Cine Borat

23 septembre 2014

Ils étaient partis trouver les créateurs, ils ont eu tort de venir...

2089. Elizabeth Shaw et son compagnon Charlie Holloway découvrent dans différents endroits un même géant avec sept points. Quatre ans plus tard, ils sont sur le Prometheus financé par Weyland Yutani et vont faire face à une découverte pour le moins sordide sur la planète LV-223...

Prometheus : affiche

Cela faisait depuis la sortie du film de Jean-Pierre Jeunet que la Fox cherchait à ressuciter justement la saga Alien. D'abord avec les erreurs d'Alien vs Predator mais surtout d'un Alien 5. On connait bien les méthodes de la Fox pour persuader quelqu'un. Ce fut évidemment le cas avec l'ami Ridley Scott. Initialement prévu pour être réalisé par son gendre Carl Erik Rinsch (remarqué par une pub pour Phillips), la Fox tapera du poing pour que Scott ne soit non pas uniquement producteur mais surtout réalisateur. A partir de ce moment, Scott commence à développer non pas une suite mais une préquelle au mythe qu'il a crée plus de trente ans auparavant. A partir de ce moment, des tonnes de rumeurs ont lieu à la fois au sujet du casting (on a longtemps parlé de Natalie Portman ou Gemma Arterton) mais surtout de l'histoire (Ripley sera dedans? Est-ce que l'on verra un xénomorphe?). Sans compter le tournage produit dans le plus grand secret (rien n'a filtré ou si peu), la promotion très surveillée (première photo l'été dernier, premier teaser en décembre puis images continues à partir de février) et un casting pour le moins prometteur. Naomi Rapace fait ses classes définitives à Hollywood (si c'est comme pour Sigourney Weaver, ça risque d'aller très vite) en incarnant le rôle principal.

Prometheus : photo

Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Logan Marshall-Green, Sean Harris, Rafe Spall, Benedict Wong, Emun Elliott, Kate Dickie, Guy Pearce et Patrick Wilson le temps d'un caméo complètent la distribution. Scott sait très bien que s'il rate son coup, les fans d'Alien vont lui faire très mal aux valseuses. La saga Alien est probablement l'une des plus appréciées des fans de science-fiction et d'horreur et Alien Resurrection et les AVP ont déjà fait beaucoup de mal. Evidemment, Prometheus ne vaut pas les trois premiers volets qui restent vraiment des incontournables et à vrai dire, on s'en doutait un peu. Franchement difficile de passer après des classiques pareils. Mais contrairement à son prédécesseur français, Scott réussi à faire un nouvel opus indispensable à sa saga. S'il ne répond pas à toutes les questions demandées (notamment ce que fout ce Space Jockey mort dans Alien) et qui pourrait être développé dans une possible suite (le réalisateur a toujours voulu faire un dyptique mais tout dépendra du succès de Prometheus), Scott donne plusieurs réponses. (Attention spoilers) Les Space Jockey sont des entités nous ayant créer mais par un malheureux hasard, ont décidé de nous exterminer. On ne saura pas pourquoi, c'est d'ailleurs ce qui motive notre héroïne. Ils apparaissent comme des génies technologiques mais aussi comme des exterminateurs. Un peu comme Dieu lorsqu'il a décidé de faire le déluge.

Prometheus : photo

Bref, des personnages loin d'être gentillets et qui ne laisseront aucun échapatoire à la plupart des personnages. Les humains contaminés ne deviennent pas des Aliens contrairement à ce que je pouvais croire, mais en Space Jokey justement et ce n'est pas beau à voir. Clairement ils ont un problème avec les hommes et se prouve par leurs excès de violence envers eux. L'attaque brutale d'Harris (probablement le moment le plus saignant du métrage) est pour le moins destructrice et d'une rare violence. Finalement, l'ami Alien ne fera son apparition qu'à la toute fin du métrage et cela dans une séquence purement iconoclaste. Nous savons également qui sont ses géniteurs et cela dans un combat fratricide. L'aspect de l'Alien est légèrement différent mais fidèle à l'original. Autant de réponses fascinantes sont dans ce film. (Fin du gros spoiler) Scott ajoute également une vraie ambiguité au niveau des personnages. David tout comme Ash se révèle assez fourbe et sera responsable de bons nombres d'erreurs qui se passeront durant l'excursion et notamment les événements concernant Charlie. Sa filiation avec Peter Weyland s'avère fort intéressante. En effet, Weyland semble parler de David comme un véritable fils, au point d'oublier qu'il a déjà un enfant. Comme la sinistre réputation qu'entretient son entreprise depuis le début de la saga (à savoir le profit à la place de la survie), son créateur ne déroge pas à la règle en voulant atteindre l'immortalité.

Prometheus : photo

Dans sa chute, il prendra tout le monde. Meredith Vickers est un personnage particulièrement froid et cachant bien son jeu. Elle est à l'image de son patron, profiteuse et terriblement personnelle. Il n'y a que elle qui compte. Cela se voit par sa partie privée où règne le luxe. Quant à notre héroïne, c'est probablement le personnage le plus sympathique avec ceux des pilotes. Une jeune femme auquel la plupart des malheurs arrivent mais dont la tenacité en fait une survivante de premier ordre. Si elle n'est pas Ellen Ripley (difficile de passer après un personnage aussi charismatique), elle reste une survivante face à un adversaire en apparence plus puissant. Scott n'hésite à y aller dans les moments de pure angoisse avec la rencontre avec les sortes de vipères (ce qui donnera un des plans graphiques les plus percutants de la saga) ou un accouchement pour le moins sauvage. Cela faisait longtemps que l'on avait pas vu une césarienne aussi troublante et surtout par ce qu'il en sort. Surtout que le réalisateur peut s'aider de la partition tantôt williamsienne (le début étonne aux premiers abords avec ces grands essorts de cuivre) tantôt troublante de Marc Streitenfeld, compositeur du réalisateur depuis plusieurs années. Le casting est très bon dans l'ensemble avec une préférence pour Fassbender, captivant en robot fan de Lawrence d'Arabie. Si Ridley Scott fait un aussi beau retour de Blade Runner qu'avec celui de la saga Alien, vivement!

Prometheus : photo

Une préquelle captivante et avec des réponses aussi percutantes que fascinantes.


La révision de Borat

Avouez que cela faisait longtemps que je n'avais pas fait une petite révision. Je l'avais déjà fait avec Miami Vice de Michael Mann, là on va faire plutôt le contraire en passant du positif au négatif avec Prometheus. Encore une fois la preuve que plusieurs mois ou années permettent de changer d'avis, aussi radicaux soient-ils. Imaginez un peu: Ridley Scott qui revient à la science-fiction qui plus est dans un univers qu'il a initié, un beau casting et un budget permettant toutes les excentricités. Prometheus partait la gueule grande ouverte pour plaire au public, et en particuliers les fans de la saga Alien ulcérés par les affronts du spin-off Alien VS Predator. Il fallait bien quelque chose pour faire renaître le xénomorphe de ses cendres. Au lieu d'une séquelle à la Resurrection, voici donc une préquelle ou tout du moins des événements se passant avant Alien. Malheureusement, l'oeil neuf (et joli au vue de son plutôt beau 47 Ronin) de Carl Erik Rinsh (gendre de Ridley et réalisateur initialement sur le projet) aurait probablement été plus intéressant que celui de l'ami Ridley qui semble beaucoup radter en compagnie de Damon Lindelof. Ce dernier n'est pas connu pour aller au plus simple. Les fans de Lost (ou plutôt ceux du début) le savent bel et bien: Lindelof aime se compliquer la vie et part parfois dans des directions hasardeuses.

Mais contrairement à ce qui a été dit à l'époque, il n'est pas seul et un premier jet avait été proposé par Jon Spailht. Alors oui on pourra toujours dire que c'est accusé l'un pour ne pas montrer sa faute, mais force est de constater que Lindelof n'est pas le seul maître du naufrage scénaristique. Prometheus devait initialement être un dyptique, la Fox a freiné les ambitions de Scott en revenant à un seul film. Deux ans après son semi-succès (le film n'a clairement pas emballé le box-office), la Fox a annoncé vouloir produire une sequelle pour 2016, tout en faisant produire un comic-book initialement pour faire rager un peu tout le monde. Soit alimenter le buzz sur une séquelle que plus personne n'attend (ou alors si peu) et qui aurait mieux fait d'être produite en même temps pour ne pas faire annonce inintéressante. Dans ce sens, Prometheus peut se voir clairement comme un certain gâchis: celui d'avoir voulu trop faire en peu de temps au point d'accumuler beaucoup d'éléments sans jamais y répondre. Ou allons-y franco, se prendre pour 2001 alors qu'on est moins bon qu'un Outland. Pas que le film n'a pas d'ambition mais rien que par son final et le manque clair de détails attendus sur la saga, on est en plein foutage de gueule. Nous n'avons aucune réponse ou quasiment pas sur le vaisseau sur la planète où attéri le Nostromo dans Alien, ni ce que foutait le Space Jokey dedans (même si on comprend sa signification), mais par contre merci pour la fin ouverte annonçant une séquelle. Heureusement que la Fox a lancé la production, parce que sinon voilà l'une des fins les plus ratées du cinéma.

Qu'arrivent-ils aux survivants? Dit comme cela et après avoir vu le film, on se demande quand même si Ridley n'avait pas sorti la vanne de trop. Lui qui avait fait sortir à Demi Moore le subtil "Suce moi la bite!" nous refait le coup avec une fin lamentable qui sans séquelle annoncée aurait bien du mal à passer (quoique d'ici qu'elle arrive). Le pire est peut être que certaines scènes additionnelles sont meilleures que celles dans le montage du film! Par exemple, le fait que le couple Noomi Rapace-Logan Marshall-Green s'engueule (dans la scène additionnelle) au lieu de s'amouracher (dans le montage du film) paraît déjà infiniment plus crédible, annonçant littéralement la gueule de bois à venir de l'homme. Pareil pour d'autres éléments renforçant la présence sympathique d'Idris Elaba certainement un des personnages les moins froids d'un film en étant bourrés à craquer. On en regrette presque la nature dure de Ripley. La palme à celui de Charlize Theron, froide comme un iceberg, qui accumule un beau lot de connerie (notamment dans le final). D'ailleurs, la présence de Guy Pearce arrive tellement tardivement que l'on se demande son utilité, si ce n'est de renforcer que l'Homme cherche toujours à s'emparer du don des dieux. Finalement on gardera surtout la beauté des plans (dire le contraire serait dégueulasse) et l'interprétation de Michael Fassbender en robot, digne héritier du perfide Ian Holm.

Comme je le disais Prometheus n'a pas des thèmes inintéressants (je renvoie à l'article initial même c'est une révision que vous lisais), mais il n'apparaît jamais comme une préquelle d'Alien, encore moins comme un film sur l'existence et où les éléments renvoyants à Alien sont du pur fan-service (la palme au xénomorphe en séquence post-générique), ce qui n'est en rien positif. Dans la science-fiction, on attendra davantage le réalisateur de Blade Runner sur l'ambitieux The Martian, déjà bien plus excitant qu'une préquelle 2.0 d'Alien ou une suite des aventures de Rick Deckard. 


22 septembre 2014

The Rock se prend pour Hercule et Brett Ratner pour John Milius

Hercule est devenu un mercenaire et se retrouve en mission de sauver le royaume de Thrace...

Hercule : Affiche

Merci encore à mes potes de m'avoir embarquer au cinéma voir un mauvais film après Lucy! Bon à leur décharge, je leur ai fait voir Turbo, le dernier Spider man et Transcendance (et pour le premier et le dernier je risque encore de me prendre des tomates dans la gueule!) et je m'en excuse encore. Me voilà donc allant voir Hercule de Brett Ratner, film concurrent de celui de Renny Harlin, et produit avec plus de moyens. Résultats: deux flops dans l'année avec le même sujet. En France, on a eu La guerre des boutons, aux USA ils ont eu Hercule. Et les deux en 3D par ailleurs (je l'ai évité par chance et de toutes manières on ne l'aurait pas vu s'il y avait eu la 3D). Ce ne sont pas non plus les déclarations d'Alan Moore sur cette adaptation d'un comic-book de Steve Moore (aucun lien seulement de l'amitié) qui ont arrangé les choses, le premier arguant que son camarade s'est fait dupé lors de la vente des droits et que son travail était très librement adapté. C'est même plus ou moins confirmé lors d'interview de l'équipe. A vrai dire, dès les premières minutes, on est plutôt fixé. Entre des créatures en CGI entre l'impensable et le délirant, des flashbacks montés avec une rapidité déconcertante (ce sera encore pire par la suite) et une shakycam parfois dégueulasse dès qu'Hercule bastonne, on sait que cela ne passera pas trop. On en a même mal à notre mythologie grecque en entendant qu'Hercule se faisait en fait aider et finalement c'était des petits travaux. Mais alors le spectaculaire du flashback il sert à quoi? A faire perdre du pognon au studio pour rien? Un peu de sérieux, Brett ça fait déjà quatre flops en dix ans!

Hercule : Photo

Puis on passe à un jeune con qui n'est autre que le neveu d'Hercule en passe d'avoir les roubignoles coupées et son arrière-train défoncé emmerdé par des pirates. Et là débarquent Hercule et sa clique défonçant tout sur son passage.Question: y-a t-il un réel intérêt à voir un surhomme défoncer des bonhommes à la pelle sans jamais être inquiété? Achille il a au moins le talon qui déconne, mais Hercule? Il débarque sur un champ de bataille et démonte au moins dix mecs à la chaîne et sans aucune difficulté. Si encore c'était drôle comme dans Commando, mais là même pas. Alors on se fit à ses potes, mais eux aussi son quasi-indestructible! Ian McShane radote tout le temps qu'il va mourir, attendant même parfois sa mort, mais n'a jamais d'égratignure. Pareil pour l'autre morveux qui ne fait que raconter des conneries ou geindre avant d'appeler son oncle à la rescousse. Alors on se dit que Ratner va s'aider du passé d'Hercule pour en faire une sorte d'âme meurtrie. En effet, Hercule se sent responsable de l'assassinat de sa femme et ses trois enfants. Il n'a pu les sauver à temps de la jalousie de certaines personnes. Dit comme cela, cela peut être intéressant. Mais comme souvent chez Ratner, une idée intéressante débarque mais le traitement est catastrophique. Déjà que les événements sont montrés à une vitesse folle mais surtout ils sont mieux racontés que montrer. Ainsi Joseph Fiennes apparaît quelques secondes avant une réapparition de moins de cinq minutes montre en main et Irina Shaik doit avoir tous ses plans dans la bande-annonce.

Hercule : Photo Dwayne Johnson

Quant à ce fameux plan sur son fessier, il apparaît moins de deux secondes à l'écran, excitant peut être deux adolescents dans le fond qui n'auront pas le temps de s'exciter davantage puisqu'elle meurt deux plans plus tard! Déjà au niveau des flashbacks, Hercule ne fonctionne pas mais alors sur le reste? Hé bien c'est de la grosse série B voire Z parfois (et même souvent) du très gros nanar où The Rock défonce du bonhomme en veux tu en voilà sans aucune difficulté avec sa massue qui, dans les mains de Peter Mullan, est en fait un objet en plastoque (ce moment merveilleux se situe vers la fin du film). Par ailleurs au niveau des répliques on est plutôt bien servi aussi. Voici donc un petit florilège magique de répliques débiles du film:

  • Quand Hercule est emprisonné et quand on évoque que sa famille a été tué à cause de lui, The Rock se met dans une pleurnichade digne d'un gamin de neuf ans: "Mais je voulais rien moi!" tout en pleurant comme une madeleine! 
  • Hercule en brève de comptoir qui joue sur l'euphémisme dans la grande tradition nanarde:  "La civilisation n'est plus si civilisée". Rendors-toi Dwayne!
  • Rufus Sewell vraisemblablement lui aussi très bourré avant l'entraînement: "Les plus grands iront en enfer il y a une super ambiance!" Ouais paye ta tournée!
  • Ian McShane qui continue de vouloir se suicider: "C'était mon heure, mon destin!" et là Hercule débarque et sort "De rien!"
  • John Hurt en plein cabotinnage avant de mourir et visant Hercule: "Que cette ordure soit mise à mort!"

Hercule : Photo Dwayne Johnson

Et puis évidemment comment ne pas évoquer ce Mont Asticus devenant avec liaison Tasticus ou en VO Mount Tasticus. Une pignolade involontaire qui a alimenté les vannes chez mes potes et moi avec aucune lassitude. A cela, rajoutez un énorme problème de figuration. En effet, l'armée de Thrace apparaît comme avec une quarantaine de soldats (je n'ai pas cherché à compter non plus, c'est une approximation). Sauf que malgré les morts et le fait qu'aucune personne ne soit rajoutée dans l'armée, elle apparaît comme une bonne centaine par la suite! Un problème de CGI indéniablement mais pour le moins hilarant surtout que c'est très facile à voir à l'oeil nu. On remarque également l'influence évidente de Conan le barbare avec au moins trois plans ou scènes y faisant allusion (Hercule devant un sommet avec les ennemis s'agenouillant, Hercule contre l'hydre renvoyant à Conan contre le serpent et enfin la scène du dîner, sans le sexe PG-13 oblige) et à 300 (ah ce générique de fin pompant complètement celui de Zack Snyder avec sept ans de retard!). A cela rajoutez des acteurs cabottins à mort et le pire chez des acteurs très bons (je pense à Hurt comme Mullan). Il n'en reste pas moins que la musique de Fernando Velazquez est assez intéressante et joue sur le côté épique de l'action. C'est probablement la seule chose à noter dans les qualités.

Un peplum ressemblant davantage à une mauvaise série B, virant sans cesse au grotesque avec une subtilité désopilante.

21 septembre 2014

Merci pour ce très mauvais moment

Agathe Cléry est raciste, elle va devenir noire...

Agathe Cléry : Affiche Étienne Chatiliez, Valérie Lemercier

Etienne Chatillez s'est fait une véritable réputation dans la comédie française depuis La vie est un long fleuve tranquille. Son fusil d'épaule: le dézingage d'une certaine classe bourgeoise. Dans La vie... il les confrontait à des beaufs dans un échange d'enfants malheureux. Dans Le bonheur est dans le pré, Michel Serault préférait la vie à la campagne plutôt que sa bourgeoise; et dans Tanguy, André Dussolier et Sabine Azéma étaient de beaux bourgeois voulant virer leur fils de presque trente ans. Mais voilà, sept ans après Tanguy, Chatillez ne crée plus l'événement. On dira bien que la comédie française a bien régressé depuis 2001 par la même occasion et Chatillez n'est plus réellement attendu. La confiance règne n'a attiré personne en salles et le film ne s'est pas fait une réputation depuis. Mais en 2008, Chatillez revient avec Agathe Cléry et rebelotte: personne ne suit mais le pire dans tout cela ne vient pas de là. Le marketing était d'un vide incroyable avec un banal teaser reprenant le synopsis ci-dessus (c'est pour cela aussi que j'ai été à l'essentiel) et l'affiche n'était pas mieux. Mais surtout il est l'un des premiers films, notamment avec TF1, Canal et Ciné + à la production, à n'avoir pas été volontairement proposé à la presse ou aux sites web avant sa sortie par le distributeur. Les raisons? Aucune n'est jamais évoquée, en revanche on peut très bien émettre des hypothèses:

  1. On ne prend pas le risque de mauvaises critiques, donc d'éviter que la presse vous dézingue avant la sortie (ce qui fut le cas des Trois frères le retour qui fut présenté à la presse en revanche).
  2. Le film est souvent très mauvais (ce fut le cas d'Astérix aux jeux olympiques ou Fiston) et on veut éviter la belle gamelle d'une grosse production pétaradante avec promo chez De Caunes et Arthur.

Agathe Cléry : photo Étienne Chatiliez Ridicule?

Malheureusement la tactique ici présente est rarement payante et le bouche à oreille du spectateur, "celui qui a toujours raison", sera toujours pire qu'une mauvaise presse, car c'est lui qui fait des entrées pas un papier. C'est ce qui est arrivé à Agathe Cléry et c'est ce qui arrivera à d'autres productions de ce genre si elles continuent à opérer ce genre de tactique hypocrite. Car si un film est mauvais, cela finit toujours par se savoir. Et avec Agathe Cléry ça a cassé au possible. A vrai dire, quand on commence le film, on se dit "bon ça va être un film chiant", mais passez cela, vous aurez droit à un premier, puis un deuxième passage musical. Alors vous savez bien que je déteste Glee. Sachez que Agathe Cléry est encore pire. On est entre le show dansé à côté de la plaque (la photo ci-dessus le confirme avec des chorégraphies où les acteurs font ce qu'ils peuvent, mais n'ont pas de formation, donc ça donne un show synchro mais jamais enjoué) et les chansons nazebroques ressemblant à du mauvais Jacques Demy (comprenez de film aux dialogues chantés, à l'image des Parapluies de Cherbourg). Même le pauvre Jean Rochefort pousse la chansonnette dans un élan tellement improbable qu'on le croirait sous coke. Il vous parle de licenciement abusif, vous avez l'impression qu'il vous demande si vous voulez un café! Même dans les pubs Amaguiz il est plus naturel. Ainsi, le film est une sorte de comédie musicale où ça chante (énormément) au début et quasiment plus du tout à la fin. 

Agathe Cléry : photo Étienne Chatiliez, Jean Rochefort Punaise Jean, pourquoi toi? 

Quant au propos, il est tellement mal mis en avant que cela en devient d'un ridicule incroyable. Ainsi la pauvre Agathe raciste jusqu'au bout des cheveux devient noire par une maladie. On se dit alors que le propos paraît logique venant de Chatillez, aimant le quiproquos cocasse (après tout, le postulat de départ du Bonheur... tient dans Michel Serraut regardant la télé et voyant un sosie de lui dans une émission). Mais voilà un pitch c'est bien beau mais cela ne tient pas tout un film. Alors il part dans le délire de la comédie-musicale mais rien n'avance. On a l'impression d'avancer dans le film avec des couteaux dans le dos. On soupire, on s'ennuie et surtout c'est nul. Ce film est d'un ennui incroyable où rien ne fonctionne. Par exemple, le générique est superbe plastiquement (il faut bien le reconnaître c'est la grande réussite du film) mais on voit à peine pas la référence au Lac des cygnes, parasitant la richesse visuelle de ce générique. Les acteurs? Ils cachetonnent ou alors jouent terriblement mal. Preuve en est avec Valérie Lemercier. Elle est censée devenir sympathique au fil du film mais elle est agaçante du début à la fin. On n'arrive jamais à se faire à cette femme renvoyée à cause de sa couleur et atterissant dans une boîte avec... des gens typés qu'elle a ou aurait refusé dans son entreprise. Dit comme cela, c'est peut être intéressant mais le film amène cela de manière tellement mauvaise que cela devient sans cesse de la caricature. Agathe Cléry confirme que finalement le retour d'Etienne Chatillez était un non-événement dont on se serait franchement bien passer.

Agathe Cléry : photo Étienne Chatiliez, Valérie Lemercier

Une bouse impériale où absolument rien ne fonctionne mais tout est à jeter.

18 septembre 2014

Oz revient mais pas par la bonne porte

Un magicien découvre le monde d'Oz et devra affronter deux sorcières peu convaincues de ses talents ou vengeuses...

Le monde merveilleux d'Oz (affiche)

ll est des films où l'on s'attend parfois à des déceptions si bien que l'on évite de justesse de le voir au cinéma. Ce fut mon cas pour Le monde fantastique d'Oz de Sam Raimi. Tout d'abord j'avais privilégié Cloud Atlas et This is 40 prétextant avec raison qu'ils ne seraient plus là par rapport à Oz la semaine suivante. Puis après j'avais été voir The place beyond the pines et quand j'ai eu le temps de le voir, j'avais lu un grand nombre de critiques mitigées me disant que finalement ce n'était pas bien grave de passer mon chemin. Puis dans un bac à BR de la Fnac j'ai fini par le prendre avec Stoker et Spaceballs (que je n'ai toujours pas vu). Et finalement j'avais bien raison: le film est décevant. Mais pour cela il faut recontextualiser. En ce moment, Hollywood reprend la plupart des contes à sa sauce, certains même par les mêmes studios les ayant abordé. Ainsi Disney a repris Alice au pays des merveillles en en faisant une suite-remake désagréable, tout en faisant la paix avec Tim Burton que la firme de Mickey avait tant dézingué; La belle au bois dormant avec Maléfique et s'apprête à faire de même avec Cendrillon et Le livre de la jungle (alors que Warner essaye de leur faire la nique avec un projet moins avancé réalisé par Andy Serkis). Mais aussi la guerre des Blanche Neige en 2012, le flop de Jack le chasseur de géants et bientôt celle de Peter Pan (avec notamment un film de Joe Wright), La petite sirène par Sofia Coppola (que le site Funny or die a déjà brillament parodié)... En gros une vraie foire aux contes et pas de quoi se vanter malheureusement.

Le Monde fantastique d'Oz : Photo James Franco

Mais c'est comme tout, quand Hollywood trouve un filon elle l'exploite jusqu'à plus soif. On l'a vu au bout d'un moment avec les super-héros c'est bien parti avec les contes d'antan. Bientôt ils vont probablement nous sortir une version live de Raiponce... Oz apparaît au milieu de tout cela, balayant le projet de longue date de John Boorman (je me souviens d'un Studio Ciné Live évoquant ce projet avec concept-art à l'appui) d'adapter Le magicien d'Oz en animation. Sam Raimi n'est pas un bon commercial. Si sur les deux premiers Spider-man, le troisième lui avait échappé des mains. Quand il a voulu faire un quatrième volet, Sony l'a envoyé chier avec un reboot inutile; quand il a voulu James Franco en Jack Ryan on l'a envoyé chier. Quant à Warcraft il est parti de lui-même. Si Oz ne lui a pas échappé des mains, il n'en reste pas moins que ce ne sera pas un grand cru de l'ami Raimi. Et surtout échoue en plusieurs choses: non seulement il n'égale pas le film de Victor Fleming (bon c'était impossible mais bon qui ne tente rien n'a rien) mais surtout n'apporte rien à l'original. C'est censé être une préquelle sur le magicien d'Oz et finalement on n'apprend rien. La sorcière verte qui finit par fondre chez Fleming est ici une jeune femme meurtrie par l'amour devenant une carnassière à cause de sa soeur maléfique.

Le Monde fantastique d'Oz : Photo James Franco, Mila Kunis

Quant à la sorcière blanche elle s'interpose toujours pour sauver les meubles. On sait que le magicien est un tocard, un simple inventeur ou faiseur de tour de passe-passe et le film ne nous apprend rien sur lui si ce n'est qu'il était encore plus égocentrique avant. Soit l'image que certains peuvent se faire de James Franco habituellement (ce qui lui vaut de beaux moments d'autodérision sur ce thème dans This is the end ou sa courte séquence dans le film Veronica Mars). Outre cela le film n'est pas féérique, mais artificiel. En cause, trop d'effets-spéciaux, Raimi ayant fait pareil que Burton avec Alice: tournage sur fond vert, peu de risque. Alors certes c'est franchement joli à regarder mais clairement on ne sera pas aussi émerveiller qu'une seule seconde passée avec Judy Garland. Sinon le film se suit également sans déplaisir, en tous cas moins que la désagréable expérence d'Alice. Mais où est Sam Raimi là-dedans? Alors certes on pourra prendre l'expérimentation avec le bon passage du 4:3 noir et blanc (une rareté chez Disney!) au 2:35 flamboyant de couleurs. Certes il ne signe pas un affront dans sa carrière. Mais clairement on se demande où est le Sam Raimi fougueux qui faisait le fou sur les Spider-man en faisant du fluide d'araignée une métaphore de l'adolescence et où le Dr Octopus était le bourreau de toute une unité hospitalière. Ici, aucune fougue et c'est pas peu dire. Reste les costumes des mesdames absolument sublimissimes et portés sur les décolletés (notamment chez Rachel Weisz). Pour ce qui est des acteurs on ne retiendra pas grand chose malgré la sympathie pour certains (notamment Franco et Michelle Williams).

Le Monde fantastique d'Oz : Photo Michelle Williams

Une préquelle qui n'apporte rien au film original et quelque peu artificiel, qui sans être mauvaise donne surtout envie d'une chose: retrouver Dorothy pour repasser au delà de l'arc-en-ciel.

17 septembre 2014

Craignez l'homme qui n'a plus rien à perdre

Un homme prend sous son aile le frère de celui qui lui a volé sa voiture afin de la retrouver...

The rover (affiche)

La compétition du dernier Festival de Cannes n'a pas été réellement attirante, la faute à une généralité bien malheureuse: 99% des films ont été réalisé par des cinéastes déjà venus. Entre un réalisateur turc qui fait une palme de 3h, Bertrand Bonnelo qui fait redite, un Crocro toujours pas retrouvé et l'énième film des frères Dardenne, on est en terrain connu (même si certains crus sont bons comme The Homesman et Sils Maria). Comme souvent depuis quelques années, c'est dans les catégories annexes que les découvertes se font. C'est le cas de The Rover présenté hors compétition (plus particulièrement en séance de minuit, soit une visibilité minime par rapport aux critiques élogieuses et moi-même en voyant la gueule répétitive de la compet) et second film de David Michôd, responsable du brillant Animal Kingdom. Le réalisateur australien a alors été courtisé par Hollywood, toujours avide de prendre sous son aile (humour!) certains réalisateurs étrangers qu'ils peuvent souvent utiliser comme tâcheron de service (c'est arrivé par chez nous, c'est arrivé à HK, c'est arrivé ailleurs...), mais il a décidé de faire un film hors du commerce hollywoodien. Ecrit en compagnie de l'acteur Joel Edgerton (vu dans Warrior et prochainement Ramsès dans Exodus), le film s'est attiré deux poids lourds pouvant lui permettre une visibilité digne de ce nom: Guy Pearce qui est revenu en force ces dernières années après une décennie assez désastreuse; et Robert Pattinson parvenant enfin à se sortir de cette putain de saga Twillight.

The Rover : Photo Guy Pearce

Contrairement à ce que l'on pouvait croire en regardant la bande-annonce, The Rover n'a rien d'un film post-apocalyptique et n'a pas grand chose à voir avec Mad Max de George Miller, malgré l'outback australien comme décor. Il se situe dans un monde bien plus proche "après la chute". Le synopsis nous parlait que l'Australie serait désormais sous la coupe de la Chine. Chose tout à fait probable au vue de leur visibilité économique mondiale actuelle. Ainsi la première séquence renvoie à cela: Pearce rentre dans une maison avec deux asiatiques comme si cela était devenu une généralité. Mais surtout on voit que l'économie n'a plus de réelle valeur. Par plusieurs fois, on demande au personnage incarné par Pearce des dollars particuliers, en dehors du pays. Vraisemblablement, la monnaie locale n'a plus grand intérêt, un peu comme si le Dollar s'était fait avoir par l'Euro aux USA (je caricature hein?). Avec ce contexte, The Rover ne s'impose donc pas comme un post-apo mais comme un film assez actuel malgré qu'on puisse le ranger dans l'anticipation. Un monde où les biens sont plus chers qu'il n'y paraît. Arrive donc le personnage de Guy Pearce. Il n'a pas de nom, la seule chose qu'on sait c'est qu'il tient particulièrement à sa voiture et quand on lui la pique, il se met tout de suite rattrappe les ravisseurs et se fait tabasser. Telle une machine, il repart tout de suite à sa recherche en prenant sous son aile le frère d'un des ravisseurs laissé par le groupe.

The Rover (photo)

On passe donc d'une contextualisation de notre époque à une véritable chasse à l'homme se mélangeant à la quête existentielle. L'homme à la voiture fera un travail de rédemption, évoquant ses péchés sans vergogne et faisant de son jeune accolyte un associé légitime. Après tout, les deux sont paumés. L'un ne voit en une simple voiture son seul rapport à la réalité. L'autre un égaré de la vie découvrant une figure paternelle avec le premier capable de le mettre sur une voie plus adulte. Suivant principalement le duo, Michôd mise donc énormément sur Pearce et Pattinson et cela marche. Pearce est parfait en être méprisable et bestial, semblant systématiquement en rogne contre tout et d'une violence imprévisible (on pense à la scène de la caravane). Pour contrebalancer, Pattinson ne ressemble plus à un vampire (plus blanc comme un cachet donc) et trouve enfin grâce à mes yeux avec un rôle de naïf complètement éloigné de ses rôles précédents. Une révélation en soi. La réalisation de Michôd n'a pas besoin de beaucoup de musique sur ce film. Par exemple, il aurait pu mettre une musique pour la poursuite, mais il laisse faire parler les moteurs. Une séquence à suspense réussi en tout point. Le réalisateur se veut plus maîtrisé et y gagne peut être en efficacité. Une vraie révélation pour le cinéma australien confirmé par ce nouveau fait d'armes et permettant de voir qu'Animal Kingdom n'était pas qu'un coup de poker.

The Rover : Photo Guy Pearce, Robert Pattinson

On était parti sur du post-apo, on finit avec une oeuvre violente et percutante sur l'importance absurde que l'on donne aux objets et avec un duo d'acteurs savoureux.



16 septembre 2014

Cuvée pour ceux qui savent mourir au cinéma et boivent du pepsi

ça y est, nous sommes partis pour le dernier numéro de "Retour vers l'été passé", ce ressucé des mémoires de Borat dit "le jeune qui parle comme un vieux!" mais ne se passant que l'été! Nous voici donc partis pour les été 2012 et 2013 et évidemment nous ne parlerons pas de 2014 à moins que vous en voulez encore, mais le Borat est fatigué alors allez savoir. Doc on est prêt pour le dernier voyage!

"Allez Borat monte vite on a encore l'été 2012 et cela commence le 24/06/2012!"

L'été 2012 a commencé avec la Fête du cinéma comme bien souvent avec trois films. Commençons par 21 Jump Street. Je n'ai pas connu la série, mais je la connaissais de nom (aka la série qui a révélé Johnny Depp alors qu'on l'avait déjà vu chez Wes Craven et Oliver Stone). Le fait d'en faire un reboot cinématographique comique était assez casse-gueule et aurait du mal à être accepté. Si le film a marché, beaucoup de fans de la première heure ne semble pas avoir accepter cela. Ce qui renvoit au cas Miami Vice évoqué il y a peu. Le film n'a pas grand chose à voir avec les personnages de la série et ce malgré les mêmes noms. 21 Jump Street a au moins le mérite de ne pas reprendre les noms des personnages et de ne pas faire un copié-collé. Une version 2.0 en soi. Il n'en reste pas moins une bonne récréation misant beaucoup sur son duo, pastichant John Woo à tout va (les colombes oh purée!) et suffisamment divertissant pour se laisser regarder. Néanmoins sa séquelle est meilleure. Alors que les gros bras d'Expendables m'ennuient profondément, The Raid de Gareth Evans m'a époustouflé. Le scénar? Plutôt un pitch, mais on ne vient pas voir un film d'action pour son scénar, à moins d'avoir McT a la direction (je renvoie aux Die Hard ou Last Action Hero). On vient principalement pour voir du bourre-pif, de l'éclate, de la mitraille. The Raid le fait, là où les vieux cons de Stallone ne cessent de se faire reluire en évoquant leur carrière.

21 Jump Street : photo

Jonah Hill le petit gros qui emballe les jolies filles, il y a une justice quand même!

En comparaison d'Expendables 2 aux CGI d'une nullité affligeante (pas de doute pour voir une tête décapitée avec une balle, faut vraiment être chez Nu Image!), The Raid sent bon le film d'action bourrin sans prise de tête et ne prenant pas le spectateur pour un con quand il va acheter sa place. Faisant la part belle à l'athlètiquement impressionnant Iko Uwais, The Raid est un film d'action épique et bourrin où l'on en redemande encore. Et surtout où les scènes d'action sont filmées le plus longtemps possible avec un même plan, au lieu du montage cut pénible que peuvent avoir les productions ricaines en général (et ce même avec des acteurs chinois ou HK comme Jackie Chan ou Jet Li). Malheureusement je n'ai pas eu la chance de voir sa suite. A peine était-elle sorti, qu'une semaine après (date de mon retour parmi les vivants), il était seulement projeté à 22h. Ouais... Après on pleure dans les médias en évoquant le téléchargement... Et pour finir, en fidèle de Borat, je suis allé voir The Dictator et j'ai été encore déçu. Le film a beau s'imposer enfin comme une fiction, le film perd peu à peu de son intérêt. Finalement les meilleurs gags venaient des bandes-annonces. Vraiment dommage de gâcher tout ce potentiel et vraiment dommage qu'il faut désormais voir Sacha Baron Cohen dans de "vrais films" pour apprécier son talent.


 Petit intermède musical

The Raid : photo

"C'est un long roman d'amitié qui commence entre nous deux..."


J'avais finalement été voir The Amazing Spider-man le jour de sa sortie (et sans 3D faut pas déconner non plus) et j'avais été surpris. Autant le film ressemble parfois trop à un remake, que plusieurs techniques de réalisation et la partition de James Horner rappellent trop les films de Sam Raimi et que le Lézard est raté; autant il divertit et le duo Andrew Garfield-Emma Stone fonctionne à merveille. Malheureusement, le deuxième opus sorti en avril dernier est une vraie catastrophe industrielle réduisant tout à néant. J'avais enchaîné une semaine après avec Rock of Ages. Le glam-rock n'est pas un genre que j'affectionne particulièrement mais j'aime bien certains titres. Mais cette comédie-musicale est non seulement ringarde (faut voir les CGI pour montrer la ville de Los Angeles ou un stade!) mais va chercher tout le temps dans le nanar. Que ce soit les situations amenant aux chansons renvoyant malheureusement à des catastrophes dignes de Glee, la romance pourrave au possible qui finit entre le boys-band foireux et le striptease poussiéreux et des acteurs qui cachetonnent quand ils ne chantent pas comme des casseroles. Heureusement il y a Tom Cruise qui assure pleinement son rôle de rock star!

Rock Forever : photo

"I am a rock'n roll star mother fucker!"

Mais ma grosse attente de 2012 c'était The Dark Knight Rises. J'en avais même fait quelques histoires éventuelles. La première avait été jusqu'à 10-12 pages, mais mon dessin était pourri (pour être gentil) et l'histoire partait vite dans le n'importe quoi même si j'avais déjà le personnage de Catwoman et particulièrement qu'elle se faisait tirer dessus avant de revenir à la vie. En revanche je pensais davantage au Sphinx comme grand méchant. Par contre j'avais fait une petite ébauche sympa et plutôt bien dessiné où cela commençait par un flash-info parlant d'un enfant kidnappé. Cela renvoyait à The Dark Knight Returns où un marmot avait été kidnappé par le Gang des mutants avant que Batman ne débarque mitraillette au poing. On était direct dans le QG des brigands et au détour d'une porte fermée, on voyait Batman dans l'ombre faisant péter le générateur d'électricité, les voyant de manière infrarouge et les dézinguant un par un avant de partir sous les feux de la police d'un immeuble à l'autre. Je n'ai jamais continué n'ayant jamais su quoi faire pour une possible poursuite dans les rues de Gotham. Je ne me sentais pas le courage. Alors en pleines vacances à Hossegor, j'ai fait l'entrave en allant le voir dans le cinéma du coin pour l'avant-première à 22h. 

The Dark Knight Rises : Photo Anne Hathaway, Christopher Nolan

"Coucou Borat, tu veux jouer une version particulière du Chat?! -Heu oui Anne mais on va s'éloigner il y a de jeunes lecteurs ici!"

Autant dire que j'ai été scotché du début à la fin. Par la suite je reconnais qu'il n'est pas aussi maîtrisé que The Dark Knight mais le film est selon moi purement brillant. Batman apparaît comme lessivé pensant vainement qu'il peut affronter un ennemi physiquement imposant sans avoir mal. La chute sera donc rude et même si sa croix paraît parfois exagérée, cela reste un très bon film selon moi et puissant sur la carte émotionnelle (c'est d'ailleurs là où il marque le plus de points). Bon par contre, il y a le cas Cotillard. J'ai déjà évoqué dans ces colonnes ma non-appréciation de cette actrice que je trouve aussi prétentieuse que mauvaise. Alors si durant tout le film, elle reste correcte, son dernier plan (qui ne m'avait pas plus choqué au cinéma) est entré rapidement dans les annales comme un des morts les plus ridicules du Septième art. Alors son mari pourra toujours dire que Nolan aurait pu prendre une autre prise, mais on lui dira bien que quand ça veut pas, ça veut pas. Franchement j'ai même été jusqu'à imaginer ce même genre de séquences dans des blockbusters comme X Men ou Godzilla. X Men: "Des sentinelles arri... (une sentinelle lui tire dessus) argh!" Godzilla: "Godzi... argh! (il l'écrase)". On peut continuer longtemps. Juste pour le plaisir, repassons nous cette séquence au magnétoscope Thierry!

Une vidéo qui dérange.

Après cela j'avais été voir Brave et en voilà une belle déception. Le seul film raté de Pixar. Alors oui c'est beau et bien fait. Oui on se croirait réellement dans les Highlands. Mais le reste n'est qu'un vulgaire ressucé de Frères des ours qui n'était déjà pas une référence. Bien dommage tant ce film faisait partie de mes grosses attentes. Triste. J'avais été voir Magic Mike pour essayer le système du Orange Cinéday. Je m'attendais à un truc complètement con et finalement Channing Tatum s'en sort vraiment bien en gogo danseur voulant sortir du système. Pas non plus du grand Steven Soderbergh mais intéressant. The Campaign se révèle assez décevant surtout avec le potentiel de Will Ferrell. Dommage car le coco est réellement en forme comme toujours. The secret confirme en revanche que Pascal Laugier n'a pas réalisé qu'un seul bon film. Avec ce film, il sort complètement du trash Martyrs pour un conte moral superbe où Jessica Biel rayonne. Film à twists certes mais bien amené et prend le spectateur à bras le corps. Lawless l'emporte aussi avec un Shia LaBeouf qui se découvre acteur et le duo Tom Hardy-Jason Clarke qui fait des merveilles. Du pur cinéma de gangsters où le réalisateur de La route s'éclate et le spectateur aussi. Encore un film ressorti bredouille de Cannes... Quant à Camille redouble, il s'apparente à un beau foutage de gueule, pompant sans vergogne Peggy Sue s'est mariée dans les grandes lignes tout en vantant qu'il est original. Sinistre.

"Hey Doc il serait temps que cela se finisse j'ai les chaussures qui commencent sérieusement à sentir le roussi! -T'inquiète Marty voici de nouvelles chaussures! Anti-gravité intégrées! Bon allez on part pour le 21/06/2013!"

Ah l'été 2013, saison de mon BAC L réussi en rattrapage pour 19 misérables points (j'en ai ramené 40 au final!)! Autant dire que j'avais vraiment envie de décompresser après avoir bossé beaucoup d'un coup. N'ayant pu le voir pour cause d'épreuves intensives la semaine où il est sorti, j'avais donc été voir Man of steel une fois tranquille. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant enfin un vrai film avec Superman! Enfin un film où il ne passe pas les trois quarts du temps à sourire comme un con en espérant se taper une Lois Lane qui n'arrive jamais à le reconnaître alors qu'il a de banales lunettes sur le nez! Enfin un film où Superman défonce des gueules avec des effets-spéciaux descents avec un visuel ne ressemblant pas à du carton (valable aussi pour Superman Returns). Enfin un film où la quête identitaire sert de fil conducteur et n'est pas résumé de sorte que ce soit bouclé en une heure. D'autant qu'Henry Cavill est vraiment bon en Superman et n'a pas l'air d'un bulldozer quand il est en costume de ville, là où Brandon Routh ou même Christopher Reeves étaient bouffis dans leur costard-cravate. Par la suite, j'avais encore une fois misé sur la Fête du cinéma. Le premier film fut Epic film sorti depuis fin mai mais pas eu le temps de le voir à l'époque.

Man of Steel : Photo Henry Cavill

"Allez tous en choeur mes frères humains, il faut que nous chantions notre amour pour que ces putains de kryptoniens se carapatent! Ce sera nous dès demain! Ce sera nous le chemin! -Sup on n'est pas dans Les dix commandements. -Tu crois que je ne suis pas capable de faire les douze plaies d'Egypte? -J'ai rien dit! -Merci!"

Autant dire qu'heureusement que le prix est fixe dorénavant lors de cette opération. Alors oui le dernier film original de Blue Sky (exit donc Rio 2 qui est une suite) est plutôt bien réalisé dire le contraire serait dégueulasse. Mais indéniablement, le fond a été rabaché plus d'une fois et ressemble beaucoup trop à un mix de Ferngully (première production du studio Fox Animation) et Avatar (toujurs produit par la Fox!). D'autant que les personnages sont clairement inexpressifs et inintéressants. Le lendemain soir, des copains m'ont emmené voir Very Bad Trip 3 que je n'avais absolument pas envie de voir, mais bon au moins on rigole entre potes! Le résultat est sans appel: Todd Phillips confirme qu'il n'a plus l'inspiration depuis le premier volet. Alors oui ce troisième volet a le mérite de ne pas reprendre une nouvelle fois le détail du black-out comme fil conducteur même si Doug est encore une fois dans la merde. Seul le gag de la girafe reste bon et encore la Warner l'a montré dès la première bande-annonce. J'avais fini la Fête du cinéma sur World War Z que j'avais vu en deuxième séance car la première était tellement blindée qu'on a décidé de prendre les tickets et d'aller boire un coup! Un film de zombies pour le moins sympa mais qui se tire deux balles dans le pied. La première est le PG-13 en salles uniquement pour toucher un plus grand public, perdant un épilogue glauque et très différente du traitement final.

World War Z : Photo Brad Pitt

"C'est la guerre, il y a des zombies, c'est ma chance, ma destinée, Channel numéro 5. -Brad arrête de nous faire chier avec ta pub, personne ne l'aime! -Désolé."

Par exemple, Matthew Fox avait un rôle de soldat violeur qui s'occupait personnellement de la femme de Brad Pitt! Ici il doit apparaît cinq secondes à l'écran alors qu'on parle quand même du Jack de Lost! Surtout le film devait se finir en Russie dans une grosse scène d'apocalypse. Alors certes cela aurait été cher en figuration (quoique une grande partie des zombies a été réalisé en CGI donc...), certes on aurait fini dans du Restricted... Mais merde c'est logique! Zombies mènent au gore et le gore au Restricted! Alors pourquoi sortir une version uncut en BR et une sortie PG-13? Réponse: Pognon! Si un film est PG-13 il rapportera plus car plus grand public alors qu'un Restricted aura moins bonne réputation et attirera moins de monde! Et paf dans ta gueule spectateurs amateurs de films d'horreur depuis ta plus tendre enfance et passant pour un vieux dégueulasse amateur de bidoche! La seconde balle est évidemment ce grand moment de solitude apparaissant à la fin. Et paf voici la deuxième scène ridicule de cette cuvée! Un moment émotion où Brad infecté d'un virus pour passer à côté des zombies tranquillou prend le temps de se faire plaisir. Il prend une canette Pepsi, s'asseoit et savoure ce bon breuvage concurrent de Coca Cola. Limite il ferrait un petit "aaah!" à chaque gorgée que ce ne serait pas de trop. Le pire c'est que la communication ne s'en cache même pas puisque dans mon Kinépolis des pubs étaient présentes: pour un Pepsi acheté un t-shirt offert! Va chier marketing! Et non je n'ai pas pris de pepsi pour avoir ce t-shirt!

Ce que l'on a remarqué l'an dernier, c'est que les studios se sont faits plaisir en terme de blockbuster quitte à se casser littéralement la gueule dès qu'il s'agissait de faire du chiffre. Trop de propositions tuent les propositions et malheureusement ce qui s'est passé en 2013 risque d'être aussi le cas l'an prochain. A voir si ma théorie sera bonne mais il y a des chances que ce soit typiquement ça. Pixar faisait son retour avec une préquelle attendue: celle de Monstres et cie. Un pari risqué d'autant qu'énormément de fans s'attendaient à une suite directe. Dommage diront certains mais clairement Monsters University réussi son coup en devenant un vrai film de campus avec son lot de saloperies. D'autant que l'animation est franchement magnifique sous tout rapport. Juste la voix française de Seth Rogen pour Sully (alors que Jacques Frantz avait fait toute la promotion) laisse à désirer. Vu juste avant mes vacances, Pacific rim m'a plu tout de suite. Guillermo del Toro signait son premier film depuis 2008, essuyant le flop d'Hellboy 2 au box-office et les échecs successifs sur The Hobbit et Les montagnes hallucinées (qui pourrait être relancé selon Del Toro s'il réussi à alléger suffisamment le film en un PG-13). Beaucoup ont reproché à Pacific rim sa ressemblance avec Transformers, certains préférant même la saga de Michael Bay (notamment mon camarade Titi avec qui je me chamaille systématiquement à ce sujet!).

Pacific Rim : Photo

Photo qui a longtemps immortalisé la bannière de ce blog. Immortalisons la définitivement!

Mais personnellement, je trouve que Pacific rim corrige la plupart des défauts de Transformers. Déjà ses personnages aussi caricaturaux soient-ils (en tous cas les trois quarts), ils servent au moins à quelque chose et ne restent pas à ne rien faire ou à subir l'action ou à faire des blagues vaseuses. D'ailleurs le personnage de Miko est sublime, sorte de poupée figée par la mort et arrivant difficilement à contrôler ses émotions. On comprend pourquoi Del Toro l'a associé à un homme également touché par la mort. Ensuite et c'est primordial, les combats de coq sont lisibles! Pas de shakycam! Mais des plans larges montrant l'action qui plus est avec style (éclairages faisant la part belle aux lumières de la ville, la flotte dedans ou qui tombent, la nuit). Au moins un peu de style dans des séquences d'action à grande échelle et émotionnellement fortes à la fois sur l'écran et chez le spectacle. Sans compter que la 3D était superbe. Pendant mes vacances et sur un coup de tête  je suis parti à l'avant-première de The Wolverine... en 3D. A elle seule elle m'a dézingué toutes les scènes d'action. Je l'ai d'autant plus apprécier en le revoyant en BR sans cette foutue conversion dégueulasse. Le film par contre fait complètement oublié le premier spin-off. Wolvy est abordé de manière plus simple, moins grandiloquente mais aussi plus intelligemment.


 

Petit intermède musical

Wolverine : le combat de l'immortel : Photo Hugh Jackman

"Eteins la lumière, montre moi ton côté sombre..."


 

En posant le contexte post-X Men 3, The Wolverine s'impose comme un savoureux sequel du lamentable film de Brett Ratner mais aussi comme une aventure personnelle légitime pour Wolvy. Surtout que le film s'inspire des récits de Frank Miller et Chris Claremont et s'en sort à merveille dans ce domaine. Si le final est un peu mégalo sur les bords, The Wolverine continue la résurrection de la saga X Men entamée avec First Class et continuant à merveille avec le maître des lieux Bryan Singer. Et me voilà désormais à prendre la défense d'un film détesté durant tout l'été 2013 au point que Disney a fait sauté des têtes, virer Pirates des Caraïbes aux calandes grecques (bah oui il y a Jerry Bruckeimer aussi à la production) et qui s'est fait dézingué partout. Je ne veux pas faire l'avocat du diable mais voir un blockbuster comme The Lone Ranger qui plus est dans le genre western est au contraire une aubaine. Parvenant à signer un film foufou continuant la réussite du néo-western Rango, Gore Verbinski se fait plaisir en reprenant une série culte ayant donné à un spin-off plus célèbre dans nos contrées (en l'occurrence Le Frelon Vert). Un blockbuster qui ose, faisant même dériver sérieusement le PG-13 (beaucoup de morts bien visibles, photo sombre, allusions à La horde sauvage) et permettant à Hans Zimmer une fantastique reprise de Guillaume Tell. Et surtout permet à Johnny Depp d'incarner un personnage moins pénible que d'habitude dans le genre "excentrique".

Lone Ranger, Naissance d'un héros : Photo Armie Hammer, Johnny Depp

"Allez mon joli faut rejoindre Borat dit le huitième!"

 

Certainement l'un des bashings les plus détestables à mon goût de ces dernières années au même titre que John Carter avec moins de réussite (ironiquement deux productions Disney ambitieuses), d'autant plus que le Razzie Award de la pire préquelle-remake-plagiat ou suite est plus qu'exagéré quand on voit les concurrents (le dernier Adam Sandler, Very Bad Trip 3 précité, Les schtroumpfs 2 et Scary Movie 5). Elysium m'a bien plu également de par son contexte social, sa violence hard boiled (enfin un film Restricted depuis le début de cette partie 2013) et surtout sa sorte de réinvention intéressante de Robocop. Et puis Matt Damon en total contre-emploi ce n'est pas tous les jours sans compter les superbes plans de l'Espace. The conjuring signe le bon retour de James Wan après un Insidious un peu trop porté sur Poltergeist à mon goût. Probablement le fait que le film s'inspire des vrais Warren a joué en sa faveur, sans compter la grosse allusion à La maison du diable. Néanmoins son spin-off Annabelle basé sur la poupée vue au début du film semble bien parti pour être un beau foutage de gueule. Non seulement Wan n'est plus que producteur (comme sur Saw ce qui n'augure rien de bon) mais surtout car les Warren ne seront pas présents alors que c'est censé être un spin off de Conjuring! ça sent la belle casserole.

Elysium : Photo Alice Braga, Matt Damon

"Vas y ma chérie je te couvre. -J'adore quand tu me dis des mots doux Matt. -Je sais ma chérie!"

Vu le même jour, Kick Ass 2 m'a bien fait rire malgré quelques excès pipi caca et surtout parvient à s'en sortir malgé la merde qui lui sert de support initial. Alors Mark Millar et John Buscema Jr pourront toujours sortir des noms d'oiseaux à Jim Carrey en disant qu'il a pourri la promo avec son reniement envers les armes à feu, il en vient quand même de leur dire que leur second volet BD était d'une nullité abyssale et surtout jamais drôle. Le seul truc à garder fut la fin différente du film. Pour donner un exemple, le coup de la panne de Red Mist pardon The Motherfucker ne vient en aucun cas de la BD puisque ce dernier faisait bel et bien goûter son poireau à une fille dans la BD. Un passage grossier et vulgairement trash pour rien alors que le film réussi à en faire un running-gag jubilatoire (j'avais éclaté de rire dans la salle, mes potes n'avaient pas compris tout de suite et je leur avais alors sorti "vous voyez pas qu'il n'arrive pas à bander?!!" et là la salle a commencé à s'esclaffer!). Je n'ai pas commencé à lire Kick Ass 3 mais vu mon arrière-goût désagréable pour le second opus et les propos désobligeants de Buscema Jr (on ne traite pas un mec de "con" dans la presse surtout quand il n'est pas là pour se défendre), je passerais mon tour.

Kick-Ass 2 : Photo Jim Carrey

"Ah mon bon Borat cela faisait longtemps que tu ne m'avais pas mis dans tes colonnes! -Oui je sais mais j'attendais la bonne occasion! -T'es un amour!"

Red 2 m'a plus détendu que le premier malgré quelques CGI foireux, pendant que je boycottais la sortie du remake pitoyable de L'aube rouge en salles alors que dans la soirée je me le faisais sur Youtube! Une aberration digne de ce nom qui a permis que je ne vois pas The World's end au cinéma. Merci donc aux exploitants d'avoir accepter dans vos salles un film non seulement raté, qui n'a pas marché, sortant plus de huit mois après sa première exploitation (!!) et en plus disponible sur le plus gros site de vidéos dans le monde gratuitement! Je me suis bien amusé avec You're next, petit film d'horreur croisement horrifique entre Piège de cristal et Rambo où la jolie Sharnie Winson sort les armes de manière fendarde. La mise à mort au mixeur m'a particulièrement marqué! Pain and gain est le meilleur film de l'ami Michael Bay depuis au moins Rock (bon Armageddon si je compte les nanars). Mais il contient tous les ingrédients soulants qui ont fait sa carrière (filles à moitié à poil, grosses cylindrées, explosions, musiques qui tapent, plan-circulaire allant dans les moindres trous) et il doit beaucoup à un fait réel entre l'absurde et le cruel fabuleux à adapter. Néanmoins, on s'amuse plutôt bien.

No Pain No Gain : Photo Mark Wahlberg

"Aaaaaaaaaaaa... -Vas y Mark continue de gueuler! -Mais Michael je viens de me péter la guibole! -Pas grave j'aime la souffrance que tu développe dans mon combo! Continue comme ça!" 

Quant à Riddick, il doit beaucoup à un Vin Diesel inspiré et à sa première partie intimiste et irréprochable. Après, le film part dans un remake basique de Pitch Black faute d'avoir pu pouvoir faire dans le magnifique space-opera suite au malheureux flop des Chroniques de Riddick. Et le semi-succès ne risque pas forcément d'aider à un quatrième volet. Alors je vous vois venir chers lecteurs vous disant (ou pas!) "tiens il s'arrête à 2013 et pourquoi pas 2014!". Alors faisons un petit tour rapide. L'été 2014 fut plutôt calme en comparaison de 2013 et je m'y attendais. En fait beaucoup de gros blockbusters sont sortis avant le 21 juin que ce soit Captain America 2, 300 Rise of an empire ou Godzilla. Ce qui a donné un été très calme. J'ai cotoyé mon cinéma d'art et d'essai Le scala qui a rouvert depuis novembre mais dont je n'avais plus foutu les pieds depuis sa version originale avec la projection de Norteado vu avec ma classe d'espagnol! Donc depuis environ mars 2013! J'ai donc rattrapé (ce cinéma ne diffuse pas tous les films à leur date de sortie) le très beau The Homesman de Tommy Lee Jones, le percutant The rover de David Michôd, le sympatique Sils Maria d'Olivier Assayas, l'excellent mais boudé Jersey Boys de Clint Eastwood (avec une seule personne dans la salle: moi!), le controversé Maps to the stars de Crocro et le très ambitieux et superbe Boyhood de Richard Linklater.

Riddick : Photo Vin Diesel

"Baboulinet on le voit, on le voit plus, on le voit, on le voit plus, on le voit plus, on le voit!"

Mais j'ai aussi cotoyé mon multiplexe chéri. Avec la Fête du cinéma je me suis fait le mauvais Transcendance (on peut être un bon chef opérateur et un mauvais réalisateur on a déjà vu ça avec Jan de Bont), le très très bon Conte de la princesse Kaguya (ou quand Isao Takahata prouve aussi qu'il en a encore à montrer) et le superbe Dragons 2 (pour une fois qu'un film Dreamworks me paraît bon, il faut y aller). J'ai ensuite vu le bien sympathique Sous les jupes des filles choisi à la dernière minute (on devait au départ voir A million ways to die in the west mais un pote l'avait déjà vu et détesté) avant mes vacances. Une fois revenu j'ai savouré la superbe suite au reboot de La planète des singes, certainement un des blockbusters les plus inspirés de cette année de par ses thématiques très adultes et violentes. Puis avec le très jouissif Les gardiens de la galaxie permettant enfin à la Marvel de se décoincer et de prendre des risques avec un space-opera n'ayant à voir avec les Avengers que par de vulgaires bribes. Visuellement sublime, BO fendarde et héros amusants, voilà les ingrédients du plus gros film au box office US (et oui même Transformers 4 n'a pas fait le poids, juste aidé par l'internationnal pour atteindre le milliard de $ de recettes). Il y a eu aussi Lucy de Luc Besson coincé entre le débile profond de son action décomplexée et l'intelligence pompeuse et délirante; et 22 Jump Street qui m'a valu de grands moments de rigolade et beauferie entre potes (les gags entre Jonah Hill et Ice Cube mon dieu quelle rigolade!). Sur ce, "Retour vers l'été passé" c'est terminé, la mini-série est bouclée, j'espère que ça vous a plu, permis de repenser à certains films que vous avez vu en même temps que moi lors des différentes années. Si je suis assez fou, j'oserais d'autres saisons mais là ça risque d'être plus bordélique! Allez à la semaine prochaine!

"Allez bon vent mon cher Borat! -Repasse nous voir un de ces quatre! -Waf!"

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15 septembre 2014

Oubliez le 21, appelez le 22

Jenko et Schmidt partent désormais pour l'université afin de dénicher un trafic de drogue...

22 Jump Street : Affiche

Personne ne croyait en un reboot humoristique (ce qui n'a pas convaincu des masses les fans de la série adaptée) et cinématographique (encore moins) de 21 Jump Street. Et pourtant ce fut un des succès surprise (et fracassant) de l'été 2012. Channing Tatum est devenu un amuseur de galerie, Jonah Hill le petit gros qui emballe et le duo Phil Lord-Chris Miller les rois du pétrôle (je rigole bien sûr)! Enchaînant en même temps que la post-production colossale du jouissif The Lego Movie, le duo s'est retrouvé sur une suite sobrement baptisée... 22 Jump Street. On évite le numéro derrière le titre et on garde les joyeux larrons Tatum, Hill et Ice Cube (ainsi que Nick Offerman, Dave Franco et Rob Riggle pour des caméos). Vraisemblablement, le duo a décidé de faire encore plus con que le premier film. Ce qui ne veut pas dire que c'est moins drôle (bien au contraire) mais les réalisateurs jouant sur le contexte de la suite bigger and louder. Si dans 21, Channing se retrouvait chez les geeks et Jonah s'éclate; là c'est plus ou moins le contraire avec Tatum qui fait la teuf et fait du sport (alors vive la musculation et le football américain!) et Hill emballe toujours mais pas forcément au bon endroit mais s'ennuie un peu. On échange donc les rôles tout en accentuant le côté homosexuel refoulé de leur relation.

22 Jump Street : Photo Channing Tatum, Jonah Hill

Il y a un très grand nombre d'allusions à cela que ce soit dans le fait d'habiller l'autre, de s'occuper de l'autre ou même dans leur relation. Ils s'ennuient l'un sans l'autre! Cela en fait un ressort comique totalement délirant au point de vraiment croire que les deux cocos sont faits l'un pour l'autre. A cela vous pouvez rajouter une tendance aux excentricités comme cette séquence sous drogue où les deux cocos sont super concentrés pour une séance d'infiltration improbable ou une explosion de poteau de football américain. Mais indéniablement le gros du film dans ce domaine reste la poursuite survenant avant filmé de très haut à l'image des premiers GTA (hé oui au début les GTA avaient une vue totalement extérieure et se situer au dessus de l'action), donnant lieu à un lot de passages surréalistes, où les deux larrons font tout pour ne pas se prendre de dégâts et où leurs assaillants font le concours de celui qui défoncera le plus de monuments! Même la baston qui frôle l'idylle improbable entre Jonah Hill et la méchante avant un affrontement en hélico sentant le fond vert foireux renforcent le côté délirant et bigger and louder de cette suite. Le film joue également sur l'excuse bidon du numéro, faisant changer de côté de rue le QG en le rendant complètement spatieux et informatisé de partout. Bigger and louder encore une fois.

22 Jump Street : Photo Amber Stevens, Jonah Hill

Mais là où 22 Jump Street réussi son coup c'est dans les situations comiques. Finalement les dealers n'ont pas grand intérêt, mais ils sont mis en ridicule. Il n'y a qu'à voir Peter Stormare qui radote "c'était tellement plus simple dans les années 80!" pour s'en rendre compte, il est à la limite du pitoyable. Le mec se croît encore dans un épisode de Miami Vice! Mais les meilleures scènes sont bien évidemment entre Ice Cube et Jonah Hill. (attention légers spoilers) Hill drague une fille à l'université, couche avec puis ils se revoient. Puis il cause qu'il a emballé devant son supérieur, ce dernier le félicite même (alors que l'enquête n'avance pas!), ce qui donne déjà une séquence d'une beauferie tonitruante. Puis dès qu'elle annonce que ses parents sont là, on sent le coup fourré, qu'Ice Cube a largement l'âge d'être le père d'une jolie fille de dix-neuf ans! Et paf, on fonce en plein dedans. Ne pouvant dire qu'Hill est infiltré, ni qu'il est son supérieur il part dans une colère hilarante à se pisser dessus. Et Tatum qui en fera des tonnes par la suite pour notre plus grand plaisir, continuera d'alimenter un délire à en pleurer. (fin des légers spoilers) Et puis il y a aussi ce générique complètement meta où les réalisateurs se font plaisir, transformant leurs deux films en une franchise pouvant aller jusqu'au 40 ou 50 Jump Street avec des missions allant des cuistots infiltrés à des médecins foireux en passant par des danseurs et autres pilotes d'avion! On a même droit à une sorte de jeu-vidéo ressemblant à de la PS One! Du grand n'importe quoi mais clairement amusant.

22 Jump Street : Photo Channing Tatum, Ice Cube, Jonah Hill

Une suite qui continue à être ambigue avec son duo débile et délivrant son lot de gags délirants et inspirés.

14 septembre 2014

Même Jason Statham a ses limites

Un ancien agent des stupéfiants se retrouve dans une bourgade paumé où les habitants s'avèrent plutôt hostiles...

Homefront : Affiche

A l'heure où l'amigo fait le pitre dans le dernier Expendables, revenons sur un des meilleurs films de Jason Statham ce qui est tout de même rare. L'ami Jason est un acteur sympathique, savant taper au bon endroit mais se retrouvant toujours dans de mauvais films. Dommage car le coco a un certain potentiel en homme d'action et dans tous ses films, il a toujours fait ses cascades lui-même. En soi, Statham a toujours été sympathique à mes yeux et cela ne risque pas de changer. Néanmoins, il est vrai que ses choix de carrière sont parfois malheureux car Luc Besson en a fait une star avec Le transporteur, il n'en est pas moins devenu un cliché ambulant. Ainsi, plus d'une fois on l'a vu dans des séries B que ne renierait pas Nu Image ou même Europacorp. Combien de The one? De Safe? Mais avec Homefront curieusement il y avait une attente. Pas forcément à cause du fait que ce soit un ancien projet de Sylvester Stallone (qui peut donner lieu à de grands films comme Rambo et Rocky mais aussi ses suites...), mais parce que la bande-annonce montrait un film déjà bien moins con que d'habitude, un peu moins nanar aussi. C'est peut être cela qui a attiré un peu plus certains amateurs de film d'action et en sachant que les critiques ont été plutôt correctes.

Homefront : Photo James Franco, Winona Ryder

Pour une fois ce n'est pas lui qui se met dans les emmerdes, mais plutôt les habitants qui le font chier. Alors certes on est clairement dans le cliché de l'étranger au pays des bouseux, si possible camés; mais le script ne fait pas non plus des bouseux des chômeurs de la crise. En fait tout commence par une engueulade entre un petit gros et la fille de Statham. Le premier l'a fait chier, elle lui donne une bonne branlée déculottée. La mère débarque hystérique (et droguée mais on ne le saura qu'après) et Statham défonce la gueule du paternel cherchant à lui en mettre une. Tel père, telle fille. C'est cet élément déclencheur absolument banal qui va tout faire péter, car la mère est la soeur d'un dealer de methanphétamine et elle compte bien s'en venger. Le postulat de Homefront est tout ce qu'il y a de plus simple et Gary Fleder le sait très bien. Alors il mitonne une série B sérieuse certes mais incroyablement sympathique à regarder. Déjà parce que Statham joue malgré un très grand nombre de bastons. Il ne fait pas que serrer des dents et mettre des pains. Cela faisait probablement depuis The Bank Job qu'on ne l'avait pas vu dans un vrai rôle et ce malgré le prétexte de départ.

Homefront : Photo Jason Statham

En effet, Statham est un ancien agent des stups et veuf de surcroît. Mais attention, on n'a pas le droit aux clichés attendrissants comme on a pu le voir dans des daubes comme Baby Sittor. Peut être la patte Stallone, allez savoir mais en tous cas cela fonctionne. En revanche, on peut dire que la sous-intrigue du dealer voulant se venger est peut être de trop, mais Homefront se pose comme un film d'action franchement sympathique, changeant clairement des gros bourrins débilos d'Expendables et partant sur des bases au minimum solide pour que l'on s'attende à passer un bon moment. Mais si Statham est plus qu'impeccable, on pourra rester pantoi devant le reste du casting. On se demande à quoi sert Winona Ryder (en dehors de se faire tringler par des connards ou James Franco) même si sa prestation n'a rien d'honteuse. Mais surtout on est tout de même déçu de voir James Franco en méchant de pacotille, avec barbe de trois jours et humour cynique pour montrer qu'il est méchant. Dommage car il y avait un vrai potentiel à voir un vrai bourrin comme Statham face à un acteur pouvant lui rendre la pareille niveau répliques. Quant à Frank Grillo il cabotinne à mort en bouffant des fruits de mer et Clancy Brown vient passer un petit coucou. 

Homefront : Photo Izabela Vidovic

Un film d'action très efficace où Jason Statham trouve un rôle de qualité. Trop rare pour ne pas être souligné. 

13 septembre 2014

Le monde selon Mason

L'existence d'un jeune garçon et de sa famille de ses jeunes années à son passage à l'âge adulte...

Boyhood : Affiche

S'il y a des projets qui mettent des années à passer par la case tournage (on l'a vu récemment avec le flop de Sin City: J'ai tué pour elle, attendu depuis 2005), Richard Linklater a fait le chemin inverse. Alors que les studios sont dorénavant dans une optique de date de sortie annoncée des années à l'avance (quitte à réaliser un blockbuster en un temps record comme ce fut le cas de X Men: First Class tourné en octobre 2010 pour une sortie en juin 2011!), Linklater a réalisé Boyhood durant douze ans. Non vous ne rêvez pas. Le réalisateur n'en est pas à son premier projet ambigu et loin des conventions: en 2005, il réalisait A scanner darkly avec des acteurs réduits en cell-shading afin de contrebalancer avec la drogue (sujet de prédilection du film); comme sur plusieurs années, il a fait tourné le duo Ethan Hawke-Julie Delpy dans la trilogie Before (Sunrise, Sunset, Midnight). Mais avec Boyhood, il fait plus fort avec les Before et signe certainement un des films les plus ambitieux de ces dernières années de par sa gestation ingénieuse et anti-hollywoodienne (l'expression "tout tout de suite" pourrait résumer cela). Montrer l'évolution d'un enfant voire d'un personnage tout court au fil des années a déjà été fait au cinéma: changez l'acteur à chaque âge (enfant, adulte, vieillard), acteurs jouant les parents grimés pour faire plus vieux... Mais montrer les mêmes acteurs sur un tournage de plusieurs années, jamais.

Boyhood : Photo Ellar Coltrane, Ethan Hawke, Lorelei Linklater

C'est là tout le principe. En dehors des acteurs allant et venant au cours de l'intrigue, le casting est identique sur plusieurs années: Ellar Coltrane est le jeune Mason, Lorelei Linklater (fille de) sa grande soeur, Ethan Hawke est le père et Patricia Arquette la mère. Et c'est là que le film atteint son point: en voyant ces personnages vieillir sous nos yeux, on en deviendrait presque nostalgique. On revoit les années 2000 à travers les yeux de ce jeune garçon. L'un des premiers éléments significatifs est la musique. Le film débute sur Yellow de Coldplay. Le groupe se faisait alors connaître avec ce titre en 2000 mais son influence s'est fait après 2000. Logique donc de passer par là. On voit aussi à quelle point les modes musicales partent en fumée. Au début du film, la soeur chante (pour ne pas dire massacrer) Oops i did it again de Britney Spears; quelques années plus tard on l'entendra écouter Poker Face de Lady Gaga. On voit aussi cela avec la littérature où au début, la mère lit La chambre des secrets à ses enfants, puis des années après, ces derniers vont chercher Le prince de sang mélé. Et puis il y a indéniablement la politique que l'on peut observer avec le point de vue du père. Ce dernier se révèle anti-républicain et vote démocrate, tout du moins c'est ce qu'il dit en conseillant ses enfants en leur disant "Votez tout sauf Bush"! Plus tard, ce contexte sera encore plus visible quand les enfants et lui mettront des pancartes pro-Obama tout en enlevant celles pour McCain! On voit également l'évolution des
acteurs au fil des années.

Boyhood (photo)

Si pour les enfants, cela paraît logique, c'est surtout sur Patricia Arquette et Ethan Hawke que la transformation physique se remarque le plus. De sex-symbol (pour ceux qui se souviennent de True Romance ou de Lost Highway par exemple), Arquette est devenue plutôt ronde (ce qui n'est pas une critique, juste un constat) quand Hawke arbore désormais traces blanches dans ses cheveux et une moustache alors qu'il était plus coutumier de la barbe de trois jours. C'est aussi ça le plus fascinant dans Boyhood: voir l'évolution de personnages au fil des années avec un naturel sans borne. On s'étonne même que personne n'en a eu réellement l'idée avant (je renvoie à ce qui a été dit plus haut) tant cela fonctionne. D'autant que Boyhood n'est pas financé par de grands studios mais par le studio indépendant IFC Films, déjà responsable de Byzantium de Neil Jordan. Un risque qui a payé au vue des critiques élogieuses et de l'Ours d'argent remis à Linklater à Berlin. Au final la vie de Mason pourrait être la nôtre: le divorce des parents, le beau-père crapricieux (ceux de ce film en tiennent une belle couche comme pour compenser avec le père absent et jovial), la mère rattrapant le temps perdu, les premiers émois, les chamailleries avec la grande soeur... Le tout filmé avec un naturel rare et avec des acteurs qui assurent (même Patricia Arquette auquel on ne s'attendait pas à la revoir aussi bien depuis bien longtemps). On pourra néanmoins soupçonné quelques longueurs vers la fin, mais après tout, on ne résume pas une vie sur 1h30.

Boyhood : Photo Ellar Coltrane, Ethan Hawke, Patricia Arquette

Une fresque sur la vie impressionnante de par son réalisme et une belle promesse de cinéma.

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12 septembre 2014

Ciné Borat au Golden Blog Awards

Comme l'an dernier, Ciné Borat participe aux Golden Blog Awards en espérant passer les pré-sélections cette fois-ci. Voilà vous pouvez voter par là:

http://www.golden-blog-awards.fr/blogs/cine-borat.html

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Quand Luc Besson rencontre Terrence Malick et Ed Wood

Une étudiante devient super-intelligente après la libération d'une drogue dans son organisme. Elle est alors traquée par ceux qui lui ont mis le sachet...

Lucy : Affiche

Je vous entends déjà venir bande de chenapants: "Hahahaha Borat a été voir le dernier Luc Besson au cinéma!" et bien sachez que ce n'est pas moi qui a choisi le film cette fois, mais certains de mes camarades. On ne peut pas dire que le choix en dernier séance était grandiose mais le plus potable à mon humble avis était Délivrez nous du mal de Scott Derrickson face à Hercule de Brett Ratner, Expendables 3 de Patrick Hugues, Nos pires voisins de Nicholas Stoher et donc Lucy (j'ai volontairement expulsé Nos étoiles contraires). Mais bon, ce qui est fait est fait et Lucy d'être mon premier film de Besson au cinéma depuis Adèle Blanc Sec (ce qui revient à un petit moment quand même). Autant dire que je ne suis pas prêt de l'oublier le fameux plus gros succès français de l'année (pas en France puisque c'est Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu et ses 12 millions de spectateurs, mais ailleurs si à l'image des USA). Ses bandes-annonces n'étaient déjà pas rassurantes, mais alors le film lui-même dépasse l'entendement. On est clairement entre le nanar désopilant de par sa bêtise et le navet pompeux qui va chercher chez le voisin (une habitude chez Luc, certains diront un "hommage" comme QT), le pire dans l'histoire c'est qu'on n'est même pas étonné. On est sans cesse entre la consternation et l'hilarité voire les deux en même temps.

 Premier réflexe de Lucy face à un assaillant: écarter les cuisses. Décidemment Luc quand tu veux pas, tu veux pas...

Ainsi, comme on le sentait venir gros comme une montagne (suffit de réfléchir un peu au nom de l'héroïne pour savoir qu'il n'a pas été choisi au hasard), Besson montre la fameuse Lucy, première humaine ou tout du moins australopithèque connue en train de boire de l'eau. Certains verront certainement un pompage envers une scène phare de The tree of life de Terrence Malick qui fut produit par... Besson! Au moins on reste en famille. Puis on passe sur Scarlett Johansson pendant que Morgan Freeman fait un discours sur l'intelligence et notamment notre capacité à utiliser notre cerveau. Alors que Besson veut intellectualiser son cinéma bourrin n'est pas un mal, un peu de réflexion entre deux tirs de roquettes ne fait pas de mal, mais quand il se met à faire du pur Ed Wood on se pose quelques questions sur à quoi il tourne (il a par exemple écrit Taken dans un vignoble, ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui dans le dernier numéro de Popcorn). Ainsi, le discours de Freeman comme les actions de Scarlett sont sans cesse entrecoupés d'archives animalières, histoire probablement de faire des transitions entre l'instinct animal et ce que dit ou arrive aux deux personnages. On se croirait revenir au temps où le réalisateur maudit de Plan 9 from outer space s'éclatait à coller des archives que des potes de studios lui refourguaient car personne n'en voulait.

Lucy : Photo Scarlett Johansson

Le début est donc très porté sur Ed Wood (et légèrement sur Malick mais l'inspiration viendra plus tard), puis on passe à du pur Besson avec scènes à CGI quelques peu foireuses (on pense principalement au passage dans l'avion où franchement on peut dire qu'ils ne se sont pas foulés pour bousiller le visage de Johansson), du bourrinage (avec ralenti classe il est bon de le souligner) et science-fiction à faire bailler le premier fan des X Men avec des séquences de télékinésie franchement délirantes (ça flotte dans l'air mais on rigole surtout de l'effet!) ou une rapidité à toute épreuve pour surfer sur le web (scènes qui ne servent franchement à rien, à part pour montrer que c'est cool et en sachant que si l'ordinateur est merdique, elle ne risque pas de surfer aussi vite, m'enfin bon). Sur le point de la réalisation, on peut dire que Besson s'en sort bien. Malgré des effets-spéciaux souvent à la ramasse (et pourtant Le cinquième élément était loin d'être dégueulasse), on peut dire que ce n'est pas moche à regarder et Lucy a le mérite de ne pas être long (1h30 pas plus). Le problème étant bien évidemment son script improbable et franchement risible auquel se rajoute les clichés bessoniens purs. Ainsi si l'on se fit à la vidéo de Mozinor on a: "une pute (ou tout du moins s'habille un peu trop sexy pour être honnête, notamment en montrant ses attributs le plus possible et écartant les cuisses pour attirer la libido d'un mâle bien con) qui défonce la gueule à des yamakasis (des asiatiques, probablement des sud-coréens vu que le méchant est incarné par Choi Min Sik) et qui roule très vite en Peugeot".

Lucy : Photo Morgan Freeman, Scarlett Johansson Scarlett je ne veux pas être méchant, mais ils auraient dus te mettre des jupes encore plus courtes pour que le Bois de Boulogne t'accueille à bras ouverts.

Pour le dernier point, on peut remarquer quelques faux-raccords car à force de faire un peu n'importe quoi, Tonton Besson fait valdinguer des voitures alors que celle de Lucy n'est pas du tout dans la même direction. Pas de bol pour lui, ça se voit énormément. A cela rajoutez une police peu réactive quand il le faut. Le pire étant bien évidemment que Besson veut faire dans la réflexion mais ne peut le faire sans faire dans le bourrin. Ce qui fait que Lucy ressemble parfois à une sequelle de Commando (vous allez comprendre assez rapidement). Vu que Lucy est capable de contrôler les éléments, elle devient donc indestructible ou tout du moins la drogue est sufisamment puissante dans son organisme pour atteindre des sommets. Voilà encore un élément que Tonton Besson aurait dû oublier: prendre une drogue comme vecteur de super-pouvoirs. Peter Parker a eu une morsure d'araignée, Matt Murdock une brûlure mortelle, Hal Jordan un anneau extraterrestre, Lucy a la drogue. Classe. Donc voici venir Scarlett indestructible à l'image de l'intouchable Schwarzy qui mitraille les méchants (changez les mexicains par des sud-coréens), sans jamais être inquiétée par les balles. Un des cocos ira même jusqu'à faire péter une porte au bazooka, alors que tu es dans un bâtiment scientifique avec peut être des substances explosives! Faut pas chercher à comprendre!

Mais là où le film atteint peut être des sommets nanar c'est dans son final totalement nazebroque. (attention spoilers) A ce moment, Besson cherche à reprendre The Tree of life avec Lucy qui revient jusqu'au big bang rien de moins pour faire de Lucy une sorte de déesse, Besson allant jusqu'à reprendre la fresque de Michel-Ange à la chapelle Sixtine où Dieu touche le doigt de l'Homme. Là pareil, avec les deux Lucy à savoir celle du film et l'australopithèque. Mais le film touche aussi à Contact de Robert Zemeckis, puisque Lucy fait des sauts physiques via une sorte de circuit où elle voyage de la Normandie à New York puis vers le cosmos et enfin en tant que déesse. Alors si on n'est pas forcément dans l'extraterrestre, le principe est quasiment le même, tout en restant parfaitement normal pour les autres. Sans compter la vision assez naturaliste de Malick se transformant en Scarlett découvrant le paysage. Pas de quoi convaincre grand monde. (fin des spoilers) Pour ce qui est de l'interprétation c'est vraiment mauvais. Entre Scarlett qui passe de la victime éplaurée à une femme rigide qui est moralisatrice au possible (clairement elle n'a rien d'attachante et pourtant Besson a souvent réussi à rendre sympathiques certains personnages féminins, le meilleur selon moi restant Matilda dans Léon) et tuant sans vergogne (elle tue un patient sous prétexte que sa tumeur était incurable, ouais...); Morgan Freeman qui n'a plus besoin de prouver à personne qu'il prend le cachet sans regarder le scénario (on a vu ça récemment avec Transcendance); et Choi Min Sik qui cabotinne en mafieux à deux balles; on ne peut pas dire qu'on est bien servi.

Un gros navet qui navigue entre blockbuster débile et réflexion à la ramasse, pas aidé par des acteurs mauvais comme cochons.

11 septembre 2014

Cuvée qui va au bout de mes rêves

Désolé pour cette absence de quelques jours, ayant eu de nombreux problèmes informatiques (orage ayant vraisemblablement déglingué ma livebox, sans compter l'ordinateur qui n'arrivait pas à se connecter après, vraisemblablement un problème de ligne) et mon réseau étant misérable sur smartphone en dehors de la ville (là où je n'habite pas donc, car le Borat aime la campagne, les oiseaux et surtout se tape moult allergies au fil des années au point de se faire appeler Atchoum!), je n'ai pu communiquer réellement. Nous avons beau être en septembre, l'été ne s'arrête que le 23 septembre et ne vous inquiétez pas, "Retour vers l'été passé" est à son avant-dernier rendez-vous mais il y a encore de quoi faire. Car même si Borat a fait de meilleurs choix dans ce qu'il devait voir, il y a toujours du navet quand ça lui chante. Il entre dorénavant dans les 2010's, années bourrées à craquer de reboots, remakes, préquelles, spin-off et tout ce que tu veux cher lecteur. Entrons donc dans une nouvelle ère, pas forcément différente de la précédante.

"Bon Borat on est un peu en retard sur le planning d'une semaine. -Je sais Doc mais il ne reste qu'un numéro et on y est. Tu sais l'informatique... -Oui je sais c'est comme la mécanique il y a toujours une couille dans le gigot! Allez partons pour le 23/06/2010!"

Il me semble qu'à partir de l'été 2010 le prix de la Fête du cinéma a été fixé, plus besoin donc d'aller systématiquement chercher son passeport et de voir un film avant de payer moins cher. Ce qui en soi, permis aux spectateurs occasionnels de ne pas se faire avoir. C'est dans ces malheureuses conditions que j'avais il me semble été voir Cop out de Kevin Smith. Je connaissais Smith pour l'effronté mais pas non plus génial Dogma ou ses interventions dans des BD ou films, et j'avais entendu parler de plusieurs problèmes de production. Vraisemblablement Bruce Willis serait un vrai casse-pied qui surfait son image (ce qu'on a pu voir récemment avec sa demande de cachet improbable sur Expendables 3, ce qui lui a valu un beau fuck de Stallone) et le film fut une tellement mauvaise expérience que Smith est revenu à des productions plus modestes mais qui lui ont été plus rentables (je pense à +). En clair un très gros navet où il ne se passe rien qu'on a déjà vu, un buddy movie horriblement naze où le sidekick comique ne fonctionne jamais (Tracy Morgan, pillier de 30 Rock pourtant pas connue pour être la plus nulle des sitcom du paf ricain), ni l'autre (Seann William Scott qui attendait probablement American Pie 4 ce qui ne l'a pas arrangé des masses, alors maintenant il attend Road Trip 2 ou Et mec où est passé ma caisse encore une fois!) et aux gags au combien poussif. Ainsi durant tout le film, Morgan croit que sa femme le trompe alors il met une caméra dans un nounours, ce qui évidemment paraît voyant à quinze mille surtout quand vous n'avez pas d'enfants! Alors évidemment elle joue dessus et invite son cousin pour simuler une scène de baise avant de tout dévoiler à son mari, qui n'a franchement pas l'air con. Voilà comment on peut résumer l'humour de ce film.

Top Cops : Photo Kevin Smith, Rashida Jones, Tracy Morgan

"On est pas bien chez Borat? -Tu parle il dézingue le film depuis un paragraphe et tu voudrais être heureux? J'en aurais honte plutôt."

Je crois d'ailleurs que c'est le seul film que j'ai vu lors de la manifestation, tellement le choix était médiocre. Splice m'avait bien plu à sa sortie, mais j'ai vite vu un gros lot de critiques négatives à son encontre. Néanmoins je continue de trouver que c'est un bon film, avec des effets-spéciaux pour le moins bons (surtout pour une production n'ayant rien d'hollywoodienne et co-produite entre les USA et la France avec d'un côté Joel Silver, de l'autre Gaumont) et des thèmes adultes qui ne sont pas sans rappeler un certain David Cronenberg. Que ce soit dans la notion de "Nouvelle Chair" (coucher avec une créature hybride, qui plus est que vous avez créée) ou le côté apprenti-sorcier qui lui a si souvent permis d'atteindre des sommets (le cas le plus évident restant La mouche). Deux jours plus tard, j'allais voir le dernier Shrek (enfin de ce qui se dit, parce que Jeffrey Katzemberg, pas le plus follichon des producteurs hollywoodiens surtout pour se faire du blé avec des franchises, a évoqué il y a quelques temps d'en produire un cinquième). S'il ne se révèle pas aussi vide que le précédent (dont on évitera de parler en long, en large et en travers), il n'est pas non plus très convaincant. Car si le postulat de départ est très intéressant (Shrek va dans un monde parallèle où il n'est rien pour Fiona, où le Chat Potté est empotté et où le roi est un nain), le reste ne l'est pas tellement et le film se suit avec un ennui poli.

Shrek 4, il était une fin : Photo Mike Mitchell

"Hé le gros tu vas me faire un régime de suite! Sinon je te vire avec mes grands sabots! -Mais je ne bois que du lait! -Tu te foutrais pas un peu de ma gueule?!"

En revanche, ce ne fut pas le cas de Toy Story 3. Vu en avant-première un dimanche matin, je me suis rappelé à quel point les deux premiers m'avaient au combien subjugué. Le premier est un de mes premiers souvenirs de films grâce à la sacro-sainte VHS avec les deux figurines de Woody (la pauvre a perdu la tête) et Buzz (que j'ai gardé en décoration de ma chambre). Le second fut mon deuxième film vu au cinéma, soit un excellent souvenir s'il en est vu que c'est le premier grand film que j'ai vu en salles (Tarzan de Disney ne pouvant se faire un tel statut, malgré que je le trouve sympathique). Voir Toy Story 3, film que j'attendais depuis de très nombreuses années (s'il y a bien un film que j'ai attendu durant très longtemps et avec une impatience certaine au fil des 2000's ce fut bien celui-là), s'avèrait un énorme événement et s'il y avait un film à voir en 2010 c'était celui-là (ou The Social Network, mais ce n'est que mon avis). Véritable roller-coaster d'émotion (il est rare que je pleure devant un film d'animation, celui-ci en fait partie), aventure qui ne fait pas dans la redite tout en revenant sur des idées exploitées dans les deux opus (l'abandon des jouets, le fait de voir son propriétaire partir, l'amour d'un enfant pour un jouet) et surtout est le dernier chef d'oeuvre du studio (Cars 2 est sympa, Brave leur seul navet à ce jour et Monstres University une fort bonne préquelle). Surtout on voit à quel point le fait d'avoir enchaîner des projets très différents entre le second et le troisième opus a aidé Pixar dans leur ambition visuelle et permis à Toy Story 3 d'être un des plus beaux films d'animation depuis le début de la nouvelle décennie sans être égalé une seule fois dans son domaine (l'animation en images en synthèse).

Toy Story 3 : photo Lee Unkrich

Ken une poupée qui a le rythme dans la peau.

En revanche, quelle déception avec Predators. Survendu, ne savant pas où se foutre dans la saga (remake du premier? Reboot? Suite? Sequelle?) et sans ambition (les soi-disants rajouts comme des créatures-sangliers ou volières apparaissent moins de cinq minutes dans tous le film et la plupart des plans est dans les différentes bandes-annonces), ce film est surtout une immense arnaque où le spectateur se demande plus d'une fois "c'est mieux ou moins bien que les Alien VS Predator?", ce qui n'est en rien un compliment. Et évidemment qui dit Predator au pluriel en dit beaucoup. Malheureusement, on doit en voir trois à tout casser! A moins que le titre n'évoque nos cocos se retrouvant dans la galère, à savoir des agents de la CIA, Mossad, pédophile, serial killer ou mercenaires! Faut aussi voir la gueule de porte-bonheur (il faut bien rendre à McT ce qui est à McT) des cocos, Topher Grace en serial killer, voilà de quoi rigoler lui qui était déjà un beau tocard dans Spider-man 3 avec un rôle en or (il est loin où il brillait dans That 70's show). Moins décevant avec Inception qui emprunte quand même plusieurs idées à Dreamscape (qui vient juste de sortir en BR) et Paprika pour ne citer qu'eux. Malheureusement certains critiques ayant oublié ces titres (en même temps on peut faire le même rapprochement avec tous les films de QT, ovationnés alors qu'ils pompent tous à tord et à travers) et Inception de passer pour un très grand chef d'oeuvre. Il en est néanmoins qu'après sa première vision, Inception n'est pas aussi grandiose que ça et souffre justement du rapprochement avec les deux oeuvres précitées dont la seconde est bien plus pertinente et visuellement fouillée dans sa thématique (animation aidant aussi il est vrai).

"Quand il me prend dans ses bras... -Mademoiselle Cotillard je n'ai rien contre vous mais si vous pouviez arrêté de chanter du Edith Piaf, cela serait gentil! Je n'ai rien contre Piaf, mais j'en ai ras le bol de vous entendre chanté La vie en rose!"

Ce qui est un peu dommage au vue de l'ambition de la chose et de son casting irréprochable (jusqu'à Marion Cotillard qui n'est pourtant pas très aimée dans ses colonnes, crédible en emmerdeuse finie ce qui peut être comme un compliment ou non!) et visuellement intéressant (l'explosion de la station enneigée n'est pas remplie de CGI par exemple, une maquette ayant réellement servie à être explosée, à l'image de l'explosion de l'hôpital dans TDK avec un vrai bâtiment défoncé à la TNT!). Reste un divertissement de bonne qualité, même si de Nolan on s'attendait à un petit peu mieux. Autres déceptions avec Night and day valant surtout pour l'auto-parodie de Tom Cruise en tant qu'homme d'action; et Expendables où les gros bras de Stallone ont bien du mal à convaincre qui plus est avec des retournements de situation ridicules, faisant valoir au second une légère hausse de qualité, comédiens engagés aidant, tout en restant un navet. Même pas essayé de voir le troisième qui se serait fait copieusement dézingué à la fois par la presse et par un grand nombre de spectateurs (mes camarades blogueurs Jamesluctor et 2flicsàmiami peuvent vous en reparler des heures). Bien plus fun et décomplexé, voici venir Piranha 3D d'Alexandre Aja, une des fines fleurs du cinéma de genre français mais restant aux USA. Le voici donc aux commandes d'une série B avec tout ce qu'il faut en plans cul et nichons pour la bonne rigolade et assumant son concept.

Piranha 3D : photo

Pour vous les hommes, ne me remerciez surtout pas.

En revanche, les effets-spéciaux digitaux ne sont pas aussi convaincants que les maquillages gore à souhaits de Greg Nicotero, en raison de ce cher Bob Weinstein qui a préféré engager des mecs travaillant pour Syfy et n'ayant jamais ramené de plans finis! Des anecdotes croustillantes en cascade que l'on peut retrouver sur le BR du film non dans le making of hyper promo mais dans un bonus exclusif de l'édition française où les deux larrons évoquent leurs déboires. Tout aussi réjouissant avec The town, confirmant que Ben Affleck continuait sa reconversion avec succès. Même si le scénario est pour le moins déjà vu, le film s'avère efficace et convient parfaitement à une soirée du dimanche bien garnie. La fin du mois de septembre est moins convaincante. Le dernier exorcisme a beau être un minimum potable il n'en reste pas moins impossible à faire en tant que found footage logique (comment une gamine peut tenir une caméra tout en n'ayant aucun mouvement saccadé quand elle dézingue un chat?!). Les Runaways est un biopic trop classique allant trop dans la vision "de A à Z" et si Dakota Fanning revient d'entre les morts, Kirsten Stewart ne délivre pas une grande prestation non plus, ne lâchant malheureusement jamais son gimmick de la "ventouse". Quant à Hors la loi, si Indigènes touchait au but, là il n'est jamais le cas.

"Borat, je crois que nous sommes tombés dans la dimension jeux-vidéos! Mais ne t'inquiète pas le pilote va tout de même au 6/07/2011!"

L'été 2011 vous paraîtra quelque peu décevant en terme de chifres, peut être aussi parce que les propositions n'étaient pas réellement convaincantes. C'est un peu ce qui s'est passé cette année mais aussi en 2011. Il faut dire que j'ai aussi raté quelques films que je me taperais en streaming ou en DVD en bien (Rise of the Planet of the apes, le dernier Harry Potter) comme en mal (Green Lantern, Conan). Ainsi pas grand chose à se mettre sous la dent ou tout du moins j'ai préféré tomber sur le moins de mauvaises surprises possibles. Case départ est un premier coup sympathique pour Thomas Ngijol et Fabrice Eboué, jouant sur les clichés des négriers avec amusement tout en gardant un côté fun. Néanmoins Le crocodile du Botswanga, leur second coup, sera plus amusant. Puis après la bérézina du mois de juillet, j'ai été voir Cars 2. Dézingué par la critique, pas un grand succès public, je me souviens m'être offusqué à sa sortie. Pas à cause du film mais de certaines critiques abusives. En gros, à l'époque on retrouvait souvent le même genre de titre à savoir: "Pixar s'est enfin planté". A croire que ceux qui les avaient adulé s'étaient exaltés de pouvoir les dézinguer. Juste pour le plaisir de le faire. Rien d'objectif là-dedans et pourtant c'est ce que l'on demande à la critique.

Case départ : photo

"Oh non on est enfin dans la Cave de Borat! -Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu?"

Je m'attendais donc au pire avant de le voir, certains allant carrément au terme "Navet". Je l'ai vu deux fois: une fois seul au cinéma, une seconde fois avec ma petite cousine. Si le film n'est pas non plus un chef d'oeuvre (mais peut-on ne serait-ce que regretter cela ou s'en réjouir, après une décennie quasiment sans faute et à un tel niveau d'innovation que même Disney n'arrivait plus à tenir avant l'arrivée miracle de John Lasseter?), il n'est en aucun cas un navet et encore moins un mauvais film. Juste un film très enfantin et qui n'est pas forcément dans les bons tuyaux du studio. En tous cas toujours meilleur que le film qui suivra et qui ne sera pourtant pas une suite (ce qui a notamment été repproché à Pixar alors que l'année d'avant les critiques avaient ovationnés comme des porcs Toy Story 3!). J'ai été très déçu par Super 8 en revanche. Le film de JJ Abrams se veut un hommage au cinéma d'Amblin, se fait même parrainé par Steven Spielberg, mais n'a finalement rien à dire. Le film se cherche constamment entre chronique adolescente (les gosses jouent très bien) et récit de science-fiction pas forcément gentillet. Sauf qu'à force, le film fait trop dans l'hommage et oublie l'essence du studio: une bonne histoire. Malheureusement, le contenu le plus sympathique est encore le film des gosses.

Cars 2 : Photo Brad Lewis, John Lasseter

"On peut dire que Borat a mis le paquet pour sauver Cars 2."

Place dorénavant à la pantalonnade avec Bridesmaids. Enfin une comédie-romantique qui ne cherche pas le féminisme à deux balles et encore moins à les montrer en train de se faire sauter toutes les deux secondes. Non ici elles racontent des conneries, ne couchent quasiment pas et font énormément de conneries. Alors certains trouveront que c'est vulgaire (on arguera toujours que Judd Apatow est à la production, soit l'argument bateau par excellence, Apatow ayant toujours montrer des visions du quotidien pour le moins proche), d'autres que c'est finalement un film pour homme et ce malgré que ce soit écrit par des femmes. Mais bon, cela vaudra toujours mieux que voir Sarah Jessica Parker se faire prendre par le premier venu à New York. Plus pétaradant, voici venir Captain America de Joe Johnston, quatrième film de ce que l'on appélera la Phase 1 de la Marvel Cinematic Universe. Je n'avais pas voulu voir Thor parce que cela avait l'air franchement nul (quand je l'ai vu en DVD l'an dernier j'ai vite compris que j'avais raison), mais Captain America m'intéressait. Déjà parce que cela avait l'air moins nanar que chez Cannon, mais surtout parce que le personnage est loin d'être inintéressant dans les comics. Plus qu'un vulgaire patriote comme il l'était dans les premiers comics, c'est surtout un homme qui revient à la vie et a tout perdu.

Captain America : First Avenger : Photo Chris Evans, Joe Johnston

Ce n'est pas un avion, ce n'est pas Usain Bolt, c'est Captain America!

Il a quitté sa belle pour la guerre, il se retrouve finalement seul dans un monde qui ne lui correspond pas. Si ce dernier aspect n'est montré que dans la dernière séquence, il le sera davantage dans Avengers et surtout The Winter Soldier. En revanche, la mélancolie se fait énormément ressentir dans le final, donnant au Captain un intérêt sentimental incroyable. On ne pensait pas forcément voir ça dans un film Marvel Studios mais c'est bel et bien le cas. Ensuite, le film est un pur divertissement, un film type serial. On regrettera néanmoins des effets-spéciaux souvent trop voyants et un prologue qui dézingue le film dans son processus, faisant du contenu réel une sorte de flashback complet. Je terminerais sur Crazy, stupid, love, seul film de septembre à avoir été vu avant la fin de l'été 2011. Une comédie-romantique que j'aime énormément non seulement pour son casting (Steve Carrel retrouve son aura mythique de Droopy, Ryan Gosling capitalise à fond sur son statut de sex-symbol) et ses dialogues (les tablettes de Ryan qui passent pour du photoshop pour Emma Stone, Ryan balançant en VO que les poches sous les yeux de Carrel ressemblent aux baloches d'Hugh Hefner!) et que je ne regarde dorénavant uniquement en VO. Un plaisir que même le final un brin moralisateur n'a pas altéré. Allez à la semaine prochaine!

"Borat un conseil avant de finir la chronique: tu vaux mieux que GAP!"

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03 septembre 2014

Marvel a son Star Wars

Peter Quill est un homme enlevé sur Terre à la fin des 80's, Gamora la fille adoptive de Thanos, Rocket Racoon un raton-laveur maniant le flingue, Groot un homme-arbre et Drax un vengeur tatoué. Tout ce beau monde va s'unir face aux hommes de Thanos cherchant à tout prix une sphère contenant des pouvoirs destructeurs...

Gardiens de la galaxie (affiche)

Alors qu'Ant Man est franchement en train de se casser la gueule depuis trois mois (malgré que son tournage a enfin commencé il y a quelques semaines), Les gardiens de la galaxie cartonne. Pourtant le projet n'avait rien de facile face à l'énième Captain America ou Avengers. Surtout quand le comic-book est aussi connu que Spider Woman (soyez sérieux une seconde qui connaît en dehors des connaisseurs?) et que le réalisateur est un gars de la Troma, qui a fait le grand écart en passant des nazebroques scénars des Scooby-doo à un film aussi jubilatoire que Super (Ellen Page qui viole Rainn Wilson en tenue de super-héroïne dans le genre merveilleux ça se pose là!). Heureusement la promotion a largement fait le travail (même si trois comics sont seulement sortis en France, ce qui s'avère pauvre tout de même) et le film est le plus gros succès au box-office ricain de l'année, devant Captain America: The Winter Soldier qui se tenait pourtant en bonne place. Les gardiens de la galaxie sont finalement engagés dans la Marvel Cinematic Universe avec une bonne mention. Et pour cause, ces Gardiens sauvent vraiment la mise en s'avèrant être le spectacle le plus ambitieux de Marvel Studios depuis ses débuts en 2008. 

Les Gardiens de la Galaxie : Photo

Plus de super-héros à l'horizon (malgré des personnages étranges ou ayant de la force), même si on retrouve quelques éléments comme le Collectionneur incarné par Benicio Del Toro et certains trophées elfes aperçus dans Thor: The Dark World ou Thanos entraperçu dans la séquence post-générique d'Avengers (et désormais doublé par Josh Brolin) servant de fil conducteur puisque Gamora a vu ses parents mourrir sous son feu et est devenue sa fille adoptive et on découvre ses lieutenants dont sa fille légitime. En gros, il faut vraiment aller à la loupe pour voir un quelconque rapport avec les Avengers et leurs aventures respectives et à vrai dire tant mieux. Il était temps que la Marvel, pour ses films solo, se sortent des super-héros et fasse découvrir un nouvel univers (comme Blade l'avait fait avec les vampires sur leur collaboration avec New Line). Avec le space-opera, il ne fallait pas rigoler, étant donné que suite aux succès de Star Trek, Star Wars et Alien un grand nombre de space-opera sont sortis avec bien moins d'intérêt et produits à la sauvette. Preuve en est des films comme Les mercenaires de l'espace ou Starcrash. Il ne fallait donc pas que Les gardiens de la galaxie ressemble à un vulgaire ressucé de Star Wars. Malgré quelques références, le film se tient pourtant bien. Bien évidemment, on pense indéniablement à Han Solo pour le personnage de Star Lord.

Les Gardiens de la Galaxie : Photo

 Un baroudeur de l'Espace faisant des alliances qui lui sont parfois fatales et sortant vannes sur vannes (même quand ce n'est pas le cas, comme lorsqu'il cite son nom de code et que ses assaillants ont comme une tendance absente!) tout en draguant la première donzelle venue (dont Gamora). Les multiples races de personnages renvoient à toutes les sortes de créatures fourmillant dans l'univers de Lucas. D'ailleurs un des concept-art montrait nos héros dans une sorte de bar à la Cantina. Mais notre baroudeur a sa petite histoire, ce qui le rend attachant. En effet, notre joyeux larron garde toujours son walk-man sur lui, seul souvenir de sa Terre natale et sutout de sa mère décédée. Une situation initiale pour le moins pathos en apparence mais qui fonctionne. On sent chez ce jeune homme une volonté de garder sa mère auprès de lui par cet objet. Gamora est un peu dans le même cas même si elle a une carapace et que son traitement ne le permet pas dans ce film. En effet, elle a été entraîné à tuer après le massacre de sa famille, devenant une femme froide et avide de vengeance. Néanmoins, elle redevient sentimentale aux côtés de Star Lord. Pareil pour les trois autres cocos, Groot étant le dernier de son espèce, Rocket Racoon un raton-laveur modifié et Drax un être épris de vengeance.

Les Gardiens de la Galaxie : Photo

Chacun (à part peut être Groot) a une rage qui bouillone à l'intérieur même si on est plus dans la déconnade. Une parfaite bande de bras cassés bien loin de l'héroïsme des Tony Stark et Captain America et qui accumule les conneries au fil de l'aventure avec une désinvolture pas possible. L'évasion en est une belle preuve, avec un raton-laveur qui mitraille à tire-larigot et un Star Lord qui n'hésite pas à tirer sur des bonhommes pour récupérer son walk-man avant de ressortir avec ses baskets avec turbo-réacteurs en pleine Espace avec Escape (aka l'hymne à la Pina Colada!) en fond sonore! Il faut dire que pour le coup, la bande-originale de chansons n'est pas un accessoire car comme dit plus haut c'est l'héritage de la mère de Peter Quill. Il y a donc un certain sens dans cette compilation et ce n'est pas un accessoire (QT dans ta gueule!). Ainsi le jouissif Hooked than a feeling cotoie Marvin Gaye et le slow I'm not in love rencontre les Jackson Five. Purement jouissif. Pour le reste, le film accumule les beaux moments de bravoure et notamment une bataille finale jubilatoire à la fois dans ses combats que ses ballets aériens. Visuellement le film est superbe visuellement s'imposant comme bien plus classe que la quasi-totalité de la Marvel Cinematic Universe. On regrettera peut être un méchant à la mythologie peu évoquée, ce qui est dommage vraisemblablement le coco ayant une belle rivalité. Par contre on sera plutôt hilare devant la séquence post-générique où le canard préféré de George Lucas fait son apparition. Du pur clin d'oeil (d'ailleurs le personnage est plus ressemblant que dans le film de 1986 du modèle comics) mais clairement jouissif. Par contre, merci à Disney France d'avoir changer un dialogue faisant d'une déclaration de Peter un anachronisme merveilleux: si Peter est partie de la Terre à la fin des 80's comment peut-il connaître Jack Sparrow qui n'a été connu que depuis 2003?! Cherchez l'erreur.

Un excellent space-opera à la fois divertissant et jouissif, et où Marvel se fait enfin plaisir.

02 septembre 2014

Le Game of thrones de la politique

Frank Underwood est un homme politique ambitieux et pour obtenir ce qu'il veut, il n'hésitera pas à taper au bon endroit au bon moment...

House of Cards (US) : Affiche Affiche

Fin des années 90, dire qu'un réalisateur renommé serait attiré par le modèle sérielle aurait fait rire. En général, on y débute mais on ne s'y installe pas. Pourtant avec Histoires fantastiques (série anthologique créée par Steven Spielberg auquel de grands noms ont réalisé des épisodes allant de Clint Eastwood à Robert Zemeckis en passant par Joe Dante) comme Alfred Hitchcock présente (où le réalisateur a réalisé plusieurs crus). C'est surtout Twin Peaks le show culte de Mark Frost et David Lynch qui a remis les pendules à l'heure et a donné envie à des réalisateurs de cinéma de se lancer dans le format sérielle. Depuis, d'autres ont tenté l'expérience que ce soit sur des anthologies (Masters of horror, Les contes de la crypte) ou des séries prestigieuses (où HBO n'est jamais bien loin) comme Boardwalk Empire (pilote réalisé et série produite par Martin Scorsese), Rome (créée par John Millius et réalisée en grande partie par Michael Apted), les récents Believe (Alfonso Cuaron a produit et réalisé le pilote) et The strain (idem pour Guillermo del Toro d'après son roman) ou encore House of cards. Cette dernière est l'adaptation d'une série anglaise produite par David Fincher, qui a également réalisé les deux premiers épisodes de la saison 1, tout comme Joel Schumacher (un peu mal en point suite au ratage Effraction) ou Jodie Foster. 

Photo Kate Mara

Dix-huit ans après Seven, Fincher retrouve Kevin Spacey. A ses côtés, Robin Wright (déjà de The girl with the dragon tattoo), Kate Mara (soeur de Rooney, la Lisbeth de Fincher), Corey Stoll, Michael Kelly, Kristen Connolly, Sebastian Arcelus, Constance Zimmer, Sakina Jaffrey, Michel Gill, Mahershala Ali (le père adoptif de Benjamin Button), Sandrine Holt, Joanna Going, Molly Parker, Gerald McRaney, Reg E Cathey et Jimmi Simpson (une des victimes de Zodiac). Inédit, le procédé de Netflix, plateforme de VOD, a permis aux abonnés de voir l'intégralité de la saison en un seul coup, sans pub et quand ils le veulent. Une tactique payante puisque Amazon (avec The after, la nouvelle série de Chris Carter créateur d'X Files et Millennium ou Mozart in the jungle avec Gael Garcia Bernal) et bientôt Microsoft (notamment avec la série Halo produite par Ridley Scott) ont tout de suite répliqué sur le même principe. C'est surtout les chaînes de télévision qui y perdent. Malgré le prestige certain de la série (pas trop de nudité, pas de violence ou très peu, sujet ancré dans le quotidien), House of Cards n'est diffusé que sur Canal + en France et sinon uniquement en DVD (heureusement pour ma pomme) et mériterait certainement une audience sur une grosse chaîne. En tous cas plus que la millième déclinaison des Experts ou Grey's anatomy (toute allusion à la "première chaîne de France" est volontaire). 

Photo Corey Stoll

La première saison démarre sous les chapeaux de roue: un chien écrasé par une voiture en fuite, Spacey sort, lui brise le cou et repart avec son garde du corps sans que personne n'ait vu quoi que ce soit. Un homme qui fait assez froid dans le dos et qui ne cessera de se révéler par la suite comme un dangereux requin de la politique. L'introduction sert à nous montrer son imprévisibilité et sa brutalité au moment voulu, chose qu'il réitèrera durant les deux saisons du show (la troisième est déjà commandée pour début 2015). Dès cette séquence, on sait qu'il n'aura aucune pitié pour ses adversaires et compte bien les dézinguer un par un pour obtenir le trône, à savoir la présidence des USA. Fincher instaure également dès le pilote les apartés face caméra de Frank Underwood, vous dévoilant ses pensées à voix haute, parfois en pleine discussion comme pour prendre à parti le spectateur dans ses noirs desseins. Frank est un sénateur carnassier, rageux de n'avoir eu aucun poste dans le gouvernement du président Walker, et voulant gravir les échelons le plus vite possible. Il connaît le moindre détail sur les politiques l'entourant, a des relations proches avec le président et sait comment communiquer notamment via une jeune journaliste cherchant à sortir de la paperasse (ce qui lui attirera bien des ennuis).

Photo Kevin Spacey, Michel Gill

Il a également un atout de poids: sa femme, principal conseiller et égal parfait de son mari. Si l'un flanche l'autre a toujours la solution et vice versa. Madame Underwood se montre quelque peu discrète dans la première saison, son adultère étant peu intéressant. En revanche, dès la seconde saison, elle montre tout l'étendue de sa bestialité, devenant une sorte de Lady MacBeth en beauté en ayant un bureau à côté de celui de son mari de vice-président et s'attaque au féminisme. Mais attention pas n'importe lequel, celui des violences faites sur des militaires. Une bonne poire (une victime maniaco-dépressive se bourrant de cachets), une loi improbable que soutient à moitié la femme du président et un buzz monumental qui alimente les jalousies. Alors que son mari est en difficulté (commissions suite à des magouilles en tous genres), madame Underwood sort les armes afin que le couple puisse avoir un projecteur sur eux. Kevin Spacey et Robin Wright sont absolument fabuleux et s'il n'y avait qu'un argument pour regarder House of cards ce serait bien eux. Spacey est parfait en politique carnassier, un méchant en puissance comme il adore les incarner. Il n'est d'ailleurs pas étonnant qu'il a joué Richard III avant de tourner la première saison car les deux personnages parlent tout deux au public et ont un certain orgueil.

Photo Kevin Spacey

Quant à Robin Wright, elle qui a souvent incarné des personnages sensibles, se retrouve ici avec un rôle dur et passionnant, manipulatrice parfaite en son genre et savant jouer sur une image lisse. Un beau portrait de la politique: beaucoup d'apparences et de coups bas et autant dire que pour faire tomber un politique tous les coups sont permis. On sera néanmoins un peu moins gentil au sujet du couple présidentiel, au centre de grands nombres d'actions au cours de la saison 2. A vouloir trop le mettre en avant, les intrigues se perdent un peu surtout que le président n'est pas aussi imposants que Frank et ses adversaires, et la première dame est au mieux insignifiante. En soi la saison 2 est une évolution comme un peu décevante. On a les sous-intrigues présidentielles peu intéressantes (le président qui va voir un pasteur pour ses problèmes de couple mouaif), mais de l'autre côté un vice-président au bord du gouffre face à des dispositions qui ne lui conviennent pas. En soi, il y a des hauts et des bas, mais House of cards reste toujours un grand rendez-vous annuelle et la saison 3 est d'autant plus attendue après un final aussi riche. La série réussi aussi à dévoiler un certain visage des médias, certains journalistes étant prêts à tout pour toucher la vérité y compris à y perdre la chemise. Beaucoup ne passeront pas l'hiver. Malgré un sujet quelque peu bourré de dialogues, la réalisation est d'une classe folle. On voit que Netflix y a mis les moyens.

Deux premières saisons classieuses avec un duo aussi machiavélique que fascinant, même si la saison 2 a quelques défauts.

31 août 2014

Cuvée loin dans le ciel

Nous revoilà reparti pour une nouvelle cuvée sobrement baptisée "retour vers l'été passé". Aujourd'hui nous allons revenir sur les été de l'année 2008 et 2009 au cinéma. Autant dire qu'il y aura encore beaucoup de matière et quelques ratés même si ce sera moins spectaculaire que sur certaines années, dont je me suis étendu lors de précédentes cuvées. C'est parti Doc fais monter la sauce!

Retour vers l'été passé (photo 1)

"Borat je crois qu'on est dans la merde avec ces indiens qui nous attaquent! Démarre vite pour la destination du 29/06/2008!"

2008 fut une année particulière puisque c'est l'année où j'ai commencé à écrire. J'avais lancé sur un coup de tête en juin un blog sur Allociné que j'avais nommé banalement Ciné Nico (devinez qui c'est). Pas besoin de faire compliqué quand on peut faire simple! Ainsi beaucoup de films qui vont venir dans cette cuvée avaient fait les beaux jours de Ciné Nico dont les restes (souvent affreux sans fausse modestie) sur Overblog. D'ailleurs dans mon souvenir mon tout premier article était sur Phénomènes. J'ai commencé l'été 2008 avec la Fête du cinéma. Comme d'habitude on sortait nos foutus passeport à deux balles que l'on jetterait moins d'une semaine après. L'habitude et la première fois que je le faisais depuis plusieurs années. Je n'ai pas le souvenir du pourquoi du comment mais ce fut comme ça et malheureusement ce fut un très mauvais cru. Tout d'abord le dimanche avec Le Prince Caspian deuxième volet du Monde de Narnia. J'avais bien aimé le premier (plus du tout maintenant) et je ne m'attendais certainement pas à une telle débandade. Personnages encore plus agaçants, survendu à longueur de bandes-annonces Aslan n'apparaît que dans le dernier quart d'heure (!), action inexistante, heroic fantasy à la ramasse, méchant de pacotille...

Narnia 2 (photo)

"Merde Borat, tu ne trouve pas que le film est déjà suffisamment mauvais pour arrêter de taper dessus. -Non!"

Franchement je me dis qu'heureusement que Disney est parti, le troisième sans eux est certainement le plus potable de tous. Encore du sous Seigneur des anneaux (ce qui en soi était déjà le cas des romans mais laissons les vieux potes CS Lewis et JRR Tolkien prendre le thé au paradis). Puis a suivi Au bout de la nuit le lundi. Déjà que je ne suis pas fan de Keanu Reeves, je dois avouer qu'il jouait encore plus comme un poivrot. Encore un film qui capitalise sur un nom (celui de James Ellroy vraisemblablement vaguement scénariste sur la chose) pour finalement pas en faire grand chose. Avant Sabotage, David Ayer montrait déjà qu'il n'était pas très brillant derrière la caméra qu'au scénario (ce qui était déjà le cas avant). En revient un polar au combien bancal qui touche le navet à plus d'un titre. Mais le clou du spectacle viendra avec le mardi où j'ai été jusqu'à ramener mon père (j'ai fait pareil pour Narnia). Entre lui qui a dormi et moi qui aurait bien voulu le rejoindre, on ne peut pas dire qu'Un jour peut être n'a pas laissé un très bon souvenir. Toujours la publicité mensongère "par les créateurs de Notting Hill et Bridget Jones" (non pas de Richard Curtis aux crédits juste que c'est toujours Working Tittle derrière!), toujours une romcom où ça n'avance pas et pire encore essayant de se crire meilleure que les autres.

Un jour, peut-être : Photo Adam Brooks, Isla Fisher, Ryan Reynolds

"Tu sais Ryan, Borat il m'aime beaucoup, ça fait deux fois en un mois qu'il met une photo de moi dans la Cave de Borat. Je ne crois pas que tu sois si populaire dans ces colonnes non? -Je crois qu'il déteste mes rôles dans Green Lantern, Wolverine, Blade Trinity... -Arrête la liste!"

Tout ce que je déteste le plus dans ce type de films se retrouvait là-dedans: l'intrigue culcul, le queutard, un trio de femmes amoureuses, le père qui raconte à sa gamine comme il les a toute tringlé pour finalement la convaincre que sa mère est une emmerdeuse et qu'il préférais l'iconoclaste qui sera probablement sa future femme avec probablement un petit frère pour sa fille (foi de Borat!). Puis vint Hancock de Peter Berg à une époque où je commençais à me poser des questions sur Will Smith. Est-il vraiment sympathique ou un vrai narcissique? En revoyant Je suis une légende en DVD j'avais déjà remarqué qu'il était moins bien qu'à sa sortie. Sur Hancock ce fut dans le même genre de situation. Si le début est bon, zigzaguant entre Incassable et Les Indestructibles (confirmant que Berg n'invente rien, comme d'habitude), la suite qui se veut dramatique tombe souvent à plat pour un banal blockbuster. J'avais tout de même été suffisamment con pour faire une mini-bande-dessinée où j'accumulais bêtement les péripéties avec que des super-héros Marvel je crois et où je faisais décapité Hulk par Captain America! Complètement débile pour l'avoir relu en fouillant un peu dans mes premiers blocs-notes. Heureusement mes carnets sont beaucoup mieux depuis!

Hancock : Photo Peter Berg, Will Smith

"Salut c'est Willy, t'aime pas mes films Borat? -Pas tous Willy. -Pour toi ce sera juste Will. -Bon Will... -Plutôt Mr Smith."

Puis vient vraiment l'hécatombe avec Wanted dont j'étais déjà peiné que le film soit moins bien que le comic-book et dont j'ai eu une nouvelle fois la bêtise de l'acheter (pour l'anecdote rigolote, Ciné Live, en passe de tirer ses dernières cartouche avant son rassemblement désastreux avec Studio, lui avait mis trois étoiles, en disant qu'il était le successeur de Matrix!); le vraiment très moyen Kung Fu Panda (dans le genre déjà vu ça se pose là et la suite est encore pire); et L'incroyable Hulk (grosse bourrinade mais scénario où es-tu?) pour le seul mois de juillet. En sachant que pour ce dernier et les autres qui suivent, je les ai rattrapé en plein mois d'août après mes premières vacances à Capbreton et Hossegor (je dis toujours la deuxième ville car elle parle plus aux gens!). Les seules lueurs d'espoir furent Le premier jour du reste de ta vie et Wall-e. Le premier m'avait étonné à l'époque car je n'en attendais franchement rien et j'avais vu une belle chronique de vie. Je serais moins élogieux aujourd'hui même si je l'apprécie en raison notamment des acteurs, Jacques Gamblin en tête. Et puis il y a Perfect day de Lou Reed à la fin, ça se respecte. 

Le premier jour du reste de ta vie : Photo Jacques Gamblin, Rémi Bezançon

"Hé merde, je suis dans la Cave de Borat! C'était bien le bon jour pour arrêter de fumer!"

Mais bien évidemment la bombe du mois de juillet était le dernier cru de Pixar. Après le savoureux Ratatouille, voici venir l'uppercut Wall-e. Il est rare dans un cinéma d'animation aussi grand public de voir un film aussi engagé et même violent à travers ses images. Rien que l'ouverture est d'une rare puissance: plan aérien sur l'Espace avant de passer à travers différents éléments avant de voir des tonnes de détritus formant des buildings et ce petit robot continuant sans cesse d'empiler des détritus. C'est fou à quel point un film d'animation peut taper fort en une ouverture et tacler n'importe quel film de science-fiction récent de par son message écologique impressionnant. Sans compter le portrait pitoyable des hommes, complètement bouffis à force de rester dans leur fauteuil et leur vaisseau spatial si confortable. Un reflet désastreux de l'Humanité auquel le seul espoir vient l'amour improbable entre un robot rouillé mais tout mignon adorant les comédies-musicales et les petits objets et un robot type féminin amatrice du flingue et ressemblant à un ipod! Le mois d'août fut fructuant en tout et n'importe quoi à commencer par La Momie 3. Plus de Stephen Sommers aux commandes (un mal comme un bien), mais Rob Cohen (un mal dans tous les cas) aux commandes et une Rachel Weisz qui a cru bon de ne pas revenir. On ne lui aurait pas mieux conseiller de ne pas participer à cette suite très tardive auxquelle Universal tente dorénavant de faire un nouveau reboot, dont la plupart des réalisateurs préssentis se sont barrés en courant.

Wall-E : Photo Andrew Stanton

"Love is in the air, every sight and every sound..."

La Momie 3 n'a donc pas grand chose à offrir sinon un spectacle qui se regarde avec un ennui poli avec des yétis numériques, une Michelle Yeoh immortelle, un Jet Li quasiment muet ce qui n'est pas toujours bon signe et Brendan Fraser qui cabotinne. Elles sont loin les années où Rick O'Connell faisait le con entre deux momies, encore plus celui où brillait Boris Karloff dans l'original. Mais ma grosse attente à l'époque était The Dark Knight. A une époque où je découvrais véritablement l'ordinateur (mon vieux PC ramait autrefois pour avoir une connexion, une fois avec un ordinateur portable il a déconné dès son premier été!), j'avais seulement la presse pour seule actualité du cinéma et à cette époque je ne lisais que Ciné Live et depuis peu Climax. C'est justement dans le second numéro de ce magazine aujourd'hui défunt (je vous renvoie à Cuvée mensuelle) que j'avais entendu parler pour la première fois du nouveau Christopher Nolan avec photos et inspirations. Je n'avais pas été un grand fan de Batman Begins à sa sortie et je ne l'avais pas revu depuis en conséquence. J'étais même assez étonné d'une suite qui plus est trois ans après, mais comme je le disais, je n'étais pas informé par internet et était donc plus impatient quand je n'avais que voie de presse. J'ai revu le film deux mois avant la sortie de sa suite et j'en suis devenu fan. 

 

"Dis moi garçon tu joue mon fils? -Oui. -Putain je suis vraiment trop vieux pour ces conneries!"

C'est rare les films qui vous plaisent après la première vision en l'occurrence ce fut le cas sur la revisite de Batman par Nolan. Le choc fut encore plus rude sur TDK. Preuve qu'un film de super-héros peut aussi avoir une sensibilité et un fond de qualité (n'en déplaise à la Marvel qui se défend de faire du film popcorn de leur propre aveu tout en dénigrant le sérieux des productions DC Comics). TDK apparaît comme une grandiose transposition de The long halloween avec l'agonie d'Harvey Dent dans un système qui le broie jusqu'à atteindre le point de non-retour, quand Batman perd peu à peu l'aura qu'on lui donnait en fin de Batman Begins pour devenir un vulgaire vigilante doublé d'un anarchiste. Pendant ce temps, Heath Ledger confirme qu'il était bel et bien un très bon comédien et dont la performance en tant que Joker est une pure merveille, à la fois imprévisible et terriblement fascinant. Certaines scènes restent encore parmi des sommets récents comme l'ouverture minutieuse et empruntant à Heat. Probablement un de mes grands films cultes. The Bank Job fut quant à lui une belle surprise surtout que bien malheureusement les scripts des films de Jason Statham sont rarement aussi sympathiques que le coco.

Un héros parmi les flammes.

Véritable film de braquage doublé d'espionnage à l'anglaise, The Bank Job permet à Statham d'avoir un rôle sur mesure où il n'a pour une fois pas à tabasser de gens, juste à causer. Vaut mieux ça que tous les Transporteurs du monde! En revanche, Babylon AD fut une déception, même si cela se voyait déjà un peu dans la bande-annonce. J'avais eu vent de quelques problèmes de production dans Climax (décidemment ce magazine me hantera encore longtemps), mais jamais je n'aurais pensé que Matthieu Kassovitz aurait eu autant d'emmerdes sur son premier vrai blockbuster (Gothika ne peut pas se permettre ce qualificatif). Et autant dire que cela se voit à l'écran: entre un Vin Diesel monolithique et franchement à la ramasse, la molesse des scènes d'action (dont le final quasiment pas tourné par Kasso, ce dernier ayant été viré du plateau avant d'être ramené!), le peu de cohérence du script et surtout le film n'a rien du grand film annoncé. Quant à Star Wars The Clone Wars et Mirrors ils forment deux beaux ratés, le premier étant le pilote d'une série qui a accumulé connerie sur connerie (comme le retour de Dark Maul! Cherchez pas la cohérence!) et qui ne sert à rien dans la chronologie; l'autre le retour raté d'Alexandre Aja avec un Kiefer Sutherland semblant toujours en mode 24.

Retour vers l'été passé (photo 2)

"Mon cher Borat, on va devoir se grouiller on a une locomotive aux fesses! C'est parti pour le 24/06/2009!"

L'été 2009 fut assez rapide et direct. On commence avec Very Bad Trip ou comment une gueule de bois devient phénoménale et s'étale sur trois épisodes. Aucun grand intérêt d'autant que le premier opus est sympathique et sans plus, clairement surestimé par rapport à son aura. Puis ce fut la Fête du cinéma rallongé jusqu'au vendredi. Le samedi a commencé de manière ultra-violente avec Transformers 2. J'ai vu beaucoup de daubes depuis quatorze ans mais c'est probablement l'une des premières fois où je me suis posé la question "mais qu'est-ce que je fous là?". Je regarde avec une gueule de déterré la salle, me disant plus d'une fois que je ne vais pas resté là. Mais voilà je pars du principe que j'ai payé ma place et donc que je n'ai pas payé pour rien. Ce n'est pas comme à la télé où tu zappe dès que cela vous exaspère. Entre l'épileptisme de Michael Bay qui bouge sa caméra dans tous les sens, le cul de Megan Fox filmé dans le bon angle, Isabel Lucas en transmorpheuse (je crois que c'est le seul moment où j'ai ri, car franchement fallait oser faire un truc pareil), des actions illisibles... Michael pourra toujours beugler que la grêve des scénaristes ne lui a pas permis d'avoir un scénario notable. On lui dirait bien d'arrêter de prendre les gens pour des cons.

Transformers 2: la Revanche : Photo Michael Bay

Et bim! Et boom! Et bam! Vive les onomatopées avec Michael Bay! 

J'avais anticipé en allant voir Tellement proches qui s'avèrait bien plus sympathique que le film précité en seconde séance. Heureusement car franchement il y avait de quoi avoir la gueule de bois pardon la migraine (ce qui est arrivé). Une bonne petite récréation où les futurs réalisateurs d'Intouchables faisaient de Vincent Elbaz un acteur comique raté peinant à passer à l'âge adulte. Belle métaphore pour un acteur coincé dans l'adulescence. J'avais continuer l'opération avec Jeux de pouvoirs, adaptation de la série tv britannique avec Russell Crowe à la place de David Morissey et avec Ben Affleck en politique douteux. Un bon petit polar bien senti, le genre que l'on regarde agréablement le samedi ou le dimanche soir. Quant au final, j'avais été voir L'âge de glace 3 qui s'avère certes beau mais confirme aussi l'essouflement de la saga. Malheureusement, un cinquième opus est d'ores et déjà prévu pour les années à venir. Reste toujours l'ami Scrat trouvant cette fois une adversaire redoutable avec une semblable voulant à tout prix son fameux gland (pas de sous-entendu messieurs-dames on parle du fruit!). Cela ne s'est pas amélioré la semaine suivante avec Public Enemies. Vanté partout comme un chef d'oeuvre, j'y vois surtout le plus mauvais film de Michael Mann.

L'Âge de glace 3 - Le Temps des dinosaures : photo Carlos Saldanha

Scrat un écureuil qui veut vous faire rire.

Filmer un film d'époque en DV n'apporte pas de réalisme, mais plutôt un hors-sujet évident. On ne peut pas tout filmer en DV et Public Enemies en est la preuve. La DV sert davantage pour un film dans une période récente, car confère un certain réalisme à l'image. Or, on n'aurait pas idée de rendre un film d'époque réaliste à la manière d'aujourd'hui. Aussi le film ne convainc pas dans la description de l'affaire Dillinger et ne parlons pas de la romance à deux francs avec Marion Cotillard quelque peu surjoué. Dommage car pour une fois depuis From Hell, Johnny Depp sortait du rôle fantasque et excentrique habituel et s'en sortait plutôt bien. En revanche que dire de Christian Bale si ce n'est qu'il est complètement à la ramasse. Il est toujours dommage de voir un acteur aussi talentueux se viandait en beauté sur un projet ambitieux. Ce fut le cas pour Bale sur le film de Mann, ce fut aussi le cas sur le dernier film d'O'Russell cet hiver. The reader ne m'a pas plu des masses non plus, prenant souvent trop de gants sur une affaire sensible. Reste que la performance de Kate Winslet est bel et bien là. En revanche, j'ai un très mauvais souvenir de la projection. En effet, lors de la projection le projectioniste a mis le bas de l'image en haut et le haut de l'image en bas.

Public Enemies : photo Marion Cotillard, Michael Mann

"Et la gagnante est... Marion Cotillard! -What? Me? Oh thank you so much! I very happy! Thank you Johnny for your love! You are a good people Johnny.

Pour vous faire un dessin, Ralph Fiennes avait les jambes au dessus de sa tête. Un incident qui a duré entre la moitié du film et sa toute fin. La classe by Kinépolis. Harry Potter et le prince de sang mélé s'avère être aussi un très mauvais cru de la saga, incapable de dévoiler les origines du mal et surtout s'enterre dans des relations amoureuses qui feraient passer Harry Potter pour un mauvais teen-movie. Bien sinistre d'en arriver à un tel point de nullité. Brüno m'a déçu en bon fan de Borat (le film, pas moi), car trop vulgaire et partant dans tous les sens. Là où Borat réussissait son coup dans un documenteur merveilleux, dézinguant l'Amérique au point que certains intervenants ont songé à porter plainte. Là on nage trop souvent dans le vulgaire avec des parties de jambe en l'air trash mais peu jouissives, en dehors du grand final dans le match de catch, le film n'a pas grand intérêt. Là haut en revanche bien plus. Il est fou de voir à quel point Pixar a réussi depuis plusieurs années à s'imposer dès l'ouverture. Toy Story 2 pétaradait avec une séquence du jeu Buzz l'éclair; Le monde de Némo s'ouvrait sur une séquence tragique où le héros perdait sa femme et la plupart de ses oeufs; Les Indestructibles s'ouvrait sur une longue introduction montrant une journée de Mr Indestructible qui le mènera à sa chute; et je renvoie à ce que je disais sur Wall-e plus tôt. 

Là-haut : Photo Bob Peterson, Pete Docter

"L'aventuuuuuuuuuuuure c'est l'aventuuuuuuuuuuuuuure!" hein Johnny?!

Il est fou de voir autant d'émotions et de vie durant l'ouverture de Là haut. En peu de temps, on voit le traumatisme d'un homme vieillissant qui vient de perdre sa femme. La vie dans son plus simple appareil et sa tragédie malheureuse. A peine commencé et Pete Docter parvient à faire pleurer l'auditoire et a suscité l'empathie. Le reste montre un vrai film d'aventure où Pixar assume complètement son concept. L'aventure dans toute sa splendeur merveilleuse. Puis vint le mois d'août avec son lot de coups de pieds au cul. Le plus fabuleux restant bien évidemment GI Joe. Je me demande encore aujourd'hui pourquoi j'ai fait la connerie de le voir au cinéma. Peut être que je m'attendais à un pur nanar, mais le rire n'est jamais venu plus la consternation. L'impression d'avoir eu un immense coup de massue sur la tête bien malheureusement. Il y a des jours comme ça. Inglourious Basterds m'avait réjouit à sa sortie, moins par la suite. La principale raison étant que le film met en scène les héros éponymes mais ne les montre que dans moins de quarante minutes de film. Finalement le vrai héros en devient Hans Landa un chasseur de juif de la pire espèce auquel Christoph Waltz y dévoile toute sa saveur. Sans compter que le film met parfois trois plombes au point que j'en suis venu à le regarder à ma manière: en passant un grand nombre de passages inutiles soit la quasi-totalité des séquences de Mélanie Laurent.

Inglourious Basterds : Photo

"Je t'aurais bien invité à mon mariage Eli, mais il aurait fallu que j'invite Borat et tu sais comment il est en soirée. -Pénible! -Non, il danse trop il serait capable de me chipper Angelina!"

On peut voir en soi l'avant-dernier cru de Tarantino comme une petite arnaque. Même si ce sont les meilleurs moments du film, les apparitions des Basterds sont beaucoup trop invisibles pour susciter une réelle adhésion. Sans compter cette manie d'utiliser Ennio Murricone à tord et à travers. On ne met pas une musique de western dans un film de guerre! 9 est une jolie proposition d'animation mais est bloqué par le fait de ne pas réussir à être clair sur plusieurs points. On ressent également trop l'influence de Terminator.  dans sa description cauchemardesque d'un monde post-apocalyptique. Destination finale 4 est à l'image de ce qu'est devenu la saga depuis le troisième volet: au début sympathique, cette saga est devenue lassante et répétitive. Preuve en est avec ce volet qui ne cesse de faire des retours-en-arrière complètement débiles pour combler son manque d'ingéniosité. Preuve en est ce merveilleux moment où un blondinet lubrique et adultère se fait aspirer le cul on ne sait trop comment! En revanche Un prophète s'avère la grande surprise française de l'été 2009. Aidé par son aura cannoise, le film de Jacques Audiard s'impose comme un polar brillant, véritable incursion dans une prison avec ses magouilles et l'ascension fulgurante d'une petite frappe en véritable caïd.

Un prophète : Photo Jacques Audiard, Tahar Rahim

"Les portes du pénitentier bientôt vont se refermer...": deux chansons de Johnny chez Borat ça ne va plus!

Sans compter qu'il permet à Tahar Rahim de s'imposer dès son premier grand rôle et Niels Arestrup est gigantesque en parfait parrain du crime.  Mais le mois de septembre fut plus calme. On revient à l'épileptisme merveilleux avec Gamer, tentative ambitieuse mais bien vaine, tombant vite dans la caricature bourrine et dégueulasse où des gros porcs touchent des jeunettes bien réelles et où Gerard Butler est contrôlé par un jeune gosse. Sans compter L'armée du crime que j'ai dû me fader avec l'école et que l'on a cité en exemple durant toute l'année scolaire pour faire plaisir à ma prof d'histoire. Le genre que je ne supporte pas et qu'on impose sans vergogne aux élèves. Vous citez un film en exemple, vous n'en faites pas un sujet d'étude. Mon établissement avait d'ailleurs fait la même connerie en diffusant Entre les murs sous prétexte de pédagogie. Cela a surtout permis à mes camarades et moi de bien nous fendre la poire. Enfin je terminerais cette cuvée avec encore un très bon cru que District 9. Du pur cinéma de SF à la fois gore et à message et n'ayant pas peur de son message. Un film fait en toute indépendance et qui mérite largement les louanges qu'on lui a donné au fil des années. Allez à la semaine prochaine!

"Venez passer de sympathiques vacances dans le vaisseau spatial Air Martian Africa!"

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30 août 2014

Les dinosaures remercient John Hammond

Richard Attenborough nous a quitté dimanche à l'âge de 90 ans. Un âge noble pour ce réalisateur et acteur notable dans le paysage cinématographique et ayant touché différentes générations, notamment celle des plus de vingt ans comme moi. Formé à la Royal Academic of Dramatic Art de Londres, il fait ses classes durant la Seconde Guerre Mondiale en tant que cameraman. Tournant dans un cinquantaine de films, il effectue des participations remarquées aux côtés de Steve McQueen dans La canonnière du Yang Tse (qui lui vaut un premier Golden Globe du meilleur second-rôle) et La grande évasion où il incarne un des prisonniers; dans L'extravagant Docteur Doolitle qui lui vaut un second Golden Globe; dans Le rideau de brume où il doit faire face à sa femme l'ayant obligé à kidnapper une enfant pour atteindre la célibrité et lui valant un Bafta; face à John Wayne dans Brannigan et en père noël dans le remake de Miracle sur la 34ème rue, lui valant un statut culte imparable lors des fêtes de noël. Egalement réalisateur depuis 1969 avec Ah Dieu! que la guerre est jolie, il réalise treize films (dont Magic où Anthony Hopkins jouait de la marionnette maléfique et Un pont trop loin et son casting quatre étoiles  certains de ses plus récents étant passé par la case DTV par chez nous et son dernier film majeur étant Chaplin, biopic plutôt bien considéré et ayant permis à Robert Downey Jr de faire un des plus gros coups de sa carrière en incarnant le plus grand des Charlot. Maintenant attardons-nous à quatre films qui ont marqué sa carrière:

  • L'étrangleur de la place Rillington de Richard Fleischer (1971)

screenshot_02 

Peu évoqué lors de sa mort, ce film reste pourtant l'un des plus grands faits d'armes de Richard Attenborough acteur. Un projet lointain inspiré de faits malheureusement bien réels pour Richard Fleischer qui avait signé L'étrangleur de Boston des années plus tôt. Mais Fleischer, pas le premier tâcheron venu (et pourtant beaucoup l'ont considéré ainsi, notamment à la fin de sa carrière), change de style en voulant se trouver "aussi proche de la réalité que possible. Nous avons pratiquement tourné sur les lieux mêmes de l'action, dans un appartement vacant du 7 Rillington Place, les résidents du 10 n'ayant pas voulu nous louer le leur (adresse initiale du tueur)"*. Mais surtout l'acteur s'investie largement alors en totale répulsion pour les actes du criminel. Il joue un tueur en apparence lisse, respectable, impossible à démasquer. Le personnage lambda que l'on reconnaîtrait jamais en société. C'est en cela que la prestation d'Attenborough (qui plus est filmé en gros plan lors de ses exactions) atteint des sommets de par sa froideur et la peur ambiante que peut procurer le personnage. D'autant que le bonhomme a fait accusé le mari de la morte au centre du film (bien qu'on voit d'autres victimes et ce dès l'ouverture) incarné par John Hurt. A ce que je sache il n'est pas sorti en DVD mais vu le regain d'intérêt pour Fleischer ces dernières années, pourquoi pas une sortie chez Carlotta? 

  • Gandhi de Richard Attenborough (1982)

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On a souvent caricaturé Attenborough comme un faiseur de biopics par le succès fulgurant de Gandhi. Pourtant ce serait faire main basse sur le fait que ce film est probablement l'un des plus importants des années 80. On peut même dire qu'il fait partie des incontournables de la catégorie biopic au même titre que Lawrence d'Arabie ou La liste de Schindler pour prendre un cas plus récent. Dustin Hoffman (s'est désisté pour tourner Tootsie), John Hurt, Alec Guiness et Anthony Hopkins étaient présentis, mais c'est finalement Ben Kingsley qui obtient le saint graal. Muni d'une carrière prestigieuse encore aujourd'hui, Gandhi restera encore longtemps le plus grand rôle de la carrière de Kingsley , l'acteur s'étant investi grandement jusqu'à ressembler réellement au libérateur de l'Inde colonisée par les Britanniques en suivant un régime drastique. Un biopic exemplaire fruit de vingt années de travail pour Attenborough. En effet en 1962, le réalisateur entre en contact avec Motilal Kothari, membre de la Haute Commission Indienne à Londres qui voulait un grand film sur le grand leader indhou. Dix-huit ans de négociations plus tard, cette commande prend enfin forme: 87 décors, dernière scène filmée à même le lieu des funérailles de Gandhi et 9 Oscars à l'arrivée dont meilleurs réalisateur et acteur. Deux récompenses plus que légitimes au regard de l'investissment de chacun. 

  • Cry Freedom de Richard Attenborough (1987)

Cry_Freedom__photo_

Réalisé en plein Apartheid en Afrique du Sud alors que Nelson Mandela était encore loin de sortir de prison, Cry Freedom reste indéniablement un grand film militant de son époque et une pièce méconnue de son réalisateur. Une pierre angulaire apparaissant à la bonne époque pour être entendu comme un "film coup de poing". Pointant du doigt le combat d'un journaliste afrikaner pour le leader noir Steve Bikho, retrouvé mort dans sa cellule de manière plus que louche; ce film est véritablement poignant et montre très bien les remous d'une époque aujourd'hui heureusement révolue faites de corruption et d'intimidations. Il permet à la fois à Kevin Kline de prendre ses marques mais aussi de révéler un certain Denzel Washington alors au balbutiemment d'une grande carrière. Un film que j'avais eu l'occasion de voir en cours d'anglais (on avait pour sujet l'Afrique du Sud quoi de plus logique!) et je m'en souviendrais encore longtemps. 

  • Jurassic Park de Steven Spielberg (1993)

    Jurassic Park (photo) (1)

S'il y a bien un rôle de Richard Attenborough que le jeune public (et particulièrement ma génération), outre son interprétation du père noël, c'est bien celui de John Hammond. Le type de personnage incontournable comme Steven Spielberg sait les magnifier. Un apprenti-sorcier vantant sans cesse qu'il a "dépensé sans compter" et seul responsable d'un fiasco qui dure désormais depuis quatre épisodes! Un pur cadeau en pleine fin de carrière qui permit à Attenborough d'atteindre un nouveau public, le même qu'il cherchait pour Chaplin sans succès. Pas de doute que l'ombre de John Hammond planera sur Jurassic World en juin prochain, celle de son interprète plus particulièrement.


* Propos issus de Mad Movies numéro 263 (mai 2013). 

28 août 2014

"Top model, top classe, top beau... Pas top intelligent"

zoolander

 

genre: comédie
Durée: 1h30
Année: 2002

Synopsis: Derek Zoolander, un célèbre mannequin, est à l'apogée de sa carrière. Couronné trois fois de suite Top model de l'année, il est sur le point de recevoir son quatrième trophée lorsque ce titre lui est ravi par un jeune et ambitieuxchallenger : Hansel. Effondrée, l'idole des podiums décide d'abandonner l'univers futile de la mode pour se ressourcer au sein de sa famille en Pennsylvanie. C'est alors que Maury Ballstein, son agent, et Jacobim Mugatu, un styliste déjanté, proposent à Zoolander de devenir la star de la nouvelle ligne de vêtements Derelicte. Zoolander accepte, mais il est loin de s'imaginer que le diabolique Mugatu, secondé de la troublante Katinka, s'apprête à lui effectuer un lavage de cerveau. Ainsi lobotomisé, Derek pourrait exécuter plus facilement ses ordres, à savoir assassiner le président de la Malaisie.  

La critique d'Alice In Oliver:

On connaît bien sûr Ben Stiller l'acteur, mais moins le réalisateur... On comprend mieux pourquoi au regard de Zoolander, sorti en 2002. En l'occurrence, Ben Stiller est à la fois devant et derrière la caméra. En l'occurrence, pour ce nanar "comique" (c'est vraiment un terme à mettre entre guillemets...), Ben Stiller réunit une belle brochette d'acteurs: Owen Wilson, Christine Taylor, Will Ferrell, Milla Jovovich, Jerry Stiller, David Duchovny, Jon Voight et Vince Vaughn.
Viennent également s'ajouter de nombreuses personnalités "surprises" dans de courtes apparitions: David Bowie, Christian Slater, Winona Ryder, Cuba Gooding Jr, Lukas Haas, Billy Zane, Paris Hilton, Lenny Kravitz, Victoria Beckham, Gwen Stefani, Natalie Portman et Claudia Schiffer.

Pour l'anecdote, Zoolander sera interdit en Malaisie en raison de l'intrigue du film. Attention, SPOILERS ! Derek Zoolander, un célèbre mannequin, est à l'apogée de sa carrière. Couronné trois fois de suite Top model de l'année, il est sur le point de recevoir son quatrième trophée lorsque ce titre lui est ravi par un jeune et ambitieuxchallenger : Hansel. 
Effondrée, l'idole des podiums décide d'abandonner l'univers futile de la mode pour se ressourcer au sein de sa famille en Pennsylvanie. C'est alors que Maury Ballstein, son agent, et Jacobim Mugatu, un styliste déjanté, proposent à Zoolander de devenir la star de la nouvelle ligne de vêtements Derelicte.

 

zoolander (1)

 

 

Zoolander accepte, mais il est loin de s'imaginer que le diabolique Mugatu, secondé de la troublante Katinka, s'apprête à lui effectuer un lavage de cerveau. Ainsi lobotomisé, Derek pourrait exécuter plus facilement ses ordres, à savoir assassiner le président de la Malaisie.  
Zoolander est aussi le troisième long-métrage de Ben Stiller après Génération 90 et Disjoncté. Avec ce film, Ben Stiller confirme son intérêt pour la comédie totalement déjantée, un peu trop peut-être. Pourtant, certaines grandes personnalités du cinéma défendent le film. C'est par exemple le cas de Terrence Malick, qui considère Zoolander comme le ou l'un de ses films préférés. Oups...

Ceci dit, cette comédie semble posséder ses fans. Personnellement, j'ai déjà vu des forums consacrés au film et qui le considèrent comme une comédie incomprise. Autant le dire tout de suite, et vous l'aurez compris, je ne fais pas partie des ardents défenseurs de Zoolander
Lors de sa sortie au cinéma, Zoolander connaîtra un succès assez mitigé, mais le film se rattrapera lors de sa sortie en dvd. A priori, une suite devrait être réalisée en 2015 par les soins de Justin Theroux. Conçue pour devenir une comédie culte, Zoolander mérite plutôt l'indifférence que le mépris. En l'occurrence, Ben Stiller s'attaque à l'univers "fashion", celui de la mode et des top-models imbéciles, sponsorisés par les dentifrices "Email Diamant".

 

zoolander1

 

Ben Stiller joue à fond la carte de la caricature et semble réellement s'amuser. L'acteur-réalisateur a le mérite de faire appel à des valeurs sûres, notamment Owen Wilson et Will Ferrell, qui viennent apporter leur petit grain de folie. Parallèlement, Ben Stiller joue parfois la carte de l'espionnage. Sur ce dernier point, Zoolander n'est pas sans rappeler (parfois) les aventures de l'excentrique Austin Powers. Hélas, la comparaison s'arrête bien là.
Le côté espionnage n'est pas forcément l'aspect le plus réussi du film. Néanmoins, contre toute attente, à force de verser dans l'excès et la caricature à outrance, Zoolander finit par provoquer quelques rictus imbéciles. Toutefois, cela reste trop lourdingue pour placer cette comédie dans le rang de certains grands délires qui ont marqué le noble Septième Art.
Bref, Zoolander n'est rien d'autre qu'un gros nanar volontaire. Que dire de plus ???

 


Zoolander - Walk Off Scene par Flixgr

L'épatante Amy a disparu

Nick Dumne voit sa femme le matin de leur cinquième anniversaire de mariage. Ce sera la dernière fois...

Il est rare que je lise des oeuvres préexistantes avant de voir leurs adaptations. En général je le fais plutôt pour des bandes-dessinées à l'image de Watchmen que j'avais lu au moins deux fois avant d'aller voir son adaptation en salles. Mais pour le coup, j'ai eu une folle envie de lire Les apparences de Gillian Flynn dit Gone Girl (titre original même si le titre français est plutôt bien trouvé) qui sert de base au nouveau David Fincher qui sortira le 8 octobre prochain. Une fois lu toutes mes revues je me suis lancé. Au fil de la lecture, j'ai tout de suite compris pourquoi le réalisateur de Seven s'est investi dans l'adaptation de ce roman, car il renvoie à son univers et sa manière de faire. Fincher a souvent adapté des romans, preuve en est avec son dernier film à ce jour qui est une adaptation de Millenium. Mais pour le coup, on revient au thriller vicieux à la Seven. Flynn décortique ses personnages de manière simple, montrant leur visage petit à petit et selon différents points de vue. En effet, elle prend deux points de vue: celui du mari et de la femme. Chacun à sa place, les avis s'entrechoquant au cours des trois parties du roman. Concernant la femme, ses chapitres correspondent à des extraits de son journal intime remontant à 2005 quand les chapitres de Nick se situe au présent même s'il évoque le passé.

En apparence (humour), la trame de Gone Girl peut s'avérer classique. Nick part au boulot, un voisin l'appelle lui disant que la porte est ouverte, il entre dans la maison sa femme a disparu, la statue ottomane a été déplacé, la table brisée. Une scène de crime totale, un coupable parfait... La première partie organise tout, implique le lecteur tellement bien que l'on se met à douter. Ainsi, le personnage de Nick apparaît comme trouble. Ainsi il évoque à plusieurs reprises qu'il ment mais jamais il ne dira sur quoi ou tout du moins rarement. C'est ainsi que le lecteur se retrouve dans la situation du juré, devant déterminer s'il est coupable ou non aussi sympathique soit-il. C'est toute la complexité de la première partie qui est également la plus longue du livre. Mais surtout le point de vue de Flynn est la critique des médias dans ce genre d'affaires. En effet, dès que la nouvelle sera répandue que l'épatante Amy, l'instigatrice d'une saga littéraire type Martine, a disparu, les médias s'emparent de l'affaire et autant dire que c'est toujours le mari de la disparue qui passe pour le tueur probable. 

Le mari passe toujours pour le principal suspect et il suffit de peu pour que tout explose. Une présentatrice d'un show revenchard beuglant à qui veut l'entendre avec le premier couillon connaissant un minimum le couple et s'exprimant à tord et à travers. Que ce soit l'ancien pote de Nick qui en fait des caisses à une pouf prenant une photo avec lui et le traitant de séducteur alors qu'il n'a rien demandé, il y a vraiment de quoi faire son beurre. Et quand une voisine aparemment trop proche de la disparue sort une bourde énorme en pleine conférence de presse, cela fait l'effet d'une bombe atomique. Il suffit d'un geste mal calibré et filmé ou pris en photo par le premier venu (comme le ridicule sourire de Nick durant la conférence de presse) pour que l'opinion soit contre vous. Flynn cherche à nous montrer que ce genre d'affaires n'arrive plus à être confidentielles , à cause de Youtube ou les réseaux sociaux où tout se répend à vitesse grand V. On ne peut plus rien cacher sans que cela ne se sache. Les descriptions du couple sont donc importantes car définissent (en apparence) la personnalité, leurs faux semblants... Nick est montré comme un homme simple voire passif, ancien journaliste en cinéma (son magazine a fait faillite et il s'est fait viré) ayant quitté New York avec Amy pour le Missouri natal afin de subvenir aux besoins de ses parents; et tenancier d'un bar.

Amy faisait des quizz de personnalité pour les magazines tout en ayant un homologue littéraire crée par ses parents, et restant au foyer familial depuis que le couple est dans le Missouri. Son journal se veut problématique puisqu'il incrimine directement Nick. Que ce soit par le possible achat d'un flingue, l'égarement alcoolique de Nick ou le fait qu'il l'a bousculé une fois. Ainsi la première partie laisse sans cesse planer le doute sur la personnalité de Nick et ce malgré la sympathie que l'on peut avoir pour lui en lisant ses commentaires. La seconde partie opte une rupture radicale où le lecteur avancera lentement dans le glauque et l'horreur jusqu'à la fin. (attention spoilers importants pour ceux qui ne l'ont pas lu ou attendent le film) Machinations, pièges, meurtre sont au rendez-vous et il n'y a plus aucun doute vis à vis d'Amy. C'est même en cela qu'il y a de quoi avoir peur. Ses réactions à chaud font froid dans le dos, ne cessant de décontenancer le lecteur face à un piège vicieux. On découvre également la personnalité frustrée d'Amy. Oubliez l'épatante et innocente Amy pour faire entrer "la garce cinglée" dixit son mari. 

Le personnage devient le genre que l'on ne veut plus croiser ou alors pour la stopper définitivement. Un beau retournement de situation et pour le moins inattendu. Le type de machination typique de la femme fatale et particulièrement blonde. La seconde partie permet aussi de découvrir Tanner Bolt, avocat préféré des repris de justice et notamment dans les affaires de couple. L'avocat du diable comme on dit. Un personnage merveilleux ressemblant plus à un agent de communication qu'à un samaritain. Plus amusant encore, sa femme et lui forment un couple idylique, totalement en désaccord avec le mariage de Nick et Amy et ce malgré qu'ils soient inséparables malgré eux. C'est toute la morale dramatique et vicelarde du roman: malgré leurs désaccords complets et la terreur que peut provoquer Amy, Nick ne pourra jamais s'en séparer et ce malgré son désamour pour Amy. Leur dialogue finale est d'ailleurs d'une froideur à toute épreuve: "Mon Dieu, Nick, pourquoi est-ce que tu es tellement merveilleux avec moi?' (...) 'Parce que tu me fais de la peine. -Pourquoi? -Parce que tous les matins, tu es obligé de te réveiller dans ta peau." Il résume à lui seul tout le reniement de Nick envers sa diabolique femme. On ne lui donnera pas tord. (fin des spoilers)

Un thriller psychologique savoureux où les médias s'en prennent plein la tronche et où les apparences sont toujours trompeuses.

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27 août 2014

Quelle est l'équation qui pourrait résumer l'univers ?

univers de stephen hawking

 

genre: documentaire
Durée: 50 minutes
Année: 2011

Synopsis: « Il y a 20 ans, j'affirmais qu'il y avait 50% de chance que nous ayons une image complète de l'univers dans les 20 prochaines années. C'est toujours mon estimation aujourd'hui, mais les 20 années commencent maintenant » Stephen Hawking. La théorie d'Einstein sur la relativité décrit l'univers à grande échelle. La mécanique quantique décrit le comportement d'éléments plus petits qu'un atome. Pour trouver une description complète les deux théories doivent se réconcilier. Partout les théoriciens recherchent une seule et unique équation pour décrire les fonctionnements de l'univers en un tout. Le programme retrace le travail actuel des scientifiques qui se battent avec les nouvelles théories dont celles de la théorie des cordes .  

La critique d'Alice In Oliver:

L'univers et le temps lui-même sont nés il y a 13.7 milliards d'années. Ce commencement se nomme le Big Bang. Mais une question reste sans réponse: comment est né le Big Bang ? Ce qui pose une seconde question: y a-t-il eu quelque chose avant le Big Bang ?
Aujourd'hui, les scientifiques savent que l'univers est en expansion. Cela signifie aussi, qu'au départ, l'univers était infiniment petit. Ce monde de l'infiniment petit (l'univers subatomique) possède ses propres lois. On parle aussi de la mécanique quantique. Désormais, le concept que nous avons de l'univers repose sur deux grandes théories.

La première est celle de la relativité générale d'Albert Einstein qui décrit l'univers à grande échelle et de façon générale. La seconde, celle de la mécanique quantique, décrit le comportement de l'univers atomique. Einstein voulait faire coincider ces deux théories. 
Mais à sa mort, en 1955, il ne parvient pas à réaliser son rêve. Quarante ans plus tard, sa théorie de la relativité générale, bien qu'elle soit contestée par un grand nombre d'astronomes, est tout de même reconnue par la communauté scientifique. Le but des chercheurs est de trouver une équation qui pourrait expliquer l'univers dans sa globalité. C'est lé théorie du tout.

A ce sujet, il existe déjà plusieurs équations mathématiques sur le commencement de l'univers. Désormais, les chercheurs disposent d'accélérateurs de particules géants pour améliorer leurs équations et leur compréhension de l'univers. Les scientifiques savent aujourd'hui que le taux d'expansion primitif de l'univers est parfaitement réglé, ce qui explique la présence de galaxies, d'étoiles, de planètes et de la vie telle que nous la connaissons sur Terre.
Notre univers est le fruit d'une expansion lente et proportionnée qui existe depuis presque 14 milliards d'années. En 1979, le scientifique Alan Guth publie sa théorie de l'inflation qui rencontre un certain succès.

Toutefois, un autre chercheur pense que l'univers aurait pu émerger d'une énorme bulle d'énergie. Cette théorie n'est pas validée par la communauté scientifique. Pourtant, les astronomes pensent que l'inflation a probablement joué un rôle important dans l'expansion de l'univers.
La mécanique quantique est régie par la notion de hasard et le principe d'incertitude. En résumé, il est difficile de déterminer le déplacement des particules subatomiques, mais on peut tout de même faire des probabilités de l'endroit où elles se trouvent. C'est le principe d'incertitude qui semble régir aussi l'univers à son commencement. Néanmoins, ce principe d'incertitude n'explique pas ce qu'il est aujourd'hui.

Ensuite, le principe d'incertitude ne coincide pas avec la théorie de la relativité générale. Autrement dit, les deux théories s'opposent. Selon Stephen Hawking: « Il y a 20 ans, j'affirmais qu'il y avait 50% de chance que nous ayons une image complète de l'univers dans les 20 prochaines années. C'est toujours mon estimation aujourd'hui, mais les 20 années commencent maintenant ».
Hawking émet l'hypothèse que l'univers ne pourrait avoir ni début, ni fin, ni limite, ni frontière. Il pourrait finalement s'enrouler sur lui-même. Hawking parle aussi de temps imaginaire. Parallèlement, une autre théorie émerge: la théorie des supers cordes.

Les cordes seraient des millions de fois plus petites que les atomes. Quand elles sont en mouvement, les cordes vibrent et mettent l'univers en mouvement. Ensuite, la théorie des cordes s'accordent plutôt bien avec celle de la relativité générale. Selon la théorie des cordes, il n'y a pas de différences entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Ce modèle soulève de nombreuses questions mais aussi de nouvelles questions que les scientifiques n'arrivent pas encore à résoudre.
Pourtant, d'autres chercheurs pensent que l'univers ne peut pas se résumer à une seule équation mathématique. Certains se demandent si le processus de la sélection naturelle de Charles Darwin, qui s'applique à la nature sur Terre, ne pourrait pas éventuellement s'appliquer à l'échelle de l'univers.

L'univers pourrait être aussi une entité en évolution, en développement et donc capable de s'organiser. Certains astronomes pensent que notre univers ne serait pas le seul à être en expansion. En résumé, il pourrait exister d'autres univers en expansion eux aussi et avec leur propre Big Bang. Toutefois, ce modèle reste purement théorique, mais il est pris très au sérieux par la communauté scientifique. En gros, on nage en pleine science-fiction ! Afin de valider ou non tous ces modèles, le chercheur Edward Witten essaie de créer une carte de l'univers grâce au satellite Plank-Explorer.
Le but est de comprendre comment tout a commencé et comment l'univers a pu se former. Edward Witten a enregistré de subtiles variations de températures lors des premières lumières du Big Bang afin de vérifier et d'explorer toutes les hypothèses possibles sur la formation primitive de l'univers. En comprenant ses premières minutes et même ses premières secondes, les scientifiques espèrent résoudre la plus grande question qui taraude l'homme depuis la nuit des temps: "Qui je suis ?".

26 août 2014

Un nouveau biopic sur le Petit Dragon

mémoire du dragon

genre: biopic, arts martiaux
Durée: 3h55
Année: 2011

l'histoire: Le parcours exceptionnel de Bruce Lee, de ses années d’apprentissage à son triomphe planétaire, de ses débuts à Honk Kong à son arrivée aux Etats-Unis, de sa jeunesse à sa mort tragique, illustrant la légende de combats plus vraies que nature. 

La critique d'Alice In Oliver:

Ce n'est pas la première fois que le cinéma nous propose un biopic sur Bruce Lee. Souvenons-nous de Dragon, l'histoire de Bruce Lee de Rob Cohen, une première tentative pour le moins peu convaincante et trop hollywoodienne pour s'imposer comme une référence.
En tout cas, ce premier biopic a permis de comprendre que s'attaquer à la légende des arts martiaux n'était pas chose aisée. Et ce qu'a parfaitement compris Li Wen Qi, le réalisateur de La Mémoire du Dragon, sorti en 2011. A la base, ce téléfilm de plus de trois heures et en deux parties devait faire l'objet d'une série télévisée de 50 épisodes. Pour l'anecdote, La Mémoire du Dragon est produit par Shannon Lee, soit la fille de Bruce Lee elle-même.

Déjà, la première difficulté est de trouver un acteur qui ressemble à la fois au Petit Dragon et qui est capable d'effectuer les prouesses les plus insensées. En l'occurrence, Li Wen Qi choisit de faire appel à Danny Chan Kwok Kwan. Premier constat: la ressemblance avec le modèle original est frappante et même bluffante. Ensuite, Danny Chan Kwok Kwan en se contente pas de copier poliment son modèle. Visiblement, l'acteur s'est totalement approprié les mimiques, les gestes et les rictus de Bruce Lee sans pour autant verser dans la caricature.
Sur ce dernier point, La Mémoire du Dragon est nettement plus convaincant que le biopic de Rob Cohen. Pas trop difficile en même temps...

 

brucelee04

 

Au niveau de la distribution, Li Wen Qi a le mérite de choisir quelques visages connus du cinéma d'arts martiaux: Ray Park, Mark Dacascos, Gary Daniels et Michael Jai White ont fait leurs preuves par le passé. Ils viennent apporter un petit plus à ce biopic particulièrement ambitieux.
Cette fois-ci, pas question de brosser un portrait édulcoloré de la star du cinéma d'arts martiaux. Au contraire, dans La mémoire du dragon, Bruce Lee est montré sous un jour arrogant et impatient. Son but ? Devenir le meilleur, écraser les plus grands maîtres des arts martiaux pour imposer sa propre discipline, donc le Jeet June Do.

A d'autres moments, le portrait est un peu plus élogieux et nous présente un homme déterminé, hostile au racisme et prêt à tout pour ressouder les peuples à travers les arts martiaux (ce qui sera très mal perçu par certains contestataires). A partir de là, le scénario du film se concentre sur les principaux événements de la (courte) vie du Petit Dragon, de son adolescence jusqu'à sa mort, à l'âge de 33 ans. Attention SPOILERS ! Le parcours exceptionnel de Bruce Lee, de ses années d’apprentissage à son triomphe planétaire, de ses débuts à Honk Kong à son arrivée aux Etats-Unis, de sa jeunesse à sa mort tragique, illustrant la légende de combats plus vraies que nature.

 

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Seul petit regret: la qualité de la réalisation. Visiblement, Li Wen Qi a revu ses ambitions à la baisse. Conçu finalement comme un téléfilm, La Mémoire du Dragon n'offre pas une mise en scène exceptionnelle et inoubliable. Toutefois, dans l'ensemble, les séquences de combat sont suffisamment nombreuses pour susciter l'intérêt. Sur ce dernier point, la qualité des combats est parfois inégale. Néanmoins, Danny Chan Kwok Kwan fait le job, mais ses qualités athlétiques et martiales auraient mérité d'être mises davantage en valeur par la caméra de Li Wen Qi, pas toujours à la hauteur du rendez-vous. Mais ne soyons pas trop sévère, La Mémoire du Dragon se révèle largement supérieur à la bouserie tournée par Rob Cohen presque 20 ans auparavant.
Les fans du Petit Dragon, qui attendent depuis longtemps une adaptation digne de nom, devraient trouver leur compte.



Fin »