Cine Borat

17 novembre 2017

Séance dans le sang et les flammes

L'Antichambre de Borat revient en cet automne un peu fraîche (on a connu pire) pour une nouvelle séance sortie du four. Quoi cher lecteur ? Tu ne sais déjà plus qu'est-ce que c'est que l'Antichambre de Borat alors que la dernière séance date d'il y a deux semaines ? Bon, bon, récapitulons : votre cher Borat va vous délivrer trois critiques de films plus courtes, mais néanmoins assez complètes pour savoir à quoi vous en tenir. Au programme : un anniversaire saignant mais pas trop ; des robots géants ; et une ville américaine en flamme. Ready ? Go ! (attention spoilers)


 

HPD

Le producteur Jason Blum a passé une bonne année avec les réussites que furent Split (M Night Shyamalan, 2016) et Get out (Jordan Peele, 2017). Le revoilà avec Happy Birthdead (ou Happy Dead Day en VO) réalisé par Christopher B Landon. 

Reprenant le principe de la boucle temporelle d'un jour cher à Un jour sans fin (Harold Ramis, 1993), Happy Birthdead présente une étudiante aux prises avec un tueur qui a choisi son anniversaire pour la tuer. L'idée en soi est intéressante, son exécution l'est beaucoup moins.

Landon se donne beaucoup de mal pour faire un film qui sorte du lot. Il cite L'effet papillon (Bress, Mackye Gruber, 2004) pour montrer que l'état de son héroïne se dégrade au fil de ses retours. Une bonne astuce qui permet de varier les plaisirs. Le problème étant que ce n'est pas toujours le cas. Malgré le changement volontaire de lumière, les trois premières versions sont très similaires et tout sauf inventives. 

Le slasher comme le neo-slasher ont déjà fait certains trucs (comme un personnage attaqué par le tueur alors que l'héroïne est retournée et n'entend rien) et Happy Birthdead se retrouve souvent à faire dans le déjà vu. Par la même occasion, on peut aussi reprocher au film d'être beaucoup trop sage. La raison viendrait du studio désirant un film PG-13. Pourquoi pas ? Mais le slasher est quand même un sous-genre horrifique connu pour sa tendance à tailler dans le bout de gras.

Malgré les tentatives (celle de l'accident de voiture est assez efficace), cela se révèle vite répétitif. Le film multiplie aussi les ellipses un brin grossières dans ses climax, comme s'il y avait des trous béants dans le scénario. 

A cela rajoutez que l'héroïne (plutôt bien jouée par Jessica Rothe malgré tout) passe tout de même de l'héroïne insupportable à la femme amoureuse avec une facilité affolante. Même le tueur est assez reconnaissable si l'on fait bien attention.

Si Happy Birthdead est assez divertissement, ses fautes de goût (la tendance au pipi caca passera difficilement auprès de certains spectateurs) et ses nombreux défauts font qu'il est aussi anecdotique qu'oubliable. Pas de quoi se relever la nuit. Encore et encore. Et encore...


 

MZ

Les nostalgiques de l'émission Récré A2 (1978-88) se souviennent encore de la diffusion de Goldorak, série animée avec un robot contrôlé par un homme et combattant une puissance extraterrestre (1975-77). Son créateur ? Go Nagai déjà auteur de Mazinger Z (1972-73), manga également adapté en série animée (1972-74).

Un univers pas forcément connu en France (la série fut peu diffusée) et mettant en scène là aussi des héros dans des robots géants, mais cette fois-ci sur la Terre. Pour les quarante-cinq ans de la série, Toei Animation a décidé de lui offrir un film titré Mazinger Z Infinity (Junji Shimizu, 2017).

Film qui sortira la semaine prochaine dans les salles françaises (sans le Infinity dans le titre) et que votre cher Borat a pu voir en avant-première au début du mois. Une aubaine qui pourrait attirer la curiosité des néophytes comme des fans de robots géants ou de Go Nagai.

Le principal problème de MZI est qu'il parlera difficilement aux néophytes (votre interlocuteur en est un). Bien que l'univers soit planté très rapidement, il se peut que le spectateur non-connaisseur passe à côté du film. D'autant plus qu'il a tendance à aller dans des dialogues fort explicatifs pas toujours du meilleur effet.

Le film aligne aussi quelques intrigues sentimentales un brin tarabiscotées (comme le héros pris entre deux femmes) et des scénettes sexy assez délirantes (ah les canons de robots à l'anatomie fort féminines...). Toutefois, MZI est un film divertissant bénéficiant d'une animation de qualité et d'une intrigue simple mais efficace.

On ne s'ennuie jamais vraiment (d'autant que le film ne dure qu'1h30) et les scènes d'action se révèlent particulièrement jouissives et lisibles, ne perdant jamais le spectateur dans l'action. On peut même dire que le spectateur en aura pour son argent avec une pyrotechnie généreuse et spectaculaire.

D'autant que les mechas sont superbes et variés et les affrontements amusants à suivre. Puis ce n'est pas tous les jours que l'on voit un film de robots géants japonais (animés ou en live-action) dans les salles françaises, alors autant en profiter quand le spectacle est là.


Detroit

Kathryn Bigelow fait dorénavant dans le cinéma-journalistique de son propre aveu avec le scénariste Mark Boal. Ce qui marche plus ou moins (Zero Dark Thirty, 2012) ou pas du tout (The Hurt Locker, 2008). Basé sur les sinistres événements survenus dans la ville en 1967, Detroit (2017) se révèle être le meilleur film de cette sorte de trilogie.

La réalisatrice arrive probablement au bon moment, fort d'une actualité brûlante pour les afro-américains aux USA. Le fait de revenir à Detroit permet de comprendre certains problèmes toujours d'actualité. Que ce soit les violences policières ou l'injustice qui arrive souvent lors des procès malgré les preuves accablantes (les vidéos notamment).

La réalisatrice n'épargne pas forcément les afro-américains, montrant des manifestations tournant au pillage gratuit, à des incendies et surtout des gens qui ne s'entendent pas toujours sur les mêmes sujets dans une même communauté.

Le personnage de John Boyega a beau être vigile, il ferme les yeux sur beaucoup de choses au point de se voiler un peu la face et ne voit pas venir les drames à venir. L'acteur s'en sort d'ailleurs plutôt bien dans un rôle aux antipodes de Star Wars. De la même manière, les militaires en prennent pour leur grade à force de laisser faire les cowboys de Detroit.

Le point d'orgue est bien entendu ce qui est arrivé dans la nuit du 25 au 26 juillet au motel Algier. Là, Bigelow ne fait plus dans le réalisme pur et dur caméra à l'épaule. Elle dévoile un cauchemar qui fait froid dans le dos. Un élément où Will Poulter en ressort de manière fracassante dans un rôle de flic violent, raciste et de mauvaise foi. Un pur moment de tension où l'horreur est omniprésente.

Toutefois, la réalisatrice ne sait pas toujours si elle réalise une fiction basée sur des faits divers ou un documentaire. La preuve avec ces photos ou vidéos d'archives qui pullulent durant le film. De la même manière, la réalisatrice s'attarde beaucoup trop sur un personnage à la fin, au point de ne pas trop savoir comment finir son film.

Si le film reste de qualité, on regrette toutefois ce temps où Bigelow faisait de la pure fiction sans oublier un fond pertinent. Detroit fait bien évidemment écho à Strange days (1995), qui faisait référence aux émeutes survenues après l'agression de Rodney King. Detroit voudrait bien retrouver la puissance du film scénarisé par James Cameron, mais n'y arrive pas vraiment. Peut-être parce que la fiction est souvent plus forte quand elle s'inspire de la réalité que quand elle s'y colle au plus près.

A la prochaine !


15 novembre 2017

Une super-héroïne est née

Diana Prince découvre le monde des Hommes en pleine Ière Guerre Mondiale. Aux côtés de Steve Trevor, elle s'apprête à affronter les allemands, mais aussi quelqu'un de plus divin...

Wonder Woman

Née dans les 40's de la plume de William Moulton Marston dans la mouvance des héros historiques de DC Comics, Wonder Woman est rapidement devenue une véritable icône de la pop culture aussi bien auprès des garçons que des filles. L'amazone le sera d'autant plus grâce à la série télévisée avec Linda Carter (1975-79). Si certains de ses camarades de DC Comics ont eu droit à des adaptations (y compris Green Lantern dans des conditions malheureuses), Diana Prince avait bien du mal à se montrer au cinéma (voir DC Comics sort de l'ombre). En 2011, David E Kelley essayera de lancer une série autour de l'héroïne avec Adrianne Palicki en rôle titre, mais l'histoire s'arrêtera après un pilote qui a été qualifié de catastrophique par ceux qui l'ont vu. Il faudra attendre que Zack Snyder lance le DC Verse pour que l'héroïne fasse ses premiers pas sur grand écran sous les traits de Gal Gadot. Tout d'abord dans Batman V Superman (2016), puis dans son film individuel qui fait office de préquelle. Partie pour différends artistiques, Michelle MacLaren (réalisatrice d'épisodes des séries Game of thrones et Breaking Bad) a laissé sa place à Patty Jenkins qui n'en demandait pas tant (elle avait quitté la production super-héroïque mythologique Thor The Dark World pour les mêmes raisons). 

WW

Wonder Woman (2017) est sorti dans une atmosphère particulière dont il fut un rayon de lumière. Man of Steel (Snyder, 2013), BVS et Suicide Squad (David Ayer, 2016) ont beau avoir été des succès commerciaux (un peu plus de 2,2 milliards de dollars de recettes), leur accueil ne fut pas toujours très tendre (la palme pour le dernier pour des raisons évidentes). Les problèmes en interne (remontages, reshoots, divergences artistiques, planning infiniment variable) n'ont pas toujours aidé la promotion de Wonder Woman, au point que Patty Jenkins a dû se justifier plusieurs fois d'avoir eu le final cut. Ce qui tend à se confirmer, puisque le film n'a pas eu droit à un nouveau montage pour sa sortie vidéo (ce qui s'en ressent en voyant le film). La polémique post-sortie du film autour des déclarations de James Cameron a mis aussi pas mal d'huile sur le feu. Pour le réalisateur, ce film est un "pas en arrière", évoquant notamment un aspect très sexy en prenant pour contre-exemple Sarah Connor qui était une héroïne dure, forte et tout sauf glamour (*). Toutefois, le réalisateur semble oublier une chose : Diana Prince n'est pas une héroïne écrite de la même manière que son héroïne. Ce n'est pas une mère courage qui protège son fils contre des cyborgs venus du futur.

Wonder Woman : Photo Chris Pine

C'est une guerrière issue de la mythologie grecque (plus précisément des Amazones) et le costume de Diana Prince n'est pas si éloigné de diverses peintures ou gravures grecques qui vont dans ce sens. Les costumiers du film n'ont rien inventé, encore moins les dessinateurs de l'héroïne depuis HG Peter. Son costume ne l'empêche pas d'être une femme forte non plus. De la même manière, cela faisait des années que le cinéma hollywoodien galérait pour imposer des super-héroïnes au cinéma en premier rôle. On se souvient des fiascos que furent Supergirl (Jeannot Szwarc, 1984), Catwoman (Pitof, 2004) et Elektra (Rob Bowman, 2005). Le peu de super-héroïnes à l'écran sont en général présentes dans des films chorals à l'image de Black Widow (Scarlett Johansson) et Scarlet Witch (Elizabeth Olsen) dans le Marvel Cinematic Universe (2008-). Le succès de Wonder Woman (plus de 821 millions de dollars de recettes) permettra peut être plus de films avec des super-héroïnes (l'annonce des projets Captain Marvel et Batgirl vont dans ce sens), mais aussi que les filles comme les garçons puissent avoir une super-héroïne notable dans des univers tout de même très masculin.

WW

Le DC Verse se forme peu à peu, ce qui se confirme par un mode de fonctionnement finalement assez éloigné du MCU. Là où ce dernier ne cesse depuis des années de faire dans le teasing jusqu'à l'insertion de personnages (la présence d'Hawkeye dans Thor en tête), le DC Verse continue d'aborder ses films comme des stand alone movies, quand bien même ils se font suite. L'introduction et la scène pré-générique de fin se situent de nos jours après les événements de BVS, mais l'ensemble du film reste un immense flashback. Si vous n'avez pas vu les films précédents, ce n'est pas grave. Cela n'empêchera pas le spectateur de revenir pour le film suivant, même s'il n'aura rien à voir avec l'ambiance du précédent film. Ce qui permet un ensemble plus cohérent que certains le disent, mais certainement pas une série de films. L'impression de voir des films faits pour le cinéma et non des films très souvent banals dont l'impact est pareil chez soi. Après l'avoir montré en face d'un extraterrestre surpuissant et un vigilante tout ce qu'il y a de plus humain, DC dévoile Diana dans un contexte historique fort. Certains ont fait le rapprochement avec Captain America : The First Avenger (Joe Johnston, 2011), pourtant Wonder Woman n'a pas grand chose à voir avec.

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(attention spoilers) Il y a toujours un ennemi allemand et un scientifique avec lui (Danny Huston et Elena Anaya remplacent Hugo Weaving et Toby Jones), mais la période n'est pas la même (Ière Guerre Mondiale), la menace non plus. Pour Erich Ludendorff (Huston), c'est un moyen de montrer sa supériorité y compris en testant un gaz moutarde plus puissant sur ses supérieurs qui se révèlent contre lui (là aussi une similitude avec le film de Johnston). Ludendorff est un général allemand qui ne veut pas perdre la Grande Guerre. Son but n'est pas d'imposer une politique (il n'en a pas), ce qui en fait un ennemi aussi dangereux pour ses compatriotes (il exécute un de ses hommes en pleine discussion) que pour ses ennemis. Le sacrifice de Steve Trevor (Chris Pine particulièrement à l'aise en héros de guerre) est également très différent de celui du Captain (Chris Evans), puisqu' ici l'issue est fatale et il n'y aura pas le miracle de la congélation. Trevor est avant tout un soldat et il fait ce qu'il doit faire pour stopper la Grande Guerre, celle qu'il évoque naïvement comme "la guerre qui doit mettre fin à toutes les guerres". S'il ne verra pas la suite, Diana verra bien malgré elle l'horreur continuera après 1918. C'est aussi cela que montrait dans un certain sens BVS dans un plan bien précis.

Wonder Woman : Photo Danny Huston

Celui où Bruce Wayne (Ben Affleck) et elle étaient impuissants devant une Lois Lane en larme (Amy Adams). Ce n'est pas la première fois qu'elle voyait cela et elle-même a pleuré celui qui restera son premier amour. L'engagement de Diana auprès des humains varient au fil du film, voyant ses bons et ses mauvais côtés. Toutefois, tant qu'il y aura une Wonder Woman pour sauver le monde, il y aura de l'espoir pour l'Humanité. Le fait de planter le décor dans une époque aussi violente intensifie ce point de vue, d'autant plus que Diana évolue tel une variation de Candide. Le personnage de Voltaire découvrait le monde, ses coutumes, ses incompréhensions, ses problèmes etc. Il arrive la même chose à Diana en tant que déesse amazone n'ayant aucune expérience du monde extérieur à Themyscira. La naïveté du personnage n'a rien de ridicule et correspond parfaitement à un personnage qui découvre un monde qu'elle ne connaît pas, ne comprend pas et où on ne la comprend pas. Il n'y a qu'à voir la réaction de plusieurs personnages du film quand elle dit qu'Arès est la source de ce mal qui règne en Europe. Ce même Arès qui contamine les deux camps, au point d'engendrer une guerre pouvant exterminer une humanité en laquelle il n'a jamais eu confiance. 

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Malgré l'aspect mythologique fort du film, le spectateur aura tendance à se demander si ce que dit Diana est vrai, en grande partie parce que le cadre finalement très réaliste de la Grande Guerre contredit la mythologie entrevue dans les premières minutes. L'univers est ainsi évoqué à travers des peintures baroques en mouvement, iconisant toujours un peu plus les dieux au centre du film. C'est également le cas pour Diana, mise en valeur à travers une scène de bataille spectaculaire et dont les ralentis ne font que renforcer la puissance de ses coups. Gal Gadot confirme qu'elle est un choix parfait, dégageant à la fois un certain charme et un tempéramment fougueux dans l'action. Si l'exécution du climax a tendance à jouer sur la surabondance d'effets-spéciaux pas tous jolis (idem au cours du film), il n'en reste pas moins jouissif et particulièrement généreux. Deux dieux qui s'affrontent, cela a le mérite de sortir du lot et autant dire que cela n'a rien à voir avec les peplums pourraves réalisés par Hollywood ces dernières années (que ce soit les Choc des titans ou Les immortels). (fin des spoilers) Jenkins a finalement très bien compris le personnage et parvient à signer un film mélangeant guerre et mythologie avec efficacité. Son retour pour une suite n'en devient que plus légitime et réjouissant. Par ailleurs, soulignons qu'après le coup d'essai de Suicide Squad avec ses objets psychédéliques, le générique de fin de Wonder Woman est vraiment magnifique de par ses dessins et les couleurs employées. 

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Moins fort que les deux premiers films du DC Verse, Wonder Woman n'en reste pas moins un cru fortement attachant, parvenant à mélanger mythologie et réalisme avec succès.


* Pour l'intégralité des propos, voir ici : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Wonder-Woman-est-un-pas-en-arriere-James-Cameron-recidive

10 novembre 2017

Cuvée long live the King #5

Après une petite pause, la Cave de Borat continue son cycle consacré aux adaptations d'oeuvres de Stephen King, mais pas que. En effet, cette fois-ci cette cuvée n'abordera pas que des films, mais également des romans de l'écrivain que votre cher Borat a lu le mois dernier. Alors accrochez-vous, le vol vers l'univers de Stephen King aura quelques turbulences frissonnantes. (Attention spoilers)

  • Le bazaar de l'épouvante (Fraser Clarke Heston, 1993) : Leland Gaunt, un ami qui vous veut du bien

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Outre les allusions récurrentes présentes dans ses romans et nouvelles (notamment au sujet de La Tour Sombre), Stephen King a créé par la même occasion la ville fictive de Castle Rock qui est située dans son Maine natal. Divers romans et nouvelles se sont déroulés dans cette ville depuis Dead Zone (1979), à l'image de Cujo (1981), du Corps (1982) ou de Mémé (1984). Vers la fin des 80's, King décide de laisser la ville de côté, semblant en avoir fait le tour. C'est ainsi que La part des ténèbres (1989), Le molosse surgi du soleil (1990) et Bazaar (1991) formèrent une sorte de trilogie clôturant les aventures de la ville. Deux ans plus tard, ce dernier avait droit à son adaptation produite par Castle Rock (la boîte de production de Rob Reiner) sous le titre Le bazaar de l'épouvante (Needful things en anglais comme le titre original du roman). Le casting est assez prestigieux puisqu'on y retrouve Max Von Sydow, Ed Harris (seconde fois chez King après Creepshow), Bonnie Bedelia (idem après Les vampires de Salem), Amanda Plummer (Pulp Fiction), JT Walsh (Good morning Vietnam) ou Don S Davis (Stargate SG1). La production du film ne s'est pas faites sans heurts puisque le réalisateur Peter Yates (Bullit) quitta la production la veille du tournage, laissant Fraser Clarke Heston prendre la relève.

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"Que la fête commence mes amis !"

Le bazaar de l'épouvante sera un petit succès qui aura même droit à un remontage d'environ trois heures pour la chaîne TNT. Un montage avec pas mal de scènes coupées ou rallongées difficilement trouvable pour des questions de droits. Elle ne fut d'ailleurs pas commercialisée à cause de cela. Votre cher Borat s'est contenté de la version cinéma déjà bien suffisante. Resserrant l'intrigue d'un roman de plus de 700 pages, Heston signe une pure comédie noire où les habitants de Castle Rock sont tous plus cupides les uns que les autres. Leland Gaunt (Von Sydow) n'a finalement pas besoin de grand chose pour mettre la ville à feu et à sang. Les rivalités entre personnages ne demandent qu'à devenir plus animales, à l'image de ces deux femmes (Plummer et Valri Bromfield) ne se supportant pas à cause du chien de l'une d'entre elles. Ou alors ce prêtre (William Morgan Sheppard) et ce révérend (Davis) ne manquant jamais une occasion de s'affronter verbalement sur leur propre foi. S'il est en quelques sortes expulsé de Castle Rock à la fin du film, Leland a gagné la partie et pourra refaire la même chose ailleurs. En peu de temps, il a réussi à monter les habitants les uns contre les autres sur le simple gage d'avoir un objet qui les intéresse. La cupidité des gens comme arme de destruction massive. 

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L'exemple le plus tragique est certainement le personnage de Bedelia, victime d'arthrite et retrouvant le plein usage de ses mains par un collier délivré par Leland. Son cas est le plus particulier de tous, car les autres n'exécute pas des gages car ils sont malades. Juste parce qu'ils ont envie de les faire, à l'image de ce flic qui en vient à tuer et dépecer un chien (les plans les plus crades et malaisants du film) pour provoquer un double homicide. Hormis Bedelia, les autres se complaisent dans une certaine forme d'hypocrisie. Le révérend trouve que faire une soirée de charité dans une église est un blasphème, mais est le premier à trouver des peintures et statues érotiques venues d'Asie fascinantes. Le seul personnage lucide dans le film est Alan Pangborn (Ed Harris). Le policier droit dans ses bottes, fidèle et intègre, le seul qui n'accepte rien de Leland. Il est en quelques sortes le seul à pouvoir sauver Castle Rock du diable incarné par Leland. Le côté immortel de Leland et certaines répliques ("Que les dieux les jugent, moi je m'en lave les mains !") vont dans ce sens, mais Heston garde le mystère autour, ne tombant jamais dans la résolution grand-guignolesque. Max Von Sydow se révèle charismatique du début à la fin, rendant son personnage tout de suite intéressant. 

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Le reste du casting fonctionne pleinement. Comme pour montrer que l'action se situe en un même lieu, Heston se permet même d'utiliser deux fois un même plan pour en venir et en ressortir à travers ses deux génériques. Ce qui se passe à Castle Rock reste à Castle Rock. Si pendant longtemps Stephen King a laissé Castle Rock derrière lui, il s'apprête à rouvrir ses portes dans les prochains mois. En effet, une série portant le nom de la ville a été produite par JJ Abrams et sera diffusée par Hulu l'an prochain. Une sorte de maelstrom de la carrière du romancier comme en atteste la première bande-annonce dévoilée le mois dernier. On retrouve ainsi des allusions à Ça (1986), à Rita Hayworth et la rédemption du Shawshank (1982), Misery (1987) ou à Un élève doué (1982). Le teaser précédent (https://youtu.be/UGHupqE1LCI) allait même plus loin en citant des noms, mots ou destinations en rapport à l'univers de King :

  • Ben Mears, Mark Petrie, le père Callahan, Susan Norton et Kurt Barlow issus de Salem (1975)
  • le club des ratés et Pennywise
  • Leland Graunt, Alan, Norris Ridgewick (Ray McKinnon) et le jeune Brian Rusk (Shane Meier)
  • Andy Dufresne le héros de Rita... et Bogs Diamond un de ses agresseurs
  • The Mangler (1972)
  • le journaliste Richard Dees, héros de The Night Flier (1993)
  • Selena et Joe St George, la fille et le mari de Dolores Claiborne, ainsi que Vera Donovan la femme dont elle s'occupe
  • le jeune autiste Duddits, son ami Jonesy et l'extraterrestre Mr Grey de Dreamcatcher (2001)
  • Paul Sheldon et Annie Wilkes (l'auteur de Misery et son admiratrice), ainsi que le shérif Buster
  • Ronnie Malenfont et Liz Garfield, deux personnages présents dans Coeurs perdus en Atlantide (1999)
  • Mr Jingles, la souris de La ligne verte (1996) et Eduard Delacroix le prisonnier qui la recueille, ainsi que John Coffey et les gardiens Percy Wetmore et Paul Edgecomb
  • Dick Hallorann, Jack et Danny Torrance, le directeur Stuart Ullman, ainsi que les fantômes Delbert Grady et Horace W Derwent présents dans Shining (1977)
  • Richard Vickers, le personnage de Leslie Nielsen dans Creepshow (George A Romero, 1982)
  • En ce lieu, des tigres (1968)
  • et même le pseudonyme de King, Richard Bachman

Le casting regroupe également des acteurs déjà apparus dans les adaptations basées sur King : Sissy Spacek (Carrie immortalisée de Brian de Palma), Bill Skarsgaard (le Pennywise d'Andres Muschietti) et Terry O'Quinn (le shérif de Peur bleue). Verdict d'ici quelques temps.

  • The Night Flier (Mark Pavia, 1997) : Un aviateur qui laisse des traces

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Le hasard fait parfois bien les choses, Mark Pavia peut en parler. Le jeune réalisateur se fait remarquer avec le court-métrage Drag (1993), une histoire de zombies avec une héroïne pour personnage principal marchant dans une Terre dévastée. Il se trouve que Stephen King et Richard P Rubinstein avaient vu le court-métrage dans les locaux de Laurel (la boîte de production de Rubinstein) et l'avaient apprécié. Selon le réalisateur, "au même moment, The Night Flier était en développement chez Laurel, et ils ne trouvaient vraiment pas de solutions aux trous du scénario. Stephen avait abandonné le premier script sur lequel il travaillait." (*). Pavia est donc arrivé au bon moment avec son camarade Jack O'Donnell. A l'origine, The Night Flier (ou Le Rapace nocturne) est une nouvelle du recueil Rêves et cauchemars qui avait été publiée au préalable dans le recueil Treize histoires diaboliques (1988) avec pour titre L'oiseau de nuit (soit la traduction littérale du titre original). Le film aura droit à une sortie assez confidentielle après une première diffusion sur la chaîne HBO. Il se trouve que les distributeurs ne se poussaient pas au portillon et le producteur avait fini par conclure le deal avec la chaîne des Contes de la Crypte.

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Bien qu'accueilli chaleureusement, The Night Flier ne fera pas exploser la carrière de son réalisateur, faites de projets avortés et un seul film réalisé en vingt ans (Fender Bender, 2016). Richard Dees (incarné dans le film par le regretté Miguel Ferrer) n'en est pas à sa première apparition dans l'univers de Stephen King, puisqu'il essayait d'avoir une interview de Johnny Smith dans Dead Zone. Il fait ici son grand retour en étant le personnage principal. Un éditorialiste à la poursuite de ce qui pourrait être un vampire pour un tabloïd. A la différence de la nouvelle, Pavia et O'Donnell ont rajouté une sorte d'antagoniste féminin (Julie Entwisle). Les deux personnages forment une même pièce. D'un côté, le vieux journaliste qui joue du cynisme car lassé de faire des articles bateaux sur des sujets à sensation. De l'autre, la jeune recrue encore idéaliste qui croit encore que le vérité prime. Comme il lui dit plusieurs fois au cours du récit "Ne jamais croire ce que vous publiez, ne jamais publier ce que vous croyez". Un adage qui prendra tout son sens dans un final particulièrement cynique où la jeune femme devient comme son modèle. Dees est d'autant plus intéressant qu'il n'est en rien un héros. 

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S'il en est là, c'est parce que comme le dit sa phrase fétiche il a accepté d'écrire des articles de piètre qualité depuis longtemps. Il s'est enfermé dans un personnage désagréable qui ne croit plus en rien et n'est pas toujours très propre sur lui. Le flashback le montrant en train de photographier sa collègue venant de se suicider sème même plutôt le doute (et s'il l'avait tué pour en tirer un article ?). A cela se rajoute la séquestration de sa collègue qui aurait pu avoir un dénouement bien plus tragique. Ferrer est totalement savoureux dans ce rôle d'anti-héros, n'en étant pas à un rôle douteux près. Le traitement du vampire se révèle particulièrement subtil. Même si l'affiche ci-dessus le dévoile largement, Pavia se veut très prudent sur l'aspect vampirique du personnage, ne le dévoilant sous ses deux formes uniquement dans le climax. Sinon il est représenté par un avion en marche (sa forme chauve-souris ?) ou avec une cape typique du look du vampire classique. Avec cela, le réalisateur peut jouer avec les attentes du spectateur car s'il tue bien des personnes (notamment par décapitation), est-ce pour autant un vampire ? Outre la transformation, le réalisateur confirme le statut du personnage par un aspect tout simple et là aussi récurrent du genre vampirique.

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Il a perdu la tête dès qu'il a vu Suzette.

Si le film est très intéressant au niveau de son écriture, il l'est un peu moins dans sa réalisation. En dehors d'aspects purement graphiques (Pavia n'hésite pas à montrer des corps démembrés ou défigurés), la réalisation est finalement assez télévisuelle. La musique de Brian Keane va dans ce sens de par sa simplicité et on retrouve le même type de musique dans les téléfilms qui pullulent sur nos chaînes de télévision. Cela n'empêche pas le film d'avoir un certain charme, d'autant que cela faisait depuis Dolores Claiborne (Taylor Hackford, 1995) qu'une adaptation des travaux de King n'avait pas été d'aussi bonne qualité. Pourtant ce n'était pas les productions qui manquaient...

  • Coeurs perdus en Atlantide (Scott Hicks, 2001) : Retour en enfance

Coeurs perdus en Atlantide : Affiche Anthony Hopkins, Scott Hicks

Recueil un peu particulier, Coeurs perdus en Atlantide dévoilait des histoires liées entre elles, parfois par des personnages clés. Une idée venue de la volonté de King d'écrire un livre autour des 60's. Crapules de bas étage en manteau jaune suivait Bobby Garfield se liant d'amitié durant l'été 1960 avec un vieil homme habitant une chambre chez lui et possédant ce qui semble être le shining. Il se trouve que le personnage de Ted Brautigan est directement lié à La Tour Sombre (il apparaîtra dans le septième tome) et ceux qui le traquent sont des hommes de Roi Cramoisi en raison de son don de briseur de rayon. La seconde histoire baptisée du titre du recueil suit un garçon amoureux de Carol Gerber (personnage vu dans la précédente nouvelle) en 1966. Il se trouve que Gerber est plus ou moins liée à Randall Flagg (King n'a jamais confirmé, mais le nom Raymond Fiegler a les mêmes initiales) et se retrouve dans un attentat terroriste pour la lutte contre la Guerre du Vietnam. Willie l'aveugle et Pourquoi nous étions au Vietnam évoquent deux vétérans de cette guerre (Willie Shearman un agresseur de Carol et Sully John l'ami de Bobby et de Carol). Ainsi tombent les oiseaux célestes de la nuit conclut le livre sur Bobby désormais adulte et marié.

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Le trio au centre du recueil : Carol Gerber, Bobby Garfield et Sully John.

Il assiste à l'enterrement de Sully John et rencontre Carol devenue professeur sous une fausse identitée. Castle Rock s'empare comme très souvent du manuscrit et propose l'adaptation au réalisateur Scott Hicks (Shine) et au scénariste William Goldman (Misery). Ne pouvant tout adapter sous peine d'un film de plus de trois heures, le duo se concentre sur la première et la dernière histoires rattachées toutes deux au personnage de Bobby Garfield. Il trouve aussi une astuce pour ne pas citer La Tour Sombre en changeant les hommes de Cramoisi par des agents du FBI. Ce qui est plutôt logique au vue d'une époque encore très portée sur la chasse aux sorcières (la mère de Bobby n'hésite pas à dénoncer Brautigan comme d'autres l'ont fait sous le maccarthysme). Le film enlève toutes les allusions au Vietnam et Carol (Mika Boorem) est décédée. Toutefois, Hicks joue sur la filiation puisque Bobby (David Morse) rencontre la fille de son premier amour qui est volontairement jouée par la même actrice, Carol n'étant jamais montrée adulte. Le récit commence sur Bobby adulte apprenant la mort de Sully John et allant à son enterrement, avant de revenir à son ancienne maison laissant place à un long flashback adaptant la première nouvelle.

CPEA 2

Même s'il n'adapte pas tout et prend des libertés avec le récit, Hicks n'en signe pas moins un très beau film. Le réalisateur trouve même un point émotionnel involontaire, puisque le jeune interprète de Bobby n'est autre que feu Anton Yelchin. Comme pour un clin d'oeil de plus, on peut faire le parallèle avec une autre étoile montante d'Hollywood partie trop tôt River Phoenix, représenté en quelques sortes par Sully John (Will Rothhaar) ressemblant au personnage qu'il incarnait dans Stand by me (Rob Reiner, 1986). Ironiquement voué à un destin aussi funeste. Si Bobby ne finit pas comme ses deux camarades, le fait qu'il soit joué en grande partie par Yelchin rend le film d'autant plus mélancolique qu'il ne l'est déjà. Comme souvent avec King, il ne s'agit pas de prendre une époque pour faire un trip nostalgique, juste que cela permet de planter un décor, de confronter ses personnages à des souvenirs pas forcément faciles à se remémorer (idem dans Ça). Hicks se veut même assez radical par moments en évoquant des maltraitrances faites aux femmes, alignant même deux événements avec une certaine violence (d'un côté une enfant agressée, de l'autre une femme violée).

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Un sujet qui n'est pas nouveau pour le romancier, déjà auteur d'une trilogie féministe entre autres (Jessie, Dolores Claiborne et Rose Madder, 1992-95). De même, Hicks montre un enfant en conflit avec une mère (Hope Davis) qui lui ment et se fait des idées sur son nouvel ami (Anthony Hopkins), au point de se venger sur lui au lieu de son agresseur. Le réalisateur a gommé les aspects trop fantastiques, se contentant du don de Brautigan au sens large du terme. Ses visions se contentent du discours et des talents d'Hopkins. Une volonté du réalisateur qui fonctionne plutôt bien à l'écran, ne faisant pas de Brautigan un Johnny Smith bis. Hicks signe un film rempli de tendresse et d'amertume d'un petit garçon devenu grand et voyant qu'il a perdu deux de ses amis le même jour (l'un par son enterrement, l'autre par quelqu'un lui ayant dit la nouvelle). Si le personnage n'a pas tout perdu (il a une famille, un métier), une part de lui-même s'est envolée brutalement. L'espoir vient d'une jeune fille qui est le portrait craché de sa mère. Coeurs perdus en Atlantide fut un bide à sa sortie et n'a pas acquis une réputation plus grande aujourd'hui. Dommage pour un film qui mérite probablement plus d'attention que certaines adaptations ratées (le Carrie de Kimberly Peirce en tête).

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Il semblerait que le réalisateur Johannes Roberts serait sur un projet d'adaptation complète du recueil. A voir si cela tiendra longtemps puisque le réalisateur a déjà prévu de réaliser une suite à son 47 meters down (2017). Wait and see...

  • Marche ou crève (1979) : La Mort qui marche

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L'actuelle couverture française.

Votre cher Borat aurait pu s'en tenir à des adaptations, il a finalement eu le déclic. A force de traîner dans les méandres de l'univers de Stephen King, j'ai fini par me mettre à lire. Après avoir relu Creepshow (King, Wrightson, 1982), je me suis dit que se lancer dans quelques romans ne me ferai pas de mal. Puis ce serai un bon défi, moi qui ne lis pas trop de romans en raison de la concentration que cela nécessite (si je décroche, je laisse tomber). Il se trouve que cela a fonctionné puisque j'en suis à mon troisième roman de Stephen King ! Pour précision, j'ai choisi des romans qui n'ont pas été adapté. Cela me permet d'aller vers des horizons où je suis vierge et la découverte n'en devient que plus intéressante. C'est ainsi que j'ai commencé avec Marche ou crève. Pour précision, il s'agit d'un des romans que King a signé sous le pseudonyme Richard Bachman comme ce fut le cas de Rage (1977) ou Running man (1982). Des romans souvent jugés plus radicaux et violents, ce que confirme Marche ou crève. Mais aussi des récits écrits avant que Stephen King ne devienne connu. Dans le cas présent, il fut rédigé entre 1966 et 1967. Il fut longtemps question d'une adaptation signée Frank Darabont mais le projet n'a jamais avancé, certainement à cause du ton et de la violence graphique qu'il nécessitait.

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Première couverture pour l'édition américaine.

Le roman n'est pas sans rappeler On achève bien les chevaux (Horace McCoy, 1935), dont l'adaptation de Sydney Pollack sera réalisée peu après la rédaction de Marche ou crève. A la différence qu'ici, les danseurs seraient tués s'ils tombaient, se casseraient un membre, avaient une crampe... Si au bout du troisième avertissement, le coureur ne retrouve pas une cadence d'au moins six kilomètres / heure, il sera exécuté par la milice. Toutefois, l'auteur ne le dit pas tout de suite et attend le premier cas pour dévoiler la réalité du "ticket". Le ticket vers la sortie est en fait une balle, souvent dans la tête. King ne donne pas de précision sur la création de la marche et se concentre sur l'expérience même des différents coureurs. Les personnages que l'on peut qualifier de principaux ont parfois des raisons pour se lancer dans la marche. Certains l'ont fait par défi, d'autres pour l'adrénaline, parfois pour des besoins personnels. Au final, on comprend que les raisons sont parfois banales et dans un certain sens, les participants ne se seraient jamais lancé dans la marche s'ils avaient su la réalité de la chose. Garraty l'a fait par défi et en soi pour subvenir à ses besoins, mais finalement ses raisons sont bien futiles. 

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Couverture suédoise.

Scramm paraît déjà plus légitime car il veut aider sa femme et son bébé, mais il est trop sûr de lui et son corps lui répondra de manière brutale. Bien que certains sont inconnus, au point que King se contentera parfois d'un petit commentaire ou d'une remarque, l'auteur réussit souvent à retranscrire l'horreur de leur mort. C'est le cas d'un garçon dont les jambes seront littéralement arrachées par les chenilles du half track (les soldats surveillent les participants à bord d'un char). De la même manière, un personnage bien moins anonyme réussira à survivre plusieurs lignes malgré divers tirs dans son corps. L'une des premières morts est l'occasion pour King de dézinguer le racisme, puisqu'il s'agit de celle d'un afro-américain tenu par les soldats pour se faire exécuter avec les insultes qui vont avec. La ségrégation n'est jamais très loin... La mort est également symbolisée à travers les conditions physiques des coureurs qui se dégradent au fur et à mesure, jusqu'à en mourir parfois d'épuisement. En peu de mots, King arrive souvent à montrer tout le malaise ambiant qui entoure la course. Ce show parfois filmé où les spectateurs s'aglutissent pour voir une centaine de jeunes mourir.

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Couverture signée Jim Tierney.

Il n'y a aucune émotion, certains parient même sur leur champion. La seule humanité que l'on remarque un tant soit peu vient de la mère et de la petite-amie de Garraty présentes lors d'une des dernières villes traversées. Le roman a été publié en 1979 et il est toujours d'actualité. Aujourd'hui il y aurait plus de caméras, les candidats seraient filmés sous tous les angles et il y aurait certainement une chaîne en temps réel qui diffuse la grande marche à la télévision ou sur le net avec des commentateurs sportifs. Mais le fond resterait exactement le même, d'autant que King n'utilise aucune temporalité, juste la potentialité d'un futur proche. Marche ou crève est un choc incroyable, dont les visions d'horreur risquent de rester encore dans ma mémoire.  

  •  Shining, les couloirs de la peur / Docteur Sleep (Garris, King, 1997-2013) : Retour à l'Overlook

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Depuis la sortie de Shining (1980), Stephen King n'a jamais caché son animosité envers le film de Stanley Kubrick et certains fans ont fait de même. En compagnie de la scénariste Diane Johnson, le réalisateur a largement taillé dans le roman, laissant de côté divers aspects (que ce soit les arbres taillés en animaux ou le maillet de croquet remplacés par un labyrinthe et une hâche) jusqu'à en modifier la fin en conséquence. En effet, il n'était pas question dans le roman que Jack Torrance meurt frigorifié dans un labyrinthe ou que Bill Hallorann meurt sous les coups de hâche de Jack. Kubrick a laissé de côté la chaudière à surveiller tous les jours, afin de réaliser un final totalement différent tenant davantage de la montagne russe émotionnelle. Si Wendy et Danny finissaient par s'en sortir, ce ne fut donc pas par l'explosion de l'hôtel à cause de sa chaudière. Aussi distant du roman que le furent Kubrick et Johnson, il n'en reste pas moins que Shining est un classique incontournable de l'horreur, dont certains plans restent encore gravés dans l'inconscient des spectateurs. Comme il adapte tout de même une bonne partie du roman, contrairement à ce qui se dit souvent. Stephen King avait lui aussi fait une version de scénario avant qu'elle ne soit écartée par Kubrick. 

Shining

L'auteur trouve alors le moyen de rendre justice à son roman à travers une mini-série en trois opus (soit 4h22 de programme) pour la chaîne ABC. Aux commandes, on retrouve Mick Garris réalisateur habitué de l'univers de King depuis la fiction originale La nuit déchirée (1992). Gary Sinise (présent dans son adaptation du Fléau) fut un temps pressenti pour jouer Jack Torrance, mais il ne se sentait pas capable de passer après la prestation de Jack Nicholson. Ce sera finalement Steven Weber, lui aussi familié de King puisqu'il avait adapté la nouvelle Les révélations de Becka Paulson (1991) pour la série anthologique Au delà du réel : l'aventure continue (1995-2002). L'acteur s'en sort de manière honorable, mais là où la folie de Jack tenait presque sur tout le film chez Kubrick, ici sa réelle folie meurtrière apparaît finalement très / trop tard. On peut voir quelques accès de colère, mais cela reste léger et trop peu pour qualifier le personnage de fou dingue. Sans compter le dénouement un brin angélique qui ferait passer Jack pour le père de l'année. Wendy a un traitement plus intéressant et cohérent. Kubrick avait fait de Wendy un personnage sans cesse dans la peur au point que Shelley Duvall (que Kubrick avait tendance à épuiser) finissait par devenir blanche comme un cachet d'aspirine. 

Shining 4

Ici, Garris et King en font une femme forte incarnée par l'excellente Rebecca de Mornay. Une alternative pertinente et qui rend l'affrontement avec son mari d'autant plus sauvage (chacun se bat comme dans un ring de boxe à travers les couloirs de l'Overlook). Par contre, Courtland Mead est particulièrement agaçant dans le rôle de Danny. Pas que Danny Lloyd était monumental, mais Mead a vraiment du mal à convaincre dans un rôle qui accumule les casseroles. Si Shining version 1997 n'est pas désagréable à regarder et est honnêtement une bonne adaptation (y compris dans la réalisation plutôt inspirée de Garris qui ne singe pas celle de Kubrick), il est en revanche vraiment trop long. Les différentes parties aident à faire passer la pilule, mais il est vrai que l'adaptation s'attarde sur beaucoup de choses. On pense au nid de guêpes qui n'apporte absolument rien à la narration, les scènes de bavardages interminables entre Dick (Melvin van Peebles) et Danny ou à la présence physique de Tommy (Wil Horneff). Ce dernier point est assez éloquent quant à l'envie de King de vouloir tout adapter, sans comprendre que la suggestion n'est parfois pas plus mal au cinéma ou à la télévision.

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Quand Kubrick montrait Tommy par le biais d'un doigt, il n'y avait pas besoin de plus pour montrer que Tommy est un ami imaginaire. Matérialisé, il ne sert finalement à pas grand chose. Les arbustes sont animés de manière grossière, au point de comprendre pourquoi Kubrick n'a pas voulu montrer cela dans son film. En revanche, King a raison de s'attarder sur les origines de l'Overlook, permettant de mieux comprendre le mal qui règne sur l'hôtel depuis bien longtemps. De la même manière, la fascination de Jack pour l'hôtel est finalement plus évidente que sa folie meurtrière. L'évocation de son père est d'ailleurs assez similaire à celle de Toomy dans Les langoliers (1990). Shining est finalement une mini-série intéressante qui permet une alternative pour les fans du roman, mais aussi du film de Kubrick. Par contre, il faut avoir le temps et l'envie. Après Dome (2009), Stephen King a dans l'idée de donner suite à Shining en prenant le point de vue de Danny. Docteur Sleep aurait pu n'être qu'un simple décalque de l'oeuvre initiale avec un jeune héros alcoolique qui perd le contrôle comme son père. King choisit tout sauf la facilité en évoquant son propre passé d'alcoolique. 

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Couverture de l'édition française. 

Quand il a écrit Shining, il était en plein dedans et il signait un roman sur un homme qui s'enfonce toujours plus loin dans la démence à cause de l'alcool. Il n'y avait pas d'échappatoire : si Jack avait arrêté la boisson, il avait repris aussi sec. Ce n'est pas le cas de son fils. A la différence de Jack, Danny boit pour oublier les visions morbides qui l'assaillent depuis qu'il est enfant. Comme King dans les 90's, Danny a touché le fond pour ensuite rebondir en étant complètement sobre. Le fond est symbolisé par la vision de cet enfant et de sa mère avec qui Danny a eu une relation d'un soir. Une vision d'autant plus macabre que les deux ne viennent pas le hanter par hasard, ils sont désormais des fantômes. Comme dans Shining, les fantômes apparaissent sous leur dernier aspect et Danny sait comment ils sont morts. Ce qui rend la présence de ces deux personnages d'autant plus tragique et affreuse. C'est aussi cela qui sera le déclic pour Danny. La rédemption passe par deux points. Le premier est que Danny travaille dans un hospice et finit par aider des vieilles personnes à partir. Une manière de rendre service à travers le shining. Ensuite, le roman alterne entre Danny et deux autres intrigues qui finiront toutes par se relier. 

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Couverture réalisée par Vincent Chong.

Dans un premier temps, nous suivons une femme nommée Rose qui fait subir un rite de passage à une certaine Andy. Rose fait partie d'un groupe de personnes se nourrissant de la vapeur de personnes possédant le shining, y compris des enfants. Un groupe présent à travers les différents états des USA et dont l'un des points culminants n'est autre que l'Overlook Hotel devenu un camping. De l'autre, nous avons une enfant que l'on voit grandir au fil du roman nommée Abra. Il se trouve que la petite fille a des dons similaires à Danny et commence à communiquer avec lui sur plusieurs années. L'impact est d'autant plus grand que l'introduction de la petite se fait sur une prémonition d'une certaine violence : elle donne à ses parents les chiffres des deux avions s'étant écraser dans les tours du World Trade Center. Une vision glaçante qui ne sera pas la seule d'un roman qui permet à King d'explorer un peu plus le shining. Que ce soit en ayant une vision précise de ce que voit un personnage en direct ou de parler à sa place. Petit à petit, Abra devient l'enjeu de l'intrigue globale, avec d'un côté ceux qui veulent la protéger (dont Danny) et ceux qui veulent la bouffer. Le bien contre le mal. A la différence que la fille est également un membre actif.

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Couverture réalisée par Vincent Chong.

Comme la recherche d'Abra par ces vampires d'une autre génération devient petit à petit un moyen de survie suite à un rebondissement plutôt bien venu. Si le romancier n'est pas toujours subtil dans sa manière de raccrocher les wagons (la relation entre Abra et Danny n'a rien du hasard), il signe un roman de plus en plus halletant, se terminant par une lutte assez forte entre le bien et le mal. Docteur Sleep n'est pas Shining 2, mais une suite explorant ce qu'est devenu le petit garçon qui a survécu et comment il a fait pour ne pas devenir comme son père. Le peu d'éléments se rattachant à Shining est même évoqué au début du roman pour ensuite être évacuer du récit. Un grand récit sur la rédemption qui ressemble à son auteur et dont l'espoir est symbolisé par une jeune fille de treize ans. Warner a lancé deux projets ces dernières années autour de Shining, étant toujours en possession des droits grâce au film de Kubrick et à la mini-série de Garris. Le premier est une préquelle au roman auquel est associé Mark Romanek (Photo Obsession). Le second l'adaptation de Docteur Sleep avec Akiva Goldsman au scénario (ce qui est toujours rassurant venant d'un scénariste aussi douteux). A l'heure actuelle, les deux projets pataugent dans le development hell et ce n'est peut être pas plus mal.

A la prochaine !


 * Propos tirés de Mad Movies Hors-série numéro 22 (décembre 2013).

08 novembre 2017

Take me home, country roads...

Le Kingsman subit les assauts du trafiquant de drogue Poppy Adams. Les membres restants doivent être aidé par leurs homologues américains pour combattre l'ennemi...

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Matthew Vaughn n'est pas très friand de suite et en général il le fait vite comprendre. La suite de Kick Ass (2013) s'est faites sans lui (il reste producteur du film de Jeff Wadlow). Il avait quitté la pré-production d'X Men Days of Future Past suite à la tournure que prenait l'intrigue (le film sera finalement réalisé par Bryan Singer). Mais Kingsman (2015) était son bébé. Il était déjà impliqué dans la conception du comic-book (2012), au point d'être crédité comme co-auteur aux côtés de Mark Millar. On pouvait s'attendre à une défection de Vaughn sur une suite de Kingsman, mais il n'en fut rien. The Golden Circle (2017) a même eu une production assez rapide, ce qui ne pouvait que plaire à la Fox, distributrice chanceuse du premier film. Si les chiffres sont un peu plus faibles que pour le premier (le film n'est toutefois pas au bout de son exploitation), il n'en reste pas moins qu'ils sont de bonne tenue (377 millions de dollars de recettes contre 414). (attention spoilersThe Golden Circle commence sur les chapeaux de roue, un peu comme un certain Quantum of solace (Mark Forster, 2008). La poursuite confirme que ce second opus est bien une suite et non une séquelle ou nouvelle aventure individuelle qui peuvent aller dans une direction totalement différente. 

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Eggsy (Taron Egerton) combat un ancien camarade passé définitivement dans les lignes ennemies (Edward Holcroft). La suite du film nous évoquera qu'il est en couple avec la princesse avec qui il a eu des moments gourmands et croquants dans le précédent film (Hanna Alström). Un élément qui confirme qu'Eggsy n'est pas James Bond l'espion qui découche à droite et à gauche, mais plutôt un Jack Ryan fidèle à la même femme. Il est aussi bien habillé et professionnel dans son métier que Bond, mais pour ce qui est de la vie privée c'est différent. De la même manière, un événement rendra sa quête / mission plus personnelle. Une scène va aussi dans ce sens, le problème étant qu'elle a tendance à aller un peu trop dans le graveleux inutile. Quelques gags vont parfois dans ce sens, là où d'autres passent beaucoup mieux. C'est un des défauts notables d'un film ambitieux qui veut parfois trop en faire, au point d'avoir aussi quelques baisses de rythme dans un film un peu trop long (il dure dix minutes de plus que son aîné). Ce qui n'empêche pas le film d'être divertissant et de s'imposer comme une suite qui tente des choses et ne fait pas dans la redites. Le retour d'Harry (Colin Firth) est justifié de la plus improbable des manières, mais cela reste assez cohérent avec le délire proposé par ces films. 

Kingsman : Le Cercle d'or : Photo Mark Strong, Taron Egerton

Le personnage ne retrouve pas sa fougue d'antan tout de suite et il faudra de la persévérance pour qu'il redevienne l'espion que nous avons connu précédemment. D'autres franchises se sont cassées la figure sur le même principe par exemple (cf le retour délirant de Michelle Rodriguez dans la saga Fast and Furious). Outre les connecteurs logiques (soit le Kingsman, Eggsy, Merlin et Harry), The Golden Circle est pour Vaughn l'occasion de développer un peu plus la mythologie de son univers. Comme faire une filiale américaine des Kingsman spécialisée dans le whisky ! A la différence des chevaliers de la table ronde de leurs camarades anglais, les Statesman sont plutôt branchés noms d'alcools. Si Halle Berry et Pedro Pascal ont des rôles de qualité, on peut reprocher que Jeff Bridges et surtout Channing Tatum soit trop peu présents. En détruisant le Kingsman, Vaughn réussit à renouveller le concept à travers cette nouvelle filiale, ses gadgets tout aussi sophistiqués (voir cet engin permettant à une victime de tir en pleine tête de reprendre vie) et de permettre d'autres possibilités. Le plan de Poppy Adams (Julianne Moore) est la suite logique de celui de Richmond Valentine (Samuel L Jackson) : il y a un côté totalement absurde mais aussi logique dans sa démarche. Valentine voulait endiguer le réchauffement climatique en faisant s'entretuer une bonne partie de la population. 

Kingsman : Le Cercle d'or : Photo

Poppy veut dézinguer le trafic de drogue en négociant le libre accès de sa came dans le monde. Comme Valentine, Poppy garde une personnalité au chaud. C'est ainsi que le camarade Elton John se retrouve dans un show d'autodérision particulièrement jouissif où Saturday laisse place à Wednesday Night's allright. Y compris en étant une aide improbable à Harry au cours d'un des climax ! Outre le plan, Poppy est une méchante assez amusante avec sa ville 50's en pleine jungle sud-américaine, sa passion de la robotique et des tendances au burger cannibale valant un beau moment de malaise. Vaughn en vient aussi à s'amuser de l'actualité, puisque le président des USA incarné par Bruce Greenwood n'est pas très éloigné de Donald Trump dans ses idées radicales. Le pire est que Greenwood en vient à être plus effrayant que Poppy. Vaughn continue à signer des scènes d'action fun et déjantées à l'image de ce triple climax réussi. On commence sur John Denver repris magistralement par un Mark Strong en grande forme et Henry Jackman, avant d'enchaîner sur une fusillade rythmée par Elton John. On continue avec deux héros faisant jeu à part avant de se rejoindre pour un plan-séquence où ils sont à égalité. Harry a retrouvé ses facultés, Eggsy est devenu l'équivalent de son maître. Au moins, on ne peut pas dire que les personnages n'ont pas évolué au cours du film et le casting est encore une fois de qualité. (fin des spoilers)

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Une séquelle qui a quelques fautes de goût, mais parvient à largement renouveler son concept et à être la suite logique de son aîné.

03 novembre 2017

Le rêve américain dans un rail de coke

Barry Seal est envoyé en Amérique du Sud par la CIA pour prendre des photos, mais comprend rapidement qu'il peut faire des affaires avec le cartel de Medellin. Seal va alors devenir aussi bien un pion pour les USA que pour le cartel...

AM

Doug Liman est un réalisateur qui est passé du cinéma indépendant au film de studio avec quelques couacs en chemin. On se souvient de ses difficultés à imposer sa patte durant la production de La mémoire dans la peau (2002). De la même manière quand un projet patine, le réalisateur a tendance à vite s'en détacher comme ce fut le cas avec "Gambit" et "Justice League Dark". Dans les 2000's, Liman a également eu du mal à convaincre avec des films comme Mr and Mrs Smith (2005) ou Jumper (2008). Toutefois, il était revenu sur le devant de la scène avec l'inventif Edge of tomorrow (2014). Revoilà le duo Liman / Tom Cruise aux commandes de Barry Seal : American Trafic ou American Made pour le titre original (2017). Liman est d'autant plus impliqué que son père a participé aux enquêtes sur l'affaire Iran-Contra dans les 80's. Affaire qui est une conséquence présente dans le biopic que signe Doug Liman. En bon casse-cou qu'il est, Cruise a piloté durant la plupart de ses séquences aériennes. Le film s'est fait remarqué durant son tournage à cause d'un crash aérien. Un des avions utilisés pour le film (visiblement pour des repérages) s'est écrasé en Colombie suite à de mauvaises conditions météorologiques. 

Barry Seal : American Traffic : Photo

Une affaire un peu étouffée depuis les faits survenus en septembre 2015 et qui refont surface depuis la sortie du film. Pas forcément une bonne affaire pour Cruise, ni pour les producteurs, mais pas assez pour entacher le succès du film (122 millions de dollars au total et même si le box-office us est petit, le film est remboursé avec 50 millions de budget). On verra si l'affaire aura des suites... Pour en revenir au film, American Made s'avère assez classique dans sa structure. Ce n'est pas le premier film avec un personnage trouble (si possible qui a bel et bien existé) qui monte et qui descend. C'est le cas de films comme Casino (Martin Scorsese, 1995), Scarface (Howard Hawks, 1932) ou même tout récemment War dogs (Todd Phillips, 2016). Si bien qu'American Made aura un goût de film pas forcément novateur. D'autant que comme le film aborde le cartel de Medellin, certains aspects ont été traité dans la série Narcos (2015-) et des films évoquant le cartel. Toutefois, tout est une question de traitement et de ce que le réalisateur et les scénaristes veulent montrer. En l'occurrence, American Made s'aventure davantage dans le potache et se révèle plus amusant que le film de Phillips qui jouait plus sur l'amitié tragique de ses trafiquants d'armes en titre. 

Barry Seal : American Traffic : Photo

Certainement parce que Barry Seal (Cruise) se retrouve dans des histoires tellement grosses qu'on a parfois du mal à ne pas en rire. Pourtant la plupart des événements relatés dans le film (certains sont réarrangés ou modifiés, ce qui n'a rien de nouveau dans un biopic) sont bel et bien arrivés, rendant le film encore plus frappadingue qu'il ne l'est déjà. Tout d'abord la confiance quasiment aveugle qu'entretient l'agent de la CIA joué par Domhall Gleeson et Seal. L'impérialisme des USA qui installe des politiciens à la tête de pays sud-américains, sans se rendre compte qu'il se fait plumer en beauté. Ou comment se tirer une balle dans le pied sans s'en rendre compte. Le plus drôle est évidemment qu'une erreur est souvent répétée par les mêmes personnes en pensant bien faire (ce qui amène à l'affaire Iran-Contra). Ce qui donne un air complètement naïf et jubilatoire au personnage de Gleeson. Ici, nos chers services secrets ricains en sont venus à financer des barons de la drogue comme Pablo Escobar en pensant entraîner des armées révolutionnaires sud-américaines. Si ce n'était pas vrai, on pourrait se demander qui est le fou qui a eu une idée pareille, mais la réalité est beaucoup plus délirante. Tout cela par le biais d'un simple pilote d'avion devenu au fil des temps un trafiquant de drogue, d'armes et un agent infiltré ! 

Barry Seal : American Traffic : Photo Domhnall Gleeson, Tom Cruise

Un business qui a rendu Seal intouchable (la scène chez le procureur est géniale à ce propos) et particulièrement friqué. Le rêve américain sous le signe de l'illégalité et financé en partie par le gouvernement. Liman s'en amuse en traitant cette histoire sous le signe de la comédie et il valait mieux au vue d'un certain nombre de situations cocasses ou critiques envers les USA. Le réalisateur n'en est pas à sa première fois. La mémoire dans la peau montrait un agent amnésique autrefois chargé d'exécuter un chef d'Etat gênant pour les USA. Il s'était attaqué à l'affaire brûlante autour de l'armement nucléaire de l'Irak au centre même de la Guerre en Irak dans Fair game (2010). Il n'y a donc rien d'étonnant à voir ce réalisateur sur ce terrain là, le plus cocasse est peut être qu'un studio a financé ce film avec une certaine facilité. Peut être par la seule présence de Tom Cruise. En tous cas, l'acteur se révèle impeccable et comme souvent quand il joue un rôle plus ou moins comique ou à contre-emploi, il excelle. Même si American Made n'est pas totalement une prise de risque du niveau d'un Tropic Thunder (Ben Stiller, 2008). On peut en revanche avoir une réserve sur Madame Seal, puisque le personnage s'avère assez peu utile et fait surtout passer Sarah Wright pour une potiche. Si l'ost est surtout composée de chansons, elle s'avère bien dans le ton et les rares compositions de Christophe Beck sont efficaces.

Barry Seal : American Traffic : Photo Tom Cruise

Si la structure du film n'a rien de nouvelle, American Made s'amuse efficacement à torpiller le gouvernement américain dans son hypocrisie la plus hilarante.


01 novembre 2017

Séance de tempêtes sur plusieurs époques

Une deuxième séance de l'Antichambre de Borat en si peu de temps, vous devez vous demander chers lecteurs si votre cher Borat n'a pas mangé du lion ! Pourtant voici une nouvelle séance où vous retrouverez comme d'habitude trois films abordés dans des critiques plus courtes, mais tout aussi pertinentes. Au programme : Robert Zemeckis s'en va en guerre ; l'Oscar du meilleur film 2017 (spoilers : ce n'est pas La la land) ; et une virée tempêtueuse dans le quotidien d'un père divorcé japonais. Ready ? Go ! (Attention spoilers


 

Allié

Malgré parfois des échecs cuisants (ses aventures dans la performance capture en sont bien la preuve), Robert Zemeckis est toujours debout à Hollywood. Il est toujours avec un projet sous le coude et en général dans un genre qu'il n'a pas encore touché. 

Il avait déjà tutoyé le film de guerre sous le signe de la pastiche avec le scénario de 1941 (Steven Spielberg, 1979), puis en mettant en scène un passage spécial Vietnam dans Forrest Gump (1994). Avec Alliés (2016), il se faufile en Europe et en Afrique pour suivre un couple de soldats résistants dans un premier temps. Lui est canadien (Brad Pitt), elle française (Marion Cotillard). 

Dans un premier temps, Zemeckis fait un pur film de résistance avec l'infiltration dans les hautes sphères nazies, avant un dézingage en beauté et particulièrement graphique  (le film n'est pas classé Restricted pour rien). Alliés montre dans ces instants à quel point la guerre est destructrice et violente, aussi bien du côté des Résistants que des Nazis. Quand il s'agit de dézinguer l'adversaire, il n'y a pas d'avertissement qui tienne.

Puis on passe à du thriller domestique avec le canadien découvrant progressivement que sa femme est une sympathisante nazie. Au fur et à mesure, Zemeckis va s'amuser à confronter un père de famille dans l'incapacité de croire en ce qu'il voit, malgré des éléments évidents. De la même manière, le spectateur commencera à remettre en question ce qu'il a vu auparavant. 

Marion Cotillard se révèle curieusement intéressante dans ce rôle à double jeu (certains connaissent l'aversion de votre interlocuteur pour cette actrice). Est-ce le côté intriguant du personnage qui joue ? Surement puisque l'actrice semble déjà un peu plus à l'aise que dans un certain film de super-héros bien connu.

Pour avoir vu le film en VF, votre cher Borat a failli s'étouffer de rire plus d'une fois avec l'accent canadien de Jean Pierre Michael pour le camarade Brad. Il semblerait que la VO est tout aussi croustillante. Outre ce langage cocasse, l'acteur s'en sort plutôt bien.

Alliés n'est pas le meilleur film récent de Robert Zemeckis, mais c'est un film particulièrement efficace, bien réalisé (la reconstitution est superbe) et au look rétro plutôt bienvenu. 


 

Moonlight

En février dernier, Moonlight (Barry Jenkins, 2016) a offert un des plus beaux fous-rires de l'année à votre interlocteur. La raison est bien évidemment le cafouillage ambulant autour de l'Oscar du meilleur film. La polémique aurait pu amener à ce que le film perde en réputation, mais finalement Moonlight a réussi à se distinguer.

Comme le dévoile l'affiche à droite, Moonlight est un film qui suit un afro-américain à neuf, seize et vingt-six ans. Jenkins y rajoute une particularité puisque le jeune en question est homosexuel. L'aspect sexuel comme l'orientation sexuelle auraient pu être traîtés de manière vulgaire, mais Jenkins les utilise avec sagesse.

D'abord en évoquant l'éducation du garçon faites à la fois par une mère absente (Noamie Harris) et par un dealer de drogue (Mahershala Ali). Puis en montrant son orientation sexuelle progressive. Une scène en particulier montre une relation sexuelle assez tendre, sans dévoiler de nudité. Une scène tout ce qu'il y a de plus intime.

Le héros est tout de suite attachant et les trois acteurs (Alex R Hibbert, Ashton Sanders et Trevante Rhodes) pour l'incarner se révèlent tous convaincants. Chacun évoque une vision de la fragilité du personnage : l'enfant rejeté, l'adolescent tabassé à cause de sa sexualité et l'homme qui cache son homosexualité à travers une image de gros dur.

Autour d'eux gravitent des acteurs tout aussi mémorables. Harris se révèle glaciale et même perturbante. Ali est particulièrement touchant dans un rôle à double tranchant. D'un côté le caïd potentiellement dangereux, de l'autre le père que le héros n'a jamais eu. Quant à Janelle Monae c'est une véritable révélation, allant justement dans le contre-sens parfait de la prestation d'Harris.

Moonlight n'évite pas les écueils de la caméra à l'épaule et les tics poseurs du cinéma indépendant américain. Pourtant, on se prête au jeu de ce film assez touchant bien aidé par d'excellents acteurs.


 

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Pour terminer cette nouvelle séance, votre cher Borat va évoquer un réalisateur japonais qui n'a jamais eu les faveurs du blog. Takeshi Kitano, Akira Kurosawa, son homonyme Kiyoshi ou divers réalisateurs de japanimation sont déjà passés dans ces colonnes, mais pas Hirokazu Kore Eda. 

Le réalisateur s'est notamment fait remarqué au Festival de Cannes avec Nobody knows (2004) ou Tel père, tel fils (2013). Des films qui sont au plus près du quotidien avant que ce dernier n'explose. Dans le premier, il s'agissait du départ de la mère laissant ses enfants livrés à eux-mêmes. Dans le second, l'échange de deux enfants un peu à la manière de La vie est un long fleuve tranquille (Etienne Chatillez, 1988), sans l'aspect comique.

Avec Après la tempête (2016), le traitement est un poil différent puisque l'on suit un père divorcé (Hiroshi Abe) devant payer la pension alimentaire de son ex-femme (Yoko Maki) et son fils (Taiyô Yoshizawa). Par la même occasion, il s'agit d'un écrivain en panne d'inspiration qui se trouve être aussi détective pour arrondir ses fins de mois, quand il ne fait pas des paris foireux.

Kore Eda change un peu de registre en jouant sur l'aspect looser complet de son héros. Un homme qui essaye vainement de reconquérir son ex alors qu'il n'arrive déjà pas à s'entretenir lui-même. Toutefois, Kore Eda le rend attachant par son côté looser sans se moquer de lui. 

L'élément perturbateur n'apparaît finalement que très tard dans le film, une fois que la tempête a lieu. Les deux parents, le fils et la grand-mère (Kirin Kiki) rassemblés dans un même endroit. Ce qui amène quelques quiproquos, mais surtout beaucoup de tendresse.

Kore Eda a toujours réussi à signer des films jouant pleinement sur l'intimité. L'aspect un peu huis clos qu'entraîne la tempête amène finalement à cela de la meilleure des manières. Si le réalisateur ne signe pas forcément son meilleur cru, sa direction d'acteurs et son écriture intime font que le film soit de qualité et pas oubliable.

A la prochaine ! 

29 octobre 2017

Le Marvel Cinematic Universe se diversifie (ou pas)

Quatrième et dernier volet de cette série d'articles sur la Marvel Cinematic Universe. Un opus consacré aux débuts de la Phase 3 , aux films à venir et aux séries. (attention spoilers)

  • Captain America Civil War (les frères Russo, 2016) : La guerre civile n'a pas eu lieu

CW

Ce n'est pas la première fois que Marvel utilise le titre d'un célèbre run pour ceux de ses films. C'était déjà le cas d'Age of Ultron (Joss Whedon, 2015) et ce sera encore le cas avec Infinity War (les frères Russo, 2018). Après, le studio fait toujours ses films et le titre apparaît davantage comme un clin d'oeil. Ce qui est clairement le cas de Civil War. Pour rappel, ce run (2006-2007) englobant diverses séries part d'un accident réalisé par un groupe de mutants lors d'une de leurs opérations filmées. Le gouvernement américain demande alors aux super-héros d'être référencé, quitte à perdre leur anonymat. S'ils ne le font pas et qu'ils continuent leurs actes super-héroïques, ils seront traqués notamment par ceux qui sont référencés. On se retrouvait avec deux cas de figure : Captain America qui est pour les libertés individuelles et Iron Man qui va alors devenir un traqueur de la pire espèce sans s'en rendre compte. Le tout étant marqué dans les dernières pages par la mort du Captain. Inutile de dire que les frères Russo ne se sont quasiment pas inspiré des trois quarts du run. L'incident devient une opération ratée où Crossbones (Frank Grillo) se fait exploser en public. Ce qui renforce à nouveau le côté interventionniste des Avengers, aspect toujours aussi gênant.

Captain America: Civil War : Photo Chris Evans, Elizabeth Olsen, Jeremy Renner, Sebastian Stan

Vient alors la loi sur le recensement initié par le général Ross (William Hurt) que l'on n'avait pas vu dans un film Marvel depuis L'incroyable Hulk (Louis Letterier, 2008). Le personnage n'apparaît pas longtemps, juste là pour taper du poing. On a alors le cas classique évoqué plus haut avec le Captain (Chris Evans) contre Stark (Robert Downey Jr) sauf que... il y a Bucky (Sebastian Stan). Qui devient le réel problème entre eux, plus que le recensement. Parce que Bucky a tué les parents de Stark dans les 90's et qu'il ne le savait pas. Enfin si, tout le monde savait sauf lui. Le type d'informations secret-défense que seul le principal concerné n'est pas au courant. Dès lors, on a bien du mal à avaler la pilule d'un scénario qui se vautre dans des passages personnels qui en deviennent ridicules. Au final, le sujet du film n'est plus le recensement des super-héros. On enferme quand même des gens parce qu'ils luttent pour leurs droits, ce qui au vue du traitement de The Winter Soldier (Russo, 2014) aurait dû être largement mieux traité et plus mis en avant. C'est finalement les engueulades musclées entre deux types qui se croient amis et ce malgré leurs divergences fortes ; et d'un type qui a tué la maman de l'un et est le meilleur ami de l'autre.

Captain America: Civil War : Photo Chadwick Boseman, Paul Bettany, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson

Ce qui vaut un affrontement plein de cgi souvent poussif en pleine montagne. Avant cela, les Russo nous infligent un réglement de compte dans un aéroport vide (!) avec deux groupes qui savent à peine pourquoi ils se battent l'un contre l'autre et surtout pour quel but ? Prendre un avion. Le tout devant un Zemo (Daniel Brühl) devenu terroriste veuf se délectant du match. Il ne lui a pas suffit de grand chose au final. Civil War est bien malheureusement un lot de péripéties sans queue, ni tête au prétexte tellement bateau que s'en est hilarant. L'intrigue avec Bucky n'avance finalement à rien, si ce n'est à déterrer des faits potentiellement évidents ou déjà semi-évoqués par le passé (on savait que les parents de Stark avaient été victime d'un accident). Ce qui renforce le ridicule des révélations. Outre cela, les réalisateurs meublent avec les personnages qu'ils ont (certains du run appartiennent à la Fox), au point que l'on se demande plusieurs fois si on regarde un film Captain America ou un Avengers 2.5. Black Panther (Chadwick Boseman) et Spider-man (Tom Holland) sont introduits dans le MCU plutôt correctement, d'autant que le premier est présenté à travers une origin story avant d'avoir son film solo en février 2018. Spidey fait plutôt guest de luxe, mais on sent que Tom Holland s'amuse dans le rôle.

Civil War (Spidey)

Hawkeye (Jeremy Renner) se sent poussé des traits d'anarchique, ce qui est logique vu qu'il veut protéger sa famille. Il n'en reste pas moins que le trait est totalement forcé. Ant Man (Paul Rudd) se voit attribuer un nouveau costume qui lui permet d'augmenter sa taille. Un aspect visuel plutôt intéressant, mais qui sert pour une séquence de combat sans enjeux. Encore un aspect que l'on devrait voir un peu mieux dans Ant Man and the Wasp (Peyton Reed, 2018). De la même manière, Paul Rudd se demande souvent ce qu'il semble faire là à l'image de son personnage. La relation entre Scarlet Witch (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany) est franchement douteuse pour être gentil (en gros, il la stalke ce qui est VACHEMENT positif même pour un être artificiel). On ne comprend pas non plus le point de vue de Black Widow (Scarlett Johansson), alliée du Captain en général mais qui va dans le camp de Stark, pour ensuite aider le Captain ! On en vient à se demander si les personnages savent réellement ce qu'ils veulent. On peut aussi rajouter qu'il manque un impact émotionnel fort, quelque chose qui était attendu au vue du titre du film. Finalement James Rhodes (Don Cheadle) est toujours parmi nous, Bucky aussi, les deux figures qui s'affrontent aussi. 

Captain America: Civil War : Photo Robert Downey Jr., Sebastian Stan

Les Russo auraient pu frapper fort, ils n'en feront rien. Ce qui ne sera pas le cas de la concurrence quelques semaines avant... Civil War n'est pas seulement une déception, il est surtout un film où les réalisateurs ne savent pas quoi faire malgré un coup d'essai efficace. Soit le même problème qu'avait eu Joss Whedon avec Age of Ultron

  • Doctor Strange (Scott Derrickson, 2016) : Marvel passe à travers une nouvelle dimension

DS 

Affiche réalisée par Paul Shipper.

Doctor Strange est un projet qui ne date pas d'hier et a largement alimenté les magazines et sites consacrés au cinéma. Le personnage avait déjà été adapté dans un téléfilm de Philip DeGuere Jr (1978). Bob Gale (le co-scénariste de la trilogie Retour vers le futur) a monté un projet en 1986 pour New World Pictures qui s'est effondré assez rapidement. Survint ensuite Alex Cox (Sid and Nancy) avec une histoire où le climax se déroulait sur l'île de Pâques. Le projet s'est visiblement cassé la figure pour des questions de marketing entre la Warner et Marvel. Wes Craven et David S Goyer ont eux aussi travaillé sur un projet dans les 90's, avant que les droits ne soient rachetés par Sony qui n'en fit rien. Goyer est revenu dessus au début des 2000's par le biais de Miramax sans trop y croire. Paramount reprend les droits pour Marvel Studios. Guillermo del Toro et Neil Gaiman ont travaillé durant un moment sur le projet, sans réellement atteindre leur but. Après des années de development hell, Doctor Strange devient le second film de la Phase 3 du MCU sous la direction de Scott Derrickson. Un choix qui fait peur au préalable, puisque la dernière incursion du réalisateur dans une grosse production fut le lamentable remake du Jour où la Terre s'arrêta (2008). 

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch

Alors qu'Ant Man (Peyton Reed, 2015) se présentait comme un film de casse plus qu'une origin story, Doctor Strange tombe directement dedans. Pas forcément un problème, mais on ressent plus d'automatismes dans ce film. D'autant plus que Derrickson dévoile un personnage finalement pas si éloigné de Tony Stark dans son écriture. Stephen Strange (Benedict Cumberbatch plutôt pas mal mais pas encore totalement à l'aise) se révèle être un type arrogant et particulièrement cabotin. Il lui arrive un accident et son monde s'écroule. Changez coeur par mains. Le spectateur habitué du genre est clairement en terrain connu, ce qui est probablement le principal défaut du film. Le méchant incarné par Mads Mikkelsen (qui avait dû quitté la production de The Dark World pour tourner la série Hannibal) n'est pas très convaincant. On s'étonne que Mordo (Chiwetel Ejiofor) ne soit pas plus ambigu et ne devienne pas un antagoniste de Strange au cours du film. On nous suggère qu'il le deviendra dans la suite du MCU en raison de ses convictions, mais il est vrai que l'on aurait presque préféré voir les deux disciples de l'Ancien (Tilda Swinton) s'affronter dès ce premier film. Peut être que Derrickson voulait montrer Strange plus puissant pour plus tard. A voir...

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor

La nouveauté vient d'ailleurs. On reproche souvent aux films de Marvel Studios d'être des blockbusters formatés et d'utiliser des effets-spéciaux un brin cheap. On ne peut pas dire la même chose de Doctor Strange qui se révèle être aussi beau que les deux Gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014-2017). Les différentes bandes-annonces suggéraient un film très inspiré d'Inception (Christopher Nolan, 2010), il n'en est finalement rien. Derrickson s'amuse avec les différentes dimensions et la magie, y compris pour le climax où il en vient à faire répéter une même scène selon différentes versions. Une manière de combattre un ennemi à travers une boucle temporelle. Derrickson s'amuse également lors du premier saut de Strange, balançant le personnage à travers plusieurs dimensions. Le réalisateur met le spectateur au sein d'un trip psychédélique jouissif (ce qui rappelle les planches frappadingues dessinées par Steve Ditko) qui prend toute sa grandeur sur grand écran. Il semblerait que la 3D allait d'ailleurs dans ce sens, mais votre interlocuteur ne l'a pas vu dans ce format. On a vraiment l'impression de voir un film qui a été pensé pour être vu au cinéma, pour en mettre plein la vue et non quelque chose qu'on a vu dix fois avant. 

Dans la même optique, le film laisse complètement de côté l'univers des Avengers pour se consacrer uniquement au monde des sorciers. S'il y a une allusion aux Avengers ce ne sera que durant la scène post-générique et encore c'est un événement lié à Thor Ragnarok (Taika Waititi, 2017), renforçant encore plus l'éloignement avec le groupe de super-héros. Honnêtement, cela fait un bien fou de ne pas voir d'aspect sériel et de voir un film qui se suffit amplement à lui-même. On n'en demande pas tant, juste que certains films puissent avoir leur identité propre. C'est le cas de Doctor Strange.

  • La Phase 3 perdure

La Phase 3 continue son oetit bonhomme de chemin avec ses bons (cf Le retour des bras cassés de l'Espace) et ses mauvais côtés (voir La toile colle de moins en moins). Son prochain film sera Black Panther réalisé par Ryan Coogler (Creed) pour une sortie le 14 février prochain. Coogler s'est doté d'un sacré casting pour entourer Chadwick Boseman : Michael B Jordan en adversaire, Lupita Nyong'o, Danai Gurira (la série The Walking Dead), Leticia Wright, Forest Whitaker, Daniel Kaluuya (Get out) et Angela Bassett. Martin Freeman et Andy Serkis reprendront leurs rôles respectifs vus dans Civil War et Age of Ultron. Le roi du Wakanda, pays au combien à la pointe de la technologie, revient au bercail pour faire le ménage, y compris en revenant sur les traditions locales pour combattre ses adversaires. Ant Man and the Wasp se tourne en ce moment pour une sortie en juillet 2018. Comme le suggère le titre, Evangeline Lilly devrait avoir beaucoup plus de matière puisqu'elle deviendra l'héroïne la Guêpe. Si Ant Man a été confirmé pour Infinity War, il semble que la Guêpe attende la seconde partie pour apparaître dans les Avengers, au même titre que Captain Marvel (Brie Larson). 

Peyton Reed peut cette fois-ci faire son propre film, n'ayant pas à repasser derrière un réalisateur (en l'occurrence Edgar Wright). Le film devrait montrer les deux personnages, ainsi qu'Hank Pym (Michael Douglas) à la recherche de Janet Van Dyne qui sera jouée par Michelle Pfeiffer. Laurence Fishburne est casté dans le rôle de Bill Foster, qui fut le second Giant Man et sera surement un ancien acolyte des époux Pym. Le premier film du MCU consacré à une héroïne, Captain Marvel, sera pour mars 2019. L'oscarisée Brie Larson incarnera Carol Danvers sous la direction du duo Anna Boden / Ryan Fleck. Un duo dont on a bien du mal à savoir ce qu'il va donner sur une grosse production, tant ses premières réalisations sont avant tout des films indépendants à la réalisation très banale (Half Nelson par exemple). En tous cas, Samuel L Jackson sera de retour dans la peau de Nick Fury puisque le récit se situera durant les 90's. Carol Danvers y affrontera les Skrulls et il se murmure depuis quelques jours que Ben Mendelsohn pourrait être leur leader. Des antagonistes assez connus de l'écurie Marvel (ils sont polymorphes, ce qui en fait des menaces indéniables) et au centre du run post-Civil War Secret Invasion (2008). De là à croire qu'il s'agit du fameux titre d'Avengers 4, il n'y a qu'un pas. 

Captain Marvel (concept-art)

Captain Marvel (concept-art skrull)

Concept-arts de Captain Marvel dévoilés à la Comic Con de 2017.

Enfin la Phase 3 se terminera sur Avengers : Infinity War des frères Russo, puis un quatrième Avengers dans la foulée (un pour mai 2018, l'autre en mai 2019). Le premier film devrait adapter Le Gant de l'infini (1991) et La Guerre de l'infini (1992), deux runs phares signés Jim Starlin. La plupart des héros Marvel vont devoir affronter Thanos (Josh Brolin) dans un affrontement qui s'annonce colossal. Les Russo prévoient une soixantaine de personnages divers et variés, dont les principaux apparaîtront dans le premier ou le second opus, voire les deux. Ce qui revient à citer Groot (Vin Diesel), Rocket Raccoon (Bradley Cooper), Starlord (Chris Pratt), Drax (Dave Bautista), Gamora (Zoe Saldana), Nebula (Karen Gillan), Mantis (Pom Klementieff), Thor (Chris Hemsworth), Loki (Tom Hiddleston), Vision, Scarlet Witch, Falcon (Anthony Mackie), Captain America barbu, Black Widow avec les cheveux platines, Bucky, War Machine, Hawkeye, Hulk (Mark Ruffalo), Spider-man dans son nouveau costume, Black Panther, Doctor Strange, Ant Man, the Wasp et Captain Marvel. On aurait aimé que certaines informations restent un peu cachés, surtout que Spider-man Homecoming (Jon Watts, 2017) venait juste de sortir et que Thor Ragnarok était encore très loin de rejoindre les salles obscures. 

Infinity War (bannière)

Bannière d'Infinity War dévoilée à la Comic Con de 2017.

Marvel a peut être été trop gourmande pour le coup, au point de balancer un gros trailer à la Comic Con de juillet dernier. De quoi révéler déjà l'issue de certains personnages de Ragnarok... On parle encore peu de la Phase 4, si ce n'est que le MCU va avoir une section nommée Marvel Cosmic Universe qui s'ouvrira sur Les Gardiens de la galaxie vol 3. Inutile de dire que James Gunn sera aux commandes et que l'issue des personnages est d'abord attendue dans Infinity War et sa suite. Spider-man reviendra dans un Homecoming 2 toujours réalisé par Jon Watts. Wait and see...

  • Quand Marvel s'attaque aux séries

Suite au succès d'Avengers (Joss Whedon, 2012), Marvel a investi la télévision avec des séries live-action. La première étape fut Agents of Shield diffusée depuis 2013 sur la chaîne ABC. On retrouve Joss Whedon à la production, retrouvant un médium qu'il n'avait plus touché depuis l'échec de Dollhouse (2009-2010). Disney suit le même principe que DC Comics avec son lot de séries formant un même univers (Arrow, Flash, Supergirl et Legends of tomorrow), à la différence que Marvel joue davantage sur des connexions pour former un univers complet (même si cet aspect a un peu changé depuis). Ce qui a pu porter préjudice à Agents of Shield à ses débuts. Pas aidé par un manque cruel de personnages connus (Clark Gregg ressuscite en agent Coulson, les autres sont des personnages créés de toutes pièces), la série n'a cessé d'essayer de mettre en scène des caméos histoire de trouver le public du MCU. Sauf qu'en général, cela ne concerne jamais les Avengers et ce sont toujours des seconds-rôles. Nick Fury (Samuel Jackson) a beau être apparu dès le second épisode, puis le dernier de la première saison, ce n'était qu'un guest de passage agissant dans la mouvance de The Winter Soldier. 

Photo Clark Gregg, Jaimie Alexander

Idem pour Cobie Smulders déjà bien occupée par le tournage de The Winter Soldier et surtout le final d'How I met your mother (2005-2014). Quant à Jaime Alexander, on peut vraiment parler de fond de tiroir par excellence, le personnage de Lady Sif étant un troisième-rôle. Au fil des seize premiers épisodes, la série a baissé progressivement en audience et elles sont encore très basses à l'heure actuelle. Des chiffres qui auraient pu faire annuler la série depuis bien longtemps si ABC n'était pas une chaîne Disney, d'autant que la série est assez chère. Des séries plus ambitieuses ont été suprimé avec des audiences plus élevées. Si Agents of Shield s'est sauvé la face, c'est aussi parce que les scénaristes ont arrêté les intrigues qui n'avaient aucun intérêt et ont retravaillé les personnages considérablement. Le revirement vint quand les scénaristes ont collé à l'intrigue de The Winter Soldier, montrant les personnages confrontés à l'Hydra. De totalement fonctionnels pour la plupart, les personnages sont devenus au fil des saisons plus fouillés. May (Ming Ma) a montré des traits plus vulnérables loin de la Cavalerie qu'on lui donne comme surnom. Fitz et Simmons (Iain De Caestecker et Elizabeth Henstridge) sont passés de petits geeks de service à un couple maudit. Coulson devient un meneur charismatique et jouant souvent double-jeu pour sauver ses petits.

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Affiche réalisée par Jim Cheung pour la saison 3 d'Agents of Shield.

Skye (Chloe Bennett) est devenue Daisy Johnson, inhumaine capable de provoquer des vibrations puissantes. Les scénaristes ont énormément creusé son origin story durant la seconde saison, évoquant par la même occasion les Krees et les Inhumains. La seconde saison est par ailleurs la meilleure jusqu'à présent de la série, car la mieux dosée et avec le moins de fautes de rythme. L'agent Ward (Brett Dalton) sous les ordres d'un Bill Paxton en forme est devenu progressivement un traître et ennemi du Shield. Un personnage qui fonctionnait plutôt bien sur les deux premières saisons, mais qui a commencé à devenir particulièrement lourd durant la troisième. Il était temps de stopper les frais. La série parvient un peu mieux que Civil War à aborder le recensement avec des inhumains pas tous pour être fichés ou à assister le Shield dans ses investigations. L'arrivée de Mockingbird (Adrianne Palicki), Lance Hunter (Nick Blood) et de Mack (Henry Simmons) durant la seconde saison a permis un peu plus de diversité dans le groupe. Pour ce que votre interlocuteur a vu de la quatrième saison, Robbie Reyes aka le nouveau Ghost Rider (Gabriel Luna) était particulièrement réussi aussi bien dans l'écriture que visuellement, preuve aussi que la série a évolué d'un point de vue visuel dans le bon sens. 

GR

Il est rare de voir une série trouver sa voie en cours de route et Agents of Shield n'a cessé de le prouver au fil du temps. La cinquième saison sera diffusée à partir du 1er décembre. Pendant plusieurs années, Guillermo Del Toro a essayé de mettre en place une série servant de véhicule à Hulk, mais le projet Avengers a plus ou moins tout fait capoté. D'autant que le réalisateur de Pacific rim voulait surtout rendre hommage à la série avec Bill Bixby (1978-82). A la question de savoir si le projet était annulé, Kevin Feige était plutôt évasif il y a quelques années : "Non, pas du tout, nous tentons toujours de mener le projet à terme (...). Mais rien n'est totalement sûr pour l'instant, et aucune date de tournage n'est encore prévue..." (*). Del Toro ne va pas du tout dans ce sens là, évoquant clairement que le projet est mort et enterré. Encore un de plus pour ce cinéaste maudit. Outre les deux saisons consacrées à l'Agent Carter toujours incarnée par Hayley Atwell (2015-2016), Marvel Studios s'est surtout associé à Netflix pour ce qu'elle appelle le micro-univers Defenders. Même si les événements de New York sont cités plusieurs fois au cours des différentes séries, Marvel a déclaré que les personnages de Netflix n'interagiront pas avec les Avengers, préférant les laisser dans leur monde.

Defenders

Affiche réalisée par Joe Quesada pour la série The Defenders.

Les séries Netflix sont pour la plupart de qualité et ont aussi permis à des héros plus violents d'évoluer dans un univers radical et graphique qui leur sied mieux. Après le film de Mark Steven Johnson (2003), la Fox avait galéré pour relancer Daredevil. Il reviendra de manière fracassante sous les traits de Charlie Cox dans des aventures n'étant pas sans rappeler les écrits de Frank Miller. Elektra (Elodie Yung) fut également de la partie au point d'être l'élément central de la mini-série The Defenders (2017). Jessica Jones, issue du comic-book Alias (Bendis, Gaydos, 2001-2004) et incarnée par l'excellente Krysten Ritter, ne fut pas en reste avec un récit abordant des sujets graves comme le viol à travers l'ignoble Killgrave (David Tennant). Luke Cage (2016-) fut une belle variation autour de la blaxploitation, mais Iron Fist (2017-) a nettement moins convaincu, la faute à un héros (Finn Jones) un peu trop bébette et peu charismatique. Au point que sa camarade Colleen Wing (Jessica Henwick) était plus intéressante que lui. The Defenders (2017) fut une bonne réunion et elle permet la fin d'un cycle qui va exploser avec la série The Punisher diffusée le 17 novembre. Fort d'une apparition exceptionnelle dans la deuxième saison de Daredevil (2015-), Jon Bernthal se battra contre les hommes derrière le meurtre de sa famille. 

Suivront ensuite les secondes saisons des séries Jessica Jones (2015-) et Luke Cage et la troisième saison de Daredevil l'an prochain. Disney s'intéresse également à d'autres plateformes de vod comme Hulu pour qui elle signe une adaptation de Runaways (2003-) prévue pour novembre également. Pour rappel, le comic-book présente des adolescents avec des pouvoirs, en même temps qu'ils découvrent que leurs parents sont des personnes machiavéliques. Cloak and Dagger sera en revanche diffusée sur la chaîne cablée Freeform. Elle mettra en scène deux adolescents, l'une pouvant faire des lames de lumière (Olivia Holt), l'autre pouvant créer des portails pour se téléporter (Aubrey Joseph). La diffusion est prévue pour 2018. Terminons sur le cas Inhumans. Longtemps destiné pour être le dernier film de la Phase 3, le projet de film fut annulé pour finalement en faire une mini-série diffusée depuis septembre. Selon la plupart des avis, la série serait une totale catastrophe et il faut bien dire que la bande-annonce annonçait la couleur. Comme quoi le projet aurait peut être dû attendre la Phase 4 avant d'être réalisé, tant l'occasion d'aller dans une autre direction ne semble pas avoir fonctionné. 


Article initialement publié le 14 avril 2014.

* Propos recueillis dans Pop corn numéro 5 (avril-mai 2014).

27 octobre 2017

Séance tout feu, tout flamme entre quatre murs

Cela faisait longtemps que l'Antichambre de Borat n'avait pas montré le bout de son nez. Certainement par manque d'inspiration de votre interlocuteur. Mais c'est bon, vous aurez droit à une nouvelle séance en six mois aujourd'hui ! Pour rappel à ceux qui l'auraient oublier (et votre cher Borat les comprends depuis le temps), l'Antichambre de Borat est une chronique avec trois critiques de film plus courtes, mais tout aussi intéressantes que les longues. Juste que ce sont des avis un peu plus rapides. Au programme : une chambre un peu trop fermée ; un tueur à gages un peu spécial ; et une Maria Callas à qui on ne la fait pas. Ready ? Go ! (attention spoilers)


 

RoomLa promotion d'un film (notamment américain) étant parfois trop gourmande, il se peut que l'effet de surprise soit moindre. Dans le cas de Room (Lenny Abrahamson, 2015), la bande-annonce en montrait un peu trop, ce qui pouvait empêcher l'impact que pouvait avoir ce film à suspense.

Le principe du film repose sur deux parties bien distinctes, dont la seconde est dépendante de la première. Le film tient sur le suspense de la première partie se déroulant entre quatre murs. Le réalisateur instille un malaise évident, fait d'abus sexuels (le petit n'est pas arrivé par le miracle du saint esprit), de claustrophobie (tout se déroule dans la chambre) et d'effroi.

L'ogre est le kidnappeur (Sean Bridgers), le petit poucet (Jacob Tremblay) celui qui délivrera sa mère (Brie Larson). Une manière comme une autre d'instiller un aspect proche du conte (le film a d'ailleurs été vendu comme ça), d'autant que le film repose dans un premier temps sur un concept. Une fois le concept ouvert, pour ne pas dire dégommé, le spectateur peut entrer dans une autre histoire.

Celle d'une jeune femme qui a grandi trop vite et d'un enfant qui n'a pas eu d'enfance et la découvre. Mais aussi de parents nourris par le chagrin. Au point que chaque personnage se sent encore enfermé à cause de sévices, pour se préserver des médias, voire d'exposer ses propres craintes (le grand-père qui ne supporte pas de voir "l'enfant d'un viol"). 

Room est un film double, film à suspense intriguant tout d'abord, puis un drame familial terrible. La deuxième partie est peut être la plus intéressante, confrontant les personnages à la peine, à la violence d'un nouveau quotidien et d'une honte omniprésente. Room est un film triste, mais il y a encore de l'espoir symbolisé par un petit garçon plein de vie. 

Pour cela, le réalisateur peut compter sur les performances exceptionnelles de Brie Larson et Jacob Tremblay, auxquelles on peut rajouter l'excellente Joan Allen. 


 

TADepuis quelques années, le cinéma d'action américain essaye de retrouver un peu de sens avec des pitchs un peu atypiques. Comme un homme se vengeant des malfrats qui ont tué son chien. C'est le cas aussi de The Accountant ou Mr Wolff par chez nous (Gavin O'Connor, 2016). 

Le pitch pourrait être assez banal si on se focalise sur l'aspect général. Un comptable (Ben Affleck) se trouve être un tueur à gages à ses heures. Il se trouve qu'un de ses employés lui a fait une entourloupe et il doit prendre les armes. Sauf que comme The Equalizer (Antoine Fuqua, 2014), The Accountant n'a pas un héros si banal que ça.

Ben Affleck incarne finalement un autiste, plus particulièrement quelqu'un qui a le syndrome d'Asperger. A partir de là, le réalisateur peut jouer pleinement sur la particularité de son personnage afin de mener ses actions. Que ce soit par des tocs (positionnements d'objets), un métier utilisant ses compétences (il est mathématicien) ou par une discipline de fer qui en fait un tueur radical et même un brin froid.

L'empathie pour le personnage vient certainement de sa solitude et du fait qu'il offre son aide au personnage d'Anna Kendrick. Malgré une construction entrecoupée de flashbacks, la description du personnage fonctionne à l'écran. On arrive à croire que cet homme atteint d'Asperger puisse être une véritable bête d'action. D'autant que Ben Affleck se révèle plutôt bon pour l'occasion, jouant tout en nuance un rôle qui en a bien besoin.

Les scènes d'action sont d'ailleurs plutôt efficaces et faites à l'ancienne. Pas besoin de mettre des néons partout pour signer un film d'action intéressant, il suffit parfois d'un traitement efficace et de ne pas en faire des tonnes.

D'ailleurs, l'idée même de voir Batman se battre avec le nouveau Punisher (Jon Bernthal) est plutôt amusante. L'un des bémols est toutefois qu'un aspect du film est finalement très prévisible, car finalement longtemps annoncé. Un faux-suspense en quelques sortes. Pareil pour un autre aspect qui devient de plus de plus évident au fil du film.

The Accountant se révèle être un film d'action divertissant, jouant avant tout de son personnage principal cocasse. Une suite est prévue, à voir si elle tient le choc après ce premier film. Rappelons qu'un film aussi efficace que Jack Reacher (Christopher McQuarrie, 2012) avait eu une séquelle bien pauvre.


Médée

Pour finir cette nouvelle séance, votre cher Borat va évoquer un classique. Il a eu l'occasion de voir Médée (Pier Paolo Pasolini, 1969) au cours d'une projection en mars 2016. Votre interlocuteur avait déjà tutoyé l'italien polémique avec le fracassant Salo ou les 120 jours de Sodome (1975). Après cela, on se sent déjà un peu plus titillé par l'oeuvre du cinéaste. 

Médée est un film assez lent (ce qui n'avait pas manqué de faire dormir quelques spectateurs) et décontenançant dans son aspect global. Le réalisateur adapte à sa manière la mythologie grecque, d'une manière assez brute. Son film n'est pas un peplum, ni un récit mythologique. C'est un film où le réalisateur évoque un temps où les costumes sont les seuls repères temporels.

Pasolini fait tout simplement comprendre que Médée est un mythe universel qui peut se renouveller, aussi bien dans un pur récit mythologique qu'un récit féodal par exemple. Pour cela, il faut quand même avoir une petite connaissance du mythe pour mieux apréhender où Pasolini nous amène (ce qui n'est pas toujours facile).

Maria Callas porte le film à elle seule. La célèbre cantatrice se révèle particulièrement impressionnante dans ce rôle tragique de mère tuant ses enfants en partie pour punir celui qu'elle aimait de l'avoir délaisser. Un rôle pas facile mais dont elle s'acquite avec grâce.

En comparaison, ses camarades sont bien moins convaincants. La faute à une post-synchronisation calamiteuse, souvent présente dans les films italiens à cette époque (certains films de Dario Argento en souffriront également). L'athlète Giuseppe Gentile ne parvient jamais à être charismatique dans le rôle de Jason et joue particulièrement mal.

Il n'en reste pas moins une vision intéressante de cette tragédie où Maria Callas brille de mille feux.

A la prochaine !

25 octobre 2017

Le nom de la comète

Deux adolescents de sexes opposés permutent de corps le temps d'une journée plusieurs fois, alors qu'ils ne connaissent pas...

YN

L'animation japonaise ne s'est jamais aussi bien portée, tout du moins en terme de qualité. La distribution française tente des choses, mais ses choix ne sont pas toujours payant. Gaumont a bien misé sur Le garçon et la bête (Mamoru Hosoda, 2015), mais sa sortie en janvier 2016 n'avait pas été propice, là où les précédents films du réalisateur étaient sortis en été avec succès. Makoto Shinkai n'avait jamais eu un réel intérêt du grand public en dehors de certains initiés. La faute à un accès déjà plus limité dès qu'il s'agit de films hors Ghibli (et encore, on dira plutôt ceux d'Hayao Miyazaki). La plupart de ses films sont pourtant tous passés au moins par la vidéo, allant des moyens (The garden of words, 2013) aux longs-métrages (Voyage vers Agartha, 2011). Your name (2016) pourrait changer la donne, puisque le film a bénéficié d'une distribution progressive (le film fut diffusé dans diverses villes sur un certain temps et le parc de salles était continuellement modifié) suite à son succès fulgurant au Japon (il fait partie des quatre plus gros succès du pays). Si Your name a eu un impact aussi grand, c'est certainement parce que ses thématiques sont assez universelles. Shinkai présente le film en trois actes. 

Your Name : Photo

(attention spoilers) Le réalisateur présente dans un premier temps un concept pas très nouveau. On suit deux adolescents, un garçon et une fille, qui permutent de corps. Un concept utilisé encore tout récemment dans la comédie française L'un dans l'autre (Bruno Chiche, 2017). Il n'y a d'ailleurs rien d'étonnant à ce que les américains soient déjà en train de chercher à faire un remake live-action. Comme souvent quand des étrangers font mieux qu'eux sur un aspect qu'ils ont utilisé jusqu'à la corde. Dans Your name, il n'y a pas des situations réellement à quiproquos comme dans Freaky Friday (Gary Nelson, 1976), où la mère et la fille étaient en conflit avant de changer de corps. Ici il s'agit presque d'une expérience sociologique. Il y a l'aspect cocasse de la situation (le garçon se touche les seins, la fille est étonnée de ses nouveaux attributs...), mais dans l'ensemble Shinkai s'y prend de manière ludique. Les deux personnages ne se connaissent pas et habitent des régions opposées (elle à la campagne, lui en ville). Chacun s'aide mutuellement là où l'autre se trouve et ils vivent une autre vie quand ils sont dans la peau de l'autre. Taki est un peu plus grande gueule, ce qui permet à Mitsuha de s'émanciper un petit peu. 

Your Name : Photo

Quant à Mitsuha, elle permet à Taki de se rapprocher d'une collègue dont il est amoureux en étant plus romantique. Shinkai est alors assez malin pour accumuler les situations rapidement au point que le spectateur se prenne au jeu... avant de le couper dans son élan. Ce qui était devenu une répétition d'actions s'arrête brusquement en se focalisant uniquement sur le point de vue de Taki. Un indice avait pourtant été disséminé dès les premières minutes. Une comète passait au dessus de Tokyo au début du film. Or, elle arrive bien après chez Mitsuha, alors qu'elle est probablement passée le même jour. Shinkai laisse alors la réflexion au spectateur et à Taki de manière ludique. Cela se fera progressivement au fil des découvertes. Ce qui aurait pu être qu'un simple d'échange standard devient une sorte de drame existentiel. Le garçon essaye de retrouver la fille selon ses souvenirs, mais fait face à des blocages. Il ne se souvient par exemple pas du nom de la fille, alors qu'il l'a noté sur sa main ou entendu plusieurs fois. Le réalisateur opte alors pour un deuxième virage en évoquant le voyage dans le temps. Grâce à un don de sa famille, Mitsuha a pu se projeter dans le temps sur environ trois ans, un peu comme ce qui arrive au personnage éponyme de Donnie Darko (Richard Kelly, 2001) sur plusieurs jours. La réunion des deux amoureux obsessionnels qui ne se connaissent que par leurs corps n'en devient que plus touchante. 

Your Name : Photo

Shinkai s'arrête net dans son récit, semblant avoir tout dit. Même si l'action peut paraître en suspens, le but initial est finalement atteint : réunir deux personnages unis par un même événement (le passage d'une comète). Your name s'impose par une maîtrise de ses thématiques, sachant les aborder par le prisme du quotidien. Il se pose également comme une alternative fantastique à The garden of words. Le réalisateur était aussi sur un type de rencontres insolites entre deux personnages qui ne se connaissaient pas au préalable. L'un des personnages était aussi dessinateur, à la différence qu'il dessinait des chaussures. Des rencontres sur un certain temps qui finissaient par s'arrêter, avant de reprendrent subitement. Un aspect qui peut gêner dans Your name est certainement son générique. Il fait directement penser à ces génériques de séries animées japonaises avec le ton rapide, l'arrêt sur image pour poser des crédits et bien évidemment la J-pop. Un aspect clippesque qui ne semble pas trop à sa place, malgré les paroles des chansons (qui ne sont pas tout le temps sous-titrées). (fin des spoilers) L'animation est exemplaire, faisant la part belle aux décors qu'ils soient urbains ou campagnards. Ce qui confirme un travail de qualité aussi bien dans la forme que dans l'écriture.

YN 2

Un film qui part d'un concept vu et revu pour en faire une oeuvre beaucoup plus singulière en allant dans diverses directions.

20 octobre 2017

Si vous trouvez le bout du tunnel, vous êtes quelqu'un de chanceux

Suite à l'effondrement d'un tunnel, un homme se retrouve à survivre malgré lui avec qui lui reste. Pendant ce temps, les secours essayent de le sauver...

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Le cinéma sud-coréen continue son petit voyage en France avec un de ses derniers grands succès. Non pas The Age of shadows (Kim Jee Woon, 2016) qui attend toujours un distributeur (vu comme c'est parti, plutôt un éditeur) alors qu'il est sur le net et disponible en import, mais Tunnel (Kim Seong Hoon, 2016). Le film précédent de Seong Hoon Hard day (2014) était déjà passé dans les salles françaises, permettant surement la sortie au cinéma de Tunnel. Un film qui reposait sur un mélange délirant de comédie noire (un policier met le cadavre d'un homme percuté dans le cercueil de sa mère), de thriller et de film d'action (le dernier quart d'heure). Il n'en fallait pas plus pour donner une chance immédiatement à ce film aux antipodes d'Hard day, même s'ils ont des similitudes. Le réalisateur bénéficie de deux grosses stars à son casting. D'un côté, Ha Jeong Woo acteur phare des deux premiers films de Na Hong Jin (The chaser et The murderer, 2008-2010), vu récemment dans Mademoiselle (Park Chan Wook, 2016). De l'autre, Doona Bae actrice qui a joué aussi bien chez Park Chan Wook (Sympathy for Mr Vengeance, 2002) que Bong Joon Ho (Barking dog et The Host, 2000-2006), avant de rayonner à l'international avec les soeurs Wachowski. 

Tunnel : Photo Ha Jung-Woo

Deux points forts indéniables permettant d'adhérer à un film catastrophe plus humain que jamais. (attention spoilers) Comme sur Hard day, Seong Hoon va à l'essentiel sans passer par des scènes d'exposition. L'élément perturbateur arrive dès les premières minutes, tout comme des éléments à venir. On donne au personnage principal (Jeong Woo) deux bouteilles d'eau à la station-service. C'est l'anniversaire de sa fille et il ramène un gâteau. Par un coup de fil, on apprend qu'il travaille pour une célèbre marque de voiture (ce qui vaut un placement de produit impayable, pas loin de rejoindre FedEx dans Seul au monde si l'élément n'était pas vite évincé) et qu'il est marié. Le spectateur n'a pas besoin d'en savoir plus. La catastrophe est d'autant plus impressionnante que contrairement à beaucoup de films-catastrophe, le réalisateur ne joue pas de différentes vues (notamment extérieures) et se concentre sur ce que voit le héros à travers son pare-brise et son rétroviseur. A savoir un tunnel qui s'effondre de plus en plus sur sa voiture. Ce n'est qu'une fois les secours arrivés que l'on remarque l'ampleur des dégâts. A partir de moins d'un quart d'heure, Seong Hoon parvient à installer une problématique humaine sans jouer la carte du spectaculaire comme le fait souvent le cinéma hollywoodien (et en soi ceux qui essayent de l'imiter).

Tunnel : Photo

A la différence d'un film américain type Roland Emmerich où il serait peut être un père divorcé qui essaye de reconquérir son ex-femme ou un pilote de chasse essayant de retrouver sa femme, il s'agit juste ici du type au mauvais endroit, au mauvais moment. Il n'est pas forcément parfait (il aura un peu de mal à partager ses rations avec une autre rescapée moins avantagée que lui, mais le fera quand même), mais c'est quelqu'un de lambda, pas un surhomme. C'est ce qui le rend d'autant plus attachant : cela pourrait être nous avec nos peurs, notre imprévisibilité et la panique. Au fur et à mesure, le réalisateur va alterner scènes à l'intérieur du tunnel et à l'extérieur avec les secouristes et la femme du rescapé (Bae), avant de ne se focaliser que sur les secouristes pour intensifier le suspense vers la fin. Dans la partie sur les secours, le réalisateur ne fait de cadeau à personne et c'est là où le film utilise parfois des ressorts d'humour noir plutôt bien amenés. Le réalisateur se paye dans un premier temps les médias bien contents de trouver un scoop qui peut durer sur plusieurs jours, histoire de bien alimenter les chaînes d'information. Pas besoin de savoir que le film est sud-coréen ou qu'il se situe en Corée du sud.

Tunnel : Photo Doona Bae

Un français ne mettra pas longtemps à remarquer qu'ici ou ailleurs le traitement de l'information est identique. Quand des journalistes essayent de contacter le héros, menaçant ainsi de lui faire perdre de la batterie sur son téléphone, ils le mettent autant en danger que quand une certaine chaîne avait dévoilé certaines informations lors des attentats de janvier 2015. La scène des drônes est en soi d'une hilarité incroyable de par la bêtise de ce type d'investigation journalistique et le ridicule de la situation. Les politiques comme les entreprises qui construisent les tunnels ne sont évidemment pas en reste. D'un côté, la récupération la plus crasse qui se terminera par une expression jubilatoire. D'autant plus ironique que le film est sorti en Corée du Sud en plein scandale politique (la présidente Park Geun Hye a fini par démissionner parce qu'elle était mouillée dans diverses magouilles financières). De l'autre, des entreprises faisant des choses à la va-vite pour faire des économies, au point de réaliser des catastrophes sans s'en rendre compte. Le réalisateur vise juste sans jamais oublier son objectif et en posant un regard sur l'humanité dans une catastrophe. La réaction humaine est ce qui permet de sauver quelqu'un comme de le tuer. En la mettant au centre du suspense de son film, le réalisateur a réussi un film-catastrophe de qualité. (fin des spoilers)

Un film-catastrophe qui replace l'humain au centre même du drame, plutôt que de jouer sur les effets-spéciaux. Génial.

13 octobre 2017

Cuvée long live the King #4

Stephen King continue d'arpenter la Cave de Borat en grand seigneur. Dans cette nouvelle cuvée, il s'agira aussi de rendre hommage à deux réalisateurs partis ces dernières semaines vers de nouvelles contrées. Bonne route chers lecteurs et faites bien attention, des vampires, des morts-vivants et même des loups-garous rôdent dans le coin. (attention spoilers)

  • Mercy (Peter Cornwell, 2014) : Mémé a ses petits secrets

Mercy : Affiche

Alors que l'on parle depuis quelques temps d'une réadaptation de Firestarter (1980) dans sa line-up, le studio Blumhouse n'en est toutefois pas à son premier projet autour de Stephen King. En 2014, le studio avait produit Mercy adapté de la nouvelle Mémé, publiée dans le magazine Weirdbook en 1984, avant de se retrouver dans le recueil Brume l'année suivante (le même où se trouve la nouvelle du même nom nommé The Mist aux USA). On connaît souvent le principe du studio : il donne entre 5 et 10 millions de dollars de budget maximum, certains acteurs ou réalisateurs peuvent toucher des pourcentages sur les recettes. Le problème étant que la distribution n'est pas souvent comprise dedans et Blumhouse, qui collabore souvent avec Universal, se voit parfois confronter à la mise au placard de films en attendant qu'ils sortent, voire à les balancer en vod ou en vidéo au bout d'un certain moment. C'est ce qui est arrivé à Mercy. A cela se rajoute qu'au lieu du titre original de la nouvelle (Gramma), ils ont préféré Mercy qui a été utilisé un grand nombre de fois au cinéma. Dès lors, il n'est pas souvent facile de reconnaître le dit film de ses congénères. Si Mercy se suit plutôt bien, on voit clairement qu'il brode autour d'une nouvelle.

Mercy 2

La durée du film (1h19 générique compris) le confirme à demi-mot, comme pour dire qu'il n'aurait pas été possible de faire plus long avec un tel matériel. Pour l'anecdote, Mémé avait déjà été adapté pour la télévision dans les 80's. Le spectre de grand-mère (Gramma en vo) fut l'un des épisodes de la première saison de l'anthologie La Cinquième dimension (1985-89) et on retrouvait Barret Oliver (L'histoire sans fin) dans le rôle du jeune héros. Une adaptation visiblement plus fidèle (un huis clos entre le petit et sa grand-mère) que Mercy. Les actions de la nouvelle sont plus ou moins présentes dans le film, mais plus dans le dernier tiers. De plus, le final est assez différent puisque le jeune garçon (Chandler Riggs, déjà mini-star de The Walking Dead à l'époque) n'est finalement pas possédé par le démon présent dans le corps de sa grand-mère (Shirley Knight). Le film plante d'abord le décor pendant un bon moment et le frère (Joel Courtney) n'est pas à l'hôpital, il finira par y aller suite à un événement particulier au cours du film. La tante (Abigail Rose Solomon) est quasiment absente du film (même si sa finalité est identique), au contraire d'un ami de la famille (Dylan McDermott) écrit pour l'occasion.

Mercy

Le film explique beaucoup de choses et va franco dans les flashbacks, permettant ainsi de comprendre comment la grand-mère en est arrivée là. A partir du moment où le démon est entré dans la vie de la grand-mère, les choses ont dégénéré. Son mari (Chris Browning) s'est suicidé, son fils (Mark Duplass) meurt plus ou moins de ses mains et le démon finit par définitivement prendre forme sous les traits de la grand-mère pour affronter son petit-fils. Peter Cornwell rajoute à l'histoire un livre où si l'on pleure, nos voeux sont exaucés alors que dans la nouvelle, le héros ne fait que retrouver des livres de sorcellerie. Le héros se voit affubler d'une amie imaginaire qui se révélera finalement être un élément important de l'intrigue (Hana Hayes). Une aide nécessaire pour combattre un mal qui gangrène la famille depuis trop longtemps. Malgré ses libertés, Mercy est un film tout ce qu'il y a de plus sympathique et bien joué dans son ensemble. Toujours ça de pris quand on voit des adaptations d'après l'oeuvre de Stephen King de ces sept dernières années.

  • Salem's Lot (Hooper, Salomon, 1979-2004) : Laissez les entrer

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Après Carrie (1974), Stephen King se lance dans une revisite de Dracula (Bram Stocker, 1897) en situant l'action dans une ville rongée par un vampirisme galopant engendré par deux personnes. La ville en question est Jerusalem's lot, ville fictive dont King signera une nouvelle éponyme en 1978 (Celui qui garde le ver par chez nous) qui fait un peu office de préquelle à Salem (1975). Suite au succès du film Carrie (Brian de Palma, 1976), Stephen King intéresse les studios et Salem apparaît vite dans leur ligne de mire. Les scénaristes Stirling Silliphant (Le village des damnés premier du nom) et Larry Cohen (It's alive) se mettent à l'écriture sans grand succès pour le compte de la Warner avec feu George A Romero aux commandes. Romero veut faire une adaptation fidèle, mais il remarque rapidement qu'il ne peut pas en tirer un film de moins de deux heures. Warner passe alors par la télévision sans lui ("Je savais que la censure allait me causer de sérieux problèmes" dira le réalisateur *) et le téléfilm sera diffusé sur la chaîne CBS. Le producteur Richard Kobritz propose le poste de réalisateur au regretté Tobe Hooper, alors largement mis en avant avec le polémique Massacre à la tronçonneuse (1974). 

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Le téléfilm opte pour quelques modifications sous la plume de Paul Monash (producteur et scénariste non-crédité de Carrie). Le personnage de Susan (Bonnie Bedelia encore loin d'arpenter le Nakatomi Plaza) dont s'éprend l'écrivain Ben Mears (David 'Hutch' Soul) devient ici la fille du docteur qui lutte aux côtés de Mears (Ed Flanders). Mais le changement notable est de transformer le distingué Kurt Barlow (Reggie Nalder) en un vampire muet et ressemblant à Nosferatu (ironique quand on sait que le remake de Werner Herzog est sorti la même année). Une vision d'horreur notable qui le rend particulièrement malsain et imprévisible. D'autant que Tobe Hooper le fait venir assez tard dans le téléfilm, au point de créer un réel effet de surprise si vous n'avez vu aucun visuel (un peu mal barré puisque la plupart des affiches ou photos qui reviennent le dévoile). Si bien que l'on a plus l'impression que le vrai méchant du téléfilm est son acolyte antiquaire Richard Straker (James Mason). Bien qu'il présente toute une ville, Hooper va à l'essentiel et caractérise assez bien les différents personnages. On peut toutefois voir que certains passent vite à la trappe. Par exemple, le camionneur trompé par sa femme (George Dzundza) est très vite dégagé du récit, alors qu'on le voit beaucoup dans la première partie. Une fois la tromperie découverte, on ne le reverra plus.

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Qui plus est sous des atours purement glauques. On retrouve aussi pas mal de codes des récits de vampires, comme le fait que le vampire soit obligé de demander pour entrer dans un endroit ou les croix et pieux pour tuer les vampires. Des moyens soi-disant obsolètes, mais plus utiles que des balles de pistolet. Les personnages sont obligés de revenir à des anciens moyens pour survivre. Les apparitions des enfants vampires font un peu cheap aujourd'hui (la version de 2004 ne fera pas mieux, voire parfois pire), surtout en comparaison de ce qui pouvait déjà se faire à l'époque. Certes, il s'agit d'un téléfilm pour la télévision, mais à l'époque il était possible de faire un peu mieux pour montrer un vampire qui mord quelqu'un au cou. Si l'on excepte cela, les maquillages sont de qualité à l'image de Barlow. On peut aussi reprocher des coupures publicitaires malheureusement très voyantes, même si Hooper arrive à terminer l'action avant de passer à autre chose après la pub. Chose qui doit être un peu moins présente évidemment dans la version montée pour le cinéma évidemment moins longue (1h47 contre 3h04). Une version que Stephen King préfère ironiquement. Pour les passages au Guatemala, Hooper n'est pas loin d'évoquer l'ouverture de L'exorciste (William Friedkin, 1973) avec ce décor désertique et brûlant, l'église comme seul repère face au mal et des héros en perdition.

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Le téléfilm peut également compter sur une bonne distribution, allant de Soul plutôt inspiré à Mason charismatique en méchant. Votre cher Borat n'a pas pu le voir, mais il se trouve que Larry Cohen a finalement pris sa revanche en signant une séquelle nommée Les enfants de Salem (1987). Cette fois-ci, un homme (Michael Moriarty) et son fils (Ricky Addison Reed) débarquaient à Salem's lot désormais grouillante de vampires, bientôt rejoints par un ancien exterminateur de nazis reconverti dans la lutte contre les vampires (Samuel Fuller) ! La chaîne TNT propose une nouvelle adaptation en 2004 signée Mikael Salomon (Big Driver). Le casting est particulièrement prestigieux puisqu'il réunit Rob Lowe (déjà du Fléau), Samantha Mathis, James Cromwell, Donald Sutherland et Rutger Hauer. L'adaptation se pose d'emblée comme plus feuilletonnante et est largement alimentée par une voix-off redondante de Lowe racontant toutes sortes de banalités, allant de gamins dans un bus aux mecs présents dans des bars. C'est tout à fait faisable dans un roman (histoire de poser l'environnement inconnu du lecteur qui doit s'imaginer l'univers), mais pas forcément dans un traitement cinématographique ou télévisuel. 

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Cette version a beau duré trois heures comme son aîné, elle prend également pas mal de libertés. Le docteur Jimmy Cody (Robert Mammone), qui n'est donc plus le père de Susan (Mathis), a une aventure avec une patiente (Bree Desborough), ce qui amène au chantage du mari (Paul Ashcroft). Une sous-intrigue qui se révèle encore moins utile que dans le téléfilm d'Hooper (d'autant que le traitement était plus radical chez lui) et ne fait qu'alourdir le récit. Ben Mears (Lowe) n'est plus écrivain, mais reporter de guerre. Un changement pas forcément nécessaire et qui entre surtout en compte pour dézinguer une Amérique patriote en pleine Guerre en Irak. Sauf que ce n'est pas forcément le bon endroit pour évoquer cela. On a aussi bien du mal à croire que Andre Braugher puisse avoir été le professeur de Rob Lowe, puisque les deux acteurs n'ont que deux ans d'écart... Au moins, Hooper avait engagé deux acteurs avec une différence d'âge notable avec David Soul et Lew Ayres. Le prêtre Callahan (Cromwell) prend du galon, se retrouvant même à passer de combattant du mal à suppôt de Satan (il n'était qu'un vulgaire second-rôle dans le téléfilm d'Hooper). Barlow redevient une sorte de dandy charmeur sous les traits d'Hauer. L'acteur s'avère particulièrement bon, même si ses apparitions vampiriques sont peut être plus rares. 

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En revanche, ses petits protégés ressemblent parfois plus à des morts-vivants qu'à des vampires, le maquillage allant dans ce sens. La fin est également différente du téléfilm, mais également du roman. Comme Hooper, Salomon fait exploser la ville avant l'exil (au contraire du roman qui met en scène l'exil avant un retour emflammé à Jerusalem's lot). Chez Hooper, Mears et le jeune Matt (Lance Kerwin) affrontaient Susan en dernière instance. Chez Salomon, il s'agit de Callahan devenu un véritable méchant pour l'occasion, ce qui n'est pas le cas dans la narration du roman (il fuyait la ville après son contact avec Barlow et se repentait dans les derniers tomes de La Tour sombre en aidant Roland et son Ka-tet). Pas le même retentissement non plus. Si cette seconde adaptation de Salem s'avère au moins sympathique, elle s'avère moins intéressante. La faute à des parti-pris qui ne fonctionnent pas des masses.

  • Creepshow / Darkside, les contes de la nuit noire (Romero, King, Wrightson, Harrison, 1982-1990) : EC Comics mon amour !

Creepshow 

Affiche réalisée par Bernie Wrightson.

Pour revenir aux origines de Creepshow et de Darkside, les contes de la nuit noire, il faut revenir aux 50's. A cette époque, EC Comics se faisait remarquer par des bandes-dessinées naviguant entre l'horreur (Les Contes de la crypte, 1950-55), la science-fiction (Weird science, 1950-53) ou la satire (Mad, 1952-). Des comics qui passionnaient pas mal de jeunes, mais pas forcément leurs parents. Considérés comme un moyen de faire exploser la délinquance juvénile ou de pervertir la jeunesse selon certaines personnalités (notamment le psychiatre Fredric Wertham), ces comics ont entraîné malgré eux la création de la Comics Code Authority, organisation où plusieurs maisons d'édition adhérentes devaient montrer leurs pages à un comité de censure, comme un studio avec la MPAA pour avoir la classification d'un film. Un comité aujourd'hui définitivement fermé, mais dont les effets s'étaient estompés dès les 70's. La plupart des créations d'EC Comics ont commencé à se casser la figure, mais la maison d'édition a réussi à tenir le coup grâce à Mad. Le magazine est toujours publié aujourd'hui et la représentation la plus connue est Alfred E. Neuman, un gamin avec les cheveux en brosse et un sourire jusqu'aux oreilles.

Creepshow 4

Stephen King en petite forme.

Avant que Les Contes de la crypte ne reprennent du poil de la bête à la télévision dans les 90's, Stephen King et George A Romero avaient eux aussi voulu rendre hommage à EC Comics. Romero raconte (*) : "Un jour, j'ai débarqué à l'improviste chez [Stephen King], dans le Maine. (...) Nous en sommes naturellement venus à évoquer ces vieilles bandes-dessinées horrifiques que nous lisions lorsque nous étions gosses, les EC Comics. C'est alors que Stephen a eu l'idée d'en faire un film à sketches ! Les choses sont allées très vite. Le lendemain matin, il avait déjà le titre : Creepshow. A ce moment là, il m'a même annoncé qu'il serait en mesure de me donner une première version du scénario deux mois plus tard. Et il a tenu sa promesse ! ". Il était même question de faire un sketch en noir et blanc, un en 3D, un en 1:33 mais faute de budget, Romero est revenu à quelque chose de plus simple. Seuls les sketches "The lonesome death of Jordy Verrill" (issu de la nouvelle Weeds publiée en 1976, elle-même inspirée de La couleur tombée du ciel d'HP Lovecraft) et "The Crate" (venant de la nouvelle éponyme datant de 1979) sont adaptés, les trois autres étant originaux. Le film brasse différentes ambiances (histoire macabre en famille, science-fiction, vaudeville qui tourne mal, histoire de monstres et invasion d'insectes), avec un prologue et une fin où un garçon (Joe Hill, le fils de Stephen King et auteur d'Horns) se voit empêché de lire ses comics trop horrifiques par son père (Tom Atkins).

Creepshow 2

La transition entre chaque histoire se base sur des plans arrêtés, transformés en cases de bandes-dessinées; et par le Creeper qui apparaît en animation. L'aspect BD se montre également par des éclairs rouges en arrière-plan, certaines ellipses temporelles se font par des cartouches, parfois même des plans encadrés. Romero a pensé sa mise en scène comme s'il s'agissait d'une bande-dessinée d'EC Comics, rendant le film à sketches moins banal et plus intéressant esthétiquement (c'est même honnêtement son plus beau film graphiquement). L'écriture de King en rajoute une couche avec un humour grinçant salvateur et un sens du final sans espoir savoureux. A l'image de cet homme (Hal Holbrook) voulant tuer sa femme (Adrienne Barbeau) et voyant dans une créature le meilleur moyen possible. Ou ce parfait péquenaud (King lui-même) accumulant les bourdes au point de ressembler au Monsieur Cetelem. Sans oublier ce père mort-vivant venant chercher son gâteau pour la fête des pères. Romero et King se sont faits plaisir, mais également Tom Savini aux maquillages. Tout d'abord, le père mort-vivant quasiment squelettique qui n'a strictement rien à voir avec les zombies qu'il a signé pour Romero jusqu'à présent.

Creepshow 3

Les zombies Ted Danson et Gaylen Ross sont plus raccords aux oeuvres habituelles de Romero. Ensuite la créature de "The Crate", certes peu montrée, mais le peu que l'on voit est assez charmant. Enfin, il y a le Creeper n'apparaissant que pour quelques plans avant les passages animés, mais dont le maquillage est assez réussi pour être crédible. Les effets des cafards sortant du corps ont pris un coup de vieux, en grande partie parce que l'on remarque que c'est bien un mannequin. Le film peut également compter sur une distribution de qualité, notamment feu Leslie Nielsen parfait de cynisme (dans un rôle à contre-emploi de ce qu'il tournait à l'époque) et Ed Harris qui nous honore de quelques pas de danse délirants. Mais King ne s'arrête pas là. S'il n'a pas écrit de novélisation du film, il entreprend de rendre un autre hommage à EC Comics en faisant une adaptation du film en bande-dessinée. Pour cela, il fait appel à Bernie Wrightson, le créateur (avec Len Wein) du personnage Swamp Thing. Il est d'ailleurs bon de noter que le personnage de "The lonesome death of Jordy Verrill" a un look assez similaire à Swamp Thing une fois dessiné. King opte pour quelques modifications salutaires permettant à Creepshow le film et Creepshow la BD d'être deux oeuvres à part entière.

CBD

Extrait du passage "The Crate".

Romero part d'un prologue pour amener aux histoires présentes dans le magazine Creepshow. Dans la BD, ce prologue ne tient que sur la couverture avec le gamin qui lit le magazine et le Creeper derrière la fenêtre. Par ailleurs, Wrightson fait dans le clin d'oeil avec des affiches de Zombie (Romero, 1978), Carrie de De Palma et une affiche pour le livre Shining (King, 1977). Vu que King déteste le film de Stanley Kubrick (1980), il aurait été cocasse que le dessinateur ou l'auteur lui-même y fasse allusion. Le Creeper nous sert de narrateur et d'hôte tout le long de la BD, usant de sarcasmes et d'un rire récurrent (hé, hé, hé...). Il apparaît même parfois dans le décor ou en personnage pour les introductions ou la fin des histoires. Après qu'un des personnages goûtent à un peu d'eau de mer, le Creeper lui offre une savoureuse conclusion : "le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas a-mer ! La preuve, il di-vague !" Dans le même genre, la conclusion de l'ouvrage se fera par une vanne de plus, avec un bel oeil sorti : "Je vous quitte avec cette célèbre réplique du classique Quai des brumes, où Jean Gars-bien dit à Michelle Morgue-an 't'as de beaux yeux, tu sais !'. D'ici là, je vous ai à l'oeil, les enfants... hé, hé, hé...".

CBD 2 

Extrait du passage "They're creeping upon you !"

La neuvième art aidant dans les 80's, Wrightson se fait plaisir avec un personnage de "Father's day" écrasé par la pierre tombale et bien mis en évidence ; et surtout le grand final de "They're creeping upon you !" offre une vision d'horreur beaucoup plus effrayante que le film (voir ci-dessus). Là il n'y a pas de maquillage qui ne tient pas la route... L'aventure Creepshow aurait pu s'arrêter là, mais il y a eu deux séquelles et un épisode de web-série. La première fut supervisée par Romero et King "a fourni les cinq histoires, dont deux déjà publiées et trois au stade de simple synopsis.". Romero continue: "Autour du même style de fil rouge que celui du premier Creepshow, j'en ai tiré un script. Puis le projet a été remanié, raccourci ; le producteur a ensuite utilisé le sketch Cat from hell pour Darkside, les contes de la nuit noire" (*). Romero reste scénariste et producteur, mais laisse sa place de réalisateur à Michael Gornick (son directeur de la photographie sur Martin, Zombie, Knightriders, Le jour des morts-vivants et Creepshow) pour une sortie en 1987. Creepshow revient d'entre les morts avec la firme de seconde zone Taurus Entertainment pour un troisième opus (2006).

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La boutique des horreurs.

Déjà responsables du Jour des morts-vivants 2 : Contagium (2005), Taurus comme les réalisateurs Ana Clavell et James Glenn Dudelson auraient signé un véritable carnage selon les divers avis lus à droite et à gauche (inutile de vous dire que je n'ai pas cherché à le voir, comme je n'ai pas trouvé Creepshow 2). Les bonhommes auraient essayé de récidiver avec une web-série, mais cela ne tiendra pas plus d'un épisode (2009). En revanche, Creepshow avait fait des bébés bien avant avec la série anthologique Histoires de l'autre monde (1983-88). Afin de ne pas avoir de comptes à rendre à la Warner (détentrice des droits de Creepshow), Romero et le producteur Richard P Rubinstein (son producteur fétiche et amateur des adaptations d'oeuvres de King) reprennent le même principe que le film, mais sous un autre nom. Deux épisodes seront directement liés à Stephen King. L'épisode The Word Processor of the Gods (saison 1, épisode 8, réalisé par Gornick) adapte Machine divine à traitement de texte publiée à l'époque dans Playboy (1983), avant de finir dans le recueil Brume. Un professeur découvrait une machine à écrire utilisant un traitement de texte avec le pouvoir de modifier la réalité. Tout ce qu'il écrit finit par devenir réel.

 

Quitte à liquider sa femme et son gosse pour former une famille à son image ! Le second épisode est Sorry, Right number (saison 4, épisode 9) signé de la plume de King et réalisé par John Harrison. Une histoire que King voulait insérer dans une autre série anthologique (Amazing Stories, 1985-87), mais fut refusée par son producteur et créateur Steven Spielberg. Il la propose alors à Rubinstein qui accepte. Une femme entend une voix au téléphone qui se trouve être la sienne. Le scénario sera ensuite publié dans le recueil Rêves et cauchemars (1993). Après son annulation, Rubinstein propose à Romero d'en tirer un film, dont la réalisation sera confiée à Harrison. Le film ne se base en fait que sur une adaptation d'une nouvelle de Stephen King, The Cat from hell (1977), qui devait déjà être au programme de Creepshow 2. Ce sketch est écrit par Romero, le scénariste Michael McDowell se charge des deux autres (sans compter l'histoire qui englobe le tout), soit de la fiction écrite pour l'occasion ("Lover's Vow"), soit adapté d'Arthur Conan Doyle (Lot 249, 1892). Au casting, on retrouve du beau monde : Debbie Harry, Matthew Lawrence (le fils de Robin Williams dans Madame Doubtfire), Christian Slater, Steve Buscemi, Julianne Moore, William Hickey, Mark Margolis, James Remar et Rae Dawn Chong (le sidekick féminin de Commando).

Darkside

Le film sera un joli succès à sa sortie et aura même droit au Grand Prix au Festival d'Avoriaz en 1991 (face à L'échelle de Jacob d'Adrian Lyne et Cabal de Clive Barker tout de même). Darkside se révèle être un film tout ce qu'il y a de plus recommandable et bien qu'il ne se base pas complètement sur les écrits de King, les histoires pourraient très bien se rattacher à son univers. Debbie Harry veut manger Lawrence encore tout minot comme la sorcière d'Hansel et Gretel (XIXème siècle). Buscemi libère une momie qui se déchaîne sur l'ami et la soeur de Slater, avant d'en faire ses compagnons de route en mettant des plantes à l'intérieur des corps. Le fameux "The Cat from hell" dévoile un vieillard (Hickey) essayant par tous les moyens de tuer un chat diabolique. Enfin James Remar a fait un pacte avec une créature et curieusement depuis tout va bien pour lui... jusqu'au dénouement fatal. Comme pour Creepshow, les histoires se finissent mal, parfois même sur des notes particulièrement gores. La palme à "The Cat from hell" et son chat s'insérant dans le corps d'un tueur à gages (David Johansen) pour le tuer de l'intérieur ! Si la scène des cafards dans Creepshow a pris un sacré coup dans la tronche, celle-ci est bien mieux réalisée.

Darkside 2

On peut aussi noter que la créature de "Lover's Vow" est particulièrement bien réalisée par les équipes de KNB. On dit souvent que le film à sketches est à double-tranchant en raison de la qualité parfois inégale des sketches. Mais quand des artisans font bien leur travail, cela peut donner de bons voire très bons films. C'est le cas de Creepshow et de Darkside.

  • Peur bleue (Daniel Attias, 1985) : A l'appel du loup, tu brises enfin tes chaînes 

SB

"Peur bleue est certainement le seul film qui ait vu le jour suite à un projet de calendrier" (*). Voilà comment Stephen King évoque l'adaptation de L'année du loup-garou (1983). En fait, il ne s'agit pas vraiment d'un roman, ni d'une nouvelle, mais d'une novelette. C'est un récit où King évoque les méfaits d'un loup-garou sur une année en chapitrant par mois et le livre est illustré d'un grand nombre de dessins de Bernie Wrightson. Un travail de King qui sort un peu du lot, comme Creepshow en quelques sortes. L'idée d'un almanach écrit et illustré vient de l'éditeur Chris Zavis rencontré par King lors d'une soirée visiblement arrosée (rappelons que l'auteur fut alcoolique durant un certain temps). King avait alors pensé au douze pleines lunes que peut offrir une année, ce qui est évidemment lié aux camarades de Taylor Lautner. Comme évoqué dans la Cuvée long live the King #3 , le producteur Dino de Laurentiis a tiré plusieurs adaptations d'oeuvres de King durant les 80's. Ce sera le cas de L'année du loup-garou rebaptisé Silver Bullet (pour la balle en argent qui tue les loups-garous et le fauteuil que confectionne un oncle pour son neveu) ou Peur bleue (que l'on peut prendre comme une allusion à la couleur de la voiture du loup-garou du film) pour le cinéma.

ADLG

Une des illustrations réalisées par Bernie Wrightson pour L'année du loup-garou.

King adapte ici pour la première fois un de ses travaux, après avoir tenté de le faire sur plusieurs adaptations antérieures (Dead Zone notamment). Initialement c'est Don Coscarelli (Phantasm) qui devait réaliser le film. Visiblement il aurait tourné des scènes sans le loup-garou et n'aurait pas su quoi faire du film par la suite. Démissionnaire, le réalisateur laisse sa place à Daniel Attias prenant la production en marche. Carlo Rambaldi (ET) a été engagé pour créer le costume du loup-garou et des têtes articulées. Mais le producteur n'en fut pas content, regrettant également la manière dont un danseur l'incarnait. Au final, c'est Everett McGill (qui joue le personnage quand il est humain) qui l'a aussi incarné en costume sur bons nombres de plans. En soi le costume n'est pas trop mal, ressemblant beaucoup à ce qui se faisait à l'époque. A la différence d'Hurlements (Joe Dante, 1981) et du Loup garou de Londres (John Landis, 1981), les scènes de loup-garou ne font pas trop démonstration d'effets-spéciaux (à part peut être le cauchemar de McGill).

SB 2

D'autant que le réalisateur ne dévoile pas souvent entièrement le loup-garou, se contentant de plans rapprochés sur diverses parties du corps. Outre McGill alors en pleine ascension (l'année suivante, il se battra dans la boue avec Clint Eastwood dans Le maître de guerre), on retrouve la teenage star de l'époque Corey Haim, Gary Busey pré-Arme fatale et Terry O'Quinn encore loin de l'île. S'il y a un petit problème avec Peur bleue, c'est par sa tendance à ne pas trop savoir dans quel genre se poser. D'un côté, on voit le quotidien d'un gamin paraplégique (Haim) et sa soeur qui a des problèmes avec lui (Megan Follows), ce qui en fait une sorte de teen movie. De l'autre, on a toute l'histoire de loup-garou dans la mouvance de l'époque. Comme dans Hurlements, il y a cette tendance d'horreur meta où les personnages savent comment tuer les monstres qu'ils combattent par des références. Comme les balles en argent du titre. King ayant fait à peu près la même chose avec les vampires dans Salem, il n'y a rien d'étonnant à le voir faire cela avec les loups-garous. D'ailleurs comme dans Hurlements, il y a un petit côté slasher dans les intentions, montrant un loup-garou serial killer, accumulant les meurtres sauvages au fil des mois (le film ne se déroule toutefois pas sur un an comme la novelette).

SB 3

Cela va du simple péquenaud dans la brume (séquence un peu douteuse sur ce point précis) au meilleur ami du héros (scène très sobre avec seulement O'Quinn ramenant un cerf volant ensanglanté). Attias se fait plaisir, alignant les scènes de meurtres particulièrement graphiques qui ont dû plaire à la MPAA à l'époque ! Le plus cocasse est toutefois le choix même du personnage pour jouer le loup-garou. La réponse apparaît finalement assez tard dans le récit, au point de se demander de qui il s'agit. Il est d'autant plus cocasse de faire d'un homme de foi un tueur sanguinaire. En tous cas, l'idée fonctionne et McGill s'en sort très bien en méchant de service. L'aspect teen movie est plutôt sympathique aussi, d'autant que la relation entre les gamins et leur oncle (Busey) est assez attachante. Peur bleue n'est peut être pas le film de loup-garou de la décennie, mais c'est un bon cru un peu trop méconnu alors qu'il a des qualités indéniables. Les 80's, la décennie du loup-garou ?

Allez à la prochaine!


 * Propos issus de Mad Movies Hors série numéro 22 (décembre 2013).

Autres sources :

  •  L'écran fantastique Hors série numéro 24 - Spécial saga Stephen King (septembre 2017).

11 octobre 2017

Putain 8 ans !

J'arrête la blogosphère. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne partez pas, ce n'était qu'une blague. Vous êtes vraiment sensibles chers lecteurs. Cela fait désormais huit belles années qui viennent de passer et comme d'habitude, il faut souffler les bougies du blog le 11 octobre. Huit si vous avez bien suivi. Ciné Borat c'est 3682 articles, 37 365 commentaires, plus de 1 073 848 visiteurs (entre 100 et 200 par jour), dix écureuils syndiqués, un café, l'addition... Vous suivez toujours ? Comme chaque année je remercie mes fidèles lecteurs et également certains followers qui se reconnaîtront en lisant ces lignes. Donc merci Olivier, Tina, 2flics, Yvonne, Titi, Nicos, Vince, Selenie, Suzy, Prince, Claire, Laurent, Ronnie, Max, Benjamin, Ornelune, Tango et tous les anonymes qui lisent chaque jour le blog. Le compte Twitter affiche 878 abonnés (https://twitter.com/CineBorat), la page Facebook s'en sort plutôt bien (https://www.facebook.com/Cine.Borat2/). L'occasion de réactions, parfois de threads ambitieux (j'ai parlé récemment de Batman sur Twitter en revenant aussi bien sur les films que les comics, en passant par les séries) ou de contenus suplémentaires (j'ai fait une tribune sur la polémique Netflix et récemment j'ai parlé de la projection 3D de Terminator 2 sur Facebook). Donc si ça vous dit, allez y faire un petit tour. 

Votre cher Borat s'est aussi lancé dans un défi de taille : le monde de TonTube. Je me suis mis au direct au mois d'août (https://www.youtube.com/channel/UClMSR3i4WPAFKPdJxMmfiAg?view_as=subscriber). J'ai commencé avec un hommage à Tony Scott, puis à une sorte de commentaire audio du premier court-métrage sur lequel j'ai travaillé. Actuellement j'ai des problèmes avec la troisième vidéo qui était consacré à Darren Aronofsky qui inaugurait "les critiques pyjamas". J'étais revenu sur sa filmographie, de Requiem for a dream (2000) à son dernier Mother ! (spoilers : ce n'est pas bon). A voir si cela change, sinon tant pis. Pour Halloween, je vais faire un direct sur John Carpenter et le cinéma horrifique / fantastique et je parlerais de ses autres films une autre fois. Une sacrée matière. Je ne cache pas que c'est un exercice difficile, souvent empiété par des défauts techniques certains. Si les latences sont de mauvaise qualité en raison de mon système d'encodage, le son devrait être moins problématique grâce au casque avec micro que je me suis procuré depuis. Il y aura donc un peu moins de problèmes de son. De toutes manières les vidéos sont assez simples, se contentent de quelques photos, tout repose en grande partie sur la voix.

Vous ne m'entendez pas, évidemment que cela devient gênant pour vous et pour moi et j'en suis bien conscient. J'ai eu pour l'instant d'assez bons retours, j'espère que cela continuera. En tous cas, c'est un exercice que je commence à rôder et dont je prends plaisir à faire. Ce n'est pas le même exercice que l'écrit où je peux aller plus loin. Là il faut captiver le public le plus rapidement possible. Ce qui ne veut pas dire traiter le sujet par dessus la jambe bien sûr. Puis un petit peu de piment dans la vie d'un blogueur ça ne fait pas de mal non ? Sinon il s'est passé encore de jolies choses cette année. J'ai eu l'accréditation pour le Festival de Gérardmer (elle est bien épinglée dans ma chambre), ce qui est un bel honneur. J'ai fait plusieurs dossiers que j'avais annoncé l'an dernier. Celui sur Joe Dante bien évidemment. Un dossier qui fut bien long à faire, entre le visionnage des films, les sources à collecter et bien sûr la rédaction. C'est aussi pour cela que je n'avais rien écrit d'autres durant près d'un mois et donc si vous n'aimez pas Joe Dante, je suis désolé pour vous. Stephen King rythme en ce moment la Cave de Borat, ce que je vous avais annoncé aussi l'an dernier.

Il y aura encore plusieurs cuvées, vu le contenu à aborder (encore une bonne vingtaine de sujets) et je songe à faire un pot pourri sous forme de conclusion. Une cuvée où l'on retrouvera des crus moins intéressants, voire mauvais dans certaines circonstances et évoqués plus rapidement. On verra bien en temps voulu. Une quatrième cuvée arrivera dans peu de temps de toutes manières. Puis comme vous le savez, l'actualité donne souvent des sujets juteux à aborder, il n'y a qu'à se servir. Depuis quelques semaines, je fais également quelques chroniques chez le camarade Fucking Cinephile dans sa rubrique "1 Cinéphile = 1 Film culte". Des chroniques assez personnelles un peu comme celles que je fais dans la Cave de Borat, où un cinéphile blogueur vient parler d'un de ses films cultes. Jusqu'à maintenant, j'ai écrit sur les films Space Jam (Joe Pytka, 1996), Across the Universe (Julie Taymor, 2007), Babe Le cochon dans la ville (George Miller, 1998), Demolition Man (Marco Brambilla, 1993) et Dingo et Max (Kevin Lima, 1995). Vous pourrez les retrouver ici, ainsi que celles de mes camarades : https://fuckingcinephiles.blogspot.fr/search/label/1%20Cin%C3%A9phile%20%3A%201%20Film%20Culte . 

Voici maintenant la liste des films à venir. Certains sont toujours là, finiront peut être sur le blog ou sur TonTube, vous le saurez tôt ou tard. Une liste qui sera évolutive comme d'habitude. En espérant vous revoir aussi nombreux cette année !

  • Room de Lenny Abrahamson
  • Médée de Pier Paolo Pasolini
  • The accountant de Gavin O'Connor
  • Alliés de Robert Zemeckis
  • Rogue one de Gareth Edwards
  • Nocturnal animals de Tom Ford
  • A monster calls de JA Bayona
  • Your name de Makoto Shinkai
  • Moonlight de Barry Jenkins
  • Tunnel de Kim Seong Hun
  • Avant la tempête d'Hirokazu Kore Eda
  • Wonder Woman de Patty Jenkins
  • Baywatch de Seth Gordon
  • It comes at night de Trey Edward Shults 
  • Atomic blonde de David Leitch
  • Barry Seal de Doug Liman
  • Le sens de la fête d'Eric Toledano et Olivier Nakache 
  • Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve
  • Detroit de Kathryn Bigelow
  • Kingsman : The golden circle de Matthew Vaughn

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04 octobre 2017

Les androïdes rêvent ils de moutons électriques ?

XXIème siècle. Rick Deckard est un blade runner, policier qui traque des androïdes meurtriers ou fugitifs nommés réplicants...

Blade Runner

Affiche réalisée par Drew Struzan pour la sortie du "Final Cut".

A l'origine il y a Philip K Dick, grand auteur oeuvrant notamment dans la science-fiction et jouant entre rêve et réalité (si bien qu'on peut le voir comme une inspiration notable de feu Satoshi Kon). Un auteur qui a attiré à titre post-thume (il est décédé en 1982) divers réalisateurs, que ce soit Steven Spielberg (Minority report, 2002), Paul Verhoeven (Total recall, 1990), Richard Linklater (A scanner darkly, 2006) et bien évidemment Ridley Scott avec Blade Runner (1982). Initialement, le réalisateur britannique devait mettre en scène Dune après Alien (1979). Le destin a voulu qu'il soit plus intéressé par Les androïdes rêvent-ils de mouton électrique ? (1968), laissant la place à un David Lynch visiblement pas prêt pour l'expérience. Blade Runner ne fut pas un tournage de tout repos. Scott était souvent en conflit avec son équipe américaine comme les producteurs, y compris avec Harrison Ford car de son aveu il ne le dirigeait pas assez. A sa sortie le film fut un flop commercial aux USA, mais il trouva son public ailleurs (2 millions d'entrées en France). 

BR

A cause de divergences d'opinions entre production, studio et réalisateur, Blade Runner est aussi un film qui a multiplié les versions depuis 1982 jusqu'en 2007. Seulement quatre versions sont disponibles au moins en coffret BR, mais il en existe en fait sept (*). La première fut le montage effectué pour des projections-test à Denver et Dallas et se rapproche du "director's cut" de 1992. Les deuxième (pour une projection-test à San Diego) et troisième (celle diffusée dans les salles américaines, donc "l'U.S. theatrical cut") furent assez similaires en dehors de scènes en plus dans la première. Comme le voulait souvent les 80's, Blade Runner est sorti en deux versions en 1982 : la troisième et une quatrième plus violente pour l'international ("l'International theatrical cut"). A cela se rajoute une cinquième version visiblement édulcorée pour la télévision américaine (chose qui se fait assez souvent, cf Le Parrain). Arrive alors le "director's cut" de 1992 qui supprime la voix-off, le final issu des rushes de Shining (Stanley Kubrick, 1980) et ajoute plus d'ambiguité au sujet de Deckard (Ford). Le "Final cut" de 2007 enfonce le clou en sous-entendant encore plus la nature de Deckard.

Scott a retouché pas mal de plans numériquement, notamment en insérant le visage de Joanna Cassidy sur le corps de la cascadeuse qui brisait les vitres dans sa célèbre fuite. C'est la version définitive selon son réalisateur et la logique veut que la séquelle signée Denis Villeneuve (Blade Runner 2049, 2017) aille dans son sens. Au contraire d'un George Lucas qui a sans cesse retoucher ses films au point que cela en devenait gênant (le director's cut de THX 1138 est à vomir), Scott a en quelques sortes bonifié encore un peu plus son film. Pour avoir assisté désormais à deux projections en salle du "Final cut", votre cher Borat confirme que Blade Runner est une expérience monumentale sur grand écran. Le film a désormais trente-cinq ans et pourtant il n'a quasiment rien pris. Certes quelques effets perdent un peu de leur valeur (notamment les inserts de vaisseaux se déplaçant dans les airs), mais est-ce réellement problématique ? A l'heure où des blockbusters arrivent à peine à tenir la route visuellement malgré des moyens astronomiques, voir Blade Runner (qui plus est au cinéma) est un plaisir pour les yeux au point d'en redemander. Ce n'est pas pour rien si Blade Runner est resté une influence notable pour des films et séries de science-fiction, à l'image du récent Ghost in the shell (Rupert Sanders, 2017). 

James Cameron s'est même inspiré largement du look du film pour le prologue de la version définitive d'Avatar (2009) avec une ville surpolluée, surpeuplée et pleine d'écrans. Un résultat fantastique que l'on doit aussi bien au chef opérateur Jordan Cronenweth qu'aux effets-visuels de Douglas Trumbull. En 1982, Blade Runner montrait que l'on pouvait faire dans la science-fiction futuriste, tout en restant dans un cadre réaliste. Ce qui renforce l'impact qu'a pu ou a encore ce film auprès des spectateurs le découvrant ou le regardant encore et encore. Blade Runner a beau se situer dans une seule ville (Los Angeles), sa population cosmopolite (on trouve aussi bien des blancs, des asiatiques, des arabes et évidemment des androïdes) fait que l'on peut s'imaginer des villes similaires. Los Angeles se révèle pluvieuse comme le New York des films noirs. L'influence du genre se poursuit également dans une intrigue policière, où le personnage principal est un anti-héros pas loin de ceux incarnés par Humphrey Bogart. Il faut voir par exemple son comportement avec Rachel (Sean Young) particulièrement douteux (pour être gentil), malgré un certain attachement. De la même manière, le personnage est souvent mis en difficulté par ses assaillants (Rutger Hauer en tête), changeant des rôles plus virils qu'a joué Harrison Ford précédemment (notamment Indiana Jones). 

Deckard (Harrison Ford) tombe amoureux de Rachel (Sean Young). Warner Bros. France

Le monde a évolué, la Cité des anges est devenue un ballet de lumières dans un univers assez sombre (séquence monumentale notamment les plans sur les yeux) et la technologie de 2019 a considérablement évolué. Les voitures volent et évidemment il y a les androïdes. (attention spoilers) L'intrigue est posée dès les premières minutes à travers un carton nous évoquant l'époque (2019), le nom des androïdes au centre de l'intrigue (les Nexus 6 ou Réplicants) et ceux qui les traquent (les Blade runner). La séquence suivante nous dévoile un réplicant (Brion James) tuant un agent essayant de le démasquer par un test. Scott nous montre alors que les Réplicants sont assez perfectionnés pour passer inaperçus dans le quotidien (ce qui les rend d'autant plus dangereux), mais qu'ils sont quand même détectables par ce moyen. Si l'ennemi reste tout de même le Réplicant, on peut aussi tout à fait comprendre leurs revendications. Ce sont avant tout des créatures cherchant à survivre car leurs vies sont éphémères. Il y a une forme de mélancolie qui permet de les trouver un minimum attachant, malgré leurs actes violents. Rutger Hauer apparaît comme un leader charismatique et ses dernières scènes sont particulièrement magnifiques. 

BR 3

L'androïde se désagrège devant nous, perdant ses fonctions motrices comme l'usage de sa main (d'où la scène du clou). Si Roy sauve Deckard d'une mort certaine, c'est parce qu'il ne lui reste que quelques secondes à vivre. Le combat est terminé pour lui. Le personnage en vient même à devenir peut être plus humain que son adversaire en face (en l'occurrence Deckard). Toutefois et c'est là où les dernières versions sont troubles, il est plus ou moins suggéré que Deckard puisse être un réplicant ou alors un modèle supérieur (ce qui expliquerait sa longévité à venir). Plusieurs allusions amènent à cette réflexion. Sur plusieurs plans, on peut voir que Deckard a les yeux rouges comme ceux des Réplicants en pleine lumière. De plus, il y a le rêve de la licorne (animal imaginaire que Scott reproduira pour son film suivant Legend) qui serait un implant installé dans son cerveau, comme l'araignée dans le cerveau de Rachel. Deckard semble avoir des souvenirs de son passé (ou tout du moins c'est ce qui est suggéré par des photos de famille), mais il se peut très bien que tout cela ne soit qu'une illusion. Comme Rachel ne sait pas qu'elle est un réplicant avant que Deckard ne lui avoue la vérité. 

BR 2

Ridley Scott a plus ou moins suggéré que Deckard était un réplicant, Harrison Ford n'est pas d'accord, nous verrons si Denis Villeneuve tranchera la question mais pas sûr. (fin des spoilers) Le film peut décontenancer les premières fois, dû à un rythme un brin lent et des scènes d'action finalement très peu présentes. Blade Runner en a peu, plus ou moins concentrées dans son climax qui n'est même pas un réel affrontement (Deckard fuit l'ennemi plus qu'il ne le combat). Toutefois, plus on voit Blade Runner, plus il semble dynamique. Comme si le spectateur oubliait ses préjugés de départ et tombait en totale adéquation avec le récit et ce qu'il voit. C'est le cas aussi avec la musique de Vangelis en ce qui concerne votre interlocuteur. A l'époque, elle l'avait décontenancé et finalement il la trouve parfaitement hypnotisante aujourd'hui. Memories of green est un morceau assez simple, fait majoritairement de piano et se mariant parfaitement avec la mélancolie développée par le film. Le Love Theme est évidemment le morceau le plus connu avec le saxophone romantique de Dick Morrissey (sur une séquence qui ne l'est pas toujours), alimenté également par des synthétiseurs allant dans le même sens. Que dire également du superbe Tales of the future, ses airs arabisants et la voix du regretté Demis Roussos à vous en donner des frissons ?

Oeuvre maltraitée à sa sortie, Blade Runner est aujourd'hui considéré comme le classique qu'il aurait toujours dû être. Un chef d'oeuvre à la fois dans sa réflexion sur la robotique et par un visuel encore irréprochable trente-cinq ans après sa sortie.


Article initialement publié le 28 octobre 2009.

* Pour les curieux, voici la durée des quatre versions disponibles dans le coffret BR :

  • l'U.S. theatrical cut : 1h57m16s
  • l'International theatrical cut : 1h57m25s
  • le Director's cut : 1h56m34s
  • le Final cut1h57m36s

01 octobre 2017

Sommaire de T à chiffres

T

Le tableau
Tais-Toi !
Taken,  Take Shelter
Tamara
Le Tambour

 (la Cave de Borat)
Tango et Cash
Taram et le chaudron magique
Tarantula !
Tarzan
Tarzan Korkusuz Adam
Tatie Danielle
Le Tatoué
Taxi, Taxi 2, Taxi 3, Taxi 4, New York Taxi

Taxidermie
Taxi Driver
TC 2000

Tchao Pantin
Team America
Ted
Tell Tale
Témoin Muet
T'Empêches Tout le Monde de Dormir !
Les temps modernes
Tendre Dracula

 (la cave de Borat)
Le Terminal
Terminator, Terminator 2:Le jugement dernier, , Terminator 3:Le soulèvement des machines, Terminator Renaissance 
Terminator 2 Spectres A Venise

 (la Cave de Borat)
Terror Trap

Le Testament d'Orphée
Tetsuo The Iron Man Tetsuo The Bullet Man
Thank you for smoking
The Thaw

There Will Be Blood
The ThingThe Thing (2011)
Thirteen
This is it


Thor, Thor The Dark World
Thriller-A Cruel Picture
 (director's cut, la Cave de Borat)
Tigerland
Le Tigre Sort Ses Griffes

Tin Toy
Titan AE
Titanic
Titanic 2
Titeuf le film
Toi et Moi... Et Duprée
Tokyo Godfathers
Tokyo Girl Cop
La Tombe
Le tombeau des lucioles
Le Tombeur de ces Demoiselles
Tombstone
Tom et Jerry Les Meilleures Courses Poursuites
 

Tonnerre de Feu
Tonnerre sous les tropiques
Les Tontons Flingueurs
Toolbox Murders
Tootsie
Top Gun
Les tortues ninjaLes tortues ninja 2Les tortues ninja 3TMNT,  , 
Torture
The Tortured
The Torturer
Total Recall,  Total Recall(2012)
Touchez pas au Grisbi
La tour infernale

 (la Cave de Borat)
Tout ce qui brille

Tout le monde il est beau Tout le monde est gentil
The town
The Toxic Avenger
Toy Story, Toy Story 2, Toy Story 3,  (la Cave de Borat),  (la Cave de Borat)
Traffic
Train


Training day
Trainspotting 
Traitement de Choc
Trance


Transformers, Transformers 2 la revanche, Transformers 3 la face cachée de la Lune,   (la Cave de Borat) (la Cave de Borat)
Le transperceneige (film)
Le transporteur, Le transporteur 2, Le transporteur 3
La Traque des Nazis
La Traversée de Paris

La traversée du temps
The Tree of Life
Tremors 2
Le trésor de la lampe perdue
Triangle
Le Triangle du Diable

Troie
Troll 2

The Troll Hunter
 , Tron Legacy

 (la Cave de Borat)
True Grit
True Lies
The Truman Show
Tucker
Les Tueurs de L'Espace
Tueurs nes
The Tunnel
Tu Peux Garder Un Secret

Turbo
Turistas
Turkish Bruce Lee
Turkish Jaws
Turkish Rambo
Turkish Rocky
Turkish Star Trek
Turkish Star Wars, Turkish Star Wars 2
Turkish Superman
Twilight chapitre 1 fascination
, Twilight chapitre 2 tentation, Twilight chapitre 3 Hésitation  (les deux parties)
Twin Peaks Fire walk with me

U

Ultra Vixens
Un Air de Famille
Un amour de coccinelleLe nouvel amour de coccinelle, La coccinelle à Monte Carlo, La Coccinelle Revient
Un Chien Andalou
 (la Cave de Borat)
Undead Or Alive
Un Drôle de Paroissien

 (la Cave de Borat)
Un fauteuil pour deux
Un FlicUn Flic A La Maternelle
Un Homme et son ChienUn Indien Dans La Ville

Un jour sans fin
Un Justicier Dans La Ville 2Le Justicier de New York,  Le Justicier Braque les Dealers
Un long dimanche de fiançailles
Un monde parfait
Un monstre à Paris
Un Nommé Cable Hogue

Un Papillon Sur L'Epaule 
Un poisson nommé Wanda

Un Prince A New York
Un prophète
Un Seul Deviendra Invincible 2Un Seul Deviendra Invincible 3
Un Taxi Pour Tobrouk
Un Tramway Nommé Désir
The Underdog Knight
Une Balle dans la Tête
Une Epoque Formidable
Une Femme Disparaît
Une histoire vraie

 (l'Antichambre de Borat)
Une Vie Moins Ordinaire
Universal Soldier


L'Univers et ses MystèresA la recherche d'amas cosmiques, L'Etoile de la Mort, Guerres SpatialesPulsars et QuasarsDix moyens de détruire la Terre, Tombés de L'Espace, Une Autre Terre, Stopper L'Armageddon, Sexe Dans L'Espace, Au Bord de l'espace, Phénomènes Cosmiques, Visages Extraterrestres, La Vitesse de la Lumière, La Fin de la Terre, Saturne et ses Anneaux, A la recherche de la vie extra-terrestre, Le Soleil L'Etoile Mystérieuse, Eclipse Totale, Sept Merveilles du Système SolaireEnergie ExtrêmeTempête MagnétiqueUnivers LiquideVivre dans l'espaceLe Jour Où La Lune MourutMars Nouveaux Indices, Science Fiction Fait Scientifique, Matière Noire et Energie Sombre, Le secret des sondes spatiales, Voyage dans le Temps      

Unstoppable
Unthinkable
The Untold Story
Urban Legend
Urotsukidoji La Légende du Démon,  ,  

V

V pour vendetta
Vacances à Hawaï
La Vache et le Prisonnier
Vahsi Kan
Valentine's day


Valhalla Rising Le Guerrier Silencieux
La Vallée
La Vallée de Gwagi
Valse avec Bachir
La Valse des Pantins

Les valseuses
Vampires
Vampires (2010)
Vampire vous avez dit vampire?, Vampire vous avez dit vampire 2, Fright night
Van Helsing
Le Veilleur de Nuit
Vendredi 13, Vendredi 13 chapitre 8 L'Ultime Retour, Jason Va En Enfer,  Jason X
La Vengeance de l'Aigle


La verite si je mens, La verite si je mens 2, La vérité si je mens 3
Versus L'Ultime Guerrier
Very Bad TripVery Bad Trip 2
The Victim
Vidocq


La vie de Brian
La Vie des Autres
La Vie Est Belle (1948)La Vie Est Belle
La vie est un long fleuve tranquille
Vie et Légende d'Anne Frank
Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine
La Vierge de Nuremberg
La Vie Secrète de Jeffrey Dahmer
Le Vieux Fusil

Vijayendra Varma-Power of an Indian
Le Village des Ombres
Vincent
The Vindicator
Violette Nozière
Vipère Au PoingVipère Au Poing (2004)
Virgin Suicides
Les Virtuoses
Virus Cannibale
Les Visiteurs; Visitor Q


Vol 93
Vol au dessus d'un nid de coucou
Volcano
Le Voleur d'Arc En Ciel
Volt
Volteface
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine

 (l'Antichambre de Borat)
Voyage Au Bout de L'Enfer

Voyage au centre de la Terre
Le voyage de Chihiro
Le Voyage Fantastique


Les Voyages de Gulliver (1939)
Le Voyeur

W

Waking Sleeping Beauty

 (la Cave de Borat)
The Wall (album et film)
Wallace et Gromit Une grande excursion, Wallace et Gromit Un Mauvais Pantalon, Wallace et Gromit Rasé de près, Wallace et Gromit Le mystère du lapin-garou
Wall-e
Wall Street, Wall Street 2: L'argent ne dort jamais
Wanted choisis ton destin
The Ward

 
WarGames
Warrior
Wasabi
Watchmen
Waterworld
Wayne's World, Wayne's World 2

 (la Cave de Borat)
Welcome to the Jungle
Wendigo
When we were kings
Where The Dead Go To Die 
The White Zombie

 (la Cave de Borat)Wilderness
Wild Wild West
Willow
 
W. L'Improbable Président
Wolf Creek
Wolfman (2009)
World Trade Center
World War Z
The Wrestler
Wyvern

X

X Men, X Men 2, X Men 3 l'affrontement final, X Men Origins Wolverine, X Men First Class The Wolverine,  ,
XXXXXX 2 The Next Level

Y

Yamakasi
Y A-T-Il Un Exorciste Pour Sauver Le Monde 
Y a t-il un pilote dans l'avion
Les Yeux de Julia
Les Yeux du Désir
You're next

Z

Z
Zero Dark Thirty
Zidane Un Portrait Du XXIème Siècle
La Zizanie
Zodiac
Zombi 3
Zombie Diaries 2


Zombie Holocaust
Zombie Honeymoon
Zombie Lover
Zombies Anonymous
Zombies Of Mass Destruction
Zookeeper
Zontar La Chose de Vénus

Chiffres

Deux heures moins le quart avant JC
Les Deux Visages de Christie
Two Lovers
3 Enfants Dans Le Désordre
3H10 Pour Yuma
Trois Jours A Vivre 2
3 Mighty Men
3 Zéros

Quatre Garçons dans le Vent
Quatre mariages et un enterrement
La quatrième dimension le film
Five Across The Eyes
Le cinquième élément


La 7ème Cible
Les 7 Grands Maîtres de Shaolin
Les 7 Momies
Les sept samouraisLes sept mercenaires 
7venty 5ive
8 mm
Le Huitième Jour

Neuf mois ferme
Les 10 Commandements
Les 12 Salopards
Twelve years a slave
Le 13eme guerrier


21 Jump Street 
La 25ème heure
28 jours plus tard, 28 semaines plus tard
30 Jours de Nuit 2
La 36ème Chambre de Shaolin
36 Quai des Orfèvres
40 ans toujours puceau
99 F
100 Feet
100 Tears
Les 101 dalmatiens127 heures
187 Code Meurtre
300,  Les Quatre Cents Coups

1001 pattes
1941
1984 (Anderson), 1984 (Radford)
2001 L'Odyssée de L'Espace

2001 Maniacs 2001 Maniacs Field Of Screams
2012
2012 Supernova
2019 Après la Chute de New-York
10000

 (la Cave de Borat)

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Sommaire de P à S

P

Le Pacha
Pacific rim
Le pacte des loups
Le Pacte du Sang
Pain and gain
Pale Rider

Panic Room
Panic Sur Florida Beach
La Panthère Rose, Quand l'inspecteur s'emmêle, Le retour de la Panthère Rose, Quand la Panthère Rose s'emmêle, La malédiction de la Panthère Rose, A la recherche de la Panthère Rose
Paperman
Papillon
Paprika
Papy Fait de la Résistance
Paranoiak
Paranormal ActivityParanormal Activity 3

ParaNorman

 (la Cave de Borat)
Pardonnez-Moi
Le Parfum Histoire D'Un Meurtrier
Le Pari
Paris
Paris by Night of the Living Dead

Paris Je T'Aime
Le ParrainLe Parrain-2ème partie, Le Parrain 3

 (la Cave de Borat)
Partly Cloudy
The Party
Partysaurus Rex
Pas de printemps pour Marnie
La Passion de Jeanne d'Arc
La Passion du Christ

 (l'Antichambre de Borat)
Patrick


Paul
Payback
Paycheck
 (la Cave de Borat)
Pearl Harbor
Pearl Jam Twenty
Peggy Sue s'est mariée
Pendez-Les Haut Et Court
People
Les Pépées font la loi
Percy Jackson le voleur de foudre

Perdus dans l'Espace
Le Père Noël Contre Les Martiens
Perfect blue
Le Péril Jeune
Persepolis

Persona
Peter et Elliott le dragon (la Cave de Borat)
Peter Pan
La Petite Boutique des Horreurs
La petite sirene
Petit Massacre Entre Amis
Les petits mouchoirs
Le Petit Vampire
Le petit dinosaure et la vallée des merveilles
Le Peuple de l'Enfer
Peur Bleue

Peur sur la Ville

 (la Cave de Borat)
Phantom Of The Paradise
Phantoms
Le Phare du Bout du Monde
Phenomena
Philadelphia
Philosophy of a Knife
Phone game
Pi
Piège à Hong Kong
Piege de cristal, 58 minutes pour vivre, Une journee en enfer, Die Hard 4 retour en enferDie Hard 5 

Piège Mortel à Hawaï, Return to the Savage Beach
Pinocchio
Le Pion

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat), Piranha 2 Les Tueurs Volants, Piranha 3D
Les Pirates bons à rien mauvais en tout
Pirates des CaraÏbes: La malédiction du Black Pearl, Le secret du coffre maudit, Jusqu'au bout du monde, La fontaine de Jouvence
La Piscine
Pitch Black, Les chroniques de Riddick Riddick Dead Man Stalking
The Place beyond the pines
La plage

 (la Cave de Borat)
Plan 9 From Outer Space
La planete au tresor
La planète des singes (1968), Le secret de la Planète des singes, Les évadés de la Planète des singes, La Conquête de la Planète des Singes, La planète des singes(2001), La Planète des Singes Les Origines 
La Planète Fantôme
Planète Interdite
Platoon

 (la Cave de Borat)


Le plus beau métier du monde
Pocahontas
Point Break
Pokémon le film
Le Pôle express
Police Academy

Police Fédérale Los Angeles
Polisse
Poltergeist
Pompoko
Le Pont (2008)
Le Pont de la Rivière Kwaï
Pontypool
Ponyo sur la falaise
Porcherie
Porco Rosso
Braddock Portés Disparus 3

Poséidon
Possession
Postal
Postman
The Poughkeepsie Tapes
Pouic-Pouic
Pour 100 Briques T'As Plus Rien !
Pour Qui Sonne Le Glas
Pour une poignee de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon la brute et le truand


Predator, Predator 2, Predators
Predictions
Prends Ta Rolls... Et Va Pointer !
Presque celebre
Le prestige

Presto
Présumé Coupable
Prête-Moi Ta Main
Pretty Woman
Primal
Primale
Le prince d'Egypte
Prince des Ténèbres

Prince of Persia les sables du temps
La princesse et la grenouille
Princesse Mononoké
Priscilla folle du désert
Prison (1988)
Prisoners
Prisonniers du temps

Le professeur FoldingueLa famille Foldingue
Le professionnel
P.R.O.F.S
Le Projet Blair Witch
Projet X
Les promesses de l'ombre

Promotion canapé
Le Proviseur
Psychose
Public Enemies
Le Pull-Over Rouge
Pulp Fiction

 (l'Antichambre de Borat)
The Punisher (1989), The PunisherPunisher War Zone
Purana Mandir
Purple Rain
Push
Pusher, Pusher 2Pusher 3
Python

Q

Le Quai des Brumes
Quand l'Embryon Part Braconner
Quand les aigles attaquent
Quand les Dinosaures Dominaient le Monde
Quand les nazis filmaient les ghettos
Queen Kong
Que la Bête Meure
 (la cave de Borat)
Qui veut la peau de Roger Rabbit?
Quizz Show

R

The Rage
 (la Cave de Borat)
La Rage du Tigre
Raging Bull
The Raid,  Rain Man
Les Raisins de la Colère

Les Râleurs Font Leur Beurre
Rambo, Rambo II La mission, Rambo III, John Rambo
Rampage
Rango
Rashomon
Raspoutine Le Moine Fou
Ratatouille
Ratman

 (la cave de Borat)
Razorback
Real Steel
Re-Animator
Rebecca
Rec, Rec 2
Red Red 2
Redline
Red's dream
 (la Cave de Borat)
Red Water
The Reef
Regain
La Règle du Jeu
La reine des neiges
La releve


Rencontres du Troisième Type
Renaissance
Le Repaire du Ver Blanc
Reportages de Guerre Diviser Pour Régner
Reptilicus
Les Reptiliens
Requiem for a dream
Requiem pour un massacre

Les Rescapés de Sobibor
Rescue Dawn
Resident Evil, Resident Evil Apocalypse, Resident Evil ExtinctionResident Evil Afterlife
Resurrection County
Retour à la fac
Le Retour des Morts-Vivants
Retour vers le futur, Retour vers le futur 2, Retour vers le futur 3
Retroactive

La Revanche de la Créature
La Revanche de Pinocchio
La Revanche des Mortes Vivantes
La Révolte des Triffides
Les Révoltés de l'An 2000

Ricky Bobby roi des circuits
Le rideau dechire

 (la Cave de Borat)
Les Ripoux
Risky Business
Le Rite
Les rivieres pourpres, Les rivières pourpres 2
road trip
Robin des Bois
Robin des Bois prince des voleurs
Robin Hood
Robocop, Robocop 2, Robocop 3


Le Robot des Glaces, L'histoire de Trunks
Robot Jox
Robot Monster
Robots 2000 Odyssée Sous-Marine
Robo Vampire
Robowar
Rock (1996)
Rock academy
Rock Aliens

 (la Cave de Borat)
Rock of ages
Rocky,  Rocky 2, Rocky 3 l'oeil du tigreRocky 4, Rocky 5Rocky BalboaLe Roi des Cons
Le Roi Lion
Les rois du désert

Les Rois Mages
Rollerball (1975), Rollerball(2002)
Roméo et Juliette
Les Rongeurs de l'Apocalypse
Rosemary's Baby
R.O.T.O.R.
La Route
La route d'Eldorado


Rox et Rouky
Le royaume de Ga'Hoole-la legende des gardiens
Rubber
Rue Barbare
La Ruée Vers L'Or

 (la Cave de Borat)Les Runaways
Running Man

 (la Cave de Borat)
Rush

S

Sacré Graal
Sacré Robin des Bois
Le Sadique à la Tronçonneuse
Sailor et Lula
Le Saint (1997)


Le Saint de Manhattan
Le salaire de la peur
Salo ou les 120 Journées de Sodome
Saludos Amigos, Les trois caballeros
Salvage
Samuraï Cop
Samourais

 (la Cave de Borat)
San Antonio
Sanctum

 (la Cave de Borat)


Santa Sangre
Sarkozy vampire des médias
Sars Wars Bangkok Zombie Crisis
Saute mouton
Sauvez Willy

Savages
Savulun Battal Gazi Geliyor
Saw
Saw 2Saw 3Saw 4Saw 5Saw 6 
Scanners, Scanners 2
Scarface
Scary Movie, Scary Movie 2, Scary Movie 3, Scary Movie 4 Scary Movie 5

Le Schpountz
Les Schtroumpfs
La Science des Rêves

Scooby doo, Scooby doo 2
Scott Pilgrim vs the world
Scourge
Scrapbook
Scream, Scream 2, Scream 3, Scream 4

 (la Cave de Borat)
The secret
Le Secret de Kelly-Anne

 (la Cave de Borat)
Le secret de la pyramide
Le Secret du Lac Salé
The Secret life of Walter Mitty

La Secte Sans Nom
Sectes Enfants Sous Emprise
Le Seigneur des anneaux, Le Seigneur des anneaux (1978), The Hobbit: Un voyage inattenduLa désolation de Smaug 
Le sens de la vie
Le Sens du Devoir
Les sentiers de la perdition


Le Septième Voyage de Sinbad

 (Cave de Borat)
Serial Noceurs
Série Noire 
Le Serpent
Serpico
Se Souvenir des Belles Choses
Seul au monde


Seven
Sexcrimes, Sexcrimes 2
Shadow
Shakma

 (l'Antichambre de Borat)
Shank
Shaolin Contre Mantis
Shark Attack-Alerte Aux Requins, Shark Attack 3
Shark In Venice
 (la Cave de Borat)
Sharktopus
Shark Zone
Shaun of the dead
She Creature
Sheitan

Shérif Fais-Moi Peur
Sherlock Holmes
Sherlock Holmes Attaque L'Orient-Express
Shine a light
Shining
Shoah
Shocking Asia
Shoot'Em Up
Showgirls
Shrek, Shrek 2, Shrek le troisième, Shrek 4 il était une fin 
Shutter Island


Sidekicks
Signes
Le Silence des Agneaux, Hannibal, Hannibal Lecter Les Origines du Mal
Le Silence Qui Tue
Silent Hill
Silent Running

 (la Cave de Borat)
Les Simpson Le Film
Sin City 


The Skeptic
Slaughtered Vomit Dolls
Sleepy Hollow
Slice
Slugs

Small Fry
Small Soldiers
Snake eyes
Snuff 102
The Social Network
La soif du mal

Soldier
Soleil Rouge
Soleil Vert
Solitaire

Someone's Knocking At The Door
Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama
SOS Fantomes, SOS Fantomes 2,  


La Soupe Aux Choux
Source Code
La souris
Les Sous-Doués passent le bac
Sous le Signe du Scorpion
Le sous sol de la peur
Southland Tales
South Park le film
Space Cowboys
Space Jam


Spanish Movie
Spartacus
Spartatouille
Spawn
Speed 2 Cap sur le Danger
Speed Racer
Spider Man, Spider Man 2, Spider Man 3, The Amazing Spider man  
Spiders
Spider Web
Spirit l'etalon des plaines
Spirit Trap
Splice

 (la Cave de Borat)
Spring Breakers


St Jacques La Mecques

Stag Night
Stake Land
Stalingrad
Stand By Me
Starcrash Le Choc des Etoiles

Stargate
Starko
Starman
Starship TroopersStarship Troopers 2
Starsky et Hutch
Star Runners Les Convoyeurs de L'Espace
Star Trek le filmStar Trek II La colère de Khan Star Trek III A la recherche de Spock, Star Trek IV Retour sur TerreStar Trek V L'ultime frontièreStar Trek VI Terre InconnueStar Trek Premier contactStar Trek Star Trek Into darkness 


Star Wars-episode I la menace fantôme, Star Wars-episode II l'attaque des clones, Star Wars The Clone Wars, Star Wars-episode III la revanche des sith, Star Wars-episode IV la guerre des étoiles, Star Wars-episode V l'empire contre attaque, Star Wars-episode VI le retour du jedi Star Wars Holiday Special  
Stauffenberg L'Attentat
Story of Ricky


 (la Cave de Borat)

La stratégie Ender

Street Dance 2
Street Fighter
Streetfighter La Rage de Vaincre
Strike Commando, Strike Commando 2
Striptease
Stuck Insitinct de Survie
Sucker Punch
Sueurs froides
Sugarland Express

 (Extended cut)
Sulfures
 (la Cave de Borat)

Summer Wars
Sunshine
Super (2011)
Super 8

Supercroc
Superflic Se Déchaîne
Supergrave
Super Heros Movie
Superman (1978)Superman 2Superman 3, Superman 4, Superman ReturnsMan of steel

,
Super Mario Bros

Super Noël, Hyper Noël
Super Shark
Supervixens
Sur la piste du Marsupilami
Sur la route de Madison
Sur mes levres
Le survivant
Survivant(s)
Les Survivants

Les Survivants de L'Infini
Surviving Evil
Suspiria
 (Cave de Borat)
Sweeney Todd le diabolique barbier de Fleet Street
Sweet Sixteen
Le Syndicat du Crime, Le Syndicat du Crime 2Le Syndicat du Crime 3

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Sommaire de K à O

K

Kaboom

 (la Cave de Borat)
Karate Kid (1984), The Karate Kid (2010)
Karate Tiger Le Tigre Rouge,  Karate Tiger 2
Ken Le Survivant (1986), Ken Le Survivant, Hokuto No Ken La Légende de Toki,  Hokuto No Ken L'Ere de RahoShin Hokuto No Ken
Ken Park 
Kick Ass,  Kick Ass 2 Balls to the wall
Kickboxer
Le Kid
Kiki la petite sorcière
Kill Bill
The Killer
Killer CrocodileKiller Crocodile 2
Killer Joe
Killer Shark
Kill For Love
The Killing Of Satan
The Killing Room

Killing Them Softly
Kinatay


King Cobra
Kingdom of heaven
King Kong(1933), King Kong (1976), King Kong 2, King Kong(2005), King Kong contre Godzilla King Kong Revient
The King Of New York


Kiss Kiss Bang Bang
Klaus Barbie Sur les Traces d'Un Criminel
Knick Knack
Komodo
Kramer contre Kramer
 (l'antichambre de Borat)
Kronos Le Conquérant de L'Univers


Kung-Fu Kid
Kung Fu Panda 2
Kung Pow Enter The Fist
Kuzco l'empereur megalo

L

 (la Cave de Borat)
Le Labyrinthe de Pan
Lacombe Lucien
LA Confidential
Le Lagon Bleu
La haut

Lake Placid Final Chapter


Landru
Les Langoliers
Lara Croft Tomb Raider, Lara Croft Tomb Raider le berceau de la vie
Les Larmes du Soleil
Last Action Hero

Lastikman
The Last man on Earth
The Last Stand
Le Lauréat
Laurel et Hardy en Croisière

 (la Cave de Borat)
Lawless
Lawrence d'Arabie


La leçon de piano
Lectures Diaboliques
Legend
La legende de Beowulf
 (l'Antichambre de Borat)


Léon
Le Libertin
Life of Pi
La ligne rouge
La ligne verte
Lilo et Stitch

 (la Cave de Borat)
Lincoln
La Liste de Schindler
Little Big Man
Little Miss Sunshine


Le livre de la jungle (1942)Le livre de la jungle (Disney),  (l'Antichambre de Borat)
Le livre d'Eli
Le Locataire

 (la Cave de Borat)La loi et l'ordre
Les lois de l'attraction
Lolita

The Lone Ranger
Long Time Dead
Long Weekend

 (la Cave de Borat)
Looper
Lord of war


Lost Highway
Louise Michel
Le loup de Wall Street
Le loup garou de LondresLe loup garou de Paris
Lovely Bones
 (la Cave de Borat)


Lucky Luke Daisy Town, Lucky Luke (1991), Lucky Luke
Les Lumières de la Ville
La Luna
Luxo Jr

M

Mac et Moi
La Machine A Explorer Le Temps

The Machine Girl
Maciste contre les Hommes de Pierre 
Madagascar, Madagascar 2
Madame Irma


Mad Max, Mad Max 2, Mad Max au dela du dome du tonnerreMad Monkey Kung-Fu
Mad Mutilator
The Magdalene Sisters
Le magicien d'Oz,  Magic Kid
Magic Mike

Le magnifique
Magnolia
La main au collet
La Main Rouge du Diable
La Maison de Cire

Mais Où Est Donc Passée La 7ème Compagnie, On A Retrouvé La 7ème Compagnie
Mais qui a tue Harry
Mais qui a tué Pamela Rose

La Maison du Docteur Edwardes
Le Maître d'Ecole
Le maitre de guerre
Les Maîtres de L'Univers
Les Maîtres du Temps

La MalédictionLa Malédiction Finale, 666 La Malédiction
La Malédiction des Hommes-Chats
La Malédiction des Whateley

 (la Cave de Borat)
Maléfiques
Malibu High
Mamà

La Maman et la Putain
Maman J'Ai Raté L'Avion, Maman J'Ai Encore Raté L'Avion 
Mamma Mia !
The Man From Earth
The man from nowhere

Maniac (2013)
Maniac Cop
Maniac Trasher
Man on fire
Man on the moon
Manos The Hands Of Fate
The Manson Family


Marathon Man

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)
La Mariée Etait En Noir
La Marque
Marquis de Sade-Justine
Mars Attacks

 (la Cave de Borat)
Mars Un Monde Aquatique


Martyrs

Mary et Max
Mary Poppins
The MaskMa sorcière bien aimée
Le masque de ZorroLa Légende de Zorro
Masques
Massacre A La Tronçonneuse (1974), Massacre A La Tronçonneuse 2, Massacre A La Tronçonneuse (2003), Massacre A La Tronçonneuse Le Commencement

The master
Ma Super Ex
Matrix, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions
La Mauvaise Education
Mauvaises Fréquentations

Ma Vache et Moi
Ma vie avec Liberace
Ma Vie Est Un Enfer
Max et les Maximonstres
Maximum overdrive
Max Payne


Megan Is Missing
Mega Shark Vs Giant Octopus, Mega Shark Vs Crocosaurus, Mega Python Vs Gatoroid
Megasnake
La Meilleure Façon de Marcher
Mein Kampf

Melancholie Der Engel
Mélodie Cocktail
Mélodie du sud
Memento
La memoire dans la peau, La mort dans la peau, La vengeance dans la peau (la Cave de Borat), 

 (la Cave de Borat)
Menace 2 Society

Men In Black, Men In Black II, Men In Black 3
Mensonges d'Etat
Menteur menteur
Le Mépris
Merlin l'enchanteur
Mes meilleures amies
Mes meilleurs copains

Le Messie du Mal
Le Météore de la Nuit
Metropolis
Meurtre à Hollywood
Meurtre au Soleil
La meute

 (la Cave de Borat)
Miami Vice
Michel Vaillant
Micmacs a tire larigot


Midnight Express
Midnight Meat Train
 (l'antichambre de Borat)
Millenium le film
Millennium actress
Miller's Crossing
Million Dollar Baby
 (la Cave de Borat), Mimic 2
Minority Report


Miracle sur la 8ème rue

Le Miroir A Deux Faces
Les Misérables (1958)
Misery
Miss Daisy et son Chauffeur
Mission Evasion
Mission Impossible, Mission Impossible 2, Mission Impossible 3MI Ghost Protocol

Mission to Mars
Mississippi Burning
The Mist

 (la Cave de Borat)
Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée
Moi moche et mechant
Moi Tintin
La momie, Le retour de la momie, La Momie la tombe de l'empereur dragon
La Momie Aztèque contre le Robot
Mon Beau-Père Et Moi
Le monde de Narnia-Chapitre I le lion la sorcière blanche et l'armoire magique, Le monde de Narnia-Chapitre II Le prince CaspianLe monde de Narnia L'odyssée du passeur d'aurore

Le monde de Nemo,  
Le Monde Perdu (1925)
Les mondes de Ralph
Les Mondes Futurs
Les mondes perdus au cinéma
Mondo CaneMondo Cane 2
Mondwest
 (l'antichambre de Borat)
Mon Nom Est Tsotsi
The Monolith Monsters
Mon oncle

Monsieur Verdoux
Monsters
Monsterwolf
Le Monstre Vient de la Mer
Les Monstres de L'Espace
Monstres et cieMonstres Academy
La Montagne Sacrée
Mon voisin Totoro
Moon
Moontrap
Moonwalker
 (l'antichambre de Borat)
Morse, Let me in


Mortal KombatMortal Kombat Destruction Finale
La Mort au Large
La mort aux trousses
La Mort Etait Au Rendez-Vous
La Morte Vivante
Mort Ou Vif
Mort subite

Les Morts-Vivants

 (la Cave de Borat)
Mosquito

 (la Cave de Borat)
The Mother
Mother's Day
La Mouche NoireLe Retour de la Mouche, La Malédiction de la Mouche, La moucheLa Mouche 2
Moulin Rouge
Mr Brooks
Mulan
Mulberry Street

Mulholland Drive
Multiple Maniacs
Munich
The Muppets
Le Mur de l'Atlantique
The Murderer
Murders In The Zoo

Murder Loves Killers Too
Music Box
My Soul To Take
Le Mystère Andromède
Le Mystère de Vénus
Mystic River

N

Naissance d'une nation
Nathalie Dans L'Enfer Nazi
The Necro Files
Ne le dis à personne

Né Un 4 Juillet
Never Foget
Neverland
Never Let Me go
Never Say Never
 (la cave de Borat)
New York 1997Los Angeles 2013
New York ne répond plus
Night and day


Night of the Demons
Niki Larson
Nikita
Nine
Nine Dead


Ninja Assassin
Le Ninja Blanc
No Country for old men
Les noces funebres
Les noces rebelles
Notorious Big

Notre ami le rat
N'Oublie Pas Ton Père Au Vestiaire
Nous Sommes La Nuit
Le Nouveau Jean-Claude
Le nouveau monde
Les Nouveaux Barbares
Nouvelle Cuisine


La nouvelle voiture de Bob
Nude Nuns With Big Guns
La Nuit de la Mort
La nuit des morts vivants, Zombie, Le jour des morts vivants, Land of the dead, Diary of the dead
La Nuit des Traquées

La Nuit des Vers Géants
La Nuit du Chasseur
Nuit et brouillard
La nuit nous appartient
Les Nuits Avec Mon Ennemi
Numero 9

O

Oblivion
Obsession
Ocean's eleven
Octaman
L'Oeil de Vichy
L'oeil du mal

 (la Cave de Borat)
Les oiseaux

 (la Cave de Borat)
Old boy
Oliver et compagnie
Omar M'A Tuer
On a volé la cuisse de Jupiter

Once Vatan
On L'Appelle Catastrophe
Only God Forgives
Open Range
Open Water En Eaux Profondes, Dérive Mortelle
Opération espadon
Orange mécanique
Orcs
L'ordre et la morale


L'Orphelinat
Oscar (film)
OSS 117 Le Caire nid d'espion, OSS 117 Rio ne répond plus
The Other Guys
 (la cave de Borat)
Outland Loin de la Terre
Out of Africa
Out of the furnace
Outrage (2010)
Outreau-L'Autre Vérité
Ouvert 247

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Sommaire de D à F

D

D4 Mortal Unit
La dame en noir
Damien La Malédiction 2
Danger Diabolik !
Danny the dog
Dans la brume electrique
Dans la ligne de mire
Dans La Peau De John Malkovich

Dans l'eau... Qui fait des bulles !
Dans les Griffes du Vampire
La Danza de la Realidad
Daredevil,  
Dark City
Dark Country

The darkest hour
DarkmanDarkman 2Darkman 3
Dark Shadows
Darling
D.A.R.Y.L.

 (la Cave de Borat)
Da Vinci Code
Daylight
Day Of The Animals
De battre mon coeur s'est arrêté
Dead Girl


The Deadly Spawn
Dead Man's Shoes
Dead Meat
Dead or Alive
The Dead Outside

Dead Silence
Dead Zone
Death Bell
Death Note 

Death Sentence


Death Warrior
Décapité
La déchirure

Deep Evil Menace Extraterrestre
Deep Impact
Defendor
Déjà vu


De l'autre côté du périph
Délivrance
De L'Ombre A La Lumière
De Mein Kampf A L'Holocauste L'histoire du Nazisme
Dementia 13
Demineurs
Les Demoiselles de Rochefort
Demolition Man

Demons
Le Dentiste
Le Dentiste 2
Les dents de la mer, Les dents de la mer 3, Les dents de la mer 4 La Revanche,  Cruel Jaws (Les dents de la mer 5)
De Nuremberg à Nuremberg
Le dernier des mohicans
La Dernière Femme sur Terre
La Dernière Maison sur la Gauche (1972), La Dernière Maison sur la Gauche (2009)


Le dernier exorcisme
Le Dernier Pour La Route
Le Dernier Roi D'Ecosse
Le dernier samaritain
Le dernier tango de Paris


De rouille et d'os
The descendants
The Descent, The Descent Part 2

Desperate Living
Des Serpents Dans L'Avion
Destination Finale, Destination Finale 2, Destination Finale 5
Des Zombies dans l'avion

Détective Dee
Détour Mortel 3
Détour Mortel 4
Devil
The Devil Inside
Devil Seed
Le Diable S'Habille En Prada

La Dialectique Peut-Elle Casser Des Briques
Le Dictateur
The Dictator
Didier
Digby le plus grand chien du monde
Digimon le film
Digital Man
Le diner de cons

Dinocroc
Dinosaure
Dinosaur From The Deep
Dinoshark
Dirty Dancing
Disaster Movie

Disco
Le discours d'un roi
Disjoncte
District 9
Django Unchained
Djinns
Dobermann

Dr Jerry et Mister Love

 (l'Antichambre de Borat)

Doghouse
Dogma
Dog Pound
Dolly Dearest

Domino
Don Camillo MonseigneurDon Camillo En Russie
Donkey Punch
Donnant Donnant
Donnie Darko
Don't Be Afraid of the Dark
Don't Look Up
Doom

Dorothy
Double Détente
Double Team
Dracula (1992)


Dracula mort et heureux de l'être
Dragon Ball The Magic Begins, Dragonball Evolution
Dragon L'Histoire de Bruce Lee
Dragons
Dragons Forever
Dread

Dreamcatcher
Dream Home
Drive
Driven
Le drole de noel de Scrooge
Duel
Dumb et Dumber
Dumbo
Dune


Dupont Lajoie
Dying Breed

E

Eaux Sauvages
Easy rider
Ebola Syndrome
Echec et Mort
L'échelle de Jacob
L'échine du diable
Eden Lake


Edward aux mains d'argent
Ed Wood
Eegah
L'effaceur
L'Effet Papillon


Elephant Man
L'elite de Brooklyn
Elle Est Trop Bien
Elmer Le Remue Méninges

El Topo

Elysium
Emmanuelle, La Revanche d'Emmanuelle
L'Emmerdeur (2008)
L'Emmurée Vivante
Empire du soleil

 (la Cave de Borat)
En cloque mode d'emploiThis is 40
L'Enfant Sauvage

Les enfants loups Ame et Yuki
L'Enfer des Zombies
L'enfer du dimanche
Ennemi d'Etat 
Ennemis Rapprochés
En QuarantaineEn Quarantaine 2
Entre les murs
L'epreuve de force


Eragon
Eraserhead
Erin Brockovich seule contre tous
Espace Détente
Esprits Rebelles
L'esquive
Essential Killing
Esther
L'Etalon Italien


L'Eté Meurtrier
Eternal sunshine and the spotless mind
ET l'extraterrestre
L'Etrange Créature du Lac Noir
L'etrange histoire de Benjamin Button
L'étrange noel de monsieur Jack
L'Etrangleur de Boston
L'Eventreur de New York
L'Evadé d'Alcatraz
Les Evades


Evil Bong
Evil Dead, Evil Dead 2, Evil Dead 3-L'armee des tenebres The Evil Dead 
Exam
Excalibur
Excalibur l'épée magique


Exorcismus
L'exorciste, L'Exorciste 2 L'Hérétique, L'Exorciste 3L'Exorciste Au Commencement
L'expansion de l'univers est-elle infinie
Expendables, Expendables 2The Experiment

 (la Cave de Borat)
Exterminator
L'Extra Terrestre
Extra Terrien
Eyes Wide Shut

F

Le fabuleux destin d'Amelie Poulain
Face A La Mort, Face A La Mort 2, Face A La Mort 3
The Faculty
Fahrenheit 451
La Faille
Faites Sauter La Banque
La Famille AddamsLes Valeurs de la Famille Addams
Fanboys
Fanfan la tulipe (2003)
Fantasia, Fantasia 2000
Fantastic Mr Fox
The Fantastic Four , Les 4 FantastiquesLes 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent,  Le Fantastique Homme Colosse
Fantômas, Fantômas Se Déchaîne, Fantômas contre Scotland Yard

Le Fantôme de l'Opéra (1925)
Le Fantôme du Bengale
Fantomes contre fantomes
Fargo
Fast and Furious,  2 Fast 2 FuriousFast and Furious Tokyo DriftFast and Furious 4,  Fast and Furious 5Fast and Furious 6,  
Fatale
Faster Pussycat ! Kill ! Kill !
Les Faucheurs
Faust-Une Légende Allemande
FeastFeast 2

 (la cave de borat)
Les Feebles
Felon
la Femme Guêpe
La Femme du Boulanger
Les Femmes de ses Rêves
Fenetre sur cour

 (la Cave de Borat)

La Ferme de la Terreur
La ferme se rebelle
Festen

 (la Cave de Borat)
Fido
Fievel et le nouveau monde
Fight Club
Fighter
La Fille du Puisatier
Les fils de l'homme
Le Fils de Rambow
Final Fantasy Les créatures de l'esprit
La fin des temps

 (la Cave de Borat) (la Cave de Borat)
The First Men in the Moon
Fitzcarraldo
Flash Gordon

Le Fléau
Le flic de Beverly Hills, Le flic de Beverly Hills 2Le flic de Beverly Hills 3
Le flic de San Francisco

Flic Ou Zombie
Flight
Flight Plan
Flubber
The Flying Saucer

Fog
La Folie des Grandeurs
Folle d'Elle

 (l'Antichambre de Borat)
La folle journée de Ferris Bueller
Forever Young
Forrest Gump
For the birds

Fortunat
Le Fou de Guerre
The Fountain
Fous d'Irene
Les Fous du Stade
Les Français L'Amour et le Sexe Les Préliminaires et les Positio
Frankenhooker

Frankenstein (1931)Frankenstein s'est échappéL'Empreinte de Frankenstein
Frankenweenie, Frankenweenie (2012)
Frayeurs
Freaks La Monstrueuse Parade
 (la Cave de Borat)
Freddy Contre Jason
Le Frelon vert (2010)
French Connection
Frères de Sang
Frissons D'Outre Tombe
Fritz The Cat
From Hell

From Paris with love
Frontière(s)
Fucking Kassovitz

Le fugitif
Les Fugitifs
Full Contact
Full Metal Jacket
The Full Monty
Funérailles D'Enfer
Funny Games, Funny Games U.S.
Funny People
La Fureur de Vaincre, Fist of Legend La Nouvelle Fureur de Vaincre
La Fureur de Vivre
La Fureur du Dragon 
Furyo

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Sommaire de A à C

A

A Bout de Souffle
A bout portant

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat)
A la Recherche du Bonheur

 (la Cave de Borat)
A L'Est D'Eden
A L'Intérieur
A Louer
A Propos d'Henry
A Serbian Film


A toute epreuve
Abandonnée
L'Abime des Morts Vivants
Abominable
Abyss
Les Accusés
Ace Ventura detective chiens et chats, Ace Ventura en Afrique
Across the Universe
Adieu Poulet
L'Adversaire


L'Affaire Dominici
Affamés
Les affranchis
After.Life


L'agence tous risques
A.I.
Aigle de Fer
L'Aile Ou La Cuisse

Ainsi Va La Vie Hommage A Annie Girardot
Air Force One

Akira
Aladdin, Le retour de Jafar, Aladdin et le roi des voleurs
Alarme Fatale
Albator le film
Ali

Ali Baba et les 40 Voleurs
Alice au pays des merveilles(Disney), Alice au pays des merveilles(Burton)
Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrectionPrometheus
Alien 2 Le Monstre Attaque
Alien Abduction Night Skies
Alienator

Alien Cargo
Alien Invaders
Alien VS Alien
Alien Versus Ninja
Alien VS Predator, Alien VS Predator Requiem
All the boys love Mandy Lane
Allumeuses !

Always
Amadeus
L'amant
Amen
Amer
Amer Béton
L'américain
The American
American Beauty
American Gangster
 (la Cave de Borat)
American History X


American Ninja 
American PieAmerican Pie 2American Pie 3
American Psycho, American Psycho 2
American Trip

 
Amistad
Amityville La Maison du DiableAmityville 2 Le Possédé, Amityville (2005)
L'Amour Extra Large
L'Amour Violé
Anaconda Le Prédateur
Anastasia
Les Anges Gardiens
Animal kingdom
Anna M.
Anonymous


Antarctic Journal
Antichrist
Apocalypse 2024
Apocalypse now(redux)

Apocalypto
Apollo 13

 (la Cave de Borat)
Appelez-Moi Dave
Apportez-Moi La Tête D'Alfredo Garcia
L'apprentie sorciere
Arac Attack

 (la Cave de Borat)
Argo
Les aristochats
Armageddon


L'arme fatale, L'arme fatale 2, L'arme fatale 3, L'arme fatale 4
L'armee des 12 singes
L'armee des morts
L'Armée des Ombres
L'arnacoeur
Arrete moi si tu peux
Arrête Ou Ma Mère Va Tirer !
The Arrival


Arthur et les minimoys
The Artist
L'As des As
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Les associés
Astérix Le GauloisAsterix et Cleopatre, Les 12 travaux d'Asterix,  Astérix et le Coup du Menhir, Astérix et les Vikings, Astérix et Obélix contre César, Astérix et Obélix: Mission Cléopatre, Asterix aux jeux olympiquesAstérix et Obélix: Au service de sa majesté
Atlantide l'empire perdu
Atome La Clé du Cosmos
Atome Le Clash des Titans
Atome L'Illusion de la Réalité
Atomic College
Attack From Space
Attack of the Puppet People


L'attaque de la Moussaka Géante
L'Attaque des Sangsues Géantes
Au-Delà du Réel
L'auberge espagnole, Les poupees russesCasse tête chinois
L'Auberge Rouge (2007)

L'aube rouge, L'aube rouge (2009)
Au Coeur de la Voie Lactée
August Underground, August Underground Mordum, August Underground Penance
Au Nom de Tous les Miens
Au nom du père
Au Revoir Les Enfants

Auschwitz Premiers Témoignages
Austin PowersL'espion qui m'a tirée, Goldmember
Autant en emporte le vent

 (la Cave de Borat)
Les Autres
Aux Portes de l'Enfer
Avalon

L'Avare
Avatar
Avengers
L'Aventure C'Est L'Aventure
L'aventure intérieure

Les aventures de Bernard et Bianca, Bernard et Bianca au pays des kangourous
Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin
Les Aventures de Pinocchio
Les Aventures de Rabbi Jacob
Les aventures de Tintin-Le secret de la Licorne, 
Les aventures du Baron de Munchausen
Les Aventures D'Un Homme Invisible

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec
Les aventuriers de l'arche perdue, Indiana Jones et le temple maudit, Indiana Jones et la derniere croisade, Indiana Jones et le royaume du crane de cristal
Les Aventuriers du Système Solaire
L'Aveu
L'Avion de L'Apocalypse
Azur et Asmar

B

Babel
Babe le cochon devenu berger, Babe un cochon dans la ville
Lady Blood


Babylon AD
Baby Sitting Jack Jack
Bad BoysBad Boys 2
Bad Guys
Badi
Bad Lieutenant, Bad Lieutenant Escale à la Nouvelle-Orléans
Bad Taste
Bad Teacher
Le baiser mortel du dragon

Bait
Balada Triste De Trompeta
Bambi
Bangkok Adrenaline

Bangkok Haunted
Banglar King Kong
Bang Rajan 2
Banlieue 13 Les banlieusards
Barbie La Magie de la Mode
Barb Wire

 (la Cave de Borat)


Barry Lyndon

Basic Instinct, Basic Instinct 2
Basil detective prive
Basket Case
La Bataille d'Angleterre

La Bataille de Stalingrad
Batman, Batman le defi, Batman Forever, Batman et Robin, Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises, Batman contre le fantôme masqué, Subzero, Superman Batman Apocalypse, Batman Under The Red Hood ,   (ultimate cut)
Bats 2 La Nuit des Chauves-Souris
Battle Los Angeles
Battle Royale, Battle Royale 2 Requiem
Battleship


Le Bazaar de L'Epouvante
Bear
Le Beau-Père
Les beaux gosses
Bedevilled


Beetlejuice
Begotten
Beignets de Tomates Vertes
 
La Belle Américaine
La belle au bois dormant
La Belle et la Bête (1946)La belle et la bete (1991),  La belle et le clochard
Ben-Hur
Beowulf
Bernie (film)


La Bête de la Caverne Hantée
La Bête Humaine
Les Bidasses S'En Vont En Guerre, Le Retour des Bidasses en Folie
Bienvenue à Gattaca
Bienvenue à Zombieland
Bienvenue Chez Les Ch'tis

 (la Cave de Borat)
Big
Big Boss

 (la Cave de Borat)


Big FishBig Mamma 3
Birdy
Bitch Slap
Bitten

 (la Cave de Borat)
Black Book
Black Christmas (1974)
Black Death

Black Past
Black Rain
Black Swan
Black Water
Blade (1997)Blade 2Blade Trinity
Blade Runner
Blair Witch 2 Le Livre des Ombres
Blanche Neige et les 7 nains Blanche Neige le plus horrible des contesMirror mirror Blanche Neige et le chasseur
Blindness
Le Blob Danger Planétaire, Le Blob
Blood Creek


Blood Feast
Blood Freak
Bloodsport 2, Bloodsport 3 Bloodsport 4 The Dark Kumite
Blow out
Blue Holocaust
Blue Jasmine
Les Blues Brothers
Blue Valentine
Blue Velvet
Bodyguard
Boire et déboires

 (la Cave de Borat)


Le Bonheur Est Dans Le Pré
Le Bon La Brute et le Cinglé
Boogie Nights
Borat (le film, pas moi)
Borderland
Le Bossu de Notre Dame
Boudu
Bouge !


Le boulet
Bound
The Box
Braindead
The Brain Eaters
Le Bras de la Vengeance

Brave
Braveheart
Brazil
Brazilian Star Wars
Breakfast Club
 (l'Antichambre de Borat)

 (l'Antichambre de Borat)
Bronson
Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Les Bronzés 3
Brothers
Bruce Lee et ses Mains d'Acier


Bruce Lee L'Homme et sa Légende
Bruce Tout-puissant, Evan Tout-Puissant
Bruce Lee Vs Gay Power
Bruiser
BTK
Bubbles Galore
Le bûcher des vanités
Buried
Burn-e

 (la Cave de Borat)
 (la Cave de Borat)
The Butcher (2007)

C

C'est Arrivé Près de Chez Vous
La cabane dans les bois
Le Cabinet du Docteur Caligari
Ca-Il Est Revenu,   (la Cave de Borat)
Caligula
Calme Blanc
Camille redouble
The campaign
Camping


Le canardeur
Cannibal Ferox
Cannibal HolocaustCannibal Holocaust 2
Le Capitaine Cosmos
Capone
Captain America (1979), Captain America (1990), Captain America First Avenger  (la Cave de Borat)
Capitaine Fracasse


Captifs
Captivity
Cargo
Carnage
Carnage(2011)
Les Carnets Secrets de Nuremberg
Carnival of Souls

Carnosaur, Carnosaur 2, Carnosaur 3
Carrie au Bal du Diable  (la Cave de Borat) (la Cave de Borat)
Cars, Cars 2
Casablanca
Casino
Casper

Catwoman
Le Caveau de la Terreur
Caved In
Le Cave Se Rebiffe
Cendrillon  (la Cave de Borat)
Le Cercle Des Poètes Disparus
Le cercle-The RingLe cercle-The Ring 2

Certains l'aiment chaud
Le Cerveau
Le Cerveau de la Planète Arous
Le Cerveau Qui Ne Voulait Pas Mourir
Ces Garçons Qui Venaient du Brésil
La chair et le sang
The Challenge
Chambre 1408
La Chambre des Morts
Chantons Sous La Pluie
 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat); Charlie et la chocolaterie
Charlie mon héros
Les Charlots contre Dracula
Les Charlots en Folie A Nous Quatre Cardinal !
Les Charlots Font L'Espagne
The Chaser
Le château ambulant
Le chateau dans le ciel
Le chateau de Cagliostro

Le Château de la Terreur
Chatroom

 (la Cave de Borat)
Chérie j'ai rétréci les gosses, Chérie J'Ai Agrandi Le BébéChérie nous avons été rétrécis
Cherry 2000
Cheval de guerre

 (Cave de Borat)
La Chèvre
Chicken Little
Chicken Run
Chien de flic
Le Chien des Baskerville
Les Chiens de Paille
Le Chinois, Le Chinois Se Déchaîne
 (la cave de Borat)
Chloé
Le choc des titans(1981), Le choc des titans(2010)La colère des titans
Chocolat
Chopper
Les Choristes

La Chose à Deux Têtes
La Chose D'Un Autre Monde
Christine
Christmas Evil
Chromosome 3
Chronicle
C.H.U.D.
La chute de Berlin
La chute du faucon noir

Le cirque
La cite de la peur
Citizen Kane
Le Clandestin
Class 1984
Les clefs de bagnole
Le Clitoris ce cher inconnu
Clones

Cloud Atlas
Cloverfield
Les Clowns Tueurs Venus D'Ailleurs

Le Cobaye, Le Cobaye 2
Cobra le film

Cocktail

Coco
Cold Prey 2
, Cold Prey 3
Collateral
The Collector, The Collection

La Colline A Des Yeux, La Colline A Des Yeux 2
Colombiana
Le Colosse de Rhodes
The Colossus of New York
Coluche L'histoire d'un mec
Combats de Maître
Commando

Comment se faire virer de l'hosto
Les Compères
La Comtesse
Conan le barbare, Conan Le Destructeur, Kalidor La Légende du Tasliman, Conan (2011)
Confession d'une accro du shopping
The conjuring,  
La Conquête

 (la Cave de Borat)
Contagion


Les Contes de Terremer
Les Contes de la Nuit
Le Continent des Hommes-Poissons

Le Continent Oublié
Control
Le convoyeur

 (la cave de Borat)
Copland

Coquin de printemps

Coraline

Le Corbeau
La corde

Le Corniaud

Cosmopolis
La couleur pourpre
The counselor
Coup de tete

Coup de Torchon
Coups Pour Coups

La Course A la Mort de l'An 2000
La course au jouet 
Cours Privé
Cowboys and Aliens
Cowboy Bebop le film
Le Crabe Tambour

Cradle Of Fear
Le crapaud et le maître d'école
Crash
The Crawling Eye

C.R.A.Z.Y
Crazy Heart
Crazy Kung-Fu
Crazy stupid love
Creance de sang
La Création
Créatures célestes
Creepozoids
Creepshow
Le Cri du Hibou
Le crime etait presque parfait


La Crise
Critters, Critters 2, Critters 3, Critters 4
Crocodile 2
Crocodile Dundee,  
 (la Cave de Borat)
The CrowThe Crow 3 Salvation
Cruising
Crying Freeman
Cube Zero
La Cuisine Au Beurre
Cujo


Cyborg
Cyborg Conquest
Cyclone (1978)
Cyrano de Bergerac

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Sommaire des séries, livres et jeux

Série TV

La quatrième dimension saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

  (la cave de Borat)

American Horror Story saison 1

AngelAngel saison 1 

 (la cave de Borat)

 (saison 1)

  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat),  (la Cave de Borat)

Batman:  Batman Naissance D'Une Légende (la cave de Borat),  (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Boardwalk Empire:  Boardwalk empire saison 1Boardwalk empire saison 2 Boardwalk empire saison 3

 (intégrale)

Buffy contre les vampires: Buffy contre les vampires saison 1Buffy contre les vampires saison 2, Buffy contre les vampires saison 3,  Buffy contre les vampires saison 4, Buffy contre les vampires saison 5Buffy contre les vampires saison 6Buffy contre les vampires saison 7

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Code Quantum

 (la cave de Borat) 

 (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Cowboy Bebop

 

 (la cave de Borat) 

Dead Set

 (la cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat) 

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

Les Envahisseurs

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat) 

  (la Cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Fringe: Fringe saison 1, Fringe saison 2, Fringe saison 3, Fringe saison 4 Fringe saison 5

 (la cave de Borat)

Game of thrones saison 1

La gifle

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Hannibal (série)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

,  (la cave de Borat)

Heroes saison 1

 (la cave de Borat)

House of cards: 

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

Masters of horrors:  (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

Métal Hurlant Chronicles

Mildred Pierce

 (la Cave de Borat) 

Le Muppet Show

 (la Cave de Borat) 

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

The Pacific

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Parade's end

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Les piliers de la terre

Pokemon

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

Rambo Le Dessin Animé (pilote)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

Robocop la série (pilote)

Rome (l'intégrale)

 (Cave de Borat)

Sarah Connor's Chronicles (saison 1)

 (la Cave de Borat)

Les Simpson: Les Simpson saison 1, Les Simpson saison 2, Les Simpson saison 3, Les Simpson saison 4,  Homer Like A Rolling Stone (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

  (la Cave de Borat)

Sons of anarchy:  Sons of anarchy saison 1Sons of anarchy saison 2 Sons of anarchy saison 3

 (la Cave de Borat)

South Park:  Cartman a une sonde anale, Volcano (South Park), South Park Is Gay

 (la Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

Star Wars Clone Wars

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Top of the lake

 (la cave de Borat)

Twin Peaks (série)

 (la cave de Borat)

Under the dome

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat) 

 (la cave de Borat)

The Walking Dead: The Walking Dead pilote, The Walking Dead saison 1

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Livres 

Batman Year one

Le bleu est une couleur chaude

The Crow (livre)

The Dark Knight Returns

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

Dragon Ball (manga)

 (la cave de Borat)

 (la cave de Borat)

GTO

Happy Rock

L'homme sans peur

Je suis une légende (roman)

The Killing Joke

 (la Cave de Borat)

Moins que zéro

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

 (la Cave de Borat)

Tintin: Tintin au pays des sovietsTintin au CongoTintin en Amerique, Les cigares du PharaonLe lotus bleu

 (la Cave de Borat)

Le transperceneige (BD)

Ultimates: Ultimatum

Un long halloween

 (la Cave de Borat)

Wanted

Wolverine Origins

 (la cave de Borat)

20th Century Boys

Jeux-vidéo

007: Quitte ou double, Blood Stone 

Call of Duty: Call of Duty Modern Warfare 2 Call of Duty Black OpsCall of Duty Black Ops 2 

Dead Island

Dead Space

Donald Qui est PK

Duke Nukem Forever

Gears of war, Gears of war 2, Gears of war 3

GTA: GTA San AndreasGTA IVGTA Episodes from Liberty City, GTA V

Halo 4

Hitman Blood Money,  Hitman Absolution

Luigi's mansion 2

Magical Mirror starring Mickey Mouse

Mario Kart: Mario Kart Double Dash,

Max Payne 3

New Super Mario Bros

Rayman Origins

Red Dead Redemption

SOS Fantomes le jeu

Taxi 3 le jeu

Titeuf le jeu Titeuf Mega Compet

Tomb Raider (2013)

Uncharted 2

Yoshi's island

Dossiers cinéma et hommages

Marvel Cinematic Universe:

Hayao Miyazaki:

Dune: L'épice au commencement

La terreur surgit du désert (bonus du film Tarantula !)

La volupté du Shaw Bis (bonus du film Super Inframan)

Walt Disney: 

Robocop: la quête identitaire

Steven Spielberg:

L'Enfer: L'enfer et rien d'autre

Coup de gueule sur le cinéma américain et français:

Hommage à Jean Giraud: Blueberry est orphelin

Hommage à Marc Alfos: Russell Crowe laissé sans voix

Hommage à Tony Scott: The man on fire was died

Hommage à Michael Clarke Duncan: Vous ne le confondrez plus avec le café

Hommage à Francis Lax: Han Solo reste sans voix

Hommage à Ray Harryhausen, le génie des effets spéciaux

Hommage à James Gandolfini: Un Soprano a perdu sa voix

Hommage à Richard Matheson: La légende de Richard Matheson

Hommage à Georges Lautner: Un tonton s'est fait flinguer...

Hommage à Paul Walker: Parti trop vite...

Hommage à Edouard Molinaro: Une folle s'en est allée

Hommage à Peter O'Toole: Lawrence part vers des contrées lointaines dépassant les mille et une nuits...

Hommage à Phillip Seymour Hoffman: Le Comte a atteint son compte à rebours

Hommage à Harold Ramis: Les SOS Fantômes perd un de ses membres phares

Hommage à Alain Resnais: Le plus BDphile des cinéastes s'en est allé

Hommage à Micheline Dax: Kermit a perdu sa Miss Peggy

Hommage à Bob Hoskins: Eddie Valiant s'en est allé voir les toons

Hommage à HR Giger: Un xénomorphe en moins

Hommage à Anthony Goldschmidt:  Afficheur pour toujours

Hommage à Eli Wallach: Le plus grand des truands

Cannon (hommage à Menahem Golan): Le bis en manque de Cannon

Hommage à Robin Williams: O Capitaine mon capitaine s'en est allé vers d'autres contrées

Hommage à Joe Cocker: Cuvée so beautiful to me

Hommage à John Hughes: Cuvée Hughes together, Hughes forever

Hommage à Mike Newell: Cuvée lauréate

Hommage à Christopher Lee: Cuvée Horror King

Hommage à Omar Sharif: Jivago s'en va vers le lointain trouver Lawrence d'Arabie

Hommage à James Horner: Cuvée deuil symphonique

Hommage à Michel Delpech: Cuvée tantôt chasseuse, tantôt chanteuse

Hommage à Michel Galabru: Cuvée râleuse mais amusante

Hommage à David Bowie: Cuvée Dieu Bowie

Hommage à Alan Rickman: Cuvée Clay, Bill Clay

Hommage à Robert Vaughn et Leonard Cohen : Leonard s'en est allé, sa musique reste

Hommage à Gotlib, George Michael, Claude Gensac et Carrie Fisher: Ils sont tous partis vers une galaxie lointaine, très lointaine

Hommage à John Hurt et Bill Paxton: John et Bill sont partis vers d'autres contrées

28 septembre 2017

Cuvée long live the King #3

Alors que Gerald's game (Mike Flanagan, 2017) s'apprête à se dévoiler sur Netflix, la Cave de Borat prolonge les hostilités avec Stephen King. Outre des films, il sera également question d'oeuvres télévisuelles au cours de cette cuvée. C'est donc parti pour une troisième cuvée entre le chaud et le froid à en tomber malade. En espérant que vous ne finirez pas avec une sale grippe. (attention spoilers)

  • Le Fléau (Mick Garris, 1994) : La main de l'Homme en noir déposa le virus balayant ainsi l'Humanité

LF 2

Couverture géante pour l'édition française.

Le Fléau (1978) est ce qu'on appelle un pavé. Un récit sur au moins trois volumes qui n'était à l'origine qu'une nouvelle qui a sans cesse grossi. Tout part de la nouvelle Une sale grippe publiée en 1968, avant de se retrouver dans le recueil Danse macabre (1978) regroupant des titres comme Poids lourds (à l'origine de Maximum overdrive et Trucks) et Les enfants du maïs. King devait initialement faire un récit autour de Patty Hearst, mais eu assez rapidement l'idée de faire une sorte de Seigneur des anneaux situé de nos jours aux USA. Une chose qu'il accentuera encore davantage avec La Tour sombre (1978-2012). Rien d'étonnant puisque nous retrouvons Randall Flagg aka l'Homme en noir dans ces deux sagas. Le Fléau s'impose comme un récit post-apocalyptique où une super-grippe a tué une bonne partie des américains et où les survivants se forment en deux camps : ceux qui se trouvent dans le Maine et ceux présents à Las Vegas. L'éternel combat du Bien contre le Mal devant un Randall Flagg qui se frotte les mains. L'auteur sera même confronté au syndrome de la page blanche, avant de trouver un rebondissement qui lui fit reprendre l'écriture. Plusieurs réalisateurs commencent à s'intéresser à l'histoire. John Boorman (Excalibur) se lance dans l'aventure en 1985 avec Warner à ses côtés (ironique quand on sait que le studio n'a toujours pas réussi à produire une mouture cinématographique du roman).

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Robert Duvall se dit intéressé pour jouer Randall Flagg. Cela n'ira pas plus loin qu'un certain investissement. King travaille sur une version que doit réaliser feu George A Romero. Il est question d'un film, puis de deux et au final trop cher et ambitieux, l'histoire se termine en mini-série sans le réalisateur de La nuit des morts-vivants. King est toujours scénariste, ce qui n'est pas sa première auto-adaptation, puisqu'il le fait souvent depuis l'anthologie Cat's eye (Lewis Teague, 1985). A la réalisation, on retrouve Mick Garris avec qui King a déjà collaboré sur un scénario original, la sympathique Nuit déchirée (1992). Depuis, les deux artistes ont collaboré plus d'une fois que ce soit pour la télévision (la réadaptation de Shining par exemple) ou pour le cinéma (Riding the bullet, 2004). Le Fléau est un projet qui atterrit sur la chaîne ABC et Garris et King obtiennent une belle enveloppe de 28 millions de dollars, somme considérable pour la télévision à l'époque. Cela se reflète par un casting où l'on croise tout de même Gary Sinise, Molly Ringwald, Jamey Sheridan, Rob Lowe, feu Miguel Ferrer, Corin 'Parker Lewis' Nemec, Ossie Davis, Shawnee Smith, Ken Jenkins, Ed Harris, Kathy Bates ou encore des guests comme John Landis ou Sam Raimi !

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Les moyens se ressentent également dans une ambiance post-apocalyptique assez crédible surtout pour de la télévision (on la critique assez pour son manque de moyens en général). Arrière-plans de chaos plus que corrects (voir ci-dessous), décors avec pas mal de figurants ou des véhicules immobilisés, routes désertes... Garris parvient à créer une véritable atmosphère de vide dans une Amérique rapidement désertée de toute forme de vie. En tous cas, vingt-trois ans après, la mini-série tient plutôt bien la choc visuellement. Toutefois, Garris devait faire face à la violence potentielle du projet, chose qui ironiquement est assez frappante dans la mini-série. "L'une des premières règles qui nous ont été imposées, concernant la violence, était : 'aucun cadavre avec les yeux ouverts'. Or, au début du premier épisode, la caméra avance tout droit vers le corps d'une femme en gros plan dont les yeux sont grand ouverts, alors que le générique de début vient à peine de commencer ! (...) Avoir le nom de Stephen King dans le titre nous donnait beaucoup plus de liberté dans la mise en scène des séquences d'horreur et de violence que dans n'importe quel autre programme télévisé de l'époque." (*). Si Garris ne fait pas forcément dans le graphique (en dehors peut être de l'excellent plan-séquence dans le laboratoire sur Don't fear the reaper), ce n'est pas les morts qui manquent. 

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Que ce soit par un attentat, un accident mortel, des militaires qui tuent une animatrice radio (Bates) ou tout un lot de suicides. Le réalisateur ne fait donc aucun cadeau à ses personnages, y compris les principaux que ce soit au cours de la mini-série ou dans sa conclusion. La première partie est peut être la meilleure car elle pose assez bien les bases des drames à venir là où la seconde, heureusement alimentée par de bons rebondissements, s'enlise dans quelques longueurs. Puis il faut bien dire que parfois la mini-série s'éternise, au point de réellement sentir les six heures de programme. Le Fléau est tout de même plus intéressant à suivre que le téléfilm basé sur Les Tommyknockers (1987) diffusé sur la même chaîne un an auparavant, qui avait la sale manie d'accumuler les sous-intrigues pour une durée beaucoup trop longue (trois heures dans ce cas précis). La super-grippe se propage rapidement dans le pays et Garris commence à s'intéresser à divers personnages. Le seul homme immunisé du virus dans un coin paumé (Sinise). La fille d'un homme tombé malade (Ringwald), accompagné d'un camarade qui la drague (Nemec). Un sourd et muet (Lowe) rencontre un homme un peu simple d'esprit (Bill Fagerbakke). Un rockeur (Adam Storke) voit sa mère mourir avant de partir lui aussi. 

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Un criminel (Ferrer) est sauvé de l'abandon par Flagg (Sheridan) et en fait son lieutenant. Une femme sous l'influence de Flagg (Laura San Giacomo) essaye de parasiter l'esprit de diverses personnes, parfois avec succès. Les personnages se retrouveront soit dans le camp du bien aux côtés de Mère Abigail (Ruby Dee) ou de celui plus chaotique de Flagg. Un aspect manichéen parfois très prononcé, qui peut avoir tendance à agacer certains téléspectateurs. Le look de Flagg est visiblement assez similaire à celui du roman (et les comics publiés entre 2008 et 2012 vont dans ce sens aussi), mais on a bien du mal à reconnaître un Homme en noir quand il est habillé en veste et pantalon en jean et avec une magnifique coupe mulet. Sheridan a tendance à cabotiner et on aura tendance à préférer l'incarnation de Matthew McConaughey dans La Tour sombre (Nikolaj Arcel, 2017), moins outrancière et plus à même d'être considérée comme diabolique. Si la mini-série a une bonne tenue visuelle, les morphings (que Garris avait déjà utilisé sur La nuit déchirée) ne sont pas très convaincants et laisse paraître un visuel qui a du mal à être à la hauteur. La scène de l'hymne américain aura également de quoi faire rire devant un patriotisme aussi pompeux. D'autant que c'est peut être la seule scène de ce type sur six heures de programme.

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Randall Flagg, l'Homme en jean, pardon en noir.

En résulte, une mini-série plutôt agréable à regarder malgré ses défauts, à condition d'avoir du temps devant soi. Enfin, vous trouverez cela moins long qu'attendre l'adaptation de la Warner (**) !

  • Dolores Claiborne (Taylor Hackford, 1995) : Un drame peut en cacher un autre

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Stephen King a souvent cité cette anecedote où une vieille dame ne le croyait pas quand il disait qu'il était l'auteur de Rita Hayworth et la rédemption du Shawshank (à l'origine des Evadés), ne voyant en lui que l'auteur d"horreurs" comme Shining (1977). Comme on a déjà pu le voir dans ce cycle avec Un élève doué (1982), King n'a pas écrit que des romans ou nouvelles tournant autour de l'horreur et du fantastique. Parfois les monstres ne sont pas des créatures sortant d'un passage interdimensionnel ou sous-terrain. Dolores Claiborne (1992) est considéré comme le second roman d'une trilogie féministe de King complétée par Gerald's game (ou Jessie dans nos contrées) publié la même année et Rose Madder (1995). Les deux premiers romans partagent un événement qui a bel et bien existé (à savoir une éclipse survenue le 20 juillet 1963) et des éléments importants des romans s'y déroulent. De la même manière, les trois romans mettent en scène des femmes fortes confrontées à la violence quotidienne des hommes, souvent leurs propres maris. Dolores Claiborne a un point de vue assez cocasse, car il n'a pas de chapitrage et relate le témoignage de la femme éponyme lors d'un interrogatoire de police. 

Dolores Claiborne

Elle y raconte sa vie, ce qui est arrivé à son employeuse (mystère résolu dans les dernières pages), mais aussi que ce qui est arrivé à son mari des années plus tôt n'était pas forcément accidentel. Castle rock (la société de production crée par Rob Reiner après Stand by me et productrice de pas mal d'adaptations d'oeuvres de King) s'empare des droits et confie le bébé au scénariste Tony Gilroy (scénariste controversé de la trilogie Jason Bourne et réalisateur du spin-off). Taylor Hackford (Officier et gentleman) réalise le film et le casting se veut particulièrement prestigieux : Kathy Bates (qui rempile pour la troisième fois dans l'univers de King après Misery et Le Fléau), Jennifer Jason Leigh, Christopher Plummer, John C Reilly, David Strathairn, Judy Parfitt et Bob Gunton (un an après Les évadés). Gilroy et Hackford optent pour un traitement totalement différent du roman, mais curieusement assez fidèle au contenu. Il s'agit juste de changer la structure. Ce n'est plus un témoignage direct au poste de police, mais souvent de choses racontées à travers des flashbacks. La fille de Dolores (Jason Leigh) ne vient pas à la fin de l'histoire voir sa mère, mais est là tout le long du film. Dolores Clairborne montre donc dans son adaptation une femme accusée de la mort de son employeuse (Bates) et retrouvant sa fille après des années d'absence, venant primordialement pour avoir quelque chose à écrire.

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Le conflit entre Dolores et Selena est d'autant plus profond qu'il vient d'un même événement : la mort du mari de Dolores et donc du père de Selena (Strathairn). Selena n'a plus que des bribes de son passé, mais Dolores comme le spectateur remarquent assez rapidement une dépendance aux médicaments. La suite du film confirmera que cette dépendance, voire dépression pour dire les choses clairement, vient des abus que la jeune fille a subi de son père. Ce n'est pas la première fois que King aborde des thèmes aussi lourds que l'inceste (il le faisait déjà avec Beverly dans Ça). Mais dans Dolores Claiborne, le drame semble plus profond au point d'entraîner la dépression et le déni. Selena semble encore subir les conséquences de son traumatisme sans s'en rendre compte. Hackford prend cette dimension intime avec une certaine pudeur et sans verser dans le pathos, tout en donnant lieu à des scènes glauques et violentes en temps voulu. Si l'inceste n'est qu'évoqué dans un premier temps (ce qui rend la scène de révélation encore plus malsaine), un flashback repensé par Selena montrera l'horreur réelle dans une indifférence totale et sinistre. Par la même occasion, outre Dolores et Selena on retrouve aussi l'employeuse Vera (Parfitt) au rayon des femmes fortes.

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Ses fils ne sont pas abordés dans le film, en revanche son mari n'est pas épargné. S'il n'est clairement pas dit que sa mort était de son fait, son mari était volage et a eu un accident juste après avoir été chez sa maîtresse. C'est par ces sous-entendus qu'Hackford et Gilroy tapent le plus fort et réussissent à instaurer un certain malaise, jusqu'à la scène d'ouverture prenant son sens au cours du film. Avec Vera vient la question de l'euthanasie, sujet complexe et sensible encore aujourd'hui. Si Selena se déteste à cause de l'inceste, Vera déteste le corps qu'elle a désormais. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même et en soi, Dolores n'est pas loin de la rejoindre. Le poids des années se lit sur les visages des femmes du film, alors que ce sont les mêmes actrices qui jouent un rôle à deux époques différentes. Cela est accentué par la photographie de Gabriel Beristain (Blade 2) qui oscille entre ton solaire et orangé pour les flashbacks et ton froid et bleuté pour le présent. Ce qui est chaud apparaît comme faussé au regard des événements évoqués, là où il y a de la tristesse mais aussi de l'amour refoulé dans ce qui est froid. Les apparences sont parfois trompeuses. Dolores Claiborne est un film sur les femmes et les hommes sont rarement dépeints de manière positive.

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Le père, en plus de commettre des crimes incestueux, est également un mari violent qui bat sa femme sans que cela ne se voit trop. L'agression de Dolores dans la cuisine est d'autant plus violente qu'elle arrive dans un moment soudain. Si Dolores finit par avoir un conflit avec son mari, c'est dans un premier temps à cause de sa violence, mais surtout pour ce qu'il a fait à sa fille. Les policiers ne sauront rien de ce fait, cette partie du récit dans le film n'appartient qu'à la mère et à la fille. Dolores Claiborne prend alors la tournure d'un drame familial poignant où la mère avoue tout l'amour qu'elle a pour sa fille en lui évoquant comment elle l'a sauvé en quelques sortes. La fille en fera de même en prenant la défense de sa mère en temps voulu. Le policier en chef (Plummer) apparaît comme un vieil homme aigri et usant de méthodes douteuses. En comparaison, son suppléant (Reilly) est un petit peu plus passif. Hackford et Gilroy ont beau avoir destructurer le roman, ils en ont fait quelque chose de tout aussi grandiose. Un drame déchirant où Kathy Bates (monstrueuse de charisme) et Jennifer Jason Leigh (dans une prestation tout en fragilité) sont monumentales. 

  • Chambre 1408 (Mikael Hafström, 2007) : Une nuit que vous n'êtes pas prêt d'oublier

Chambre 1408 : Affiche Mikael Hafstrom

Initialement, 1408 (2000) était une nouvelle prévue pour être un "exemple pédagogique" de l'essai Ecriture (2000). Outre son autobiographie, King y donnait des conseils pour futurs écrivains et 1408 devait apparaître dans cette partie pratique. Elle finira dans le recueil Tout est fatal (2002) où l'on retrouve aussi Un tour sur le Bolid' (adapté sous son titre original Riding the bullet par Mick Garris). Comme souvent chez King, le héros de la nouvelle est un auteur qui va être confronté à une situation incroyable, ici une chambre d'hôtel hantée. Les Weinstein ne sont pas nouveaux au rayon de l'horreur ou du fantastique (avec les travers qui vont avec) et s'emparent des droits en 2003. Mikael Hafström est l'énième exemple à l'époque du réalisateur étranger débarquant à Hollywood et il vient de signer Dérapage (2005), également produit par les Weinstein et le producteur Lorenzo di Bonaventura (la franchise Transformers). Au casting, on ne retrouve pas grand monde puisque les trois quarts du film tournent autour du personnage principal dans une chambre. Samuel L Jackson reste le principal interlocuteur majeur de John Cusack (qui était déjà de l'aventure Stand by me vingt et un ans plus tôt) au cours du film.

Chambre 1408 : Photo John Cusack, Mikael Hafstrom

A partir du moment où Cusack est à l'intérieur de la chambre, quasiment aucun plan ne viendra de l'extérieur. C'est même un des défauts du final puisqu'il dévoile l'ex-femme du héros (Mary McCormack) sortant d'une voiture dans la rue en face de l'hôtel. Un élément qui sort du film alors qu'il n'était pas forcément nécessaire. D'autant plus dommage que Hafström s'en sort plutôt bien dans l'exercice de style. Certes le récit n'a rien de nouveau, il est même probable que le spectateur a vu mieux ailleurs, y compris chez King (souvenez vous de la visite de Jack Torrance dans une chambre bien particulière de l'Overlook Hotel). Mais il adopte parfaitement le point de vue de son héros et ses visions à l'écran, au point que le spectateur vit un véritable trip en sa compagnie. Le réalisateur pose d'abord le décor avec ses peintures, ses pièces, ses particularités (son thermostat par exemple) et sa fenêtre. La plupart de ces éléments auront un sens au cours du film avec plus ou moins d'importance. Le thermostat passera ainsi du assez chaud à l'ère presque glaciaire. De même, la chambre est une entité à part entière qui se joue de son hôte. Le temps semble suspendu, ce qui est à l'intérieur reste à l'intérieur et s'il en sort, il restera dans une certaine réalité (comme les fantômes de victimes de la chambre se tuant inlassablement de la même manière).

Chambre 1408 : Photo John Cusack, Mikael Hafstrom

C'est ainsi que la chambre réussit à prendre le dessus sur l'appel à l'aide du héros depuis une webcam. Comme l'interlocutrice que l'auteur a au téléphone n'est pas la réceptionniste, mais la chambre même ou une personnalité. En soi, on n'est pas très loin d'un récit à La Quatrième dimension (1959-64) jusqu'à ces plans où Cusack découvre que ce qu'il voit dans l'immeuble d'en face est un miroir de lui-même. Pendant un temps, la chambre arrive même à lui faire un tour, valant un beau retournement de situation. En effet, on nous fait alors croire que le héros s'était en fait évanoui lors d'une scène précédente où il s'était pris une mauvaise vague, peu après que la chambre soit totalement inondée à cause d'une peinture ! La chambre s'imprègne aussi de son locataire en le confrontant à ses souvenirs. Des scènes plus touchantes qui permettent de renouveler un peu le récit. Jusqu'à la dernière minute, le récit fait penser que tout ce que voit Cusack est vrai grâce justement à ce traitement quasiment en temps réel. La conclusion du film aussi bien celle de la version salle que celle du director's cut vont dans ce sens. En effet, nous avons deux fins : une se rapprochant de la nouvelle et heureuse, l'autre plus mortuaire mais finalement très cohérente. 

Malheureusement, la director's cut (plus longue de huit minutes) n'est pas disponible dans nos contrées (elle n'a jamais été exploité sur les galettes de TF1 Vidéo). Ce qui ne vous empêche pas de trouver la fin alternative sur le net, comme vous pouvez le voir ci-dessus. Si Chambre 1408 ne révolutionne rien, il a au moins le mérite de divertir, mais aussi de proposer une alternative amusante aux récits de maisons hantées.

  • Firestarter 1 et 2 (Lester, Iscove, 1984-2002) : Tout feu, tout flamme

Charlie

Revenons en arrière à une époque où la carrière de Stephen King commence à exploser et où il devient intéressant pour le cinéma hollywoodien. Feu Dino de Laurentiis achète les droits de divers romans et recueil en vue de produire des adaptations. Ce sera le cas de Dead Zone (roman adapté par David Cronenberg en 1983), Danse macabre (trois nouvelles du recueil furent adaptées dans Cat's eye et Maximum overdrive), L'année du loup garou (sous le titre Peur bleue par Daniel Attias) et Charlie (1980). Des adaptations pas forcément heureuses et pas tout le temps lucratives non plus. Firestarter (le titre original de Charlie) met en scène une enfant ayant des pouvoirs pyrokynésiques et dont les parents ont subi des expériences du gouvernement avant sa naissance. Ses dons proviennent de là et ils sont désormais traqués par des agents du gouvernement qui cherchent soit à les exploiter, soit à les tuer. De Laurentiis trouve la poule aux oeufs d'or en faisant jouer la jeune héroïne par Drew Barrymore, dont ce sera le premier grand rôle après ET (Steven Spielberg, 1982). Le reste du casting est assez prestigieux avec David Keith (qui rempilera chez King en jouant l'inspecteur de la version télévisée de Carrie), Martin Sheen (déjà de l'aventure Dead Zone), George C Scott, Louise Fletcher, Moses Gunn et Heather Locklear.

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Dans son ensemble, le film est assez fidèle au roman et reprend les grandes étapes du récit. Sauf que l'on constate des changements radicaux de ton et l'intrigue en elle-même passe du coq à l'âne. On passe ainsi d'une poursuite plutôt sympathique avec un père (David) sauvant sa fille des gens qui ont tué sa mère (Locklear); à des héros endoctrinés selon le bon vouloir d'une agence gouvernementale. Il y a une rupture de ton en plein milieu de film assez drastique, surtout que même si le roman est respecté, la seconde partie est bien moins passionnante. Firestarter se contente de montrer Charlie faire des essais de pyrokynésie devant un Martin Sheen aux anges. Pas de quoi s'enflammer. On peut toutefois s'amuser d'une chose. Firestarter devait initialement être réalisé par John Carpenter, tout du moins il fut approché. Son binôme sur The Thing (1982), Bill Lancaster, devait scénariser le film. Universal (productrice avec De Laurentiis et distributrice du film) les congédie après plusieurs traitements, en grande partie à cause du flop commercial du film suscité produit justement par le studio. Toutefois, il reste des traces à travers l'ost très carpenterienne du groupe Tangerine Dream, visiblement plus en mode admirateur de Big John que réellement inspiré (ne cherchez pas une ost du niveau de Risky Business).

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Le choix du réalisateur est probablement le plus cocasse autour des adaptations de King, avec peut être Paul Michael Glaser pour Running man (1987). On passe ainsi de Carpenter à Mark L Lester, réalisateur que les amateurs de films d'action connaissent bien pour un film : COMMANDO (1985) ! Autant dire qu'au niveau de la pyrotechnie et du kaboom, Lester s'est fait plaisir bien que l'on dit qu'il est ressorti épuisé de la production de ce film. Le réalisateur donne lieu à un climax explosif qui annonce littéralement celui de son film suivant. Changez Schwarzy et ses mitraillettes par Drew Barrymore balançant des boules de feu un peu partout dans un camp quasiment similaire (mais ici, ce sont tous des américains). Ce qui rend Firestarter particulièrement décomplexé dans ses dernières minutes, ce qui n'était peut être pas prévu comme tel dans le roman. Les acteurs ne sont pas vraiment convaincants dans l'ensemble. Même si elle est peu présente à l'écran, Heather Locklear est absolument inexpressive. George C Scott cabotine pas mal (et encore dites vous qu'il est un de ceux qui s'en sortent le mieux dans le casting), quand Martin Sheen semble totalement passer à côté du film avec un rôle pas si éloigné de celui qu'il avait dans Dead Zone

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David Keith semble y croire un minimum, ce qui est toujours ça de pris. Drew Barrymore n'a pas beaucoup d'expressions faciales et s'avère bien moins touchante que dans le Spielberg. Contre toute attente, la chaîne Sci Fi Channel prolonge les hostilités avec une sorte de séquelle nommée Firestarter : Sous l'emprise du feu. Elle est diffusée en mars 2002 et comme souvent en ce qui concerne les téléfilms et mini-séries basés sur King dans les 2000's, c'est M6 qui s'occupe de sa diffusion française. Cette séquelle n'a pas grand rapport avec le film et est plus une suite du roman. Les flashbacks renvoient à des étapes déjà vues dans le film de Lester et sont retournés pour l'occasion par le réalisateur. Robert Iscove est connu des amateurs de teen-movies pour avoir réalisé l'impayable Elle est trop bien (1999). Pas forcément rassurant au premier abord et pourtant malgré 2h48 de programme (le téléfilm est parfois bien long), Sous l'emprise du feu est un bien meilleur Firestarter que Firestarter. Certes il y a la longueur, certes tout cela n'a plus grand rapport avec le roman initial puisqu'il n'a jamais eu de suite et que l'histoire s'arrête comme le film par Charlie allant voir un magazine très connu pour témoigner. Nous sommes donc face à un téléfilm libre qui se réapproprie certains aspects du roman pour créer une nouvelle histoire. 

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Charlie (Marguerite Moreau plutôt convaincante) est maintenant une jolie jeune femme, mais elle a toujours des difficultés à contrôler ses pouvoirs. On la voit ainsi avoir des problèmes pour avoir des relations avec des hommes, brûlant tout ce qu'il y a autour d'elle. La première séquence de ce type est peut être un brin graveleuse, mais montre aussi que l'héroïne est devenue une adulte et qu'elle a aussi d'autres problèmes plus intimes. Les flashbacks ne sont peut être pas utiles, mais confirme bien que l'héroïne n'a jamais rien contrôlé et ce bien que l'agence a voulu l'emprisonner. Une agence toujours en place et à la recherche de ses enfants dans le but de les tuer. Charlie fait alors la connaissance de différents cas, dont un homme connaissant l'avenir à l'avance et ancien proche de ses parents (Dennis Hopper classe comme il faut). Elle doit affronter aussi des enfants endoctrinés par un ancien ennemi. On pense que c'est un équivalent du personnage de George C Scott, puisqu'il est brûlé sur plusieurs parties du corps et qu'il a tué son père. Malcolm McDowell est plutôt correct, loin des élans grotesques qu'il a parfois quand il cachetonne dans des direct to video ou téléfilms. Le téléfilm s'avère plus convaincant en ce qui concerne les magouilles de l'agence, montrant leur influence destructrice partout.  

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Ils n'ont pas continué les expériences après Charlie par le miracle du saint esprit. Toujours dans les petits trucs qui rattache le téléfilm à l'original, Charlie évoque qu'à l'époque les journalistes avaient déformé ses propos et l'affaire en est restée là. Les effets-spéciaux sont plutôt corrects dans l'ensemble, surtout pour un téléfilm Sci Fi (comprenez que la qualité visuelle n'est pas souvent présente). Ce second Firestarter se révèle donc assez convaincant, tout du moins divertissant et sans être génial, se révèle un peu plus intéressant que le film de Lester. Pas très dur en même temps. Aux dernières nouvelles, Universal serait intéressée par une réadaptation. Si la présence de Blumhouse à la production est à double tranchante (un budget de 5 millions amène visiblement plus de liberté, mais aussi des restrictions en terme d'ambition visuelle), celle d'Akiva Goldsman (aka le scénariste qui a heureusement de bons amis pour être encore aussi présent à Hollywood, tant il a des casseroles aux fesses) ne rassure pas du tout. A voir dans les années à venir si le projet se fait ("Doctor Sleep", que doit également scénariser Goldsman, se sent un peu seul dans les limbes du development hell). 

  • Big Driver (Mikael Salomon, 2014) : Stephen King se met au rape and revenge

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Voici un des dernières adaptations d'une oeuvre de Stephen King avant 2017. Si l'auteur attire toujours dans les 2010's, cela donne souvent des films qui ne sortent pas forcément en salle (Mercy de Peter Cornwell par exemple) ou alors très discrètement (A good marriage de Peter Askin). Le seul ayant eu un réel rayonnement commercial fut la troisième adaptation de Carrie (Kimberly Peirce, 2013). En revanche, la télévision s'est largement emparée de ses oeuvres, à l'image de la série Les Mystères de Haven (2010-2015) ou de la calamiteuse série en trois saisons Under the dome (votre cher Borat en est resté à une seule, cf Un dôme de malheur, destruction et surnaturel). Toujours à la télévision, on retrouve aussi le téléfilm Big Driver (ou Détour mortel pour sa diffusion française, entraînant la confusion avec la série de films du même nom en France). Mikael Salomon n'est pas inconnu des fans de Stephen King, puisqu'il est le réalisateur de la seconde adaptation de Salem (2004) et de deux épisodes de l'anthologie Rêves et cauchemars (2006). Mieux encore, il est le réalisateur du plus que sympathique Pluie d'enfer (1998), où Christian Slater était aux prises avec des braqueurs et des inondations colossales. 

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L'autre point étonnant de cette adaptation est qu'il s'agit d'un téléfilm pour la chaîne Lifetime. Sans vouloir être méchant, la chaîne est réputée pour faire dans le téléfilm larmoyant, souvent des enquêtes policières sans grande envergure et tournant régulièrement sur les chaînes de la TNT. Pas forcément de quoi rassurer et pourtant, Big Driver est un téléfilm de bonne facture qui va même assez loin. En effet, il est basé sur Grand Chauffeur (2010), une nouvelle où une auteure à succès (décidément !) est agressée sexuellement sur une route, laissée pour morte avant de prendre les armes pour se venger de son bourreau. Un rape and revenge, un genre où l'on ne pense pas forcément retrouver l'auteur et pas forcément un sujet très Lifetime. Salomon signe pourtant un téléfilm particulièrement violent et qui étonne dans sa vision de la violence. Maria Bello subit à l'écran plusieurs scènes de viol, la première quasiment en temps réel. Même si les plans sont assez rapprochés, les scènes de viol sont radicales et on en voit assez pour ne pas tomber dans le trash. Il en va de même de photos malaisantes prises par le violeur (Will Harris) ou son frère (Andy Myette) d'anciennes victimes. Le téléfilm commence d'ailleurs sur l'intérieur d'une canalisation où l'on retrouve un cadavre. C'est là que l'on retrouvera l'héroïne plus tard, ainsi que d'autres victimes.

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De la même manière, la partie revenge est assez gratinée avec des meurtres assez sales (celui du bourreau est certainement le plus graphique). La violence est aussi bien psychologique que graphique, ce qui est un point plutôt en la faveur du téléfilm. Ce n'est pas tous les jours que vous verrez ça sur la chaîne. L'intrigue adaptée est plutôt pas mal, même si un peu balisée. L'héroïne finit par devenir aussi radicale que ses bourreaux et sa vengeance sera particulièrement méticuleuse. Le nerf de la guerre d'abord, avant de s'attaquer au trophée final. Contrairement à d'autres films sur la loi du talion qui ont tendance à tomber dans la bêtise crasse (A vif de Neil Jordan notamment), Big Driver ne justifie jamais les actes de l'héroïne. Elle pense qu'elle fait le bien, mais au final elle ressemble à ses agresseurs (le violeur a profané son corps, elle fait de même avec le sien). L'ajout intéressant est que l'auteure est plus ou moins schizophrène ou tout du moins elle s'imagine converser avec certaines héroïnes de ses romans. Il lui arrive même de parler à un cadavre. Le téléfilm tournant autour de sa perception des faits, il n'y a rien d'étonnant à ce que le réalisateur joue constamment entre le rêve et la réalité, surtout dans un cas aussi flou.

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Maria Bello s'en sort d'ailleurs plutôt bien en femme vengeresse. Au détriment d'être inoubliable, Big Driver est un téléfilm pas déplaisant à voir et assez fidèle à son modèle. Toujours ça de pris.

Allez à la prochaine!


* Propos issus de L'écran fantastique Hors série numéro 24 - Spécial saga Stephen King (septembre 2017).

** Pour plus d'infos, voir Cuvée long live the King #1 et Cuvée long live the King #2 .

Autres sources :

  •  Mad Movies Hors série numéro 22 (décembre 2013).