Aujourd'hui, la Cave de Borat va faire honneur à son géniteur. Pour ceux qui ne le sauraient toujours pas, c'est l'occasion ou jamais de souhaiter un joyeux anniversaire à votre cher Borat. Pour les autres, tant pis on reprendra les paris! La mégalomanie de votre interlocuteur risque fort de perturber certains lecteurs. Si c'est le cas, il vaudrait mieux passer votre tour en allant vers des contrées plus sobres, moins gâvées au champomy. L'an dernier, votre cher Borat était revenu sur vingt-et-un de ses films cultes, cette année il s'agira d'en dévoiler vingt-deux autres. Etes-vous prêts au grand chelem de la mort? Go!

  • 1- The Mask de Chuck Russell (1994)

The Mask

Affiche réalisée par Flore Maquin.

Commencer par l'ami Jim n'est pas si étonnant venant de moi. On pourrait croire que je connais le film de Chuck Russell depuis Mathusalem, mais en fait non. Le film qui m'a fait découvrir Jim Carrey fut Menteur, menteur (Tom Shadyac, 1997) et il est rapidement devenu mon comique préféré, notamment par son côté excessif et ses mimiques. Mon envie de voir The Mask est arrivé lors d'un passage télévisé survenu en 2002-2003. Je ne sais plus si je l'ai vu avant ou après Ace Ventura (Shadyac, 1994), mais je me souviens que ce fut à peu près à la même période. Je n'ai pas pu le voir suite à une invitation et avec mon père nous sommes partis à la chasse au masque. A cette époque, les VHS commençaient déjà à moins se trouver, notamment lorsqu'il s'agit de films dits "anciens". Mon père a fini par la trouver dans un kiosque et dès lors, la VHS a été utilisé un nombre inqualifiable de fois. Pous vous rassurez, la VHS fonctionne toujours aussi bien. The Mask est un film vieillissant n'ayons pas peur de le dire. Il n'y a qu'à voir un des plans du début, sorte de matte-painting ayant pris un sacré coup. Pareil pour certains effets de la musique de Randy Edelman qui en font des tonnes. Mais ce serait oublier le bonheur que suscite Jim Carrey. Les effets-spéciaux lui
permettent de trouver des effets comiques inattendus et fous, rendant la part belle au grand Tex Avery. Comme les films suscités, vous l'enlevez du film, il ne reste plus grand chose ou tout du moins pas assez pour que le film soit solide.

Cameron Diaz (2)

"Just for you Borat."

Certes le film aurait dû être plus violent comme le comic-book qu'il adapte, mais Chuck Russell se fait plaisir avec son personnage principal, alignant les grands moments drôlatiques. Puis, c'est l'occasion de voir Cameron Diaz plus sexy que jamais dans son premier rôle au cinéma.

  • Séquence culte: Prêt pour un pur moment musical improbable? Voici donc Jim Carrey en plein délire urbain, faisant chanter et danser la police habillé en cubain (enfin c'est ce qu'il dit). De quoi faire réfléchir quand on voit certaines choses lors de manifestations bien actuelles...

  • 2- Les aristochats de Wolfgang Reitherman (1970)

Les aristochats

Depuis l'enfance, les films produits par les studios Disney font partie d'une tradition. Je pourrais vous en citer plein parmi mes préférés et ce ne serait pas faute de varier les époques. Pour preuve, on retient au moins un film Disney par décennie. L'an dernier, je vous ai proposé mon classique Disney préféré (animé comme live donc) L'apprentie sorcière (Robert Stevenson, 1971), cette année ce sera au tour de mon classique animé préféré. Dans ma collection de VHS Disney, Les aristochats a une place de choix. Il signe un renouveau pour le studio, premier film réalisé depuis la mort du grand manitou survenue en 1966. Il asseoit également la carrière de Wolfgang Reitherman, animateur devenu réalisateur dès Les 101 dalmatiens (1961). Un gage de qualité à lui tout seul et permettant aux Aristochats une réalisation de grande classe. La vision de la France est très porteuse de clichés, l'effet carte-postale par excellence jusqu'à commencer le film par une toile. Il n'est pas non plus étonnant que le châton Toulouse soit peintre comme Lautrec, que leur mère s'appelle Duchesse en rapport à la bourgeoisie dans lequel elle est aclimatée ou que la souris se nomme Roquefort. On s'y fait et cela confère même un charme supplémentaire au film. L'occasion aussi de voir un méchant grandiose, l'impayable Edgar, digne héritier d'Horace et Jasper les voleurs de dalmatiens.

Edgar

Il a beau être machiavélique et cruel (il veut tuer des chats pour toucher un héritage), il n'en reste pas moins attachant grâce à divers gags le faisant passer pour un gros nigaud. A l'image de ses mésaventures avec les chiens Napoléon et Lafayette (!), valant un jeu de chat et de la souris rocambolesque. Il y a également l'univers du jazz, valant de beaux moments colorés et funs. Avec ce film, le studio prouvait que l'héritage du patron était solide. C'est aussi pour cela qu'il gagne en intérêt.

  • Séquence culte: Qui dit Disney, dit chanson n'ayons pas peur de le dire. Tout le monde veut devenir un cat, chanson phare du film, commence lentement avant de prendre un rythme endiablé, faisant exploser les trompettes pour le bonheur des oreilles. La Duchesse change de couleurs grâce aux différents filtres avant de faire un petit solo superbe à la harpe. Puis c'est reparti pour un dernier tour jubilatoire.

  • 3- Qui veut la peau de Roger Rabbit de Robert Zemeckis (1988)

Roger Rabbit

Affiche réalisée par Drew Struzan.

J'aurais très bien pu prendre une des aventures de Marty McFly, mais il se trouve que je les ai connu à l'adolescence. Avant cela, un lapin m'était déjà plus familier fort de deux VHS enregistrée (la première a fini par lâcher) avant un passage au DVD bien mérité. A l'image de Space Jam (Joe Pytka, 1996), j'étais fasciné par Qui veut la peau de Roger Rabbit jouant sur le même principe (mélanger live et animation), à la différence que ce dernier m'a toujours paru plus ambitieux. L'intrigue jouait de cet aspect en s'amusant un peu plus avec les décors et sur des personnages animés dans le monde réel. Sur ce point, le film est toujours aussi impressionnant d'autant que les acteurs semblent bien se débrouiller face à une masse incroyable de personnages animés, certains étant même des rôles principaux (Roger et sa femme Jessica) ou des sidekicks très présents (les fouines). Du pur film noir (détective à la recherche de quelqu'un ou le protégeant, avec femme fatale et méchant plus fort que lui) transposé dans un film soi-disant familial. Familial il pourrait l'être initialement à cause de ses personnages animés, mais à l'image des productions Amblin dont il fait partie, Roger Rabbit s'impose plus nuancé et grave. Il dévoile un âge sombre pour les cartoons (les studios perdent des icônes animées sexy à cause du Code Hays, à l'image de Betty Boop), alors même que ces derniers sont de moins en moins produits à la sortie du film. 

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De même, le projet autoroute apparaît jonché de cadavres dont certains sont des personnalités corrompus. Le film est aussi aidé par un aspect buddy movie salutaire avec un duo terriblement atypique (le détective tourmenté incarné par le génial Bob Hoskins et le lapin amoureux de sa femme). Puis comme dirait Alfred Hitchcock meilleur est le méchant, meilleur est le film. Le Juge DeMort en est la preuve, interprété par le phénoménal Christopher Lloyd. Il a fallu plusieurs années à l'acteur pour trouver des rôles phares, Robert Zemeckis lui en a offert deux dont tout le monde se souvient.

  • Séquence culte: Parmi les grands moments drôles du film, il y a bien sûr la chanson d'Eddie Valiant. Une diversion en or, valant un des dialogues les plus jubilatoires entendus au cinéma: "Miches! -Miches? Mais ça rime pas avec ouille! -Non mais ça oui!"

  • 4- Anastasia de Don Bluth et Gary Goldman (1997)

Anastasia

Outre Disney, n'oublions pas l'apport de Don Bluth et son camarade Gary Goldman, vétérans du studio partis vers d'autres aventures. Avec Toy Story (John Lasseter, 1995) et Space Jam, il s'agit d'un de mes premiers souvenirs de cinéma en dehors du cinéma aux grandes oreilles. Ce qui n'a pas empêcher d'entendre plus d'une fois qu'Anastasia est un Disney, alors qu'il suffit de voir le logo Fox sur les bords de la jaquette... Une anecdote qui ferait bien rigoler son instigateur. Si les années 80 ont permis aux deux compères de gagner du terrain, bien aidé par des divergences artistiques au sein de Disney (voir le pauvre Taram et le chaudron magique); les 90's furent pour le moins fatales à Don Bluth, à cause de projets moins forts. L'année 1997 sera l'occasion d'un retour fracassant nommé Anastasia. Alors oui, ce film est une fiction totale, jouant sur le drame entourant les Romanov et la légende qui suivit, et à vrai dire on s'en fout. Au contraire de Titan AE (film suivant de Don Bluth sorti en 2000), Anastasia vieillit beaucoup mieux, bien aidé par des images de synthèse assez rares. Alors que les studios Disney peinaient déjà à retrouver des sujets forts après être revenu au top, Don Bluth donne un grand coup en produisant un superbe conte avec une héroïne forte essayant de retrouver son passé.

Dimitri

L'occasion d'une histoire d'amour sympathique à l'image de personnages attachants, bien servie par la musique de Stephen Flaherty. Il est d'autant plus triste que le réalisateur se soit empêtré dans une séquelle / spin-off sans intérêt par la suite (Bartok le magnifique, 1999). Au final, on préfèra se souvenir d'Anastasia, certainement un des meilleurs films d'animation des 90's.

  • Séquence culte: Parmi les chansons d'Anastasia, Loin du froid de décembre est certainement la plus réussie et donne lieu à une scène superbe de bal. Des décors monumentaux, des figurants en veux-tu en voilà et une héroïne devenant la reine d'un bal fantôme. La nostalgie à la russe.

  • 5- Small Soldiers de Joe Dante (1998)

Small Soldiers : Affiche

La filmographie de Joe Dante m'est restée plus ou moins inconnue durant très longtemps; jusqu'à atteindre mon adolescence avec fracas. Par exemple, Gremlins (1984) est arrivé dans ma dvdthèque sur un coup de tête. En revanche, je connaissais très bien Small Soldiers. Vous remarquerez l'insistance jusqu'à présent de la VHS, mais il est vrai que beaucoup de mes films phares sont passés par mon magnétoscope.  J'avais demandé à mon père d'enregistrer le film alors qu'il était en deuxième partie de soirée sur France 3, après avoir vu l'affiche fracassante ("on ne joue plus"). Gamin, il m'apparaissait comme un film fun, valant notamment pour les affrontements entre les jouets et les humains. Ce n'est qu'en le revoyant plus âgé que j'ai remarqué à quel point le film était cynique, bien aidé par la vision de quelques autres films de Joe Dante. Faire des freaks les gentils au lieu de ces grands cons de GI Joe est certainement la meilleure idée du film, contrebalançant avec l'image pure du soldat américain entre deux guerres du Golfe. Tout comme transformer Barbie en guerrière psychopathe s'attaquant aux beaux mâles! Un discours violent et tout sauf puritain gangrené par les aspects marketing autour du film, l'empêchant d'être au niveau de brutalité de Gremlins. Il n'en reste pas moins que le message n'a pu être corrigé comme Burger King l'entendait et tant mieux.

Small soldiers

Le personnage de Denis Leary n'est pas sans rappeler de John Glover dans Gremlins 2 (1990) en pire, de par son cynisme de tous les instants ("ça aurait pu faire une belle publicité!"). L'occasion aussi pour le gamin que j'étais de craquer pour la belle Kirsten Dunst, déjà bien aidé par la vision de Spider-man (Sam Raimi, 2002) un an auparavant.

  • Séquence culte: Quoi de mieux pour illustrer une scène de guerre que le classique d'Edwin Starr? Là encore le cynisme atteint des sommets pour notre plus grand plaisir, Joe Dante se payant un magnifique fuck en puissance. 

  • 6- Die Hard de John McTiernan (1988)

Die Hard

J'ai découvert la trilogie Die Hard tout d'abord par 58 minutes pour vivre (Renny Harlin, 1990), en raison de l'achat progressif de la saga en DVD. Ou comment découvrir le cinéma de John McTiernan avec l'un de ses films les plus emblématiques. Tout était réuni pour que cela fonctionne. Un pitch qui au départ devait servir de suite à Commando (John Matrix faisant péter les différents étages pour sauver sa fille et sa petite-amie!), avant de devenir un film d'action un peu moins excessif avec un héros en or. John McClane (Bruce Willis à une époque où il savait son texte) l'homme pas parfait, à ça de divorcer avant qu'une prise d'otage ne commence à sauver son mariage, flic en dehors de sa juridiction et retrouvant sa virilité après avoir fait le point avec ses orteils. Le héros sauve ce qu'il peut, en plus de sauver sa poire face à des hommes surarmés. Il est d'autant plus seul que la police à l'extérieur ne l'aide pas, l'assimilant presque aux terroristes. C'est aussi pour cela que l'on aime le personnage de John McClane, toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. En face de lui le regretté Alan Rickman, méchant d'anthologie s'il en est offrant un pur duel psychologique, en plus d'utiliser la malice pour berner tout le monde. Il est d'autant plus fou que McT arrive parfaitement à jouer sur l'unité de temps (la nuit du réveillon) et de lieu (l'immeuble ou devant l'immeuble), au point que le spectateur perd patience, perdu par un suspense de tous les instants.

Die hard

"On passera noël en famille, on fera la fête!"

Comme quoi à une époque, avec un pitch simple comme bonjour, on arrivait à faire un classique. Aujourd'hui on aurait bien plus de mal, Hollywood prendrait surement un tâcheron qui ferait shooté les grosses scènes par la seconde équipe, avec des acteurs plats. Autre époque, autres moeurs.

  • Séquence culte: Que serait une production de Joel Silver sans une putain d'explosion? Autant dire que la tour Fox s'en souviendra encore longtemps. 

  • 7- Casper de Brad Siberling (1995)

Casper

Si l'on excepte les films de Don Bluth et Gary Goldman produits durant les 80's, les productions Amblin qui m'ont le plus marquées furent celles des années 90 dans un premier temps. Les années VHS aidant, voici certainement une de mes productions Amblin préférées. La preuve qu'à une époque Steven Spielberg faisait plus attention où il aposait son nom (on parle de Transformers? Non je suis dans un bon jour). Adaptation du comic-book devenu cartoon culte, Casper est un film fantastique de qualité et pouvant plaire au plus grand nombre sans que cela paraisse gamin. Preuve que le film PG-13 ne doit pas être synonyme de prendre les adolescents bêtes à bouffer du foin. Un film malicieux, jouant de superbes effets-spéciaux et bien aidé par des acteurs et personnages de qualité. Un temps où Christina Ricci sortait du rôle de Mercredi avec bonheur, où Eric Idle se faisait taper dessus par Cathy Moriarty (que ce soit en hommes ou fantômes) et où Bill Pullman était bien plus intéressant en père veuf qu'à vivre, que dis-je survivre en plein jour d'indépendance. Evidemment comment ne pas évoquer les oncles de Casper, permettant de beaux moments de chasse aux fantômes et un dîner gourmand et croquant. Mais c'est avant tout Casper qui suscite l'émotion. Lui comme Cat ont été séparé de l'un de leurs êtres chers, elle de sa mère décédée, lui de son père en mourant.

Casper : Photo Brad Silberling, Christina Ricci

Le film n'en dévoile pas trop, mais suffisamment assez pour que le personnage émeut le spectateur alors qu'il n'a pas d'apparence humaine. Petite pensée aussi pour James Horner, signant une ost ravissante et réussissant à émouvoir lui aussi par moments. 

  • Séquence culte (attention spoilers): Parmi les séquences magiques de Casper, celle du bal tient la palme. Cat vit le grand amour aux côtés de Casper sous forme humaine le temps de quelques instants. L'occasion aussi pour un mari de retrouver sa femme. Terriblement romantique. 

  • 8- Akira de Katsuhiro Otomo (1988)

Akira (1)

La fin de mon enfance m'a donné envie de m'intéresser à l'animation japonaise. Pas qu'elle ne m'était pas familiaire pour avoir vu Mon voisin Totoro (Hayao Miyazaki, 1988) en VHS et Princesse Mononoké (idem, 1997) beaucoup trop tôt, ou plus généralement quelques séries animées. Mais Akira est apparu comme le déclic à une époque bien définie, au même titre que Ghost in the shell (Mamoru Oshii, 1995). La fin de mon enfance a été l'occasion de commencer à voir des films d'horreur, mais aussi généralement des films plus violents, torturés. Akira en est la preuve. Adapté partiellement du manga éponyme, il dévoile une variation de Tokyo post-nucléaire frappante, avec une jeunesse plus dans la rue qu'à l'école et où la police est peut être aussi violente que la délinquance (voir la scène au commissariat où un mec est battu à mort). Dans cette jeunesse se trouve Kaneda et Tetsuo, l'un est le meneur un peu bébête d'un gang mais charismatique, l'autre le sous-fifre toujours dans l'ombre du premier. La tragédie ne pouvait qu'arriver tôt ou tard. La vengeance se fera dans le sang et avec une brutalité graphique sans précédent. Katsuhiro Otomo se paye également la tête des militaires et des scientifiques se prenant pour des apprentis sorciers, au point d'engendrer des calamités plus grosses qu'eux. De là, Katsuhiro Otomo signe une oeuvre post-apocalyptique superbe, avec des plans horribles de transformation atteignant leur paroxysme dans un final tragique. Akira a beau être un film entraînant, il n'en reste pas moins sauvage et tortueux.

Akira

Un film qui a failli ruiner son auteur, peut être bien au final, tant Akira a bouffé le reste de sa carrière. Jamais il ne retrouvera la force de son premier long-métrage solo. Est-ce un problème? Peut être pas. Juste qu'Akira est devenu un film trop gros pour lui, mais quel film. Les américains veulent en faire un remake live... enfin ils espèrent mais rien ne changera au fait que la première adaptation est essentielle. 

  • Séquence culte: Rythmée par une musique répétitive et hypnotisante, la poursuite à moto est un pur moment d'adrénaline. La musique, les pneus qui crissent, les corps qui craquent, les explosions qui fusent... tout y est pour une scène spectaculaire.

  • 9- Indiana Jones et le temple maudit de Steven Spielberg (1984)

Le temple maudit

 

Affiche réalisée par Drew Struzan.

Ayant raté Les aventuriers de l'arche perdue (1980) une semaine avant, je décidais quand même de découvrir le second opus et peut être même le troisième sur M6 les semaines suivantes. Un comble quand on sait que ce Temple maudit se situe avant les aventures d'Indiana Jones en Egypte. Indiana symbolise le goût de l'aventure, l'envie de découvrir du paysage, tout en chassant des trésors inestimables et souvent surnaturels que l'on pourrait qualifier autrement de macguffin, dans des histoires rocambolesques. Si le premier Indy est un grand film, il n'a pas le charme du second et encore moins son humour noir ravageur. C'est peut être aussi pour cela que je le lui préfère (et que je rompt avec la plupart des avis parlant du pire film de la trilogie), en plus de l'avoir découvert en premier. Avec ce film, Steven Spielberg fait dans l'évasion cocasse, avec un aventurier plus tourmenté que jamais (le passage du coeur), une chanteuse casse-couille mais valant quelques moments de rigolade bien sentis (Kate Capshaw) et un jeune sidekick attachant (Jonathan Ke Quan). Le tout dans une aventure géniale où les moments phares se comptent à la pelle, à commencer par l'ouverture à l'Obi Wan Club, alignant les morceaux de bravoure pour une conclusion de haut vol. Avec Le temple maudit, Spielby réussit un pur divertissement, un moment inoubliable qui fait rêver les enfants et les adultes en manque d'histoires d'aventure (quoique...). Le temple maudit symbolise cela, en plus de relever d'un exotisme amusant et parfois brutal.

 Indiana Jones et le Temple maudit : Photo Harrison Ford, Jonathan Ke Quan, Kate Capshaw

Evidemment, ce ne serait rien sans l'impayable Harrison Ford, autrefois éternel Han Solo pour moi devenu le plus grand des aventuriers par la suite. Le temple maudit comme Jurassic Park l'an dernier (1993) n'est peut être pas mon Spielby préféré. Il n'en reste pas moins que c'est un film que j'ai adoré durant toute mon enfance, adolescence compris et que je continue d'aimer encore maintenant.

  • Séquence culte: J'aurais pu citer la scène du train en mode montagne russe ou bien la scène à suspense du pont. Mais je dois bien avouer que la scène du dîner me vaut toujours un merveilleux fou-rire. Beaucoup la trouvent crade, personnellement elle me fait toujours rire de par son côté délirant devenant jubilatoire.

  • 10- Seven de David Fincher (1995)

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Juste avant Fight Club (1999), Seven fut mon premier film de David Fincher et ce grâce à mon cousin qui m'avait prêté les deux films. L'exemple merveilleux du film à enquête dont on connaît le coupable, mais que l'on revoit toujours avec l'agréable sensation que le film ne repose pas que sur ça. Tout simplement parce que les enjeux dépassent le simple postulat du policier traquant un tueur. Fincher étudie ses personnages avec minutie jusqu'à les mettre au poteau devant leurs actes. Que ce soit Mills (Brad Pitt) victime de ses actes, Somerset au bord de la retraite et se retrouvant sur une affaire trop grosse pour lui (Morgan Freeman) ou un tueur n'ayant aucune compassion et moraliste. Le tout sous une pluie battante avant un final étonamment rayonnant, comme pour contraster avec les événements. Après un Alien 3 qu'il préfère oublier, Fincher signe un thriller merveilleusement crade, beaucoup imité, mais jamais égalé (souvenez vous de Resurrection de Russell Mulcahy avec Totof Lambert). Encore aujourd'hui le final reste un grand moment de suspense, jouant parfaitement de la suggestion. On saura bien qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de la boîte, mais jamais rien ne sera montrer, laissant juste apparaître la réaction de Morgan Freeman à l'écran. Au contraire des scènes de crime, valant des moments glauques où le spectateur s'interroge sur le degré de violence il est capable de voir.

Seven 

Que ce soit cet homme victime de sa gourmandise ou cette prostituée sodomisée avec un couteau. Seven ne laisse aucun échappatoire à ses personnages filmés avec une photo très sombre signée Darius Khondji. Dans les ténèbres, personne ne viendra vous emmener vers la lumière. 

  • Séquence culte (attention spoilers): On a beau avoir déjà vu le premier cadavre, quand le générique débute, on entre dans un autre univers. Celui du tueur tueur avec ses notes, ses empreintes palmaires coupées, des photogrammes, une bobine qui déconne et Closer de Nine Inch Nails détourné. On ne le sait pas forcément avant de voir le reste du film, mais voici un générique qui permet de se faire une idée de l'individu auquel on va faire face. Saisissant.

  • 11- Starship troopers de Paul Verhoeven (1997)

 

Starship troopers

 

Dans les derniers instants de la Cuvée 21, j'ai failli mettre un film de Popaul le violent. Sacrilège réparé avec Starship troopers, sa dernière grosse production hollywoodienne. Je crois avoir vu Total Recall (1990) et Basic Instinct (1992) avant celui-ci, mais il s'agit probablement de mon film préféré du hollandais exilé. Un flop redoutable au même titre que Mars attacks (Tim Burton, 1996), les deux ayant un point commun certain: celui d'adresser un majeur bien mis en avant vers les USA. Pas étonnant que le film fut incompris par ces derniers à sa sortie, traîtant même son réalisateur de fasciste. Comme ce dernier le suggère dans le commentaire audio sur le DVD du film, le roman qu'il adapte l'est, pas son film d'autant plus quand tu as vu la guerre devant le pas de ta maison. Paul Verhoeven n'est en rien fasciste, juste que son point de vue est tellement radical qu'il dézingue tout sur son passage. Le principal aspect? Montrer un monde prêt à envoyer ses propres enfants vers une guerre auxquels ils ne sont pas préparés. Le premier assaut servant d'introduction est un fiasco total, justement à cause de cette inexpérience flagrante. Le choix de prendre des belles gueules n'y est pas pour rien. Après tout, le mec au physique sortant des canons de beauté n'est rien d'autre qu'un beau fasciste, responsable d'envoyer ses camarades à la guerre à ses fins personnels (désolé pour les fans de Neil Patrick Harris).

Starship Troopers : photo Casper Van Dien, Paul Verhoeven

Casper Van Dien ne trouvera jamais un aussi grand rôle que celui de Rico, bourrin un peu con mais guerrier hors pair. Denise Richard n'est pas très loin de le rejoindre dans le rôle de l'ex-copine un peu nunuche, se réveillant un peu vers la fin. Dina Meyer aussi dans un rôle féminin superbe et changeant des canons de beauté juste là pour poser. Puis évidemment il y a les gueules de portes-bonheur: Jake Busey, Michael Ironside, Clancy Brown et même Dean Norris. Starship Troopers est également l'un des plus beaux blockbusters des 90's, l'un de ceux qui se bonifient avec le temps tout comme Jurassic Park et Terminator 2 (James Cameron, 1991). Le genre que l'on redemande, mais dont on nous offrira plutôt un remake asseptisé.

  •  Séquence culte: Voici certainement l'explosion la plus spectaculaire du cinéma des 90's et ce n'est pourtant pas faute d'avoir chercher.

  • 12- The Thing de John Carpenter (1982)

The thing

Lui aussi a raté le coche l'an dernier, l'occasion d'une petite réparation. Bien que votre cher Borat a découvert Big John avec l'impayable Halloween (1977), lui valant quelques uns de ses premiers moments d'horreur, c'est vraiment The Thing qui l'a scotché par la suite. Un des rares remakes où l'on peut dire qu'on est face à un film majeur du cinéma. Un aspect encore plus représentatif sur un grand écran pour pleinement savourer la musique très carpenterienne d'Ennio Morricone. A l'image de La mouche (David Cronenberg, 1988) que j'aurais pu citer ici, The Thing est probablement une des films d'horreur les plus spectaculaire au niveau des transformations de sa créature. Une oeuvre des 80's qui vieillit difficilement et dont les effets-mécaniques ayant valu un surmenage à Ron Bottin fonctionnent encore à merveille. La palme revient certainement à la scène du ventre ouvert prenant le spectateur par surprise pour son plus grand plaisir. Big John signe un pur moment de paranoïa, perturbant le spectateur le temps de plusieurs séquences, à commencer par la scène du test, où le suspect finit toujours par se dévoiler au bout d'un moment. Qui est qui ou quoi devrait-on dire? A cela rajoutez l'affaire du sang contaminé survenue deux années plus tard et que l'on peut définitivement rattaché à la scène du test. 

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Si la plupart des acteurs sont peu connus, on retiendra tout de même un duel souvent saisissant entre Kurt Russell le barbu et Keith David, valant encore une fois de merveilleux moments de parano. Pas pour rien que The Thing est souvent considéré comme un des films d'horreurs à voir absolument et comme un des meilleurs crus de Big John. A l'heure où ET (Spielberg, 1982), il est amusant de voir à quel point ce film était la parfaite anti-thèse.

  • Séquence culte: La créature se dévoile pour la première fois dans un maelstrom dégueulasse. Le spectateur assiste impuissant tout comme les personnages à cette transformation à vomir, terrifiante et qui marque à jamais.

 

  • 13- The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975)

TRHPS (10ème anniversaire)

Voici un musical découvert durant mon adolescence lors de sa sortie en BR. Laissé de côté pendant plusieurs années, il a fini par devenir un de mes films favoris durant mes années de fac. C'est aussi cela quand vos amis adorent un film, le voir avec eux décuple l'intérêt et vous le fait parfois redécouvrir avec plaisir. Je l'ai même vu au cinéma dans une salle peu enclin à s'amuser. Mais bon sang, dans Rocky Horror Picture Show il y a show, ce qui veut dire s'amuser, se faire plaisir. Passer à côté de l'amusement que peut procurer un tel film en le voyant en salle, avec des gens déguisés comme les personnages et chantant les chansons, c'est ce que l'on demande durant une projection du Rocky Horror Picture Show! Après ce léger coup de gueule, passons aux festivités. Le Rocky Horror... est un pur plaisir musical, fait d'exubérances et de chansons naviguant entre rock'n roll et ballade, à l'image de Time warp ou Science fiction double feature. Ensuite, il y a un casting fantastique chantant merveilleusement bien, comme le fameux Tim Curry plus sexy que jamais ou Susan Sarandon s'essayant aux vocalises. Dans le lot, n'oublions pas Richard O'Brien créateur du show initial, incarnant un bossu extraterrestre à cheval sur le temps et Meat Loaf pour une apparition courte mais mémorable. Puis il y a le film lui-même, véritable phénomène naviguant entre différents genres au point que le spectateur tombe lui aussi dans le délire ambiant. 

TRHPS (soirée) 

Réadaptation 70's de Frankenstein de Mary Shelley, science-fiction, hommages au cinéma (oh le beau panneau RKO), musical endiablé... Au final, le Rocky Horror... est tout ça à la fois et c'est aussi pour cela que je l'adore. Si vous poussez le vice encore plus loin, faites comme la chanson: payez vous un double feature avec sa géniale séquelle Shock Treatment

  • Séquence culte: J'aurais très bien pu choisir l'entrée fracassante de Frank N'Furter, mais Rose tints my world est probablement ma chanson préférée du film. Doublé d'un moment sexy du tonnerre!

  • 14- Le maître de guerre de Clint Eastwood (1986)

Le Maître de guerre : Affiche

L'an dernier j'ai touché la corde sensible avec Clint Eastwood, cette fois-ci on va s'attaquer à sa face bourrine. Découvert à l'adolescence comme les trois quarts des films du pistollero sans nom, Le maître de guerre est le cas typique du film bourrin en apparence. Il faut dire que l'ami Clint se fait un vrai plaisir à sortir le plus de punchlines possibles pour titiller l'hilarité du spectateur, amateur de ce type de répliques rentre-dedans et ce dès l'ouverture du film. Ainsi, on suit Clint Eastwood en sorte de Dirty Harry à l'armée, râleur invétéré, divorcé maladif et emmerdeur national en train d'entraîner une bande de tocards. Parmi eux, l'impayable Mario van Peebles probablement dans son meilleur rôle en rockeur du dimanche! Hé oui, il y a une vie avant les séries B et les films Asylum (si, si regardez bien sa filmographie si vous êtes curieux). Voici donc une parfaite bande de bras cassés que l'on s'amuse à voir galérer jusqu'à atteindre les sommets inattendus. Mais évidemment, on s'ennuierait un peu si le grand Clint n'avait pas des problèmes avec sa hiérarchie. Et qui pour jouer l'emmerdeur national numéro 2? Everett McGill, l'amant de la maman d'Ann Perkins, le mec qui a trahi Felix Leiter et la Crampe avant l'heure. Dès lors, c'est parti pour un duel de grandes gueules et à celui qui aura la plus grosse. Dit comme cela Le maître de guerre peut paraître comme un gros nanar, à l'image des films que le grand Clint faisait avec son pote Clyde. 

  Le Maître de guerre : Photo Clint Eastwood

Pourtant c'est un film où l'armée américaine s'en prend une bonne dans la tronche. Tout d'abord en montrant un laxisme certain (il faut qu'Highway débarque pour que son escouade soit opérationnelle), puis des supérieurs bornés tout sauf compétents et enfin une réalité qui rattrape souvent la rigolade du régiment. C'est ainsi que les dernières minutes frappent, loin de la bonhomie véhiculée durant une bonne partie du film. C'est à ce moment là où Clint Eastwood retrouve un ton coup de poing qui lui sied à merveille.

  • Séquence culte: A force de se tourner autour, il était temps de se mettre sur la tronche. Voici donc Clint Eastwood, 56 d'un côté et Everett McGill, 41 ans de l'autre! Ready? Fight

  • 15- Babe: Le cochon dans la ville de George Miller (1998)

Babe

On ne le dit jamais assez, mais George Miller n'est pas le réalisateur d'une seule saga. Il en a créé trois, dont deux reposant sur un dyptique. J'aimais beaucoup le premier Babe qu'il a scénarisé et produit en 1995, ce qui m'a évidemment mené à acheter sa suite pas loin du noël 99 si mes souvenirs sont bons (avec du bol, il neigeait!). Un opus que j'ai davantage revu, ce qui ne veut pas dire que le premier Babe est moins intéressant. Disons que dans cet opus, on sent bien plus la patte de George Miller. Le premier était un conte moral très strict et sombre, le second est davantage un portrait cynique de la société. On avait laissé le petit cochon en berger récompensé. La suite reprend sur ce point-là en éjectant rapidement James Cromwell pour mieux se focaliser sur la relation entre le cochon et sa maîtresse (Magda Szubanski). C'est à partir de là que Miller commence à installer un cynisme incroyable dans un film familial, rappelant que nous sommes bien devant un conte. C'est ainsi que la ville symbolise toutes les villes du monde, allant de New York à Hollywood, en passant par Berlin et San Francisco! Le but étant de montrer que peu importe l'endroit où vous êtes, les villes se ressemblent toutes et notamment les gens qui y habitent. Miller montre régulièrement des hommes cruels, incapables de s'aimer entre eux (les agents sont des êtres froids et sans humanité, les autres des râleurs) et encore moins familiers avec des animaux.

Babe, le cochon dans la ville : photo George Miller

Un aspect qui reviendra également dans les Happy Feet (2006, 2011), avec pour point particulier l'écologie. Miller se fait d'autant plus plaisir en optant pour un look cartoonesque, permettant ainsi à cette suite de se démarquer de son modèle. Son héros devra s'aider d'autres animaux pour s'en sortir, ne pouvant compter sur les hommes pour se sauver lui-même. Comme quoi, la claque ne vient pas forcément de l'homme mais de son ami l'animal.

  • Séquence culte: Parmi les scènes les plus cartoonesques du film, il y a bien sûr le sauvetage du cochon par sa maîtresse. Un grand moment entre un cuisinier prêt à le faire rôtir, un costume de plus en plus gros et un amateur de champion craignant pour ses verres. Là on peut le dire il n'y avait qu'un australien amateur de grosses cylindrées pour pondre une scène aussi délirante!

  • 16- Serial noceurs de David Dobkin (2005)

Serial noceurs

Voilà un choix tout spécial qui ne plaira pas à tout le monde, mais après tout, je m'en fous un peu puisque aujourd'hui c'est the big day! Découvert en salle, je n'ai jamais cessé de revoir ce film lors de ses multiples rediffusions (probablement un des films les plus diffusés sur la TNT). Autant un film comme Mon beau-père et moi (Jay Roach, 2000) a fini par me lasser, autant Serial noceurs se revoit toujours avec plaisir, à condition évidemment de ne pas le revoir tout le temps non plus. Surement à cause de son casting à commencer par le duo en titre. Je suis moins fan d'Owen Wilson, mais j'ai toujours trouvé que Vince Vaughn méritait mieux que certains projets foireux dans lesquels il s'est fourré (qui se souvient de Frère Noël? Vous là-bas?). Alors le voir dans un film comique qui marche c'est toujours cela de pris. L'occasion de contempler les ravissantes Rachel McAdams et Isla Fisher entourées d'un Bradley Cooper ayant pris du poids et d'un Christopher Walken fidèle à lui-même (donc super, c'est bien connu). Evidemment vous enlevez ces différents acteurs, le film perd beaucoup de son intérêt, alors autant en profiter. D'autant que cette comédie se paye les mariages avec saveur, à travers son duo de zigotos s'infiltrant dedans. Le tout sans jamais se faire remarquer et si possible manger à l'oeil. Si la morale revient un peu trop sur la fin, pas de doute pour dire que l'on se marre bien. Puis ce n'est pas tous les jours que vous verrez Vince Vaughn cogner Bradley Cooper.  

Serial noceurs : Photo Owen Wilson, Vince Vaughn

    • Séquence culte: Evidemment qui dit mariage dit dîner, qui dit prolongation, dit à nouveau dîner. Pour le coup, Vince Vaughn risque de se souvenir de son passage à côté d'Isla Fisher. Il en est encore heureux pour sûr. 

  • 17- Pacific Rim de Guillermo del Toro (2013)

Pacific rim (4)

Affiche réalisée par Paul Shipper.

Pacific Rim n'est peut être pas mon cru préféré de Guillermo del Toro, il n'en reste pas moins que ce film au combien récent a fini par devenir un de mes films cultes. Lui aussi n'est en apparence qu'un film de bourrin à la Transformers, avec des robots qui se foutent sur la tronche avec des kaïjus sortis de l'Espace. Il pourrait s'il n'avait pas un réalisateur aussi sensible que Del Toro aux manettes. Là où l'on voit à quel point un sujet simple peut amener à des possibilités de réalisation incroyablement fantastiques. Alors que le Godzilla de Gareth Edwards (2014) s'est un peu cassé les dents en évitant le plus possible le spectaculaire, Del Toro se fait plaisir comme un gosse jouant avec ses jouets. Pas de doute que le spectateur aussi enjoué prendra autant de plaisir à voir les jaegers démonter du kaïju au petit-déjeuner. D'autant plus qu'il peut se familiariser avec les pilotes des robots, certes un peu caricaturaux mais intéressants, à l'instar de son duo principal aux commandes de Gipsy Danger. D'un côté, le briscard ayant perdu son frère lors d'un affrontement spectaculaire servant d'ouverture. De l'autre, une jeune femme essayant de se reconstruire entre l'absence de ses parents et un père adoptif la bridant un peu trop. A cela rajoutez un amour jamais montré clairement et encore moins par un quelconque baiser, mais terriblement beau (Pacific Rim la chance de l'outsider!). A cela rajoutez un Idris Elba au sommet de son charisme.

481 

En résultes, un film spectaculaire mais pleins de sentiments, valant à ce titre certains des moments les plus sensationels vus en salle. Ce qui fait de Pacific Rim un des meilleurs blockbusters des années 2010 avec certainement le dernier Mad Max (Miller, 2015).

  • Séquence culte: Accumulation de trois scènes monumentales, la séquence à Hong Kong est le gros morceau de bravoure par excellence. Vous voulez voir un affrontement digne de ce nom? C'est par ici et la lisibilité est optimale. Voici la meilleure partie, la plus violente aussi. 

  • 18- American Beauty de Sam Mendes (1999)

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Comment finir les années 90 au cinéma? Réalisez deux bilans monumentaux et particulièrement pessimistes. J'ai déjà cité l'amiral Fincher, passons désormais au capitaine Mendes. Grand vainqueur aux Oscars, American Beauty a souvent fait de l'ombre à Fight Club, avant de finalement apparaître tout deux comme deux faces d'une même pièce. D'un côté; le film fun mais faisant peur, de l'autre le film plus pessimiste, plus ancré dans une réalité sinistre du quotidien. Malgré un final à se tirer une balle, American Beauty n'en reste pas moins un film fun quand il le veut, bien aidé par un Kevin Spacey en pleine forme. Pas de magouille politique ou de cadavres dans le placard. Ici c'est le mari désabusé qui se met à mener sa propre révolution. Faire chier sa femme trop embourgeoisée? Check. Quitter un travail qui l'emmerde profondément? Check. Se mettre à la gonflette pour plaire à la copine de sa fille? Heu... check. Lester est le cas typique de l'homme voulant sortir des apparences, au contraire des gens qui l'entoure. Sa femme le délaissant au profit d'un autre, sa fille le prenant pour un raté, le jeune voisin vendant de la drogue à la barbe de son père, son père au refoulement plus que certain, une mère qui ne dit plus rien, la fameuse copine loin d'être l'allumeuse qu'elle prétend être. American Beauty est un film terriblement beau et au combien triste, accablé par un final qui tape un grand coup comme au théâtre. Mendes amuse autant qu'il choque, preuve que les moeurs américaines ne sont pas toujours jolies dans les banlieues pavillonnaires.

American Beauty : Photo Kevin Spacey, Mena Suvari

  • Séquence culte: Parce que parfois il faut savoir lâcher prise et à ce moment, Lester sait quoi faire. Mettre American Woman dans le lecteur.

  • 19- Scarface de Brian de Palma (1983)

Scarface

Encore une fois un remake majeur et assez différent de l'original dans le cas présent. Scarface, la légende cubaine de Miami, signé par un Brian de Palma en plein renouveau (il sort un peu de l'aspect hitchcockien). Une époque où cabotinage n'était pas forcément un signe péjoratif. Preuve en est l'interprétation d'Al Pacino, tout en gueule bien ouverte. L'acteur est au top et cela ne sera pas la dernière fois qu'il jouera de ce côté cabot pour atteindre des sommets (la preuve avec Heat ou L'enfer du dimanche). Son rôle? Celui du petit malfrat devenu grand à force de liquider ceux qui ne lui barrait le chemin. Une ascension fulgurante sous du bon Giorgio Moroder. Pour sûr, Scarface est probablement le film le plus violent de De Palma (pas faute de chercher), fort d'un personnage excessif allant jusqu'à liquider ses proches quand cela ne va pas comme il veut. Un sacré zigoto l'ami Montana. Autour de lui, des seconds-rôles en or, certains se retrouvant même par la suite dans la série Breaking Bad (2008-2013), à l'image de Steven Bauer et Mark Magolis. On retiendra également la superbe Michelle Pfeiffer tenant merveilleusement tête à Al Pacino. The world is yours dit le proverbe...  

  • Séquence culte: Une chanson, pas d'autres sons, effet clip total, Push it to the limits, parfaite définition du Tony Montana plein aux as et les narines pleines de coke.

  • 20- Old School de Todd Phillips (2004)

Retour à la fac : affiche

Encore un film avec Vince Vaughn mais là, on va parler campus movie. Un genre répandu aux USA et que les français ont bien du mal à reprendre (je ne vous cache pas que certaines beuveries étudiantes valent leur pesant de cacahuètes). Autant dire qu'Old School est un plaisir certain, jouant des codes du genre en prenant un lot de trentenaires découvrant l'université pour notre plus grand bonheur. Si Luke Wilson est le héros du film, c'est surtout les second-rôles que l'on retient. Vince Vaughn est au top en mec retrouvant de la vigueur après plusieurs années de mariage, mais c'est surtout Will Ferrell qui casse la baraque. L'acteur issu du Saturday Night Live est déchaîné à un point exponentiel. Il est nu en pleine rue, joue la mascotte en flamme, picole comme jamais et répare même des voitures. Autour de lui des têtes connues à l'image d'Ellen "Meredith Grey" Pompeo, Elisha "Kim Bauer" Cuthbert, Jeremy Pivens, Seann William Scott (un amateur de beuh) ou encore Simon Helberg bien avant ses aventures du big bang. Un véritable foutoir valant de beaux fous-rires à condition d'aimer l'humour en dessous de la ceinture, ce qui n'est pas donner à tout le monde. De là à dire que la fac c'est cool avec ces types là, il n'y a qu'un pas.

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  • Séquence culte: Quand Will Ferrell se met à nu, ce n'est pas à moitié.

  • 21- Edward aux mains d'argent de Tim Burton (1990)

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Là où l'on se dit à quel point le grand Tim Burton n'est plus là. Si son Miss Pelegrin a l'air moins pire que ce qu'il a fait récemment, cela ne sera probablement pas assez pour revenir au niveau qu'il avait dans les 90's. Fort d'un Johnny Depp pas encore conscient qu'il est une machine à fric et encore moins un acteur cabotin, Edward aux mains d'argent s'impose comme un conte magistral avec lui aussi une forte tendance au cynisme pur et dur. Il n'y a qu'à voir les différents personnages entourant le pavillon, entre ceux se servant d'Edward comme Dianne West et ceux qui font comme si de rien n'était à l'image d'Alan Arkin. Il y a une douceur dans le jeu de Depp que l'on ne retrouvera plus jamais par la suite, ce qui a tendance à émouvoir. Le couple qu'il forme avec Winona Ryder n'en est que plus beau et pur dans un monde gangrené par la soif de richesse. Tim Burton est peut être comme son héros: rejeté autrefois, il est devenu beaucoup trop présent au point de se pervertir. Est-ce que le petit Tim serait resté trop longtemps en bas et n'arriverait pas à remonter dans son château? Il y a des chances que oui.

Edward aux mains d'argent

  • Séquence culte: Certainement la plus belle scène du film et symbolisant à elle seule l'amour qu'a Miss Ryder pour son beau pantin au coeur qui bat.

  • 22- Space Jam de Joe Pytka (1996)

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Terminons en beauté avec un film déjà cité, mais auquel je tiens. Un beau petit nanar à l'effigie de Michael Jordan, mais valant quand même le coup. Le basketteur est bien mis en valeur, jusqu'à évoquer ses années difficiles en tant que joueur de baseball (certainement la plus grosse connerie de sa carrière), avec une belle famille et même un assistant qui lui cire trop les pompes. Mais Space Jam c'est aussi l'occasion de voir l'un des matchs de basket ball les plus délirants de l'histoire et plutôt bien animé, si l'on se fit aux contraintes (le film s'est tourné sur plusieurs années). L'occasion aussi de voir que Bill Murray est capable de beaucoup d'autodérision, quitte à passer pour un champion de basket! Sans compter quelques autres stars du basket prêtes à se ridiculiser le temps d'une séquence délirante. On n'en demande pas tant à un film aussi court et auquel le plaisir d'être un enfant devant les looney tunes n'a jamais été aussi fort.

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  • Séquence culte: Un dernier panier pour le moins impressionnant, preuve encore une fois de la rigolade assurée que peut apporter Space Jam.


 Bonus track spéciale anniversaire, car oui je n'ai jamais été aussi raccord avec le titre d'une chanson. Allez à la semaine prochaine!