Avant de réaliser Brave (2012), Mark Andrews avait signé le court-métrage L'homme orchestre (2006). Il s'agit d'une oeuvre sans dialogue, se contentant pleinement de la musique. En soi, le principe n'est pas sans rappeler Fantasia (1940), à la différence qu'ici il y a des bruitages. Michael Giacchino commençait à se faire connaître grâce aux Indestructibles (Brad Bird, 2004) et à la série Lost (2004-2010). L'homme orquestre est l'occasion pour lui de confirmer les espoirs que l'on plaçait en lui. Un véritable show musical anachronique (le film semble se dérouler durant la Renaissance italienne, mais Giacchino se lance à un moment dans du jazz) apparaissant rapidement comme un duel entre deux musiciens cherchant la pièce. Sans la musique, le court n'aurait pas grand intérêt, ni aucun rythme. Giacchino apparaît presque comme un "second réalisateur" indispensable à l'entreprise. Andrews présente ainsi une enfant ressemblant étrangement à Bou et faisant face à deux hommes-orquestre voulant récupérer sa pièce à leur fin. On peut ainsi voir les deux personnages comme un hommage indéniable à Tin Toy, jouet phare du court-métrage éponyme (John Lasseter, 1988). 

OMB

Il va falloir rivaliser d'imagination pour devenir l'homme orchestre préféré de la jeune fille. On comprend alors mieux pourquoi le titre ne désigne qu'une seule personne. Suite à un rebondissement bienvenu, la pièce est remise en jeu amenant un climax détonnant et ironique. Il s'agit probablement d'un des meilleurs courts-métrages du studio de par son inventivité et son humour. La reconstitution de la ville italienne est superbe et les mouvements de nos lascars particulièrement fluides. Largement aidé par Giacchino, Andrews donne lieu à un court au rythme trépidant et particulièrement crédible, compte tenu de la folie furieuse des deux maîtres. Le fait qu'aucun ne gagne est aussi une idée pertinente, puisque les deux finissent par ne faire qu'un pour retrouver les pièces. C'est dire l'avidité des bonhommes, prêts à tout pour toucher de l'argent.