Quatrième et dernier volet de cette série d'articles sur la Marvel Cinematic Universe. Un opus consacré aux débuts de la Phase 3 , aux films à venir et aux séries. (attention spoilers)

  • Captain America Civil War (les frères Russo, 2016) : La guerre civile n'a pas eu lieu

CW

Ce n'est pas la première fois que Marvel utilise le titre d'un célèbre run pour ceux de ses films. C'était déjà le cas d'Age of Ultron (Joss Whedon, 2015) et ce sera encore le cas avec Infinity War (les frères Russo, 2018). Après, le studio fait toujours ses films et le titre apparaît davantage comme un clin d'oeil. Ce qui est clairement le cas de Civil War. Pour rappel, ce run (2006-2007) englobant diverses séries part d'un accident réalisé par un groupe de mutants lors d'une de leurs opérations filmées. Le gouvernement américain demande alors aux super-héros d'être référencé, quitte à perdre leur anonymat. S'ils ne le font pas et qu'ils continuent leurs actes super-héroïques, ils seront traqués notamment par ceux qui sont référencés. On se retrouvait avec deux cas de figure : Captain America qui est pour les libertés individuelles et Iron Man qui va alors devenir un traqueur de la pire espèce sans s'en rendre compte. Le tout étant marqué dans les dernières pages par la mort du Captain. 

Captain America: Civil War : Photo Chris Evans, Elizabeth Olsen, Jeremy Renner, Sebastian Stan

Inutile de dire que les frères Russo ne se sont quasiment pas inspiré des trois quarts du run. L'incident devient une opération ratée où Crossbones (Frank Grillo) se fait exploser en public. Ce qui renforce à nouveau le côté interventionniste des Avengers, aspect toujours aussi gênant. Vient alors la loi sur le recensement initié par le général Ross (William Hurt) que l'on n'avait pas vu dans un film Marvel depuis L'incroyable Hulk (Louis Letterier, 2008) et qui devient ici secrétaire d'Etat alors qu'il est déjà incapable de gérer une situation à Harlem. Le personnage n'apparaît pas longtemps, juste là pour taper du poing et se montrer sous des airs fascistes. Le plus amusant est de se dire que le gouvernement américain trouve les Avengers trop interventionnistes, mais font exactement la même chose en Allemagne. Pas sûr que cet aspect soit voulu des frères Russo. On a alors le cas classique évoqué plus haut avec le Captain (Chris Evans) contre Stark (Robert Downey Jr) sauf que... il y a Bucky (Sebastian Stan). Qui devient le réel problème entre eux, plus que le recensement. 

Captain America: Civil War : Photo Chadwick Boseman, Paul Bettany, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson

Parce que Bucky a tué les parents de Stark dans les 90's, soit un événement dont tout le monde au Shield semble au courant sauf le principal intéressé. C'est là que l'on se souvient de la scène de The Winter Soldier (Russo, 2014) où Black Widow (Scarlett Johansson) balançait les dossiers du Shield et d'Hydra en place publique. Puisque Hydra est concernée par les agissements de Bucky (et donc de l'assassinat des Stark), comment Stark qui est considéré comme un des cerveaux du groupe ne peut pas être au courant de la réelle cause de mortalité de ses parents au contraire d'un soldat lambda de Sokovie (Zemo joué par Daniel Brühl) ? Dès lors, on a bien du mal à avaler la pilule d'un scénario qui se vautre dans des passages personnels qui en deviennent ridicules. Au final, le sujet du film n'est plus le recensement des super-héros. On enferme quand même des gens parce qu'ils luttent pour leurs droits, ce qui au vue du traitement de The Winter Soldier (Russo, 2014) aurait dû être largement mieux traité et plus mis en avant.

Captain America: Civil War : Photo Robert Downey Jr., Sebastian Stan

C'est finalement les engueulades musclées entre deux types qui se croient amis et ce malgré leurs divergences fortes ; et d'un type qui a tué la maman de l'un et est le meilleur ami de l'autre. Ce qui vaut un affrontement plein de cgi souvent poussif en pleine montagne. Avant cela, les Russo nous infligent un réglement de compte dans un aéroport vide (!) avec deux groupes qui savent à peine pourquoi ils se battent l'un contre l'autre et surtout pour quel but ? Prendre un avion. C'est donc cela la fameuse guerre civile : une baston générale entre bourricots. Le tout devant un Zemo devenu terroriste veuf se délectant du match. Il ne lui a pas suffit de grand chose au final. Civil War est bien malheureusement un lot de péripéties sans queue, ni tête au prétexte tellement bateau que s'en est hilarant. L'intrigue avec Bucky n'avance finalement à rien, si ce n'est à déterrer des faits potentiellement évidents ou déjà semi-évoqués par le passé (on savait que les parents de Stark avaient été victime d'un accident). 

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Ce qui renforce le ridicule des révélations. Outre cela, les réalisateurs meublent avec les personnages qu'ils ont (certains du run appartiennent à la Fox), au point que l'on se demande plusieurs fois si on regarde un film Captain America ou un Avengers 2.5. Black Panther (Chadwick Boseman) et Spider-man (Tom Holland) sont introduits dans le MCU plutôt correctement, d'autant que le premier est présenté à travers une origin story avant son film solo réalisé par Ryan Coogler (voir Le Roi est né ce soir). Spidey fait plutôt guest de luxe, mais on sent que Tom Holland s'amuse dans le rôle. Hawkeye (Jeremy Renner) se sent poussé des traits anarchiques, ce qui est logique vu qu'il veut protéger sa famille. Il n'en reste pas moins que le trait est totalement forcé. Ant Man (Paul Rudd) se voit attribuer un nouveau costume qui lui permet d'augmenter sa taille. Un aspect visuel plutôt intéressant, mais qui sert pour une séquence de combat sans enjeux. Un aspect que l'on devrait voir un peu mieux dans Ant Man and the Wasp (Peyton Reed, 2018).

Civil War (Spidey)

De la même manière, Paul Rudd se demande souvent ce qu'il semble faire là à l'image de son personnage. La relation entre Scarlet Witch (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany) est franchement douteuse pour être gentil (en gros, il la stalke, ce qui est vachement malaisant même pour un être artificiel). On ne comprend pas non plus le point de vue de Black Widow (Scarlett Johansson), alliée du Captain en général mais qui va dans le camp de Stark, pour ensuite aider le Captain. On en vient à se demander si les personnages savent réellement ce qu'ils veulent. On peut aussi rajouter qu'il manque un impact émotionnel fort, quelque chose qui était attendu au vue du titre du film. Finalement James Rhodes (Don Cheadle) est toujours parmi nous, Bucky aussi, les deux figures qui s'affrontent aussi. Les Russo auraient pu frapper fort, ils n'en feront rien. Ce qui ne sera pas le cas de la concurrence quelques semaines avant... Civil War n'est pas seulement une déception, il est surtout un film où les réalisateurs ne savent pas quoi faire malgré un coup d'essai efficace. Soit le même problème qu'avait eu Joss Whedon avec Age of Ultron

  • Doctor Strange (Scott Derrickson, 2016) : Marvel passe à travers une nouvelle dimension

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Affiche réalisée par Paul Shipper.

Doctor Strange est un projet qui ne date pas d'hier et a largement alimenté les magazines et sites consacrés au cinéma. Le personnage avait déjà été adapté dans un téléfilm de Philip DeGuere Jr (1978). Bob Gale (le co-scénariste de la trilogie Retour vers le futur) a monté un projet en 1986 pour New World Pictures qui s'est effondré assez rapidement. Survint ensuite Alex Cox (Sid and Nancy) avec une histoire où le climax se déroulait sur l'île de Pâques. Le projet s'est visiblement cassé la figure pour des questions de marketing entre la Warner et Marvel. Wes Craven et David S Goyer ont eux aussi travaillé sur un projet dans les 90's, avant que les droits ne soient rachetés par Sony qui n'en fit rien. Goyer est revenu dessus au début des 2000's par le biais de Miramax sans trop y croire. Paramount reprend les droits pour Marvel Studios. Guillermo del Toro et Neil Gaiman ont travaillé durant un moment sur le projet, sans réellement atteindre leur but. Après des années de development hell, Doctor Strange devient le second film de la Phase 3 du MCU sous la direction de Scott Derrickson. 

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch

Un choix qui fait peur au préalable, puisque la dernière incursion du réalisateur dans une grosse production fut le lamentable remake du Jour où la Terre s'arrêta (2008). Alors qu'Ant Man (Peyton Reed, 2015) se présentait comme un film de casse plus qu'une origin story, Doctor Strange tombe directement dedans. Pas forcément un problème, mais on ressent plus d'automatismes dans ce film. D'autant plus que Derrickson dévoile un personnage finalement pas si éloigné de Tony Stark dans son écriture. Stephen Strange (Benedict Cumberbatch plutôt pas mal mais pas encore totalement à l'aise) se révèle être un type arrogant et particulièrement cabotin. Il lui arrive un accident et son monde s'écroule. Changez coeur par mains. Le spectateur habitué du genre est clairement en terrain connu, ce qui est le principal défaut du film. Le méchant incarné par Mads Mikkelsen (qui avait dû quitté la production de The Dark World pour tourner la série Hannibal) n'est pas très convaincant. On s'étonne que Mordo (Chiwetel Ejiofor) ne soit pas plus ambigu et ne devienne pas un antagoniste de Strange au cours du film.

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor

On nous suggère qu'il le deviendra dans la suite du MCU en raison de ses convictions, mais il est vrai que l'on aurait presque préféré voir les deux disciples de l'Ancien (Tilda Swinton) s'affronter dès ce premier film. Peut être que Derrickson voulait montrer Strange plus puissant pour plus tard. A voir... La nouveauté vient d'ailleurs. On reproche souvent aux films de Marvel Studios d'être des blockbusters formatés et d'utiliser des effets-spéciaux un brin cheap. On ne peut pas dire la même chose de Doctor Strange qui se révèle être aussi beau que les deux Gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014-2017). Les différentes bandes-annonces suggéraient un film très inspiré d'Inception (Christopher Nolan, 2010), il n'en est finalement rien. Derrickson s'amuse avec les différentes dimensions et la magie, y compris pour le climax où il en vient à faire répéter une même scène selon différentes versions. Une manière de combattre un ennemi à travers une boucle temporelle. Derrickson s'amuse également lors du premier saut de Strange, balançant le personnage à travers plusieurs dimensions. Le réalisateur met le spectateur au sein d'un trip psychédélique jouissif (ce qui rappelle les planches frappadingues dessinées par Steve Ditko) qui prend toute sa grandeur sur grand écran.

Il semblerait que la 3D allait d'ailleurs dans ce sens, mais votre interlocuteur ne l'a pas vu dans ce format. On a vraiment l'impression de voir un film qui a été pensé pour être vu au cinéma, pour en mettre plein la vue et non quelque chose qu'on a vu dix fois avant. Dans la même optique, le film laisse complètement de côté l'univers des Avengers pour se consacrer uniquement au monde des sorciers. S'il y a une allusion aux Avengers ce ne sera que durant la scène post-générique et encore c'est un petit événement lié à Thor Ragnarok (Taika Waititi, 2017). Un ajout inutile quand on sait que cet élément ne sert pas à grand chose dans le film de Waititi. Honnêtement, cela fait un bien fou de ne pas voir d'aspect sériel et de voir un film qui se suffit amplement à lui-même. On n'en demande pas tant, juste que certains films puissent avoir leur identité propre. C'est le cas de Doctor Strange.

  • La Phase 3 perdure

La Phase 3 continue son petit bonhomme de chemin avec ses bons et ses mauvais côtés. Après Black Panther (Ryan Coogler, 2018) et Infinity War, ce sera au tour d'Ant Man and the Wasp de se dévoiler en juillet prochain. Comme le suggère le titre et la bande-annonce ci-dessous, Evangeline Lilly devrait avoir beaucoup plus de matière puisqu'elle deviendra la Guêpe. Si Ant Man semblait confirmé pour Infinity War, la promotion du film ne l'a jamais montré. Au point de penser qu'il apparaîtra plus dans le second opus où il sera rejoint par la Guêpe, au même titre que Captain Marvel (Brie Larson). Ce qui fait également pensé que Ant Man and the Wasp se déroulera avant Infinity War et fera directement échos aux événements de Civil War. Peyton Reed peut cette fois-ci faire son propre film, n'ayant pas à repasser derrière un réalisateur (en l'occurrence Edgar Wright). Le film devrait montrer les deux personnages, ainsi qu'Hank Pym (Michael Douglas) à la recherche de Janet Van Dyne qui sera jouée par Michelle Pfeiffer. 

Laurence Fishburne est casté dans le rôle de Bill Foster, qui fut le second Giant Man et sera surement un ancien acolyte des époux Pym ou un antagoniste. Le premier film du MCU consacré à une héroïne, Captain Marvel, sera pour mars 2019. L'oscarisée Brie Larson incarnera Carol Danvers sous la direction du duo Anna Boden / Ryan Fleck. Un duo dont on a bien du mal à savoir ce qu'il va donner sur une grosse production, tant ses premières réalisations sont avant tout des films indépendants à la réalisation très banale (Half Nelson par exemple). Samuel L Jackson sera de retour dans la peau de Nick Fury, tout comme l'agent Coulson (Clark Gregg), Ronan (Lee Pace) et Korath (Djimon Hounsou) puisque le récit se situera durant les 90's. Carol Danvers y affrontera les Skrulls et il se murmure depuis quelques temps que Ben Mendelsohn pourrait être leur leader. Des antagonistes assez connus de l'écurie Marvel (ils sont polymorphes, ce qui en fait des menaces indéniables) et au centre du run post-Civil War Secret Invasion (2008). 

Captain Marvel (concept-art)

Captain Marvel (concept-art skrull)

Concept-arts de Captain Marvel dévoilés à la Comic Con de 2017.

De là à croire qu'il s'agit du fameux titre d'Avengers 4, il n'y a qu'un pas. En sachant que Jude Law a été officialisé dans le rôle de Mar-Vell, soit le Captain Marvel pré-Danvers. Enfin la Phase 3 se terminera sur le quatrième Avengers, suite directe d'Infinity War et réalisé en même temps par les Russo pour une sortie en avril 2019. On parle encore peu de la Phase 4, si ce n'est que le MCU va avoir une section nommée Marvel Cosmic Universe qui s'ouvrira sur Les Gardiens de la galaxie vol 3. Inutile de dire que James Gunn sera aux commandes et que l'issue des personnages est d'abord attendue dans Infinity War et sa suite. Spider-man reviendra dans un Homecoming 2 toujours réalisé par Jon Watts. Enfin, Black Widow aura enfin un film à son effigie qui visiblement serait une préquelle. Un projet qui arrive peut-être un peu trop après la guerre, puisqu'on semble non seulement avoir fait le tour du personnage, mais surtout elle est apparue trop de fois dans les films du MCU et peu de matière en est ressorti. Wait and see...

Infinity War (bannière)

Bannière d'Infinity War dévoilée à la Comic Con de 2017.

  • Quand Marvel s'attaque aux séries

Suite au succès d'Avengers (Joss Whedon, 2012), Marvel a investi la télévision avec des séries live-action. La première étape fut Agents of Shield diffusée depuis 2013 sur la chaîne ABC. On retrouve Joss Whedon à la production, retrouvant un médium qu'il n'avait plus touché depuis l'échec de Dollhouse (2009-2010). Disney suit le même principe que DC Comics avec son lot de séries formant un même univers (Arrow, Flash, Supergirl et Legends of tomorrow), à la différence que Marvel joue davantage sur des connexions pour former un univers complet (même si cet aspect a un peu changé depuis). Ce qui a pu porter préjudice à Agents of Shield à ses débuts. Pas aidé par un manque cruel de personnages connus (Clark Gregg ressuscite en agent Coulson, les autres sont des personnages créés de toutes pièces), la série n'a cessé d'essayer de mettre en scène des caméos histoire de trouver le public du MCU

Photo Clark Gregg, Jaimie Alexander

Sauf qu'en général, cela ne concerne jamais les Avengers et ce sont toujours des seconds-rôles. Nick Fury (Samuel Jackson) a beau être apparu dès le second épisode, puis le dernier de la première saison, ce n'était qu'un guest de passage agissant dans la mouvance de The Winter Soldier. Idem pour Cobie Smulders déjà bien occupée par le tournage de The Winter Soldier et surtout le final d'How I met your mother (2005-2014). Quant à Jaime Alexander, on peut vraiment parler de fond de tiroir par excellence, le personnage de Lady Sif étant un troisième-rôle. Au fil des seize premiers épisodes, la série a baissé progressivement en audience et elles sont encore très basses à l'heure actuelle. Des chiffres qui auraient pu faire annuler la série depuis bien longtemps si ABC n'était pas une chaîne Disney, d'autant que la série est assez chère. Des séries plus ambitieuses ont été suprimé avec des audiences plus élevées. Si Agents of Shield s'est sauvé la face, c'est aussi parce que les scénaristes ont arrêté les intrigues qui n'avaient aucun intérêt et ont retravaillé les personnages considérablement.

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Affiche réalisée par Jim Cheung pour la saison 3 d'Agents of Shield.

Le revirement vint quand les scénaristes ont collé à l'intrigue de The Winter Soldier, montrant les personnages confrontés à Hydra. De totalement fonctionnels pour la plupart, les personnages sont devenus au fil des saisons plus fouillés. May (Ming Ma) a montré des traits plus vulnérables loin de la Cavalerie qu'on lui donne comme surnom. Fitz et Simmons (Iain De Caestecker et Elizabeth Henstridge) sont passés de petits geeks de service à un couple maudit. Coulson devient un meneur charismatique et jouant souvent double-jeu pour sauver ses petits. Skye (Chloe Bennett) est devenue Daisy Johnson, inhumaine capable de provoquer des vibrations puissantes. Les scénaristes ont énormément creusé son origin story durant la seconde saison, évoquant par la même occasion les Krees et les Inhumains. La seconde saison est par ailleurs la meilleure jusqu'à présent de la série, car la mieux dosée et avec le moins de fautes de rythme.

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Affiche réalisée pour la saison 2 d'Agents of Shield.

L'agent Ward (Brett Dalton) sous les ordres d'un Bill Paxton en forme est devenu progressivement un traître et ennemi du Shield. Un personnage qui fonctionnait plutôt bien sur les deux premières saisons, mais qui a commencé à devenir particulièrement lourd durant la troisième. Il était temps de stopper les frais. La série parvient un peu mieux que Civil War à aborder le recensement avec des inhumains pas tous partants pour être fichés ou à assister le Shield dans ses investigations. L'arrivée de Mockingbird (Adrianne Palicki), Lance Hunter (Nick Blood) et de Mack (Henry Simmons) durant la seconde saison a permis un peu plus de diversité dans le groupe. Pour ce que votre interlocuteur a vu de la quatrième saison, Robbie Reyes aka le nouveau Ghost Rider (Gabriel Luna) était particulièrement réussi aussi bien dans l'écriture que visuellement, preuve aussi que la série a évolué d'un point de vue visuel dans le bon sens. 

GR

Il est rare de voir une série trouver sa voie en cours de route et Agents of Shield n'a cessé de le prouver au fil du temps. La cinquième saison est diffusée depuis décembre et risque fort d'être la dernière puisque les scénaristes ont écrit le season finale pour qu'il soit une éventuelle conclusion. Pendant plusieurs années, Guillermo Del Toro a essayé de mettre en place une série servant de véhicule à Hulk, mais le projet Avengers a plus ou moins tout fait capoté. D'autant que le réalisateur de Pacific rim voulait surtout rendre hommage à la série avec Bill Bixby (1978-82). A la question de savoir si le projet était annulé, Kevin Feige était plutôt évasif il y a quelques années : "Non, pas du tout, nous tentons toujours de mener le projet à terme (...). Mais rien n'est totalement sûr pour l'instant, et aucune date de tournage n'est encore prévue..." (*). Del Toro ne va pas du tout dans ce sens là, évoquant clairement que le projet est mort et enterré. Encore un de plus pour ce cinéaste maudit. 

Defenders

Affiche réalisée par Joe Quesada pour la série The Defenders.

Outre les deux saisons consacrées à l'Agent Carter toujours incarnée par Hayley Atwell (2015-2016), Marvel Studios s'est surtout associé à Netflix pour ce qu'elle appelle le micro-univers Defenders. Même si les événements de New York sont cités plusieurs fois au cours des différentes séries, Marvel a déclaré que les personnages de Netflix n'interagiront pas avec les Avengers, préférant les laisser dans leur monde. Les séries Netflix sont pour la plupart de qualité et ont aussi permis à des héros plus violents d'évoluer dans un univers radical et graphique qui leur sied mieux. Après le film de Mark Steven Johnson (2003), la Fox avait galéré pour relancer Daredevil. Il reviendra de manière fracassante sous les traits de Charlie Cox dans des aventures n'étant pas sans rappeler les écrits de Frank Miller. Elektra (Elodie Yung) fut également de la partie au point d'être l'élément central de la mini-série The Defenders (2017). Jessica Jones, issue du comic-book Alias (Bendis, Gaydos, 2001-2004) et incarnée par l'excellente Krysten Ritter, ne fut pas en reste avec un récit abordant des sujets graves comme le viol à travers l'ignoble Killgrave (David Tennant).

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Affiche réalisée pour la série Punisher (2017-)

Luke Cage (2016-) fut une belle variation autour de la blaxploitation, mais Iron Fist (2017-) a nettement moins convaincu, la faute à un héros (Finn Jones) un peu trop bébette et peu charismatique. Au point que sa camarade Colleen Wing (Jessica Henwick) était plus intéressante que lui. The Defenders (2017) fut une bonne réunion et elle a permis la fin d'un cycle qui explose avec la série The Punisher (2017-). Fort d'une apparition exceptionnelle dans la deuxième saison de Daredevil (2015-), Jon Bernthal se bat contre les hommes derrière le meurtre de sa famille. Suit ensuite les secondes saisons des séries Jessica Jones (2015-) et Luke Cage et la troisième saison de Daredevil l'an prochain. Disney s'intéresse également à d'autres plateformes de vod comme Hulu pour qui elle signe une adaptation de Runaways (2003-). Pour rappel, le comic-book présente des adolescents avec des pouvoirs, en même temps qu'ils découvrent que leurs parents sont des personnes machiavéliques. 

Cloak and Dagger sera en revanche diffusée sur la chaîne cablée Freeform. Elle mettra en scène deux adolescents, l'une pouvant faire des lames de lumière (Olivia Holt), l'autre pouvant créer des portails pour se téléporter (Aubrey Joseph). La diffusion est prévue pour cette année. Terminons sur le cas Inhumans. Longtemps destiné pour être le dernier film de la Phase 3, le projet de film fut annulé pour finalement en faire une mini-série. Selon la plupart des avis, la série serait une catastrophe totale et il faut bien dire que la bande-annonce annonçait la couleur. Comme quoi le projet aurait peut être dû attendre la Phase 4 avant d'être réalisé, tant l'occasion d'aller dans une autre direction ne semble pas avoir fonctionné. 


Articles annexes : 


Article initialement publié le 14 avril 2014. Mis à jour le 25 avril 2018.

* Propos recueillis dans Pop corn numéro 5 (avril-mai 2014).