Cela faisait longtemps que la Cave de Borat n'avait pas parlé de Michael Bay. Bon en fait depuis la cuvée anniversaire en mai dernier. Mais c'est vrai que le roi du kaboom n'avait pas été très présent dans ces colonnes depuis au moins le reboot des Tortues Ninja qu'il a produit (Liebesman, Green, 2014-2016). Aujourd'hui nous allons parler de la saga dont il est jusqu'à présent le seul réalisateur et qui compte désormais cinq épisodes (plus d'autres à venir, mais on y reviendra), les Transformers (2007-). Alors pourquoi me relancer là-dedans? Tout simplement parce que le temps passe, que cela faisait longtemps que je n'en avais pas vu un seul, que parfois il faut une piqure de rappel et aussi par pur masochisme, ce qui n'étonne même plus les lecteurs fidèles (actuellement ils se demandent à quoi je tourne). Donc en plus de revoir les trois premiers films (2007-2011), j'ai aussi osé voir les deux suivants (2014-2017) pour des résultats disons le surprenants. Allez trêve de bavardages, allons au fond du sujet. (attention spoilers)

  • Transformers (2007) : L'ère du jouet sur grand écran

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Au cours des années 80, la société Hasbro rachète deux gammes de jouets japonais Microman et Diaclone, des robots pouvant se transformer en voitures ou en objets. Le succès de ce qui devient les Transformers est certain au point d'engendrer des comics, des séries animées entre 1984 et 2016 et même un film d'animation basé sur la première série (Shin Nelson, 1986). Au fil des années, Hasbro multiplie les jouets liés aux Transformers, mais aussi de grosses marques comme Mon petit poney et surtout les GI Joe. Au début des 2000's, le producteur Don Murphy se trouve être intéressé par ces derniers, mais le fabricant de jouets préfère qu'il s'attarde aux Transformers à cause du débarquement des troupes américaines en Irak. Steven Spielberg débarque assez rapidement en tant que producteur, au même titre que Lorenzo di Bonavantura et Ian Bryce. C'est même le premier qui suggère plusieurs pistes aux scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci, comme le fait de raconter l'histoire d'un garçon et de sa première voiture. Michael Bay arrive alors que le projet avance plutôt bien. Bay a déjà sa réputation de réalisateur difficile, râleur et bourrin et a déjà de gros succès et des films en demi-teintes à son actif. Il est en excellent terme avec Spielby puisqu'ils avaient fait The Island (2005) ensemble. 

Transformers : Photo Ian Bryce, Michael Bay, Steven Spielberg

Trois hommes derrière la franchise: les producteurs Steven Spielberg et Ian Bryce et le réalisateur Michael Bay.

Il fut au départ question que les robots extraterrestres ne parlent pas, avant que les scénaristes n'insistent en rapport à l'univers animé. Transformers fut un des plus gros succès de l'été 2007 aux côtés d'Harry Potter et l'ordre du phoenix (David Yates, 2007) avec près de 710 millions de dollars engendrés. N'ayons pas peur de le dire, Transformers a été fait pour qu'Hasbro relance un peu leurs jouets (il en sera de même avec les deux films GI Joe réalisés entre 2009 et 2013) et Bay ne s'est pas fait prié pour filmer des voitures (sponsors) comme s'il filmait des publicités. Un aspect récurrent chez le camarade Michael qui n'a pas changé avec les années et surtout pas dans une franchise où il peut justement filmer des robots se transformant en voitures ! Sur ce point, le réalisateur est difficilement attaquable (malgré sa façon de faire) puisque c'est le concept même des jouets. En revanche, le camarade se veut déjà un brin gourmand pour ce qui est des autres placements de produits avec des éléments devenant des Transformers dans le climax, comme un distributeur de Mountain dew ou une Xbox. Mais aussi une belle ouverture pour Burger King (voir ci-dessous). Un aspect qui deviendra récurrent au cours de la franchise pour un résultat pouvant autant agacer que faire rire. Ce premier opus est peut être celui qui a le plus de charme parce qu'il est le premier, qu'il essaye d'instaurer un nouvel univers et aussi parce que ce qu'il proposait en terme de grand spectacle à l'époque était un brin novateur.

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Pas exceptionnel, mais quelque chose qui sortait un peu de l'ordinaire. Sur cet opus, la mythologie est assez simple mais efficace: il y a deux camps de robots extraterrestres venus de la planète morte Cybertron et qui débarquent sur Terre, les Autobots et les Decepticons. Le problème du film (et c'est souvent le cas dans la franchise) est qu'il est le cul entre deux chaises. Le début nous présente les hostilités avec des militaires et Bay signe des parties très sérieuses lorsqu'il est avec eux ou avec des analystes et des politiques. Sauf qu'il contrebalance le tout avec des scènes plus lourdes où l'on suit le jeune Sam Witwicky (Shia LaBeouf juste sorti de La guerre des Stevens), amoureux de la jolie Mikaela (Megan Fox) et qui vient de s'offrir sa première voiture qui se trouve être l'Autobot Bumblebee. Le film ne devient totalement sérieux qu'avec le climax. Les militaires s'associent au couple et cela amène logiquement à un changement de ton plus radical, plus désespéré aussi. Pas plus mal car cela donne un peu plus de sens épique au film et permet d'oublier un nombre incroyable de lourdeurs qui parasite l'ensemble. A l'image de la radio de Bumblebee qui aligne Sexual Healing (Marvin Gaye, 1982), Drive (The cars, 1984), Baby come back (Player, 1977) et I feel good (James Brown, 1964) pour une première rencontre avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Transformers : Photo Megan Fox, Shia LaBeouf

Ou quand les parents de Sam (Kevin Dunn et Julie White insupportables) parlent littéralement de masturbation avec leur fils alors qu'il est accompagné. On peut également rajouter John Turturro particulièrement agaçant en agent du gouvernement. Si tout ce qui est bataille fonctionne visuellement (le film a dix ans désormais et a une bonne tenue), on peut toutefois avoir du mal avec les lens flares ou certaines actions du film qui peinent à convaincre. On a beaucoup repproché par exemple à Man of steel (Zack Snyder, 2013) d'avoir un final avec beaucoup de destructions au point que la ville en ressort dévastée. Pourtant, le film de Snyder (d'autant plus accentué par Batman V Superman) offre un constat différent du final de Transformers. Si celui de Man of steel est ainsi c'est aussi parce qu'il y a un effet de surprise et personne n'est au courant du drame potentiel engendré par la machine. De même, le héros n'est pas là pour sauver les gens, occupé à dégommé l'autre machine. Dans Transformers, le gouvernement sait à quoi s'attendre des Transformers et des destructions qu'ils peuvent provoquer. Les opus suivants nous prouveront même que ces derniers sont là depuis bien longtemps sur Terre. Alors pourquoi ne pas évacuer une ville pleine d'habitants alors même que l'armée est sur place pour contre-attaquer ? Votre interlocuteur a un peu de mal à avoir de la clémence dans le cas présent.

Transformers : Photo

Autre cas récurrent : les personnages robotiques ne marquent pas tous la rétine, voire se ressemblent beaucoup. Si bien que l'on reconnaît surtout Optimus Prime, Bumblebee et Megatron à l'écran. Une tare qui ne s'arrangera pas toujours à cause de la profusion de nouveaux robots au fil des épisodes. Quand on ne reconnaît pas un personnage ça va, c'est quand il y en a une dizaine que cela commence à devenir gênant. La musique de Steve Jablonsky aligne les thèmes redondants en mode Hans Zimmer, voire des allusions directes au score de Trevor Rabin sur Bad Boys 2 (2003), ce qui peut vite s'avérer plombant. Transformers n'est pas forcément un mauvais film, même s'il en a très souvent les atours. Au mieux, il s'agira d'un plaisir coupable même si l'on a déjà vu beaucoup mieux de son réalisateur. Au pire, il inspirera une certaine indifférence.

  • Revenge of the fallen (2009) : L'échec en pleine grève

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A peine le premier volet était un succès qu'un second opus était annoncé. Puis vint la grève des scénaristes fin 2007. Transformers 2 rapidement baptisé Revenge of the Fallen (ou La revanche en France) aurait pu être retardé, il n'en sera rien et le film est resté daté pour juin 2009. Visiblement le film aurait démarré sa production avec seulement quelques pages de traitement. Cela sera une bonne excuse pour parler du naufrage artistique d'un film qui engendra tout de même près de 837 millions de dollars. On peut meubler un temps sur un film avec quelques astuces ou scènes d'action, mais pas sur 2h31 de métrage. Le principal problème de Revenge of the Fallen se pose là : le film ne tient quasiment sur rien et se contente d'enchaîner divers scénettes en espérant que cela passe. La mythologie est un peu plus approfondie, montrant dès les premières minutes que The Fallen a atterri chez des indigènes des millénaires avant Jesus Christ. De même, le film met largement un point d'honneur à faire de l'Egypte un sanctuaire à Transformers, ceux qui se sont alliés contre The Fallen pour protéger un énième MacGuffin. C'est malheureusement tout ce qui ressort de positif du film et aussi une partie bien trop courte. Il n'y a qu'à voir la première heure pour se rendre compte à quel point Michael Bay essaye de meubler avec le peu d'éléments qu'il a, au point d'accumuler les séquences gênantes.

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Après l'ouverture flashback et le délire un brin GI Joe du début, on suit à nouveau Sam dans ses aventures. Shia LaBeouf cabotinne à tous les étages, allant de scènes d'hallucinations où il en fait des caisses à une scène de vomi gratuite. Mais mieux, le film accumule les détails douteux, voire malsains avec le jeune garçon. Comme ses parents lui suggérant de lâcher sa copine pour aller coucher avec la première fille venue à la fac, parce qu'il y a la distance entre eux qui paraît visiblement insurmontable pour les parents. Nous aurons droit également à la mère de Sam sous space-cake, autre beau moyen de meubler dans les premières minutes autour d'un personnage censé être drôle (ce qui n'est toujours pas le cas, en plus d'être inutile). Comme si cela ne suffisait pas, Sam se voit offrir un merveilleux sidekick (Ramon Rodriguez) qui réussit à être encore plus pénible que John Turturro également de la partie. Megan Fox est toujours aussi sexualisée, montrée en train de se déshabiller en pleine rue comme vautrée sur une moto qu'elle bichonne. Toutefois son personnage reste un minimum appréciable malgré toutes les ficelles utilisées (jusqu'au petit-ami suspecté de tromperie et pris sur le fait). Le personnage reste sympathique, là où celui de LaBeouf devient particulièrement agaçant (l'écriture y est pour beaucoup).

Transformers 2: la Revanche : Photo Megan Fox

Là où le film atteint des sommets c'est évidemment dans les scènes où Isabel Lucas incarne un Decepticon se métamorphosant en femme. Déjà on peut se demander pourquoi les Transformers ne se sont jamais métamorphosés en humain avant, ce qui paraît une évidence. Mais surtout les scènes sont grossières et involontairement drôles, Lucas surjouant la bombe sexuelle comme jamais au point d'être vulgaire. Parfois on se demande si on aurait pas préféré un délire à la GI Joe (le film de Stephen Sommers également produit par Paramount et Hasbro est sorti à la même saison) qu'un énième film à Macguffin qui accumule les poncifs de mauvais goût. Quitte à ce que ce soit ridicule (le film est souvent merveilleux dans sa gérance de l'interventionnisme américain), cela aurait été peut être plus fun. La première heure montre aussi les dérives de la musique en mode marketing avec les chansons 21 guns (Green Day, 2009) et New divide (Linkin Park, 2009) qui reviennent systématiquement au cours du film (la première en love theme, la seconde pour des transitions plus musclées), au point de devenir des gimmicks délirants. La musique de Jablonsky en rajoute une couche en reprenant encore Bad Boys 2, mais aussi le score d'Armageddon (Trevor Rabin toujours). Comme quoi le pilotage automatique n'était pas qu'au scénario... 

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Pour ce qui est de la réalisation, il y a des bonnes choses comme le combat dans la forêt ou certains passages du grand final, qui sont des scènes explosives et un minimum épiques. La bataille entre Optimus et les Decepticons est même le rare moment de bravoure du film à être lisible et agréable à regarder. Mais Bay accumule aussi les casseroles comme les dutch angles (ces fameux plans filmés de travers) ou de la shaky cam. Sans compter que le film accumule tellement de Transformers à l'écran que l'on peine sérieusement à les différencier. Que ce soit dans les Autobots ou les Decepticons. Surtout que certains sont particulièrement agaçants et ne sont là que pour alimenter les vannes foireuses du film, à l'image des jumeaux. Puis il y a aussi le premier retour de Megatron alimentant largement le manque d'idées à l'horizon. Outre le fait de meubler à droite et à gauche, Revenge of the Fallen accumule les longueurs au point d'être IN-TER-MI-NA-BLE. On voit que le film a accumulé tellement d'explosions en tous genres, de gags à la con, de sous-intrigues douteuses qu'au bout d'un moment il faut finir. Le climax est long, LONG et ne consiste qu'à faire une distance avec des Decepticons à la place des mines. On ressort du film avec un certain mal de crâne et l'impression d'avoir assister à un véritable calvaire.

  • Dark of the moon (2011) : Chicago en plein chaos

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Il est vite décidé que Dark of the moon (ou La face cachée de la lune) soit le dernier opus d'une trilogie. Dans un premier temps, Michael Bay songe à ne pas réaliser le film avant de se rétracter (ce ne sera pas la première fois venant du réalisateur au sujet de la franchise) et Shia LaBeouf fait lui aussi comprendre que ce sera son dernier Transformers. Suite à ses propos désignant Bay comme Hitler, Megan Fox est dégagée pour laisser la place de la petite-copine de Sam à la mannequin Rosie Huntington Whiteley. D'autres acteurs prestigieux font la queue pour jouer dans le film à l'image de John Malkovich et Frances McDormand. Le duo Kurtzman / Orci laisse sa place à Ehren Kruger déjà présent sur le second opus. Paramount suit la tendance de l'époque : en plus de l'IMAX, Dark of the moon sortira également en 3D, ce qui augmentera ses revenus considérablement (le film finira sa carrière au dessus du milliard de dollars de recettes). Même si ce troisième opus a toujours pas mal de défauts, il n'en reste pas moins un peu plus agréable à regarder que le précédent opus. Là encore il y a un gros problème de durée. La première heure est à nouveau infernale et accumule les fautes de goût passé l'introduction. Alors que Sam est désormais un adulte, Bay se sent obligé de refourguer à nouveau les parents Witwicky aux spectateurs.

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Shia LaBeouf

L'utilité de leurs séquences ? Honnêtement aucune. On peut en dire autant du personnage de Rosie Huntington Whiteley. Si dans Mad Max Fury Road (George Miller, 2015) elle s'en sort un peu mieux (car mieux dirigée), ici elle ne semble pas à l'aise et pire encore, son rôle est d'une inutilité assez incroyable. En fait, elle ne sert que de "copine de service", son rôle ne tenant malheureusement que sur ça (au contraire de celui de Megan Fox qui participait à l'action). Bay en vient même à reprendre le baiser avec coucher de soleil en arrière-plan déjà fait dans le précédent opus. Toujours plus loin, Bay la filme comme si elle était dans une publicité pour Victoria's secret (cela tombe bien l'ami Michael en a réalisé et elle fut mannequin pour la marque de lingerie) à l'image de sa première apparition: de dos elle monte les escaliers en chemise et culotte bien apparente. Il fera encore moins subtil en la filmant pendant que son employeur (Patrick Dempsey) parle d'une voiture comme s'il parlait d'une femme. Le personnage ne sert finalement qu'à amener Sam à l'antagoniste humain du film, ce qui relève du néant. On s'amusera également à compter le nombre de fois où elle passe de talons à chaussures plates. A ce jeu là, les aventures de Sam au chômage s'avèrent bien peu passionnantes jusqu'à l'apparition de Ken Jeong. L'acteur nous refait son numéro lamentable de The Hangover (Todd Phillips, 2007). 

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : Photo Rosie Huntington-Whiteley, Shia LaBeouf

Sauf que cela n'a strictement rien à voir avec l'ambiance globale du film et l'on tombe dans la lourdeur hors sujet. On cherche également la réelle utilité de John Malkovich dans le film. Mais une fois qu'il est prêt, Bay peut se faire plaisir et signe un film apocalyptique plutôt inattendu. Chicago devient un champ de bataille durant plus d'une heure et Bay alimente largement l'apocalypse Decepticon avec une ville en flamme, des morts à foison et même un Decepticon avec une sorte de serpent Transformers. Ce qui donne deux séquences assez exceptionnelles: la première à Tchernobyl suggérant plus ou moins que la catastrophe est due à des Transformers, la seconde avec un immeuble qui s'écroule avec nos héros dedans. Même si comme souvent on a un peu de mal à repérer certains Transformers, Bay signe un film globalement lisible et se permet une oeuvre post 11/09 au moins de qualité quand cela est le cas. Une sorte d'Avengers avant l'heure avec même un vaisseau assez similaire au film de Joss Whedon (2012). Quand Michael Bay inspire Marvel. Avec The Last Knight, Dark of the moon est également le seul à bien aborder la mythologie. Les deux films ont d'ailleurs le mérite de revenir dans l'Histoire, le troisième opus s'intéressant particulièrement à la conquête spatiale. 

 

Transformers 3 - La Face cachée de la Lune : photo

La lune est ainsi le territoire de plusieurs Transformers enfouis sous Terre, dont un vaisseau servant de dernière chance pour sauver Cybertron. Bay se sert ainsi du voyage d'Apollo 11 en 1969 pour une mission secrète en soi délirante, mais plutôt crédible dans le contexte "théorie du complot" abordé plus d'une fois depuis le début de la franchise. Manque de bol, celui qui était censé sauver les Autobots est finalement passé dans l'autre camp pour faire survivre son monde. Des flashbacks de qualité permettant de voir la chute de la planète, qui plus est par ceux qui étaient censés la sauver. Leonard Nimoy doublant le fameux Sentinel Prime, Bay fait quelques références à Star Trek là aussi avec une subtilité parfois douteuse. Certains effets-spéciaux laissent toutefois à désirer à l'image de ce faux JFK qui ferait pâlir des consoles de jeux du début 2000's. On peut aussi se demander comment des gens peuvent aller travailler alors que la ville est en pleine guerre civile. Se réfugier à la rigueur, mais pas faire comme si tout allait bien alors que ça ne va pas du tout. Certaines transitions sont particulièrement douteuses comme des fondus au noir pour une même scène. Puis il y a la fameuse poursuite sur l'autoroute où il reprend celle de The island avec juste quelques modifications. Vu que les droits appartiennent à Dreamworks, il n'y avait pas de problème ce qui rend la chose encore plus folle.

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Inutile de dire que Megatron passera pour la seconde fois à la casserole dans un dernier affrontement avec Optimus Prime plutôt pas mal. On sent que Steve Jablonsky est plus en forme et est un peu moins sous influence (même si un des thèmes ressemble beaucoup à celui de la franchise Terminator). Il était temps. Par contre North Star (U2, 2009) pour le love theme redondant (il remplace 21 guns en fin de compte) est particulièrement lourde. Le premier cycle se termine plutôt correctement et même si ce n'est pas génial, cela reste un minimum intéressant pour titiller l'intérêt. Même si cela s'oublie très rapidement...

  • L'âge de l'extinction (2014) : Le produit est roi dans l'ennui de la mécanique

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Transformers est la dernière franchise qu'il reste à Paramount avec Star Trek (1966-), il faut donc la préserver le plus possible. Quitte à passer par la case reboot pour perdurer ou à chercher le marché chinois particulièrement lucratif pour les studios hollywoodiens depuis quelques années. Il est bon de noter que ce nouvel opus se passe de Dreamworks à la production, même si Spielberg est toujours producteur sur la franchise. Si ce quatrième film (et plus tard le cinquième) suit Dark of the moon dans la chronologie (le film se situe cinq ans après les événements de Chicago), il remet en selle la franchise avec une histoire différente et de nouveaux personnages. Mark Wahlberg sera désormais le rôle principal et dans cet opus, on ne relève aucun personnage humains déjà vus dans la franchise. De même, Optimus Prime et Bumblebee sont les seuls Transformers de retour, en dehors de Galvatron robot dérivé de Megatron (hé oui encore...). Ce qui revient à se demander combien il reste d'Autobots sur Terre, puisque les derniers ne sont plus aux côtés des deux précités et qu'aucun n'est arrivé sur Terre depuis la chute de Chicago. La présence de Marky Mark n'a rien d'étonnante puisque l'acteur avait tourné dans le petit film de Michael Bay, l'excellent Pain and gain (2013). L'acteur a vu dans son arrivée dans la saga un moyen de s'offrir une franchise où il serait un rôle principal, chose qui lui manquait dans sa carrière selon lui.

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo

 

Après cette pause plus que nécessaire (il avait enchaîné les trois premiers Transformers quasiment sans pause), on aurait pu penser que Michael Bay serait revenu en forme, voire aurait titiller à nouveau l'intérêt comme sur le troisième film. Autant dire qu'on est loin d'être dans ce cas de figure. L'âge de l'extinction n'est pas un calvaire du niveau de Revenge of the Fallen, mais il est beaucoup trop long et pas assez intéressant pour durer 2h46. Passé une première heure plutôt correcte, le film devient terriblement mou, aligne les rebondissements qui peinent à convaincre et s'enfonce dans l'énième récit à Macguffin dans son dernier tiers. A chaque fois que l'on pense que le film va se terminer (le film multiplie tellement les climax que s'en est presque indécent), il y a toujours un truc en plus. Bay s'était révélé bien plus direct dans les premier et troisième films. Si durant les scènes d'action le spectateur en a pour son argent (notamment une poursuite plutôt bienvenue et efficace), les scènes d'explications durent souvent trois plombes pour des éléments qui n'en demandent pas tant. Le reboot est pourtant l'occasion pour Bay d'exploiter un bon filon, en compagnie de Kruger à nouveau. Les Transformers sont désormais hors la loi sur Terre, mais des membres du gouvernement en font ou s'allient avec un Transformers chasseur de prime nommé Lockdown.

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Dès lors, le film apparaît comme une chasse aux Transformers dans le monde entier, l'action se déroulant aussi bien aux USA qu'en Chine (pour des raisons plus qu'évidentes). Un point de vue intéressant permettant d'exploiter l'aspect post-Chicago avec intérêt avec le monde (pour ne pas dire les USA) courant à sa perte en pactisant avec l'ennemi. Le serpent qui se mord la queue. Par la même occasion, les Hommes peuvent désormais utiliser des armes des Transformers, rendant certains affrontements plus musclés. Comme souvent, ce qui se rapporte à la mythologie fonctionne à peu près, en dehors peut être du délire avec les dinosaures tenant plus du what the fuck. Le réalisateur sort même une réflexion pour le moins étonnante en début de film avec Marky Mark et TJ Miller se retrouvant dans un cinéma en ruine et un des anciens propriétaires a un discours sur ce qui se fait aujourd'hui au cinéma. L'ironie veut que ce discours anti-préquelle / séquelle/ truc en -elle sorte un peu de nulle part et en plus, dans un reboot qui est tout de même le quatrième opus d'une saga qui n'est pas prête de se terminer. Le film réussirait parfois à être vraiment pertinent s'il ne mettait pas en scène des personnages inintéressants. Bay en vient même à faire une sorte de remake improbable de son Armageddon (1998). Changez Bruce Willis par Marky Mark, Liv Tyler par Nicola Peltz (curieusement filmée de manière assez correcte) et Ben Affleck par Jack Reynor (particulièrement absent).

Transformers : l'âge de l'extinction : Photo Jack Reynor, Mark Wahlberg, Nicola Peltz

 

Armageddon 2 : le père, la fille et le gendre.

 

Ce qui amène aux mêmes thématiques autour de la famille (le père qui ne veut pas que sa fille traîne avec n'importe qui, cohabitation entre les deux mâles souvent difficiles, la fille en conflit avec son père). Les méchants humains deviennent relativement lourds au bout d'un moment, surtout que leurs revendications ne tiennent pas vraiment la route (l'un veut le pouvoir, l'autre venger sa soeur quitte à s'attaquer à des humains). D'autant plus que dans les deux camps, Bay aligne les ralentis inutiles allant d'un simple mouvement de lunettes de soleil à Marky Mark tapant du poing au sol. Si dans l'action Bay se révèle impeccable et aligne les morceaux de bravoure assez impressionnants (l'arrivée des Dinobots est un véritable plaisir et permet au climax d'avancer un peu), il montre plus d'une fois ses limites. Il aligne les placements de produits tellement grossiers que cela finit par en devenir indécent. Faites vous plaisir chers spectateurs avec Phillips, Samsung, Victoria's secret, Beats, Goodyear, Bud light... Sans compter le drapeau américain omniprésent jusque sur un foutu coussin! Cela ne s'arrête pas là puisque plusieurs erreurs techniques sont largement visibles à l'oeil nu. A l'image de ce mec présent dans un décor désert et se faisant exploser, alors que dans un plan large précédent de quelques secondes, il n'y avait personne à côté de Marky Mark. 

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Faites votre marché les amis, tout est à vendre !

Lors du passage sur les fils électriques, des créatures Transformers apparaîtront et disparaîtront plusieurs fois durant la scène, au point de se demander si un des monteurs a fait attention à la casserole à venir. Même si votre cher Borat n'en attendait absolument rien, il faut bien constater qu'après un troisième opus un peu meilleur, celui-ci s'enfonce dans la longueur au point d'en être profondément ennuyeux et interminable.

  • The Last Knight (2017) : La lumière au bout du tunnel ?

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La folie furieuse gagne parfois votre cher Borat, mais à ce niveau là cela tient presque du génie. Puisqu'il avait vu les quatre précédents, pourquoi ne pas utiliser les tickets prépayés pour aller se faire une idée sur le cinquième opus de la franchise ? Cette fois-ci, Michael Bay fait sans Kruger et la Paramount se met à rêver d'un multivers. Akiva Goldsman (qui, au vue de son passif, a vraiment le cul bordé de nouilles) et tout un groupe de scénaristes (dont Zak Penn) se retrouvent à la tête de cet univers, où devrait avoir lieu un spin-off 80's autour de Bumblebee (réalisé par Travis Knight, le patron de Laika et réalisateur de Kubo and the two strings) et un possible retour des GI Joe (visiblement encore sous forme de reboot). Bay n'est pour l'instant pas impliqué dans un possible sixième opus, mais vu son passif il est de bon ton de prendre des pincettes. En voyant The Last Knight, votre interlocuteur s'est posé une question saugrenue: et si la cinquième était la bonne ? Pas qu'il soit monumental, ni forcément génial, mais il y a un truc qui fait qu'on adhère un minimum au contenu, au point de le trouver pas mal. Comparé aux autres films, la quête est finalement plus compréhensible, il y a un côté aventure intéressant avant de faire dans le bourrin total dans le dernier acte avec une lisibilité certaine. Marky Mark se retrouve à chercher aux côtés de la dernière descendante des Witwiccans (on nous suggère plus ou moins que le héros de la première trilogie est mort) le bâton de Merlin (Stanley Tucci).

Transformers: The Last Knight : Photo Mark Wahlberg

Un élément Transformers transmis au sorcier et qui pourrait éviter la destruction de la Terre par les restes de Cybertron. La base du film n'est pas très nouvelle, puisque c'est plus ou moins le même principe que Dark of the moon mais en Europe (portails, Cybertron qui débarque sur Terre). Si L'Age de l'extinction (2014) reprenait l'aspect sentimental d'Armageddon, The Last Knight s'occupe de l'aspect catastrophe et curieusement là aussi cela fonctionne, idem pour l'aspect post apocalyptique bien plus crédible que dans le quatrième opus. Curieusement on s'ennuie peu alors que très souvent dans cette saga il y a au moins une heure en trop, un ventre mou ou un côté interminable. Ce qui n'était pas arrivé depuis le premier film. Malheureusement les efforts faits au cours du film peuvent engendrer de gros défauts. Le film alimente les vannes lourdes allant de Marky Mark en mode beauf (la remarque sur la robe est lamentable) à Anthony Hopkins qui cabotine à mort, en passant par ce majordome sanguin rapidement pénible. Sans compter les traits d'humour qui se cassent tous la figure, parce que le moment n'est pas à la rigolade ou que la beauferie est omniprésente. On ne sait pas par quel miracle Galvatron est redevenu Megatron. Il ne s'agit pas d'une erreur de traduction et le design n'est même pas celui de L'âge de l'extinction. L'énième retour du méchant suprême de la franchise tourne désormais à l'incohérence la plus totale. Curieusement, Bay a envie de raconter beaucoup de choses, au point qu'on a l'impression que certains détails sont vite dévoilés. 

Transformers: The Last Knight : Photo Josh Duhamel

 

Galvatron n'est (déjà) plus, vive Megatron !

Le passage avec les nazis est juste là pour faire joli et semble coupé beaucoup trop sèchement (une rumeur parle d'une version longue avec trente minutes en plus pour la vidéo). A part montrer Bumblebee chez les alliés, vous ne risquez pas de voir grand chose. La déesse est intéressante mais un peu vite expédiée pour un inévitable "Transformers 6", où elle devrait être à nouveau bien présente mais sous une forme humaine. En comparaison, d'autres passages prennent des proportions dingues, comme Marky Mark à la casse dans un lot de séquences bien trop longues et lourdingues. On sent une petite évolution du personnage de Marky Mark, passant d'un banal père de famille à un véritable héros. Ce qui n'est pas plus mal et lui donne plus d'ampleur. Mais quand Bay fait de Laura Haddock un love interest, cela ne fonctionne pas. Les ficelles sont trop grosses pour ne pas voir le truc arriver ("ma fille tu es toujours célibataire, il faudrait te trouver un homme", "papa il faudrait que tu passe après maman et que tu retrouve l'amour"). On se croirait dans le second opus (2009) avec les parents qui disaient à leur fils "prend une autre copine, l'autre est trop loin"... Le personnage de Laura Haddock est malheureusement traîté de manière gênante plus d'une fois alors que c'est le personnage féminin le plus important de la franchise (largement devant Mickaela). 

Transformers: The Last Knight : Photo Laura Haddock

Elle doit changer au moins six fois de tenues au cours du film (une pour chaque lieu visiblement), au point de donner lieu à un gimmick comique assez délirant. De même, le personnage est installé assez tardivement et pas forcément de manière subtile (encore une fois, le passage de la robe est d'une beauferie imbouffable). Heureusement l'actrice s'en sort bien mais quand même... L'adolescente (Isabela Moner) est omniprésente de la première partie, avant d'être balancée aux oubliettes. Dommage car son personnage est le premier de majeur que l'on voit dans le film et elle se révélait assez attachante, plus que la fille de Cade Yaeger. Michael Bay a pas mal expérimenté sur cet opus, au point de tourner dans plusieurs formats en grande partie pour exploiter l'IMAX 3D: 1.90, 2.00 et 2.35. Dans un grand nombre de cinémas, le film alterne ainsi les différents formats, ce qui peut décontenancer certains spectateurs peu habitués. Votre cher Borat n'a pas trouvé cela si dérangeant, surement car les BR des derniers films de Christopher Nolan (depuis The Dark Knight) alternent aussi les différents formats sans que cela ne le gène. On ne pourra pas repprocher au réalisateur d'avoir voulu jouer avec des caméras différentes, permettant à la franchise de sortir un peu du kaboom omniprésent. 

Transformers: The Last Knight : Photo

Plus généralement, Bay se révèle intéressant notamment dans une séquence: l'ouverture. Cette ouverture arthurienne est plaisante et donne l'ampleur épique au reste du film. Le tout alimenté par un Steve Jablonsky visiblement passionné par la quête arthurienne et signant de loin le meilleur score de la franchise. De quoi presque rêver d'un film chevaleresque réalisé par Michael Bay. L'embuscade dans la ville abandonnée est également un beau moment de bravoure et le climax est un véritable plaisir de divertissement. Même si le film a des longueurs (2h29 tout de même), il est bien moins interminable que le second et le quatrième opus, notamment parce que les péripéties amènent à quelque chose d'intéressant. On peut regretter la grande absence d'Optimus Prime durant les trois quarts du film, malgré un retour en fanfare un brin rapide donnant lieu à un affrontement dantesque avec Bumblebee. Si The Last Knight n'est pas non plus une énorme surprise, il a au moins le mérite d'aller dans une direction intéressante et ce n'était pas gagné. Allez à la prochaine!