Noël va arriver et le Pingouin, orphelin laissé par ses parents dans les égoûts, sort de sa tanière. Lui et ses sbires comptent bien prendre le pouvoir de Gotham avec l'industriel Matt Schreck. Mais c'est sans compter sur Batman qui compte bien riposter...

Après un succès de Batman, Tim Burton réalise d'abord Edward aux mains d'argent avant de s'attaquer à la suite avec Batman le défi. Il reprend certains des acteurs du précédent (Michael Keaton et Michael Gough bien évidemment, ainsi que Pat Hingle) et en ajoute d'autres : Danny de Vito devient le Pingouin (malgré l'insistance de la Warner pour que ce soit Dustin Hoffman, qui ironiquement aurait été trop grand pour le rôle!), Michelle Pfeiffer Catwoman (et pourtant Sean Young était très inspirée par le rôle, débarquant dans les locaux de la Warner en costume de chatte! Annette Benning a failli y être mais était enceinte) et Christopher Walken incarne Schreck. Pourtant, malgré la réussite indéniable du résultat, la Warner fut sans cesse sur la négative. Burton n'était d'ailleurs pas chaud à l'idée de rempiler. S'il a rempilé, c'est uniquement pour avoir le final cut et le contrôle total sur son film, devenant ainsi producteur aux côtés de sa collaboratrice phare de l'époque Denise Di Novi. Le réalisateur quitte également les studios Pinewood pour les studios de Burbank, histoire d'éviter les fuites. Le scénariste Sam Hamm introduisait Robin dans son premier jet, ce qui n'arrivera heureusement pas sous l'air Burton. Le film marchera au box-office mais pour Warner il y a comme un hic: le film est trop cher par rapport à ses chiffres. En cause également, le traitement de Burton jugé trop dur et ce malgré le PG-13. Ce qui entraîna des complications avec les associations des parents (on serait bien curieux de voir ce qu'elles disent d'un Joker semant la terreur dans The Dark Knight...) et McDonnald refuse de vendre des jouets dans ses sacro-saints happy meal. 

C'est pour cela que la Warner se lancera dans une politique plus grand public (et flashy) pour ses films suivants... et aussi pour vendre des jouets! Burton aura bien en tête un troisième Batman mais la Warner n'en veut évidemment pas et laisse Burton en mode producteur histoire de faire bonne figure. Il en sera de même pour Catwoman qui patinera durant des années avant le désastre de Pitof sorti en 2004. Batman returns a le mérite d'être contrasté par deux éléments: le côté sombre du personnage principal ainsi que des protagonistes et les fêtes de noël où se déroule l'action (d'autant que c'est le second film de Burton a parlé de noël entre Edward aux mains d'argent et L'étrange noël de Mr Jack). Si Batman tournait autour du film noir, Batman returns est davantage dans le gothisme et le noir intégral. Il n'y a qu'à voir les costumes des différents personnages, que ce soit celui de Batman, du Pingouin ou de Catwoman (encore plus sur celui-ci). L'aspect technique est sans cesse entre le noir du récit et des personnages  et le blanc immaculé de la neige plongeant Gotham entre merveilleux et terreur. L'univers de Gotham est également plus froid moins expressionniste que le précédent. Elle reviendra dès le volet suivant vers quelque chose de plus gargantuesque voire foutraque. Pour ce qui est des personnages, Burton se fait d'autant plus plaisir que sur le précédent à jouer sur ses personnages de freaks. 

Batman, le défi : Photo Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Tim Burton

Bruce Wayne est toujours aussi seul et finalement son alliance avec Catwoman n'en paraît que plus crédible, puisque ce sont deux êtres touchés par la mort, l'une plus que l'autre. De plus, Michael Keaton est un peu plus impliqué, conférant une aura supplémentaire à son personnage autrefois trop bouffé par un Jack Nicholson quasi-omniprésent (jusque dans les crédits sur l'affiche). Le trauma de ses parents évacué, il en devient un héros plus mystique tout en restant plus proche de ceux qu'il combat que de ceux qu'il protège. C'est aussi un épisode où il est davantage malmené par ses ennemis. D'un côté, il est en concurrence industrielle comme morale avec Max Schreck mais aussi il manque de tuer des habitants innocents lors de la scène où le Pingouin prend le contrôle de la Batmobile. Le Pingouin est dévoilé comme un être particulier dès sa naissance, par ailleurs, Burton lui permet d'ouvrir le film histoire de montrer son importance. C'est un être dont la vengeance paraît légitime compte tenu du geste de ses parents et créateur d'une ville sous-terraine à part entière. Les gratte-ciel sont pour les puissants et les mafieux, les reclus et les ratés en dessous de la surface. 

Batman, le défi : photo Danny DeVito, Tim Burton

Le personnage n'en est que d'autant plus touchant, au contraire du Joker qui endossait la mort des parents de Wayne, d'autant que malgré ses plans il est toujours montré comme un être différent qui n'avait rien demandé. C'est avant tout une victime du système tout comme Selina Kyle. Elle non plus n'a pas voulu sa condition. On nous la présente deux fois seulement dans son appartement avec un avant et un après. L'avant nous dévoile un appartement rose, cliché abondant des femmes voire d'une femme ne semblant pas encore être passé à l'âge adulte. A cela rajoutez l'amour pour les chats et des vêtements très/trop sages. La parfaite employée de bureau à la limite de l'anachronisme. Après être passé par la fenêtre et ressuscitée par des chats après la vision de documents compromettants, Selina n'est plus, elle est Catwoman. L'appartement ne lui appartient plus au sens propre et elle décide de le taguer au noir. On peut également y voir une libération certaine, un passage à l'âge adulte évident. D'autant que la tenue qu'elle conserve est une tenue en cuir qu'elle n'avait jamais arboré. Or, le cuir est toujours synonyme de rebellion depuis au moins les 50's. Selina devient alors une femme.  

Danny De Vito trouve là son meilleur rôle à la fois troublant et touchant dans ce rôle de reclus quand Michelle Pfeiffer casse littéralement la baraque. Oubliez la quasi-potiche qui envoie deux-trois punchlines à Tony Montana ou la pauvre fille des Liaisons dangereuses. Elle tient ici la dragée haute et dégage une sensualité absolument incroyable. On en vient même à penser que le film est plus sur elle que sur Batman. C'est aussi la raison pour laquelle le fait que Pfeiffer n'a pas pu continuer à jouer ce personnage dans un possible spin-off est d'autant plus dramatique, tant elle était parfaite. Idem lors de cette séquence du bal absolument magnifique et romantique, transpirant la sensualité. Christopher Nolan aura beau essayer cela sur The Dark Knight Rises, ce moment reste unique. Au final, la pire des pourritures est peut être celui qui a ni masque ni difformité. Il s'agit bien évidemment de l'avide Max Schreck campé par un Christopher Walken ayant découvert le pétard dans les cheveux chez l'ami Burton! Une pourriture qui tue sans être inquiété, qui met en avant un freak pour pouvoir gravir des échelons politiques et s'imposer d'autant plus dans une Gotham en manque de repères au point de consacrer un freak en héros sous prétexte qu'il a trouvé un gosse! La sentance sera irrévocable et comme tout bon criminel subissant la peine capitale aura droit à sa petite chaîse électrique. La musique de Danny Elfman est une nouvelle fois une merveille et cette fois non encombrée par les chansons de Prince. Un bijou qui fait partie de ses toutes meilleures compositions.

Un second volet d'autant meilleur qu'il exploite à fond ses personnages dans un univers chaotique.

La critique d'Alice In Oliver:

A la base, Tim Burton n'avait pas pour ambition de tourner une suite à Batman. Mais en contrat avec la Warner Bros, le réalisateur s'attelle finalement à la tâche.
Toutefois, les choses se compliquent sérieusement quand les producteurs imposent la présence de Robin dans Batman Le Défi.
Tim Burton accepte de continuer le film à condition d'avoir les mains libres. Finalement, Robin n'apparaîtra que dans le troisième épisode de la saga, Batman Forever.

Pour le reste, Batman Le Défi, réalisé en 1992, constitue la dernière apparition de Michael Keaton sous le costume de l'homme chauve-souris.
En dehors de l'acteur, le film réunit également Danny De Vito, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken, Michael Gough et Pat Hingle.
Dans cette suite, Tim Burton se concentre davantage sur les bad guys de service: le Pingouin, connu également sous le nom d'Oswald Cobblepot (Danny De Vito), et Selina Kyle, appelée à devenir Catwoman (Michelle Pfeiffer).

L'introduction de Batman le défi nous présente alors rapidement l'enfance du Pinguoin. Plus que jamais, ce personnage hors norme est un freaks, un être monstrueux et rejeté par ses parents à la naissance.
Il vivra dans les égoûts et fera partie des exclus et des oubliés de la ville de Gotham. Pour accentuer la tragédie vécue par ce bad guy, Tim Burton confère à cette suite une atmosphère définitivement noire, glauque et baroque.

Oui, le Pinguoin est un monstre, un être indésirable et un criminel. Mais on ressent également de la pitié et de la compassion pour ce petit homme délaissé de tous. Qu'à cela ne tienne, Oswald Cobblepot a bien l'intention de prendre sa revanche sur Gotham. Pour cela, il fait appel à Max Schreck (Christopher Walken), un politicien véreux, qui n'hésite pas à tuer sa secrétaire, Selina Kyle, devenue trop curieuse.
Certes, cette dernière est projetée de plusieurs étages du haut d'un immeuble, mais elle est ramenée à la vie par quelques félins.

D'une jeune femme maladroite et naïve, elle devient une justicière redoutable, séductrice et perverse. Pour Batman, Catwoman et le Pingouin constituent deux nouveaux problèmes pour Gotham, d'autant plus que Cobblepot fait campagne pour devenir le maire de la ville. Vous l'avez donc compris: dans ce second chapitre, Batman va avoir fort à faire, d'autant plus que son image est sérieusement discréditée par les médias.

Si le super héros est toujours aussi présent, son personnage à la ville, Bruce Wayne est largement laissé de côté par Tim Burton.
Plus que jamais, le célèbre milliardaire apparaît comme un personnage lisse et quelconque, incapable de révéler ses véritables sentiments pour Selina Kyle. Encore une fois, Tim Burton se focalise davantage sur ses deux nouveaux bad guys.

D'ailleurs, pour Catwoman, Tim Burton confère à cette féline des temps modernes une dimension sexuelle et fantasmatique.
Cette dernière séduit tous les hommes et se trémousse dans sa tenue particulièrement moulante. Ensuite, Michelle Pfeiffer apporte une bonne dose d'érotisme à cette héroïne manipulant le fouet à tort et à travers.
Mais derrière cette facette animale, se cache une femme torturée et rejetée par son ancien patron. C'est aussi ce dernier point qui motivera sa quête de vengeance.

Bref, Batman le défi est un film qui se situe dans l'univers burtonnien, avec des personnages complexes, une atmosphère violente, sombre et un univers chaotique. Par exemple, le portrait de Gotham est loin d'être élogieux.
Tim Burton nous décrit des habitants aveuglés par Cobblepot alors qu'ils l'ont rejeté bien des années auparavant.
Avec Batman le défi, Tim Burton explore davantage l'univers du super héros chauve-souris. Pour moi, c'est tout simplement le meilleur épisode de la saga, les films de Christopher Nolan y compris.