Un repris de justice est envoyé dans une prison spatiale pour sauver la fille du président américain...

Lock Out : Affiche

Avant de vous dévoiler mon avis complet sur son dernier chef d'oeuvre télévisuel (oui car maintenant il fait de la télé), parlons un peu de Lock out une des dernières productions notables de Tonton Besson. Ah vous savez ici à Ciné Borat, entre Luc Besson et moi c'est une histoire d'amour qui dure depuis quatre ans, au point que cela en devient un sport. C'est presque de l'amour naveteux entre celui qui dynamite le film populaire en France et un pauvre lascar comme moi qui ose lui faire du mal (en même temps, un blogueur contre le monde entier avec vous chers lecteurs on est loin de la tristesse!). Pour Lock Out, il embarque deux jeunes réalisateurs révélés par le court-métrage Prey alone, Stephen St Leger et James Maters pour un scénario une nouvelle fois très original. Remplacez prison spatiale par prison terrestre et fille du président par président tout court et vous aurez un petit aperçu du pompage fait sur New York 1997, le film culte de John Carpenter. Vu que le remake peine à se faire (aux dernières nouvelles, Breck Eisner devait le faire, Joel Silver parle même d'une trilogie, mais heureusement jamais rien n'avance), pourquoi pas en faire un à sa sauce sans payer un quelconque droit? Après tout, Tonton Besson l'avait déjà un peu fait avec Banlieue 13 où un quartier de Paris était coupé du reste du monde pour mettre toute la vilaine racaille des banlieues.

Lock Out : Photo James Mather, Joseph Gilgun, Stephen St. Leger

Alors pourquoi pas dans l'Espace avec des criminels à la place des banlieusards? A cela vous pouvez rajouter une grande gueule repris de justice incarné par Guy Pearce, sorte de mélange foireux entre Snake Plissken et John McClane. Donc qui dit John dit blabla à foison, vannes par ci par là, sarcasmes en pagaille et surtout si l'acteur y va un peu trop sur la formule "sarcasme + vanne" préparez les mouchoirs. Le pauvre Guy Pearce a beau être un excellent acteur (on peut citer ses prestations exemplaires dans LA Confidential, Memento ou Priscilla folle du désert), il faut bien dire que là il est dans un tel cabotinnage que cela en devient agaçant. Il n'arrête pas de jacter durant 1h31 et au bout d'un moment, on aurait presque préférer Bruce Willis en vieux briscard survivant de la prison repartant à la rescousse aux USA du monde entier en faisant péter une tête nucléaire dans la prison! Comment ça il l'a déjà fait dans Armageddon? Mais ce n'était pas une prison, mais un astéroïde nuance! Pour ce qui est du personnage, il n'a finalement pas grand chose d'attachant. En ouverture, il se fait tabasser parce qu'il s'est fait arrêté après une opération qui a mal tourné. Alors qu'il est en passe d'être jugé, le bordel éclate sur MS-01, cette fameuse prison spatiale où la fille du président américain se trouve, ce qui avouons-le sentait le sapin.

Lock Out : Photo James Mather, Maggie Grace, Stephen St. Leger

Une personnalité, un personnel peu habitué aux débordements et tirant sur tout ce qui bouge, un prisonnier libéré sans ses menotes, fallait s'attendre à du grabuge. D'autant que la fille du président n'est pas très fut fut, rappelons que Maggie Grace n'en est pas à son premier rôle de blonde cruche. Remember Lost ou Taken. Et puis surtout quand on lui dit de partir, non elle reste collée à vos basques pour votre plus grand malheur, tel une sangsue imperturbable. Si encore Lock Out faisait dans l'action bourrine et totalement décomplexée cela irait, mais même à ce niveau le film est tout de même très sérieux si on enlève ses atours de série B et le cabotinage de Pearce. Même la prison est finalement classique, ressemblant beaucoup à celle de Volte-face avec ses prisonniers pas si méchants au final. Le plus méchant restant une sorte de psychotique à deux francs. Dans le même genre, on a vu bien pire dans The Incident d'Alexandre Courtès. Notons également que d'un point de vue visuel, le film est souvent d'une grande laideur, la poursuite de début était le paroxysme, semblant sortir d'une autre époque. Même des graphismes de la PS One sont plus propres face à ces décors de fonds verts hideux, ces plans larges nombreux faisant miroiter un Guy Pearce peinant à faire avancer sa moto futuriste et ne parlons pas de son aterrissage seul réel plan réalisé en dur. Les scènes spatiales sont correctes, même si encore une fois Luc y va de son pompage avec un vaisseau parvenant à déglinguer la prison à la manière de Luke Skywalker dans Star Wars.

Lock Out : Photo Guy Pearce, James Mather, Stephen St. Leger

Lock Out aurait dû s'appeler Low Cost tant il est déjà vu, assez moche et agaçant.