A la mi-octobre, le camarade Ace Modey (*) avait demandé sur Twitter si quelqu'un voulait un code promo pour avoir accès à Netflix sur trois mois. Ni une, ni deux, votre cher Borat lui a répondu et cela fait donc un petit temps qu'il navigue dans le flix du net (je le remercie encore une fois au passage). Avant d'aller plus loin, faisons les présentations. Netflix a été créé en 1997 et fut longtemps un vidéo-club par correspondance. Ce n'est qu'à partir de 2007 que Netflix a commencé à opter pour le streaming, mais il faudra attendre 2014 pour y avoir accès en France. En 2011, Netflix produit sa première série originale, House of cards qui vient juste de se terminer à l'issue d'une sixième saison à la production difficile (Kevin Spacey a été dégagé à cause des accusations sexuelles faites à son encontre et le scénario a dû être remanié).

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Pour ce qui est des films Netflix, c'est en revanche un peu plus compliqué à définir. Beasts of no nation (Cary Fukunaga, 2015) est la première fiction qui a été estampillé "Netflix Originals", alors qu'en fait il s'agit d'un achat (le film n'avait pas de distributeur). En fait, il y a d'un côté des films qui ont été produit directement pour Netflix, à l'image de Death Note (Adam Wingard, 2017) ou Okja (Bong Joon Ho, 2017). Quand d'autres ont été vendu à Netflix comme The Cloverfield Paradox (Julius Onah, 2018), Roma (Alfonso Cuaron, 2018) et Mowgli (Andy Serkis, 2018). On peut constater deux choses à ce propos. Dans les deux cas (production ou rachat), on peut voir une certaine frilosité des studios, au point que des cinéastes de renom comme Martin Scorsese ou même des réalisateurs qui renflouent souvent leurs caisses (la palme à Michael Bay en train de tourner Six Underground pour le site de svod) en viennent à aller chercher des fonds chez Netflix, alors que leur passif devrait leur ouvrir les portes des studios facilement. 

Bright

Illang

Deux autres exemples : d'un côté Bright (David Ayer, 2017) un film produit pour Netflix, de l'autre Illang (Kim Jee Woon, 2018) un film racheté par Netflix pour une diffusion sur certains territoires (dont la France).

On peut également observer que certains studios hollywoodiens commencent à prendre Netflix pour une poubelle. On a pu le voir avec Paramount qui a balancé deux films à Netflix, lui permettant deux exclusivités de renom aux USA, à l'international ou les deux, avant d'opter pour un package tout récemment. Warner aussi avec le film de Serkis, initialement prévu pour sortir en octobre dernier et en 3D par la même occasion. Il y a donc des chances que Netflix augmente un peu ses prix de vente tant les studios semblent lui balancer tout et n'importe quoi pour se dédouaner. Au vue de l'accueil du troisième Cloverfield, on comprend un peu mieux la volonté d'opter pour un coup de publicité la nuit du dernier Superbowl en mode "game changer à deux balles" (encore aurait-il fallu ne jamais avoir entendu parler du film avant sa sortie...).

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The Cloverfield Paradox, le game changer qui n'a pas changé grand chose.

Quant à Annihilation (Alex Garland, 2018), il semblerait que le studio tout comme le producteur David Ellison ont pris peur et ont pensé que le film ne marcherait pas. Ce qui s'est confirmé aux USA (où on pouvait le voir au cinéma) où il n'a rapporté que 32 millions de dollars. Il semblerait que ce même soucis s'est posé à la Warner, jugeant Mowgli peut-être trop violent à la suite de projections-test (le studio ne voulait pas risquer un classement Restricted) et l'ombre du Livre de la jungle (Jon Favreau, 2016) aurait pu lui être fatal. Puis il y a les problèmes liés à certains films si bons qu'ils devraient passer dans une salle de cinéma selon certains. Je ne vais pas revenir très longtemps sur cette polémique aussi ridicule que puéril, à une époque où les trois quarts des gens découvrent des films dès leur plus jeune âge sur un écran de télévision sans que cela ne les dérange.

Mowgli

Signalons juste que certains distributeurs et exploitants français feraient mieux de diffuser déjà les quinze sorties hebdomadaires convenablement avant de se préoccuper d'un film Netflix qui, au contraire de certains films mal distribués ou diffusés (ce qui signifie souvent même pas deux semaines d'exploitation), sera accessible à n'importe quel abonné dans le monde. Une préoccupation qui semble avoir titillé Alfonso Cuaron (rejoint par Bong Joon Ho et Anurag Kashyap dans le discours) et c'est d'après ce qu'il dit la principale raison pour laquelle Roma a fini sur Netflix. La postérité de son oeuvre passe avant le reste. D'autant que sans têtes d'affiche, filmé en noir et blanc et en mexicain, le film aurait probablement bidé que ce soit aux USA ou en France (les arts et essai l'auraient surement pris pour deux semaines, mais pas un multiplexe même "par le réalisateur de Gravity").

Roma

La liberté donnée par Netflix changera peut-être avec le temps, puisque l'on peut déjà voir des déconvenues au niveau des séries, certaines passant à la casserole car elles ne sont pas assez regardées. Mais en attendant, force est de constater que certains films ont peut-être plus de rayonnement mondial grâce au site de svod. Ce qui nous amène au sujet même de cette nouvelle rubrique : qu'est-ce qu'on regarde sur Netflix ? Votre cher Borat a exploré un peu le site depuis octobre. Il est conseillé quand vous avez envie de voir un film ou une série de les mettre dans votre liste. Cela vous évite de chercher inutilement par la suite et même si on peut regretter qu'il n'y a pas de séparation entre séries et films, c'est plutôt pratique. Pour les films originaux ou nouvelles sorties, tous ne sont pas mis en avant et il faut parfois les chercher sans passer par les pages d'accueil.

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Les suggestions sont parfois les mêmes en fonction de ce que vous avez mis dans votre liste, donc là aussi il faut fouiller. Si vous avez vu ou mis un film indien ou un film d'animation japonais dans votre liste, vous allez avoir des suggestions de films indiens ou des animés japonais. Si les films en dessous des 80's sont plutôt rares, en revanche si vous cherchez autre chose que des films anglophones, Netflix est plutôt bien fourni en films asiatiques (et même certaines séries). Ainsi, ils ont un certain nombre de films indiens, sud-coréens, japonais ou chinois / hong kongais. Ce qui peut être intéressant pour quelqu'un qui souhaite une programmation plus alternative... comme bibi.

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Un exemple de liste (la mienne en l'occurrence).

Dans cette nouvelle rubrique, il s'agira donc d'évoquer des films et des séries que j'ai pu voir sur le site à travers une sélection pour chaque nouvel article. Commençons donc ! 

  • La série The toys that made us (2017-). Netflix Original : Oui.

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The toys that made us est une série documentaire créée par Brian Volk-Weiss et réalisée par Tom Stern (le scénariste du Loup-garou de Paris, pas le chef-opérateur de Clint Eastwood). Elle s'intéresse à la création comme à l'histoire de jouets, que ce soit des marques comme Lego, des gammes de jouets à l'image des GI Joe ou des licences (Star Wars par exemple). Comme le suggère le générique, cette série ne devait initialement contenir que huit épisodes, répartis sur deux saisons de quatre épisodes. Toutefois, l'engouement pour la série a entraîné la commande d'une nouvelle saison qui s'intéressera aux Power Rangers, aux jouets liés au catch, à Mon petit poney et enfin aux Tortues Ninja. Un engouement totalement mérité tant The toys that made us est une série aussi passionnante qu'amusante.

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Yuko Yamaguchi, troisième character designer de l'univers d'Hello Kitty.

Il est bon de souligner qu'il vaut mieux voir les épisodes dans l'ordre, malgré des sujets qui au premier abord peuvent ne pas forcément donner envie à tout le monde (comme Barbie par exemple). Pour la simple et bonne raison que certains intervenants reviennent d'un épisode à l'autre, d'autant qu'au moins trois épisodes concernent Hasbro, tout comme deux mettent en avant Mattel. La série est ludique et informative, évoquant même des aspects particulièrement cocasses concernant les créateurs et les origines des jouets. Comme le fait que Barbie a eu pour modèle une prostituée issue d'une bande-dessinée allemande, devenue ensuite une poupée ; que "le premier Transformers" est en fait un GI Joe modifié ; ou bien que Tonton George n'a touché pendant un temps que 2.5 cents pour chaque jouet Star Wars.

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Probablement la plus belle aberration liée à Star Trek. A côté, même L'ultime frontière (William Shatner, 1989) est plus respectable.

De la même manière, il n'y a pas de langue de bois, d'autant que les cocos s'amusent souvent à confronter les points de vue (l'un disant un truc, l'autre ça etc), à l'image de ce que l'on peut voir dans l'épisode sur Les maîtres de l'univers où plusieurs personnes revendiquent la création des personnages de base. Idem pour ce qui est d'évoquer les difficultés rencontrées par les jouets. La gamme qui s'essouflent, les bisbilles en interne, les coups bas (Mattel qui a tout fait pour dézinguer Jem et les hologrammes et les Bratz sur leur propre terrain, c'est du caviar à regarder), la licence qui peine à trouver son public (la licence Star Trek fut jusqu'à la série Next Generation une catastrophe, à base de jouets qui n'arrivent pas selon la demande ou des jouets lamentables) et même des entreprises qui coulent ou manquent de toucher définitivement le fond.

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Oui ce jouet existe et il est turc.

C'est ce que montre par exemple l'épisode sur la marque Lego, qui a subi fin 90's-début 2000's une crise totale au point que la marque a failli disparaître pour de bon, à force de ne pas savoir se renouveler. Puis évidemment la plupart des jouets sont évoqués dans le détail, notamment pour dire que certains sont en fait de purs recyclage d'autres jouets. Sans compter les contrefaçons à l'image du Che Bacca présenté ci-dessus. Le tout avec un ton humoristique, jouant parfois de gimmicks comiques ("le système") ou de situations imagées plutôt bienvenues. Un pur plaisir à regarder au point d'en redemander.

  • Sierra Burgess is a loser (Ian Samuels, 2018). Netflix Original : Oui.

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Il y a deux ans personne ne connaissait l'actrice Shannon Purser, mais sa célébrité a vite explosé. Et pour cause, elle était Barbara dit Babs dans la série Stranger things (2016-). Un rôle ingrat pour ne pas dire inutile dans la série, mais qui s'est trouvé des admirateurs parmi les fans du délire nostalgique de Netflix. La voici donc en premier rôle de Sierra Burgess is a loser, film acquis par Netflix en début d'année et mis en ligne en septembre dernier. Une sorte de Cyrano de Bergerac au féminin qui ne semble pas plaire à tout le monde. C'est vrai que des romances avec des personnages qui se font passer pour d'autres, mentent à ceux qu'ils aiment et finissent par se faire avoir à leur propre jeu, on n'a jamais vu ça depuis la pièce d'Edmond Rostand (ceci est de l'ironie bien entendu)... 

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En cause certains aspects comme le fait que l'héroïne fait croire qu'elle est une autre personne et manipule en fait les sentiments de celui qu'elle aime (Noah Centineo). Idem pour ce qui est de la scène de baiser qui pour certains est surtout une preuve de non-consentement. Certes le personnage n'est pas au courant que celle qu'il embrasse est Sierra et non Veronica (Kristine Froseth, vue également dans un autre film Netflix, Apostle de Gareth Evans), il n'en reste pas moins que c'est cette dernière qui insiste pour qu'elle l'embrasse et non Sierra. De plus, au contraire d'un Spider-man (Sam Raimi, 2002) où Mary Jane (Kirsten Dunst) comprenait que Peter (Tobey Maguire) était Spider-man après l'avoir embrassé "en civil", ici le jeune homme n'y voit que du feu. Pour ce qui est de la suite, le comportement de Sierra vis à vis de Veronica est également critiqué, mais là encore on peut voir les choses d'un autre oeil puisque Sierra finira par comprendre qu'elle a mal agi et s'excusera à sa manière.

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Un peu comme le personnage d'Hailee Steinfeld dans l'excellent The edge of seventeen (Kelly Fremon Craig, 2016), Sierra est une héroïne mal dans sa peau, qui agit mal sans s'en rendre compte et pense qu'elle ne peut pas tomber amoureuse d'un garçon à cause de son physique ou de ce qu'elle est. Veronica apparaît comme un reflet improbable au premier abord, puisqu'aussi remarquée soit-elle, c'est une adolescente qui souffre de l'absence de son père et d'une mère dans le déni depuis qu'il est parti du domicile (Chrissy Metz). De la même manière, les hommes la manipulent car c'est une "jolie plante". Ce sont deux filles qui se sentent seules malgré qu'elles ont un entourage certain et subissent une réputation uniquement faites sur leur physique. Malgré leurs erreurs, ces deux personnages apparaissent comme attachants et complémentaires.

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Ce sont de plus des personnages qui sortent un peu du lot dans le teen-movie comme la romcom, d'autant que Purser et Froseth jouent très bien. En revanche, RJ Cyler a un rôle très similaire à celui qu'il avait dans le reboot cinématographique des Power Rangers (Dean Israelite, 2017), soit le sidekick afro-américain qui cause beaucoup, ce qui peut s'avérer un peu casse-pied parfois. Même si la musique contient pas mal de synthétiseur, ce qui lui donne parfois un côté 80's et qu'il y a Lea Thompson (la mère de Marty McFly et copine d'Howard the Duck) et Alan Ruck (l'ami de Ferris Bueller) au casting, on ne peut pas dire que le film soit très nostalgique ou référencé par rapport à cette époque. Un retour aux sources souvent pénible et qui revient un peu trop régulièrement dans le teen-movie depuis que feu John Hughes est revenu à la mode. Ce n'est donc pas un soucis.  

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Dans des genres aussi codifiés que la romcom et le teen movie, il est inévitable que le film de Ian Samuels partage un grand nombre de clichés ou des étapes narratives similaires à plein d'autres films. Il n'en reste pas moins que Sierra Burgess is a loser est un film plutôt attachant et c'est déjà ça de pris.

  • Mom and Dad (Brian Taylor, 2017). Netflix Original : non.

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Si Mom and Dad n'est pas un "Netflix Original", il n'en reste pas moins une exclusivité Netflix ici, le film n'étant sorti ni au cinéma, ni en support physique (DVD comme BR) en France. Brian Taylor n'est pas un inconnu, puisqu'avec son camarade Mark Neveldine, il a signé les Hyper tension (2006-2009), Gamer (2009) et Ghost Rider 2 (2012). Le duo s'est depuis séparé, Neveldine ayant réalisé Les dossiers secrets du Vatican (2015) et Taylor Mom and Dad. Le réalisateur part d'une idée amusante : imaginez que suite à des ondes spécifiques des parents agressent et tuent leurs propres enfants. Anne Winters et Zackary Arthur vont finir par devenir les victimes de leurs parents joués par Nicolas Cage et Selma Blair dans un climat de chaos. Le principal problème est que Mom and Dad a un début, un milieu, mais pas de fin. 

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Evidemment le film se termine sur une note précise, mais clairement il n'y a aucune finalité aux événements survenus durant le film. (attention spoilers) Taylor ne sait pas comment finir son métrage et laisse l'histoire en suspens. On ne sait pas d'où viennent les ondes, pourquoi elles provoquent cette folie meurtrière, on ne sait pas si les enfants du couple survivront etc. Le réalisateur embrasse dans le dernier quart d'heure une allusion qui semblait évidente mais pas encore montrée, à savoir que les parents même adultes ont eux aussi un père et une mère ; et ces derniers en viennent à affronter leurs enfants même adultes. Ce qui donne une séquence plutôt fun où les grand-parents (Lance Henriksen et Marilyn Dodds Frank) finissent par protéger involontairement leurs petits-enfants de la folie meurtrière de leurs parents, tout en alimentant toujours le jeu de massacre.

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Ce qui nous amène à un autre soucis. Si Taylor a un concept en or, il n'arrive pas à en faire autre chose qu'un jeu de massacre violent et gore. N'ayant ni conclusion, ni réponse aux questions que posent le concept même, il ne peut en être autrement et c'est bien dommage. On voit que Taylor essaye tant bien que mal de justifier la relation qui lie les parents à leurs enfants, notamment via des flashbacks, mais cela donne lieu à des séquences inutiles qui sentent bon le remplissage pour amener à une durée convenable (1h26, générique compris). A part si vous avez VRAIMENT ENVIE de savoir que Nic Cage a couché avec une femme quand il était plus jeune, alors qu'il était au volant de la voiture de son père et qu'il s'est crashé en faisant des dérapages sur un parking. (fin des spoilers)

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Pour ce qui est de la réalisation, on retrouve les effets de style vus dans les précédents films de Taylor, même si c'est un peu moins épileptique qu'autrefois (et heureusement, Gamer ayant donné un beau mal de crâne à votre interlocuteur). S'il vient parfois des acteurs (Nic Cage fait ce qu'il peut, même si son personnage d'homme frustré par l'âge manque d'épaisseur; Blair ne semble pas vraiment à l'aise, là où Henriksen semble totalement s'éclater), on peut dire qu'il manque cruellement un grain de folie à ce premier film solo de Brian Taylor. Comme si l'absence de son binôme avait laissé un trou béant après avoir signé l'adaptation de comics la plus barjo des 2010's (oui bibi assume toujours son amour pour Ghost Rider 2 et il est probablement le seul).

  • Batman Ninja (Junpei Mizusaki, 2018). Netflix Original : non. 

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On ne compte plus les films d'animation liés à Batman depuis le mémorable Batman contre le Fantôme masqué aka Mask of the Phantasm (Radomski, Timm, 1993). Si au départ la plupart des films (tous sortis en vidéo depuis le bide commercial du film de 1993) étaient liés à l'excellente série animée diffusée entre 1992 et 1999, cela a bien changé depuis les 2000's. Désormais, Warner et DC Comics misent davantage sur des adaptations de runs spécifiques (y compris pour d'autres super-héros). Au point parfois de lasser, puisqu'on préféra peut-être (re) lire les dits runs plutôt que de voir leurs adaptations qui font dans le copier-coller sans aucun charme. Donc quand un film comme Batman Ninja se présente à nos portes, il suscite plus d'intérêt qu'une adaptation de Batman Year One (Liu, Montgomery, 2011).

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Un projet lancé dès 2014 et qui a pour atout d'avoir Takashi Okazaki (créateur de la série Afro Samurai) comme designer des personnages et des mechasBatman Ninja transporte littéralement Batman, ses acolytes (y compris Alfred) et une flopée de méchants dans le Japon féodal, à cause d'une invention de Gorilla Grodd. Dit comme cela, le film aurait pu être une banale aventure avec Batman dans l'ancien Japon et affrontant ses adversaires comme d'habitude. Sauf que Junpei Mizusaki choisit dès le départ d'adopter un style plus proche de la japanimation et plus généralement un style japonais. Chaque personnage phare de DC Comics se retrouve avec un look spécifique. Batman quitte finalement son costume habituel pour une tenue type samouraï, là où le Joker et Harley Quinn arborent des costumes type bouffon.

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Robin a les cheveux coupés comme les guerriers japonais quand Bane apparaît sous la forme d'un sumo. Même Red Hood apparaît non pas avec son masque, mais avec un chapeau carré qui lui recouvre tout le visage. A cela rajoutez un climax phénoménal où des mechas côtoient un géant composé de singes, puis de chauve-souris !  C'est là aussi où l'on voit à quel point Batman Ninja assume pleinement son délire. Mizusaki signe un film tenant souvent de la folie furieuse, n'hésitant pas à aller toujours plus loin dans l'improbable sans que cela soit gênant ou ridicule. C'est justement cette folie allant crescendo qui rend ce film si bon et intéressant alors que cela aurait pu être vraiment casse-gueule. Si l'animation est globalement assez dynamique, on peut observer quelques soucis au niveau des expressions faciales.

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Elles sont parfois très rigides, surement dues au type d'animation choisi (une sorte de cell-shading). Un peu dommage car on préfère voir des Batman Ninja plutôt que des The Killing Joke (Sam Liu, 2016), d'autant qu'on sent que le visuel est plus soigné en partant de zéro plutôt qu'en copiant des planches en moins bien. En tous cas, un voyage japonais de qualité qui devrait plaire aussi bien aux fans du Cape crusader qu'aux néophytes. Allez à la prochaine ! 


* Dont vous pouvez trouver les vidéos ici : https://www.youtube.com/channel/UCcCNJPlMWoyz-cw_YfqAJEw