Dans le cinéma du XXIème siècle, nous avons assisté à divers événements cinématographiques, le genre que l'on pouvait difficilement rater en salle car c'était le lieu à la mesure de l'événement. On remarquera que cela arrive fréquemment dans les franchises et principalement les revivals. Le retour de Max le Mauvais en mai dernier était de ce type, mais celui venant d'une galaxie lointaine, très lointaine est probablement plus fort encore. Les journaux télévisés en parlent à la moindre nouvelle bande-annonce (l'annonce même d'un nouveau volet a donné lieu à un reportage en octobre 2012!), les vidéos battent des records de vues sur le net, les pré-réservations sont colossales (et on parle principalement en France de grandes chaînes de cinémas comme UGC ou Gaumont-Pathé), les polémistes sont de sortie (entre les non-fans se devant d'en parler dans des articles complets
comme Le nouvel Observateur; et les racistes et misogynes criant au "génocide blanc", car les héros sont une femme et un homme de couleur... Star Wars: The Force Awakens de JJ Abrams est l'événement de cette fin d'année, voire peut être même de la décennie; et il n'y a que quelques américains un peu à côté pour dire que le final d'Hunger Games est plus attendu. Mais mieux, aucun synopsis n'est disponible à un peu moins de deux mois avant sa sortie, alors même que la dernière bande-annonce vient d'être dévoilée, tout comme son affiche finale.

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Affiche réalisée par Drew Struzan pour le D23.

Ce qui relève quand même de l'inédit, à l'heure où la plupart des blockbusters dévoile la moitié du film dans leurs bandes-annonces (remember le cas The Amazing Spider-man 2 qui allait jusqu'à montrer les plans finaux dans ses trailers). Même avec cette bande-annonce qui dévoile quelques indices de compréhension (mais pas autant que la dernière vidéo du dernier film de George Miller par exemple), le spectateur ne sait pas encore qu'est-ce qui va arriver concrètement et c'est peut être la meilleure chose qui puisse arriver. C'est aussi là où l'on se dit que Disney a fait fort en terme de marketing, sachant parfaitement amener le spectateur vers un nouvel opus de la saga créée par George Lucas sans lui balancer tout à la figure. Le fait d'engager un réalisateur comme JJ Abrams aussi, puisque depuis au moins Lost, il a cultivé une politique du secret qui a excellé sur le reboot de Star Trek (identité du personnage de Benedict Cumberbatch longtemps restée floue, idem pour la présence ludique de Leonard Nimoy) ou sur Super 8 (2011).

(ATTENTION POUR TOUS CEUX QUI VEULENT NE PAS SE FAIRE SPOILER, L'ARTICLE S'ARRÊTE LÀ)

Si l'intrigue reste encore à voir, on peut entrapercevoir les rôles définitifs des personnages dans ce septième volet très attendu. Par ailleurs, soulignons enfin la présence de la Princesse Leia Organa Skywalker (Carrie Fisher), à la fois en voix-off s'adressant à Rey (Daisy Ridley) mais aussi visuellement dans les bras d'Han Solo (Harrison Ford). Rey semble se questionner sur son rôle (plus de doute sur le fait que le personnage principal du film est Rey) et la scène ouvrant le trailer renvoie à ce plan du second où on la voyait dans le désert face à un vaisseau de l'Empire. Finn (John Boyega) est un personnage se demandant quel est son rôle, pris entre son service dans l'Empire (il est stormtrooper avant son crash, rappelons-le) et le bien qu'il compte appliquer en tenant tête à Kylo Ren (ce qui vaudra un duel aux sabres-laser s'annonçant dantesque en pleine forêt enneigée). Kylo Ren (Adam Driver) est ni plus, ni moins que le successeur de Dark Vador, se revendiquant de lui dans son discours. Poe Dameron (Oscar Isaac) est montré le temps de superbes plans dans son x-wing (tout est lisible à l'écran, renvoyant aux batailles spatiales des Star Trek de JJ Abrams), tout comme torturé par Kylo Ren. Enfin, Han Solo se pose définitivement en mentor, guidant Rey et Finn vers leur destinée qui est de servir la force, en compagnie du fidèle Chewie (Peter Mayhew).

Star Wars VII (affiche) (2)

 

Luke (Mark Hamill) n'est pas présent du tout, si ce n'est par le plan déjà utilisé, idem pour C-3P0 et R2D2, ce qui permet de garder la surprise bien au chaud sous le sapin de noël. Ce que ce nouveau trailer confirme est que le film s'annonce magnifique d'un point de vue visuel et épique dans ce qu'il amène. Certains plans annonçant même des scènes de guerre pour le moins dantesques et riches en détails. La surprise est encore de mise pour les spectateurs, mais il n'en reste pas moins que cette dernière bande-annonce permet de mieux se familiariser avec les personnages et les futurs enjeux. Star Wars: The Force Awakens est de loin la dernière grosse attente de cette année 2015, le blockbuster attendu par au moins quatre générations (ceux qui ont découvert la trilogie originale, ceux qui l'ont découvert à sa ressortie, ceux qui ont découvert la prélogie et ceux qui s'apprêtent à entrer dans une nouvelle ère) et autant dire que le 16 décembre risque d'être fortement chargé en émotion.