-générique. Le but? Anticiper AvengersInfinity War (voir plus bas) où il apparaîtra. Après une apparition remarquée dans Captain America : Civil War (les frères Russo, 2016), le tisseur reviendra dans Spider-man The Homecoming en juillet 2017. Une longue bataille a eu lieu pour que Marvel fasse entrer Spidey dans son MCU, quitte à obtenir un compromis avec Sony. L'affaire débute suite au semi-échec de The Amazing Spider-man 2 (Marc Webb, 2014). Déjà le fruit d'une affaire de droits en fin d'échéance, la nouvelle franchise s'est plantée à vouloir tout faire trop vite et à bâcler les petits efforts du premier film. Sony a beau essayer de monter les projets Sinister Six et Venom (toujours en préparation à l'heure actuelle), aucun ne semble avancer à vouloir mettre en scène des méchants dont les aventures solo ne peuvent dépendre que du tisseur. Suite au Sony Hack en novembre 2014, des allusions à un second reboot ont commencé à se présenter, notamment pour une intégration dans l'univers Marvel. Des négociations classées sans suite avant un retournement de situation en début d'année dernière. Ce qui fait tout de même la troisième version d'un même personnage en seize ans. Reste que la tactique de Marvel pourrait s'avérer payante. Comme présenté dans Civil War, le personnage incarné par Tom Holland a 15-16 ans et risque bien de le rester un petit moment. Contrairement aux films de Marc Webb où la promesse d'un héros adolescent s'est vite estompé, il semble que le fait d'avoir pris un acteur de 19 ans soit une excellente idée pour faire durer le plaisir.

Civil War (Spidey)

Spider-man dans Civil War.

De plus, présenté comme dans le film des frères Russo, le personnage n'aura logiquement pas droit à des origines. Oncle Ben n'est plus de ce monde, Tante May (Marisa Tomei) et lui vivent dans un appartement seuls, il a déjà acquis ses pouvoirs et il a même le Spider Signal. Une bonne chose qui permet d'aller à l'essentiel, sans revenir sans cesse à des choses déjà vues. Ce que n'avait pas fait Marc Webb en 2012. Le film sera réalisé par Jon Watts, réalisateur de Clown (2014) et surtout du remarqué Cop Car (2015, disponible depuis peu en DTV). Le casting s'étoffe régulièrement avec la star Disney Zendaya (qui ne devrait pas jouer une love interest de Peter Parker), Tony Revolori (The Grand Budapest Hotel), Laura Harrier et une apparition de Robert Downey Jr sous les traits de Tony Stark. Reste à savoir si les rumeurs autour du Vautour incarné par Michael Keaton sont fondées. En novembre 2017, l'univers risque de subir un changement radical suite à Thor Ragnarok. Si l'on ne sait rien de l'intrigue (il semblerait que les événements se déroulent en même temps que Civil War), les événements de The Dark World (Taylor, 2013) et Age of Ultron (Joss Whedon, 2015) devraient nous aider. Dans le premier, Loki (Tom Hiddleston) simulait sa mort pour prendre la place d'Odin (Anthony Hopkins). Dans le second, Thor (Chris Hemsworth) y voyait la fin d'Asgard dans un déluge de débauche. Il se peut bien que la chute d'Asgard se fasse grâce à Loki une nouvelle fois. Ragnarok fait également référence au robot ressemblant à Thor dans Civil War (le run initié par Mark Miller en 2006).

Avengers 2 (Hulk et Thor)

Hulk et Thor dans Age of Ultron.

En sachant que cette fois-ci, Thor ne sera pas le seul Avenger présent, puisque Bruce Banner (Mark Ruffalo) serait de la partie. Parti vers l'infini et l'au-delà à la fin du film de Whedon, Hulk risque fort de se battre au côté du Dieu du tonnerre vraisemblablement en mauvaise posture. De là à dire que Hulk aura un look à la Planète Hulk (run phare signé Greg Pak où le géant vert colérique devient un gladiateur de l'Espace!). Cate Blanchett devrait également servir d'antagoniste, tout comme Tessa Thompson (Creed) serait le nouvel love interest de Thor, Natalie Portman ne semblant pas vouloir continuer à jouer Jane Foster (en même temps on la comprend). Jaimie Alexander est la seule à être confirmée du casting initial, toujours dans le rôle de Lady Sif. Le film sera réalisé par Taika Waititi, à l'origine du remarqué mockumentaire vampiresque What we do in the shadows (2014). Black Panther aura droit à son film solo en février 2018, après son passage remarqué lui aussi dans Civil War. Un projet annoncé depuis plusieurs années mis en scène par Ryan Coogler (Creed). Voici donc un super-héros venant d'Afrique, prince du Wakanda. Un homme prenant le costume de la Panthère Noire, afin de préserver son royaume des ennemis potentiels du pays et notamment surnaturels voulant mettre la main sur le vibranium. Un métal pouvant absorber les vibrations et presque aussi puissant que l'adamantium, source du bouclier de Captain America. L'acteur choisi pour l'incarner est Chadwick Boseman, qui a incarné James Brown dans le biopic Get on up. Par ailleurs, il se peut très bien que le personnage d'Andy Serkis dans Age of Ultron fasse partie des méchants potentiels du film, puisque lié au vibranium et il est un des adversaires de Black Panther dans les comics. Il se peut même que Bucky (Sebastian Stan) lui soit d'une certaine aide au vue du final de Civil War.

Captain America: Civil War : Photo Chadwick Boseman

Black Panther dans Civil War.

On parle aussi de Lupita N'Yongo et surtout de Michael B Jordan pour rejoindre le casting. Ce qui ferait oublier définitivement l'idée d'une séquelle de Fantastic Four (Josh Trank, 2015) et tant mieux. Parent pauvre de la Phase 2 (le film de Peyton Reed n'a pas été un succès fracassant attendu même si les chiffres internationaux sont bons), Ant Man aura droit à sa suite en juillet 2018 toujours sous la direction de Peyton Reed. L'occasion pour le réalisateur de trouver définitivement son style, un peu bloqué par la pré-production chaotique du premier film. Comme le confirme son titre, le film aura un atout de plus: la Guêpe. On se demandait bien comment Marvel allait utiliser ce personnage aussi évident que ne l'était l'annonce d'Evangeline Lilly, c'est désormais chose faite. La séquence post-générique avait donc un sens et un concept-art est tombé sur le net annonçait déjà cette nouvelle. D'autant qu'Evangeline Lilly n'était pas forcément bien exploitée dans le film de Peyton Reed. Ce sera l'occasion de modifier cela. Même si Michael Douglas n'a pas été officialisé, le film pourrait bien tourner autour d'un possible sauvetage de Janet Van Dyne dans la zone inconsciente. Scott Lang (Paul Rudd) devrait continuer ses expérimentations, déjà qu'il peut devenir un géant désormais... L'entrée du premier film du MCU à mettre en scène directement une héroïne, Captain Marvel, est donc repoussé à mars 2019. Alors certes on pourra toujours dire qu'il y a eu Black Widow (Scarlett Johansson), mais jusqu'à maintenant la miss n'a toujours pas eu son film attitré. Il mettra en scène Carol Danvers, officier de l'armée de l'air (filliation avec Rhodes aka War Machine?) ayant fusionné avec un alien Kree, lui permettant de voler et d'avoir une grande force.

Ant Man and the Wasp (concept-art)

Concept-art de la Guêpe.

Une manière pour Marvel de répondre à l'annonce de Wonder Woman de Patty Jenkins dans le DC Verse. La réalisatrice et l'actrice principale devraient être dévoilées cet été. En revanche, les scénaristes Nicole Perlman (Les gardiens de la galaxie) et Meg LeFauve (Inside out) sont engagés au scénario. Un film qui devrait permettre à Marvel de continuer dans l'univers spatiale et d'explorer un peu plus le monde des Krees, à l'origine des Inhumains. Enfin la Phase 3 se terminera sur Avengers : Infinity War des frères Russo pour une sortie en deux temps: un en mai 2018, l'autre en mai 2019. Le titre pourrait être sujet à un changement selon les Russo. Le film devrait adapter Le Gant de l'infini et La Guerre de l'infini, deux runs phares des années 90 signés Jim Starlin. La plupart des héros Marvel vont devoir affronter Thanos (Josh Brolin) dans un affrontement qui s'annonce colossal. Les Russo prévoient une soixantaine de personnages divers et variés. Pour l'instant, Robert Downey Jr, Scarlett Johansson, Chris Evans (Captain America), Elizabeth Olsen (Scarlet Witch), Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Pratt et Bradley Cooper (Rocket Racoon) sont les seuls à être crédité pour l'affronter. Captain Marvel aussi par la même occasion. Le compte risque vite d'être rempli, en sachant que les héros de Netflix seraient aux abonnés absents malheureusement. Quant à la Phase 4, Marvel en parle déjà brièvement en annonçant trois films pour mai, juillet et novembre 2020.

La guerre de l'infini

Il y a des risques que le premier soit The Inhumans, retardé dernièrement ou peut être annulé (rien de précis pour l'instant). Les Krees (ce qui permettrait ainsi de lier Agents of Shield, Captain Marvel et The Inhumans, histoire de rester dans le même univers connecté...) ont crée les Inhumains, ces êtres mutants laissés pour compte. Un d'entre eux, Randac, s'est inséré dans une brume spéciale lui donnant ensuite des dons mentaux. Ce qui a crée des frictions entre les humains non-mutés et les mutants suite à la brume. Une fois la paix arrivée, les Inhumains sont menés par Fléche noire (un homme victime de sa voix destructrice) et parmi les plus célèbres de ses camarades, on retrouve la belle Crystal, le chien Gueule d'or ou Medusa. Un univers entre science-fiction et fantasy pour le moins particulier et lié ironiquement aux Fantastic Four (pour l'insert de la bande de Richards c'est rapé). En sachant que Marvel a récupéré les droits de Blade et Ghost Rider, ce qui pourrait permettre des reboots de ces franchises. Le second serait d'autant plus alléchant qu'il permettrait d'explorer un nouveau monde, celui des enfers.

La Marvel s'attaque aux séries

Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. : Photo

Suite au succès d'Avengers (2012), la Marvel a cherché à se partager un peu plus sur différents médias et principalement la télévision. La première étape fut Agents of Shield diffusée depuis septembre dernier sur ABC. Il s'agit de la première série Marvel depuis L'incroyable Hulk, mais l'époque n'est plus la même. Le câble est passé par là, les audiences sont moins spectaculaires qu'autrefois sur les networks et surtout on peine à comprendre pourquoi la Marvel a privilégié l'antenne de Disney (ABC en fait partie) qui est une network au câble où elle aurait eu plus de libertés. Proximité indéniablement mais rappelons que Joss Whedon, également aux commandes de cette série, s'était plus d'une fois fait avoir pour les networks que ce soit avec la Fox pour Dollhouse (diffusée à la sauvette durant deux saisons) et Firefly (diffusée n'importe comment et n'importe quand) ou la WB avec Buffy contre les vampires (qui avait fini sur le câble avec UPN) et Angel (supprimée à cause d'un manque cruel de communication). Ensuite, il est ironique de voir que DC Comics s'en sort bien mieux sur ce point que ce soit avec Smallville qui quoi qu'on pense a tout de même durer dix saisons ou la série Arrow qui s'est imposé assez rapidement avec de multiples bonnes critiques. Ce qui n'est pas forcément le cas d'Agents of Shield depuis ses débuts. 

Photo Clark Gregg, Jaimie Alexander

Pas aidé par un manque cruel de personnages connus (Clark Gregg ressuscite en agent Coulson, les autres étant des personnages crées de toutes pièces), la série n'a cessé d'essayer de mettre en scène des caméos histoire de trouver le public de la Marvel Cinematic Universe. Sauf qu'en général, cela ne concerne jamais les Avengers et ce sont toujours des seconds-rôles. Nick Fury (Samuel Jackson) a beau être apparu dès le second épisode, puis le dernier de la première saison, ce n'était qu'un guest de passage. Idem pour Cobie Smulders déjà bien occupé par le tournage de Captain America The Winter Soldier (les frères Russo, 2014) et surtout le final d'How I met your mother. Quant à Jaime Alexander, on peut vraiment parler de fond de tiroir car le personnage de Lady Sif est vraiment un très lointain second-rôle. Pas de quoi s'enflammer donc. Mais le pire vient surtout des audiences de la série qui sont réellement décevantes pour une série de ce type et ne parvient pas réellement à être stable. En deux semaines, la série est ainsi passée de 11,9 millions de téléspectateurs à 8,4. La semaine suivante c'était 7,79 et la série est restée dans les 7 millions durant plusieurs semaines avant de se relancer à 9,3 pour ensuite faire un vrai bide à 5,93 (les fêtes de noël surement) pour remonter à 6,62 et repartir en dessous des 6 millions et le dernier score est encore pire avec 4,91 millions de téléspectateurs. Des chiffres qui sont pour le moins catastrophiques et qui aurait dû amener à une annulation évidente, d'autant que la série est particulièrement chère. Pourtant ABC a reconduit la série pour une seconde saison puis une troisième, mais dans quel intérêt vu qu'elle n'est pas suivie du tout? 

Agents of Shield (affiche) (1)

Des séries plus ambitieuses ont été suprimé avec des audiences plus élevées. Mais là où Agents of Shield se sauve de la mouise c'est grâce tout simplement à un revirement de situation en totale adéquation avec Captain America The Winter Soldier. Après seize épisodes reposant sur un néant total (intrigues qui n'avancent pas, l'annonce de la résurrection de Coulson expliquée correctement au bout de onze épisodes alors que la révélation aurait pu arriver plus tôt, personnages sans relief, beaucoup trop de cgi pour pas grand chose), la série trouve enfin sa voie! Il est rare de voir une série trouver sa voie en cours de route et pourtant les derniers épisodes de la saison 1 s'avèrent vraiment de qualité, jouant habillement sur le côté sérielle et sur l'ambiance du film des Russo pour avancer vers de bonnes bases. Bill Paxton excelle en méchant aux pouvoirs improbables, jouant d'un merveilleux cabotinage (dans le bon sens), les personnages évoluent enfin, May (Ning Ma) s'imposant réellement comme la Cavalerie, Coulson comme le meneur et l'histoire d'amour confuse entre Ward (qui passe génialement du côté obscur) et Skye (Chloe Bennett) tout comme celle de Fitz (Iain De Caestecker) et Simmons (Elizabeth Henstridge) prennent une place importante et intéressante. Même si on s'y attend ces deux relations auront des conséquences dramatiques pour chacun. Quant à l'Hydra, elle fera désormais partie intégrante de la série jusqu'à Age of Ultron.

Agents of Shield (affiche) (2)

La saison 2, en revanche, est fantastique de bout en bout. Prenant le bel envol de la fin de la première saison, elle permet deux arcs narratifs fantastiques directement liés à Skye. Dans un premier temps avec la découverte de ses parents, faisant d'elle une inhumaine et permettant d'adapter Mister Hyde sous les traits de Kyle MacLachlan. Si le maquillage n'est pas toujours parfait, le personnage est plutôt bien traité jouant sur l'ambiguité de son rôle (père aimant et mari épleuré cherchant à tout prix à se venger d'Hydra et du Shield qui lui ont enlevé sa femme et sa fille). Sa mère nous est présentée en revanche comme une inhumaine ce qui amène au second arc. Après avoir réglé dans les grandes largeurs l'affaire Hydra, Agents of Shield s'attarde longuement sur les Inhumains avec des personnages atypiques. La transformation de Skye nous est montré dans un moment émouvant où comme souvent dans les séries de Joss Whedon, un personnage fort meurt dans des circonstances tristes au possible. Toute la partie Inhumaine entrouvre ce qui va arriver au fur et à mesure dans le MCU: l'arrivée des Krees, mais aussi l'évocation d'un dossier comprenant toutes les personnes ayant des pouvoirs dans le monde. Une manière pour le gouvernement américain de tenir en laisse ses héros et ses possibles ennemis.

Agents of Shield (affiche) (3)

Un débat de fond qui annonce Civil War, mais aussi la formation d'une équipe alternative aux Avengers, les Secret Warriors, qui serait dirigée par Skye désormais baptisée Daisy Johnson. Quant au reste des personnages ils s'étoffent tous. Coulson entre en guerre contre une rebellion au sein du Shield (encore une phase géniale de cette saison, permettant de voir deux camps se mettre sur la tronche pour le pouvoir); Ward change de camp à tout va avant de tomber à nouveau dans la tragédie (Whedon ce briseur de coeur professionnel!); Fitz a un bloquage suite au passage du caisson et entre dans une schyzophrénie rendant le personnage terriblement émouvant et attachant. Simmons est présente au fur et à mesure mais le final de la saison 2 risque d'avoir des conséquences dramatiques (Whedon toujours...). Quant à May, elle révèle le temps d'un épisode une sensibilité que l'on imaginait pas et de comprendre à quel point le surnom "Cavalerie" a des consonnances douloureuses. L'arrivée de Mockingbird (Adrianne Palicki) et Lance Hunter (Nick Blood) permettent de belles batailles en couple entre le pro-shield et le pro-shield II. Un spin-off était d'ailleurs initialement prévu sur le duo, puis arrêté avant de revenir sur le devant de la scène. Il est d'ailleurs plus ou moins confirmé par le départ des personnages durant la troisième saison, le couple étant radié suite à une affaire ayant mal tourner.

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La saison 3 acccumule les scores ridicules, mais se maintient grâce à un côté feuilletonesque intéressant. Que ce soit le sauvetage de Simmons ou le Shield contre les rouages du pouvoir. Reste Ward toujours en méchant. Il faudrait peut être se renouveller. Une saison 4 a été annoncé, mais il se pourrait que la saison soit réduite à cause des audiences catastrophiques du show. Pendant plusieurs années, Guillermo Del Toro a essayé de mettre en place une série servant de véhicule à Hulk, mais le projet Avengers a plus ou moins tout fait capoté. D'autant que le réalisateur de Pacific rim voulait surtout rendre hommage à la série de Bill Bixby. D'ailleurs à la question de savoir si le projet était annulé, Kevin Feige était plutôt évasif: "Non, pas du tout, nous tentons toujours de mener le projet à terme (...). Mais rien n'est totalement sûr pour l'instant, et aucune date de tournage n'est encore prévue...4 Del Toro ne va pas du tout dans ce sens là, évoquant clairement que le projet est mort et enterré. Encore un de plus pour ce cinéaste maudit. Par contre, la Marvel mise beaucoup sur les Defenders, groupe de super-héros qui comprendra Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. Pour le premier, cela faisait un moment que la Marvel comptait reprendre les droits à la Fox, incapable de faire un reboot et ce malgré les atouts Joe Carnahan ou David Slade (qui sont partis à chaque fois devant le manque total d'ambition de la Fox).

Daredevil (affiche)

Ce n'est clairement pas un mal de revoir "l'Homme sans peur" que ce soit au cinéma ou en série même si j'ai bien du mal à le voir en héros sur le long terme. Massacré dans le film de Mark Steven Johnson avec un Ben Affleck tout bouffi dans son costume (cela pourrait changer en Batman vieillissant), le héros aveugle a bien besoin de revenir en forme. Incarné par Charlie Cox, vue dans la série Boardwalk Empire et le film Stardust , il est rejoint par Rosario Dawson, Elden Henson pour l'accolyte Foggy, Deborah Ann Woll et Vincent D'Onofrio dans le rôle phare de Wilson Fisk dit le Caïd. Réussite totale, abordant le personnage de la meilleure des manières (violente, bien scénarisé, s'attardant sur tous les personnages même les plus secondaires), Daredevil est une sommet rare dans le MCU et une preuve que la Marvel peut aborder ses héros de manière plus mature (voir La résurrection de l'Homme sans peur). La deuxième saison continue sur cette lancée, interrogeant Daredevil sur son rôle de vigilante. Le face à face avec le Punisher (un des meilleurs reboots de tous les temps sous les traits du génial Jon Bernthal) vaut son pesant de cacahuètes et l'utilisation de la Main laisse encore des zones d'ombre permettant à une troisième saison de s'imposer (voir Frank Castle punit enfin la racaille comme il se doit). Jessica Jones a aussi confirmé que Netflix était une valeur sûre.

Jessica Jones (2)

Un ton mature à l'image du comic-book qu'il adapte, capable de parler de sujets aussi brutales que le viol et la manipulation d'autrui. Bien aidé par un méchant merveilleux campé par David Tennant et une Kristen Ritter parfaite en anti-héroïne. On en demandait pas autant que sur Daredevil, mais la série réussit parfaitement son pari d'aller dans une direction moins spectaculaire, mais néanmoins plus glauque (voir Il y a des choses que l'on ne peut oublier, même chez les héros). Pendant plusieurs années, Luke Cage a été convoité par la Marvel et le plus vieux projet remonte à celui de John Singleton avec Tyrese Gibson. Cage a été introduit légitimement dans Jessica Jones (les deux personnages étant liés encore une fois) avant d'avoir sa propre série, sous les traits de Mike Colter. La série sera diffusée en septembre prochain. Iron Fist fut convoité pendant longtemps aussi pour le cinéma avec un projet avec Ray Park (Dark Maul dans La menace fantôme et le Crapaud dans X Men). Un adepte des arts-martiaux au coup de poing spécial dû au pouvoir d'un dragon. Il y a de fortes chances que le personnage Shang Chi fasse partie de l'aventure, puisque c'est avec lui que Daniel Rand fonde les Héros à louer. Les scénaristes auraient vraisemblablement du mal à trouver le ton juste, le personnage ayant quelques éléments fantastiques notables et il faut le bon ton afin de ne pas sombrer dans le grotesque.

 

Finn Jones incarnera Iron Fist et Jessica Henwick la sabreuse Colleen Wing. David Wenham a été officialisé dans le rôle de Harold Meachum, un homme d'affaires directement lié au passé de Danny Rand. La série est prévue pour fin 2016 avant une série réunissant Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist (et possiblement le Punisher et Elektra) sous le nom de The Defenders pour 2017. Une nouveauté s'est rajouté au calendrier Netflix puisque Jon Bernthal reprendra le rôle du Punisher dans une série attitrée. Elle devrait être diffusé après The Defenders. En sachant que les épisodes seront diffusés en intégralité sur Netflix, la politique de la plateforme de diffusion étant de tout diffuser d'un seul coup. Une rareté qui commence déjà à faire du mal aux chaînes traditionelles du paf ricain. Quant à l'Agent Carter il peine à convaincre pour l'instant et ce malgré ses atours de mini-série et non possiblement de série sur la longueur. Une seconde saison a été diffusé, mais vu qu'il s'agit d'une série plus ou moins one shot, une troisième saison ne serait pas vraiment à l'ordre du jour. Enfin, ABC Family a annoncé une série sur la Cape et l'Epée, lui pouvant être invisible grâce à sa cape, elle étant une combattante. Un projet un peu plus porté sur les teenagers, au vue de la chaîne concernée. 


 Article original publié le 14 avril 2014.


* http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18646237.html

** http://www.ecranlarge.com/article-details-27954.php

*** http://www.ecranlarge.com/article-details-27916.php

4 Propos recueillis dans Pop corn numéro 5 (avril-mai 2014).

Autres sources: http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=11400.html

07 mai 2016

Cuvée sous le signe du X #1

Avant de partir combattre Apocalypse le 18 mai prochain, les X Men vont faire un petit tour dans la Cave de Borat. Présents dans le paysage cinématographique depuis seize ans, les mutants ont réussi à se faire une place et même curieusement, à se renouveler. Un cas rare pour une saga regroupant tout de même neuf films (spin-off compris). L'occasion pour votre cher Borat de revenir durant deux semaines sur ces héros issus de la Maison des idées, quitte à évoquer de très mauvais souvenirs parfois. En raison de la récente critique de son film, Deadpool ne sera pas de la partie. Enfin si, pas vraiment, 'fin vous verrez bien. Ready? Go! (Attention spoilers)

  • X Men (2000): Le commencement

X-Men : Affiche

Les X Men intéressent le cinéma dès les années 80. James Cameron est en pourparlers pour une adaptation avant de préférer le tisseur masqué. Alors que la Marvel est en discussion avec Columbia (déjà en quête des droits de Spidey), c'est finalement la Fox et Lauren Shuler Donner qui s'accaparent les droits au cours de l'année 1994. Andrew Kevin Walker (scénariste de Seven et impliqué dans le projet Batman VS Superman) s'occupe d'un premier traitement. Wolverine entre dans l'équipe aux côtés de Cyclope (une rivalité était déjà prévue entre le glouton et lui), Jean Grey, Iceberg, Beast et Angel et ils doivent combattre Magneto, Sabrebooth, Toad et Blob. Il était aussi question de Bolivar Trask et ses Sentinelles et un peu comme ce qui arrivera dans Days of future past (Bryan Singer, 2014) au sujet de JFK, Magneto serait responsable de la catastrophe de Tchernobyl. Les versions s'accumulent au fil des années, notamment une signée Joss Whedon transformant Jean Grey en Phénix en fin de film. Un aspect qui ne plaît pas à la Fox et devra attendre le second opus sortit en 2003. A la réalisation, Robert Rodriguez décline l'offre du studio. Suite au succès d'Usual Suspects (1996), Singer est approché dans un premier temps pour réaliser Alien Resurrection par la Fox. Après divers refus, le réalisateur finit par donner sa chance aux mutants suite à plusieurs lectures de comics et le visionnage de la série télévisée.

X-Men : Photo Bryan Singer

Bryan Singer a le sens du cadre.

Prévu initialement pour Noël 1998, le film prend du temps à cause du nouveau film de Singer (Un élève doué, 1998) et quelques remaniements. C'est ainsi que Beast, Diablo, Pyro (qui fera un caméo) et la salle des dangers sont éliminés du scénario pour ne pas faire exploser le budget. L'intérêt pour Marvel reprend du galot par un succès inattendu: celui de Blade (Stephen Norrington, 1998), héros marginal de la Maison des Idées campé par Wesley Snipes. X Men devient alors une priorité pour la Fox. Pour ce qui est du casting, la production enchaîne les numéros de chaises musicales: Russell Crowe (trop cher) et Dougray Scott (occupé sur Mission Impossible 2 de John Woo) pour Wolverine; Angela Bassett et Jada Pinkett Smith pour Tornade; Sarah Michelle Gellar pour Malicia; Jim Caviezel (déjà engagé sur Fréquence interdite de Gregory Hoblit) pour Cyclope; Terence Stamp pour Magneto; Jeri Ryan pour Mystique; ou Kevin Nash pour Sabrebooth. Au final, Hugh Jackman, Halle Berry, Anna Paquin, James Marsden, Ian McKellen, Rebecca Romijn et Tyler Mane joueront ces rôles. X Men est un des plus gros succès de l'année 2000 (plus de 296 millions de $ de recettes mondiales pour 75 de budget) et permet le feu vert au Spider-man de Sam Raimi (2002). Derrière ses atours de grand divertissement, X Men a le mérite de commencer de manière coup de poing. Erik Lehnsherr, enfant juif voit sa famille partir dans les camps d'Auschwitz. La scène est simple, Singer entraînant le spectateur dans l'enfer nazi dès l'ouverture.

Magneto

A la seule différence que le personnage découvre à ce moment précis qu'il peut contrôler le métal. Cette ouverture offre un parallèle avec le reste du film, comme pour nous dire que cela n'a finalement pas changer depuis le IIIème Reich. L'Homme est encore capable du pire avec lui-même, y compris lorsqu'il a peur de certaines personnes. Autrefois les Juifs, dorénavant les Mutants. Montrer le futur Magneto (Ian McKellen) dès les premières minutes par son trauma est certainement l'une des meilleures idées de Singer. Comme le disait le Maître du suspense, meilleur est le méchant, meilleur est le film. Avec ce prologue, Magneto n'est plus un banal ennemi: on comprend pourquoi il a une haîne contre l'Homme et sa démarche n'en devient que plus légitime. C'est aussi pour cela que durant toute la saga (même si l'incarnation de Michael Fassbender est plus perturbante) Magneto est attachant et ce malgré son ralliement au mal. Comme le désigne Singer, avec Charles Xavier (Patrick Stewart) ils apparaissent comme des équivalents de Martin Luther King et Malcolm X, l'un essayant de pacifier le conflit, l'autre beaucoup plus excessif et l'engendrant. Le scénario d'X Men est assez simple (deux équipes de mutants opposées s'affrontent afin de stopper ou non une opération consistant à transformer les hommes en mutants), mais ses thématiques et sa caractérisation de personnages donnent souvent le change. Le sénateur Kelly (Bruce Davison) est un personnage en or qui renvoie à un candidat actuel à la présidentielle américaine. Peu ou prou le même discours, changez étrangers par mutants, vous aurez le même schéma.

X-Men : Photo

Comme quoi, ce premier film a beau avoir bientôt seize ans au compteur, il n'en reste pas moins toujours d'actualité. Il faudra une
transformation pour que le sénateur change de point de vue sur les mutants. S'il n'y avait pas eu de mutation, Kelly n'aurait jamais changé de discours, ce qui rend le combat de Xavier d'autant plus utopique. Pour ce qui est du traitement des personnages, tout n'est pas parfait. Cyclope gagne du terrain grâce à sa rivalité avec Logan. Cela permet au personnage de sortir du carcan fonctionnel, de même pour Jean Grey (Famke Jannsen) qui engendre ainsi une tension sexuelle entre les deux mâles. On ne peut pas en dire autant de Tornade qui surnage, tout comme Toad (Ray Park) est très / trop cabotin ou Sabrebooth perd en intérêt par le manque de charisme de Tyler Mane. Mystique est excellente de malice et Singer semble bien s'amuser à filmer le personnage, bien aidé par Rebecca Romijn au maquillage superbe. Pour ce qui est des autres personnages, Singer s'en sort beaucoup mieux. La mise en avant de Wolverine n'est pas étonnante, car en plus d'être le plus connu des mutants, il est aussi l'un des nouveaux arrivants. La visite de l'établissement se fait avec lui, comme une représentation improbable du spectateur. Vu son omniprésence, il n'est pas étonnant que le spectateur comme Logan pense qu'il s'agit du "macguffin" de Magneto. Par la même occasion, la quête du passé de Logan se fait par petites touches avec une photo jaunie. Une photo reprise à l'identique dans X2 et totalement absente du spin-off (pas forcément important mais toujours mieux que la photo du film lui-même).

X-Men : Photo Anna Paquin, Hugh Jackman

Le seul aspect dont le personnage se souvient est son squelette en adamantium. Néanmoins, le réel fil conducteur du film est la relation qu'il noue avec Malicia. Dès lors, Logan arrête d'être un marginal pur et dur pour devenir un être plus sensible, à la limite du père de substitution. Ce dont a le plus besoin Malicia pour garder ses repères et lui d'en trouver. Il a beau la connaître depuis peu, dès lors qu'elle est en danger, il part la secourir. Le coeur d'X Men se trouve principalement dans ce duo et celui plus idéologique formé par Xavier et Lehnsherr. En plus de montrer qu'un film aussi ambitieux visuellement est possible en ce début d'année 2000. Malgré ses défauts inhérents à la plupart des premiers opus des comic book movies (présenter l'univers et ses personnages, réalisateur cherchant ses marques), X Men pose les bases pour une séquelle bien plus ambitieuse. Un bon coup d'essai.

  • X2 (2003): Le soulèvement des mutants

X2

Une suite est rapidement envisagée par la Fox et plusieurs versions se succèdent entre 2000 et 2002. Beast et Angel (qui devait servir d'expérience à William Stryker et devenir Archangel) sont proposés dans le scénario de Michael Dougherty et Dan Harris, mais le grand nombre de personnages fit qu'ils soient remis à plus tard. Beast fera néanmoins un petit caméo télévisé, où on le voit débattre pour la cause mutante (il n'a pas encore l'aspect bleu que nous connaissons). Quant à la salle des dangers et les
Sentinelles, elles s'avèrent encore une fois trop chères et ce malgré un budget bien plus conséquent (110 millions de $). Le personnage de Tornade a gagné en développement suite à l'Oscar d'Halle Berry, ce qui s'avère une bonne chose compte tenu de son aspect trop fonctionnel dans le premier film. En revanche, Cyclope aurait perdu en présence, car le studio trouvait le film trop long (la Fox de Tom Rothman encore et toujours). Sabrebooth est quant à lui éliminé et en dehors du spin-off sur Wolverine (2009), ne réapparaîtra jamais dans la franchise. X2 réussit le pari de faire mieux que le premier opus d'un point de vue commercial (plus de 407 millions de $ de recettes) et artistique.

Nightcrawler

 

Bryan Singer revient à une ouverture coup de poing, faisant la part belle à l'un des nouveaux personnages: Nightcrawler (Alan Cumming). Ce dernier commet un attentat à la Maison Blanche et manque de peu de tuer le président des Etats Unis. Une séquence spectaculaire où le personnage se téléporte pour notre plus grand plaisir. Singer joue sur les effets d'attente (ces agents visant la porte, tout en entendant les coups de feu à côté) et se paye même un long plan faisant la démonstration des pouvoirs du téléporteur. Le conflit est de nouveau présent (Kelly représenté par Mystique devient subitement pacifiste), les Mutants devenant une menace post-11/09 et ce sur un mensonge. Il s'agit d'une vengeance de William Stryker (Brian Cox), ancien militaire devenu conseiller du président et ayant un fils mutant qui est allé à l'école de Charles Xavier. A cela rajoutez qu'il a fait de
Wolverine son Arme X quinze années auparavant (on est bien loin des années 70 de X Men Origins Wolverine) et qu'il a des mutants à sa disposition pour faire le sale boulot. Par quel moyen? Une marque derrière le cou où il injecte un sédatif. Stryker n'est pas comme le sénateur Kelly, dont le discours xénophobe ne tenait que par la parole. Stryker attaque là où ça fait mal, quitte à ce que ce soit sur des adolescents et bien aidé par quelques magouilles auprès d'un président crédule. Là encore, Singer a trouvé un méchant en or, cette fois-ci un humain ayant les pleins pouvoirs pour assouvir ses pulsions.

Origins

Il fallait bien un acteur aussi charismatique que Brian Cox pour imposer un personnage abject et criminel. Un méchant d'anthologie en soi. L'occasion de constater que Wolverine a probablement de meilleures origines dans les flashbacks des deux premiers opus que dans son spin-off. Stryker le lui dit: il était déjà une bête bien avant son passage sur le billard pour lui poser l'adamantium. Les flashbacks sont crades, dignes du personnage et la photo jaunie est de nouveau là. En peu de temps, X2 fait mieux que les 107 minutes de Wolverine. Logan sait désormais ce qui lui est arrivé, il peut aller de l'avant. Le spectateur espèra peut être en savoir plus, il a malheureusement eu la sévère douche froide lors d'un après-midi d'avril 2009. Ce qui impressionne aussi dans X2 est à quel point Singer a réussi à donner autant de place à chacun des personnages, qu'ils soient déjà vus ou nouveaux. Là où le Marvel Cinematic Universe se plantera plus d'une fois des années plus tard, Singer réussit un véritable tour de force, faisant oublier le côté fonctionnel de plusieurs personnages, tout en introduisant d'autres avec la même subtilité. Comme Nightcrawler et Pyro (Aaron Stanford), deux personnages personnifiés au possible, l'un fervent catholique avec un corps rempli de marques pour chaque péchés, le second attendant l'étincelle pour utiliser pleinement son pouvoir destructeur. Malicia tombe amoureuse de Bobby Drake (Shawn Ashmore), ce qui entraîne des difficultés évidentes au vue du pouvoir de la jeune mutante.

X-Men 2 : Photo Brian Cox

La fin de l'adolescence, le début de l'âge adulte et le fait de devoir faire des choix. Les scènes chez la famille Drake montrent aussi le rapport compliqué entre des parents incapables de comprendre leur enfant et un fils essayant de montrer qu'il n'est pas un danger pour eux. Ce n'est pas un personnage comme Pyro, éprouvant un certain plaisir à faire exploser des voitures de police, qui va aider (scène au combien spectaculaire et à la réalisation compliquée). Singer est plus à l'aise, sa réalisation se veut plus ambitieuse à l'image de l'assaut du manoir ou le passage de Mystique chez Lady Deathstrike (Kelly Hu) engendrant de beaux moments de suspense. On peut également admirer comment Singer termine son film par un merveilleux cliffhanger. Pendant tout le film, on peut observer une Jean Grey perdant progressivement le contrôle, éprouvant des maux de tête récurrents. Son sacrifice tragique n'en devient qu'une superbe porte ouverte pour l'arrivée du Phénix. Malheureusement tout va capoter...

 

  • X Men - L'affrontement final (2006) : Déchéance de la mutation

 

X3

 

Au cours de l'année 2004, Bryan Singer se désintéresse progressivement d'un possible X Men 3 suite à son attachement à Superman Returns (2006). Son traitement écrit avec Dan Harris et Michael Dougherty évoquait le Phénix et une Emma Frost vieillissante et manipulatrice. Le Phénix aurait fini par être arrêté par l'esprit de Jean Grey, reprenant en main son corps. Il n'en reste pas moins que les relations entre Singer et la Fox commençaient à sentir le roussi. En effet, la légende veut que le réalisateur se serait fait virer des studios de la Fox sur le pilote de Dr House (2004), avant de le faire revenir à toute hâte pour le terminer. Par la même occasion, le studio ne veut pas l'attendre et les chaises musicales de s'attaquer cette fois aux réalisateurs potentiels. Hugh Jackman suggère Darren Aronofsky, Joss Whedon décline la proposition à cause de Wonder Woman, Alex Proyas ne veut pas revivre l'expérience I, robot (2004), Rob Bowman (Elektra), John Moore (Max Payne) et Zack Snyder sont approchés... C'est finalement Matthew Vaughn qui signe, castant au passage Kelsey Grammer (Beast), Dania Ramirez (Callisto) et Vinnie Jones (Juggernaut). Le couperet tombe quelques temps avant le début du tournage: Vaughn ne réalisera pas le film pour raisons familiales. La raison officielle élude une autre bien plus officieuse: les délais serrés imposés par la Fox auraient considérablement gêné le réalisateur de Layer Cake.

X-Men l'affrontement final : Photo Ben Foster

Angel, un personnage apparaissant si peu qu'il faut compter son temps de présence.

Les mêmes qui ont failli coûter sa place sur X Men : First Class (2011). Le choix final revient sur Brett Ratner, tâcheron capable d'un Rush Hour (1998) comme d'une pure commande comme Dragon rouge (2002). Vu son arrivée tardive, on peut clairement parler de commande, voire de solution de secours. Le retour de Jean Grey en tant que Phénix a entraîné beaucoup de problèmes entre les scénaristes et le studio, peu désireux d'un personnage aussi sombre dans un blockbuster estival. Preuve aussi du manque de confiance de Tom Rothman pour des personnages qu'il n'aimait pas. Dès lors, sans Bryan Singer, le studio peut désormais faire ce qu'il veut. Le pauvre Cyclope se trouve réduit à mourir, à cause de la Fox et de l'emploi du temps de James Marsden, ce dernier ayant embarqué dans Superman Returns. Gambit devait initialement faire partie du casting de nouveaux mutants, mais les scénaristes Zak Penn et Simon Kinberg n'ont pas su trouver l'utilité du personnage. Le studio décide de couper Nightcrawler, personnage trop peu présent pour engendrer un maquillage aussi intensif sur Alan Cumming. On pourrait en dire autant pour Rebecca Romijn, relativement peu présente sous les traits de Mystique. Pour ce qui est du personnage de Kitty Pride enfin présentée après deux caméos (avec deux actrices différentes), Maggie Grace est d'abord considérée avant de laisser la place à Ellen Page, car considérée comme trop âgée.

X-Men l'affrontement final : Photo Famke Janssen, James Marsden

En résulte, un succès certain (plus de 450 millions de $ de recettes pour 210 de budget) mais un véritable carnage à l'intérieur. On pourrait presque parler de film malade, puisque le film a de bonnes idées mais ne sait jamais comment les terminer. Le point de départ sur le vaccin pouvant guérir les mutants est une excellente idée, car remet en perspective l'idée de malédiction chez certains mutants. C'est par exemple le cas de Malicia, probablement désireuse d'avoir une vraie relation avec Bobby Drake. Pourtant, l'idée tombe vite à plat entremêlée avec l'intrigue du Phénix. Cette dernière est beaucoup trop survolée, prenant un pic d'importance flagrant avant de retomber pour ensuite revenir en toute fin de film. Les scénaristes n'ont pas su quoi faire du personnage, peu aidés par les directives du studio. Un personnage au potentiel gâché et ce n'est pas le seul. Si Kitty Pride apparaît encore correctement (bien aidé par le jeu d'Ellen Page), Angel (Ben Foster) est inexistant. Il pourrait ne pas être dans le film, ce serait identique. Le seul moment important est quand il sauve son père. Un personnage attendu et qui lui non plus n'a pas eu droit à la visibilité qui lui était légitime. En espérant que X Men Apocalypse sache laver l'affront. Beast s'en sort bien aussi, sa relation pince sans rire avec Logan, tout comme l'aspect politique du personnage lui permettent d'être un mutant intéressant et sortant du lot. On pourrait énumérer un grand nombre de personnages fonctionnels, à l'image de Juggernaut qui n'est même plus le frère de Charles Xavier.

Beast

Le personnage n'est même pas caractérisé, n'étant qu'un mutant délivré par Magneto et fonçant tête baissée tel un bourrin. Aucun effort d'écriture à l'horizon. Quant aux personnages déjà pré-installés, soit ils gagnent un peu par l'action (c'est le cas de Colossus), soit ils perdent en aura (Wolverine en mode pépère durant tout le film), soit leur temps de présence tient du grandiose. Malicia pourrait elle aussi ne pas être présente dans le récit, elle serait aussi utile. L'intrigue va dans trop de directions, ne sait pas quoi faire de divers personnages, pas aidée par des divergences scénaristiques multiples. Le film est encore regardable en raison de quelques scènes d'action bien sentis. Parmi lesquelles, la scène dans la salle du danger (enfin!), valant quelques rares moments où Wolvy sort les griffes ou le final terriblement bourrin, mais malheureusement sans réel enjeu. Le seul étant de montrer les X Men se battrent avec la Confrérie. En soi comme le soulignait le défunt magazine Climax en 2009, ce passage préfigure Avengers de Joss Whedon (2012) avec un temps de présence bien précis pour chaque personnage et des héros qui se battent. On pourrait retenir aussi la mort du Phénix, un des rares moments d'émotions d'un film qui en manque cruellement. Quant au Professeur Xavier, il aura droit à sa petite séquence post-générique, alors même qu'on l'a vu mourir au cours du film. La justification viendra du commentaire audio: il se serait réincarné dans le corps de son frère jumeau. Justification à l'écran: zéro. Par contre, dans les "on-dit", on bat des records.

  • X Men Origins Wolverine (2009) : Le film qui a failli détruire la franchise

X-Men Origins: Wolverine : Affiche Gavin Hood

La Fox prévoyait initialement trois spin-off pour relancer la marque X Men: un sur Magneto chapeauté par David S Goyer (qui ne verra jamais le jour, laissant place à First Class), un sur Deadpool (qui mettra plus de six ans à se produire grâce à la Fox) et un sur Wolverine. Ce dernier apparaît comme la priorité évidente, la Fox encore sous Tom Rothman comptant bien capitaliser encore un peu plus sur le mutant en griffes de métal. David Benioff a longtemps travaillé sur le projet, s'inspirant notamment de Wolverine Origins (2001-2002) et Weapon X (Barry Windsor-Smith, 1991) avec dans l'optique un classement Restricted. Par la suite, Skip Woods (scénariste de Hitman et  Die Hard 5) se met aux réécritures. On parle de Brett Ratner, Alexandre Aja ou encore Zack Snyder, mais c'est finalement le réalisateur sud-africain Gavin Hood (Mon nom est Tsotsi) qui mettra en scène X Men Origins Wolverine. Peu de temps avant sa sortie, le film subit de plein fouet le piratage d'une version non-finalisée. Les experts diront bien malheureusement que la copie piratée ne serait finalement pas si différente de celle sortie en salle. Quand on voit le résultat, on n'est pas vraiment étonné, les effets-spéciaux du film étant très souvent catastrophiques. Que ce soit Sabrebooth (Liev Schreiber) en slow motion bien ridicule, la transformation finale de Wolverine signant un pur moment de ridicule avec machoire serrée et évidemment le final avec Deadpool.

deadpool

Mon pauvre Deadpool, qu'est-ce qu'ils t'ont fait?

En plus d'un décor relevant du grand nawak (une centrale nucléaire abandonnée!), le personnage de Deadpool est totalement dénaturé. Son introduction en début de film avait déjà de quoi faire peur, le montrant causant mais pas drôle et jouant de ses sabres de manière ridicule. Le final le montrant en Arme X ultime, bouche cousue, avec des lames sortant de ses bras, le noir sur les yeux qui apparaît lorsqu'il lance des rayons et se téléportant vaut à lui seul le dégoût profond qu'inspire ce film. Ce n'est pas le rajout d'une scène post-générique le montrant ramassant sa tête et disant "chut!" qui va sauver les meubles. On comprend d'autant plus l'insistance de Ryan Reynolds de ne pas jouer dans ce film. La Fox lui avait alors dit qu'il pouvait faire une croix sur le personnage s'il ne jouait pas dans Wolverine. On voit le résultat: un désastre complet à l'image d'un film qui n'a ni queue, ni tête. L'intrigue commence comme Origins: James est le fils malade d'un noble, sa femme a une liaison avec le garde, ils ont un autre enfant nommé Victor. Tout va bien jusqu'à ce le garde tue le noble et que le petit venge subitement son père (adoptif) en sortant des griffes de ses poings. C'est à partir de là que le film part a contrario de son modèle. Victor n'est plus un demi-frère violent, cherchant à atteindre les privilèges de James. Ils s'enfuient même ensemble comme si de rien n'était. Outre ce ressort scénaristique éludant la noirceur du comic-book adapté, le film part ensuite dans une toute autre direction au bout de seulement quelques minutes.

gosse

 

James et Victor deviennent membres d'Arme X en pleine guerre du Vietnam. Le personnage de William Stryker est présent sous les traits de Danny Huston. Une première incohérence puisque si Wolverine a rencontré Stryker à cette époque, Stryker aurait donc à peu près l'âge de Huston, soit une quarantaine d'années. Ce qui paraît bien peu crédible avec le rôle de Brian Cox dans X2. De plus, rappelons que Logan et Stryker sont censés s'être rencontrés dans les années 80 pour l'opération. Or, ici on serait plus proche des années 70. Deux aspects qui seront également présents dans Days of future past (2014): Stryker est incarné par un acteur bien plus jeune (Josh Helman) et Logan subit un paradoxe temporel quand il le voit (il ne l'a pas rencontré dans la timeline de son modèle 70's). Comme il paraît peu probable que Sabrebooth s'attaque à Wolverine dans le premier X Men dans ces conditions. A cela, on pourrait rajouter que des éléments de ce film seront complètement révisés par la suite. Cyclope n'aura pas rencontrer Wolverine avant les années 80 (ce que l'on verra dans Apocalypse). Emma Frost aura droit à une nouvelle version dans First Class, Charles Xavier ne sera pas chauve avant les années 80 comme il ne pourra plus marcher dès 1963. Quant à Gambit ici incarné par Taylor Kitsch (qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il a), il aura droit à une nouvelle version sous les traits de Channing Tatum dans les années à venir. Wolverine apparaît dès First Class comme un film à éradiquer de la timeline de la saga.

Arme X

 

Entre les incohérences et les révisions qui ont suivi, Wolverine n'a plus lieu d'être, en plus d'être une bouse infâme que le spectateur cherche à oublier en vain. Ce n'est pas non plus le fan-service ambiant, consistant à citer le plus de personnages possibles, qui va aider aussi. Qui se souvient de Dominic Monahan et Will.I.Am dans ce film? Probablement pas grand monde et ce n'est peut être pas plus mal. Allez à la semaine prochaine!